jeudi 10 juillet 2014
Les aberrations du discours économique
Ceux qui proposent des solutions économiques faciles et des boucs émissaires ont de beaux jours devant eux.
L’économie se veut une science. Elle se pique d’utiliser des outils mathématiques complexes, d’utiliser des méthodologies basées sur l’observation de la réalité, déterminant des lois comme la physique. Elle se gausse aujourd’hui des anciens économistes, qui n’utilisaient pas les mathématiques, et n’y fait pas référence, ne les connaissant pas. Sûrs d’eux, les économistes écrivent des articles péremptoires, devenant même des vedettes, comme le si célèbre Paul Krugman.
Pourtant, le discours des économistes est tellement en contradiction avec la réalité, qu’il apparaît plus comme celui d’une croyance, d’une secte, qui veut à tout prix imposer son idéologie.
Ainsi, le discours dominant est que nous sommes passés, depuis les années 1980, à une politique économique dominée par ce qui est appelé le néo-libéralisme, sinon l’ultra-libéralisme. En particulier, le keynésianisme, et son concept de relance par la dépense publique a été abandonné. Les politiques actuelles sont des politiques d’austérité, et la crise montre qu’il faudrait revenir à une politique keynésienne, pour relancer la croissance.
Sporadiquement est même dénoncé une loi de 1973, dite loi Rothschild, qui interdirait à la banque centrale de financer les dépenses de l’État. Comme est dénoncée l’austérité de l’Europe, et plus particulièrement de l’Allemagne.
Ces critiques sont paradoxales. En effet, jamais, en temps de paix, les dépenses publiques et les déficits n’ont été si élevés, jamais la politique monétaire n’a été aussi accommodante, et, surtout, jamais les règles qui régissent l’économie mondiale n’ont été aussi keynésiennes. Jamais les États n’ont eu autant de latitude pour dépenser, jamais la dépense n’a été à ce point érigée comme moteur de l’économie. Et, finalement, jamais la politique économique n’a été aussi dirigiste, à part dans les Républiques Socialistes.
C’est à travers la politique monétaire que s’impose ce keynésianisme. Celle-ci a profondément évolué depuis l’après deuxième guerre mondiale, pour devenir un instrument de politique keynésienne.
Après la seconde guerre mondiale, ce sont les accords de Bretton Woods qui régissaient les monnaies. Le principe était celui des parités fixes par rapport au dollar. La valeur de chaque monnaie était déterminée par rapport au dollar. La valeur du dollar étant également fixe, déterminée par une certaine quantité d’or. C’était une sorte d’étalon or inversé.
Concrètement, ce système limitait la création monétaire. Les États-Unis devaient avoir de l’or pour créer de la monnaie. Les autres pays devaient avoir des dollars pour créer de la monnaie. Bien sûr, la relation n’était pas stricte. Il pouvait y avoir création monétaire dans un pays, mesurée, même si les réserves en dollars n’augmentaient pas. Mais le système imposaient des limites, qui empêchaient de trop grands déficits publics.
Imaginons qu’un pays comme la France se lance dans une politique de dépenses publiques. Ce qui entraîne des achats à l’étranger, ne serait-ce que pour les matières premières. Ces achats sont réglés en dollars. Les réserves de changes deviennent insuffisantes, et c’est la crise monétaire.
Cet exemple n’est pas un cas d’école. La France a ainsi connu plusieurs dévaluations dans les années 1950-1960. Aujourd’hui, ces dévaluations sont considérées comme une politique de relance. Or, cela n’a jamais été le cas. Les dévaluations étaient un symptôme : le pays vivait au dessus de ses moyens. Il fallait donc opérer ce qu’on appellerait aujourd’hui un plan d’austérité. Sans compter que les prix augmentaient du fait de l’augmentation des prix des matières premières. Cela se voyait moins qu’aujourd’hui, car la France était en pleine période de rattrapage économique, et que les prélèvements étant inférieurs aux niveaux actuels, il y avait plus de marges pour les augmenter.
Les accords de Bretton Woods tiraient les conséquences de la crise de 1929. Le protectionnisme et les dévaluations compétitives avaient aggravé cette crise. Le monde ne s’était d’ailleurs pas remis de la Première Guerre Mondiale, qui avait été financée par la création monétaire, et avait détruit la stabilité monétaire qui l’avait précédée. Bretton Woods était une tentative de retrouver cette stabilité.
Mais les accords de Bretton Woods ont été rendus caducs par les États-Unis, qui ne les ont pas respectés. Aujourd’hui, nous sommes dans un système de changes mobiles. Ce qui signifie que la création monétaire n’est plus contrainte par la quantité d’or détenue par la banque centrale américaine, ou la quantité de dollars détenue par les banques centrales des autres pays.
Par conséquent, les banques centrales peuvent manipuler les taux d’intérêt comme elles le veulent. Ce qui permet à la banque centrale des États-Unis, la Fed, de baisser les taux d’intérêt pour soutenir la croissance. Ce que fait également la banque centrale européenne, au mépris de son mandat. Cela n’était pas possible avec les accords de Bretton Woods, sauf pour la Fed. C’est parce que la Fed a laissé la création monétaire s’emballer que ces accords sont devenus caducs.
D’autre part, l’activité des banques est contrainte par les critères de Bâle. Ces critères décident de ce qui est risqué et de ce qui ne l’est pas. Ainsi, les crédits aux États ou les placements dans des obligations d’État sont considérés comme sans risque. En deuxième position vient l’immobilier, comme par hasard à l’origine d’une bulle aux États-Unis, et de la crise actuelle. L’investissement dans les entreprises ou le crédit aux entreprises sont au contraire considérés comme risqués. Si une banque accorde un crédit à un secteur considéré comme étant risqué ou achète des titres financiers d’une entreprise classée à risque, elle doit disposer de plus de fonds propre que si elle investissait dans des secteurs considérés comme moins risqués par la réglementation. Ce qui diminue sa rentabilité. Les banques sont donc fortement incitées à mettre de l’argent dans les obligations d’État. Ajoutons que les agences de notations sont également obligées de tenir compte des critères de Bâle, puisque ceux-ci leur donnent leur rôle actuel.
Nous avons donc une réglementation qui favorise la dépense. D’un côté une banque centrale libre de manipuler les taux d’intérêt à sa guise, et donc de les baisser pour relancer l’économie. De l’autre une réglementation qui favorise l’endettement des États. Jamais, en période de paix, les États n’ont pu s’endetter autant sur une longue période.
Notons aussi cet autre paradoxe, à savoir que nous avons connu après la deuxième guerre mondiale une période de croissance alors que la création monétaire était contrainte. Pourtant, on nous serine aujourd’hui que la création monétaire est la clef de la croissance. Encore un exemple de la déconnexion des économistes vis-à-vis de la réalité.
Toutes les règles qui régissent la monnaie sont orientées vers la dépense publique. Tout est fait pour favoriser la dépense publique. Et la politique monétaire est devenue l’alpha et l’oméga de la politique économique. Les banques centrales pensent contrôler l’économie, en accélérant la croissance ou en la ralentissant, via les taux d’intérêt1.
Existe-t-il encore une science économique ? Le débat est trop politisé. Et les politiciens aiment les solutions faciles. Ceux qui proposent ces solutions faciles et des boucs émissaires ont ainsi de beaux jours devant eux.
La CGT, professionnelle du sabordage d'entreprises
Le grand malheur de la SNCM aura été d'avoir pour syndicat majoritaire la CGT, ce boulet national.
Si timorée ou impotente soit-elle, notre classe politique a au moins une excuse : avec un syndicat comme la CGT, toujours à l'avant-garde des combats d'arrière-garde, son métier n'est pas facile à exercer.
M. Sarkozy avait naïvement essayé la manière douce avec l'accord sur la représentativité de 2008, qui assurait à la CGT de garder une grosse part du gâteau syndical, subventions publiques à la clé. On a vu comment sa complaisance fut récompensée.
M. Valls tente, lui, la manière forte en avançant, calme et droit, vers l'objectif de redressement qu'il s'est fixé, sans prêter attention aux récriminations cégétistes. Son assurance est d'autant plus grande qu'il a gagné par KO son épreuve du feu avec la CGT dans le conflit récent à la SNCF. On lui souhaite bien du plaisir pour la suite.
À quoi peut donc servir la CGT ? Même si la centrale, ne souffrant pas la critique, aime rouler les épaules en jouant l'intimidation, c'est pourtant la question qu'il faut oser poser aujourd'hui : avec son parasite SUD - il y en a toujours sur les grosses bêtes -, la Confédération ne travaille-t-elle pas en sous-main pour les industries allemande, chinoise, américaine, indienne ou bulgare ? Un ennemi de l'intérieur ne ferait pas mieux.
La vérité oblige à dire que la CGT est au syndicalisme ce que leFN est à la politique. Un boulet national, une attraction universelle, une "exception française". Non seulement elle enfourche avec obstination toutes les mauvaises causes, mais elle décourage les initiatives, propage des mensonges et attise les haines. Autant dire, doux euphémisme, qu'elle ne contribue pas pour peu au déclin économique de notre pays.
Que la CFDT, à touche-touche avec elle dans le secteur privé, ou que Force ouvrière, dominante dans la fonction publique de l'État, défendent les intérêts de leurs salariés, c'est indéniable. Les deux centrales font leur travail et personne ne conteste leur efficacité. La CGT, elle, abuse ses militants. Elle les envoie même souvent dans le mur, comme on est en train de l'observer à la SNCM, qui, jusqu'à présent, assurait la desserte de la Corse et du Maghreb.
Détruire ce fleuron du transport maritime fut un travail acharné et de longue haleine. Le grand malheur de la SNCM aura été d'avoir pour syndicat majoritaire la CGT, qui n'a jamais cessé de presser l'entreprise comme un citron, au nom d'un prétendu "service public de continuité territoriale de qualité". Sans oublier de saboter régulièrement son image auprès des passagers avec des grèves à répétition.
La particularité de la SNCM, championne mondiale du sureffectif, est que le client n'y est pas le roi, mais, au contraire, le dernier des couillons, pour parler marseillais. Même si elle a été officiellement privatisée, elle se comporte depuis des années comme un monopole de droit divin, nourri au lait des aides ou subventions. Rien d'étonnant si, dans ces conditions, sa grande concurrente privée, Corsica Ferries, lui taille sans arrêt des croupières, réalisant désormais l'essentiel du trafic passagers entre la Corse et la métropole.
La débine de la SNCM est comme une fable : voilà comment un syndicat peut tuer une entreprise. Une histoire édifiante à méditer dans les cours d'économie. Cela changerait nos élèves ou nos étudiants des barbantes litanies professorales contre la mise en pièces de l'État-providence par les hydres sataniques du néolibéralisme, affameurs de l'humanité et suceurs du sang des pauvres.
Si les aventures de la SNCM étaient un film, le scénario aurait été écrit par Michel Audiard,l'auteur génial de la célèbre maxime : "Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît." La mise en scène serait celle du Gendarme de Saint-Tropez, tant s'entremêlent, dans cette tragi-comédie, le ridicule, l'inconséquence et, pour rester poli, la bêtise. Le degré ultime du syndicalisme suicidaire.
M. Cuvillier, le secrétaire d'État aux Transports, a fait preuve d'un vrai courage, ce qui lui vaut d'être pris pour cible par la CGT. Chapeau bas. Mais que notre pays ne soit pas révolté par le scandale de la SNCM, coulée par un syndicat tout-puissant, ou que les médias se contentent de donner, non sans paresse, le seul point de vue cégétiste, c'est peut-être le signe, hélas, que nous ne sommes pas encore prêts pour le grand changement mental, économique et social que les événements ne manqueront pas de nous imposer dans les prochains mois. Ne sommes-nous pas tombés assez bas ?
En attendant, puisse la France ne pas faire penser trop longtemps à la SNCM, cette sorte de bateau ivre racketté par son syndicat, ne sachant pas où il va, du genre inutile en mer et dangereux au mouillage.
Big millions !
Big millions !
C'est une affaire de « big millions » ! Ou, si vous préférez, de très gros sous. La publication, hier en soirée, des conclusions de l'audit sur la situation financière de l'UMP, a confirmé l'existence d'une dette de 79,1 millions d'euros. Pour un parti qui n'en finit pas de dénoncer l'impéritie gestionnaire du gouvernement de gauche et de donner des leçons d'économie, cela fait plutôt mauvais effet. Car au-delà de la charge représentée par l'acquisition de l'immeuble de la rue de Vaugirard, le creusement du déficit s'explique par une gestion calamiteuse au fil des années et des pratiques très contestables.
Le triumvirat chargé d'assurer la direction transitoire de l'UMP s'est voulu rassurant sur les capacités de redressement du parti, à la condition de se rallier à une politique d'austérité. Mais si l'UMP paraît en mesure d'échapper à la banqueroute, sa faillite morale est d'ores et déjà consommée. Derrière les chiffres se cachent en vérité des comportements bien éloignés de la vertu civique, traduisant un terrible affaissement démocratique.
Que penser de ces révélations, distillées certes non sans fiel, sur les billets d'avion payés à Madame Copé pour de folkloriques missions de représentation ? Que penser de ces postes de direction grassement rémunérés, à la direction du parti, quand on tend la sébile aux adhérents ? Et tant d'autres choses encore qui témoignent d'une utilisation beaucoup trop « décomplexée » des deniers publics. Mais que penser aussi de ces parlementaires incapables de payer leur cotisation ou de rembourser les frais de campagne ? Ceux qui réclament aujourd'hui avec véhémence la transparence ont été peu regardants sur les comptes.
Voilà pourquoi, l'entreprise de démolition du « système Copé-Sarkozy » vire au processus d'autodestruction dont on voit mal qui pourrait émerger. Tous, revanchards ou calculateurs, oublient leurs propres turpitudes et se battent pour rafler la mise. Ils croient pouvoir devenir des sauveurs en défigurant la politique. En réalité, ils tournoient, avec leurs cris d'orfraie, autour de ce qu'est devenue l'UMP : à savoir un autre cadavre à la renverse.
Les « foot de Dieu »
Les « foot de Dieu »
Depuis avant-hier, le Brésil est plongé dans la déploration. Cette dépression, avouons-le, est aussi disproportionnée que pouvait l'être la ferveur mystique entourant la Seleçao jusqu'à son humiliante élimination par les footballeurs allemands. Les chants montant des gradins, voulaient porter au pinacle Neymar et ses équipiers. Hélas, Dieu n'a pas reconnu les siens. Et il n'a pas été le seul ! Ainsi va le sport, qu'il est sans doute imprudent de trop vouloir mêler à la religion. On sait bien que les croyants sont nombreux en Amérique du Sud et que le football constitue, pour les églises, un vecteur de la culture de masse. Encore convient-il de ne pas tomber dans les excès d'une religiosité en crampons.
Sur les stades, se multiplient en effet de plus en plus les gestes (ou simulacres) religieux. À leur entrée sur le terrain, les joueurs (de toutes confessions) se signent, prient, lèvent les bras et les yeux au ciel. On a même vu les footballeurs brésiliens à genoux (et aussi sur les genoux), implorer à l'issue de leur déroute, on ne sait quel pardon divin.
Entre galipettes orgiaques pour célébrer un but marqué, et signes inappropriés de prosélytisme, on préférerait un juste milieu. À la manière de la charte olympique qui exclut tout signe religieux ostentatoire, il serait bon que les instances du foot y veillent. Ce n'est pas vraiment ce qu'a fait la FIFA (fédération internationale). Sous la pression de la confédération asiatique, dont font partie beaucoup de pays musulmans comme le Qatar, l'Arabie saoudite ou la République islamique d'Iran, le port du voile ou du turban pour les jeunes « footballeuses » a été autorisé. Sous couvert d'expansionnisme du ballon rond.
On sait les stades envahis par trop de dérives (hooliganisme, racisme, chauvinisme) pour ne pas appeler à la vigilance contre toute forme de récupération et d'altération des valeurs universelles du sport. À l'occasion de ce Mondial finissant, l'exemple aura été donné, par le Brésil, d'une forme de déséquilibre émotionnel et irrationnel transformant joueurs et supporters en nouveaux « foot de Dieu ».
Un génocide ignoré
Un génocide ignoré
Au Moyen-Orient, un génocide est en train de se produire dans le silence et l’indifférence générale: celui des chrétiens d’orient, des chaldéens. Ils étaient 2 millions, une dizaine d’années auparavant, et ne sont plus que quelques milliers. La constitution du "Califat" couvrant une partie de l’Irak et de la Syrie a achevé de sceller leur sort. A Mossoul, ne pouvant plus fuir, ceux qui restent subissent un véritable martyr.
Pendant des siècles, les religions chrétiennes et musulmane ont vécu en parfaite harmonie dans cette région du monde. Le chaos, les destructions, les guerres civiles ont ouvert la voie à des idéologues qui utilisent la religion musulmane comme prétexte pour déployer une folie génocidaire comparable aux pires régimes du XXème siècle. Le monde occidental, largement responsable, terrifié, totalement impuissant, abasourdi, couvre cette tragédie du silence de la lâcheté et se drape dans l’indifférence. Pas un mot, pas un murmure: les chrétiens qu’on martyrise, cela ne semble gêner absolument personne dans des sociétés qui paradoxalement, vouent un culte aux droits de l’homme. Ni les médias, ni les classes politiques, ni le monde intellectuel ne bougent un petit doigt… Se taire puisqu’il n’y a rien à faire, et même, chez certains, se réjouir de cette expérimentation en nature du vieux rêve "d’écraser l’infâme". Nous sommes face, me semble-t-il, à l’une des pires trahisons et des pires lâcheté de l’histoire contemporaine.
mercredi 9 juillet 2014
Les Français, spectateurs de leur propre naufrage
La France se comporte comme le troll de l’Europe et du monde, menée droit dans le mur par des bras cassés dont les citoyens ne semblent pas prêts à faire cesser l’œuvre destructrice.
Malgré les rapports alarmants de la Cour des Comptes, l’État continue de mener grand train et de dépenser sans compter. Les subventions diverses, variées et dodues dont bénéficie annuellement la presse sont jugées inefficaces par la Cour des Comptes ? Qu’à cela ne tienne ! Les élus voteront tout de même le sauvetage de L’Humanité, ce journal qui s’en trouve aussi dépourvu que de lecteurs qui, jadis, pleura Staline. On s’en émeut aujourd’hui, certes ; mais peu s’offusquent du soutien apporté à Chavez malgréles souffrances qu’il cause au peuple vénézuélien.
Il faudrait être bien naïf pour croire encore que les décisions des élus sont l’expression de la volonté du peuple. Quel citoyen approuve les banquets du RSI, les primes des ministères, l’achat d’une collection de bonsaïs par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, et la « disparition » de nombreuses œuvres d’art à chaque changement de tête ?
Si l’État se permet de dépenser autant, avec fierté plutôt qu’avec honte, c’est parce qu’il persévère dans l’erreur selon laquelle la dépense publique crée de la richesse. Sans attendre des élus qu’ils notent la faiblesse logique de leur raisonnement, on pourrait au moins espérer qu’ils constatent l’échec des politiques de relance par la dépense menées depuis des décennies. Chaque année depuis 40 ans, ils votent un budget en déficit, sans sourciller.
Les Français ne semblent pas sourciller non plus, sauf pour descendre dans la rue en signe de protestation contre les rares lois qui ne leur nuisent pas comme le mariage homosexuel. Ils ne font plus confiance aux partis au pouvoir, et ils ont bien raison ; mais de plus en plus d’entre eux placent de l’espoir dans un parti au programme ridicule et aux intentions plus que douteuses. Leur prochain président sera choisi entre diverses nuances de socialisme, du rouge au brun en passant par la pastèque (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur).
La presse (commodément subventionnée) se contente de relayer les mesures prises par des ministres incompétents, dont le seul mérite consiste à avoir convenablement servi le Parti. Il y aurait pourtant fort à en dire ; les priorités désopilantes de ceux qui nous dirigent se traduisent tantôt par des objectifs témérairement stupides (diviser par 2 nos émissions d’ici 2050), tantôt par des mesures liberticides à bras raccourcis (40% de femmes dans les conseils d’administration).
Ce qui caractérise le pays dans son ensemble, c’est le déni. Les contrats d’avenir ne nous sortirons pas plus de l’ornière que le retour au franc ; mettre la vie des Français en coupe réglée ne remplacera pas les coupes budgétaires nécessaires ; menacer et contraindre les entreprises ne favorisera ni l’investissement ni l’emploi. La France a besoin de réformes structurelles, que tous s’emploient à repousser autant que faire se peut, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Il sera trop tard quand toutes les caisses seront vides, aussi bien celles de l’État que celles des Français (en dehors de celles des hommes politiques et de leurs proches, qui sont depuis longtemps à l’abri du besoin et échappent commodément à la prison).
Une fois que la situation sera perçue dans toute sa gravité, on pourra remplacer les incantations à la courbe du chômage par des mesures de bon sens, que nos voisins européens ont déjà engagé. Certes, l’Europe n’échappe pas aujourd’hui à la tendance mondiale au surpoids étatique, mais certains pays ont le mérite de s’en rendre compte et l’espoir que la catastrophe puisse être évitée.
On admet volontiers en Finlande que l’État ne peut pas créer la croissance, on substitue petit à petit le privé au public en Suède, et on envisage avec sérieux la sortie d’une Union Européenne trop couteuse au Royaume-Uni.
Mais en France, rien de tout cela. Face la crise d’un modèle économique et politique dépassé (qui ne fait que commencer), la France, nue, se drape d’illusions, barricadée dans sa forteresse idéologique qui a tout d’une prison. Surtout pour les citoyens, condamnés à accepter ce qu’on tente de faire passer pour l’expression de leur volonté et la poursuite de leur meilleur intérêt.
Un jour, peut-être, la situation changera ; à eux d’en décider, et d’agir en conséquence. En attendant, les Français sont spectateurs de leur propre naufrage.
D’UN 14 JUILLET L\‘AUTRE…
D’UN 14 JUILLET L'AUTRE…
Le 14 juillet 1958 : 6 000 Français musulmans défilent à Paris. ?Le 14 juillet 2014 : on met leurs bourreaux à l’honneur
Lors du 14 juillet 1958, l’armée française, qui ne présageait pas, hélas, la trahison gaulliste, voulut marquer le coup en mettant à l’honneur les Français musulmans qui se battaient pour le droit à la ressemblance.
Sur les Champs-Elysées, aux côtés des troupes les plus prestigieuses, 4 000 anciens combattants français musulmans, vétérans des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, défilèrent sous les vivats de la foule, avec 2 000 jeunes Français musulmans, tous fils de France.
Cette présence massive avait pour but de « montrer l’attachement définitif de l’Algérie à la France ». Un mois plus tôt, à Alger, De Gaulle, connétable du déclin, Charlesbagne du mensonge et de la duplicité, avait déclaré : « A partir d’aujourd’hui, il y a en Algérie dix millions de Français à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs ».
Forts de cet engagement solennel, les Français d’Algérie votèrent massivement pour la nouvelle Constitution. Ils élirent 70 députés. Dont 46 Français musulmans. L’Assemblée nationale choisirait pour vice-président le Bachaga Saïd Boualem, officier français dont les hommes avaient laminé le FLN dans l’Ouarsenis. L’Algérie française, qui allait s’en mordre les doigts, vota à 96 % pour la Constitution (contre 79,2 % en métropole).
Le 14 juillet 1958, le président Coty avait fait arrêter sa voiture pour venir saluer ces Français musulmans qui, au péril de leur vie et de celle de leurs familles, avaient choisi la France. Un geste fort. Le geste d’un chef d’Etat.
Aujourd’hui, près de soixante ans plus tard, ce sont les descendants des bourreaux des Français musulmans, des harkis, des pieds-noirs, toutes origines et toutes confessions confondues, qui seront à l’honneur sur les Champs-Elysées. Avec le drapeau vert du FLN. A l’honneur, aussi, les descendants des bourreaux Viet-Minh dont les camps de la mort ont emporté des milliers des nôtres.
J’ai, sous les yeux, le programme officiel de ce 14 juillet de la honte et son chapitre consacré aux 76 nations mises à l’honneur. De “A” comme Afrique du Sud (avec un drapeau qui n’existait pas en 1914) à “V” comme Vietnam (communiste). Un panel genre “Benetton United Colors” de l’ensemble des drapeaux qui seront place de la Concorde (notre illustration).
Nombre de ces pays n’existaient pas en 1914 (ni même bien plus tard, au-delà des années soixante-dix). Pour certains, comme le Bénin, le Burkina Faso, Djibouti, la Moldavie, le Monténégro, etc., c’est anodin (bien qu’anachronique). Pour deux autres, qui furent des ennemis, c’est une insulte à nos morts. L’AlgérieFLN n’est apparue qu’en 1962. Le Vietnam communiste, constitué en tant que tel, n’apparut qu’en 1975.
Les drapeaux de ces deux pays, et leurs représentants, et leurs porte-drapeau, paraderont devant la tribune officielle qui leur rendra donc les honneurs. Avec des officiers supérieurs qui se mettront au garde-à-vous et salueront les emblèmes de l’Algérie fellouze et du Vietnam rouge qui ont sur les mains le sang de nos soldats et de nos compatriotes. Si ça ne les dégoûte pas, si aucun d’entre eux ne bronche, s’ils préfèrent la gamelle à l’honneur, que voulez-vous dire de plus ?
L’horreur du média-foot
L’horreur du média-foot
A la mi-temps, le Brésil perdait 5-0 contre la "mannschaft". Les caméras montraient des enfants brésiliens en larmes. Mon fils et moi, d’un commun accord, avons éteint la télévision. Le Brésil est un immense pays émergent, dont la majorité de la population est extrêmement pauvre. Est-ce intelligent cette humiliation planétaire? Le monde médiatisé à créé cet amalgame idiot entre l’un des sports les plus attachants et les plus subtils qui soit, le football, l’argent qui coule à flot, la violence (le meilleur Brésilien Neymar gravement blessé) et un national-chauvinisme relevant des sentiments les plus obscurs de la nature humaine. Le résultat, nous l’avons devant les yeux: un grand peuple qui se sent atteint dans sa fierté, dignité, des centaines de millions de gamins en larmes. Score final, 7-1. Franchement, j’aimerais qu’on m’explique quel est le rapport entre cette ridicule métaphore guerrière, cette lamentable image de débâcle d’une grande nation, et le sport tel que nous l’aimons.
Bercoff : «Léonarda à l'Élysée»
Magnifique Europe, magique Schengen, c'est la lutte finale, accueillons et demain, le regroupement familial fera le genre humain. On croyait en avoir fini avec le feuilleton Dibrani qui fit, il n'y a guère, les délices des écrans et des gazettes. L'on se rappelle la séquence poétique où le président de la République expliquait que Léonarda pouvait rentrer seule sans sa famille, pendant que, sur l'autre moitié de l'écran, l'héroïne kosovare affirmait qu'il n'en était pas question, gagnant ainsi, l'espace d'une nouvelle chute dans les sondages, ses galons de chef de l'opposition anti-Hollande. Eu égard à la crise de l'UMP, il paraît difficile que la jeune Dibrani en prenne la tête, encore que son efficacité médiatique n'est plus à démontrer.
Mais voici que commence le second round: le père de Léonarda, Resat Dibrani, contre-attaque en expliquant que les quatre-cinquièmes de sa famille sont Croates, que lui-même va obtenir cette nationalité en épousant la mère de ses enfants, et qu'ainsi toute sa tribu pourra rentrer triomphalement en France, puisque la Croatie fait partie de l'Union Européenne. Et le glorieux géniteur n'y va pas de main morte: «On va leur montrer, à Hollande et à Valls, qui est le chef. La France, on va la faire payer. Nous irons jusqu'à la Cour Européenne des Droits de l'Homme».
Les Dibrani sont exemplaires: ils ont compris les règles du jeu. Ils y vont franco de port, défiant un président de la République et un chef de gouvernement qui, du temps où il était ministre de l'Intérieur, s'était vivement opposé à leur retour. Dilemme cornélien. Ruses de la raison. Le fondement du pouvoir entre deux chaises: respecter les sacro-saintes règles européennes d'un côté, se faire respecter de l'autre. Est mis en lumière le piège qui semble se refermer sur les socialistes, qui doivent obéir à l'Europe et qui, dans le même temps, essayent de limiter au maximum les arrivées massives en douce France. Double peine pour l'Elysée-Matignon: de la main droite, on démantèle les camps de Roms, on expulse à Calais et ailleurs ; de la main gauche, on clame sa générosité et sa solidarité avec les damnés de la terre. Schizophrénie utile quand on est dans l'opposition, irritante, voire ruineuse quand on tient le gouvernail.
Rien n'est joué. Mais si les Dibrani réussissent à revenir légalement dans le Doubs, Hollande se devra de les accueillir à l'Elysée. Il convient en effet, devant pareil exploit, que l'ordre des choses permet aujourd'hui, de se montrer beau joueur.
Fawzia Zouari : Il y a des jours où je regrette d’être née arabe !
Fawzia Zouari, écrivaine et journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne
a publié dans « Jeune Afrique » du 02 mai 2014 cet article remarquable
que nous devons diffuser le plus largement possible :
" Il y a des jours où je regrette d’être née arabe.
Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d’Allah et où je m’endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques.
Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes; où des cheikhs manchots et aveugles s’arrogent le droit d’émettre des fatwas parce qu’ils sont pleins comme des outres de haine et de sang; où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu’on lapide,
et les autres revêtir la robe de mariée à l’âge de 9 ans.
Et puis ces jours où j’entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant
que leur progéniture convertie à l’islam refuse de les toucher sous prétexte qu’elles sont impures.
Quand j’entends pleurer ce père musulman parce qu’il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie.
À l’heure où celui-ci parade dans les faubourgs d’Alep, kalachnikov en bandoulière,
en attendant de se repaître d’une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres,
à qui l’on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.
Ces jours où je vois les Bill Gates dépenser leur argent pour les petits Africains
et les François Pinault pour les artistes de leur continent,
tandis que les cheikhs du Golfe dilapident leur fortune dans les casinos et les maisons de charme et qu’il ne vient pas à l’idée des nababs du Maghreb de penser au chômeur qui crève la faim, au poète qui vit en clandestin, à l’artiste qui n’a pas de quoi s’acheter un pinceau.
Et tous ces croyants qui se prennent pour les inventeurs de la poudre
alors qu’ils ne savent pas nouer une cravate, et je ne parle pas de leur incapacité à fabriquer une tablette ou une voiture.
Les mêmes qui dénombrent les miracles de la science dans le Coran
et sont dénués du plus petit savoir capable de faire reculer les maladies.
Non ! L’Occident, ces prêcheurs pleins d’arrogance le vomissent,
bien qu’ils ne puissent se passer de ses portables, de ses médicaments, de ses progrès en tous genres.
Et la cacophonie de ces « révolutions » qui tombent entre des mains obscurantistes comme le fruit de l’arbre.
Ces islamistes qui parlent de démocratie et n’en croient pas un mot,
qui clament le respect des femmes et les traitent en esclaves.
Et ces gourdes qui se voilent et se courbent au lieu de flairer le piège,
qui revendiquent le statut de coépouse, de complémentaire, de moins que rien !
Et ces « niqabées » qui, en Europe, prennent un malin plaisir à choquer le bon Gaulois ou le bon Belge comme si c’était une prouesse de sortir en scaphandrier !
Comme si c’était une manière de grandir l’islam que de le présenter dans ses atours les plus rétrogrades.
Ces jours, enfin, où je cherche le salut et ne le trouve nulle part, même pas auprès d’une élite intellectuelle arabe qui sévit sur les antennes et ignore le terrain, qui vitupère le jour et finit dans les bars la nuit, qui parle principes et se vend pour une poignée de dollars, qui fait du bruit et qui ne sert à rien !
Voilà, c’était mon quart d’heure de colère contre les miens. Ouf ! "
mardi 8 juillet 2014
Marche ou grève !
Marche ou grève !
À l'abord du cap des cent jours passés dans « l'enfer de Matignon », on pourrait accoler cette devise un tantinet provocatrice à l'action de Manuel Valls : « Marche ou grève » ! Une manière pour lui d'assumer son réformisme sans rien céder sur le fond devant les conservatismes et les chantages. Hier, à Vauvert, dans la campagne camarguaise, le Premier ministre a plus que jamais saisi le taureau par les cornes et dénoncé les « blocages » d'une France « entravée », « coincée », « tétanisée ». Et tout cela, alors que va s'ouvrir la troisième conférence sociale du quinquennat dans un contexte d'extrême tension.
Loin de se limiter aux partenaires sociaux, les injonctions de Manuel Valls s'adressent aussi aux frondeurs d'une gauche qui doit marcher pour ne pas mourir. La constatation s'impose qu'à force de dramatisation, et devant les réticences de la majorité, Valls a fait… de plus en plus de Valls au fil des cent jours. Au point de se demander s'il n'est pas en train d'aller au-delà des souhaits exprimés par un François Hollande réduit à l'inauguration des chrysanthèmes.
Certains objecteront qu'il y a alliance d'intérêts, au moins provisoirement, entre les deux têtes de l'exécutif. De toute évidence, ce ne sera vrai que jusqu'à l'approche de 2017. D'autres, ou les mêmes, ajouteront que l'activisme de Manuel Valls est plus affaire de façade et de communication que d'efficacité réelle puisqu'il a reculé sur plusieurs dossiers. À moins que ces replis tactiques, généralement gérés sans « couac », ne soient destinés qu'à préserver l'illusion du dialogue social.
Tout le pari consiste à savoir pendant combien de temps Manuel Valls pourra manier à la fois la carotte et le bâton, complaire au patronat tout en donnant des gages aux syndicats. Pendant combien de temps le PS déboussolé conservera-t-il sa confiance en un gouvernement devenu « ami de la bonne finance » (dixit Sapin) ? La surenchère des postures patronales et syndicales et les menaces de boycott, avant la conférence sociale, témoignent d'un enjeu décisif. Plus encore que pour François Hollande, il le sera pour la « méthode Valls ». Le « marche ou grève » du Premier ministre est aussi, pour lui, un quitte ou double.
Tables rases
Tables rases
De la troisième grande conférence sociale du quinquennat, la CGT et FO ont décidé de faire… tables rases. Les deux syndicats boycotteront, ce mardi, la deuxième journée de cette grand-messe avec ses sept tables rondes thématiques et le discours de clôture de Manuel Valls. Rude camouflet pour l'exécutif. Pour François Hollande, bien sûr, dont le projet de nouvelle démocratie sociale subit un sévère coup d'arrêt. Mais plus encore pour Manuel Valls dont on voit bien que les syndicats cherchent à le désolidariser du chef de l'État en dénonçant la brutalité de sa méthode et ses récentes concessions unilatérales au patronat. « Le discours du Premier ministre ne mérite pas notre présence à ses côtés », a déclaré avec mépris le secrétaire général de la CGT qui, à l'inverse, avait inscrit sa rencontre d'hier avec le chef de l'État dans le cadre du « pacte républicain ».
Cela s'appelle tenter d'enfoncer un coin entre François Hollande et Manuel Valls. Il est vrai qu'il y a des différences de sensibilité et de style entre les deux têtes de l'exécutif. Quand Manuel Valls prône un réformisme à marche forcée, François Hollande temporise et veut croire aux vertus du dialogue social inscrit dans le temps.
C'est ce qui est clairement ressorti du discours prononcé hier en fin d'après-midi par le chef de l'État. S'il a exclu que le dialogue s'installe « dans une surenchère permanente », il a multiplié les rendez-vous sous diverses formes pour la rentrée. Une manière, peut-être, de gommer les mesures et déclarations intempestives qui ont mis le feu aux poudres et maladroitement choqué les « réformistes » de la CFDT, avant cette troisième conférence.
Demeure le sentiment que François Hollande a trop tergiversé. Il est bien temps de faire du chômage de longue durée une « cause nationale » et de donner la priorité à l'apprentissage. Dans le contexte actuel de fronde, le chef de l'État aura beaucoup de mal à entraîner les syndicats sur des orientations qui contredisent les « flatteries » du candidat à ses clientèles électorales. De ce passé, François Hollande aimerait bien, pourtant, faire table rase.
Off
Off
Le mot magique qui permet de dire à n’importe qui le contraire de ce que l’on répétera l’instant d’après, publiquement. L’expression a été inventée pour les journalistes avec lesquels on déjeunait et supposés ne rien répéter de la conversation si on leur signalait auparavant que c’était “off” ; un code implicite et respecté. Terminé : le journaliste répète, c’est son métier, et en plus, maintenant, il enregistre en douce avec son portable.
Toutefois le principe demeure et permet d’entretenir un mensonge général soigneusement orchestré.
Il y a ce que l’on dit en privé et ce que l’on affirme en public ; ce que les “partenaires (!) sociaux” se disent entre eux et qui n’a strictement rien à voir avec leurs déclarations médiatiques, ajoutez à cela les interprétations journalistiques et vous avez une autre illustration de l’exception culturelle ! Le off s’assimile à la langue de bois qui est un principe fondateur du dialogue social et de la communication politique française. Tout doit être lisse, bien-pensant et refléter l’idéologie de son camp. La vérité des convictions n’a aucune importance, il faut des mots creux et répondre à côté des questions. C’est ainsi que tel ministre vous dira “off” qu’il faut repousser l’âge de la retraite et prétendra le contraire au 20 heures ; on jure qu’on ne cédera rien aux grévistes alors qu’en même temps, on négocie off un donnant, donnant sur la négociation suivante, etc.
Nos ministres en off vous expliquent comment réformer la France, mais le dire serait selon eux suicidaire.
Le off soulage la conscience des menteurs : ce n’est pas qu’ils mentent, c’est que bien sûr nous ne supporterions pas la vérité !
La droite peut-elle mourir ?
Chaque crise apporte son lot de mauvais augures, annonçant, avec force solennités, la mort, la disparition ou l’effondrement de tel ou tel parti politique. Manuel Valls l’avait déclaré à propos du Parti socialiste en 2009 à la suite des élections européennes, les commentateurs l’avaient décrété pour le Front national en 2007 après le mauvais score de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle. Aujourd’hui le PS cumule tous les pouvoirs nationaux et contrôle encore de nombreux territoires ; quant au Front national, il a remporté haut la main les élections européennes. En politique, la mort est toujours une notion relative ; Jacques Chirac, François Hollande, Nicolas Sarkozy ou Jean-François Copé et Ségolène Royal ne diront pas le contraire. On les a enterrés cent fois ; cent fois ils sont revenus, illustrant l’adage : “En politique, ce qui compte, c’est de durer”.
Les partis ont la peau épaisse et la colonne vertébrale souple. Ils sont capables de plier sans rompre malgré les tempêtes du jour. Mon inquiétude ne porte pas sur les structures partisanes qui, grâce au financement public, peuvent survivre, mais plutôt sur les idées, sur ce que signifient la gauche et la droite. « La gauche peut mourir », disait tout récemment Manuel Valls pour éviter l’éclatement de sa majorité parlementaire et la remobiliser, mais il parlait là de tactique électorale et non d’identité politique. Laissons à la gauche ses atermoiements et ses doutes, ses calculs et sa difficulté congénitale à comprendre la réalité. La gauche est tour à tour incantatoire, morale, caviar ou gestionnaire, capable de la pire schizophrénie politique dans l’opposition et au pouvoir. La faiblesse idéologique de la gauche est une faiblesse de notre démocratie, mais c’est à ses dirigeants de plancher sur le sujet.
Intéressons-nous à cette droite qui a gouverné de 2002 à 2012 sans donner l’impression d’une vraie rupture avec les gouvernements précédents. Dans l’opposition, la droite est libérale, audacieuse, patriote et déterminée ; au pouvoir, elle est souvent frileuse, étatiste et se révèle impuissante à réformer le pays. En 2002, la création de l’UMP fut une victoire tactique du RPR sur l’UDF, les fondations idéologiques étaient bonnes : libéralisme économique, État régalien fort mais pas omnipotent, volonté de réforme profonde du pays, rupture avec les consensus des décennies passées qui sont devenus autant de renoncements et de blocages. Depuis, l’exercice du pouvoir a fait son oeuvre et la culture gestionnaire a pris le pas sur la volonté de réforme quasi révolutionnaire que la droite française a pour devoir de porter. Le pragmatisme érigé en principe de gouvernement ne fait pas une politique ; il faut une vision. En 2007, Nicolas Sarkozy avait eu cette vision et il avait fait lever cet espoir pour “la France d’après”. La crise et les circonstances mondiales en ont décidé autrement.
Telles des divinités, les idées politiques meurent de ne plus être adorées, priées, psalmodiées par leurs adeptes : patrie, nation, république, libéralisme, probité, morale ont, vidés de leur sens, peu à peu disparu des discours politiques.
Aujourd’hui, les éléments de langage répondent aux sondages, qui déterminent les angles de communication, pour finalement faire le buzz qui, selon la traduction française, signifie “bourdonnement” ou “brouhaha”. Le but ultime est donc de faire du bruit, mais pour qui ou pour quoi, nul ne le sait plus. Au contraire, être en quête de sens est désormais suspect, vouloir mettre en perspective est vu comme réactionnaire, prendre son temps, comme dépassé. Les élections se succèdent à un rythme effréné, la politique croit être partout en investissant les nouveaux réseaux, alors que sa “twitterisation” est l’annonce de sa disparition. Le « bougisme » maladif, pour citer Pierre-André Taguieff, n’arrive plus à masquer une fin inéluctable.
« La société politique contemporaine [est] une machine à désespérer les hommes », disait Camus, et la désespérance est le prélude à la mort du politique, peu à peu remplacé par la gestion. Le volcan des espoirs et des craintes des hommes s’éteint alors, mais, souterraine, la fusion continue, l’éruption menaçant d’éclater partout où on ne l’attend pas. Une droite trop attentiste peut disparaître et il faudra, oui, tout changer. Épargnons-nous cette peine, faisons-le maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, avant d’être emportés.
Partir, revenir…
Partir, revenir…
Les ennuis judiciaires de Nicolas Sarkozy influeront-ils sur son retour ? Et si l’essentiel était ailleurs ?
Cette semaine, Valeurs actuelles s’intéresse au pire ennemi de Nicolas Sarkozy : Sarkozy lui-même. Non pour participer au débat récurrent sur ses qualités et ses défauts, mais pour faire un point concret sur ses chances de revenir au pouvoir et, s’il y revenait, sur ce que serait sa politique.
Nul doute que le paramètre judiciaire s’avérera décisif dans son combat pour reconquérir l’Élysée : mises en examen, condamnations ou, au contraire, non-lieux, comme ce fut le cas dans l’affaire Bettencourt, peuvent à chaque instant provoquer des bifurcations cruciales. Qui peut douter que les trois années qui nous séparent de l’élection présidentielle en soient prodigues ?
Reste à savoir sur qui s’appuiera Nicolas Sarkozy s’il est candidat et s’il doit prendre sa revanche en 2017. Lisez notre enquête, et vous découvrirez quels sont ses réseaux et dans quel esprit leurs animateurs conçoivent l’alternance.
Car telle est bien aujourd’hui la question essentielle : quel Sarkozy les Français retrouveront-ils s’il gagne son pari ? Celui qui abrogea la “double peine” ou celui du discours de Grenoble ? Celui que conseillait Patrick Buisson ou celui dont se rapproche désormais François Baroin ? La vérité est que le rassemblement est toujours la première étape du combat politique. À condition qu’une fois acquis, il ne se transforme pas en cacophonie. C’est avec “l’ouverture” à gauche de 2007 que s’est joué le premier acte de l’échec de 2012…
«Notre amie, c'est la finance» : Michel Sapin, entre amateurisme, désinvolture et cynisme
« Notre amie c'est la finance, la bonne finance». Cette déclaration de Michel Sapin, ministre-clef du gouvernement et proche entre les proches de François Hollande, aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence le 6 juillet, est étrange, pour dire le moins. Le ministre a visiblement tenté un trait d'humour qui s'il a fait rire une salle convaincue apparaît comme une marque d'amateurisme, de désinvolture et même de cynisme.
Cette déclaration, visiblement intentionnelle, renvoie d'abord l'image d'un amateurisme politique étonnant à ce niveau de responsabilité. Michel Sapin n'est en effet pas un débutant et sa communication devrait être parfaitement maîtrisée. La première victime de ce «bon mot» du ministre est en effet son propos de fond lui-même. On retiendra celui-là alors qu'il était venu pour faire passer celui-ci, c'est-à-dire l'accent mis par le gouvernement sur la régulation des activités financières les plus spéculatives (la «mauvaise finance») et l'encouragement de la «bonne finance», celle qui permet le financement de l'économie, notamment de l'innovation. Le trait d'humour ministériel a éclipsé le propos de fond qui même si l'on n'est pas d'accord avec ses présupposés mérite un débat.
Le ministre aurait dû, ensuite, se souvenir, avant de vouloir faire rire son auditoire, de la phrase de Pierre Desproges: «on peut rire de tout mais pas avec tout le monde». Vouloir amuser un parterre composé pour l'essentiel de hauts dirigeants d'entreprise, de banquiers et de journalistes économiques, en retournant la phrase emblématique du discours du Bourget de François Hollande («mon adversaire, c'est le monde de la finance») est un acte profondément désinvolte. Surtout pour un ministre socialiste dans un gouvernement qui se proclame de gauche - dont les membres ne sont pas les derniers à citer, par exemple, Jean Jaurès comme référence! Et ce d'autant plus que le pays souffre tout particulièrement des conséquences de la politique d'austérité et d'ajustement des comptes publics dont Michel Sapin a la charge.
Leonarda bientôt de retour avec un passeport croate ?
Selon Le Figaro, la famille de Leonarda Dibrani, la jeune Rom expulsée l’année dernière, serait sur le point de revenir sur le sol français grâce à des passeports croates. Ils auraient l'intention de faire "payer la France".
L’affaire Leonarda n’en finit jamais. Le père de la lycéenne expulsée en janvier dernier a assuré vendredi au Figaro que sa famille regagnera sous peu la France. Ces derniers seraient sur le point d’obtenir des passeports croates.
La Croatie étant un Etat membre de l’Union européenne, la nationalité croate permet une libre circulation des biens et des personnes dans tous les pays de l’Union. Le retour de la famille Dibrani sur le sol français serait ainsi parfaitement légal
Comme nous l’écrivions en mai dernier, les Dibrani avaient entamé des démarches auprès de l’ambassade de Croatie au Kosovo afin d’obtenir des passeports croates. La mère et 5 des 6 enfants détenaient déjà des passeports croates dont la validité avait expirée. Le père, Resat Dibrani, a d’ailleurs précisé aux journalistes que Leonarda, sa femme et trois de leurs enfants étaient d’ores et déjà en Croatie. Seul lui et deux de ses filles sont encore au Kosovo.
Toujours d'après celui-ci, "lundi, ils auront les passeports". "Et dans une semaine, quinze jours, on partira, toute la famille ensemble !", ajoute-t-il. Le père assure en outre que sa "femme – enceinte de huit mois et demi – accouche(ra) à l'hôpital de Pontarlier", là où est née leur fille cadette, rappelle Le Point.
"On va leur montrer à Hollande et à Valls, qui est le chef !"
"On va leur montrer à Hollande et à Valls, qui est le chef ! On va leur dire en face ! Ils ne me croyaient pas quand on disait qu'on était européens !", a tonné le père de famille. "Ils nous ont renvoyés au Kosovo comme des animaux, avec de faux papiers ! Ah le préfet du Doubs, il va être bien dans la merde", a-t-il encore claironné.
"On va faire payer la France"
Comme le rapporte Le Figaro, les Dibrani sont très remontés contre la France et comptent bien être dédommagés de l’injustice qu’ils considèrent avoir subie en se faisant expulser de l’Hexagone. "Nous allons aller à la Cour de Strasbourg (la Cour européenne des droits de l'homme), pour demander des dommages et intérêts. La France, maintenant, on va la faire payer!", a assuré Resat Dibrani.
Interrogé en mai dernier, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius avait déclaré que "cette famille n’aura pas sa place en France, point à la ligne". Pourtant, avec de nouveaux passeports, rien ne semble empêcher la venue des Dibrani sur le sol français.
JE DEMANDE À VOIR !
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