TOUT EST DIT

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samedi 21 juillet 2012

Destruction créatrice : ces effets positifs des délocalisations qu'on oublie trop souvent

L'affaire PSA remet au goût du jour certaines vieilles lunes françaises sur la mondialisation. Mais les injonctions comminatoires du gouvernement ne doivent pas faire oublier la réalité des faits.
Depuis que PSA a annoncé son plan de restructuration se joue en France un spectacle totalement ubuesque. Dans une cacophonie totale se succèdent pêle-mêle les injonctions comminatoires du gouvernement à l’attention des acteurs privés et des déclarations politiques contradictoires et d’une incohérence économique rare !
Le président de la République juge le plan « inacceptable » et son ministre du redressement productif multiplie les déclarations virulentes et excessives : le gouvernement « ne laissera pas faire » et est décidé à se substituer aux personnes privées (comme si l’Etat avait une meilleure stratégie industrielle !). Malheureusement, ils ne sont pas seuls : c’est la foire d’empoigne pour participer au "débat" sur la filière automobile.
D’un côté, on dénonce une stratégie pas assez internationale, de l’autre on critique ceux qui délocalisent !
PSA aurait ainsi raté le tournant de son internationalisation. C’est peut être vrai. Mais quelle incohérence d’entendre ces arguments de la part de ceux qui hier fustigeaient Renault parce que l’entreprise voulait ouvrir des usines au Maroc ou en Turquie. Arnaud Montebourg, alors chantre de la "démondialisation", dénonçait une « erreur ». Christian Estrosi (ancien ministre de l’industrie UMP) parlait d’un projet « dangereux et insoutenable pour notre pays ». De son côté, Guillaume Bachelay (PS) voyait dans la réaction offusquée de la Droite un « nouvel exemple de l’inefficacité de la politique gouvernementale malgré les moulinets du ministre de l’Industrie dans les médias » (sic ! et « big lol » !).
Dans le même temps, les mêmes (et d’autres), vantent et prônent toujours le « made in France » à tout prix. Le Gouvernement travaillerait ainsi à des projets visant à permettre le retour des "hotlines" en France et appelant à cesser de privilégier le consommateur au détriment du producteur : en clair, il propose de limiter la concurrence dans la téléphonie, pour que les opérateurs puissent augmenter leurs prix et par là préserver leurs marges et (soit disant) des emplois. Bref, il organise la protection des rentiers !
Pour se "rassurer", on peut constater que le débat américain ne vole pas beaucoup plus haut. Depuis quelques temps, le Président Obama, faute de pouvoir vendre son bilan économique indéfendable, a décidé de s’en prendre à la personne de son rival Mitt Romney (lequel riposte avec une  maladresse confondante). Le candidat démocrate, témoignant une fois de plus de son « analphabétisme économique de haut niveau » selon l’éditorialiste Clive Cook, dépeint donc son adversaire républicain en « délocalisateur en chef » et en « pionnier des délocalisations ».
La réalité, c’est que les chaines de production s’internationalisent toujours plus, en Europe et aux Etats-Unis. Et ce, pour le plus grand bien de tous !
De manière générale, la mondialisation et le processus continu de spécialisation accroissent l’efficacité globale. C’est d’ailleurs le consommateur qui en est le premier bénéficiaire : il achète moins cher, ce qui accroit son pouvoir d’achat. Comme le disait si bien Adam Smith : « la maxime de tout chef de famille prudent est de ne jamais essayer de fabriquer par lui-même ce qui lui coutera plus cher à fabriquer qu’à acheter ». On retrouve la théorie de l’avantage comparatif de Ricardo, encore validée par une étude économique récente.

Ce processus coûte certainement des emplois à court terme dans le pays qui voit une entreprise partir. C’est un vrai sujet social et humain : la solution réside dans l’anticipation et l’accompagnement, pas dans le blocage réactionnaire. Surtout, les délocalisations créent des emplois à moyen et long termes ! Augmenter la délocalisation d’emploi de 1 % conduit à une augmentation de 1,72 % de l’emploi des salariés américains selon une étude de la London School of Economics. C’est la « destruction créatrice » ! Le prix Nobel Gary Becker l’avait expliqué sur son site : cessons de nous lamenter et préparons l’avenir !
Au demeurant, il faut modérer le rôle des délocalisations dans la destruction d’emploi industriel aux Etats-Unis  comme en France : selon la direction du Trésor, elles ne représenteraient que 25 % des pertes d’emploi du secteur ces trente dernières années et 20 % aux Etats-Unis. Le McKinsey Global Institute avait d’ailleurs relevé quelques contre-vérités en matière de commerce international, soulignant notamment que les économies développées ne perdent pas de terrain sur les pays émergents !
Les délocalisations ont du bon !
Les entreprises qui s’implantent à l’étranger (et y trouvent des débouchés !) sont plus efficaces, produisent moins cher, créent des emplois dans les pays d’implantation et d’origine. La concurrence les incite à innover… Bref, les délocalisations ont du bon ! A l’inverse, maintenir en France, pour le principe, des emplois dans des industries non performantes ne conduira qu’à retarder le moment de la restructuration, nuisant à l’économie globale et faisant payer le consommateur !
L’Etat devrait renoncer à se lancer dans la planification des mutations industrielles : il est un piètre visionnaire : qu’il laisse le marché innover et assumer ses risques. Le politique ne devrait pas bloquer ces processus économiques, mais les faciliter et surtout les accompagner, notamment en renforçant la formation initiale et continue et en prévoyant les mécanismes d’accompagnement nécessaire.



Dessous des cartes : cette aimable Belgique qui cache si bien son jeu historique d'affaiblissement de la France

La Belgique célèbre en ce 21 juillet sa fête nationale, alors que le pays traverse une période politique complexe sur fond de question unitaire. Voici un petit retour historique sur notre voisin qui ne s'est pas toujours comporté comme un ami...
Il existe deux façons de comprendre la Belgique.
La façon officielle d’abord. Celle qui prévaut chaque 21 juillet, où des avatars de Stéphane Bern racontent comment, depuis 180 ans, une famille ducale allemande (les Saxe-Cobourg Gotha) a porté à son front la couronne de Belgique, à l’issue d’une révolution démocratique, et a guidé le bon peuple belge vers la prospérité. Ceux-là ajoutent que, grâce à sa position centrale et sa neutralité constitutionnelle, la Belgique s’est naturellement imposée comme le centre de l’Europe, et Bruxelles comme sa capitale consensuelle.
Dans cette légende, le premier roi des Belges, Léopold Ier, occupe le beau rôle. Et ses descendants aussi.
Mais il existe une version moins racontable, quoiqu’un peu plus objective, de l’histoire de Belgique.
Cette histoire commence avec l’avancée des troupes romaines durant l’Antiquité. Celles-ci, dans leur progression vers le nord de l’Europe, s’arrêtent au Rhin. Les légions de César butent sur le fleuve et n’arrivent pas à le franchir durablement.
En l’an 9, Auguste, qui n’imagine pas d’empire qui ne soit de taille européenne, décide d’ingurgiter le monde germanique dans son espace politique. Il envoie trois légions, avec le général Varus, pour mater les peuples de la forêt. La bataille de Teutoburg, où les Germains se sont rassemblés sous l’autorité d’Arminius, s’achève par une immense déroute romaine.
Commence alors une période de dix-huit siècles où le Rhin délimite monde latin et monde germanique. Et où les territoires de l’actuelle Belgique hésitent en permanence entre domination franco-latine et influence germanique. Statistiquement, la Wallonie, francophone, est sous influence allemande. Et la Flandre sous influence française jusqu’en 1600.
En 1815, après le douloureux épisode bonapartiste, le Congrès de Vienne décide de créer un glacis au nord de la France pour protéger l’espace germanique contre toute espérance d’invasion. Ce glacis s’appelle le Royaume-Uni des Pays-Bas. Il regroupe ce qui devint en 1944 le Benelux.
En 1830, les territoires francophones du Royaume-Uni portent le fer contre la domination hollandaise, et la Belgique naît. Le Congrès démocratiquement élu propose le trône au fils de Louis-Philippe, Louis d’Orléans, duc de Nemours. C’était une façon commode pour les Belges de demander leur rattachement à la France, ou, en tout cas, d’entériner leur retour dans la zone d’influence française.
Mais l’Europe a basculé sous domination germanique. Son centre de gravité n’est plus à Paris, mais à l’est du Rhin, entre Vienne et Berlin. La famille d’Orléans refuse d’affronter cet ordre établi et décline la proposition du Congrès belge. Celui-ci est contraint de solliciter un petit prince allemand, Léopold de Saxe-Cobourg, beau-frère du tsar, qui vient de refuser la couronne de Grèce.
L’indépendance de la Belgique ne peut s’entendre que dans une Europe à domination germanique.
Les thuriféraires de la famille royale belge oublient régulièrement d’en rappeler la francophobie naturelle et même institutionnelle. Sait-on par exemple, en France, qu’en septembre 1939, lorsque l’Allemagne envahit la Pologne, le roi Léopold III déploie immédiatement ses troupes le long... de la frontière française? Pour éviter un mouvement militaire français hostile à l’Allemagne.

Si la famille royale belge avait accepté une intervention franco-anglaise préventive sur son sol, dès 1939, les troupes allemandes n’auraient pas réussi leur percée de Sedan, et la face de la guerre en eut été changée.
Cette histoire-là est inconvenante. On ne la raconte pas dans les manuels scolaires.
Ce qui nous embarrasse aujourd’hui, c’est que le petit marché commun étriqué qu’on nous présente abusivement comme la réalisation la plus aboutie d’un projet européen démocratique, s’inscrit parfaitement dans cette conception d’une Europe dont le centre de gravité se situe à l’est du Rhin.
Le choix de Bruxelles comme capitale européenne, par exemple, ne tient pas qu’au hasard de la géographie. N’oublions jamais qu’en 1516, Charles Quint y fut sacré roi d’Espagne, et qu’il y abdiqua de son titre d’empereur en 1555. En réalité, le rayonnement européen de Bruxelles a toujours été lié à la constitution d’un projet impérial en Europe sous domination germanique, en opposition à la domination française.
Et comment ne pas voir que la construction communautaire qu’on imagine vierge de tout héritage historique n’a pas, au moins inconsciemment, endossé cette conception de l’ordre européen en choisissant de prendre ses quartiers officiels dans l’ancienne capitale de Charles Quint?
L’Europe d’aujourd’hui est fondamentalement germano-centrée, et fondée sur une représentation de la France faible, amputée et mise sous contrôle permanent de ses voisins. Que la France essaie de construire une Union méditerranéenne pour vivre son destin séculaire de puissance maritime et l’Allemagne la bloque. Que la France essaie de négocier une politique monétaire accommodante... Et l’Allemagne la bloque. Que la France essaie de promouvoir une défense européenne indépendante des Etats-Unis, et la Grande-Bretagne la bloque.
Le vrai sujet que les Français doivent poser sur leur table le 21 juillet, c’est celui du bénéfice historique ultime que nous retirons d’un ordre européen où nous jouons par nature les seconds rôles. D’un ordre européen construit à Bruxelles, articulé à des logiques de marchés financiers où la City domine, à des logiques de compétitivité industrielle où l’Allemagne domine. Tout cela sous le gentil habillage belge avec son humour absurde et sa générosité qui sent la bière et les frites grasses.
Mais si nous osions une autre Europe, affranchie des complexes de 1815 ? Une Europe dont l’objectif ne se limite pas à assurer la prospérité des financiers londoniens et des industriels allemands.


Pas de boucs émissaires 


Plus la situation est difficile, plus il faut rester calme. Ce n'est malheureusement pas le cas en ce moment en ce qui concerne l'affaire PSA.
Avant même que soient entendus les responsables de Peugeot, ils sont accusés de dissimulation, de mensonge, d'incompétence, d'avidité. Bref, ces personnes seraient des ennemis du peuple et peut-être même des traîtres à la nation. Le procès est déjà fait, la condamnation prononcée !
On comprend la déception et l'inquiétude des personnels concernés par des suppressions d'emplois. Il est indispensable de tenir le plus grand compte de ces personnes, de faire tout ce qui est possible pour obtenir leur reclassement. Mais est-ce en dressant les gens les uns contre les autres qu'on arrivera à trouver les solutions possibles ? Qui veut plus de chômage ? Qui veut mettre sur le sable les personnels des entreprises en difficulté ? Personne bien évidemment et surtout pas les chefs d'entreprise. Ils ont une grande responsabilité : celle d'embaucher du personnel car, si les affaires tournent mal, l'embaucheur risque de devoir licencier. Il n'est jamais félicité lorsqu'il embauche, mais il est toujours vilipendé lorsqu'il débauche, comme si l'on pouvait faire fi des contraintes économiques.
La confiance, condition de la croissance
Si l'on comprend que des questions puissent, et même doivent être posées, que des situations soient analysées, au besoin réétudiées, il importe de le faire dans un climat serein où puissent naître le dialogue sincère et la coopération. Mais commencer par l'accusation, voire l'insulte, ne peut que nourrir les rancoeurs, les rancunes et les oppositions.
Ce n'est pas en faisant des patrons ou des salariés des boucs émissaires qu'on favorisera le sauvetage ou l'extension des entreprises nécessaires à la croissance. La désignation de boucs émissaires ne peut cacher ni la gravité d'une situation, ni les responsabilités des uns et des autres. La désignation de boucs émissaires ne peut, en définitive, qu'accroître les divisions et risque de déboucher sur la haine qui finit par retourner les sociétés contre elles-mêmes.
À l'aube d'un quinquennat qui, de toute manière, devra faire face à de nombreuses difficultés dans tous les domaines, attiser les oppositions au lieu de les apaiser ne peut que compliquer les choses, rendre plus difficile la recherche des solutions, leur application et ainsi compromettre l'avenir. La France n'a vraiment pas besoin de ces attitudes agressives mais, au contraire, de dynamisme et de confiance mutuelle pour aller de l'avant et vite !

Le procureur Montebourg 


Dans le civil, Arnaud Montebourg était avocat. En politique, il s’est mué tout au long de sa carrière en procureur. Ses attaques contre Jacques Chirac, qu’il a traité en 2002 de « quasi-délinquant » et qu’il voulait faire traîner en Haute cour de justice, lui ont coûté un maroquin ministériel, du temps de Lionel Jospin et de la cohabitation. Chargé en 2008 de la rénovation au PS, il a endossé les habits de Saint-Just, l’accusateur public de la Terreur révolutionnaire, fidèle compagnon de Robespierre, pour s’attaquer aux fédérations corrompues. Le voilà au gouvernement, et il s’est trouvé une nouvelle croisade, contre PSA. Le ministre du Redressement productif qui tire à vue sur l’un des fleurons de l’industrie nationale : c’est du jamais vu. Il faut dire que François Hollande lui a ouvert la voie, en accusant le groupe Peugeot de « mensonge », le 14 juillet.
Nous n’allons pas défendre ici les choix stratégiques de Peugeot, à bien des égards contestables. Mais il faut savoir raison garder : on ne peut pas accuser le groupe de tous les maux de la Terre. S’il est en mauvaise posture, c’est d’abord parce que les ventes de voitures sont en chute libre sur ses marchés du sud de l’Europe, et aussi parce qu’il a voulu produire en France, pendant que son concurrent Renault réduisait ses effectifs en douce pour investir à l’étranger. S’en prendre à la famille Peugeot est facile. Montebourg pourrait aussi se souvenir que, contrairement à Louis Renault qui a collaboré avec les nazis, du temps de l’occupation, Rodolphe et Jean-Pierre Peugeot ont facilité les sabotages de leurs ateliers sochaliens par la Résistance pour entraver l’effort de guerre allemand. Le patriotisme des Peugeot vaut celui de bien des ministres.
Ce n’est pas en affaiblissant PSA – son image ainsi que le cours de son action en bourse – que l’on défend l’automobile française ! Montebourg reste campé sur une position dogmatique qui n’a jamais sauvé un seul emploi. Il se comporte comme s’il était toujours dans l’opposition, alors même qu’il peaufine un plan de relance de la filière automobile qui va demander un effort national. Et qu’il faudra bien mettre en œuvre de concert avec les deux constructeurs français tant honnis.
Le gouvernement n’a pas fini de pratiquer le grand écart entre la pensée prêt-à-porter gauchiste des années soixante-dix et la réalité du XXI e siècle. Le déchirement musculaire guette. Et c’est l’industrie française qui en souffrira.

Roulette russe 


Mais quel jeu cruel jouent donc les Russes en Syrie, en s’opposant continuellement aux résolutions de l’ONU ? Pourquoi leur indéfectible soutien à Bachar al-Assad entouré de milliers de « conseillers » dépêchés par le Kremlin, jusqu’à l’envoi de navires de guerre qui en ce moment font cap sur la Syrie ?
Les explications « classiques » ne suffisent plus. Prétendre qu’un autre régime syrien chasserait la flotte russe de son unique base en Méditerranée, celle de Tartous sans grand intérêt stratégique, n’a guère de sens. Insister sur le monopole russe du marché des armes, non plus : Damas est incapable de payer.
D’autres raisons de cet engagement sont plus obscures. Ainsi Moscou, par Assad interposé, réglerait ses comptes au fondamentalisme sunnite, soutien de la rébellion en Syrie… et du terrorisme dans le Caucase. Et comme au temps des tsars, le Kremlin se verrait aussi protecteur des minorités chrétiennes potentiellement en danger car favorables au pouvoir alaouite. Des chrétiens surtout orthodoxes chers au Patriarcat de Moscou qui ne ménage pas son appui au système Poutine…
La réalité est plus pragmatique encore. La Russie mise sur l’impuissance de l’Occident, quitte à ne pas écarter une déflagration générale au Moyen-Orient avec les conséquences que l’on sait sur l’approvisionnement pétrolier. Un Occident qui, au nom de principes humanitaires, adouberait aujourd’hui des courants fondamentalistes musulmans. En invoquant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à renverser la tyrannie. Donc en invoquant aussi cette démocratie qui sait rassembler des dizaines de milliers de manifestants anti-Poutine à Moscou. Une démocratie dont le Kremlin et la Douma détricotent les derniers maillons russes…
Les « niet » sur la Syrie s’adressent également aux Etats-Unis, à une administration Obama paralysée au Moyen-Orient mais – au grand dam de Moscou – toujours partisane, via OTAN interposée, du bouclier antimissiles en Europe. Quant à la Chine, au diapason du veto russe, elle sait profiter de la situation : l’impuissance occidentale doublée par la crise financière en Europe fait oublier tous les griefs à son encontre.
Et pendant ce temps, le sang coule.

Vraiment

Au début, ils ont continué à regarder le film. Normal : la salle résonnait de détonations, et l’écran montrait une scène de fusillade. C’était synchrone… Mais les spectateurs du cinéma Century d’Aurora ont bientôt compris que les armes étaient des vraies armes, qui font des vrais morts – pas de ces images qui font peur et dont on se dit, moitié content, moitié coupable : c’est bien, on dirait que c’est vrai… Là, c’était vraiment vrai. Mais les douze morts n’étaient pas encore comptés que la tuerie revivait sur Twitter, Facebook et imgur, où une victime exhibait son T-shirt transpercé de balles et ses blessures. Puis nous avons vu à la télévision le visage du tueur, James Holmes, si souriant que l’on s’est dit : c’est pas vrai ! Si. Et sachez qu’on en fera sans doute bientôt un film, de la tuerie d’Aurora. Et vous imaginez, le jour de la première, la salle qui résonne de détonations…

La ministre qui s'ennuyait


Vous ne la connaissez pas, et qui que vous soyez, elle ne vous connaît pas non plus : Michèle Delaunay est ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie. Elle n'a jamais fait parler d'elle. Elle n'intéressait personne, pas même ces quidams dont elle avait théoriquement la charge. La presse n'avait même pas besoin de chercher l'orthographe de son nom, elle lui était étrangère. Alors Michèle a décidé de faire comme Cécile Duflot qui n'existe que grâce à ses boulettes : elle a inventé un synonyme d'âgé.
Pour la ministre qui s'ennuyait, plus rien n'était aussi pressé que de sortir l'une de ces consternantes bêtises qui assurerait quelques minutes de gloire dans quelques papiers d'une presse quasiment en vacances, quelques tweets rigolos sur la toile, et l'un ou l'autre billet de blogueur en pause estivale. Elle a donc souhaité officiellement qu'on n'utilise plus le terme "vieillir" mais qu'on lui substitue "avancer en âge".
C'est, bien évidemment, du plus haut crétin. On imagine sans mal les circonlocutions improbables que devront employer les pauvres fonctionnaires de ses services pour parler des vieux et de la vieillesse dans leurs habituelles et barbantes productions ministérielles. D'ailleurs, le site du ministère dédié à leurs ébats médiatiques doit absolument être remis au goût du jour. Voici à ce propos ma modeste contribution :
Évidemment, tenter de faire une telle modification du langage est apparu, pour pas mal de commentateurs, blogueurs et tweeteurs, comme une incursion décontractée dans le domaine de la novlangue si chère à Orwell et ne sera probablement pas suivi d'effet tant le synonyme choisi par la ministre est lourd et lui-même chargé d'une connotation désagréable : une personne avancée en âge, cela fait tout de même furieusement penser à l'un de ces yaourts dont la date est très avancée et qui finira à la poubelle afin d'éviter une bactérie si dangereuse aux santés fragiles de nos anciens. Et puis la longueur même de la locution choisie pour remplacer "vieux" ou "âgé" est parfaitement rébarbative. On comprend que cette misérable tentative constructiviste d'une ministre en pleine vacance intellectuelle est d'emblée vouée à un échec cuisant, et c'est tant mieux.
Maintenant, il ne faut pas oublier que derrière cette quasi-pochade de Delaunay se cachent deux choses, bien plus inquiétantes.
L'une, évidente, est cette tendance répétée à travestir la réalité par des mots calibrés pour détourner les yeux du problème sans le régler. On ne compte plus les euphémismes niais et les circonlocutions idiotes que les autorités mettent en place tous les jours pour camoufler ce qui gène nos élites, impuissantes à les résorber vraiment : personnes à mobilités réduites, mal voyantes, mal entendantes, bientôt mal comprenantes, à beauté amoindrie et à verticalité contrariée ou que sais-je encore, tout ce fleurissement stérile de termes douillets épargne essentiellement les sensibilités chatouilleuses de ces penseurs, administrations et institutions qui en définitive ne supportent pas la différence, la difformité ou le handicap. On retrouve d'ailleurs exactement les mêmes réactions épidermiques chez les associations "d'utilité publique" (et lucratives sans but) de la même trempe boboïde lorsqu'elles partent en guerre contre les stigmatisations fantasmées dans lesquelles les méchants individualistes osent noter de façon insolente que les gens n'ont pas tous les mêmes couleurs de peau ou de cheveux, les mêmes comportements ou les mêmes capacités. Pourtant, sapredieu, tout le monde sait que nous naissons égaux et que les éventuelles différences, mineures, seront toutes gommées par la force légale, à coup de talons dans la gueule s'il le faut, enfin, voyons !
Quant à la seconde tendance derrière la saillie ridicule de la ministre, c'est celle qu'on retrouve, finalement, derrière tous les politiciens : c'est celle, puissante, quasi-reptilienne, qui les pousse irrémédiablement à tenter toutes les avanies, toutes les bêtises, toutes les méchancetés, toutes les bassesses pour se faire voir, mousser, connaître, remarquer. Tout doit être fait pour qu'on les entende, qu'on parle d'eux, en bien, en mal, mais qu'on parle d'eux.
Tous ces politiciens, de Delaunay à Hollande en passant par les actuels clowns pitoyables du gouvernement, les pantins hystériques de droite et les bouffons suffisants de gauche, tous réclament leur part d'attention médiatique et sont prêts, pour cela, à se comporter avec brutalité, absence de respect, négligence, sans pitié.
Oh, certes, on entend toujours l'un ou l'autre groupie nous sortir qu'Untel, en privé, est charmant, qu'il est adorable, humain, abordable, câlin, gentil voire drôle et j'en passe. La réalité, bien sûr, est que l'écrasante majorité de ces politiciens sont si habitués aux égards et honneurs, aux déférences et autres marques d'attention obligatoire de toute une caste de personnes sous leurs ordres qu'ils ont appris à mépriser la piétaille tout en flattant l'admirateur sincère. Ce sont d'excellents acteurs qui savent cacher leur côté psycho- ou socio-pathologique, sinon ils ne seraient pas parvenus à ces postes. Mais tous ont, intrinsèquement, acquis le goût immodéré du pouvoir et cet appétit de la domination.
Il n'est qu'à lire la façon dont, par exemple, Hollande aura fait poireauter les pilotes d'Alpha-Jets de la Patrouille de France pour comprendre l'absolu mépris à la fois des règles élémentaires de timing, de sécurité et de respect envers des hommes qui risquent leur vie pour d'autres, ce que jamais un parvenu comme Hollande ne fera.
Il n'est qu'à se rappeler des reconversions miracles de tous ces élus, traînant des casseroles et autres condamnations lourdes et infamantes, pour comprendre qu'ils sont tous drogués au pouvoir et devenus des attention-whores impossibles à soigner. Regardez ce minable Jospin, qui nous avait promis de se retirer de la vie politique, y revenir pourtant avec délectation dans le cadre d'une obscure commission dont on connaît déjà l'inutilité et la teneur des rapports, qui ne seront lus que par cette poignée de journalistes qui, justement, jouent le jeu de ces bouffis d'égo. Regardez ces Juppé, Emmanuelli, Fabius et tant d'autres qui, bien que condamnés, continuent de se pavaner sous les ors républicains en claironnant, dans la plus parfaite hypocrisie, qu'il faudrait une République irréprochable.
Delaunay, finalement, avec ses lubies de vocabulaire, montre toute l'étendue de son ambition. Là où Moscovici n'hésite pas à tordre la réalité pour faire oublier ses accointances sulfureuses avec DSK, enfin pestiféré, là où Montebourg froufroute son incompétence et son inutilité poudrée à la face des caméras, la ministrette nous propose seulement de bricoler du verbe pour faire parler d'elle. On comprend qu'elle n'ira sans doute jamais plus loin que ce sous-ministère parking pour fin de carrière pépère, et c'est d'autant mieux ainsi.
Mais par contraste, cela montre toute la toxicité des autres ministres.

Vers une dépression en France

La politique mise en place par François Hollande et le gouvernement Ayrault ne fera qu'aggraver la situation économique de la France, parce qu'elle pénalise les entrepreneurs, ceux qui créent les richesses et les emplois.
La France a un nouveau gouvernement qui présente une caractéristique qui n’a jamais existé dans aucune autre démocratie : il ne contient aucun ministre issu du secteur privé. Aucun de ses membres n’a jamais dirigé une entreprise, ils ont toujours, tous été payés par le produit de nos impôts…
Je ne suis guère rassuré par le fait que ces fonctionnaires qui n’ont donc aucune idée de ce qu’est la vraie vie soient « conseillés » par des économistes, qui sont également tous issus de la fonction publique en étant tous professeurs/fonctionnaires.
Comme tous ces gens sont sans aucun doute de bonne foi et désirent bien faire, je me suis dit qu’il était de mon devoir de procéder à leur éducation, bien déficiente jusqu’à ce jour. Je ne doute pas que ces lignes vont être portées à la connaissance de ceux qui nous gouvernent et qu’ils sauront en faire leur miel, acceptant avec la modestie qui les caractérise les conseils de quelqu’un qui a consacré sa vie à analyser ces choses-là, sans jamais être payé par quelqu’un d’autre que par ses clients [1].
Comme tous les gouvernements depuis 1974 sans exception, ils n’ont bien sûr qu’une idée en tête : le chômage et qu’un but, le réduire.Voilà qui est déjà une idée bizarre : le chômage n’a aucun intérêt pour un économiste, la seule chose qui compte c’est l’emploi.
Il ne faut donc pas faire baisser le chômage, qui n’est qu’un résidu mais faire monter l’emploi.
Pour arriver à ce résultat, commençons donc par éliminer les solutions qui n’ont jamais marché.

  • Embaucher des fonctionnaires,
  • Stimuler la consommation, en augmentant par exemple le salaire minimum,
  •  Se lancer dans une politique industrielle,
  • Créer une banque d’investissement,
  • Faire des dépenses d’infrastructure et construire plus de ronds points à  l’entrée de chaque village,
  • Etc.
Le lecteur averti qui aurait lu mon livre L'Etat est mort, vive l’état (Francois Bourin Éditeur) aura compris que chacune de ces soi-disant « solutions » revient à faire croître la part de l’État dans l’économie, ce qui toujours et partout a entrainé une baisse structurelle du taux de croissance et donc une hausse du chômage [2].
Après tout, s’il suffisait que l’État dépense de l’argent qu’il n’a pas pour qu’il y ait forte croissance, la France aurait dû être en boom économique depuis 1973 (date du dernier équilibre budgétaire) et l’Union Soviétique le pays le plus développé du monde, ce qui ne s’est pas produit, à ma connaissance. Mais je n’ai pas été dans les bonnes écoles…
Toutes ces « fausses solutions » entrainent qui plus est une hausse de l’endettement public, ce qui n’est guère conforme aux traités que nous avons signés.
Ayant écarté d’un revers de main ce qui à l’évidence n'a jamais marché et ne marchera jamais, il nous faut maintenant identifier ce qui a toujours marché.
Commençons par poser une petite question socratique toute simple et cette question n’est pas « comment créer des emplois ? » mais qui crée ces fameux emplois et comment peut-on l’aider ?
À cette question, une réponse et une seule : un type curieux que nos fonctionnaires n’ont jamais croisé sur leur route et dont on ne parle jamais à l’ENA et qui s’appelle un entrepreneur.
Ce débile profond prend les risques de dépenses certaines, salaires, impôts, loyers, frais divers et variés qu’il essaie de compenser par des recettes incertaines en vendant ses produits et services à des clients qui ne voient pas très bien pourquoi ils devraient acheter chez lui plutôt qu’ailleurs. La différence entre ses coûts - certains - et ses revenus - fort incertains - s’appelle le profit, mot abominable et dont Marx a fort bien montré le caractère injuste et spoliateur. Forts de cette analyse incontestable dont chacun a pu mesurer le bienfondé en URSS, nos technocrates ont tout fait depuis bien longtemps pour assurer la justice sociale et donc pour que notre suceur de sang ait des profits en baisse constante.
Ils y sont fort bien arrivés, ce dont on ne saurait trop les féliciter.
Depuis 1972, la part des profits dans le PNB n’a cessé de baisser et nous sommes aujourd’hui au plus bas depuis 25 ans au moins.
Remarquons également que chaque fois que se produit une récession en France, la variable d’ajustement, ce sont les profits qui du coup baissent, puisque les ventes des sociétés chutent tandis que leurs coûts ne baissent pas.
Je suis sûr que le lecteur se sentira conforté dans sa croyance en l’excellence des élites qui nous gouvernent si je lui dis que pendant que le cash flow des sociétés passait de 30% du PNB à 22%, la part de l’État dans l’économie passait, elle, de 30% à 44%, assurant la justice sociale que chacun peut constater aujourd’hui et que le monde entier nous envie.
Le seul inconvénient est bien sûr que les emplois dans l’économie varient en fonction des variations de la rentabilité de mon entrepreneur et que quand sa rentabilité baisse, il licencie, fait faillite - ce qui prouve son incompétence notoire - et cesse en tout cas d’embaucher.
Quand l’entrepreneur gagne de l’argent, six mois plus tard il embauche, quand il n’en gagne pas, six mois plus tard il débauche…
Salauds de riches qui n’embauchent que quand ils gagnent de l’argent ! On a honte pour eux !
Et c’est là où les choses vont se gâter pour « notre cher et vieux pays », comme l’appelait de Gaulle.
L’économie française est en train de rentrer en récession, comme chacun le sait, et donc les profits des sociétés vont baisser sèchement, comme à chaque fois dans une récession, et six mois après, comme à chaque fois, le nombre d’emplois va donc plonger.

Les recettes fiscales vont fort logiquement s’écrouler tandis que les dépenses de l’État vont augmenter très fortement et donc le déficit budgétaire français va exploser à la hausse comme l’ont fait les déficits italiens ou allemands depuis un an.
Le déficit primaire (c’est-à-dire hors paiement des intérêts) va repartir à la hausse à toute allure, pour repasser la barre des -5% en termes de PNB et devant ce désastre, il est à craindre que les taux français ne se mettent à monter, comme en Espagne ou en Italie, rendant la situation ingérable puisque la France sera alors dans une trappe à dettes.
Heureusement, comme je ne cesse de le répéter, nous sommes gouvernés par des gens qui ont été dans les meilleures écoles et qui donc vont certainement prendre les bonnes décisions.
Et d’ailleurs, ils ont commencé à  les prendre. Citons dans une liste qui se veut non exhaustive de ce qui a été déjà décidé  :
  1. Un alourdissement de la fiscalité sur les sociétés.
  2. Une augmentation du SMIC, qui augmentera mécaniquement le coût du travail pour tous les employeurs.
  3. Un retour des charges sociales sur les heures supplémentaires, faisant baisser le salaire moyen.
  4. Une imposition plus lourde sur le capital, sur les revenus du capital, sur les plus values en capital et sur les salaires élevés, qui fera baisser le taux d’épargne  français et donc à terme nos investissements.
  5. Une contribution spéciale sur les banques qui va réduire les fonds propres de ces profiteurs et donc renchérir le crédit tout en le rendant moins disponible.
  6. Une taxe spéciale sur les sociétés pétrolières qui va inciter ces dernières à se débarrasser encore plus rapidement de leurs activités en France, en fermant des raffineries et en en licenciant le personnel.
  7. Une quasi-interdiction de licenciement, accompagnée de la mise en examen d’un certain personnel de direction qui avait essayé de préserver la marge de leurs sociétés.
On voit donc que ces mesures vont amener pour mon entrepreneur et une baisse de la consommation (donc une baisse de ses ventes), et une hausse de ses coûts incompressibles, c’est-à-dire des charges de sa société. Ses marges, prises dans cet effet de tenaille, vont absolument s’écrouler (voir Peugeot en ce moment, pour une démonstration en temps réel).
La marge brute d’autofinancement va donc se ratatiner, à la place de simplement baisser - à cause des mesures insensées prises par ce gouvernement et il existe maintenant une quasi certitude que l’économie de notre pays  rentrera en dépression fin 2012, début 2013, tant le carnage dans les PME va être incroyable cet été, comme l’ont déjà fait l’Espagne et l’Italie qui ont suivi avec le succès que chacun peut voir des politiques tout à fait similaires.
Bref, les hauts fonctionnaires sous l’impulsion des génies profonds tels Trichet ou Delors avaient déjà mis l’économie de notre pays à genoux en imposant cette incroyable stupidité appelée l’Euro.
Cette même classe, qui dispose aujourd’hui d’un pouvoir absolument sans partage et qui est composée de gens au moins aussi incompétents que les deux personnages mentionnés plus haut (ce qui parait impossible, mais est hélas la réalité) ont décidé de finir le travail et d’achever de foutre en l’air notre économie puisque maintenant, ils n’ont plus aucun contrepoids. Tout à l’air bien parti pour qu’ils atteignent le but auquel ils travaillent depuis 1974 et qui semble être de faire de notre pays une zone de non droit où le secteur privé n’existera plus - enfin.
Mon premier livre, dans lequel je décrivais dans le détail tout ce qui allait se passer si on continuait à laisser agir ces gens-là, s’appelait Des Lions menés par des Ânes, publié chez Laffont en 2001.
Rétrospectivement, je trouve que j’ai été trop sévère pour ces pauvres ânes qui ne méritent en rien d’être mis en comparaison avec nos fonctionnaires… Mais après tout, comme me l’a fait remarquer un fidèle lecteur, âne n’est-il pas l’anagramme d’ENA ? Va donc pour l’âne.
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Sur le web.
Notes :
  1. Il m’est arrivé de conseiller des États ou des banques centrales. Je l'ai toujours fait à une seule condition : qu’ils ne me payent rien.
  2. Je me ferai une joie d’envoyer aux lecteurs les graphiques prouvant tout cela et qui se trouvent tous dans l’ouvrage mentionné plus haut.

« Pschitt » dans l’affaire “Piss Christ”


Il va falloir redéfinir les poursuites contre les quatre prévenus accusés d’avoir dégradé, le 17 avril 2011, une, ou deux « œuvres » d’Andres Serrano dans le cadre d’une exposition organisée par la collection Lambert à Avignon. La première convocation de Pierre Colinge, Rémi Crassous, Benjamin Michelet et Gaël de Crepy, âgés de 20 à 29 ans (tiens, l’AFP donne leurs noms…) a été purement et simplement annulée par le tribunal correctionnel sur interpellation de Jérôme Triomphe, l’un des quatre avocats présents. Les jeunes hommes ont été convoqués à nouveau pour le 19 novembre, date à laquelle on leur signifiera, a fait savoir le procureur, de nouveaux motifs de poursuites…
L’audience qui s’est déroulée jeudi après-midi au palais de justice d’Avignon aura été marquée par un double coup de théâtre. Me Triomphe a d’emblée fait remarquer le flou de l’acte de poursuite : les quatre prévenus se voient reprocher la « dégradation d’un bien culturel ». Un seul. Alors que la collection Lambert en invoque deux : le tristement célèbre Piss Christ, une provocation photographiée d’Andres Serrano montrant un crucifix en plastique plongé dans ce que Serrano affirme être sa propre urine, et une photo des mains d’une religieuse sur le fond blanc de sa robe : Sœur Jeanne Myriam.
Plus grave encore : la première photo produite par la collection Lambert est dans un état bien plus dégradé que lors de l’attaque du 11 avril 2011 : c’est un détail qui a son importance, car les peines encourues ne sont pas du tout les mêmes selon que l’œuvre est simplement endommagée ou au contraire cassée.
Alors que la collection Lambert réclame aux quatre prévenus smicards 400 000 euros de dommages et intérêts – dont 32 000 pour son seul avocat, Me Agnès Tricoire – Me Jérôme Triomphe, auquel se sont joints Me Jacques Trémolet de Villers, Me David Dassa Le Deist et Me Pierre-Marie Bonneau, a dénoncé le fait qu’il ne savait pas sur quoi il devait défendre son client, et que les juges eux-mêmes ne pouvaient savoir de quel fait ils étaient saisis. Le vice-procureur Laurent Couderc a abondé en son sens.
« La partie civile croit pouvoir réclamer 400 000 euros à nos clients, c’est-à-dire pour des jeunes Smicards 40 années de Smic, ça s’appelle la ruine tout simplement. Quand on demande de condamner quelqu’un à être ruiné, je crois qu’il faut le faire dans les règles et qu’on dise exactement ce qu’on leur reproche », a plaidé Me Triomphe.
Les juges se sont retirés, ont délibéré pendant cinq minutes et donné raison aux avocats des prévenus.
Un de nos lecteurs, présent dans la salle d’audience, nous signale que Me Tricoire n’invoqua alors que la présence des quatre prévenus à la manifestation de rue qui avait eu lieu la veille de l’attaque du ou des œuvres (ou de « l’objet », ou de la « chose » comme le dit la convocation annulée) pour démontrer leur culpabilité. C’est bien peu… D’autant qu’ils nient toute participation à l’attaque au marteau ou au pic : un acte commis « en réunion » selon les poursuites mais enfin un seul marteau a agi, cassant le verre de protection de Piss Christ et abîmant le centre de cette épreuve photographique. C’est alors que le garde cherchait à maîtriser celui qui tenait l’outil que la vitre de protection de Sister Jeanne Myriam a été étoilée par un impact involontaire.
Bref, des dégâts qu’on ne peut qualifier d’importants et qui même – à l’aune de l’art conceptuel – ont ajouté à la valeur des œuvres qui ont vu leur transgression couronnée en quelque sorte par la réaction brute du béotien. Ce n’est pas comme si on avait perforé un Van Gogh ou un Rembrandt…
400 000 euros, voilà pourtant la somme réclamée.
Mais la procédure aboutira-t-elle jamais ? Outre le doute sur la responsabilité des quatre prévenus, l’impossibilité de dire qui a porté les coups, et malgré la valeur sacrée que notre monde et sa justice accordent aux productions de l’art contemporain, il reste le deuxième coup de théâtre de l’audience de jeudi.
Pour la première fois depuis le 11 avril 2011, en effet, les photographies d’Andres Serrano ont quitté la collection Lambert pour être produites devant la justice. L’audience ayant tourné court, Me Tricoire est repartie vers la salle des pas perdus avec ses tableaux et les y a enfin déballés pour les exhiber à la presse, présente en grand nombre. C’est donc là que les avocats des prévenus les ont vus pour la première fois. Me Jérôme Triomphe a immédiatement constaté, et fait remarquer qu’il manquait deux morceaux de la photographie Piss Christ, ce qui n’était pas le cas au soir du 11 avril 2011 – comme en attestent les nombreuses photographies parues alors dans la presse. Les mêmes photos figurent au dossier des poursuites : elles ne correspondent pas à l’œuvre que la collection Lambert exhibe aujourd’hui.
Pourquoi ? Qui ? Comment ? Il n’appartient pas aux avocats des prévenus de conjecturer. Ils ne peuvent que constater le fait. Et souligner que depuis un an et quatre mois, le Piss Christ qui a déclenché ces poursuites est resté en possession de la collection Lambert sans jamais être remis à la justice.

vendredi 20 juillet 2012

Pas de vacances pour la crise


Le président du Conseil italien, Mario Monti, a annoncé qu'il n'y aura pas de vacances pour son gouvernement. Au-delà du signal médiatique, Il Professore, comme on l'appelle dans la péninsule, sait que la trêve estivale est souvent la période de tous les dangers sur le plan monétaire. Elle est souvent exploitée pour des actions de guérilla monétaire tant par les gouvernements (dévaluations) que par les marchés qui profitent de la faiblesse des échanges pour mener à moindre coût des actions spéculatives.

C'est aussi la période privilégiée pour sortir les cadavres du placard (plans sociaux, restructurations...). Bref, l'époque est bien finie des étés paisibles à l'abri des tempêtes en tous genres.
L'été 2012 ne se présente pas sous les meilleurs auspices. La croissance mondiale est au ralenti, y compris au sein des pays émergents (Chine, Brésil...). Les perspectives aux États-Unis sont molles alors que va se dérouler, jusqu'en novembre, la campagne présidentielle. La Grande-Bretagne se porte mal en dépit des injections massives de liquidités de la Banque d'Angleterre. Les membres de l'Union européenne, à l'exception de quelques pays comme la Pologne, la Suède ou l'Allemagne, n'ont que de médiocres perspectives en vue (0,3 % de croissance au sein de l'Union) et la zone euro ne parvient toujours pas à rassurer.
Fin juin, le dernier sommet du Conseil européen a été, à première vue, un succès : l'Allemagne y aurait fait quelques concessions qui donneraient un peu de répit aux pays les plus exposés, Espagne et Italie. Les Bourses ont salué les résultats avec un bond substantiel. Perdu puis regagné depuis... La baisse sans précédent du taux de la BCE (Banque centrale européenne), de concert avec d'autres banques centrales dont celle de Chine, s'est soldée par un « flop » : alors que la baisse du taux de référence (à 0,75 %) aurait dû satisfaire les investisseurs, les Bourses mondiales se sont repliées dans un bel ensemble !
Le cercle vicieuxde la récession
Ces paradoxes ont une explication : la panne de confiance. Gouvernements et banques centrales ont beau multiplier les mesures techniques en prétendant à chaque fois que l'euro est solide, la Grèce sortie de l'ornière, l'Espagne mise au sec et l'Italie à l'abri, personne n'y croit vraiment. Comme l'a écrit l'éditorialiste du Financial Times, le sentiment dominant est que le naufrage est toujours possible. Les pays européens et les États-Unis sont criblés de dettes. Les coupes sombres ou les augmentations d'impôts tuent les espérances de croissance, sapent le moral des citoyens. Et le cercle vicieux de la récession semble désormais bien enclenché. La globalisation, en créant une profonde interdépendance entre pays, rend la situation encore plus inextricable et il n'y a pas de Roosevelt à l'horizon...
Cette situation d'extrême précarité et fragilité nous met sous la menace de décisions erronées ou tardives qui rendent, à chaque fois, les mesures à prendre plus douloureuses ou moins efficaces. C'est pourquoi l'été 2012 pourrait être, à nouveau, celui de tous les dangers. Pour la zone euro dans son ensemble. Pour la France en particulier. Il suffirait de peu de chose, par exemple un plan de rigueur qui ne convainc pas les marchés, pour enclencher une tempête de suroît dont les gens de l'Ouest savent qu'elles sont les plus terribles.

Héritages



Il faut être en France très riche, ou très maladroit, pour payer des droits de succession. Un peu moins aujourd’hui, certes, après que les socialistes ont alourdi ces droits pour alléger les déficits. Tout de même, neuf héritages sur dix resteront exonérés d’impôt. Est-ce trop, ou pas assez ? Allez savoir, nous sommes tellement contradictoires... Nous nous voulons toujours héritiers de la Révolution, qui mit les aristocrates à la lanterne et abolit leurs privilèges... Mais nous sommes aussi un peu tous descendants d’Auvergnats, adeptes du matelas rembourré au Louis d’or et du bas de laine gonflé de billets. Nous sommes Français, citoyens d’un très vieux pays qui se rêve jeune et révolutionnaire. Féroces contempteurs des «fils de», et féroces défenseurs du pécule épargné pour nos enfants. Et bien sûr sans pitié pour les politiques qui prétendent gouverner nos contradictions.

Commission Jospin, Jouyet à la CDC : la République des copains

L’Etat PS prend tranquillement ses marques dans la froidure (sic) estivale. Ces mêmes socialistes, qui pendant cinq ans ont dénoncé le « clan Sarkozy », se partagent les postes et les honneurs dans un entre-soi qui en dit long sur leur conception de la morale publique.
Après la nomination à la tête de la Caisse des dépôts du socialisto-sarkozyste Jean-Pierre Jouyet, sauvé des eaux de l’ouverture par la grâce de son amitié de trente ans avec François Hollande, c’est un autre proche du président de la République qui est prestigieusement recasé : Lionel Jospin.
L’ancien Premier ministre mythique du socialisme à la française (tellement brillant qu’il a réussi à se faire battre par Jean-Marie Le Pen) revient au premier plan avec sa nomination à la tête d’une commission (il va falloir s’habituer à ce terme tant François Hollande semble l’apprécier et vouloir en faire l’alpha et l’oméga de sa politique) pour la moralisation de la vie politique.
Quels curieux messages envoyés par le pouvoir socialiste que de prétendre s’atteler à l’indispensable besoin de modernisation de notre système démocratique en rappelant coup sur coup un ancien socialiste qui aura mangé à tous les râteliers en devenant ministre de Nicolas Sarkozy… et son mentor qui était pourtant très bien dans sa retraite de l’île de Ré.
Les commentateurs et journalistes de gauche nous resserviront sans doute la soupe du « Sarko faisait pareil »… Mais justement, n’a-t-il pas été éreinté pour ses pratiques, qui ne sont pourtant jamais allé aussi loin que le spectacle que nous donne à voir la gauche au pouvoir.

François Hollande avance de biais 


Lors d’un déplacement, mardi matin, dans un centre de soins palliatifs animé par des religieuses protestantes, le président de la République a donné pour cadre symbolique à l’ouverture d’une nouvelle « réflexion » sur l’euthanasie un lieu qui répond à la souffrance de ceux qui pourraient être tentés de vouloir leur propre mort, en la soulageant.
D’ailleurs François Hollande n’a pas prononcé le mot « euthanasie », car comme avec l’IVG, c’est l’euphémisme qui permet de faire passer les légalisations des gestes mortels : il a appelé cela « un acte médical assumé », dans « les cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible ».
Que de bizarreries dans cette phrase ! Depuis quand l’« abstention thérapeutique » permettrait-elle de soulager la douleur ? Qu’est-ce qu’une « douleur irréversible » ? Un processus peut l’être. Mais avoir mal ?
Il faut, me semble-t-il, comprendre cette phrase dans le véritable contexte de la loi Leonetti qu’il est donc question de remettre en discussion. La loi Leonetti, contrairement à ce que l’on prétend, n’est pas une loi contre l’euthanasie, même si elle pose correctement de nombreux points, permettant aux patients de récuser des soins qui font plus de mal que de bien, et faisant une juste distinction quant aux gestes médicaux qui peuvent, pour soulager le patient qui souffre, hâter la mort sans comporter l’intention de la donner, et les actes qui ont pour but de provoquer la mort qui, eux, sont apparemment proscrits.
Apparemment parce que la loi Leonetti permet aussi, même chez des personnes dont la mort n’est pas imminente et qui ne souffrent pas de recevoir une alimentation « artificielle », même chez des personnes qui ne sont pas en phase terminale, de cesser cette alimentation, ce qui a pour effet et pour but de causer la mort au terme d’un délai plus ou moins long.
En ce sens l’abstention thérapeutique visée par Hollande pourrait bien être le retrait de ces soins ordinaires qui sont pourtant dus au malade sous peine de l’euthanasier « par omission », dans tous les cas où l’alimentation ne fait pas plus de mal que de bien et ne cause pas de souffrances indues.
Ce genre de cas a provoqué la mobilisation du lobby de l’euthanasie qui a pointé les souffrances inhumaines, pour le malade « désintubé » et son entourage qui assiste à des agonies dures et prolongées, que peut causer l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, et qui en a tiré argument pour demander une révision de la loi Leonetti. L’euthanasie permettant d’aller vite serait bien plus humaine : voilà le refrain.
En insistant sur les soins palliatifs, en tournant autour de l’euthanasie avec une précaution de crabe, François Hollande ouvre consciemment un peu plus la place à la « mort choisie ». Il s’entoure de mille précautions, allant jusqu’à saluer les préoccupations « spirituelles » sur la valeur de la vie ; il a même reçu le cardinal Vingt-Trois à la veille de sa visite au centre Notre-Dame du Lac, à Rueil-Malmaison, pour lâcher ce qui demeure une bombe, fût-elle munie d’un silencieux.
Leonetti lui-même attend l’ouverture d’un « large débat public »… pour mieux faire connaître sa propre loi ; Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité et ancien Monsieur-Droits LGBT de l’UMP, préférerait un référendum pour ne pas enterrer la question dans une commission (une euthanasie lente ?) et dénonce la nomination du Pr Didier Sicard pour mener cette « mission sur la fin de vie ». Voici l’ancien président du Comité consultatif national d’éthique, qui a ouvert la porte à tant de transgressions, bombardé « proche de la théologie morale catholique ».
Celui-ci n’a pourtant pas brandi un drapeau pro-vie, ni même des principes clairs. « Je suis médecin, mais je plaide pour que le débat soit plus sociétal que médical. Il faut aller à la rencontre de ceux qui ne parlent jamais, et non reconstituer un puzzle avec ceux que l’on connaît déjà », dit-il : « Je vais chercher à tout prix à me tourner vers les citoyens, comprendre ce que les cadres, les ouvriers, les paysans pensent », il est soucieux « d‘éviter une discussion figée par les positions pro ou anti-euthanasie ». « Je ne viens pas avec un armement idéologique, religieux ou médical et je m’interroge, comme l’ensemble des Français (…). Il faut aller chercher les naïvetés sur la question, plus que les jugements abrupts. »
S’il voulait discréditer le principe du respect de la vie : tu ne tueras pas, il ne s’exprimerait pas autrement. Et d’ailleurs il avoue :  
« Certains jours, je trouve inacceptable que quelqu’un disant souhaiter en finir n’obtienne pas de réponse. »
Il ne faudra pas se laisser duper par les entourloupes et autres embrouillaminis qui laissent prévoir un « débat » pipé…

jeudi 19 juillet 2012

DSK, nouvelle marque de boisson... aphrodisiaque

Deux entrepreneurs, dont un producteur de safran, désireux de valoriser les bienfaits naturels de cette épice, ont élaboré une boisson gazeuse à base de kiwi qu'ils ont baptisé DSK, pour Drink safran kiwi, tout en jouant sur les vertus dites aphrodisiaques de la plante.
"Depuis l'Antiquité, le safran est connu pour ses nombreuses vertus. Il est antidépresseur, a la réputation d'apporter gaieté et sagesse, soigne le foie, abaisse la pression artérielle, stimule la respiration, et on lui confère des qualités d'aphrodisiaque féminin", explique à l'AFP Stéphane Briault, concepteur de cette boisson "naturelle, pasteurisée, sans colorant ni conservateur" avec Patrice Guillard, producteur de safran dans le Cher.

"L'idée première était de commercialiser du safran dans un soda, puis s'est ensuite posée la question de la base de fruit. Le kiwi a des vertus intéressantes, il est un antioxydant. Restait ensuite la question du nom", raconte Stéphane Briault.
"'Safran drink' n'étant pas très vendeur, on a pensé à 'Drink safran kiwi' qui faisait 'DSK'. On s'est demandé si on osait ou pas, puis on s'est dit que les gens s'en souviendraient plus facilement", ajoute-t-il.
22 entreprises avec l'acronyme DSK
Vingt-deux noms d'entreprises comportant l'acronyme DSK sont déposées à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI).
La cible des concepteurs de DSK est "la clientèle branchée, le monde de la nuit" pour mélanger notamment la boisson pétillante aux alcools forts. Stéphane Briault assure avoir lui-même constaté que le safran permet d'atténuer les effets néfastes de l'alcool.
Elaboré et conçu dans la Creuse, avec notamment 90% de safran cultivé dans le département, et lancé officiellement lundi à Guéret comme l'a rapporté France Bleu Creuse, 10.000 bouteilles de DSK ont été embouteillées pour démarcher cet été des établissements de nuit parisiens et de la Côte d'Azur.

La guerre des sexes a de l'avenir au bureau

Il faudra plus qu'une loi pour changer les mentalités en entreprise. Une étude de l'association IMS-Entreprendre pour la Cité démontre que les clichés homme/femme dominent encore les esprits dans les entreprises : l'homme est vu en «leader» doué pour l'action et fort en charisme, la femme en «assistante», dotée d'empathie et d'un sens de l'organisation.


L'étude de l'association, qui rassemble plus de 200 entreprises, a été menée dans neuf d'entre elles (, , Egide, Pôle , Renault, Sodexo, Sogeti, TNT et Total), les salariés étant interrogés via un questionnaire ou lors d'entretiens individuels.

Selon cette enquête, menée auprès de 1200 salariés en France, l'attribution de compétences spécifiques en fonction du genre est partagée par les deux sexes et concerne 44% des managers hommes et 51% des managers femmes. Pour ceux qui estiment qu'il y a une différence, 29% jugent qu'elle provient des gènes et 68,3% de l'environnement.

Les femmes ont une moins bonne image d'elles mêmes que les hommes

Ces stéréotypes qui «tendent à résumer le duo «manager-assistante», provoquent «des difficultés pour les femmes à être identifiées comme leaders et à se projeter sur des postes à haute responsabilité, mais également pour les hommes, une tendance à négliger la candidature de femmes à ces postes», notent les auteurs. Malgré ces clichés, hommes et femmes interrogés décrivent le manager «idéal» comme relevant d'un modèle androgyne, conjuguant des qualités attribuées aux deux sexes (charisme, leadership, empathie, organisation...).

Dans le détail, les hommes ont une bonne image des femmes... surtout si elles restent à des niveaux hiérarchiques inférieurs.
De leur côté, les femmes ont une image d'elles-mêmes moins bonne que celle des hommes vis-à-vis d'elles. Elles ont aussi une image plutôt négative de leurs collègues masculins, le sentiment et le vécu de discrimination renforçant cet état de fait, selon les auteurs de l'étude.

Les femmes avec des responsabilités se masculiniseraient

Ainsi, 57,5% des femmes pensent que leurs supérieurs favorisent les hommes pour les postes à responsabilité. Elles sont aussi 67% à penser que les hommes sont mieux payés, alors que seuls 34% d'hommes pensent la même chose. En outre, 67% des hommes estiment que l'accès aux promotions internes est équitable entre les sexes, contre 39% des femmes.

Par ailleurs, pour plus de la moitié des hommes (53,1%) et 48,7% des femmes, les femmes qui obtiennent un poste à responsabilité finissent par se masculiniser, une idée qui peut renforcer un phénomène d'autocensure de la part des salariées. Pour 85,1% des managers, les femmes dirigeantes sont mêmes parfois plus dures que les hommes et deviennent encore plus carriéristes (52,9%).

Chine : 27 ans et trop vieilles pour se marier

Cela fait presque un an que Xu, jolie Chinoise trentenaire, fréquente le «Jardin de la joie». Ce club de rencontre à Pékin a été crée pour échapper à la condition de célibataire «sheng nu». Désormais inscrit dans le dictionnaire chinois, ce terme à connotation très péjorative peut être traduit par «celle qui restent » ou « celle dont on ne veut plus».

Diplômées et indépendantes financièrement, les «sheng nu» sont généralement des citadines. 


« Les hommes ne veulent pas d'une femme de 30 ans »

Un sondage très médiatisé publié en 2010 a entériné définitivement ce nouveau phénomène sociologique. Organisé par la chinoise de la femme, le sondage révèle qu'il y a 180 millions d'hommes et femmes célibataires en Chine, mais que 92% des hommes interrogés estiment qu'une femme doit se marier avant l'âge de 27 ans.

«Les hommes ne veulent pas d'une femme de 30 ans , un âge considérée comme déjà avancé pour le mariage en Chine » témoigne Xu, devant un jeu de majong. « C'est important pour eux qu'elle soit encore jolie » précise Summer, 26 ans, membre d'un autre club de rencontre.

Les filles tiennent à leur indépendance financière

« L'apparition du phénomène a plusieurs origines. D'une part les jeunes travaillent beaucoup et ont peu de lieux de rencontre en dehors de leur travail », explique Wu Di, sociologue, qui vend ses conseils 130 dollars la séance et vient de publier un livre sur le sujet. « D'autre part, le mariage n'a jamais été synonyme de bonheur. Or, aujourd'hui beaucoup de jeunes femmes vivent très bien seules et ne voient pas l'intérêt d'abaisser leur niveau de vie pour se marier », ajoute la sociologue.


Une forte pression familiale


« La vraie raison pour laquelle je viens au club, c'est pour ne pas décevoir mes parents. J'aimerais les rendre heureux », raconte Xu. Conscient des déséquilibres démographiques liés à la politique de l'enfant unique, le lance régulièrement des campagnes qui font la promotion d'un mariage jeune.

A 34 ans, Shelly est consultante et revient tout juste des Etats-Unis. Depuis son retour, elle n'ose plus voir sa famille en province et fuit même ses amies proches qui ne cessent d'arranger pour elle des rendez-vous galants.

«J'ai de la pression de tous les côtés. Je sens bien que ma mère est triste lorsqu'elle voit les petits-enfants de ses copines », dit-elle. Shelly s'apprête à retourner aux Etats-Unis pour faire un deuxième Master. En partie pour échapper au regard de ses collègues, parents et amis. « Je pense rentrer en Chine à 40 ans. J'espère qu'à ce moment je serai tellement âgée, tellement « incasable » qu'on me laissera tranquille », lance-t-elle.

L'UE, cette momie socialiste

L’Europe est trop régulée, gérée par une bureaucratie auto-complaisante et encline à l’intervention de l’Etat. Elle finira en musée si elle ne retrouve pas son esprit d’entreprise, estime l’ancien négociateur pour l’adhésion de la Pologne.

L'Europe ne souffre pas de la maladie de Parkinson. L'Europe est une victime de la loi de Parkinson. Actuellement, une entreprise ou une organisation qui compte plus de 200 salariés, n'a plus besoin de revenus, de bénéfices, ou de clients. La seule chose qui compte, c'est sa bureaucratie et ses procédures internes, qui assurent une occupation à ses employés. Il en va ainsi des entreprises et de l'Union européenne, ou plutôt de la “momie européenne”, comme l’appellent certaines mauvaises langues.
L'Union européenne oeuvre de moins en moins en faveur de la croissance économique et pour ses citoyens, et de plus en plus pour elle-même et ses fonctionnaires. Ses procédures et sa réglementation, au lieu de faciliter l'activité économique, l'entravent.
L'UE est de moins en moins compétitive. Les pays membres n'ont pas les moyens de financer son armée de fonctionnaires et ses dépenses publiques, alors ils s'endettent à l'infini soit à l'intérieur (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, France), soit à l'extérieur du pays (Irlande, Portugal, Espagne, Italie, Grèce).
Les anciens schémas de fonctionnement épuisés, l'UE n'est plus en mesure de favoriser la croissance économique. Les réformes proposées sous la forme d'une intégration politique plus étroite, d'une mise en commun de la dette, ou d'une politique de croissance au prix de l'explosion des déficits ne feront que renforcer les rangs de l'armée de fonctionnaires et engendrer de nouvelles réglementations, entravant plus encore l'activité des entreprises.

Le membre le plus ancien a 89 ans 

Personne ne veut se souvenir de l'histoire récente, quand la libéralisation du marché en Pologne en 1989 a déchaîné un esprit d'entreprise sans précédent. L'Europe, elle, veut du socialisme, du monopole d'Etat, du plein emploi artificiel, surtout dans la fonction publique et dans les entreprises d'Etat. Et pourquoi pas des cartes de rationnement ?
Pour ne pas parler dans le vide, appuyons-nous sur un exemple concret, que je connais bien. Regardons le fonctionnement du Comité économique et social européen [dont l'auteur fut membre entre 2004 et 2010], l'un des organes de l'UE censé exprimer la position de la société civile sur la législation européenne. A quoi ressemble en réalité la voix de la société civile ?
Les conseillers qui y siègent sont désignés par les ONG, les organisations syndicales et patronales. Leurs candidatures sont ensuite approuvées par les gouvernements et par le Conseil de l'Union européenne. La plupart des membres du Comité sont des fonctionnaires issus des institutions représentatives des partenaires sociaux. Ainsi, dans le groupe des employeurs, il est très difficile de trouver un vrai entrepreneur, dans le groupe des syndicats, un ouvrier digne de ce nom, et au sein du groupe des organisations non-gouvernementales un véritable travailleur social. Les champions de la longévité occupent leurs sièges pendant des dizaines d'années. Le plus ancien de ses membres a 89 ans.

8 000 euros par mois nets d'impôts

Tout récemment, le groupe des employeurs a pratiqué le vote par acclamation ! A la question – êtes vous un homme d’affaires ? – un de ses représentants m’a répondu qu’il ne l’était pas, mais qu’il se sentait un esprit d’entreprise ! Une réponse similaire m’a été donnée par un représentant des employés ; interrogé sur son profil professionnel, il a déclaré n'avoir jamais été ouvrier. Et lorsque je leur ai demandé s'ils pourraient échanger leurs groupes respectifs, ils ont avoué que cela ne leur poserait pas de problème majeur.
Ces sont ces personnes qui sont censées nous représenter nous, la société civile. En tant qu'employés d’organismes sociaux, ils gagnent à peine plus que la moyenne nationale. Que leur offre l'UE ? Un salaire journalier de 233 euros pour avoir participé à une réunion.  Il suffit de signer la liste de présence et vous pouvez disparaître, ce qui est devenu une habitude pour certains. Quelque 1 084 euros tombent une fois par semaine en remboursement de frais de déplacement. S’y rajoute un per diem de 30 euros pour les dépenses de logement, une double indemnité pour les déplacement en dehors de Bruxelles et de nombreux autres avantages (cantine bon marché, salle de gym, médecin, etc.) Au total, si l’on se donne du mal, on peut empocher jusqu'à 8 000 euros par mois, nets d'impôts.
Les personnes désignées peuvent gagner bien plus, pour peu qu'elles siègent souvent lors des sessions. Et qu'est-ce qui nécessite des délibérations à n’en plus finir? Des centaines de nouvelles réglementations à examiner et à évaluer. Plus il y a de législation, mieux c'est, parce qu'on gagne plus. Quand, il y a quelques années, le cabinet du président José Manuel Barroso a évoqué l'initiative de simplifier la loi, tout le monde a répondu oui. Tout le monde, sauf les membres du Comité.

100 000 réglementations par an 

C'est comme ça dans toute l'Union. Tout le monde travaille et gagne de l'argent, en créant de nouvelles lois. En moyenne, 100 000 réglementations en dix ans, soit dix mille par an.
C'est la course à la réglementation, dont le respect sera étroitement surveillé, aussi bien à l'échelle européenne que dans les pays membres, par de nouveaux fonctionnaires, spécialistes de la supervision bancaire.
Un jour ou deux jours passés dans une telle ambiance et on se sent à nouveau en pleine réalité socialiste. Personne ne veut se rappeler sa triste fin. L'UE et les Etats membres ont besoin de réformes fondamentales comme celles engagées en Pologne en 1989 : la libération de l'activité économique et un discours clair affirmant aux populations que leur destin dépend de leur labeur, et non pas d’une armée de fonctionnaires.
Tant que l'Union et ses citoyens ne comprendront pas que rien n'est gratuit, il sera difficile d'entrevoir une prémisse de reprise et de fin de crise. Pour l'instant, l'Union est en bonne voie pour devenir une Momie européenne.



"Le Titanic Euro a désormais touché l'iceberg"

Dans une récente intervention au Parlement européen, au cours de laquelle il propose un saisissant résumé de la situation en Europe, Nigel Farage (UKIP) pointe le principal défaut de l'eurozone : "le génie de l'endettement mutuel".
Je ne suis pas toujours d’accord avec les analyses de Nigel Farage. Nigel Farage a toujours été opposé à l’Euro, même lorsque celui-ci fonctionnait intelligemment, et très souvent ses analyses sont assorties de considérations subjectives voire idéologiques.
Néanmoins, il faut reconnaître que la situation actuelle de la zone Euro lui permet des interventions au parlement européen comme celle-ci, datant du 13 juillet dernier. Passée la première minute où il s’en prend, à son habitude, aux deux Présidents de l’Europe, tout ce qu’il dit est juste. Sa démonstration sur les taux d’emprunt de l’Italie est exacte, sa projection et son évaluation des besoins des banques espagnoles aussi. Ne perdons pas de vue que le gouvernement britannique prépare une consultation populaire afin de savoir si les Britanniques souhaitent ou non maintenir leur appartenance à l’UE. L’acharnement de Nigel Farage à démontrer que si l’Euro marche sur la tête (et je le répète sa démonstration est juste) c’est parce que toute l’UE marche sur la tête, est à inscrire dans ce contexte.

NOTEZ LA DÉSINVOLTURE DE KOHN-BENDIT !
Nous évoquions récemment différentes positions en Hollande, en Allemagne, en Finlande où commencent à se faire entendre des voix très hostiles à l’Euro et à l’UE. En voici une nouvelle : le Danemark. Ceci est paru dans JYLLANDS-POSTEN, premier quotidien danois : "Le Danemark échappe à une énorme facture", titre le quotidien danois à la une de son supplément économique. Il a demandé à deux économistes de calculer combien le pays aurait dû débourser dans le cadre des programmes de soutien aux pays de la zone euro, si le royaume en avait fait partie. Réponse : "338 milliards de couronnes, soit 45 milliards d’euros, c’est une énorme facture pour notre PIB. Les Danois ont donc eu raison de refuser par référendum l’adhésion à l’euro en 2000". "Qui voudrait faire partie d’un club dont la cotisation augmente sans que vous sachiez de combien et qui augmente constamment ?" demande Christian Blaabjerg, économiste.
Les politiques interrogés confortent cette analyse. Ceux qui étaient opposés à l’entrée dans l’Euro, bien sûr, "Il n’y a personne d’autre à payer la facture que les pays de l’euro, et nous ne sommes pas concernés, car, heureusement, nous ne sommes pas dans la zone euro", a déclaré Bjørnskov qui croit que l’euro était condamnée dès le début. Il ajoute : "L’euro est une structure qui encourage les pays à se comporter de façon irresponsable, parce que les politiques peuvent promettre n’importe quoi ; au bout du compte, ce seront les pays de l’euro, conjointement et solidairement, qui seront responsables des dettes que vous aurez contractées". Même Marianne Jelved, l’ancienne présidente de la gauche radicale qui avait fait campagne pour l’Euro prend aujourd’hui ses distances. Elle déclare : "Le problème est que plusieurs pays n’ont pas respecté les règles. S’ils l’avaient fait, nous n’aurions pas eu les problèmes que nous avons aujourd’hui."

La France et l’Allemagne empruntent à des taux négatifs : pas une sortie de crise, le symptôme d’une zone euro en pleine catastrophe

La France a emprunté lundi 7,6 milliards d'euros à des taux négatifs. Le lendemain, la Belgique a suivi le mouvement, ainsi que l'Allemagne qui a levé mercredi plus de 4 milliards d'euros à 2 ans. Une première dans son histoire pour une telle échéance. Mais en dépit des apparences, cette situation traduit surtout des tensions insoutenables pour la zone euro.
Alexandre Baradez : Les investisseurs se dirigent vers les titres français car les rendements sur la dette allemande sont si faibles que la France, parmi les pays sûr de la zone euro, reste l'un des rares pays à présenter des rendements relativement intéressants.
Nous sommes cepedant sur des échéances très courtes - quelques mois seulement - lorsqu'il s'agit de taux négatifs. Ainsi, sur les obligations à plus longue échéance (à deux ans par exemple), seuls trois pays ont des taux négatifs : l'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas.
Nous constatons aujourd'hui une très forte sélection de la part des investisseurs sur les actifs choisis. Ils s'orientent vers les pays les plus sûrs de la zone euro et s'écartent de l'Espagne, de l'Italie et encore plus de la Grèce et du Portugal. Dans ce contexte, même les marchés actions redeviennent attrayants, les indices européens et américains ayant repris des couleurs ces derniers jours.
Les acteurs n'investissent donc plus sur la zone euro dans son ensemble, mais sur certains pays en particulier. Cette situation est d'ailleurs paradoxale puisque la France n'est pas citée pour ses bons résultats en matière budgétaire. Pas autant que l'Allemagne.
L'appétit pour la Belgique s'explique, quant à lui, par le relatif bon taux de croissance de cette économie par rapport aux autres pays de la zone euro. Mais les volumes d'échanges y sont très faibles en comparaison de l'Allemagne ou de la France.

Ces taux négatifs laissent-ils présager de nouvelles tensions sur la zone euro dans les prochains mois ?

Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemands, déclarait il y a quelques temps qu'il n'y avait pas d'impact pour les pays qui empruntaient à des taux négatifs. Cela est même très positif.
Mais ce phénomène manifeste une défiance absolue envers les autres Etats membres de la zone euro. Par conséquent, les taux espagnols et italiens baissent très peu. Avec ces emprunts négatifs, nous arrivons à une situation extrême. Si cela continu, nous irons vers des distorsions trop fortes au sein de la zone euro.

Quels sont les risques d'une Europe à deux vitesses en terme de taux obligataires ?

Les investisseurs font désormais une très grande distinction entre l'Europe du Nord et celle du Sud. A court terme, le principal danger est celui d'un retard de la mise en action du MES - Mécanisme européen de stabilité – (la Cour de Karlsruhe , en Allemagne, se laisse jusqu'au 12 septembre pour valider, ou non, la constitutionnalité, du fond de sauvetage européen, ndlr), que la BCE ne puisse pas agir sur les taux et que l'on assiste à une dégradation de l'économie en zone euro. Dans cette optique, les acteurs de marché s'orientent vers les pays les plus sûrs de la zone euro.
Le dernier sommet européen des 28 et 29 juin s'était conclu par une salve de déclarations qui allaient dans la bonne direction, la meilleure d’entre elles étant celle du rôle accordé au MES. En effet, seul ce dernier peut réduire les tensions qui règnent en recapitalisant directement les banques et en intervenant, si besoin, sur les marchés secondaires de dettes publiques. La BCE, qui jusqu'ici a mené des actions de ce type, ne souhaite plus s'engager sur cette voie. Ceci contribue à maintenir une pression sur les taux italiens.
Le principal risque qui réside est celui d'une hausse des taux d'intérêt exigés par les investisseurs, les opérateurs et les spéculateurs à l'Espagne et l'Italie pour leur prêter alors que d'autres pays, au sein de la même zone, empruntent trois ou quatre fois moins cher. Pour faire baisser ce taux, il faut soit que la BCE intervienne sur les marchés secondaires, soit mettre en place un mécanisme, comme le MES ou le FESF. Les investisseurs demandent des garantis et souhaitent que la banque centrale se porte garante en dernier ressort comme le fait la Fed aux Etats-Unis. Une solution qui leur assure de ne pas réaliser 80% de perte comme ce fut le cas sur les titres grecs.

TRÈS MAUVAIS TEMPS POUR L'EURO