TOUT EST DIT

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jeudi 13 septembre 2012

Zemmour se paye Arnault, Libé et la gauche hypocrite (vidéo)

Dans sa dernière chronique sur RTL, Éric Zemmour revient sur l’affaire Bernard Arnault. Le polémiste prend également le contrepied de la gauche et de Libération, qu’il met dans le même panier mondialiste et antipatriotique que l’homme d’affaire. Une chronique qui remet les idées à leur place !
Dans un premier temps, Zemmour rappelle que Bernard Arnault doit sa fortune à la France et à son image de luxe et d’élégance, qui lui permettent de vendre ses produits aux Chinois ou aux Américains. Le chroniqueur dénonce ensuite le comportement de Bernard Arnault, symbole d’une idéologie ambiante nauséabonde :
« Bernard Arnault incarne avec éclat cette sécession des élites, qui ne veulent plus rien avoir à faire avec leurs pays, qui ne connaissent plus que le marché mondial. Une révolte des riches que tous les pays occidentaux subissent depuis plusieurs décennies et qui est l’autre nom de la mondialisation. »
Mais loin de s’associer aux critiques de Libération et des intellectuels de gauche, Zemmour pointe du doigt un point essentiel : le comportement d’Arnault découle de la même idéologie mondialiste et antipatriotique du « village mondiale », chère à notre bonne gôche. La gauche française est tellement hypocrite, à l’image de la Une scandaleuse de Libération, qu’elle parvient à dénoncer violemment les applications concrètes de ses propres idées…


"La Chronique d'Eric Zemmour" : Arnault vs Libé... par rtl-fr
Zemmour, comme souvent, explique ce paradoxe avec brio :
« La gauche française est très mal placée pour dénoncer Bernard Arnault. Parce que l’internationalisme c’est son truc ! A 20 ans, ils ont tous crié dans le rue de paris : « nous somme tous de juifs allemands! » A 60, ils sont tous devenus européens. Toute leur vie, ils l’ont joué « citoyens du monde », défendant l’immigré qui est « chez lui chez nous », maudissant le franchouillard, le beauf, la France moisie. Ils ont vu derrière tout béret un raciste, derrière la moindre baguette de pain, la France du repli haineux. La double nationalité franco-belge de Bernard Arnault est une trahison pour eux. Mais celle franco-marocaine ou franco-sénégalaise ou franco-américaine est à leur yeux enamourés une richesse. »
Pour conclure, le polémiste le plus détesté de France considère que « les accents patriotiques vont à cette gauche comme des lunettes roses à un canard ».

L’annonce d’un nouvel « Hiroshima éthique » sans réaction proportionnée !



A part quelques exceptions notables, les réactions au nouvel Hiroshima éthique annoncé par Christiane Taubira sont plutôt faibles à « droite ». Similaires, dans un ordre évidemment différent et plus contingent, à la réception du projet de loi sur les emplois d’avenir pour lequel un certain nombre d’élus d’UMP sont déjà disposés à voter.
Sur le « mariage » et l’adoption homos, il y a ceux qui sont pour (Roselyne Bachelot, Stephane Dassé qui passe de l’UMP au Parti Radical…), ceux qui sont « réservés » seulement sur l’adoption mais favorables à « tout ce qui légitime l’amour homosexuel » (Nathalie Kosciusko-Morizet), ceux qui ne se sont pas encore fait une opinion (David Douillet), ceux qui y sont défavorables « à titre personnel » (Jean-François Copé, Eric Ciotti) pour le moment, etc.
Rares sont ceux qui pointent, comme il convient, les contradictions ontologiques et épistémologiques du discours subversif des socialistes. Saluons donc la réaction du député de la 10e circonscription des Yvelines, Jean-Frédéric Poisson, vice-président du PCD et secrétaire national de l’UMP : « Il est inquiétant de constater que la garde des Sceaux ignore le sens et l’origine du mariage. Le mariage n’est pas avant tout “inventé pour structurer la société”, mais pour maintenir l’existence d’une société dans le temps, par la pérennisation de l’engagement d’un homme et d’une femme à fonder une famille. Jusqu’à preuve du contraire, un enfant n’est jamais né de deux hommes ou de deux femmes… »
Il est tout de même surprenant que les obsédés habituels des quotas, de la diversité, de la complémentarité, de la parité ou de la mixité refusent ici cette féconde altérité pour la cellule de base de la société où elle s’impose absolument, écologiquement : naturellement et non pas artificiellement !
Mettant en avant l’égalité entre individus, le ministre prétend que « le mariage pour tous répond à une exigence d’égalité ». Mais cette égalité existe déjà ! Chacun et tous, hommes et femmes, hétérosexuels ou non, sont déjà égaux devant l’institution et la réalité du mariage qui suppose précisément certaines conditions (conjugalité, ouverture à la fécondité, exclusion de la consanguinité et de l’inceste…). Ce n’est pas parce que certains individus n’ont pas ou ne veulent pas avoir accès à ces conditions qu’on doit changer la nature et la fin du mariage pour eux, au nom d’un faux principe d’égalité. User du même mot « mariage » pour désigner deux réalités foncièrement différentes ne me paraît pas « respecter ces réalités » et introduit « la confusion », commente le P. Jean Rigal sur un nouveau blog pourtant intitulé Chrétiens de gauche (http://chretiensdegauche.eu).
Car la question du « mariage » homosexuel « n’ouvre pas un débat entre la droite et la gauche, entre ceux qui se réfèrent à une religion et ceux qui ne s’y réfèrent pas », explique Christine Boutin dans La Croix du 12 septembre. La vérité est qu’il n’y a pas besoin de concertation ni du « nécessaire débat », comme titre en une La Croix du même jour. Il n’y a pas photo, comme on dit vulgairement : le débat est tranché par la loi naturelle depuis la Genèse, en passant par Sodome et Gomorrhe, et aucun référendum n’y changera rien, sinon pour faire reculer éventuellement cette terrible dictature du relativisme. Mais on ne fait pas débat sur l’opportunité ou non d’un Hiroshima moral !
Ce n’est pas par hasard qu’on n’a pas le droit aujourd’hui d’épouser une personne du même sexe ou de la même famille. Et ce n’est pas en « créant » arbitrairement ce nouveau « droit » qu’on changera quelque chose à l’affaire du mariage. A quand l’accès des non-voyants aux permis de chasse et de conduire ?
Sinon, comme dit encore Christine Boutin, si l’on fonde le droit au mariage et à l’adoption sur ce faux principe, il faut aussi alors aussi ouvrir pour tout le monde l’accès à la procréation médicale assistée : « Le refus de Mme Taubira d’aller jusque-là fait voler en éclats ce principe d’égalité. Certes, la ministre renvoie à un texte ultérieur, mais c’est une pirouette. »
Loin de l’exigence d’égalité revendiquée, Alliance Vita observe pour sa part, comme les AFC, que l’enfant est le grand absent de cette revendication : priver des enfants d’un père et d’une mère, n’est-ce pas aussi une injuste « discrimination vis-à-vis des autres enfants » ? On veut une fausse égalité des droits des adultes en ignorant la véritable égalité des enfants de Dieu, qui ont le droit d’être éduqués par de vrais parents dans une vraie famille. L’enfant a ce besoin et ce droit avant le besoin ou le désir d’un couple (a fortiori d’une « paire ») d’avoir un enfant qui n’est pas un droit. Il n’y a pas un droit à l’enfant mais un droit de l’enfant !
« Plus grave encore, déclare Jean-Frédéric Poisson : les maires seront contraints de célébrer ces mariages entre personnes de même sexe. Il n’y aura pas d’objection de conscience. Ils seront contraints non seulement d’accepter, mais de célébrer un acte qu’ils réprouvent. » On franchit là un nouveau pas dans le totalitarisme sournois de la dictature du relativisme, plus sournois à certains égards que le communisme. « On rentre là dans le même domaine que le médecin qui veut ou ne veut pas pratiquer un avortement. Il me semble qu’il doit y avoir là la clause de conscience et si elle n’y était pas, ça signifierait que nous sommes dans un monde totalitaire, ce qui est déjà bien avancé », commente le maire d’Orange, Jacques Bompard.

Jeux Paralympiques : Hollande ridicule devant les caméras

Une vidéo hallucinante montre à quel point François Hollande est loin, très loin des réalités, installé confortablement sur son petit nuage de président mou. A l’occasion des jeux paralympiques, le président s’adresse devant les caméras à la championne mal voyante du 200 mètres, Assia El Hannouni. On voit le président la féliciter, puis lui reprocher gentiment de ne pas l’avoir vu… Malaise !
Après avoir décroché sa deuxième médaille d’or au 200 mètres, lors des derniers Jeux Paralympiques, Assia El Hannouni, championne mal voyante, a été obligée de subir cinq minutes de conversation avec

François Hollande, devant les caméras, communication politique oblige.
Une conversation surréelle où le président explique a la jeune femme qu’il a essayé de lui faire signe mais qu’elle ne l’a pas vu… On sent que le socialiste prend conscience de l’énormité de ses propos au moment où il les prononce. Il essaye alors maladroitement de se rattraper, mais il est trop tard, la gaffe est lâchée !
En dehors de son ridicule habituel, en dehors d’un plan Com’ grossier et mal préparé, c’est surtout la déconnexion des réalités et du quotidien des Français de François Hollande qui choque. On voit un homme qui n’a tellement pas conscience des réalités de la vie qu’il parvient à oublier le handicape de la jeune femme alors qu’il est venu assister aux Jeux Paralympiques. On dirait un gros nounours passif que des communicants trimbaleraient sans lui expliquer où il va…
Plus que normal, Hollande serait-il un peu simple ? 
JE DIRAI SIMPLET !

Vote des étrangers : le reniement, c’est maintenant !

Et un reniement de plus dans l’escarcelle de François Hollande et de la gauche au pouvoir. Malgré ses promesses de campagne (que nous ressort le PS avant chaque élection), le président de la République a choisi d’enterrer sa proposition pour autoriser le vote des étrangers. Quand le cynisme et la démagogie jouent le rôle de boussole politique !
C’est une trouvaille socialiste que l’on doit à François Mitterrand. Avant chaque élection, le sujet du vote des étrangers revient sur la table, histoire de faire monter le Front National et fragiliser la droite… puis est remis au placard une fois les élections passées. Le système est bien connu, mais après trente ans de manipulation, l’UMP n’a pas trouvé la parade.
Il faut dire que François Hollande ne prenait pas grand risque à promettre une telle mesure… puisque cela lui est techniquement impossible en l’état ! Alors candidat, l’ex-député de Corrèze était parfaitement au courant qu’il ne disposerait pas de la majorité des trois cinquièmes nécessaire pour faire changer la Constitution et que cette proposition serait de toute façon retoquée.
Restait l’éventualité d’un référendum. Mais les socialistes n’ont jamais fait du vote des étrangers une bataille morale, mais bien politicienne. François Hollande voit déjà son crédit se réduire comme peau de chagrin auprès des Français et il est parfaitement conscient que les électeurs rejetteraient massivement une mesure aussi stupide.
Du coup, François Hollande fait du François Hollande. Il promet… et enterre. Une méthode corrézienne héritée de son prédécesseur et mentor Jacques Chirac. Si pour une fois l’immobilisme présidentiel nous prémunit d’une grossière erreur, il faut se préparer à cinq ans d’inaction.

Boomerang 


En confiant à Emmanuel Sartorius, début juillet, un rapport d’expertise sur la situation du groupe PSA, le gouvernement avait, dans l’urgence, réagi face à l’émotion née de l’annonce, par le constructeur automobile, de la suppression de 8000 emplois en France. Mais l’opération, uniquement destinée à gagner du temps, risque bien de se retourner contre l’exécutif. Car, après avoir crié que le plan de PSA n’était « pas acceptable », le vibrionnant ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ne peut aujourd’hui juger, sans écorner sa crédibilité, qu’une restructuration est « inévitable ».
François Hollande en sort, lui aussi, affaibli. Quand il déclare que les pouvoirs publics « feront tout » pour « réduire l’ampleur des suppressions de postes », les Français n’entendent qu’une chose : « Nous sommes impuissants. » Sans le dire ouvertement, le président de la République reprend, sur le fond, l’aveu, concernant Michelin, qui avait tant coûté à Lionel Jospin, alors Premier ministre, en 1999. Et sur la forme, Hollande fait du Sarkozy, tout en ne parvenant pas à se montrer aussi convaincant. Question de style.
Si le diagnostic du groupe PSA dressé dans le document transmis au gouvernement n’a, en soi, rien de surprenant dans la mesure où la surcapacité de l’outil industriel, l’insuffisante internationalisation et la chute des ventes, notamment en Europe, dans un marché ultra-concurrentiel, étaient connues, le rapport Sartorius résume tout ce que la société française compte de blocages : repli sur soi, manque de vision stratégique à long terme, retard d’adaptation, fragilité financière, dialogue social déficient…
Plutôt que de s’arrêter sur les responsabilités, il reste à en tirer les leçons. S’il veut garder le statut de constructeur mondial qu’il revendique, le groupe industriel doit, rapidement, se réveiller et, face à son partenaire General Motors, jouer à fond la carte de l’innovation. De leur côté, syndicats et organisations patronales doivent prendre conscience de l’importance d’une refondation des relations sociales qui ne peuvent plus être basées sur l’affrontement, mais sur le partenariat. Charge au gouvernement de mettre tout ceci en musique. En quelque sorte, à ne pas se limiter aux mots, mais à véritablement traiter les maux.

Quand Hollande donne (encore) raison à Sarkozy… (1/2)

Après le traité européen, après le chantier de la compétitivité des entreprises mis sur la table et notamment la question du financement de la protection sociale, après la politique de fermeté à l’égard des camps de Roms, Hollande et son gouvernement donne une nouvelle fois raison a posteriori à Nicolas Sakozy. Cette fois, c’est sur les accords « Compétitivité-emploi » lancés par le précédent président au début de l’année 2012.
Dimanche soir, François Hollande a relancé le chantier de la « flexi-sécurité » et souligné l’urgence qu’il y avait pour les partenaires sociaux d’aboutir à un accord. Dimanche 8 septembre, le chef de l’Etat a évoqué, lors de son intervention sur TF1, la nécessité de « réformer le marché du travail, pour que ce soit plus souple et en même temps plus protecteur ». Pour ce faire, il juge qu’il pourrait être possible aux entreprises « de recourir au travail partiel en cas de période difficile », si cela se fait « dans le dialogue social ». Dans le fond comme dans la forme, il devient Sarkozyste : si patronat et syndicats ne se sont pas mis d’accord d’ici la fin de l’année, l’état prendra ses responsabilités. Autrement dit, il y aura une loi. Du Sarkozy pur sucre.
L’idée est naturellement reprise par le premier ministre : mardi 10 septembre, au micro d’Europe 1, notre gentil premier ministre chargé de l’après-vente et du paratonnerre présidentiel, a estimé nécessaire de « trouver un compromis (…) : Il faut donc donner des garanties aux salariés, et en même temps savoir tenir compte de certaines réalités. » Si le mot n’est pas prononcé, le couple exécutif évoque bel et bien le concept de « flexi-sécurité », qui tente d’associer une plus grande flexibilité salariale en échange d’une plus grande sécurité en matière d’emploi. Un discours qui n’est pas sans rappeler celui tenu début 2012 par… Nicolas Sarkozy, qui avait lancé une négociation en la matière au début de l’année. Retour sur les mensonges, faux semblants, postures et impostures de la majorité sur cette question, pourtant cruciale.
Un chantier lancé par Nicolas Sarkozy : Sarkozy avait en effet lancé, à la fin janvier, une grande négociation baptisée « accords compétitivité-emploi ». Il s’agissait, selon les mots du président-candidat d’alors, de demander « aux partenaires sociaux de négocier ces accords compétitivité-emploi dans les deux mois qui viennent », afin qu’ »une majorité de salariés » puisse se mettre « d’accord dans une entreprise pour décider leur durée de travail, de privilégier le salaire sur l’emploi… ». Une solution de souplesse aux si rigides 35 heures puisque ce dispositif permettait de moduler le temps de travail en fonction de l’activité, en utilisant le salaire comme variable d’ajustement (et non pas l’emploi). Une négociation saluée par le MEDEF et la CFDT qui se disent prêts à négocier, au contraire de la CGT et de FO.
Hollande entre « faux prétexte » et renégociation : La gauche est alors vent debout contre cette idée, et le fait savoir. « Il faut que les salariés le sachent, il n’y aura plus de code du travail, il n’y aura plus de loi qui les protégera », s’était emporté Benoît Hamon, alors porte-parole du PS, à cette annonce. Le candidat socialiste, François Hollande, évacuait la question : « La compétitivité est un faux prétexte. Ce n’est pas en baissant de quelques points les cotisations patronales qu’il y aura quelque progrès que ce soit pour notre commerce extérieur », jugeait-il. Pire, lors d’une visite à Gandrange, fin février, il tançait « ces accords qui sont discutés dans un moment qui tombe parfaitement mal ». Mais plutôt que de les abroger, il promettait : « Ils ne verront pas le jour et nous aurons à cœur de faire en sorte que les syndicats puissent négocier dans de bonnes conditions des accords sans avoir à remettre en cause la durée légale du travail, parce qu’en l’occurrence, c’est ça qui est recherché. »

mercredi 12 septembre 2012

Peugeot-Hollande, donnant-donnant  

Recevant cet été quelques journaux régionaux, dont le Courrier picard, François Hollande confiait en substance que le plan PSA ne serait pas tout à fait le même à la fin qu'au début. Nous y voilà. Le rapport Satorius, s'il scelle le sort d'Aulnay, délivre un feu vert à la réouverture de négociations du plan social. Ses attendus sont cinglants envers la gouvernance de Peugeot, qui aurait raté le train de la mondialisation et failli dans sa stratégie. Le rapport confirme que PSA est pris entre le marteau et l'enclume, dominé tant sur le créneau des petites citadines que des grosses berlines. Mais il ne se mouille pas au point d'émettre des propositions ! Une expertise, comme on le dit des promesses, n'engage que ceux qui entendent ses conclusions et permet à ceux qui l'ont mandatée - en l'occurrence le ministre Arnaud Montebourg - de se l'approprier sous couvert de neutralité. Voire, à n'en pas douter, d'entonner l'air du « on aurait pu sauver Aulnay si... » Ainsi donc la fermeture est-elle légitimée. Le rapport ne change rien sur le fond, si ce n'est que, faute d'avoir fait plier le groupe, Montebourg a désormais une ardente obligation : outre de démentir une réputation d'éternel velléitaire, démontrer que si l'État ne peut pas tout, il peut adoucir la pilule de la restructuration en obtenant de la famille Peugeot, contre laquelle il n'a pas mâché ses mots, des garanties sur l'emploi. D'une opposition à un projet « inacceptable », on est passé à l'accompagnement social d'une catastrophe économique, du blocage au compromis. Reste à fabriquer l'amortisseur du dialogue social. 
Pas gagné dans ce qui reste un chaudron syndical.

Comment choisir un bon mot de passe ?

De récentes études montrent que monsieur et madame tout le monde ne savent pas choisir des mots de passe de qualité. Mais qu'est-ce qu'un bon mot de passe ?
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut donner comme exemple à suivre un criminel notoire. C'est pourtant le cas en ce qui concerne Daniel Valente Dantas. Ce dernier est un ancien banquier brésilien ayant été convaincu de corruption et accusé de blanchiment. Il purge une peine de dix ans de prison. Pourquoi le présenter comme un modèle ? Cela fait maintenant 4 ans que le FBI essaye sans succès (après que les services brésiliens s'y soient également cassés les dents) de décrypter le contenu de cinq disques durs saisis lors de l'opération "Satyagraha". Le FBI a tenté une attaque en force basée sur des dictionnaires. Cela a échoué. L'idée est tout simplement d'essayer tous les mots de passe des dictionnaires les uns à la suite des autres jusqu'à tomber sur le bon. En l'occurrence l'algorithme de chiffrement utilisé par Dantas était AES (il n'y a pas d'attaques connues actuellement pour casser ce cryptosystème qui est le standard de chiffrement des organisations gouvernementales américaines depuis le début des années 2000) et le logiciel de cryptage TrueCrypt est un logiciel libre : il n'y avait pas vraiment moyen de faire plus malin pour tenter de les décoder. Donc si l'on devait ne retenir qu'une chose de ce qu'a fait M. Dantas c'est bien d'imiter la manière dont il s'y est pris pour choisir ses mots de passe. Ils sont visiblement de bonne qualité. Malheureusement de récentes études montrent qu'on ne peut pas en dire autant de ceux choisis par monsieur et madame tout le monde.
Une étude statistique des mots de passe réellement donnés pour accéder aux comptes hotmail de 10 000 utilisateurs montre que choisir un mot de passe correct d'un point de vue sécurité n'est pas une pratique passée dans le grand public. En effet le mot de passe 123456 est quand même apparu 64 fois ! D'autre part autour de 70% des mots de passe ont une longueur comprise entre 6 et 9 symboles ce qui est très faible. Cela est d'autant plus grave que 42% des mots de passe ne comportent que des lettres minuscules. Comme nous allons le voir de tels mots de passe n'assurent pratiquement aucune sécurité et ne tiennent que quelques minutes tout au plus face à des attaques basées sur l'utilisation de dictionnaires.
Un autre souci majeur de sécurité concernant les mots de passe vient de ces fameuses questions secrètes du type quel est le prénom de votre première petite amie et autres. Il est clair qu'il est beaucoup plus facile de deviner la réponse à votre question secrète que de trouver un mot de passe, c'est bien sûr par là que va commencer à chercher toute personne essayant de pirater votre compte. La recommandation la plus avisée en ce qui concerne ces questions est de ne surtout pas les utiliser ou alors, si vous y êtes obligés, d'entrer une réponse qui soit aussi compliquée à trouver que votre mot de passe. En d'autres termes ces questions secrètes doivent ne servir à rien, car si elles sont utiles cela signifie qu'elles affaiblissent la sécurité de votre compte.
Revenons à la question principale : qu'est-ce qu'un bon mot de passe ? Nous allons tenter de répondre scientifiquement à cette question en nous servant de la théorie de l'information.

L'entropie : le poids de l'information

Qu'une clef USB de stockage soit pleine d'information ou vide ne change pas son poids. C'est une caractéristique de la virtualisation de l'information que d'avoir rendu concret le fait que l'information est un objet virtuel, sans masse, quasiment indépendant de tout support physique. Pourtant l'information représente bien quelque chose et la question de mesurer la quantité de ce quelque chose se pose.
Claude Shannon
C'est en 1948 que Claude Shannon introduit la notion d'entropie pour mesurer l'information. L'idée derrière la définition d'entropie est de considérer que la caractéristique fondamentale de l'information est de réduire l'incertitude.
On peut imaginer l'expérience suivante : supposons qu'on ait un message qu'un examinateur essaye de faire deviner à un joueur. Le jeu se déroule ainsi : le joueur propose une lettre. L'examinateur répond par oui ou non suivant la correction de la proposition, si la réponse est non, l'examinateur indique également quelle était la lettre correcte. Le jeu se continue, lettre par lettre, jusqu'à la fin du message. Il est clair qu'à certains moments du jeu, quand par exemple les lettres "ANTICONST'' ont été révélées, le joueur peut décider les lettres suivantes "ITUTIONNELLEMENT'' sans risque de se tromper. Par contre au début du message il n'a pas de raison de choisir une lettre plutôt qu'une autre (mis à part le fait que les lettres ne sont pas distribuées suivant une loi équiprobable pour les débuts de mots en français, il suffit de regarder un dictionnaire pour s'en rendre compte). Du point de vue du joueur c'est comme s'il essayait de déterminer une valeur au hasard entre 0 et 26 (0 représentant l'espace, 1 représentant 'A', 2 représentant 'B' etc.). La question est de mesurer ce qu'on gagne, en moyenne, à apprendre une nouvelle lettre sachant que le texte qu'on doit découvrir est écrit dans une certaine langue ? Il est à noter que ce jeu a été testé et montre expérimentalement qu'à peu près une lettre sur deux est redondante dans les langues naturelles.
C'est la mesure de cette valeur qu'on appelle l'entropie du message. Plus un message est prévisible plus son entropie est basse, à la limite un mot formé de 17 000 'A' ne contient pas 17 000 informations (la preuve en est d'ailleurs j'ai pu décrire ce mot dans une phrase assez courte), son entropie sera de 14 bits (il s'agit du logarithme en base 2 de 17000) car en gros il me suffit de connaitre sa taille pour connaitre le mot. Comme en informatique tout s'écrit avec des 0 et des 1 on choisit d'exprimer l'entropie en nombre de bits qu'il faut pour représenter l'information. Inversement une suite totalement aléatoire de 0 et de 1 de taille n aura une entropie de n, car on ne peut pas la décrire plus économiquement qu'en l'écrivant (c'est même la définition scientifique d'une suite aléatoire).
Quelques ordres de grandeur Simplifions le problème : le jeu consiste maintenant à deviner un chiffre secret écrit en binaire (in fine tout ce que vous écrivez sur un ordinateur sera transformé en un tel chiffre y compris votre mot de passe). À partir de quelle taille est-il illusoire de faire une attaque en force (c'est-à-dire d'essayer tous les chiffres binaires d'une certaine taille comme le FBI a tenté de le faire sur les disques durs de Dantas) ? Le temps mis pour trouver le chiffre secret dépend directement du temps pris par chaque test. Partons du principe qu'on puisse faire 1015 tests par seconde (cela correspond à l'ordre d'idée du nombre d'opérations arithmétiques simples que les supercalculateurs atteignent actuellement) ce qui est une approximation très conservatrice. Un adversaire très riche pourrait mettre plusieurs ordinateurs en parallèle, ce qui n'est pas inimaginable quand on songe aux fermes informatiques de sociétés comme Google ou de services gouvernementaux tels que la NSA. Supposons que notre adversaire en ait 1000 et donc au final une capacité de 1018 tests par seconde. Le tableau suivant donne le temps mis en moyenne pour une attaque en force sur un chiffre binaire :
taille en bits temps d'énumération
56
17,7 jours
64
145 ans
128
9,06 x 1028 ans
256
3,52 x 10 84 ans
512
5,32 x 10 196 ans

Comme on peut le constater les temps explosent littéralement avec l'augmentation de la taille du code à tester. Pour donner un ordre d'idée l'âge de l'univers est estimé à 13,7 x 109 ans et donc une attaque en force sur 128 bits prendrait bien plus de temps que cela ! D'ailleurs il existe un argument physique sur le fait qu'une clef de 128 bits ne puisse être attaquée en force. Il s'agit du principe de Landauer. Les lois de la physique impliquent qu'il existe un niveau minimum d'énergie pour en changer la valeur d'un bit dans une mémoire d'ordinateur. Cette valeur minimale est k T ln(2), où k est la constante de Boltzmann et T la température en degré Kelvin à laquelle l'ordinateur fonctionne. Juste énumérer tous les chiffres à 128 bits nécessiterait donc (avec un ordinateur parfait, c'est-à-dire sans perte d'énergie inutile) selon cette formule 1018 Joules, soit 30 gigawatts sur une année ou de manière équivalente 262,7 terawatts/heure. Encore pour fixer les idées il faut savoir que la consommation totale d'électricité en France pour l'année 2010 s'élevait juste à un peu plus du double de cette valeur soit 550,3 terawatts/heure... Il n'y a même pas assez d'énergie dans l'univers tout entier pour une attaque en force sur un chiffre de 256 bits.

L'entropie des mots de passe

Pour mesurer la force d'un mot de passe il faut donc arriver à mesurer son entropie. Dans la réalité les mots de passe ne sont pas des chiffres binaires aléatoires mais sont composés par une suite de symboles pris dans un alphabet. Supposons qu'on ait N symboles différents dans cet alphabet et que la longueur du mot de passe soit de l. Si le mot de passe est choisi de manière équiprobable pour chaque symbole il y a donc NL mots de passe possibles. L'entropie d'un mot de passe constitué de cette manière est de ln(Nl) = l x ln(N). On peut noter que l'entropie du mot de passe augmente linéairement avec sa longueur (ce qui est trivial intuitivement), mais sa force, elle, augmente de manière exponentielle. Regardons la valeur d'entropie d'un symbole pour les cas plus fréquents :
Symboles du mot de passe Entropie par symbole
chiffres seuls
3,32
chiffres et lettres entre 'A' et 'F'
4
lettres minuscules
4,7
chiffres et lettres majuscules
5,1
lettres minuscules et majuscules
5,7
chiffres et lettres majuscules et minuscules
5,9
Symbole ASCII inscriptible
6,56

C'est la combinaison des deux tableaux précédents qui permet de décider objectivement si un mot de passe est bon ou non. Pour un niveau de sécurité correct il faut au moins 64 bits d'entropie, à partir de plus 100 bits d'entropie on peut s'estimer à l'abri des attaques les plus communes. On peut constater qu'au delà de 128 bits ce n'est plus vraiment la peine d'augmenter la taille du mot de passe car la sécurité ne changera pas d'un point de vue "humain".
Ainsi pour obtenir 64 bits d'entropie il faut soit un nombre de 20 chiffres (ce qui est impossible à retenir pour la majorité des gens) soit un mot écrit avec 16 lettres minuscules, la taille du mot de passe peut descendre à 12 lettres si on mélange minuscules et majuscules. On remarquera que les clefs wep utilisées pour sécuriser les accès aux réseaux wifi (c'est le chiffre qui se trouve sous votre box internet et qui comporte un mélange de chiffre et de lettres comprises entre 'A' et 'F', qui n'est rien d'autre qu'un nombre écrit en hexadécimal) ne comportent que 40 bits d'entropie (car sur les 64 bits de la taille de la clef 24 sont utilisés à d'autres fins) ce qui n'est pas très rassurant finalement.
Enfin, si on utilise des lettres mélangées avec des chiffres et des symboles de ponctuation (les caractères ASCII inscriptibles, disons pour simplifier les symboles se trouvant sur le clavier d'un ordinateur) il faut tout de même retenir un mot de 10 symboles. Pour obtenir 128 bits il suffit de multiplier les chiffres précédents par 2 vu la progression linéaire de l'entropie avec la taille du mot de passe. On donne souvent comme préceptes d'utiliser des signes de ponctuations et de mélanger majuscules et minuscules pour avoir un bon mot de passe. Le problème est qu'il faut quand même que ce mot de passe possède au moins 10 symboles et qu'il est très difficile de se rappeler de quelque chose comme cX&A!erJ31, et en fin de compte vous finirez par écrire votre mot de passe quelque part...
Il faut savoir que rajouter une majuscule au début de votre mot de passe et un point à la fin par exemple ne changera pas significativement sa sécurité parce que... c'est ce que tout le monde ou presque fait quand la politique de mot de passe est trop stricte. De même changer un "e'' en "3'' ou un "O'' en "0'' histoire d'insérer des chiffres à la place de lettres n'apportera quasiment rien en termes de sécurité car ce sont des substitutions très fréquentes qui sont facilement implantables dans les algorithmes de craquage de mots de passe.
Il faut faire attention également à ne pas prendre un mot du dictionnaire. En effet un mot d'un dictionnaire, du point de vue de la théorie de l'information, est vu comme un symbole unique : il suffit d'imaginer le dictionnaire comme un gigantesque clavier. Une taille moyenne de dictionnaire pour la langue française est de 75 000 entrées. Cela veut donc dire que l'entropie associée à un mot de la langue française est ln (75000) = 16,2. Comme on l'a vu il est très peu sûr de choisir un mot de passe de 16 bits d'entropie cependant en prenant 4 mots non directement reliés (c'est à dire qui ne font pas partie d'une phrase qu'on peut deviner facilement) on trouve un mot de passe facile à retenir dont l'entropie est supérieure à 64 et donc d'un très bon niveau. Par exemple le mot de passe suivant cruchelaitbrisérêve bien que long (il est composé de 20 lettres minuscules donc sans considérer l'utilisation de dictionnaire c'est un mot de passe déjà sûr) est facile à se rappeler si on associe le mot de passe à l'histoire de Pérette et le pot au lait. Le problème est que bien souvent une taille maximale pour le mot de passe est fixée et ne vous permet pas d'utiliser cette technique.

 

 

"Les impôts vont aussi valser pour les classes moyennes !"

S’il veut ramener le déficit à 3% du PIB en 2013, le gouvernement devra augmenter la CSG de 3 
à 5 points, prédit Patrick Artus, directeur de la recherche économique chez Natixis.
Capital : Le président a promis que les classes moyennes seraient épargnées par la rigueur. Tiendra-t-il parole ?
Patrick Artus : C’est peu probable. Certes, la nouvelle tranche d’impôt sur le revenu à 45% ne touchera que les contribuables gagnant plus de 150.000 euros par an, et l’imposition à 75% ne pénalisera que les 1. 000 foyers aisés. Mais d’autres mesures frapperont de plein fouet le reste des Français. A commencer par le plafonnement des niches fiscales – en particulier les avantages pour l’emploi de salariés à domicile – dont le montant sera réduit de 18.000 à 10.000 euros par an, ou encore le coup de rabot au quotient familial. Et ce ne sera que le début. Car si le gouvernement veut ramener le déficit à 
3% du PIB en 2013, il devra augmenter les impôts bien plus encore, et pour tout le monde.
Capital : N’y a-t-il aucun moyen d’éviter cela ?
Patrick Artus : A première vue, si. Pour trouver les 33 milliards qu’il nous manquera l’année prochaine, le moyen le plus efficace serait de lancer une grande réforme de l’Etat permettant de réduire durablement les dépenses publiques, comme l’a fait la Suède dans les années 1990. Mais les effets d’un tel chantier ne peuvent se mesurer qu’après quatre ou cinq ans. Le problème, c’est que les socialistes n’ont pas le temps. Ils n’auront donc pas d’autre choix que d’alourdir massivement la fiscalité. La tâche sera d’autant plus ardue qu’ils devront composer avec le multiplicateur budgétaire. Lorsqu’on augmente les impôts de 100, la consommation baisse en effet mécaniquement, et avec elle l’activité et… les recettes publiques. L’Etat ne gagne donc pas 100, mais seulement 50 ou 60. Autrement dit : s’il veut trouver 33 milliards, le gouvernement Ayrault ne devra pas augmenter les impôts de 33 milliards, mais au moins de 45 milliards. Presque l’équivalent de l’impôt sur le revenu en 2011 !
Capital : Doit-on s’attendre à une hausse de ce dernier ?
Patrick Artus : Non, ce ne serait pas suffisant. La seule option pour dégager des recettes d’un tel montant serait d’augmenter un impôt à base large, c’est-à-dire soit la TVA, qui rapporte 140 milliards par an, soit la CSG (87 milliards). Comme il a promis de ne pas toucher à la première, François Hollande devrait finir par rehausser la seconde de 3 à 5 points. Pour une personne gagnant 36 000 euros par an, cela représenterait une addition annuelle de 1.080 à 1.800 euros.
Capital : Que se passera-t-il si le gouvernement choisit de ne pas toucher à la CSG ?
Patrick Artus : C’est simple, notre déficit public ne reviendra pas à 3% du PIB l’an prochain, mais plutôt à 3,9%. Dès lors, si nous n’obtenons pas de nos partenaires – et surtout de l’Allemagne – un délai supplémentaire pour redresser nos finances, les marchés nous attaqueront comme ils l’ont fait avec l’Espagne.

De La Haye à Karlsruhe… 



Ce 12 septembre indiquera peut-être d’autres voies pour sortir l’Europe de la crise. D’abord, en raison du choix des électeurs néerlandais, même s’ils semblent peu enthousiastes à se rendre aux urnes. Ils devraient, selon les sondages, désigner une coalition gouvernementale entre travaillistes et libéraux secondés par de petites formations, tout en réservant bon nombre de sièges aux eurosceptiques. Or qui dit « coalition » ajoute « compromis ». Pour les travaillistes – apparemment plus « hollandais » que François Hollande – un accord avec les libéraux porterait sur l’abandon de la « règle d’or » des 3 % de déficit budgétaire en 2013, sur une certaine relance aussi, au lieu et place de l’austérité programmée par le gouvernement sortant.


Ce changement politique à La Haye ne serait pas sans conséquences dans toute la zone Euro. L’Allemagne, chantre de la rigueur tous azimuts, perdrait avec les Pays-Bas, jusqu’à présent sur la même ligne, un allié au poids économique incontestable. Berlin se sentirait davantage isolé face à l’Europe du Sud et l’« Europe médiane » (la France !). Une isolation que nos voisins abhorrent. Elle pourrait les pousser à plus de flexibilité…
Et il y a la décision que rendra ce matin la Cour con-stitutionnelle de Karlsruhe sur le Pacte budgétaire « Merkozy » (que la France veut approuver en octobre…) et surtout sur le Mécanisme européen de stabilité (MES, voir ci-dessous). Certes, une enquête d’opinions prétend qu’une majorité des Allemands souhaite le rejet pur et simple de ce MES, quitte à remettre sur la sellette toute la politique de l’euro jusqu’à l’abandon de la monnaie unique. Les « sages » de Karlsruhe n’iront certainement pas jusque-là. Toutefois, après l’arrêt formel aujourd’hui, interviendra encore dans quelques semaines le jugement sur le fond avec ses recommandations constitutionnelles. Comme déjà dans le passé pour des questions similaires, Karlsruhe dénoncerait une fois de plus la technocratie et le manque de contrôle démocratique des mesures adoptées en soulignant qu’elles ne sont pas basées sur une union politique européenne. Donc, le Bundestag devrait intervenir au cas par cas lors de chaque transfert de souveraineté, financier ou autre, vers des instances supranationales. Voilà qui non seulement gripperait ce Mécanisme européen de sauvegarde mais poserait aussi (et la énième fois…) la vraie question : quelle Europe pour l’euro ?

Mariage 


Classique, mais efficace… Alors que l’actualité croule sous les mauvaises nouvelles, alors que le chômage croît et la croissance décroît, le gouvernement choisit de lancer le débat sur le mariage homosexuel. Le projet n’est pas prêt, la concertation pas achevée entre les ministres qui déjà se disputent la paternité de la loi, mais qu’importe : il y avait urgence politique à ouvrir cette polémique. Car polémique il y aura, entre partisans du toujours plus de droits à la différence et conservateurs de la norme. Cela s’annonce bien caricatural, donc propre à ménager à notre Président une posture de réformiste volontaire mais raisonnable, une sorte de quintessence hollandaise, au moment où les électeurs s’interrogent sur son projet. Qu’il se méfie, pourtant : on se souvient de Lionel Jospin se retrouvant fort marri d’avoir trébuché sur la réforme du Pacs, qui s’annonçait si tranquille…

PSA : l'État au pied du mur 


Sévère. Sans concession. Le rapport d'Emmanel Sartorius, mandaté par le gouvernement et dévoilé hier par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, n'épargne pas la direction de PSA Peugeot Citroën, jugée en grande difficulté. Inacceptable en juillet au plus haut niveau de l'État, la suppression de 8 000 postes dans ses usines françaises dont 1 400 à Rennes - La Janais et, pire, la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) s'en trouvent du coup avalisées. L'analyse a beau s'avérer ultra critique à l'endroit du constructeur automobile, le séisme économique et social d'envergure, déclenché cet été et suivi d'une véritable onde de choc dans l'opinion publique, semble irréversible.
Au regard d'un marché mondial de l'automobile aux perspectives peu réjouissantes, « la nécessité d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n'est malheureusement pas contestable », concède Emmanuel Sartorius.
Que peut faire au juste le gouvernement ? Bloquer le plan social comme le demande la CGT ou plutôt faire pression sur PSA pour muscler les plans de reclassement ? En validant de facto, via ce rapport, les décisions du constructeur, il montre les limites de son champ d'action face à une entreprise privée qui, contrairement à Renault, ne compte pas l'État comme actionnaire. Cet aveu d'impuissance n'augure rien de bon pour les salariés concernés par cette restructuration. Comme pour l'emploi en général, priorité n°1 de l'Élysée et de Matignon, alors que le cap des trois millions de chômeurs vient d'être franchi.

Bon élève du patriotisme économique

Le lion, jadis rugissant, par ailleurs bon élève du patriotisme économique avec 46 % de sa production assurée sur le sol français, paye là au prix fort des erreurs stratégiques après avoir raté le virage de l'internationalisation, mieux réussi par Renault. Et par d'autres comme le japonais Toyota qui, lui, a bien trouvé la bonne clef pour fabriquer, en France près de Valenciennes, des voitures compétitives pour les marchés européen et américain !
Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à reconnaître que PSA, 8e groupe automobile mondial, est loin de cet exemple et doit assurer son avenir en poursuivant son développement. Et en restaurant sa compétitivité sur fond d'innovations tous azimuts dans un contexte de surcapacité industrielle démontrée partout en Europe.
Une réalité clinique dure à accepter par l'opinion quand la catastrophe était prévisible de longue date. C'est le reproche fait aux dirigeants de PSA, alors que l'enjeu du gouvernement est, aujourd'hui, de trouver des solutions pour amortir le choc. Mais l'État ne peut pas tout. La phrase de Lionel Jospin, face aux 7 500 licenciements programmés par Michelin en 1999, avait fait couler beaucoup d'encre à l'époque.
Prendra-t-elle à nouveau tout son sens à Aulnay, comme à Rennes ? Dans son rapport, Emmanuel Sartorius insiste sur la nécessité absolue d'affecter la production d'un nouveau véhicule à l'usine de La Janais. De passage hier à Rennes, François Hollande, le président de la République, s'est entretenu avec des représentants de l'intersyndicale inquiets. Il leur a promis de tout faire pour limiter la casse chez PSA. Avec quelle marge de manoeuvre ?

Tarifs énergétiques : appauvrissons le peuple, mais progressivement

En Socialie Française, il n'est pas de problème qu'une solution ridicule et contre-productive n'arrivera à empirer dans des proportions absurdes au point d'entraîner ensuite la création de toute une clique de commissions et un bataillon de lois afin de corriger les effets délétères constatés. Pour les aggraver. Dernièrement, c'est au-dessus du berceau des problèmes énergétiques des Français que les fées gouvernementales se sont penchées vigoureusement au point de tomber dedans avec fracas.

La nouvelle lubie du moment consiste donc à proposer un tarif progressif de l'énergie.
Derrière cette périphrase un peu longue se cache, comme d'habitude pour résoudre un problème complexe, une idée simple et parfaitement idiote : rendons les tarifs de l'énergie (ici le gaz et l'électricité) progressifs en fonction des revenus de la personne ou du foyer qui les consomme pour atténuer l'indigne écart entre les riches, qui bénéficient d'une énergie abondante puisqu'ils sont riches, et les pauvres, qui ont bien du mal à se tenir chaud en hiver et froid en été. Ou l'inverse, y'a plus de saisons.
Introduisant donc dans la plus grande décontraction une inégalité flagrante entre les citoyens devant l'accès à une ressource, le gouvernement entend proposer une nouvelle tarification de l'énergie avec trois paliers, qui distingueraient les consommations de base, facturées à un niveau inférieur au tarif de base actuel, un second palier appelé "de confort", et enfin le palier dit "de gaspillage", qui coûteraient plus cher, parce qu'il y a des choses avec lesquelles on ne rigole pas, bande d'épicuriens éhontés.
Pour arriver à cette proposition finement polie au contact abrasif de nombreuses commissions et autres institutions républicaines de réflexion, c'est François Brottes, fier député de l'Isère (que vous pouvez
injuriercontacter sur le mail fbrottes@assemblee-nationale.fr), qui a coordonné les
méfaitstravaux du groupe socialiste. Il explique l'introduction de ces trois paliers avec la phrase suivante :

"Puisque les tarifs sont dans une logique d'augmentation, pour diminuer la facture des ménages, il faut fixer un objectif de diminution de consommation sans forcément perdre en confort."
Dans un siècle, des hordes de linguistes chevronnés, aidés par des supercalculateurs et la version thermonucléaire de Google, plancheront sans relâche pour comprendre ce que le député a bien voulu dire par cette saillie dont tout indique qu'elle fut prononcée en présence de stupéfiants : selon ce petit gars payé par vos impôts, pour diminuer la facture des ménages, il faut fixer des objectifs de consommation. Arbitrairement. Au niveau gouvernemental. Par des députés qui savent mieux que ces ménages ce qui est bon pour eux.
Et si on dépasse ces objectifs de consommation ?
Matraquage, pardi. C'est comme ça qu'un pays fonctionne, surtout lorsqu'il est en déficit chronique depuis quarante ans et qu'il lui faut trouver des thunes très vite alors que les échéances s'amoncellent et les réserves de trésorerie s'épuisent. Et lorsqu'on lit les détails de ces paliers et de ces nouveaux tarifs, on est tout de suite rassuré.
Ainsi, le premier tarif, qui sera "3 à 10% moins cher" que le tarif de base actuel, correspondra au volume de consommation de base de chaque ménage, minutieusement calculé par une cohorte de ronds-de-cuir dans des centaines de bureaux (chauffés à vos frais), en fonction de mesures et de grilles bureaucratiques choisies par décret. Budgétairement parlant, on en salive d'avance : le nombre de kilowattheures ou de mètres cubes sera défini selon trois critères: le nombre de personnes occupant le logement, la région parce que, comprenez-vous, on ne se chauffe pas de la même façon en montagne et à Cannes, et enfin le mode de chauffage. Bien évidemment, on tiendra aussi compte du revenu du foyer, de l'isolation de la maison, des impôts locaux ou que sais-je encore. On cherchera à savoir, avant de décider si la consommation est "de base" ou "de gaspillage", si la famille considérée est une électrice potentielle des barons locaux ou si, au contraire, on se trouve avec un nid de conspirationnistes un tantinet libres-penseurs, voire, abomination, des libéraux pur sucre qu'une bonne surfacturation fera réfléchir un peu.
Évidemment, devant telle certitude, certains naïfs s'écrieront que j'exagère : bien sûr que les fonctionnaires en charge de déterminer de quel tarif vous allez bénéficier seront impartiaux et d'une justesse d'airain. Bien sûr ! Ceux-là, soyez-en sûrs, seront heureux de payer la nouvelle facture une fois le système mis en place et le sourire
crispéqu'on pourra voir sur leur visage dans quelques mois sera la marque indélébile que oui, ils payent effectivement ce qu'ils doivent payer.
Il apparaît très clairement, même aux débiles légers qui ont voté socialiste en y croyant plus d'une minute, que tout ce système va très vite se transformer en usine à gaz pré-victorienne, surtout qu'on apprend que les bonus-malus seront gérés par la CDC (oui, cette caisse des dépôts et consignations qui a été de tous les bons coups fumeux de l’État sur le demi-siècle écoulé). On sait déjà toute la finesse et la précision qu'on peut attendre d'un appareil d'état qui devra à la fois se mêler d'aller fouiller dans votre casier fiscal, dans le cadastre (pour l'implantation géographique) et les petits papiers des politiciens locaux, régionaux et nationaux pour tenir compte de tous les barèmes qui seront en vigueur pour votre "tarif". On connaît le but officiel de tout cet énorme bousin : donner l'accès au tarif social de l'énergie à quatre millions de ménages, et éviter simplement de distribuer ce tarif social sans aucune vérification ahem. Et pour ça, nos amis socialoïdes avaient un besoin pressant d'usine à gaz.
On sait que les vérifications seront effectuées par sondage, de façon complètement pifométrique, avec la belle part de grosse louche qui sied à ce genre d'opérations. On sait aussi que les lois, nombreuses, qui s'agglutineront autour du projet initial essaieront de couvrir des cas particuliers toujours plus nombreux. On sait aussi que ce sera voué à un échec cuisant précisément parce que d'un côté, les élus et ceux qui rédigent les lois voudront pouvoir passer au travers des mailles d'un filet républicain un peu trop serré, et qu'ils laisseront donc de petits trous sympathiques pour bénéficier eux-mêmes du tarif social, et de l'autre, comme chacun voudra tirer son petit morceau de privilège sur cette nouvelle usine à gaz monstrueuse, créatrice d'une nouvelle brouettée d'inégalités, il n'y aura bientôt que les gens honnêtes à découvrir que chauffer leurs chambres à 18°C en hiver, c'est "Tarif De Gaspillage". Les autres, d'une honnêteté adaptée aux temps modernes, sauront où aller pleurer pour bénéficier de l'autre tarif (pas de confort, le troisième).
Enfin, pour la bonne bouche, le projet en cours prévoit que l'interdiction des coupures de gaz, d'électricité et de chaleur en hiver sera "généralisée". La France est un pays de cocagne où la moindre facture peut et doit immédiatement être répartie sur les 65 millions d'habitants, pardon les 36 millions de ménages imposables, pardon, les 26 millions d'imposés, pardon les 10 millions qui seront dans les bonnes tranches, pardon les 5 millions qui ont les moyens, ... heu finalement non, ce sera toi, toi et toi qui paierez. Pas de doute : comme d'habitude, c'est bien la classe moyenne, celle-là même qui fait vivre l’État et permet, in fine, à la France d'enregistrer une (de plus en plus rare) croissance, qui va s'en prendre plein la figure ; les riches échappent aux impôts soit par la fuite, soit par l'optimisation fiscale, soit par le copinage permanent avec le pouvoir. Les pauvres y échappent par copinage électoral ou clientélisme. Reste le coeur de cible, les moyens, les ni vraiment pauvres, ni vraiment riches sur qui tous les autres vont passer, avec délectation.
Maintenant, quelques remarques s'imposent tout de même à l'honnête homme avant qu'il n'aille, le pas léger, à la tonte.
D'une part, on peut regretter le manque évident de courage du gouvernement.
Bien timoré fut-il lorsqu'il se contenta de proposer cette salvatrice progressivité seulement sur le gaz et l'électricité. Je pense (et tout le monde en conviendra aisément) qu'on doit pouvoir, avec exactement la même usine à gaz et moyennant l'introduction d'un petit paramètre ici, d'un petit taux différentiel ici ou là sur la quotité algébrique forfaitaire prévisible et autre intérêt de rattrapage pour indemnité à contribution sociale qui fait pouic, on doit pouvoir, dis-je, étendre le procédé sur le fuel et l'eau, non ?
Bingo ! C'est aussi prévu, un peu plus tard dans le débat parlementaire ! Magnifique, non ? Mais ne vous inquiétez pas : on sent qu'on n'est qu'à une foulée ou deux du tarif progressif de l'essence, puis de la nourriture et enfin des biens secondaires (alcool, clopes, et encadrement médical de qualitaÿ pour les salles de shoot). L'étape ultime sera atteinte lorsqu'on appliquera la progressivité au sexe tarifé. On imagine déjà, bonheur humide de tout socialiste qui sommeille en chaque parasite, devoir se munir d'un triplet de feuilles de paye avant d'aller faire le plein ou culbuter une escort. On voit déjà cette belle société où chaque personne trimballera avec elle, sur fichier électronique (ou sur une puce implantée dans le cou, encore mieux !) son dossier médical, son casier juridique, fiscal et écologique pour pouvoir faire un achat dont le prix sera calculé en fonction de tout un tas de paramètres obscurs.
 D'autre part, tout ceci sent bon le big brother, non ?

On ne peut en effet s'empêcher de noter que cette brillante initiative va permettre, enfin, le grand rassemblement de toutes les données personnelles du cheptel français en une seule grosse base de données (peu ou prou) pour pouvoir, enfin, étalonner comme il faut chaque
misérablepetit individu, atome vibrant et parfois salement autonome de cette belle société solidaire. Plus personne ne sera à l'abri d'aucune société privée sous contrat d'état et en monopole de droit. Plus aucune donnée ne sera à l'abri d'être englobée dans les analyses et recoupements informatiques de l'hydre étatique.

Et ça, rien que ça, franchement, c'est du bonheur en barre, non ?

Grèce : je trouve inquiétant de voir un parti politique faire le boulot de la police

- Faut-il s’inquiéter de voir des partis politiques faire le boulot de la police?
- Faut-ils s’alarmer de voir un parti politique intervenir sur la place publique pour faire le travail de la police?
A ces deux questions je réponds oui!
C’est de l’état qu’il s’agit. Un état en déliquescence, un état ruiné et sans moyen pour assurer la sécurité du peuple. Un état qui n’a plus les moyens d’assurer sa mission première: être au service du peuple.
Aujourd’hui, il s’agit de la Grèce, demain de l’Espagne, de l’Italie bientôt en attendant le Portugal? Ces trois pays gréco-latins n’ont pas l’habitude ni la culture de la patience et de la souffrance passive. La nature a horreur du vide et c’est ce vide qui risque bien d’être comblé par des citoyens lassés d’attendre ou de souffrir. L’Europe de Bruxelles est la première responsable. L’Europe mais aussi les dirigeants de droite comme de gauche des pays européens complices d’avoir construits un monstre idéologique et surtout liberticide.
Un petit rappel: dans l’Allemagne des années trente, sous la République de Weimar, le parti nazi faisait les courses pour les femmes seules et âgées. Il apportait un soutien à la souffrance des plus misérables de la population allemande. Il assurait également la sécurité…
Pourquoi est-ce que je dis cela? Parce qu’en Grèce, aujourd’hui, un parti politique s’arroge des droits de police et de sécurité. Parce que je pense qu’il est dangereux à terme, et l’histoire le prouve, de laisser à un parti politique le soin d’assurer la sécurité des citoyens.
J’ignore au fond qui est « Aube Dorée » ce parti politique Grec. Les médias gauchisés français disent qu’il est néonazi! Comme tout ce qui est du côté de la droite nationale est par définition néonazi, je me méfie des étiquettes et autres classifications. Pour autant, l’expérience nous dit qu’entre le moment ou un parti politique se croit obligé de palier aux déficit d’un état, il se passe peu de temps avant qu’il ne souhaite prendre le pouvoir et en général c’est tout le pouvoir sans exclusive et sans démocratie aucune.

Aujourd’hui c’est la Grèce, demain ce peut-être l’Espagne dont le souvenir de Franco reste très présent et pas toujours de façon négative. Le Portugal a eu son Salazar, l’Italie son Mussolini qui ne fut pas seulement, comme le disent les journalo-gauchistes français, un tyran sanguinaire puisqu’il fit de l’Italie, en à peine 20 ans, d’un pays du tiers monde en 1923, un pays exportateur dans les années 30 ayant l’une des premières marines de guerre crainte par tous. Et surtout une armée qui fit reculer Hitler qui voulait s’emparer de l’Autriche militairement. Tout cela, les Italiens le savent.
En France, avec nos binaires habituels, les bons à gauche et les mauvais à droite et rien d’autre au milieu, même l’histoire n’existe pas. Donc, les leçons ne sont jamais tirées. C’est typiquement français…
Alors les politiciens de gauche comme  de droite doivent faire attention à ce que l’histoire ne se répète pas de nouveau par leur  stupidité et celle d’une Europe liberticide, tueuse de nations qui se vantait justement d’exister pour éviter une nouvelle guerre. Cette Europe-là nous y mène tout droit car les peuples essorés par le chômage, liquifiés par l’immigration, islamisés à petit feu, finiront pas adhérer à des mouvements politiques qui leur offrent des solutions concrètes et non des discours lénifiants avec uniquement l’espoir comme finalité…
Vivement le retour à des nations souveraines et à des responsables politiques sains d’esprits.

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Nouvelle action de choc de l’Aube dorée vendredi soir, à Rafina, en Attique, pendant la célébration de la Vigile de la Nativité de la Vierge.
En l’absence de la police, une cinquantaine de militants, conduits par deux députés du parti, ont contrôlé eux-mêmes les marchands ambulants immigrés qui s’étaient installés sur le marché traditionnel. Ceux qui ont justifié d’être en règle ont été laissés en paix ; les autres ont été chassés et leurs étals détruits. Giorgos Germenis, député d’Athènes, a ainsi expliqué : « Nous sommes venus pour honorer la fête de la Sainte Vierge. En même temps, nous avons appris qu’il y avait ici beaucoup d’immigrés clandestins sans papiers. Nous les avons dénoncés à la police et l’Aube dorée a fait ce qu’il fallait faire ». Les militants ont ensuite participé à la procession de l’icône de la Vierge.

@Libé vs Arnault : les cons écrivent en escadrille

Hier, nous avons publié une réponse à la une de Libé sur les jeunes qui se barrent. Aujourd'hui, nous répondons à la une bêtement provoc' sur le vrai-faux départ de B. Arnault en Belgique. Rassurez-vous, nous ne souffrons d'aucun réflexe de Pavlov. Mais quand un pseudo-journaliste publie un article lamentable, pourquoi se priver ?
Après les jeunes, qui créeront la richesse de demain, vous invitez les riches, qui ont créé celle d'aujourd'hui, à partir. Vous pouvez être tranquilles : nombreux sont ceux qui obtempéreront avec plaisir, si ce n'est déjà fait. Selon qu'on s'adresse aux jeunes ou aux riches, le ton varie : l'incitation à "l'évasion tout court" des jeunes est teintée d'une certaine bienveillance, mais l'exhortation à l'évasion fiscale des riches est empreinte d'un certain mépris. Vous n'aimez pas les riches qui veulent partir car vous avez besoin d'eux, pour payer des impôts qui financent les largesses de l’État. Vous n'aimez pas ceux qui se sont enrichis en construisant la France et en employant les Français et qui, aujourd'hui, ne veulent plus porter sur leurs épaules le poids grandissant d'un système qui les prive d'une partie des fruits de leur travail au profit de ceux qui ne réussissent pas aussi bien. Ils ont apporté bien plus à la France que vous ne semblez le penser ; si vous continuez à mordre la main qui vous nourrit, nombreux sont ceux qui voteront avec leurs pieds.
J'espère que monsieur Arnault, que vous insultez en première page, est grand prince, car il fait partie de ceux qui paient des impôts et financent donc indirectement les 14 millions d'euros de subvention que vous avez reçus en 2010. Votre une est une belle façon de remercier ceux qui travaillent pour maintenir à flot votre canard qui ne sait apparemment pas nager seul, et vous éviterait quelques désagréments comme une plainte. Qui vous financera quand lui et les autres riches se seront envolés ?
Les riches sont attachés à ce qu'ils ont construit, et quitter la France alors qu'ils y ont bâti leur vie et leurs entreprises n'est pas une décision qu'ils prennent sans un pincement au cœur. Les usines, les marques, les points de vente qu'ils ont créés et développés emploient les Français. Ils n'ont pas construit seuls leurs fortunes ; ils se sont entourés de quelques personnes, puis quelques autres, et au fur et à mesure que leur empire grandissait, ont fait travailler des milliers de gens, en France et dans le monde (20 000 emplois créés  jusqu'à aujourd'hui et 3 000 embauches en France en 2011, même par un "riche con", ne devraient pas vous laisser insensibles). Qui le fera, quand ils seront partis ?
Les riches partent parce qu'ils estiment qu'on leur en demande trop. Pourtant, ils ne sont pas opposés à consacrer à d'autres leur fortune et leur énergie : la fondation d'entreprise de LVMH, entreprise dont votre "riche con" détient une part importante, finance des expositions et donne leur chance à de jeunes créateurs et artistes. Ils ont d'ailleurs porté jusqu'à aujourd'hui les institutions et le système français, en payant leurs impôts et cotisations et en employant les salariés qui en paient eux aussi. N'ont-ils pas le droit d'exprimer leur désaccord avec l'effort qu'on leur demande ?


Entreprendre, c'est prendre des risques et des initiatives pour construire, créer, innover, offrir de nouveaux produits, de meilleurs services. Un pays ne peut pas se passer d'entrepreneurs sans voir son économie péricliter, et personne ne souhaite prendre de risques s'il n'a rien à y gagner. Il est déjà très difficile d'entreprendre en France, et encore plus de réussir. Prendre l'argent à ceux qui en ont est plus simple que chercher à diminuer les dépenses d'un État toujours plus gourmand, mais ne leur en voulez pas si ceux à qui vous voulez imposer cet effort ne sont pas d'accord. C'est leur droit, et je suis prêt à parier que nombreux sont les pays prêts à les accueillir.
En revanche, je vois mal comment la France peut se passer d'eux. Les "efforts supplémentaires" qu'on leur demande, les "mesures d'urgence" et tout l'arsenal fiscal et réglementaire qu'on pourra déployer pour les priver d'une part toujours croissante du fruit de leur travail n'y pourront rien. Vous ne voulez pas que les riches partent, et apparemment la violence verbale fait partie de votre arsenal. Allez plus loin, déployez votre savoir-faire, vos compétences, votre énergie, innovez : allez construire ce mur dont vous semblez rêver.

Christiane Taubira présente le projet



Tout en annonçant un important « travail de réflexion et d’élaboration du projet de loi » de légalisation du « mariage » des couples homosexuels au cours d’« auditions conduites dans un esprit de grande franchise et de grande écoute », le garde des Sceaux a déjà une religion toute faite sur le sujet. L’égalité, l’égalité et encore l’égalité sera la seule notion déterminante dans ce pseudo-débat et au bout du compte elle fera taire toutes les oppositions, a en substance déclaré Christiane Taubira en présentant les intentions du gouvernement à La Croix :
« Nous sommes bien conscients de toutes les dimensions philosophiques et anthropologiques entourant le mariage. Mais nous estimons qu’elles ne peuvent venir percuter l’exigence d’égalité. C’est à cela, à cette exigence d’égalité, que nous satisfaisons avec ce projet de loi. »
Alors, qu’elle promette ou qu’elle ne promette pas de « discuter » avec les associations favorables ou hostiles au « mariage » gay – qu’elle appelle « le mariage pour tous » –, les « représentants des cultes », etc., le contenu du texte de loi qui sera déposé d’ici à la fin du mois d’octobre avec toute la force d’un projet de loi gouvernemental promis explicitement au cours de la campagne présidentielle, est déjà largement fixé.
Il s’inscrit profondément dans le refus de toute « discrimination » considérée comme un mal en soi, et rejoint un mouvement de fond qui progresse toujours davantage sur le plan international. D’ici à deux semaines, l’Assemblée générale de l’ONU, lors de sa 67e session annuelle, sera invitée à ajouter en droit international « l’orientation sexuelle » et « l’identité de genre » aux catégories contre lesquelles la « discrimination » est interdite, avertit Austin Ruse de l’organisme de veille catholique sur les institutions internationales, C-Fam. C’est cette notion qui est utilisée pour promouvoir le mariage homosexuel, pour imposer l’adoption homosexuelle. N’imaginons pas que l’affaire est marginale et ne concerne que les homosexuels entre eux : outre l’intérêt des enfants – que Mme Taubira prétend avoir pour première préoccupation – il y va des droits de ceux qui refusent ces aberrations pour des motifs éthiques et religieux. En Angleterre, les organismes d’adoption catholiques ont déjà été sommés de choisir entre fermer leurs portes ou fournir leur prestation à des demandeurs homosexuels.
Les prises de position de Mme Taubira laissent entrevoir un même radicalisme. Elle a d’ores et déjà averti, en termes impérieux, que la loi ne prévoirait aucune objection de conscience de la part des maires et officiers publics qui « représentent l’Etat lorsqu’ils célèbrent un mariage ». « Nous sommes dans un Etat de droit, le code civil va être modifié, il s’impose à tous, y compris aux maires », a-t-elle martelé.
Christiane Taubira est consciente de présider à « une révolution sociétale, mais aussi juridique ». En même temps, peut-être pour tenter de faire plus facilement avaler la pilule, elle a annoncé trois limites aux droits des homosexuels « mariés ». Ils ne bénéficieront pas d’une présomption de « parentalité » (la « paternité », ça ne colle plus !), devant passer par la procédure d’adoption pour obtenir des droits parentaux sur l’enfant biologique de leur « époux ». Le projet de loi, en l’état actuel, n’entend pas non plus leur ouvrir l’accès à la procréation médicalement assistée auquel ont droit, dans certaines conditions, les couples « hétérosexuels » : infertilité de l’un ou de l’autre ou existence d’une pathologie grave. Enfin, la légalisation de la « gestation pour autrui » – mères porteuses – n’est pas à l’ordre du jour.
Cependant, par une décision datant de mars 2012 (Valérie Gas contre la France), la Cour européenne des droits de l’homme a fait comprendre qu’à statut égal doivent correspondre des droits égaux. Ainsi entrevoit-on qu’un couple d’homosexuels « marié » satisfaisant à l’une des conditions actuellement en vigueur pour accéder à la procréation médicalement assistée ne pourrait se la voir refusée sous peine de voir le refus condamné par la Cour européenne. On pourrait même aller plus loin, en faisant de l’infertilité de nature des couples homosexuels un motif valable entrant dans le cadre actuel de la loi française. Quant à la « parentalité » présumée, elle existe de plein droit pour les couples mariés : pourra-t-on en exclure longtemps les « époux » gays ?
Pour ce qui est des mères porteuses, la France résiste encore. Mais l’expérience prouve – aux termes d’une enquête menée par le site australien d’informations pro-famille MercatorNet – que la légalisation de l’adoption homosexuelle dans un pays s’accompagne toujours d’un accroissement de la demande de ces services dans des pays plus accommodants avec des femmes suffisamment pauvres pour se laisser exploiter de la sorte.
Mme Taubira a choisi de s’exprimer dans La Croix, c’est tout un symbole. Elle sait que la résistance sera d’abord religieuse même si elle ne se fonde pas sur des exigences confessionnelles. L’éditorial de Dominique Greiner en dit long lui aussi : le journaliste demande à juste titre qu’on sorte du « domaine émotionnel » pour penser d’abord au « bien commun », à la « dimension sociale du mariage » et à la « différence sexuelle », mais il craint déjà que « certains catholiques » ne soient « tentés de faire valoir de manière plus démonstrative leur opposition, quitte à tomber dans la caricature ».
C’est vraiment ça, le danger qui guette la France ?

mardi 11 septembre 2012

Roms - Valls : "La France ne peut pas accueillir toute la misère" de l'Europe

Pour le ministre de l'Intérieur, "le message est clair : c'est la fermeté".
La France "ne peut pas accueillir toute la misère du monde et de l'Europe", a affirmé le ministre de l'Intérieur Manuel Valls mardi, en réponse à une question sur les Roms et en reprenant en partie des propos de l'ancien Premier ministre Michel Rocard. "Aujourd'hui nous ne pouvons pas nous permettre d'accueillir toutes ces populations qui sont souvent des damnés de la Terre, qui sont pourchassées dans leur pays, qui sont discriminées", a-t-il déclaré sur BFMTV-RMC, évoquant la situation des Roms. La France "prend sa part en matière d'asile, en matière d'insertion, mais le message est clair : c'est la fermeté", a-t-il ajouté. "Il y aura sans doute avant la fin du mois de septembre 7 000 Roumains ou Bulgares qui auront été reconduits à travers le système d'aide au retour", a affirmé le ministre, reconnaissant toutefois qu'il y en a "d'autres qui arrivent".
La population des Roms en France est estimée à environ 15 000 par les associations. Manuel Valls se rend mercredi avec le ministre délégué aux Affaires européennes Bernard Cazeneuve en Roumanie. "L'essentiel de la solution se trouve au niveau européen", a rappelé Manuel Valls. "La France ne peut héberger toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part", avait déclaré Michel Rocard en 1989 alors qu'il était Premier ministre.
Buzz : Valls félicité par Dassault

Manuel Valls, dont la cote de popularité ne cesse de monter, fait par ailleurs l'objet d'un "buzz" sur Internet avec une vidéo tournée mercredi, lors de l'inauguration de la foire de Corbeil-Essonnes (Essonne), qui montre Serge Dassault, sénateur UMP de l'Essonne et propriétaire du Figaro, l'assurant de son soutien et de celui de son journal. "Je veux dire un mot à Manuel. Pour moi, pour nous, la sécurité n'est ni de gauche ni de droite. Et je dois vous dire que nous sommes très heureux de son action", a déclaré au micro Serge Dassault, au côté d'un Manuel Valls au sourire pincé. "C'est pour ça qu'il a l'appui d'un journal bien connu", a poursuivi le sénateur UMP, provoquant le rire embarrassé du ministre socialiste. "Mais, s'il fait des bêtises, on en reparle. Actuellement, c'est très bien. Pour les Roms et tous les autres, c'est formidable. Donc, bravo, Manuel, et continue !" a conclu le patron de presse devant une assistance hilare, tandis que Manuel Valls se tamponnait ostensiblement le visage, visiblement peu à l'aise.
L'actuel ministre de l'Intérieur avait ravi son siège de député à Serge Dassault lors des élections législatives de 2002.

Areva : le PS a été associé à la décision de virer Anne Lauvergeon

C'est l'information révélée par le journaliste Thierry Gadault dans son dernier livre « Areva mon amour » qui sort le 13 septembre.
La non reconduction d'Anne Lauvergeon à la tête d'Areva en juin 2011 n'en finit pas de livrer ses secrets. Après les confidences d'Anne Lauvergeon elle-même, dans son ouvrage paru au printemps, sur les arrière-pensées qu'elle prête à Nicolas Sarkozy, voici un tout autre éclairage. Non seulement les socialistes ont été « discrètement associés au processus de désignation de son successeur » à la tête d'Areva, affirme le journaliste Thierry Gadault dans son dernier livre « Areva mon amour », mais encore l'ont-ils été dès avril 2010.
Le scénario était arrêté et transmis au PS dès le printemps 2010
« Nicolas Sarkozy va attendre la fin de son mandat en juin 2011 pour la faire partir, tout en lui proposant un autre poste qu'elle ne pourra que refuser », expliquait à l'auteur en avril 2010 un responsable socialiste qui a demandé à rester anonyme. Ce printemps là, Areva et ses associés venaient de rater le méga appel d'offres d'Abu Dhabi. L'Elysée ne cachait pas sa fureur et recevait des candidats à sa succession, dont MarwanLahoud d'EADS et Yazid Sabeg de C&S. Pour effectivement ne rien faire avant l'échéance du mandat d'Anne Lauvergeon, un an plus tard.
Des proches de Pierre Joxe consultés sur le choix du remplaçant d'Atomic Anne
Et à ce moment là, des membres du PS sont consultés, selon cette même source interrogée par Thierry Gadault. « Deux jours avant l'annonce du non-renouvellement d'Anne Lauvergeon à la tête d'Areva, Xavier Musca, le secrétaire général de l'Elysée, a contacté, à la demande de Nicolas Sarkozy, des dirigeants socialistes dans l'entourage de Pierre Joxe pour savoir qui était leur candidat préféré. Marwan Lahoud, le directeur stratégie d'EADS et favori du gouvernement, s'étant fâché avec des socialistes influents au sein de l'appareil, c'est Luc Oursel qui a été nommé », affirme ce responsable socialiste. Luc Oursel, ancien conseiller de Pierre Joxe au ministère de la Défense, qui dès février 2011 savait que sa « patronne » ne serait pas reconduite, selon un cadre d'Areva cité dans « Areva mon amour »....
" 'On' avait peur d'elle, de ce qu'elle savait "
Reste à savoir pourquoi l'Elysée, si hostile, n'a pas débarqué Anne Lauvergeon au printemps 2010, alors que l'Etat détenait près de 90 % du capital d'Areva. Thierry Gadault, qui décrit très précisément les nombreuses luttes intestines qui ont modelé en France la filière nucléaire, suggère une raison. Rappelant les motifs officiellement avancés pour justifier le départ, avant l'échéance de son mandat chez Thomson, d'Alain Gomez, l'auteur écrit : «Le même argument aurait très bien pu servir pour justifier le départ d'Anne Lauvergeon. Si l'Etat ne l'a pas utilisé, c'est simplement qu' »on » avait peur d'elle,de ce qu'elle savait et de ce qu'elle aurait pu donner à la presse ou à la justice ».
Lauvergeon, sherpa à l'Elysée pendant l'affaire Karachi
Le journaliste rappelle qu'en 1993-1995, lors de la vente des sous-marins de la DCN au Pakistan, vente liée à l'attentat de Karachi en 2002, c'est Nicolas Sarkozy qui était ministre du budget d'Edouard Balladur, accusé d'avoir financé sa campagne présidentielle avec des sous-commissions liées à cette vente. Et à l'Elysée occupée par François Mitterrand, c'est Anne Lauvergeon qui, en tant que conseillère diplomatique du président socialiste, « avait accès aux documents relatifs aux grands contrats internationaux ». « Comme la presse multiplie les révélations sur l'affaire Karachi, la rumeur va rapidement attribuer à la reine de l'atome l'origine de ces révélations », note le journaliste.
Areva mon amour Thierry Gadault
François Bourin Editeur 164 pages. 19 euros

Le défi des éleveurs français 


Le réveil est brutal. Au début des années 2000, les poulets français faisaient partie du menu des consommateurs allemands ou anglais. Aujourd'hui, l'aviculture hexagonale bat de l'aile. Et 40 % des poulets consommés en France sont importés. Les coups de becs de la concurrence, allemande notamment, ont mis à genoux les éleveurs français.
La mise en vente du pôle frais de Doux décidée, hier, par le tribunal de commerce de Quimper, illustre cette spirale infernale. L'ex-numéro un européen de la volaille accuse le coup. Si une partie des activités a été reprise, un millier d'emplois restent sur le carreau. C'est dans ce contexte que François Hollande inaugure, aujourd'hui, le Salon international de l'élevage à Rennes (Space).
En venant en Bretagne, le président de la République affiche son soutien à des éleveurs chahutés par la hausse brutale du prix des matières premières. La symbolique est forte. Pas sûr que cela soit suffisant pour rassurer des agriculteurs qui attendent d'abord du grain à moudre. En clair des réponses concrètes à un problème désormais récurrent : celui de la volatilité du prix des matières premières.
Pourquoi les prix s'envolent-ils ? En dix ans, le monde a basculé. Les Chinois font désormais la loi sur le marché des matières premières, comme le soja dont ils s'accaparent à eux seuls près de la moitié des importations mondiales. Une situation appelée à durer. Outre-Atlantique, les Américains ont, de leur côté, mis le turbo pour développer les agrocarburants. 40 % de la production américaine de maïs est transformée en éthanol. Plus rare sur le marché, il est désormais aussi plus cher.
Changement de paysage aussi sur le Vieux Continent. L'industrie pour l'Allemagne, l'agriculture pour la France : depuis la création de la Communauté économique européenne, cette ligne de partage semblait s'imposer en Europe. C'est fini. Les Allemands appliquent désormais à leur agriculture ce qui a fait leur succès avec les machines-outils. Sans complexes, ils exportent leurs cochons et leurs poulets. S'appuient sur une main-d'oeuvre à bon marché venue des pays d'Europe centrale. Et jouent de l'incapacité de l'Europe à imposer des règles du jeu sociales et fiscales équitables. S'y ajoute la montée en puissance des pays qui ont rejoint, depuis dix ans, l'Union européenne.
Tous les éleveurs européens sont confrontés aux mêmes incertitudes. Mais pour les professionnels français, le défi est plus redoutable. La France a pris du retard dans la mise aux normes des bâtiments d'élevage exigée par l'Europe. Tardé aussi à prendre la mesure des défis posés par l'environnement quand les Allemands ou les Hollandais en faisaient un outil au service de leur compétitivité.
L'État ne peut pas - ou plus guère - jouer les banquiers. Mais il peut encore agir. En veillant à ce que les éleveurs puissent répercuter une partie de la hausse des matières premières dans la chaîne alimentaire. En pesant aussi pour que les aides européennes, aujourd'hui fortement favorables aux producteurs de céréales, soient mieux réparties. Enfin, en jouant sur les charges sociales pour redonner un peu d'air aux professionnels.
La réponse passe aussi par l'innovation. Certains groupes comme LDC ou Gastronome réussissent à tirer leur épingle du jeu malgré la crise. En répondant à de nouvelles attentes des consommateurs. Partout dans le monde, l'appétit pour les produits français reste fort.

Vulgarités 


Franchement, combien de fois par jour disons-nous « chier » ? Ou « putain » ? Ou d’autres grossièretés encore, chacun ayant ses favoris… Mais nous les proférons à voix basse ou in petto (qui n’est pas un gros mot). Nous n’irions pas les hurler dans un mégaphone, ni les inscrire sur une banderole. C’est pourtant ce que font maintenant les médias. On a connu « Voyou », jeté contre Nicolas Sarkozy. Plus récemment « Sont-ils nuls ? », contre les dirigeants socialistes. Dernier en date, Libération, qui lance à Bernard Arnault : « Casse-toi, riche con ! » C’est vulgaire, reconnaît son patron, mais justifié par l’attitude vulgaire de Bernard Arnault. Et puis chacun est prié de se souvenir du « casse-toi, pauv’con » de l’ancien Président, une énormité alors dénoncée par tous les médias. Décidément, il n’y a pas que François Hollande qui se sarkozyse. Quant à savoir si c’est un progrès…