mercredi 13 novembre 2013
La guerre de 14-17
La guerre de 14-17
Ce qui s'est passé hier sur les Champs-Élysées est un néfaste signe des temps. Les huées qui ont accompagné François Hollande lors des cérémonies du 11-Novembre témoignent d'une inquiétante désacralisation de la fonction présidentielle et, à travers elle, du décorum républicain. Certes, le phénomène n'est pas nouveau mais il n'a fait que s'amplifier depuis le précédent quinquennat sous l'effet de l'incessant martèlement médiatique. Mais ici, l'intensité des attaques personnelles a subverti ce qui devait être un exceptionnel moment d'unité nationale.
N'oublions pas que ce 11 novembre avait ceci de particulier qu'il marquait l'ouverture officielle des célébrations du centenaire de la Grande Guerre. La symbolique du moment et le respect dû aux « morts pour la France » imposaient une trêve. Même en visant d'abord le chef de l'État, les insultes ont aussi injurié la mémoire des Poilus. C'est une faute inexcusable qui a été commise. Et qui a été unanimement condamnée par les partis républicains, au-delà des clivages.
Les interpellations et les gardes à vue de militants d'extrême droite ne doivent donc pas prêter à des exploitations politiciennes abusives. Il y a seulement à méditer, pour le pouvoir, sur une intransigeance qui ne saurait être sélective. Si des « fachos » ont abusivement coiffé un bonnet rouge, c'est peut-être qu'il y ont vu le signe distinctif et encourageant d'une révolte timidement réprimée par l'exécutif. Manuel Valls a sûrement retrouvé hier un plus commode cheval de bataille.
À juste titre, François Hollande a confirmé que la loi devait être la même pour tous. Il en a encore appelé à l'unité nationale au-delà des appartenances locales ou régionales. Le rassemblement est devenu la maître-mot pour le chef de l'État. Sans doute l'a-t-il négligé sur des projets sociétaux dont on voit qu'ils ont creusé des fractures dans le pays et généré une radicalisation. À trop tirer sur la corde mémorielle et « mixer » l'histoire d'hier et d'aujourd'hui, François Hollande pourrait donner l'impression de songer surtout à « sa » guerre 14-17. Entendez, celle de 2014 à… 2017 !
Risques d’explosion
Risques d’explosion
Les sifflets du 11 Novembre, aussi indignes soient-ils, ont confirmé que la France traverse une crise profonde. Crise économique, certes, mais aussi morale et sociétale. Les difficultés économiques déchirent le tissu national. Les « bonnets rouges » bretons illustrent ce désarroi. La tentation d’un repli identitaire est bien là. Même si la colère mobilise surtout l’Ouest, d’autres régions souffrent, à commencer par l’Alsace, jadis prospère. Il serait extrêmement dangereux de traiter la Bretagne comme une entité à part. Jusqu’à preuve du contraire, les Français sont égaux et la solidarité nationale ne saurait se mesurer à une bouée de sauvetage lancée à celui qui crie le plus fort.
La tentation du « sauve-qui-peut » est là et elle réjouit tous ceux qui ont envie de profiter de la situation pour tordre le cou à la République. Extrémistes de droite ou de gauche partagent au moins une chose : la haine de la démocratie. L’instrumentalisation du désespoir fait partie du manuel du petit extrémiste.
L’État n’a visiblement pas su ou voulu prendre la mesure de ces périls. François Hollande confond courage et entêtement stérile. Son Premier ministre est un véritable boulet qui risque de transformer la coque du bateau France en épave. Même les socialistes tirent désormais la sonnette d’alarme. Cette frayeur va au-delà de la simple angoisse électorale. La France est au bord du naufrage et le capitaine et son second feignent de mépriser le danger. Les déclarations musclées de Jean-Marc Ayrault, hier, ne changeront rien à l’affaire. Il ne sera pas entendu car il n’est plus écouté.
Le président de la République est confronté à une véritable crise de régime. Il incarne constitutionnellement la France et potentialise donc toutes les colères. Il doit d’urgence prouver que ses références au sursaut national de 14-18 ne sont pas de vains mots. Ce sera difficile, mais il n’a guère d’autre choix. Confronté à un pays meurtri, en proie au doute, le chef de l’État ne peut se contenter d’attendre un miracle qui le sauverait ainsi que son peuple. Le temps lui est compté et chaque jour perdu accroît les risques d’explosion généralisée.
François Hollande au pied du mur
François Hollande au pied du mur
Le gouvernement français vient d’être contraint à deux reculs, l’un sur la taxation rétroactive des revenus de l’épargne et l’autre sur l’écotaxe, un impôt pénalisant les transports routiers afin de favoriser le transport ferré.
En fait, ces deux mesures ont cristallisé un mécontentement latent. Le recul sur l’écotaxe est particulièrement symbolique. Il s’est fait dans des conditions politiques très dégradées. La Bretagne est pratiquement en état de soulèvement antifiscal. On a d’ailleurs vu à cette occasion ressurgir les « bonnets rouges » en Bretagne, et en particulier ce samedi 26 octobre 2013 lors des manifestations qui ont eu des suites tragiques (un blessé avec une grave blessure au cou, un autre avec une main arrachée). Ce n’est pas un hasard. On sait, peut-être, que ce nom recouvre l’une des plus grandes révoltes de l’Ancien Régime, qui survint en Bretagne sous le règne de Louis XIV en 1675 (1), révolte qui fut longuement étudiée par un grand historien soviétique, Boris Porchnev, et qui fut l’une des grandes révoltes populaires, annonciatrice de la Révolution de 1789 (2).
La Bretagne et les bonnets rouges
Si ces manifestations ont clairement tourné à l’émeute, c’est qu’elles ne font que témoigner du désespoir d’une partie de la population bretonne. La Bretagne, on le sait, est durement touchée par la crise actuelle et en particulier par sa forme spécifique de destruction du tissu industriel des petits bourgs ruraux. Cette crise se traduit en effet par la fermeture, ou par des licenciements, dans des petites et moyennes entreprises qui sont souvent (mais pas uniquement) dans le secteur agro-industriel et dont le rôle est critique sur des bassins d’emplois très segmentés. Une misère néo-rurale apparaît alors, concentrée dans des bourgs ou des gros villages, liée à la fermeture de l’employeur local. Elle est en train de faire tache d’huile en Bretagne. À ce phénomène, qui dure depuis maintenant deux ans, est venu s’ajouter la crise spécifique de la filière agro-alimentaire qui entraîne avec elle une partie de l’agriculture. Ce que l’on appelle la « crise de la filière porcine » est en réalité le résultat d’un dumping sauvage pratiqué par l’Allemagne abritée derrière l’Euro. Ce dumping est en train de ravager la Bretagne. On le voit avec les problèmes des abattoirs, de sociétés comme Doux et Gad. Un nouvel exemple est donné par l'usine Tilly-Sabco de Guerlesquin (Finistère). La production de poulets entiers devrait s'y arrêter en janvier 2014. Ce volailler est en réalité numéro 2 européen ; c’est donc une entreprise importante. Les exportations y représentent 90 % de la production. Mais avec un Euro fort, la concurrence des pays émergents et la suppression des aides européennes, cette entreprise accumule les pertes, ce qui a contraint le directeur à annoncer la suspension de l'activité.
Ces faillites, et ces fermetures viennent ajouter la misère à la misère ; très souvent c’est un couple et non seulement la femme ou l’homme qui sont employés Dans ces entreprises. La fermeture d’un site, qui est souvent l’unique employeur du canton, est une véritable condamnation à mort non seulement pour les anciens employés mais aussi pour les commerçants et artisans locaux dont l’activité dépendait de ces emplois. C’est donc tout un micro-tissu «économique qui est en train de se défaire en Bretagne.
Enfin, goutte d’eau ultime, nous avons l’écotaxe, un impôt fondé sur des principes justes (le principe pollueur-payeur) mais tellement mal ficelé qu’il pénalise en premier lieu les producteurs locaux au profit d’un transport autoroutier. De plus, des primeurs qui sont produits à 300-km de Paris vont être plus taxés que des salades ou autres légumes débarquant de l’autre bout du monde par avion à Roissy. C’est bien là toute l’aberration d’un impôt dont la mise en place a été livrée au jeu des lobbys européens.
Telles sont les raisons de la révolte qui, après avoir couvée pendant de longs mois, est en train d’exploser en Bretagne. Face à cette révolte, les mesures qui avaient été annoncées par le gouvernement n’étaient même pas de l’ordre du dérisoire ; elles étaient une véritable insulte à ces milliers de personnes que la politique gouvernementale a jetées dans la rue et sur les routes, et où elles n’ont trouvé en face que les CRS et la répression. C’est donc dans ces conditions que le mardi 29 octobre le gouvernement s’est résolu à « suspendre » l’application de l’eco-taxe, aboutissant à l’un des reculs que l’on a évoqués en introduction.
Les raisons d’une reculade
Les raisons en sont multiples. La première est politique. Jamais la popularité du Président François Hollande n’aura été aussi basse. C’est à un effondrement auquel on assiste, un effondrement sans précédent dans la Vème République. Le mouvement social qui couvait en Bretagne menaçait de faire tache d’huile, et aurait pu conduire à un embrasement généralisé.
© Photo Sondage BVA et Express
Graphique 1. Côte des bonnes et des mauvaises opinions de François Hollande
C’est donc à une situation sans précédent que l’on est aujourd’hui confronté. L’impopularité du Président, comme celle du gouvernement, restreint drastiquement ses marges de manœuvres. Dès qu’il est, ou qu’il sera, confronté à des mouvements d’opposition un tant soit peu virulents il n’aura plus d’autres solutions que de reculer. Il en donne l’exemple sur la Bretagne et sur les mesures fiscales qu’il souhaitait prendre, mais ce faisant il envoie aussi un signal à tous les groupes de pression. Ce n’est pas la « fermeté » dont il a fait preuve le 31 octobre devant les dirigeants des clubs de football français qui pourra y changer quoi que ce soit.
À cette raison évidemment d’ordre politique vient s’ajouter une raison économique. On l’a dit auparavant, la cause fondamentale du marasme de la Bretagne, et plus avant de la France entière, porte un nom : l’Euro. Mais, alors que nous fêtons le vingtième anniversaire du traité de Maastricht (1993), il ne saurait être question pour un politicien habitué aux compromis comme François Hollande de mettre en cause ce qu’il pense être un traité fondateur.
Pourtant, s’il veut conserver le pouvoir de décider et de gouverner, s’il veut être autre chose qu’une feuille soumise aux vents divers, qu’un fétu de paille dans la tempête, François Hollande devrait comprendre la cause des malheurs qui accablent la France. L’Union Économique et Monétaire n’a apporté que le malheur en France et dans l’Europe du Sud. Il suffit de regarder les chiffres du chômage pour le mois de septembre :
Grèce : 27,6 % de chômage dont 57,3 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.
Espagne : 26,6 % de chômage dont 56,5 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.
Chypre : 17,1 % de chômage dont 43,9 % chez les jeunes de moins de 25 ans.
Portugal : 16,3 % de chômage dont 36,9 % chez les jeunes de moins de 25 ans.
Italie : 12,5 % de chômage dont 40,4 % chez les jeunes de moins de 25 ans.
En mettant fin à l’UEM, c’est-à-dire à la zone Euro, en redonnant à ces pays, et à la France en premier lieu, leur souveraineté monétaire, il permettrait à ces pays de renouer avec la croissance forte dont ils ont désespérément besoin. On peut cependant douter qu’il soit prêt à un tel tournant qui cependant, en toute rigueur de raisonnement, s’impose.
Quel choix pour François Hollande?
François Hollande est donc aujourd’hui au pied du mur, et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en bout de course. L’usure a été trop brutale et trop rapide. Le risque de paralysie le guette alors qu’il a encore trois ans et demi à accomplir comme Président. Quatre possibilités sont ainsi ouvertes.
La première, celle qui correspond le plus à la pente naturelle de notre Président, est de ne rien faire, et de tenter de conserver, contre vents et marées, ce gouvernement et cette ligne politique pourtant durablement discréditée. Si tel est son choix, la France doit s’attendre à trois années et demie d’immobilisme. Il n’est pas sûr que la France puisse se le permettre et cet immobilisme pourrait déboucher sur des explosions sociales d’une violence inattendue. Une variante consisterait en un remaniement à la marge ne changeant rien aux principales caractéristiques de ce (non)gouvernement.
La seconde possibilité est un remaniement ministériel avec le choix de Manuel Valls, le Ministre de l’Intérieur, comme Premier Ministre. François Hollande chercherait à capitaliser sur la popularité actuelle de Valls. Mais, ce faisant, il prend le risque de l’user prématurément. D’ailleurs, le choix de Manuel Valls n’a de cohérence que s’il s’accompagne d’une ouverture vers le centre-droit. Mais, le centre est en France comme le mythique « triangle des Bermudes » : quand on l’atteint, on disparaît. Ce gouvernement Valls pourrait faire illusion pour une période de 6 mois à un an, mais après la France se retrouverait dans un état pire qu’aujourd’hui. Un gouvernement Valls serait un chiffon rouge devant le Front de Gauche et une partie de la Gauche socialiste alors que, dans le même temps, les forces d’appoint centristes seraient probablement insuffisantes. La pays irait de crise sociales en crises politiques, avec à la clef une probable dissolution de l’Assemblée dans un délai d’un an.
Une troisième possibilité serait un gouvernement de technocrates, en apparence apolitique, mais en réalité complètement inféodé à Bruxelles et à l’Union Européenne. Une telle solution serait tellement odieuse pour une majorité de français qu’elle se heurterait à des résistances immédiates qui seraient certainement massives (comme dans le cas breton) et probablement violentes. Loin d’être une garantie de calme politique elle s’accompagnerait d’une montée de plus en plus importante de la contestation dont on pressent aujourd’hui l’existence. Cette possibilité ne serait pas une solution, que ce soit économiquement (car elle serait illégitime) ou politiquement (car elle dresserait la Nation contre elle).
Reste une quatrième possibilité : l’appel à un homme dont le prestige et les positions garantiraient qu’il serait celui d’une rupture dans la politique économique actuelle mais sans rupture avec le cadre démocratique et Républicain. Un homme ayant à la fois les convictions et les compétences pour mener cette « autre politique » à laquelle un nombre grandissant de Français désormais aspirent. Cet homme, ceux qui connaissent la politique française le reconnaissent : il s’agit de Jean-Pierre Chevènement. Il aurait, lui, l’autorité et la légitimité pour mettre en œuvre ce nouveau cours – dont il s’est fait l’apôtre et le héraut depuis de nombreuses années - sans une rupture dramatique avec le cadre légal rupture qui menace dans tous les autres cas de figure.
François Hollande s’est pris, bien à tort, pour François Mitterrand. On savait qu’il n’avait ni l’étoffe d’un Blum ni celle d’un Jaurès. Espérons qu’il aura au moins le courage d’un René Coty! (3)
* * *
(1) Porchnev B., « Les buts et les revendications des paysans lors de la révolte bretonne de 1675 », paru dans Les Bonnets rouges, Union Générale d'Éditions (collection 10/18), Paris, 1975
(2) Croix A., article « Bonnets rouges » in Dictionnaire du patrimoine breton (sous la direction d'Alain Croix et Jean-Yves Veillard), Éditions Apogée, 2000, p. 152
(3) Dernier président de la IVème République, qui rappela au pouvoir le Général de Gaulle.
L’opinion exprimee dans cet article ne coïncide pas forcement avec la position de la redaction, l'auteur étant extérieur à RIA Novosti.
*Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l'EHESS-Paris et au Collège d'économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.Il est l'auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).
« Dictature socialiste ! »
« Dictature socialiste ! »
Il n’y a eu aucune violence lundi matin sur les Champs-Elysées, étonnamment clairsemés pour un 11 Novembre, mais 73 personnes ont été interpellées (et se sont parfois débattues), et bien d’autres ont subi des contrôles d’identité pour avoir sifflé le président de la République, pour s’être simplement rassemblées à l’appel du Front national, ou pour avoir osé porter un bonnet rouge.
L’abbé Le Coq de la Fraternité Saint-Pierre, ancien aumônier de gendarmerie, a dû céder ses papiers pour vérification parce qu’il portait soutane et crucifix, signe de cet ancien apostolat.
Parmi les arrêtés : David van Hemelryck, l’homme qui a défié les forces de l’ordre tout l’été en survolant les plages avec son ULMet sa banderole « Hollande démission » – activité au demeurant tout à fait légale. Tweetant encore depuis le commissariat de la rue de l’Evangile, il expliquait lundi soir que le seul motif de son arrestation était le port du bonnet rouge et le chant de la Marseillaise.
Symbole d’un pouvoir apeuré, aux abois, qui titube : le président de la République a descendu les Champs, malgré le temps radieux, claquemuré dans sa limousine. Vitres relevées, et teintées, bien entendu. Sous François Hollande, la commémoraison de « tous les morts pour la France » ne convainc pas.
Et puis soudain, la presse a découvert les vertus patriotiques : les leçons de morale pleuvent contre ces « militants d’extrême droite » (forcément), de la part d’une presse « outrée et inquiète », comme le résume l’AFP.
Les éditorialistes « condamnent sans ambages les huées contre les chefs de l’Etat », c’est une « bêtise antipatriotique » pour Michel Urvoy d’Ouest France, ils ont « sali la République », écrit Yann Marec dans Midi libre et Michel Guilloux vitupère contre « les nouveaux factieux »… dans L’Humanité.
Car ils font bien la différence entre les révolutions autorisées, vertueuses, républicaines, démocratiques – depuis 1789 jusqu’aux révoltes populaires contre Ben Ali, Hosni Moubarak, Kadhafi qu’il était juste de conspuer en n’importe quelle occasion – et les révoltes du peuple. Celles des malpropres, des chouans, des brigands, des opprimés, des victimes de l’idéologie ou des taxations à outrance ; celles des jeunes qui se dressent face au mensonge, et des honnêtes gens qui n’en peuvent mais.
La classe politique, elle aussi, a pris soin de désapprouver le chahut, au nom du respect dû aux morts pour la France.
Mais la vraie question est ailleurs. François Hollande respecte-t-il ce pour quoi des centaines de milliers de jeunes Français ont fait le sacrifice de leur vie ? La terre des ancêtres, la paix, l’indépendance de la France, la volonté de vivre dans une société juste construite sur le socle du respect des libertés ?
La France qui gronde depuis un an contre le mensonge du « mariage pour tous » commence à se dresser contre un pouvoir qui l’assomme de sa pensée unique et de ses impôts iniques. Les raisons du mécontentement se multiplient, les mécontents aussi.
La République ne cédera pas, a prévenu Hollande dans l’après-midi. On connaît la (sanglante) chanson.
Que s'est-il vraiment passé sur les Champs-Elysées lors du défilé du 11 novembre ? (Bonnets rouges)
Que s'est-il vraiment passé sur les Champs-Elysées lors du défilé du 11 novembre ? (Bonnets rouges)
mardi 12 novembre 2013
Un pays au bord de la crise de nerfs
Un pays au bord de la crise de nerfs
Dans l’inquiétant climat d’intolérance que connaît la France aujourd’hui, une étape supplémentaire a été franchie hier avec les insultes essuyées à Paris, mais aussi à Oyonnax, par le président de la République, François Hollande. Qu’ils soient le fait de militants d’extrême-droite venus troubler l’ordre public ou d’individus isolés trouvant là un moyen d’exprimer leur désarroi en période de crise, ces débordements sont une impardonnable et insupportable offense à la communauté nationale.
Survenant à l’occasion des cérémonies commémoratives de l’Armistice de 1918, mais aussi de l’hommage rendu par le président de la République, au nom de la Nation, aux maquisards ayant bravé l’occupant nazi à Oyonnax, ces incidents sont d’abord une insulte pour ceux qui ont payé de leur vie ou souffert dans leur chair pour que le drapeau de la liberté continue de flotter sur la France.
Au-delà de l’homme qui l’incarne, l’atteinte à la fonction présidentielle est tout aussi condamnable. Là encore, sifflets et insultes offensent la mémoire des millions d’hommes et de femmes qui, depuis la Révolution, se sont battus pour que la France soit une démocratie. Celle-ci garantit, certes, la liberté de pensée, de parole et d’action. Mais elle implique aussi le respect, des hommes comme des fonctions.
Au lieu d’attiser les braises, les responsables politiques de tous bords ont l’impérieux devoir d’œuvrer au maintien de la cohésion nationale. François Hollande et le gouvernement Ayrault doivent être les garants de cette unité.
Le problème est que celle-ci se fait sur le dos du pouvoir, incapable d’apporter des solutions concrètes à la crise. La courbe du chômage va s’inverser ? L’économie redémarre ? Les promesses de lendemains meilleurs ne portent plus dans un pays confronté à un accroissement des inégalités, en même temps qu’à une perte de repères.
L’heure est grave. Car au moindre dérapage, le pays paraît en situation de basculer dans un état quasi insurrectionnel. L’agression de trois élus de Châteaurenard par un déséquilibré ne peut que donner des sueurs froides aux agents du Service de protection des hautes personnalités. Alors que la France est au bord de la crise de nerfs, l’exécutif doit impérativement reprendre l’initiative pour éviter le scénario du chaos dont rêvent certains.
Propos de Malek Boutih - Jean-Marc Ayrault : "Rien ne m'impressionne"
Le député PS de l'Essonne a déclaré qu'il était urgent de changer de Premier ministre, estimant que le gouvernement n'était plus entendu.
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| Toujours endormi |
Jean-Marc Ayrault a déclaré mardi que sa tâche était "difficile à accomplir", mais que "rien ne l'impressionn(ait)", en réponse aux propos du député PS Malek Boutih plaidant pour un changement "d'urgence" de Premier ministre. En ce qui me concerne, j'ai une tâche difficile à accomplir, rien ne m'impressionne, c'est pas l'autodénigrement ou l'autodestruction. C'est pas le problème quand c'est un individu qui s'en charge", a-t-il déclaré, interrogé par la presse sur les déclarations tenues par le député de l'Essonne.
Dans Le Parisien de mardi, M. Boutih juge qu'il faut "envoyer un signal d'urgence aux Français afin de rétablir le dialogue. Cette urgence doit se traduire par un remaniement gouvernemental. Oui, il faut remplacer le Premier ministre d'urgence." "Je n'ai aucun doute sur le soutien des parlementaires socialistes, députés et sénateurs, comme du soutien de toute la majorité", a ajouté le Premier ministre.
"Ce qui me préoccupe, c'est le rassemblement de toutes les forces les plus avancées qui ont comme objectif à la fois le progrès, le redressement de la France, mais aussi les valeurs de la République, c'est ça qui est aujourd'hui au coeur même du combat que nous avons à mener", a-t-il souligné. Le chef du gouvernement a ensuite été applaudi debout à son arrivée à la réunion du groupe PS, selon plusieurs participants
Hollande dégringole encore
Le président de la République recueille simplement 21 % d'opinions favorables. Il bat une nouvelle fois son record d'impopularité.
Jusqu'où dégringolera-t-il ? François Hollande subit, dans notre baromètre Ipsos-Le Point (*), la plus importante fronde jamais connue : 21 % d'opinions favorables (en baisse de 3 points), 75 % d'opinions défavorables (+ 4 points) et surtout 40 % d'opinions "très défavorables" (+ 5 points). Ce triste record d'impopularité vient conclure une séquence marquée tout à la fois par les hausses d'impôts, l'épisode Leonarda, la dégradation de la note de la Francepar Standard & Poor's et la révolte des "bonnets rouges" contre l'écotaxe.
Dans le grand escalier des sondages, François Hollande descend ainsi sa quatrième marche depuis son élection. Le premier palier avait été enregistré à la rentrée de septembre 2012 avec un dur passage de 56 à 44 % d'opinions favorables, puis, à la suite des polémiques sur Florange, il était passé de 41 à 35 % en décembre 2012. En février-mars 2013, l'affaire Cahuzac et la dérive des comptes publics l'avait de nouveau affecté, avec une chute de 36 à 26 % d'opinions favorables. La période octobre-novembre que Le Point.fr publie ce lundi achève cette descente aux enfers.
Hollande fait douter le noyau dur de ses soutiens
Le chef de l'État perd ses soutiens à gauche, et notamment le noyau dur de ses partisans, ceux qui avaient voté pour lui dès le premier tour de la présidentielle en 2012. Sur cette cible "hollandaise", les opinions défavorables (50 %, + 13 points sur un mois) sont désormais plus fortes que les opinions favorables (47 %, - 11 points sur un mois). Le doute gagne les siens, ce qui s'apprécie parmi ses soutiens au PS (48 % de bonnes opinions) où il abandonne 6 points. Les sympathisants de gauche ne sont plus que 41 % (une perte de 13 points en deux mois) à lui offrir encore leur confiance.
Jean-Marc Ayrault est emporté dans la tempête sans précédent qui souffle sur l'exécutif. Il égale le score du président de la République à 21 % de bonnes opinions (- 5 points) et perd ainsi la légère mansuétude dont il disposait à droite. Les opinions défavorables culminent à 72 % (+ 9 points). Le Premier ministre socialiste détrône Alain Juppé au classement historique de l'impopularité de notre baromètre. En novembre 1996, Juppé était alors à 22 % d'opinions favorables. Deux ministres-clés de la politique économique du gouvernement subissent ce contrecoup : Michel Sapin, le ministre du Travail, tombé à 22 % (avant-dernier du classement) et Pierre Moscovici, le patron de Bercy, à 25 % (- 6 points en deux mois).
Valls résiste toujours
Manuel Valls est le seul à passer à travers la mitraille : il demeure le plus populaire des hommes politiques, avec 56 % de bonnes opinions (stable). Au sein de son camp, l'affaire Leonarda s'estompe. Le ministre de l'Intérieur regagne ainsi 9 points chez les sympathisants PS, ce qui lui permet d'être le deuxième personnage le plus populaire au PS, avec 66 % de soutien, derrière Bertrand Delanoë (70 % de bonnes opinions), par ailleurs troisième au classement général avec 47 % de bonnes opinions. La cote de Manuel Valls, bien qu'en recul de 9 points à l'UMP, lui offre tout de même la quatrième place chez les sympathisants UMP, avec 61 % de bonnes opinions. Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, demeure le deuxième homme politique le plus populaire, avec 50 % de bonnes opinions (stable).
Le désaveu du couple exécutif ne profite en vérité à personne. Marine Le Pen recule de 3 points, à 31 %. Ses propos sur les otages, conjugués aux dérapages chez certains élus FN, ont eu pour effet de détourner une partie des plus de 70 ans (- 11 points) et des femmes (- 4 points), soit les deux franges de l'électorat les plus rétives au vote FN quand son père dirigeait le parti. Les sympathisants UMP sont, quant à eux, assez agacés de l'attitude de leurs élus et sanctionnent la plupart des têtes d'affiche : Nicolas Sarkozy, qui progresse de deux points au général, perd ainsi chez les siens (79 %, - 6 points), tout comme Juppé (72 %, - 4) ou encore Jean-François Copé (49 %, - 7 points). François Fillon, que l'on voit moins, est stable au général, avec 38 %, et quasi stable à l'UMP (61 %, - 1 point).
Regain de sympathie pour Taubira insultée
À noter, le regain de sympathie dont bénéficie Christiane Taubira, victime d'insultes racistes : 37 % de bonnes opinions, en hausse de 5 points, et de 12 points chez les sympathisants PS. Elle se hisse de la huitième à la quatrième place des personnalités chez les sympathisants socialistes.
Dans l'actualité, le mariage Bayrou-Borloo profite au premier : le président du MoDem remonte à 42 % de bonnes opinions (+ 4 points), ce qui le situe à égalité avec Jean-Louis Borloo. La libération des otages permet à Laurent Fabius d'engranger 4 points en un mois, à 40 % de bonnes opinions. Le chef de la diplomatie entre ainsi dans le top 10 du classement en provenant de la quinzième place.
(*) Sondage réalisé par téléphone les 8 et 9 novembre 2013 auprès de 962 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.
Hollande sifflé: l’homme et la fonction
Hollande sifflé: l’homme et la fonction
Le degré zéro de la réflexion politique ! Les sifflets à l’adresse du président de la République, hier sur les Champs-Élysées et à Oyonnax, en pleine commémoration du plus grand drame qu’a connu l’Europe, ne devraient susciter que mépris silencieux.
Le dilemme est à chaque fois le même : n’en point parler au risque de banaliser des comportements lamentables ? Condamner au risque d’amplifier des provocations minoritaires ? C’est, de toute façon, un événement, ne serait-ce qu’en raison du nombre d’interpellations et de la condamnation du ministre de l’Intérieur, silencieux depuis quinze jours devant tout ce qui porte bonnet rouge.
Outre l’irrespect à l’égard de ceux qui sont tombés pour la France, cette bêtise antipatriotique, attribuée à des militants d’extrême droite, traduit d’abord une ignorance du sens même d’une commémoration et une confusion totale à l’égard de l’institution présidentielle.
Le Souvenir, avec un « S » majuscule, sert précisément à comprendre ce qui fait qu’à un moment donné on passe de l’argument aux armes, de la civilisation à la fureur. Commémorer, pour un Président, ce n’est pas défendre une idée partisane, mais incarner les valeurs de la République tirées de l’histoire.
Ceux qui ne l’ont pas compris sont incapables de dissocier l’homme, François Hollande, de la fonction. Si on a quelque chose à lui dire sur ses choix, ce n’est surtout pas le moment, le lieu ni la méthode.
La seconde réflexion qu’inspire cette délinquance politique tient à son caractère vain. À Quimper aussi on a vu des banderoles « démission ». François Hollande est légitime jusqu’en 2017. Faire croire le contraire répand une idée fausse qui ternit le pays autant qu’elle affaiblit son président.
Mais on ne peut pas s’empêcher de penser que ces comportements profitent d’une exaspération prête à faire fi de toutes les règles du débat public. Le climat général fait que des minorités se sentent autorisées à agir de la sorte.
Les bonnets rouges bretons se désolidarisent de cette action. Soit. Le Front national aussi. Mais on voit bien, à travers le symbole d’un couvre-chef devenu le marqueur de la contestation, à quel point les excès impunis deviennent source de mimétisme, d’inspiration ou de récupération.
On ne brûle pas des portiques et des radars, on n’enfonce pas le portail d’une sous-préfecture sous l’œil amusé de certains responsables, sans que ces actes, tardivement réprimés, inspirent les esprits les plus exaspérés, les plus primaires ou les plus extrémistes.
Manuel Valls pensait qu’à trop punir certaines expressions de la colère bretonne, il risquait de la décupler. Son attentisme inhabituel, sur ces terres socialistes et face à un mouvement déroutant, serait plutôt facteur de contagion à en juger par les dérapages un peu partout en France.
Au-delà des provocations d’hier, le malentendu, confirmé par les derniers sondages, entre l’opinion et François Hollande, est très profond. Qu’il garde son cap ou qu’il en change, il va devoir expliquer la France qu’il veut, le sens des efforts demandés. Mais il faut aussi que chacun admette que le vandalisme n’a aucune justification dans un pays où l’on a le droit, la chance, le devoir, de s’exprimer par le vote.
La polémique sur les soins aux étrangers reprend de plus belle
L’UMP dénonce une explosion du recours à l’aide médicale d’Etat, qui bénéficie aux étrangers en situation irrégulière .
Enjeu de santé publique
Traditionnel terrain d’affrontement entre la gauche et la droite, les dépenses de santé pour les étrangers en situation irrégulière font l’objet d’une nouvelle passe d’armes. Les chiffres qui seront soumis aux députés mercredi lors de l’examen de la loi de finances à l’Assemblée font état d’une forte hausse des bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME). Au 31 mars, ils étaient 264.000, 5 % de plus que fin 2012 et 26 % de plus que fin 2011.
Entrée en vigueur en 2000, l’AME assure une prise en charge à 100 % des soins pour les étrangers en situation irrégulière lorsque leurs ressources sont inférieures à un certain plafond (le même que pour la CMU, soit 716 euros par mois pour une personne seule). Dans la loi de finances pour 2013, votée il y a un an, le gouvernement avait prévu une dépense de 588 millions d’euros. Finalement, le Parlement devra voter une rallonge de 156 millions d’euros, a annoncé en commission la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Le budget de l’AME atteindrait donc 744 millions en 2013. Un nouveau dérapage est en vue pour 2014. Lors de la présentation du projet de loi de finances fin septembre, le gouvernement a prévu une dépense de 605 millions pour l’an prochain. « Il est d’ores et déjà certain que ce budget sera nettement insuffisant », a pointé le député UMP de Paris Claude Goasguen, qui dénonce un budget « hors de contrôle ».
Enjeu de santé publique

La grande nunuche

Au ministère, on reconnaît que les dépenses seront supérieures aux attentes en 2013 et en 2014. Mais l’entourage de Marisol Touraine souligne qu’une partie de la progression des dépenses est « artificielle ». Le gouvernement Fillon a instauré une franchise de 30 euros pour les bénéficiaires de l’AME en 2011, ce qui a ralenti le recours au dispositif. La gauche ayant supprimé ce prélèvement dès son arrivée au pouvoir en 2012, il y a eu un « décalage dans le temps » qui explique la hausse de 2013, a indiqué en commission le député socialiste Christophe Sirugue. Autre explication de la hausse des dépenses, la façon dont les hôpitaux facturent la prise en charge des patients bénéficiant de l’AME a été modifiée. Deux éléments ponctuels, qui font que la hausse devrait être moins forte à l’avenir, assure l’exécutif.
A l’UMP qui réclame le rétablissement de la franchise de 30 euros, la ministre a répondu que ce serait « contre-productif ». « C’est d’abord un enjeu humanitaire mais c’est aussi un enjeu de santé publique », a-t-elle dit. Ne pas soigner ces personnes à temps, c’est prendre le risque d’une aggravation de leurs pathologies, y compris des maladies infectieuses qui peuvent ensuite frapper toute la population. Autre argument de la gauche, des pathologies plus sévères nécessitent une prise en charge plus lourde et donc plus coûteuse.
Alors que les tiroirs caisses sont vides !! A quand le prochain prélèvement ??
La prime de fin d'année ou 13ème mois c'est selon.
Il y a de quoi en tomber à la renverse !
Cumul des enveloppes accordées aux 21 ministres au titre des ISP 2012.
Il y a de quoi en tomber à la renverse !
Jean-Marc Ayrault accorde 20 millions EUR de primes à ses ministres et leur collaborateurs…
Voici les budgets primes des ministres du gouvernement Ayrault.
Source JDN (Journal du net) 06/12/2012…
Jean-Marc Ayrault 5 850 000 E Effectif : 456 soit 12 829 EUR par personne.
Laurent Fabius 1 091 082 E Effectif : 150 soit 7 274 EUR par personne.
Manuel Valls 1 547 452 E Effectif : 252 soit 6 141 EUR par personne.
Christiane Taubira 983 000 E Effectif : 169 soit 5 817 EUR par personne.
Jean-Yves Le Drian 967 238 E Effectif : 158 soit 6 122 EUR par personne.
Delphine Batho 900 720 E Effectif : 173 soit 5 206 EUR par personne.
Marisol Touraine 878 408 E Effectif : 64 soit 13 725 EUR par personne.
Pierre Moscovici 730 304 E Effectif : 67 soit 10 900 EUR par personne.
Arnaud Montebourg 679 058 E Effectif : 57 soit 11 913 EUR par personne.
Aurélie Filippetti 642 710 E Effectif : 91 soit 7 063 EUR par personne.
Vincent Peillon 616 000 E Effectif : 61 soit 10 098 EUR par personne.
Cécile Duflot 580 950 E Effectif : 57 soit 10 192 EUR par personne.
Geneviève Fioraso 564 000 E Effectif : 58 soit 9 724 EUR par personne.
Victorin Lurel 552 347 E Effectif : 63 soit 8 767 EUR par personne.
Najat Belkacem 552 001 E Effectif : 47 soit 11 745 EUR par personne.
Marylise Lebranchu 543 636 E Effectif : 55 soit 9 884 EUR par personne.
Valérie Fourneyron 541 770 E Effectif : 53 soit 10 222 EUR par personne.
Michel Sapin 500 291 E Effectif : 75 soit 6 671 EUR par personne.
Sylvia Pinel 466 268 E Effectif : 39 soit 11 956 EUR par personne.
Nicole Bricq 454 052 E Effectif : 38 soit 11 949 EUR par personne.
Stéphane Le Foll 370 457 E Effectif : 75 soit 4 939 EUR par personne.
Soit 2258 personnes qui vont pouvoir passer un excellent réveillon.
"Bon appétit Messieurs, oh Ministres intègres !"
Il faut souligner que ces primes existaient dans tous les gouvernements, de gauche
comme de droite, mais dans des contextes économiques non comparables.
Ces gens qui nous parlent de crise aujourd'hui, d'économies, de restrictions,
de solidarité, de sacrifices, ne devraient-ils pas commencer par eux-mêmes ?
lundi 11 novembre 2013
Le vrai problème, ce ne sont pas les populismes
Qualifier de populistes et réactionnaires tous les mouvements de rébellion qui se manifestent ici ou là, ne sert qu’à camoufler les racines du problème : ce n’est pas la colère de ses citoyens qui menace l'UE telle qu’elle est aujourd’hui, mais la réticence des gouvernements à lui déléguer leur souveraineté.
Je souhaite la naissance de l’Europe fédérale et la sauvegarde de la monnaie unique. Dans le cas contraire, nous aurions, à la place de l’UE quantité de petits états sans grandeur mais non sans abjection, non plus amis mais plus que jamais vassaux de la puissance américaine. Nous retournerions à la case départ : vaincus à cause de nos nationalismes, comme nous l’avons été dans les guerres du XXe siècle.
Pourquoi ne cesse de croître en Europe une humanité si mécontente, si dégoutée, qui alimente l’extrême droite et les partis eurosceptiques ? L’appeler populiste ou réactionnaire serait s’arrêter au seuil des “pourquoi” sans se demander ce qui est à l’origine de ce cri. Y répondre ne sert d’ailleurs à rien, si les protestations et les propositions, si dissemblables les unes des autres, sont évacuées comme un épais grumeau qui obstruerait on ne sait quel progrès.
Évacuer la problème par le mépris et le refus revient à ignorer que l’Europe d’aujourd’hui distille des poisons chroniques. Il ne suffit pas, à la manière performative des actuels gouvernements, d’invoquer son nom pour qu’elle existe. Cela revient à camoufler ce qui est pourtant évident : nationalisme et conservatisme sont des maux qui affligent les instances dirigeantes elles-mêmes et le élites des États de l’Union. Là aussi, il faut oser aller au delà des mots. Le mot “fédération” n’est plus tabou — à part en France.
Evoqué à droite et à gauche, il n’est pas pour autant suivi d’actions concrètes telles que la mutualisation de la dette publique, une croissance alimentée par les eurobond et par des ressources financiaires européennes bien plus consistantes que celles d’aujourd’hui. Ni surtout d’un Parlement européen avec de nouveaux pouvoirs et une Constitution commune qui soit l’expression de ses citoyens. Bref, une Europe qui soit pour eux un refuge en ces temps d’angoisse et non pas le bastion qui protège une oligarchie endogame de puissants qui se couvrent les uns les autres.
Peuples souverains
Une austérité qui accentue la pauvreté et les inégalités, un Pacte de stabilité qu’aucun parlement n’a pu discuter : telle est l’Europe qui veut se débarrasser des populismes
L'Europe telle qu’elle est n’est pas menacée par la colère (de droite comme de gauche) de ses citoyens. Elle est menacée par des gouvernements réticents à déléguer des souverainetés nationales non seulement feintes, mais usurpées, vu qu’en démocratie, les souverains, ce sont les peuples. Si la crise de 2007-2008 tourmente l’Europe au delà de toute mesure, c’est en raison de ces distorsions. Une austérité qui accentue la pauvreté et les inégalités, un Pacte de stabilité qu’aucun parlement n’a pu discuter : telle est l’Europe qui veut se débarrasser des populismes. C’est la misère grecque. C’est la corruption des gouvernements qu’alimentent inégalités et fausse stabilité.
Le cas des gauches radicales en Grèce est exemplaire. Syriza, une coalition de mouvements citoyens et de groupements de gauche, a été qualifiée d’anti-européenne et populiste, lors des deux élections de mai et juin 2012. Les chancelleries européennes s’étaient alors mobilisées, décrivant Syriza comme le monstre à abattre. Berlin avait menacé de fermer les robinets des aides. Mais ni Syriza ni Alexis Tsipras qui est à sa tête, ne sont anti-européens. Ils demandent une autre Europe. Et c’est cela qui épouvante l'establishment.
Le 20 septembre, quand il a présenté son programme auKreisky Forum de Vienne, Alexis Tsipras ha surpris ceux qui l’avaient couvert de boue. Il a dit que l’architecture de l’euro et les plans de sauvetage ont démoli l’Union, au lieu de panser ses plaies. Il a rappelé la crise de 1929 et sa gestion selon les dogmes néo-libéraux. Exactement comme aujourd’hui. “Les gouvernements nièrent que l’architecture de leurs projets était aberrante, insistant sur l’austérité et prônant simplement la relance des exportations".
Crise européenne et corruption
Le résultat fut, dans le Sud de l’Europe, la misère et l’avènement du fascisme et celui du nazisme en Europe centrale et du nord"*. C’est la raison pour laquelle L’union doit être refaite de A à Z. il Reprenant les propositions des syndicats allemands, Syriza propose un Plan Marshall pour l'Europe, une véritable union bancaire, une dette publique gérée de manière centralisée par la Banque centrale européenne et un programme d’investissements publics massifs lancé par l’UE.
Mais Alexis Tsipras dénonce aussi ce que personne n’ose pointer du doigt : le lien entre la crise européenne et les démocraties corrompues d’Athènes et de nombreux pays du Sud. "Notre cleptocratie a noué les alliances solides avec les élites européennes", a-t-il dit, et leur entente se nourrit de mensonges sur les fautes des Grecs ou des Italiens, sur les salaires trop élevés et sur ces États trop généreux. Ces mensonges “servent en effet à déplacer la faute des faiblesses nationales des épaules des cleptocrates sur celles du peuple qui travaille dur".
C’est une alliance qui ne se heurte plus à aucune opposition depuis que la gauche classique a adopté, dans les années 1990, les dogmes néolibéraux. Une grande partie de la population s’est ainsi retrouvée sans représentants. Disparus, démissionnaires, punis par une politique d’austérité à l’allure d’exercice militaire. C’est cette partie — une majorité, si l’on compte également les abstentionnistes — qui proteste contre l’Europe.
Elites consanguines
Parfois elle rêven d’un retour irréel aux monnaies et aux souverainetés nationales ; parfois, elle réclame une autre Europe, qui n’oublie pas le cri des pauvres, elle qui avait su l’entendre entre l’après-guerre et la fin des années 1970. Voilà ce que dit Tsipras. Et en Italie, Beppe Grillo, dans ses discours chaotiques, dit à peu près la même chose.
Si rien ne bouge, l’Europe ne sera plus un abri, mais un bâtiment où les citoyens seront exposés à tous les vents. Administré par des élites consanguines, elle ressemble de plus en plus au Bureau des lettres mortes gardé par Bartleby le scribouillard, dans la nouvelle [Bartleby, une histoire de Wall Street, éditions Amsterdam, 2007] d’Herman Melville. C’est à force de compiler et de jeter à la corbeille des milliers et des milliers de lettres envoyées et jamais remises à leurs destinataires que Bartleby en vient à opposer à toute demande et à tout ordre, avec un calme cadavérique, son refus impavide : ”I’d rather not” — "Je préférerais ne pas".
11 Novembre : quelles leçons ?
11 Novembre : quelles leçons ?
En ce pluvieux 11 Novembre, les monuments aux morts des villages de France vont soudainement refleurir, essentiellement grâce aux anciens combattants qui, à l’exception de souvenirs d’enfance d’une minorité désormais, ne connaissent cette Première Guerre mondiale que par les livres ou le récit de leurs aïeux. Cette mobilisation doit aussi beaucoup aux élus, aux écoliers et à leurs parents qui, plus par devoir que par conviction, fournissent le gros des troupes des commémorations. Reste à savoir ce que signifie ce jour qui marque le 95e anniversaire de la signature de l’Armistice.
À défaut de se recueillir devant le monument aux morts communal, chaque Français doit avoir à l’esprit que le conflit 14-18 fut une boucherie (1,4 million de morts côté français sur un total de 9 millions de tués) et qu’en raison de ses causes et conséquences trop vite éludées, avec un esprit de vengeance nourri des deux côtés, l’Histoire s’est répétée deux décennies plus tard. Plus que toute autre région, l’Alsace en a d’ailleurs payé le prix fort.
Si dans chacun des deux camps, des hommes, De Gaulle et Adenauer en tête, n’avaient ensuite pris sur eux pour aboutir à des compromis, l’Europe aurait un visage bien différent. C’est pourquoi il ne faut pas oublier qu’à défaut d’une imparfaite union politique, économique et financière, notre continent n’est plus un terrain de guerre.
Sur les Champs-Élysées parisiens ce matin, à Oyonnax cet après-midi, le président de la République, François Hollande, jouera sur les tableaux de ces deux guerres pour appeler à l’unité nationale au moment même où le pays est engagé dans des batailles aussi nombreuses qu’à l’issue incertaine. Chômage, misère, pauvreté, xénophobie, racisme sont quelques-uns des combats que mènent la France et ses voisins européens en ce début de XXIe siècle. Des guerres différentes de celle de 14-18 mais aux conséquences tout aussi dangereuses. N’oublions jamais que c’est sur le lit de la Première Guerre mondiale que se sont construits les nationalismes aboutissant à la Seconde. Et que ces nationalismes sont les mêmes qui, de manière récurrente, menacent l’équilibre – toujours fragile – des démocraties européennes.
Exception faite de l’Alsace-Moselle, où la plupart des commerces seront fermés aujourd’hui, ce jour anniversaire de l’Armistice sera surtout, pour nombre de Français, l’occasion de parcourir les allées des grandes surfaces. On est loin de l’esprit commémoratif du conflit le plus meurtrier du XXe siècle. Et il n’y a vraiment pas lieu de s’en réjouir.
Le lynchage d’Alain Finkielkraut
Le lynchage d’Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut a écrit un livre sur « L’identité malheureuse » (Stock). Je ne l’ai pas encore lu mais il faut croire que l’ouvrage n’est pas conforme à l’idéologie dominante, au politiquement correct, car cet intellectuel ne cesse de se faire violemment insulter sur les plateaux de télévisionhttp://www.huffingtonpost.fr/2013/10/19/video-ce-soir-ou-jamais-finkielkraut-taddei_n_4126468.html. Certes, nous sommes habitués, dans notre belle démocratie respectueuse de la pluralité d’opinion, à voir tomber l’injure suprême – raciste ou xénophobe – sur toute pensée déviant de la ligne officielle sur l’immigration radieuse. Alain Finkielkraut, qui a toujours condamné sans la moindre ambigüité tout parti extrémiste, fait pourtant l’objet d’un lynchage haineux sur les ondes de télévision et à la radio, en sa présence, et pire, en son absence ce qui est un signe de la lâcheté ambiante. A ma connaissance, c’est la première fois que l’on voit ainsi au grand jour, accusée de racisme, une personnalité dont le père et une partie de la famille ont été déportés à Auschwitz, ce dont il ne fait d’ailleurs jamais état en public. Il me semble que c’est un seuil supplémentaire qui est franchi dans la barbarie médiatique, le chaos moral, le mépris de l’histoire, la dictature de la pensée unique, la survivance ou la renaissance de l’esprit totalitaire (au sens d’Hannah Arendt) mais aussi tout simplement le triomphe de la vulgarité hargneuse.
"L'écotaxe sera appliquée", martèle le gouvernement
Le ministre délégué au Développement, Pascal Canfin, a assuré, dimanche, que l'écotaxe ne serait pas supprimée. Seules "les modalités d'application" sont négociables.
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| Si jeune et déjà si con |
"Je le dis en tant qu'écologiste et en tant que membre du gouvernement : l'écotaxe sera appliquée." Le ministre délégué au Développement, Pascal Canfin, a assuré, dimanche 10 novembre, que l'écotaxe serait bien appliquée, alors que les spéculations vont bon train sur une éventuelle suppression après le report par le gouvernement de sa mise en oeuvre.
"Le gouvernement s'est engagé - et il a bien fait - à reconstituer les conditions du dialogue, a-t-il estimé sur RTL, mais en mettant clairement sur la table le fait que ce n'était pas le principe de l'écotaxe qui était à discuter mais les modalités d'application."
L'écotaxe "marche là où elle est en place", a assuré Pascal Canfin, citant l'Allemagne et la Suisse, "donc il n'y a aucune raison que ça ne marche pas en France". Pour le ministre écologiste, ce "n'est pas un impôt supplémentaire, ça revient simplement à faire payer aux poids lourds, à ceux qui utilisent massivement les routes et de fait les dégradent, les investissements dans les transports, au lieu que soit le contribuable lambda".
dimanche 10 novembre 2013
Reprendre la main sur le système bancaire
Depuis des années les dirigeants de la plupart des banques françaises, tout comme leurs homologues internationales, ont privilégié la rentabilité financière à court terme pour leurs actionnaires et les innovations financières hasardeuses, plutôt que le financement d’activités productives, créatrices d’emplois locaux et respectueuses de l’environnement. Ils n'ont tenu aucun compte des conséquences écologiques des projets que leurs institutions finançaient. Ils ont mis sous pression leurs salariés pour placer le maximum de produits financiers indépendamment des besoins de la clientèle. Alimentant la bulle immobilière, ils ont incité, par des pratiques commerciales douteuses, leurs usagers à s'endetter pour des montants de plus en plus importants et des horizons de plus en plus lointains. Après avoir été sauvés fin 2008 par l’injection massive de fonds publics, ces dirigeants renouent aujourd’hui avec les dividendes et les bonus milliardaires. Beaucoup de citoyens sont exaspérés par cette situation. Mais ils se sentent impuissants à changer le cours des choses. En tant qu’usagers, ils ont besoin de leur banque pour encaisser leurs rémunérations, effectuer leurs paiements et obtenir des crédits. En tant que salariés d’une banque, ils souffrent de conditions de travail dégradées et de rapports tendus avec la clientèle. La plupart des gens pensent que les banques sont plus ou moins toutes gérées de la même façon déraisonnable mais inéluctable, et les dérives de certaines banques coopératives ou mutualistes les confortent dans ce sentiment. Pourtant, comme l’a montré l’écho important de la déclaration d’Eric Cantona dans l’opinion publique, les citoyens cherchent des moyens de peser sur cette situation. Usagers, salariés et associations, surtout s’ils cherchent à travailler ensemble, peuvent se doter d’outils pour exercer une vraie pression sur les directions des banques et les pouvoirs publics. Ils peuvent favoriser l'émergence de banques solidaires. Ils peuvent développer un vaste débat sur la façon dont devrait fonctionner un système financier au service des besoins de la société. Cette campagne veut donner aux citoyens plusieurs modalités d’engagement possibles, et repose sur un appel permanent à l’imagination et à l’initiative des participants.
Iran : la bonne fenêtre de tir
Alors qu’un accord sur un règlement du dossier nucléaire iranien paraissait imminent, à tel point que les ministres des affaires étrangères du « groupe 5+1 » menant les négociations, soit les cinq pays membres permanents du conseil de sécurité (Chine, Russie, États-Unis, Grande-Bretagne et France) et l’Allemagne, ont accouru à Genève depuis vendredi, la bombe lancée hier par Laurent Fabius a sensiblement brouillé les cartes.
S’il faut « éviter l’euphorie du verre à moitié plein » et garder à l’esprit qu’un accord à Genève ne peut tout régler, le coup d’éclat du chef de la diplomatie française a essuyé de nombreuses critiques, notamment en provenance de chancelleries européennes. Car ces déclarations ont surtout été interprétées comme un signe de mauvaise humeur consécutif à l’arrivée impromptue à la table des négociations, vendredi, du Secrétaire d’État américain, John Kerry, lequel n’en aurait pas averti les pays occidentaux impliqués. Plus prosaïquement, alors que François Hollande est attendu du 17 au 19 novembre en Israël et en Palestine, le chiffon rouge agité par Laurent Fabius hier est aussi un signal d’apaisement envoyé au gouvernement de Benyamin Netanyahou. La diplomatie est ainsi faite, alternant les grandes déclarations de principes et les prises de position opportunistes.
Il n’en demeure pas moins que ce week-end, voire lors d’un nouveau round de négociation, un accord sur le nucléaire iranien est de l’intérêt de tous. Une fenêtre de tir s’est ouverte avec l’élection, à la tête de l’Iran, de Hassan Rohani. Plus modéré que son prédécesseur Ahmadinejad, le nouveau président a le soutien du « vrai patron » du pays, le Guide suprême, Ali Khamenei. Au prix d’une levée, au moins partielle, de l’embargo économique et financier qui étrangle l’Iran et fait peser sur le régime la menace d’un soulèvement populaire, le nouveau président semble prêt à stopper le programme nucléaire à des fins militaires. Pour autant, il reste intraitable sur sa volonté d’enrichissement d’uranium, quitte à l’assujettir à un contrôle de la communauté internationale.
Toute négociation ayant pour prix des concessions réciproques, un accord à Genève, sous réserve d’un contrôle sérieux, vaut toujours mieux qu’un retour à la situation explosive qui prévalait sous Ahmadinejad. Le risque nucléaire au Proche et au Moyen-Orient ne disparaît pas du fait d’un accord. Par contre, il ne peut que diminuer.
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