TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

lundi 21 octobre 2013

François Hollande, le cul entre deux gauches

Le président avait l'occasion de clarifier sa politique d'immigration et de nous dire qui il est. Sa proposition tordue s'est transformée en boomerang.


Manuel Valls est vraiment gentil de rendre hommage à la "générosité" du président de la République dans l'affaire Leonarda. On préfère penser qu'il ne croit pas à ce qu'il dit. Pour une fois, il a dérogé à cette conduite de rectitude et à ce parler-vrai qui font son originalité au sein du cheptel socialiste. Faire crédit de sa générosité à François Hollande lorsque celui-ci invite la jeune fille a revenir enFrance, mais seule, c'est jouer les imbéciles et le prendre pour un imbécile, et nous avec. Il est difficile en effet d'imaginer que le président ignorerait les textes, qui, au nom du respect de la vie privée et familiale et au nom de l'intérêt supérieur de l'enfant, interdisent qu'on sépare celui-ci de sa famille. Et difficile d'imaginer que la famille en question accepterait cette proposition.
Il faudrait au demeurant que le président soit bien cynique pour fouler aux pieds les valeurs induites par le lien familial, lui qui est un homme de gauche, s'il est vrai que, selon le mot célèbre de Bartolone, il y a la loi, mais il y a les valeurs. Cette prétendue générosité ne trompe que les gogos. Elle n'est qu'un clin d'oeil adressé à la gauche des valeurs par la gauche du droit à laquelle par fonction appartient le président. Le cul entre deux gauches, celui-ci n'a trouvé que ce stratagème hasardeux pour résoudre l'extrême embarras dans lequel il se trouve. La réponse insolente du père de la jeune fille a eu d'ailleurs tôt fait de mouiller le pétard présidentiel. "Monsieur Hollande n'est pas le papa de Leonarda", s'est esclaffé le voyou, bafouant aux yeux du monde le président de la France.
Certains nomment synthèse la proposition tordue imaginée par celui-ci. Quelle synthèse ? Une synthèse est une opération destinée à simplifier une situation complexe. On en est loin ! Hollande, par sa maladresse et son indécision, a pour longtemps pétrifié la fracture idéologique qui divise non seulement le pays, mais la gauche elle-même. Il s'est coupé les mains. Il fallait choisir : ou désavouer Valls, ou le conforter. L'occasion était là qui aurait enfin permis au président de la République de dire qui il est, pour quoi faire il est là, et où il va

Une grande leçon de cynisme

Une grande leçon de cynisme


De François Hollande, on savait à peu près tout : sa capacité à rebondir, à se relever de toutes les épreuves sans paraître en être affecté. De là lui était venu un surnom : « Culbuto ».
De François Hollande, on connaissait aussi sa difficulté à trancher, son indécision chronique servie par un grand art du compromis, de l’arrangement -- son côté manœuvrier disent ses adversaires. Une réputation de mollesse et de flou à l’origine d’un autre surnom, bien plus cruel : « Flanby ».
De François Hollande, on savait encore son goût pour la lenteur, cherchant à donner du temps là où il n’y en a pas, à repousser à plus tard les décisions comme les réformes. Un côté bonasse qui lui avait valu le doux surnom de « Pépère ».
On savait aussi qu’il était sympathique, convivial, que lui Président, il n’antagoniserait pas les Français, parce qu’il avait, contrairement à son prédécesseur, un bon fond et un solide sens de l’humour mis au service de la conciliation. Ce n’était pas toujours le meilleur moyen de faire de la politique sérieusement, mais c’était sa nature, voilà tout. Et on l’avait pour cette raison depuis longtemps surnommé « Monsieur petite blague ».
Ce qu’on ne savait pas, et que révèle l’affaire Leonarda, c’est que l’homme est d’abord un politique cynique. La gestion pitoyable de cette crise, son dénouement invraisemblable sont un sommet du genre. Ayant laissé le poison se répandre à gauche pendant cinq longues journées, histoire de fragiliser son très populaire ministre de l’Intérieur, le chef de l’Etat n’a voulu donner raison à aucun camp et a pour cela choisi d’instrumentaliser une mineure sous influence en lui donnant, à elle, les clefs d’une décision impossible qu’il revenait, à lui, de prendre. Se défausser, dégager sa responsabilité quel qu’en soit le prix: il n’y a pas encore de surnom pour cela, mais nul doute que ça viendra.

Affaire Leonarda: Marine Le Pen appelle François Hollande à la démission


Marine Le Pen se lâche. Encore. Interrogée sur l'expulsion de Leonarda, cette jeune écolière, la présidente du FN a pointé une nouvelle fois le déficit d'autorité du Président de la République, coupable selon elle d'avoir "humilié la France".  " Il a humilié la France d’une telle manière qu’il n’a plus aucune autorité. On a bien vu la faiblesse, la fragilité de ce personnage qui, sous la pression de quelques étudiants gauchistes, est venu violer non seulement des décisions administratives, mais aussi la loi " a-t-elle expliqué.
Après avoir rappelé sa volonté de mettre fin à la régularisation des clandestins, la dirigeante frontiste a dénoncé le caractère "dangereux" des déclarations de François Hollande: "Il a appuyé sur le bouton de l’aspirateur à clandestins, car ce signal, il a été entendu dans le monde entier".                                La patronne du parti a par ailleurs estimé que les enfants issus de l'immigration clandestine ne devaient pas faire l'objet d'un régime de faveur en matière de régularisation.

Marine Le Pen : "François Hollande a appuyé... par francetvinfo
La candidate FN à l'élection présidentielle de 2012 a enfin regretté la posture "ridicule" de François Hollande. " Qu’un président de la République s’abaisse et abaisse la France à faire une intervention officielle à la suite d’une affaire qui ne relève même pas de la responsabilité d’un sous-préfet, c’est évidemment totalement ridicule" a conclu Marine Le Pen.

Admirable

Admirable

La décision de François Hollande dans l’affaire Leonarda me paraît admirable. Elle constitue même un cas d’école applicable à d’autres problèmes. Ainsi, peu de choses suffiraient pour apaiser la colère des transporteurs bretons : reprendre une vieille idée, prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer et faire de la Bretagne un arrondissement parisien. Du coup, l’écotaxe n’aurait plus de raison d’être puisque les poids lourds emprunteraient une voie urbaine. En même temps, la loi serait appliquée. De même, les manifestations de lycéens doivent être considérées comme une activité périscolaire pratiquée pendant la pause méridienne. Cela s’inscrirait parfaitement dans le « parcours découverte » du ministère. Au fond, ce n’est pas si difficile de gouverner. Un brin d’astuce suffit.

Eloge de la démission

Pour l'écrivain, il n'y a aucun déshonneur à reconnaître ses limites, une fois atteintes, et à passer la main pour améliorer le sort d'autrui.


À l'heure où le président, après avoir voulu partir en guerre pour punir Bachar el-Assad de ses crimes, se trouve à se laisser guider par les caprices d'une gamine kosovare de 15 ans, le citoyen, complètement déboussolé, cherche à se raccrocher à d'illustres exemples. Ceux où les embarras d'un chef d'État se résolvent dans l'honneur. Le mode d'emploi n'est pas nouveau, déjà, en 1513, Machiavel, dans Le prince, décrit les futures conditions d'un échec. 
"Pour entrer plus particulièrement en la matière, je dis qu'on voit aujourd'hui un prince prospérer et demain s'écrouler, sans qu'on l'ait aperçu changer. À savoir qu'un prince qui s'appuie totalement sur la fortune s'écroule quand celle-ci change. Heureux celui qui sait s'accommoder de son temps, malheureux celui qui est en désaccord avec lui." Après 500 jours et quelques de dégringolade, nous éprouvons tous une forme de compassion pour François Hollande. Nous ne serions pas surpris si ce président, qui aime cultiver la lucidité, tirait les conséquences de son impossibilité à gouverner le pays.

Rappelons-nous Benoît XVI

Cela va d'ailleurs avec l'humilité que chacun souligne en le voyant. Humilité dont il apprend la leçon tous les jours, lorsque ce mal élevé de Mélenchon clame : "De toute façon, ça va craquer. Il dit oui à tout le monde, résultat, on ne sait même plus où il est." D'autres louent son endurance, nourrie, disent-ils, par la fameuse devise de Talleyrand : "Quand je me regarde je me désole, quand je me compare, je me console." On lui reproche de n'avoir aucune expérience diplomatique et d'avoir pris des décisions maladroites dans la gestion des intérêts des Français - encore que ce soit déjà un miracle s'il prend une décision sans faire marche arrière -, mais qui peut, de façon constante, contrarier sa vraie nature ? D'autres, et non des moindres, en ont tiré les conséquences avec courage. 
Rappelons-nous Benoît XVI, le 11 février 2012 : "Je suis parvenu à la certitude que mes forces ne sont plus aptes à exercer mes fonctions de manière adéquate. Je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m'a été confié." Communiqué instantané de François Hollande : la décision du souverain pontife est éminemment respectable. Comme quoi, l'idée l'a déjà effleuré. Et Taubira, qui ne cesse de mettre Aimé Césaire à toutes les sauces, ne lui aurait-elle pas transmis sa fameuse lettre de démission du parti du 24 octobre 1954 adressée à Maurice Thorez ? "Pour revenir à notre propos, l'époque que nous vivons est sous le signe d'un double échec. L'un, évident, celui du capitalisme, mais aussi l'autre, effroyable, que nous avons pris souvent pour du socialisme. Le résultat est qu'à l'heure actuelle nous sommes dans l'impasse." 

Nous vous regretterions

Il n'y a aucun déshonneur, mais, au contraire, beaucoup de grandeur à reconnaître ses limites, une fois atteintes, et à passer la main pour améliorer le sort d'autrui. Le 15 juin 2006, Bill Gates démissionne de Microsoft pour s'occuper d'oeuvres caritatives avec les fonds provenant de sa fortune personnelle. Mais Bill Gates n'est pas un bon exemple, sa décision n'engageait pas un pays. En revanche quand, le 21 décembre 1991, Mikhaïl Gorbatchev déclare : "Mes chers compatriotes, en raison de la situation qui s'est créée, je mets fin à mes fonctions de président. Les événements ont pris une autre tournure : le destin a voulu qu'au moment où j'accédais aux plus hautes fonctions de l'État, le pays allait mal et mes réformes n'ont pu être que partielles." Exactement comme Hollande, et il a su en prendre la mesure. 
La rumeur veut que celui-ci se sente tranquille comme Baptiste quant à sa réélection en 2017. Que le seul cap qu'il veuille tenir, c'est la montée du Front national. Pour réitérer le scénario Chirac-Le Pen et triompher dans les urnes. Le seul moyen qu'aurait Hollande de rester dans l'histoire pour un autre motif que son impopularité dans les sondages est extrêmement périlleux. Et glorieux. Est-il capable de prêter à la France une autre ambition que celle de son petit destin personnel ? À l'instar de De Gaulle, aurait-il la sagesse de retrouver une légitimité en proposant aux Français un référendum, dès lors que la faiblesse de son pouvoir est avérée ? En l'occurrence, le thème en est simple, si ce n'est indispensable : rétablir un mandat présidentiel de 7 ans - l'expérience prouve qu'un quinquennat ne mène à rien, sauf à la démagogie - et que ce mandat soit unique. Que la réponse des Français soit un oui ou un non, dans les deux cas, Monsieur le Président, nous vous regretterions lors de votre départ.

Affaire Leonarda, que reste-t-il de la hollandie ?

OpinionS : Affaire Leonarda, que reste-t-il de... par Lopinionfr

Faillite politique

Faillite politique


Dix-huit mois après l'élection de François Hollande, il nous aura donc été donné d'assister à ce naufrage:
- Le président de la République française qui s'abaisse, et abaisse la France avec lui, à consacrer toute affaire cessante une intervention en direct à la télévision à une banale expulsion - parfaitement régulière de surcroît - soudain érigée sous la loupe médiatique en affaire d'État.
- Une gamine de 15 ans qui prend à partie le chef de la cinquième puissance économique mondiale et qui lui fait la leçon avec une insolence confondante. Les parents de cette jeune fille, généreusement logés, nourris et entretenus par la France depuis quatre ans, qui multiplient les provocations avec une acrimonie qui en dit long sur leur volonté d'intégration.
- Et pour finir, ce feu d'artifice de commentaires, souvent plus atterrés que critiques, venus de la droite comme de la gauche, qui sanctionnent l'échec cinglant d'une intervention présidentielle «solennelle», motivée au départ par le souci d'enrayer la colère d'une poignée de lycéens et qui, à l'arrivée, n'aura pas même réussi à convaincre… le premier secrétaire du Parti socialiste.
Consternant! Où est le courage? Où est la hauteur de vue? Où est la force de conviction? Tout, dans l'épilogue (provisoire?) de cette affaire lamentable - depuis l'enquête administrative aux attendus subtilement balancés (pas de «faute», mais «un manque de discernement») jusqu'à ce pseudo-jugement de Salomon (la jeune fille peut revenir, mais sans sa famille…) -, tout respire de bout en bout la combine politicienne, le calcul d'apothicaire, la cautèle de maquignon.
François Hollande aurait pu - il aurait dû - affirmer que l'enquête administrative ayant établi la parfaite régularité de la mesure d'éloignement, l'affaire était close et la polémique infondée. Bien sûr, il lui aurait fallu en payer le prix sur sa gauche, du côté des Verts et d'une frange du Parti socialiste. Bien sûr, il y aurait eu du grabuge au gouvernement…
Bien sûr, il aurait exaspéré une partie des militants qui, sur la foi d'un programme ambigu, l'ont porté à ­l'Élysée. Mais en réaffirmant l'autorité de l'État, c'est la sienne qu'il aurait restaurée. Et, sur ce terrain, il aurait trouvé le soutien de l'opinion…
Mettant la barre à gauche toute, François Hollande aurait pu à l'inverse ordonner, au nom du «devoir d'humanité», l'annulation de la mesure d'éloignement qui frappe toute la famille Dibrani. Sans doute, ­Manuel Valls aurait claqué la porte. Évidemment, le Front national en eût fait ses choux gras. Mais, au moins, le président aurait remobilisé les plus engagés de ses partisans. Toute considération de fond mise à part, il aurait surtout manifesté qu'il y a un chef, et un cap, à l'Élysée…
Au lieu de quoi, hollandissime jusqu'à la caricature, il biaise, il embrouille, il enfume. Il ménage la chèvre et le chou. Il avance pour mieux reculer. Il ne pose la règle que pour créer l'exception. Il ne fait une concession que pour la reprendre aussitôt. L'expulsion de Leonarda est régulière, donc la jeune fille sera autorisée à rentrer. La générosité exige qu'elle revienne, donc elle sera séparée de sa famille. Comprenne qui pourra…
Pitoyable habileté destinée à ne mécontenter personne et qui réussit in fine à exaspérer tout le monde. Faible dans ce qu'elle a de fort, mesquine dans ce qu'elle a de généreux, la «décision» du président ajoute l'arbitraire à la faiblesse et le sentimentalisme à l'insensibilité. Injustifiable du point de vue du droit comme de celui de la simple humanité, elle fera date, à n'en pas douter. Au-delà du cas Leonarda, elle révèle et cristallise la faillite politique d'un quinquennat tout juste commencé et qui, noyé d'indécision et d'impuissance au sommet, a déjà comme un air de fin de règne.

PS contre PS

PS contre PS
Les dimanches se suivent et se ressemblent tristement au PS. Il y a une huitaine, les graves bavures qui avaient entaché le premier tour de la primaire marseillaise s'étaient ajoutées au traumatisme de la cantonale de Brignoles. Hier, ce sont les turbulences de « l'affaire » Leonarda et la « sortie » de Samia Ghali qui ont pollué le deuxième tour du scrutin phocéen. Il y aurait pourtant eu matière à satisfaction pour l'exécutif avec la forte mobilisation des militants. Et surtout avec la large victoire de Patrick Mennucci, le candidat officieusement… officiel du pouvoir. Samia Ghali, qui avait créé la surprise il y a une semaine avec l'élimination de la ministre Marie-Arlette Carlotti, n'a pas pu résister au « front commun » des ralliés à Patrick Mennucci.
La « Ségolène Royal de Provence » n'a pas pour autant rendu les armes, se lançant dans une violente diatribe anti-gouvernementale après l'annonce des résultats. Elle est allée jusqu'à faire huer les noms de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Une fois de plus, ce qui devait être un exercice exemplaire de démocratie interne a montré ses limites en tournant à l'affrontement de personnes plutôt qu'à la confrontation des programmes.
Sur ce plan, cette primaire laissera des traces tant auront été violentes les attaques personnelles. Jean-Claude Gaudin, probable partant pour la « passe de quatre » à Marseille, pourrait bien être le principal gagnant de cette soirée. Samia Ghali n'a pas réussi son test de crédibilité, mais elle a ravivé la division au sein des socialistes.
Dira-t-on que l'on retrouve cette fracture qui traverse le PS au sujet du cas de la jeune Leonarda ? La parole de François Hollande est contestée jusqu'à la tête du parti par Harlem Désir. Quant au gouvernement, il affecte de se montrer homogène, mais c'est plus par nécessité que par conviction. Les appels au rassemblement prennent un tour pathétique. Pourtant, avec des alliés aussi fragiles que le Front de gauche et EELV, la majorité socialiste ne peut s'offrir le luxe de se diviser. Paradoxalement, ce n'est pas l'opposition de droite qui la menace le plus, mais le match… PS contre PS !

La "reprise" vue d'ailleurs : 60% des patrons étrangers anticipent une dégradation de l'économie française


Le baromètre du moral des investisseurs américains en France, publié le 15 octobre, montre que seulement 10% d'entre eux anticipent une amélioration du contexte économique en 2013.

Pour François Hollande et le Gouvernement, les mauvaises nouvelles continuent. Lebaromètre du moral des investisseurs américains en France, effectué par la « American Chamber of commerce in France » et par Bain & Cie, était publié ce 15 octobre.
Ce rendez-vous annuel est publié depuis 1999 et permet ainsi de mesurer l’attractivité de la France au regard des entreprises américaines implantées sur notre territoire. Les résultats sont édifiants.

« Une baisse significative du moral »

« Seulement 10% des répondants anticipent une amélioration du contexte économique en 2013 et 60% anticipent une dégradation » « L’attractivité de la France en tant que destination d’investissement est également en forte baisse. Moins de 13% des répondants jugent que leur maison mère a une perception positive de la France, contre 56% d’opinions favorables en 2011. »
En effet, ce qui inquiète plus n’est pas le très faible niveau de confiance mais bien l’effondrement de celle-ci sur une courte période. La confiance en la France en qualité de destination économique subissait une amélioration entre 2010 et 2011, passant de 46% à 56%. L’année 2012 marque le pas en chutant à 22% de confiance, pour finir l’année 2013 à 13%.
Les principales raisons de ce désamour sont listées ; le manque de lisibilité politique du gouvernement, un manque de prévisibilité des changements de législation, et une complexité croissante de la législation fiscale et du travail.
Les membres du gouvernement avancent régulièrement le manque de confiance des Français dans leur économie pour justifier le manque de résultats, mais il semblerait que le manque de confiance se reporte plus volontiers vers le gouvernement pour les investisseurs américains.
Le rapport va plus loin en indiquant que seuls 9% des employés des sociétés américaines recommanderaient le pays à des salariés étrangers. Le niveau d’imposition, la bureaucratie, et le climat social sont les moteurs de cette défiance. L’accès aux services de santé et le système scolaire ont par contre la faveur des personnes interrogées.
Selon les auteurs, la France dispose pourtant de points forts : qualité des infrastructures, qualification de la main d’œuvre, sa situation géographique etc., mais ils ne suffisent pas à contenir le mécontentement.
Pour finir, « les nouvelles mesures du gouvernement n’ont pas eu d’impact significatif sur l’attractivité de la France ». « De manière générale, les mesures sont vues comme n’adressant pas les sujets les plus critiques tout en renforçant l’aspect complexe et opaque de la législation française »
La chambre de commerce achève le rapport de recommandations, priant le gouvernement de bien vouloir offrir plus de lisibilité et de stabilité fiscale, de baisser le coût du travail mais également de « mieux communiquer ses réformes à l’international ».
La défiance envers François Hollande et le Gouvernement de Jean Marc Ayrault ne pourraient être exprimée plus clairement.

Sur la tête

Sur la tête


Huître ouverte ou fermée, la TVA n'est pas la même. Ce n'est pas la seule perle administrative. Il en va ainsi pour de nombreux produits. Comme de la fiscalité. Un maquis incompréhensible. Le patron du Medef pousse des hurlements un tantinet pavloviens contre le budget 2014. Le patron de Free juge au contraire l'environnement fiscal favorable aux entreprises. Et certains, exemptés d'impôts malgré leurs revenus, protestent contre une telle injustice !
On se pince aussi quand on apprend qu'un terroriste, d'ailleurs pour la seconde fois en fuite, est inextradable, à la différence de la jeune Leonarda. Ce qui conduit le président de l'Assemblée nationale à distinguer le droit et les valeurs de la gauche !
Au nom du droit, encore, la protection de quelques salamandres condamne un projet de scierie et ses 300 emplois, tandis que le dumping social européen torpille des abattoirs bretons. En politique également, de la majorité à l'UMP, le sentiment prévaut qu'on marche sur la tête.
Pas étonnant que nombre de Français, exaspérés et inquiets de ce qu'ils ressentent comme la perte de ces valeurs qui font une société, cherchent ailleurs à se rassurer. Le Front national engrange, contraint désormais de sévir contre tout ce qui ferait accroire au retour d'un naturel raciste et xénophobe. Quant à ceux qui redoutent la vague bleu marine, ils guettent un autre Front.



François HOLLANDE n’est pas un Républicain.


François HOLLANDE veut sortir la France de la République. Il veut détruire la Famille, par exemple en séparant des enfants de leurs parents. Il veut détruire l’Ecole en l’écartant des institutions qui garantissent le respect et l’application de la loi. Quant à l’Entreprise, il s’y est attaqué depuis bien longtemps surtout pour les plus petites, fort avec les faibles et faible avec les forts, voilà la doctrine de ce « vaurien élyséen ».
Les trois cercles d’inclusion sociale se retrouvent assassinés par le chef de clan du PS qui ne parvient même pas à gérer la situation d’une gamine manipulée.
HOLLANDE, avec un comportement bien plus indigne que celui de DSK à New-York, trahit la nation, il mérite de se retrouver devant un Tribunal Populaire d’exception pour de répondre de ses agissements contre les intérêts supérieurs de La France. Protéger nos frontières de la libre circulation des hommes, des produits et des capitaux (créatrice d’une anarchie mondialisée) était son devoir, il est coupable de non assistance à pays en danger.

Leonarda piège Hollande

Leonarda piège Hollande

L’affaire Leonarda est un camouflet infligé à l’État. Comment envisager autrement le fait qu’une affaire de droit commun conduise le président de la République à parler aux Français dans une allocution télévisée ? Jusqu’à ce jour, quand le chef de l’État s’adressait inopinément à ses concitoyens, il se présentait en défenseur de leurs intérêts face à un danger intérieur ou extérieur. On en est bien loin, à moins d’admettre que les barrissements d’un quarteron d’éléphants socialistes sont aussi périlleux qu’un putsch menaçant la République.
Cette dramatisation était inutile. La famille, entrée illégalement sur le territoire français en usant de faux documents, s’exposait à l’expulsion. Ce n’est pas la France, mais le père de famille, qui a ainsi pesé sur le sort de ses enfants. Bien sûr, on peut avoir de la compassion pour la jeune fille, à condition de ne pas tomber dans le panneau de l’émotivité. Celle-ci fait le jeu de tous ceux qui se servent de leurs enfants pour tromper le droit.
C’est justement le piège dans lequel François Hollande a donné tête baissée. Il désavoue les forces de l’ordre, son ministre de l’Intérieur et, proposant de modifier des textes légaux, donne l’impression que la loi et l’ordre peuvent être contournés à chaque accès de fièvre lycéenne.
La sensiblerie présidentielle est mal payée. Leonarda a répondu à l’offre de son retour qu’elle ne rejoindrait la France qu’avec sa famille. Ô la belle âme ! C’est Cosette revue par Kusturica et ses Gitans d’opérette. Sauf que le chef de l’État n’est pas Jean Valjean et Manuel Valls, Javert.
Et, comme une couleuvre avalée en appelle une autre, Harlem Désir plaide en faveur du retour de tous les enfants de cette famille, accompagnés de leur mère. Le premier secrétaire du PS met un peu plus le président de la République en porte-à-faux. Plusieurs associations et partis exigent également le retour au complet de la famille expulsée.
Cette surenchère confirme que pris au piège de son indécision, le président de la République s’est trompé. Sa fonction n’est pas d’intervenir dans une affaire montée en épingle par une minorité. En agissant ainsi, il s’est considérablement affaibli.

dimanche 20 octobre 2013

Affaire Leonarda : l'analyse de Christophe Jakubyszyn
Leonarda : "Un jour ou l'autre je rentre en France et c'est moi qui vais faire la loi"

Vers une crise majeure?

Vers une crise majeure?

La gabegie socialiste à son comble !

Dans cette expulsion, le Premier ministre ose estimer que les valeurs et la loi sont en contradiction. Un non-sens dénoncé avec vigueur par Tesson.


Manuel Valls résume sur sa personne une insoluble et double contradiction : il est socialiste et il est intelligent et réaliste, il est à gauche et il est franc et courageux. C'est un cas unique, ou à peu près. Suicidaire ! Développons cette proposition à l'aide d'un contre-exemple : François Hollande n'est pas sot, mais il est lâche. Ou bien : Jean-Marc Ayrault est à gauche, mais il est limité. Encore ces deux-là ont-ils des circonstances atténuantes : ils sont soumis à l'éprouvante obligation de gouverner un pays difficile et une gauche impossible. Mais, après tout, ils l'ont voulu. Et ils auraient pu opposer aux obstacles qu'ils rencontrent la qualité qui fait les hommes d'État : l'autorité. Mais l'autorité n'est pas une valeur socialiste. C'est tout le problème.
Valeur : ils n'ont plus que ce mot à la bouche. Alors, suivons-les sur ce terrain. L'invocation des valeurs dont ils font aujourd'hui leur cheval de bataille sert désormais d'alibi à leur impéritie. Ils en viennent à opposer les valeurs à la loi alors que ce sont eux qui font la loi. C'est quand même ahurissant ! La phrase prononcée jeudi à Alfortville par Ayrault devrait rester à jamais inscrite dans les annales du bêtisier politique : "Nous sommes dans un État de droit, il y a des règles, et en même temps, nous sommes dans une République, il y a des valeurs." Que ce raisonnement trouve sa place au nom de la morale dans la bouche d'un opposant à un système tyrannique, soit, mais dans celle d'un Premier ministre en exercice d'un État démocratique, non. La première valeur d'une République est en effet la loi, la loi protectrice des valeurs.
Dans l'affaire Leonarda, puisqu'il faut l'appeler ainsi, c'est la loi qui a été bafouée. Voilà des gens qui auraient dû être renvoyés chez eux depuis quatre ans et qui ne l'ont pas été du fait du laxisme de la puissance publique. Leur cause est indéfendable. Chaque jour, des charges nouvelles apparaissent qui l'alourdissent. On apprend même que le père de famille a menti sur l'identité de sa femme et de ses enfants ! Alors, de quelles valeurs s'agit-il ? 

L'arbre qui cache la forêt

Certes, une erreur, une faute même, a été commise par l'État, mais elle est vénielle en regard de l'infraction commise elle-même par les coupables, elle est de pure forme, de la part de la police qui a arrêté, en vertu de la loi mais dans des conditions contestables, c'est-à-dire dans un cadre scolaire, une jeune fille mineure. Voilà le pays à feu et à sang du fait de cette bavure qui, comme l'arbre cache la forêt, efface le délit majeur qui est l'offense à la loi. Au nom de quoi ? Au nom du sentiment, au nom d'une valeur qui n'est même pas morale, mais d'ordre affectif. On va jusqu'à parler de "rafle" dans les rangs des élus socialistes. Est-ce qu'il n'y a pas ici la manifestation d'un renversement, d'une confusion de ces fameuses valeurs de la part de ceux qui ont la responsabilité de nous gouverner ? Est-ce qu'il n'y a pas un appel au désordre qui est une forme de crime ?
Ainsi les lycéens descendent-ils dans la rue, ainsi Marine Le Pen fait-elle son beurre électoral de cette manipulation, ainsi le PS accuse-t-il la droite des fautes dont il est le responsable, ainsi la démocratie en prend-elle un nouveau coup et la République avec elle, qu'on voulait exemplaire selon cette emphase ridicule de prétention dont la gauche a le secret. Beau gâchis !
En dix-huit mois à peine, François Hollande sera-t-il parvenu à déchirer et à démoraliser le pays, à diviser jusque sa propre majorité, à conforter les extrémismes, à aggraver le problème de l'immigration, à appauvrir les pauvres, à exténuer les riches, le tout en insultant la droite et en promettant la lune à l'horizon 2025 et des poussières. Sa seule réussite aura été de favoriserl'ascension de Cécile Duflot au firmament politique. Un exploit !

Affaire Leonarda : Hollande "a agi en chef de parti, pas en chef d'Etat", selon Bruno Le Maire (UMP)


L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy Bruno Le Maire estime que François Hollande a "agi en chef de parti et pas en chef d'Etat" dans l'affaire Leonarda de la jeune collégienne kosovare.

Dans l'affaire de la jeune collégienne kosovare Leonarda, le président de la République François Hollande "a agi en chef de parti et pas en chef d'Etat", affirme le député et ancien ministre UMP, Bruno Le Maire, dans un entretien au Journal du Dimanche. "En autorisant le retour de cette collégienne sur le sol français, François Hollande a commis une faute inexcusable."

"François Hollande ouvre une boîte de Pandore"

"En principe, le président de la République est le garant du droit et des institutions. En réalité, il les bafoue. Honte à François Hollande de faire passer les revendications minoritaires avant les intérêts de la majorité des Français ! Honte à lui de contourner les lois de la République !", s'exclame Bruno Le Maire dans cet entretien.

Selon lui, "François Hollande a agi en chef de parti et pas en chef d'Etat"."Au lieu se placer au-dessus des partis, il préserve les équilibres de sa majorité", affirme l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. "Ce samedi 19 octobre, François Hollande a irrémédiablement affaibli son autorité", affirme-t-il.

"François Hollande ouvre une boîte de Pandore. Il envoie un message de faiblesse désastreux à tous ceux qui ont été légitimement expulsés de notre territoire. Pourquoi eux et pas Leonarda ?", interroge-t-il. Au passage, le ministre de l'Intérieur "Manuel Valls a été désavoué par le président de la République. Par souci de cohérence, il devrait en tirer les conséquences et démissionner", estime Bruno Le Maire.

    Front de gauche: le divorce à Paris pose la question de sa survie


    FRONT DE GAUCHE - Voilà enfin une raison de se réjouir pour les Socialistes. Alors que la majorité est empêtrée dans l'affaire Leonarda, l'horizon s'éclaircit légèrement pour elle en vue des municipales de mars prochain. A Paris, les militants communistes ont en effet dit oui à une alliance avec Anne Hidalgo dès le premier tour, laissant leurs partenaires du Parti de Gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon en plan.
    La dauphine de Bertrand Delanoë ne s'y est pas trompé, faisant par de sa "joie et de sa fierté de voir la gauche rassemblée à Paris". C'est oublier un peu vite qu'elle ne sera pas à la tête de la seule liste de gauche dans la capitale. Les écologistes partent au premier tour en solitaire, conduits par Christophe Najdovski et le PG a confirmé samedi soir qu'il aura des listes autonomes menées par Danielle Simmonet.
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    Et c'est là que la décision des Communistes prend toute son d'importance. Si ce vote est une bonne nouvelle pour la majorité sortante dans la capitale, il est en revanche un net coup d'arrêt pour le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon. "Comment peut-on faire une bêtise pareille? Comment peut-on être aussi mauvais stratège?", se demandait l'ancien candidat à la présidentielle avant le vote. Qu'il ait ou non la réponse à sa question, il se retrouve aujourd'hui à gérer la plus grave crise de la jeune histoire de cette alliance PG-PCF, née en 2009.
    Feu nourri sur Pierre Laurent
    "Tout cela va faciliter la tâche de ceux qui veulent faire des croche-pieds au Front de gauche", déplore Alexis Corbière, secrétaire national du Parti du gauche. Pour lui comme pour de nombreux mélenchonistes, il est inconcevable de combattre la "politique d'austérité" du gouvernement socialiste et de s'allier "pour quelques postes" avec les Socialistes. Ceux-ci ont ainsi promis treize sièges de conseillers de Paris (contre huit aujourd'hui), 32 conseillers d'arrondissement et trois postes de maire adjoint. "Que feront les candidats communistes quand des syndicalistes viendront aux meetings d'Anne Hidalgo pour demander des comptes", lance le conseiller de Paris.
    Mais le coupable est bien identifié: il s'agit du patron du Parti communiste, Pierre Laurent. Ce dernier s'est clairement prononcé en faveur de l'union avec Anne Hidalgo. "J'ai vu tout le poids que Pierre Laurent a mis pour que les communistes votent ainsi. C'est bien qu'il voulait donner une dimension nationale à cette consultation. Mais je crois qu'il n'analyse pas très bien la situation politique du pays", déplore Alexis Corbière.
    Danielle Simmonet est encore plus nette vis-à-vis du leader communiste: "Pierre Laurent porte la responsabilité du fait que le PCF a décidé de quitter le Front de gauche à Paris", estime la tête de liste PG à Paris. Mais cela ne remet pas en cause selon elle le besoin d'une alternative à gauche. Elle compte d'ailleurs rassembler "sept des neuf mouvements qui composent le Front de gauche" en vue de la campagne de mars prochain. Mais l'absence des Communistes devrait l'empêcher d'utiliser le logo et l'appellation Front de gauche.
    Tout le monde réuni pour les européennes ?
    A l'inverse, les communistes veulent circonscrire ce choix à la seule capitale. Ils rappellent ainsi que dans la très grande majorité des autres villes, le Front de gauche sera uni. "Seulement à Paris, le parti socialiste fait des efforts pour rassembler et il a compris que pour gagner, il a besoin de s'ouvrir", explique Ian Brossat, leader du groupe communiste au Conseil de Paris.
    Opérant ainsi, le PCF parisien prend néanmoins le risque que le Parti de Gauche surfe sur l'impopularité du gouvernement pour réaliser un bon score sans lui. Et que cela donne des idées pour la suite à Jean-Luc Mélenchon. Car dans un coin de sa tête, l'eurodéputé théorise déjà un "Front d'un type nouveau" qui pourrait exister sans les Communistes. Les liens qu'il a récemment noués avec les Ecologistes dans plusieurs villes et ses appels du pied à Eva Joly sont la pour en attester. "Ce qui est sûr c'est qu'il y aura un avant et un après samedi 19 octobre", affirme Danielle Simmonet.
    Cette hypothèse, pourtant, les communistes refusent d'y croire. "Le Front de gauche sans le PCF, ce n'est pas le Front de gauche. C'est ensemble que nous gagnerons d'autres victoires", veut croire Igor Zamichiei, numéro un de la fédération PCF de Paris. "Bien sûr que non, le Front de gauche n'est pas mort ce soir. On ne peut pas suspendre l'existence de ce mouvement à une stratégie locale, à une ville même s'il s'agit de la capitale. Au delà de cette élection, nous nous présenterons unis à commencer par les Européennes où nous nous opposerons totalement aux Socialistes", promet Ian Brossat.
    Mais au lendemain du second tour des municipales, communistes et mélenchonistes auront deux mois, pas plus, pour tenter de recoller les morceaux.

    Pourquoi François Hollande et son gouvernement sont aussi nuls en communication


    Denis Pingaud décrypte les erreurs de com' du début du quinquennat de François Hollande qui expliquent, pour une part, son déficit record de popularité. Extrait de "L'Homme sans com" 


    Comment expliquer (...) la surprenante difficulté de la gauche au pouvoir à organiser sa propre communication, depuis le 6 mai 2012 ? Comment comprendre les ratés multiples dans la narration des différents aspects de sa politique qui, en mariant la rigueur budgétaire et la justice sociale, constitue une tentative cohérente – bien sûr discutable – pour sortir le pays de la crise ? Comment analyser la succession de maladresses, d’approximations ou d’erreurs dans la pédagogie de l’action, qui ont ponctué la première phase du quinquennat de François Hollande ?
    Il y a une première réponse qui tient à la culture politique de la gauche. Issue du mouvement ouvrier et progressiste du XXe siècle, celle- ci n’a jamais été très à l’aise avec le marketing des arguments. Elle lui a toujours préféré le discours de la méthode. La transformation sociale ne consiste pas à « vendre » un programme aux électeurs. Elle implique un mouvement concomitant de ceux d’en haut – en charge d’actionner les manettes de l’État – et de ceux d’en bas – sous forme d’une mobilisation sociale en faveur du changement. Dès lors, la communication est une concession inévitable à la démocratie d’opinion et à la puissance des médias. Elle ne saurait constituer une priorité de l’action gouvernementale.
    Cette retenue est encore accentuée par la prédominance, depuis les années 1960, des algorithmes technocratiques dans le logiciel de la social- démocratie. Il y a bien longtemps que le personnel politique incarnant la gauche de gouvernement n’est plus directement issu des rangs des classes populaires. Et que sa vision du progrès social est tamisée par le respect des grandes mécaniques des politiques publiques, elles- mêmes soumises aux règles dominantes de l’économie de marché. L’exercice du pouvoir consiste pour elle à gérer un appareil de décisionnaires, nombreux dans les cabinets ministériels, dont la compréhension des enjeux de communication n’est pas toujours la principale qualité.
    La gestion du dossier de Florange est une caricature de ce double empêchement idéologique et technocratique. Par- delà les convictions ou les positionnements des principaux acteurs, l’exécutif a tout simplement oublié l’essentiel : construire et scénariser les arguments d’une histoire symbolique de la transformation sociale du XXIe siècle. Faute d’une communication bien ordonnée, le nécessaire compromis avec le géant de l’acier Mittal, pour beaucoup, a pris l’allure d’une capitulation. « La petite ville de Moselle, concluent sans détour deux journalistes, théâtre de la réconciliation de la gauche et des ouvriers pendant la campagne présidentielle, est devenue le cimetière du “changement, c’est maintenant”. »
    Une deuxième réponse tient sans doute au contexte de l’élection présidentielle de 2012. On oublie trop souvent que son résultat – le plus serré de la Ve République depuis 1981 – est avant tout le fruit d’un rejet : celui de Nicolas Sarkozy. « La victoire ne provoque presque aucun élan, souligne Jérôme Jaffré, pas même un état d’indulgence. Elle crée seulement les conditions d’une majorité absolue des socialistes aux législatives du mois de juin, devenues une élection de subordination. » C’est sous le double signe de la normalité et du changement que François Hollande a construit son succès, beaucoup plus que sous le drapeau du nouveau rêve français dont il avait esquissé les lignes durant sa campagne. Prendre le contre- pied du sarkozysme, dans une logique d’alternance bien française, a constitué le non- dit d’un programme construit sur des engagements limités.
    Quelle meilleure façon de se différencier du quinquennat précédent que de récuser une méthode fondée sur l’imposition permanente de la scénarisation de l’action publique ? En jetant la communication avec l’eau du bain sarkozyste, le nouveau pouvoir a voulu manifester, dès son entrée en fonction, une différence d’approche. Au fil des mois, il s’est aperçu cependant qu’une décision raisonnable pouvait produire de fâcheux effets dans l’opinion, faute d’explication satisfaisante. Et que, plus généralement, une politique affichée comme déterminée pouvait laisser les Français sceptiques, sinon amers, faute d’un récit convaincant.
    L’exécutif s’est efforcé de rectifier le tir. Les fameux « éléments de langage » – les EDL pour les initiés –, dont l’usage avait été moqué par les socialistes du temps de Nicolas Sarkozy, ont commencé de retrouver grâce. Ils sont surtout apparus utiles pour éviter la trop grande cacophonie d’une gauche habituée à la diversité des points de vue plutôt qu’à la discipline de l’argument. Quant au temps du quinquennat, il peine à trouver son rythme malgré les exercices de style sur l’horizon 2025, au cours de l’été 2013.
    Extrait de "L'Homme sans com", Denis Pingaud, (Editions du Seuil), 2013. 

    « Aide-toi et le ciel t'aidera »

    « Aide-toi et le ciel t'aidera »
    La crise, dit-on, ici et là, est en train de se résorber. Elle serait même derrière nous. La croissance revient dans le monde et commence à faire frémir vers le positif les chiffres de notre propre croissance.

    Cependant, dans le même temps, nous voyons des branches entières de l'économie toujours plus menacées. C'est le cas de l'automobile, par exemple, de la filière agroalimentaire en Bretagne... Là des entreprises ferment, sont mises en liquidation. Des emplois sont perdus. Le chômage s'abat sur des populations qui se demandent où elles pourront bien trouver un travail de remplacement qui, de toute manière, les forcera à se déplacer soit quotidiennement à des kilomètres de leur domicile, soit définitivement plus loin encore.
    En Bretagne, nous subissons un grand choc, impressionnant tout le monde. Il provoque aussi la colère et la rancune, c'est compréhensible. On devine l'angoisse des personnes ainsi plongées dans le doute, face à l'avenir, alors qu'elles ont en charge des enfants et parfois de vieux parents. Ces inquiétudes, ces souffrances doivent être comprises et susciter secours et solidarité. Le gouvernement, les autorités locales se penchent sur ces questions pour trouver des solutions, c'est la moindre des choses. Mais, pour autant, la Bretagne ne sombre pas comme on pourrait le croire en écoutant nombre de commentaires et d'informations diffusées au plan national.
    Avancer vers l'avenir
    Cela dit, les difficultés sont réelles, mais les pouvoirs publics ne peuvent pas faire n'importe quoi en ces domaines et il serait bien imprudent d'attendre que tout soit résolu un jour uniquement par leurs interventions. L'adage ancien reste vrai : « Aide-toi et le ciel t'aidera. » La solution dépend, en effet, aussi et d'abord des acteurs économiques eux-mêmes : entreprises, patronats, personnels, syndicats. C'est dans la coopération de toutes les forces économiques et sociales et de toutes les bonnes volontés, dans une confiance mutuelle, que l'on pourra reconstruire et, souhaitons-le, innover.
    Le drame qui survient dans certains secteurs gravement atteints est trop souvent dû aux manques d'anticipation et de préparation. Les raideurs d'aujourd'hui rendent souvent trop tardives, et parfois impossibles, les adaptations nécessaires, souvent parce que l'anticipation met en cause des comportements, des attitudes qu'il est toujours difficile et désagréable de modifier. L'hésitation vient alors et fait traîner les choses, rendant les modifications finalement encore plus difficiles à réaliser et c'est alors souvent la catastrophe qui se produit.
    C'est le cas pour des filières, pour des entreprises, parfois pour des régions. Cela peut être le cas pour la France tout entière dans cette période troublée. Il ne faudrait pas que les perspectives de sortie de crise ralentissent les efforts qui sont consentis aux adaptations qui, crise ou pas, demeurent absolument indispensables pour préparer l'avenir.
    Bien sûr, ce n'est pas dans la crispation ou la violence succédant à la colère que ces choses peuvent se réaliser. C'est uniquement dans la lucidité, la réflexion, c'est par la créativité et dans la solidarité que nous avancerons tous ensemble vers cet avenir qui transforme nos vies, que nous le voulions ou non.

    François Hollande, minable et odieux


    Après avoir pris connaissance du rapport sur les conditions d’éloignement de Leonarda Dibrani, François Hollande avait le choix entre deux décisions. - Justifier une expulsion dont le rapport affirme qu’elle « est justifiée en droit » et« conforme à la réglementation en vigueur ».
    - Ordonner un retour de la famille pour permettre aux enfants de poursuivre leur scolarité dans une langue qu’ils connaissent.
    Dans le premier cas, le chef de l’Etat n’aurait fait qu’appliquer l’adage Dura lex, sed lex. Cette fermeté aurait mécontenté la gauche mais satisfait la droite ainsi que les partisans d’une gauche affranchie (de la gauche) et réduite à l’ordre.
    Dans le second cas, François Hollande pouvait déclarer ne pas vouloir faire usage de la « force injuste de la loi » ; il n’aurait pas été le premier François dans ce cas. Mitterrand, à qui l’on doit l’expression, avait dit, lors d’une intervention télévisée le 16 décembre 1984, ne pas vouloir y recourir en Nouvelle Calédonie, face aux indépendantistes. La droite aurait hurlé, Manuel Valls et son ombre, Luc Carvounas, auraient mangé leur chapeau... Au moins cette décision aurait ouvert la voie à un réexamen critique et à une réforme de la législation héritée de Nicolas Sarkozy.
    Plutôt que de trancher entre l’une de ces deux options, François Hollande a tenté de concilier tout le monde. Comme au temps où il dirigeait le PS, le président de la République a tenté une synthèse mi-chèvre mi-chou, « apaiser tout en permettant à la loi de s’appliquer ». Le résultat est un bricolage tactique aussi misérable que détestable. « La loi doit être respectée et appliquée par tous » mais « si elle le demande et dans le cadre de sa scolarité, un accueil sera réservé à Leonarda en France, et à elle seule ».
    Une enfant de 15 ans est ainsi mise en situation de choisir entre l’école de la République et ses parents, entre la France et sa famille. Le piètre jugement de Salomon de François Hollande contrevient à l’esprit de la Convention internationale des droits de l’enfant et à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Il est humainement indigne.
    Ce samedi, un François Hollande dans des habits trop grands pour lui s’est montré fort minable. Et bel et bien odieux.