dimanche 11 septembre 2011
La "nausée" de Tristane Banon face au retour de DSK
Tristane Banon, l'écrivain et journaliste française qui a porté plainte contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol en 2003, s'insurge que son "pays accueille en héros un homme qui n'a pas été blanchi". Dans un message diffusé samedi 10 septembre sur sa page Facebook, la jeune femme dit être prise de "nausée" depuis le retour en France, le 4 septembre, de l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI).
"J'entends les gens qui m'arrêtent dans la rue, j'entends les gens qui veulent protester, se faire entendre, crier que le code pénal doit être le même pour tous et qu'un jugement doit advenir, qui condamnera ou non mais qui doit être prononcé", écrit Tristane Banon. "J'entends les gens me dire leur écoeurement, j'avale leur soutien pour tenir debout et pourtant c'est moi qui baisse la tête et longe les murs quand d'autres sourient aux caméras", témoigne-t-elle, en allusion au retour médiatique de l'ancien ministre socialiste.
RASSEMBLEMENTS DE PROTESTATION
"Je ne peux pas croire que mon pays accueille en héros un homme qui n'a pas été blanchi. Je ne peux pas croire que mon pays envoie les forces de l'ordre, l'argent public, délivrer ce même homme des photographes qui l'assaillent", poursuit-elle. La jeune femme évoque, sans précisions, un rassemblement de protestation le 24 septembre devant le palais de justice de Paris où elle annonce qu'elle se rendra.
La parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a également appelé à un "rassemblement contre le viol" dimanche à 14 heures place des Vosges, à Paris, lieu de résidence de Dominique Strauss-Kahn. "Nous exigeons que tous les hommes accusés de viols et d'agressions soient jugés avec le sérieux que ces crimes requièrent et que leurs victimes soient reconnues en tant que telles", peut-on lire dans le communiqué diffusé samedi.
Grèce: Papandréou face à la colère de la rue
Le gouvernement grec affrontait samedi la colère de la rue à Salonique, pour le discours de rentrée du Premier ministre, Georges Papandréou qui devait prôner un nouveau sursaut de rigueur afin de conjurer la menace d'un lâchage du pays surendetté par l'UE et le FMI.
Les forces anti-émeute ont fait usage de gaz lacrymogènes pour repousser quelque 3.000 propriétaires de taxis qui protestaient contre la libéralisation de leur profession, à proximité du centre de congrès Vélidio où M. Papandréou doit prononcer son discours.
D'autres cortèges rassemblant au total 17.000 manifestants, étudiants, syndicalistes, "indignés" et militants communistes etaient tenus à distance du Vélidio. Des invités costumés avaient auparavant été victimes de jets d'oeufs et de bouteilles d'eau.
La police, qui a annoncé deux arrestations sur une soixantaine de contrôles préventifs, surveillait notamment de près un rassemblement agité de milliers de supporteurs du club local de football Héraklis protestant contre leur exclusion de la 1ère division.
Cette montée de tension répond à un nouveau tour de vis annoncé par le gouvernement socialiste grec face aux réticences croissantes des partenaires et créanciers du pays à l'aider à s'extraire de la spirale de l'endettement.
Après une nouvelle salve de rappels allemands à la discipline bugétaire, et la relance en Europe du débat sur une éventuelle sortie du pays de l'euro, la démission vendredi du chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), l'Allemand Jürgen Stark a constitué un nouveau coup de semonce pour le pays.
Le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, a aussi dû vendredi soir démentir des rumeurs de marchés sur une cessation de paiement imminente du pays. Il a réitéré que la priorité pour le pays était de faire la part de travail qu'exigaient de lui ses partenaires et créanciers en contrepartie de la leur : le nouveau plan public-privé de sauvetage du pays d'environ 160 milliards d'euros adopté le 21 juillet par l'UE.
La presse grecque prévoyait donc samedi que M. Papandréou insiste sur sa détermination à s'acquitter des engagements pris, au premier rang desquels le dégraissage du secteur public, la libéralisation du marché du travail et les privatisations.
Soit, en traduction grecque, des cessions au goût de "bradage" vu la faible marge de négociation laissée au vendeur, de nouvelles réductions de salaires pour des catégories de fonctionnaires, via la création d'une grille unique des salaires, et la mise au chômage technique d'employés publics jugés en surnombre, environ 20.000 selon la presse, alors que le chômage grimpe (16% en juin) et que déjà seul un fonctionnaire sur dix est censé être remplacé.
Après une réunion de l'eurogroupe en Pologne, et une d'urgence du Fonds monétaire international sur la situation grecque, la délégation UE-FMI chargée de surveiller les comptes grecs est de nouveau attendue la semaine prochaine à Athènes, pour reprendre une mission suspendue le 2 septembre face aux tergiversations grecques.
D'Allemagne, où se joue une partie de l'avenir de la Grèce, sont venus des signaux contradictoires samedi pour Athènes.
Tandis que le magazine Der Spiegel, coutumier des attaques contre la Grèce, affirmait que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'attendait à une faillite du pays, la chancelière Angela Merkel a appelé ses concitoyens à faire preuve de patience à l'égard d'Athènes en rappelant combien il fut difficile de reconstruire l'ex-RDA après la réunification allemande.
Grèce: Schäuble prêt à la faillite(presse)
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, se prépare à une faillite de la Grèce, affirme l'hebdomadaire allemand der Spiegel à paraître demain.

Selon le journal, les fonctionnaires du ministère ont élaboré deux scénarios: dans un premier cas, la Grèce garde l'euro, dans le second elle réintroduit la drachme.
Un porte-parole du ministère allemand des Finances n'était pas immédiatement joignable pour commentaire.
Dans les scénarios développés par Berlin, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) devrait jouer un rôle clé. Seraient proposées des lignes de crédit préventives censées porter secours à l'Espagne et l'Italie, au cas où les investisseurs ne voudraient plus payer après une faillite de la Grèce. Les banques de nombreux pays européens devraient également nécessiter les aides du fonds.
« Refaire société »
Pourquoi est-il nécessaire aujourd’hui selon vous de refonder l’idée d’égalité ?
Nous sommes confrontés à une double crise de l’égalité: arithmétique et sociale. La hausse considérable des rémunérations et du patrimoine des 0,1 % les plus favorisés a créé un accroissement spectaculaire des inégalités dans notre pays. Il y a 40 ans, l’écart entre le salarié moyen et le PDG dans une entreprise était de 1 à 40. Aujourd’hui, dans les sociétés du CAC 40, il est de 1 à 400. Cette montée des inégalités a aussi une dimension sociétale : elle produit de la méfiance qui altère le lien social. Elle entraîne des effets de décomposition et d’implosion. La crise de l’égalité n’est pas seulement un drame pour ceux qui se trouvent relégués en bas de l’échelle ou une sécession de la part des riches. Elle est un problème pour l’ensemble de la société.
Vous craignez une « dénationalisation des démocraties ». Qu’entendez-vous pas là ?
Les pays industrialisés, jusqu’aux années 1980, ont connu une réduction des inégalités grâce à l’État-providence, à l’impôt progressif sur le revenu, à des lois sur le salaire minimum.
La mondialisation creuse les écarts au cœur des États
Aujourd’hui, la mondialisation réduit les inégalités entre pays riches et pauvres, mais creuse les écarts au cœur des États, risquant de créer des nations séparées dans la nation.Aux États-Unis, la désagrégation de la société se lit dans le tissu géographique. Des grands ensembles immobiliers concentrent des personnes qui ont le même type de revenus, les mêmes idées politiques, les mêmes convictions religieuses. Elles constituent des sociétés morcelées qui n’acceptent qu’une solidarité interne à elles-mêmes. Pour éviter le déchirement des démocraties, il est nécessaire de redonner un sens à l’idée de nation. La nation est un espace partagé dans lequel on se reconnaît des dettes mutuelles, un espace de solidarité et de redistribution.
Comment recréer du commun dans un monde où la concurrence et la dureté de la situation économique isole les individus ?
Il faut commencer par refaire société. Si les citoyens ont le sentiment que personne ne joue selon les mêmes règles du jeu, l’engagement de chacun se dissout, comme le montre le cas de la Grèce. Il est donc nécessaire de mener une politique de la réciprocité pour recréer le sentiment de règles partagées par tous. Les citoyens ne sont ni égoïstes ni altruistes, ils veulent que les relations qui les unissent soient réciproques. Cet impératif politique passe par la lutte contre la fraude fiscale, une transparence sur les avantages des différents groupes, une visibilité et un maintien de règles qui assurent de la réciprocité.
Recréer des espaces communs pour le vivre ensemble
Ensuite, pour vivre ensemble, les citoyens ont besoin de moments communs. Actuellement, certains groupes sociaux ne se rencontrent que sous une forme violente. La première priorité pour recréer une société plus commune est une politique de la ville forte. Il faut recréer des espaces communs pour le vivre ensemble. À la Révolution française, Sieyès disait que c’est en développant les places publiques et les trottoirs que l’on fait de la démocratie.Jusqu’en 1848, le vote était toujours un vote d’assemblée, un espace où les citoyens, quel que soit leur milieu, se retrouvaient pour partager un moment. Ces espaces communs existent toujours lors de matchs de football ou de concerts et bals du 14-Juillet. Mais cette convivialité se dissout avec la ségrégation sociale croissante de l’espace. L’absence de politique de la ville engendre de la violence et de la ghettoïsation. Les gens s’enferment dans le communautarisme quand ils n’arrivent pas à exister comme individus.
C’est pourquoi, enfin, il faut mener une politique de la singularité. Dans une démocratie, le principe de respect, de refus de l’humiliation, doit permettre à chacun d’exister.
Que reprochez-vous à la notion d’égalité des chances ?
Il y a une validité au principe d’égalité des chances. Mais donner sa chance à chacun ne peut pas être la philosophie sociale à laquelle se résume la vision d’une société démocratique. L’égalité des chances est loin d’être réalisée. Pour y parvenir, il faudrait abolir l’héritage et considérer les hommes et les femmes comme de purs individus détachés de leurs héritages familiaux et des bénéfices de leur environnement. Pendant la révolution française, certains avaient imaginé des « maisons de l’égalité » où seraient placés tous les enfants à partir de deux ans pour les mettre sur un pied d’égalité. Je doute que cette formule séduise nos concitoyens. Mais même si on la mettait en œuvre, cela ne serait pas acceptable car cela signifierait ensuite la légitimation de toutes les inégalités, même les plus folles.
Vous définissez l’égalité comme une relation plutôt que comme un concept figé ?
Je suis pour une égalité absolue mais pas au sens de l’égalitarisme.
Je suis pour une égalité radicale au niveau de la relation sociale. Cette égalité radicale doit accepter les différences entre les individus. La forme la plus forte de lien entre l’égalité et la différence est le rapport entre les sexes. Que l’homme et la femme soient égaux ne signifie pas qu’ils soient homogènes, la réplique de la même chose, mais que les relations entre eux soient égales.
L’histoire a connu des lectures réductrices de l’égalité. Aux moments où l’idéologie bourgeoise ne voulait pas s’attaquer à la réduction des inégalités, l’égalité a été présentée comme un obstacle à la liberté. À l’inverse, une autre pathologie de l’égalité a été celle du communisme : elle était envisagée comme une homogénéité. C’est une égalité écrasante. Ce n’est pas celle-là qu’il faut rechercher mais bien une égalité dans le rapport social entre les citoyens.
Comment analysez-vous la montée des populismes en Europe ?
Devant la crise de l’égalité que nous vivons, la montée des populismes et de la xénophobie traduit une volonté de rechercher une homogénéité définie sur la base d’une exclusion, celle de l’étranger, de celui qui est différent. Tous les thèmes qu’on voit fleurir aujourd’hui en Europe comme la défense du travail national sont les mêmes qu’au XIX e au moment de la première mondialisation. Aujourd’hui, elle se manifeste même dans des sociétés à État-providence fort, comme dans les démocraties d’Europe du Nord. Le problème est très grave: nous allons vivre une désintégration des démocraties politiques si nous ne parvenons pas à reconstruire des sociétés nationales. C’est le grand enjeu historique des sociétés contemporaines.
La politique de la singularité que vous appelez de vos vœux a un coût alors que les États n’ont plus de marge de manœuvre budgétaire…
À la fin des années 1970, lorsque Raymond Barre était Premier ministre, le taux marginal supérieur de l’impôt sur le revenu était de 65 %. Aujourd’hui aucun parti aspirant à gouverner ne propose un taux de ce niveau.
Le recul devant l’impôt, indicateur d’un sentiment diminué de la vie commune
Ce recul devant l’impôt est l’indicateur d’un sentiment diminué de la vie commune. Si on veut dépenser plus pour le commun, il faut avoir refait société auparavant.La vie des démocraties est de mettre en débat les principes organisateurs de la cohésion sociale, des biens communs, de la dette mutuelle entre les individus, alors que très souvent les responsables politiques font du bricolage budgétaire au coup par coup. À côté de la campagne des candidats, il est important de faire vivre une campagne des idées. Les citoyens, les médias, les milieux associatifs et syndicaux doivent veiller à ce qu’elle soit vivante et pas étouffée par le débat sur le choix du président.
samedi 10 septembre 2011
DSK : Tristane Banon écœurée par l'accueil réservé à DSK
Rassemblement le 24 septembre
DSK au JT de Claire Chazal
Selon nos informations, DSK s'exprimerait pour la première fois depuis son retour des Etats-Unis dans l'un des prochains journaux de Claire Chazal sur TF1. Alors que d'autres présentateurs de JT avaient été très sévères à l'encontre de DSK lors de ses déboires judiciaires, Claire Chazal, elle, tout en restant professionnelle, avait montré beaucoup plus d'empathie. On se souvient de ses déclarations à son ami Marc-Olivier Fogiel : « Je trouve l'attitude d'Anne Sinclair assez admirable... Elle donne l'image d'une femme éperdument amoureuse, c'est étonnant dans cet univers parfois déshumanisé. Cela nous renvoie presque au romanesque, à la littérature... » Pas étonnant donc, que Dominique Strauss-Kahn lui accorde l'exclusivité de ses propos, d'autant que le journal de Claire Chazal attire plus de 6 millions de téléspectateurs.
La fin des questions
Que va-t-il dire?
Certains auraient préféré qu'il s'efface un peu de la sphère médiatique jusqu'à ce que les choses se tassent. Pourtant, Dominique Strauss-Khan va s'adresser aux Français. Mais comment s'exprimer ? Que dire ? Autant de questions que DSK doit certainement mûrement réfléchir. Une intervention lors du journal télévisé aurait donc été privilégiée.Désormais, ce sont bien les propos qu'il tiendra qui restent la plus grande interrogation. Parler de l'affaire ou s'abstenir ? Discuter de politique et d'économie ? Au sein du PS, les voix sont discordantes. Certains pensaient qu'il devait garder le silence tandis que d'autres, à l'instar de Pierre Moscovici estimaient qu'il devait prendre part au débat. La question semble tranchée. Reste à savoir ce qu'il voudra bien dire.
MAIS JE N'AI AUCUNE ADMIRATION POUR CETTE FEMME QUE L'ON DIT REMARQUABLE ET QUI SE NOMME ANNE SAINCLAIRE.
Berlin n'aiderait pas la Grèce en cas de rapport FMI/UE négatif
Vendredi, les discussions entre les autorités grecques et les inspecteurs de l'Union européenne, du FMI et de la BCE ont été suspendues pour dix jours, les deux parties étant en désaccord sur les raisons et l'ampleur du retard pris par Athènes dans la réduction de son déficit budgétaire.
"La mission de la troïka doit reprendre et doit aboutir à une conclusion positive, sinon la prochaine tranche d'aide ne sera pas versée à la Grèce", a dit le ministre, qui s'exprimait lors du débat d'ouverture sur le projet de budget 2012 au Bundestag. "C'est la règle."
L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont accordé à Athènes une aide financière de 110 milliards d'euros l'année dernière, suivi d'une seconde aide de 109 milliards d'euros en juillet 2011, incluant la contribution du secteur privé.
Wolfgang Schäuble a par ailleurs répété l'opposition de Berlin à la création d'euro-obligations, estimant que l'euro perdrait la confiance des marchés si des obligations communes aux pays de la zone euro devaient être émises, car cela n'inciterait pas les Etats à engager des réformes budgétaires.
"C'est pourquoi je déclare haut et fort que sans modifications institutionnelles, l'introduction d'euro-obligations (...) engendrerait une solidarité factice", a-t-il déclaré devant les bancs de l'opposition, favorable à une telle mesure. "L'euro, reconnu pour sa stabilité, perdrait sa crédibilité."
Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a par ailleurs déclaré que l'estimation du Fonds monétaire international chiffrant à 200 milliards d'euros le besoin en fonds propres des banques européennes était "en partie fausse et trompeuse" et que ce point serait discuté au G7, prévu en fin de semaine à Marseille.
Les banquiers et les dirigeants européens ont rejeté cette estimation, au regard des tests de résistance réalisés en juillet auprès des banques qui ont conclu que celles-ci auraient besoin de ne lever que 2,5 milliards d'euros.
Wolfgang Schäuble, qui a récemment appelé à une modification du traité de l'Union européenne, a enfin estimé que la crise devait être résolue dans le cadre du traité actuel.
Stephen Brown, Annika Breidhtardt et Sarah Marsh, Catherine Monin pour le service français
Ben Laden voulait perturber la présidentielle de 2012
Oussama Ben Laden avait laissé des consignes aux militants d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) leur demandant d'utiliser les Français retenus en otages pour peser sur la campagne pour l'élection présidentielle de 2012 en France, rapporte France Info.
Cette information provient, selon France Info, des documents saisis par la CIA dans la résidence d'Abbotabad, au Pakistan, où Oussama Ben Laden a été abattu par un commando américain le 2 mai dernier. Parmi ces documents, ils auraient trouvé des messages sous forme de consignes, adressés au réseau AQMI qui retient toujours huit Français enlevés au Niger et au Yémen.
Paris Match cite ces mêmes documents pour affirmer qu'Oussama Ben Laden voulait frapper la France par "des attentats de masse, spectaculaires et symboliques". Le chef d'Al-Qaida estimait que des repérages étaient nécessaires pour établir "une liste de cibles, monuments, sites touristiques et symboliques, lieux stratégiques du pouvoir qui pourraient être visés sur le sol français", écrit l'hebdomadaire dans un communiqué.
"CIBLE NUNMÉRO DEUX D'AL QAODA" DERRIÈRE LES ETATS-UNIS
Entre les attentats du 11-Septembre 2001 et sa mort, Ben Laden a menacé explicitement à plusieurs reprises la France, la dernière fois en janvier 2011, dans un message sonore. Quelques jours après la mot du leader d'Al-Qaida, le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, avait jugé que la France restait "la cible nunméro deux d'Al Qaida" derrière les Etats-Unis.
Les autorités françaises considèrent la menace terroriste élevée et le plan Vigipirate est au niveau rouge, son avant-dernier échelon, depuis les attentats de Londres en juillet 2005. Ce plan mobilise quotidiennement quelque 2 000 militaires, policiers et gendarmes.
Les principaux sujets de préoccupation des services français sont les otages français, dont les quatre retenus dans le Sahel par Aqmi, des attaques contre des intérêts français à l'étranger, et les filières jihadistes de retour en France après avoir combattu en Afghanistan. Des militants islamistes sont régulièrement interpellés, soupçonnés d'appartenir à ces "filières" de combattants aguerris, dont la dernière a été démantelée en mai.
Depuis 2001, la police française a interpellé 914 islamistes radicaux, dont 37 depuis janvier 2011, a révélé vendredi matin sur France Info le directeur général de la police nationale (DGPN). Sur ce total, 224 ont été écroués et 132 "éloignés", a précisé Frédéric Péchenard.
Si le dernier attentat en France remonte à 1996, huit Français ont été tués le 28 avril dans l'explosion d'une bombe à la terrasse d'un café de Marrakech. Deux jeunes Français, enlevés le 7 janvier à Niamey par des ravisseurs travaillant pour Aqmi, ont été tués le lendemain au Mali pendant une opération militaire franco-nigérienne destinée à les libérer. Aqmi avait fait allégeance à Ben Laden en 2007.
Quand, envoyé spécial des DNA, je suis arrivé à New York le 15 septembre 2001 dans l’un des premiers avions qui avaient pu s’y poser après quatre jours de fermeture de l’espace aérien — un siècle pour l’Amérique ! — j’ai trouvé une ville hébétée, avec le sentiment d’atterrir sur le tournage d’un film catastrophe. Les ombres — fantomatiques dans la lumière des projecteurs — de l’énorme panache de fumée qui s’élevait encore au-dessus de Ground Zero, les barrages qui filtraient l’accès à Manhattan avec GI’s en armes et tenue de combat, le quartier de Wall Street bouclé, les avenues, d’ordinaire trépidantes à cette heure de la soirée, désertées, et Time Square quasiment vide… à 21 h 00.
Dans cette ville plongée dans un état si singulier pour elle, inédit — elle était à l’arrêt — les clignotements inlassables des néons semblaient totalement décalés, comme des pulsations presque obscènes. Des images « de jour d’après » ou de guerre des mondes, séquences auxquelles les New-Yorkais peinaient à croire qu’elles étaient bien réelles parce qu’ils n’avaient jamais imaginé devoir les vivre autrement que sur un écran de cinéma. Au fur et à mesure qu’ils prenaient conscience de l’ampleur de la tragédie, il était clair qu’ils ne pourraient jamais oublier l’irruption de ce sentiment de vulnérabilité dans leur existence.
Cette violence-là, inconnue dans une ville qui, pourtant, en expérimentait bien d’autres, avait immédiatement entraîné un traumatisme profond, d’autant plus sévère que les crashes des Boeing dans les tours du World Trade Center avait été ressentis comme une agression contre un symbole de l’occident. Comme un viol ciblé, aussi.
La métropole en était profondément, durablement et intimement marquée. Bien au-delà du drame géopolitique planétaire qui venait de se jouer ici, c’était d’abord un drame personnel pour la cité. On pressentait déjà qu’elle avait définitivement perdu dans l’attentat cette insaisissable légèreté qui avait toujours fait partie de son identité.
Elle peinait d’autant plus à faire son deuil que la montagne de gravats des Twin Towers ne rendait que très peu de corps et qu’il n’y avait, dans les hôpitaux, que peu de blessés, hormis les sauveteurs intoxiqués. Entre les morts — cadavres invisibles — et les vivants, incrédules, il n’y avait plus rien. Plus ce lien physique entre deux mondes qui permet d’affronter les tragédies.
Avec la formidable énergie dont Big Apple, formidable dynamo, est capable de déployer, la vie, heureusement, a fini par reprendre ses droits.
New York s’est découvert de nouvelles solidarités héritées de ces milliers de lumières posées dans les squares en hommage aux disparus. Mais le choc psychologique du « 9-11 » a aussi laissé derrière lui, des ondes de stress et de peur qui mettront encore des années pour se dissiper. New York, on peut en être sûrs, finira par en venir à bout.
Le G7 assure qu'il mène une action forte et coordonnée
Les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 ont assuré vendredi qu'ils répondaient de façon forte et coordonnée aux défis posés par le ralentissement de la croissance, les déficits budgétaires et les dettes souveraines, sans faire de nouvelles annonces.
Mais ces plans doivent encore être adoptés par les parlements de chacun de ces pays, un exercice complexe vu les différends politiques aux Etats-Unis et les exigences posées par certains pays européens pour adopter les mesures du 21 juillet.
"Il y a désormais des signes clairs de ralentissement de la croissance mondiale. Nous sommes décidés à apporter une réponse internationale forte et coordonnée pour relever ces défis", lit-on dans le texte.
Les banques centrales continueront parallèlement de soutenir l'économie et d'apporter les liquidités aux banques privées qui en ont besoin, assurent les membres du G7, à l'heure où la volatilité règne sur les marchés en raison des craintes de tassement durable de l'économie, voire d'une nouvelle récession, et de la persistance de la crise des dettes en zone euro.
"Nous prendrons toutes les actions nécessaires pour assurer la résilience des systèmes bancaires et des marchés financiers", lit-on dans le texte.
Plusieurs grandes banques ont vu leur valeur boursière fondre ces dernières semaines, à mesure que l'absence d'amélioration sensible de la situation en Grèce relançait le débat sur les besoins de refinancement bancaires.
"Les politiques monétaires maintiendront la stabilité des prix et continueront à soutenir la reprise économique. Les banques centrales sont prêtes à fournir des liquidités aux banques en tant que de besoin", poursuit le texte.
Des analystes avaient prévenu que le G7 disposait de moyens limités par le niveau élevé des dettes publiques et le rejet des mesures d'assouplissement monétaire par les pays émergents qui les accusent de nourrir l'inflation et les bulles.
"Je ne pense pas que les gens attendaient un grand accord, et effectivement le G7 ne semble pas offrir beaucoup en termes d'action concrète", a déclaré Brian Dolan, stratégiste chez Forex.com.
Zone euro on craint les pires scénarios pour la Grèce
Parmi les scénarios possibles il n’est pas exclu que la Grèce soit obligée d’envisager une restructuration totale de sa dette. Et une sortie de l’euro ? Si le FMI et les États suspendent laides à la Grèce, la BCE serait certainement contrainte de stopper son financement aux banques. Le G7 s'est réuni aujourd'hui à Marseille.
Jean Claude Trichet Président de la BCE s’est alarmé d’une détérioration de la conjoncture : « Nous nous attendons à une croissance bien plus modérée en zone euro, toutefois accompagnée d'une grande incertitude et de risques accrus à la baisse » Si les facteurs pouvant peser à la hausse ou à la baisse concernant la croissance étaient encore équilibrés il y a un mois, « cela n'est plus le cas », a-t-il ajouté.
Ce vendredi les bourses européennes ont plongé Parmi les principales places financières du continent, à Paris l’indice vedette CAC 40 a lâché 3,60%, à Francfort le Dax a perdu 4% tandis qu’à Milan le FTSE Mib cédait jusqu’à 4,93%. De son côté le Footsie-100 à Londres, a un peu mieux résisté en n’abandonnant que 2,35%.
Les marchés sont devenus fébriles devant l’inquiétude suscitée par la double crise, économique et de la dette, les pertes de Wall Street et des signaux inquiétants, tels que la démission de l’économiste en chef de la BCE.
Le G7 s’est réuni en urgence ce jour à Marseille dans la perspective de trouver des solutions afin d’éviter une rechute de la croissance. «Nous aurons une discussion de fond sur le ralentissement observé cet été dans le monde et le débat sera d'autant plus libre qu'il n'y aura pas de communiqué final», a indiqué le ministre français de l'Économie, François Baroin, dans un entretien au Figaro.
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui prévoit une croissance en berne pour les prochains mois dans les pays riches et entrevoit même des risques de récession, a appelé jeudi le G7 à «agir» face à l'aggravation de la crise.
Qui veut lâcher la Grèce?
La question n'est pas nouvelle. Déjà, le 7 juillet 2010, l'économiste Mark Cliffe envisageait l'hypothèse dans son étude "quantifier l'impensable". Mais il évoquait des conséquences soi-disant trop dures pour qu'on la laisse devenir réalité. "La Grèce connaîtrait une récession de 7% la première année et l'euro-zone de 1%" prédisait-il. Cela n'empêche pas certains politiques de l'envisager en 2011. "Le scénario d'un éloignement de la Grèce de l'euro est désormais sur la table", déclarait ainsi la commissaire grecque à la Pêche en mai dernier. Mais c'était avant le vote d'un nouveau plan de soutien au pays censé tout régler une fois pour toute.
Le problème, c'est que la capacité - ou la volonté-, de la Grèce de vraiment réduire ses déficits est aujourd'hui clairement mise en cause. Du coup, certains Etats ne se gênent plus pour menacer clairement le pays. Les Pays-Bas ont ainsi pris la tête de la fronde anti-Grèce. Le ministre des finances hollandais a réclamé jeudi une exclusion de la zone euro en cas de non-respect du Pacte de stabilité. La veille déjà, son Premier Ministre évoquait la création d'un poste de commissaire européen chargé de surveiller les comptes publics... Et de faire sortir les mauvais élèves de la zone euro.
La Finlande n'a pas encore franchi le pas. Mais elle y est poussée par le "Parti des vrais finlandais", très eurosceptique, qui réclame la sortie de la Grèce de l'euro. Pour l'instant le gouvernement menace de ne pas participer au second plan de sauvetage si des garanties ne lui sont pas apportées. Le pays a lui-même traversé une période noire de récession, avant d'intégrer la zone euro en 1995. Il proteste contre le manque de discipline grecque. Reste qu'avec au maximum 4% de participation au montant total du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la menace ne remet pas en cause le plan. Du moins pour l'instant. "Attention à l'effet d'entrainement. Si les finlandais refusent de payer, d'autres pourraient s'y mettre sous la pression de leur opinion. Si ça commence comme cela on est perdus ", craint Philippe Martin, professeur d'économie à Science Po.
L'effet domino a pourtant bel et bien commencé. La Slovaquie a repoussé le vote du FESF à décembre. Le Premier Ministre Richard Sulik l'a même qualifié "d'outil pour produire davantage de dette". Quant à l'Estonie, son ministre des finances juge " illogique" ne pas envisager la faillite du pays. Le pays a dû mettre de sévère réformes économiques en marche par le passé, avant d'être intégrée à la zone euro en début d'année.
Ce clan d'euro-sceptiques tape du poing sur la table alors que les comptes grecs sont en pleine déconfiture. Au 2e trimestre la récession s'est chiffrée à -7,3%. Et "l'objectif de 17 milliards d'euros de déficits prévu en 2011 sera explosé. En juillet le pays était déjà à 15,5 milliards. Idem pour la récéssion annuelle qui tournera plutôt à -5% au lieu de -3,5%", constate Céline Antonin, économiste à l'OFCE.
Si le scénario noir de la sortie de l'euro se concrétisait, quels impacts ? Selon une récente étude d'UBS, la sortie de l'euro d'un Etat en difficulté comprendrait un défaut souverain, un défaut des entreprises sur leurs emprunts, mais aussi l'effondrement du système bancaire et du commerce international. Au total, UBS estime que le coût de sortie de la zone euro d'un pays en difficulté - tel que la Grèce, l'Irlande ou le Portugal - atteindrait entre 40 à 50% de son produit intérieur brut, soit 9.500 à 11.500 euros par habitant.
Avec des conséquences pour l'ensemble de l'Europe. "Cela pourrait créér un appel d'air pour l'Italie et l'Espagne, des pays fragiles actuellement. On peut même envisager que l'Allemagne en sorte", craint Céline Antonin. Si la Grèce était amenée à quitter l'euro, l'impact serait aussi désastreux pour les banques exposées à la dette du pays. Mais François-Marc Durand, associé-gérant au sein de la Lazard Frères Gestion ne veut pas croire à l'éclatement de l'euro. " Cette anticipation ne tient pas sur des éléments crédibles. Elle est davantage l'objet d'une discussion de salon que d'une réelle réflexion. "Mais selon Philippe Martin le scénario reste possible. "Je n'exclus plus aujourd'hui que la Grèce en sorte. Il y a eu dans le passé des zones monétaires qui ont éclaté. Et cela n'a pas forcément été une catastrophe".
Bruxelles tente tant bien que mal de couper court à ce scénario noir. "Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n'est possible d'après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable", a répliqué jeudi le porte-parole de la Commission européenne.
La France, quant à elle, a été le premier pays à voter le plan d'aide jeudi. Mais on échafaude déjà des scénarios de crise en cas d'échec dans d'autres pays. Le président français de l'Autorité des marchés financiers évoque une mise sous tutelle au cas ou le plan d'aide ne marcherait pas. Selon Jean-Pierre Jouyet, "La solidarité, elle ne se voit pas d'un seul côté. Elle vaut aussi de la part des Grecs vis-à-vis des autres". Une procédure qui n'est aujourd'hui pas prévu par les traités. Mais le principe serait "de la même manière qu'en France où les collectivités peuvent être sous tutelle de l'Etat ", une administration des comptes de la Grèce par Bruxelles, selon l'économiste Nicolas Bouzou.
L'Allemagne prépare quant à elle le vote du FESF au Parlement, mais des fissures apparaissent. Une partie des libéraux comme des chrétiens-démocrates menacent de ne pas voter le texte. Et le ministre des finances Wolfgang Schäuble n'a pas mâché ses mots sur la volonté grecque de prendre son problème à bras le corps. "Je comprends qu'il y ait de la résistance aux mesures d'austérité au sein du peuple grec, mais au final, c'est à la Grèce de savoir si elle peut remplir les conditions qui sont nécessaires pour faire partie des membres de la devise commune" a-t-il déclaré jeudi sur une radio allemande. Des propos qui tranchent avec ceux d'Angela Merkel. La chancelière avait exclu lundi toute sortie de la zone euro d'un Etat membre en difficulté, estimant qu'une telle issue produirait un "effet domino" dangereux.
Et après l'autorisation du premier plan d'aide par la Cour constitutionnelle allemande, des doutes persistent. La Cour Karlsruhe a certes autorisé la participation de l'Allemagne au Fonds de secours européen mais a interdit le recours aux obligations européennes, un instrument qui permettrait de mutualiser les risques des pays en difficultés. Et a soumis chaque grande décision européenne à la validation du Parlement "au cas par cas". Des choix qui rendront sans doute plus compliqués les éventuels plans d'urgence à d'autres Etats de la zone euro.
vendredi 9 septembre 2011
Grèce : Taxis en grève, étudiants dans les rues
Selon la fédération des taxis (Poeiata), cette loi « anéantit le secteur » et sert « les intérêts de grands entrepreneurs » en érigeant la « pierre tombale » de 70.000 familles. Publié au début de la semaine par le ministre des Transports, Yannis Ragoussis, le projet de loi ouvre la voie à l’installation de sociétés de taxis en bonne et due forme et instaure des conditions pour l’achat ou la vente des licences, une transaction jusqu’ici occulte qui favorisait la circulation d’argent noir. Il prévoit également des critères pour l’obtention de ces licences visant à améliorer les services des taxis, renommés pour leur faible qualité.
Les taxis ont annoncé une deuxième grève de 24 heures samedi, jour du discours de rentrée politique et économique du Premier ministre, Georges Papandréou, à Salonique, à l’occasion de l’ouverture de la Foire internationale annuelle.
L’autonomie des universités en question
De leur côté, les étudiants de gauche, dont certains participent à l’occupation de départements universitaires dans plusieurs villes de Grèce, manifestaient à Athènes contre une réforme votée en août au Parlement. Cette réforme, adoptée à l’unanimité par la droite et la gauche, aligne les diplômes sur le système européen, ouvre les facultés sur le marché du travail et aux financements privés et prévoit la fin de la cogestion des universités par des organisations estudiantines. Les recteurs et le syndicat enseignant se sont également dressés contre ces mesures, accusées de compromettre l’autonomie des établissements et de menacer leur caractère gratuit et public.Après avoir été accusé par l’UE et le FMI la semaine dernière de retards dans la mise en œuvre des réformes, le gouvernement s’est engagé mardi à accélérer les privatisations et les réformes structurelles prévues, parmi lesquelles la réduction du secteur public ou la réforme des taxis. Par ailleurs, les syndicats des douaniers et des agents du fisc ainsi que des éboueurs d’Athènes ont annoncé des grèves en début de semaine prochaine.
Pour sa part, la Commission européenne a exclu jeudi une sortie forcée de la Grèce de la zone euro, et a rappelé qu’il n’y avait aucun débat sur le sujet à Bruxelles. « Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n’est possible d’après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable. Il n’y a aucune discussion à ce sujet », a affirmé Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn. Pourtant, certains pays n’hésitent plus à appeler Athènes à quitter l’Union monétaire.
Débat sur une sortie grecque de la zone euro
Alors qu'Athènes peine à remplir les objectifs budgétaires attachés à son plan de sauvetage, la colère monte en Allemagne et aux Pays-Bas, où de hauts responsables politiques parlent désormais ouvertement d'une possible sortie de la Grèce de la zone euro.
Les dirigeants de la zone euro avaient jusqu'à présent rejeté tout scénario de sortie d'un membre de la monnaie unique, jugeant que cela serait désastreux pour le pays concerné tout en causant des troubles systémiques pour l'ensemble de la région.
Mais des voix s'élèvent à présent pour évoquer l'impensable, peut-être en vue de pousser Athènes à prendre des mesures plus drastiques de réduction de son déficit budgétaire.
"Je comprends qu'il y ait de la résistance aux mesures d'austérité au sein du peuple grec, mais au final, c'est à la Grèce de savoir si elle peut remplir les conditions qui sont nécessaires pour faire partie des membres de la devise commune", a déclaré jeudi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, lors d'une interview à la radio allemande.
Le ministre hausse le ton depuis que les inspecteurs de la "troïka" - Union européenne, Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE)- ont suspendu pour dix jours leurs pourparlers avec la Grèce au sujet du versement de la prochaine tranche d'aide internationale en raison du retard pris par Athènes dans la réduction de son déficit.
Le gouvernement néerlandais a de son côté formulé mercredi une proposition selon laquelle les pays ne respectant pas les règles en matière de déficits puissent être placés sous l'administration d'un "contrôleur" budgétaire européen et aient la possibilité de quitter la zone euro.
"Les pays qui ne sont pas prêts à être placés sous administration doivent pouvoir choisir de quitter la zone euro", a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte au Parlement, précisant que ce projet avait le soutien de l'Allemagne et de la Finlande.
Le porte-parole du gouvernement grec s'est vu contraint jeudi d'assurer qu'il n'y avait aucune menace de sortie de l'euro pour la Grèce, tandis qu'un porte-parole de la Commission européenne a dit qu'il n'y avait "pas du tout de débat à ce sujet".
LA RÉCESSION COMPLIQUE LA RÉDUCTION DU DÉFICIT
La question d'une sortie d'Athènes de la zone euro se pose alors que l'économie grecque en est à sa troisième année de récession.
D'après le service grec des statistiques, le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 7,3% sur un an au deuxième trimestre.
Le taux de chômage ressort quant à lui à 16%, contre 11,6% en juin 2010, peu après l'obtention par Athènes de son premier plan de sauvetage.
A l'occasion de la publication de ces chiffres, le ministre grec de l'Economie a prévenu que le déficit budgétaire serait plus important que convenu auprès de ses créanciers, en raison de la récession.
Athènes s'était fixé comme objectif un déficit de 7,6% du PIB en 2011 contre 10,5% l'année précédente.
Les inspecteurs de la troïka feront leur retour à Athènes la semaine prochaine, mais leur départ brutal a renforcé le sentiment, déjà largement répandu dans le nord de l'Europe, que le gouvernement grec est au final peu disposé à prendre les mesures budgétaires drastiques déjà requises par le premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros, conclu en mai 2010.
Cette première aide s'étant révélée insuffisante, les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord le 21 juillet dernier sur un deuxième plan de sauvetage du même ordre de grandeur. Mais celui-ci doit encore être ratifié par les parlements nationaux et semble menacé alors que plusieurs pays, Finlande en tête, souhaiteraient voir Athènes fournir des contreparties à leurs prêts.
La Grèce est pressée d'avancer sur ses réformes budgétaires avant le retour des inspecteurs, pour pouvoir continuer à prétendre à sa prochaine tranche d'aide de huit milliards d'euros.
"Au regard des difficultés que rencontre l'actuel programme pour la Grèce - le versement de la prochaine tranche d'aide - un débat autour d'un deuxième programme pour la Grèce est très prématuré", a estimé jeudi Wolfgang Schäuble dans un discours au parlement.
"EFFET DOMINO"
Le Premier ministre finlandais doit rencontrer Angela Merkel et Wolfgang Schäuble mardi prochain à Berlin, apprenait-on jeudi auprès d'une source au fait du dossier.
La chancelière allemande avait exclu lundi toute sortie de la zone euro d'un Etat membre en difficulté, estimant qu'une telle issue produirait un "effet domino" dangereux.
Il n'existe en effet aucun cadre juridique à la sortie d'un pays de la monnaie unique et les coûts d'une telle sortie pourraient bien se révéler plus lourds encore pour la zone euro que l'inconvénient de garder un mauvais élève dans ses rangs.
Selon UBS, les conséquences d'une sortie d'un pays membre en difficulté comprendraient un défaut souverain, un défaut des entreprises sur leurs emprunts, mais aussi l'effondrement du système bancaire et du commerce international.
Au total, UBS estime que le coût de sortie de la zone euro d'un pays en difficulté - tel que la Grèce, l'Irlande ou le Portugal - atteindrait entre 40 à 50% de son produit intérieur brut, soit 9.500 à 11.500 euros par habitant.
Un haut responsable de la zone euro a dit à Reuters qu'une sortie de la zone euro était inconcevable, y compris pour l'Allemagne, en raison des turbulences que provoquerait un tel scénario:
"La zone euro n'est pas un café où vous entrez et sortez. L'interdépendance financière et monétaire est si grande, si forte que le destin d'un seul membre cause des problèmes à tous les autres."





















