TOUT EST DIT

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vendredi 19 octobre 2012

HOLLANDE NE NOUS AIME PAS

C’est la question que me posa un bon ami de gauche, après avoir lu mes analyses sur mon blog et mes nombreuses blagues sur Facebook depuis longtemps (avant d’être désactivé) et sur Twitter. Cela m’incita à réfléchir.
Hollande ne m’a rien fait, personnellement. Alors, pourquoi est-ce que je ne l’aime pas ?
  • Un président lancé comme un fast-food
Pourquoi Hollande est-il devenu Président de la république française ?
Cela vient de l’organisation des primaires socialistes. Celles-ci étaient présentées comme une avancée démocratique, à la mode américaine.
Il s’agit d’une escroquerie intellectuelle. Les Américains votent pour des délégués par État. Sont en compétition, en même temps, des candidats des 2 principaux partis, et des indépendants. Aucun rapport avec les primaires socialistes, qui auraient dû, démocratiquement, être réservées aux seuls adhérents du PS.
  •  Soupçons d’irrégularité :
Lors des primaires socialistes françaises, on a assisté à des votes d’immigrés, et même de clandestins mineurs. Dans certains départements, comme La Réunion, les votes étaient organisés dans des domiciles privés (entendu sur RFI). En banlieue parisienne, on votait carrément dans des « bouis-bouis ». Quant au « stylo anti-fraude », de nombreux internautes témoignèrent qu’il était souvent manquant dans les bureaux de vote.
Ces primaires ont été organisées avec Audrey Pulvar, qui dirigeait un des pôles de Terra Nova, au service de Montebourg. Audrey Pulvar a demandé et obtenu la censure de l’interview de Benjamin Dormann qui parlait de son rôle dans Terra Nova (« Ils ont acheté la presse », Editions Jean Picollec).
Mais Valérie Trierweiler y a aussi joué un rôle. Dans son livre « François Hollande Président » elle témoigne : « Berlin. Le retour. Nous y étions allés ensemble en 2001. Lui en tant que premier secrétaire, moi comme journaliste. Seule journaliste ! Les temps ont changé : la promenade romantique devant le reste du mur doit se faire avec une délégation de vingt personnes et des médias. Je préfère m’en aller de mon côté. »
Les déclarations de Ségolène Royal, disant que la direction du Parti Socialiste avait saboté sa campagne présidentielle de 2007, sont donc crédibles. Tout le monde a constaté la jalousie qui anime Trierweiler contre Royal, et l’on imagine sans peine qu’elle a tout fait, depuis 2001, pour évincer sa rivale.
DSK s’étant éliminé lui-même malgré de nombreux avertissements, Terra Nova ne pouvait que faire la promotion de Montebourg, Aubry et Hollande, pour éliminer Ségolène Royal.
Ségolène Royal est la seule, au parti socialiste, qui a l’honneur de mettre des drapeaux français dans ses meetings. Et c’est tout à fait insupportable pour les mondialistes de Terra Nova.
  • François Hollande, quel bilan ?
Il a été secrétaire du parti socialiste pendant 11 ans. Son bilan a été une hécatombe de militants. Je ne me souviens pas l’avoir entendu proposer d’exclure les élus socialistes condamnés par la justice. Il a été Président du Conseil Général de  Corrèze. Son bilan a été un endettement colossal. Aubry, Fabius, Montebourg, Allègre, Mélenchon, Royal, Bernadette Chirac, et plusieurs autres, ont émis des opinions très négatives sur ses capacités.
  • Escroquerie à la normalité
Sa prétendue « normalité » est de plus en plus insupportable. Il s’agit d’une pose, démentie par les faits.
Un exemple : son voyage en train à Hyères est hors de prix ; puisqu’au moins un avion militaire survole le train, ainsi que des hélicoptères, et que cela oblige les gendarmes à garder tous les ponts. Sans compter les risques immenses qu’il fait courir aux trains qui précèdent le sien, ainsi qu’aux voyageurs de son train. Tout le monde comprend bien qu’il est plus facile, pour l’armée en état d’alerte, de garder l’espace aérien, que des centaines de kilomètres de voies ferrées.
François Hollande veut jouer au citoyen ordinaire. Ce qui est impossible pour le chef des armées car le Président ne s’appartient pas, pas plus qu’un Roi ne s’appartient dans une royauté. Représentant d’un pays, il est soumis à des obligations de protocole et de sécurité. On imagine que de nombreux terroristes souhaitent sa mort, non en tant que personne, mais en tant que Président de la République française. Je comprends que ce carcan puisse peser à François Hollande, mais il n’a pas d’autre choix que de s’y mouler.
  • Insupportable normalité
Son plan de communication voudrait le faire passer pour quelqu’un de normal, d’ordinaire, en quelque sorte, le voisin de notre caravane au camping, ou notre beau-frère. Mais, justement, un leader ne l’est pas seulement par sa fonction, mais par son attitude…
Que vous soyez locataire ou chef d’entreprise, on vous demandera de gérer en «  bon père de famille  ». Cela sous-entend  : prudence, respect, compétence, préservation de l’avenir. Il n’en est rien. De toute sa vie, Hollande n’a pas démontré une capacité de gérer les finances «en bon père de famille » ; puisque, dès le plus jeune âge, il se vantait d’être payé sans travailler.
Son côté faussement « bonhomme » ne convient pas à une fonction qui demande une certaine hauteur de vue.
Ses amis l’ont abondamment décrit comme cynique, paresseux, menteur, et non fiable. Ce n’est pas l’idée que l’on se fait du voisin que l’on côtoie au camping, ni de son beau-frère. Et encore moins de celui qu’on choisit comme chef.
Si la gauche reprochait à Nicolas Sarkozy de désacraliser la fonction présidentielle, les mises en scène de Hollande et Trierweiler en vacances, déchaînent l’humour des internautes.
Le pouvoir, c’est justement une certaine forme de distance. Alors que Hollande confond « proximité » et « identification ».
Nous pouvons nous sentir proches d’un Jacques Chirac, par exemple, sans nous identifier à lui. En étant trop semblable au « Français moyen », et même moins élégant, Hollande court le risque de devenir bouc émissaire de nos blagues, puis de nos rancœurs.
Sa normalité d’apparat contient un double danger : d’une part, en enlevant la distance, cela enlèvera aussi le respect. D’autre part, quand les gens le verront comme un tartuffe (affaire des luxueux coussins de Brégançon, partie visible de l’iceberg), sa bonhomie sera assimilée à de la manipulation. D’où, vive colère.
  • 5 ans de Dolce Vita  ?
J’ai la sensation, de plus en plus nette, qu’il va tenter de passer cinq ans supplémentaires sans travailler. Cela me semble tout à fait impossible. Car en cinq ans, beaucoup de choses se passent. Et ces situations demandent de prendre des décisions. Je suis persuadé qu’il n’en a pas la capacité.
Président de la République française, c’est l’un des métiers les plus difficiles au monde.
C’est, à mon sens, comparable au Président des États-Unis, au Directeur Général de Peugeot, de Honda, de Total, de Microsoft, ou de Siemens.
Quand j’ai entendu ce Président et son ministre Arnaud Montebourg tenir des propos de bistrot à l’encontre de grands industriels, je me suis senti agressé, comme beaucoup de Français qui croient à l’initiative et à la créativité, quel qu’en soit le domaine.
Si les dirigeants des grands groupes sont extrêmement bien payés, c’est qu’ils possèdent des qualités très rares : capacités de synthèse, qualités de visionnaire, capacités à prendre des décisions ; et surtout, la valeur suprême de l’humanité, si rare : être des meneurs d’hommes.
Nos chefs sont là pour nous montrer la voie, et non pour entretenir le flou ou reporter les décisions. En ce sens, Hollande n’est pas un leader, et il aura bien du mal à rester oisif pendant 5 ans.
  • Hollande est-il déficient ?
Je pose la question crûment, parce que ses surnoms sur internet  le sous-entendent. Ses attitudes grotesques, ses comportements ridicules et décalés, ses discours creux et fumeux, sont pour le moins inquiétants. Mon hypothèse est que, connaissant les centaines de photos circulant sur internet, il n’avait d’autre choix que de jouer le « normal ».
Coup double : d’une part, cela sous-entendait que Sarkozy n’était pas « normal ». Et d’autre part, cela couvrait de normalité ses bizarreries. Mais si les gens découvrent qu’il est cynique plutôt que déficient, là encore, cela provoquera un fort rejet.
Combien de temps pourra-t-il tromper l’opinion ?
Les électeurs naïfs, qui se font illusionner par ces histoires de normalité, ouvriront les yeux. Cela prendra deux ans maximum. Ils se sentiront alors manipulés et trahis par quelqu’un qui jouait la simplicité, tout en dissimulant son goût du luxe. Et cela déclenchera une onde de choc bien plus grave que celle liée au (réel ou supposé) bling-bling de Sarkozy.
  • Opposant, ou spectateur au café-théâtre ?
Oui, j’aurais été un opposant à DSK. J’aurais été un opposant à Ségolène Royal. Qu’elle dise quelques bêtises ne me gêne pas outre mesure, puisque tous les politiciens (et tous les humains !) finissent par en dire. Mais j’aurais respecté en DSK, ou en Ségolène Royal, le chef de l’État. J’aurais été un opposant farouche lorsque des décisions liberticides auraient éliminé des journalistes et des libres-penseurs.
Alors qu’aujourd’hui, je ne peux même pas me considérer comme un opposant. Car Hollande a adopté la stratégie de l’esquive, tout en chargeant ses équipes de museler la haute administration et la presse.
En trois mois, à part défaire ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy, y compris ce qu’il y avait de plus nécessaire, et augmenter les impôts, François Hollande n’a pris que des mesures liberticides.
Je ne suis pas Jean Moulin face à Laval. Je suis réduit au rôle de chansonnier face à un comique. Beaucoup de mes concitoyens sont aussi des spectateurs mécontents d’une pièce de café-théâtre.
S’opposer à de Gaulle, ou à Mitterrand  ? Oui, il y avait du panache à le faire. S’opposer à Hollande  ? C’est presque un automatisme.
Ni lui, ni aucun membre de son gouvernement n’ayant jamais créé d’emploi, et toutes leurs décisions allant à l’encontre du bon sens, nous n’avons d’autre choix que de nous y opposer. Non pas au plan idéologique, mais par réflexe : le même réflexe que nous avons face à un proche « qui fait toujours des bêtises et n’écoute pas les conseils ».
Car Hollande ne parvient visiblement pas à habiter sa fonction, ni à grandir intérieurement pour en vivre la stature. Nous ne pouvons que lutter, au quotidien, contre ses décisions liberticides, prises au gré de ses humeurs, ou des humeurs de ses équipes (Trierweiler, Pulvar, Hidalgo…)
J’estime, comme tous ses amis socialistes, qu’il est médiocre et incompétent. Je n’attends que de mauvaises choses de lui. Et donc, j’attends 2017.
Avec l’espoir que le bricoleur qui passe ses nuits dans un garage pour inventer un produit qui révolutionnera notre vie, sera considéré comme un héros, et non plus comme un paria. Avec l’espoir que le chef d’entreprise, créateur d’emploi, sera respecté et valorisé.
Avec l’espoir que la Constitution garantira la liberté d’entreprendre, sans risque de spoliation.
  • Hollande ne m’aime pas
Ce n’est pas personnel. En tant que Français, je ne me sens pas aimé par ce Président et son gouvernement. Je n’avais jamais ressenti cela, avec aucun des Présidents précédents. Je suis sûr que quand les Français auront compris que François Hollande ne les aime pas, ils ressentiront la même chose.
Comme à tant de Français, il me fait honte. Chaque fois qu’il se déplace en France ou à l’étranger, je suis sûr de lire dans la presse internationale, et sur internet, des commentaires goguenards.
Moi, j’aime la République, le drapeau français, la Marseillaise. J’aime l’Histoire de France avec tous ses défauts, la culture et l’originalité françaises.
Mais je n’aime pas quelqu’un qui accepte des drapeaux étrangers dans ses meetings. Je n’aime pas quelqu’un qui met un drapeau hollandais sur sa photo officielle. Je n’aime pas quelqu’un qui refuse de chanter La Marseillaise aux Jeux Olympiques.
Je n’aime pas quelqu’un qui ne m’aime pas, alors qu’il prétend parler en mon nom. Alors non, je n’aime pas Hollande. Et je n’aimerai jamais.

Paris tente de disputer à Berlin le leadership européen

Depuis le 6 mai, le couple franco-allemand n'avance plus main dans la main mais front contre front.

Sur un point au moins, Hollande et Merkel devaient pouvoir s'entendre et se réjouir: le prix Nobel de la paix accordé à l'Union européenne! Pour le reste, si un accord semblait se profiler au Conseil européen dans la nuit de jeudi à vendredi, les positions initiales s'étaient tendues entre le président français et la chancelière allemande. François Hollande voudrait être celui qui porte cette solution à la crise. Hors de question de laisser la chancelière allemande continuer de dicter ses règles budgétaires. Quelques jours après le vote compliqué du traité européen par le Parlement, le chef de l'État veut montrer à son opinion qu'un nouveau chapitre peut s'écrire.
Depuis le 6 mai, le couple franco-allemand n'avance plus main dans la main mais front contre front. À l'issue de leur entretien bilatéral, dans l'après-midi, Hollande et Merkel affichaient des visages fermés. La discussion a été «constructive», assurait cependant un conseiller du président. Malgré les points de divergences… Entre les deux dirigeants, «le mode de communication est absolument fluide, pas stressé, direct, courtois», assure-t-on. «L'ambiance n'est jamais glaciale, jamais tendue», poursuit ce proche. Sans être aussi idyllique (leurs rencontres ne sont jamais chaleureuses), la relation franco-allemande repose désormais sur le principe de franchise.
Malgré des points de départ différents, un accord était toujours possible entre les deux parties. En juin dernier, François Hollande avait obtenu gain de cause en imposant à Angel Merkel un pacte de croissance et le principe de l'union bancaire. Même scénario cette fois? Avec ses finances fragiles, Paris ne peut pas se payer le luxe de défier ouvertement Berlin.

Intérêt commun

Au-delà des mots qui se veulent apaisant, François Hollande ne veut pas laisser Angela Merkel exercer seule le leadership au sein de l'Union européenne. «L'Europe ne se décide pas à deux», avait-il déclaré mercredi dans la presse. Jeudi après midi, le président s'est aussi entretenu avec le président du Conseil italien Mario Monti. Et auparavant il avait déjeuné avec les leaders du Parti socialiste européen. Le chef de l'État veut aussi convaincre les pays non membres de la zone euro d'appuyer le calendrier d'union bancaire. «C'est leur intérêt que la zone euro soit stabilisée», expliquait en début de semaine un conseiller de l'Élysée.
François Hollande poursuit la stratégie de contournement de l'Allemagne, qu'il avait déployée en juin. La semaine dernière, il avait reçu à Paris le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Il s'était aussi entretenu avec le premier ministre finlandais, l'un des opposants à la recapitalisation directe des banques. D'ici à la fin de l'année, un sommet franco-italien est prévu… «La relation franco-allemande est moins exclusive que dans les périodes précédentes», observe un conseiller à Matignon. C'est une main tendue aux pays du sud de l'Europe notamment, qui veulent alléger la contrainte allemande qui pèse sur eux.

MDR ! POUR QUI SE PREND LE CHARLOT DE L'ELYSÉES ? 

jeudi 18 octobre 2012

Futur Président sortant

CA CRAQUE DEJA, M LE PRESIDENT ?
Déjà votre côte est en chute libre !
Déjà certaines promesses, comme le non cumul des mandats (il ne coûte rien !), semblent remises aux calendes grecques !
Vous déclarez publiquement ne pas avoir été au courant des projets de baisse du nombre de fonctionnaires. Soit c’est vrai, et c’est très grave. Soit vous avez menti et c’est tout aussi grave.
La lune de miel a été bien courte !
Vos amis parlent de votre victoire à Bruxelles; Ils oublient de dire que vous vous êtes engagé à signer le pacte dans lequel se trouve la règle d’or que vous aviez promis de ne jamais accepter et que vous aviez empêché M Sarkozy d’instituer. Vous avez montré là que vous faisiez passer votre intérêt personnel avant celui de la Nation.
Déjà les français ouvrent les yeux ! Trop tard sans doute, et il va falloir attendre cinq ans…
Ferez-vous preuve de courage politique en continuant les réformes que votre prédécesseur a commencées ? J’en doute car vous n’avez été élu qu’en jouant sur le rejet de M Sarkozy.
Vos électeurs s’attendent à ce que vous défassiez toutes les réformes qu’il a entreprises.
Mais s’il avait eu raison ? Si la France avait besoin de ces réformes ? Auriez-vous le courage politique de le reconnaître ? Vos amis vous laisseraient ils le reconnaître ? Le Front de Gauche (qui aime tant Fidel Castro !) vous a obligé à promettre des choses impossibles ! Allez-vous admettre que ce n’était qu’une manœuvre politique ? Non bien sûr que non ! Vous devez déjà faire attention à vos amis qui ne vous rateront pas, et lorgnent déjà la place pour 2017 !
Vous êtes donc le futur président sortant…

Merkel veut un droit de veto de l'UE sur les budgets nationaux

Pour la chancelière allemande, cette prérogative devrait être confiée, à Bruxelles, au commissaire aux Affaires économiques.

L'Union européenne doit avoir des pouvoirs d'intervention clairement définis pour réagir lorsqu'un État membre viole les règles budgétaires communes, a déclaré jeudi la chancelière Angela Merkel, à quelques heures du sommet européen à Bruxelles.
Dans un discours au Bundestag, la chambre des députés allemande, elle a aussi écarté la possibilité de mettre rapidement en place une union bancaire. Angela Merkel s'est ouvertement positionnée contre le président François Hollande et d'autres dirigeants européens qui sont réticents à céder à l'Europe un droit de regard sur leur politique budgétaire et veulent voir la Banque centrale européenne devenir d'ici la fin de l'année le superviseur bancaire.
«Nous avons fait beaucoup de progrès dans le renforcement de la discipline budgétaire grâce au pacte budgétaire, mais nous pensons - nous, c'est-à-dire l'ensemble du gouvernement allemand - qu'il faudrait aller plus loin en conférant à l'Europe de réels droits d'intervention dans les budgets nationaux», a déclaré Angela Merkel.
Dans cette optique, elle a jugé envisageable la proposition du ministre des Finances Wolfgang Schäuble de créer un poste de commissaire aux Affaires monétaires disposant de vastes pouvoirs sur les budgets nationaux.
Cette idée a également reçu le soutien dans la matinée du ministre français du Budget, à condition, a précisé Jérôme Cahuzac, qu'il ne s'agisse pas d'un transfert de souveraineté.

Un satisfecit à la Grèce

Concernant le projet de supervision bancaire, Angela Merkel a de nouveau estimé qu'il n'était pas souhaitable de précipiter les décisions et qu'il était donc préférable de ne pas forcément s'en tenir à l'objectif de mise en œuvre prévue pour janvier 2013. Elle a rappelé qu'il ne serait pas possible de refinancer directement les banques via le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours permanent de la zone euro, tant que la nouvelle instance de supervision ne sera pas totalement opérationnelle. «Que ce soit clair, l'élaboration du cadre légal de la supervision bancaire n'est pas suffisante en soi, a-t-elle affirmé. Cette supervision bancaire doit être effectivement en mesure d'agir».
Évoquant l'Espagne, Angela Merkel a estimé qu'il appartenait uniquement au gouvernement espagnol de décider de l'opportunité d'une aide supplémentaire au-delà des 100 milliards d'euros offerts par ses partenaires européens pour recapitaliser les banques locales. «Il revient à l'Espagne seule de décider si elle a besoin d'une aide du MES, et de combien, en plus (de l'aide aux banques)», a-t-elle dit. La chancelière a également réaffirmé vouloir voir la Grèce demeurer au sein de la zone euro. «De nombreux pays ont mis en œuvre des réformes et des programmes d'ajustement difficiles pour résoudre leurs problèmes spécifiques (...). C'est également vrai pour la Grèce. J'ai pu le constater moi-même en Grèce lors de ma visite la semaine dernière», a-t-elle ajouté.
Se prononçant par ailleurs en faveur d'un renforcement du Parlement européen, Angela Merkel a défendu la création d'un fonds européen pour investir dans des projets spécifiques au sein de la zone euro, qui pourrait être financé par une taxe sur les transactions financières.

De Berlin à Athènes, comment les Européens jugent Hollande ?

C’est aujourd’hui que le président retrouve ses 26 partenaires européens à Bruxelles. Son style est plus apprécié que celui de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, mais sa vision de l’Europe fait elle des sceptiques.
Les 27 partenaires de l’UE sont réunis à Bruxelles aujourd’hui et demain avec en ligne de mire un renforcement de l’Europe monétaire. François Hollande apparaît comme proche et moins expéditif avec les pays du Sud que Sarkozy, mais sa relation avec l’Allemagne, partenaire historique de la France, laisse à désirer selon les experts.
« La notion de couple avec l’Allemagne est dépassée. Nous n’utiliserons plus ce terme. Mieux vaut parler de… partenariat » estime un conseiller de la République. « Le temps où l’Allemagne et la France se mettaient d’accord avant un sommet pour imposer leur solution aux autres est révolu », assure-t-on, dans le même esprit, à l’Élysée. Le pari tenté par le président Hollande est en effet risqué. L’ancien patron du Parti socialiste préfère une Europe avec un plus grand nombre de pays intégrés au processus de décision, ce qui ne va pas sans remettre en cause le leadership jusque là incontesté d’Angela Merkel.
« Tous les présidents français ont voulu faire les malins au début de leur mandat avant de revenir à la raison : l’Europe a besoin du moteur franco-allemand pour avancer. Vu de Berlin, il y a une très grande inquiétude sur ce qui se passe en France. On considère que c’est le flou total » avance Jean-Dominique Giuliani, président de la fondation Robert Schuman. Quant à Peter Heusch de la Sudwest Presse, il juge que Hollande doit reprendre la main : « Merkel ne veut pas exercer seule le leadership politique de l’Union, ce qui est pourtant en train de se passer. Cela l’expose davantage. Elle n’est pas à l’aise. Elle voudrait que la France se ressaisisse« .
Une vision qui tranche avec celle des pays du Sud, que les mauvaises langues appellent avec mépris « Club Med ». Portugal, Italie, Grèce ou Espagne jugent, autant dans la politique du président que dans son style, d’une bien meilleure façon le locataire de l’Elysée. Ses efforts pour négocier un volet croissance en complément du traité européen, conjugué à ses prises de distance avec Merkel et son dogme de la rigueur ont été appréciés, surtout au début de son mandat.
La cote du président est visible à Athènes. Gerassismos Georgatos, membre de l’un des partis de coalition au pouvoir, affirme que « toutes ses déclarations sont positives en ce qui concerne la Grèce et l’eurozone » et que sa position favorable à l’eurobond (comprendre un moyen d’aboutir à une mutualisation de la dette) est reçue de façon optimiste par les helléniques. L’italien Alberto Mattioli , journaliste à La Stampa, compare Hollande à son prédécesseur : « L’Italie est désormais mieux considérée. Berlusconi avait vécu plusieurs épisodes humiliants. A la fin, on a frôlé la crise diplomatique avec l’affaire des immigrés tunisiens et libyens qui transitaient par notre pays ».
Le même Albeto Mattioli conclut de façon modérée : « La France emprunte a des taux très bas parce que son économie est liée à celle de l’Allemagne. Paris ne peut pas durablement l’oublier. En Italie, on considère que la France défend les pays du Sud, mais que sa politique, fondamentalement, ne peut pas changer« . Même au niveau européen, François Hollande reste ainsi fidèle à son idéologie de l’entre-deux.

Budget : le gouvernement dans l'improvisation permanente

La droite dénonce « une avalanche » de taxes et de prélèvements.
La discussion budgétaire se poursuit à l'Assemblée, dans l'improvisation permanente. Contraint à un rôle de funambule au milieu du gouffre des finances publiques, Christian Eckert, le rapporteur général du budget, explique: «Quand il y a des divergences sur plusieurs points, chacun doit faire un pas vers l'autre, et on arrive à une position d'équilibre.» Sans compter les ministres qui doivent renier leurs convictions, avant d'être désavoués eux-mêmes par Matignon. C'est le cas de Jérôme Cahuzac, auquel a été infligée cette double peine.
À l'origine, le ministre délégué au Budget était contre la redevance TV pour les résidences secondaires, estimant que c'était à France Télévisions de faire des économies. Mais sa collègue de la Culture, Aurélie Filippetti, comme les députés socialistes, y était très favorable. Cahuzac a donc dû défendre la mesure dimanche soir sur BFMTV, mais le lendemain soir, à Matignon, il a été désavoué par le premier ministre qui s'est opposé à cette nouvelle taxe.
Mercredi matin, le rapporteur général du budget a évoqué la «piste» d'une reconduction de l'impôt sur les grandes sociétés, pour compenser le manque à gagner sur les concessions, devenues inévitables après la levée de boucliers des «pigeons», sur la taxation des plus-values de cessions. «Il va falloir trouver de l'argent pour remplacer ce qui était prévu comme une recette», a insisté le député de Meurthe-et-Moselle sur LCI. Le président de la commission des finances, l'UMP Gilles Carrez, approuve la reconduction de l'impôt sur les grosses sociétés, qui avait été décidé sous le précédent quinquennat. Mais, pour lui, la taxation des plus-values de cessions est «une usine à gaz, car le gouvernement va devoir différencier des catégories d'entreprises, et des catégories de cessions». «Le gouvernement va réécrire entièrement l'article 6. Et on pourrait le sous-amender sur certains points», reconnaît Eckert. L'opposition demandera, jeudi, une suspension de séance pour permettre à la commission des finances d'examiner le fameux amendement… «Des “pigeons” reçus à Bercy sont dans l'inconnu le plus complet», témoigne Jérôme Chartier, spécialiste budgétaire de l'UMP, qui affirme que ce projet de loi de finances «n'a pour la première fois aucune colonne vertébrale».

«Rétropédalages»

Un pas en avant, deux pas en arrière. «Je constate à la fois l'improvisation et l'inconséquence des mesures annoncées, qui convergent toutes vers une avalanche de prélèvements fiscaux et sociaux», dénonce Bernard Accoyer (UMP), l'ancien président de l'Assemblée nationale. Le spécialiste budgétaire du groupe UDI, le centriste Charles de Courson, ne mâche pas non plus ses mots: «La majorité va exploser en vol. Ses choix vont conduire à des gouffres de révolte dans la population. On voit aussi que le rapporteur du budget en a assez de ne pas être tenu au courant des derniers arbitrages.» Parmi les «rétropédalages», Courson cite l'abattement de 8 points sur les charges sociales pesant sur les particuliers qui emploient des personnes à domicile, décidé mercredi par deux commissions de l'Assemblée (finances et affaires sociales).
Certaines niches fiscales sont montrées du doigt à droite, notamment la Sofica, destinée au financement du cinéma français. «On ne gouverne pas un pays en privilégiant telle ou telle catégorie. La cible du cinéma est éminemment politique», dénonce Étienne Blanc (UMP, Ain), qui considère que le gouvernement «adapte la cure d'amaigrissement de l'État en fonction de ses intérêts électoraux».
Pour ne pas mécontenter les députés PS qui ont envie d'en découdre sur la loi de finances, Pierre-Alain Muet, vice-président de la commission des finances, a trouvé un «système intermédiaire» entre le refus d'un amendement et son acceptation. «Quand je sentirai qu'il n'y a pas de consensus au sein du groupe, je laisserai les députés s'exprimer en séance pour donner de la souplesse aux débats.» Une cinquantaine d'amendements, qui n'ont aucune chance d'être adoptés, seront ainsi défendus, pour faire plaisir aux intéressés. Ce qu'on appelle de la thérapie de groupe!

Sapin annonce 40.000 emplois aidés supplémentaires en 2012

Le ministre du Travail a annoncé une rallonge de 40.000 emplois aidés pour 2012, après l'effort de 80.000 contrats subventionnés de plus décidé en juin.
Le ministre du Travail, Michel Sapin, a annoncé jeudi sur France inter une rallonge de 40.000 emplois aidés pour 2012, après l'effort de 80.000 contrats subventionnés de plus décidé en juin. "En plus des 80.000 emplois aidés que j'avais autorisés juste avant l'été, il va y en avoir 40.000 supplémentaires en cette fin d'année", "40.000 de plus à partir d'aujourd'hui", a dit le ministre.
Le précédent gouvernement avait financé 390.000 emplois pour 2012 (dont 340.000 pour le secteur non marchand) mais une grande partie du budget avait été consommé avant la présidentielle, conformément aux directives passées par le prédécesseur de M. Sapin. "Ils ont été utilisés de manière incroyable par le précédent gouvernement qui les a utilisés pour la quasi-totalité d'entre eux dans la première moitié de l'année et pour une très courte durée", s'est indigné M. Sapin.
Alors que les économistes prédisent une poursuite de la montée du chômage dans les prochains mois, "il n'y en a pas suffisamment", constate-t-il, notamment pour réinsérer les chômeurs de très longue durée. Cette nouvelle rallonge permettra "le maintien du rythme actuel de mobilisation" et concernera les Contrats d'Accompagnement dans l'Emploi (CAE, secteur non-marchand), a souligné dans un communiqué le ministère. "Au total ce seront 440.0000 contrats aidés non marchands qui seront mobilisés en 2012, et environ 500.000 en incluant les contrats aidés dans le secteur marchand", a précisé le ministère.
S'agissant des emplois d'avenir, également subventionnés par l'Etat mais à destination spécifiquement de jeunes non qualifiés, le ministre a ouvert la porte à plus de 100.000 contrats en 2013. "S'il y a encore plus (d'entreprises) qui veulent faire cet effort d'accueillir des jeunes (...) tant mieux, il n'y a pas de limite budgétaire en faveur de cette politique en faveur des jeunes qui sont sans emploi et sans formation", a-t-il assuré. "La question dans le domaine des politiques de l'emploi n'est pas de la limitation budgétaire. Il faut faire les choses non pas pour faire de la statistique mais pour résoudre des vraies difficultés", "faire de la qualité", a-t-il ajouté.

VOILÀ UNE VRAIE MAUVAISE SOLUTION SOCIALISTE.
UNE MESURE QUI SERA FINANCÉE PAR L'IMPÔT.
DONC ;PAR UNE PERTE DE POUVOIR D'ACHAT.

Scénario catastrophe en cas d'abandon de l'euro par la Grèce

Si la Grèce renonçait à l'euro, l'onde de choc pourrait générer une crise économique mondiale. La fondation Bertelsmann a étudié les différents scénarios.

"Le retrait de la Grèce de la zone euro  est susceptible de déclencher une crise économique mondiale. Seraient touchés non seulement les pays du sud de l'Europe ou les membres de l'UE, mais également les États-Unis, la Chine et d'autres pays en voie d'émergence." Les conclusions de l'étude commandée par la fondation Bertelsmann à la société Prognos AG jettent un pavé dans la mare.

Faillite de l’État, dépréciation massive de la nouvelle monnaie grecque, propagation du chômage et chute de la demande toucheraient instantanément une Grèce dépourvue de l'euro. Prognos évalue à 164 mrds € les pertes de croissance soit 14 300 € par habitant d'ici à 2020.. "Les quarante deux puissances économiques les plus importantes de la planète devraient supporter une perte globale de 674 mrds €" précise l'étude.

Encore plus préoccupant, le rapport précise que ce scénario prévu pour la Grèce s'appliquerait également dans le cas de tout autre pays en crise abandonnant l'euro, mais avec des conséquences encore plus dramatiques. Les partenaires commerciaux subissant de plein fouet l'onde de choc.


Et si d'autres quittaient la zone euro...
 
Le rapport prévoit que par ricochet d'autres pays d'Europe du sud, comme le Portugal, devraient aussi probablement renoncer à l'euro, avec pour conséquences "pour l'Allemagne une perte de croissance de 225 mrds € jusqu'en 2020 et une annulation de créances incontournable pour un montant de 99 mrds €. À l'échelle mondiale, les pertes de croissance cumulées s'élèveraient déjà à 2,4 billions €. Les États-Unis seraient aussi touchés à hauteur de 365 mrds et la Chine de 275 mrds €. En Allemagne, un tel scénario engendrerait des pertes de revenu par habitant de 2 790 € pendant huit ans."

Un retrait de la zone euro de la Grèce et du Portugal impacterait immédiatement l'Espagne et l'Italie, également en pleine crise. Si Madrid abandonne la monnaie unique, la fondation Bertelsmann affirme que "les pertes de croissance en Allemagne d'ici à 2020 s'élèveraient à 850 mrds €, en tenant compte d'une annulation de créances d'un montant global de 266 mrds €. Par effet de contagion, les États-Unis subiraient une perte de croissance estimée à 1,2 billion €, et à 7,9 billions € pour le reste des 42 pays étudiés. Dans ce scénario, les pertes de croissance par habitant atteignent également des niveaux impressionnants. En Allemagne, la conséquence se chiffrerait à une perte de 10 500 € par an sur huit ans d'ici à 2020, aux États-Unis de 3 700 €, en France de 18 200 € et en Espagne de 16 000 €."

Pire, si l'Italie emboitait le pas, "la situation finirait même par devenir incontrôlable.... l'Allemagne devrait se priver de 1,7 billion € de recettes et d'un total de 455 mrds € de créances. Dans ce cas, avec plus de 21 000 € par habitant, le coût économique supporté par l'Allemagne serait en partie plus élevé que dans les pays sortants : la Grèce avec plus de 15 000 €, le Portugal et l'Italie avec près de 17 000 €, ainsi que l'Espagne avec 20 500 €. La population serait elle aussi touchée par la montée inexorable du chômage. Pour le seul exemple de l'Allemagne, le nombre de personnes sans emploi augmenterait ainsi de plus d'un million jusqu'à l'année 2015."

Crise économique mondiale
Avec pour conséquences une récession internationale dramatique et une crise économique d'envergure mondiale.

"Un retrait, dans un premier temps isolé, de la Grèce et la mise en faillite de son État pourraient s'avérer supportables sur le plan économique. Mais les répercussions économiques sont tellement complexes à évaluer qu'un tel scénario serait susceptible de faire plonger l'économie mondiale dans une profonde récession, qui ne se limiterait pas aux économies européennes. En plus des conséquences purement économiques, il faudra compter sur de graves tensions sociales et instabilités politiques, particulièrement dans les pays quittant l'euro, mais également dans d'autres puissances économiques. Les conséquences de la mise en faillite de l'État grec et de son retrait de la zone euro, aussi bien sur le plan économique que politique ou social, constituent une réelle menace de mettre le feu à la poudrière. C'est pourquoi la communauté internationale -hors de l'Europe également - doit éviter l'un comme l'autre" affirme cette étude alarmante qui s'avère un véritable plaidoyer à la solidarité dans la zone euro.

Voir l'étude de Bertelsmann

Hollande en Algérie en décembre : ça craint…

Hollande en Algérie en décembre : ça craint… 


Lors d’une réunion diplomatique à Malte, le 5 octobre dernier, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a confirmé que François Hollande (fils indigne d’un père qui fut un farouche partisan de l’Algérie française) sera en visite officielle à Alger (début décembre).
Alors, comme on dit un peu familièrement, ça craint… Car Hollande est prêt à baisser – un peu plus – le saroual face aux arrogances d’Alger. On rappellera, par exemple, ce qu’il écrivait le 26 mars dernier à Bouteflika (qui hait la France, mais qui court s’y faire soigner et au Val de Grâce, s’il vous plaît…) : « Vous vous souvenez peut-être (tu parles qu’il s’en souvient le vieux satrape…) qu’en hommage aux Algériens (sic) morts lors de la manifestation du 17 octobre 1961, j’ai déposé une gerbe, le 17 octobre 2011, au pont de Clichy où des Algériens (resic) furent jetés à la Seine, il y a cinquante ans, par des policiers (re-resic) placés sous les ordres de Maurice Papon, préfet de police. Au cours de cette commémoration (1), j’ai tenu à témoigner ma solidarité aux enfants et petits-enfants des familles endeuillées par ce drame. Il faut que la vérité soit dite. Reconnaître ce qui s’est produit. Ce jour-là, j’ai agi en tant que socialiste. A l’avenir, ce sera sans doute à la République de le faire. »
L’avenir évoqué par cet ami des fellouzes, c’est le présent aujourd’hui que le candidat d’hier est devenu président de la République (François Le Normal : F.L.N.). Un président prêt à toutes les repentances. Quand il dit : « Il faut que la vérité (sic) soit dite », comprenons bien qu’il s’agit d’officialiser le mensonge. A savoir l’histoire de la guerre d’Algérie racontée en France comme les Algériens eux-mêmes n’oseraient pas le faire…
Dans un récent communiqué, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie a dit son inquiétude : « Parmi les repentances que François Hollande pourrait faire à Alger à la fin de l’automne, figureraient, sinon la reconnaissance des crimes coloniaux perpétrés en Algérie, au moins la responsabilité de la France dans le massacre de Sétif et, peut-être, en prime, la suppression de la Fondation ! C’est donc de l’humeur des chefs d’Etat français et algérien que dépendra la survie de la Fondation qui avait commencé un travail apaisé, mais non politiquement correct ! »
Signe des temps, le ministre délégué aux Anciens Combattants, Kader Arif, sans doute écrasé par un emploi du temps chargé, n’a toujours pas reçu le président de la Fondation alors qu’il a reçu tous les responsables de toutes les autres associations et fondations mémorielles…
Autre menace qui pèse sur nos têtes : l’officialisation du 19 mars 1962 comme date tout aussi officielle de la « fin » de la guerre d’Algérie.
Dimanche prochain (21 octobre), sur Radio Courtoisie (à 8 heures 30, rediffusion à 21 heures 30), nous ferons un point complet sur tous ces sujets avec Bernard Coll, secrétaire général de Jeune Pied-Noir. Ne manquez pas ce rendez-vous important.
(1) Commémoration (sic) d’un soulèvement insurrectionnel au cœur de Paris. Il n’y a qu’en France qu’on voit ça…
• Dans Présent du 19 octobre, article de Jean-Paul Angelelli sur l’affaire, toujours pendante, des archives de l’Algérie française réclamées par Alger.

Qui sont ceux qui n'ont pas le droit d'être malades

mercredi 17 octobre 2012

Dette : La France emprunte à 2,2%, c'est une mauvaise nouvelle !

Pour financer sa dette, la France emprunte à 2% à dix ans. Bonne nouvelle me direz-vous. Eh bien non. Car une situation aussi irrationnelle est nécessairement la traduction d’un dysfonctionnement grave, lourd de menaces à terme.
Rappelons-nous ces fortes paroles : « Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance » (François Hollande le 22 janvier 2012).
Pas rancunier pour deux sous ce « monde de la finance » ! Et même très gentil avec le pays désormais dirigé par celui qui l’a désigné comme ennemi, puisqu’il lui prête aux taux les plus bas de l’histoire. Environ 2,20 % à 10 ans. Mieux, cet été, la France a emprunté à 3 mois et à 6 mois à des taux négatifs. Concrètement, une fois l’inflation prise en compte, cela signifie que les investisseurs acceptent au mieux de prêter sans rémunération, quand ils ne perdent pas de l’argent …
Bonne nouvelle me direz-vous. Eh bien non. Car une situation aussi irrationnelle est nécessairement la traduction d’un dysfonctionnement grave, lourd de menaces à terme.
De quoi s’agit-il ? A la base, d’un excès d’argent dans le système par rapport à ses capacités d’absorption. Les investisseurs internationaux, principalement asiatiques et moyen-orientaux, disposent d’énormes masses de liquidités dont une partie doit s’investir en euros, parce qu’il leur faut répartir leurs risques. Mais la crise au sud de l’Europe les conduit à chercher des valeurs refuges. La dette publique allemande d’abord. Celle de la France ensuite, car il faut éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier.

Effet d’aubaine, inespéré au regard de notre situation réelle. Mais effet d’aubaine qui a toute chance de n’être que temporaire. Car notre déficit serait bien plus élevé si les choses se passaient comme la logique le voudrait.
Regardons en effet les chiffres. Notre dette totale est de plus de 1.800 milliards d’euros, dont 1.400 milliards ont une durée de vie de plus de sept ans. Cela signifie que pour 1 % d’intérêts en plus, nous paierons presque immédiatement 4 milliards supplémentaires. Et à terme 18 milliards. Notre équilibre budgétaire est donc hypersensible au niveau des taux d’intérêt demandés par les investisseurs.
Or quel est le prix que devrait en bonne logique demander quelqu’un qui prête à la France ? Même si le risque était nul, il lui faudrait demander un minimum de rémunération réelle au-delà de l’inflation, minimum qui selon les économistes devrait être de l’ordre de grandeur de la croissance prévisible. Avec une inflation autour de 2 %, le taux sans risque devrait donc déjà être sensiblement supérieur à 3.
Ce à quoi s’ajoute le coût du risque. Mais qui peut croire que ce risque est nul ? D’une part, beaucoup s’inquiètent de notre désindustrialisation, de l’absence de vraie réforme structurelle et du risque de contagion de l’Europe du Sud. D’autre part personne ne peut nier que l’Europe traverse une zone de turbulence et que nos déficits budgétaires et commerciaux ne sont pas rassurants. Au minimum personne ne peut considérer ce risque négligeable. Et donc même en restant optimiste on devrait emprunter bien au-delà de 4 %, soit 2 % au minimum plus cher que ce que nous payons. Ce qui veut dire que notre déficit « logique », celui qui est cohérent avec notre situation, devrait toutes choses égales par ailleurs être plus lourd d’au moins 40 milliards que dans l’hypothèse du maintien des taux actuels – et a toutes chances d’être à ce niveau un jour proche. Arithmétiquement.
Les marchés prendront-ils cela en compte rapidement ? L’effort budgétaire prévu pour 2013 est de 30 milliards d’euros, dont 20 de recettes supplémentaires et 10 seulement de baisses de dépenses. Le fragile équilibre qui en résulte peut être rompu à tout moment, si un mouvement de défiance gagne les marchés. Or les craintes évoquées ci-dessus, et notamment l’absence de réformes structurelles, la difficulté à tenir les promesses, sont un terrain propice pour que cela se produise, sans parler de la hausse prévisible du chômage. Et ne nous illusionnons pas. Les marchés réagiraient dans un tel cas avec excès, dans le sens inverse de celui d’aujourd’hui. C’est comme cela qu’ils fonctionnent ; il faut le savoir et l’accepter. Les vilipender à nouveau demain ne servira à rien.
Une de nos nombreuses erreurs aujourd’hui est donc de vouloir bâtir notre avenir en croyant qu’un tel dysfonctionnement est appelé à perdurer. Voir dans la « clémence » actuelle des marchés un blanc-seing durable pour le statu quo serait de l’inconscience. Sachons au contraire profiter du répit qui nous est ainsi offert, et rapidement : sur les marchés comme en montagne, la météo peut évoluer très rapidement sans signe précurseur, et la lune de miel devenir beaucoup, beaucoup moins romantique.

Coups

Coups 


M. Balladur, qu’on n’entend plus guère, et qu’on sait peu adepte de l’éloge, a dit hier de M. Ayrault qu’il est un homme parfaitement estimable. Compliment rare, quand le Premier ministre plie le dos sous les coups. Mais M. Balladur connaît l’enfer que vit M. Ayrault. Oui, l’enfer : l’Hôtel de Matignon, malgré ses dorures, son parc et sa domesticité, est une maison bien inconfortable. « On prend des coups », se souvient Pierre Mauroy, « il faut d’abord apprendre ça ». Mais ça, les petits jeunes ne le savent pas, et redoublent de coups. Dans l’opposition, c’est normal, mais aussi dans la majorité : les godelureaux Valls, Montebourg et Peillon se font les dents sur ce pauvre M. Ayrault, la godelurette Audrey Pulvar ironise sur son charisme – ah ! ça vaut pas le bel Arnaud, son compagnon de ministre… M. Ayrault s’est défendu hier, sans brio, comme d’habitude : à Matignon, l’important n’est pas de briller, mais de durer.

Islam et immigration face au déclin démographique européen : derrière les fantasmes, la vérité des chiffres

Une vidéo choc sur l’expansion de l’islam a été présentée par un cardinal africain lors du synode sur l’évangélisation. Elle donne une vision alarmiste sur le développement de l'islam en France, pays qui deviendra selon les auteurs "une république islamique" dans moins de 40 ans. Les chiffres et le scénario présentés dans cette vidéo sont-ils crédibles ?   
Michèle Tribalat : Comme toujours dans ce genre de document, il y a du vrai et pas mal de faux. L’effondrement démographique européen est une réalité qui marque certains pays plus que d’autres. L’Allemagne et l’Espagne, par exemple, s’en tirent moins bien que la France ou le Royaume-Uni. Dans son scénario Convergence, Eurostat a projeté une croissance démographique de 16 millions en 50 ans (de 2010 à 2060) dans l'Union européenne des 27. En l’absence d’immigration, l’Europe perdrait 70 millions d’habitants, soit un apport démographique de l’immigration de 86 millions en quarante ans, correspondant à près de 17 % de la population de 2060.

La population d’origine étrangère en Europe serait évidemment bien supérieure si l’on y ajoutait l’effet de l’immigration passée, celui des unions mixtes et des différentiels de fécondité qui ne sont pas pris en compte. Sans immigration, l’Espagne perdrait 8 millions d’habitants, l’Allemagne en perdrait 23. Un exercice de projection réalisé précédemment par Eurostat visait à estimer la part de la population d’origine étrangère en 2060 (exercice pas complètement satisfaisant d’un point de vue scientifique pour des raisons qu’il serait difficile d’expliquer ici). Il anticipait que la moitié des moins de 40 ans seraient d’origine étrangère en Espagne et en Allemagne en 2060, un peu plus de 40 % au Royaume-Uni et 20 % en France.
Pour la France, c’est peu crédible car on y est déjà. Même si ces chiffres étaient corrects, toutes les personnes d’origine étrangère ne sont pas musulmanes. À partir de l’enquête Trajectoires et origines réalisée par l’Ined et l’Insee en 2008, j’ai estimé à 4 millions le nombre de musulmans déclarés (soit 6,8 % de la population de France métropolitaine) et à 4,8 millions le nombre de personnes dont au moins un parent est musulman, soit respectivement 34 % et 41 % de l’ensemble de la population d’origine étrangère sur deux générations.

Le document compare le nombre moyen d’enfants par femme en France , "1,8 enfant par femmes" à celui des "musulmans" qui serait de "8,1 enfants par femme". Pour la France, la vidéo affirme également que "30% des enfants de moins de 20 ans sont musulmans" et qu’en 2027 "un français sur cinq sera musulman". Comment peut-on enquêter sur le sujet sachant qu’il n’y a pas de statistiques ethniques et religieuses en France. Dispose-t-on, malgré tout, d’estimations fiables sur le sujet ?

Les propagandistes ont du mal à résister à l’attraction des chiffres symboliques qui frappent l’imagination : 8,1 c’est 1,8 à l’envers. Tout cela est archi-faux. Aucun pays au monde n’a une fécondité d’un tel niveau aujourd’hui. Quelques pays ont encore un peu plus de 6 enfants par femme. C’est le cas du Mali, du Burundi, de la Somalie et de l’Afghanistan.
J’ai estimé la fécondité des femmes musulmanes en France, toujours d’après l’enquête Trajectoires et origines réalisée en 2008. À 40 ans, les femmes musulmanes nées dans les années 1958-1968 avaient 2,8 enfants en moyenne, contre, 1,9 chez les catholiques et 1,7 chez les femmes sans religion. Quant aux naissances, toujours d’après l’enquête Trajectoires et origines, pour les enfants nés en 2006-2008, un peu moins de 20 % d’entre eux auraient au moins un parent musulman.
Si la France n’avait jamais collecté les statistiques dont vous parlez, nous ne saurions absolument rien. Les chiffres que je vous ai donnés ne tombent pas du ciel. Ils sont sourcés. Nous n’avons pas d’enregistrement systématique, mais nous avons des enquêtes de temps en temps qui enregistrent des informations sur les ascendants (plus ou moins adéquates) et sur la religion. Ces statistiques ne sont pas interdites. Leur collecte est réglementée, mais relativement facile pour la statistique publique depuis 2004. L’Insee a freiné des quatre fers pendant longtemps avant de s’y résoudre.

D’après la vidéo, le nombre moyen d’enfants par femme en Europe est de 1,38 enfant. Toujours selon cette vidéo, l’Europe "cesserait donc d’exister" ou plutôt va exister autrement par "l’immigration". Quel est aujourd’hui le pourcentage de musulmans en Europe ? Comment ce pourcentage va -t-il évoluer dans les années à venir ?

Le nombre moyen d’enfants par femme dans l’Union européenne des 27 était de 1,59 en 2009, dernier chiffre publié par Eurostat à l’échelle de l’Union. C’est peu et annonce un déclin démographique que l’immigration contrecarre encore. De grosses différences subsistent entre les pays avec le Portugal à 1,32, l’Allemagne à 1,36 d’un côté, et la France à 2,0 et le Royaume-Uni à 1,94 de l’autre. Les premiers ont du souci à se faire, même si l’Allemagne peut espérer drainer une partie de la jeunesse européenne vers son économie.
Je vous ai cité plus haut quelques chiffres des projections d’Eurostat. Le scénario élaboré n’imagine pas une remontée très importante et rapide de la fécondité mais table plutôt sur l’immigration. Cela correspond tout à fait à la "philosophie" européenne qui n’imagine pas d’autre solution que l’immigration. Ce qui l’oblige à préparer les peuples européens à faire bon accueil aux nouveaux venus, puisque aucun autre choix ne semble possible, refrain bien connu. La politique familiale n’est pas une compétence européenne, l’immigration oui. Aucun effort n’est réellement entrepris à l’échelle européenne pour penser une politique qui permettrait à la démographie de l’UE d’être un peu moins dépendante et de compter plus sur ses propres forces en mettant au monde un peu plus d’enfants. L’Europe attend son salut démographique de l’extérieur en attendant le meilleur de "l’autre", toujours à l’honneur, même si les peuples craignent le pire.
Le Pew Forum, aidé de l’IIASA (International Institute for Applied System Analysis) a réalisé des projections de populations musulmanes dans le monde (2010-2030). En 2030, la population musulmane attendue en France métropolitaine serait légèrement inférieure à 7 millions, soit 10,3 % de la population totale. En 2030 comme en 2010, c’est en France que la population musulmane serait la plus importante, en nombre et en proportion, dans l’Union européenne des 15.

La France est le pays d’Europe qui compte le plus de musulmans. L’islam peut-elle devenir la première religion de France ?

Tout dépend comment l’on compte. Sur la simple affiliation, non bien sûr. Sur le nombre de fidèles vraiment engagés dans leur foi, c’est déjà pratiquement le cas puisque, parmi ceux qui déclarent accorder beaucoup d’importance à la religion, les musulmans sont plus nombreux que les catholiques entre 18 et 50 ans (enquête Trajectoires et origines 2008). Mais ce ne sont pas les musulmans qui portent la responsabilité de l’effondrement du catholicisme : 9 % des catholiques accordent beaucoup d’importance à la religion, contre 49 % chez les musulmans. L’islam est très dynamique, avec un taux de transmission qui s’est considérablement accru dans les générations les plus jeunes, alors que le catholicisme a déjà touché le fond. Les conversions ne sont pas pour l’instant, contrairement à une idée très répandue, un vecteur d’expansion de l’islam très important.

Presque partout en Europe, les formations d’extrême droite prospèrent sur le thème "de l’islamisation de l’Europe". Cela relève-t-il du fantasme ou recouvre-t-il une part de réalité ?

On peut entendre l’islamisation de deux manières. Une manière très littérale revient à dire que les musulmans seront bientôt majoritaires en nombre dans la population française, ce qui n’est pas réaliste du tout. S’il y a fantasme, il est là. Une autre manière consiste à penser que l’apparition d’une minorité musulmane importante, de plus en plus sûre d’elle et exprimant des exigences va changer notre cadre de vie, nos modes de vie et limiter nos libertés. Mais c’est déjà le cas. Pas la peine d’insister sur ce que l’islam a grignoté, d’ores et déjà, sur notre liberté d’expression. Christopher Caldwell a consacré un livre précisément à ce sujet, sans grand écho en France, malheureusement. Quand une culture tolérante accueille une culture intransigeante, c’est généralement la première qui cède. D’une certaine manière, la présence d’une population musulmane de plus en plus importante va nous obliger à décider ce sur quoi nous ne cèderons pas. Et, comme l’écrit Salman Rushdie, nous ne garderons que les libertés pour lesquelles nous serons prêts à nous battre. J’emploie le terme "battre" au sens figuré et non au sens d’un conflit armé. Je me sens obligée de le préciser, ce que je n’aurais sans doute pas fait 30 ans plus tôt.

Les hausses d'impôts, plus court chemin vers la récession

N’en déplaise aux tenants des politiques keynésiennes qui ont fait la preuve de leur insanité et de leur échec, le projet de budget centré sur les hausses d'impôts nous amène à une certitude : 2013 sera pire que 2012.
"Le désendettement sera compétitif et keynésien". C’est le dessinateur du journal Le Monde, Plantu, qui reprend ainsi la phrase d’une interview donnée à son journal par le ministre de l’économie, Pierre Moscovici. « Phrase légendaire », dit Plantu, dont le dessin représente un public de chômeurs devant des usines fermées.
Plantu serait-il devenu anti-keynésien ? Toujours est-il qu’il a le mérite de souligner l’essentiel du débat actuel sur le chômage. Car si tout le monde a commenté le « choc fiscal », auquel personne n’échappera, bien supérieur aux modestes baisses de dépenses publiques, peu nombreux (en dehors de notre équipe de libéraux) sont ceux qui ont prêté attention à la doctrine keynésienne qui sous-tend le projet de budget soumis au Parlement.
« La dette est l’ennemie de l’économie ». Mais qui a créé la dette ?
Bien évidemment le point de départ de notre ministre est réaliste : il faut réduire les déficits publics avec « une dette qui dépasse les 90% du PIB, seuil qui pénalise durablement la croissance ». Pour un socialiste keynésien, reconnaître que la dette, donc les déficits qui l’ont constituée, pénalise la croissance est une effort méritoire, voire une abjuration. Pourquoi les ancêtres de M. Moscovici, une fois parvenus au pouvoir en 1981, ont-ils alourdi les déficits et laissé dériver la dette ? Il est plus facile pour le ministre de l’économie de mettre tout au passif du quinquennat Sarkozy, qui s’est traduit il est vrai par un accroissement de 600 milliards de la dette française.
Lorsque le ministre indique que le gouvernement doit redresser les finances publiques, le journaliste du Monde, qui connaît son catéchisme keynésien sur le bout des doigts, lui demande « au risque d’une récession ? ». Réponse de P. Moscovici : « La dette est l’ennemie de l’économie, des services publics (sic !), de notre souveraineté nationale. Pierre Bérégovoy parlait jadis de la désinflation compétitive, je veux parler du désendettement compétitif ». Belle conversion soudaine à l’orthodoxie budgétaire. « Un euro de plus pour le service de la dette, c’est un euro de moins pour l’éducation, pour l’hôpital ou pour la sécurité ». Là, les choses se gâtent : si le gouvernement veut diminuer dette et intérêts, c’est pour pouvoir augmenter les dépenses publiques. Comme si ce n’était pas la dérive des dépenses qui avait fait exploser la dette.
Les pays qui ont fait du « laisser-aller budgétaire » se sont « pieds et poings liés retrouvés entre les mains des marchés ». Il faut donc éviter de tomber dans les mains des méchants marchés, qui font payer plus cher les pays les moins solvables en augmentant le taux d’intérêt (prime de risque). Mais qui est coupable ? Le marché, qui vient financer les pays imprudemment en déficit excessif et leur évite la banqueroute, ou les gouvernements qui ont mis le pays dans cette situation ?
Les coupes budgétaires sont « récessives »
Donc, voici le nouvel objectif : retour aux 3% du traité de Maastricht, sorte de mini règle d’or que les États se sont empressés de ne pas respecter. Comment revenir en 2013 aux 3% de déficit ? Par une hausse, que le ministre reconnait être considérable, de 20 milliards des impôts. Ne chipotons pas sur les chiffres, car le ministre oublie les hausses déjà votées lors du collectif budgétaire ; en tous cas le choc fiscal est sans précédent. Pourquoi augmenter les impôts au lieu de diminuer les dépenses ? Réponse du ministre « Les coupes budgétaires ayant un impact plus récessif que les hausses d’impôts, nous avons fait cette année tout ce qui était possible et nécessaire ».
S’agit-il d’une nouvelle loi économique ? Si notre ministre affirme que diminuer les dépenses est « plus récessif » que les hausses d’impôts, c’est qu’il croit que toute dépense publique a un effet de relance : il revient ainsi au keynésianisme le plus pur. La dépense publique serait-elle aujourd’hui un moteur de la croissance ? On observe que jamais les dépenses publiques n’ont été aussi élevées, et que jamais on a connu une stagnation aussi durable. Ce ne sont pas les « mesures d’austérité » qui prolongent la crise, contrairement à ce que soutiennent Messieurs Mélenchon et Thibaut. Et Monsieur Moscovici se trompe en voyant dans la réduction des dépenses publiques une politique « récessive ».
« Revenons à Keynes » 
Par contraste, aux yeux du Ministre, l’augmentation des impôts serait moins récessive. Or, il est démontré et prouvé que les hausses d’impôts ont un effet négatif sur l’offre : elles poussent à travailler ou entreprendre moins, elles font fuir les plus productifs à l’étranger. En effet les gens n’aiment pas travailler pour qu’on leur reprenne l’essentiel de ce qu’ils ont légitimement gagné. Réaction bien humaine.
Les hausses d’impôts freinant ainsi la croissance, elles entraînent la stagnation des revenus et des transactions, donc les rentrées fiscales diminuent : les taux d’imposition ont augmenté, mais la base fiscale à laquelle ils s’appliquent s’est réduite. Donc les déficits se creusent encore davantage, et la dette avec.
Monsieur Ayrault et son gouvernement s’en sortent avec un gros mensonge, qui consiste à affirmer que neuf contribuables sur dix seront gagnants ou épargnés parce que la réforme accroît la progressivité : à elle seule, la non indexation du barème pénalise pratiquement tous ceux qui paient l’impôt sur le revenu.
« Nous faisons contribuer davantage les grandes entreprises dont le taux d’imposition effectif est de dix points inférieur à celui des PME. Revenons à Keynes : ce qui fait qu’une entreprise investit, ce ne sont pas uniquement ses marges ou ses avantages fiscaux, c’est d’abord ses marchés, ses clients ». Monsieur Moscovici pense-t’il qu’en réduisant les marges des entreprises françaises, on pourra investir et satisfaire les clients français ? À l’heure du « patriotisme économique », il serait bon de rappeler que les grands gagnants de l’affaire seront les fournisseurs étrangers, moins chargés en impôts et cotisations que les entrepreneurs français.
La hausse des impôts est le plus court chemin vers la récession
Attention : « Nous ne versons pas dans un keynésianisme archaïque, mais notre politique marche sur ses deux pieds. Elle veut conforter l’offre et la demande. Keynes disait à juste titre que la demande précède l’offre ». Ainsi, au commencement était la demande ; en revanche, rien sur l’entrepreneur qui anticipe les besoins des clients et créé ce qui n’existait pas encore. Donc la politique du gouvernement s’appuie sur l’offre et la demande : elle marche sur deux jambes, mais l’une est nettement plus longue que l’autre ! À voir les taux d’imposition exploser, à voir se multiplier les réglementations, contraintes, interventions sur les prix ou dans les entreprises, on a du mal à percevoir une politique de l’offre. C’est donc une fausse fenêtre : c’est la demande, artificielle, qui ouvre le bal. L’offre n’a qu’à suivre.
Laissons nos confrères détailler les bons et les mauvais impôts, les vraies et les fausses réductions de dépenses ; l’essentiel est ailleurs. Le gouvernement, contraint de réduire les déficits, ne touche pas aux dépenses publiques (« moteurs de la croissance ») ; d’où les hausses d’impôts. N’en déplaise aux tenants des politiques keynésiennes qui ont fait la preuve de leur insanité et de leur échec, le projet de budget nous amène à une certitude : 2013 sera pire que 2012.

Hollande: "nous sommes tout près" d'une sortie de crise de la zone euro

a estimé que les pays de l'Union européenne étaient "tout près" d'une sortie de de la zone , dans un entretien à plusieurs journaux européens, dont Le Monde, donné à la veille d'un nouveau sommet à Bruxelles.
"Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près. Parce que nous avons pris les bonnes décisions au sommet des 28 et 29 juin et que nous avons le devoir de les appliquer, rapidement", déclare le président.

LE GROS MENTEUR PRÉDIT LA SORTIE D'UNE CRISE DONT IL NIAIT L'EXISTANCE SOUS SARKOSY

"D'abord, en réglant définitivement la situation de la Grèce, qui a fait tant d'efforts et qui doit être assurée de rester dans la zone euro. Ensuite, en répondant aux demandes des pays qui ont fait les réformes attendues et qui doivent pouvoir se financer à des taux raisonnables. Enfin, en mettant en place l'union bancaire", détaille-t-il.
"Je veux que toutes ces questions soient réglées d'ici à la fin de l'année. Nous pourrons alors engager le changement de nos modes de décision, et l'approfondissement de notre union. Ce sera le grand chantier au début de l'année 2013", déclare encore le chef de l'Etat.
"Le pire - c'est-à-dire la crainte d'un éclatement de la zone euro -, oui, est passé. Mais le meilleur n'est pas encore là. A nous de le construire", ajoute-t-il.

OH ! 
LE GROS MENTEUR !

Des couacs révélateurs

Des couacs révélateurs 


Réfléchir à la manière de combattre les réseaux et les dangers du cannabis, substance expérimentée par plus de 78 millions d'Européens, révèle l'Agence des drogues, n'a rien d'indigne. Tous les États l'ont fait à un moment ou à un autre, avant de convenir de degrés de tolérance variables selon les pays.
Mais il est très maladroit de procéder selon la manière, improvisée, de Vincent Peillon qui semble parfois oublier qu'il appartient à un gouvernement et qu'il en est le ministre de... l'Éducation !
Les couacs, c'est fini, promettait Jean-Marc Ayrault, il y a moins de trois semaines, à la télévision. En rouvrant le débat sur la dépénalisation du cannabis, alors que personne ne le lui demande, le numéro deux du gouvernement relance la cacophonie que le Premier ministre peine à étouffer. Pire, le vacarme qu'il a déclenché couvre le message sur la compétitivité que le chef du gouvernement adressait, hier, depuis son fief nantais.
Le propos de M. Peillon est inopportun : parce qu'il gêne un Président et un gouvernement en déficit croissant de crédibilité ; parce qu'il offre à la droite et aux compétiteurs pour la présidence de l'UMP une opportunité inespérée d'instruire le procès en irresponsabilité de la gauche ; parce qu'il se discrédite lui-même, lui qui a pour mission de protéger la jeunesse française de tous les trafics.
Ensuite, sa déclaration illustre à nouveau les difficultés de ce gouvernement à afficher des positions communes et constantes. Le cannabis fait partie des sujets qui divisent le PS et la gauche, sa dépénalisation étant souvent évoquée par les élus socialistes parisiens, par les écologistes et par les radicaux. Avec le nucléaire, les grands équipements et l'Europe, il fait partie des désaccords, en principe assumés, entre partenaires de majorité.
Enfin, ce couac n'est qu'une demi-surprise de la part de celui qui n'en est pas à son coup d'essai et qui privilégie facilement son besoin médiatique d'exister à la solidarité gouvernementale. On peut même se demander si le nouvel avertissement de Jean-Marc Ayrault, expliquant publiquement à son ministre qu'il n'a pas à être un commentateur, servira de leçon.
Quelle mouche à donc piqué Vincent Peillon ? Forcer la main de François Hollande ? Ce serait mal connaître le président de la République et méconnaître son récent arbitrage sur la question. Affaiblir Jean-Marc Ayrault ? S'il s'agit de ravir sa place à Matignon, la méthode n'est franchement pas la plus intelligente. Dire ce qu'il pense ? C'est la thèse, probablement exacte, de l'intéressé qui oublie souvent d'arrondir les angles de ses convictions.
Plus largement, les couacs gouvernementaux mettent en lumière une différence formelle entre la gauche et la droite : alors qu'à l'UMP on n'a vu, pendant cinq ans, qu'une seule tête, l'opposition devenue majorité continue d'exprimer des opinions indisciplinées qui brouillent la lisibilité du projet.
Ils confirment un déficit d'autorité au sommet de l'État, qui tient à la fois au Président, au Premier ministre, au premier secrétaire encore provisoire du Parti socialiste.
Enfin, après cinq mois de vol dans ce quinquennat, qui en compte soixante, ils révèlent des fissures peu rassurantes dans les turbulences de la crise.

Agir contre la misère

Agir contre la misère 

La misère est un continent immense. Il est peuplé de 865 millions d’êtres humains (1) de tous âges, de toutes langues, de toutes cultures. Partout, ils sont rejetés, parfois même jusqu’à devenir invisibles tant ils dérangent et inquiètent, tant ils interrogent.

Là-bas, le petit enfant de 2 ans casse des briques tandis que sa soeur d’un an plus âgée file sous les étals du marché ramasser quelque précieuse nourriture et glaner les copeaux de bois pour faire bouillir la marmite… Plus loin, un garçon de 8 ans coud des perles sur les vêtements vendus à bas prix dans les pays riches. Agile, il réalise ce que de grandes mains adultes ne peuvent faire : et tant pis s’il s’esquinte la vue irrémédiablement, à force de travail dans le taudis mal éclairé ! Dans la campagne, une jeune adolescente, esclave domestique, s’épuise, abandonnée et maltraitée. Dans les villes du tiers monde, gigantesques et fiévreuses, des hommes, des femmes, des enfants travaillent comme des esclaves. Ils trient, à mains nues, des déchets qu’ils ignorent toxiques. Ils sont enfermés dans des usines aux lourdes portes cadenassées, gardées par des hommes armés. Combien trouvent la mort dans ces lieux vétustes quand éclate l’incendie ! L’enfant soldat, les réfugiés, les malades… La litanie est longue de ceux que la misère isole et emprisonne.

Avec ceux qui en souffrent

Mais, elle n’est pas l’apanage des pays pauvres. Elle est là, ici, en France. Avec la crise, elle étend son emprise. Mais on ne la perçoit qu’avec retard. En 2010, on compte 440 000 nouvelles personnes pauvres, au total : 8,6 millions ! Sont touchés de plus en plus d’enfants élevés par une mère seule, des jeunes en rupture familiale, des travailleurs pauvres… Alors que les besoins augmentent, la revue Esprit (2) révèle que les budgets d’aide sociale ne sont pas toujours dépensés. Ainsi, plus de 5 milliards d’euros du Revenu de solidarité active n’auraient pas trouvés preneurs ! Sur ces entrefaites, on ajoute encore un outil : les contrats d’avenir.

Cela manifeste la volonté de ne pas laisser tomber ceux qui traversent une grave difficulté et c’est heureux. Mais cela interroge sur l’efficacité des politiques publiques. Les dispositifs s’empilent au point qu’il devient difficile, même pour les professionnels du secteur, d’en avoir une vue d’ensemble claire: « Le problème de la pauvreté consiste moins en un manque de dispositifs que dans le fait que ces dispositifs n’arrivent pas à toucher les personnes concernées » (3). À cela s’ajoute la complexité bureaucratique qui détourne, et trop souvent humilie, ceux qui auraient pourtant tant besoin d’aide : «Ce qui manque, c’est la confiance dans l’économie et le travail social. Il faut beaucoup de temps pour se reconstruire de la misère. Oser relever la tête », explique Bruno Tardieu, délégué national d’ATD Quart-Monde (1). En s’inspirant des exemples réussis de nos voisins européens, les auteurs (3) plaident pour une approche de la pauvreté plus efficace, plus participative et moins coûteuse : cesser d’empiler les dispositifs ; simplifier l’accès aux aides ; mieux coordonner le travail entre l’État et les collectivités locales; accompagner, surtout, ceux qui ont besoin d’aide. Cela signifie les écouter et construire avec eux les politiques nécessaires.

(1) 865 millions de personnes vivent avec 0,75€ par jour. Voir dimanche Ouest-France, 14 octobre 2012

(2) «La pauvreté perdue de vue», Esprit, octobre 2012

(3) M.-O. Padis et L.-M. Schaer, Esprit, octobre 2012

Hollande et l'impôt : de la "révolution fiscale" aux usines à gaz

"Notre système de prélèvements est devenu illisible ; nul ne sait qui paye l'impôt ; les taux apparents ne sont plus les taux réels ; qui peut comprendre quoi que soit à la fiscalité locale, au dispositif des exonérations de cotisations sociales ou encore au mécanisme de la fiscalité écologique ?
A force d'être mitée et minée, notre fiscalité est devenue opaque. Et le Parlement ajoute des 'usines à gaz aux usines à gaz', de la taxe carbone jusqu'à la taxe professionnelle, (...) le système est non seulement illisible, il est instable. Les exonérations de cotisations sociales supposées encourager l'emploi ont changé douze fois en quinze ans de mode de calcul. Comment les entreprises peuvent-elles elles-mêmes faire leurs arbitrages ?"
Ces phases, qui dénoncent l'opacité de la fiscalité française, sont de François Hollande, lors de son discours de Périgueux, le 17 octobre 2010. Celui qui n'était alors que candidat à l'investiture de son parti mettait au cœur de sa campagne un concept, celui de "révolution fiscale". 
Le candidat n'avait alors de cesse de prôner une réforme ambitieuse, inspirée de l'ouvrage des économistes Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais et visant à remettre à plat toute la fiscalité française. "La réforme fiscale est un préalable. Elle donne la transparence, la clarté, la progressivité indispensable pour convaincre nos concitoyens de consentir à une contribution. La réforme fiscale a une double vocation : redistribuer justement et financer efficacement", disait M. Hollande dans le même discours.

Deux ans plus tard pourtant, le président Hollande et son gouvernement semblent avoir définitivement tourné le dos à ces promesses. La fusion de l'impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée (CSG), cœur de la "révolution fiscale", a été renvoyée à la fin du mandat, si elle se fait. Et le premier projet de loi de finances de l'ère Hollande est surtout truffé de ces fameuses "usines à gaz" que dénonçait le candidat.

1/ Taxe à 75 % : d'une idée de campagne à la recréation d'un bouclier fiscal
Exemple le plus récent : le devenir de la fameuse taxe à 75 % sur les revenus au-delà d'un million d'euros. L'idée, lancée par un candidat Hollande dont la campagne peinait à trouver un second souffle, avait structuré les débats et joué un rôle symbolique majeur. Mais son application est aussi complexe que son énoncé était simple.
Crétin Ier à l'Elysées avec Moyrand
Créer une simple tranche posait une série de problèmes, dont le plus gros était le risque d'inconstitutionnalité. En cumulant cette tranche avec les autres impôts frappant les plus aisés (ISF, surtaxe exceptionnelle...), on risquait d'arriver à des taux confiscatoires, ce qu'interdit le Conseil constitutionnel.
Pour éviter ce risque, et régler les nombreux cas potentiellement problématiques (sportifs de haut niveau, artistes...), la taxe est devenue "exceptionnelle" et limitée dans le temps : elle ne s'appliquera qu'en 2012 et 2013. Pour qu'elle ne se mélange pas à l'impôt sur le revenu, elle sera perçue non sur le foyer mais sur chaque individu. Ainsi, un couple où chacun gagne 999 000 euros ne sera pas taxé, quand un célibataire gagnant 1,2 million d'euros, lui, payera 150 000 euros.
Surtout, pour parer à tout risque de censure des "sages", le gouvernement a dû remettre en place un "plafonnement global" de l'impôt. Nul ne pourra être taxé à plus de 75 % en cumulant ISF, impôt sur le revenu et taxation exceptionnelle. Ce qui revient à une forme de bouclier fiscal, certes remanié. Qui sera lui-même limité grâce à un "plafonnement du plafonnement"... Le tout concernera 1 881 contribuables pour la taxe à 75 %, et autour de 6 000 foyers pour le plafonnement global. Ce dernier représentera un manque à gagner de l'ordre de 667 millions, quand la taxe exceptionnelle de 75 %, elle, rapportera 320 millions d'euros.
2/ "Pigeons"  : une usine pour des chefs d'entreprise
La lisibilité est encore pire s'agissant de la taxation des plus-values de cessions mobilières, en clair de la revente de parts d'entreprises. Le projet de loi de finances prévoyait de la taxer plus fortement, en la soumettant, comme c'est l'objectif général, au "barème". L'idée est de taxer ce type de revenus dits "du capital" comme l'impôt sur le revenu, avec un barème progressif et un système de tranches.
Mais les entrepreneurs high-tech, pour qui la revente de parts de société constitue un mode de financement, ne l'ont pas entendu de cette oreille. Réunis dans un collectif des "pigeons", ils ont obtenu rapidement gain de cause. Le projet de loi de finances prévoit donc un nouveau système, encore en négociation, mais dont les grandes lignes sont... tout sauf simples. Les entrepreneurs seront taxés au barème progressif, sauf s'ils ont plus de 10 % des parts de l'entreprise depuis plus de cinq ans (ils ne seront alors taxés qu'à 19 %).
Pour les autres, il sera possible d'attendre pour obtenir des abattements progressifs, qui iront jusqu'à 40 % au bout de six ans de détention. Mais si l'argent de la plus-value est réinvesti, ou si la cession intervient en cas de retraite de l'entrepreneur, elle sera défiscalisée. Dans un premier temps, ces mesures ne devaient être en place que pour les cessions intervenues après le 1er janvier 2012, mais cet état de fait pourrait être corrigé en créant un régime spécifique pour les cessions de cette année, sous la forme d'un prélèvement forfaitaire majoré ou d'un abattement spécifique...
Cumulés, ces aménagements représentent un manque à gagner de 750 millions d'euros. Qui sera compensé en maintenant une année de plus une taxe exceptionnelle de 5 % sur les grandes entreprises.
3/ Tarification progressive de l'énergie : un projet... complexe
En matière d'usine à gaz, il est assez ironique que la palme revienne à un projet de loi portant sur l'énergie. La tarification progressive, qui sera examinée par le Sénat fin octobre, veut permettre aux ménages modestes de payer moins cher leur chauffage et leur électricité. Pour y parvenir, les députés ont imaginé un système de bonus-malus.
Pour faire simple, on calcule un "volume de base" correspondant aux "besoins essentiels" d'un ménage en énergie. Il est modulé en fonction du nombre de membres du foyer, du mode de chauffage et de la zone climatique où se situe le logement. Huit zones ont été distinguées en France métropolitaine, avec chacune un "coefficient de rigueur" qui définira les tarifs énergétiques. Collectées par les services fiscaux, ces informations iront ensuite aux fournisseurs d'énergie, qui calculeront le tarif final appliqué pour chaque foyer, qui sera avantagé ou désavantagé en fonction de sa consommation finale.
Mais pour ne pas pénaliser les ménages dont le logement, mal isolé, consomme trop, une partie du "malus" pourra être défalquée de son loyer, s'il est locataire. Par ailleurs, un "dispositif d'accompagnement" viendra aider les foyers pauvres à améliorer leur isolation, notamment à travers un tarif spécial destiné à 4 millions de foyers pauvres. Il faut encore évoquer les cas particuliers de chauffages collectifs ou des étudiants, traités à part...
4/ Œuvres d'art, résidences secondaires, DOM... Les exceptions sont légion
Si le candidat Hollande dénonçait volontiers une fiscalité "mitée et minée" par les exceptions et les niches, le président Hollande ne s'est pas montré très sévère à cet égard. Malgré un "coup de rabot" global de 10 % et un plafonnement  à 10 000 euros, le projet de loi de finances 2013 prévoit 70,7 milliards d'euros de niches, contre 70,8 dans celui de 2012.
Et certaines ne seront pas sujettes à ce coup de rabot ni au plafond global. C'est le cas des niches outre-mer, qui sont pourtant, pour certaines, régulièrement dénoncées comme des moyens de défiscalisation pour les plus aisés.
Le gouvernement et l'Assemblée se sont aussi livrés à des valses-hésitations, comme sur la question d'incorporer les œuvres d'art dans le patrimoine soumis à l'impôt sur la fortune. Ce ne sera finalement pas le cas, le gouvernement ayant renoncé, devant le tollé déclenché par l'idée dans les milieux culturels, à les taxer. Pourtant, certains ministres, comme Aurélie Filippetti (culture) ou Jérôme Cahuzac (budget), avaient pris position en faveur d'une telle taxation. 
On peut encore citer le cas des résidences secondaires, que le gouvernement envisageait de soumettre à la redevance audiovisuelle, qui finance télévision et radio publiques. Mais il y a également renoncé, ouvrant la voie à une hausse de ladite redevance, de l'ordre de 4 à 6 euros.