TOUT EST DIT

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jeudi 29 novembre 2012

De nouveau une adolescente enlevée et violée

De nouveau une adolescente enlevée et violée   

Quelques jours après l’enlèvement de Chloé dans la cour de son domicile, une adolescente a de nouveau été kidnappée dans les Alpes-Maritimes devant sa porte et embarquée dans un coffre de voiture.
Samedi soir, 21 heures. La jeune fille âgée de 17 ans est presque arrivée chez elle, dans une rue de Saint-Laurent-du-Var. Trois inconnus surgissent et l’enferment de force dans le coffre de leur véhicule. Ils l’emmènent dans un appartement vide de Grasse à une vingtaine de kilomètres de là.
L’adolescente est alors violée par un homme de 35 ans sous la menace d’un couteau. Avec un courage incroyable, elle se défend, elle se bat, elle survit. Profitant d’un instant d’inattention de son violeur, elle attrape son arme et le poignarde au niveau du cou. Elle parvient ensuite à s’échapper par la fenêtre, à sauter sur le balcon de l’étage en dessous et à trouver de l’aide.
La victime, « particulièrement choquée », selon les policiers, a été prise en charge par une équipe du SAMU. Les enquêteurs de la Sûreté départementale ont constaté d’importantes traces de sang dans la cage d’escalier et le hall de l’immeuble dans lequel elle a été séquestrée et violée.
L’agresseur, sérieusement blessé, venu se faire soigner à l’hôpital de Fréjus sous une fausse identité, a tout de suite attiré l’attention de la police. D’autant qu’il était déjà l’auteur de plusieurs agressions sexuelles… Il a aussitôt été interpellé. Un autre homme, âgé de 16 ans, soupçonné d’être son complice, a également été arrêté à Saint-Raphaël et écroué. Un troisième homme, vraisemblablement mineur, est toujours recherché. Selon le procureur, les trois hommes avaient apparemment prévu de demander une rançon.
Le violeur présumé de 35 ans avait déjà été condamné dans le passé à 12 ans de réclusion pour viol. Il est considéré comme « dangereux », en raison « d’antécédents judiciaires lourds ».
Encore un dont le suivi a été impeccablement assuré par nos services judiciaires français. Combien faudra-t-il encore de petites filles enlevées et violées pour que la crise patente et la défaillance criminelle de la justice en matière de récidive des délinquants sexuels deviennent une urgence politique ? A chaque fois, les agresseurs sont des récidivistes connus des services de police et de justice. C’est une réalité insupportable. Les projets de loi s’empilent, victime après victime, gouvernement après gouvernement, sans jamais rien changer parce que personne n’a le courage de prendre des décisions définitives.
Ces deux adolescentes ont fait preuve d’un sang-froid et d’un courage impressionnant qui leur a sans doute valu d’échapper au pire et de garder la vie sauve. A l’heure du gender et des catalogues de jouets qui révolutionnent le genre, c’est au close-combat et aux techniques de self-défense qu’il faut entraîner tous nos enfants pour qu’ils rentrent de l’école sain et sauf.

Ces échecs que les socialistes ont réussi à masquer depuis 10 jours grâce à l'UMPgeddon

1 – L’Umpgeddon n’aura qu’un temps

Le seul motif de sérénité à la vue du maelström où se débat l’UMP, c’est qu’elle y est plongée plus de quatre ans avant les futurs scrutins nationaux. On peut donc espérer que ces empoignades ne seront que péripéties oubliées à cette échéance.
La querelle des prétendants est d’autant plus vive que, du fait de l’extrême faiblesse de Hollande, le vainqueur peut raisonnablement espérer l’emporter en 2017 face à un président déconsidéré. C’est toujours le même moteur qui propulse la carrière politique de ce chef à l’inquiétante normalité : comme au premier secrétariat du Parti socialiste autrefois, son inertie attise l’agressivité de ses concurrents qui, ne parvenant pas à s’en prendre à lui, finissent par s’entre-dévorer. Tout cela à quelque chose d’un phénomène de meute.
Il a l'air malade trouvez pas ???
Fidèle à lui-même, Hollande a également choisi d’être illisible pour achever de désorienter ses contradicteurs. Fait-il dans l’austérité, dans le laxisme ? On ne sait plus mais son électorat est résigné à le laisser faire et surtout ne pas faire par crainte du retour au pouvoir de la droite. Pourtant, les réalités et la récession sont têtues et se chargeront de dissiper ces écrans de fumée, comme en a témoigné mardi la nouvelle cohorte mensuelle de chômeurs.
Depuis 7 mois, Hollande défait ce qui avait été mis en œuvre par Sarkozy et renonce à toute action autre que l’augmentation de la pression fiscale avec comme conséquence d’entraver le fonctionnement de l’économie. Ces décisions ont toutes un débouché commun : l’immobilisme. Mais ce n’est pas un principe de gouvernement durable et les affres actuelles de l’UMP n’y changeront rien. L’Umpgueddon n’aura qu’un temps et l’attention du public se reportera rapidement sur les échecs du pouvoir.

2 - Taubira présidente de l’UMP ?

Fillon a-t-il pris en considération le fait, qu’inspiré par ses actions en justice, n’importe quel adhérent de l’UMP pourrait porter plainte pour fraude et permettre ainsi au Parquet, i.e. à Taubira et ses chefs, de fourrer leur nez dans les affaires de ce parti ? Il a raison d’hésiter à endosser pareille responsabilité.
On souhaite également bien du plaisir à l’administrateur provisoire qui aurait à organiser, sur ordre d’un tribunal, un nouveau vote. Qui l’assistera et où trouvera-t-il l’argent pour ce faire ? Décidément, s’il est une idée saugrenue pour arbitrer cette querelle, c’est bien celle d’un procès.

3 - Des bisous pour les chômeurs

Comme frappé de stupéfaction face à l’augmentation vertigineuse du chômage à laquelle il répond par la création d’emplois de colleurs de timbres dans les associations et les collectivités locales, notre gouvernement est désemparé. Il est temps que Présinours® entre en action et prodigue aux demandeurs d’emploi force câlins pour les apaiser. Bonne nuit les petits !

4 - Comment François Hollande abîme l’image de la France en Europe

La divine providence socialiste, plus connue sous le nom de conflit Copé/Fillon, a épargné à Hollande le constat médiatique de son fiasco européen à l’occasion du dernier sommet consacré au budget de l’Union les 22 et 23 novembre.
Arrivé à Bruxelles dans un grand roulement de tambours et de mécaniques pour pourfendre la perfide Albion et l’isoler diplomatiquement, Talleyrand-Tan-Plan® a rapidement baissé pavillon. Ne pouvant plus compter sur le soutien de Merkel, il n’a pu contrer Cameron qui persiste à réclamer des coupes drastiques dans les budgets européens. Peu à peu, cette philosophie prévaut et l’on voit Herman Van Rompuy concéder le retour à la semaine des 40 heures pour les fonctionnaires européens, sans augmentation de salaire. Allez dire ça à leurs homologues français ...
Obnubilé par la défense de la ringarde Politique agricole commune (PAC), Hollande a cru obtenir un effort budgétaire de la part de Van Rompuy en sa faveur. Mais ce geste s’est aussitôt traduit par une coupe envisagée de 13 milliards d’euros dans les budgets d’investissement prévus pour les grandes infrastructures et la croissance. Donc par une remise en cause directe du pacte qui a justifié la ratification du traité "Merkozy" que le candidat normal dénonçait avant son élection. L’incohérence règne.
Ces négociations n’ont de toute façon rien donné, le sommet ayant été ajourné et les décisions renvoyées à 2013, si elles sont prises un jour. Notre président n’a alors trouvé qu’à singer une fois de plus Mitterrand en parlant de "donner du temps au temps". Rien de nouveau sous le soleil rose ...
La cruelle réalité est que trois groupes de pays se sont formés au sein de l’Union. Ceux favorables à une discipline budgétaire drastique : en gros l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les pays du Nord. Ceux qui s’y plient en maugréant pour obtenir des financements : Espagne, Portugal, Grèce et qui réforment dans la douleur leur Etat providence. Enfin, la France "hollandaise", qui espère échapper aux vrais efforts tout en continuant de trouver des prêteurs.
Après avoir essoré fiscalement ceux qui ne votent pas pour lui, Hollande a épuisé son ordre du jour. Il attend désormais le miracle d’une reprise pour s’en sortir. Mais son attitude bravache, financée à crédit, est un aveu de faiblesse. En protégeant ses clientèles électorales, Hollande se prive de marge de manœuvre et de crédibilité en Europe. Du coup, il ne peut réellement peser en faveur d’une politique plus active de la BCE et de l’Union pour faire baisser le taux de change de l’euro et soutenir la croissance. Bref, l’étau se resserre peu à peu. Il faut donner du temps au temps ... pour nous serrer la vis.

5 - UMP, Sciences-Po : le retour des Anciens

Ce n’est guère réjouissant pour la France, un pays qui ne parvient pas à se débarrasser  d’une administration boursouflée, d’un système corporatiste sous tutelle de l’Etat et d’une classe politique pléthorique : les Anciens sont partout de retour.
C’est la crise à l’UMP ? On va chercher Juppé. C’est le Far West à Sciences-Po ? Le ministère et les grands corps de l’Etat en tirent parti pour tenter de remettre la main sur l’institution de la rue Saint Guillaume. Dans ce dernier dossier, on avait certes des faux libéraux au pouvoir (feu Descoings et Pébereau), qui ont usé et abusé de la rhétorique de l’initiative privée et de l’autonomie de Sciences-Po tout en faisant un appel massif aux crédits publics.
Mais qui veut les remplacer ? De vrais bureaucrates, pour qui les amphithéâtres de l’IEP de Paris doivent redevenir les chasses gardées des hauts fonctionnaires. L’ouverture progressive mais réelle de l’enseignement et de la direction à des universitaires et des cadres du privé va faire long feu. Le ronron bureaucratique et son prêt-à-penser vont revenir en force, adoubés par les ministères et bénis par la Cour des comptes. Ce que le système administratif français combat, dans cette affaire, c’est un Science-Po préfigurant une université française inspirée du modèle anglo-saxon. Ces forces littéralement réactionnaires viennent de remporter une victoire dans leur combat d’arrière-garde. A ce rythme, il va falloir batailler pour ne pas disparaître purement et simplement des classements universitaires internationaux.

6 – Nationalisons Florange, privatisons Montebourg !

La boîte de Pandore du socialisme, c'est-à-dire la prise de contrôle d’une entreprise privée par l’Etat, semblait définitivement refermée depuis les lointaines années de la Jospinie. Montebourg, va-t-en-guerre désordonné de la Hollandie, a sorti l’objet du placard où il rouillait, le tout en invectivant Mittal. Les 20.000 employés du groupe en France doivent se sentir quelque peu inquiets. S’il fallait une ultime raison pour que les investisseurs étrangers se méfient de la France, elle est trouvée.
Puisque Montebourg se pique de décisions iconoclastes et innovantes, peut-être devrait-il, en contrepartie, faire financer son ministère et son propre traitement par le privé, pourquoi pas en fonction de ses résultats dans le domaine ardu du redressement d’entreprises ? Ses propos seraient davantage pris au sérieux et Ayrault n’aurait pas à le "recadrer" à un rythme hebdomadaire.

7 – Kyste l’eût cru ?

Valls, dont l’efficacité répressive est nettement plus grande lorsqu’il s’en prend aux campements roms plutôt qu’aux bandits corses et marseillais, va devoir, sous peu, placer tout le territoire de la République en zone de sécurité prioritaire. Il faut dire que ces territoires sous haute surveillance sont passés d’un nombre de 15 à 64 en moins d’un an.
Valls devrait a minima songer à en instituer une pour régler le cas des activistes de Notre-Dame-des-Landes, corps étranger dont, chirurgien en képi, il prône désormais l’extraction.
Sans rire, Ayrault a convoqué, au même moment, une "commission du dialogue". Bientôt, on appellera cela mentir comme un arracheur de kyste. Autre version possible, pour les anglicistes : "The long kyste goodnight".

UMP, PS : le ridicule à tour de rôle

Les couacs émaillant l’élection du futur président de l’UMP n’éclipsent pas, dans la mémoire des Mariannautes, les cafouillages qu’a pu connaître le PS en la matière. Les comédies se succèdent quel que soit le parti  et les commentateurs se demandent qui  pourra, dans ces conditions, sortir la France de la panade financière dans laquelle elle se trouve.

« On a les politiques qu'on mérite, c'est ça ? » Alain FO
Pour Franz MICHILS, « tant le PS que l’UMP contribuent à discréditer les hommes politiques et la démocratie. Ces luttes de personnes prouvent deux choses : l’idéologie n’est plus que d’une importance marginale au PS et à l’UMP et elles confirment l’idée, hélas trop répandue dans le grand public, que « tous les partis c’est du pareil au même et tous les hommes politiques sont des pourris ». » Une simplification dont le risque serait de faire le jeu des extrêmes.

« Ces zozos ne sont intéressés que par leur carrière personnelle et les avantages qu'ils tirent de ce simulacre de démocratie qu'est devenu notre pays », renchérit Bastienou CARCAJOU. « De droiche comme de gaute, l'électeur ne trouve plus de satisfaction dans son « camp », mais dans la panade de l'autre aussi épaisse que la sienne. Regardez donc objectivement le spectacle donné par ces politicards. Comment peut-on leur accorder la moindre confiance? »

Les Mariannautes se montrent inquiets quant au futur du pays. Sont-ce ces « bonimenteurs », ces « mafieux », sont-ce ces « caricatures », entre autres qualificatifs qui proliférant dans les commentaires - et ce quel que soit le camp ciblé - qui vont sortir la France du « marasme économique » dans lequel elle semble empêtrée ?

« Tour à tour les uns et les autres dénoncent le ridicule opposé », constate Michael SPECHT. « Finalement la vie politique française n'a jamais été autre chose et l'on comprend l'aversion du général de Gaulle pour la chose, qui était moins de l'antidémocratisme, comme le dénonçaient certains, qu'une désillusion devant ce qui lui évoquait sans doute un poulailler. »

La démocratie en danger
« Et pendant ce temps-là, soupire Alain PAPONNEAU, l'Europe technocratique continue à paupériser les classes moyennes, à afficher son impuissance face à l'arrogance des agences de notations et autres banquiers, les lobbies continuent à occuper Bruxelles pour nous enfoncer encore un peu plus dans la mouise. »

Les deux grands partis politiques sont suspectés d'être inféodés à l'Europe de la finance. De droite comme de gauche, dénoncent les internautes, on ne se bouscule pas pour mettre un terme au diktat des marchés. Nos politiques hâbleurs mais impuissants, censément élus par le peuple, semblent ne plus exécuter la volonté de ce dernier : « ça fait peur de voir pareil spectacle, la démocratie est en danger, et c'est dommageable pour tous . » (Roger LE GICHOUX)

Les actrices porno seraient des femmes plus heureuses

Les actrices porno seraient plus heureuses que les autres femmes d'après une étude publiée dans le Journal of Sex Research. De quoi provoquer de nouvelles crises d'hystérie chez les féministes radicales.
Après avoir été scandalisées par l'implacable démonstration déroulée dans le "Pourquoi les femmes de riches sont belles ?", voici qu'une étude publiée dans le Journal of Sex Research risque de provoquer de nouvelles crises d'hystérie chez les féministes radicales.

Dur labeur que celui du chercheur à l'exemple de ces scientifiques qui ont dû consacrer de longues heures à sonder profondément 177 actrices de films porno, de 18 à 50 ans, puis 177 femmes d'âges semblables mais sans le chromosome X professionnel.
Oubliés les soporifiques discours sur l'humiliation et le machisme dominateur que les femmes sont supposées subir dans le cadre d'une sexualité patriarcale qui donne le pouvoir aux hommes. D'après cette étude, les starlettes du porno prennent visiblement du plaisir à se faire oppresser et presser la poitrine et font la différence entre obligation et abnégation professionnelle. Loin des clichés décrivant des femmes forcément malheureuses et soumises, l'étude conclut qu'elles dorment mieux et se sentent plutôt bien dans leur culotte, ou sans selon la teneur de leurs activités quotidiennes.
De même qu'elles ne portent pas sur elles le lourd poids social d'une enfance orpheline maltraitée sur fond de toxicomanie mais plutôt de légers sous-vêtements qu'elles exhibent aussi facilement qu'elles les enlèvent.
(...) il n’y a aucun rapport avec une violence subie étant enfant et le job exercé après.
De quoi faire hurler les féministes radicales, de tout temps opposées à la pornographie et totalement contrariées par un autre courant féministe pro-sexe quant à lui. C'est ce qui ressort de cet entretien déjà ancien mené avec Ovidie, actrice et réalisatrice de films X dont le discours est réfléchi plus loin que le bout de son néné et qui explique notamment pourquoi elle a quitté les milieux militants radicaux.
Ultime clou planté dans la combinaison en cuir de la prochaine soirée orgiaque et filmée, les actrices interrogées dans le cadre de l'étude publiée dans Journal of Sex Research sont des coquines qui s'assument, pratiquant le sexe plus fréquemment que d'autres femmes, avec plus de partenaires et en ayant initialement abandonné dans les oubliettes leur virginité et son souvenir à l'âge de 15 ans environ, soit deux bonnes années de moins que la moyenne des autres... coquinettes nationales.
On comprend donc mieux ce qui peut distinguer telle actrice du cinéma d'Art et Essais et telle actrice du cinéma dard dressé. La première tourne avec l'air grave en s'interrogeant sur le sens des plaisirs, la seconde se retourne avec la cuisse légère en appréciant le plaisir des sens.

mercredi 28 novembre 2012

Crise à l'UMP: "On n'a pas le droit de faire un bras d'honneur à Sarkozy"

Après l'échec de la sortie de crise proposée par l'ancien président, c'est la tristesse et la consternation qui dominent dans son entourage. Nicolas Sarkozy n'a pas intérêt à s'enfoncer davantage dans le bourbier UMP.
"Il n'est pas prévu de communiqué de Nicolas Sarkozy ce matin" assure mercredi l'entourage de l'ancien président, démentant une information diffusée plus tôt dans la matinée par I-Télé. Alors que Jean-François Copé, le président déclaré de l'UMP a posé un ultimatum à François Fillon pour retirer son groupe parlementaire, la plus grande confusion règne au sein du parti d'opposition. Nicolas Sarkozy semble chercher la bonne distance avec les protagonistes de cette crise.
>> Les dernières informations sur la guerre des chefs à l'UMP à suivre dans notre live
Lâchez moi un peu, j'étais si peinard.....
Arbitre en début de semaine, Nicolas Sarkozy a poussé l'idée d'un référendum sur un nouveau vote. Une sortie de crise acceptée dans un premier temps par les deux camps, avant d'échouer mercredi. Jean-François Copé estime en effet que les "conditions" pour l'organisation d'un référendum n'étaient pas réunies. Raison de ce revirement: la publication au JO de la déclaration du groupe parlementaire dissident "Rassemblement-UMP" de François Fillon.

Une fin de non recevoir qui provoque la colère des "non alignés"."On n'a pas le droit de faire un bras d'honneur à Sarkozy ni aux militants", a réagi l'ancien ministre Xavier Bertrand en réunion de groupe UMP, et en présence de Jean-François Copé.
Dans les bureaux de l'ancien président, c'est la tristesse et le désarroi qui dominent ce matin. Son entourage est consterné. "Nicolas Sarkozy suit les évolutions de la crise, bien sûr, mais cela devient totalement irrationnel", confie un proche.
Au dire de ses collaborateurs, Nicolas Sarkozy a aujourd'hui fait le choix d'une "nouvelle vie". Et à aucun moment, insistent-ils, il ne s'inscrirait dans la perspective de 2017. "Il faudrait qu'il soit tout le temps derrière Copé et Fillon, ce n'est pas possible".
"Quoi qu'il arrive, pour gagner une élection, il faut avoir une famille en ordre de marche. Si on casse l'instrument pour arriver au pouvoir, la victoire est compromise", analyse un ancien conseiller du président.

Augustin de Romanet nommé PDG d'Aéroport de Paris

L'ex-directeur général de la CDC prend la succession de Pierre Graff qui a démissionné en raison de la limite d'âge du code du commerce en vigueur pour le gestionnaire des aéroports parisiens.
L'ex-directeur général de la CDC Augustin de Romanet a été nommé, mercredi 28 novembre, PDG d'Aéroports de Paris (ADP) en Conseil des ministres, a annoncé la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.

Augustin de Romanet prend la succession de Pierre Graff, 65 ans, qui a démissionné de ses fonctions en novembre en raison de la limite d'âge du code du commerce en vigueur pour le gestionnaire des aéroports parisiens.
Ancien directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), Augustin de Romanet, 51 ans, avait été coopté en tant qu'administrateur d'ADP le 12 novembre dernier par le conseil d'administration du groupe, qui a proposé au président de la République sa nomination au poste de PDG du groupe.
L'Etat détient quelque 52% du capital d'Aéroports de Paris.
"Poursuivre l'amélioration de la qualité de service"
Première conséquence de sa nomination, le numéro deux d'ADP, François Rubichon, qui assurait depuis la mi-novembre l'intérim à la tête de la société après la démission de Pierre Graff, quitte la société gestionnaire des aéroports parisiens.
Auditionné mardi en Commission à l'Assemblée nationale et au Sénat, Augustin de Romanet a indiqué qu'il entendait placer son action dans le sillage de celle de son prédécesseur, à qui il a rendu hommage.
"La qualité du bilan de Pierre Graff autorise à avoir de très grandes ambitions pour cette société", a-t-il déclaré, en précisant que la priorité pour ADP était de poursuivre l'amélioration de la qualité de service aux passagers et aux compagnies aériennes clientes.
Pierre Graff, qui a pris les rênes d'ADP en 2003, a hissé la société dans le trio de têtes des opérateurs aéroportuaires internationaux.

Le Sénat propose un Chèque-Syndicat

Les parlementaires de ce pays ne cesseront jamais d'étonner. Certes, ils n'ont pas trouvé de pétrole, et ont décidé, tant que l'argent coule à flot, que la population pourrait se passer du gaz de schistes, de l'énergie à pas cher et des emplois (le chômage ? Même pas mal). Mais ils ont des idées, à foison, et toutes aussi ridicules les unes que les autres. Par exemple, le syndicalisme en France étant déjà massivement subventionné, le Sénat a décidé de l'aider en lui ajoutant une petite niche fiscale. Trop mignon.

Il y a quelques jours, je notais, assez amer, que le syndicalisme français n'était plus qu'une mafia légale, organisée autour de principes simples de plomberie de base : les entreprises déversent des fonds dans les syndicats par ces gros tuyaux ici, l'Etat aide massivement les syndicats en regardant ailleurs lorsqu'il s'agit de comptabilité et de fiscalité, et les syndicats utilisent les petits tuyaux ici et là pour briser les rotules de ceux qui les empêchent de faire leur petit business.

Simple.
J'exagère ? Allons. C'est du lourd, du solide, du documenté : personne n'a obligé les syndicalistes à porter plainte contre Bricorama (et, selon toute vraisemblance, aboutir à la fermeture de dizaines de magasins en France). Le syndicalisme contre les salariés, c'est ça. Personne n'a obligé les syndicalistes à poursuivre une grève chez Arkema, grève qui aura définitivement liquidé les espoirs des chômeurs locaux de voir se concrétiser les investissements de 70 millions et les emplois à la clef prévus par la société. Le syndicalisme contre l'emploi, c'est ça. Personne n'a jamais poursuivi le Syndicat CGT Du Livre pour ses exactions nombreuses (trafic d'armes, intimidations, chantage, vol, violences en réunion, ...) Le syndicalisme de mafia, c'est ça. Et personne n'avait demandé à la CFDT de commettre des clips vidéos vantant la robotisation des salariés et le foutage de gueule financé avec vos sous, et pourtant, le syndicalisme décontracté, c'est ça :
Mais cela va plus loin : le syndicalisme, en France, c'est surtout un magnifique système pour pomper de l'argent des entreprises (et donc, des consommateurs, des salariés et des contribuables) vers cette caste ultra-protégée, tant par la loi que par les politiciens qui y trouvent leur compte. Pour rappel, on avait entraperçu la façon dont les syndicats se financent à la faveur de la parution (aux forceps) du Rapport Perruchot. Sa lecture est édifiante et permet de découvrir que leurs ressources atteignent ainsi 4 milliards d'euros par an, soit 3 à 4 fois les ressources des syndicats anglais ou allemands, qui ont pourtant 5 à 10 fois plus de membres.
Si l'on ajoute les évidentes magouilles, conflits d'intérêts et détournements purs et simples (régulièrement rapportés dans ces colonnes), là encore (j'insiste) le terme de mafieux n'est pas de trop.
Cependant, non content de piocher allègrement dans la poche d'un contribuable qui n'en peut mais, les syndicats s'expriment aussi vigoureusement dans le lobbyisme plus ou moins discret. Dernièrement, dans le cadre du débat sur le projet de loi des finances pour 2013, le Sénat, largement acquis à la cause syndicale surtout depuis qu'il est socialiste, a proposé un véritable Chèque-Syndicat : si, auparavant, la cotisation était déductible des impôts (à hauteur des deux tiers), à présent, les impôts vont carrément faire un petit chèque de remboursement, ce qui permet d'inclure les éventuels salariés non imposables à la bonne soupe.
Rassurez-vous : pour financer cette distribution de pognon supplémentaire, le texte prévoit la création d'une (nouvelle) taxe additionnelle (supplémentaire en plus de surcroît et additionnelle) sur la vente de tabac, pas du tout déjà touchée par une myriade de taxes. Oui, fumeur, tu vas payer pour que les salariés puissent s'affilier à un syndicat qui leur fait les poches et détruit de l'emploi !
Bien sûr, on m'objectera qu'avant cette loi, les salariés non imposables payaient donc plein-pot leur inscription aux syndicats. J'objecterai qu'il eut été plus simple, et nettement moins coûteux pour tout le monde, d'arrêter tout financement public de ces syndicats, d'une part, et de ne surtout favoriser personne dans le paiement des cotisations. On aurait alors observé la vraie puissance de ces organisations dont le nombre d'adhérent diminue tous les ans (malgré les sommes d'argent public de plus en plus considérables déversées dans leurs caisses, parfois noires). Après tout, si les adhérents payent plein pot, ils sont assez facilement en droit de demander des résultats, et de préférence en rapport avec leur condition salariale (parce que bon, des résultats bénéfiques pour les syndicats eux-mêmes, le salarié s'en fiche). Et dans ces conditions, si les syndicats ne remplissent pas leur feuille de route, les adhérents s'en vont et les syndicats finissent par s'évaporer ... ou laisser la place à des syndicats qui, eux, traitent le syndiqué comme un client, une personne auxquels ils doivent des comptes.
Pas comme maintenant, en somme.
En lieu de quoi, la blague syndicale persiste dans ce pays : les salariés, les contribuables, les consommateurs continuent de payer la présence de ces organisations plus que douteuses dont l'impact commence maintenant à se mesurer directement en terme de rigidités, de journées de grèves, de contrats perdus, de fermetures d'entreprises. Et comme manifestement, personne, absolument personne au gouvernement ni ailleurs, ne veut remettre en question ces groupuscules d'intérêts partisans, comme aucun effort ne veut même être esquissés pour remettre l'action syndicale au service du salarié, on peut affirmer sans hésiter que ce pays est foutu.
syndicate = mafia

Footing pour l’UMP !

Footing pour l’UMP !


Nicolas Sarkozy en plein footing ! Voilà l'image du jour. Un symbole à plusieurs détentes. L'art de signifier, à gros sabots, que l'ex-président, de l'UMP ou de la République, au choix, est de retour sur le pavé parisien. Donc de la politique, dans la version intifada de sa propre « famille ». Footing de détente physique pour calmer son agacement face à la dérive suicidaire du parti et de détente politique après son entrée en piste. Contraint de cesser de jouer à l'imam caché, pour que ses faux fidèles cessent de se flageller, Nicolas Sarkozy est sorti de sa réserve.
La rencontre in extremis de Copé et Fillon, et la suggestion d'un référendum militant sur l'organisation ou non d'un nouveau vote, sont à mettre à son crédit, même s'il a mis les formes pour préserver une apparente distance et ne pas se faire prendre les mains dans ce sale cambouis politicien, cette bataille de chiffonniers, non dénuée d'un réel enjeu de morale. Un terme risible pour les cyniques de la politique.
C'est pourtant au nom de la morale, d'une certaine conception de la vie politique et de la démocratie, que François Fillon a porté le fer dans la plaie UMP depuis dix jours. Bien sûr, avec le dossard du mauvais perdant, il n'était pas à son avantage. Mais il a eu la force ou le culot d'aller au bout de sa logique, parée d'éthique. Il a franchi le Rubicon hier en dégainant deux armes dissuasives : la création de son propre groupe et la grenade judiciaire. Deux démarches réversibles seulement si un nouveau vote est organisé. Les conditions techniques d'un référendum puis d'un vote semblent aléatoires. L'imbroglio n'est pas fini.
Alors, qui serait gagnant ? En attendant le verdict des militants, il est clair que Fillon et Copé ont perdu des plumes présidentielles. Mais c'est Fillon qui a fait reculer Copé et lui a fait avaler son pain au chocolat. Il a prouvé qu'il était, lui aussi, capable d'un coup de force. Et Nicolas Sarkozy ? Sauveur de l'UMP, homme providentiel ? Il endossera ces beaux maillots, mais sa médiation, curieusement tardive après les coups de Fillon, le replonge dans le marigot UMP. Il espérait le contempler de haut. Raté.

Plus que quatre jours pour sauver Florange

Les discussions au sujet du site sidérurgique de Florange, que l’Etat menace de nationaliser, vont se poursuivre jusqu’à la dernière minute, ont déclaré, hier soir, l’Elysée et ArcelorMittal.
Les discussions au sujet du site sidérurgique de Florange (Moselle), que l’Etat menace de nationaliser, vont se poursuivre jusqu’à la dernière minute, ont déclaré, hier soir, l’Elysée et ArcelorMittal après une rencontre entre le président français et le patron du groupe.
François Hollande « a demandé que les discussions se poursuivent entre l’Etat et l’entreprise jusqu’au terme du délai (samedi) qui avait été convenu pour trouver un éventuel repreneur» du site, a déclaré la présidence dans un communiqué laconique.
« Les discussions se poursuivent », a confirmé une porte-parole du groupe sidérurgique à l’issue de la rencontre d’une heure, au cours de laquelle les deux hommes ont évoqué l’avenir de Florange.
ArcelorMittal veut fermer en partie le site, ce que refuse le gouvernement, qui menace d’en passer par la nationalisation.
Peu avant la rencontre, le président avait affirmé que la nationalisation faisait « partie du sujet de la discussion ». C’était la première fois qu’il faisait un commentaire public sur cette affaire.
L’hypothèse d’un passage forcé et temporaire dans le giron public du site sidérurgique lorrain pour in fine lui trouver un repreneur privé avait été évoquée la semaine dernière par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, idée qui a reçu nombre de soutiens politiques.
François Hollande et Lakshmi Mittal s’étaient déjà rencontrés au début de l’affaire, il y a un peu moins de deux mois. L’industriel veut fermer les hauts fourneaux et toute la filière liquide (production d’acier brut), qui emploient 650 personnes, mais entend conserver l’aval, c’est-à-dire la transformation d’acier en produits industriels élaborés.
Or, l’Etat a seulement trouvé des repreneurs intéressés par tout le site. Il veut donc forcer la main d’ArcelorMittal, qu’il accuse de ne pas avoir tenu ses engagements. Le groupe a mis dans la balance ses 20 000 salariés en France, affirmant que nationaliser Florange serait de nature à remettre en cause la présence du numéro un mondial de l’acier dans l’Hexagone.

Mesurer ses propos

Plusieurs voix ont toutefois appelé à la mesure dans les déclarations publiques.
La députée UMP de Moselle Anne Grommerch soutient la nationalisation mais a reproché les « propos offensants » de M. Montebourg à l’égard du groupe, qui « risque ainsi de compromettre toute possibilité de négociations ». Les membres de la famille Mittal se sont dits « extrêmement choqués » par ces attaques.
Le gouvernement français a assuré ne pas craindre d’éventuels départs d’investisseurs. Le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a reçu, hier, des représentants des grands fonds d’investissement anglo-saxons (BlackRock, Morgan Stanley, JPMorgan ou Pioneer). « J’attendais des questions » sur Florange et « la surprise a été qu’il n’y en a pas eu », a-t-il dit. « Chacun peut comprendre que ce dossier est un dossier particulier. »

Refuser la fatalité

Refuser la fatalité 


En réactivant le Conseil national de la sécurité routière mis à la casse par Nicolas Sarkozy un an à peine après son accession à la présidence, Manuel Valls a fait œuvre utile. Et doté la politique gouvernementale d’un nouvel atout qui évitera sans doute de nouvelles approximations comme celles, récentes, de l’éthylotest obligatoire ou du brassard réfléchissant pour les motards.
Le rétablissement de cette instance, qui a été voulue comme un lieu de débats et une force de propositions, était réclamé depuis des années par les associations d’usagers comme par les professionnels de la route. Parce qu’elle manquait au dispositif de lutte qui s’était clairement orienté vers le tout répressif. Au point de laisser penser aux automobilistes qu’il s’agissait de remplir les caisses de l’État en sanctionnant durement la plus petite faute d’inattention plutôt que de lutter contre les véritables causes d’un mal qui tue encore près de 4 000 personnes chaque année et coûte 23 milliards d’euros par an à la collectivité.
La croisade pour la sécurité routière engagée à la fin des années 60 n’est ni de droite ni de gauche. Elle n’aura jamais de fin. Il y aura toujours des accidents, toujours des drames, toujours des morts. C’est inévitable. Mais on peut en réduire le nombre et en limiter les conséquences. À condition d’avoir une approche globale de la situation. De sensibiliser les conducteurs comme les constructeurs. Et surtout de ne pas occulter le nécessaire travail d’éducation et de formation des jeunes qui paient chaque année un trop lourd tribut.
Les spectaculaires succès enregistrés dans cette lutte contre l’insoutenable par les gouvernements qui se sont succédé (il y avait 16 500 morts sur les routes en 1972 et encore 7 600 en 2002) sont un formidable encouragement et montrent qu’on peut toujours et encore faire reculer la camarde.
En matière de sécurité routière comme en toutes choses, il n’existe pas de fatalité.

Climat et fatalisme économique

Sous les torchères de gaz du Qatar se sont ouvertes, cette semaine à Doha, les négociations climatiques,
les 18e du genre depuis le grand sommet de la Terre à Rio, il y a vingt ans. On est au coeur du problème, dans cette petite monarchie pétrolière, 3e producteur mondial de gaz. Elle regorge de dollars qu’elle investit à tout va. Dans les stars de football, le BTP, l’industrie du luxe. Mais fort peu, jusqu’alors, dans la lutte contre le réchauffement.

Quelle image choc. Des organisations écologistes dînant sous la tente d’un « méchant » pays pétrolier, le diable en personne. Choc salutaire ? Ces négociations en auraient bien besoin. Que de désillusions. Après Rio, la ligne de conduite était toute tracée. Il fallait réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre pour que le réchauffement de la planète, au cours du prochain siècle – l’actuel – ne  franchisse pas une limite jugée dangereuse : celle des 2 °C. Au-delà, la machine climatique s’emballe. Cataclysmes en cascade. Désastres assurés dans les pays les plus vulnérables, les plus pauvres.

Le bilan des vingt dernières années est pitoyable. Les hommes n’ont jamais autant produit de barils de pétrole, jamais rejeté autant de gaz carbonique dans l’atmosphère. Au rythme actuel, affirme la Banque Mondiale, on pourrait atteindre les 4 °C d’augmentation de la température du globe dès 2060.

Prise de conscience insuffisante

Les accords de Kyoto, signés en 1997, n’ont servi à rien. Sauf à développer une certaine prise de conscience universelle des risques encourus. Mais c’est insuffisant. Chaque pays campe sur ses intérêts
nationaux. Malgré les signaux d’alerte – la fonte de la banquise, l’élévation du niveau de la mer, la déforestation, la multiplication des cyclones – l’humanité poursuit sa route. Informée, inquiète mais fataliste, prisonnière de la compétition économique mondiale.

Depuis l’échec du sommet de Copenhague, en 2009, le coeur n’y est plus. Ces grandes tablées de  négociations onusiennes tournent sur elles-mêmes. Aujourd’hui, il s’agit de sauver ce qui peut l’être des débris de l’accord  de Kyoto qui s’achève officiellement le 31 décembre prochain. Il sera prolongé,  vraisemblablement, jusqu’en 2020, année théorique d’entrée en vigueur d’un nouvel accord international qui devrait donc être conclu, avant ratification, dès 2015. Peut-être à Paris.

Kyoto version 2 va se poursuivre, réduit à quelques pays, essentiellement l’Europe et l’Australie. La Russie, le Japon, le Canada et la Nouvelle-Zélande ont quitté le navire. Les États-Unis de Barack Obama naviguent à l’écart. Les grands pays émergents – Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud… – observent et comptent les points. Ce  Kyoto dépenaillé n’est plus qu’un mirage d’accord, qui laisse les pays les plus menacés – les pays insulaires notamment – désarmés.

Les engagements pourtant ne manquent pas. Les pays riches ont, par exemple, promis de mettre au pot commun 100 milliards de dollars par an, en attendant 2020. Les premiers versements se font encore attendre. Non, sauf brutal changement de bord que rien n’annonce, les dirigeants politiques, obnubilés par la croissance perdue, les dettes à rembourser, soumis aux pressions de la grande finance internationale, négligeront après Doha, comme avant, le développement durable de la planète. Mais cette courte vue politique et ce fatalisme économique risquent de nous coûter très cher.

UMP : Sarkozy en anesthésiste réanimateur ?

UMP : Sarkozy en anesthésiste réanimateur ? 


Pour la troisième fois, Jean-François Copé, s’appuyant sur le recomptage de la Commission nationale des recours – celle que les internautes appellent la « Conar » – s’est autoproclamé vainqueur de l’élection du 18 novembre dernier, avec 952 voix d’avance sur son adversaire. Résultat aussitôt contesté par François Fillon qui parle d’un nouveau « coup de force » tandis qu’Alain Juppé estime, en haussant les épaules, que « rien n’est réglé ». Au sein du mouvement des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer l’annulation du scrutin litigieux. Dont celle de Nicolas Sarkozy.
Après l’échec du parrain de Bordeaux, et alors que Fillon confirmait lundi matin son intention de porter l’affaire devant la justice, les sympathisants de l’UMP n’espèrent plus, en dernier recours, qu’en l’intervention du parrain des parrains : Nicolas Sarkozy. Celui-ci, vu l’état calamiteux dans lequel se trouve aujourd’hui l’appareil qui le porta au pouvoir en 2007, apparaît plutôt comme une sorte d’anesthésiste réanimateur de la dernière chance. D’abord anesthésier les deux frappadingues déchaînés qui cassent tout autour d’eux. Panser ensuite les blessures et soigner les traumatismes. Puis sortir doucement de son coma politique un parti multifracturé en évitant qu’il ne claque sur le billard. Opération délicate. Le docteur Sarkozy hésite semble-t-il à entrer dans le bloc chirurgical. Il a néanmoins déjeuné lundi avec François Fillon. Déjeuner paraît-il prévu de longue date, au cours duquel chef de l’Etat a essayé de dissuader son ex-Premier ministre d’en appeler à ces juges que lui exècre. Nicolas Sarkozy s’est aussi fait le porte-parole, entre la poire et le fromage, de ceux qui réclament une nouvelle « votation », comme disent nos voisins suisses.
Que restera-t-il de l’UMP ?
En attendant, le pandémonium électoral dans lequel se trouve l’UMP continue de flamber. Pendant que l’ex-président de la République et son ancien Premier cassaient la croûte, l’huissier que l’avocat de François Fillon avait cru bon d’envoyer au siège de l’UMP pour saisir des documents se faisait virer comme un malpropre par les partisans du président autoproclamé. « Qui veut être modéré parmi les furieux s’expose à leur furie. » Ce n’est pas Juppé qui dira le contraire. La fureur qui anime Fillon et Copé semble être en outre aussi contagieuse que dévastatrice. A côté de la vendetta des deux jusqu’au-boutistes de l’UMP, le clan des bergers-braqueurs de Venzolasca ou le gang de la Brise de mer font figure d’organisations de babas cool un peu querelleurs…
Un hebdomadaire, daté de jeudi dernier, titrait : « Et le vainqueur est… Nicolas Sarkozy ». Avec cette explication en sous-titre : « Copé l’a emporté sur le fil mais le chaos à l’UMP renforce l’ex président… ». Il y a huit jours on pouvait effectivement penser cela. Mais depuis, à l’UMP, le tohu-bohu, en s’amplifiant, a quasiment saccagé le parti. Dans l’hypothèse où Nicolas Sarkozy envisagerait un retour en politique, actuellement bien trop prématuré, il faudrait qu’il puisse s’appuyer sur un appareil en bon état de marche. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, surtout si l’UMP poursuit son auto-destruction. Celle-ci, pour l’instant, ne fait qu’un seul vainqueur : François Hollande.
Selon certains de ses proches, Sarkozy prévoit qu’en 2014, aux prochaines élections municipales, le Front national va « faire un tabac ». Battus et démoralisés, les responsables de l’UMP feraient alors appel à lui. Donc, que les électeurs nostalgiques de Nicolas Sarkozy votent massivement pour le FN. Après, comme disait hier François Fillon, on verra bien.
Au-dessus de la mêlée
Un correspondant, dont je respecte l’anonymat qu’il souhaite conserver, m’écrit : « Lecteur de Présent et abonné depuis le numéro un, je suis sidéré par votre article “Et maintenant ?” (Présent du jeudi 22 novembre). » Sidéré parce que j’évoquais quelques magouilles du camp Copé. Sans cacher du reste celles du camp d’en face. Ce lecteur mécontent cite dans sa lettre un exemple d’irrégularité flagrante commise par une élue fillonniste. « Alors s’il vous plaît, ne soyez pas partisan dans cette affaire… »
Je me garderai bien de l’être. En tant qu’électeur de la droite nationale, je me sens au-dessus de cette mêlée pleine de confusion où la droite libérale se discrédite. J’observe avec désolation, mais sans surprise aucune (les connaissant depuis longtemps), ce que sont dans la réalité les mœurs délétères d’un grand parti politique dont les leaders se plaisent, en temps ordinaire, à stigmatiser, et sur quel ton de mépris, les électeurs nationaux, leur donnant à chaque occasion des leçons de « morale républicaine » et de « démocratie ». Alors que ces tartufes, dans leurs formations politiques, outragent la première et ridiculisent la seconde. C’est donc avec impartialité, mais non sans ironie, que j’observe le spectacle affligeant que nous donne cette droite tordue dont la « morale » est en quelque sorte : faites ce que je vous dis, surtout pas ce que je fais.
Fillon : un homme dans tous ses états
Néanmoins j’ai aussi souligné le dynamisme de la campagne de Jean-François Copé. Sa « droite décomplexée » a marché auprès des militants, au point de le mettre à égalité avec François Fillon, pourtant « nimbé de son aura de Premier ministre » et donné archi-favori par les sondages. Une militante UMP, favorable à Copé, estimait d’ailleurs dans Le Monde daté de lundi : « On a besoin d’un guerrier comme Copé pour mener la campagne en 2014, puis en 2017. Lui seul me donne envie de me lever tôt pour aller tracter sur les marchés. Fillon n’est pas solide. (…) Avoir été durant cinq ans à Matignon et venir pleurer à la télé parce qu’il a perdu, pour sûr ce n’est pas digne ! Fillon n’est pas un homme d’Etat. C’est un homme dans tous ses états. »
Ce jugement sévère reflète sans doute un courant en train de se développer chez les militants de l’UMP. Comme le constatait justement Guillaume Roquette dans son éditorial du Figaro-magazine : « Copé a misé toute sa campagne sur des prises de position tranchées, en particulier sur l’immigration : c’est sur elles qu’il a gagné. Les adhérents du principal parti de droite ont des convictions de droite : quelle surprise ! Qui s’étonne que depuis François Mitterrand le PS ait toujours été conquis par la gauche ? »
Sans illusion sur les positions de Copé qui relèvent de la posture, sachant très bien que ses discours sont construits sur des « éléments de langage » plus que sur ses propres convictions, je n’en reconnais pas moins sa performance. Il a employé, contre les ukases en vigueur, des mots que nos compatriotes ont aujourd’hui envie d’entendre… Personnellement je m’en réjouis.

mardi 27 novembre 2012

Mariage gay et liberté de conscience

La liberté de conscience sur le mariage gay pour le maire, qui pourrait déléguer à un autre officier civil, est-ce une si mauvaise idée ?
Noël Mamère n’est pas content, les militants du « mariage pour tous » non plus. Trahison, reniement, abandon, incohérence : voilà comment ils qualifient le comportement de François Hollande offrant aux maires de France la possibilité de ne pas célébrer eux-mêmes le mariage par « devoir de conscience », déléguant leur mandat d’officiers civils à d’autres personnes.
La conscience serait ainsi respectée, la loi aussi puisque le mariage serait célébré et enregistré.
Cette affaire relèverait de la bouffonnerie si elle ne mettait en jeu des questions de société d’une gravité exceptionnelle. Gravité des conséquences pour les enfants, pour les familles, pour la société : de quoi en effet émouvoir les consciences. Mais, au-delà des conséquences, je voudrais attirer votre attention sur les questions de principe posées en l’espèce.
1° question : le maire est-il un officier de l’Etat et à ce titre doit-il exécuter la loi ?

La réponse est oui, pour la plupart des gens. Mais je suis tenté de répondre non, au moins pour deux raisons : d’une part, une saine conception des libertés locales devrait faire du maire avant tout le représentant de sa commune, et non le serviteur de l’Etat, mais il est vrai que les libertés locales ont été détruites par le jacobinisme depuis la Révolution ; d’autre part, nul n’est censé appliquer une loi qu’il juge contraire à sa conscience. Durant l’occupation, les maires devaient-ils dresser la liste des juifs présents dans leur commune ? Un militaire doit-il participer à un génocide ? A juste titre François Mitterrand dénonçait jadis « la force injuste de la loi » (François Mitterrand). La légalité est une chose, la légitimité en est une autre.
2° question : la loi peut-elle régir toutes choses ?
Dans son célèbre pamphlet sur « La Loi », Bastiat se demande « Qu’est-ce que la Loi ? Que dit-elle être ? Quel est son domaine ? Quelles sont ses limites ? Où s’arrêtent, par suite, les attributions du Législateur ? Je n’hésite pas à répondre : La Loi, c’est la force commune organisée pour faire obstacle à l’injustice, et –pour abréger– LA LOI C’EST LA JUSTICE » et Bastiat de préciser : « Il n’est pas vrai que le Législateur ait sur nos personnes et nos propriétés une puissance absolue, puisqu’elles préexistent et que son œuvre est de les entourer de garanties ». Ce qui est premier, c’est le respect de la personne humaine, ce sont les droits individuels qui vont avec (la vie, la liberté, la propriété). Ils sont antérieurs et supérieurs à la Loi, qui n’a pour but que de les faire respecter par la force légale. Il ne faut pas confondre le but et le moyen. Malheureusement, nous assistons au déclin du droit, parce que les législateurs, notamment en France, s’occupent de bien d’autres choses, et indiquent aux hommes comment ils doivent vivre, travailler, occuper leur temps, utiliser leur argent.
3° question : le mariage doit-il être régi par une loi ?
Dans notre pays de Code Civil, tout le monde en est persuadé. Je ne parle ici que de l’aspect « civil » du mariage. Pour beaucoup de croyants, le mariage a une dimension religieuse, et pour les catholiques, c’est un sacrement que se donnent librement les époux : un engagement sans doute plus exigeant que celui d’un acte civil ou notarial. Mais, du point de vue civil, le mariage établit des règles sur les droits personnels, sur les patrimoines, sur les dévolutions successorales, etc. Mais quel modèle de famille le mariage civil a-t-il inspiré ? Le Code est né d’une construction artificielle et unificatrice, destinée à remplacer les coutumes de l’Ancien Régime (et en particulier à éliminer le droit d’aînesse). Mais le Code a été réécrit plusieurs fois, par exemple la dot accompagnant la mariée est devenue désuète avec l’émancipation de la femme, puis le sort de l’enfant naturel et adultérin a été modifié, puis le divorce a été largement admis. C’est dire que plusieurs modèles de familles se sont succédés. Les textes du Code gardent-ils aujourd’hui quelque signification ? On peut en douter. Les législateurs successifs n’ont apporté que désordre et incertitude là où il faut, dans l’intérêt de tous, ordre et stabilité. Faire du mariage une convention librement rédigée entre époux et soumise à l’arbitrage d’un juge en cas de désaccord serait bien préférable à un agglomérat de textes arbitraires et contradictoires.
4° question : comment naît le « devoir de conscience » ?
La conscience d’un maire est éclairée par sa morale, dit-on, c’est pourquoi on lui laisserait quelque liberté. Mais on l’oblige indirectement à se plier à la morale ambiante : c’est lui qui est l’exception, l’empêcheur de se marier en rond, les mœurs sont contre lui. Quand les mœurs sont dissolues ou explosées, la morale n’est pas très robuste : « il faut vivre avec son temps ». En réalité, il ne saurait y avoir de réaction autre que personnelle, inspirée par le profond sentiment éthique qui pousse chaque être humain vers le bien. Oui, l’éthique éclaire et éclairera les maires, mais aussi toutes les personnes concernées par le « mariage pour tous ». Mais y a-t-il place pour l’éthique dans le projet actuel, voire dans le monde contemporain ? Vous en doutez peut-être. Mais je m’obstine à croire que l’on ne peut durablement ignorer ce qui porte les êtres humains vers leur pleine dignité. C’est ce qui donne un sens à leur liberté.

Arnaud Montebourg, un danger pour la France

Les dernières déclaration d'Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, confirme qu'il est un danger pour la France.

Le ministre Arnaud Montebourg a déclaré que Mittal n'avait plus sa place en France après la fermeture du site de Florange. En quoi le pouvoir exécutif aurait-il le droit de décider quelle entreprise a ou n'a pas le droit d'avoir un centre de production en France ? Cette négation du principe d'égalité devant la loi n'est pas acceptable de la part d'un ministre en exercice.
Comme de nombreux grands groupes en France, Arcelor-Mittal bénéficie d'aides publiques dont nous dénonçons le principe. La déclaration du Ministre révèle que ces subventions font l'objet d'un chantage, permettant au pouvoir d'interférer dans la gestion des entreprises.
Qui peut imaginer que les entrepreneurs continueront d'investir en France avec des propos de cette nature ? Dans l'immédiat, cette déclaration menace les 20.000 personnes employées par Arcelor-Mittal en France. Rappelons qu'une partie des 629 personnes concernées à Florange seront affectés à d'autres sites, les autres bénéficieront d'une aide à la reconversion.
Arnaud Montebourg cherche-t-il à se construire une image de jeune Mélenchon rebelle pour assurer son avenir au détriment de l'intérêt national ? Le Premier Ministre doit tirer les conséquences de la très grave dérive sensationnaliste de ce ministre, et s'en séparer.

Rocard : "Il n'y a plus de perspectives de croissance"

Selon l'ancien Premier ministre, la France va probablement entrer en récession. Assez pessimiste quant à la résorption de la crise, celui-ci exclut toute hypothèse de croissance à 0,89% du PIB en 2013.

Le chemin est encore long. Pour l’ancien Premier ministre Michel Rocard, la France ne sortira pas de la crise “avant des années“. Posant un regard assez pessimiste sur la conjoncture actuelle, Michel Rocard estime que les perspectives de croissance du gouvernement à 0,8% du PIB en 2013 sont “illusoires“. Quant au fait de parvenir à un déficit public à 3% du PIB d’ici fin 2013, cela lui semble un objectif “très difficile“ à atteindre.

Vers une prochaine récession ?

L’ancien Premier ministre va même plus loin, arguant que la France va “probablement entrer en récession“. "Il faut (...) reconnaître qu'il n'y a plus de perspectives de croissance“. “Consommation des ménages en berne, réduction des dépenses publiques et ses conséquences économiques, régression des exportations“… “Aucun des moteurs d'une croissance éventuelle n'est allumé", analyse Michel Rocard.

Mais de toute façon, "on ne retrouvera plus la croissance gaspilleuse d'objets industriels à jeter. Ce n'est plus possible et les investisseurs eux-mêmes n'auront plus confiance", pronostique l'ancien Premier ministre.

“Un pronostic faux“

Selon lui, les socialistes, analyse-t-il, sont arrivés "au pouvoir avec un pronostic faux", "avec une hypothèse d'un retour à un peu de croissance grâce à la sagacité de la politique socialiste. C'était une annonce erronée". Et l'ancien Premier ministre de préciser : "la prise en compte [par le gouvernement] du fait que nous sommes dans une vraie crise et pour des années n'est pas encore totalement faite".

Michel Rocard considère qu'au niveau international, en raison de la conjonction de différents éléments tels que le ralentissement de la croissance, les bulles financières et la spéculation, "tout cela continue", les dettes souveraines, le réchauffement climatique, le retour d'une "nouvelle croissance" durable n'est pas envisageable avant "l'ordre de la décennie".

De l’importance de la zone euro

Reste la condition sine qua non d’une solidarité entre les pays de l’UE. "Il est impératif que l'Europe soit soudée face à cette mutation", poursuit Michel Rocard, soulignant l'évolution des derniers mois de l'Allemagne, obligée de préserver "la solidarité" au sein de la zone euro.

Les cinq questions que le gouvernement devra se poser s'il veut "nationaliser" Florange

La nationalisation de Florange fait parler d'elle et trouve des soutiens à droite comme à gauche. Et pourtant, si elle était décidée, elle soulèverait un certain nombre de difficultés techniques. Revue des cinq questions que devra se poser le gouvernement s'il souhaite avancer dans cette voie.

La "nationalisation" temporaire du site de Florange fait parler d'elle depuis son évocation par Arnaud Montebourg la semaine dernière. Et, à droite comme à gauche, l'idée fait parfois mouche. Dernier en date à s'être rallié à l'idée, Jean-Louis Borloo, qui s'est dit « favorable à une nationalisation transitoire » des sites d'ArcelorMittal, à cinq jours de l'ultimatum fixé par Mittal au gouvernement pour qu'il trouve une solution de reprise du site. « Ce n'est pas parce que tout le monde a la même idée qu'elle est bonne », s'étonne Maître Guiroy, avocat au barreau de Paris et Professeur associé à l'Université de Tours. Car une « nationalisation temporaire » ou « transitoire », selon les termes employés par ses différents partisans, n'est pas sans poser un certain nombre de questions techniques et stratégiques quant à sa mise en œuvre.
 
• Quelle procédure adopter pour la nationalisation ?
Premier point, pour nationaliser, il faut une loi de nationalisation, et donc passer par le parlement. « Une nationalisation ne se décrète pas, il est donc nécessaire de rallier une majorité sur ce projet » rappelle-t-il.
• Une nationalisation temporaire est-elle conforme au droit européen ?
« S'ils veulent le faire ils le peuvent, mais cela pose aussi des problèmes du point de vue du droit européen, car cela s'assimile à une aide d'État » signale Maître Guiroy. De fait, si l'objectif est bel et bien le maintien de l'emploi, il faudrait placer le site, qui n'est pas rentable, sous subvention le temps de trouver un repreneur. Or, cela ferait rentrer la subvention dans le champ de l'aide d'État prohibée par le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Ce parce qu'en subventionnant une société plutôt qu'une autre dans un secteur concurrentiel, l'État porterait atteinte à la libre concurrence.
• Comment rendre l'expropriation régulière ?
Mais si le gouvernement décide d'y aller, les difficultés ne s'arrêteront pas là. Car, selon les dispositions prévues en matière d'expropriation, il doit y avoir lieu à une indemnité pour éviter la spoliation.. « Une évaluation du site devra être faite par le ministère des Finances, mais s'il vend, Mittal voudra que cela se fasse au prix du marché » relève Maître Guiroy sur ce point.
• Quel risque l'État encourt-il ? Pour quel bénéfice ?
Se pose aussi le problème du terme « temporaire ». Combien de temps l'État est-il en mesure de subventionner l'activité à Florange ? Car l'hypothèse selon laquelle l'État ne retrouve pas de repreneur demeure. Ce qui pose la question de la viabilité d'une telle opération au regard des finances publiques. « Comment va-t-on financer cela ? » s'interroge Maître Guiroy. « D'autant plus que le temporaire, ça dure parfois longtemps » conclue-t-il. Et s'il n'y a finalement pas de repreneur (Arnaud Montebourg affirme qu'il a deux candidats pour l'ensemble du site), l'opération aura coûté mais n'aura rien rapporté.
• Peut-il encore y avoir un projet industriel à Florange ?
« On ne sait pas comment trouver un plan de charge pour ces hauts fourneaux » explique l'avocat qui ne comprend pas qui pourrait être intéressé par la reprise du site. Il concède toutefois que d'un point de vue stratégique, « on doit conserver un minimum de production d'acier pour garantir des secteurs clés comme l'armement, l'automobile ou la construction, mais à quel prix ? » Et selon le spécialiste du conseil, « on a plus besoin de produire de l'acier à cet endroit là ». Pour lui, il serait plus stratégique d'augmenter la production des aciéries de Fos et de Dunkerque, et y créer des filières de transformation, seule activité encore en cours à Florange, directement sur site. Cela serait plus rentable et permettrait d'y créer des emplois. Car ces sites sont situés sur des ports, points stratégiques pour la filière.

Taïaut !

Taïaut !


En d'autres temps, les deux ennemis Fillon et Copé auraient tranché leur différend à l'aube sur le pré. Nous n'en sommes plus là, bien que leur lutte à laquelle on assiste, sidérés, engendre la même haine. Passées les simagrées pour nous faire croire que la politique est un jeu de bisounours, on en revient à l'essence de tout pouvoir, en politique comme ailleurs. Qui le veut doit tuer ! Taïaut, hurlaient chasseurs ou combattants d'antan. Taïaut, se lancent les amis haineux de l'UMP dont la guerre intestine reste imprévisible.
La proclamation de la victoire de Jean-François Copé n'a de fait rien réglé. Les deux commissions juridiquement légitimes ont rendu des verdicts si contestés qu'ils privent, de fait, le « président » Copé de la légitimité politique incontestable dont il avait un besoin vital. Surtout après sa campagne menée dans la confusion partisane et le recours à des méthodes dignes du RPR de la belle époque, disons avant internet, réseaux sociaux et autres twittter ! Rien n'est surtout réglé du fait de la bataille judiciaire dans laquelle se jette François Fillon, à coups d'huissiers, avec tous les risques que cela comporte pour l'UMP elle-même.
A la volonté copéiste d'éliminer son concurrent, y compris en lui ouvrant les bras pour mieux l'étouffer, répond la féroce détermination de l'ancien premier ministre à relever plusieurs défis en un temps record. Il veut faire annuler le vote au plus vite, enrayer le coup de force de son adversaire pour l'empêcher de profiter de l'appareil et jouer le chef à ses dépens. Il doit enfin rallier des troupes pour mener la bataille d'opinion que Copé livre aussi à sa manière dans sa posture conciliatrice.
Nicolas Sarkozy, qui faisait mine de se tenir à distance, se retrouve au c'ur de cette furieuse mêlée, entre déjeuners et coups de téléphones. Il comptait sur Copé pour limiter une victoire attendue de Fillon et, les deux prétendants neutralisés, préserver sa marge de man'uvre pour un éventuel retour en 2017. Patatras, son double jeu le propulse, malgré lui, dans un rôle de recours d'autant plus contrariant qu'il sait que les Français préfèrent les chefs… une fois partis !


Propos incendiaires

Objet d’un bras de fer entre l’État français et ArcelorMittal, les deux hauts fourneaux de Florange ne sont pas viables à eux seuls, dans une industrie en surcapacité de production. Le site comprend également un secteur rentable, la fabrication d’acier pour les constructeurs automobiles. L’industriel veut garder le meilleur et se débarrasser du pire ; le gouvernement refuse une telle option, qui condamnerait les hauts fourneaux et les 600 emplois qui en dépendent : voici l’enjeu.
Mais il y a aussi le style. Le numéro un de la sidérurgie mondiale ne déteste pas faire monter la température, avec acquisitions à la hussarde et prise de risques financiers, qui en font aujourd’hui un groupe dont la dette est considérable : plus de 18 milliards d’euros. Bienvenue dans l’Hexagone en 2006, lorsqu’il se présentait en sauveteur d’Arcelor, l’Indien Lakshmi Mittal était le symbole de la mondialisation et de la réussite des pays émergents. Il est aujourd’hui présenté comme le diable par Arnaud Montebourg, dont le goût pour la nuance est proverbial. « Nous ne voulons pas de Mittal en France », proclame Monsieur Redressement productif, au risque de donner une image caricaturale de la France alors qu’elle cherche à retrouver sa compétitivité et à séduire des investisseurs. Au risque, aussi, d’apparaître comme simplement démagogue, au cas où Florange ne trouverait pas repreneur.
Industriel d’un côté, ministre de l’autre, chacun joue avec le feu, méthode stérile et infernale.
Le chef de l’État reçoit ce matin le dirigeant sidérurgiste, utile montée en ligne. François Hollande devrait se passer des effets de langage, ce qui n’empêche pas la fermeté. Passera-t-elle par une nationalisation temporaire ? Évoquée par le gouvernement, l’option n’est pas forcément à exclure. En 2004, le ministre de l’Économie s’en était inspiré pour le sauvetage – réussi – d’Alstom. Ce ministre se nommait Nicolas Sarkozy. Et durant la grande crise financière, de nombreux pays y ont eu recours pour éviter la faillite de leur système bancaire.
C’est d’une approche pragmatique – et surtout pas idéologique, dans un sens ou dans l’autre – dont le site mosellan a besoin. Aucun propos incendiaire ne rallumera les hauts fourneaux.

De la banque, de la monnaie, de l'or et Dexia

La presse en a peu parlé, dépassée qu'elle était par les tourments palpitants d'une UMP en décomposition avancée. Elle en parle toujours aussi peu, occupée qu'elle est par les rodomontades consternantes de Montebourg contre Mittal. Il n'en reste pas moins que le document de convocation des actionnaires à l'assemblée générale extraordinaire de Dexia mérite un peu plus qu'un entrefilet.

Ah, Dexia ! Quelle magnifique aventure luxembourgo-belgo-française ! Quel extraordinaire exemple de bonne gestion prudente et en bon père de famille !
Rappelez-vous : Dexia, c'est la banque qui aura permis à tant de collectivités locales françaises et belges de se financer en utilisant de merveilleux outils comme le carry-trade ou des véhicules financiers si opaques que les municipalités concernées, absolument certaines de tout comprendre aux contrats qu'elles signaient, se gavèrent de ces bidules jusqu'à s'en péter le haut et le bas de bilan. Pour certains maires, ce fut l'occasion d'aller faire un peu de barouf médiatique. Mais pour les contribuables, toute cette aventure se solde déjà par des milliards d'euros de pertes salées, avec le bonheur qu'on peut imaginer.
Eh bien Dexia a donc tenu une assemblée générale extraordinaire le 21 novembre dernier, et a remis un intéressant document, dont on peut prendre connaissance ici. Quelques articles de presse (ici, belge, et là, française) en ont timidement parlé dans la foulée. Le contenu de ce document a bien évidemment immédiatement attiré l'attention de toute une classe politique responsable et déterminée à combattre les problèmes financiers de la zone euro, ce qui a permis, dans la foulée, une véritable prise de conscience que l'heure n'était plus aux éventuelles batailles d'appareil. Copé et Fillon ont donc arrêté de se disputer la présidence, et ont été reçus par Hollande dans le but de répondre dans une logique de bien commun, au-delà des partis, aux menaces que pointaient le Conseil d'Administration de Dexia, pour cette banque et bien au-delà puisque tout le système bancaire et financier semble dans le même caca gluant.
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Oh. Je me suis laissé emporter. Évidemment, aussi intéressant le document soit-il, Copé et Fillon n'en ont absolument pas entendu parler, pas plus que les hommes et femmes troncs des journaux de 20H, ni les ministres actuels et autres clowns à roulette en charge de l'orchestre sur le pont du Titanic. La musique a continué à pleuvoir (choix du moment : des ragtimes endiablés), alors que les passagers de première classe s'occupent de descendre tranquillement dans les canots de sauvetage et que la seconde et troisième classe est occupée avec des émissions télés et des petits biscuits salés.
C'est dommage, parce qu'il y a quelques paragraphes croustillants dans le document d'AGE de Dexia, notamment à partir de la page 34 et du chapitre 5 paragraphe 5.1, sur les conséquences d'une dissolution de la banque :

Un défaut du groupe Dexia rendrait exigible, par l’effet de clauses de défaut croisé et d’accélération figurant dans les conditions des emprunts conclus par certaines entités du groupe, principalement par DCL, la totalité de sa dette, soit environ EUR 386,5 milliards au 30 septembre 2012, et les montants dus au titre de contrats de dérivés, soit un montant notionnel d’environ EUR 605 milliards au 30 septembre 2012.
moscoviciSi l'on se souvient que les États français, belge et luxembourgeois sont garants pour un peu plus de 70 milliards d'euros et qu'ils devraient alors débourser cette somme rapidement en cas de faillite de l'établissement bancaire, on imagine tout de suite qu'un problème grave pour la banque entraînerait des conséquences majeures pour toute la zone euro, ce dont, d'ailleurs, le document ne se cache même pas. La réaction du Ministre de ce qui reste d’Économie en France a été exemplaire : il a parfaitement gardé son sang-froid et n'a absolument rien dit, fait aucune déclaration qui puisse même laisser supposer qu'il est au courant du problème et qu'il y travaille. Quelle discrétion ! Quelle maîtrise ! Quel homme !
Bon.
Il va évidemment de soi que les dirigeants de la banque en perdition ont ici un intérêt bien calculé à noircir un peu le tableau sur le mode "Tu me bailoute ou je nous fais tous péter !". Il n'en reste pas moins que le 21 décembre prochain (coïncidence ?), si Dexia ne trouve pas cinq milliards et demi d'euros pour une augmentation de capital (histoire de fêter Noël dignement, je suppose), la banque pourrait devoir fermer ses portes (avec plusieurs milliers de nouveaux chômeurs à la clef)... En attendant, on ne sait pas d'où pourra venir le capital en question, sachant que les ressources des états sont un peu tendues en ce moment.
Et quand je dis tendu, je veux bien dire tendu, genre "on n'arrive plus à boucler les fins de mois". Oh. Cela reste, tout comme l'affaire Dexia, fort discret, mais c'est bien de cela dont il s'agit. C'est la fin de l'année, et aux fins d'années, c'est toujours un peu ricrac dans les budgets ministériels. Heureusement, si l'armée ne peut pas distribuer ses soldes correctement, c'est à cause d'un méchant logiciel ("Louvois") qui ne fait pas son travail. Et si les gendarmes ne reçoivent pas leurs salaires, c'est aussi à cause du logic... ah non, tiens, eux n'utilisent pas cette application mal bigornée et on se contentera de l'explication fournie par le journaliste, "pour certains réservistes, la ligne de crédit dédiée pour 2012 est épuisée". Parfaitement rassurant.
Heureusement, avec la nouvelle règle d'or votée au Parlement, cela va aller mieux oui heu j'en vois deux douzaines qui rigolent dans le fond enfin voyons un peu de sérieux moui bon bref n'insistez pas.
Hem.
Et puisqu'on parle d'or, pendant que Dexia va tenter de faire éteindre son incendie par une inondation de liquidités, on peut jeter un coup d'oeil rapide sur l'état actuel du métal précieux qui n'a jamais eu l'air d'aussi bien se porter. Oh, je ne parle pas des cours (qui indiquent pour le moment une performance de l'ordre de 9% sur l'année) mais bien des tendances générales. Très clairement, les banques centrales continuent d'acheter, aussi discrètement que possible.
Par exemple, en Inde, on aime déjà bien traditionnellement l'or, mais actuellement, la demande explose : selon le World Gold Council, l'import indien de métal jaune devrait s'établir à 800 tonnes cette année. Au point d'ailleurs que le gouvernement, qui voit la balance commerciale du pays amoindrie par cet import massif, a tenté d'augmenter les droits de douane sur l'or, mais ... sans succès.
Et ce qui est vrai en Inde l'est à peu de chose près aussi en Chine : la part de la Chine dans la demande mondiale en or a doublé, passant de 10% en 2007 à 21% en 2011, et continue d'augmenter assez fortement sur l'année 2012, tant et si bien que les deux nations chinoise et indienne se tirent la bourre pour savoir qui des deux plus grandes réserves de population de la planète sera la plus grosse consommatrice :
Consommation d'or en Inde et en Chine

Parallèlement, on ne s'étonnera pas de voir fleurir les propositions de lois pour étouffer aussi vite que possible les velléités du peuple européen à suivre les exemples indiens et chinois. On se souvient qu'en France, c'est devenu une véritable tradition de bidouiller la loi sur l'achat et la vente de métal précieux, qui pour relever les taxes perçues, qui pour obliger l'enregistrement de la transaction et interdire l'utilisation de monnaie anonyme... Et maintenant, en Belgique, et toujours sous les mêmes prétextes de vouloir assurer la sécurité du gentil citoyen (qui n'en demandait pas tant), le budget de l'année 2013 aura été le prétexte pour introduire quelques dispositions rendant l'achat et la vente d'or plus compliqués.
Franchement, tous les signes pointent dans le même sens : celui d'un avilissement de la monnaie papier par tous les moyens.