Victoires fulgurantes de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), massacre des chrétiens d'Orient, élection triomphale d'Erdogan en Turquie, escalade meurtrière entre israéliens et palestiniens, sommes-nous finalement en train d'assister au fameux choc des civilisations que prédisait le très controversé Samuel Huntington dès 1996?mercredi 13 août 2014
Irak, Gaza, Turquie, Syrie : assistons-nous au choc des civilisations ?
Califat, élection d'Erdogan en Turquie, conflit israélo-palestinien, les crises se multiplient au Moyen-Orient. La prophétie de Samuel Huntington serait-elle en train de se réaliser ? Le décryptage de Frédéric Saint Clair, ancien conseiller de Dominique de Villepin.
Victoires fulgurantes de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), massacre des chrétiens d'Orient, élection triomphale d'Erdogan en Turquie, escalade meurtrière entre israéliens et palestiniens, sommes-nous finalement en train d'assister au fameux choc des civilisations que prédisait le très controversé Samuel Huntington dès 1996?
Victoires fulgurantes de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), massacre des chrétiens d'Orient, élection triomphale d'Erdogan en Turquie, escalade meurtrière entre israéliens et palestiniens, sommes-nous finalement en train d'assister au fameux choc des civilisations que prédisait le très controversé Samuel Huntington dès 1996?
Frédéric SAINT-CLAIR: Un choc est par principe instantané. Mais que se passe-t-il avant? Et que se passe-t-il après? Est-ce que tous les évènements internationaux sont sensés participer de ce même choc? Une lecture de l'actualité internationale au travers du modèle développé par Huntington semble par trop statique. Il y a une dynamique des conflits qui lui échappe. En revanche, Samuel Huntington a mis en lumière un certain nombre de points cruciaux pour comprendre la période postérieure à la guerre froide, notamment l'émergence du culturel - et particulièrement du fait religieux - au sein des conflits, ainsi que la perte de vitesse du modèle occidental et de la notion de démocratie libérale. La vocation universaliste des droits de l'homme, le «doux commerce» qui, selon Montesquieu, était vecteur de paix, ne portent pas en eux une évidence et une force suffisantes pour être universellement acceptés. Paul Valéry, en introduction de son célèbre texte, La crise de l'esprit, écrivait: «Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.» Aujourd'hui, des individus dépourvus de toute humanité instrumentalisent la religion afin de mettre un terme aux valeurs prônées par la civilisation occidentale, y compris les valeurs chrétiennes, et imposer leur barbarie. Des civilisations peuvent disparaître ainsi, dans l'horreur, la nôtre également, et l'histoire en est témoin. Nous n'en sommes pas là ; en revanche, la question de la prééminence de ces valeurs est nettement engagée.
Dans une tribune publiée par le Monde, Dominique de Villepin explique, «Ce n'est en rien un choc immémorial entre les civilisations, entre l'Islam et la chrétienté, ce n'est pas la dixième croisade (…) Non il s'agit d'un événement historique majeur et complexe, lié aux indépendances nationales, à la mondialisation et au «Printemps arabe». Tous ces évènements ne sont-ils pas, malgré tout, liés par la montée de l'Islam radicale?
Le choc n'est en effet pas immémorial, et il ne s'agit en rien d'une opposition entre l'islam et le christianisme. Il ne s'agit pas non plus d'une croisade, ou alors à l'envers, car en Irak, ce sont des musulmans qui tyrannisent les chrétiens sous prétexte d'imposer leur religion. Si Dominique de Villepin a raison de souligner la complexité de l'évènement, vous avez raison de souligner la dimension islamiste radicale qui est à sa base. Mais l'islamisme radical en tant qu'hypertrophie politico-religieuse n'explique pas tout. Pour comprendre ces évènements nous devons aller plus loin et interroger ce qui est à son fondement, ce sur quoi les intégristes s'appuient, c'est-à-dire la composante politique de l'islam. Malek Chebel écrit: «L'islam restera viscéralement attaché à une vision globale de l'existence, de sorte que la vie organique n'est jamais séparée de la vie spirituelle, ni la vie individuelle de la vie collective […] Enfin, l'islam a réponse à tout, du berceau à la tombe.» La dimension politique de l'existence collective est donc incluse intégralement dans, ou même préemptée par, la dimension religieuse qui a vocation à être totalisante. Au-delà de l'islamisme, qui est une dérive extrémiste qui doit être combattue, l'islam politique questionne déjà le modèle de la démocratie libérale occidentale. Nous le constatons sur le territoire français, où les revendications religieuses face au droit républicain se multiplient. Comment, dès lors, cette dimension pourrait-elle être absente des révolutions nationales telles que les «printemps arabes» où de nouvelles structures politiques sont en train de naître, bien souvent dans la douleur? Avec beaucoup de patience et de tolérance, nous devons poursuivre et enrichir le dialogue entre démocratie libérale et islam.
L'Oumma, revendiquée par EIIL fait passer la communauté des fidèles, avant l'attachement à la nation. Existe-t-il un risque de voir ces différentes crises se rejoindre? En quoi diffèrent-elles vraiment les unes des autres?
Nous sommes là au cœur de la question théologico-politique liée à l'islam. L'Oumma pourrait, ou devrait, être considérée comme une communauté spirituelle, et elle ne saurait être perçue autrement dans la tradition mystique, mais, la tentation de lier pouvoir spirituel et pouvoir temporel - i.e. politique - affaiblit la notion de communauté religieuse et la rend susceptible d'être substituée à la nation démocratique. Le concept d' «ecclésia» - de communauté ou d'église - a été soumis à la même tension, mais, par un cheminement long et complexe, cette tension a été apaisée en Occident. Elle demeure en revanche intacte dans les pays arabes et dans les différents types de conflits qui ont été évoqués, avec des particularités propres, et des intensités variables.
Plus qu'au triomphe de Hungtington, assiste-t-on à la défaite de Francis Fukuyama qui pronostiquait la fin de l'Histoire? Loin d'avoir conduit à une «homogénéisation croissante de toutes les sociétés humaines» la globalisation n'a-t-elle pas, au contraire, exacerbée les identités?
Le modèle de Fukuyama a cristallisé en quelque sorte toutes les illusions nées de la Révolution Française et de la «supériorité» occidentale du XIXème siècle. Il y a en effet une crise de l'identité. Celle-ci n'est pas nouvelle même si elle prend de nouvelles formes, d'où la nécessité d'éviter les modèles englobants et statiques. La globalisation a accéléré la chute du modèle occidental matérialiste. Malheureusement, les valeurs humanistes présentes à la base de ce modèle, telles que les droits de l'homme, la liberté, l'égalité, la fraternité, ont subi le même sort. La haine de l'Occident, qui grandit, amalgame toutes les composantes d'un modèle occidental multiforme fragilisé par notre incapacité à le remettre en question et à le renouveler. Il semble nécessaire de revenir aux fondamentaux de notre civilisation, et de les cultiver. Gandhi écrivait: «L'amour est la plus grande force au monde et, en même temps, la plus humble qu'on puisse imaginer.» Pour apaiser les tensions identitaires, au moins dans notre pays, c'est cela qu'il faut mettre en pratique. Notre tradition républicaine a beaucoup insisté sur la liberté et l'égalité et a oublié bien souvent la fraternité, qui, selon Pierre Leroux, était la condition de l'unité. Par exemple, les étrangers vivant sur le sol français, qu'ils soient juifs, musulmans, athées, ou autre, doivent être inclus dans cette fraternité républicaine, car c'est par là que notre attachement à nos valeurs s'exprime le mieux.
Si l'histoire a montré que la France avait eu raison de s'opposer à l'intervention américaine en Irak en 2003, face au nouveau désordre mondial créé par celle-ci ainsi que face aux effets collatéraux des printemps arabes, faut-il désormais intervenir, notamment pour protéger les chrétiens d'Orient?
Oui, il faut intervenir, car les conditions sont radicalement différentes. En 2003, Bush partait en guerre contre Sadam Hussein persuadé de trouver des têtes nucléaires enfouies dans le sol irakien, et de participer ainsi à la lutte contre le terrorisme. Aujourd'hui, nous sommes face à une oppression réelle, à des populations entières jetées le long des routes, dans des conditions terribles. Nous devons cependant rester vigilants face à la tentation guerrière. La reconstruction de la paix est l'unique objectif.
«Il faudra une génération au Moyen-Orient pour entrer dans sa propre modernité apaisée, mais d'ici là il est guetté par la tentation nihiliste, par le suicide civilisationnel. Nous sommes à la veille du moment décisif où la région basculera de l'un ou de l'autre côté.» Quel rôle les pays occidentaux pour éviter le basculement du mauvais côté?
Nous pouvons parler de «nihilisme» car c'est bien d'une négation des valeurs morales de l'Occident dont il s'agit. En revanche, la perspective d'une entrée dans une modernité apaisée à horizon d'une génération reste difficilement envisageable. C'est une société close qui se dessine dans cette région du monde, et le modèle occidental n'a que peu d'influence sur elle. Le «soft power», pour employer un terme repris par Fukuyama, est devenu quasiment inopérant. L'aide aux populations défavorisées, l'aide humanitaire que la France va superviser en Irak - et dont nous devons être satisfaits -, participe du rôle que vous évoquez et qui peut être déterminant, notamment sur le chemin parfois long qui mène à la paix.
Il faut en finir avec tout ce fun qui pollue
Il faut en finir avec tout ce fun qui pollue
On le sait, je l’ai déjà écrit à de multiples reprises, l’humain est plus qu’un fardeau pour cette Terre : c’est, véritablement, une nuisance. Et une nuisance qu’il est même devenu simple de quantifier : un peu en dessous de l’astéroïde qui décima les dinosaures, mais pas tant que ça. Car oui, l’humain est responsable d’une véritable extinction de masse.
Pour rappel, la dernière extinction de masse, survenue au crétacé-tertiaire, serait due, selon la théorie la plus solide actuellement, à un gros caillou (d’une dizaine de kilomètres de diamètre) ayant heurté la Terre au niveau du Mexique. L’humain n’existant pas à l’époque, il n’a pas pu être blâmé pour cette extinction et cette diminution tragiques de la biodiversité, mais rassurez-vous, il n’en va pas de même aujourd’hui. Grâce à la conjonction d’une étude, réalisé à Stanford et qui manipule le conditionnel et les précautions rhétoriques par packs de douze, et à une presse déchaînée qui ne s’embarrasse pas, elle, de ce conditionnel et de ces précautions, on apprend quel’humain est directement responsable de la sixième extinction de masse sur la planète.
Vous avez bien lu, on parle en effet d’extinction de masse, rien de moins, et provoquée par l’Humain avec ses petits bras. Enfin, petits, pas tant que ça. D’abord, l’humain a le mauvais goût d’être très nombreux, de péter, de roter et de parler fort quand il est en groupe. Ensuite, il a inventé tout un paquet de machines, toujours plus polluantes, qui amplifient largement sa capacité à faire d’innommables dégâts en plus de ses caquetages insupportables. Enfin, l’humain, au lieu d’assumer sa nature pourtant évidente de parasite mal embouché qui fait trop de bruit, adore se culpabiliser et faire des petits calculs, et a donc décidé d’inventer un concept, la biodiversité, définie de façon aussi peu claire que possible.
Parce qu’en effet, il y a biodiversité et biodiversité. S’il est simple d’accoler l’image de multiples races de félins à celle de biodiversité (même si les cougars viennent de disparaître, semble-t-il), s’il semble convenu que la biodiversité englobe bien le fait qu’on trouve plusieurs espèces de moules sur les bouchots ou les canapés, une définition plus précise est délicate à trouver. Ça sent le concept un peu fourre-tout.
Ainsi, la récente apparition d’une nouvelle espèce de virus Ebola ne semble absolument pas réjouir nos vaillants défenseurs de Gaïa. Il semble que lutter contre la biodiversité virale ne pose guère de problème. À leur décharge, il faut dire que mourir du virus Ebola, ce n’est pas franchement glamour, et que s’il prenait la fantaisie à nos écolos de combat de sautiller de joie à l’idée d’une prochaine disparition de l’humanité (ne riez pas, ils en sont capables, comme jadis le prince d’Édimbourg souhaitant être réincarné en virus mortel afin de réduire la population terrestre), cela nuirait probablement à leur image de marque, si propre et verte nette par ailleurs. Ceci permet d’affirmer que cette biodiversité n’a pas vraiment besoin d’être définie, et qu’il suffira de simplement en parler avec un air attristé pour que tout le monde (les humains, surtout) comprenne.
Moyennant quoi, la conclusion s’impose : non seulement, cela va de mal en pis, mais en plus, c’est de la faute des humains. En effet, la biodiversité (définie par l’humain), qui atteignait jadis la valeur précise mais non discutable de 2733.276 brols (calculée par des humains) est en train de s’effondrer (c’est vérifié par des humains) parce qu’elle n’atteint plus que 1801.123 brols, et c’est mal (disent des humains) parce que c’est l’humain qui est à l’origine de cet effondrement pour 93.74% (à peu près). Et c’est mal parce que, parce que, parce que bon c’est mal.
Bon, bien sûr, il y a une petite incertitude sur les valeurs, les mesures et les pourcentages. Et sur les causes. Et sur les effets de l’humain sur la planète, à court, moyen et long terme. Sur le plan géologique, où la centaine de milliers d’années est la norme, peut-être est-il aussi envisageable de se dire que l’humanité n’a pas tout à fait un impact aussi percutant qu’un gros caillou de 11 km de diamètre et 400.000 milliards de tonnes, lancé à 20.000 km/h de plein fouet sur la péninsule du Yucatan. Mais vu depuis les petits papiers subventionnés de certains chercheurs ou dans la presse elle aussi subventionnée et acquise à la cause écologiste, en revanche, l’identité des deux impacts (celui de l’Homme d’un côté, et celui du Gros Caillou de l’autre) est absolument évidente : lâchez sur la planète sept milliards de petits mammifères idiots avec des voitures, des iPhones, des déodorants alcoolisés et une absence chronique de préservatifs solides, et hop, vous avez l’équivalent sur le biotope d’une explosion de plusieurs milliards de bombes atomiques.
C’est absolument évident.
Il faut donc lutter, pied à pied, contre tout ce que l’humain fait de mal. Et il y en a, des choses que l’humain fait de travers, à commencer par respirer. Ça va, bien sûr, des feux de brousse (même ceux, nombreux, déclenchés par la foudre qui sont en réalité le résultat du réchauffement climatique, lui aussi de la fautàlom) jusqu’aux … ballons lors des événements festifs.
Oui oui, les ballons lâchés lors d’événements commémoratifs, festifs ou autres sont autant de marques répugnantes du passage cradingue de l’Homme sur Terre et doivent être ardemment combattus, comme en atteste le récent dépôt de plainte d’une association écologiste contre la très méchante et très polluante mairie de Reims qui a eu l’impudence biochoquante de lâcher 2000 ballons dans le ciel champenois. Deux p*t@1n de milliers de ballons en latex pour commémorer le centenaire de la Première Guerre Mondiale, c’est une véritable offensive contre la Nature, une bastonnade en règle des ours, des dauphins et des tortues qui ont la pénible habitude de mâchouiller de la baudruche lorsqu’ils en trouvent, quitte à s’en étouffer (parce qu’aussi mignons soient-ils, ils ne sont tout de même pas très futés, ces bestiaux). Ces 2000 ballons sont une déclaration de guerre scandaleuse, que dis-je, un tortucide, un dauphicide voire un oursicide éhonté !
Et comme on sent l’association Robin Déboire Des Bois bien chaude dans sa lutte contre les commémorations et le fun coloré des petits ballons tortucidaires, je leur propose d’une part d’attaquer Disney pour incitation à la pollution avec son film d’animation, Là-Haut, qui présente un retraité écophage et pollugène déplaçant sa maison avec — horreur — des milliers de ballons gonflés — horreur des horreurs — à l’hélium, et d’autre part d’étendre leur combat à toutes ces manifestations un peu trop démonstratives et beaucoup trop polluantes qui ajoutent l’outrance et la démesure aux bruits agaçants que cette Humanité qui rote et qui pète n’arrête pas de faire. Il faudrait par exemple déposer une bonne grosse plainte à chaque fois qu’un feu d’artifice municipal est tiré. Non seulement, cela fait un tapage d’enfer, mais cela pollue un maximum, produit une quantité non négligeable de gaz à effet de serre, ne sert absolument à rien et diminue à l’évidence la biodiversité. Il en sera de même pour les raves-parties, les manifestations culturelles diverses et les rassemblements politiques ou syndicaux qui laissent souvent un bien triste paysage, couvert de cochonneries polluantes, après leur passage.
De plaintes en plaintes, l’association pourra clairement montrer qu’elle a, elle, œuvré concrètement à la protection de la faune et de la flore que ces études ont montré si menacées. Bien sûr, l’Humanité s’en trouvera nettement moins joyeuse. Mais la sauvegarde des espèces passe par là : sans repentance, nulle biodiversité.
FRANÇOIS HOLLANDE, ARCACHON DEMANDE SA DÉMISSION
Un collectif s'est monté à Arcachon afin de demander la démission du président de la République. Afin de se faire entendre, les militants ont loué un ULM pour propager leur message sur les côtes landaises.
François Hollande n'est pas vraiment au top dans les sondages. Il est même cruellement en déficit de sympathie. Il faut dire que le Gayet Gate n'a pas joué en sa faveur. Le président de la République n'est pas la personnalité préférée des Français. Et il faut qu'il remonte dans leur cœur s'il veut se représenter pour un deuxième mandat. Cette perspective n'enchante pas tout le monde. En effet, des habitants du bassin d'Arcachon se sont
mobilisés pour demander la démission de l'ancien compagnon de Valérie Trierweiler. Ainsi, ils ont créé une pétition. Le collectif "Hollande Démission" met les grands moyens pour pouvoir véhiculer ses idées. En effet, ils ont été jusqu'à louer un ULM pour déployer une banderole sur les côtes landaises, dimanche 10 août. L'engin a décollé du Cap Ferret pour atterrir à Biarritz, soit plus de 200 kilomètres de côte. Une action qui a fait grand bruit. Le leader s'appelle David Van Hemelryck et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est très actif sur les réseaux sociaux. Les messages contre François Hollande pleuvent. Si David a du cœur, il fera une pause dans son combat, demain, à l'occasion de l'anniversaire de François Hollande. Soixante ans, ça se fête. D'ailleurs, le président de la République a décidé de quitter La Lanterne de Versailles pour aller festoyer avec sa famille, dans la plus grande discrétion dans le Sud Est de la France.
mobilisés pour demander la démission de l'ancien compagnon de Valérie Trierweiler. Ainsi, ils ont créé une pétition. Le collectif "Hollande Démission" met les grands moyens pour pouvoir véhiculer ses idées. En effet, ils ont été jusqu'à louer un ULM pour déployer une banderole sur les côtes landaises, dimanche 10 août. L'engin a décollé du Cap Ferret pour atterrir à Biarritz, soit plus de 200 kilomètres de côte. Une action qui a fait grand bruit. Le leader s'appelle David Van Hemelryck et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est très actif sur les réseaux sociaux. Les messages contre François Hollande pleuvent. Si David a du cœur, il fera une pause dans son combat, demain, à l'occasion de l'anniversaire de François Hollande. Soixante ans, ça se fête. D'ailleurs, le président de la République a décidé de quitter La Lanterne de Versailles pour aller festoyer avec sa famille, dans la plus grande discrétion dans le Sud Est de la France.
La période de tonte n'est pas close
La période de tonte n'est pas close
Ce fut l’une des pires erreurs de communication politique de Jean-Marc Ayrault : assurer que neuf Français sur dix ne seraient pas concernés par les hausses d’impôts. C’était au temps de la gauche triomphante, sûre d’elle et intellectuellement dominatrice : il fallait tondre les riches et les problèmes de la France seraient réglés. On sait ce qu’il en est advenu : un an plus tard, le ras-le-bol fiscal était dans toutes les têtes, et l’équipe au pouvoir était devenue impopulaire auprès de huit Français sur dix.
Pourtant, le même scénario est en train de se mettre en place. Cela fait maintenant des mois que François Hollande puis Manuel Valls assurent que la pause fiscale est là, que les impôts vont baisser pour un, deux, trois, bientôt quatre millions de contribuables. On se perd dans les promesses, on s’embrouille dans les chiffrages, on se mélange dans les seuils, mais on ne voit toujours rien venir d’autre que des hausses de prélèvements, des colmatages de niches, des suppressions d’exonérations. Et pour cause : les mini-baisses d’impôts annoncées ne concernent qu’une minorité de contribuables, et rarement ceux qui ont été durement touchés par le matraquage précédent. Les autres, les plus nombreux, reçoivent ces jours-ci la confirmation que la période de tonte n’est pas close, et qu’elle touchera encore cette année une immense majorité de contribuables.
Tout se passe donc comme si le gouvernement recommençait à s’auto-intoxiquer, enivré de toujours-plus de promesses pour toujours-moins d’impôts, mais sans aucune chance ni de convaincre ni d’efficacité économique. On l’avait déjà entrevu avec la glorieuse affaire des trente-cinq heures, mais cette fois, le doute n’est plus permis : l’une des caractéristiques de la gauche est de ne rien apprendre de ses erreurs.
mardi 12 août 2014
60 ans de François Hollande : la retraite, c'est maintenant !
Heureux qui, comme François Hollande, se prépare à passer le plus glorieux des anniversaires. Notre président, en effet, peut se targuer, contrairement à ses prédécesseurs, d'avoir tout réussi et notamment ce fait unique de réaliser, en moins de 2 ans œ, la moitié de son programme de campagne. Il n'a jamais formulé de promesses qu'il n'a su tenir: inversion de la courbe du chômage dès la fin de 2013, passage au-dessous des 3% du déficit pour respecter la règle européenne, diminution lente mais sûre de la dette nationale, interdiction tenue à la famille Dibrani de rentrer en France, amélioration sensible du moral de la population et de l'apaisement des esprits. Les Français, pour une fois, ne se montrent pas ingrats: son indice de popularité n'a jamais baissé en-dessous de la ligne de flottaison des 50% d'opinions favorables.
Non que tout soit résolu, évidemment: le passif laissé par son prédécesseur exigeait des travaux d'Hercule, qui ont été néanmoins entamés avec force et audace. Sur le plan européen, François Hollande a réussi cet exploit de peser sur les volontés d'Angela Merkel en ajoutant la dimension croissance au pacte européen. Au tandem bling-bling de la Merkozy, s'est substitué un leadership français d'autant plus évident qu'il portait sur les nécessaires notions de liberté, d'égalité et de fraternité que les gnomes de Bruxelles avaient tôt fait d'oublier. Sur le plan international, les expéditions du Mali, de la Centrafrique ont montré le courage et la ténacité de nos gouvernants. Ne pas oublier aussi que la France était prête à renverser Bachar El Assad mais que, malheureusement les Américains ont traîné les pieds, d'où le marécage aujourd'hui. Enfin, devant la tragédie des chrétiens et des yazidites d'Irak menacés d'un véritable génocide, Fabius a promis une aide humanitaire et il tiendra sa promesse. Il ne sera pas dit que ces populations mourront de faim.
N'oublions pas surtout ces magnifiques avancées sociétales du mariage pour tous et des lois Taubira qui sont en train de bouleverser, à tous égards, la vie des Français
Répétons-le une fois pour toutes, François Hollande a bien mérité un glorieux anniversaire. Et l'application d'une des plus belles lois progressistes de notre cher et doux pays: la retraite à 60 ans.
Père Hollande,
qui est odieux,
que ton nom soit oublié,
que ton quinquennat s'achève,
que ta volonté cesse en France comme ailleurs,
épargne nous aujourd'hui ta connerie quotidienne,
pardonne nous notre méfiance comme nous pardonnons
à ceux qui t'ont élu et ne nous soumets pas à la tentation
de te virer mais délivre nous de ta présence
car c'est à toi qu’appartient la médiocrité, l'incompétence
et le déshonneur pour les années écoulées et à venir
Amen !
lundi 11 août 2014
Expatriation : chut, la France se vide !
L’expatriation des Français vers l’étranger s’amplifie. Pourtant personne n’en parle. Pourquoi ?
Pour des raisons idéologiques : en parler serait un aveu d’échec et remettrait en cause les convictions du petit monde qui nous gouverne.
Je suis démographe, je sais que les Français émigrent massivement. Je suis un ancien dirigeant d’une entreprise internationale, je comprends pourquoi ils le font. Je suis un économiste libéral, je comprends encore mieux pourquoi. Mais, en dehors de quelques journaux économiques, personne n’y croit et les propos que je tiens sur ce sujet paraissent excessifs. Qu’en est-il et pourquoi ?
Combien d’émigrants ?
On ne connait pas leur nombre, parce que l’on ne recense pas les raisons des sorties du territoire (Tourisme ? Voyage de travail ?). En particulier, un cadre supérieur travaillant à Londres ou Bruxelles et rentrant à Paris le week-end ne sera pas pris en compte bien que ce cas soit le plus grave pour l’économie nationale comme nous le verrons plus bas.
Les chiffres officiels ne donnent ni l’immigration ni l’émigration, mais le solde migratoire (immigration moins émigration) : 40 000 personnes pour 2012. L’immigration se situant entre 200 et 300 000 personnes, l’émigration serait donc cette année-là de 160 à 260 000 personnes. Or, il semble qu’elle s’est accélérée depuis pour les raisons que nous allons voir.
C’est donc un phénomène massif.
Est-ce grave ?
Tout dépend de qui part et par qui il est remplacé : si nous perdions trois bons informaticiens, mais que trois génies de la Silicon Valley venaient s’installer en France, il n’y aurait pas de problème. Mais les causes de départ dont nous allons parler maintenant vont nous montrer que justement ce qui fait partir les uns fait que les autres ne viennent pas.
Pourquoi ?
Ces causes de départ et de « non-arrivée » sont à la fois psychologiques et fiscales, les deux étant bien sûr intimement liées. Les raisons psychologiques peuvent être résumées par le terme « sentiment anti-entreprise » et sont aggravées par un sentiment d’insécurité et d’incohérence. Cette hostilité a dans un premier temps facilité leur surtaxation, et freine actuellement la correction de cette erreur : les parlementaires continuant à proposer de multiples petites mesures alourdissant les impôts et les complications.
À mon avis d’ancien responsable d’une entreprise internationale, le plus grave ce sont les incohérences, car elles brouillent les messages. On constate en effet que le gouvernement français attaque « la finance », tout en demandant aux financiers de lui prêter à bas prix pour financer son déficit. Les attaques brutales contre les patrons étrangers et maintenant contre le Medef contredisent l’appel aux entreprises françaises et étrangères d’investir et d’employer en France.
Le plus maladroit a été de faire payer aux entreprises une pénalité de 75 % des salaires des cadres les plus brillants. Résultat : elles recrutent certains grands cadres à l’étranger, ainsi que toute leur équipe. Le grand cadre en question peut d’ailleurs venir de France et y rentrer chaque week-end. Comme nous l’avons dit plus haut c’est une catastrophe, sa famille bénéficiant des avantages scolaires et sociaux français tandis qu’il paye ses impôts à l’étranger.
Les grandes banques françaises délocalisent vers l’Inde des activités haut de gamme : informatique, back-office (Les Échos du 28 avril 2014), et autorisent leurs filiales, notamment à Londres, à recruter localement. Total a installé dans cette ville son service de trésorerie et la bourse de Paris ses gros ordinateurs. Le DG de Sanofi et son comité exécutif sont à Boston (Le Monde du 4 juin, qui titre « l’exode des états-majors du CAC 40″).
Et le mouvement s’étend aux sièges sociaux dans leur ensemble : Lafarge ira à Zurich après s’être réfugié dans les bras de son collègue suisse Holcim, Rhodia ira en Belgique chez Solvay. C’est autant d’emplois de moins en France qui pèsent sur les recettes fiscales, tant directement qu’indirectement du fait de la consommation qui disparaît. Pourquoi rester en France si on y paye plus d’impôts, qu’il est plus difficile d’y gérer son personnel et qu’en plus on se fait insulter ?
Donc on « vote avec ses pieds » en émigrant. André Bercoff et Déborah Kulbach publient chez Michalon Je suis venu te dire que je m’en vais, Julien Gonzalez publie chez la Fondation pour l’innovation politique Trop d’émigrés ? Regard sur ceux qui partent de France« , où est notamment repris ce sondage de 2013 selon lequel 51 % des 25-35 ans quitteraient la France s’ils le pouvaient. Or le monde entier recherche non seulement les plus qualifiés, mais aussi tous ceux « qui en veulent ». Quand je demande des nouvelles de leurs enfants à mes amis, ils me disent qu’ils sont au bout du monde.
Cela dépasse de très loin les exilés fiscaux recensés par Bercy (3 % des départs, d’après André Bercoff) : un entrepreneur qui se lance butte sur le coût des charges et la complication de la gestion du personnel, et se verra taxer à l’ISF et sur les plus-values s’il réussit. En attendant, comme il se rémunère peu ou pas du tout, sa fuite est ignorée par Bercy.
Londres est la grande gagnante de ces maladresses et incohérences, (décompte très partiel puisqu’il ne s’agit que des « investissements directs », et non des opérations signalées ci-dessus). Cela pour des raisons fiscales, mais surtout par la considération dont bénéficient les entrepreneurs et les entreprises, et par la liberté du marché de l’emploi (liberté qui ne crée pas de chômage puisque l’Angleterre crée 100 000 emplois par mois) ! « Nation de boutiquiers » disait Napoléon, sans voir que c’était justement sa force.
En résumé, l’émigration est un phénomène très grave, en nombre comme en qualité puisqu’il s’agit soit d’employeurs actuels ou potentiels, soit de futurs employés qui auraient dépensé et cotisé. On ne peut s’empêcher de penser à l’exode des huguenots poussés à quitter la France par Louis XIV. C’était pour des raisons religieuses dira-t-on, mais à l’époque le religieux était idéologique. L’État était catholique, les catholiques étaient traditionalistes et leur élite rentière, les protestants étaient entrepreneurs ou artisans qualifiés. Le résultat a été une catastrophe pour la France, et une bénédiction surtout pour la Prusse, mais aussi pour l’Angleterre, les États-Unis et même l’Afrique du Sud !
En résumé, l’émigration est un phénomène très grave, en nombre comme en qualité puisqu’il s’agit soit d’employeurs actuels ou potentiels, soit de futurs employés qui auraient dépensé et cotisé. On ne peut s’empêcher de penser à l’exode des huguenots poussés à quitter la France par Louis XIV. C’était pour des raisons religieuses dira-t-on, mais à l’époque le religieux était idéologique. L’État était catholique, les catholiques étaient traditionalistes et leur élite rentière, les protestants étaient entrepreneurs ou artisans qualifiés. Le résultat a été une catastrophe pour la France, et une bénédiction surtout pour la Prusse, mais aussi pour l’Angleterre, les États-Unis et même l’Afrique du Sud !
Pourquoi ce silence sur l’émigration ?
Je risque une hypothèse : la plupart de nos décideurs, de leurs inspirateurs et de leurs exécutants, y compris à des niveaux modestes, ont des postes stables et des revenus fixes. En cas de problème, on recase les « grands » à la tête de tel organisme ou à Bruxelles. Au pire, ils retournent « dans leur corps d’origine », tandis que les plus modestes sont inamovibles. Cela se répercute sur leur vision du monde.
Par exemple, ayant des revenus fixes et assurés, il leur paraît évident qu’augmenter la pression fiscale augmente les recettes de l’État. Ils s’étonnent que ça ne marche pas. On trouve dans Le Monde du 2 juin 2014, deux articles sidérants sur ce sujet, que l’on pourrait résumer par : « sur les 28 milliards d’impôts attendus du fait des majorations, seuls 12 sont rentrés, donc Bercy a fait une erreur de calcul ».
Or l’erreur n’est pas de calcul, mais d’ignorance : ils ne « réalisent » pas qu’en dehors de leur milieu, les revenus sont variables et les emplois non garantis, et qu’augmenter l’impôt aura des conséquences qui vont en réduire l’assiette : l’émigration justement, mais aussi l’assèchement faute d’argent des investissements de compétitivité, et donc la création d’emplois et bien d’autres ajustements, notamment le retour au travail au noir dans le bâtiment et les services à la personne (voir les nombreux articles des Échos sur ce sujet).
Au-delà de cet exemple fiscal, il y a l’ignorance des réactions et contreparties à toute décision économique. Et cette ignorance est parfois cultivée : un de mes interlocuteurs se félicitait récemment qu’un avocat d’affaires ne pourrait devenir ministre, pensant probablement à d’éventuels conflits d’intérêts. Alors que l’évidence, à mon avis, est que la nomination d’un familier des entreprises aurait évité bien des maladresses psychologiques et fiscales, et donc sauvé énormément d’emplois.
Il y a tout un écosystème idéologique, en France comme ailleurs, qui ignore les mécanismes basiques de l’économie que sont la table de soustraction et la contrepartie : si on produit moins que ce que l’on consomme, on s’endette et l’expérience grecque hier et argentine aujourd’hui en montre les limites ; si on augmente le coût et complique la réglementation de la construction, de la location ou du travail, on voit disparaître les logements neufs, les logements à louer et les emplois.
Cet écosystème a ses clubs, ses publications, ses enseignants, ses militants ; tous se documentent les uns chez les autres.
Il s’agit souvent d’idéalistes pleins de bonnes intentions (et de quelques cyniques jouant la comédie pour être élus), qui pensent que l’histoire est injuste et donc en nient les leçons. Mais le problème est que ce groupe est au pouvoir en France, ce qui est une exception dans les pays développés, où l’on nous regarde avec commisération, comme je le constate souvent lors de mes activités à l’étranger.
Espérons que leur échec amènera nos décideurs à se renseigner : quelques visites à des experts-comptables leur montreraient la ruine de nos PME, nos principaux créateurs d’emplois, de façon plus parlante que les rapports de l’INSEE qui les ignorent largement !
PME ruinées, grandes entreprises se redéployant à l’étranger, entrepreneurs allant créer ailleurs, étudiants qualifiés et chômeurs dynamiques allant travailler aux quatre coins du monde : la France se vide. Si nos gouvernants continuent ainsi, il ne restera à terme que des services publics tournant à vide. Par exemple, il y aura beaucoup moins d’élèves par classe. Le bonheur, vous diront les enseignants. Oui… à condition de se passer de salaire.
Les sucettes de Fabius
Fabius se démène devant les médias et se balade dans des États improbables dont les frontières ne veulent plus rien dire, avec des gouvernements incertains dont personne ne sait qui y fait quoi et qui trahit qui. J’ai découvert au passage qu’il y avait un ministre irakien des droits de l’Homme, ce qui est sans doute une forme d’humour local. On croise des combattants mal identifiés, dont personne ne sait qui ils combattent, s’ils combattent ou s’ils vendent/donnent/abandonnent leurs armes aux autres pour en réclamer de toutes neuves ensuite aux occidentaux ( et non pas, par exemple, à la ligue arabe ou à la Conférence Islamique…).
Il est vrai que si ces braves gens ne veulent pas de la démocratie-urne et lui préfèrent la démocratie-kalachnikov, qui suis-je, européen pétri de repentance pour porter un jugement ?
Donc, allons-y pour l’aide humanitaire. Avec quels avions? Hollande-va-t-en-guerre est obligé de louer à prix d’or des gros porteurs ex-soviétiques pour nos troupes disséminées dans l’Afrique profonde et bordélique. Parce qu’il faut souligner encore une fois que cette armée qu’on aime évoquer par opportunité, chez les socialistes, quand une campagne de presse subventionnée tire la larme à l’œil dans les chaumières et les banlieues » défavorisées, cette armée est sabotée et rabotée depuis deux années, encore plus que sous Sarko…Honte suprême, on pourra envisager un avion « français « pour 100 américains.
Le passé aussi appartient à l’État
La situation internationale est tendue. La situation intérieure l’est tout autant. Des manifestations, interdites, dégénèrent. Dans certaines cités, pudiquement appelées sensibles, les urgences ne se déplacent plus et, parfois, cela entraîne des conséquences fâcheuses. Heureusement, les autorités veillent, les douanes, notamment, sont sur le pont. Et un vigneron, archéologue amateur, va salement trinquer.
Oui, parce que s’il y a parfois, en France, des individus qui bénéficient d’une justice très clémente ou d’un vice de procédure commode, d’autres seront, eux, correctement pourchassés, traînés en justice et condamnés d’autant plus fermement que leurs exactions sont abominables et ne méritent aucune pitié de la part des pouvoirs publics et du peuple qu’ils représentent.
De ce point de vue, on ne peut qu’applaudir devant le fier travail de la douane française qui a permis de démanteler tout un réseau de trafiquants d’antiquités, réseau international composé de tout un dangereux viticulteur de la Marne et de l’intégralité de sa femme. Et les faits qui sont reprochés à cette bande criminelle sont particulièrement graves et répugnants : le tribunal correctionnel de Meaux a reconnu ce vigneron de 60 ans coupable d’avoir fouillé des terrains privés, certes avec l’autorisation des propriétaires, mais sans celle, impérative, officielle, indépassable et indispensable de l’État, puis d’y avoir trouvé des choses, puis d’en avoir pris possession et, pour certaines, de les avoir vendues contre de fortes sommes à deux ou trois zéros. L’amende douanière, aussi logique qu’implacable et minutieusement calculée, s’établit donc à 197.235 euros précisément pour ces abominables vols d’objets archéologiques.
Pour faire bonne mesure, cette sanction est assortie d’une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis. Quant à son épouse, au départ poursuivie pour recel, elle a droit à une amende de 3500 euros pour complicité, ce qui lui fera réfléchir à deux fois à son mariage, tiens. S’ils avaient eu un fils, un chien et un canari qui passaient par là, soyez sûrs qu’ils auraient aussi pris cher. On ne défie pas ainsi la puissance de l’État sur son patrimoine archéologique sans se retrouver, un beau matin, avec les deux rotules pétées et deux ou trois doigts sectionnés. Notez que ce n’est rien de personnel, mais business is business et si l’État laisse faire, rapidement, la pratique de la prospection va s’installer et on risque de voir 45.000 personnes la pratiquer tous les ans. Ce serait horrible, comme de voir des châteaux ou des églises tomber en ruine.
Eh oui, on ne badine pas avec le patrimoine français, d’autant qu’ici, la volonté de nuire était évidente : le viticulteur — quel salaud ! — faisait ses recherches méthodiquement, précisément là où les archéologues et autres chercheurs dûment accrédités ne vont pas. Il profitait — quel fourbe ! — de l’expérience acquise auprès de son grand-père, probablement une autre pointure mafieuse dans le blanchiment d’argent et le trafic d’antiquités, et notre horrible individu s’était constitué — quel goujat ! — avec l’aide ancestrale et au cours des années, un véritable petit musée de plusieurs milliers de pièces diverses et variées qui n’auraient jamais été découvertes s’il n’avait pas pris la peine de sombrer dans sa coupable passion archéologique.
Heureusement, et pour peu que l’appel, interjeté par ce filou, n’aboutisse pas, cet archéologue amateur est à présent ruiné. C’est bien fait ! Depuis quand la République peut-elle ainsi tolérer que des gens exhument son passé, s’en emparent, l’entretiennent et le fassent vivre ? On commence comme ça et bientôt, on en vient à parler des racines celtiques, gallo-romaines, voire, pire que tout, chrétiennes de la France et là, c’est la porte ouverte aux heures les plus sombres de notre histoire ! Il était temps d’agir et grâce au remarquable travail de la douane qui a ainsi saisi quelques poignées de pièces anciennes, la France est maintenant un pays un peu plus sûr, un peu plus policé, un peu plus régulé.
C’est vraiment trop cool.
Et puis, savoir qu’il est formellement interdit d’aller, avec la seule permission des propriétaires, fouiller un terrain privé pour y trouver, éventuellement, une poignée de débris millénaires dont la large abondance enlève toute valeur réelle autre qu’historique, c’est indispensable. Là encore, on peut se demander depuis quand la République autoriserait-elle ainsi deux adultes consentants à contracter ensemble, sans y mettre un frein et des bornes strictes ? Laisser faire une telle chose, c’est s’assurer que le patrimoine sera exhumé par des gens qui y trouvent un intérêt, qui l’entretiennent sans limite, passion oblige. Ce serait le début de musées privés qui, comme chacun sait, sont à la fois impossible et tous pourris par le capitalisme galopant !
Compte-tenu de ces éléments, de Force Reste À La Loi et du principe que l’État C’est Plus Fort Que Toi, il n’y a donc aucune disproportion entre les faits et la sanction si l’on tient compte qu’il s’agit de faire un exemple et de frapper aussi fort que possible pour terroriser les citoyens au casier vierge, aux motivations bénignes et aux occupations sans danger pour autrui.
Depuis plusieurs années, l’État a entrepris d’être fort avec les faibles, et faible avec les forts. En effet, la condamnation appliquée est une amende douanière et ceci n’est pas un hasard : comme dans d’autres cas tout aussi iniques que j’avais précédemment exposés (le cas des bingos de dangereux retraités/mafiosi est symptomatique), la douane joue ici le bras lourdement armé de l’État, et applique encore une fois une totale démesure entre les faits et la sanction (200.000 euros, tout de même). Ceci montre que plus une administration est illégitime, plus elle s’éloigne de l’intérêt des citoyens et se rapproche de celui, très étroit et bien compris, de l’État seul, plus elle sera prête à utiliser un maximum de force pour que sa violence, aussi illégitime soit-elle, ne soit jamais diminuée ni remise en question.
Quel meilleur moyen que celui choisi pour frapper les esprits, les faire paniquer et oublier les questions pourtant essentielles ici : où est la victime, où sont les dégâts ? L’État, celui qui n’a à l’évidence pas les moyens d’assurer les fouilles que des milliers de chercheurs passionnés entreprennent tous les ans ? Les archéologues patentés, diplômés, officiels et autorisés, ceux qui œuvrent sur les sites déclarés, et donc précisément pas ceux concernés par les fouilles de ces passionnés ? Les douaniers, qui ont peut-être besoin, avec ces amendes ridicules, de refaire le plein de la caisse de leur association sportive, en plus de leurs bingos illégaux mais jamais interdits ? Allez savoir.
On peut raisonnablement s’interroger sur la portée des actions de l’État lorsqu’il poursuit ce couple. En effet, en terme de pillage archéologique, ou bien l’État laisse les richesses dormir ou se perdre et n’en a absolument rien à faire (et n’a, de toute façon, absolument pas les moyens pour changer d’attitude), ou bien les récupère, par la force, des mains de ceux qui les ont découvertes, qui les entretiennent, et poursuit ces derniers vigoureusement pour avoir osé imaginer pouvoir faire le travail qui lui est normalement dévolu (mais qu’il s’empresse de ne surtout pas mener à bien). Si pillage il y a eu, c’est bien du fait de l’État, qui fait tout pour mettre la main sur les richesses du pays pour, sous prétexte de les préserver, s’en assurer la jouissance exclusive. Il faut se rendre à l’évidence : le passé appartient officiellement à l’État.
Je ne suis pas sûr que ce soit bon signe.
La guerre obligée
La guerre obligée
« L'intelligence défend la paix, elle a horreur de la guerre. » Cette citation de Paul Vaillant-Couturier sied bien mal à nos temps de violence et de mort. Et pourtant, que pouvait-on faire sinon ajouter de la guerre à la guerre pour interrompre le martyre des minorités religieuses d'Irak ? Les images de l'exode, de la soif, de l'épuisement, des viols, des mutilations ne sont pas supportables indéfiniment. Sans revenir au choc des civilisations de Bush le faucon borné, il s'agit aussi de préserver des valeurs culturelles et humaines essentielles et de les opposer à l'obscurantisme impitoyable qui persécute au nom de la pureté des origines de l'islam. Malgré les hésitations et l'échec de la précédente intervention en matière de reconstruction, l'ingérence était devenue une nécessité.
C'est Obama, le prix Nobel de la paix, apôtre du désengagement militaire, qui a pris la décision de bombarder les positions des fous de dieu de l'État islamique et de devenir une fois de plus le bras armé d'une communauté internationale passive. Peut-être a-t-il pensé que le retrait américain, il y a trois ans, n'était pas pour rien dans la dérive irakienne. Si oui, il devra se poser la question aussi pour l'Afghanistan.
La France a saisi l'occasion pour s'engager à son tour dans une opération uniquement humanitaire. Pour s'être retrouvé seul en pointe à plusieurs reprises et parce que la France doit mobiliser ses moyens sur le terrain du redressement national, François Hollande s'est gardé de toute précipitation dans ce dossier. Ce qu'il a gagné de respect dans les précédentes interventions se serait cette fois retourné contre lui. Les Anglais ont, à leur tour, décidé de s'associer à l'opération humanitaire. Comme si tout d'un coup les Yazidis, les Shabaks, les Mandéens et ces chrétiens chaldéens ou syriaques tout droit sortis de la Bible devenaient déterminants pour l'équilibre de notre monde.
Une fois encore, l'Europe n'aura pas pris, face à cette urgence humanitaire, une place à la hauteur du rôle qu'elle prétend tenir. Il lui fallait agir bien plus tôt, pour que ne s'installe pas un chaos sur lequel a prospéré un jihadisme moyenâgeux et prosélyte. La paix qu'elle assure à ses peuples a aussi des exigences qu'il faut assumer.
Principes de manipulation
Principes de manipulation
Qui ne ressent pas, au jour le jour, le travail de manipulation de masse qui est à l’oeuvre? Il repose sur quelques principes aisément identifiables, dont six me viennent à l’esprit:
- La sur personnalisation, ou l’idolâtrie . De quoi parle-t-on pour l’essentiel: les déboires de M. Hollande et désormais, de M. Valls, le "retour" de M. Sarkozy, ses "cartes postales", la "popularité montante" de M. Juppé, les chikaya de la famille le Pen. Le monde médiatique nous accable de ses commentaires savants – reviendra, reviendra pas – de ses duels et westerns de bas étage, de ses revanches, nous bombarde de sondages et de confidentiels. Et si nous, Français, n’en avions rien à faire? 2017 est encore loin, nous verrons d’ici là pour qui voter en fonction des hommes, de leur crédibilité et de leurs programmes.
- La table rase. Tyrannie de l’oubli, du déni de mémoire: toute information qui remonte au-delà de deux ou trois ans est effacée, considérée comme nulle et non avenue. Tel politicien a eu jadis – une quinzaine d’années auparavant – des comportements personnels scandaleux: peu importe, aujourd’hui, blanc comme neige, il incarne la vertu et la modération. Tel parti, à travers son leader, a tenu jadis des propos immondes, à vomir. Plus rien aujourd’hui, fermez les yeux, une dédiabolisation est intervenue et il ne s’est rien passé du tout. Les bilans des uns, des autres, on n’en parle jamais: toujours repartir à zéro. C’est dommage d’ailleurs car parfois, il n’est pas si mauvais. Mais silence, le passé ne compte pas.
- Le bouc émissaire: Jadis, dans les périodes de grand trouble, on s’en prenait à des groupes religieux ou ethniques avec une violence criminelle. La loi l’interdit désormais. Alors, on s’acharne sur des personnes, les parias, têtes de turc de la société médiatique. Le traitement dure en général une semaine, et puis plus rien: Cahuzac, Depardieu, Buisson, Aquilino, etc… Dans ce cas là, tout le monde cogne, médias de droite, de gauche dans une logique de surenchère. Les amis, surtout les amis politiques, se volatilisent, les plaintes tombent, les plus proches se retournent contre vous et prennent part à la curée. C’est une manière implicite de dire : voici le coupable, et donc, la preuve de mon innocence…
- La force de l’émotion: L’émotion est au coeur de la société médiatique. L’image de la détresse et de la souffrance l’emporte sur toute autre considération. La vision des larmes et du sang occulte les considérations de fond, géostratégiques, historiques. La compassion est bien entendu le plus respectable des sentiments. Mais l’emprise de l’émotion n’est pas forcément synonyme de solidarité quand elle se limite à une indignation stérile. Elle peut être source d’actes monstrueux dans leurs conséquences, à l’image d’interventions militaires qui vont engendrer des malheurs en cascade cent fois pires que ceux qui les ont justifiées.
- La fuite devant le réel: Ignorer le monde tel qu’il est est une autre constante de la grande manipulation. Un voile pudique tombe en permanence sur la réalité, celle d’une violence quotidienne qui est occultée, de la misère de l’exclusion, des 5 millions de sans emploi, de la galère des jeunes dans leur immense majorité, la situation apocalyptique des collèges de banlieue, des cités et quartiers de non droit qui n’intéressent plus personne… Le déni de la réalité s’accompagne d’une propagande politique axée sur de grandes abstractions mensongères quand on accuse la "mondialisation" ou "le grand capital" de tous les maux par exemple, alors que les échecs et les injustices ne tiennent la plupart du temps qu’à nos renoncements, conservatismes, lâchetés et égoïsmes frileux.
- La dictature du mépris : Celui-ci suinte de toutes les pores de la vie moderne, du monde politico-médiatique, repose en permanence sur l’écrasement du bon sens, de l’intelligence. Les pitres médiatiques et autres donneurs de leçons deviennent les nouveaux maîtres penseurs alors que les grands esprits – intellectuels, universitaires – sont réduits à un silence de pierre tombale. Rien n’arrête le mensonge et la perfidie. Voyez comme les politiciens archi battus, honteux, ridiculisés, parviennent à se recaser les uns les autres, avec le sourire de l’innocence en prime, et en toute fraîcheur candide. Les ministères mais surtout l’Europe, son Parlement et sa Commission, ont au moins cet avantage. "Circulez, Messieurs/Dames, y a rien à voir!"
A travers ce constat, je ne réponds pas à la question essentielle: qui tient les ficelles? Où sont les manipulateurs, les marionnettistes? J’avoue ne pas avoir de réponse claire à cette interrogation. Je ne crois pas un instant à l’hypothèse d’un complot planétaire, un lieu de concertation propice au développement d’une manipulation de masse. Il me semble que le mouvement se fait de lui-même, correspondant à une évolution naturelle du monde, de l’air du temps. Il se propage en France à travers le cercle étroit d’une dizaine de milliers de leaders des grands médias et sociétés qui en ont le contrôle, des principaux partis politiques, du monde associatif, unis dans leur manière de sentir les choses, d’imprimer leur marque et de conforter leurs misérables rentes de situation. Nos armes de résistance à l’air du temps sont de deux ordres: d’une part la réflexion, la pensée, la lecture, repères dans le brouillard quotidien; d’autre part le suffrage universel, en temps voulu…
Les inventions qui vont changer notre vie
Des Robots humanoïdes aux écrans étirables, les labos nous préparent des lendemains Décoiffants. Voici leurs prochaines trouvailles.
En mai dernier, deux jours durant, des experts de l’ONU ont planché sur le futur rôle des robots de combat autonomes, capables de sélectionner une cible et de décider de tirer sans que l’homme intervienne. Ceux-là mêmes auxquels la Marine américaine s’efforce d’inculquer des notions d’éthique (!) à coups de millions de dollars. Moins belliqueux, Google annonçait au même moment que sa voiture sans conducteur avait parcouru près de 1 million de kilomètres en milieu urbain sans accident. Plus proches de nous et de nos assiettes, les expériences de production de viande artificielle in vitro se multiplient pour tenter de résoudre les problèmes écologiques liés à l’élevage intensif et les crises alimentaires de demain. Réveillez-vous, le futur déboule ! A toute allure.
Il y a quinze ans, Google et Amazon balbutiaient, Facebook et Twitter n’existaient pas, les smartphones, écrans plats et tablettes n’étaient encore que des rêves d’ingénieurs tout comme la thérapie génique ou les nanoparticules. Quinze ans seulement et notre vie quotidienne a changé du tout au tout. Pour tenter de comprendre ce qui nous attend, Capital a décidé de donner un coup de projecteur sur les innovations en cours de développement dans les labos de recherche et les start-up.
Premier constat, la moisson est riche. Jamais sans doute la compétition n’a été aussi vive entre chercheurs et ingénieurs pour concevoir et développer les produits. D’ici peu, connectés en permanence grâce à une kyrielle d’objets qui vont devenir aussi communs que nos smartphones, nous serons mieux protégés, mieux soignés, mieux nourris et mieux transportés par des véhicules sobres en énergie et moins polluants. Deuxième bonne nouvelle, contrairement à ce que soutiennent les déclinistes, la France n’est pas si mal placée dans cette course au progrès technique. Il suffit de regarder les chiffres : avec au total 43 milliards d’euros injectés dans les labos publics et privés et quelque 240 000 chercheurs penchés sur leur paillasse, la recherche tricolore occupe le cinquième rang mondial. Elle représente 2,25% du PIB. C’est encore loin de l’objectif de 3% fixé au niveau européen, mais cela progresse.
Premier constat, la moisson est riche. Jamais sans doute la compétition n’a été aussi vive entre chercheurs et ingénieurs pour concevoir et développer les produits. D’ici peu, connectés en permanence grâce à une kyrielle d’objets qui vont devenir aussi communs que nos smartphones, nous serons mieux protégés, mieux soignés, mieux nourris et mieux transportés par des véhicules sobres en énergie et moins polluants. Deuxième bonne nouvelle, contrairement à ce que soutiennent les déclinistes, la France n’est pas si mal placée dans cette course au progrès technique. Il suffit de regarder les chiffres : avec au total 43 milliards d’euros injectés dans les labos publics et privés et quelque 240 000 chercheurs penchés sur leur paillasse, la recherche tricolore occupe le cinquième rang mondial. Elle représente 2,25% du PIB. C’est encore loin de l’objectif de 3% fixé au niveau européen, mais cela progresse.
Surtout, les scientifiques, qui se sont longtemps bouché le nez quand on leur parlait business, se lancent désormais avec passion dans la bataille, dopés par la mise en place d’incubateurs et de fonds publics d’amorçage. Plus d’un millier de start-up issues de recherches effectuées dans des labos publics du CNRS, du CEA, de l’Inria ou de l’Inserm ont ainsi été créées au cours de la dernière décennie. Et beaucoup d’entre elles sont très prometteuses, à l’image de Therapixel. Cette jeune pousse issue de l’Inria a mis au point un système capable de piloter à distance des appareils d’imagerie médicale, à la façon de Tom Cruise dans le film «Minority Report». D’autres, comme Genomic Vision, issue de l’Institut Pasteur et spécialisée dans le diagnostic moléculaire, sont déjà entrées en Bourse, avec succès.
Grâce à quoi les Français trônent aujourd’hui dans le peloton de tête mondial de plusieurs secteurs clés. C’est dans l’Hexagone qu’a été fabriqué, par Carmat, et implanté le premier cœur artificiel ; dans l’Hexagone que tourne la première usine de production de médicaments de thérapie cellulaire européenne, créée par CellforCure, à Saclay en région parisienne ; dans l’Hexagone encore que les robots humanoïdes les plus sophistiqués, conçus par Aldebaran, vont leur chemin cahotant, et que des ingénieurs de PSA ont mis au point le premier moteur hybride air-essence low-cost du monde.
Ces innovations ne sont pas un simple empilement de gadgets high-tech plus ou moins réservés aux geeks. Ce sont de réelles avancées, qui offrent une belle bouffée d’oxygène à notre économie et lui ouvrent les portes de marchés en plein développement, pourvoyeurs de croissance et d’emplois. Selon Bruno Bonnell, l’ancien président d’Infogrames depuis peu à la tête d’un fonds d’investissement doté de 80 millions d’euros, le seul secteur de la robotique «va créer plus d’emplois dans la prochaine décennie que ne l’a fait Internet au cours de ses dix premières années d’existence».
De fait, des assistants humanoïdes aux voitures autonomes en passant par les exosquelettes, les drones et les aspirateurs intelligents, les robots vont envahir notre quotidien. Selon les projections de la Fédération internationale de la robotique, leur poids dans l’économie planétaire devrait passer de 10 milliards de dollars aujourd’hui à 100 milliards dès 2020. Les thérapies cellulaires, qui vont peu à peu substituer aux traditionnels médicaments moléculaires des injections de cellules réparatrices, devraient peser pour leur part de 50 à 70 milliards de dollars à l’horizon 2030. Quant au marché de l’e-santé, avec ses objets connectés permettant le développement de la prévention et de la médecine à distance, il pourrait être une réponse aux défis financiers auxquels font face tous les systèmes de soins menacés par le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques.
Encore ne s’agit-il là que d’un échantillon. D’autres technologies de rupture apparaîtront sans doute, qui ne sont pas encore repérées. Et cette fois, c’est peut-être de Chine qu’elles débarqueront. En 2012, pour la première fois, le géant asiatique a investi davantage que l’Europe en R & D.
Patrick Chabert
Patrick Chabert
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