vendredi 7 novembre 2014
300 milliards d’Euros. Voilà la facture Mme Merkel !
La Grèce est le pays le plus brisé humainement et matériellement par la barbarie allemande. D’après les comptes faits par les spécialistes de la comptabilité, et hors faits de guerre, cela se résume à :
- 19,7% de sa population, plus de 350.000 fusillés sans raison, 1,4 millions au total, parmi lesquels il faudra comptabiliser ceux qui sont morts par la famine imposée.
- Plus de 800.000 handicapés, inaptes au travail que l’Etat a dû prendre en charge, 25% de la capacité agricole, 30% de l’élevage, 10% de la production industrielle, 40% du PIB, 23% des habitations et 90% des ports et autres infrastructures portuaires.
L’Allemagne, avant la 2ème guerre, était le plus grand importateur, et aussi mauvais payeur. En 1932 Hitler a cessé les paiements et en même temps l’arrêt des réparations de la 1ère guerre mondiale. Cet argent n’a pas encore été remboursé à la Grèce.
Des antiquités ont été volées et des monuments byzantins pillés, des fouilles illégales, des vols et des destructions des sites archéologiques et monuments historiques protégés, pendant que plus de 8500 pièces de musée ont été transférées hors de Grèce Encore pendant leur retrait, les allemands ont volé les réserves de la banque de Grèce, soit 634.962.691.995.162 drachmes et cette liste de destructions n’a pas de fin.
Rappelons que jusqu’en 1990 l’Allemagne pratiquait la politique de l’autruche. Elle n’assumait pas radicalement et entièrement ses responsabilités. Elle faisait appel au Traité de Londres pour repousser l’échéance jusqu’à la réunification. « Ayez pitié ! Nous sommes désorganisés ! Mais après l’unification on vous paiera, on le promet » disaient-ils. Et après, il y a eu la réunification et l’Allemagne a commencé à utiliser un discours différent : « Le temps est passé, 70 ans ! Nous ne sommes pas responsables des fautes de nos parents. »
Les Alliés n’ont pas assuré la justice pour la Grèce. Entre temps, les grandes puissances ont été payées, effectivement. Pour eux, la page de l’Histoire a été tournée, et des nouvelles alliances ont été créées entre les pays européens et l’Allemagne et entre les USA et l’Allemagne. L’Allemagne est utilisée aujourd’hui dans d’autres échiquiers géopolitiques et le différend avec la Grèce n’émeut personne. Mais la page n’est toujours pas tournée pour les Grecs qui construisent leurs revendications pour la réparation des dommages et le retour de ce qui a été volé et qui orne aujourd’hui les musées et bibliothèques allemandes. C’est ce que des centaines de personnes ont commencé à faire depuis 1945, un travail de fourmis fait par des avocats, chercheurs, ingénieurs, économistes, historiens, anciens fonctionnaires, etc.
Tzanetos Gouskos (photo) en fait partie. Il est économiste, conseiller en investissements et écrivain amateur. Il est né à Zakinthos en 1954. Il a fini ses études secondaires à
Zakinthos et il a étudié l’économie à l’Ecole Supérieure d’Etudes Industrielles de Thessalonique. En 2010, au milieu de la crise il a édité via le site Amazon, l’ouvrage « Odyssée des Grecs » et en 2014 le livre : « Prêts d’Occupation : 300 Mrds. Voilà la facture Mme Merkel ».
L’auteur de ce livre focalise uniquement sur les Prêts consentis à l’Allemagne pendant l’occupation. Il s’agit de prêts en or, reconnus par l’Allemagne et émis selon les règles du droit international, même si le directeur de la Banque de Grèce avait un pistolet sur sa tempe. Ces prêts ne sont jamais remboursés. Leur remboursement sans donner quitus à l’attitude allemande pendant l’occupation, permettrait à la Grèce de rembourser sa dette publique.
Augmentation et création d’impôts à jet continu : et boum 40 milliards d’euros pour le bilan fiscalité de la 1ère moitié du quinquennat Hollande
Le gouvernement qui annonce de futures baisses d'impôts a rivalisé d'inventivité pour en créer de nouveaux lors des deux ans et demi qui viennent de passer. Petit rappel des principaux dispositifs (et ceux auxquels nous avons échappé grâce au Conseil constitutionnel...) d'un secteur qui n'a pas de problème de croissance : la fiscalité.
Selon les fiscalistes, c'est quasiment une centaine de nouveaux dispositifs fiscaux qui ont été adoptés depuis l'arrivée de la majorité en 2012.
Même si nombre d'entre eux sont peu connus et très spécialisés, les impôts touchant un nombre important de contribuables se sont multipliés. Petite rétrospective des plus rentables, des plus marquants... et de ceux auxquels nous avons échappé.
La hausse des prélèvements a depuis 2012 s’élève à une quarantaine de milliards d’euros. Dès l’été 2012, François Hollande a accru les impôts et les prélèvements de 7 milliards d’euros. En 2013 comme en 2014, les prélèvements augmentent à un rythme de 15 milliards par an. Les ménages et les entreprises ont été mis à parité à contribution même si le CICE devrait faire peser à terme l’essentiel de l’effort sur les ménages. A ce titre, cette distinction est assez artificielle, un impôt sur une entreprise est un impôt déguisé sur le salarié, l’actionnaire ou le consommateur…
Ceux dont la ponction sur les contribuables représente un montant supérieur à 1 milliard d'euros...
"Avant j'étais folle,
Scrutin proportionnel : l'ultime manoeuvre de François Hollande pour garder le pouvoir ?
La controverse sur le mode électoral est presque aussi ancienne que la République elle-même. Dans les années 1880, elle constituait un enjeu politique extrêmemement passionnel, opposant Léon Gambetta, favorable au scrutin de liste à la proportionnelle - qu'il jugeait plus conforme aux intérêts de la gauche - et Jules Ferry, chantre du scrutin majoritaire. Le second l'emporta et le mode de votation qu'il préconisait s'imposa sous la IIIe République. Il fut abandonné sous la IVe qui privilégia la proportionnelle avant que la Ve ne revînt au scrutin majoritaire.
Il est nécessaire de rappeler les termes du débat. Dans un cas, l'électeur se prononce pour une liste de noms, en compétition avec d'autres listes, à l'échelle du pays, du département, voire de grandes régions. Le nombre de sièges remporté est proportionnel à celui des voix obtenues. Dans le scond, le vote porte sur le choix d'un homme opposé à d'autres candidats, dans le cadre d'une circonscription. Celui qui obtient la majorité est élu.
Chaque système a ses avantages et ses défauts.
La proportionnelle est un facteur d'équité politique: les différentes formations sont représentées au Parlement en proportion du vote des électeurs: 28% des voix déboucheront sur 28% des sièges. En revanche, elle favorise l'éparpillement de la représentation au Parlement - où de nombreux partis vont être représentés - et rend difficile la constitution d'une majorité homogène capable de gouverner. La IVe République fut ainsi victime de de système qui rendait quasiment impossible l'émergence d'un gouvernement stable.
Le scrutin majoritaire produit les effets inverses. Il amplifie considérablement l'impact, en nombre de sièges d'une victoire électorale. Imaginons un pays avec 100 circonscriptions. Si les candidats du même parti politique l'emportent partout avec 51% des voix contre 49%, ils obtiendront la totalité des sièges au Parlement, alors que le rapport de force est quasi équilibré... Ce système facilite donc la constitution de majorité et favorise la stabilité gouvernementale. En revanche, il est considéré comme injuste du point de vue de la représentation nationale.
Les partis politiques marginaux, «hors système», ou disposant d'une faible implantation locale en l'absence de notables locaux susceptible de les représenter, réclament la proportionnelle: écologistes, Front de gauche, centristes, Front national. En revanche, les puissants partis de gouvernement, bénéficiant d'un fort ancrage sur le terrain, l'ump et le ps seront plus portés vers le scrutin majoritaire qui leur assure à l'un comme à l'autre, en cas de victoire électorale, une confortable majorité pour fomer un gouvernement stable.
En France, les deux systèmes sont en vigueur. L'Assemblée nationale est élue au scrutin majoritaire. Cependant, les députés européens français sont élus à la proportionnelle par grandes régions, comme ceux de la plupart des autres pays de l'Union (avec des nuances).
Au-delà des arguments des uns et des autres, qui reflètent des intérêts électoraux et politique, le choix du système de vote reflète une conception de philosophie politique.
Le scrutin proportionnel met en avant le parti politique. La liste proposée à l'électeur est composée par un état major partisan. Ainsi, lors du scrutin européen de juin 2014, on a vu des députés nationaux battu en 2012, lors des élections nationales par les électeurs au scrutin majoritaire, recasés ensuite comme tête de liste par leurs partis aux élections européennes grâce à la proportionnelle, ce qui leur a permis de retrouver un siège. Ce système revient à faire désigner les futurs députés par le parti politique.
En revanche, le vote majoritaire met en avant la personne, le candidat - même si celui-ci peut bénéficier d'un parrainage d'un parti. L'électeur ne vote pas principalement pour le parti, une liste composée par un état-major, mais avant tout pour un homme ou une femme, dans une logique de lien de proximité. Le scrutin majoritaire reflète une vision plus portée sur la confiance, le choix de l'électeur qui accorde sa voix à celui qu'il charge personnellement de le représenter. C'est avant tout l'électeur qui choisit le député, et non l'état major du parti politique. A l'heure où la fracture entre le peuple et les élites ne cessent de se creuser, il serait suicidaire de briser ce lien direct entre le citoyen et son représentant à l'Assemblée permis par le vote majoritaire.
Il n'existe donc pas de système parfait. Ce que l'on peut déplorer, c'est l'utilisation du mode de scrutin à des fins de manoeuvre politicienne. En 1986, François Mitterrand rétablit la proportionnelle afin de limiter la victoire de la droite et tenter de la priver de majorité stable en introduisant le Front national à l'Assemblée. Il est regrettable qu'avant chaque grande échéance électorale, certains partis soient tentés de trafiquer le système de vote pour garder le pouvoir.
Dans les grandes démocraties, le système de vote fait partie de la tradition politique, du consensus sur la règle du jeu que personne ne conteste, par exemple au Royaume-Uni avec le système majoritaire à un tour. En Allemagne, le mode de scrutin est fondé sur le vote majoritaire assorti d'une dose de proportionnelle. En France, il serait souhaitable de sanctuariser le mode électoral et le plaçant au-dessus des passions et des calculs politiciens. En s'inspirant du modèle allemand, dans le cadre d'un consensus politique, on pourrait envisager de consacrer définitivement en l'inscrivant dans la Constitution le scrutin majoritaire, qui est au coeur de la tradition républicaine française, et l'assortir une petite part de proportionnelle pour permettre aux différents partis d'être représentés sans mettre en cause l'équilibre gouvernemental permis par le scrutin majoritaire.
'Les grandes firmes du net offrent des centres de commandement pour les groupes terroristes'
Les grandes firmes de technologie devraient collaborer davantage dans la lutte contre le tourisme mondial, et en particulier, l’Etat islamique (EI), estime Robert Hannigan, qui dirige l’agence de renseignement britannique Government Communications Hadquarters (GCHQ), dans un éditorial du Financial Times. Hannigan note que le groupe terroriste de l’EI a développé une véritable expertise afin d’optimiser son utilisation d’internet pour ses besoins de communication.
Il souligne que l’EI est la première organisation terroriste composée de membres qui ont grandi avec l'Internet. Et au contraire des groupes terroristes de la génération précédente, comme Al Qaïda, qui agissaient clandestinement sur le net, propageant leur propagande de façon anonyme, ou connectant leurs membres dans des « dark rooms », l’EI se manifeste à visage découvert pour faire sa promotion, intimider ses ennemis, et recruter de nouveaux membres.
Les membres du groupe sont rompus à l’usage de plateformes telles que Twitter, Facebook et WhatsApp. En outre, ils ont tiré des leçons de l’impact négatif des vidéos trop violentes montrant les décapitations, et ils se sont adaptés en conséquence, en se censurant. De cette manière, ils respectent les règles des plus grands médias sociaux, et demeurent dans les limites de ce qui est publiable sur le net, tout en capitalisant sur la liberté d’expression occidentale.
Ils ont également appris des techniques qui leur servent de porte-voix, telles que l’utilisation de hashtags populaires comme ceux de « World Cup » ou « Ebola » ; pendant leur avancée sur Mossoul, ils ont adressé jusqu’à 40 000 tweets par jour, déjouant les contrôles anti-spam. Les candidats au Jihad n’ont plus à connaître de mot de passe ou d’adresses de sites secrets pour suivre leur progression : ils en publient les moindres détails au vu et au su de tout le monde.
En outre, l’EI tire également parti des possibilités offertes par les technologies mobiles pour préserver la sécurité de ses communications. Les smartphones et les nouvelles technologies mobiles ont énormément enrichi la panoplie des options possibles. Les terroristes utilisent des techniques de cryptage des données ou d’autres techniques qui leur garantissent l’anonymat, qui n’étaient autrefois réservées qu’aux membres des services de sécurité spécialisés ou à des criminels extrêmement sophistiqués. Ces techniques sont fournies dans des applications facilement accessibles, dont certaines se vantent d’être « approuvées par Snowden ».
« Le GCHQ, et ses agences sœurs, le MI5 et le Secret Intelligence Service ne peuvent s’attaquer d’une manière appropriée à ces défis sans un soutien plus important du secteur privé, incluant notamment les plus grandes compagnies américaines du secteur des technologies qui dominent le web », écrit Hannigan. Il dit comprendre que ces compagnies souhaitent offrir une certaine neutralité, tant du point de vue des données, que politique. Mais il observe que cette posture favorise la diffusion de contenus liés à des extrémismes violents, ou à l’exploitation des enfants, et qu’elle facilite les activités terroristes et criminelles.
Il est conscient que, de leur côté, les agences de renseignement telles que le GCHQ doivent également accepter de débattre ouvertement de la question de la vie privée, et qu’elles doivent en particulier montrer qu’elles n’ont recours aux données privées que dans le but de protéger les citoyens.
«Pour ceux d’entre nous qui devons lutter contre les comportements humains extrêmes déprimants sur internet, il peut sembler que certaines entreprises de technologie sont en déni par rapport à cette utilisation pernicieuse de l’internet », écrit Hanigan. « Je soupçonne que la plupart des utilisateurs ordinaires de l’internet sont en avance sur elles : ils ont des opinions bien tranchées en ce qui concerne l’éthique de ces sociétés, que ce soit en matière d’impôts, de protection des enfants, ou de la vie privée ; ils ne veulent pas que les plateformes médias qu’ils utilisent avec leurs amis et leurs familles contribuent à faciliter les meurtres ou les abus sur enfants. (…) Je crois que ces consommateurs n’objecteraient pas contre l’établissement d’une relation plus durable entre les agences de renseignement et les firmes de technologie. (…)
Un nouvel accord est nécessaire entre les gouvernements démocratiques et les firmes de technologie dans le domaine de la protection des citoyens. Cet accord doit être fondé sur les valeurs démocratiques partagées par les deux parties. Mieux vaut le conclure maintenant, plutôt qu’à la suite d’un regain de violence. »
'Le Royaume-Uni pourrait interdire l'accès des avantages sociaux aux immigrants en provenance de l'UE pendant 3 ans'
La chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé que le Premier ministre britannique David Cameron menait le Royaume Uni au « point de non-
retour » lorsqu’il réclamait des restrictions en matière d’immigration provenant des Etats-membres de l’UE. Elle s’est affirmée prête à envisager un « Brexit », un départ du Royaume Uni de l’UE, a indiqué le magazine allemand Der Spiegel.
retour » lorsqu’il réclamait des restrictions en matière d’immigration provenant des Etats-membres de l’UE. Elle s’est affirmée prête à envisager un « Brexit », un départ du Royaume Uni de l’UE, a indiqué le magazine allemand Der Spiegel.
Le Premier ministre britannique a annoncé son intention de fixer des quotas pour limiter le nombre de personnes faiblement qualifiées en provenance d'autres pays de l'UE admises à s’installer au Royaume-Uni pour y travailler, en contravention avec le droit de circulation de l’UE, que l’Allemagne considère comme un droit fondamental.Selon le Financial Times, Cameron aurait changé ses projets au cours du weekend pour les rendre compatibles avec les exigences allemandes afin d’apaiser Mme Merkel. D'après le Sunday Times, les nouvelles propositions prévoiraient d’expulser les immigrants de l’UE 3 mois après leur arrivée au Royaume-Uni, à moins qu’ils ne soient capables de subvenir à leurs propres besoins.
Le journal The Times publie un article écrit par le professeur Damian Chalmers de la London School of Economics, et Stephen Booth, chercheur au think tank Open Europe, qui soutiennent tous deux que les gouvernements nationaux devraient avoir la possibilité de limiter l'accès des immigrants de l'UE aux indemnités de chômage, au logement social, à la formation, et aux autres avantages sociaux pendant les trois premières années qui suivent leur arrivée dans leur pays d’accueil.
Une telle proposition ne nécessiterait pas une modification compliquée du traité, et elle pourrait aussi recueillir le soutien d’autres Etats-membres, et notamment de l’Allemagne. Son avantage principal serait d’éradiquer l’effet d’aubaine que présentent les systèmes sociaux comparativement plus généreux de certains pays de l’UE tels que le Royaume Uni, qui incitent effectivement les citoyens des pays où les politiques sociales sont plus frugales, à émigrer dans ces pays pour bénéficier de leurs avantages sociaux.
Selon la proposition des deux auteurs, les immigrants ne pourraient avoir accès à ces avantages qu’après une durée de résidence de 3 ans dans le pays d’accueil. Pendant les 3 premières années, cependant, ils pourraient bénéficier de la couverture maladie, mais les frais ainsi induits seraient remboursés au pays d’accueil par leur leur pays d'origine, et le complément éventuel, par une assurance maladie privée.
Sur la BBC, le chancelier de l'Echiquier britannique George Osborne a déclaré lundi que « L’on n’aurait jamais pensé qu’un aussi grand nombre de gens viendraient, des gens qui viennent alors qu’ils n’ont pas de proposition d’emploi, des gens qui déménagent pour les avantages sociaux britanniques… Nous allons étudier cela d'une manière calme et rationnelle, mais les Britanniques veulent que l’on fasse quelque chose ».
Le commentateur de ses propres échecs
Le commentateur de ses propres échecs
Il en faut, de l’optimisme, pour penser qu’une émission de télévision retournera le destin présidentiel de François Hollande et le fera émerger de l’enfer d’impopularité dans lequel il s’est enfoncé. Il est vrai que c’est la nature profonde du président de la République, l’optimisme. C’est ce qui l’a poussé à nous expliquer, depuis deux ans et demi, que la boîte à outils de la réforme était complète, que le retournement économique était là et l’inversion de la courbe du chômage pour bientôt. C’est ce qui le conduit invariablement à nous annoncer un choc de ceci, un pacte de cela, prédisant chaque fois pour les six prochains mois le retour du beau temps. C’est ce qui lui permet de dire, comme il l’a fait devant les caméras de TF1 : « Les résultats seront au rendez-vous puisqu’ils doivent l’être » !
L’optimisme pourrait être une force. Mais, parce que les prophéties du chef de l’Etat ne se réalisent jamais, il devient un aveuglement : « L’optimisme, dit Candide, c’est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal ». Or la France va mal, et elle refuse désormais de se laisser bercer par un chef de l’Etat qui se spécialise dans le commentaire de ses propres échecs, détaillant par le menu le dispositif jeunes, les procédures seniors, les emplois d’avenir, pour à chaque fois s’en féliciter. Sans rien prévoir pour les améliorer. Mais tout en admettant que cela ne fonctionne pas.
Quel aveu ! Quel constat d’incapacité ! On nous promettait un grand rendez-vous politique à la mi-temps du quinquennat, nous avons eu une consultation de sous-préfecture. Des témoignages de difficultés auxquels ne répondaient que des rappels techniques et des annonces de comité de ci et de commission de ça.
Les Français avaient perdu confiance en François Hollande. On ne voit pas comment ils pourraient aujourd’hui changer d’avis.
mardi 4 novembre 2014
Jean-Claude Juncker et les dangers de l’habileté
Jean-Claude Juncker et les dangers de l’habileté
Pour quiconque aime l’Europe et espère trouver en elle une partie de l’avenir de la France, l’installation d’une nouvelle Commission est un événement : succédant à une équipe Barroso accusée de tous les maux, la Commission Juncker réunit de solides qualités parmi lesquelles une naissance sous les meilleurs auspices : pour la première fois en effet, le président et ses vingt-sept membres ont reçu, directement ou indirectement, l’onction du suffrage universel. Leur légitimité initiale est donc forte.
D’où vient cependant cette impression de malaise, cette sensation que l’équipe ne part pas avec les meilleures chances ? De la personnalité de certains commissaires, bien sûr, au premier rang desquels se trouve Pierre Moscovici, sorte de Vidocq bruxellois, arnaqueur budgétaire lorsqu’il était ministre en France devenu flic communautaire une fois installé en Belgique. Mais comme il n’est pas le seul commissaire à se retrouver ainsi dans un étrange contre-emploi, on flaire la manœuvre. Et si l’habileté était ce qui manquait le plus au président Barroso, elle risque d’être la première faiblesse de Jean-Claude Juncker. Homme de compromis, spécialiste des combinaisons arrachées au bout de la nuit bruxelloise, le nouveau patron des Vingt-huit symbolise en effet tout ce que l’Europe est capable de produire comme petits arrangements entre pays. Ce n’est pourtant pas de demi-mesures, de plans de relance imaginaire ou d’armistices bancals sur les dossiers les plus conflictuels (la discipline budgétaire, la liberté de circulation et la politique migratoire) dont les Européens ont besoin pour retrouver le goût de l’Union, mais d’une vraie vision. Si la nouvelle équipe est là pour zigzaguer en cherchant à ne mécontenter personne sans parvenir à satisfaire quiconque, nous Français, aurons l’impression d’avoir déjà donné, avec les résultats que l’on sait.
Le retour de M. 3%
Le retour de M. 3%
Au fond, les choses sont assez simples : un homme d’Etat se caractérise par sa constance et sa capacité à ne pas dévier de son socle. A cet égard, le Président François Hollande est exemplaire. Quelques mois avant la primaire socialiste, sa position dans les sondages l’avait fait surnommer « Monsieur 3% ». En mai dernier, c’était encore ce pourcentage qui traduisait le désir des Français de le voir se représenter. Et voilà que le chiffre maudit refait surface : 3% seulement des personnes interrogées jugent réussie sa politique de l’emploi. Tel le capitaine Haddock et son sparadrap, il n’arrive pas à se débarrasser du nombre maléfique. Reste un mystère : comment se fait-il qu’avec un tel talisman, le chef de l’Etat ne parvienne pas à limiter les déficits publics à 3% ?
Terrorisme écolo
Terrorisme écolo
Jets de bouteilles d’acide, de cocktails Molotov et de pavés, tirs de mortiers, coups de barres de fer… Venus pour « casser » – voire tuer – du flic, le ban et l’arrière-ban de l’extrême gauche s’en sont donnés à cœur joie pendant tout l’après-midi de samedi à Nantes, Toulouse ou encore Dijon, comme ils l’avaient déjà fait le week-end dernier sur le site de Sivens. Des déchaînements de violence anarcho-trotskistes qui se multiplient dans l’impunité la plus totale et sont même en passe de faire plier le gouvernement.
Stop à l’impunité !
Censées rendre hommage à Rémi Fraisse, ces manifestations à l’appel de divers groupes anticapitalistes avaient en vérité pour objectif de « casser du flic », comme en témoignent les nombreuses armes (dont des haches !) saisies sur les quelque 35 personnes interpellées à Nantes, Toulouse et Dijon. Des villes qui ont fait l’objet d’une véritable guérilla urbaine des heures durant, au cours de laquelle une dizaine de personnes ont été blessées. Dont un policier touché par une bouteille remplie d’acide…
Dimanche encore, près de 300 militants d’extrême gauche se rassemblaient illégalement dans le nord-est de Paris pour en découdre avec les forces de l’ordre, qui ont procédé à 76 interpellations, dont 19 gardes à vue. De source policière, certains des interpellés avaient encore dans leurs sacs « des marteaux, des pinces, des casques, des poings américains, des pétards et des engins incendiaires ».
Capitulation en vue
Une situation absolument inconcevable en un temps où la moindre altercation impliquant un individu « d’extrême droite » ou prétendu tel entraîne illico la dissolution du ou des mouvements dont il est sympathisant. Alors que les groupuscules d’extrême gauche, dont certains entrent clairement dans la catégorie « terroriste », saccagent régulièrement des centres villes et s’en prennent violemment aux forces de l’ordre depuis des années, aucun d’entre eux n’a en effet, à ce jour, été dissous. Une impunité scandaleuse très justement dénoncée samedi par le FN.
Mais il y a pire encore. Alors que les forces de l’ordre pansaient dimanche leurs blessures et que l’on commençait à déblayer les gravats à Nantes et à Toulouse, le ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, préparait les Français à une lamentable capitulation devant ces groupuscules, en expliquant qu’il y avait eu « manifestement une erreur d’appréciation » dans le dossier du barrage de Sivens et qu’un « tel ouvrage ne serait plus possible aujourd’hui » !
Discrimination, sexisme et rasoirs roses exorbitants
Même si la France, citoyenne et guillerette, trottine tous les jours vers les vastes prairies de l’égalitarisme total nous assurant à tous du miel et du lait par tsunamis onctueux, il n’en reste pas moins d’importants combats à mener pour s’assurer que nous arriverons tous à destination sans nous perdre en chemin. Aujourd’hui, nous découvrons avec stupeur une pierre de plus, jetée sur la route pourtant lisse qui doit nous mener au bonheur intégral : les produits féminins seraient bien plus chers que les produits masculins.
Or, s’il existe bien une règle absolue à laquelle personne n’échappera dans tout pays qui se veut égalitaire, c’est celle qui dit qu’on ne doit discriminer personne et, mieux, qu’on doit absolument accommoder tout le monde. Et ça tombe bien : la France est le pays qui a placé au rang d’art le fait d’accommoder les choses entre elles, comme en cuisine avec le sucré et le salé, ou en politique avec les blaireaux et les ânes. Accommoder les producteurs avec leurs consommatrices ne devrait donc pas relever de l’impossible, qui n’est pas Français et ça tombe donc encore mieux.
Tout part du constat d’une banalité presque violente que certains produits, destinés à des femmes, sont plus chers que leurs équivalents masculins.
Grâce à l’enquête de terrain mené par une volée de trentenaires ne reculant devant aucun effort pour découvrir une vérité jusqu’alors cachée de tous, le pays découvre petit-à-petit l’ampleur de la conspiration qui s’est jouée, depuis des décennies, contre la moitié de la population. C’est le collectif Georgette Sand, toute jeune association manifestement fort bien introduite auprès des médias, qui aura alerté l’opinion sur cet extraordinaire scandale, grâce à l’habile truchement d’un communiqué de presse facile à gober sans mâcher et à digérer pour le journaliste-pigiste du 21ème siècle. Et c’est Gaëlle Couraud, apparemment désignée par le collectif pour porter fièrement sa parole, qui s’est écriée :
« On s’est rendu compte que sur des produits de la consommation quotidienne, les femmes étaient systématiquement taxées ! »
Diable ! Ainsi donc, les femmes subiraient une « taxe rose » ! Ainsi, un déodorant (de couleur rose) pour les femmes sera vendu 4,15€ alors que le même en noir, insidieusement libellé « pour homme », ne sera vendu que 4,11€, soit une différence de 4 centimes. On pourrait, devant la modestie de la différence, hausser des épaules. Ce serait une grave erreur, parce que cette dernière est parfois bien plus importante, comme chez le coiffeur où le shampoing-coupe-brush s’étalonne gentiment autour de 8€ là où la même opération s’affiche à un 13€ indécent pour les femmes.
« C’est une injustice qui ne doit pas perdurer. »
C’est pourquoi, entre deux réformes dantesques et autres annulations de taxes virulentes dont le pays est maintenant perclus, les agents de la forteresse de Bercy se pencheront sur le cas épineux qui leur est présenté : une enquête sera lancée, des relevés seront faits, des actions seront prises et les coupables seront, soyez-en assurés, punis. Ouf, on a évité le pire.
Mais pas l’avalanche de facepalms.
Encore une fois, on est ici dans le même raisonnement boiteux que celui qui présuppose que les femmes sont victimes de discriminations salariales, et subiraient un plafond de verre qui leur interdirait des postes hauts placés comme grutier ou commandant de bord (ou qui relèguerait Christiane Taubira aux karaokés d’estrade). La réalité, comme bien souvent, est bien plus complexe que ce que les féministes de combat, les bobos et autres lutteurs anti-discrimination tous azimuts sont capables d’appréhender.
La réalité, c’est par exemple que si les femmes étaient systématiquement moins chères que les hommes à l’embauche, les patrons (dont on leur reproche d’être toujours trop près de leurs sous) n’embaucheraient plus d’hommes, et réaliseraient ainsi de substantielles économies sur leur masse salariale. Mais s’il ne le font pas, c’est à l’évidence qu’il y a un complot sexiste patriarcal et tant pis pour le rasoir d’Occam (dont la version rose se vend manifestement très mal).
La réalité, c’est que lorsqu’on le leur demande, les femmes préfèrent majoritairement être dirigées par des hommes que par des femmes. Là encore, il semble évident que l’enquête qui, depuis plusieurs décennies, parvient régulièrement à cette conclusion est réalisée par une bande de machos dominateurs. Aucune autre explication n’est possible.
Quant aux honteuses différences de prix entre les produits, l’énorme bruit de fond médiatique causé par la « révélation » du collectif de vaillants branleurs et de courageuses cruches en cache la raison pourtant fort simple : le marché, qui est l’agglomération rationnelle et inévitable de millions de choix individuels, a montré sans réfutation possible que c’est exactement ce que les gens voulaient. Non, le déodorant rose pour femme n’est pas le même que le déodorant noir pour homme et oui, certaines femmes sont effectivement prêtes à payer un peu plus pour avoir un emballage rose.
En toute logique, le collectif devrait s’en prendre à ces individus-là qui ont le mauvais goût de choisir une telle couleur pour un déodorant, qui ont le porte-feuille suffisamment détendu pour se permettre ce genre de folies. Mais voilà, s’en prendre à eux, c’est refuser la liberté de ces individus qui achètent des déodorants plus chers en toute connaissance de cause, ou (plus grave) sous-entendre qu’ils sont trop cons pour mesurer la différence.
Du reste, le collectif n’a pas mené l’étude inverse, qui aurait montré que certains produits, certains services, sont effectivement plus coûteux pour les hommes que pour les femmes (parce qu’avec les hommes, c’est bien fait pour eux, peut-être ?). Entre les chaussures et le prêt-à-porter (notoirement plus cher pour les hommes que pour les femmes, quantités écoulées obligent sans doute), et certains services gratuits pour les femmes mais pas pour les hommes (les entrées en boîtes de nuit, par exemple), on comprend qu’en réalité, la différence s’inscrit dans une démarche tout à fait logique et que la discrimination (i.e. la différenciation, la segmentation de marché) répond à la fois à un besoin pour le consommateur, et à une contrainte pour le producteur.
Enfin, on peut s’interroger franchement sur le bon sens de l’œuvre du collectif : à quoi peut bien servir la pétition lancée ? Combien pèseront les 20.000 (ou même 100.000 signatures) récoltées devant les millions d’actes individuels qui valident tous les jours, consciemment ou non, les stratégies des vendeurs et les attentes des acheteurs ? Le risque évident n’est bien sûr pas dans les petits crobards pétitionnaires, mais dans la suite qui leur sera donnée, sous forme d’un énième lobbying gouvernemental ou parlementaire, qui aboutira, une fois de plus, à une règlementation (ou pire, à une contre-taxe).
Et d’après vous, qu’adviendra-t-il de la liberté des prix lorsque ce lobbying sera passé ?
Pourquoi la France coule
Depuis une quarantaine d’années, l’Europe et les entreprises françaises internationales ont permis de sauver la France du naufrage. Mais cela ne suffit plus pour nous maintenir à flot : nous coulons.
Il nous faut aussi dépasser l’hypothèse de Friedman pour comprendre comment une poignée d’entrepreneurs français parvient encore à générer de la croissance. L’économie française ne s’effondre pas encore pour deux raisons essentielles. Tout d’abord, un nombre de très grandes entreprises parvient à contourner les restrictions en devenant globales. L’armement, les transports, les chaînes de distribution, le luxe, les banques et les compagnies d ‘assurance font la plupart de leurs affaires, et de leurs profits, à l’étranger. Seul leur siège social reste à Paris, pour bénéficier de l’image positive du « made in France ». Si leurs performances sont notables sur le marché international, il faut souligner que toutes ces entreprises ne datent pas d’hier. Parmi les 40 premières entreprises françaises qui dominent le marché, aucune n’a moins de 50 ans. En France, l’entreprenariat est davantage fondé sur un héritage bien géré que sur l’innovation.
Le gouvernement français est passé sous le contrôle de la Commission européenne après n’avoir pas tenu sa promesse de réduire la dette publique. En réalité, depuis trente ans, les gouvernements se sont tous montrés incapables d’équilibrer leur budget. La contradiction entre cette gestion catastrophique de l’État et la relative prospérité de la France reste un mystère. « Le gouvernement français se trompe sur tout, et pourtant le pays fonctionne », me déclarait Milton Friedman dans les années 1980. Milton Friedman expliquait cette contradiction entre une politique économique étatisée et un taux de croissance relativement satisfaisant par la fraude et le marché noir. « On ne paye pas ses impôts et l’on n’applique pas les réglementations trop strictes : les entrepreneurs peuvent donc continuer à produire et à innover. »
Dans le cas où l’hypothèse de Friedman serait juste, le marché noir et la fraude ne suffisent pas, aujourd’hui, à maintenir la croissance. Pour décrire la tendance, les médias emploient une expression paradoxale : croissance négative. La population française augmentant de 1% par an, une croissance négative signifie que le revenu par personne décline. Pour la classe moyenne, le choc peut être moins violent – on hérite d’un capital ou d’une maison de campagne. Pour les plus jeunes, la croissance négative signifie moins d’espoirs et pas d’emplois. Même pour les enfants de la bourgeoisie, les stages non rémunérés sont devenus la norme.
Cet effondrement de l’économie française ne doit pas être imputé exclusivement au gouvernement socialiste. Il est vrai que François Hollande n’a guère amélioré les choses en déclarant, lors de son élection, qu’il considérait le monde de la finance comme son pire ennemi, pour clamer deux ans plus tard son amour pour les entrepreneurs. Si Hollande était un vrai socialiste, les entrepreneurs pourraient s’adapter : plus déstabilisant, il se montre imprévisible. Ses gouvernements promettent de réduire la dette publique, mais elle augmente. Hollande annonce aux entrepreneurs qu’il va leur simplifier la vie, mais ajoute de nouvelles réglementations au nom de la protection de l’environnement. Ces étranges politiques n’expliquent pas à elles seules la tragédie en cours : le déclin a vraiment commencé dans les années 1980, quand le gouvernement n’a pas vu que la mondialisation nouvelle allait détruire la manière française traditionnelle de gérer l’économie par des monopoles, des marchés fermés etun capitalisme de copinage. Au lieu de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, les Français ont élu une série de présidents centralisateurs, de gauche comme de droite. Au lieu de déréglementation et de souplesse, tous ces dirigeants ont, sans exception, augmenté les impôts et les réglementations. Le paroxysme de cette tendance à contretemps fut atteint en 1998, avec la loi des 35 heures, qu’aucun gouvernement n’a encore osé supprimer.
Le second pilier qui maintient l’économie française est l’Europe. Les États européens restent les premiers clients de la France. La centralisation française est compensée par le marché libre de l’Union européenne : l’Europe limite la tendance française à tout réglementer et tout nationaliser. La Banque centrale européenne a mis un terme à la longue histoire d’amour entre la France et l’inflation. Si l’Euro semble fragile, le Franc était un fléau, menant, à travers l’inflation, à la déstabilisation répétée de la société.
Depuis une quarantaine d’années, l’Europe et les entreprises françaises internationales ont donc permis de sauver la France du naufrage. Mais ces bouées de sauvetage ne suffisent plus pour nous maintenir à flot : nous coulons. Le processus est probablement trop lent pour susciter un véritable sentiment d’urgence. Il est vrai que l’on parle de réformes, mais aucun leader politique et peu de commentateurs n’osent être précis sur le contenu de ces réformes. En un mot, la France aurait besoin d’une « destruction créatrice », le mot de Joseph Schumpeter (en 1940 quand il enseignait à Harvard) pour décrire le capitalisme en action. Manuel Valls ne va pas dans ce sens. Si le gouvernement était vraiment sérieux, il prendrait deux décisions radicales : abolir les 35 heures et autoriser l’exploitation du gaz de schiste, abondant. Ces deux verrous sont des freins à la croissance et des tabous politiques. Hélas ! Manuel Valls répète qu’il ne brisera pas ces idoles, mais se consacre à des « réformes », aussi insignifiantes que le nombre des régions. Il ne faut pas uniquement rejeter la faute sur sa lâcheté politique : il paraît impossible d’être élu en France avec un programme fondé sur le libre marché, quand un tiers de la population vit d’un emploi dans le secteur public ou de l’aide publique.
Voici pourquoi, pour la première fois dans l’histoire de France, des jeunes entrepreneurs quittent en masse leur pays pour commencer une nouvelle vie ailleurs : le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l’Allemagne et la Chine étant leurs destinations de choix. Un tel exil volontaire est sans précédent. On estime à trois millions le nombre de citoyens français, la plupart jeunes et actifs, ayant choisi de rester français mais pas en France. Ils rentreront chez eux pour les vacances, rendre visite à leurs vieux parents ou pour leur retraite. Le futur de l’économie française pourrait bien se trouver hors de France.
Sur le chemin d’Athènes
Écoutons bien Giscard lorsqu’il prédit qu’avant dix-huit mois, la France se retrouvera dans la situation de la Grèce, obligée de se placer sous la tutelle du FMI.
En fin de semaine dernière, la Commission européenne a écrit à Michel Sapin, notre distingué ministre des Finances et des Comptes publics, pour lui signifier que le projet de budget de la France pour 2015 ne tenait pas la route. Bruxelles s’inquiète notamment du déficit budgétaire qui s’accroît à nouveau et va venir grossir une dette qui étouffe progressivement toute l’économie. Vexé comme un pou, François Hollande a déclaré que le gouvernement français répondrait à cette lettre mais sans rien changer à son projet de loi de finances. Finalement, lundi soir, le gouvernement a amendé le budget en diminuant les charges de 3,6 milliards d’euros.
Bien sûr, certains diront que la Commission européenne n’a pas à nous donner des leçons, alors qu’elle a laissé l’Espagne et le Portugal aller dans le mur sans crier gare. Bien sûr, d’autres diront que le président de la République a bien raison de tenir tête à ces technocrates bruxellois qui veulent humilier la France. Bien sûr, derrière toute cette correspondance formelle, il y a aussi le jeu ambigu de l’Allemagne, qui veut contraindre notre pays à respecter les traités sans interférer elle-même dans notre politique budgétaire et dans les réformes annoncées. Il n’empêche que c’est la première fois dans son histoire que la France est sommée de donner des explications sur ses comptes publics, donc sur sa politique à moyen terme, les moyens qu’elle se donne et les réformes qu’elle envisage. C’est la première fois que la France, cinquième économie au monde et l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu pourvu du droit de veto, prend publiquement des coups de règle sur les doigts, comme le cancre de la grande classe européenne. C’est dire si le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe, lui qui n’avait pas hésité à mener la politique de la chaise vide à Bruxelles, entre juin 1965 et janvier 1966.
Mais il y a plus grave que la lettre, écrite en anglais, d’un obscur commissaire européen nous demandant quelques explications techniques. Au cours du week-end dernier, et en plein milieu des vacances de la Toussaint, l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing a accordé une longue interview à nos confrères du Figaro. Du haut de ses 88 ans, il se permet de remettre l’église au milieu du village. « Depuis dix ans, la France, comme tous les pays de l’Europe latine, s’est laissée aller au dévergondage budgétaire », assène-t-il d’emblée avant de rappeler que « les déficits ont des conséquences invisibles sur la dette. L’opinion ne les mesure pas. Elle croit qu’il existe un trésor caché qui payera la dette ». Et l’ancien chef de l’État de prédire le pire : « Aujourd’hui, nous sommes protégés par des taux d’intérêt très bas, mais c’est provisoire. […] Le changement de la politique monétaire américaine aura des conséquences sur les taux d’intérêt exigés par les créanciers de l’État français. Ce jour-là, notre pays risque de se retrouver dans la situation qu’a connue la Grèce. Les pouvoirs publics seront conduits à demander l’aide du FMI. ».
Autant VGE n’a pas toujours fait preuve de clairvoyance en matière sociétale ou d’immigration lorsqu’il était à l’Élysée, autant peu nombreux sont ceux qui peuvent prétendre que son jugement économique n’est pas fondé. Tout jeune ministre des Finances du général de Gaulle, il avait même préparé l’instauration d’une règle d’or pour empêcher la France de tomber dans le piège de l’endettement.
Tout cela donne du crédit à ses propos lorsqu’il voit la France emprunter le chemin de la Grèce, avec une dette qui va dépasser dans les mois à venir 100 % de notre richesse nationale et des intérêts annuels qui représentent 48 milliards d’euros. Le pire sera surtout le moment où les investisseurs étrangers commenceront à prendre peur. Déjà, la semaine passée, l’un des principaux gestionnaires américains de fonds spéculatifs a annoncé qu’il vendait tout ce qu’il détenait en titres de la dette française et qu’il achetait des actions grecques !
Et encore, l’ancien président de la République est optimiste lorsqu’il déclare que ce scénario apocalyptique pourrait intervenir d’ici dix-huit mois. Tout indique qu’il devrait se produire bien plus vite. Surtout si la croissance française ne redémarre pas, si Manuel Valls est contraint de quitter Matignon, si la gauche, comme l’a reconnu François Rebsamen, demeure « en situation d’échec » et si François Hollande se refuse à renverser la table d’un État providence en faillite. Il ne lui restera plus alors qu’à rejoindre le perron de l’Élysée et à attendre l’arrivée de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, venant lui annoncer qu’elle a accepté de prendre la France sous sa tutelle.
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