lundi 6 janvier 2014
2014: la Grèce quitte l'euro
La réalité est encore plus dramatique, puisque c'est deux grecs qui sont au chômage pour un grec qui bénéficie d'un emploi: ce ratio étant le plus élevé au monde. L'effort à fournir par les grecs devrait donc être surhumain - et inhumain - si leur ambition est d'égaler ce ratio en vigueur auprès des pays à croissance molle, comme la France.
Le rythme de créations d'emploi devrait en effet atteindre une cadence formidable pour atteindre un ratio de 1.5, alors que les salaires en Grèce sont toujours plus élevés que dans des pays comme la Pologne et la Hongrie. Autrement dit, la Grèce ne pourra toujours pas miser sur son secteur à l'exportation pour redresser sa croissance, en dépit d'efforts de productivité intenses qui ont été consentis et malgré des salaires réels en chute libre. L'année 2014 ressemblera donc aux années précédentes, malgré les prédictions du gouvernement grec, de l'Union européenne et du F.M.I. qui - il est vrai - se trompent systématiquement depuis plusieurs années en prévoyant l'imminence d'une reprise grecque.
Pourtant, l'économie de ce pays a changé ces deux dernières années. En effet, la Grèce affiche désormais un excédent commercial, principalement grâce à son secteur du tourisme en progression de 12% en 2013, et du fait d'un chômage massif et d'une déprime économique qui se sont logiquement traduits par un recul sensible de ses importations. Toujours est-il que la Grèce n'a plus besoin aujourd'hui d'emprunter sur les marchés comme elle n'a plus besoin de l'assistance de l'Europe pour financer ses nouvelles dépenses. En outre, après avoir réalisé quelque 110 milliards d'euros d'économies en 2012 et en 2013, le budget grec sera excédentaire dès 2014! Ce pays ne disposera évidemment pas de revenus suffisants pour lui permettre de s'acquitter des intérêts de sa dette phénoménale, mais il peut désormais se targuer d'être en capacité de payer ses dépenses courantes.
En d'autres termes, ce n'est pas seulement les statistiques et les chiffres qui ont évolué. C'est l'ensemble de la donne grecque qui, aujourd'hui elle aussi, a changé. S'il est vrai que les innombrables prédictions selon lesquelles la Grèce serait chassée de l'euro en 2011 ou en 2012 ont toutes fait fausse route. S'il était littéralement impossible à ce pays de quitter la monnaie unique en 2012 ou en 2013 car il n'avait aucunement les moyens d'assurer sa subsistance. L'excédent commercial de 2013 et l'excédent budgétaire prévu cette année lui permettraient et lui donneraient tous les moyens de claquer la porte de l'euro, s'il le souhaitait. De fait, la Grèce serait aujourd'hui capable de quitter unilatéralement la monnaie unique sans être réduite à quémander pas plus l'assistance de l'Union européen que celle du F.M.I.
Son excédent commercial l'autoriserait en effet à retrouver une drachme solide, qu'elle pourrait en outre dévaluer afin de doper ses exportations. Son gouvernement comme son ordre public ne seraient pas menacés car le pays aurait à sa disposition des fonds en quantités suffisantes pour payer ses factures. La Grèce ne ferait pas forcément défaut, puisque ses dettes pourraient être graduellement remboursées dans une drachme qu'elle serait en mesure d'imprimer en cas d'extrême urgence. Bref, une sortie grecque de l'euro serait loin de représenter une catastrophe, en tout cas pour la Grèce. Le fait est que, en ce début d'année 2014, nul ne saurait balayer d'un revers de main l'éventualité d'un « Grexit ».
Les grecs se rebelleront-ils contre la stratégie du pire systématiquement employée par les autorités européennes, elles-mêmes sous la botte allemande ? Qui consiste à analyser la crise sous le seul prisme des déficits et à n'y remédier - en toute logique - que par l'austérité budgétaire. Qui punit par la même occasion celles et ceux qui sont le moins responsables du déclenchement de la crise, c'est-à-dire les peuples ? La technocratie européenne s'est en réalité donnée à cœur joie dans l'imposition de cette rigueur au sein des pays européens périphériques comme en France, tant et si bien que les grecs - les espagnols, les italiens, les portugais - en sont aujourd'hui au stade du questionnement existentiel. Tous ces sacrifices en valent-ils la peine ? L'Europe - cette Europe là !- en vaut-elle la peine ? Quand les seules réponses et que les seuls signaux émanant d'Allemagne et de Bruxelles se déclinent en chômage et en économies supplémentaires, lesquels ne manqueront pas de se traduire à leur tour en une radicalisation supplémentaire ?
* Michel Santi, économiste franco-suisse, conseille des banques centrales de pays émergents. Il est membre du World Economic Forum, de l'IFRI et est membre de l'O.N.G. "Finance Watch". Vient de paraître : une édition étoffée et mise à jour des "Splendeurs et misères du libéralisme" avec une préface de Patrick Artus et, en anglais, "Capitalism without conscience". Vient de paraître :"L'Europe, chronique d'un fiasco politique et économique"
En attendant le vrai tournant
En attendant le vrai tournant
Jusqu’où ira la précocité de François Hollande ? Prompt à abandonner son credo de « présidence normale », premier chef de l’Etat de la Ve République à toucher aussi vite les bas-fonds de l’impopularité, diligent à démontrer qu’il avait échoué dans son objectif phare de baisse du chômage, voilà qu’il s’apprête, vingt mois après son arrivée à l’Elysée, à changer de politique. Ou plutôt, selon un entourage soucieux de nuancer l’audace rhétorique des vœux, à assumer enfin une ligne social-démocrate à laquelle il n’aurait jamais cessé de croire in petto… Ce « non-tournant », cette « même politique » n’auraient donc rien à voir avec un reniement ou un aveu d’échec, mais relèveraient d’un « approfondissement », mieux d’une « accélération ». Si tel est le cas, qu’il nous soit permis une exhortation alors que la France décroche en Europe : encore un effort, Monsieur Président !
Un effort pour rendre limpide ce qui ne l’est toujours pas sur la réduction des dépenses publiques, le reflux fiscal, le choc de simplification... Un effort pour passer du « Dire et redire ce que l’on ne fait pas » à l’adoption effective de l’adage: « Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit ». Encore un effort pour coordonner cette conversion au réel avec un gouvernement et une majorité pour l’instant en désordre de bataille.
François Hollande sera-t-il capable d’assurer, comme un Tony Blair : « La gestion de l’économie n’est ni de droite, ni de gauche : elle est bonne ou mauvaise » ? Et pourra-t-il dans un discours plagier un Gerhard Schröder : « Nous allons devoir couper dans les prestations sociales, encourager la responsabilité individuelle et exiger plus d’effort de chacun » ? Si oui, il sera temps de saluer la rupture présidentielle. Mais pas avant.
Chiffon rouge : ce qui explique que Christiane Taubira hérisse autant le poil des gens de droite
Mariage pour tous, réforme pénale, lois mémorielles... La carrière politique de la garde des Sceaux a été marquée par des débats qui ont crispé une partie des Français. Sa vision de la famille, de la justice et de ce qui relève ou non du racisme est loin de plaire à tout le monde.
Alexandre Giuglaris : Christiane Taubira aura marqué l’année 2013. Elle aura porté la loi instituant le mariage pour tous et aura subi des attaques tout à fait inacceptables. Si ces injures doivent être condamnées très fermement, elles ne doivent pas empêcher de critiquer une action en matière de politique pénale et une pratique du pouvoir qui créent chaque jour plus de mécontentement dans l’opinion publique.
Ce mécontentement citoyen s’explique tout d’abord par les symboles que la Garde des Sceaux a mis en avant. Dès sa nomination, la ministre de la Justice a souhaité aller assister à un match de sport entre détenus plutôt que de s’intéresser aux victimes de ces détenus… Toutes ses premières déclarations n’ont eu pour objectif que de critiquer les lois de la précédente majorité et d’annoncer leur démantèlement malgré le soutien de l’opinion publique à celles-ci. Je pense, par exemple, aux peines plancher contre les récidivistes.
Ensuite, la manière dont ont été traités les adversaires de cette politique est tout à fait symptomatique du sectarisme et du mépris qui règnent place Vendôme. Le 4 septembre 2013, Christiane Taubira reçoit différentes associations de victimes en leur promettant de les revoir un mois après pour évoquer leurs inquiétudes quant à la réforme pénale. Quatre mois plus tard, aucune nouvelle rencontre n’est prévue…
Doit-on juger d’une politique pénale à la manière dont sont traitées les victimes ? Cela paraît tout de même le minimum que l’on puisse envisager. Alors que faut-il penser ou craindre, lorsque l’on sait que Christiane Taubira travaille étroitement avec le Syndicat de la Magistrature qui s’est brillamment illustré lors de la découverte du "mur des cons" dans ses locaux ? Sur ce mur de la honte, où figuraient de nombreux leaders politiques, intellectuels ou journalistes, on a également signalé la présence de deux pères de jeunes filles assassinées par des récidivistes dans des conditions ignobles et qui se sont engagés pour demander une justice plus ferme. La mainmise du Syndicat de la Magistrature sur le ministère de la justice sous Mme Taubira n’est plus à démontrer. Mais avec ce "mur des cons", les Français ont enfin découvert, sidérés, ce à quoi "s’amusent" certains de leurs magistrats. Un choc à la mesure du mécontentement à l’égard de notre justice.
Les Français savent donc aujourd’hui quelle est l’idéologie qui imprègne la politique de la Garde des Sceaux et qu’ils refusent dans leur très grande majorité. C’est une politique qui méprise les victimes et s’intéresse uniquement aux délinquants, qui seraient, eux, victimes de la société… Une inversion complète des valeurs et des repères qui se retrouve dans le projet de réforme pénale prévu pour le mois d’avril. Ce texte ne prévoit aucune avancée en faveur des victimes mais multiplie les mesures visant à condamner moins sévèrement et à éviter à tout prix la prison pour les délinquants et criminels, même récidivistes.
C’est un véritable "deux poids, deux mesures" qui est installé à la chancellerie lorsque les assaillants d’un RER n’ont aucune peine de prison, à l’inverse d’un opposant à la loi Taubira. Plus symptomatique encore, alors que la Garde des Sceaux ne cesse d’initier une politique toujours plus laxiste, elle demande par voie de circulaire officielle que les manifestants bretons des bonnets rouges soient sanctionnés particulièrement sévèrement. Ce "deux poids, deux mesures", c’est enfin le projet du gouvernement d’abaisser l’âge de vote à 16 ans pour les élections locales mais la volonté de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs récidivistes âgés de 16 à 18 ans, au nom du respect de leur minorité… Pour Christiane Taubira, à 16 ans, on est assez mûr pour voter comme un adulte mais pas pour assumer ses délits ou ses crimes ?
Cette politique injuste et dangereuse est largement rejetée par les Français. C’est d’ailleurs pour cela que la réforme pénale a été renvoyée après les élections municipales. Mais si la réforme n’est pas abandonnée, il est à craindre que le mécontentement ne se transforme en colère. C’est pourtant précisément l’inverse, qui devrait être le but d’un garde des Sceaux, à savoir l’apaisement de la société. L’échec est patent et particulièrement saisissant.
>>> Famille <<<
Geoffroy de Vries : Qualifiée par Christiane Taubira elle-même de « réforme de civilisation », la loi sur le mariage pour tous restera, sans aucun doute, dans les annales tant en raison de la vision de la famille qu’elle incarne que du mépris de nos dirigeants socialistes à l’égard des responsables associatifs et religieux qui s’y sont opposés durant les débats parlementaires, des 700 000 signataires de la pétition pour le CESE et des millions de manifestants, de l’agressivité des lobbyistes pro mariage gay à l’encontre de LMPT et de l’Eglise catholique, et de la sévérité injustifiée de la police vis-à-vis notamment des veilleurs.
Cette loi trouve sa source tant dans l’idéologie du genre qui veut abroger la différence des sexes que dans la volonté des personnes homosexuelles d’avoir des enfants via l’adoption, afin de « faire famille », selon le terme loufoque de Dominique Bertinotti, ministre chargé de la Famille.
Et pourtant, pour la majorité des Français – et pas uniquement ceux de droite, la famille est composée d’un homme et d’une femme, le plus souvent mariés, et de leurs enfants. Certes, la famille évolue avec la multiplication des naissances hors mariage et des divorces. Mais la famille composée de parents homme et femme reste encore le meilleur cadre pour l’éducation et l’épanouissement des enfants et surtout pour perpétrer l’espèce humaine. Et lorsqu’elle est fondée sur le mariage, elle est un cadre qui garantit la qualité et l’authenticité des relations interpersonnelles entre les époux d’une part et entre les époux et leurs enfants d’autre part.
Or, cette conception a été remise en cause par la loi Taubira qui bouleverse le mariage et les règles de la filiation. Le mariage entre deux personnes de même sexe leur ouvre, conformément au droit français, le droit à l’adoption, celle d’un orphelin ou de l’enfant du conjoint. Et les lobbys pro mariage gay revendiquent maintenant l’accès aux techniques de procréation artificielle que sont la PMA et la GPA.
Ainsi, la « famille » devient une sorte de « melting-pot » composé de parents de sexes différents ou de même sexe et d’enfants conçus de façon naturelle ou artificielle, pouvant ainsi être privés soit d’un père, soit d’une mère.
A d’autres égards encore, la famille est la cible du gouvernement socialiste. Le projet desimplification du divorce par consentement mutuel en retirant tout rôle au juge au profit du greffier risque fort de fragiliser les droits du plus faible dans le couple et, faciliter le divorce, c’est en quelque sorte fragiliser le mariage. Le projet de Najat Vallaud-Belkacem de « déconjugalisation » de l'impôt sur le revenu, s’il est adopté, pénalisera encore financièrement les familles dont les femmes ne travaillent pas. La gauche s’est toujours méfiée de la famille, sans doute parce qu’elle entrave, tout comme l’Eglise, la transformation socialiste de chaque individu et de la société toute entière... Et pourtant, la famille reste le premier lieu d’amour, de solidarité et de transmission des valeurs et assure l’épanouissement des citoyens et la pérennité de notre société.
Maxime Tandonnet : Madame Taubira incarne l'aile gauche du gouvernement à travers son rôle dans l'adoption du "mariage pour tous" et la remise en cause des lois Sarkozy sur la sécurité, peines planchers, rétention de sûreté. Son rôle est ainsi vital dans l'équilibre politique de l'équipe au pouvoir. Il n'est donc pas illogique qu'elle fasse l'objet des critiques de l'opposition. Son image reste par ailleurs marquée par la loi mémorielle du 21 mai 2001, définissant l'esclavage comme un "crime contre l'humanité" dont elle fut le rapporteur. Ce texte garde une portée symbolique forte et il incarne une méthode contestée d'utilisation de l'histoire à des fins politiques.
Les massacres et les tragédies jalonnent l'histoire de l'humanité et ce type de loi revient à poser la question du choix des époques et des événements faisant l'objet d'un traitement particulier : la traite négrière fut bien sûr une abomination, mais pourquoi ne pas légiférer alors, par exemple, sur le sort des populations amérindiennes, les exactions dont le peuple chinois a été si souvent victime, le massacre de la jeunesse européenne en 1914-1918 (17 millions de tués et autant de mutilés) ? La loi du 21 mai 2001 a été accusée de partialité dans la mesure où elle passe sous silence les formes non européennes de l'esclavage (arabe, notamment), exprimant ainsi, pour ses détracteurs, une forme d'idéologie anti-occidentale.
Elle passe sous silence le rôle de la France dans l'abolition de ce fléau, d'abord en 1793 sous la Convention puis sous la Seconde République en 1848. D'autres textes du même type sont intervenus depuis, en particulier celui du 23 février 2005 tout aussi controversé et contestable, sur le "rôle positif de la colonisation". Il est reproché aux lois mémorielles de raviver des blessures, d'attiser les fractures, de sublimer la repentance, de favoriser ainsi les communautarismes au détriment de l'unité nationale en transformant la nation en mosaïque de revendications identitaires, d'exploiter l'histoire à des fins idéologiques, une tentation contraire à toutes les valeurs démocratiques, et enfin de porter atteinte à la liberté d'expression. On peut y voir aussi un dérivatif à l'impuissance du pouvoir politique face aux enjeux concrets que sont par exemple la lutte contre le chômage ou l'insécurité... Par une décision du 28 février 2012, le Conseil constitutionnel a censuré la pénalisation de la négation du génocide arménien au nom de la liberté d'expression, posant des limites à l'instrumentalisation politique de l'histoire.
Pour garder un sens, éviter le risque de la banalisation, de la surenchère et du morcellement de la mémoire, les lois mémorielles devraient sans doute conserver un caractère rigoureusement exceptionnel, limité à la condamnation du négationnisme relatif au génocide des juifs d'Europe sous la deuxième guerre mondiale.
dimanche 5 janvier 2014
SDF : Madame la Ministre, un peu de discernement !
Une tribune de Vincent Roger, porte-parole de Nathalie Kosciusko-Morizet, en réponse à Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l'exclusion. Cette dernière a récemment fustigé la candidate UMP à la mairie de Paris pour s'être montrée dans le magazine VSD en train de fumer en compagnie de SDF.
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| Encore une qui doit fermer sa gueule |
Le score dérisoire que vous aviez fait aux primaires socialistes à Marseille vous avait obligé à un jeûne médiatique. La peur, sans doute d’un futur remaniement, vous invite à sortir précipitamment de votre hibernation. Croyant faire un bon coup de com’, votre première prise de parole de l’année, fut donc hier de lancer une polémique avec Nathalie Kosciusko-Morizet. L’affaire était trop tentante voire trop belle. Quoi de mieux, en effet, pour vous, que de calomnier une femme de droite dix fois plus connue que vous. Quoi de mieux pour vous, comme pour la gauche française qui sait si bien le faire, de donner des leçons en matière de solidarité. Quoi de mieux pour vous d’incarner une gauche dépositaire de la morale publique, fidèle à la seule ligne directrice du gouvernement auquel vous appartenez.
Vous avez donc appelé Nathalie Kosciusko-Morizet à "la décence" suite à la parution dans un hebdomadaire d’une photo à la légende aussi hasardeuse que provocatrice. Cette photographie montrait la candidate à la Mairie de Paris discutant avec un SDF. Sans retenue et sans prendre le moindre recul par rapport à la parution de ce cliché, vous avez ainsi traité "d’indécente" une élue de la République. Trop consciente que vous êtes que dans notre société, tout devient suspect, tout doit être critiqué. Il est désormais plus simple de créer une polémique que de prouver sa bonne foi.
Ne vous en déplaise, Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas à s’excuser d’avoir été entre Noël et jour de l’an au-devant des Parisiens qui souffrent. Désolé, Madame la Ministre, elle n’avait pas à vous demander la permission de rencontrer, avec des associations, des prostituées, de passer la soirée du 30 décembre dans un service d’urgence et de participer à une maraude. Le rôle d’un candidat à la Mairie de Paris, c’est d’aller dans les entrailles de la ville et non de faire campagne dans les salons confortables de l’Hôtel de Ville. L’essentiel de ces rencontres s’est réalisé sans presse. Lors de cette maraude, il y avait un photographe d’agence. Quel crime ! Depuis que vous êtes la Ministre des exclus, existe-t-il une loi interdisant de les montrer ? NKM est-elle le premier responsable politique à avoir "osé" être photographiée dans le cadre d’une opération de solidarité ? Est-ce NKM ou la rédaction de VSD qui a choisi cette photo ?
Ne vous en déplaise également mais Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas à s’excuser d’avoir donné une cigarette à un SDF. Elle n’a pas non plus à se justifier d’avoir répondu en polonais à cette même personne. Et pour votre information, NKM fume. Ce n’est sans doute pas bon pour sa santé mais je ne vois pas en quoi elle aurait dû s’interdire de partager un moment tout simplement humain. Le fait de passer aujourd’hui devant le tribunal de votre mauvaise foi ne peut que la conforter dans son bon droit. Visiblement, cette photo vous dérange, non pour les raisons faussement moralistes que vous avancez, mais parce que, comme beaucoup de gens de gauche, vous vous considérez "propriétaires des pauvres". Vous parlez d’indécence, moi je décèle entre les lignes de votre tribune de la condescendance. Vous êtes-vous un instant interrogée sur ce qu’a pu penser ce SDF de ce moment de partage et d’échange ?
Votre appel à la décence est surtout un manque de discernement. Vous avez cédé à la tentation de l’immédiateté et à l’attraction des médias. Vous croyez avoir réussi un bon coup, vous avez simplement rabaissé votre fonction. Votre réaction est aussi puérile qu’incongrue. N’aviez-vous pas mieux à faire en cette rentrée gouvernementale !
Dois-je vous rappeler que vous êtes en charge des Français les plus fragiles. Ces hommes et ces femmes n’ont que faire de vos leçons de morale. Pardonnez-moi ma franchise, mais ils s’en foutent. Ils attendent de vous des résultats.
Dois-je vous rappeler aussi que la France de 2014, c’est 5 millions de chômeurs, 8 millions de précaires et une classe moyenne au bord du dévissement ? Et pendant ce temps, vous n’avez rien trouvé de mieux à faire que de prendre part au NKM bashing ambiant. Ce dernier est une mode, elle passera ! Dans le climat actuel c’était prendre peu de risque pour claironner votre retour sur la scène médiatique. Sauf celui d’être ridicule !
Et si François Hollande changeait de politique en 2014 ? On rêve !
Bonne année 2014, et quelle année en perspective ! Les vœux aux Français de François Hollande pourraient marquer un tournant important dans le quinquennat. Il a changé de discours sur la forme et dans le fond. Cela annonce-t-il un véritable changement dans la gouvernance ? Il ne faut pas rêver non plus.
Dans la forme, il a parlé comme un Président .Un peu arrogant avec ses "je suis, je fais, j’assume". Passons sur les détails qui feront le bonheur des critiques professionnels du théâtre politique. Mais aussi des acteurs de l’opposition et des commentateurs, qui ne manqueront pas de spéculer sur sa volonté de faire une France forte (merci Sarkozy), ni de souligner qu’il reconnaît aujourd’hui que la crise est beaucoup plus forte qu’il ne l’avait pensé. Ils commenteront aussi, qu’à écouter Hollande, son Premier ministre n’existe plus. Ni son rôle, ni sa réforme fiscale. La page est tournée. D’ailleurs, il est seul responsable de ce qui va et le seul coupable de ce qui ne va pas.
Sur le fond en revanche, le changement est beaucoup plus sérieux. Le Président a finalement reconnu qu'il s’était planté et qu’il fallait orienter l’action gouvernementale dans une autre direction. Et cette direction, c’est celle dessinée par tous les experts un peu sérieux et responsables. Cette nouvelle politique économique s’articule autour de trois axes qui entraineront, selon le Président, trois séries de réformes.
Première série de réformes, améliorer la compétitivité des entreprises en commençant par la baisse des charges. Le président de la République aurait donc compris que si l’économie française ne créer pas d’emplois, c’est parce que les entreprises n’ont pas intérêt à le faire. Il faudra améliorer l’écosystème des entreprises. Un chef de l’État socialiste qui considère désormais que le ressort de la croissance ce n’est plus la demande mais l’offre, ce n’est pas une réforme c’est une révolution.
Keynes, idole des biens pensants de la droite étatique comme de la gauche sociale, n’aura pas passé l’année. On va pouvoir enfin travailler avec Schumpeter. L’offre, la compétitivité, l’innovation : on va changer de système et de logique.
Deuxième série de réformes, celles qui organiseront la baisse des dépenses publiques et sociales. Le président de la République, lui-même, a annoncé que l'on ne pouvait pas baisser les impôts sans toucher aux dépenses publiques nationales et territoriales. Bref, il reconnait ce que tout le monde dit et crie depuis plus d’un an. L’État doit se replier sur ses fonctions essentielles. Il n’a pas dit fonctions régaliennes car ça n’appartient pas encore au dictionnaire socialiste, mais c’est tout comme.
Pour la première fois, l’État sanctuarisé, par une partie de la droite conservatrice et par la gauche socialisante va donc, selon le Président, être obligé de travailler mieux pour moins cher. L’État va devoir réduire son périmètre. Là encore ce n’est pas une réforme, c’est une révolution.
Troisième série de réformes : celles qui devraient renforcer la cohésion des pays de la zone euro. Selon François Hollande, la France va prendre des initiatives fortes afin de conforter la gouvernance européennes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, si le chef de l’État est cohérent avec son projet, il admet que la BCE ne pourrait être efficace pour animer la croissance que si elle rapportait à un gouvernement politique européen. Par conséquent, fini de critiquer de façon démagogique l’action de la BCE, fini de prendre les Allemands pour des bouc-émissaires. Il va falloir les considérer comme des partenaires avec lesquels on va construire une autorité politique fédérale capable d’harmoniser. La logique de ce projet est aussi de respecter un code de bonne conduite. D’où la recherche de compétitivité et la baisse des dépenses publiques.
Le programme Hollande pour 2014 est absolument cohérent au niveau économique.Son timing est d’ailleurs logique. Il doit lancer tous ces chantiers avant la fin du mois de janvier. Parce qu’après, -dès février - on commencera à travailler sur la loi de finances 2015 et il sera trop tard. On retrouve là, la contrainte mise en évidence par Jacques Attali, dimanche dernier sur I>TÉLÉ et Europe 1 : « le Président doit lancer un programme ambitieux de compétitivité, de réduction des dépenses publiques et de fédéralisme européen pour protéger l’euro, sinon il aura du mal à terminer son mandat ». C’est dur mais lucide.
L’urgence implique donc d’avoir des précisions sur les réformes projetées. Et là ce n’est pas gagné. Le président de la République a programmé une conférence de presse explicative vers le 15 janvier. A voir ce qu’il en ressortira. Le programme Hollande pour 2014 n’a, pour l’instant, aucune majorité politique. Dès la semaine prochaine, tous les lobbies qui défendent la fonction publique vont se mettre en tenue de combat. Les syndicats de la fonction publique, la gauche de la gauche, les écologistes et une grande partie des députés socialistes dont le cœur de clientèle appartient à la sphère publique. Tout ce beau monde va défiler à l’Elysée pour bloquer les réformes.
On peut rêver d’un président de la République qui aurait décidé d’être courageux et même politiquement téméraire. On peut l’imaginer capable d’affronter l’impopularité et même de rendre cette impopularité utile. Mais peut-on l’imaginer suicidaire ? Lui peut être, mais ses amis ? Il ne faut pas rêver.
Comment les plus riches du monde ont fait pour être aussi riche
Comme chaque année, l'agence Bloomberg dresse le classement des plus grandes fortunes mondiales. Cette année, trois grands bouleversements importants par rapport au classement précédent.
Le premier de ces bouleversements, c’est que les riches sont sortis de la crise. Ils sont beaucoup plus riches que l’année précédente. Du moins en théorie. La fortune des 300 personnes les plus riches du monde s’est accrue de 15% en moyenne. Cette augmentation reflète la hausse de la bourse dans le monde entier. En moyenne, de New-York à Londres en passant par Francfort ou Milan, la cote des valeurs boursières, donc des entreprises, a progressé de 20%.
Même à Paris, où les entreprises du CAC40 ont avancé de 17 % sur l’année. Cette progression marque incontestablement la sortie de crise dans la plupart des pays puisque les entreprises ont redémarré. Mais attention, cette flambée est aussi le résultat de liquidités déversées par les banques centrales américaines, japonaises, britannique et même chinoise. Ces liquidités s’investissent moins en dettes publiques et plus sur le marché financier privé. C’est plutôt un bon signe : à condition que l’on soit capable de débrancher les perfusions monétaires. Ce qui n’est pas évident.
Deuxième bouleversement, le palmarès couronne les chefs d’entreprise. Le tiercé gagnant des personnalités les plus riches du monde étant : Bill Gates, le fondateur de Microsoft avec 78,5 milliards de dollars. Soit 20% de plus qu'en 2012. Le deuxième, c’est Carlos Slim, magnat de la téléphonique mexicaine, avec 73,8 milliards de dollars : en baisse de 1,4 milliards. Enfin, en troisième position, Armancio Ortega, le fondateur de Zara avec 66,4 milliards de dollars.
Le fondateur de Microsoft a retrouvé la première place grâce à la bourse. La capitalisation boursière de Microsoft dépasse les 88 milliards. Carlos Slim cède la première place du podium, signe que son activité sature un peu ses marchés. Ce qui est intéressant, c’est l’arrivée de Zara dans le top 3.
Le premier des Français est une Française. C’est Liliane Bettencourt dont la fortune personnelle est estimée à 34,1 milliards de dollars. Elle a progressé de 26% soit 9 milliards. Le deuxième des Français, c’est Bernard Arnault. Le PDG de LVMH, avec 32 milliards et le troisième, François Pinault, dont la fortune serait estimée à 17,2 milliards de dollars.
Le troisième bouleversement, c’est le recul de toutes les fortunes fondées sur le pétrole, le gaz et les matières premières. Les grandes fortunes rentières de Russie, d’Amérique du Sud, d’Inde et même de Chine ont beaucoup moins la cote. La crise a peut-être obligé les économies industrielles à découvrir des process moins gourmands en énergies fossiles et en matières premières.
Quelles leçons tirer d’un tel classement annuel ? Les maniaco-politiques vont s’en donner à cœur joie sur l’accroissement des inégalités. L’enrichissement colossal de quelques-uns, la persistance de la pauvreté et de la misère de beaucoup de peuples. C’est une évidence. Sauf que l’OCDE montre très clairement que les pays émergents ont aussi énormément profité de la mondialisation, des nouvelles technologies qui apportent une meilleure productivité et une amélioration de la santé. La Chine sort tous les ans 80 millions de Chinois de la misère absolue. C’est peu, comparé au milliard de chinois, mais c’est l’équivalent d’un marché français de plus par an. Idem en Inde. Demain, on sait que l’Afrique se prépare à sortir de cet état de sous-développement à la même vitesse.
Le premier de ces bouleversements, c’est que les riches sont sortis de la crise. Ils sont beaucoup plus riches que l’année précédente. Du moins en théorie. La fortune des 300 personnes les plus riches du monde s’est accrue de 15% en moyenne. Cette augmentation reflète la hausse de la bourse dans le monde entier. En moyenne, de New-York à Londres en passant par Francfort ou Milan, la cote des valeurs boursières, donc des entreprises, a progressé de 20%.
'La France est le véritable homme malade de l'Europe'
Un jugement qui a été confirmé jeudi par la publication par Markit des indices PMI (Purchasing Managers Index) qui décrivent les intentions de commandes des responsables des achats de grandes entreprises de plusieurs pays.
Dans presque tous les pays suivis par cette enquête, l’indice est en augmentation, à l'exception de la France, où est tombé à son niveau le plus bas en sept mois. A 47 points, en dessous du seuil fatidique de 50 qui marque une croissance économique (en dessous de 50, c’est un signe de contraction de l’économie), l’indice français est bien en deçà de la moyenne de la zone euro (52,7) et de l'autre grande économie de la zone euro, l'Allemagne, (53,4). Nos voisins du sud ont le plus mauvais indice de tous les pays énumérés.
Dans son rapport publié le mois dernier, le Lisbon Council explique pourquoi la France détonne tant: «L'une des principales raisons pour lesquelles la France se distingue comme le vrai problème c’est que la plupart des pays en difficulté de la zone euro ont fait de tels progrès ». Le groupe de réflexion a comparé la France d'aujourd'hui avec l'Allemagne au tournant du millénaire. Ce n'est que lorsque Gerhard Schröder a mené des réformes approfondies que le pays a été en mesure de prendre la position de tête du peloton.
Toutefois, toutes les analyses ne parviennent pas à la même conclusion que Markit. L'institut national de statistique français, l’Insee, constate une augmentation de 2 points sur son échelle de valeurs de ses indicateurs manufacturiers. Les chiffres concernant les ventes de voitures neuves en France témoignent d’une hausse de 9,4% par rapport au mois de décembre de l’année dernière. Renault a rapporté une hausse de 38%, et même PSA Peugeot Citroën a enregistré une augmentation de 10%.
D'autres attribuent les mauvais chiffres français au manque de compétitivité dans le secteur industriel où les réformes sont à peine mises en œuvre. « L’aversion de la France pour les réformes et sa politique posent un sérieux risque extrême pour l’Europe [Les chocs de probabilité faible mais d'impact fort] », avertit le Lisbon Council.
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Mes meilleurs vœux pour la Nouvelle Année
Mes meilleurs vœux pour la Nouvelle Année
Il y a quelques jours je vous ai présenté mes vœux de Noël, chers amis. Or cette fois je vous invite à réfléchir ensemble sur les espoirs plus ou moins imprécis qui viennent traditionnellement nous habiter à la veille du Nouvel An.
Nous savons tous que ces espoirs se résument en l’occurrence à l’attente d’un changement positif dans notre existence. Je sais que j’énonce là une vérité de La Palice mais les choses de la vie ne sont-elles en réalité qu’une interminable suite de lapalissades ? Aussi sans vouloir jouer les trouble-fête je préfère me cacher derrière la sagesse combien lucide d’Alphonse Karr, romaniste et journaliste français du XIXe siècle, qui a dit un jour : « Plus ça change plus c’est la même chose ». C’est tellement vrai que cette maxime d’Alphonse Karr est depuis longtemps considérée comme une sentence populaire.
Cela veut dire qu’à partir du 1er janvier 2014 notre vie continuera son train-train habituel avec, certes, des hauts et des bas plus ou moins sans importance. Je vous prie de m’excuser une autre lapalissade si je dis que nous sommes tous mécontents de notre situation matérielle et financière. Mais cette situation est plus facile à digérer quand on s’adresse à cette philosophie d’Alphonse Karr :« Si l’on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Si l’on veut devenir riche, il faut trouver autre chose. »
Bien entendu dans notre vie réelle nous continuons de nourrir nos espérances dans l’attente d’une politique économique et sociale plus efficace d’un nouveau président ou d’un nouveau cabinet, mais je reste plutôt sceptique à ce sujet quand je pense à une autre maxime d’Alphonse Karr qui me paraît d’autant plus objective qu’il n’y ménage guère son amour-propre professionnel : « Écrivain, c'est le seul métier, avec l'art de gouverner, qu'on ose faire sans l'avoir appris. »
Donc on ne doit pas trop compter sur la compétence de nos autorités. Surtout quand le même Alphonse Karr nous apprend : « Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque. Les plus haut placés sont ceux qui servent le moins. »
Merci pour vos leçons, Monsieur Karr !
Vœux de mots
Vœux de mots
À genoux devant un gros tas, l'homme agacé jette des paroles en l'air. Crise : à toutes les sauces ; mondialisation : l'excuse facile ; vent debout : souvent à contre-sens ; niche : le chien va faire la gueule ; mou : trop politique ; tendances : des girouettes ; indices : chacun y voit midi à sa porte ; ras-le-bol fiscal : au palmarès des mauvaises idées de Bercy ; compétence : la tour d'ivoire des technocrates ; taxes, TVA, impôts : les outils de la crispation ; marchés financiers : le grand méchant loup ; vivre ensemble : mort sur le front du racisme ; riches : à partir de 75 % ; extrême droite : Céline sans le talent ; politique économique : l'auberge espagnole ; retour : vers le passé ; désespérance : bactérie multirésistante.
Dans la grande corbeille des mots de tous les jours, il faut fouiller et farfouiller encore pour dénicher quelques vocables d'espoir. Avenir, réussite, jeunesse, bonheur, confiance… ces mots simples auxquels trop souvent le flot médiatique préfère la grisaille catastrophiste ou la raillerie, cette forme hypocrite du désespoir. Nous doutons du présent et nous croyons que l'avenir pourrait être une menace plus qu'un projet. Avec des airs de lucidité censés sauver les apparences, nous traînons notre misère dans un monde sans futur.
Ensuqués par cette déprime chronique, nous nous suffisons d'une pensée dominante mollassonne et de pseudo-expertises que l'on nous oppose pour nous ramener à notre condition de citoyens ordinaires et non-sachants. Et si d'aventure quelque injustice nous pousse à l'indignation, voire à la révolte, alors on nous ressert l'obligation de réduire la dette et le mitterrandien «… on a tout essayé ». De ce sentiment d'impuissance et de la contrainte rebattue vient la torpeur ankylosante qui nous coupe le goût d'un possible autrement.
Faisons en ce début d'année le v'u de dresser la barricade des mots et de l'espoir contre la si lourde désespérance qui nous réduit au rang de spectateurs avachis. Faisons v'u aussi de nous rappeler du futur qu'il faut rendre possible plutôt que de chercher à le prévoir. Adieu les Trente piteuses, un autre monde est possible. Celui d'un avenir qui rende notre présent meilleu.
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