TOUT EST DIT

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dimanche 4 septembre 2011

Grèce : Berlin lance des avertissements

Les partis au pouvoir en Allemagne ont multiplié ce week-end leurs avertissements à la Grèce, sommée de mettre en oeuvre au plus vite ses promesses de réformes en échange d'aide pour rééquilibrer son budget. "L'Europe veut aider la Grèce. Mais le gouvernement grec se doit de remplir les conditions nécessaires au succès de cette aide en procédant à des efforts d'économies et des privatisations conséquentes", a affirmé le secrétaire-général du parti conservateur d'Angela Merkel au Financial Times Deutschland.  "Solidarité et responsabilité vont obligatoirement de pair", a ajouté Hermann Gröhe, selon l'édition du quotidien financier à paraître lundi.

Le secrétaire-général du parti libéral (FDP), Christian Lindner, s'est lui aussi inquiété du départ d'Athènes vendredi de représentants de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne, et du Fonds monétaire international qui ont donné 10 jours au gouvernement grec pour faire avancer les réformes structurelles dans le pays.
L'arrêt des entretiens "est un revers pour la stabilité de l'euro", a mis en garde M. Lindner, cité dimanche par l'hebdomadaire Bild am Sonntag. Plusieurs médias ont interprété le départ, jugé précipité, des représentants de la "troïka" comme résultant d'un clash avec le gouvernement grec sur l'ampleur de l'effort de rigueur à fournir pour poursuivre l'assainissement des comptes. Cette interprétation a été démentie aussi bien par le ministère des Finances grec que par les représentants de la "troïka".
Une chef de file du parti conservateur bavarois (CSU), Gerda Hasselfeldt, a affirmé pour sa part au journal Taggespiegel am Sonntag que "celui qui veut de l'aide doit lui même se montrer digne de foi".

La Grèce, a-t-elle ajouté, "n'arrive pas à gérer sa dette et remet en cause le soutien à venir des partenaires européens". L'an dernier, Athènes a bénéficié d'un plan d'aide de 110 milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). Lors de leur sommet du 21 juillet, les pays de la zone euro ont accepté de verser un nouveau prêt de 109 milliards d'euros à la Grèce, auquel s'ajoute une participation du secteur privé, sur la base du volontariat, pour un montant de 50 milliards d'euros. L'Allemagne est le principal créditeur de la Grèce au sein de l'eurozone.

Jacques Chirac souffre d’anosognosie

Jacques Chirac souffre depuis plusieurs mois d'anosognosie, indique le rapport médical signé par le professeur Olivier Lyon-Caen et remis vendredi au juge Pauthe et au parquet de Paris, que s'est procuré Le Journal du Dimanche.

L'anognosie, un des symptômes de ce que le grand public connaît sous l'appellation de maladie d'Alzheimer, est l'incapacité pour un patient de reconnaître la maladie ou la perte de capacité fonctionnelle dont il est atteint. En clair, Jacques Chirac, 78 ans, n'aurait pas conscience lui-même de ses problèmes neurologiques, ces malades "oubliant qu'ils oublient", explique au JDD un spécialiste de la maladie d'Alzheimer.
Cette maladie se rencontre essentiellement en cas de lésions de l'hémisphère mineur (hémisphère droit chez le droitier), principalement lors d'un accident cérébral ischémique (dû à une interruption de l'irrigation sanguine). Jacques Chirac a été hospitalisé pour un AVC en 2005.
En janvier déjà, le JDD avait affirmé que Jacques Chirac souffrait de la maladie d'Alzheimer. A en croire l'hebdomadaire, Bernadette Chirac avait prononcé le mot devant un proche, se souvient Rue89. Une information que l'ex-première dame de France avait vigoureusement démentie dès le lendemain : "C'est un mensonge, on me prête des propos que je n'ai jamais tenus, je suis scandalisée par ce que j'ai lu hier dans Le Journal du Dimanche et je ne peux pas accepter que l'on insinue cela. Les médecins lui ont dit qu'il n'a pas la maladie d'Alzheimer. Je les crois"
"IL NE RECONNAÎT PAS FORCÉMENT LES GENS"
Pour établir ce rapport médical, sollicité par Bernadette Chirac, et sa fille Claude, le Professeur Lyon-Caen a fait subir à l'ancien chef de l'Etat un scanner et une batterie de tests psychologiques et est arrivé à la conclusion qu'il ne serait pas en mesure de se présenter à son procès. Un diagnotic confirmé par son gendre, selon qui l'état de santé de l'ex-président "s'est dégradé depuis quelques mois" : il "n'a plus la mémoire", affirme-t-il.
De nombreux hommes politiques proches de Jacques Chirac ont fait part de leur émotion samedi et confirmé que son état s'était détérioré ces derniers temps. "On peut discuter avec lui pendant quelques instants, mais il oublie un peu, il ne reconnaît pas forcément les gens. Il est dans sa bulle", a expliqué Bernard Debré, député de Paris et médecin, sur Europe 1 :

Dans une lettre envoyée vendredi au président du tribunal, à laquelle était jointe son dossier médical, Jacques Chirac indique néanmoins "son souhait de voir le procès aller à son terme" même s'il "n'a plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences", selon le communiqué de ses avocats.
Le tribunal correctionnel de Paris, qui doit juger l'ancien président français Jacques Chirac à partir de lundi, peut décider de tenir le procès sans lui ou de renvoyer les débats.

En défense des technocrates

Mais de quoi Bruxelles se mêle-t-elle encore ? Après avoir règlementé la courbe du concombre, les noeuds des carottes ou listé ce qui doit figurer sur les emballages des cosmétiques, voilà qu'elle nous fait renoncer à nos bonnes vieilles ampoules à incandescence de 60W (celles de 100W sont hors-la loi depuis deux ans, celles de 75W depuis l'année dernière) et qu'elle menace de s'attaquer aux cafetières électriques trop énergivores.

Alors que l'euro vacille, que la récession pointe de nouveau son nez, que le chômage sévit, que le malaise des jeunes devient insupportable et que la Méditerranée est en ébullition, il n'en fallait pas davantage pour qu'une partie de la presse européenne se lance à grand renfort d'ironie contre l'eurocratie et son acharnement à vouloir règlementer le moindre aspect de nos vies sans nous consulter ni être mandatée.

Harmoniser certains aspect de notre environnement, c'est aussi à cela que servent les 33 000 "eurocrates" bruxellois (rappellons pour mémoire que la Ville de Paris emploie 40 000 personnes). Et ce sont bien les Etats membres qui en ont décidé ainsi, puisque ce sont eux qui approuvent les traités qui en fixent les compétences. Tout comme dans les ministères nationaux, ce sont des technocrates qui élaborent les mesures, qui sont ensuite adoptées par l'exécutif (la Commission) et approuvées les représentants du peuple (le Conseil et/ou le Parlement). Comme l'ont rappelé certains lecteurs, le processus n'est pas moins démocratique qu'au niveau national.

Que l'UE soit maladroite dans sa communication, tant du point de vue de la forme que, souvent, du timing, on s'en est bien rendu compte : ses annonces sont perçues comme froides, péremptoires et formulées dans la plupart des cas par des personnages (à commencer pas les commissaires) qui ne nous sont pas familiers et qui ne parlent pas notre langue.

Un effort de pédagogie de leur part est-il nécessaire ? Sans doute. Davantage de transparence dans les processus d'élaboration des mesures communautaires et de leur adoption est-elle souhaitable ? Certainement. Mais cessons de reprocher à l'UE de faire ce pourquoi elle a entre autre été créée, par nos chers représentants politiques.

Une dernière séance bien trop tardive


Le procès Chirac n'aura-t-il donc jamais lieu, même si procès des emplois fictifs il y a ? Quinze ans après les derniers faits reprochés, ces fameux emplois fictifs de la mairie de Paris, quatre ans après la fin de son mandat, cinq mois après un précédent renvoi, Jacques Chirac devait être jugé à partir de lundi. La justice française qui ne va décidément pas au même rythme pour tous, notamment pour les affaires d'État, avait pris son temps, entre immunité et lenteurs de procédure, voulues ou non. Sauf que le prévenu est soudain décrit par ses proches comme incapable de participer à trois semaines d'audience en raison d'un état de santé dégradé et d'une mémoire défaillante, rapport médical à l'appui. Mais il insiste, avec élégance ou cynisme, pour que le procès ait bien lieu, sans lui, juste avec ses avocats… Car il est bien difficile de croire à une contre-expertise au bilan radicalement contradictoire ou à un nouveau report de ce procès tant attendu. Pas de quoi scandaliser la majorité des Français, attachés à cet homme vieillissant, émus par l'apparente dégradation de sa santé et oublieux de cette vieille affaire. Mais quelle que soit l'issue des débats, ce serait une déception pour beaucoup qui désiraient en savoir plus ou se félicitaient simplement de voir enfin un ancien président traité comme n'importe quel citoyen… De quoi remettre au jour les imperfections de notre démocratie et de la séparation pouvoir-justice. En attendant la difficile décision du président du tribunal, la moindre des cohérences voudrait que M. Chirac préserve sa santé en cessant d'écrire ses mémoires et en démissionnant du Conseil constitutionnel…

Spécial 11 septembre 2001 - Les moments-clés en images

Dix ans après les attentats qui ont bouleversé la scène internationale, revivez en images les temps forts de la catastrophe.



 Le 11 septembre 2001, c'est le symbole de la puissance américaine qui est touché au travers des tours du World Trade Center, érigées en plein coeur de Manhattan. À 9 h 59, la tour sud, deuxième à être percutée, s'effondre. La tour nord, la première touchée, s'écroule à 10 h 28.

Le sexe n'est pas que construction

Décidément, les sciences de la vie et de la Terre déplaisent aux conservateurs, de droite comme de gauche. Par leurs disciplines et leurs contenus, elles se trouvent en prise avec les grandes questions touchant à la modernité de nos sociétés, à la laïcité et à la sexualité, sans oublier l'avenir de l'espèce humaine, avec les problématiques de la biodiversité et du réchauffement climatique.

Au nom de mes collègues chercheurs, je salue la pertinence et le courage - en un mot le dévouement citoyen - de nos collègues de l'éducation nationale chargés des programmes, et toutes celles et tous ceux qui oeuvrent pour un enseignement de qualité en phase avec les avancées des connaissances et des questions de société.
Il y a deux ans, je m'étonnais que, dans la perspective des nouveaux programmes, les sciences de l'observation et de l'expérimentation disparaissaient des classes de 2de, alors que se profilait le sommet de Copenhague. Ce dernier n'a pas été une réussite, et on s'en est sorti un peu mieux pour les programmes.
La polémique autour des théories de l'évolution s'est considérablement apaisée depuis 2009 (année Darwin). Remarquons néanmoins que, si les prétentions scientifiques des créationnistes ne présentaient pas un réel danger en France, sa forme plus léchée - le "dessein intelligent" - continue de faire son chemin, trop de journaux et de magazines se complaisant dans l'exercice puéril du dénigrement des sciences. C'est encore plus affligeant à propos de l'évolution dite de l'homme, toujours conçue comme un schème finalisé, téléologique. Il serait temps de lire et de comprendre Claude Lévi-Strauss, Jacques Monod et Stephen Gould.
Dans l'évolution, c'est toujours l'homme qui pose problème, et les sciences humaines. La controverse est loin d'être simple, et je vais essayer d'être méthodique. D'un point de vue biologique et évolutif, les espèces les plus sexuées sont les mammifères et les oiseaux ; les espèces les plus complexes physiologiquement, éthologiquement, cognitivement et, bien sûr, dans la diversité des sexualités. (Le sexe de la plupart des reptiles se fixe en fonction de la température d'incubation et 10 % des espèces de poissons changent naturellement de sexe au cours de leur vie.)
Le sexe biologique est fortement déterminé par les chromosomes, sachant que les femelles sont XX (homogamiques) chez les mammifères et XY chez les mâles (hétérogamiques), tandis que c'est l'inverse chez les oiseaux, avec des femelles ZW et des mâles ZZ. Un très faible pourcentage d'individus naît avec différentes formes d'indéterminations sexuelles.
C'est là qu'une partie des sciences humaines pose problème. En raison d'un antibiologisme radical, elles refusent cette réalité biologique qui fait que nous sommes dans le groupe des espèces les plus déterminées biologiquement pour le sexe. C'est inepte d'un point de vue scientifique, stupide d'un point de vue philosophique et ouvert à toutes les idéologies. Par-delà le sexe (biologique), il y a la sexualité, c'est-à-dire la diversité et la plasticité des comportements qui amènent des individus à avoir des relations sexuelles. Heureusement, une partie des sciences humaines travaille avec l'anthropologie évolutionniste, notamment autour de la sexualité et de la construction sociale de l'identité sexuelle des individus.
Notre espèce se caractérise par une réceptivité sexuelle des femelles quasi permanente et un découplage entre l'acte sexuel et la reproduction, ce qu'on retrouve aussi chez les grands singes les plus proches de nous. La sexualité intervient dans les relations affectives, mais aussi dans les résolutions de conflits et dans des actes d'humiliation et de soumission. L'évolution nous a légué cette plasticité étho-cognitive et, par conséquent, l'éducation et les représentations sociales interviennent dans la construction de la sexualité, ce qu'on appelle le "genre" qui, contrairement au sexe biologique, n'est ni strictement féminin ni masculin.
L'hétérosexualité comme l'homosexualité ne sont ni des normes ni des anomalies. Cela fait partie du jeu des possibles de nos sexualités au cours de nos vies. Ce qui change, c'est le pourcentage de personnes qui choisissent ces diverses formes de sexualité, parfois pratiquées alternativement par des individus, ou changeant au cours de leur vie, le plus souvent en étant épanouis et dans l'affection partagée.
L'éthologie, l'anthropologie et la sociologie nous confirment qu'il n'y a là aucune dérive, et encore moins de dégénérescence. Combien de grands personnages de l'histoire - pour ne parler que de la société occidentale - sont connus par la diversité de leurs préférences sexuelles ? Et puis il y a la grande diversité des pratiques sexuelles, plus ou moins contrôlées, ritualisées, participant aux initiations parmi les centaines de cultures étudiées par les ethnologues. L'anthropologie culturelle a bien établi l'importance de la construction du genre, et il s'agit bien d'une théorie scientifique, comme celle de l'évolution, avec des concepts et des paradigmes confrontés aux observations, autrement dit aux faits sociaux (les travaux de Françoise Héritier).
Je m'oppose à toutes ces théories qui détournent les gender studies, avec pour seul argument imbécile d'affirmer qu'il n'y a pas de sexe biologique, et qui plient les observations faites dans la diversité des sociétés humaines et de grands singes pour dénaturer ou naturaliser - c'est selon - notre sexualité. Je comprends leurs revendications, mais elles ne sont pas du domaine des sciences. Pas plus que les créationnistes ou les conservatismes religieux, ces organisations et leurs motivations - aussi fondées soient-elles - n'ont pas leur légitimité en classe de sciences. Pour cela, il y a la politique, et j'invite tous les protagonistes à ne pas se tromper de terrain.
Rappelons que la France bénéficie d'un des enseignements les plus qualifiés autour de l'éducation sexuelle, et que, depuis plus de trente ans, ce sont toujours les mêmes qui s'y opposent pour des raisons conservatrices. Ces considérations n'ont rien à faire en classe de sciences d'une école laïque et républicaine. Par comparaison, il suffit de constater le taux ahurissant de jeunes filles mères aux Etats-Unis et les actions fascisantes contre l'avortement. Les puritanismes ne font que générer de la frustration et de la misère sexuelle et sociale.
Cet enseignement doit aussi évoluer, et pour deux raisons : premièrement, parce que nos connaissances sur le sexe, l'homme et l'évolution ont considérablement avancé et, deuxièmement, parce que nos sociétés connaissent des changements importants sur les formes de sexualité et de parenté (Maurice Godelier, Métamorphoses de la parenté, Fayard, 2004).
Il est tout à fait légitime que des élus s'intéressent aux contenus des programmes. Comme il s'agit de sciences, c'est le rôle des personnes compétentes d'en établir et d'en valider les contenus. Mais l'intervention des élus à l'encontre des connaissances scientifiques fondées sur des opinions politiques, philosophiques et/ou religieuses n'est pas légitime, même si cela devait leur déplaire en raison de leurs diverses convictions. Je comprends leurs valeurs, mais qui doivent respecter la plus grande de toutes dans nos sociétés modernes : la laïcité. En disant cela, je ne défends pas la science, mais bien la laïcité, et je suis heureux de telles controverses, qui placent l'école au coeur de nos débats citoyens.

LE SEXE EST SOUVENT DESTRUCTION.
N'EST-IL PAS, DSK ?

L’impasse de tous les dangers

Quel chaudron, le Moyen-Orient ! Semaine après semaine s’ajoutent de nouveaux ingrédients explosifs comme s’il fallait préparer une déflagration générale. Partout, les mèches, longues ou courtes, sont posées. Et on ignore qui assumera le rôle du boutefeu, tant les incertitudes sont grandes dans toute la région.

Il y a d’abord la Syrie. Nul ne sait quand le clan Assad capitulera après avoir déjà infligé tant de souffrances à son peuple. Nul ne sait quel régime succédera à la dictature et avec quelle politique, en sachant que l’Iran garde l’œil sur Damas, indispensable base logistique à Téhéran dans son soutien au Hezbollah libanais. En sachant aussi que tout changement de régime en Syrie aura des conséquences dans un Liban paralysé. Elles pourraient être positives, si une nouvelle Syrie optait pour une vraie démocratie. Mais le pire est aussi à craindre. Rien d’étonnant si Israël surveille de très près sa frontière Nord...

Avant la fin du mois, l’ONU devrait – si l’Autorité de Ramallah maintient sa requête – se prononcer sur la demande d’adhésion de la Palestine, donc également sur une reconnaissance internationale d’un Etat palestinien. Toute adhésion devant obtenir l’aval du Conseil de sécurité, elle sera certainement rejetée par le veto américain. Néanmoins, l’Assemblée générale des Nations Unies a le pouvoir, sans en référer au Conseil de sécurité, de rehausser le statut actuel des Palestiniens d’ «observateurs» en «représentation étatique d’un pays non membre» (comme le Vatican). Pour Mahmoud Abbas, qui voit en l’ONU sa dernière arme dans la lutte contre la poursuite de la politique de colonisation israélienne, ce serait déjà une victoire ! Même s’il risque de chèrement la payer dans la mesure où le gouvernement Netanyahou menace de rompre ce qui reste des accords d’Oslo, notamment les transferts financiers à l’Autorité palestinienne des taxes prélevées par Israël sur les marchandises à destination de la Cisjordanie. Une asphyxie des Territoires mènerait vite à une énième Intifada. A Gaza, le Hamas ne resterait pas longtemps à l’écart, le Hezbollah non plus. L’effervescence serait garantie dans tous les pays arabes...

Et il y a l’Egypte en transition de plus en plus réservée envers Israël, bien que son armée qui détient le vrai pouvoir au Caire doive compter sur l’Etat hébreu pour que le Sinaï ne se transforme pas en repaire terroriste. Les relations israélo-jordaniennes sont glaciales. Avec la Turquie, elles sont gelées. Même si les récentes menaces d’Ankara ne doivent pas être prises au premier degré, elles témoignent d’un incroyable gâchis diplomatique : Israël n’a plus aucun allié dans la région, aucun allié musulman.

Tout le Moyen-Orient est dans l’impasse. Sans oublier les problèmes sociaux en Israël. Sans oublier la guerre civile larvée en Irak et les guérillas menées contre les Kurdes par la Turquie et l’Iran...

Or, l’Histoire de ces cinquante dernières années a appris que le Moyen-Orient ne connaissait qu’une seule issue à l’impasse. Celle dégagée par les armes.

En direct: DSK est arrivé chez lui, place des Vosges, à Paris

L'avion de l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn en provenance de l'aéroport Kennedy de New York a atterrit à Paris dimanche matin, vers 7h05. Il est arrivé chez lui vers 8h20.
 8h20: DSK arrive place des Vosges8h20: DSK arrive place des Vosges


Le couple Strauss-Kahn est désormais à Paris. DSK et sa femme Anne Sinclair sont arrivés peu parès 8h20 places des Vosges, puis ont passé quelques minutes dans la cour de leur domicile, souriants, semblant même poser pour les journalistes. Mais il n'a fait aucune déclaration. Une pancarte hostile à DSK aurait été brandie, selon un journaliste de LCI sur place.
7h43: DSK monte dans une voiture et quitte RoissyDominique Strauss-Kahn et sa femme Anne Sinclair sont arrivés dimanche à Roissy et ont immédiatement embarqué à  bord d'une voiture qui a quitté l'aéroport. Le couple était encadré par un important dispositif policier et sont montés dans une Peugeot noire qui a quitté l'enceinte de Roissy. Plusieurs badauds ont crié "bon courage!", selon des journalistes de l'AFP. Le couple, débarqué d'un vol Air France qui s'était posé à 7h05 à Roissy en provenance de New York, est sorti rapidement du terminal 2E, souriant mais sans faire la moindre déclaration.
7h05 : L'avion de DSK se pose à Roissy
Dominique Strauss-Kahn foule le sol français dimanche matin. L'ancien patron du FMI a atterrit dimanche matin à 7h20 à Roissy-Charles-de-Gaulle, heure de Paris. Il y a quelques jours, un de ses proches relevait auprès de l'AFP que DSK pouvait très bien changer sa date d'arrivée pour tenter d'échapper aux médias français qui, en nombre, s'apprêtent à l'attendre à son arrivée à l'aéroport. Samedi, des images tournaient en boucle sur les chaînes d'information en continu, le montrant à son domicile new yorkais alors qu'il ouvrait la porte à des déménageurs. 


Samedi 22h: 
DSK a quitté son appartement new-yorkais, valise sous le bras. Il était apparu souriant et détendu devant les journalistes qui l'ont vu s'engouffrer dans une voiture. Il était accompagné de sa femme Anne Sinclair, également souriante, et de sa fille Camille. 

LE GRAND BARNUM VA POUVOIR COMMENCER  

Anne Mansouret
La mère de Tristane Banon et vice-présidente PS du conseil général de l'Eure, a jugé aujourd'hui le retour de l'ancien patron du FMI «indécent». «Je suis un peu choquée par le côté médiatique de ce retour. Pour moi, comme tous ceux qui ont fait du droit dans leurs études, tant que M. DSK n'aura pas été jugé il ne sera pas blanchi», a déclaré Anne Mansouret au sujet du volet américain de l'affaire DSK, où subsiste une procédure civile. «Je trouve que ce retour est à proprement parler indécent. Comme Polanski, M. Strauss-Kahn fuit la justice américaine». «Espérons qu'il ne partira pas pour le Maroc pour fuir les interrogatoires de la police» dans l'affaire Tristane Banon, qui a porté plainte contre DSK pour tentative de viol en 2003, a ajouté Anne Mansouret sur BFMTV.

Le syndrome de Saint-Tropez

En mars, revendiquant la transparence, Jacques Chirac allait bien. Et personne, dans son camp, ne songeait à lui infliger un quelconque examen médical. Il est vrai que le report du procès, à l’époque, fut obtenu par d’autres voies. Une énième pirouette procédurale a suffi pour gagner du temps…

Six mois plus tard, à la veille de reprendre l’audience, la défense change de ton. L’ancien président ne serait plus capable, même un seul jour, de soutenir une conversation au palais. “Sa santé s’est beaucoup dégradée pendant l’été” nous explique-t-on. Le soleil cogne fort à Saint-Tropez, et les organismes souffrent beaucoup.

L’argument, qu’une contre-expertise devra valider, n’a rien d’illégitime. Sauf que, présenté au dernier moment et de manière unilatérale, il devient suspect. On y verra un nouveau moyen, après tant de finasseries d’avocats, d’échapper à l’épreuve judiciaire. De quoi provoquer l’indignation du peuple ? Pas vraiment.

Tout se passe comme si l’opinion, la nostalgie aidant, avait déjà tout pardonné à l’ex-chef de l’État. Parce que l’usage détourné de fonds publics, pourvu qu’il n’y ait pas d’enrichissement personnel, bénéficie chez nous d’une rare tolérance.

Dans les démocraties anglo-saxonnes, pareil délit relève de l’inacceptable. Mais l’âme latine, dette publique ou pas, paraît toujours mieux s’en accommoder. Le procès d’une certaine “indulgence française” vis-à-vis de la corruption politique reste à instruire.

Les bourses sonnées par les Etats-Unis et la Grèce

L'arrêt des créations d'emplois outre-Atlantique et les inquiétudes sur les déficits et la dette grecque ont fait chuter l'ensemble des marchés d'actions dans le monde. Les valeurs bancaires ont particulièrement souffert.

L'embellie boursière n'aura pas duré jusqu'à la fin de la semaine. Les places européennes ont terminé la séance en forte baisse vendredi après la publication des chiffres de l'emploi américain, qui ont révélé que l'économie des Etats-Unis avait cessé de créer des emplois en août, et en raison d'inquiétudes sur la situation grecque. La Bourse de Paris a perdu 3,59%, Londres 2,34%, Francfort 3,36%, Madrid 3,40%, Milan 3,89%.
La Bourse de New York évoluait également dans le rouge: Vers 15H40 GMT, l'indice Dow Jones perdait 1,38% et le Nasdaq, à dominante technologique, 1,44%.
L'économie américaine n'a créé aucun emploi en août, mettant fin à dix mois consécutifs d'embauches nettes, selon des chiffres publiés vendredi à Washington par le département du Travail et témoignant du maintien d'un taux de chômage très élevé aux Etats-Unis, à 9,1%.
Ces chiffres sont les plus mauvais depuis ceux de septembre 2010, qui avait vu l'économie américaine détruire plus d'emplois qu'elle n'en avait créés.
"Le secteur public est destructeur d'emplois, ce qui n'est pas surprenant, le gouvernement devant réduire ses dépenses. En revanche, le fait que le secteur manufacturier ait détruit des postes alors qu'il en avait créé jusqu'à présent est une très mauvaise surprise", commente Dov Adjedj chez Aurel BGC. "Le marché du travail devrait rester morose à moyen terme et le taux de chômage devrait légèrement augmenter ou se maintenir à son niveau actuel élevé" de 9,1%, estime pour sa part Inna Mufteeva chez Natixis.
Cette publication renforce, aux yeux des experts, la probabilité d'une nouvelle réponse monétaire de la part de la Réserve fédérale américaine lors de sa prochaine réunion les 20 et 21 septembre.
La situation en Grèce, où la mise en place d'un second plan d'aide semble se compliquer, a aussi pesé de nouveau sur les échanges. Le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, a reconnu que l'objectif de déficit public pour 2011 serait révisé "automatiquement" à la hausse du fait de l'aggravation de la récession.
Dans ce contexte, les valeurs bancaires, exposées aux dettes européennes, grecque en particulier, ont particulièrement souffert. A Paris, Crédit agricole a chuté de 7,38%, Société générale a perdu 6,65% et BNP Paribas a abandonné 6,24%.

Taxe sur les riches: ce que les patrons en disent


L'appel de Maurice Levy à un effort de solidarité des plus riches pour redresser les finances publiques et la taxe de 3% sur les hauts revenus annoncée par François Fillon ont beaucoup fait parler. L'Expansion.com est allé demander leur avis aux patrons à l'Université d'été du Medef.


La bombe était bidon

Cela ressemble à une fable : « La juge, la greffière et l’infirmière ! » Une juge dessaisie de l’affaire Bettencourt accuse dans un livre le président de la République d’avoir reçu des enveloppes pendant la campagne de 2007 de la part de la milliardaire. Sur quoi se fonde-t-elle ? Sur des propos d’un témoin, une infirmière qui se serait confiée à la greffière de la juge, hors procès-verbal. Quelques heures plus tard l’infirmière en question dément avoir assisté à de quelconques remises d’argent. Fin provisoire en attendant que les juges de Bordeaux chargés du dossier Bettencourt entendent les trois protagonistes. La bombe était donc bidon, sauf que pendant 24 heures elle a déclenché un fantastique tohu-bohu médiatico-politique.Au fait, pourquoi la juge a-t-elle attendu la parution d’un livre en début de campagne présidentielle pour s’exprimer plutôt que de saisir à l’époque sa hiérarchie et ses collègues ? Et pourquoi Libération a-t-il consacré 5 pages à ces allégations tandis que Le Monde, où exercent les auteurs du livre, a été particulièrement sobre et retenu ?

Deux leçons à retenir de ce psychodrame :

1. Comme par le passé nous allons vivre une campagne présidentielle faite de coups tordus, d’attaques personnelles et de ces « boules puantes » dont parlait le général de Gaulle qui n’avait jamais voulu les employer contre François Mitterrand. Ces dérapages sont regrettables mais font hélas partie de nos pires traditions.

2. Le plus grave par contre c’est l’emballement médiatique sans discernement où l’on mélange allégrement révélations douteuses, allégations non vérifiées et affirmations mensongères sous le noble label d’informations. C’est la faillite d’un système médiatique quand les journalistes oublient les valeurs de leur métier et les principes de la démocratie.

La dernière séance d'Eddy Mitchell

À partir de ce samedi, Eddy Mitchell dit adieu à la scène pour trois concerts, à l'Olympia.
 Eddy, généreux
A 69 ans, Eddy Mitchell donnera les derniers concerts de sa vie samedi, dimanche et lundi à l'Olympia, au terme d'une tournée d'adieux débutée il y a un an. Le "Schmoll", généreux, se produira pour son ultime entrée en scène (concert complet comme les deux autres), au profit de l'association caritative "Les puits du désert".

Ils sont venus...

La veille, amis et admirateurs viendront célébrer leur ami.  Edouard Baer, Jean Rochefort, Laurent Gerra, Pascal Obispo, Alain Souchon, Olivia Ruiz font partie des invités annoncés pour ce concert très spécial. Mais, pour cette dernière séance, les fans espèrent évidemment voir d'autres compagnons de route des yé-yés monter sur scène avec lui le film pour fêter ses 50 ans de carrière.

Claude rêve de Nashville

Enfant de Belleville, Claude Moine (son vrai nom) a grandi en rêvant de Nashville. Au cinéma, où son père l'emmenait souvent, il a découvert l'Amérique des cow-boys avant de s'initier à celle du rock au Golf-Drouot près du Crédit Lyonnais où il était coursier. Le chanteur devient sur scène Eddy Dan, puis Eddy Mitchell.

Des Chaussettes noires à "Monsieur Eddy"

En décembre 1960, il enregistre son premier disque avec Les 5 Rocks, transformés à leur insu en Chaussettes noires pour cause de contrat publicitaire entre leur producteur Eddie Barclay et une firme textile. Après 50 ans et autant de tubes (Sur la route de Memphis, Pas de Boogie-Woogie, Couleur menthe à l'eau, Lèche-bottes blues, La dernière séance...), "Monsieur Eddy" a donc décidé de tirer sa révérence, ne souhaitant pas devenir un "papy du rock".

Une tournée couronnée

Sa tournée d'adieux a été couronnée par une Victoire de la musique. Il l'a entamée il y a un an par une série de quinze concerts à l'Olympia, suivie d'une tournée d'une cinquantaine de dates en province. Au printemps dernier, il est revenu dans la capitale pour cinq soirées au Palais des sports.

Pas un adieu à la musique

Si Eddy Mitchell fait ses adieux à la scène, il ne compte cependant pas prendre sa retraite. Le rockeur assure qu'il publiera d'autres albums. Et celui qui a reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Le bonheur est dans le pré veut continuer à tourner des films.
Autant Johnny Hallyday m'est égale (il était ridicule hier à TF1 face à mamie Chazal, Tennessy Williams doit se retourner dans sa tombe) ; Autant cette éclipse de la scène de Eddy Mitchell m'emmerde profondément, il va sacrément me manquer.

Monica Bellucci, nue, et Keira Knightley, hystérique, électrisent Venise

Au programme samedi: "Alpes" du Grec Yorgos Lanthimos et "Poulet aux prunes" de la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, premier film avec des acteurs en chair et en os (Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani, Chiara Matroianni, Edouard Baer...), quatre ans après le long métrage d'animation "Persepolis".
Les femmes, principaux personnages de plusieurs films présentés à la Mostra de Venise, sont au coeur de "A Dangerous Method" de David Cronenberg et d'"Un été brûlant" de Philippe Garrel, l'une faisant avancer de manière décisive la psychanalyse, l'autre conduisant au suicide. Vincent Cassel interprète un patient toxicomane dans le premier et Monica Bellucci une femme fatale dans le second, ce qui va donner l'occasion au couple, très populaire en France et en Italie, d'arpenter ensemble le tapis rouge vendredi soir. Avec "A Dangerous Method", le réalisateur canadien David Cronenberg ("Crash", "eXistenZ"), connu pour ses films visionnaires hantés par des créatures mutantes, s'attaque à un sujet historique : les relations entre le psychanalyste Carl Jung (Michael Fassbender) et son mentor, Sigmund Freud (Viggo Mortensen) à travers une femme, patiente des deux, Sabina Spielrein (Keira Knightley). Diagnostiquée comme hystérique, la jeune femme est soignée en Suisse par le Dr Jung, marié et qui attend un enfant. Immigrée russe, juive, belle et intelligente, elle devient sa maîtresse. Freud, à Vienne, et Jung entretiennent des relations professionnelles et amicales. Ils vont s'affronter à travers cette jeune patiente qui va amener les deux hommes à constater les limites de leurs théories, l'un attiré par le mysticisme et le spirituel, l'autre, figé dans ses découvertes sur la sexualité comme fondement de l'inconscient.
Pour jouer leurs personnages "légendaires", les acteurs ont eu recours à "de nombreux documents, livres et lettres que Jung et Freud ont échangées", a dit Viggo Mortensen. Michael Fassbender a dit "avoir cherché le rythme comme dans un morceau de musique" et Keira Knightley s'être plongée dans la biographie de Sabina Spielrein. Le film, fortement applaudi, éclaire un "tournant de l'histoire de l'homme à la veille de la Première Guerre mondiale", a expliqué David Cronenberg. Keira Knightley donne son impulsion à l'histoire. Elle est aussi crédible dans sa folie qu'après sa guérison. Jung et Freud, tout en respectant certaines caractéristiques académiques "sont d'abord des êtres humains. Leur position intellectuelle n'est finalement pas si différente, c'est plutôt une question d'orgueil", selon Viggo Mortensen.
Un troisième personnage, Otto Gross (Vincent Cassel), convaincu des bienfaits de la polygamie, apparaît pour attiser le "démon intérieur" de Jung. Les femmes ont aussi inspiré le réalisateur français Philippe Garrel qui dans "Un été brûlant" a voulu "copier" le film, Le mépris, du cinéaste Jean-Luc Godard, son "maître", a-t-il expliqué devant la presse. Monica Bellucci, qui apparaît entièrement nue dès le début du film, interprète une actrice italienne qui brisera le coeur de Frédéric (Louis Garrel, fils du réalisateur). Le film s'ouvre sur le suicide de son personnage, un peintre quitté par sa femme, et revient sur leur relation amoureuse tumultueuse. Il se développe hors du temps, s'attachant plus au ressenti des personnages qu'à l'histoire.
Dans son film, sifflé et hué lors de la projection de presse, Philippe Garrel a dit "essayer de peindre les femmes" avec "des parties qui leur appartiennent entièrement et qui échappent aux hommes".
Au programme samedi: "Alpes" du Grec Yorgos Lanthimos et "Poulet aux prunes" de la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, premier film avec des acteurs en chair et en os (Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani, Chiara Matroianni, Edouard Baer...), quatre ans après le long métrage d'animation "Persepolis".

DSK est arrivé à l'aéroport de New York pour regagner la France

L'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn est arrivé samedi après-midi à l'aéroport Kennedy de New York, où l'attendait un vol Air France qui devait l'amener à Paris dimanche matin, a constaté un correspondant de l'AFP.
Des proches ont indiqué que l'ancien ministre français avait acheté un billet d'avion sur un vol Air France devant atterrir à Paris dimanche à 08H35 locales (06H35 GMT), après que la justice new-yorkaise eut renoncé à toute poursuite pénale contre lui dans une affaire d'agression sexuelle présumée.
C'est dans ce même aéroport Kennedy que "DSK" avait été arrêté le 14 mai sur dénonciation d'une femme de chambre guinéenne qui l'accusait de l'avoir violée à l'hôtel Sofitel de Manhattan.

M. Strauss-Kahn est arrivé samedi vers 16H45 locales (20H45 GMT) à l'aéroport, à bord d'un monospace bleu qui a été pris d'assaut par les photographes. Habillé d'un costume sombre et d'une chemise blanche, sans cravate, l'ancien directeur général du Fonds monétaire international était accompagné de son épouse Anne Sinclair, vêtue d'un jean et d'une veste noire.
A son entrée dans le terminal, le couple a traversé la foule des photographes puis a été pris en charge rapidement par la police des frontières, qui lui a fait passer les portiques de sécurité sans qu'il ait à faire la queue.
M. Strauss-Kahn, qui traînait un bagage à main, n'a fait aucune déclaration à la foule des journalistes qui se bousculaient alors qu'il traversait l'aérogare. Il ne s'est pas présenté au comptoir d'Air France et s'est rendu directement vers les portiques de sécurité.
Souriant, il a fait un signe de la main à un groupes de voyageuses africaines habillées de couleurs vives qui paraissaient ravies de le voir passer.
Plusieurs vols Air France quittaient New York samedi soir à destination de Paris, mais si les déclarations de ses proches sont exactes, M. Strauss-Kahn devait voyager à bord du vol 007 qui décollait à 19H15 locales et devait atterrir à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle à 08H35 (terminal 2E).
L'ancien ministre et favori potentiel pour la présidentielle de 2012 en France devrait s'expliquer rapidement sur ce qui lui est arrivé à New York, selon des proches.
Dès l'abandon des poursuites pénales contre lui le 23 août, il avait fait part de sa "hâte" de rentrer en France. Il a cependant fait un crochet par Washington où il a présenté lundi des excuses à ses anciens collaborateurs du FMI.
Samedi, des images tournaient en boucle sur les chaînes d'information en continu, le montrant à son domicile new yorkais alors qu'il ouvrait la porte à des déménageurs.
Dans son entourage très proche, c'était le mutisme sur la date de retour de l'ancien favori des sondages pour la présidentielle de 2012, mais également sur ce qu'il ferait: interviews, déclarations etc...
Sur le fond, un de ses proches a affirmé à l'AFP que Dominique Strauss-Kahn était "très déterminé" à s'exprimer. "Il doit des explications" sur ce qui s'est passé le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel de New York, "il a l'intention de les donner et il fera face sereinement", a-t-il dit.
Le 23 août, trois mois et demi après son arrestation à New York, l'ex patron du FMI, qui était accusé par une femme de chambre, Nafissatou Diallo, de l'avoir violée, a vu toutes les charges portées contre lui abandonnées.
Depuis le 14 mai, hormis pour plaider non coupable le 6 juin, et des déclarations brèves le 23 août pour dire combien il avait "hâte de rentrer" chez lui, M. Strauss-Kahn n'a pas donné publiquement sa version des faits.
"Je m?exprimerai plus longuement quand je serai de retour en France", avait-il déclaré à la presse, en regagnant son domicile du sud de Manhattan quelques minutes après avoir bénéficié d'un non-lieu.
"C?est la fin d?une épreuve terrible et injuste. Je suis soulagé pour ma femme, mes enfants, mes amis, tous ceux qui m?ont soutenu pendant cette période en m?envoyant aussi des lettres et des emails. Il faut qu?ils sachent que leur soutien a été très important", avait-il ajouté.
Depuis, accompagné de son épouse Anne Sinclair, il a dit au revoir lundi aux employés du FMI avec il a travaillé durant quatre ans et fait acte de contrition devant eux, au siège de l'organisation internationale.
Un de ses proches a déclaré samedi à l'AFP qu'il entendait "reprendre le fil de sa vie". Comme on lui demandait si DSK ne redoutait pas d'être assailli par les médias, il a répondu: "il fera face, sauf si évidemment sa vie devient insupportable". "Il est de retour, les charges ont été abandonnées contre lui. Il est innocent. Il a été victime d'une campagne de calomnie", a-t-il ajouté.
Quand M. Strauss-Kahn prendra-t-il la parole? Plusieurs de ses proches ont souhaité que la presse lui donne le temps de "se reconstruire". "Il ne va pas se précipiter immédiatement dans les médias, mais il ne tardera pas non plus", a dit l'un d'eux. "Ce sera une question de jours", a affirmé un autre.
Un autre encore a dit à l'AFP que DSK, "soucieux de ne pas déraper, avait préparé au millimètre près" ses interventions. "Il fera un signe en direction de Sarcelles (son fief électoral, ndlr), mais ne fera pas de déclaration de soutien à l'un ou l'autre des candidats à la primaire", a-t-il déclaré, en ajoutant que M. Strauss-Kahn voulait aussi "se refaire une santé".

On va se marrer !!

samedi 3 septembre 2011

Papandréou: Le PASOK sortira le pays de la surveillance et de la dépendance

Le premier ministre et président du PASOK, Georges Papandréou, a assuré que le PASOK sortira le pays de la surveillance et de la dépendance et fera en sorte qu'il puisse aller de l'avant de ses propres forces.

"Aujourd'hui, notre formation politique sortira le pays de la surveillance et de la dépendance, et elle lui permettra de se tenir à nouveau debout", a affirmé M. Papandréou, dans son intervention samedi en réunion de la Conférence nationale du PASOK, qui coïncide, le 3 septembre, avec le jour anniversaire de la fondation du parti.

M. Papandréou a souligné que "les citoyens nous jugeront en 2013, et d'ici là nous aurons non seulement réussi à sortir la Grèce de la crise, mais nous aurons achevé des changements aussi nombreux et importants, qu'ils auront posé les bases d'une marche différente de la Grèce à l'avenir".

"Alors, les citoyens pourront juger à sa juste valeur la dimension de l'oeuvre historique et nationale que nous avons offerte au cours de notre mandat", a insisté M. Papandréou, se disant fier d'avoir "répondu à l'appel national de l'histoire".

M. Papandréou, qui a annoncé à cette occasion la convocation d'un Congrès du PASOK au printemps 2012, n'a pas manqué de se référer en ouverture de son discours à ce jour qui marque le 37e anniversaire de la fondation du PASOK (3 septembre 1974), en rappelant que "notre fondation est venue exprimer des aspirations du peuple grec et de la Grèce et satisfaire la nécessité de réprésentation d'une grande part de la société grecque qui était jusque là laissée en marge".

Se référant à la grande ligne idéologique du PASOK, M. Papandréou a indiqué que le parti considère le marché comme un outil qui est régulé par l'Etat, et l'Etat un outil démocratique au srvice de l'Homme et de la société.

"La gauche dogmatique est incapable d'exprimer une conception radicale de l'Etat", a lancé M. Papandréou, posant la question "quel Etat voulons-nous, un Etat qui soit l'otage des divers intérêts ou un Etat de prévoyance, de transparence, de justice et d'égalité devant la loi?" "Si nous voulons la seconde version, nous devons être prêts à nous heurter à des conceptions et pratiques et à ne pas dissimuler des logiques conservatrices derrière des slogans révolutionnaires", a-t-il ajouté.

Le PASOK "est et restera toujours une force politique et sociale majoritaire de la gauche patriotique, démocratique, socialiste et écologique", a renchéri M. Papandréou, situant un des enjeux prioritaires dans la mise en place d'une "gouvernance mondiale, sinon d'une gouvernance démocratique européenne forte, qui posera des régulations, des conditions et des contrôles".

Au plan purement économique, M. Papandréou a parlé de la nécessité d'une nouvelle stratégie européenne de développement axée sur l'"économie verte", mais aussi sur l'urgence de trouver de nouveaux moyens de financement au niveau européen, grâce notamment à l'imposition d'une taxe sur les transactions financières, alors qu'à propos de la crise de la dette en Europe, il a plaidé pour l'émission d'euro-obligations.

La Grèce en mauvais Etat

La dette grecque serait désormais hors de contrôle. Le constat vient d'Athènes même, délivré par une commission parlementaire. Asphyxié par une récession plus forte que prévue et miné par l'économie souterraine, le pays semble bien incapable d'honorer ses échéances. 
La scène se passe à Hydra, une île du golfe Saronique, à deux heures de bateau du Pirée, fréquentée par la bonne société grecque, y compris le Premier ministre Georges Papandréou. A l’issue d’un dîner dans une taverne réputée qui réunissait, courant août, une dizaine de convives, la patronne apporte l’addition : 150 euros. Elle est faite à la main, c’est-à-dire qu’elle n’a pas été enregistrée. Payer en carte de crédit ? Hors de question, il n’y a pas de terminal. Ce sera donc cash. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que la taverne travaille pour l’essentiel au noir et échappe ainsi à l’impôt.
Cette taverne n’est pas une exception, loin de là. Dans toute l’île, les restaurants, mais aussi les cafés, fraudent le fisc au vu et au su de tous, tout comme les pensions non déclarées qui doublent la capacité hôtelière d’Hydra. Ainsi, un établissement ayant pignon sur rue propose sept chambres à 50 euros minimum, payables cash et sans facture. Si l’on compte quatre mois de saison, cela rapporte 42 000 euros au propriétaire (moins les charges) net d’impôt. Les cafés et les entrepreneurs ne sont pas en reste. Ce sont ainsi plusieurs millions d’euros qui échappent au fisc rien qu’à Hydra. Ceux qui payent leurs impôts, comme les hôtels officiels, ont la désagréable sensation d’être les dindons de la farce, surtout depuis que la pression fiscale s’est accrue.

L'Etat incapable de fonctionner

Mais, pour autant, les dénonciations restent peu nombreuses (18 500 signalements en 2010 contre 4 500 en 2009). Chacun sait que la plupart des inspecteurs du fisc sont corrompus et fermeront les yeux en échange d’un fakelaki, une "enveloppe". Certes, on constate ici ou là des progrès, une rupture avec deux siècles de fraude massive, comme sur l’île ionienne de Leucade où la plupart des tavernes distribuent des reçus fiscaux en bonne et due forme. Mais cela reste l’exception : restaurants, taxis, cafés, entrepreneurs, l’économie clandestine est partout et ses fruits visibles (voitures de luxe, constructions neuves, bateaux de plaisance, etc.). Elle représente toujours, selon les estimations, entre 30 à 40% de l’économie grecque, sans compter l’Eglise et les sociétés d’armement légalement exemptées d’impôt…
Deux ans après le début de la crise, la Grèce ne semble donc toujours pas avoir pris la mesure de sa gravité et des efforts qu’elle devra faire pour éviter la faillite : plus de 160 % du PIB – 360 milliards d’euros – de dette publique, un déficit 2011 qui dépassera les 7,5% du PIB espérés puisqu’il est déjà de 14,69 milliards d’euros au 1er juillet pour un objectif annuel de 16,68 milliards…
Certes, des réformes sont votées, mais elles ne sont pas ou peu appliquées. La mission de la "troïka" (Commission, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), qui vient de débarquer à Athènes pour évaluer les progrès accomplis avant de lui verser une nouvelle tranche d’aide, ne pourra que constater que la Grèce est la version moderne du tonneau des Danaïdes : exiger de nouvelles coupes budgétaires ne sert à rien tant que l’Etat ne sera pas en état de fonctionner. "Nous avions cru que la Grèce était un pays normal, nous avons eu tort, reconnaît-on désormais à Paris. Son problème ne se réglera pas en un ou deux ans. Il faut l’aider à bâtir un Etat qui fonctionne et cela prendra du temps, ce qui implique qu’on la tienne à l’écart des marchés jusque-là."

Le déni de la réalité

La toute nouvelle Commission de contrôle du budget, composée de personnalités indépendantes, a d’ailleurs estimé, mercredi, que la dette était désormais "hors de contrôle". Certes, la récession économique explique en partie ce dérapage incontrôlé : sans doute – 4,5% en 2005 contre – 3,5% attendu, soit – 10% en trois ans. Mais plusieurs pays européens ont connu une récession encore plus forte (-10,5% en 2010 en Lettonie) sans être dans la situation grecque.
Athènes paye surtout son absence d’Etat, comme le reconnaît la Commission de contrôle du budget : "Il est clair que le problème de ce pays n’est pas seulement le volume de sa dette publique, mais aussi l’incapacité de consolider la gestion budgétaire actuelle. Malgré le gigantesque effort d’ajustement budgétaire, aucun excédent primaire n’a été dégagé et, au contraire, le déficit primaire s’est creusé."
Elle pointe notamment l’incapacité de lutter contre la fraude fiscale. Au lieu de s’attaquer enfin au problème de l’incompétence et de la corruption de ses services, le ministre des Finances grec, Evangélos Vénizélos, s’est contenté, dans la plus pure tradition de déni local, de publier un communiqué qualifiant de "gaffe" ce rapport.
Rien d’étonnant, donc, à ce que plusieurs pays, dont la Finlande, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et la Slovaquie se fassent tirer l’oreille pour verser la nouvelle aide financière convenue lors du sommet du 21 juillet. Car la Grèce semble être un cas particulier : l’Irlande, par exemple, elle aussi sous assistance financière, est en voie de redressement accéléré. La question est désormais posée : Athènes pourra-t-elle éviter la faillite ?


Contrepoint

Non, les Grecs ne sont pas fainéants

"Nous devons à la Grèce le début de l’aventure européenne, nous devons tout à la Grèce", assure Liviu Antonesei dans Adevărul. "On ne peut pas affirmer que les Grecs méritent leur sort ni les envoyer au diable, les jugements globaux sur les peuples sont toujours insultants", estime l’écrivain roumain, qui considère que qualifier les Grecs de paresseux est "ignoble et injuste : des vieux de 70 ans portent des bagages sur les ânes pour les touristes à Santorin, le paysan grec travaille hardiment pour s'occuper des vignes, des oliviers sur le plateau de Lassithi [en Crète], toute boutique ferme après minuit et aucun barman ne se permet d'éteindre la lumière avant le départ du dernier client… ".
Le problème des Grecs n'est pas la peur du travail, mais la rigueur fiscale, remarque Liviu Antonesei. De plus, l'aide versée à la Grèce n'est pas "de l'argent donné mais des emprunts que les générations de Grecs payeront cher. Quand je pense aux biens culturels volés par certains de leurs créditeurs, je trouve cela injuste, mais c'est la vie. La civilisation européenne  a une dette à vie envers la Grèce."

Un cinéma sens dessus dessous

Les films énigmatiques de Yórgos Lánthimos et Athiná-Rachél Tsangári sont-ils les produits des turbulences économiques que traverse la Grèce ? Et les deux cinéastes continueront-ils à tourner dans ce pays troublé ? s'interroge The Guardian. 
 C’est sans doute le pire baiser de l’histoire du cinéma. Deux jeunes femmes se font face devant un mur blanc. Elles allongent le cou et se plaquent les lèvres l’une contre l’autre en remuant maladroitement les mâchoires. Pas une once de passion dans cette scène. On dirait plutôt deux oiseaux qui essaient de se nourrir mutuellement. Après une minute de cette atroce étreinte, elles marquent une pause. L’une d’elles confie qu’elle a envie de vomir. Elles recommencent gauchement avant de se cracher dessus, de se tirer la langue et de souffler comme des chats quelques instants plus tard.
Le reste du film – Attenberg, de la réalisatrice grecque Athiná-Rachél Tsangári – n’est guère moins étrange. Son héroïne, Marina, est une marginale de 23 ans répugnée à la perspective de tout contact physique. Elle est également proche de son père mourant, dont elle dit qu’elle l’imagine nu "mais sans pénis". Parmi ses passe-temps, les chansons du groupe Suicide et les documentaires de David Attenborough. Si son personnage fait penser aux looseuses excentriques des comédies romantiques du cinéma indépendant américain, façon Zooey Deschanel, elle en est tout l’inverse. Comme le film qui l’entoure, Marina cherche à provoquer par ses excentricités, mais c’est aussi quelqu’un d’intelligent, de sensible et de rationnel, dans un sens.

La nouvelle vague grecque

Les amateurs de cinéma exotique relèveront qu’Attenberg n’est pas le premier film étrange à nous venir de Grèce ces derniers temps. L’année dernière, nous avons eu Canine, de Yórgos Lánthimos, l’étude surréaliste et pince-sans-rire d’une famille dysfonctionnelle dans laquelle les trois enfants adolescents vivent cloîtrés chez eux et sont désinformés sur ce qui se passe à l’extérieur, à tel point qu’ils en arrivent à croire que les chats sont des tueurs, les zombies de petites fleurs jaunes et l’inceste un passe-temps quotidien.
Ces dernières années, la Grèce a brusquement troqué son image de paradis des vacanciers et de spécialiste des mariages pharaoniques contre celle d’un pays indiscipliné et fauteur de crises – qui ne sont pas seulement économiques : n’oublions pas que la Grèce a eu droit à ses propres émeutes en 2008. Par conséquent, il est sans doute normal que le cinéma du pays change, lui aussi.
Le nombre croissant de films excentriques dans le cinéma grec indépendant a poussé les renifleurs de tendances à proclamer l’arrivée d’une "nouvelle vague" grecque, ou comme certains l’appellent, la "drôle de vague grecque". Que cette appellation soit justifiée, qu’il y ait une vague ou non, qu’elle soit drôle ou non, une chose est sûre : Yórgos Lánthimos et Athiná-Rachél Tsangári en sont les meilleurs représentants. Canine a remporté un prix à Cannes et a été nommé aux Oscar ; Ariane Labed a été sacrée meilleure actrice à la Mostra de Venise l’année dernière pour son rôle dans Attenberg.
Le fait qu’un pays qui est cul par-dessus tête tourne des films qui ne le sont pas moins est-il une coïncidence ? Attenberg n’évoque pas directement la crise financière grecque, mais à sa manière, il parle de la génération actuelle et de l’héritage qui lui a été laissé. Le film se passe dans les années 1960, dans une ville industrielle nouvelle appelée Aspra Spitia, qui a manifestement connu des jours meilleurs. Le père mourant de Marina, architecte, se lamente du fiasco de son utopie moderniste. "Nous avons bâti une colonie industrielle à la place d’une pâture à moutons en croyant faire la révolution", lui confie-t-il. "Je te laisse dans les mains d’un siècle nouveau sans t’avoir rien appris".
Canine également, malgré son abstraction, peut être interprété comme un réquisitoire à l’encontre de la vieille génération, auquel cas les scènes montrant des adolescents, trébuchant les yeux bandés dans leur propre jardin, se faisant des anesthésies pour passer le temps et citant des extraits de films américains sans avoir la moindre idée de ce qu’ils disent, trouvent un certain sens.

Ridicule et tragique

Malgré le succès de Canine, Yórgos Lánthimos n’a pas l’impression que le cinéma grec est en train de bouger. "La vérité, en fait, c’est qu’au bout d’un moment, les gens ont besoin de déceler des phénomènes", confie-t-il. "Ce n’est pas tout à fait une coïncidence, mais j’ai peur qu’il n’y ait pas de fondement à ce cinéma. Il n’y a pas de philosophie commune – ce qui est une bonne chose à mon sens. Notre point commun, c’est que nous n’avons pas d’argent, et donc que nous sommes obligés de faire des tout petits films très bon marché".
S’il est une chose qui unit la nouvelle génération grecque, c’est l’importance de la famille, observe Athiná-Rachél Tsangári. "C’est une obsession grecque. Si notre politique et notre économie sont dans un tel pétrin, c’est parce qu’elles sont gérées comme une famille. Tout repose sur les accointances". Plus généralement, les jeunes Grecs se heurtent à la tyrannie de leurs ancêtres et à la nostalgie grecque de sa propre histoire. "Nous essayons tous de subvertir le 21e siècle".
Reste à savoir si ce sera facile. Alpis [les Alpes], le nouveau film de Yórgos Lánthimos (produit par Athiná-Rachél Tsangári, naturellement), sera présenté à Venise cette semaine. "C’est l’histoire d’un groupe de personnes qui proposent de jouer le rôle de gens décédés aux parents et amis de ces derniers", raconte-t-il. "En gros, c’est une infirmière, à l’hôpital, qui va voir les gens qui viennent de perdre quelqu’un et qui les considère comme des clients. C’est à la fois ridicule et tragique". Mais après ce film, Yórgos Lánthimos songe à arrêter de tourner en Grèce : "Je pensais que le succès de Canine m’ouvrirait des portes, mais je n’y crois plus. Je ne sais pas combien de temps les gens se sacrifieront encore pour leur art".


Efficacité des politiques

Au moment où va débuter la campagne pour l'élection présidentielle, alors que la crise économique se poursuit, on entend souvent dire que, de toute façon, les politiques n'y peuvent rien. Cette attitude désabusée est dangereuse pour notre démocratie. En effet, si tel était le cas, à quoi bon débattre et faire campagne, à quoi bon voter ?

En 2007, au début de ce quinquennat, le Premier ministre actuel, M. François Fillon, avait déclaré qu'il se trouvait à la tête d'un pays « en état de faillite ». Il avait été, semble-t-il, vertement rabroué ; d'abord parce qu'on contestait la réalité de ce constat ; ensuite, parce qu'on affirmait qu'un pays ne peut pas se trouver en état de faillite. Cette dernière assertion paraît fausse quand, par exemple, on regarde une nation comme la Grèce (ou bien les États-Unis) dont « quasiment tous les États sont en faillite » si l'on en croit Claude Bébéar (1). L'analyse de M. François Fillon paraît aujourd'hui tout à fait pertinente.

Si l'on avait tiré les conséquences de ce que disait le Premier ministre, nous n'en serions probablement pas là où nous en sommes aujourd'hui, face à des problèmes si graves que certains croient les politiques incapables de les résoudre. Pourtant, dans d'autres pays, les gouvernants avaient perçu le danger, comme le Premier ministre français et même avant lui. Des mesures avaient été prises au Canada, en Suède, par exemple, et aussi en Allemagne par le Chancelier Schröder. Ces pays sont aujourd'hui en meilleure posture que la France pour affronter la crise. C'est bien la preuve que les politiques peuvent agir. De plus, dire que les gouvernants sont impuissants, c'est nier leur responsabilité, c'est-à-dire les effacer davantage, les rapetisser encore. Ce serait attiser le désir, latent chez certains, de trouver l'homme providentiel, l'homme fort qui règlerait les questions...

Aux citoyens de les choisir

On accuse la finance, les marchés d'être à l'origine de nos malheurs, mais qu'est-ce que l'on désigne par ces mots, sinon des décisions, des orientations qui sont prises par des hommes. Ceux-là peuvent avoir leurs défauts, à commencer par celui de l'avidité qui les incite à poursuivre la satisfaction de leurs intérêts personnels plutôt que la réalisation du Bien commun. Cependant, ces hommes agissent dans des pays où des lois, des règlements existent. C'est bel et bien aux politiques de veiller à leur application et de les améliorer au besoin pour « éviter les abus de pouvoir des marchés » (1).

Ainsi, on critique l'euro que l'on accuse de tous nos maux. Pourtant, ce qui est critiquable, c'est de ne pas avoir appliqué avec assez de rigueur les règlements concernant cette monnaie. Ne devait-on pas rester au maximum à 3 % de déficit pour que l'édifice ne soit pas fragilisé ? Or, la plupart des pays de la zone euro ont allègrement dépassé ce chiffre. C'était bien aux gouvernements d'éviter une telle dérive. Et c'est aujourd'hui seulement que ces gouvernements, en Europe, s'avisent de leur erreur et s'efforcent de faire adopter par leurs parlements la règle d'or interdisant de voter des budgets par trop déficitaires.

C'est ainsi reconnaître l'erreur commise et montrer qu'on peut ne pas la prolonger, ce qui manifeste l'efficacité possible du politique. Les politiques ont bien les capacités d'agir. Mais à condition qu'ils échappent à « l'imprévoyance, à la pusillanimité, à la tromperie, à l'incompétence, à la couardise » (1). Aux citoyens, donc, de sélectionner les femmes et les hommes honnêtes, compétents, courageux et... avides, avides de servir le Bien commun hors de toute démagogie.



(1) Les Échos, supplément, septembre 2011

Il faudrait mettre la Grèce sous tutelle... mais on ne peut pas

"La dette grecque est maintenant hors de contrôle", c'est le constat accablant d'une commission d'experts nommée par le ministère des Finances grec. Certains envisagent, pour le salut de la zone Euro, de mettre la Grèce sous tutelle. Est-ce seulement possible ?

Atlantico : Comment expliquer que la Grèce, même avec l’appui du Fonds de soutien européen, ne puisse toujours pas restaurer l’état de ses finances ? 

Nicolas Bouzou : Les Grecs connaissent une forte récession. L’arithmétique d’une dette est assez simple : on ne peut la rembourser que lorsque les recettes fiscales (taux de croissance économique plus inflation) sont supérieures aux taux d’intérêts.
En France, on a une croissance économique d’une moyenne d’1,5% et une inflation de 2%, cela fait des recettes fiscales qui augmentent de 3,5% par an. Les taux d’intérêts sur la dette étant autour de 3%, nous sommes à la limite mais cela reste supportable. La Grèce connait aujourd’hui une récession de 5%. Cela veut dire que même si on leur prêtait de l’argent à un taux d’intérêt zéro, ce qui n’est bien sûr pas le cas, sa dette continuerait d’augmenter mécaniquement. Or, la Grèce, si elle s’endette aujourd’hui sur les marchés, s’endette à 15 ou 20% et quand elle s’endette auprès du Fond de soutien européen, c’est à un taux moyen de 5%.
Le comité d’experts a raison. A l’heure actuelle, la dette de la Grèce est insoutenable. Au minimum, si l’on était sérieux, il faudrait que le Fonds de soutien prête à la Grèce sans intérêts.

En quoi le fait que la dette grecque soit "hors de contrôle" est-il une menace pour l’Union européenne ?

C’est une menace pour l’Union européenne parce que les banques ont passé des dépréciations d’actifs sur la Grèce qui, je crois, ne sont pas assez suffisantes. C’est d’ailleurs l’idée qui est en train de tourner dans la tête des régulateurs internationaux. A partir du moment où la dette grecque est hors de contrôle, cela veut dire que l’on va avoir un défaut, sur une partie de la dette grecque, supérieure a ce qui a été provisionné, déprécié par les banques. Pour les créanciers de la Grèce, c’est quand même un vrai sujet d’inquiétude.
Dès le début de cette affaire, il aurait fallu prêter à la Grèce des sommes extrêmement importantes à des taux d’intérêts nuls. Plus on attend, plus cela sera compliqué à faire.

La dernière solution serait-elle de mettre la Grèce sous tutelle ?

Idéalement, oui, il faudrait mettre la Grèce sous tutelle. Mais on ne peut pas car les traités ne le prévoient pas. Théoriquement, on pourrait procéder de la même manière qu'en France où les collectivités locales peuvent être mises sous tutelle de l’Etat. L’Etat les financerait et les gèrerait totalement. En théorie, cela pourrait se passer comme cela mais comme l’intégration européenne en termes économique et financier n’est pas allée très loin, on a de grosses difficultés à intervenir sur le budget grec.
Là où il faut agir aujourd’hui, c’est plus sur la question de la croissance que sur celle du budget. Les Grecs, contrairement à ce que l’on peut dire, ont fait énormément d’efforts. Il est difficile de leur demander aujourd’hui d’aller plus loin en termes d’austérité. On voit bien que cela a, en plus, des effets négatifs sur la croissance.

Existe-t-il, selon vous, une solution efficace et rapide à prendre pour venir en aide à la Grèce ?

La Banque centrale européenne pourrait intervenir sur le marché des changes de manière à faire baisser l’Euro. Si vous faites baisser l’Euro de 20%, il est sûr que la croissance en Grèce, très assise sur le secteur touristique, repartira. Il faut jouer là-dessus pour faire repartir les recettes fiscales.
Politiquement, c’est très compliqué, des pays comme l'Allemagne s'y opposerait fortement. En Europe, Il y a une partie des pays qui a du mal à exporter avec une monnaie forte (les pays méditerranéens, dont la France) et une autre partie (Allemagne, Pays-Bas, Autriche) qui y arrive et qui, par conséquent, peuvent importer des biens de consommation et des matières premières, dans des monnaies qui ont dévaluées. Il faut faire comprendre à nos amis allemands que la survie de la zone Euro passe par un redémarrage de la croissance dans les pays qui sont aujourd’hui en perte de compétitivité.

Les décisions prises, jusqu'à présent, par les gouvernement européens vous paraissent-elles suffisantes ?

On est allé de déceptions en déceptions. On a toujours l’impression que les gouvernants n’ont pas pris la mesure de la crise. La dernière réunion Sarkozy-Merkel en est la preuve. Il aurait fallu des mesures techniques à prendre rapidement comme les euro-obligations ou comme l’expansion du Fonds de soutien européen. Au lieu de cela, des mesures extrêmement « cosmétiques » sont sorties des différents sommets organisés, comme la création d’un conseil d’un conseil des ministres des finances européens, qui, au passage, existe déjà.
Je souhaite que les gouvernants européens prennent enfin des décisions précises que l’on puisse appliquer rapidement.  Le contraire équivaudrait à renforcer le mal.

PS : douleur blanche

Un capitalisme financier hystérique imposant ses caprices à des peuples hébétés et, chez nous, la dette publique, le chômage de masse, un pouvoir affaibli par le décri du président, voilà, se dit-on, qui livrera aux socialistes l'Elysée sur un plateau ! Est-ce si sûr ? Le PS, en tout cas, ne fait pas le faraud. Il n'est pas dans son assiette. Il attend que la primaire lui dispense un leader, un cap et du coeur au ventre. Une petite révolution.

Il fut un temps où la gauche française avait toujours 20 ans et l'espérance violente de la jeunesse. Son coeur battait à l'unisson des "damnés de la Terre". Elle dépliait pour tous son rouge tablier. Son "Internationale" chantait "Du passé faisons table rase (...), le monde va changer de base...". Mais voilà ! Le nouveau train du monde laisse la gauche sur le quai. Pourquoi ? Parce que la chute du communisme a congédié la déesse Révolution et que l'horizon de toute la gauche en est désenchanté. Le PC, seul, est défoncé. Mais le socialisme français subit, lui, les dommages collatéraux d'un effondrement historique.

D'autant que l'avenir du monde n'est plus ce qu'il était. Les damnés de la Terre ont pris leur destin à bras le corps. Ils renvoient à notre gauche de "riches" ses beaux discours contre l'oppression des faibles. Car les faibles, ce sont eux ! De la mondialisation et de sa jungle ils s'accommodent sans broncher. Ils attendent des lendemains qui chantent mais chanteront pour eux. Ils tiennent nos pauvres pour enviables. Ils n'aspirent qu'à les rattraper. Si bien que notre gauche qui fut jeune et ardente devient une ménagère de 50 ans empruntée et défensive. Elle court après sa jeunesse et une marmaille dispersée.

Vous objectez que le socialisme français a déjà amplement liquidé sa nostalgie révolutionnaire. C'est presque vrai ! Mais, s'il demeure le plus à gauche de tous les socialismes européens, c'est qu'il souffre encore vaguement de la mise au tombeau de la Révolution. D'une douleur blanche, comme celle du mutilé souffrant de son membre perdu. Dans ce deuil inachevé, il lui reste un patrimoine, une tradition, un territoire d'opposition, les vestiges du magistère intellectuel acquis à sa cause, une religiosité diffuse dans la fonction publique, dans l'enseignement paupérisé... Et, pour ranimer la flamme, l'aspiration égalitaire, toujours plus vivace chez nous que chez nos voisins.

François Mitterrand fut le grand accoucheur de ce socialisme à l'identité flottante. Converti tardif, il a fait du PS un marchepied vers le pouvoir. Il est élu en 1981, en rassemblant toute la gauche dans le Programme commun. A contre-courant du monde, il prétend "rompre avec le capitalisme". Mais, en 1983, il sort de son chapeau une révolution empaillée et le capitalisme de M. Tout-le-Monde. Il expédie sa gauche, devenue notre ménagère de 50 ans, au supermarché des "avantages acquis", de la retraite à 60 ans, et après lui des 35 heures ruineuses, autant d'aménités financées par la dette publique. Le malaise identitaire du PS vient de cet escamotage : être promu, en 1981, sur une illusion et l'avoir, en deux ans, perdue. Mais tout ce tête à queue dans le brouillard, sans vraie reconstruction !

La grande affaire pour le PS, c'est de se réconcilier avec l'histoire et la géographie. Avec l'histoire, en visitant son cimetière. Avec la géographie, en constatant que la mondialisation qui déferle se meut dans l'économie de marché comme un poisson dans l'eau. Le système capitalisme s'y déploie comme le moins systématique des systèmes. Son organisme monétaire est détraqué, mais il va son chemin cahin-caha, ici avec des démocraties naissantes, là, comme en Chine, avec le dirigisme despotique du Parti. Notre fol endettement de vieux riches apparaît à tous les "émergents" comme le vice de vieillards exténués qui font payer à la postérité leurs derniers délices.

Cela, le PS l'a enfin compris ! Il laisse au Front de gauche, au Front national et à leurs sabres de bois le soin de guerroyer contre des moulins à vent. S'il parvient à gérer la délicate innovation de la primaire, le PS peut repartir d'un meilleur pied. En offrant au candidat désigné par le "peuple de gauche" une légitimité surplombant un appareil délabré, le PS épouse la logique de la Ve République. Une ascèse pour nettoyer ses placards de leurs vieilleries idéologiques et redonner du corps à l'ectoplasme du parti. La crise, la dette enfermeront, bon gré mal gré, les candidats dans la règle d'or de budgets maîtrisés. Sur le chemin où le socialisme allemand a trouvé sa voie, le PS peut découvrir la sienne. Que cette gauche, dans le miroir de la crise, se refasse une jeunesse, c'est, ma foi, la grâce qu'on lui souhaite !

Je ne vote certes pas à sa primaire. Mais je lui souhaite bon vent. Dans une démocratie éreintée par trente années d'incuries, l'avènement d'une opposition rénovée servirait, à sa manière, l'intérêt national. La gauche n'a que trop rêvé. Faut-il, ce coup-ci, rêver pour elle ?

La ND accuse M. Vénizélos de "tentative de tromper les citoyens"


La ND a accusé vendredi le gouvernement de tentative de tromper les citoyens et de haute irresponsabilité, commentant les événements qui se sont déroulés jeudi soir dans les concertations avec la Troïka (UE-BCE-FMI) et la conférence de presse du ministre des Finances, Evanghelos Vénizélos, le lendemain.
"Après avoir bouleversé le pays dans la nuit profonde avec des fuites irresponsables concernant des soi-disant cris de résistance face à la Troïka, M. Vénizélos est apparu aujourd'hui faire des recommdantations à lui-même et au gouvernement", a affirmé le porte-parole de la ND, Yannis Michelakis, soutenant que le gouvernement s'efforce à présent "de dissimuler son échec et son insuffisance par des artifices médiatiques bon marché".
M. Michelakis a noté également que le gouvernement reporte les concertations avec la Troïka après la visite du premier ministre, Georges Papandréou, à la Foire internationale de Thessalonique (FIT), qui marque à la fois la rentrée politique et un aperçu de la politique économique à venir.
"La vérité, c'est qu'ils (le gouvernement) se sont trompés dans toutes leurs évaluations et tous leurs objectifs. Et que se sont avérées justes toutes les remarques et toutes les prévisions de la ND et de (son président) Antonis Samaras", a conclu M. Michelakis.