TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

samedi 1 mai 2010

1er-Mai : mobilisation moins importante qu'en 2009

Les cortèges du 1er-Mai sont moins importants qu'en 2009 dans les villes de province et à Paris, selon les premières estimations diffusées en début d'après-midi. Cinq syndicats – la CGT, la CFDT, FSU, l'UNSA et Solidaires – avaient appelé les salariés à manifester "nombreux" au moment où les négociations commencent sur le dossier de la réforme des retraites.
Les premiers chiffres des autorités signalent une participation en recul par rapport à 2009, où la journée de mobilisation avait réuni entre 465 000 et 1,2 million de manifestants. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, parle de "300 000 manifestants en province". A ses yeux, la mobilisation sera tout de même "supérieure aux rendez-vous traditionnels" du 1er-Mai. Mais moins importante qu'en 2002 et surtout qu'en 2009. Il explique cela par "le contexte de crise" actuel en France.

Même discours chez son homologue de la CFDT, François Chérèque, qui reconnaît une mobilisation "certes un peu moins [importante] que l'année dernière" mais "plus importante que les 1er-Mai traditionnels". "Il ne faut jamais faire du 1er-Mai un test social, le 1er-Mai a toujours été une journée de rassemblement pour exprimer les difficultés du jour", a-t-il aussi affirmé, alors que s'approche le sommet social sur le dossier des retraites, prévu le 10 mai à l'Elysée.

"CEUX QUI ONT DÉCIDÉ DE FAIRE ROUTE À PART ONT TORT"

"Ceux qui ont décidé de faire route à part ont tort car cela affaiblit le mouvement social" et ils "portent une responsabilité dans les difficultés du moment et de demain", a également ajouté M. Chérèque. Auparavant, il avait directement critiqué la position de SUD sur les retraites, taxant le syndicat de "conservateur". Les divisions entre syndicats ont sans doute pesé sur la faible mobilisation. Force Ouvrière a décidé de défiler à part, organisant quelque 120 initiatives sur tout le territoire français. La CFTC organise quelques rassemblements en régions. La CFE-CGC se tient également à l'écart.

A Paris, la manifestation à l'appel de cinq syndicats (CGT, CFDT, UNSA, Solidaires et FSU), ainsi que le syndicat étudiants UNEF et lycéen UNL, a rassemblé 45 000 personnes, selon les syndicats. "Les salariés, par leur participation à ce 1er-Mai, disent très clairement qu'ils ne sont pas prêts à accepter des sacrifices sociaux dans ces deux rendez-vous", a lancé M. Thibault lors de la manifestation parisienne.

Près de 280 rassemblements ont été signalés partout en France, samedi. Les plus importants ont eu lieu à Bordeaux – où entre 5 200 personnes et 15 à 20 000 personnes ont défilé, selon les sources – à Marseille – entre 3 500 personnes et 15 000 personnes – à Nantes – entre 2 500 et 5 000 manifestants, selon les sources – et à Rouen, où entre 3 400 et 7 000 personnes participaient au cortège. A titre de comparaison, les affluences dans ces villes étaient deux, voir trois fois plus importantes en 2009.

Des milliers de manifestants ont également battu le pavé dans de nombreuses villes françaises comme à Toulouse (5 000 à 6 000), Rennes (3 500 à 7 000), au Mans (2 500 à 5 000), à Lille (2 000 à 2 500), à Orléans (2 000 à 3 000), à Strasbourg (1 750 à 5 000), à Tours (2 400 à 2 500). Des mobilisations on également été signalées à Montpellier (3 000 à 5 000), à Nice (2 300), à Metz (1 200 à 3 000), à Poitiers (1 200 à 3 000), à Cherbourg (2 500 à 5 000), à Limoges (2 500 à 5 000) ou à Graulhet, petite ville du Tarn, où entre 750 et 3 000 manifestants ont commémoré les 100 ans de la grève des mégissiers de 1910.

POURQUOI DÉFILER AUPRÈS D'ADVERSAIRES SOCIAUX, CAR C'EST CE QUE SONT
LES SYNDICATS EN FRANCE.

Politizap du 24 avril au 1er mai 2010 - Le Figaro

Le centre du monde


L'Exposition universelle ! Sans doute l'expression la plus accomplie de la modernité, un symbole de l'universalité qui déplace le centre du monde et l'écarte, cette fois, de l'Amérique et de l'Europe pour l'installer au bord du Pacifique. Sans doute parce que justement la Chine est devenue le centre du monde, le symbole d'une évolution fulgurante qui balaye sa propre histoire. Shanghai la coloniale, Shanghai l'émergente, affiche avec démesure, l'ambition de crier à la terre entière sa généreuse aspiration à l'universalité et l'inutilité vaniteuse de nos clochemerlisations et de nos replis sur les petits intérêts particuliers. Laissons-nous aller, rêvons le temps d'une exposition que le progrès des sciences et des techniques est un bienfait pour l'humanité.

Saint-Simon a encore raison, c'est avec les avancées de la science que l'on fait le bien des hommes. À condition qu'elles respectent la planète. Notre avenir dépend des progrès de la connaissance et de la créativité, des sciences et des techniques. Il repose aussi désormais sur une indispensable vision écologique de l'univers et sur l'humilité de l'homme qui doit en finir avec sa prétention d'être le maître d'un monde dont il n'est que l'habitant. Mais tout cela n'est rien si les États et leurs citoyens ne sont pas solidaires dans le progrès et ne travaillent pas à son perfectionnement.

oui à la connaissance, plus qu'à la toute puissance, oui à la volonté de changer le monde, si la vraie motivation est l'amélioration de la vie des hommes. Le thème de l'exposition de Shanghai est la ville. La ville, ce lieu indispensable de socialisation où les hommes se rencontrent, échangent des biens, des connaissances et des valeurs.

L'unité de la base du monde c'est la planète et l'humanité. Il faut les penser comme un ensemble et non comme une somme d'unités nationales et de cultures, si l'on veut accéder enfin à l'universalité. L'universalité doit être le point de départ de la dynamique de progrès et non le point d'arrivée de l'addition des particularismes de chaque nation. Shanghai sera plus que le centre du monde, elle sera la fascinante vitrine de son avenir.

Daniel RUIZ

Mode de scrutin : le "deux tours sec" n'est pas la panacée électorale pour l'UMP

Inquiets de la remontée du Front national aux dernières élections régionales, plusieurs responsables de l'UMP ont relancé ce qu'ils croient être la panacée électorale : le "deux tours "sec"". Comme à l'élection présidentielle, le second tour des élections législatives et territoriales ne serait ouvert qu'aux deux candidats arrivés en tête du premier. Supprimer les triangulaires pour préserver les chances d'une majorité de droite à l'Assemblée nationale, la tentation est grande après la déconfiture du mois de mars. Cela relève cependant du calcul à courte vue.
La proposition se pare des attributs du bon sens. En mettant en cohérence les modes de scrutin pour l'élection du président de la République, des députés et des conseillers territoriaux, on simplifie les règles du jeu et on favorise la participation des citoyens. Il s'agirait en quelque sorte d'une proposition de nature à encourager le civisme... Certains esprits malins pourraient pourtant s'imaginer qu'il s'agit, avant tout, d'écarter la concurrence de l'extrême droite au second tour des législatives.

Quel effet pourrait avoir la suppression des triangulaires ? Les résultats des dernières élections régionales sont à manipuler avec d'extrêmes précautions. On ne peut comparer deux scrutins de nature différente dans des contextes aussi différents. Par ailleurs, le taux d'abstention aux régionales (53,67 %) empêche toute projection pertinente.

Il reste toutefois utile de se pencher sur ces résultats. L'argument mis en avant par les partisans de la suppression des triangulaires aux législatives est le risque de maintien du Front national au second tour dans plusieurs dizaines de circonscriptions. Selon les règles en vigueur, il faut atteindre 12,5 % des électeurs inscrits - et non des suffrages exprimés - pour pouvoir se maintenir. Résultat que le FN, malgré son incontestable poussée, n'atteint dans aucune circonscription. Il réalise un score supérieur à 10 % (des inscrits) dans 10 circonscriptions et compris entre 9 % et 10 % dans 22 circonscriptions.

"NE PAS BLESSER LA BÊTE"

C'est la conséquence du faible taux de participation. D'autant plus que l'abstention atteint ses plus hauts niveaux dans les fiefs historiques du FN : elle est de 49,8 % en moyenne là où le FN réalise moins de 10 % des suffrages et grimpe jusqu'à 56,5 % en moyenne dans les secteurs où le FN recueille plus de 25 % des voix.

La menace du FN n'aurait-elle pas été surestimée afin d'installer un mode de scrutin réclamé de longue date à droite, non pas dans le but de marginaliser l'extrême droite mais pour affronter la gauche dans les conditions les plus favorables ? L'occasion fait le larron. Pour autant, même si ce mode de scrutin renforce la bipolarisation et favorise les alliances de premier tour, cela ne suffirait pas à modifier les rapports de forces.

Qu'adviendrait-il si ne concouraient au second tour que les deux candidats arrivés en tête du premier ? Ce qui est déjà le cas dans les circonscriptions où au moins deux candidats n'ont pas atteint le seuil de 12,5 % des inscrits au premier tour. Lors des élections régionales, le FN est arrivé en deuxième position dans 34 circonscriptions. Par exemple, dans la 20e du Nord, où il a obtenu 15,94 % des suffrages exprimés, soit 6,5 % des inscrits. Cela lui aurait permis de prendre part à 7 duels virtuels au second tour avec un candidat de l'UMP et 27 avec un candidat de gauche.

C'est là que le bât blesse pour l'UMP. Le système des triangulaires lui permet à l'heure actuelle, quand son candidat n'arrive qu'en troisième position, de se maintenir au second tour s'il a franchi la barre des 12,5 %. Même si ses chances de l'emporter sont infimes, cela lui évite d'avoir à "choisir" entre la gauche et le FN. Quelle consigne donnera l'UMP dans les circonscriptions où le FN et la gauche se livreront un duel ?

Certains, à droite, redoutent que cela ne se transforme en piège. Appeler à faire barrage à la gauche équivaudrait à passer un pacte implicite avec l'extrême droite, ce qu'une partie de l'électorat de droite refuse. A l'inverse, rejeter tout compromis avec le FN reviendrait pour l'UMP à s'aliéner ses électeurs, ce qui pourrait être lourd de conséquences. Le statu quo a l'avantage de "ne pas blesser la bête".

Changer les règles à deux ans des prochaines élections législatives apparaîtrait comme une manoeuvre dictée par des intérêts partisans et aux résultats aléatoires. Le prix politique à payer en vaut-il la chandelle ?
Patrick Roger

Réforme des retraites : le bras de fer gouvernement-syndicats commence le 1er mai

C'est une partie importante qui se joue, samedi 1er mai, entre les syndicats hostiles à un "passage en force" sur les retraites et le gouvernement, désireux de faire aboutir rapidement son projet de réforme, dont les grandes lignes ne devraient toutefois pas être connues avant la mi-mai.

A neuf jours du sommet social du 10 mai à l'Elysée, les syndicats, qui soupçonnent l'exécutif de vouloir s'en tenir à deux dispositifs principaux – la remise en cause de la retraite à 60 ans (le recul de l'âge légal d'ouverture des droits, combiné ou pas avec l'allongement de la durée de cotisations) et le siphonnage du fonds de réserve des retraites –, ont intérêt à réussir leur mobilisation, faute de quoi leur capacité à peser sur le futur projet de loi sera faible, voire nulle.
"Vu le contexte, cette édition est tout sauf un 1er-Mai rituel. Si l'on veut peser sur le projet de loi, c'est maintenant qu'il faut se mobiliser, et non pas dans un mois, quand le texte sera ficelé", a fait observer, vendredi 30 avril, dans Libération, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.

UNE MOBILISATION TRÈS OBSERVÉE

De fait, qu'ils fassent cavalier seul, comme Force ouvrière (FO) et la CFTC, ou qu'ils appellent à un grand 1er-Mai unitaire dans le cadre d'une intersyndicale à cinq (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA), les syndicats n'ignorent pas que le conseiller social de l'Elysée, Raymond Soubie, toujours très sensible aux rapports de force, et le ministre du travail, Eric Woerth, seront très attentifs au niveau de la mobilisation. Selon qu'elle sera forte, en demi-teinte ou faible, ils y verront un indice de leurs plus ou moins grandes marges de manœuvre pour réformer le système de retraite.

Les deux hommes savent que ce dossier est ultra-sensible, et que l'opinion publique, à en croire les derniers sondages, y apparaît plutôt en phase avec les syndicats. Cette proximité, comme le caractère massif de l'attachement des sondés, de gauche et de droite, à la retraite à 60 ans ne garantissent pas à eux seuls le succès des mobilisations de samedi.

A l'exception notable du 1er mai de 2002, entre les deux tours de l'élection présidentielle, et de celui de 2009, totalement unitaire, le rendez-vous traditionnel de la fête des travailleurs n'a guère fait recette ces dernières années. Les organisations syndicales restent donc prudentes sur leur capacité à mobiliser un week-end qui, circonstance aggravante, tombe à la fin des vacances scolaires en région parisienne et à Bordeaux.

La CGT avait recensé en début de semaine 284 rendez-vous, rassemblements et manifestations, soit "un niveau comparable en termes de nombre d'initiatives au 1er mai 2009", selon Bernard Thibault, qui s'attend donc à "un cru plutôt positif". La CFDT de son côté prévoyait de participer à quelque 200 cortèges, en majorité unitaires. Pour la petite histoire, la ville de Chantilly, dont Eric Woerth est maire, accueillera pour la première fois le défilé des syndiqués de l'Oise. Solidaires, pour qui le 1er-Mai est "la première étape du rapport de force" à établir face au gouvernement, envisage avec la CGT et la FSU des "mobilisations d'ampleur" en juin.

L'intersyndicale se réunit le 6 mai pour en débattre. La CFDT, qui tient son congrès du 7 au 11 juin, y est hostile. François Chérèque l'a fait savoir à Bernard Thibault. Non sans lui rappeler qu'entre le 13 juin 2009 et le 23 mars 2010, il n'y avait eu aucune manifestation pour cause de congrès de la CGT en décembre. Il est trop tôt pour savoir si cet argument a porté et convaincu le numéro un de la CGT qu'il était urgent d'attendre.
Claire Guélaud

ENCORE ET TOUJOURS UNE GAUCHE QUI ABOIE ET...QUI ATTEND SON TOUR POUR...NE RIEN CHANGER DANS LE PAYS MIS À PART ALOURDIR LA FACTURE DES ENTREPRISES CRÉATRICES D'EMPLOIS.

LES MICHES 2010 SE DÉTENDENT À LA S.P.A

vendredi 30 avril 2010

Comprendre PayPal

Ce service de paiement sécurisé permet d'acheter, de vendre ou de transférer de l'argent sans faire transiter en ligne ses données bancaires.

En France, la Toile s'est convertie à PayPal : un cyberacheteur sur trois environ utilise ce moyen de paiement en ligne, et plus de 18 000 sites d'e-commerce l'acceptent, dont la plupart des grandes enseignes (Fnac, Darty, 3 Suisses, Cdiscount, etc.). Cette popularité (210 millions de comptes dans le monde) n'a pas échappé à eBay, qui a racheté la société de San José en 2002 pour 1,1 milliard d'euros.

S'appuyant sur le protocole Web standard TSL, qui crypte les données bancaires et sécurise les transactions, PayPal introduit un niveau intermédiaire lors des achats. L'acheteur crée un compte virtuel gratuit en enregistrant ses données bancaires, et l'entreprise les stocke, après codage, sur des serveurs ultraprotégés. Il suffit ensuite d'utiliser son courriel et son mot de passe pour valider des transactions, ce qui évite de faire transiter en ligne son numéro de carte bancaire lors de chaque paiement, comme sur Amazon ou sur Voyages-sncf.
Un remboursement intégral en cas de piratage

Celui qui paie via PayPal n'acquitte pas de frais supplémentaires : c'est le vendeur qui verse une commission, dégressive, sur le montant mensuel des ventes réalisées (3,4 % plus 0,25 euro pour une facturation allant jusqu'à 2 500 euros, par exemple).

PayPal ayant le statut de banque dans l'Union européenne depuis 2007, il est soumis à certaines règles en matière de lutte contre le blanchiment d'argent. La firme a en particulier l'obligation de vérifier que l'utilisateur d'un compte bancaire en est bien le détenteur dès que 2 500 euros de paiements ont été réalisés par le biais de PayPal. Pour éviter le blocage du compte de l'acheteur le temps de la vérification, PayPal alerte l'utilisateur dès qu'il atteint 1 800 euros de paiements. Deux minivirements (moins de 1 euro) sont alors effectués sur son compte bancaire, dans un délai de six à huit jours ouvrés. L'utilisateur doit consulter son relevé bancaire et copier sur PayPal les quatre derniers chiffres correspondant à ces virements. Sa limite de paiement est alors levée.

Outre le stockage de leurs données bancaires, PayPal s'engage à rembourser ses utilisateurs à 100 % en cas de piratage de leurs comptes, ou si des transactions ont été effectuées à leur insu. Il propose aussi sur eBay une exclusivité qui ne concerne pas les autres moyens de paiement (chèques, cartes...) : la garantie intégrale des cyberacheteurs en cas de non-livraison ou de non-conformité d'un produit, via un mécanisme de réclamation à faire sous quarante-cinq jours. Si eBay fait office de laboratoire expérimental, PayPal compte étendre cette couverture à tous les sites qui l'utilisent.
Axel Tessier : expert en sécurité informatique de Qualys
Paiements en ligne : ayez les bons réflexes

"Internet est comme la vie réelle, on y trouve toutes sortes d'escrocs. Quand on est chez soi, derrière son PC, on a le sentiment d'être protégé, et l'on devient plus facilement crédule. Sans tomber dans la paranoïa, il faut être vigilant et privilégier les achats sur les sites connus (Fnac, Amazon, etc.), sur lesquels on risque moins d'être arnaqué. Il faut ensuite vérifier que l'on est bien sur le bon site : certains escrocs créent de faux sites pour collecter frauduleusement vos données. Si l'orthographe du site est vraiment mauvaise, ou bien si son URL (dans la barre d'adresse) est anormalement longue ou ne finit pas par .fr ou par .com, méfiez-vous. Un réflexe à avoir : vérifier qu'un cadenas jaune apparaît en bas à droite de la page Web, et que l'URL commence par "https", ce qui prouve que la page est protégée. Un autre piège est le phishing. Par courriel, les cybercriminels se font passer pour votre banque ou pour un site de vente en ligne, et vous réclament vos données bancaires. Sachez qu'aucune banque, qu'aucun site ne demande ce type d'information par courriel."

Rachida Dati : "L'entourage de Sarkozy cherche à me détruire"

Dans un portrait qui lui est consacré par le quotidien espagnol El Pais, l'ancienne ministre de la justice Rachida Dati revient sur la rumeur qui a entouré le couple Sarkozy au début du mois d'avril. (Lire : Itinéraire d'une rumeur devenue affaire d'Etat)
Accusée par une partie de l'entourage du président de la République d'avoir été à l'origine de ces rumeurs, elle précise : "Je fais la différence entre le président et son entourage. Je ne sais pas ce qui a conduit son entourage à vouloir me détruire. Mais il y a eu une véritable opération de destruction. Elle a échoué."

Visant le conseiller présidentiel Pierre Charron, l'eurodéputée UMP avait déjà assuré sur RTL, début avril, qu'il fallait distinguer le président de la République et son entourage.

Au quotidien espagnol, elle précise par ailleurs qu'elle "représente, à [elle] seule, beaucoup de choses : je suis une femme, mes parents sont étrangers, je suis moderne, je suis partie de rien et je suis arrivé très haut, très vite. Tout cela peut crisper certains. Cela m'est égal."

Steve Jobs justifie l'absence de Flash sur l'iPhone, l'iPod et l'iPad

Le PDG d'Apple, Steve Jobs, a pris la plume jeudi pour s'exprimer longuement sur l'absence du programme de vidéos Flash d'Adobe sur ses appareils portables, le jugeant démodé et l'accusant de brider les innovations apportées par Apple. "Flash a été créé à l'ère des ordinateurs — pour les ordinateurs et les souris (..), mais à l'ère du portable il faut des appareils consommant peu de batterie, des interfaces tactiles et des standards ouvert, et Flash est déficient dans tous ces domaines", accuse M. Jobs.
Alors que la question taraude les internautes incapables de visionner sur leur iPhone, leur iPod Touch ou leur iPad des vidéos exigeant le programme Flash Player (75 % de l'offre de vidéos sur internet, selon Adobe), M. Jobs assure que Flash, qui est développé pour plusieurs systèmes d'exploitation, impose "le plus petit dénominateur commun" aux développeurs. Selon lui, "le but d'Adobe, ce n'est pas d'aider les développeurs à créer les meilleures applications pour l'iPhone, l'iPod et l'iPad" et Adobe "a été désespérément lent à adopter les améliorations apportées aux systèmes Apple".

Le patron d'Apple accuse aussi le système Flash d'être "fermé", une critique pourtant souvent adressée à Apple. Il lui reproche aussi d'entraîner des pannes à répétition, d'être gourmand en batterie et d'être mal adapté à la technologie des écrans tactiles. "Les programmes proposés par une avalanche de médias sur les appareils Apple montrent que Flash n'est plus nécessaire pour regarder des vidéos", conclut-il.

Le directeur général d'Adobe, Shantanu Narayen, lui a répliqué dans un entretien au Wall Street Journal, assurant que les accusations portées par M. Jobs n'étaient qu'un "écran de fumée". Selon M. Narayen les pannes de Mac imputées à ses programmes sont plutôt liées au système d'exploitation d'Apple. Une hostilité croissante entre Adobe et Apple sourd depuis plusieurs mois, mais c'est la première fois que la querelle éclate au grand jour entre les patrons des deux entreprises.

EXPOSITION UNIVERSELLE – Pour quoi faire ?

L'inauguration officielle de l'Exposition Universelle 2010 aura lieu ce soir, vendredi, en plein centre de Shanghai. Les représentants du monde entier seront reçus par Hu Jintao, président chinois, pour célébrer cette rencontre internationale. Mais qu'attendent les différents participants d'une telle manifestation ?
Un lapin, une oasis avec des palmiers et des dunes de sables, un hérisson, un îlot blanc, et pour la Chine, une pyramide inversée. Plus haute que toutes les autres infrastructures, la construction chinoise dominera les quelque 190 pays représentés.

''Meilleure ville, meilleure vie''

Coup d'envoi demain, samedi 1er mai pour l'exposition universelle de Shanghai. Le thème de cette année repose sur la conception écologique ''meilleure ville, meilleure vie''. Le site s'étend sur 5,2 km², une ville à part entière, qui réunit les bâtiments de 192 pays différents, un chiffre record malgré le désistement du Koweït, du Bhoutan et du Burkina Faso. Shanghai prévoit d'accueillir entre 70 et 100 millions de visiteurs, dont 90% de Chinois. Chaque pays a donc son pavillon et explore le thème du développement durable et de la vie urbaine à sa façon. On estime que 55% de la population mondiale vivra dans des villes en 2010. Le défi lancé aux pays du monde entier par les organisateurs de l'exposition universelle est donc d'actualité : comment permettre à l’homme de vivre mieux dans son environnement urbain ?

Shanghai sous les projecteurs

Après Paris, Londres, Osaka, Milan ou encore New-York, la Chine a choisi de se lancer dans un projet d'envergure, et compte bien en tirer profit. Réunir des constructions du monde entier sur son territoire est avant tout symbolique. Pour cela, Shanghai a dépensé 40 milliards d'euros, soit deux fois plus que pour l'organisation des Jeux Olympiques de Pékin. L'objectif est le même pour tous les pays présents : donner une image de grandeur et de puissance de son pays, qui fera le tour du globe. L'ambition est donc encore plus grande pour la Chine, en plein cœur de tensions politiques, sociales et ethniques, qui s'ouvre actuellement au monde et s'enrichit de la mondialisation à une vitesse impressionnante. Alors pour séduire tout son monde, Shanghai n'a pas hésité à mettre le paquet. Cela fait déjà vingt ans qu'elle détruit, reconstruit, déplace des centaines de milliers de Shanghaiens d'un bout à l'autre de la ville. Avec l'exposition universelle, la ville a gagné dix ans d'urbanisation. Dix lignes de métro ont été construites en cinq ans, les rues et les trottoirs ont été refaits, la ville renaît sous un nouveau visage, une face tournée vers la modernité, censée devenir une place financière et un centre de transports internationaux d'ici à 2020 comme l'avait annoncé le Conseil d'Etat. En concurrence avec Hongkong, Shanghai espère bien développer son attraction et devenir la vitrine de cette nouvelle Chine.

De 1851 à 2010

La première exposition universelle s' est déroulée à Londres en 1851. C'est l'occasion d'un rassemblement de progrès, d'innovations, finalement une espèce de marché où les investisseurs viennent montrer leurs produits, dans l'intention de se faire connaître, de signer des contrats, et de s'enrichir. Ce qui fut le cas d'ailleurs pour Mr Eiffel, qui vendit son œuvre à l'Etat français. L'exposition universelle se déroule aujourd'hui à peu près tous les quatre ans, mais a connu de grosses périodes de creux, pendant la Seconde Guerre Mondiale ou lors de la crise des années 70 par exemple. Finalement, l'exposition universelle a souvent été un prétexte pour remodeler le paysage urbain, redynamiser une ancienne zone industrielle comme c'est le cas pour Shanghai, et prouver quelque chose au monde à travers ses innovations.

Cortèges de mai ou "apéros géants" ?


On doit s'y faire, c'est comme ça, les 1er Mai ne sont plus vraiment ce qu'ils étaient. Ah ! nostalgie quand tu nous tiens ... Chaque aube du temps des cerises empruntait jadis des airs de matin du grand soir et dans le plus humble défilé, mines rougeaudes et fronts populaires, tous les éternels grands enfants chaussaient encore du 36. L'utopie se portait alors en bandoulière, façon musette prolo, et la casquette de Gabin flottait sur "La Belle équipe". Vieille affaire... Désormais, plus personne ne croit en rien et même ce fameux jour-là le travail n'est pas à la Fête.

À l'époque, il est vrai,
les occasions de rassemblement n'étaient pas si nombreuses et le moindre calicot flottant
au vent des idéaux faisait figure d'emblème national. Plus la peine, par les temps qui courent, de déployer les banderoles. C'est Twitter et Facebook qui sonnent le rappel, à l'heure des réseaux sociaux communautaires et des "apéros géants" qui font peur aux préfets.
L'année dernière, pourtant, on s'y serait presque cru. Les rues de la France de Jean Ferrat avaient joyeusement fait le plein
et le "Tous ensemble" retrouvé des cortèges anti-crise résonnait déjà dans les futurs livres d'histoire. Vive la sociale ! comme disait l'autre. Le miracle
se reproduira-t-il demain ?

Les syndicats, la main sur le cœur, le jurent bien haut. Pas question pour eux de battre en retraite devant
la future réforme du même nom. Quoi qu'il en soit, ce 1er Mai 2010 sera une fois de plus un baromètre. Temps variable avec éclaircies ? Le muguet, lui, s'en fiche. Loin du petit bois de Trousse-Chemise, on s'offre, paraît-il, de nos jours, des clochettes virtuelles toutes fraîches cueillies, en ordre dispersé, sous les frondaisons d'Internet.
On dira ce qu'on voudra, mais l'époque déconne
un brin.

Tracteurs contre détracteurs

En agriculture comme ailleurs, c'est la guerre des images fortes. Il y a quelques mois, on s'en souvient, les producteurs de lait avaient eu recours à un très dérangeant symbole. L'épandage répété du précieux liquide nourricier créait le malaise et finalement donnait raison aux manifestants en lutte pour la sauvegarde de leurs revenus. Les céréaliers ont choisi, eux, un tout autre type d'action ce mardi. C'est en un imposant cortège de tracteurs qu'ils vont défiler dans une capitale où il faut s'attendre à des embarras qui feraient les délices d'un Boileau moderne mais qui ne manqueront pas de perturber la circulation. Toute la question est de savoir si cette façon d'attirer l'attention sera aussi éloquente - et efficace - que la précédente. Certes, le recours à une armada de Massey-Ferguson géants et autres puissants John-Deere a le mérite de ne pas passer inaperçu. Mais il peut également, on le sait bien, jouer a contrario. L'exhibition d'un matériel particulièrement impressionnant présente en effet le risque de conforter l'image de nantis qui colle plus ou moins à la peau des grands exploitants de la Beauce, du Poitou ou du Lauragais. Car telle est bien la problématique de ceux dont Michel Barnier, en 2007, lorsqu'il était ministre, souhaitait, "ponctionner" les aides au profit de secteurs moins favorisés, dans le cadre d'une Pac "plus juste". Non, les géants au pied d'argile de nos plus emblématiques régions n'ont, pour la plupart, rien à voir avec les "Crésus" du fameux sketch de Fernand Raynaud. Et beaucoup d'entre eux ne sont aussi souvent, sous la chape des emprunts et des injonctions de Bruxelles, que de "pauv' paysans". Voilà, en tout cas, ce qu'ils entendent faire résonner bien haut aujourd'hui, de la Nation à la Bastille, via la République. Avec leurs tracteurs. Et contre leurs détracteurs.

Didier Pobel

Steve Jobs s'en prend personnellement au Flash

Dans une lettre ouverte, le PDG d'Apple énumère les raisons pour lesquelles les animations et vidéos au format Flash, pourtant très répandues sur Internet, n'ont pas droit de cité sur l'iPhone et l'iPad.

Le différend entre Apple et Adobe au sujet du format Flash s'invite au plus haut niveau. Dans une longue lettre ouverte publiée jeudi, le PDG d'Apple, Steve Jobs, a détaillé les raisons qui l'ont conduit à interdire les animations et les vidéos en Flash sur l'iPhone, l'iPod touch et l'iPad. Alors que des représentants d'Adobe ont manifesté à plusieurs reprises leur incompréhension et critiqué les barrières hérissées par Apple autour de ses produits, Steve Jobs affirme que cette décision a été prise uniquement sur des critères techniques, et non commerciaux.

Le co-fondateur d'Apple fournit ainsi pas moins de six motivations à ce refus. Largement utilisé sur Internet, Flash reste un plugin «100% propriétaire» qu'Apple ne peut pas améliorer. Or, il serait lent et peu sécurisé. Il réduirait l'autonomie des appareils nomades et ne tirerait pas partie des gestes tactiles. Il ne serait pas, non plus, si indispensable pour profiter d'Internet, puisque les vidéos de YouTube et d'autres sites ont déjà été converties dans un format lisible par les appareils d'Apple, le H.264. Enfin, la création d'applications et de jeux en Flash, conçus pour fonctionner sur plusieurs plateformes, n'exploiterait pas au mieux les spécificités de l'iPhone.

«Flash a été créé durant l'ère des PC pour les PC et les souris», résume donc Steve Jobs, qui recommande à Adobe de se concentrer davantage sur le futur «au lieu de critiquer Apple pour avoir tiré un trait sur le passé». L'avenir, explique-t-il, serait aux formats ouverts sur Internet, et notamment au HTML5. Au grand dam d'Adobe, ces nouveaux outils permettent d'inclure des vidéos sur les pages Internet sans avoir besoin d'installer le plugin Flash sur son ordinateur ou son mobile. Déjà, des médias américains ont modifié leur site pour inclure de la vidéo en HTML 5, rappelle encore Steve Jobs.

Une communication de crise

Malgré tout, l'absence de Flash dans la navigation Internet figure toujours parmi les défauts les plus souvent associés à l'iPad et à l'iPhone. Elle vaut aussi à Apple des critiques répétées sur Internet. Courant avril, un salarié d'Adobe a publiquement recommandé à Apple d'«aller se faire voir». Ses concurrents en profitent aussi. En début de semaine, le responsable du développement d'Android, Andy Rubin, a comparé les restrictions d'Apple à la politique de la Corée du Nord et annoncé que les futurs téléphones Google intégreront Flash. Dans la Silicon Valley, des rumeurs suggèrent que l'affaire pourrait être portée devant la justice.

La lettre ouverte publiée jeudi montre que ces péripéties sont prises très au sérieux chez Apple. Steve Jobs avait déjà eu recours au même procédé pour sortir Apple d'autres situations de crise. Il avait répondu à Greenpeace, qui accusait les Mac d'être trop peu écologiques, s'était prononcé sur la fin des verrous sur les morceaux de musique (DRM) et avait annoncé sa maladie et son retrait temporaire. Dans cette bataille aussi technique que médiatique, Steve Jobs a toutefois évité de s'appuyer sur un allié inattendu, Microsoft, dont le nouveau système d'exploitation mobile, Windows Phone 7, ne sera pas compatible avec Flash.

Faire soi-même

Faisons-le nous-mêmes ! Quoi donc ? Eh bien tout ce qui est possible : bricoler, réparer, réhabiliter son logement, jardiner, coudre, cuisiner... Faisons-le nous-mêmes et faisons-le ensemble. Eh oui, nous le pouvons et cela nous rapproche des autres. On apprend par eux, on leur apprend aussi nos petits trucs, nos tours de mains. En effet, tout le monde n'est pas doué de la même façon pour les mêmes choses. Beaucoup ne savent pas s'y prendre et s'imaginent à tort qu'ils ne pourront jamais s'y mettre. Alors, souvent, on laisse aller et le logement se dégrade. On achète du tout fait pour se nourrir au lieu de cuisiner. On jette au lieu de réparer.

Faire soi-même et faire ensemble rend heureux, améliore les relations de voisinage, de quartier et l'on a la satisfaction d'avoir accompli quelque chose. C'est ce qu'expliquent Daniel Cérézuelle et Guy Roustang dans leur livre L'autoproduction accompagnée, un levier de changement (1).

Certaines municipalités ont créé, par exemple, des jardins familiaux, comme on avait fait, jadis, des jardins ouvriers. Il s'agit de petits terrains mis à la disposition des particuliers pour qu'ils y plantent et y cultivent ce qu'ils souhaitent : fruits, légumes ou simplement des fleurs. Ceux qui s'adonnent à cette activité s'expriment ainsi par exemple : « J'ai un jardin pour faire des économies et pour être dehors » ; « Oui, le jardin fait faire des économies. Maintenant, on n'achète plus de légumes, cela permet de boucler les fins de mois et puis les légumes sont meilleurs » ; « Quand il y en a trop, on en donne aux autres » ; « Quand on part en vacances, c'est le voisin qui vient arroser... »

Favoriser l'autoproduction accompagnée

Il en va de même pour la réhabilitation du logement. Ainsi cette mère qui vit seule avec ses huit enfants. Son fils de 17 ans traînait dans les escaliers. Une action de réhabilitation a été entreprise. Le garçon a étonné tout le monde en s'y mettant lui aussi. Il a refait la douche, posé le carrelage, etc. Il n'a plus maille à partir avec la police et la justice. Il a repris une formation. Dans Ouest-France, nous avons cité de beaux exemples de ce genre, pratiqués dans l'Ouest. Chaque fois, ils témoignent de l'amélioration des rapports sociaux. Ce qui est aussi important que les effets techniques et doit inciter à les soutenir.

« En produisant des biens et des services pour notre propre consommation et celle de notre entourage, nous apprenons l'autonomie au quotidien. Ces pratiques sont une occasion de coopérer, d'échanger, de donner. Elles ont un rôle de construction de la personne et de socialisation. » (1).

On attribue souvent le « déficit éducatif » au manque d'emploi, mais des spécialistes estiment qu'il est aussi le résultat du manque de faire, du manque de réalisations concrètes personnelles. En ce 1er mai, fête du travail, il est bon d'évoquer le travail aussi sous ces aspects. Il y a en effet des gestes qui parlent et du travail personnel qui forme celui qui le pratique. Un de nos grands généraux disait à ses soldats : « Fais-le ! Ça se fera et ça te fera ! ».

Encore faut-il aider à l'autoproduction, c'est-à-dire l'accompagner, la soutenir, orienter ceux qui désirent se lancer dans des savoir-faire de la vie quotidienne. Là, nous ne sommes pas impuissants. Les personnes en difficultés sociales, il faut le répéter, ont des capacités. Elles sont détentrices d'un potentiel qui a pu se trouver bloqué et qui peut être libéré et développé.

Pour toutes ces raisons, il est important et urgent de faire connaître et de diffuser cette démarche d'accompagnement à l'autoproduction. Il faut pour cela des « politiques appropriées associant acteurs privés et institutions publiques » (1).

(1) Pades (Programme autoproduction et développement social) - Éditions ERES, 33 avenue Marcel-Dassault, 31500 Toulouse.

La Belgique, premier pays européen à interdire le voile intégral musulman

Sans gouvernement et plongée dans une grave crise politique, la Belgique est néanmoins devenue jeudi le premier pays occidental à interdire le port du voile islamique intégral dans tout l'espace public, avant la France qui prévoit de présenter un texte en mai.

L'unanimité, pour une fois

Pour une fois unanimes, quelle que soit leur couleur politique ou leur appartenance linguistique, les députés belges ont voté par 136 voix sur 138 députés présents un texte interdisant le port du voile, non seulement dans tous les services publics, mais aussi dans l'intégralité de l'espace public y compris la rue. « L'image de notre pays à l'étranger est de plus en plus incompréhensible mais, au moins, par rapport à l'unanimité qui va s'exprimer au sein de ce Parlement sur ce vote interdisant la burqa et le niqab dans notre pays, il y a un élément de fierté à être Belge », s'était félicité avant le vote le député libéral Denis Ducarme.

« Nous espérons être suivis par la France »

« Nous sommes le premier pays à faire sauter le verrou qui a mis bon nombre de femmes en esclavage et nous espérons être suivis par la France, la Suisse, l'Italie, les Pays-Bas, les pays qui réfléchissent », a-t-il ajouté. Seule une toute petite partie de la communauté musulmane est concernée, le port du voile intégral étant un phénomène marginal en Belgique.

Le texte ne parle pas explicitement de burqa ou de niqab; il prévoit que les personnes qui « se présenteront dans l'espace public le visage masqué ou dissimulé, en tout ou en partie, par un vêtement de manière telle qu'ils ne soient plus identifiables » seront punis d'une amende et/ou d'une peine de prison de un à sept jours. Des exceptions sont toutefois prévues pour les événements festifs comme les carnavals, s'ils ont été autorisés par décision municipale.

Doutes sur l'utilité de la loi

Certains experts ont émis des doutes sur l'utilité de cette loi. Ils ont fait remarquer que des règlements de police interdisant de cacher son visage sont déjà en vigueur dans la plupart des communes belges concernées. Depuis un an et demi, des femmes portant un voile intégral sont régulièrement verbalisées. En 2009, 29 procès-verbaux ont été dressés par la police sur l'ensemble de la région de Bruxelles-Capitale pour port de la burqa dans un lieu public.

LA FRANCE N'A PAS ASSEZ DE COUILLES
POUR INTERDIRE LE PORT DU VOILE.

jeudi 29 avril 2010

Crise de la dette : "L'Europe est menacée de déclassement"

Jean-François Jamet est économiste à la Fondation Robert-Schuman. Il enseigne l'économie politique de l'Union européenne (UE) à Sciences-Po. Selon lui, la crise qui frappe la Grèce et menace d'autres Etats européen est un test de crédibilité pour l'UE. Faute de s'attaquer rapidement au problème de sa dette, la France pourrait à son tour être en danger dans quelques années. A terme, c'est l'Europe tout entière qui est menacée de déclassement.
Après la Grèce (BB+), c'est au tour du Portugal (A-) et de l'Espagne (AA) de voir leur note abaissée. La situation dans ces trois pays est-elle comparable ?

Donner une note à la dette publique d'un pays revient à définir la probabilité que cet Etat fasse faillite. Les pays considérés comme sans risque sont notés entre A et AAA. C'est le cas de tous les pays de la zone euro en dehors de la Grèce. Sa note a atteint un niveau BB, qui correspond aux obligations "pourries", c'est-à-dire que son risque de faillite est jugé extrêmement élevé.

Les notes de l'Espagne et du Portugal ont été baissées mais restent dans les A : les agences de notation ne considèrent pas qu'il y a un risque élevé de faillite, mais que la situation des finances publiques se détériorent rapidement. La crainte est que ces pays, confrontés à une croissance faible dans les années qui viennent, voient leur dette publique augmenter substantiellement.

Quelles sont les conséquences pour ces Etats ?

A mesure que la note de la Grèce se dégrade, les taux d'intérêt demandés à l'Etat augmentent. Ils sont aujourd'hui autour de 15 % pour des emprunts à trois ans, ce qui est extrêmement élevé. Ces taux d'intérêt rendent la charge de la dette plus lourde, et précipite in fine le risque de faillite. La seule solution pour la Grèce est alors de recourir à des prêt d'autres Etats ou du FMI. La situation est loin d'être aussi dramatique pour l'Espagne ou le Portugal, mais les taux d'intérêt qu'ils doivent payer sur leur dette publique augmentent également.

Comment ces trois pays en sont-ils arrivés là ?

La Grèce, qui connaît depuis les années 90 une dette proche de 100 % du PIB, n'a pas fait les efforts pour faire baisser cette dette, et a menti sur l'Etat de ses finances. On s'aperçoit aujourd'hui que son déficit public est de 15 % par an, avec une croissance négative, et que la dette publique va exploser de façon exponentielle de 15 points par an environ. C'est une situation tragique.

Le cas de l'Espagne est tout à fait différent. Avant la crise, ce pays avait une dette publique faible, en dessous de 60 % du PIB, avec un excédent budgétaire. Le problème, c'est qu'elle a enregistré un fort recul de son PIB et une explosion des déficits avec la crise. La dette espagnole était en 2009 de 54 %, et les prévisions de la Commission européenne pour 2010 sont de 66 % et de 74 % en 2011. On est loin du niveau de la Grèce, et même de certains autres pays de la zone euro. La crainte des agences de notation est que le prix de cette dette soit très élevé pour l'Espagne, ce qui entraînerait une stagnation de l'économie pour les dix prochaines années.

Si la dette espagnole est inférieure à celles d'autres pays européens, pourquoi est-elle visée par les marchés ?

Une forme de panique s'est emparé des marchés. Si la Grèce peut faire faillite sans obtenir une aide rapide de l'Europe, que se passera-t-il si l'Espagne, qui ne représente non pas 2 % du PIB de la zone euro comme la Grèce, mais environ 10 %, entre en faillite ? En outre, les marchés sont très conscients de l'effet "boule de neige" : si la panique s'installait, les taux d'intérêts augmenteraient en Espagne et rendraient sa dette insoutenable. On voit là le rôle des agences de notation qu'on dit "pro-cyclique" : quand tout va bien, elles ont tendance à ne pas voir les risques, et quand tout va mal, elles ont tendance à les amplifier.

Un pays comme la France est-il menacé de contagion ?

La France avait une dette publique relativement faible, de l'ordre de 20 %, lorsque la croissance a commencé à ralentir au début des années 80. A la fin des années 80, elle était déjà autour de 35 % et à la fin des années 2000 elle atteignait en gros 60 %. Avec la crise, elle a fait un bond en avant : 77 % en 2009 (1 489 milliards d'euros), et on estime qu'elle atteindra 82 % en 2010. Ce que voient les observateurs, c'est que la dette publique ne cesse d'augmenter. Cette situation réclamerait une certaine forme de rigueur. Or ce n'est visiblement pas le chemin que prend le gouvernement. La France est d'autant moins crédible qu'elle n'a pas connu un seul excédent budgétaire depuis le début des années 80. Le problème, c'est que le déficit public français est aujourd'hui considérable, autour de 8 % du PIB. S'il reste à ce niveau encore quelques années, les marchés commenceront à s'inquiéter sérieusement et on pourrait se retrouver dans deux ou trois ans avec une crise de la dette en France. On n'en est pas encore là.

Est-il envisageable que les marchés s'attaquent à la cinquième économie mondiale ?

Pas à court terme. A moins qu'il y ait une propagation générale de la crise de la dette en Europe, ce qui supposerait qu'avant la France, d'autres pays soient touchés. Dans ce cas, l'ensemble des Etats européens verrait ses taux d'intérêt augmenter, et la France aurait encore plus de mal à réduire ses déficits. Ce qui se joue actuellement dans les Etats du sud de l'Europe, c'est justement la crédibilité de l'ensemble des Etats européens. Cette crédibilité repose sur deux aspects : réduire les déficits rapidement en sortie de crise et, en cas de risque de faillite, être capable d'une forme de solidarité européenne, dont la démonstration n'a pas encore été faite.

Pourquoi la zone euro est-elle l'espace économique le plus attaqué par les marchés ?

L'Europe n'est pas la zone géographique la plus touchée par la crise, car sa croissance était déjà faible. Mais c'est précisément son problème. Dans les pays à croissance forte, on peut se permettre des déficits, car la croissance de demain permettra de réduire la dette. Or l'Europe part d'une croissance structurelle faible. La question qui se pose est celle-ci : l'Europe sera-t-elle capable de résoudre le problème de la dette sans tomber dans une croissance atone avec les conséquences sociales que cela peut comporter ?

L'Europe est-elle menacée de déclassement ?

Oui. C'est une question qui se pose, au-delà de cette crise, depuis une petite dizaine d'années. L'Europe est-elle capable de retrouver un leadership dans le monde et une cohérence économique sur le plan continental ? C'est une question qui n'a pas été résolue, et l'Europe va en payer le prix. La crise a simplement fait apparaître ce problème plus vite que prévu. Il est évident qu'en l'absence de gouvernement économique consensuel et réactif, on peut craindre un déclassement de l'Europe. Si le chacun pour soi continue de régner, certains pays vont être confrontés à des difficultés considérables. Dans un espace aussi intégré que la zone euro, l'ensemble des Etats européens en pâtira.
Propos recueillis par Soren Seelow




75 % des Français redoutent le pire
Les trois quarts des Français estiment que la France pourrait connaître une situation comparable à celle de la Grèce, selon un sondage BVA. Un risque balayé jeudi par le ministre du budget, François Baroin. Comme l'Allemagne, la Finlande ou les Pays-Bas, la France est notée "AAA" par ces trois agences, soit la meilleure note possible et "il n'y a pas de risque de voir la note abaissée", a-t-il assuré.


PAS ÉTONNANT, LES FRANÇAIS SONT DES CONS, JE N'AI JAMAIS VU UN PEUPLE AUSSI CRÉTIN QUE CELUI-CI. IL PASSE SON TEMPS À PLEURER, À FAIRE DES CAPRICES; IL N'EST JAMAIS SATISFAIT DE SON SORT. UNE QUALITÉ ME DIRIEZ-VOUS ? NON ! LE SIGNE D'UN PEUPLE DÉCADENT.

Le scepticisme à l'encontre de l'Europe est de retour dans le débat politique

L'"euro-inquiétude" gagne du terrain en France. Chez les responsables de la majorité comme de l'opposition, la première préoccupation est d'éviter la propagation de la crise grecque et de répondre à l'exigence de solidarité européenne. Les uns et les autres, cependant, mesurent que la crise risque d'alimenter le scepticisme à l'encontre de l'Europe.
Intervenant, mercredi 28 avril, devant le "Club des 27" - les représentants des groupes parlementaires de droite des 27 Etats membres de l'Union européenne, réunis à Paris -, le secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, Pierre Lellouche, s'est fait l'écho de ces craintes. "La crise et l'incapacité de ses institutions à y répondre accélèrent l'éloignement du peuple", a-t-il estimé, constatant "une montée des courants xénophobes et de la tentation du chacun pour soi". "Ce printemps est le printemps de tous les dangers", a jugé M. Lellouche.

Pour le gouvernement, l'exercice est délicat. Il entend prendre part au plan de "sauvetage" de la Grèce, tout en prenant garde de ne pas paraître se porter au secours d'institutions européennes que certains, à droite comme à gauche, accusent d'avoir contribué à la crise actuelle.

Les tenants du non au référendum sur la Constitution européenne et au traité de Lisbonne donnent de la voix. "Il faut d'urgence apporter un secours au peuple grec et faire plier la Banque centrale européenne (BCE), dont la responsabilité et l'action doivent être mises en cause", estime la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet. Selon elle, "la recherche permanente de convergence des politiques mises en oeuvre sur les règles de la BCE, les critères de Maastricht et du pacte de stabilité aboutit à des déséquilibres qui permettent aux spéculateurs de mettre des pays au bord d'une situation de faillite".

"TIRER LES LEÇONS DE LA CRISE"

Lors d'un rassemblement devant l'Association française des banques, à Paris, le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, s'est dit convaincu que "le tour de la France viendra", en s'élevant contre l'"impunité des banques et des spéculateurs". Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, accuse le gouvernement français de "jeter 6,3 milliards d'euros (le montant du plan français d'aide à la Grèce) par la fenêtre". "On ferait mieux d'acter avant qu'il ne soit trop tard que ce système est suicidaire", estime le député de l'Essonne.

Le président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, à l'initiative de la réunion du "Club des 27", appelle pour sa part à un renforcement de la "gouvernance économique" de l'Europe. "Laisser la Grèce à ses problèmes serait la victoire des spéculateurs. La politique, c'est aussi la solidarité dans les moments difficiles", a-t-il répondu indirectement à ceux qui critiquent le plan de soutien à la Grèce. Il a cependant estimé "vital pour l'Europe de tirer les leçons de cette crise", plaidant notamment pour une convergence des stratégies de politique économique de la France et de l'Allemagne.

"Le moment est grave", a également reconnu Michel Barnier, vice-président du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen, mettant lui aussi en garde contre "le retour au protectionnisme, aux réflexes nationaux et au populisme". "L'Europe n'est pas une option, elle est une nécessité vitale, s'est exclamé le député européen. Ou nous sommes ensemble ou nous ne sommes plus."

Pourtant, même dans les rangs de l'UMP, certains redoutent une fuite en avant. Constance Le Grip, nouvelle élue au Parlement européen, a appelé l'attention sur "le déficit démocratique qui peut menacer un gouvernement économique européen". "Faisons attention à ne pas construire une usine à gaz que nos concitoyens et les élus nationaux rejetteraient, à juste titre, comme des entraves à la souveraineté nationale", a souligné l'ancienne conseillère de l'Elysée auprès des parlementaires.

Le Parti socialiste, pour sa part, presse la France et les gouvernements européens d'agir au plus vite pour prévenir les risques de contagion. A l'Assemblée, il a approuvé en commission le plan d'aide à la Grèce, tout en jugeant le taux d'intérêt (5 %) fixé par l'accord européen trop élevé. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a jugé "urgent" que "l'Europe force pour réguler le système financier, sinon nous aurons d'autres Grèce".
Patrick Roger

Ces musulmanes qui acceptent la polygamie

Selon le secrétariat général de l’immigration, en 2008, 180 000 personnes vivaient en France dans des familles polygames
L’affaire de l’homme accusé d’entretenir des femmes vivant d’aides sociales a relancé le débat sur la polygamie Interdite par la loi et strictement encadrée par l'islam, la polygamie perdure chez certains musulmans de France. Les femmes l'acceptent, parfois pour des motifs religieux, mais aussi pour échapper à la tutelle familiale.

En se mariant, le musulman « a complété la moitié de sa religion », proclame une citation attribuée au prophète. Le Coran comprend aussi de nombreux versets exhortant au mariage. Pour y satisfaire, nombre de musulmanes en France
sont prêtes à des concessions comme l'acceptation du statut de « co-épouse » grâce à un mariage religieux, célébré discrètement par un imam, en présence d'un tuteur de la femme et de deux témoins. « Nous savons que la pratique existe dans la communauté », avoue-t-on à la Grande mosquée de Paris.
Evoquant le conjoint de la femme voilée verbalisée pour niqab au volant, la secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, a pressé les imams pour que cette situation « ne se reproduise pas, parce que ce n'est pas une situation acceptable dans notre pays ».

Avant de célébrer un mariage religieux, l'imam, comme le prêtre, le pasteur et le rabbin, doit exiger un certificat de mariage civil sous peine de se mettre hors la loi, avec le risque d'une peine de 2 ans de prison. Mais des imams autoproclamés n'hésitent pas à ignorer cette disposition d'autant que la transgression est difficile à prouver puisque le mariage n'est pas « sacralisé » dans une mosquée mais n'importe où, avec une dot symbolique et un repas.

C'est le désir de se libérer de sa famille qui a conduit Meriem à sacrifier à cette pratique : « A plus de 30 ans, je vivais encore chez mes parents qui sont conservateurs. Il était hors de question de sortir sans leur permission. »

Grâce à une amie, elle a connu un commerçant marié prêt à lui payer un logement. « Comme croyante, je suis dans les règles et, comme femme, je peux avoir une vie intime sans craindre d'offenser mes parents », explique-t-elle.

Eurodésordre


Par moments, le fonctionnement de l’Union européenne fait vraiment penser à cette boutade que lâcha un jour Winston Churchill à propos des États-Unis : « Vous pouvez toujours compter sur les Américains pour agir comme il faut, une fois qu’ils ont épuisé toutes les autres possibilités. » Voilà désormais trois bons mois que la zone euro traverse une période de turbulences qui va croissant. Trois mois au cours desquels les 16 États partageant cette monnaie ont tergiversé autour d’une question qui paraissait, au départ, raisonnablement simple : comme gérer les difficultés d’un des membres du club, de taille très modeste, la Grèce.

Péripéties et palinodies se sont succédé. Aux deux bouts de la chaîne, la Grèce, cigale passablement récidiviste, et l’Allemagne, fourmi quelque peu butée. Entre les deux : des pays (comme la France) affichant la vertu mais rêvant de voir céder Berlin, des institutions communautaires s’exprimant de manière d’autant plus solennelle qu’elles n’ont guère de prise sur les événements. Du coup, les tensions se sont exacerbées sur les marchés financiers. Aujourd’hui, la Grèce subit des taux d’intérêt deux fois plus élevés qu’en février, et un pays comme le Portugal se trouve désormais soumis à une forte pression des marchés financiers. L’incendie va-t-il en rester là ?

Espérons que oui. L’orage vécu sur les places financières ces derniers jours semble avoir provoqué une sorte d’électrochoc conduisant à resserrer les rangs. Un sommet de la zone euro a été convoqué pour le 10 mai (date soigneusement choisie pour se situer après un scrutin régional délicat en Allemagne) et, en coulisse, on travaille activement pour bâtir un plan enfin crédible. Fait encourageant : au Portugal, le gouvernement et l’opposition ont annoncé leur volonté de « travailler ensemble » afin de renforcer « la confiance en l’économie portugaise », ce qui a interrompu le plongeon de la Bourse de Lisbonne. Voilà un exemple à méditer pour tous les pays confrontés à des impasses, qu’elles soient financières ou politiques.




Guillaume Goubert

Angela Merkel au centre des critiques

Après l’avoir freiné des quatre fers, la chancelière se dit favorable à une aide à la Grèce

« Isolée en Europe, isolée à la maison », titrait mardi 7 avril un grand quotidien allemand, le Süddeutsche Zeitung, pour dépeindre la situation dans laquelle se retrouve Angela Merkel depuis lundi. La chancelière expliquait alors dans une déclaration précipitée devant la presse, que Berlin était prêt à « voter en urgence » l’aide à Athènes, estimée à 8,4 milliards d’euros pour 2010, dès la semaine prochaine.

Le feu vert ne dépendait plus que du « programme crédible et réaliste » qu’Athènes doit s’engager à mettre en œuvre et que le gouvernement de Georges Papandréou négocie actuellement avec les représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE) et de la commission de Bruxelles.

L’aide sera planifiée sur trois ans précisait la chancelière. Elle soulignait s’être entretenue à ce propos avec Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, qui était invité mercredi 28 avril à Berlin pour répondre aux questions des ministres et des dirigeants des groupes parlementaires au Bundestag, aux côtés de Jean Claude Trichet, le président de la BCE, invité lui par le ministre des finances, Wolfgang Schäuble. Angela Merkel soulignait certes dès lundi qu’il s’agit avant tout de « défendre l’euro ». Elle se félicitait également de la participation du FMI aux négociations en cours, une présence due à ses exigences.

Le tournant d’Angela Merkel a déjà semé le désarroi
Il n’empêche ! Pour l’opinion publique, la chancelière paraît avoir « tourné casaque ». Elle avait freiné des quatre fers pendant des semaines l’aide européenne à la Grèce, ce qui lui a valu le surnom de « Madame non » chez ses principaux partenaires de la zone euro, exaspérés. Chez elle, la « chancelière de fer » tirait profit de son attitude intransigeante, jusqu’à lundi. Depuis, c’est le chaos.

Les trois quarts des Allemands restent en effet hostiles à l’aide à la Grèce. Et Angela Merkel a flatté cette tendance, à la veille des élections en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le premier Land d’Allemagne, le 9 mai, un scrutin qui a valeur de « petites élections fédérales ».

Le tournant d’Angela Merkel a déjà semé le désarroi dans les rangs de sa coalition avec le parti libéral et les députés de base de l’Union chrétienne CDU/CSU, sont abreuvés depuis lundi de mails d’électeurs furieux. Les médias multiplient les attaques contre une politique « incompréhensible ». L’opposition, sociaux-démocrates en tête, fait feu de tout bois sur « le mensonge » démasqué de la chancelière.
Michel VERRIER, à Berlin

Les agences de notation ont-elles trop de pouvoir ?

La Commission européenne a appelé mercredi 28 avril les agences de notation à agir de manière « responsable », après la décision de Standard & Poor’s de diminuer la note de la Grèce. Cette annonce a provoqué une forte baisse de l’euro. Jean-Paul Gauzès, député français (UMP-PPE) au Parlement européen et rapporteur d’un projet de loi pour réglementer le secteur, s’interroge sur leur influence néfaste sur l’économie mondiale

« Les marchés et les décideurs accordent aux agences de notation beaucoup plus d’influence qu’elles n’en méritent. Elles ne sont que des indicateurs parmi d’autres, avec leurs risques d’erreur et d’incompétence. Or, tout le monde constate leur impact sur les marchés. Une mauvaise appréciation de leur part, et les investisseurs perdent leur confiance dans le pays concerné.

Ces agences réagissent beaucoup trop dans l’instant. Un jour une bonne note, le lendemain une mauvaise. C’est de nature à perturber les marchés. Et ce n’est pas raisonnable. La question de la dette de la Grèce ne date pas d’aujourd’hui, alors que tous les problèmes semblent surgir d’un coup et menacent de déclencher une vague de panique. Comment ne pas soutenir l’appel de la Commission européenne à un peu plus de retenue ?

Tant que les investisseurs n’utiliseront qu’un seul critère d’évaluation, il y aura un risque d’erreur
Pendant des années, les trois grosses agences du secteur, Mood’ys, Standard & Poor’s et Fitch ont surnoté des produits financiers toxiques, ce qui a joué un rôle dans le déclenchement de la crise financière. Aujourd’hui, elles se montrent très sévères avec les États par un retour de balancier.

Leur prudence peut déboucher sur un autre type de crise… À certains égards, on peut considérer que le monde se porterait mieux sans elles. C’est le problème du thermomètre. Quand votre instrument n’est pas très fiable, vous pouvez être amené à prendre de mauvaises mesures.

Pour leur défense, les agences précisent qu’elles se bornent “à donner des indications”, que “c’est aux investisseurs de vérifier et qu’ils en ont les moyens”. Lors de ses discussions pour réglementer la profession, le Parlement européen avait évoqué la création d’une agence européenne de notation parapublique. Pas sûr que cela règle la question de l’objectivité. Tant que les investisseurs n’utiliseront qu’un seul critère d’évaluation, il y aura un risque d’erreur. »
Recueilli par Olivier TALLÈS

Action des agriculteurs. Question de blé...

Partager ? Jamais. À eux le gâteau, aux autres agriculteurs des miettes. Les céréaliers ont longtemps fait des jaloux à l'intérieur même du monde agricole. Et pour cause, ils étaient les principaux bénéficiaires des aides agricoles européennes. Dans les couloirs mêmes de la FNSEA, le syndicat majoritaire, on les appelle alors méchamment, et sans doute injustement, « boursorama.com ». En référence à leurs placements boursiers.

Ce trésor de guerre, les céréaliers le considéraient comme un avantage acquis. C'était compter sans la fronde des éleveurs et le travail de lobbying mené auprès du gouvernement. En 2008, lors du congrès de la FNSEA à Nantes, éleveurs et céréaliers mettent pour la première fois leur différend sur la place publique.

Convaincu de la nécessité de mettre fin à cette injustice, Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, impose l'année suivante un revirement brutal. Dans la douleur. Et oblige les céréaliers à partager avec les autres filières. Au plus mauvais moment, alors que les cours des céréales se replient. En deux ans, les exploitants de Champagne, du Bassin parisien ou de la plaine de Caen ont vu leurs revenus chuter de 61 %.

Difficile d'encaisser une chute aussi brutale sans réagir. Sont-ils pour autant « fauchés comme les blés » pour reprendre leur slogan ? C'est sans doute vrai pour certains. Ceux qui ne bénéficient pas des meilleures terres, sont à la tête d'exploitations modestes. Ou traînent des charges d'endettement trop élevées. Mais le désastre demande à être nuancé. En 2006, avant la flambée du cours des céréales, selon Agreste, le service statistiques du ministère de l'Agriculture, le revenu net annuel par actif agricole était de 11 600 € en Bretagne et de 57 800 € en Ile-de-France.

Pour Jean-François Guitton, militant de la Confédération paysanne, « certains céréaliers sont à plaindre. Mais ils ont aussi été les grands gagnants de la Politique agricole commune depuis 1992, et ont globalement refusé tout type de régulation quand les cours étaient bons ».

Les manifestants d'hier ont-ils eu raison de crier au loup ? Oui, car même si les cours repartent demain à la hausse, plus rien ne sera comme avant. Sur les riches terres ukrainiennes, longtemps sous-exploitées par les autorités soviétiques, germent de nouvelles concurrences.

C'est là qu'il faut être. Les plus puissants l'ont bien compris. Champagne céréales (8 354 agriculteurs), première coopérative céréalière française, dispose ainsi déjà d'une filiale en Ukraine. Elle a pris des parts dans AgroGénération, la société montée par Charles Beigbeder pour y acheter des terres. Et cultiver en Europe de l'Est 100 000 hectares d'ici à 2012.
Patrice MOYON.

La loi sur le voile intégral votée dès septembre ?

Présenté en Conseil des ministres, le 19 mai, le texte sera examiné par les députés en juillet.Le PS serait prêt à le voter si le gouvernement suit l'avis réservé du Conseil d'Etat. Peu probable.
A l'Assemblée en juillet. François Fillon a confirmé, hier, que le projet de loi sur l'interdiction du port du voile intégral serait présenté en conseil des ministres le 19 mai. Il sera inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale au début de la session extraordinaire, début juillet. Objectif affiché : une adoption à la mi-septembre. Pour tenir ce calendrier, le texte devrait être adopté courant juillet à l'Assemblée nationale et début septembre au Sénat, ce qui serait très rapide. Le Premier ministre n'exclut pas de demander l'urgence (une seule lecture par assemblée), mais n'annoncera son choix que le 19 mai.

Un texte simple. Le texte sera « simple, court, basé sur le respect de la dignité de la personne, de l'égalité hommes-femmes et en dernier lieu sur les motifs de sécurité qui peuvent solidifier juridiquement le dispositif mais qui ne sont pas le coeur du débat », a précisé le chef du gouvernement. Il s'agira du second volet législatif sur ce dossier après l'examen, le 11 mai, d'une résolution, acte symbolique fort mais sans pouvoir contraignant.

Consultations. Fillon veut aller vite. Mais il compte aussi consulter les dirigeants religieux et politiques. Après les représentants des communautés juive et musulmane de France, il recevra dans la semaine le président de la Conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, et le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Claude Baty. Il demandera leur avis, la semaine prochaine, aux dirigeants des partis politiques. Hier, soucieux d'apaiser le débat, il a invité les députés UMP à « éviter tout amalgame et toute stigmatisation » des Français musulmans.

Le PS partagé. Les socialistes demandent au gouvernement de rechercher « la concorde républicaine ». Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, indique que ses députés pourraient voter la loi si la procédure d'urgence n'était pas enclenchée. Martine Aubry demande au gouvernement de se conformer aux réserves du Conseil d'État. Ce qui est peu probable. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, assure que les socialistes voteraient « contre une loi d'interdiction générale », qui serait « inapplicable ». Certains élus PS (Manuel Valls, Aurélie Filippetti...) sont toutefois prêts à suivre le gouvernement, même s'il prend le « risque juridique » de ne pas suivre le Conseil d'État.

La droite aussi. François Goulard, député UMP (Morbihan), envisage de ne pas voter le texte. Il veut ainsi manifester son « refus d'entrer dans cette conception de la politique qui consister à agiter des chiffons ». Le Nouveau Centre souhaite de son côté qu'on recherche « un très large consensus » sur ce dossier. L'allié centriste de l'UMP a prévenu qu'il « s'opposerait à toute procédure d'urgence ». Partisan d'aller vite, Jean-François Copé, patron des députés UMP, a regretté que certains aient soulevé des « querelles de procédure ».