TOUT EST DIT

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jeudi 10 janvier 2013

Sécuriser l'emploi, oui... mais y a-t-il vraiment des syndicats avec qui négocier ?

François Hollande espère toujours un "accord historique" peu probable dans la négociation sur la sécurisation de l'emploi. Les syndicats français si peu représentatifs des salariés risquent à nouveau de bloquer la situation.

François Hollande espère encore un accord historique entre les partenaires sociaux alors que le round de négociation autour de la sécurisation de l’emploi arrive à expiration. N'est-il pas curieux que cette négociation justement historique soit laissée aux mains de syndicats dont la représentativité pose question ?

 Benoît Broignard : C’est effectivement très surprenant de voir à quel point la représentativité syndicale est basse puisque cette dernière est descendue en dessous de 8%. Ce taux est l’un des plus bas, si ce n’est le plus bas, de tous les pays de l’OCDE et se trouve en dessous de pays comme la Lituanie ou la Lettonie. Cette situation est absolument anormale et créé une discussion paradoxale entre le gouvernement, les patrons et des gens qui ne représentent qu’une très faible part des salariés et même pas des travailleurs. Cela pose de nombreuses questions de légitimité et à n’en pas douter, il s’agit de l’axe d’évolution sur lequel doivent absolument se concentrer les syndicats dans le futur.
René Mouriaux : En réalité, sur le plan légal on ne peut pas considérer que ce soit anormal dans le sens où les syndicats qui sont présents dans une négociation sont ceux reconnus par le décret de 1966. Participent ensuite ceux qui veulent à cette négociation qui prend pied dans un contexte de l’emploi très difficile et sous une grande pression de la part d’un patronat offensif car effrayé par la victoire présidentielle de François Hollande, social-démocrate de droite selon certains de ses camarades de parti, et de ce que pourrait être sa politique. La question est maintenant de savoir si ce conflit est incontournable, pour ma part je le considère comme nécessaire pour progresser. La science elle-même avance par l’affrontement et plutôt que d’éviter ce conflit comme le voudraient certaines, il faut l’analyser pour le rendre productif.
Malgré un très faible tôt de syndicalisation, sur le plan législatif les syndicats sont plus représentatifs que les partis politiques. Cependant, cela n’empêche pas de souligner l’important problème de l’incapacité du syndicalisme français à s’implanter. Les syndicats ont eu traditionnellement la mauvaise idée de se compter et de faire de grandes manifestations en pensant que le niveau de syndicalisation était secondaire. C’est leur erreur historique. En Grande-Bretagne ou en Allemagne, la syndicalisation fonctionne en collaboration avec des entreprises qui prennent les cotisations et les versent aux syndicats ce qui est interdit en France depuis les lois de 1956. Il faut donc comparer ce qui est comparable. En Belgique, les adhérents reçoivent du patronat une prime supérieur à la cotisation si les conditions des accords sociaux sont respectés (l’absence de grève sur une période par exemple).

Le gouvernement dit vouloir s'inspirer des méthodes allemandes. Sont-elles vraiment transposables au contexte français ?

Benoît Broignard : Une grande partie des pratiques syndicales allemandes est effectivement applicable au modèle français à condition de ne pas essayer des les plaquer de manière brutale et bornée. Il semble par exemple tout à fait possible d’inclure dans les comités de direction des entreprises des représentants des salariés, certains syndiqués et d’autres pas. Cette mesure permettrait notamment de donner de la visibilité aux salariés qui n’en ont pas. A l’inverse, il ne faut pas commettre l’erreur d’importer dans le même temps les défauts du système allemand. Ce dernier a par exemple pour effet de provoquer une grande précarité pour une partie des employés notamment lorsque que certains d’entre eux travaillent dix heures par semaine à cinq euros de l’heure. Cette situation, même si elle sort ces travailleurs des chiffres du chômage, ne leur offre pas une situation très enviable. Même si le coût de la vie est inférieur en Allemagne, le modèle social est loin d’être aussi parfait que ce que l’on veut bien en dire en France. 
René Mouriaux : Il y a là une grande illusion de la part du gouvernement car les socio-démocrates français ne peuvent exister sans la création d’un équivalent du DGB allemand (confédération syndicale). De plus, le SPD n’est pas un bon exemple à suivre, c’est le modèle d’un échec. Depuis que Schröder a mis en place des réformes équivalentes à celles libérales de la CDU/CSU, il a provoqué des défaites électorales terribles et continues pour le parti. Cela a d’ailleurs entraîné  la scission d’une partie de la gauche dure qui a inspiré Jean-Luc Mélenchon pour la création de son mouvement. De plus, le DGB a énormément souffert de cela et est à présent dans une phase de reconquête, il a pour cela proposé un plan d’investissement européen destiné à mettre fin à l’austérité.

Comment pourrait donc s'organiser un dialogue social efficace et représentatif ?

Benoît Broignard : Ce sont les syndicats français qui doivent faire leur révolution en interne et d’arriver à entrer dans le XXIème siècle. Ils doivent absolument arriver à se rendre attractifs pour les salariés en proposant des solutions concrètes afin d’attirer à eux de nouveaux adhérents sans quoi ils ne sortiront jamais de cette problématique de légitimité. Il est intéressant de regarder ce qui se passe en Suède où 80% des salariés sont syndiqués. Dans ce pays, les syndicats gèrent une partie de l’allocation chômage ce qui encourage énormément les Suédois à adhérer à un syndicat. Il pourrait donc être positif de donner aux syndicats français la possibilité d’élargir leurs compétences sociales et donc leurs sources de financement. C’est peut-être de cette manière, en les rendant paradoxalement plus « puissants », qu’il est possible de rendre les syndicats légitimes. En tout cas, ce qui est certain c’est que le modèle français dans son état actuel est au point mort et n’est pas productif. Il faut donc mettre en place des leaders syndicaux crédibles et raisonnables qui seraient capables de sortir de la « guéguerre » de celui qui sera le plus radical menée à grand coup de slogans chocs dans les matinales radios.
René Mouriaud : Il est impossible de tout modifier de manière brutale car l’histoire du dialogue social français remonte à très loin.  On sait par exemple que le Medef a alimenté les caisses de certains syndicats comme FO ou le CFE-CGC mais pas la CGT. Il est important de comprendre que les relations entre syndicats de patrons et de salariés sont complexes et enchevêtrées mais également que la réalité du conflit est bien plus violente sur le terrain que ce que veulent bien montré les grandes négociations au niveau national. Cela s’est par exemple observé lors de la création de l’observation de la répression et de la discrimination qui regroupe aussi bien des syndicats de salariés que de magistrats ou d’avocats. Cela rend donc extrêmement difficile l’amélioration de la représentativité tant que de tels phénomènes d’une part effraient les non syndiqués et renforcent les blocages et les tensions idéologiques.

La dernière campagne présidentielle a montré à quel point les syndicats, de salariés et de patrons, sont positionnés politiquement. Au nom de qui parlent-ils aujourd’hui ?

Benoît Broignard : Historiquement, les syndicats étaient encore plus politisés qu’ils ne le sont aujourd’hui et nous sommes loin d’une CGT qui était un organe du parti communiste. Au-delà de cela, il n’est pas surprenant que les syndicats continuent à être marqués politiquement car par le fait qu’ils s’occupent des affaires de la cité, il s’agit en fait de leur métier. Que le patronat soit de droite et les salariés de gauche correspond finalement à une certaine logique, cependant, lorsque le numéro 2 de la CGT est devenu le conseiller spécial de François Hollande sur les questions sociales on peut considérer qu’il y a une porosité qui pose question. Il existe donc des passerelles personnelles très fortes mais des passerelles idéologiques et financières qui restent très limitées.
René Mouriaud : Les syndicats ont toujours, et nécessairement été des négociants politiques que ce soit en Allemagne, en Suède, au Japon et partout ailleurs. Même s’il y a évidemment une différence entre société civile et Etat, il y a une implication inhérente des familles syndicales qui ne peuvent pas se détacher de la politique, au sens organisation du pouvoir du terme. Les syndicats et tout ce qui les compose, le droit de réunion, de syndicalisation sont des droits constitutionnels et les implique donc structurellement à la politique. Ils ne peuvent non plus ne pas prendre part aux débats de politique publique sans quoi ils se désarmeraient et sont donc obligés de se battre, de soutenir ou de tenter de contrecarrer certaines lois.
Enfin dans leur rapport aux partis politiques, il y a quatre types de relations. La subordination comme le fut la CGT au PCF mais aussi FO par rapport à la SFIO. La rivalité, comme celle qui opposait FO aux PCF dont l’affaiblissement à amenuiser l’identité syndicale de FO. La substitution qui existe très peu en France, il en existe quelques traces dans des syndicats comme Sud ou FSU. Enfin, il y a la coopération qui s’est cristallisé autour du cliavge politique droite gauche lors de la dernière campagne présidentielle. Il n’est pas surprenant que de nombreux syndicats aient voulu la tête de Nicolas Sarkozy qui a cru pouvoir en radicalisant sont discours envers eux en les traitant notamment de corps intermédiaires inutiles voire dangereux. Enfin, François Chérèque a quitté ses fonctions plus tôt que prévu après avoir admis qu’il était trop proche de la politique.


Hollande veut inscrire dans la Constitution le rôle des partenaires sociaux. Comment expliquer cette sacralisation du syndicalisme par les politiques ?

Benoît Broignard : J’ai du mal à m’expliquer le sens de ce genre de mesures car je ne vois absolument pas ce que vient faire la constitution là-dedans. Si on continue à vouloir mettre tout et n’importe quoi dans notre constitution, elle va finir par se transformer en code civil. J’ai la sensation qu’il s’agit plutôt d’un accord qui aurait été passé entre le candidat Hollande et les syndicats afin que ces derniers ne s’opposent pas à lui pendant la campagne. Il pourrait également s’agir d’une simple posture visant à renforcer symboliquement l’attachement de François Hollande à la gauche au moment où tout le monde lui reproche de faire une politique de droite.
René Mouriaud : C’est tout à fait inutile voire nuisible puisque le préambule de la constitution de la 4ème République, repris dans la 5ème,  précise que chaque salarié a le droit de se syndicaliser ou de ne pas le faire dans le syndicat qu’il souhaite. A partir de là, il ne s’agit que de paroles incantatoires sans portée. Il avait d’ailleurs voulu ouvrir sa relation avec les syndicats lors du premier sommet social suivant son élection mais le tout a été écrasé par l’affaire du tweet de sa compagne.

La social-démocratie à la française restera-t-elle un doux rêve tant que les syndicats français seront ce qu’ils sont ?

Benoît Broignard : La social-démocratie à la français n’existe pour l’instant tout simplement pas, il ne s’agit que d’un positionnement politique un peu flou qui ne recouvre rien et dont ont cherche toujours la véritable définition et le véritable projet. L’idée est-elle de s’inspirer de Tony Blair ? De Gerhard Schröder ? Je ne sais pour l’instant pas ce que les socialistes entendent par social-démocratie à la française mais tant que personne n’en fera autre chose qu’un slogan politique ou un concept marketing subliminal, elle n’existera pas.

Le gouvernement attend des partenaires sociaux qu’ils proposent des mesures permettant plus de souplesse à l’emploi et plus de protection pour les employés. Cela n’est-il pas profondément incompatible dans la structure syndicale française ?

 Benoît Broignard : L’augmentation parallèle de ces deux concepts est effectivement totalement incompatible. C’est d’ailleurs étonnant et amusant de voir qu’une loi va être proposée en cas d’échec de la négociation, ce qui est le plus probable, car une fois encore cela témoigne de l’échec des syndicats de patrons aussi bien que de salariés et plus généralement du dialogue social français. Une loi présentée dans ce contexte aura, comme d’habitude, ne satisfera ni les uns ni les autres et aboutira à quelque chose de tiède et sans consistance. Les syndicats, patrons et salariés, ne sont pas illégitimes pour intervenir mais ils pourraient être encore plus légitimes s’ils parvenaient à fonctionner ensemble plutôt que de se braquer sur des positions dogmatiques. Au final, une fois encore, ce sont les français, les travailleurs, qui sont les perdants d’une discussion impossible.
René Mouriaud : La flexicurité a quelque chose d’une oxymore comme le disent les linguistes mais il est notable malgré tout que la CFDT et la CGT ont essayé de réfléchir à des formules qui permettraient de licencier facilement tout en protégeant les salariés. Il faudrait pour cela entrer dans une logique de la gestion du travail très administrative en créant un statut d’employé entre les emplois et le Medef y est profondément allergique. C’est effectivement une réforme qui serait très profonde et impliquerait des modifications profondes de notre façon de notre rapport au travail et au chômage dégressif.

La déchirure

La déchirure


Un sondage IFOP le Pelerin du 8 janvier révèle que pour une majorité considérable de Français, 75%, le mariage homosexuel est un sujet « secondaire » au sens ou il n’est pas prioritaire au regard de leurs préoccupations du moment : désindustrialisation, dette publique, immigration. Pourtant, il se présente, en ce début d’année, par la volonté du gouvernement, comme une question politique fondamentale. A la veille de la manifestation du 13 janvier, on sait qu’il risque de susciter une intense querelle, un profond traumatisme et de déchirer un pays déja exsangue, qui traverse une crise morale, sociale et économique sans précédent. Les passions et les nerfs sont à vif et les positions crispées comme rarement dans l’histoire récente. Jamais, depuis 1984 et la crise de l’école libre, les églises n’avaient ainsi appelé à descendre dans la rue. Alors, pourquoi persévérer dans la voie de la discorde et d’une polémique qui ne vise aucunement à répondre aux grands sujets de préoccupation des Français? Il faut dire qu’un profond malaise règne dans toutes les formations politiques. En 1998, lors des débats sur le pacs, Mme E.Guigou, Garde des Sceaux, exprimant le point de vue des leaders socialistes, déclarait : « Il n’est pas question (…) que deux personnes physiques du même sexe (…) puissent se marier » En 2012, reflétant l’évolution de son parti, elle annonçait avoir changé d’avis. Le conformisme et le suivisme ne sont pas le propre de la gauche. Un chef important de l’UMP, ministre à l’époque, déclarait fin 2011 : « J’étais très opposé au mariage homosexuel. Je pense que mon avis évolue sans doute avec la société française… On parlait tout à l’heure du doute : il faut savoir évoluer dans ses convictions.» Même la droite de la droite ne sait absolument pas sur quel pied danser : « Le front national n’appelle pas à manifester. Certains membres du front national veulent exprimer leur opposition à ce projet en participant à cette manifestation. Ils ont totalement la liberté de le faire ». Partout, une logique utilitaire l’emporte sur les convictions. Les petits calculs règnent en maître, faute d’idée claire. La guerre des postures bat son plein. Le pouvoir socialiste, en difficulté sur le front économique, a décidé de donner un signe de volontarisme et de détermination à ses militants sur cette promesse de campagne. Une partie de l’opposition se cherche toujours et se positionne sur des critères d’image personnelle. « Ne menez pas une campagne de retard ! » a lancé à l’adresse de ses amis politiques une autre ancienne ministre, Mme R.Bachelot, comme si le souci d’être à la page suffisait à fonder un discours. Sur un dossier aussi capital, engageant de manière irrémédiable les piliers de la civilisation que sont les notions de père, de mère, appelées à disparaître dans les documents officiels,  la place de l’enfant et l’image de  la famille, la réflexion, la prospective et le débat de société font cruellement défaut, laissant la place à la polémique, aux coups de menton, à l’invective. Tout cela risque de mal se terminer et quoi qu’il advienne, de laisser de profondes et irréparables cicatrices.
Maxime TANDONNET

Elle bat son enfant à mort parce qu’il n’arrive pas à réciter le Coran

Elle bat son enfant à mort parce qu’il n’arrive pas à réciter le Coran


Une mère musulmane vivant au Pays de Galles a été condamnée à un minimum de 17 ans de prison pour le meurtre de son fils de sept ans, en juillet 2010. Elle l’a roué de coups jusqu’à le tuer, parce qu’il ne parvenait pas à mémoriser le Coran.
Sara et Youssef Ege avaient inscrit leur petit garçon à la mosquée locale afin qu’il devienne Hafiz (gardien), un terme musulman honorifique pour désigner une personne ayant mémorisé entièrement le Coran et qui en récite de longues parties à des occasions précises. La famille habitait une maison dans le quartier de Pontcanna, à Cardiff, et emmenait quotidiennement son fils à la mosquée pour y suivre ses enseignements.
Personne à la mosquée ne s’est semble-t-il inquiété qu’une telle charge incombe à un enfant. Malgré les encouragements et la promesse d’un nouveau vélo, l’enfant ne parvenait pas à retenir les premiers des 6 236 versets, soit environ 80 000 mots. Après un an d’efforts, le malheureux n’était parvenu à retenir qu’un seul chapitre. Sa mère avait espéré qu’il mémorise 35 pages en trois mois, partant du principe que le Coran n’est pas un livre comme les autres puisque c’est la parole d’Allah. Le Coran doit se réciter à la lettre près.
Mémoriser le Coran, « un honneur »
Enfant, Sarah Ege, musulmane d’origine indienne, avait elle-même participé à des compétitions sur ses connaissances du livre sacré de l’islam. Elle se disait donc très frustrée par l’incapacité de son propre enfant à apprendre les versets par cœur.
« Je voulais qu’il apprenne 35 pages en trois mois. Mémoriser le Coran en entier est une grande récompense pour toute la famille. Cela apporte l’honneur et accroît la position de la famille dans la communauté locale », a-t-elle expliqué devant le tribunal britannique.
« Comme un chien »
Selon les comptes rendus du tribunal de Cardiff, cette diplômée de mathématiques de 33 ans traitait son fils Yaseen comme un « chien », le frappant avec un bâton.
« Je suis convaincu que, pendant plus de trois mois, vous l’avez battu à plusieurs reprises, souvent avec un pilon en bois », a déclaré le juge Wyn Williams.
En plus du meurtre de son enfant, Sara Ege a été reconnue coupable d’entrave à la justice. Elle avait en effet tenté de brûler le corps de son fils pour faire croire à un incendie dans la maison familiale et dissimuler les preuves du martyre de Yaseen.
Le jour de la mort du petit garçon, sa mère l’avait gardé à la maison au lieu de l’envoyer à l’école afin qu’il puisse se consacrer entièrement à l’étude du Coran.
Selon plusieurs témoignages, le petit garçon s’était mis à écrire de la main gauche les derniers mois car tenir le stylo de la main droite était trop douloureux pour lui, à cause des coups. La mère avait également été contactée par l’école primaire de Yaseen parce que ce dernier avait trop mal pour s’asseoir. Elle a raconté qu’il était tombé.
Sans que l’école ne juge opportun d’embêter plus longtemps cette famille de « bons musulmans ».
CAROLINE PARMENTIER



'Le désir insatiable des Socialistes pour votre argent'

La taxation à 75% des super-riches, que François Hollande avait lancée ‘tout à trac’ au cours de sa campagne électorale à titre de symbole pour rallier tout son électorat, s’avère être un véritable fiasco, que le président français va devoir traîner comme un boulet, de même que son prédécesseur traînait derrière lui le boulet de la mesure du « bouclier fiscal », affirme le journal le Monde.
La taxe, qui n’aurait permis que de ramener 210 millions d’euros au budget de l’Etat de la France, une goutte d’eau, donc, vient d’être retoquée par le Conseil Constitutionnel qui l’a rejetée pour des motifs techniques, sans même se pencher sur la question de savoir si elle pouvait avoir un caractère confiscatoire.
Ce qu’il va en advenir, on ne le sait pas encore, car du côté du gouvernement français, une grande confusion règne à son sujet. Le 31 Décembre, Hollande avait indiqué que son gouvernement allait « réaménager » cette taxe. Le 6 janvier, Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget, a affirmé qu’elle pourrait être appliquée jusqu’en 2017, et non plus pour deux ans, comme cela avait été prévu au moment de sa création. Plus récemment, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a repoussé la fin de son application à « la fin de la crise ».
Le gouvernement français n’a pas encore lancé la grande réforme fiscale promise par le candidat Hollande au moment de la campagne électorale, et il devra aussi prendre en compte la nécessité de restaurer la compétitivité des entreprises françaises. « Le bricolage auquel se livre le gouvernement pour trouver des recettes nouvelles ne peut durablement tenir lieu de politique », conclut le Monde.
Le gouvernement français doit pourtant se dépêcher de se sortir de ce piège fiscal dans lequel il s’est englué lui-même. Le journal ABC souligne que l’affaire Depardieu est révélatrice du sentiment des Français à cet égard. En effet, même s’il s’attire beaucoup de critiques de ses compatriotes, l’acteur Gérard Depardieu gagne de plus en plus leur compréhension pour son exil fiscal. « C’est peut-être parce qu’un plus grand nombre de gens commencent à comprendre que l’Etat social n’est pas étirable à l’infini. Que le désir insatiable des Socialistes d’étendre l’Etat-Providence, auquel ils doivent leur succès, ne peut pas être financé.
Que non seulement les riches, mais aussi les membres de la classe moyenne en ont marre de payer pour un Etat gigantesque dans lequel les limites entre la solidarité et le populisme sont de plus en plus brouillées. En France, la patrie de Depardieu, les 10% les plus riches de la population contribuaient pour 62% de l’impôt sur le revenu en 1975. En 2011, c’était déjà 74%. Et si les politiciens comme Hollande avaient les mains libres, les impôts continueraient d’augmenter, comme la dépense publique aux Etats Unis, du moment que cela leur permettrait d’éviter de renoncer aux politiques sociales populaires et populistes qui garantissent leur réélection ». 

    Les économies qui connaîtront la croissance et la contraction les plus rapides en 2013

    C’est la Mongolie, mais surtout Macao, qui devraient connaitre les taux de croissance les plus spectaculaires en 2013. Macao le devrait notamment à l’ouverture de nouveaux casinos qui devraient lui permettre d’attirer des touristes chinois dont les salaires devraient progresser. Mais la Chine est aussi à l’origine de la bonne fortune de la Mongolie, notamment en raison des investissements miniers que l’empire du Milieu a réalisés sur son sol pour satisfaire ses besoins toujours croissants en minéraux. Ainsi, la mine d’Oyu Tolgoi, l’une des plus grandes mines d’or et de cuivre du monde, devrait entrer en production cette année.
    Avec une croissance prévisionnelle de 8%, la Chine figure d’ailleurs parmi les pays privilégiés de ce palmarès, et elle pourrait même dépasser cette performance en fonction de l’état de la demande internationale.
    L’Europe, qui se remet péniblement de la crise financière, est particulièrement bien représentée du côté des pays qui devraient connaitre les reculs de PIB les plus sévères, en particulier la Grèce, le Portugal et l’Espagne.
    La Belgique ne figure pas sur ce graphique, mais dans Knack.be, Johan Van Overtveldt rappelle que nous avons déjà eu communication de prévisions pour 2013 : le gouvernement Di Rupo a basé ses calculs pour le budget 2013 sur un taux de croissance prévisionnel de 0,7%, mais celui-ci vient d’être mis en doute par le gouverneur de la BNB, qui prévoit un taux de croissance beaucoup plus faible, probablement même une croissance nulle.

      mercredi 9 janvier 2013

      Ségolène Royal ministre ? Elle seule y pense

      La présidente de Poitou-Charentes entretient l'idée qu'elle peut retrouver un rôle de premier plan, un ministère de préférence.

      Ségolène Royal a passé Noël à l'île Maurice, loin, bien loin de cet hiver 2012, annus horribilis. D'évidence, elle a rechargé ses batteries, car la voilà de retour remontée comme une pendule ! Elle entame 2013 par une sortie qui lui ressemble, improbable et provocante : "On m'avait proposé d'être garde des Sceaux (...) J'aurais dû accepter : le fait d'être ministre m'aurait aidée à gagner l'élection législative", confie-t-elle à VSD, façon, d'abord, de dire que le président lui a proposé la Justice, avant la débâcle de La Rochelle. Ce que personne ne confirme.
      Mais l'important est d'installer l'idée dans l'opinion qu'elle est là, qu'elle peut revenir à un poste aussi important qu'un ministère régalien. "Si l'on juge utile que j'entre au gouvernement, j'accepterai avec plaisir", dit-elle aussi à l'hebdomadaire. "François" est prévenu. C'est ainsi que Royal appelle Hollande désormais, et non plus "le candidat", comme elle le faisait au temps de la douloureuse campagne présidentielle au cours de laquelle elle a dû faire preuve de tant d'abnégation. Elle assure qu'ils se parlent régulièrement.
      Ça vous révèle un caractère, ça !

      "Il faut y aller. Toujours surprendre !"

      Le président de la République est pour toujours son ancien compagnon, le père de ses quatre enfants. Ce n'est plus à lui qu'elle en veut, apparemment. C'est qu'en juin dernier, c'est "elle" (entendre Valérie Trierweiler) qui l'a "meurtrie" - l'expression qu'elle avait employée à l'époque - en un désormais fameux tweet de soutien à son adversaire Olivier Falorni. Ce dernier fut élu député de la 1re circonscription de La Rochelle. Et Royal a du coup vu s'envoler le perchoir, cette présidence de l'Assemblée dont elle rêvait. Au soir de la défaite, elle n'avait même plus de larmes pour pleurer.
      Alors, elle a pris du champ, observé en "militante" les premiers pas des socialistes au pouvoir. En militante intransigeante, ne manquant jamais de relever en off les lenteurs, les hésitations, toujours comparant à ce qu'elle aurait fait si elle était parvenue à la fonction suprême. En novembre elle plaidait face à quelques journalistes pour "sortir de la phase de tâtonnement, d'ajustement". "Maintenant, il faut y aller. Toujours surprendre !" s'emballait-elle.
      Ségolène Royal présentera ses voeux 2013 à sa façon, le 18 janvier au théâtre auditorium de Poitiers. Ce sera une soirée autour d'animations musicales. Des "productions de nos lycées agricoles" seront présentées, écrit-elle dans l'invitation. En attendant que son avenir s'éclaire...

      "François et Ségolène sont surprenants..."

      Elle va représenter l'Association des régions de France au conseil d'administration de la Banque publique d'investissement. C'est acquis. Pour le reste... Son nom a circulé fin 2012 pour prendre la tête de l'Institut du monde arabe, ce qu'elle se plaisait à ne pas démentir, mais c'est finalement Jack Lang qui a été proposé. Quant à son arrivée au gouvernement, elle paraît bien improbable. "Rien ne circule", assure-t-on à Matignon. D'autant que, sauf départ contraint d'un ministre pour raisons extérieures, Hollande n'a manifestement aucune intention de procéder à un remaniement sous peu.
      Ceux qui le connaissent ne pensent par ailleurs pas le chef de l'État capable de s'exposer au risque d'une nouvelle crise familiale. Comment Valérie Trierweiler réagirait-elle à voir Ségolène Royal tous les mercredis traverser la cour de l'Élysée pour se rendre au conseil des ministres ? "Cette scène, je ne l'imagine pas", avoue un membre du gouvernement proche de la présidente de Poitou-Charentes. "En même temps, François et Ségolène sont surprenants, il ne faut pas exclure qu'ils surprennent tout le monde." 

      Comment l'Europe est en train de transformer l'eau du robinet en marchandise en toute discrétion


      Soutenue par des multinationales, la Commission européenne pousse secrètement à la privatisation de l'eau en Europe, affirme le site de la télévision allemande « Monitor ». L’accès à l’eau de qualité est reconnue comme un droit fondamental par l’ONU, mais si ces multinationales parviennent à obtenir ce qu’elles souhaitent, elles pourront se partager un pactole constitué de milliards d’euros.
      La Commission a commencé à promouvoir la privatisation de l’eau pour les pays touchés par la crise et qui ont bénéficié de plans d’urgence, comme la Grèce et le Portugal par exemple. La troïka a parfois imposé cette privatisation, qui est alors expressément prévue dans les contrats qu’elle leur fait signer. En Grèce, les grands aqueducs d’Athènes et de Thessalonique ont été vendus. Pour le consommateur, la privatisation a des conséquences importantes. Au Portugal dans la ville de Pacos de Ferreira où la compagnie des eaux « Aguas de Portugal » a été privatisée, la facture d'eau a augmenté de près de 400% en quelques années, et chaque année, elle continue d’augmenter au rythme de 6%. Mais ce n’est qu’un début, affirme Monitor : la Commission cherche désormais à étendre cette privatisation aux autres pays européens.
      Selon Heide Rühle, une parlementaire allemande européenne qui représente les Verts allemand, l'UE met tout en œuvre pour imposer discrètement la privatisation de l’eau en Allemagne. D’après le commissaire européen Michel Barnier, cependant, la décision de la fourniture de l’eau sera toujours entre les mains des municipalités, et il s’agit simplement de leur donner la possibilité de faire appel à un partenaire privé réglementé pour le bénéfice du consommateur.
      Or, une étude menée par l'Université de Barcelone en 2010 indique que la privatisation de l’eau n’a pas toujours favorisé la baisse des prix, et que dans certains cas, la qualité de l’eau s’est dégradée, parce que les entreprises privées qui ont pour objectif premier de réaliser des bénéfices ont une tendance à moins entretenir et rénover l'infrastructure. Les promesses faites au moment de la privatisation sont rarement tenues. 
      Pour les investisseurs, l’eau est devenue une marchandise de premier plan. Le marché de l'eau représente chaque année des centaines de milliards d'euros en Europe, et les grandes multinationales tentent d’obtenir la signature de contrats. Les petites entreprises locales de l'eau ne peuvent pas rivaliser avec les prix de dumping que peuvent offrir les grandes firmes telles que Veolia, RWE, Gelsenwasser et Thames Water. Ces société font du lobbying et elles conseillent les Eurocrates. La Commission européenne est par exemple guidée par un groupe de pilotage qui comprend des représentant des grandes firmes de distribution d’eau.
      Des groupes de défense protestent contre cet état de choses. Ils se réfèrent à des expériences passées comme à Londres, Bordeaux et Berlin, où la qualité de l’eau s’est dégradée suite à la privatisation : tuyaux pourris, contamination de l’eau potable, et ajout de chlore pour maintenir l’hygiène.
      Le 15 mai 2011, un groupement d’associations, dont ATTAC, a ainsi adressé un courrier à la Commission pour manifester son mécontentement et réclamer la fin des mesures visant à privatiser l’eau. Le 26 septembre de cette année, ce courrier recevait une réponse de la part de Gabriele Giudice, le Responsable du bureau de la Grèce pour la Commission des Affaires Economiques et Financières, expliquant que la privatisation permettrait de réduire la dette publique, qu’elle permettrait d’augmenter « l’efficacité des entreprises, et, par extension, la compétitivité de l’économie dans son ensemble, tout en attirant les investissements directs internationaux». Cependant, la Commission n’a pas fourni plus de détails pour étayer ces affirmations.
      L’eau doit elle être un droit fondamental humain ou une mine d’or pour des multinationales ? « Bruxelles a déjà tranché : à l’avenir, l’eau appartiendra plutôt aux firmes multinationales, plutôt qu’à chacun d’entre nous », conclut Monitor.

      Mariage gay : pourquoi un référendum n’est pas constitutionnel

      Une partie de la droite souhaite désormais soumettre à référendum le projet de loi sur le "mariage pour tous". Mais cette initiative est juridiquement impossible : la Constitution ne prévoit pas que les sujets de société fassent l’objet d’une consultation du peuple.

      C’est le nouveau cheval de bataille enfourché par une partie de la droite pour s’opposer au projet de loi de "mariage pour tous" : organiser un  référendum sur le sujet, afin d’obtenir du gouvernement le "grand débat" dont ils jugent avoir été privés. "Nous avions déjà demandé l'organisation d'états généraux ou la création d'une commission spéciale à l'Assemblée nationale. Cela nous a été refusé. Il ne reste plus que la solution de référendum", justifiait ainsi lundi auprès du JDD.fr le député UMP de la Manche Philippe Gosselin. Une position également défendue par Henri Guaino, Christine Boutin, ou encore Marine le Pen, qui a redemandé mardi devant les journalistes que les Français s’expriment "sur un sujet qui touche à l’intime".     
      Dimanche sur RTL, le député UMP Laurent Wauquiez a lui voulu passer à l’acte, indiquant qu’il allait déposer le 15 janvier, une "motion référendaire" pour "forcer le débat". "On va déposer cette motion référendaire pour, au fond, forcer le débat sur cette question du référendum", a-t-il expliqué. "Et j'espère que ça permettra que (...) François Hollande tienne ses promesses et ses engagements", qui étaient, d’après le député, de consulter plus fréquemment les Français sur les sujets sociétaux.

      Un référendum "absolument impossible"

      Mais en dépit de ce que semblent penser les responsables de la droite qui défendent ce projet, la Constitution ne permet pas d’organiser des référendums sur des sujets de société. Selon l’article 11 du texte, il est en effet uniquement prévu de demander l'avis du peuple pour "tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs public", ou "sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la Nation et aux services publics qui y concourent". Donc pas sur des questions de société comme celle "mariage pour tous".
      "Ce référendum est absolument impossible! Ceux qui font cette proposition instrumentalisent la Constitution à des fins politiques", s’agace Pascal Jean, professeur de droit constitutionnel à Sciences Po Bordeaux. "Les questions de société ne peuvent pas être soumises à référendum parce qu’elles ont toujours été considérées comme plus sensibles. Si Laurent Wauquiez souhaitait vraiment un débat à l’Assemblée, il aurait pu proposer une  résolution parlementaire, ce qui est possible depuis la réforme constitutionnelle de 2008", explique le constitutionnaliste auJDD.fr. Et Pascal Jean de conclure : "Mais la proposition d’un référendum découle d’une stratégie uniquement politicienne, et permet sans doute de marquer davantage les esprits". Les français semblent pourtant favorable à une telle consultation. Selon un sondage Ifop pour Valeurs actuelles du 3 janvier, 69% d’entre eux pensent qu'ils "doivent être appelés à décider par référendum".


      En banlieue il n’y a pas que les voitures qui flambent… Les milliards aussi !

      En banlieue il n’y a pas que les voitures qui flambent… Les milliards aussi !


      Le Figaro de mardi titrait sur l’insécurité : Une femme sur trois redoute de sortir seule le soir à Paris. Débordant des banlieues, les loups sont désormais entrés dans la capitale. Je connais personnellement un couple de jeunes quadras, habitant rue de Belleville (19e arrondissement), qui ne vont plus au cinéma le soir, à cause des bandes de délinquants ethniques qui rôdent dans ce quartier. « Plus d’un tiers des Franciliennes craignent de sortir seules le soir. » Et les hommes sont logés à la même enseigne : « 7,3 % des Franciliens déclarent en effet avoir été agressés au cours des trois années précédentes, contre 7 % des Franciliennes. » Les femmes respectent mieux le couvre-feu imposé par les bandes barbares. Cela nous ramène à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles qui publiait en décembre dernier un remarquable dossier, signé Eric Branca et François Bousquet, sur « Un scandale d’Etat » : Les milliards engloutis des banlieues. Des banlieues submergées par une immigration de plus en plus sauvage, pourvoyeuse d’instabilité et de délinquance, mais grassement subventionnée par l’Etat français.
      Une « pauvreté » toute relative
      D’emblée Eric Branca constate : « Quand tous les budgets publics stagnent ou baissent, ceux affectés à la “politique de la ville” ne connaissent pas la crise. Pour un résultat inversement proportionnel aux efforts consentis. »
      Les images de l’actualité se bousculant sans cesse les unes les autres, la plupart de nos lecteurs ont sans doute oublié que début décembre le maire écologiste (et ex-communiste) de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, après six jours de campement hyper-médiatisé devant l’Assemblée nationale, faisait plier le gouvernement et obtenait, par chantage, que le chantier de l’école communale que son budget municipal ne pouvait financer – Gatignon est un hurluberlu, incapable de gérer correctement un budget – le soit par l’Etat. D’autres maires de municipalités à zones « sensibles » se ont aussitôt engouffrés dans la brèche, la sébile dans la main (et le cocktail Molotov dans celles de leurs administrés). « Et cela fonctionne : alors que l’armée doit renoncer, l’an prochain, à 5,5 milliards d’euros de commandes, le budget affecté aux quartiers en difficulté va augmenter, lui, de plus d’un demi-milliard ».
      Des zones où, comme nous le ressassent les médias, se concentre toute la « pauvreté » des plus démunis ? « Le terme est à discuter. Car si, dans ces quartiers, les impôts ne rentrent pas vu la faiblesse des revenus déclarés par leurs habitants (taux records de RSA, etc.), c’est dans ces mêmes zones que se déroulent les trafics illicites les plus rentables (drogues, métaux), générant une économie souterraine florissante qu’ignorent forcément les chiffres officiels. Mais pas les policiers, stupéfaits de voir circuler dans certaines cités plus de voitures de luxe que dans les arrondissements parisiens réputés aisés. Pauvres en tout cas ces quartiers ne le sont pas en termes d’équipement. »
      Depuis que François Mitterrand a créé le ministère de la Ville, en y nommant notamment, de façon très bling-bling, le mirobolant Bernard Tapie (1992-1993), se sont déversés en priorité sur ces quartiers « défavorisés », des stades de foot et de basket, des gymnases, des piscines et des médiathèques… « Equipements coûteux qui sont d’ailleurs les premiers à brûler à la moindre émeute, avant d’être aussitôt reconstruits. » En mieux, bien sûr… Et à des prix toujours plus élevés. Quand on aime on ne compte pas. Et justement, l’Etat français adore ses allogènes de banlieue. « En trente ans, les sommes mobilisées pour alimenter ce tonneau des Danaïdes sont pharaoniques. 50 milliards d’euros de 1989 à 2002, dit la Cour des comptes. A quoi s’ajoutent la loi Borloo (42,6 milliards d’investissement pour la période 2004-2012) et les 150 000 emplois d’avenir pour 2013 qui seront essentiellement localisés en banlieue. Une vraie machine sans compteur… »
      Le « mal être », disent-ils
      Des milliards jetés par les fenêtres pour des nèfles… Dans ces cités rénovées à grands frais pour leur donner à chaque fois plusd’humanité – maître-mot des rénovateurs de cités – « l’inhumanité n’a cessé d’y progresser ». Exemples parmi d’autres : en 2005, nous rappelle Eric Branca, un photographe, Claude Irvoas, était battu à mort, « parce qu’il osait photographier un panneau publicitaire situé dans un quartier sensible de Stains ». Si le quartier est « sensible » certains de ses occupants le sont beaucoup moins… « L’année suivante, à Marseille, ce fut le tour de Mama Galledou, l’étudiante franco-sénégalaise que des voyous – tous mineurs au moment des faits – transformèrent en torche vivante parce qu’elle avait le malheur de voyager dans un bus qu’ils avaient décidé d’incendier pour s’occuper les mains. »
      Dans ces faits divers atroces, comme dans les émeutes récurrentes qui les précédèrent et les suivirent, les idéologues de gauche ne voient que « l’expression extrême d’un mal-être politique et social ». Sans jamais s’interroger : si ces gens-là, malgré les moyens colossaux mis en œuvre pour les aider, n’arrivent pas à « s’intégrer », c’est peut-être parce qu’ils sont ou se veulent « inassimilables » ? C’est un peu ce que suggère, sans bien sûr l’écrire, le dernier rapport de la Cour des comptes qui déplore que ces politiques de la ville terriblement dispendieuses n’atteignent jamais leurs objectifs. « C’est le moins qu’on puisse dire quand on sait que l’Hexagone détient le record mondial des nuits d’émeutes… »
      Illusions, désillusions
      Dans un article intitulé « Politique de la ville : trente années d’illusions », François Bousquet, lui, constate : « Puits sans fond pour les finances, cette politique de la ville est aussi le tombeau des illusions républicaines. » La liste qu’il dresse de toutes cette tuyauterie bizarre par laquelle transitent les milliards puisés dans la poche des contribuables français ressemble à un inventaire dadaïste : « les ZUS (zones urbaines sensibles), les ZRU (zone de redynamisation urbaine) et ZFU (zone franche urbaine) dont on ne sait si elles relèvent de la politique de la ville ou de l’ufologie ». A ces centaines « d’acronymes byzantins » – la Cour des comptes en dénombre 751 – s’ajoutent les « 2 493 quartiers ciblés par les contrats urbains de cohésion sociale (CUCS), dont plus des deux tiers ne sont pas classés en ZUS » mais ne sont pas moins gloutons, question budget, que le troupeau de borborygmes cités ci-dessus.
      De quoi donner quelques aigreurs d’estomac aux contribuables, dont l’Etat racle les économies pour arroser ceux dont ils subissent quotidiennement les incivilités. Mais bien sûr, ce n’est pas la faute des inciviques, mais celle de « l’urbanisme criminogène ». C’est la même excuse avancée aux Etats-Unis par les sociologues de gauche pour expliquer que les Afro-américains, malgré la discrimination positive en vigueur, représentent 50 % des délinquants emprisonnés alors qu’ils ne sont que 13 % de la population américaine.
      En France comme aux Etats-Unis la pauvreté n’explique pas tout. « En réalité, la pauvreté a bon dos. La Seine-Saint-Denis est le 15e département le plus riche de France, la Creuse le 96e. Mais dans la Creuse, on ne règle pas ses différends de voisinage à la kalachnikov. Selon le géographe Christophe Guilluy, auteur de l’indispensable Fractures françaises, 85 % des ménages pauvres n’habitent pas dans les quartiers sensibles », qu’irrigue en revanche le fameux business.
      Dans ces quartiers se déversent anarchiquement, depuis des années, des flux migratoires continus, non maîtrisés et toujours grossissants, produisant « une insécurité structurelle ». Mais cela il ne faut surtout pas ni le dire ni l’écrire, au risque de fâcher les lobbies immigrationnistes. Des lobbies idéologiquement hyper-puissants, soutenus par la gauche, l’extrême gauche, les écolos, une partie de la droite euromondialiste, et 99 % des médias…
      Abyssal
      Selon le criminologue Xavier Rauffer, l’échec de la politique de la ville « est si abyssal qu’on peut avec raison comparer cette politique à la défunte agriculture soviétique. Tout y est : conception purement idéologique, échafaudage en usine à gaz, acharnement illusoire : là où le premier Gosplan a échoué, le second triomphera ». En quelque sorte l’immigration conçue comme un cheval de Troie dont se servent, et avec quel succès, les héritiers anti-occidentaux du marxisme-léninisme pour abattre notre civilisation. Un cheval de Troie toujours plus gigantesque, toujours plus perfectionné, toujours mieux aménagé, qu’à travers la politique de la ville les autochtones, ces idiots utiles, sont priés de financer sans barguigner.

      Le Centre de gravité de l'Europe se déplace aussi vers l'Est...

      « Ce sont des opportunités dont surtout les Allemands et les Polonais ont su prendre conscience. Les pays du groupe de Visegrád, qui comptent plus de 50 millions d’habitants, sont déjà un partenaire commercial plus important que la France. La perspective de l’Allemagne sur cette région est en train de changer. Elle est devenue un moteur d’intégration. … Du point de vue allemand, l’Europe Centrale, libérale sur le plan économique, pourrait remplacer le Royaume Uni libéral et faire contrepoids face à la France socialiste. Les Tchèques ont besoin de comprendre que l’initiative polonaise est bonne pour tous les Etats du groupe de Visegrád. L’Europe Centrale bénéficie d’une opportunité qui ne se présente pas souvent dans l’histoire et que les Tchèques n’ont jamais eue ».
      « Je redoute moins la puissance allemande que je ne commence à redouter l'inaction allemande », avait déclaré le ministre des Affaires Etrangères, Radek Sikorski, dans un discours à Berlin en novembre 2011. Cette déclaration a marqué un tournant historique dans les relations du pays avec l’Allemagne, puisque la Pologne a déploré 6 millions de victimes pendant la seconde guerre mondiale, soit 15% de sa population.
      Les relations commerciales avec l’Allemagne se sont beaucoup développées sur les 5 dernières années, en partie sous la houlette de la chancelière allemande, qui est née Est-allemande, et qui, pour cette raison, a une sensibilité plus grande à l’égard des anciens pays du bloc communiste.
      Les Allemands ont oublié les clichés du Polonais voleur de voiture, ou du salarié polonais qui se brade, et ils saluent la qualité des productions de leur voisin oriental. Sur le plan économique, la Pologne demeure un poids-plume comparée à l’Allemagne, mais les échanges entre les deux pays se développent, et déjà 25% des exportations polonaises sont destinées à sa voisine germanique. 

        Au cas où vous auriez un doute: l'Europe est en déclin

        Comme chaque année, l'hebdomadaire libéral The Economist a formulé ses prévisions pour l’année prochaine dans un numéro spécial intitulé «Le monde en 2013». Le graphique suivant, qui y figure, confirme ce une évidence douloureuse : l’Europe est en train de perdre son leadership économique.
        Les travaux du Centre for Economics and Business Research, qui vient de publier sa World Economic League Table (WELT) pour 2013 (. pdf), ne font, hélas, que corroborer ses dires. Cette table dresse la carte des puissances économiques dans le monde de la prochaine décennie.
        Selon cet organisme, la France ne fera plus partie des 8 plus grandes puissances économiques mondiales en 2022 et elle n’occupera plus que la 9ème position de ce classement, contre la 5ème actuellement. L’Italie est le second grand perdant, puisqu’elle va glisser à la 13ème place, soit une perte de 5 places, qui la rapprochera de pays émergents tels que la Turquie ou le Mexique.
        L’Autriche aussi est une des grandes perdantes de ce classement, puisqu’elle va dégringoler de 8 places ; mais le pays européen qui connait la chute la plus sévère est la Belgique, qui recule de 10 places, pour se retrouver à la 33ème place, au lieu de la 23ème place qu’elle a occupé cette année.
        Ainsi, 11 des 15 pays qui perdront des places en 2022 par rapport à 2012, sont des pays européens.