TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 23 avril 2013

Réflexions sur le féminisme occidental

« Le féminisme est un phénomène très dangereux donnant une illusion de liberté aux femmes, qui feraient mieux de s'occuper de leurs familles et de leurs enfants ». 

La visite du président russe en Allemagne aura été très brièvement interrompue par une intervention des FEMEN qui ont réussi, au cri de: « Poutine va te faire Enc… », a monopoliser l’espace médiatique de journalistes ayant tendance à se focaliser sur des événements sans importance. Cette nouvelle action des Femen contre Vladimir Poutine (la quatrième mais la plus vulgaire sans doute) montre bien l’objectif réel des intéressées qui consiste à attaquer le président de la conservatrice Russie. Interrogée sur son action en Allemagne, l’une des Femen, interrogée par la télévision sur ce qu’elle aurait dit au président russe si elle avait pu l’aborder, la jeune et jolie Alexandra Chevtchenko répondit clairement: « Rien, je l’aurais secoué ».
Au lendemain de sa courte et néanmoins fructueuse visite en Allemagne, le président russe s’est rendu aux Pays-Bas pour inaugurer l’année croisée. Les Pays-Bas sont sans doute le pays le plus libertaire sur le plan des mœurs et de la morale, et le président russe a rappelé que ce pays (qui a légalisé avant tout le monde la consommation de drogues et la prostitution) a même toléré un partiprônant la pédophilie, la pornographie infantile et aussi la zoophilie. Sans oublier un parti hostile à la participation des femmes à la politique. Rien que ça !
On ne peut que s’étonner que les Femen ne soient pas allé manifester aux Pays-Bas. Ou au Japon contre ces Japonais qui fabriquent des poupées aux allures de femmes voir d’enfants, pour calmer les ardeurs de certains fans de Lolitas. On pourrait aussi se demander pourquoi elles n’attaquent pas en France les spectacles du rappeur Orelsan, qui traite les femmes de « putes » et de « chiennes », ainsi que les prestations de la majorité des rappeurs qui condamnent ouvertement tant les homosexuels que les femmes.
Mais évidemment, c’est moins « in » que d’attaquer d’honnêtes croyants ou le président russe. En tout cas, cela attirerait sans doute moins de journalistes.
De la même façon que la conservatrice Russie, c’est aussi la France conservatrice qui est dénoncée, puisqu’elles se sont immiscées dans la vie politique française en agressant les participants à la manifestation pour tous. Cet acharnement des Femen à soutenir la destruction de la famille traditionnelle via la légalisation du mariage pour tous (0,6 % de la population et 100.000 personnes en France selonl’Insee) me suggère l’idée que nos pays sont en train de changer de civilisation et d’opérer un virage sociétal massif qui a visiblement été programmé d’en haut.
A ce titre le « féminisme occidental » version Femen me fait de plus en plus penser à une ligne de code qui contribuerait à la modification en profondeur du « système d’exploitation » de la structure familiale traditionnelle française, sans doute pour provoquer sa mutation et sa recomposition vers un système global vraisemblablement unisexe, et pourquoi pas dénué de toute différence ou inégalité sexuelle. Il reste à se demander « qui » a programmé ce nouveau virus civil.
 Pourtant point n’est besoin de fusion des sexes et des statuts pour aboutir à l’égalité des genres et des êtres humains. Comme le patriarche de Russie l’a rappelé: « L’accomplissement par la femme de ses obligations traditionnelles ne la place en aucun cas en position d’infériorité par rapport à l’homme ». T

La colère des Français enfle à vue d’œil

La colère des Français enfle à vue d’œil


S’étant refusé au référendum qui aurait vu la défaite du projet de loi, le gouvernement socialiste s’entête dans ce dernier, lançant comme le roi Louis XVI devant le parlement sa fameuse phrase : « parce que je le veux », tandis que le fossé entre les populations devient inquiétant.
Tous les médias en parlent et reparlent mais rares sont ceux qui évoquent finalement le vrai fond du problème : un divorce qui est en train de devenir effectif entre les Français et les politiciens français de l’idéologie au pouvoir. C’est une véritable guerre médiatique qui est menée aujourd’hui contre la population de France ainsi que le prouve la première page d’un journal comme Libération titrant : « l’homophobie ordinaire » en affichant de pacifiques manifestants de l’opposition au mariage et à l’adoption pour tous. Cette fois-ci, il n’y plus de retenues, nous l’avions vu avec le ministre de l’Intérieur Manuel Valls comparant les opposants à des nazis et volant au secours de MademoiselleFourest poursuivie désormais où qu’elle se montre par des Français en colère.
Comme nous l’écrivions précédemment, ce simple sujet de société n’est en fait que l’arbre qui cache la forêt et cette forêt ressemble à s’y méprendre aux troubles des années 1783-1792. Faute d’avoir des projets cohérents sur les vrais problèmes de la société française, le gouvernement socialiste de François Hollande empile donc les uns sur les autres les projets inutiles et avant-gardistes de société, en tournant le dos à ceux beaucoup plus essentiels, du chômage, de l’emploi, de la création d’entreprise, de l’innovation, de l’encouragement des initiatives et de la recherche, de la (vraie) misère sociale, de la corruption politicienne, des gaspillages éhontés dans les administrations et les ministères, sans parler des régions et même des communes.
Cette capitulation s’exprime par une course en avant pathétique sur tous les sujets de sociétés qui pourraient redorer le blason du système des deux partis dominants. Pour l’heure nous avons le Parti socialiste, mais celui de l’UMP aurait quelques difficultés à vraiment se détacher du premier. Les différences proviennent de projets tels que celui du mariage et de l’adoption pour tous, mais sur les réalités des différents défis, les deux formations politiques qui se succèdent au pouvoir depuis le début de la Ve République en 1958 sont désormais comme paralysés et vieillis. La déconfiture reste leur bilan, ils furent les seuls au pouvoir, ils sont les seuls responsables.
En 1981, le socialisme faisait encore rêver les masses et l’espoir Mitterrand était perçu comme l’annonce du progrès. Trente ans plus tard, la déconfiture du socialisme comme force de progrès et d’innovations sociales s’avère un des plus grands faits de la fin du XXe siècle. Son échec s’inscrivant d’ailleurs en même temps que l’effondrement du Bloc soviétique et du rêve communiste, un avatar du socialisme. C’est en effet oublier que nous avons affaire à une idéologie plus que centenaire, trouvant son fondement dans les combats de la lutte des classes à partir du lointain XIXe siècle. L’inconséquence des hommes étant toujours de croire que les idéologies du passé seraient capables de renaissance. Mais toute l’histoire de l’Humanité démontre le contraire, le socialisme a désormais bien peu à offrir et son pendant, son frère de lait, le capitalisme ne se trouve pas dans un meilleur état.
Qui aujourd’hui penserait en effet que le régime présidentiel français ne serait peut-être pas la panacée, puisqu’il instaure dans l’Etat des exceptions à la devise de l’Egalité ? Qui serait assez fou pour se demander si vraiment la prochaine étape ne serait pas justement d’écarter les têtes qui gouvernent, autrefois les rois et les aristocrates, aujourd’hui les présidents et les énarques ? Et pourtant déjà ces idées commencent à circuler notamment dans la pensée d’hommes comme Etienne Chouard pour ne citer que lui. Et si la démocratie dont on nous parle aujourd’hui n’était qu’une illusion ? En mettant fin au suffrage à la proportionnelle, François Mitterrand avait posé une première pierre aux excès et aux violations de la République. Comment justifier un régime prétendument démocratique quand se trouve dans sa constitution l’article 49-3, ou la possibilité d’un seul homme de dissoudre l’Assemblée nationale ?
Le pouvoir désormais fonctionne contre le peuple avec un seul objectif, assurer le plus longtemps possible la pérennité d’une République perdant tout ce qui pouvait faire d’elle cette belle communauté de la Nation. De ce fait les Français se retrouvent désormais face à face et les autorités n’ont d’autres choix que d’attiser les rancœurs pour assurer la victoire de leurs partisans. Il ne s’agit plus de travailler pour la Nation mais pour le parti et à travers lui pour ses membres. Saint-Just dénonçait déjà cette dérive à la naissance de la République. Hier des politiciens parlaient de « moraliser » la politique tout en participant eux-mêmes cyniquement au viol de Marianne. Hier des élus socialistes réclamaient des sanctions contre d’autres élus de ce parti, simplement coupables de ne pas avoir voté dans sa ligne. Chaque jour qui passe les médias français muselés et enfermés dans le carcan de l’AFPattaquent tout ce qui n’est pas dans la ligne du pouvoir, au point que le vrai rôle d’information soit désormais assuré par des médias alternatifs sur Internet.
Ce pouvoir, aujourd’hui socialiste, demain dans les mains de l’autre camp, se préoccupe surtout d’assurer le verrouillage du système en maintenant à l’écart tout ce qui n’entrerait pas dans le système d’allégeance ou de vassalité mis en place. Nous pouvons en effet parler de vassalité notamment dans le cas des socialistes et des verts, les seconds quémandant quelques miettes du gâteau plus ou moins importantes en échange d’un soutien électoral et d’alliances de circonstances. L’absurdité de ce système explose lorsqu’un grand quotidien français insulte une bonne moitié de la population. Elle éclate lorsque des journalistes narguent parfois avec beaucoup d’aplomb leurs concitoyens, comme ici un des pontes de Libération Nicolas Demorand http://www.youtube.com/watch?v=monU1K54i7U .
Sans parler des manipulations des chiffres, un bal qui donne le tournis ! C’est ainsi que quelques centaines de milliers de manifestants deviennent quelques dizaines de milliers, c’est ainsi qu’avec des chiffres, des Français assènent à d’autres, des leçons de républicanisme en choisissant la falsification, c’est ainsi qu’un jour commence les révolutions… Camille Desmoulins disait à Robespierre que « brûler des livres ce n’était pas répondre », fermer des portes M. Demorand, ce n’est pas répondre…

Quand une loi a été votée…

Quand une loi a été votée…


puce_carreLe président des Semaines sociales de France n’a pas attendu que la loi Taubira ait été votée. Dès mercredi dernier, d’avance, il a publiquement lancé une recommandation impérieuse, susceptible d’apaiser l’inquiétude des taubiristes concernant la validité du « jeu démocratique » :
« Eviter toute violence et accepter le jeu démocratique : quand une loi est votée, il faut accepter son application. »
Il ne lui est pas venu à l’idée qu’une loi votée entre en vigueur mais qu’on peut réclamer son abolition et même, éventuellement, l’obtenir.
Cela ne surprendra pas les taubiristes, qui eux-mêmes, ou leurs devanciers, ont par exemple obtenu l’abolition de la loi qui interdisait le « crime abominable » de l’avortement.
puce_carreCe qui pourrait surprendre en revanche, c’est que le président des Semaines sociales, qui est généralement supposé être plus ou moins catholique, paraisse d’une ignorance totale non pas même de la théologie concernant une loi injuste, mais de la simple morale à ce sujet, qui peut se résumer en ces termes : une loi injuste n’oblige moralement pas. La phase météorologique assez mouvementée dans laquelle la société française risque d’entrer maintenant devrait inciter nos docteurs ordinaires à développer au moins le b-a-ba sur la question.
puce_carreSelon l’INSEE, citée par Jean-Yves Le Gallou, il existe en France environ 100 000 couples homosexuels, c’est-à-dire 0,3 % de la population. Ils ne sont d’ailleurs point tous, loin de là, désireux de contracter un « mariage ». Quand les socialistes, et à leur tête Bruno Le Roux, répètent à l’Assemblée nationale que la loi doit suivre l’évolution des mœurs (c’est la seule de leurs affirmations qui ressemble à un « argument »), ils se trompent dans le principe et ils se trompent dans son application.
Dans le principe : si les cambriolages à main armée continuent à progresser en nombre et à s’installer dans les mœurs, la loi va-t-elle suivre cette évolution ?
Dans l’application : on ne voit pas évoluer les mœurs vers une augmentation du nombre et de la considération des mariages. On voit exactement le contraire. Le mariage ne cesse de rétrograder numériquement devant la pratique montante du concubinage. Cette pratique est visiblement triomphante, exemplairement installée au sommet de l’Etat républicain. La loi du prétendu « mariage pour tous » nous est imposée par le concubinage d’Etat. Ce ne peut donc être par conviction. Ce n’est pas non plus un calcul électoral : 0,3 % de la population ! C’est une attaque, « assumée » comme telle, contre [ce qui nous reste de] notre civilisation. C’est une rupture violente avec l’Ancien et le Nouveau Testaments. Même votée, la loi Taubira est mal partie.

lundi 22 avril 2013

La fin de « l’honnête homme »?

La fin de « l’honnête homme »?


Le concept d’honnête homme, né au XVIe et XVIIe siècle est au centre de la tradition française. L’honnête homme incarne un équilibre, le goût, la finesse, le bon sens. Il a une « tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine », selon Montaigne ; il « sait quelque chose de tout » et non « tout d’une seule chose », selon Pascal ; il a « l’art de plaire » mais sans courtisanerie, selon Nicolas Faret ; « sobre, modéré, chaste, équitable » pour la Bruyère. Il a le sens de l’honneur et du respect ; il est tout en tempérance, combine qualités morale et de l’esprit.
L’actualité nous livre mille exemples au quotidien de la démence et des aberrations d’une époque qui ne cesse de pourfendre les valeurs qu’exprime cette notion typiquement française.
Sans parler des grands dossiers de l’heure, de cet extravagant « mariage pour tous », un événement, exemple parmi tant d’autres, est passé totalement inaperçu en fin de semaine dernière : le principal suspect de l’assaut barbare d’une bande contre le RER D venait d’être « relaxé » dans l’indifférence générale, la décision scellant la clotûre d’une affaire qui restera probablement sans suite. Cette démission spectaculaire de l’autorité et le climat de complaisance générale  qui l’accompagne peuvent avoir deux explications : une oeuvre de sabotage destinée à en finir avec la société « bourgeoise » ; une marque d’aveuglement – de stupidité – d’inaptitude à percevoir l’impact désastreux d’une pareille dérobade.
Je serais plutôt enclin à pencher en faveur de la seconde.
Petite anecdote dont je certifie sur mon honneur la stricte authenticité : je discute un jour avec un chroniqueur à la voix bien connue, un « faiseur d’opinion », supposé « de gauche », qui assène à des millions de personnes ses certitudes, ses dogmes et ses vérités. Nous parlons du droit de vote des femmes. Je lui rappelle que la gauche française, radicaux et socialistes, y a été traditionnellement opposée – redoutant l’influence des « curés » sur la gent féminine – et que les femmes doivent leur droit de vote au seul général de Gaulle en 1944. Tout citoyen me semble-t-il, devrait connaître ce moment décisif de l’histoire de la démocratie. Ce n’est pas seulement une question de culture générale mais de minimum vital pour qui prétend éclairer les autres. Pourtant, mon influent interlocuteur me regarde, sidéré : « Ah bon, vous êtes sûr ?… »
Je ne parle pas d’érudition ou de savoir mais de simple ouverture d’esprit, de curiosité intellectuelle qui fait cruellement défaut. Le creux, le vide derrière les dogmes, les certitudes, et les fausses vérités rabâchées, une société qui papillonne au gré du vent, privée des repères de l’intelligence: nous ne sommes plus dans l’ère de l’honnête homme, au bon sens ancré dans la réalité et solides valeurs morales, mais dans celle de son antithèse, le pédant qui éblouit et entraîne les autres par la frime et les beaux discours inconsistants. Les hautes sphères de notre société abondent ainsi d’intelligences artificielles, préfabriquées, façonnées dans la bêtise. « Seuls les médiocres ont la perspective de se perpétuer, ils sont les hommes de l’avenir, les seuls survivants » (Nietzsche, Par delà bien et mal). Vision excessivement sombre de l’avenir de l’humanité et de la civilisation, à ne pas prendre au pied de la lettre mais peut-être comme une mise en garde.

La fracture du mariage

La fracture du mariage


On savait la France difficile à réformer. La longue bataille du mariage pour tous en a apporté une nouvelle preuve. Il est vrai que la question du mariage homosexuel est un sujet sensible. François Hollande et sa majorité le savaient, mais ils n’avaient sûrement pas idée de l’opposition qu’ils allaient rencontrer.
À cette occasion, la France a renoué avec les polémiques qu’elle avait connues à propos des projets de loi sur la légalisation de la pilule ou de l’avortement. La gauche ne pensait pas que dans un pays où les églises se vident, l’opposition serait aussi dure. Erreur. Une grande partie de la société française reste fidèle à l’image traditionnelle de la famille. De là à faire de ces opposants une foule d’homophobes déchaînés, il y a une marge. À l’opposé, faire des homosexuels désireux de se marier ou d’avoir des enfants de dangereux pervers est tout aussi excessif.
De petites phrases en provocations, le débat démocratique a dégénéré pour tourner à la foire d’empoigne. Les manifestations de ces derniers jours reflètent un inquiétant malaise. Les opposants sont désormais débordés par de petits groupes extrémistes. Ceux-ci ne défendent qu’une cause : l’affaiblissement de la République – « la gueuse », comme l’avaient surnommée leurs ancêtres fascistes.
Il n’est pas sûr non plus que certains députés de l’opposition se soient conduits de manière parfaite l’autre nuit à l’Assemblée. Le sourire imbécile d’un collaborateur ministériel ne méritait pas un tel abaissement de l’image du Parlement.
La longueur de ce débat n’aura pas été un gage de sérénité. Les Français ont bien d’autres soucis en tête que de voir l’attention des élus focalisée sur une réforme sociétale, certes importante, mais pas au point de faire passer au second plan les problèmes économiques qui touchent au cœur de la vie quotidienne.
Au final, la France sort de cette affaire plus divisée que jamais et la République n’est pas franchement apaisée. La droite a paru débordée par sa base, et quelquefois obligée de donner des gages dans la surenchère. La gauche a remporté une victoire à la Pyrrhus. La réforme est votée, mais au prix d’une fracture profonde de la société.

Cacher notre joie

Cacher notre joie


On aurait aimé applaudir, apprécier sans réserve, enfin, une bonne nouvelle dans l’actualité. Eh bien, pas tout à fait. La libération de la famille française enlevée au Cameroun par des islamistes est une bonne nouvelle, certes, mais huit autres Français manquent à l’appel. Un d’entre eux est toujours piégé au Nigeria et les autres sont détenus, quelque part, dans les immensités sahariennes.
La diplomatie française, appuyée par les Africains et la Grande-Bretagne, a réussi à arracher la famille Moulin-Fournier aux griffes de Boko-Haram, un groupe islamiste qui hante l’Ouest africain. On ignore les détails de la négociation, mais les preneurs d’otages semblent être moins fanatisés que ceux d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Cela n’enlève rien à l’horreur de leur geste et à la gêne que l’on peut éprouver à devoir négocier avec de tels hommes. Il faut aussi avoir à l’esprit que leur capacité de nuisance demeure intacte. Tant qu’ils ne seront pas mis hors d’état de nuire, ils représenteront une menace pour les Africains comme pour les étrangers qui aiment l’Afrique et veulent l’aider.
Éradiquer le terrorisme implique plus largement que l’on en fasse un objectif mondial. L’attentat de Boston semble être une opération menée par des musulmans fanatisés. L’origine tchétchène des deux frères tend à confirmer que ce territoire est l’un des réservoirs de l’internationale islamiste. Des Tchétchènes ont été signalés en Afghanistan comme en Syrie ou en Afrique du Nord.
Prenant prétexte de la répression menée par Vladimir Poutine dans leur patrie, ces extrémistes confondent identité et violence aveugle. Ce n’est pas le meilleur moyen de gagner les pays occidentaux à leur cause. En ont-ils envie ? Leur but premier est, surtout, d’imposer par tous les moyens leurs croyances moyenâgeuses.
La France comme les États-Unis sont au premier rang de ce combat contre le fanatisme. D’où les coups durs que leurs adversaires leur portent. Dans toute guerre, il y a des moments heureux, comme la libération des Moulin-Fournier ou la victoire militaire au Mali. Malheureusement aussi, il y a les coups durs. Boston en est un. Les morts américains sont des nôtres car nous partageons le même péril mortel.

Records de mécontents pour Hollande

Le Président perd 6 points. Seuls 25 % des Français sont satisfaits.


C'est le record absolu de la Ve République: jamais depuis 1958 et la création du Baromètre Ifop, un président n'avait enregistré un tel niveau de mécontents; Jacques Chirac, en juin 2006, n'en avait compté que 70%, et Nicolas Sarkozy, en avril 2011, que 72%. Avec 74% de mécontents (+6) et 25% seulement de satisfaits (-6), François Hollande fait exploser le cadran; tout au plus peut-il se réjouir de n'être pas encore descendu au niveau des 22% de satisfaits de François Mitterrand, en décembre 1991.
Cette nouvelle chute est particulièrement sensible chez les cadres moyens et autres professions intermédiaires (-17), les 24-34 ans (-12), les professions libérales et cadres supérieurs (-9) et, politiquement, chez les sympathisants socialistes eux-mêmes (-13). Elle le laisse minoritaire dans toutes les catégories sociales et politiques, sauf chez les sympathisants socialistes, dont quand même un gros tiers (36%) se déclare mécontent. Bien entendu, l'affaire Cahuzac est au coeur de cette nouvelle aggravation de la relation difficile de François Hollande avec l'opinion: elle est constamment citée spontanément par les personnes interrogées par l'Ifop sur les causes de leur insatisfaction.
Elle agit comme un multiplicateur des angoisses sociales ("une société où tout le monde angoisse") et des défauts prêtés au président: sa lenteur de réaction, sa "mollesse" et, au pire, sa connivence, l'idée qu'il ne pouvait pas ne pas savoir revenant fréquemment ("On voit bien qu'ils sont tous pourris ou, encore pire, qu'ils sont tous très mauvais"). Et c'est parfois une remise en cause globale de François Hollande: "Je n'aime plus le personnage; donc, forcément, on arrive à un stade où je n'aime pas du tout ce qui reflète ce personnage." Résultat, une aggravation du pessimisme généralisé: "tous les événements politiques sont honteux", "l'ambiance est désastreuse".
Avec 30% de satisfaits (-6) et 67% de mécontents (+6), Jean-Marc Ayrault établit lui aussi, à un niveau un peu moins bas, son record d'insatisfaction depuis son arrivée à Matignon.

À la recherche d’une croissance mondiale

Quelle priorité économique la plus urgente ont en commun des pays aussi différents que le Brésil, la Chine, Chypre, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, la Grèce, l’Islande, l’Irlande, le Portugal et le Royaume-Uni ?Ce n’est pas la dette ni les déficits. Et ce n’est pas non plus d’avoir à résoudre les conséquences de prêts et emprunts irresponsables. Certes, ces questions sont pertinentes et, dans certains cas, urgentes. Mais le principal défi auquel ces pays sont confrontés est le développement de modèles de croissance qui génèrent plus d’emplois, bien rémunérés et sûrs, alors que s’opère un réalignement séculaire de l’économie mondiale.

Pour des raisons à la fois pratiques et théoriques, ce défi ne sera pas relevé rapidement ou facilement. Et lorsqu’il le sera, le processus a toutes les chances d’être partiel et inégal, accentuant les différences et posant des problèmes délicats de coordination aux plans national, régional et mondial.
Les dernières années ont démontré l’érosion de la puissance des anciens modèles de croissance. Certains pays (par exemple la Grèce et le Portugal) ont compté sur les dépenses de l’État, financées par l’endettement, pour alimenter l’activité économique. D’autres (notamment Chypre, les États-Unis, l’Islande, l’Irlande et le Royaume-Uni) ont eu recours à des effets de levier intenables réalisés par les institutions financières pour financer les activités du secteur privé, quelquefois sans tenir compte des fondamentaux sous-jacents. D’autres encore (la Chine et la Corée du Sud) ont exploité une mondialisation semble-t-il sans limites et un commerce international en plein essor pour s’emparer de parts de marché. Et le dernier groupe s’est accroché à la locomotive chinoise.
Des données récentes publiées par le Fonds monétaire international soulignent la perte d’efficacité simultanée de ces modèles. La croissance mondiale s’est élevée à 2,9 pour cent en moyenne ces cinq dernières années, un taux largement inférieur à pratiquement tous les quinquennats précédents, depuis 1971. Si les performances des pays en développement ont dépassé celles des pays avancés, la croissance des deux groupes a ralenti. La croissance a été quasi nulle dans les économies développées, et inférieure à la précédente période de cinq ans dans les pays émergents, à 5,6 contre 7,6 %.
Les systèmes à fort niveau d’endettement des économies dépendant du secteur financier ont été les premiers à aller droit dans le mur, à la grande surprise de ceux qui avaient adhéré sans réserve à la « grande modération » – l’idée que la volatilité macroéconomique et du marché des actifs s’était atténuée de manière permanente. Les mesures politiques énergiques prises pour remédier aux troubles initiaux ont empêché une dépression mondiale, mais elles ont lourdement grevé les bilans du secteur public.
En conséquence, les gouvernements fortement endettés ont été les suivants à aller dans le mur, pour certains à cause du coût élevé nécessaire à contenir les dégâts causés par le comportement irresponsable des banques. Confrontés à une contraction immédiate du crédit et d’une grande partie de la production, ils ne purent être stabilisés que par un exceptionnel financement officiel extérieur, et dans certains cas extrêmes, en faisant défaut sur leurs engagements passés (notamment envers les détenteurs d’obligations, et tout récemment les déposants).
Dans d’autres pays, dont les États-Unis, les problèmes à moyen terme sont passés au premier plan. Mais au lieu d’engendrer des discussions politiques sensées, ces questions ont été abordées dans le contexte d’une politique polarisée et de la polarisation de la politique, donnant immédiatement lieu à de nouveaux obstacles à la croissance économique.
Dans le même temps, une économie mondiale très interdépendante et (aujourd’hui) moins dynamique limite la marge de manœuvre des moteurs de croissance externes. Mêmes les pays ayant un bilan équilibré et un endettement gérable ont pour cette raison connu un ralentissement de leur croissance. 
Les conséquences en sont devenues tristement évidentes, en particulier dans les pays occidentaux. La croissance anémique empêche qu’ils se désendettent sans risque, et les coûts sociaux ont nettement augmenté. Un taux de chômage inquiétant des jeunes, une diminution de la protection sociale, des investissements insuffisants dans les infrastructures et le capital humain pèsent lourdement sur les générations actuelles, et, dans un nombre croissant de cas, ces facteurs auront également une incidence négative sur les générations futures.
Ces processus ont également entraîné une hausse des inégalités. Et malgré la nécessité urgente d’ajustements politiques majeurs au plan national et d’une bien meilleure coordination régionale et mondiale, les progrès ont été décevants.
Dans un contexte politique peu favorable à la combinaison adéquate de mesures à court et à plus long terme, les politiques nationales ont tenté sans grand succès des approches partielles et des expériences inédites. L’idée a été de gagner du temps, au lieu de mettre en œuvre une transition rationnelle vers une politique durable. Et au plan national, les résultats potentiels auraient été moins incertains si les inégalités excessives n’avaient pas été traitées comme une préoccupation secondaire.
Les dimensions régionales et multilatérales sont tout aussi inadéquates. L’absence d’analyses communes clairement articulées et de coordination politique a accentué les déficits de légitimité, encourageant les dirigeants et les opinions publiques à adopter des narrations partielles, et sapé la confiance dans les structures institutionnelles existantes.
Compte tenu de ces tendances, la quête de modèles de croissance plus solides prendra plus de temps et sera plus compliquée qu’on ne le pense généralement – surtout du fait que l’économie mondiale se détourne d’une mondialisation sans restrictions et de niveaux d’endettement élevés.
Des pays comme les États-Unis devraient bénéficier d’un esprit d’entreprise de la base au sommet et de la convalescence économique cyclique traditionnelle. En dépit d’un congrès dysfonctionnel, le secteur privé devrait de plus en plus convertir une prime d’incertitude paralysante, qui bloque une grande partie des investissements, en une prime de risque moins pénalisante. Mais sans un turbocompresseur économique à court terme, la reprise de la croissance et la création d’emplois resteront graduelles, vulnérables aux risques politiques, et profiteront de manière disproportionnée à ceux qui possèdent initialement les richesses et les talents globalisés.
Le rôle du gouvernement sera différent dans des pays comme la Chine, où les autorités opéreront une transition de la dépendance aux sources externes de croissance vers une demande plus équilibrée. Comme ce changement de cap implique des réalignements nationaux fondamentaux, ce rééquilibrage sera à la fois graduel et non linéaire.
Les perspectives d’avenir des autres économies sont plus incertaines. Des pays comme Chypre, entravés par l’absence de flexibilité politique, auront besoin de temps pour surmonter le choc immédiat de la crise et réorganiser leurs modèles de croissance.
Livrées à elles-mêmes, ces dynamiques à plusieurs vitesses pourraient se traduire par une croissance mondiale générale plus élevée, couplée à des disparités internes et transnationales plus marquées – souvent aggravées par la situation démographique. Toute la question est de savoir si les systèmes de gouvernance actuels sont en mesure de coordonner une intervention effective pour surmonter les tensions qui en résultent.
Des progrès simultanés, tant aux plans de la substance que des processus, sont nécessaires. Les Parlements et les institutions multilatérales doivent s’évertuer à faciliter la mise en œuvre d’une politique de coopération, qui passera par une volonté de réformes d’institutions désuètes, dont le lobbying politique.
Il ne faut pas sous-estimer le défi posé par la croissance à l’économie mondialisée actuelle. Les secteurs les plus solides (au sein de chaque pays et transfrontaliers) continueront à se rétablir, mais pas suffisamment pour entraîner l’ensemble de l’économie mondiale. Les secteurs les plus faibles risquent en conséquence d’être submergés à un rythme encore plus rapide. Ces tendances deviendront plus difficiles à concilier et à maintenir ordonnées si les systèmes de gouvernance échouent à s’adapter.

dimanche 21 avril 2013

"Le Concubin ridicule"


On pensait qu’après la fameuse « affaire du tweet » Valérie Trierweiler avait compris qu’il valait mieux qu’elle disparaisse du devant de la scène et qu’elle se contente de son rôle (muet) de potiche installée sur une cheminée au fond du décor. On avait d’ailleurs voulu croire que le chef de l’Etat, chef des armées et garant de nos institutions, avait su, pour une fois, faire preuve d’un minimum d’autorité en lui rappelant, un peu sèchement, que, de nos jours, les épouses et concubines des empereurs devaient se cloitrer dans un silence souriant de bon aloi.Eh bien, on s’était trompé. La maitresse officielle de François Hollande vient, coup sur coup, de déclarer publiquement qu’elle se faisait déjà une joie à l’idée d’être le témoin d’un des premiers mariages homosexuels célébrés en France, de recevoir une délégation d’adversaires de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et d’entamer une procédure judiciaire contre les auteurs d’un livre la concernant. Cela fait beaucoup.

Le « mariage pour tous » est un problème délicat qui divise les Français lesquels se demandent, en outre, s’il était vraiment nécessaire et urgent de vouloir ainsi chambouler toute notre société alors que d’autres problèmes semblent infiniment plus importants. On a d’ailleurs l’impression que François Hollande lui-même, après avoir déjà renvoyé aux calendes grecques le droit de vote des étrangers, a compris qu’il marchait sur des œufs en voulant ainsi un petit plaisir à un lobby typiquement parisien.
Valérie Trierweiler qui, il est vrai, n’incarne évidemment pas l’exemple de la famille modèle, n’avait évidemment pas à faire connaitre publiquement son avis sur cette question.
Son soutien aux adversaires de l’aéroport de Notre-Dame des Landes est encore plus stupéfiant. Elle avait voulu « emmerder » (il n’y a pas d’autre mot) Ségolène Royal en envoyant son fameux tweet de soutien à l’adversaire de « l’ex de son homme » lors de la législative de La Rochelle. Cette fois, c’est Jean-Marc Ayrault en personne qu’elle veut « emmerder ».
Georges Brassen s avait écrit une jolie chanson sur « Les emmerdantes, les emmerdeuses et les emmerderesses ». La concubine réussit à faire partie des trois catégories.
Et maintenant elle poursuit en justice, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, deux journalistes, Christophe Jakubyszyn, chef du service politique de TF1, et Alix Bouilhaguet, du service politique de France 2, qui ont écrit un livre sur elle, intitulé « La Frondeuse ». Elle leur demande 80.000€ pour « diffamation et atteinte à la vie privée ».
Ce procès va, évidemment, relancer les ventes de ce livre mais il va surtout ridiculiser la plaignante qui se prétend journaliste elle-même et qui n’a pourtant pas compris que tous ceux qui s’attaquaient à des journalistes le payaient toujours très cher, même si le tribunal leur donnait raison.
Mais là, l’affaire risque fort de basculer dans le scandale d’Etat. La « garce » (comme on l’appelle désormais, parait-il, à l’Elysée et rue Solferino) a réussi, en effet, à obtenir que son compagnon et un copain de son compagnon envoient des lettres au président du tribunal pour témoigner en sa faveur et surtout contre les deux auteurs du bouquin.
Or, le compagnon en question n‘est autre que le président de la République « garant de l’indépendance de la justice » et le copain n’est autre que Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur.
Comment l’un et l’autre n’ont-ils pas compris que leurs démarches auprès du président du tribunal ne pouvaient être considérées par l’opinion publique que comme une pression intolérable sur la justice et, de plus totalement ridicule, dans cette affaire dérisoire où, pour l’essentiel, la concubine du chef de l’Etat reproche à deux journalistes, honorablement connus, d’avoir révélé qu’elle avait été, jadis, la maitresse d’un semi-ténor de la droite, Patrick Devedjian.
Ce qui est grave dans tout cela ce n’est pas que, sous ses allures de fausse grande bourgeoise, Valérie Trierweiler ne soit qu’une petite peste mais que le chef de l’Etat qui est déjà incapable de tenir son gouvernement et sa majorité, se laisse mener par le bout du nez par sa « poule ».
Non seulement il accepte qu’elle mette son grain de sel dans le dossier du « mariage pour tous », non seulement il tolère qu’elle tente de torpiller le « Ayrault-airport » en soutenant les adversaires de Notre-Dame-des-Landes, mais il va jusqu’à violer lui-même la sacrosainte séparation des pouvoirs en intervenant personnellement dans un procès en diffamation.
Le président « normal » devient… « le concubin ridicule ». Montebourg ne trouvait qu’un seul défaut à Ségolène Royal, « son compagnon ». Maintenant, on peut se demander si le compagnon en question n’a pas, lui aussi, un défaut rédhibitoire… sa compagne.


Popularité : la chute de Hollande n'en finit plus

La cote du président est retombée de six points en avril par rapport à mars, avec 25 % de satisfaits, selon un baromètre de l'Ifop. Un record.


La cote de popularité de François Hollande a encore chuté de six points en avril par rapport à mars, avec 25 % de satisfaits, un niveau inférieur à celui de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était au plus bas durant son mandat, selon un baromètre de l'Ifop à paraître dans Le Journal du dimanche. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault perd lui aussi six points en un mois, passant de 36 à 30 % de satisfaits, tandis que le taux de mécontents passe de 61 à 67 %.
François Hollande avait déjà perdu six points en mars. Désormais, seulement 25 % des sondés se déclarent "satisfaits" de François Hollande comme président de la République (2 % très satisfaits, 23 % plutôt satisfaits), quand 74 % se disent "mécontents" (38 % plutôt, 36 % très). Le président de la République se retrouve à un niveau inférieur à l'ancien chef de l'État, Nicolas Sarkozy, lorsque celui-ci était au plus bas dans ce baromètre, à 28 % en avril 2011.
Il détient le record des "mécontents" dans ce baromètre avec 74 %. Nicolas Sarkozy détenait le précédent record avec 70 % en avril 2011. François Hollande enregistre une forte baisse chez les sympathisants du PS, où il passe de 77 à 64 % de satisfaits. Chez ces mêmes sympathisants PS, Jean-Marc Ayrault passe de 73 à 59 % de satisfaits.
Sondage réalisé par téléphone du 11 au 19 avril auprès d'un échantillon de 1 875 personnes, représentatif de la population française adulte et sélectionné selon la méthode des quotas. Marge d'erreur variant de 1 à 2,2 %.

Lutter contre les extrêmes et le collectivisme, lutter pour la liberté

Eric Decouty n'aime pas les extrémistes anti-mariage gay, ultra-conservateurs de droite, ces groupuscules extrémistes et brutaux qui portent une haine de la démocratie. Je ne les aime pas non plus, pas plus que je n'aime les extrémistes anti-capitalisme, ultra-syndicalistes de gauche, ces groupuscules brutaux qui portent une haine de la démocratie et de la liberté. Pourtant, j'ai moi-même de sérieux doute sur la pertinence de la démocratie sur certains sujets. En l'occurrence, sur les deux sujets qui cristallisent les passions d'une certaine extrême-droite et d'une certaine extrême-gauche.
Le sujet qui divise les Français en ce moment, le mariage, est-il réellement une prérogative de l’État ? Après tout, il s'agit d'une forme d'association, une union volontaire entre personnes consentantes. Quel que soit le nom qu'on lui donne, il ne recouvre que ce que ceux qui souhaitent s'unir veulent ; c'est une forme de contrat. Pourquoi l’État devrait-il choisir qui peut se marier, avec qui, et selon quelles modalités ? Pourquoi cette union donnerait-elle droit à des avantages, quels qu'ils soient, et serait-elle soumise à conditions ?
En est-on là ?
Les craintes des catholiques sont injustifiées. Rien n'obligera l’Église à marier les homosexuels si elle ne veut pas. Mais vouloir imposer aux autres sa vision de la société est dangereux. Avant de se poser la question de savoir si le mariage doit être ouvert ou fermé aux couples de même sexe, il faut se demander si c'est bien à l'ensemble des Français de décider de ce qu'un couple peut ou ne peut pas faire. De la même façon, vouloir que les Français s'expriment par référendum plutôt que de laisser leurs représentants élus décider suppose que l'on accepte que ce qu'un couple peut ou ne peut pas faire soit soumis à un vote.
Peu de choses séparent donc en réalité opposants et partisans du mariage pour tous ; tous acceptent l'idée que l’État peut et doit décider de ce qu'est un mariage et qui peut en bénéficier. Quand on voit quel niveau de bêtisepeut être atteint par les députés des deux camps, le constat est affligeant - d'autant plus affligeant que voter des budgets en déficit depuis 40 ans ne semble pas poser le moindre problème de conscience aux vaillants parlementaires.
Pas plus d'ailleurs qu'amnistier les syndicalistes coupables d'actes violents et de pratiques mafieuses. Dans son principe même, l'amnistie est révoltante ; elle signifie que des infractions à la loi peuvent être balayées d'un revers de la main par une décision politique. Elle signifie, dans le cas présent, que des parlementairescautionnent les violences, les détournements de fonds, les pratiques révoltantes de certains syndicalistes.
Outre les comportements mafieux visant à s'enrichir personnellement - la chair est faible, la tentation est grande, les principes et l'intégrité rares - les syndicalistes se rendent coupables de violences, dans le but d'influer sur la décision des politiques ou des propriétaires d'entreprise. Ils considèrent eux aussi que l’État doit intervenir, dans l'économie cette fois, pour réguler, protéger, surveiller, redistribuer.
Ils ne sont pas les seuls dans ce cas. En France, l'idée qu'il faut redistribuer les revenus fait consensus. L'aide aux PME et aux entreprises en création, les incitations et subventions, les quotas de production ou d'importation, les prix régulés sont autant d'interférences étatiques acceptées par les Français et qu'ils appellent souvent de leurs vœux.
Manifestement, l'intervention étatique dans l'économie ne fonctionne pourtant pas. Alain Lambert ou Angela Merkel affirment à raison que le salaire minimum est responsable d'une grande partie du chômage. Les nombreux exemples d'une action étatique ayant l'effet contraire de ce qu'elle recherche ne doivent pas occulter la question de la légitimité de l'intervention étatique dans l'économie.
La création de valeur, la production de richesse, l'échange ne concernent que ceux qui y prennent part. Le marché permet à chacun d'exprimer ses préférences mieux que la démocratie ; chacun peut acheter une cravate de la couleur de son choix plutôt que porter une cravate d'une couleur unique choisie par la majorité. Quand l’État oriente l'économie, il le fait selon des critères qui amènent des décisions fondamentalement immorales.
On peut juger que l'avion est une invention plus utile que la bicyclette. Pour autant, certains n'ont pas besoin d'un avion mais ne pourraient se passer de leur bicyclette. Faut-il leur demander de soutenir l'industrie aéronautique ? Ou l'industrie automobile, selon le même raisonnement ? Est-il légitime que l'ensemble des Français paient pour entretenir des musées dans lesquels ils ne vont pas pour s'y voir ensuite proposer une entrée gratuite ?
La santé est peut-être, selon certains critères, plus utile que la cosmétique. Mais qui détient les critères pertinents pour en juger ? Préférer s'acheter une crème de jour que financer la recherche médicale peut paraître égoïste, mais qui peut juger que la recherche médicale devrait être financée si cela ne laisse plus assez à la fin du mois pour acheter une crème de jour ? La seule personne qui peut en juger est celle qui devra financer l'un ou l'autre. Aujourd'hui, on ne lui demande pas son avis.
Les Français créent de la valeur en quantités variables. Ce ne sont pas eux qui décident comment les fruits de leur travail seront utilisés, mais le choix démocratique. Concrètement, cela revient à dire que la collectivité a plus de droits sur les fruits de leur travail que les individus. Le salaire reçu aujourd'hui par un Français représente une faible part de son salaire complet, car l’État se sert grassement au passage pour financer ses bonnes œuvres ; et il leur demande ensuite, calmement mais fermement, de leur verser une part supplémentaire de leurs revenus, ainsi qu'une part de chaque transaction qu'ils effectuent.
Dans toutes leurs interactions, qu'elles impliquent une transaction matérielle ou non, les citoyens doivent avoir la bénédiction de l’État et, bien souvent, le rétribuer pour sa bienveillance - ou le rétribuer tout court. Au lieu de les dénoncer pour laisser les individus, l'extrême-droite et l'extrême-gauche souhaitent renforcer ces interventions étatiques pour imposer à tous leurs préférences. Mais ils ne supporteraient pas que quiconque leur impose ses préférences - par exemple ouvrir le mariage aux couples de même sexe ou offrir son travail pour un prix inférieur au SMIC.
Les extrémistes ont en fait le même raisonnement étatiste que la grande majorité des Français : mieux vaut tenter de faire pencher la balance de son côté, orienter l'action étatique dans la direction qu'on souhaite lui voir prendre. Soit pour en tirer un avantage, soit pour faire contrepoids puisque les autres font de même. C'est de cette idée qu'il faut prendre le contrepoint.
Les interactions entre les individus refléteront mieux leurs préférences si elles sont libres. Les individus seront plus heureux s'ils sont libres. Mais il est impossible, une fois l'idée que la société peut et doit décider pour l'individu admise, de s'affranchir de la contrainte étatique. Chaque citoyen a alors le choix entre voler et être volé, imposer ses préférences ou se voir imposer les préférences des autres. L'homme devient un loup pour l'homme, alors qu'il aurait pu échanger et interagir librement avec ses frères.
C'est l'essence du combat des libéraux : offrir à chaque individu la liberté. Les idées libérales sont mal comprises en France ; tantôt ultra-libérales, tantôt libérales anglo-saxonnes, tantôt néolibérales, elles ne sont jamais considérées pour ce qu'elles sont : des idées de liberté.
Les libéraux ne défendent ni les entreprises et leurs dirigeants, ni les consommateurs, ni les salariés ; ils les défendent tous à la fois. Les libéraux ne sont pas progressistes ou conservateurs ; ils sont avant tout libéraux et, tout en ayant leurs convictions et préférences personnelles, ne veulent pas les imposer aux autres, tout en refusant qu'on leur en impose d'autres. Les libéraux ne défendent pas plus les catholiques que les musulmans ou les athées ; ils revendiquent la liberté pour chacun d'avoir ses propres convictions et rites et l'interdiction pour tous de les imposer aux autres. Les libéraux défendent le seul modèle de société moral : celui que les individus organiseront entre eux et pour eux-mêmes. Ils défendent le seul système économique moral : celui où les individus créent et échangent sur la base de leur libre consentement.
Il appartient à chacun d'entre nous de dénoncer clairement la dérive liberticide que prend la France, de revendiquer la liberté de tous les Français, de se battre pour la reconquérir. Les extrémistes l'expriment plus violemment, mais leur collectivisme n'est pas plus dangereux pour la démocratie ou la liberté que celui de tous ceux qui veulent que leurs préférences s'appliquent à tous. Ce n'est pas contre les extrêmes, quels qu'ils soient, qu'il faut aujourd'hui lutter, mais contre le collectivisme. Les idées nauséabondes ne sont dangereuses qu'en l'absence d'hommes pour en défendre de meilleuresDéfendons la liberté.

Churchill, leader le plus admiré des PDG à travers le monde:


Le Premier ministre britannique Winston Churchill, connu avant tout pour son rôle majeur pendant la Seconde guerre mondiale, est le leader le plus admiré des patrons d'entreprises à travers le monde, selon un sondage réalisé par PwC.
Churchill (1874-1965), cité par des dirigeants d'entreprises de 30 pays, est suivi de Steve Jobs, cofondateur du géant de l'informatique Apple, Steve Jobs, mort des suites d'un cancer en 2011. Viennent ensuite le héros de l'indépendance de l'Inde, Mahatma Gandhi et celui de la lutte contre l'apartheid Nelson Mandela, premier président noir d'Afrique du Sud.
"Dans le cadre de son étude mondiale sur les préoccupations des dirigeants, PwC a interrogé plus de 1.300 d'entre eux sur les leaders qu'ils admirent le plus", explique le cabinet PriceWaterhouseCoopers (PwC).
Sir Winston Churchill et de sa fille, l
'actrice Sarah Millicent Hermione Churchill
"Plusieurs groupes se distinguent : les réformateurs (Margaret Thatcher, Jack Welch), les guerriers (Winston Churchill, Napoléon, Alexandre Le Grand), les pacificateurs (Mahatma Gandhi, Nelson Mandela), les innovateurs comme Bill Gates et Steve Jobs, et les bâtisseurs de consensus comme Bill Clinton", affirme PwC.
"La prépondérance des personnalités pugnaces et combatives, témoignage d'une économie mondiale en crise", estiment les auteurs de l'étude.
"Au-delà de la résilience face à l'adversité, les dirigeants ont dressé une liste de qualités pour justifier le choix de leur leader. Le fait d'avoir une vision forte force l'admiration, mais la motivation, l'innovation, l'assiduité, le souci des autres et l'éthique sont aussi des critères importants", note l'étude. "Les caractéristiques qui reviennent sont la flexibilité, le pragmatisme et l'agilité", précisent les auteurs.
15 femmes ont été nommées mais Margaret Thatcher, l'ex-Premier ministre britannique surnommée la "Dame de fer", est la seule à figurer dans les dix premières personnalités citées.
Pour cette 16e étude mondiale des PDG, 1.330 interviews ont été conduites dans 68 pays entre septembre et décembre 2012, précise PwC. 449 entretiens ont été menés en Asie-Pacifique, 312 en Europe de l'Ouest, 227 en Amérique du Nord, 165 en Amérique latine, 95 en Europe Centrale et de l'Est, 50 en Afrique et 32 au Moyen-Orient.