TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

lundi 26 septembre 2011

Socialiste ou pas ?

Les médias en France ont cet énorme avantage de ne jamais laisser passer la moindre occasion de faire un scandale pour la moindre déviance publique au Vivre Ensemble courageusement proclamé sur toutes les ondes. Avec l’avènement d’internet, ces mêmes médias se sont aussitôt empressés de vérifier que chaque petit paquet IP disposait de son cachet Egalité-Taxes-Bisous dûment apposé. Et lorsqu’une application pour iPhone déroge à la règle, ça tire de la sonnette d’alarme à tour de bras et ça lève massivement du bouclier.

Ainsi, lorsqu’on a appris qu’un odieux vicelard certainement nazi à tendance xénophobe et antisémite avait mis en ligne une application, Juif Ou Pas Juif, permettant, sur la base du nom de famille, de déterminer si une personne est juive ou pas, immédiatement les médias se sont emparés de l’affaire pour réaliser une vraie bonne grosse tempête de polémiques idiotes.

D’une part, il s’est très rapidement avéré que l’odieux facho qui avait osé cette abominable application … était juif et le revendiquait. D’autre part, son application s’est essentiellement contentée de rassembler des données déjà existantes. Comme l’explique son créateur, un certain Lévy,
Evidemment, rassembler ces données, c’est très moche dans le pays de l’égalitarisme et de l’absolue indifférenciation. Tout le monde le fait, mais, surtout, personne ne doit le dire. Et comme notre imprudent programmeur a fait ouvertement ce que tout le monde fait discrètement, il s’est fait chopper et une plainte contre lui a rapidement été déposée par l’une de ces myriades d’associations très utiles pour solutionner les vrais problèmes.

Car oui, en France, grâce à un Vivrensemble agressivement gentil, on va réussir à faire condamner un juif pour antisémitisme.

Au passage, on notera que cette application a eu une couverture médiatique phénoménale dispensée par des douzaines de frétillants choqués, des aimables connes permanentées et autres spécialistes de l’indignation télévisuelle millimétrée, au contraire de douzaines d’autres (comme celle-ci, celle-ci ou celle-là).

Et à peine cette polémique calmée, on apprend qu’est apparue sur ce réseau diabolique une nouvelle application, « Mon Fils Est-Il Gay ?« , dans laquelle, au moyen d’une poignée de questions fines comme une livre de saindoux, une mère de famille peut enfin savoir si son fils est homosexuel ou pas.

Et cette nouvelle application est bien évidemment la goutte d’eau qui met le feu aux poudres chez Demaerd Corporation, la société tentaculaire spécialiste de tout, depuis le boulon pour montre de précision jusqu’aux engins de terrassement pour mines australiennes.

Sans attendre, la corporation (célèbre pour ses applications Demaerd, ses politiciens Demaerd et ses solutions Demaerd à la crise) nous propose une application iPhone pour déterminer enfin si votre politicien est socialiste, ou pas.

Voici les 10 questions illustrées. A chaque réponse positive, votre politicien gagne un Point Socialie. A 10 Points Socialie, inutile de vous voiler la face : votre politicien est socialiste. Acceptez-le, sachez que c’est un choix totalement assumé de sa part, et qu’il fera tout pour continuer si ça peut lui rapporter quelque chose.
Si vous l’avez déjà vu repartir avec des valises, des enveloppes kraft, des chèques pour des associations diverses, s’il a été mis en examen pour prise illégale d’intérêts, trafic d’influence, ou encore association de malfaiteurs, répondez oui à cette question.
Si votre politicien n’a jamais été pauvre, a toujours émargé aux frais du contribuable, s’il aime bien le luxe, si ses dernières déclarations d’impôts le placent dans le dernier centile de la population, répondez oui avec soulagement.
S’il a créé de la dette, creusé les déficits, distribué de l’argent gratuit des autres à la ronde, répondez oui. Si vous êtes en France, ce sera difficile de répondre non. Et vous pourrez lui attribuer deux points Socialie s’il est dans une Commune Dexia.

S’il ouvre régulièrement sa grande jatte pour expliquer comment il faudrait faire pour s’en sortir vraiment, mais qu’il a marqué le pays par son incompressible nullité lorsqu’il était lui-même au pouvoir, alors n’hésitez pas : répondez oui là encore.
Si, pour lui, les banques doivent être nationalisées, étrillées, réduites en petits morceaux, s’il estime qu’elles nagent dans un océan de non-régulation et si, de surcroît et bien que ne captant absolument rien à la finance, votre politicien réclame qu’on applique à ces établissements des solutions qui ont déjà foiré dans le passé en coûtant des milliards aux contribuables, alors répondez oui, haut et fort.
Si en revanche votre politicien fricote avec les banquiers pour toujours arrondir leurs angles, leur fait des petits bailouts dans le creux de l’oreille, leur susurre qu’une recapitalisation sera agréable parce que payée par l’état, là encore, répondez oui.
Si en revanche votre politicien fricote avec les banquiers pour toujours arrondir leurs angles, leur fait des petits bailouts dans le creux de l’oreille, leur susurre qu’une recapitalisation sera agréable parce que payée par l’état, là encore, répondez oui.Si votre politicien fait des bulles dans le jacuzzi malthusien, s’il s’ébroue joyeusement dans l’économie de comptoir en imaginant un monde merveilleux où le travail ne se crée pas mais est à l’économie ce que « c » est à la physique, une constante, alors vous pourrez répondre oui le cœur léger.

Si votre politicien pense que la scène internationale est un champ de jeux interminables et aux rebondissements rigolos, s’il aime aller fourrer son nez, votre argent, vos fils et vos maris dans des conflits lointains, s’il aime transformer des problèmes intestinaux purement internes en gros borborygmes internationaux, alors là encore, vous pourrez vous exclamer, joyeux et soulagé, « oui » à cette nouvelle question.
Votre politicien n’a jamais fait d’erreur et n’a jamais demandé pardon pour l’enfilade de perles monumentales qu’il a lâchées dans sa carrière ? Il trouve toujours chez l’autre des raisons de revendiquer une victoire chez lui ? Vous décrochez la timbale et gagnez un oui de plus.
Et comme votre politicien prône des solutions qui ont déjà été tentées par d’autres, comme il a déjà prouvé son inefficacité, comme il propose plus de la même chose pour compenser une très longue enfilade d’échecs, il ne se rend pas compte que la seule constante dans le paysage, c’est sa médiocrité. Dans ce cas, vous répondrez par « oui » à cette dernière question.

À partir de 1 point, vous êtes en présence d’un socialiste un peu mou. En dessous de 6 points, il s’agit d’un socialiste traditionnel.

Et au dessus, c’est un socialiste honteux ou assumé, mais indécrottable.











Alerte rose pour Nicolas Sarkozy

Le Sénat, chambre méconnue, feutrée, couleur bleu nuit ? Le Sénat, voué à demeurer à jamais un bastion conservateur en raison d'un mode de scrutin si singulier qu'on parle d'anomalie démocratique en ce qu'il favorise les communes rurales et sous-représente les populations urbaines ? Eh bien ! Il a vécu hier une folle journée, un chahut politique tel qu'il vire au rose. Bref, une alternance historique. La gauche y est désormais majoritaire en sièges, autrement dit, arithmétiquement, elle est en position d'enlever le « plateau », quand bien même la droite n'a pas perdu tout espoir d'y maintenir l'un des siens lors du troisième tour, l'élection du président. Car au Sénat, les équations personnelles, sinon les petits arrangements, ont leur importance et la frontière droite-gauche s'avère parfois sinusoïdale ! Quoiqu'il en soit, la gauche a gagné et, s'il fallait s'en convaincre, il suffirait de dresser la liste des caciques UMP battus. Ce renouvellement consacre, voire amplifie, la poussée de la gauche qui a remporté depuis 2007 municipales, régionales et cantonales. La série noire continue donc pour Nicolas Sarkozy. Il enregistre un quatrième revers électoral de rang et voit fondre sur lui la mauvaise humeur de la France profonde des élus locaux, irrités par les réformes et la suppression de la taxe professionnelle. Plus qu'un symbole, il s'agit d'un camouflet pour le président qui, en plus de la crise et des affaires, aborde la dernière ligne droite avant la présidentielle avec une probable cohabitation au Parlement. Elle ne pourra que contrarier le cours des projets de loi et rendre la fin du quinquennat pas si « utile » qu'il l'espérait.

Sénat, la leçon d’arithmétique

Le Sénat ancré à droite, c’était écrit dans le marbre. Depuis le début de la V e République, la Haute Assemblée s’est parfois montrée frondeuse et les sénateurs grognons. Mais jamais au point de renverser la table.

D’ailleurs dans les rangs de la gauche, on ne manquait pas de dénoncer une institution désuète, dépassée, le professeur Jospin allant jusqu’à la qualifier “d’anomalie”. De là à la rayer de la carte politique de la France… Même le général de Gaulle avait songé à fermer le palais du Luxembourg ou au moins à le réduire à une coquille vide. Folle ambition, c’est lui qui dût rendre son tablier.

Les critiques se doublaient de soupçons plus ou moins avoués. À l’évidence le mode d’élection des sénateurs était taillé sur mesure pour la droite. La gauche pouvait bien s’agiter, le Sénat resterait un bastion imprenable.

Et voilà depuis hier la Haute Assemblée repeinte en rose et vert. La chambre haute connue pour ses tractations de coulisses et ses alliances feutrées avait bâti sa réputation sur la glorieuse incertitude du vote. Mais cette fois-ci, l’arithmétique a parlé. Froide et implacable.

Les grands électeurs qui ont voté hier et qui sont majoritairement issus de la gauche depuis les régionales, les cantonales et surtout les municipales pouvaient-ils reconduire une assemblée conservatrice ? Pour le coup, le Sénat serait vraiment passé pour une anomalie…

Automne

L’automne est ensoleillé sur la France, mais décidément pluvieux sur l’Elysée. Comme si un micro climat de perturbations s’acharnait sur notre Président…

La semaine dernière, il a vu deux amis très proches, messieurs Gaubert et Bazire, être mis en examen. Puis un autre très proche, monsieur Hortefeux, se faire prendre les doigts dans la prise du téléphone. Et c’est maintenant le Sénat, éternelle maison de la droite, qui vacille et menace de tomber à gauche. Pis, les troupes se débandent, le dissident Pierre Charon est élu, l’amie Isabelle Balkany est battue. Alors certes, perdre une élection n’a jamais empêché de gagner la suivante, et l’on a déjà vu des VRP en casseroles se faire réélire. Mais cumuler les affaires plus les revers, ça commence à faire beaucoup. Pas sûr que la naissance d’un petit Bruni-Sarkozy dans une semaine suffise à annoncer le printemps de notre Président.

Alerte rose pour le pouvoir

Pour la première fois depuis le début de Vè République, le Sénat change de couleur. La gauche y remporte une majorité absolue indiscutable, contredisant les pronostics trop confiants du président UMP sortant, Gérard Larcher. C'est un coup de semonce à sept mois de la présidentielle et un coup au moral pour le parti majoritaire. François Hollande et Martine Aubry, exceptionnellement présents hier soir sous les ors du Sénat, ne se sont pas trompés sur l'importance et le sens de cet événement.

À défaut de victoire absolue, la poussée de la gauche socialiste et écologiste était attendue pour des raisons assez évidentes. Ses victoires successives dans les élections locales auraient fait du maintien éternel à droite du Sénat une incongruité politique, soulignant « l'anomalie démocratique » dont parlait Lionel Jospin. L'évolution de la sociologie des grands électeurs, qui avait permis à la gauche de gagner 23 sièges il y a trois ans, laissait prévoir au moins une progression de l'opposition.

Les concurrences internes, plus nombreuses à droite qu'à gauche, n'ont pas arrangé les choses. Même la victoire de Pierre Charon, à Paris, est un désaveu pour Nicolas Sarkozy qui venait de remercier son conseiller. Le fait que le Morbihan, département installé à droite, envoie trois sénateurs de gauche au palais du Luxembourg est un échec spectaculaire pour le parti de Jean-François Copé.

Mais il faut surtout retenir les explications de fond. Chez les élus locaux aussi, l'antisarkozysme s'est durci au fil du temps. Souvent malmenés dans le discours présidentiel en début de quinquennat, ils vivent mal un regroupement intercommunal conduit à marche forcée, un éloignement de l'État de territoires dont les sénateurs sont les représentants et les défenseurs, une perte d'autonomie financière des collectivités.

Enfin, l'actualité immédiate a pu jouer en dernier lieu : l'affaire de Karachi qui mine le sommet de l'État, l'annonce qu'il faudrait encore repousser l'âge de la retraite... Sans compter que le Sénat, placé comme jamais sous les projecteurs implacables des médias, apparaît de plus en plus comme une institution, au-delà des efforts réalisés, qu'il faudrait réformer de fond en comble, dans son fonctionnement et dans son mode d'élection.

Cette alerte rose pour le pouvoir va avoir des conséquences immédiates. Elle rend incertaine la réforme des collectivités locales en 2014. Elle rend impossible la convocation du Congrès pour faire voter, à la majorité des trois cinquièmes, une réforme constitutionnelle intégrant la « règle d'or » anti-déficits. Elle va changer la vie parlementaire et fragiliser une UMP condamnée à se soumettre à l'arbitrage des centristes, plutôt renforcés par ce scrutin.

Parions que l'examen d'un budget 2012 d'austérité, qui démarre dans quelques semaines, va donner lieu à des affrontements d'autant plus rudes que la Haute Assemblée va devenir, pour la gauche, une tribune de plus dans la campagne.

Précisément, à sept mois de l'échéance, c'est un très mauvais signal pour la majorité, un grand coup au moral pour un parti présidentiel déjà en plein doute. Même si la succession de Gérard Larcher, samedi, peut encore réserver des surprises. Et même s'il ne suffit pas à la gauche - l'histoire l'a souvent montré - de remporter les élections intermédiaires pour gagner la présidentielle.

L'idée d'un défaut grec gagne du terrain

La possibilité d'un défaut de la Grèce sur sa dette a pris de l'ampleur vendredi, et même l'engagement du G20 à faire le nécessaire pour empêcher que la crise en zone euro ne sape les banques et l'activité économique n'est pas parvenu à apaiser les marchés financiers mondiaux.

Athènes a démenti des informations de la presse grecque affirmant que l'un des scénarios envisagés pour sortir de la crise était un défaut ordonné avec une décote de 50% pour les détenteurs d'emprunts souverains.

Le ministère grec des Finances a réagi à ces articles en assurant que le pays était déterminé à mettre en oeuvre le deuxième plan d'aide international, de 109 milliards d'euros, défini le 21 juillet. "Toutes les autres discussions, les rumeurs, les commentaires, les scénarios détournent notre attention de cet objectif central", a dit le ministre Evangelos Venizelos dans un communiqué.

De son côté, Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a estimé que le scénario d'un défaut grec ne pouvait plus être écarté, devenant ainsi le premier banquier central de la zone euro à admettre la perspective d'une telle issue, longtemps exclue par les dirigeants européens.

"C'est l'un des scénarios", a-t-il dit au quotidien néerlandais Het Financieele Dagblad. "Tous les efforts visent à prévenir cela, mais je suis désormais moins certain d'exclure une faillite qu'il y a encore quelques mois", a-t-il ajouté, se demandant "si les Grecs se rendent compte de la gravité de la situation".

LES BANCAIRES GRECQUES À LA PEINE

L'aversion au risque s'est encore accentuée après que Deutsche Bank a déclaré que la décote que les investisseurs privés ont accepté de passer sur les titres de dette souveraine grecs dans le cadre du deuxième plan de sauvetage d'Athènes pourrait être supérieure aux 21% retenus lors de la définition du programme.

Les Bourses européennes effaçaient leurs pertes en fin d'après-midi mais dans un marché toujours très nerveux, les investisseurs étant de plus en plus sceptiques quant à la capacité des gouvernements à sortir de la crise de la dette souveraine et du marasme économique.

L'euro restait sous pression, tout en regagnant du terrain au-dessus de 1,35 dollar après son plus bas de huit mois touché la veille contre la devise américaine.

En particulier, les investisseurs semblent déçus par le fait qu'aucune mesure précise n'accompagne l'engagement des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 à agir pour endiguer la crise.

Dans un marché toujours très volatil, les valeurs bancaires se sont retournées à la hausse dans l'après-midi, semble-t-il après des propos d'Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, jugeant qu'il serait peut-être souhaitable de réintroduire les appels d'offres à un an.

Mais les banques grecques chutait de 8% après l'abaissement par l'agence de notation Moody's des notes de huit établissements du pays.

LA RECAPITALISATION AU CENTRE DES DÉBATS

Dans ce contexte, la question d'une recapitalisation des banques européennes les plus vulnérables paraît de plus en plus pressante aux yeux des investisseurs.

Les banques grecques n'ont pas besoin d'être nationalisées mais devraient recevoir un soutien direct du fonds de sauvetage de la zone euro, a préconisé le chef d'une délégation de l'Union européenne chargée d'aider Athènes à mettre au point son programme de réformes.

Selon le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF), entre 15 et 20 banques européennes ont besoin d'une recapitalisation. Jean-Pierre Jouyet a en outre appelé à "retrouver des investisseurs privés qui viennent augmenter le capital de ces banques".

Mais la Commission européenne a assuré qu'il n'y avait aucun plan de recapitalisation des banques prévu au niveau européen, jugeant les établissements du continent bien plus solides qu'il y a trois ans.

Quelque 420 milliards d'euros de capital ont été injectés dans les banques européennes depuis la crise financière de 2008 et cette recapitalisation se poursuit, a souligné lors d'une conférence de presse Olivier Bailly, porte-parole de l'exécutif européen.

Si l’Allemagne quitte la Zone Euro

Les keynésiens estiment qu’une sortie de la zone euro ne serait pas bénéfique à l’Allemagne du fait d’une appréciation de sa devise qui minerait son économie. Mais, à long terme, un tel scénario ne serait pas une catastrophe. Explications.

Si on écoute les keynésiens / mercantilistes de ce monde, s’il fallait que l’Allemagne quitte la Zone Euro, sa devise s’apprécierait fortement, ce qui nuirait à ses importations et minerait l’économie. Je suis en désaccord. Évidemment, il y aurait un impact négatif à court terme, comme pour n’importe quel scénario touchant le sort de la Zone Euro. Mais à long terme, je ne crois pas que ce serait une catastrophe.
1) Certains biens exportés par l’Allemagne ne seront pas remplacés par des substituts même si leur prix augmentait en devises étrangères car la demande pour certains biens est moins ou pas élastique (pensez aux produits pharmaceutiques, aux voitures de luxe et à certains biens de haute technologie).
2) Comme presque tous les pays, l’Allemagne consomme beaucoup de produits importés. Une appréciation de devise augmenterait le pouvoir d’achat de 100% de la population Allemande. Les gens auraient plus de revenu disponible pour acheter d’autres biens, dont certains sont produits en Allemagne, ce qui amortirait l’impact de la baisse des exportations.
3) L’Allemagne produit des voitures et des biens industriels, mais elle ne produit pas beaucoup de ressources (acier, nickel, zinc, cuivre, métaux rares, pétrole, gaz naturel) qui entrent dans leur fabrication. Une appréciation de la devise viendrait donc faire grandement baisser les coûts des intrants de production et amortir l’impact.
4) Qu’arriverait-il aux taux d’intérêt en Allemagne dans un tel scénario? Ils baisseraient. Donc les coûts de financement des entreprises Allemagne diminueraient, ce qui amortirait aussi l’impact de la baisse des exportations.
5) Les entreprises Allemandes pourraient utiliser leur devise appréciée pour faire des acquisitions à l’étranger. Le rapatriement des profits viendrait gonfler les recettes fiscales de l’État, ce qui améliorerait encore plus sa flexibilité budgétaire, si bien qu’il pourrait peut-être même diminuer les impôts des entreprises, ce qui viendrait aussi amortir le choc de la devise.
Pour moi il ne fait aucun doute que ce scénario est le meilleur pour le peuple Allemand, et c’est d’ailleurs ce que la population souhaite. Il faudra voir si les politiciens respecteront les désirs du peuple. N’est-ce pas cela la démocratie? Est-ce que les keynésiens/gauchistes sont prêts (encore) à cracher sur la démocratie pour arriver à leurs fins? Je n’en serais pas surpris…
Comment je sais que tout cela se produira ainsi? Parce que le Canada est passé par là! Notre devise est passée de $0.65/USD à plus de $1.00/USD. Je vous invite à faire une moyenne des principaux indicateurs économiques du Canada et du Québec pendant la période où notre taux de change était inférieur à $0.70 et à les comparer à ceux de l’ère $0.95-$1.05. Quel Canada/Québec préférez-vous? Moi je choisi le second sans hésiter! L’Allemagne devrait faire de même.

Fin de quinquennat au Sénat

En 2007, Nicolas Sarkozy avait promis qu’avec lui «tout serait possible». Il a tenu parole au-delà de cette promesse puisque le Sénat a basculé à gauche. Une première dans l’histoire de la V e République dont le président se serait bien passée.

Le fonctionnement normal des institutions, pourtant, ne sera pas affecté par ce bouleversement qu’on savait envisageable mais dont on doutait de la probabilité: l’Assemblée nationale, élue au suffrage universel direct, conserve sa prééminence législative et en cas de conflit avec le Sénat sur un texte de loi, c’est elle qui, de toute façon, a le dernier mot. À la limite, cette cohabitation en mode mineur ne sera pas moins confortable pour le gouvernement qui ne sera plus obligé de tout négocier pied à pied avec les sénateurs de son propre camp, et pourra tout simplement imposer sa lecture... Ni le budget de l’État, ni celui de la Sécurité sociale pour 2012, les deux grands rendez-vous de ce trimestre ne pourront être bloqués, et le PS a déjà promis qu’il n’avait pas l’intention de se livrer à une stratégie d’obstruction.

Tout de même. Le Congrès de la Règle d’or est définitivement à l’eau dans le bassin de Neptune. Désormais, le chef de l’État sait qu’il n’arrivera jamais à réunir une majorité des deux tiers pour l’adopter à Versailles. Par ailleurs, le PS exploitera la tribune que lui offrirait le contrôle du «plateau» au palais du Luxembourg pour donner plus d’écho encore à la critique de l’action gouvernementale avec, en ligne de mire, les élections de 2012.

Mais le plus grave, pour la majorité, est ailleurs. Nicolas Sarkozy et François Fillon ont beau affirmer - dans une figure imposée par les éléments de langage - que la «poussée» de la gauche ne les a pas surpris, la «perte» de la Haute assemblée est un symbole qui fait mal, très mal à sept mois d’une présidentielle. Car cette fois, ce ne sont ni les soubresauts de la crise économique, ni même le climat des affaires qui ont provoqué la quatrième défaite du camp présidentiel - sur cinq scrutins - depuis le début du quinquennat. Ce qui est en cause, c’est la gouvernance de l’exécutif et la gestion brutale de la réforme territoriale, courageuse, mais imposée par la force.

Le président de la République paie aussi son incapacité à tenir les troupes de la droite qui se sont divisées au-delà du raisonnable. L’atmosphère de règlements de comptes qui régnait hier soir autour du secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, en dit long sur les ressentiments divers et variés qui, par-delà les rivalités naturelles, minent le mouvement.

Nicolas Sarkozy est loin d’avoir encore perdu la présidentielle mais ce désastre sénatorial ternit son image - de l’intérieur cette fois - concourt à contester un peu plus encore son autorité déjà entamée parmi les siens et nourrit les doutes sur la pertinence d’un éventuel second mandat. Le premier s’est achevé hier soir.

Le climat économique se dégrade fortement en France

L'indicateur synthétique du climat des affaires dans l'industrie manufacturière a baissé de six points en septembre, tandis que la confiance des ménages français  s'est nettement dégradée durant l'été.

Le climat général des affaires en France s'est fortement détérioré en septembre, selon l'enquête mensuelle de conjoncture publiée ce vendredi par l'Insee. L'indicateur synthétique du climat des affaires dans l'industrie manufacturière a baissé de six points à 99, repassant sous le seuil de 100 qui correspond à la moyenne de longue période de cet indicateur. Il retrouve ainsi son niveau d'août 2010.
L'indicateur du climat des affaires dans son ensemble, en incluant les services, le bâtiment, le commerce de gros et le commerce de détail, a parallèlement baissé de huit points à 97. "Le climat conjoncturel se dégrade dans tous les secteurs à l'exception du bâtiment", souligne l'Insee. L'indicateur des services chute quant à lui de huit points à 95. L'indicateur de retournement, en léger repli depuis avril, "bascule nettement en zone défavorable".
Par ailleurs, la confiance des ménages français s'est nettement dégradée durant l'été, toujours selon l'Insee. L'indicateur synthétique de la confiance des ménages ressort à 80, en baisse de cinq points par rapport à juillet, et se situe désormais au plus bas depuis février 2009.
Tombé à 77 en octobre 2008, ce baromètre du moral des consommateurs était remonté à 91 début 2010. Il évolue depuis septembre 2007 en dessous de sa moyenne historique de 100. Dans un contexte dominé par la crise de la dette et la baisse des marchés financiers, l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle future baisse rapidement, précise l'Insee dans un communiqué: le solde correspondant cède six points en septembre par rapport à juillet.
De plus, les ménages jugent que le moment est nettement moins favorable pour épargner, le solde correspondant abandonnant huit points et repassant sous sa moyenne historique. Les craintes d'évolution du chômage sont en forte hausse tandis que le solde des réponses sur l'évolution du niveau de vie futur chute.

Le sans-faute de Christine Lagarde après 100 jours au FMI

L'ex-ministre de l'Economie française a su se couler dans l'héritage réformiste de son prédécesseur, Dominique Strauss-Kahn, tout en préservant son indépendance et son style.

Souriante sous les flashs des photographes, Christine Lagarde a entamé jeudi une fin de semaine marathon. Devant une salle de presse archicomble, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) s'est livrée à un exercice qu'elle maîtrise à la perfection, en préambule aux assemblées générales du FMI, qui débutent officiellement ce vendredi. Peu avant, Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, avait salué "les compétences, la vision et le leadership d'une partenaire inestimable dans ces moments difficiles pour l'économie mondiale".
Près de cent jours après sa prise de fonctions, le 5 juillet, l'ex-ministre de l'Économie française fait l'unanimité, hors et dans une institution où elle commence à prendre ses marques. "Jusqu'à présent, elle a été à l'écoute. Elle a posé de nombreuses questions aux membres du Conseil, ce qui est plutôt inhabituel pour un directeur général, explique Domenico Lombardi, président de l'Oxford Institute for Economic Policy et ancien administrateur du Fonds pour l'Italie. Elle a entamé un débat avec eux sur le futur rôle du FMI dans les crises internationales, sans a priori. Les représentants des économies émergentes ont ainsi pu avoir des opportunités pour exprimer leurs inquiétudes."
Depuis son intronisation, Christine Lagarde a également multiplié les interviews et les interventions publiques, comme à New York devant l'influent think tank Council on Foreign Relations (CFR) ou tout récemment face aux caméras de CNBC, la puissante chaîne d'informations financières. Sa sortie la plus remarquée reste son discours à Jackson Hole, lors du symposium annuel des banques centrales. "Elle m'a particulièrement impressionné, se souvient Steven Dunaway, membre du CFR et ancien directeur du département Asie-Pacifique du FMI. Elle a attiré l'attention sur les dangers de la rigueur budgétaire." Devant les grands argentiers de la planète, la nouvelle directrice générale du FMI a prouvé "qu'elle n'hésiterait pas à exprimer ses opinions" alors que les gouvernements européens se sont engagés dans des plans massifs d'économies, ajoute Edwin Truman, du Peterson Institute for International Economics. "Il était important qu'elle prouve rapidement qu'elle servait les intérêts de tous les pays, et pas seulement ceux des Européens", poursuit cet ex-secrétaire adjoint du Trésor américain.
Bâtir sa crédibilité
En affirmant publiquement qu'une recapitalisation des banques européennes était "urgente", Christine Lagarde s'est certes attiré les foudres des responsables politiques européens. Mais "elle a aussi montré qu'elle s'adaptait aux vues du personnel du FMI et aux recherches qu'ils avaient effectuées avant son arrivée", estime Edwin Truman. "Elle s'est attachée à défendre l'indépendance de l'institution, à bâtir et à renforcer sa crédibilité personnelle et à montrer qu'elle n'avait pas l'intention de se plier aux pressions émanant des dirigeants européens", renchérit Domenico Lombardi. Une absolue nécessité vis-à-vis des autres membres du Fonds, dont certains redoutaient qu'elle ne soit qu'une simple "exécutante", une "marionnette" aux services de ses ex-collègues du Vieux Continent. "Mais si la Grèce ne parvient pas à remplir ses promesses d'ajustements, passera-t-elle outre les éventuelles pressions politiques pour refuser de fournir de nouvelles aides financières ? Osera-t-elle dire non aux responsables européens ?", s'interroge Steven Dunaway.
Dilemme en perspective
Pour l'instant, le FMI ne veut pas mettre en péril les programmes d'aide aux économies en difficulté de la zone euro. Mais cela pourrait bien changer : au sein de l'institution, notamment parmi les représentants des pays émergents, le scepticisme grandit. Si bien que certains envisagent de ne pas cofinancer les prochains plans de sauvetage. Un potentiel dilemme en perspective pour Christine Lagarde, qui y jouera à nouveau sa crédibilité en tant que directrice d'une institution indépendante. "Le Fonds sera bien plus prudent avant de s'engager, estime Domenico Lombardi. Dominique Strauss-Kahn aurait certainement milité pour une attitude plus active et agressive." Mais "la substance de son message envers les Européens est sensiblement la même, nuance Edwin Truman. Il y avait dans les propos de son prédécesseur le même sens de l'urgence face à la situation en Grèce".
Trois mois après son arrivée, Christine Lagarde n'a pas rompu avec l'héritage de Dominique Strauss-Kahn, dont le travail au sein de l'institution a été unanimement salué. Elle devrait ainsi s'efforcer de mener à bien la réforme du FMI, même si les Européens se montrent toujours réticents à tout changement qui réduirait leur poids et leurs droits de vote. "Elle va essayer d'influer sur les membres du Fonds durant ces assemblées générales pour qu'ils acceptent la réforme" votée en décembre 2010, avance Domenico Lombardi. "Avec le temps, elle fera probablement des choix différents de ceux que DSK aurait pu faire", anticipe Edwin Truman. Elle imprimera alors sa marque de fabrique.

«Un coup de semonce pour Sarkozy»


Le basculement du Sénat à gauche augure d'une prériode de difficile pour la majorité. Philippe Goulliaud, chef du service politique du Figaro, analyse l'impact de cette défaite pour l'UMP à la veille de la présidentielle.

LA GAUCHE MAJORITAIRE AU SÉNAT ; SCÉNARIO


Sénat à gauche : la fin de la «règle d'or» budgétaire

Même si l'Assemblée nationale a toujours le dernier mot sur les textes de loi, une majorité de gauche au Sénat va compliquer les choses pour le gouvernement français, à sept mois de la présidentielle, en particulier pour le débat budgétaire qui risque d'être explosif. Adieu la fameuse «règle d'or» budgétaire souhaitée par .
  Larcher : sur les budgets «la discussion va être tendue». «Un Sénat clairement dans l'opposition, cela veut dire par exemple un débat sur le projet de loi de Finances qui serait d'une autre nature», avait dit  le président UMP sortant du Sénat Gérard Larcher, avant le scrutin. Pour lui, de toutes façons, la discussion des budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale pour 2012, qui vont décliner le plan de rigueur du gouvernement, va être tendue. «J'ai dit à François Baroin (Economie) et (Budget): avec la majorité sénatoriale qui va sortir, attendez-vous à un rendez-vous d'automne exigeant», a prévenu .

La «règle d'or» ne peut pas être inscrite dans la Constitution. Avec une majorité de gauche au Sénat, le président de la République n'a plus la possibilité de réunir le Parlement en congrès pour faire adopter une modification de la Constitution pour laquelle il faut une majorité des 4/5e, comme par exemple l'inscription de la règle d'or budgétaire. Par ailleurs, la gauche pourra retarder l'adoption des textes.

Une meilleure représentation de la gauche.
Par ailleurs, un président du Sénat de gauche - considéré comme le 2e personnage de l'Etat car assurant l'intérim du président de la République en cas d'incapacité ou de décès - présent au côté de Nicolas Sarkozy dans les grandes manifestations républicaines aura une portée symbolique et politique forte. Sans compter les pouvoirs de nomination qu'il possèdera notamment au Conseil constitutionnel ou au Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Le PS veut rendre au Sénat «son rôle politique» et rénover les liens avec les élus locaux.  La gauche avait connu une situation identique durant le premier septennat (1981-1986) de François Mitterrand, puis de 1988 à 1993 et ensuite pendant la troisième cohabitation (1997-2002), lorsque Lionel Jospin était Premier ministre. «Nous n'avons aucune volonté d'obstruction», a promis d'ores et déjà le chef de file des sénateurs socialistes, Jean-Pierre Bel. «Nous entendons rendre au Sénat tout son rôle politique» alors que Gérard Larcher «s'est aligné sur le gouvernement en ce qui concerne par exemple la réforme territoriale ou celle des retraites», avait-il  dit à l'AFP. «Une de nos obligations sera de rénover le lien avec les élus locaux et pour cela nous allons organiser très rapidement des états généraux pour préparer un Acte 3 de la décentralisation», avait-il annoncé.

Un sérieux atout si la gauche gagne la présidentielle. A plus long terme, un Sénat de gauche «sera pour le prochain président de la République, s'il est de gauche, un sérieux atout», a pronostiqué François Hollande, candidat à la primaire socialiste. «Pour la première fois, l'Assemblée nationale, le Sénat et le président de la République pourraient être de gauche, ce qui aura un poids important en cas de révision constitutionnelle», fait valoir le politologue Bruno Jeanbart (OpinionWay).

Résultat sénatoriales : Historique ou arithmétique ?

A chaque élection ses tics de langages. La gauche parle de résultat « historique ». La droite tente de minimiser l'évènement en parlant de résultat « arithmétique »
« Historique », clament en cœur les leaders de gauche, trop heureux de voir le Sénat basculer dans leur camp pour la première fois de l'histoire de la Ve République. Contacté par FranceSoir.fr, Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, a salué comme beaucoup d'autres de son camp un « résultat historique », « beaucoup plus spectaculaire que ce qu'on attendait ».

Déjà à l'annonce des résultats, Jean-Pierre Bel, chef de file des sénateurs PS au Sénat, donnait une grande valeur au basculement de la haute chambre. « Ce 25 septembre 2011 est un jour qui marquera l'Histoire. Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, le Sénat va connaître l'alternance, a-t-il délcaré devant la presse. Pour la première, oui, pour la première fois, le changement est en marche. La gauche vient de gagner ce 25 septembre, elle vient de gagner les élections sénatoriales. C'est un véritable camouflet pour la droite. »
A droite, en revanche, on ne partage pas vraiment cette vision. Jean-François Copé a « pris acte » de la défaite de la droite aux élections sénatoriales. Pour autant, le secrétaire général de l'UMP se refuse à parler d'évènement historique. Pour lui, la défaite « est une déception mais ce n'est pas une surprise ». Elle est la « conséquence des défaites successives aux municipales, aux régionales, aux cantonales. » Chantal Jouanno, élue à Paris, n'a pas dit autre chose, en parlant de défaite « arithmétique ». 
La défaite de la droite était donc attendue. C'est ce qu'a reconnu lui-aussi Patrick Ollier. « Il n'y a pas de poussée de la gauche, c'est mathématique, cela aurait pu être pire », a déclaré le ministre chargé des relations avec le Parlement.

L’Europe vers le joug mondialiste, par Frédéric Courvoisier et Spencer Delane

Nous pouvons affirmer ce soir avec la certitude la plus absolue que le premier point de l’agenda que nous avons détaillé la semaine dernière, à savoir un troisième plan de « sauvetage » pour la Grèce, sera décidé avant la mi-novembre, et qu’une des conditions sine qua none dictée par Bruxelles sera la mise sous tutelle directe et totale de ce pays par un triumvirat composé de cadres du FMI, de la BCE et de la Commission européenne.
La Grèce ne sortira pas du piège de l’euro
Certains esprits brandissent l’article 50 du Traité sur l’Union européenne (TUE), prétendant qu’il est possible pour la Grèce de sortir de la zone euro. L’article 50 du TUE ne parle pas de l’euro ni de la zone euro, mais de l’Union européenne. Peu importe. Que dit cet article ?
1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
Intéressant. Donc, s’il n’y a pas majorité qualifiée au sein du Conseil ( soit 55% des membres du Conseil, comprenant au moins quinze d’entre eux et représentant des Etats membres réunissant au moins 65% de la population de l’Union), il n‘y a pas de voie de sortie. Que nous apprend encore l’article 218 paragraphe 3 ?
3. La Commission, ou le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité lorsque l’accord envisagé porte exclusivement ou principalement sur la politique étrangère et de sécurité commune, présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l’ouverture des négociations et désignant, en fonction de la matière de l’accord envisagé, le négociateur ou le chef de l’équipe de négociation de l’Union.
On le comprend bien. C’est théoriquement possible, mais pratiquement conçu pour être irréalisable.
Admettons que, par quelques miracles, la Grèce sorte tout de même de l’euro. Sur quelle base pourrait-t-elle émettre une monnaie nationale et ramener son économie sur les rails ?
Pour recréer sa monnaie, la Grèce devrait indexer sa dette publique sur un panier de référence de monnaies – qui pourrait être constitué du dollar, du yen, du franc suisse, etc. – de façon à protéger les détenteurs de la dette publique – et par voie de conséquence toutes les dettes, puisque la dette publique sert de référence – contre les effets, les dommages collatéraux, qui pourraient résulter de sa sortie de la zone euro. Car même si la Grèce se met en situation de défaut, même partiel, il va bien falloir trouver une solution pour ses créanciers.
La Grèce aurait donc besoin que d’autres pays investissent massivement dans son économie – des montants qui dépasseraient de très loin sa dette actuelle. Car si elle ne trouve plus personne pour se financer elle se retrouvera très vite au niveau économique du Sierra Leone ou du Burundi – une éventualité qui devrait être de nature à calmer très vite la rue et ses prétendus « insoumis », toutes tendances confondues. La Grèce pourrait-elle autofinancer sa monnaie ? Et comment ? Grace à l’or qu’elle n’a pas ? En empruntant à des banques étrangères alors que sa situation actuelle menace de les mettre en faillite ? En imposant un impôt spécial à toutes les fortunes qui ont déjà mis les voiles ? L’euro est un piège dans lequel il n’y a pas d’issue. Il ne fallait pas y entrer.
La contestation des « masses » ne servira à rien
L’Euro est en effet un piège, car en empêchant les Etats membres de la zone de retrouver leur monnaie nationale, et d’en dévaluer sa valeur, elle permet de dévaluer le prix du travail et donc, comme nous avons tenté de l’expliquer dans une série d’articles, d’utiliser cette crise afin de reconfigurer l’économie.
Il est donc nécessaire, conformément à nos points 2 et 3 de l’agenda, que la crise s’amplifie encore de sorte à ce que la Grèce soit contrainte à un défaut partiel, qui entrainera une série de faillites bancaires à travers l’Europe et le défaut d’autres pays européens déjà en difficulté.
Nous aurions tort de penser que les masses pourraient empêcher le cours des catastrophes en se révoltant. L’histoire moderne n’a pas été avare d’exemples contraires, illustrant plutôt, chez les dites masses, une assez constante détermination à ne pas se révolter en dépit de ce qu’elles savaient, et même à ne pas savoir en dépit de l’évidence, ou du moins à se comporter en comme si elles ne savaient pas
Un plan « clandestin » pour imposer une Europe fédérale
La société dans laquelle nous vivons n’est pas aussi transparente qu’elle le prétend, ou elle ne l’est pas comme elle le prétend. Elle ne parait si déconcertante que parce que les intérêts agissants y sont la plupart du temps cachés, et les rapports de causalité falsifiés. Dans un entretien accordé la semaine dernière au quotidien Le Monde (1), Jacques Sapir, économiste renommé et directeur Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS), bien que l’axe central de son analyse diffère de la notre, explique comment certaines de nos élites politiques ont manœuvré, au moins depuis 1985, afin de préparer le terrain à la situation actuelle :
« Il faut rappeler le rôle extrêmement néfaste qu’ont eu un certain nombre d’hommes politiques français, ainsi que des hauts fonctionnaires, qu’il s’agisse de Jacques Delors, de Pascal Lamy ou d’autres, dans la déréglementation financière généralisée que nous avons connue en Europe à partir de 1985-1986. Sur le fond, on a voulu faire avancer la solution d’une Europe fédérale sans le dire aux populations.
La construction européenne a été faite de telle manière qu’elle incluait des déséquilibres structurels dont les pères de l’Europe espéraient que les solutions iraient chaque fois un peu plus en direction du fédéralisme. Ce fédéralisme furtif, ou clandestin, comme l’on veut, ne tenait pas compte des réactions des peuples, et ne tenait pas compte de l’enracinement extrêmement profond des nations qui constituent l’Europe. On peut toujours aujourd’hui reprocher aux différents pays leurs égoïsmes, on peut toujours aujourd’hui reprocher aux classes politiques de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, leur manque d’initiative et leur aveuglement face à la crise de l’euro, qui était une perspective inévitable depuis 2009.
Mais sur le fond toutes ces incompétences renvoient en réalité à un projet politique. Ce projet qui avait été refusé lors du référendum de 2005, que ce soit en France ou aux Pays-Bas, et que l’on a cherché à imposer malgré tout via la notion de contrainte économique. »
Vers une division de la zone euro en deux monnaies…
L’idée de mutualisation de la dette ou celle de l’émission massive par la banque centrale européenne (BCE) de crédits au profit des Etats membres ayant été enterrées par un arrêt du tribunal de Karlsruhe – pour lequel nous rappelions il y a quelques jours qu’il est garant de la souveraineté de l’Allemagne – ces deux solutions, qui n’auraient d’ailleurs été efficaces qu’à court terme, peuvent être oubliées.
Comme nous l’indiquions dans le point 4 de notre agenda, la dissolution de la zone euro n’étant pas à l’ordre du jour, la dernière option passe par une scission de la monnaie unique en deux entités : l’euro mark pour les pays du nord et Israël dans l’immédiat, puis l’intégration progressives des pays de l’est dont l’économie le permet, et l’euro franc pour les pays du sud, les pays des Balkans et, à terme, la Turquie et les pays du Maghreb, après qu’ils aient été restructuré par quelques « révolutions arabes »
… et l’intégration de l’Union pour la Méditerranée
Nous pensions que l’Union pour la Méditerranée (UPM) était en panne depuis 2008, et voilà que, galvanisée par l’opportun « printemps arabes » et la propice « crise de la dette des Etats », il renait de ses cendres. C’est ce que son secrétaire général, Youssef Amrani, écrivait le 13 septembre dernier dans le quotidien Le Monde (2) : Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Union pour la Méditerranée. Extraits :
« Avec le « printemps arabe », une nouvelle ère s’est ouverte en Méditerranée. Les partenaires euro-méditerranéens doivent être à la hauteur de ce processus historique de transformation : il faut soutenir la transition démocratique et favoriser le développement économique et social pour construire un espace euro-méditerranéen démocratique, apaisé, stable et prospère. »
(…) Les révolutions qui ont eu lieu dans certains pays arabes nous appellent à travailler sur les priorités stratégiques déjà identifiées mais aussi à innover pour sortir des schémas classiques.
(…) L’Union pour la Méditerranée apparaît aujourd’hui comme une initiative visionnaire. (…) Il faut maintenant engager une nouvelle étape. (…) Pour faire face aux nouveaux défis, de nouveaux outils de financement doivent être créés, avec la Commission européenne et les institutions financières spécialisées telle la Banque européenne d’investissements, fonds d’assistance technique, mécanismes de garanties (…)
Tout ceci ne s’improvise pas. Ce processus multidimensionnel se construit avec l’adhésion de tous les acteurs clés de la région, avec l’appui de l’Union européenne et de la communauté internationale (…)
Il nous incombe de veiller à ce que les objectifs et les principes de la nouvelle politique européenne de voisinage actuellement à l’examen de l’Union européenne convergent avec ceux qui guideront la trajectoire de l’UPM.
(…) L’ancrage de plus en plus fort des économies méditerranéennes au marché intérieur de l’UE plaide aujourd’hui pour un objectif plus ambitieux allant au-delà du libre-échange, et s’inscrivant à terme dans la réalisation d’un espace économique commun. »
Après quelques tergiversation, pour nous prévenir autant que nous endormit, sur le mode « une nouvelle ère », « innover pour sortir des schémas classiques » , « de nouveaux outils de financement doivent être créés », l’objectif est finalement lâché : « la réalisation d’un espace économique commun » avec l’Union européenne. Mais comme l’indique l’indique Youssef Amrani : « tout ceci ne s’improvise pas »
Que faire ?
Ceux qui répètent les mensonges officiels diffusés en boucle par la propagande médiatique nous diront bientôt que les choix qui vont nous être imposé permettront en réalité la survie de notre civilisation, que la perte de la souveraineté des Etats européens et l’abolition de la démocratie ne seront que provisoires et que, au final, nous ressortirons plus fort de ces crises.
L’artifice de la propagande consiste en effet à affirmer à la fois que l’avenir est l’objet d’un choix conscient que l’humanité doit faire collectivement, comme un seul homme et en toute connaissance de cause puisqu’elle est instruite par des experts, des politique et des journalistes qui ne veulent que notre bonheur, et que de toute façon nous n’avons pas le choix, ou plutôt que celui-ci se résume à vivre selon les directives de l’oligarchie régnante ou de périr parce que l’on sera resté sourd à leurs mises en garde.
Tout se déroule devant nous, au grand jour, et il faut être aveugle ou complice (l’un n’étant pas incompatible avec l’autre) pour ignorer les forces désertificatrices et négatives à l’œuvre dans leur travail de renversement et de prise de possession négative, satanique. Car tel est le signe de la haute provocation des temps qui sont les nôtres : l’obligation devant laquelle on se trouve tenus d’utiliser ce terme aux résonances bien anciennes, étranges à nos actuelles habitudes de discours.
Cependant notre rôle reste, dans un présent écrasé par la probabilité du pire, d’étudier les diverses possibilités qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

Grèce-télé : des étudiants font irruption

Un groupe d'étudiants grecs a fait irruption dimanche soir sur le plateau du bulletin d'informations de la chaîne de télévision publique entraînant l'interruption des émissions, a annoncé un porte-parole du gouvernement.
Au même moment la police faisait usage de gaz lacrymogènes contre une manifestation d'étudiants à proximité du Parlement. "Il y a eu occupation de la chaîne de télévision publique NET et nous oeuvrons au rétablissement de la situation", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement Elias Mossialos. "Ce sont des étudiants. Ce n'est pas un problème lié à la chaîne", a-t-il ajouté sans plus de détails.

dimanche 25 septembre 2011

La BCE appelée à peser plus pour résoudre la crise de la dette

L'Europe a une nouvelle fois été appelée dimanche à muscler sa réponse à la crise de la dette qui l'afflige, le Fonds monétaire international demandant notamment plus d'actions de la part de la Banque centrale européenne.

Selon le FMI, la BCE est en effet le seul acteur suffisamment fort pour "effrayer" les marchés financiers.L'Allemagne, tout comme plusieurs hauts responsables de la BCE elle-même, n'ont toutefois guère envie de voir l'institution de Francfort s'impliquer davantage dans le soutien à la Grèce et aux autres pays en difficulté.Mais après le plongeon des marchés lié à la crainte d'une contagion de la crise grecque, la pression devient très forte sur les décideurs européens."La BCE est le seul agent capable d'effrayer les marchés", a commenté Antonio Borges, directeur du département Europe au sein du FMI, lors du rassemblement des responsables économiques et financiers mondiaux à Washington.La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, devait rencontrer dans l'après-midi de dimanche (heure des Etats-Unis) le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos.Ce dernier a reconnu dimanche que la faiblesse de l'administration grecque avait compliqué les efforts du pays, et assuré que son gouvernement prendrait les mesures nécessaires pour répondre aux attentes des créanciers."Faire tout ce qui sera nécessaire pour remplir nos obligations envers nos partenaires, la zone euro et le FMI: telle est la décision finale et irrévocable de la Grèce", a-t-il déclaré."La Grèce ressent l'incertitude internationale, mais la Grèce n'est le bouc émissaire ni de la zone euro, ni de l'économie mondiale. La Grèce est et sera toujours un membre de l'Union européenne et de la zone euro", a-t-il ajouté.IMPLIQUER LA BCE ?L'Union européenne et le FMI sont déjà venus au secours de la Grèce, mais aussi de l'Irlande et du Portugal. Les autorités veulent éviter que l'Italie et l'Espagne n'aient à leur tour besoin d'aide.De l'avis d'Antonio Borges, il est essentiel de combiner la force de frappe de la BCE à celle du Fonds européen de stabilité financière, doté de 440 milliards d'euros et chargé de verser les aides aux pays en difficulté.Mais plusieurs responsables européens se sont opposés à cette solution."Une avalanche de nouvelles propositions, chaque semaine, cela n'est d'aucune aide", a ainsi balayé Ewald Nowotny, l'un des membres du directoire de la BCE.Les marchés craignent une propagation de la crise grecque. Selon les estimations des analystes financiers, 2.000 milliards d'euros au moins seraient nécessaires dans le FESF pour protéger l'Italie et l'Espagne dans ce cas de figure.Selon le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, l'attention des marchés se portera sur l'utilisation des moyens existants du FESF dès que les Etats européens auront validé le développement de ses capacités."Nous devons trouver un mécanisme par lequel chaque euro placé dans le FESF serait multiplié par cinq, mais aucune décision n'a encore été prise sur les moyens pour y parvenir", a déclaré un autre responsable européen, qui souhaitait ne pas être nommé.MODÈLE AMÉRICAINDe son côté, le directeur général du FESF, Klaus Regling, a jugé qu'il ne serait probablement pas nécessaire de mettre la BCE à contribution."Il existe de sérieuses inquiétudes sur la compatibilité avec la BCE, parce cela pourrait ne pas être conforme avec son interdiction de financement des marchés. Je pense donc qu'il est très improbable que cela ait lieu", a-t-il déclaré.Un haut responsable de la BCE a quant à lui indiqué que l'Europe pourrait suivre l'exemple des Etats-Unis, qui avaient réécrit leurs règles financières lors de la crise de 2007-2009.Lorenzo Bini Smaghi, également membre du directoire de la BCE, a évoqué la possibilité d'un équivalent européen au programme TARP, qui avait renfloué le système bancaire, ou au programme TALF, qui avait injecté des liquidités sur un marché du crédit complètement asséché."Je pense que ces deux scénarios peuvent être suivis, et que ces deux options peuvent régler le problème", a-t-il dit.Mais malgré les signes que l'Europe s'apprêterait à agir, certains doutent que son intervention soit assez rapide ou assez ambitieuse pour calmer les marchés."Le risque existe que les marchés soient déçus par l'absence de nouveaux engagements spécifiques de la part des pays de la zone euro", a réagi le ministre suédois des Finances, Anders Borg."Il est évident qu'ils veulent édifier une cloison étanche, mais il faudra du temps avant de voir les décisions nécessaires se mettre en place."Samedi, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, avait appelé la BCE à se placer en première ligne de la lutte contre la crise."La menace de défauts en cascade, de retraits bancaires massifs et spontanés, d'un risque catastrophique, tout cela doit être écarté", avait-il souhaité.Le gouverneur de la Banque centrale brésilienne a abondé dans son sens."L'expérience du Brésil avec les crises du passé suggère qu'il faut faire face aux problèmes de façon rapide et cohérente. Plus on attend longtemps, plus le risque de contagion et le coût augmente", a affirmé Alexandre Tombini."Il faut agir avec une force implacable."Avec le bureau de Washington, Gregory Schwartz pour le service français, édité par Guy Kerivel

La Grèce réduira son déficit "quel que soit le coût politique"

Le ministre des Finances de la Grèce Evangélos Vénizélos a promis dimanche à Washington que son pays allait continuer de réduire son déficit budgétaire "quel que soit le coût politique".
"Nous sommes prêts à prendre les initiatives nécessaires quel que soit le coût politique", a affirmé M. Vénizélos dans un discours devant l'assemblée annuelle de l'Institut international de la finance (IIF), une association de 450 banques du monde.


Avec la poursuite de la récession dans le pays, "nous réagirons en introduisant des mesures supplémentaires", a-t-il dit.
Il a rappelé les efforts déjà faits par Athènes. Selon lui, "la Grèce n'est pas le bouc émissaire de la zone euro ou de l'économie internationale. La Grèce est un pays historique et fier avec des citoyens qui font beaucoup de sacrifices pour le sauver et le voir se rétablir".
"Je ne pense pas qu'on puisse trouver beaucoup d'exemples au niveau international d'efforts de rééquilibrage budgétaires aussi rapides. Mais comme vous le savez, cela s'accompagne d'un coût politique et social, très élevé", a souligné le ministre.
"Ce qui est important pour nous est de casser le cercle vicieux [...] Je parle maintenant en ma capacité d'ancien ministre de la Défense: il est absolument nécessaire de remporter cette guerre", a-t-il déclaré.
M. Vénizélos a eu de longues discussions dimanche avec la direction de l'IIF, qui a lancé en juillet une offre pour réduire le taux d'intérêt et/ou le montant de la dette grecque, et en allonger la maturité. Cette offre attend toujours une traduction concrète pour que les investisseurs puissent y répondre.
L'IIF a considéré que celle-ci devait être menée à son terme. "Il n'est pas imaginable de rouvrir l'accord et compte tenu de ses avantages pour la Grèce nous devons nous concentrer maintenant sur sa mise en oeuvre déterminée et en temps utile", a indiqué dans un communiqué le président de l'Institut, .
M. Vénizélos était sur la même ligne, se disant optimiste sur la possibilité d'obtenir la participation requise.
"Les objectifs peuvent être atteints, du moment qu'il est bien compris que cela profite collectivement à la Grèce, à ses partenaires institutionnels et au secteur privé. La Grèce veut y parvenir, et y parviendra", a-t-il estimé.
"Il est absolument indispensable d'éviter les bruits, les rumeurs, et la maintenant célèbre cacophonie européenne. Nous devons envoyer un message très clair, stable et sain", a-t-il ajouté.
Le président de la Commission européenne a apporté une nouvelle fois son soutien à la Grèce, lors d'un entretien sur la chaîne CNN.
"Je pense que les dernières annonces faites par le gouvernement grec sont très encourageantes. Et, de fait, il n'y a pas d'autre possibilité que de voir la Grèce faire des réformes structurelles mais également de sérieux efforts de rééquilibrage budgétaire", a-t-il expliqué.

Cette immigration dont on n'ose pas parler

L'immigration sera-t-elle un enjeu majeur de l' élection présidentielle française ? Jean Bothorel, dans "Requiem pour les Français", revient sur la situation politique actuelle.

Ces quelques pages sur l’immigration et ses conséquences ont été écrites dans un souci pédagogique. Qu’elles soient prises pour ce qu’elles sont : un rappel, illustré de faits, qui porte sur une cinquantaine d’années de notre histoire. Ce bilan, qu’on le veuille ou non, d’une part, dictera nos prochaines échéances électorales à commencer par le scrutin présidentiel de 2012, et, d’autre part, nous obligera à réhabiliter, à magnifier la laïcité dans son sens premier. L’immigration, sauf à vouloir prolonger notre politique de l’autruche, devrait être au centre de nos préoccupations et dépasser nos joutes partisanes. Depuis quelques années, nos dirigeants de l’extrême gauche à l’UMP, pris d’une panique refoulée, feignent de bander les muscles, promettent de bloquer le flux des migrants clandestins et de freiner celui des migrants réguliers. Promesse dont nous attendons, en vain, les retombées concrètes. Les portes de la maison France ont donc toujours été largement ouvertes, par tradition, par générosité et nécessité, mais aussi par lâcheté, aveuglement et naïveté.
Le résultat de cette démission n’est plus à démontrer : depuis 1983, le Front national occupe le « créneau immigration », comme disent les communicants, et en fixe les contours. Une telle situation est non seulement irresponsable, elle sera de moins en moins tenable pour les futurs candidats à la présidence de la République. Si les problèmes que pose l’immigration sont à la fois graves et difficiles à traiter, nous devons néanmoins convenir que nous disposons, sur le front législatif d’un catalogue de mesures qui, si elles étaient rigoureusement appliquées, seraient suffisantes pour freiner et même stopper les flux migratoires.
En particulier, il ne serait pas inutile de revisiter la réforme législative imaginée par Charles Pasqua en 1993. N’était-elle pas réaliste d’un point de vue technique et légitime d’un point de vue humaniste? D’une part, cette réforme n’avait aucun caractère rétroactif mettant en cause les droits acquis des populations d’origine étrangère vivant légalement en France ; d’autre part, elle avait recensé les verrous qui fermeraient de façon graduelle nos frontières ; enfin, elle avait planifié à grande échelle et sans porter atteinte à nos principes républicains, les reconduites des immigrés clandestins. Personne n’attendait des lois Pasqua une «immigration zéro » et qui, au demeurant, souhaite une immigration zéro ? Mais ces lois permettaient, sans nul doute, d’enclencher un sérieux et sévère contrôle des flux migratoires.
De surcroît, les lois Pasqua ne contreviennent nullement aux accords de Schengen qui, signés en juin 1985, étaient entrés en vigueur cinq ans plus tard. Dans la logique du traité de Maastricht, tout citoyen de l’Union européenne avait le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres. Désormais, liberté de circulation et liberté de séjour faisaient figure de droits autonomes et leur champ d’application était élargi. L’« Europe des citoyens », selon un leitmotiv à la mode, venait d’être portée sur les fonds baptismaux. Initialement, la création de cet «espace Schengen» devait s’accompagner de nombreuses et cruciales contreparties : renforcement des contrôles destinés à endiguer les flux migratoires en provenance des pays sous-développés et des anciens pays du bloc soviétique, restriction des visas aux frontières de l’Union, coordination entre les États-membres de leurs polices aux frontières… Ces ambitieux projets ont fait chou blanc et les frontières de l’espace Schengen, à l’est comme au sud, sont, objectivement, des vannes ouvertes. On ne fera pas l’économie, ou d’une remise à plat, ou d’un moratoire des accords de Schengen.

Secret de l'instruction : le bal des faux-culs

Magistrats, avocats, ministère de la Justice, journalistes... tout le monde viole allègrement le secret de l'instruction quand il y trouve son intérêt. Pourquoi en irait-il autrement pour l'affaire Karachi ?

Oui j’avoue, j’ai déjà violé le secret de l’instruction. Plusieurs fois même. Mon Bâtonnier comprendra j’espère. Je l’ai violé au mépris de la loi sans nul doute, dans l’intérêt de mes clients toujours. Et je peux même affirmer que je connais des juges qui l’ont aussi violé ; des policiers qui l’ont fait ; des procureurs aussi. Et ces secrets ont été souvent publiés par des journalistes passibles de poursuites pour recel.
Est-on en train de découvrir l’eau tiède dans l’affaire Karachi en hurlant comme des loups ignorant une situation de fait aussi vieille que la justice ? A-t-on oublié que lorsque l’on ouvre un journal, un magazine ou que l’on se rend sur un site d’actualités quel qu’il soit, une part non négligeable, pour ne pas dire parfois majoritaire, nous informe des affaires judiciaires en cours ? Nous sommes alors, nous aussi lecteurs, en quelque sorte des receleurs complaisant de viol de ces secrets.

L’époque aime savoir, la transparence est un veau d’or. Aussi absurde qu’une lionne qui imposerait à ses petits d’être végétariens, la loi impose encore le secret de l’instruction. Et la nature humaine s’en affranchit naturellement. Et cela durera aussi longtemps que la justice restera humaine et que ce ne seront pas des machines qui nous jugeront de manière automatique ,ce qu’à Dieu ne plaise.

Et le pire c’est que, oui, chacun aura toujours ses bonnes raisons : l’intérêt du client pour l’avocat ; la sortie d’une paralysie dans un dossier pour un juge ; le poids de la hiérarchie pour un procureur. Et plein d’autres encore qui vont du renvoi d’ascenseur à la médisance, du combat politique ou idéologique à la soif médiatique ou à l’importance qu’on veut se donner.

Et quand le secret de l’instruction - ou de l’enquête - n’est pas violé il n’y a qu’une seule alternative : soit il n’y a rien d’intéressant à révéler - parce que n’oublions pas que la presse, pour publier, veut du scoop , du nouveau, du croustillant, pas du réchauffé ou du déjà vu -, soit personne dans la longue chaîne judicaire n’a d’intérêt direct à faire de telles révélations. Et c’est sur ce second point que le bât blesse et que tout devient illusoire. Comment concevoir dans un processus judiciaire, qui est une catharsis et le lieu de purgation des passions humaines parfois les plus viles, que personne n’ait d’intérêt à « faire passer une info » dès lors que vous êtes en présence justement d’intérêts si diamétralement opposés : entre une victime ou un collectif de victimes qui se plaint - à tort ou à raison -, un procureur qui poursuit - ou pas - , des policiers qui enquêtent - sous l’autorité du précédent… -, un juge qui instruit - quand on veut bien l’y autoriser -, un mis en cause qui se défend - toujours - et des témoins qui se souviennent - plus ou moins bien...

Les affaires dites politiques n’échappent pas à la règle bien évidemment, elles sont même le révélateur de ces luttes contradictoires mais elles font courir  en plus, par leur nature même, le risque évident de l’emballement, de l’amalgame et de la vindicte.

Alors oui, dans ces affaires là, on viole aussi le secret de l’instruction à tous les niveaux : dans les rédactions, dans les dîners en ville, en aparté d’une audience, dans les couloirs des palais, des commissariats ou des entreprises du CAC 40, dans les antichambres des ministères et même sur les oreillers. 

Et s’en indigner est d’une rare hypocrisie dès lors que la loi crée, elle-même, les conditions de sa propre violation en prévoyant que la partie civile n’est pas soumise au secret de l’instruction et que les Parquets sont placés sous l’autorité du Ministre de la justice. Ajoutez à ce déséquilibre le secret salutaire des sources des journalistes permettant à tous de se croire à l’abri et vous aurez la recette parfaite de révélations parfois justes, parfois anarchiques, contradictoires et souvent instrumentalisées. C’est à qui aura la source « la plus proche de l’enquête » comme on dit. Et parfois cette information n’est pas immédiatement publiée mais circule complaisamment entre personnes dites « intéressées » ; et cela s’appelle plus que de la rumeur. Et cette proximité des différentes sources - plus ou moins fiables - est un fait. Incontournable. Je ne sais s’il faut le déplorer mais ce qui est certain c’est que ça ne changera pas de sitôt et que les récents cris d’orfraies ont les accents du discours partisan, naïf et peut-être malhonnête.

Staline avait raison

Il est temps de rendre justice à Joseph Staline, l'un des hommes politiques les plus diffamés du XXe siècle. Surtout par les intellectuels. Les intellectuels trotskistes. Grâce à l'historien britannique Robert Service et à son livre "Trotski" (Perrin, 27 euros), on s'aperçoit qu'au contraire de la gauche et de l'extrême gauche européennes le maréchal avait tout de suite vu juste sur la nature réelle et le véritable caractère de l'auteur de "La révolution d'octobre". Le chouchou d'André Breton, l'idole de Maurice Nadeau, le maître d'Alain Krivine, le gourou de Michel Field et le modèle d'Edwy Plenel est loin d'être le saint laïque auquel ces trotskistes ou ex-trotskistes ont tenté de nous faire croire, y croyant eux-mêmes avec une naïveté non stalinienne. Car Staline, lui, ne s'y est pas trompé. Avec quatre-vingts ans d'avance sur Service. Il a tout de suite noté les insuffisances psychologiques, morales et politiques du fondateur de l'Armée rouge. Dieu sait le nombre de commentaires désagréables, voire haineux, que cela lui a valus. On lui aurait pardonné bien des choses mais s'en prendre au divin Trotski, le Mozart du marxisme, le Debussy de la dictature du prolétariat, le Fauré de la lutte des classes, c'était un crime majeur contre la pensée, la révolution, l'humanité. Le bon Léon martyrisé par le mauvais Joseph, c'est ainsi qu'on nous a raconté l'histoire de ces deux hommes, alors que c'était celle du mauvais Léon battu - à cause de son étourderie, de son orgueil, de sa paresse, de sa négligence - par le pire Joseph. Si Staline le visionnaire n'avait pas agi avec l'efficacité que ses plus féroces ennemis sont bien obligés de lui reconnaître, quels crimes abominables ce Narcisse, ce névrosé, ce suicidaire de Trotski - si l'on en croit Service - aurait fini par commettre contre le peuple russe et tous les autres peuples lors de son absurde, irréalisable et meurtrière révolution permanente ?

Le trotskisme, c'était bien. Avant Service. C'était le communisme sans le goulag, le socialisme sans la Loubianka, la dictature du prolétariat sans dictature. Ni prolétariat. Une religion fondée par un écrivain, comme la dianétique. Les héros du trotskisme sont restés des martyrs, ceux du communisme sont devenus des salauds : le choix de la bonne conscience était vite fait. Assassiné, Trotski était innocenté de ses assassinats. Du coup, ses partisans aussi. La joie trotskiste était celle de l'innocence. Les mains sales de Sartre s'enfuyant devant les mains propres de Besancenot. Que pouvait-on reprocher aux trotskistes, puisque Trotski n'avait pas eu le temps de faire mal, je veux dire de mal faire ? Les cocos et les maos ne pouvaient pas en dire autant. Obligés de faire profil bas quand les trotskistes portaient beau. Aujourd'hui, les voilà dans le même sac que celui où ont été noyés, avant eux, ceux qu'ils appelaient uniformément les staliniens. Trotski n'aura survécu, dans le coeur des honnêtes gens de gauche, que quelques décennies de plus que Staline. C'était quand même un meilleur écrivain. La preuve : il vendait beaucoup moins de livres.

L'Etat filou

Sous le ciel plombé de la crise, le fleuve France roule des eaux fangeuses. Flottent en surface quelques gros scandales, épaves de basse époque qui exhibent à tous la décomposition morale et sociale de la nation. Un chef d'Etat tripotant, à l'Elysée, des liasses de billets clandestins, cette saynète de république bananière se serait, dans une démocratie décente, évanouie sous l'incrédulité générale. Or pas du tout !

Une séquelle d'"affaires" - depuis Elf jusqu'à Clearstream en passant par les frégates de Taïwan ou d'Arabie saoudite et les sous-marins pakistanais - a taillé à l'Etat un costard de filou. On le sait vérolé par la corruption extérieure, celle des marchés d'armes et de pétrole. On sait que, dans cette caverne d'Ali Baba aux quarante voleurs, nos princes ont prélevé leur dîme. Si bien que l'incroyable est devenu crédible : des mallettes de mauvais polar ont bel et bien circulé dans les palais nationaux. Un vieux peuple trop blasé s'en indigne à peine. Parmi les politiques, seul Bayrou se dit écoeuré !

Je ne crois pas toute notre classe dirigeante gagnée par la prévarication. La justice peut se tromper, mais la magistrature est saine. La haute fonction publique l'est tout autant, même si le "pantouflage" l'expose parfois au poison. C'est pour l'essentiel le politique qui est miné à divers étages. Ces jours-ci, à l'étage régional, avec l'affaire Guérini : sa cuisine ajoute, sur l'étouffe-chrétien marseillais de la petite et grande délinquance, sa cerise politique. Quant à l'étage national, il connaît, lui, la déchéance de la morale d'Etat.

Pendant trente ans, nos magiciens de gauche et de droite, qui n'ont cessé de faire tomber sur nous la manne d'un déficit permanent, auront de surcroît financé leurs propres campagnes de séduction avec une manne délictueuse : celle des rétrocommissions de contrats extérieurs. Ou celle de la "Françafrique".

Se faire graisser la patte par les pauvres d'Afrique grâce à l'entregent de leurs monarques, voici donc le dernier exploit d'une chronique désastreuse. Ceux qui connaissent l'Afrique soupçonnaient la pratique sans que la justice ou la presse aient jamais pu en réunir la preuve. Robert Bourgi, en "mangeant le morceau", ne l'apporte pas, mais les connaisseurs savent que son déballage méticuleux sonne vrai. Il gravera la pierre tombale de la "Françafrique" : une politique trouble scellée par l'omerta à la française.

La "Françafrique" a des reins solides. Elle a déjà évincé, sous Mitterrand et Chirac, les ministres qui voulaient sa peau. Elle résiste pour de mauvaises raisons, mais aussi pour d'autres plus avouables. La défense légitime des intérêts politique, économique, stratégique de la France l'amenait à composer avec les pouvoirs en place. Or les monarques africains entretiennent avec notre nation - en vérité, avec nos propres monarques républicains, les seuls qui comptent à leurs yeux - la sorte de liens qu'ils affectionnent : personnels, voire affectifs. Foin du Quai d'Orsay et de ses ambassades, ils veulent un contact direct avec le souverain !

Depuis de Gaulle jusqu'à Chirac, depuis Houphouët jusqu'à Bongo, la décolonisation française et son climat incestueux ont perpétué ces liens personnels qui naviguèrent entre la confiance et la complicité. Cette politique eut ses avantages et ses vices. Elle a promu, entre les monarques, des intermédiaires bien en cour, porteurs de messages et de mallettes. Le don est, en Afrique, le ciment de toute relation, et la culture du "potlatch" n'est pas d'emblée, chez le donneur, celui du pot-de-vin corrupteur. Mais elle devient vite, chez le récepteur, celle du corrompu. En les acceptant, l'Etat français a commis une faute morale.

Robert Bourgi a donc parlé. Adoubé par Foccart - le premier, sous de Gaulle, de ces messagers -, "Bob" est un Franco-Sénégalais d'une famille puissante à Dakar. Il comprend l'Afrique.

Je ne crois pas son "repentir" manipulé par le clan Sarkozy contre Villepin, tant il est évident que sa confession irait éclabousser l'Elysée, où il gardait ses entrées. Je crois plutôt que l'Afrique et la France d'aujourd'hui sonnaient le glas de ses services.

L'Afrique nouvelle, ouverte au monde, quitte l'exclusivité du tête-à-tête avec l'Hexagone. Et, de son côté, la France de Juppé tire, aux Affaires étrangères, un trait résolu sur l'inceste franco-africain. Entre ces deux pôles qui s'éloignaient, le passeur sentait du mou dans la corde à noeuds. Bourgi aura "craqué". Dans sa folle échappée vers la lumière, l'homme de l'ombre se brûle les ailes. Il incendie tout autour ses propres plantations. Son "suicide" s'enorgueillit, pour un ultime éclat, d'écraser sous le repentir un passé devenu récalcitrant.

Pitoyable, mais peut-être salutaire fin de partie ! Si seulement ce repentir-là pouvait enfin gagner notre Etat !

Christine Lagarde favorable à une action concertée de la BCE et du FESF

La directrice générale du Fonds monétaire international souhaite que les deux organes agissent conjointement.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a déclaré qu'il pourrait être avisé pour la Banque centrale européenne (BCE) de continuer à racheter des obligations d'Etat même après que le fonds de sauvetage européen aura été autorisé à le faire.
"La BCE rachète des obligations à contrecoeur et pas forcément avec une grande certitude et une grande prévisibilité, ce qui sur le long terme est sans doute un problème", a-t-elle déclaré lors d'une séance de questions après un discours devant le Comité de Bretton Woods.
"Je me demande personnellement s'il ne serait pas nécessaire d'avoir une combinaison des deux", à savoir des achats de la BCE et du Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui doit se voir attribuer cette capacité après ratification du renforcement de ses pouvoirs par chacun des Etats-membres.