TOUT EST DIT

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dimanche 7 août 2011

MORT DE RIRE !

Crise : Royal dénonce le "manque de courage"

Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste pour 2012, a réagi samedi à la dégradation de la note des Etats-Unis par Standard and Poor's, s'ajoutant à la crise de la dette dans la zone euro, en dénonçant le "manque de courage" des Etats pour mener certaines réformes. "L'urgence en Europe comme aux Etats-Unis, c'est la relance de l'activité économique", fait valoir dans un communiqué la présidente de Poitou-Charentes. Pour cela, ajoute-t-elle, les Etats doivent enfin "imposer au système financier des règles maintes fois annoncées mais jamais réalisées par manque de courage et en raison d'une idéologie libérale dramatique pour l'avenir de nos peuples".
"Pourquoi les décisions prises par la zone euro en 2008 ne sont toujours pas appliquées concernant la moralisation du capitalisme?", s'interroge la rivale malheureuse de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Ainsi "la taxation des mouvements de capitaux, la réforme du système bancaire, l'interdiction de spéculer sur les dettes des Etats ne sont toujours pas en vigueur", dénonce-t-elle.

Le monde au bord du krach

La note des Etats-Unis a été dégradée vendredi soir. La crise de la dette menace la zone euro. Les chefs d'Etat du G7 se concertent tout le week-end. 

Le monde est au bord du précipice. La semaine qui s’ouvre s’annonce cruciale. Les marchés vivent désormais dans la peur du krach. Les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G7 (États-Unis, Allemagne, Japon, France, Canada, Italie et Grande-Bretagne) sont en contact tout le week-end, mais aucun sommet n’est prévu pour le moment. Hier, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, s’est entretenue avec le ministre britannique des Finances George Osborne. François Baroin, ministre des Finances, a interrompu ses vacances jeudi pour revenir à Paris. L’Élysée et Matignon sont aussi sur le pied de guerre. Le stress revient au galop à l’approche de l’ouverture des Bourses mondiales, dès ce soir en Asie et demain matin en Europe.
La semaine écoulée a été la plus explosive que les marchés aient eu à connaître depuis le 15 septembre 2008 et la chute de Lehman Brothers. Sur les dix dernières séances, le CAC 40 a décroché de près de 15%, et entre jeudi et vendredi, de plus de 5%, alors que la croissance donne de sérieux signes de faiblesse. En Europe, l’inquiétude s’est concentrée sur l’endettement de l’Italie, qui frôle 120% de son PIB, et sa capacité à emprunter. Un scénario noir qui a basculé dans l’horreur hier. La plus grande agence de notation financière du monde, Standard & Poor’s, a retiré la notation "AAA" à la dette des États-Unis. Pour la première fois de son histoire, la première économie du monde n’est plus considérée parmi les meilleurs payeurs de la planète. Après plusieurs semaines d’affrontements entre républicains et démocrates, le président Obama a appelé samedi "les élus à s’unir pour renforcer l’économie et rétablir la situation budgétaire".

"Ça va continuer à déraper"

Les difficultés américaines et européennes se mélangent dans un timing épouvantable, au cœur de l’été, et plongent le monde dans une crise majeure. Cette semaine, les dirigeants de BNP Paribas, Société générale et AXA ont affiché un calme de façade pour rassurer. Mais leurs équipes ont la peur au ventre et s’attendent à une semaine encore électrique. "Je suis assez inquiet du manque de confiance sur les dettes européennes", estime l’économiste Élie Cohen. Fait plus grave, l’Italie est entrée dans la zone de turbulences. Ses taux d’intérêt ont continué à augmenter en fin de semaine jusqu’à plus de 6%, dépassant même ceux de l’Espagne. "Ses créanciers perdent confiance et vendent sa dette. Ça va continuer à déraper", prédit le patron d’une banque française. Le scénario du défaut de paiement est pour l’heure écarté, mais un manque de liquidités est à craindre. "Si personne ne veut prêter d’argent à l’Italie, la seule solution reste l’aide de la Banque centrale européenne", ajoute-t-il.
Preuve que la crise est critique, la BCE commencera à racheter de la dette italienne dès demain afin de la soutenir et d’éviter une flambée de ses taux d’intérêt. Son gouverneur, Jean-Claude Trichet, a tardé à réagir en fin de semaine, alors que l’Allemagne rechignait à intervenir. La BCE reste la seule arme immédiate de la zone euro. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 400 milliards d’euros pour aider les États en difficulté, n’est toujours pas opérationnel. Les Parlements des pays membres doivent ratifier sa création en septembre.

Course contre la montre

Une véritable course contre la montre se joue. Si l’Europe s’embrase, les dirigeants devront trancher. "La seule solution serait de mutualiser les dettes des pays de la zone euro pour emprunter ensuite au niveau européen", explique un gérant français. L’aggravation de la situation pourrait forcer le destin de l’Europe économique et faire émerger une véritable gouvernance de la zone euro malgré les réticences de Berlin.
Et la France? "C’est la prochaine sur la liste. Je n’exclus pas un effet de contagion", juge Élie Cohen. D’autant que la perte du "AAA" des États-Unis a levé un tabou. Avec un taux d’endettement de 84%, le gouvernement français devra réagir vite pour éviter l’engrenage. Dans un mois, la présentation du budget 2012 aura valeur de test. S’il s’annonce déjà serré, avec un déficit maximal de 3% conforme à la nouvelle "règle d’or", la pression actuelle sur la dette pourrait pousser Bercy à le rendre encore plus austère. Et donc à mettre en place des mesures fortes pour stabiliser l’endettement sans toutefois provoquer la colère des Français. L’Élysée craint de voir surgir des "indignés" comme en Grèce et en Espagne. À huit mois de l’élection présidentielle, le gouvernement devra arbitrer entre la réalité politique ou la loi des marchés.

La méfiance règne

Alors que Rome et Madrid s'acharnent à rassurer les marchés sur leur solvabilité, la presse européenne est sceptique quant à la capacité des Vingt-sept et des institutions européennes à incarner un acteur crédible face à la crise.
Quinze jours ont passé depuis le Conseil européen de Bruxelles et l'adoption du nouveau plan de sauvetage de la Grèce ainsi que d'une ébauche de "FMI européen". C'est que, comme le rappelle Público, "l'Europe bouge à une vitesse proportionnelle à sa taille : très lentement. Et ce qui a été adopté en juillet ne prendra effet qu'après septembre (certains Parlements doivent approuver les mesures adoptées à Bruxelles)". Mais, ajoute le quotidien, "les marchés, eux, n'attendent pas. Les taux d'intérêts de la dette publique italienne et espagnole frôlent à présent les niveaux qui avaient poussé l'Irlande, la Grèce et le Portugal à demander l'aide extérieure". 



Mais si "la spéculation s'acharne", écrit Le Soir, c'est qu'"on lui en donne les moyens", en oubliant de doter le Fonds du budget qui va avec et en misant sur un équilibre impossible entre mesures d'austérité et relance de la croissance. Résultat : "l'Europe manque encore sacrément de crédibilité". "Cette crise de foi prend sa source dans le manque flagrant d'esprit de solidarité entre pays", poursuit Le Soir, pour qui

il est politiquement plus rentable de rentrer d'un sommet européen en disant à ses électeurs que l'on a préservé leurs intérêts à court terme. La résolution de cette crise, qui sera encore longue et difficile, passera par la mise en œuvre de mécanismes de solidarité inébranlables, comme la création d'une agence européenne de la dette, émettant des obligations qui financeront indistinctement les pays de la zone euro. Cela suppose un abandon de souveraineté et un nouveau traité. Ce sera long, douloureux, mais indispensable.
"L'Europe doit agir tant qu'il est encore temps pour enrayer la défiance", avertit également Les Echos, selon lequel José Manuel Barroso "n'a aucune crédibilité". Voilà sans doute pourquoi les déclarations du président de la Commission européenne, qui a qualifié le 3 août de "clairement injustifié" le traitement de l'Espagne et de l'Italie par les marchés, "n'ont apparemment pas été très utiles", explique La Vanguardia. Dans les colonnes du quotidien catalan, qui titre sur la "Résignation" qui s'empare des Espagnols, l'économiste Manel Pérez estime à 2 500 milliards d'euros la dotation nécessaire pour que le "FMI européen" soit "capable de se faire respecter au sein des marchés". En attendant que la politique soit "capable de trouver une solution entre les exigences des créanciers et l'impossibilité des débiteurs de payer", la BCE "peut provisoirement gagner du temps, si elle annonce aujourd'hui [le 4 août] des achats massifs de titres de la dette" des pays en difficulté, écrit Pérez.
Une hypothèse à laquelle semble croire De Standaard, selon lequel, si elle ne devrait pas annoncer de hausse de son taux directeur à court terme, "la Banque centrale européenne devrait montrer qu'elle est prête à acheter des obligations. Un exercice difficile, mais très important" attend ainsi son patron, Jean-Claude Trichet, car "un message mal reçu pourrait à nouveau déchaîner l'inquiétude des marchés et rendre plus coûteuses les prochaines phases des plans de sauvetage".

Les bronzés

Angela Merkel : "Qu'est-ce que c'était ?!?"
Nicolas Sarkozy : "Peut-être l'Espagne, ou l'Italie…ou les deux !?"
Alors que l'euro traverse une tempête sans précédents suite aux risques de défaut de paiement de l'Italie et de l'Espagne, les Parlements et les leaders des Vingt-sept ont pris leurs quartiers d'été, renvoyant à la rentrée la mise en oeuvre des mesures d'urgence censées mettre la monnaie unique à l'abri des spéculateurs.

Grèce : bientôt une clôture barbelée contre l’immigration clandestine ?

La Grèce s’apprête à construire une clôture en fil barbelé d’un peu plus de 10 km, au nord du pays, sur la frontière gréco-turque pour tenter de lutter contre l’immigration clandestine. Parallèlement, elle poursuit la construction d’une tranchée de 120 km, également près du fleuve Evros pour protéger la région des crues récurrentes et également empêcher les clandestins d’entrer dans le pays.

Le fleuve Evros, au nord-est du pays, sépare la Grèce et la Turquie. C’est le point d’entrée de la plupart des clandestins. Pour tenter de remédier à cet afflux, la Grèce envisage de construire une clôture. “Elle comprendra deux barrières parallèles en fil barbelé longues de 10,3 km chacune et d’une hauteur de 2,5 à 3 mètres” indique le gouvernement grec. Le dossier est évoqué depuis plusieurs mois.
Le coût s’élèverait à 5,4 millions d’euros. Le projet pourrait être financé par le Fonds des frontières extérieures de l’UE. On devrait en savoir plus le 20 août prochain.
La Turquie ne s’est pas opposée au projet mais la Commission européenne avait initialement émis des réserves, quand Athènes début janvier avait annoncé la construction d’un mur pour empêcher le flux des sans papiers.
La frontière terrestre gréco-turque, qui court sur quelque 150 km, est devenue le principal point de passage des sans-papiers dans l’UE avec près de la moitié des entrées illégales détectées. Le gouvernement grec estime que quelque 128 000 clandestins sont passés par ce fleuve pour rejoindre l’UE l’année dernière. Cela représente en moyenne de 350 clandestins par jour.

Un fossé antichar de 120 km

Parallèlement à ce mur de barbelé, la Grèce poursuit l’édification d’une tranchée longue de 120 km, toujours près de l’Evros. A la fois pour lutter contre les clandestins mais aussi pour protéger la région des crues fréquentes. La construction de cette tranchée, large de 30 m et profonde de 7m a démarré l’année dernière.
Avec la grave crise économique qui secoue la Grèce depuis plus d’un an, et l’afflux massif de clandestins, la délinquance explose dans tout le pays. L’année dernière en Grèce, les vols à main armée ont augmenté de plus de 42% par rapport à 2009.

CE N'EST PAS UN MAL CETTE CLOTURE, LA GRÈCE N'EST PAS VIVABLE AVEC TOUS CES MÉTÈQUES. 

Le monde replonge-t-il dans la crise ?

Les spécialistes n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la gravité de la situation. 
  Le CAC 40 a chuté jeudi de 3,90 %, au terme de sa neuvième séance de baisse consécutive. Les indices des grandes places dégringolent, les investisseurs s'affolent. Les experts ont du mal à s'accorder sur la nature du phénomène. D'un côté, économistes et universitaires évoquent la matérialisation d'une crise en gestation depuis plusieurs années, dont les conséquences pourraient être catastrophiques. De l'autre, analystes et acteurs du marché ont plutôt tendance à relativiser. Ils reconnaissent une tension conjoncturelle forte, mais pas exceptionnelle. Qu'en est-il ?
La "grande contraction", le scénario catastrophe
Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du FMI, affirme dans Les Échos que cette crise n'est pas une "grande récession", mais une "grande contraction". Et ça change tout. Une récession désigne en effet un ralentissement passager de l'économie, plus ou moins prononcé, auquel on peut remédier par l'usage des mécanismes d'ajustement des politiques budgétaires et monétaires, de façon assez classique. Une contraction en revanche ne saurait être résolue par un plan de relance ou d'austérité. Elle est causée par un facteur endémique profond, en l'occurrence l'endettement des pays, d'après l'analyse de Kenneth Rogoff. Une contraction s'inscrit sur le long terme : alors qu'une économie peut sortir de la récession en un an environ, il faut en moyenne quatre ans pour revenir d'une contraction, c'est-à-dire pour retrouver un niveau de revenu par habitant égal à celui d'avant la crise, toujours selon l'économiste.
Si la structure du problème est différente, Kenneth Rogoff souligne que la solution l'est aussi. Les gouvernements et les Banques centrales ont multiplié les annonces de plans de relance, de sauvetage ou d'austérité. Mais le problème central est commun : l'endettement abyssal de certains pays ne leur permet plus de payer leurs factures. Relever le plafond de la dette, c'est-à-dire le montant à partir duquel le pays est considéré comme étant en faillite, comme l'ont fait les États-Unis cette semaine, c'est reculer pour mieux sauter. Le pays se donne un peu d'air, évite le défaut, mais ne résout pas le problème.
Un plan de sauvetage, comme celui que les membres de la zone euro ont annoncé pour la Grèce, équivaut à cautionner une mauvaise gestion des finances publiques depuis des dizaines d'années, et contribue à véhiculer l'image d'une Europe économique laxiste et sans pouvoir coercitif. Enfin, les plans de rigueur, à l'image de celui de l'Italie, sont une réponse potentiellement efficace dans une situation de récession, mais inappropriée en cas de "grande contraction". L'impact direct sur le porte-monnaie des citoyens pourrait déprimer encore plus la croissance, nécessaire à la reprise économique. D'autre part, le geste ne suffirait pas à rassurer les marchés.
Morosité du mois d'août
Pourtant, du côté des analystes, pas question de s'alarmer. Selon Clémentine Gallès, spécialiste en macro-finance au département des études économiques de la Société générale, l'économie est toujours en période de reprise après la crise de 2008. Une "reprise molle", car accompagnée d'une faible croissance, mais une reprise quand même. L'analyste attribue les plongeons du marché en partie au mois d'août, mois durant lequel traditionnellement les marchés sont "peu liquides". "Le risque de tension financière est grand", précise Clémentine Gallès, mais le schéma n'est pas exceptionnel. Outre la dette, "deux types de facteur ont contribué à la morosité des marchés au cours du premier semestre 2011", analyse-t-elle, "la catastrophe de Fukushima, qui a fait plonger la croissance japonaise et les marchés internationaux, et les fluctuations du cours du pétrole, en forte hausse au début de l'année à la suite des troubles politiques constatés en Afrique du Nord et au Moyen-Orient."
"Sur le long terme, ces événements se traduisent par un resserrement des politiques monétaires dans les pays émergents, et budgétaires dans les pays développés", poursuit-elle. "Le problème pourrait naître d'un manque d'assurance grandissant des marchés. Leurs prévisions, influencées en partie par les agences de notation, ont tendance à s'autoréaliser. Donc s'ils n'ont pas confiance, les taux de rendement obligataire des pays vont continuer à augmenter, et les gouvernements ne pourront effectivement plus payer." Selon l'analyste, la rentrée pourrait débloquer les choses. "Le problème aujourd'hui par rapport aux années précédentes, c'est qu'après la crise de 2008 les marges de manoeuvre se sont considérablement réduites", conclut-elle.
Les avis sont donc partagés quant à la nature profonde de la conjoncture. Crise, "grande contraction" ou morosité du mois d'août ? Si l'endettement des pays reste pour tous un symptôme fiable et durable d'un malaise économique profond, l'apaisement ou l'aggravation de la situation pourraient dépendre en grande partie des prévisions, donc du moral des marchés.

COMPRENDRE LA CRISE FINANCIERE EUROPEENNE

Depuis que la crise financière a bouleversé l'économie mondiale en 2008, une vague de crises de l'endettement frappe l'Union Européenne. Elle menace de nombreux pays et met l'euro en danger. Quels sont les ressorts de cette crise?
Cette enquête propose une explication de la crise pays par pays et révèle ses conséquences pour l'économie mondiale et les économies africaines, en particulier celles des pays liées à l'euro, comme ceux de la zone CFA.

La Grèce : Ce pays avait en 2001 une dette de plus de 100% la valeur de son PIB lorsqu'elle adopté l'euro. Mais l'entrée dans l'euro lui a permi de réduire le taux d'intérêt de sa dette, dès lors que le marché des obligations n'était plus inquiété par l'inflation ou une monnaie dévaluée. La Grèce a alors connu un boom économique entretenu par des taux d'intérêt bas et un endettement permanent encouragé par le faible loyer de l'argent. Le pays avait loué les services de plusieurs compagnies financières de Wall Street, en particulier Goldman Sachs, pour l'aider à maquiller son endettement afin d'échapper aux contraintes des règles strictes de l'UE. En Octobre 2009, le gouvernement conservateur est battu aux élections et le nouveau gouvernement socialiste annonce que le déficit est le double de ce qui avait été estimé. La dette de la Grèce est alors immédiatement dégradée par les agences de notations.
La situation s'aggrave en 2010, lorsque les porteurs d'obligations institutionnels se mettent à revendre la dette grecque et que les agences de notation persistent à dégrader sa côte. Le gouvernement réagit par une série de mesures d'austérité. En Avril 2010, le premier ministre grec, Georges Papandreou, demande au Fonds monétaire international et à l'Union Européenne de mettre en place un plan de sauvetage. L'initiative est suivie par un abaissement de la dette grecque par Standard & Poor's (S&P). La Grèce est désormais classée pays à risque, un statut qui lui est également appliqué par Moody's. La Banque centrale Européenne s'engage alors à renflouer le pays. Puis l'UE et le FMI mettent en place conjointement un plan de sauvetage d'environ $145 milliards conditionné à des mesures d'austérité visant à ramener l'endettement à 13% du PIB. L'UE met en place, dans la foulée, un dispositif appelé Facilité Européenne pour le financement de la stabilité dont le but est de profiler les prochains plans de renflouement pour des pays en difficulté.
Pourtant le plan de sauvetage va se solder par un échec avec une érosion de la croissance qui a aggravé la situation financière de la Grèce. Au mois de juin dernier, S&P réduit la note de la dette grecque à CCC, la plus faible note attribué dans le monde à un gouvernement. Ce qui conduit Andreas Papandreou a remanier son gouvernement et à soumettre ce dernier à un vote de confiance devant le parlement. Malgré des manifestations populaires de ses concitoyens opposés au plan d'austérité, le gouvernement obtient la confiance du parlement pour l'appliquer et y ajouter d'autres mesures toutes aussi sévères. Entretemps, la France et l'Allemagne ont finalisé un autre plan de renflouement avec l'UE qui va apporter $145 milliards supplémentaires et encourager des porteurs d'obligations privés d'apporter leur soutien. Moody's n'en a pas moins degradé une nouvele fois la dette grecque estimant que la faillite était "virtuellement certaine à 100%".
L'Irlande : Contrairement à la Grèce, l'Irlande avait un budget équilibré avant d'être frappé par la crise. Toutefois, elle avait également une immense bulle spéculative dans le secteur immobilier, encore plus importante que celle des Etats Unis. Avant la crise, 25% de son économie était impliquée dans la construction immobilière, alors que dans les économies normales, ce taux est de 10%. Lorsque la crise financière frappe en octobre 2008, la bulle éclate et le gouvernement annonce qu'il va couvrir toutes les pertes des banques, dans le but de calmer les marchés. Mais cette promesse s'est révélé désastreuse, car le système bancaire a fini par imploser. En janvier 2009, l'Irlande nationalise une des ses plus importantes banques et en octobre 2010, elle opére un renflouement de certaines autres. A ce moment là, son budget est handicapé par un déficit représentant 32% de son PIB. Le mois suivant, l'UE et le FMI lancent un plan de sauvetage de $90 milliards pour l'Irlande.
En mars dernier, le gouvernement en place est écarté du pouvoir à l'issue des élection générales et le nouveau gouvernement a promet de réduire les intérêts des finacement engagés par le plan de l'UE et du FMI. Une promesse honorée en juillet. Pourtant le 12 juillet Moody's dégrade la dette Iralandaise en la classant comme étant à rique.
Le Portugal : A la différence de l'Irlande et de la Grèce, le Portugal possède un des meilleurs records en matière de redressement au cours de la première phase de la crise économique. Toutefois la panique créée par la crise grecque a affecté le pays entre la fin 2009 et le début 2010. Ceci principalement à cause de la peur de ce que le pays ne pourrait pas s'en sortir sur le long terme, mais aussi à cause des prévisions annonçant un important déficit. Sa productivité est en dessous de la moyenne et le système légal considéré par certains comme dépassé. Par ailleurs les lois sur le droit du travail sont jugées restrictives et considérées comme un frein pour la croissance.
En novembre 2010, le marché a poussé les taux d'intérêt à la hausse à tel point qu'il a fallut envisager un plan de sauvetage face à l'endettement. Finallement le gouvernement portugais a fait appel au plan de renflouement de l'UE qui a approuvé un montant de $116 milliards. Un parti de centre-droit est maintenant au pouvoir qui s'est engagé à respecter le plan de sauvetage, tout en indiquant qu'il pourrait y avoir nécessité d'un deuxième plan.
L'Espagne : Comme l'Irlande, l'Espagne a connu une bulle spéculative sur le marché de l'immobilier qui a conduit à la crise. Celle-ci a frappé la croissance du pays malgré le fait que celui-ci possède un secteur financier plutôt bien géré. Mais face à des déficits largement supérieur à ce qui était prévu, l'Espagne a adopté une série de mesures d'austérité en mai 2010. L'agence de notation Fitch a réagit en abaissant sa dette qui était alors à AAA, craignant que ces mesures heurtent la croissance. Moody's a suivi en septembre. Pourtant en mars 2011, l'Espagne a annoncé qu'elle a atteint son objectif de réduction du déficit de l'année précédente.
Mais Moody’s l'a une fois encore dégradé, souligant les inquiétudes sur une croissance au ralenti. Ces derniers jours, alors que les inquiétudes sur une faillite de la Grèce ne cessent de croitre, les taux d'intérêts ont bondi en Espagne, suscitant la peur que le pays ai besoin d'un plan de sauvetage que les autres pays Européens ne seraient pas capable de supporter. Les dirigeants espagnols affirment qu'ils envisagent un nouveau tour de vis dans l'austérité. Quant à Moody's elle a mis la dette du pays en alerte pour une eventuelle autre baisse de sa notation.
L'Italie : Face à sa dette colossale et sa faible croissance, la peur de voir l'Italie connaitre une crise de sa dette s'est installée depuis plusieurs mois. Mais celle-ci s'est accentués après que S&P ai abaissé la notation de la dette italienne en mai dernier. Au mois de juin Moody's a également menacé de la dégrader soulignant la hausse du loyer de l'argent et la perspective de voir le premier ministre Silvio Berlusconi, qui fait face à une procédure juduciaire, être éjecté du pouvoir. Ces derniers jours les taux d'intérêt ont bondi face à la menace d'un effet domino provoqué par la crise grecque qui entrainerait l'Espagne et l'Italie.
La Facilité Européenne pour le financement de la stabilité pourrait sûrement permettre de financer l'Espagne. Mais l'Italie, la troisième économie de la zone Euro sera probablement trop chère, voire impossible à renflouer.
Quelles conséquences pour la zone euro ? De nombreux experts soutiennent que le modèle économique de l'Union Européenne qui concentre la politique monétaire au sein de la Banque centrale Européenne et laisse la responsabilité de la politique fiscale aux Etats n'est pas efficace car elle prive les gouvernements des leviers de la politique monétaire indispensable pour soutenir les efforts de redressement. C'est cette politique monétaire qui peut permettre de réguler les taux d'intérêt et les tenir bas. Deux options se dessinent dans les thèses avancées par les experts. La première est que la zone euro va perdre des membres tels que la Grèce, l'Espagne et l'Italie soit tous les trois soit un des trois, avec pour conséquence de repenser complètement l'union monétaire. L'autre option est de mettre en place une union fiscale européenne plus stricte pour faire en sorte que la politique fiscale soit coordonnée au niveau continental, en donnant à l'UE les prérogatives d'un état souverain.
Quelles conséquences pour les Etats Unis ? les institutions financières américaines possèdent d'importantes intérêts Européens qui pourraient être perdus si la zone euro s'installe dans la crise. Par exemple, la dette européenne représente près de la moitié des fonds du marché monétaire des holdings. Cette crise entraine également des coupes dans les dépenses et la réduction des emprunts, ce qui affectent les exportations américaines vers l'Europe et fragilise le redressement américain.
Quelles conséquences pour la zone CFA ? La principale menace est une dévaluation du franc CFA, car les économies de la zone sont exposées au renchérissement de leur produits alors que la poussée inflationniste dans la zone euro rend plus chers leurs importations. Mais la crise européenne paradoxalement les poussent de plus en plus vers les pays émergeants comme la Chine, l'Inde ou le Brésil pour financer leurs projets d'insfrastructures et les réaliser. Ce qui n'est pas forcémment une mauvaise chose.

samedi 6 août 2011

La révolte des “On ne paiera pas”

Confrontés à la dure réalité des salaires impayés, des entreprises en faillite et du chômage de masse, les Grecs ont de plus en plus recours à la désobéissance civile. Va-t-on vers une reconfiguration du paysage politique grec ? 

A Thessalonique, parmi les bars élégants qui s’alignent sur le front de mer historique, un restaurant attire les regards. "Rendez-nous notre argent !", clame une banderole accrochée à la devanture de cette franchise d’Applebee’s [chaîne américaine de restaurants-grills]. A l’intérieur, 12 salariés ont changé les serrures. Ils servent des canettes de bière de supermarché et dorment à tour de rôle sur le sol du restaurant pour protester contre des retards de salaires qui durent depuis plusieurs mois et la fermeture soudaine du restaurant. On a là un nouveau symbole de la crise financière grecque : une grève de serveurs avec occupation des locaux.
Margarita Koutalaki, une serveuse de 37 ans à la voix douce, divorcée et mère d’une fille de 11 ans, a travaillé ici à temps partiel pendant huit ans. Elle gagnait environ 6,50 euros de l’heure. Aujourd’hui, elle a installé son matelas gonflable dans une pièce à l’étage, occupant les locaux tandis que ses parents gardent sa fille.
"On me doit environ 3 000 euros de salaires impayés", explique-t-elle, rappelant qu’elle partage le sort d’une multitude de salariés dans toute la Grèce, qui ont plusieurs mois de salaire en retard, leurs entreprises étant en difficulté.
"On nous a d’abord dit qu’on nous paierait le mois suivant, puis la paie s’est arrêtée complètement et on nous a appris par téléphone que le restaurant fermait. Nous travaillons toujours, nous faisons tourner l’entreprise, nous fournissons de la nourriture et des boissons à ceux qui nous soutiennent. Nous avons davantage de clients qu’autrefois. C’est la seule action que nous puissions faire, cela s’est imposé comme une évidence."
Les serveurs proposent des boissons bon marché et des dîners à prix réduits à ces "indignés", dont le mouvement est apparu il y a quatre mois. Auparavant, cette nouvelle clientèle, souvent gauchiste, n’aurait jamais mis les pieds dans ce bastion de l’impérialisme. Une banderole en anglais appâte les touristes en proposant des souvlakis et des boulettes de viande bon marché "pour soutenir les travailleurs".
Voilà un mois que la Grèce est paralysée par une grève générale anti-austérité. Ainsi, la place Syntagma, à Athènes, a été le théâtre d’importantes mobilisations, avec des batailles rangées entre la police et les manifestants.

Le mouvement n'a pas faibli pendant les vacances d'été

Les Grecs se méfient plus que jamais de la classe politique et doutent de sa capacité à les sortir de cette crise financière sans précédent. Les sondages font apparaître un mépris grandissant envers tous les partis, ainsi qu’un discrédit du système politique. Le chômage touche 16 % de la population active, atteignant des sommets parmi les jeunes. Ceux qui ont la chance d’avoir encore un emploi ont subi de fortes baisses de salaire, ce à quoi vient s’ajouter l’augmentation des impôts.
Récemment, les médecins et les infirmières se sont mis en grève pour protester contre les coupes budgétaires dans les hôpitaux. Ces deux dernières semaines, les chauffeurs de taxi en grève ont perturbé la circulation dans toute la Grèce, protestant contre l’ouverture de leur secteur à davantage de concurrence. Ils ont notamment bloqué les accès aux ports et occupé le bureau de délivrance des billets pour l’Acropole, laissant passer les touristes gratuitement.
Fait essentiel, le mouvement de désobéissance civile n’a pas faibli pendant les vacances d’été : des citoyens lambda refusent toujours de payer les péages, les tickets, les hausses des honoraires médicaux, etc. Le mouvement "Nous ne paierons pas" se veut l’expression par excellence du "pouvoir du peuple". Ses organisateurs annoncent que l’offensive pourrait reprendre de plus belle en septembre, lorsque le gouvernement va lancer une nouvelle série de mesures d’austérité.
Sur la route principale Athènes-Thessalonique, tandis que les automobilistes regagnent Thessalonique après un dimanche à la plage, une foule de manifestants en gilets de sécurité orange montent la garde au poste de péage principal menant à la deuxième ville de Grèce. Leurs gilets sont frappés du slogan : "Désobéissance totale". Ils soulèvent les barrières rouges et blanches et invitent les conducteurs à passer sans payer les 2,80 euros de péage. Sur leurs banderoles, on peut lire : "Nous ne paierons pas", ou encore : "Nous ne donnerons pas notre argent aux banquiers étrangers". Les automobilistes passent, reconnaissants, certains adressant un signe d'encouragement aux manifestants.

Les partis de gauche ont adhéré

"Nous allons assister à un résurgence de la désobéissance civile à l’automne", nous déclare Nikos Noulas, un ingénieur civil de Thessalonique, dans un café du centre, tout en déroulant une série d’affiches appelant au refus de payer.
Dès le début de l’année, le mouvement battait son plein : les voyageurs étaient invités à resquiller dans le métro à Athènes, les manifestants ayant recouvert les distributeurs de tickets sous des sacs plastiques, et à Thessalonique, les usagers ont pendant longtemps refusé de payer le bus après la hausse du ticket imposée par des sociétés privées subventionnées par l’Etat. D’autres refusent de payer leur redevance de télévision.
Les partis de gauche ont adhéré au mouvement, lui donnant une plus grande visibilité. En mars, plus de la moitié de la population était favorable au principe du refus de payer. Le gouvernement a pourfendu ce qu’il qualifiait de "parasitisme" irresponsable, affirmant que les resquilleurs nuisaient à la réputation du pays et privaient l’Etat de sources de revenus indispensables. De nouvelles lois contre le resquillage ont été adoptées et la police a sévi.
"C’est le début d’un divorce entre les Grecs et leurs responsables politiques, affirme l’écrivain Nikos Dimou. Dans tous ces mouvements, on retrouve un même ras-le-bol de la classe politique". A Thessalonique, les esprits sont particulièrement échauffés. Fin juillet, les "indignés" ont dû replier les tentes qu’ils avaient déployées sur la place Syntagma, mais la Tour blanche de Thessalonique, située sur le front de mer, est toujours entourée de tentes et tendue de banderoles affichant "A vendre" et "Pas à vendre".

"La Grèce vit un tournant de son histoire politique"

Il faut dire que le nord de la Grèce a été particulièrement frappé par la crise. Des entreprises ont commencé à mettre la clé sous la porte avant même le début de la débâcle financière. Résultat, l’activité économique est au point mort, et la mairie de Thessalonique a même pu afficher une nette amélioration de la qualité de l’air dans cette ville jusqu’alors congestionnée. Le 10 septembre, quand le Premier ministre grec Georges Papandréou se rendra à la célèbre foire internationale de Thessalonique pour présenter ses nouvelles mesures économiques, il sera accueilli par des manifestations.
Les indignés de Thessalonique pratiquent le flash-mobbing (mobilisations éclair), notamment devant des banques ou des bâtiments publics. Leur dernière cible a été le consulat d’Allemagne, devant lequel des dizaines de manifestants ont scandé des slogans et peint les trottoirs à la bombe, exigeant de l’Union européenne un plus gros effort, tandis que des policiers en civils se contentaient de regarder.
Antonis Gazakis, professeur de langue et d’histoire, affirme qu’il est frappé de voir qu’aujourd’hui le mouvement fait de nouvelles recrues, issues de toutes les tendances politiques, certains manifestants [de la Tour blanche] n’étant liés à aucun parti et ne s’étant jamais mobilisés auparavant. Ils veulent tous participer pleinement à ce débat sur les moyens de renouveler un système politique et parlementaire qu’ils jugent corrompu. "La Grèce vit un tournant de son histoire politique, assure Gazakis. C’est pourquoi je compte bien rester ici cet été. La dernière fois que le peuple est descendu dans la rue pour exiger un changement de constitution d’un telle importance, c’était en 1909. C’est une occasion idéale, un changement de modèle. La Grèce s’est réveillée."

Fuite de cerveaux

Les jeunes disent adieu à un pays en crise

Comme leurs homologues portugais, espagnols, irlandais ou italiens, c'est vers l'étranger que les jeunes Grecs se tournent, face à l'absence de perspectives et aux ravages de la crise économiques. A en croire Le Figaro, "déjà, plus de 70.000 Grecs seraient partis pour les États-Unis, plus de 15.000 auraient rejoint l'Allemagne, l'Angleterre et la France". "Tous n'ont pas la même opportunité", précise le quotidien parisien : "ils s'adressent donc à des professionnels. De plus en plus d'agences de chasseurs de têtes proposent aux Grecs de leur assurer une activité à l'étranger. L'entreprise suédoise Paragona multiplie les publicités dans la presse hellénique ou sur Internet, en garantissant un emploi à la hauteur des compétences de chacun et un bon salaire". "Depuis quelques mois", raconte encore Le Figaro, "le ministère grec des Affaires étrangères croule sous les demandes de création ou de renouvellement de passeports. 'Le téléphone n'arrête pas, surtout en ce moment, tous sont pressés de partir. On a l'impression de vivre cette vague de migration qu'a connue la Grèce au début du XXe siècle. Sauf qu'il n'y a ni guerre ni famine!' confie un diplomate".

L’euro vit-il ses dernières grandes vacances ?

La bureaucratie européenne est lente et l’Allemagne s’obstine à refuser le seul remède capable de sauver l’euro et l’Europe : une prise en charge commune de la dette publique et le renoncement à la souveraineté nationale en matière de politique budgétaire. 

Les marchés se sont glissés dans une des nombreuses failles du système européen, générant un énième effondrement boursier et une nouvelle envolée des taux d’intérêts, devenus désormais les accélérateurs de la crise des dettes souveraines au cœur de la zone euro. Mais cette tempête aussi, comme celles qui ont précédé, est le symptôme d’un déséquilibre politique.
Or si une solution n’est pas trouvée à ce déséquilibre, l’Europe pourra difficilement survivre. La brèche qui a offert cette fois le prétexte de l’attaque est l’incroyable retard de la bureaucratie européenne dans la mise en pratique des décisions prises au sommet des chefs de gouvernement le 21 juillet.
Si tout va bien, les décisions qualifiées d’"urgentes" prises en juillet ne deviendront opérationnelles qu’à la fin septembre. Et à ce moment-là, elles s’avéreront insuffisantes. Le 4 août, précisément au moment où le président de la Commission José Manuel Barroso appelait les gouvernements à une rapide mise en  œuvre des décisions prises en juillet "qui manifestement n’ont pas l’effet attendu", la Banque centrale européenne (BCE) a tenté de colmater la énième voie d’eau de la barque de l’euro, en annonçant qu’elle avait décidé "à une écrasante majorité" de reprendre les acquisitions sur le marché secondaire [où ces bons sont revendus par leurs acheteurs] de bons du trésor des pays en difficulté.

La BCE a agi de mauvais gré

Depuis mai, Francfort avait suspendu les interventions, demandant que cette responsabilité soit transférée au Fond européen de stabilité financière (FESF). Mais étant donné que le Fond est bloqué par les lenteurs bruxelloises, la BCE a dû encore une fois entrer en action. Et elle l’a fait de mauvais gré. Certes, la décision a été prise à la majorité, probablement malgré un vote hostile des Allemands. Et cela n’a pas suffit à calmer les marchés.
La tempête, donc, est destinée à durer. Ou du moins à se répéter à intervalles de plus en plus rapprochés. Au moins aussi longtemps que les gouvernements ne comprendront pas la nécessité de réfléchir, sur la "complexité et le caractère incomplet des décisions prises jusqu’à maintenant", comme le demande José Manuel Barroso.
À dire vrai, chacun connaît le seul remède capable de sauver l’euro et l'Europe. Mais l’Allemagne d’Angela Merkel continue à refuser la thérapie et les autres gouvernements n’ont pas la force de la faire changer d’avis, tandis que les marchés parient depuis plus d’un an sur la mort du patient avant qu’il ait pu recevoir les soins dont il a besoin.
En dépit de l’extrême complexité de la crise actuelle, la question est simple : les marchés n’ont pas tout à fait tort de ne pas croire que la monnaie unique puisse continuer à exister si l’on reste accroché au principe du chacun pour soi en matière de dette publique, et donc si on continue à appliquer des taux d'intérêts différents pour les titres émis par chaque pays de la même monnaie.

La solution existe, mais elle est bloquée par l'Allemagne

La solution, partagée par plusieurs des acteurs, consiste à accepter une responsabilité commune pour la dette publique accumulée. Cet objectif peut être atteint, au moins en partie, grâce à l’émission d’un eurobond pour une part significative de l’endettement européen. La contrepartie politique de cette manœuvre consiste à renoncer à la souveraineté nationale sur les politiques budgétaires, qui seraient déléguées à un "ministre des Finances européennes". D’ailleurs, les marges d’autonomie des gouvernements nationaux sur la gestion des budgets sont aujourd’hui déjà extrêmement réduites.
Mais jusqu’à maintenant, la solution du problème a été bloquée par l’Allemagne, dont les comptes sont en ordre et qui ne veut pas prendre en charge les énormes dettes accumulées par des pays comme l’Italie ou la Grèce. Pour contourner le veto allemand, on a eu recours à des systèmes extrêmement complexes et peu efficaces, comme le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Mais il est désormais évident que ce type de palliatif a surtout un rôle d’incitation à la spéculation, qui continue à jouer sur les différences entre les taux d’intérêts. Nombreux sont ceux qui ont dénoncé ces derniers mois "l'égoïsme" des allemands et lancé des appels à une fantomatique "solidarité européenne".
En réalité, le problème ne pourra être résolu que si et quand l’Allemagne comprendra que la fin de l’euro et du marché unique et l’inévitable catastrophe financière qui en résulterait, pourraient lui coûter bien plus cher que la prise en charge de la dette commune. Jusqu’à ce jour, aucun gouvernement n'a eu le courage de mettre Angela Merkel au pied du mur.
Mais si les gouvernements se défilent, les marchés sont déjà en train de s’en charger. Avec l'Italie sous le feu des attaques, le moment de la décision finale ne peut guère tarder. Si l’Allemagne dit oui, l'euro et l'Europe seront sauvés. Dans le cas contraire, préparons-nous au pire. L’Allemagne y compris. 

Le monde vu par les agences de notation

Les pays développés, européens en tête, voient leurs notes financières menacées par les agences de notation. Seuls celles des émergents grimpent toujours plus haut.







Tous les pays n'ont pas souffert des foudres des agences de notation ces derniers mois. Les pays développés ont payé les conséquences de niveaux de dettes qui ont explosé durant la crise. Les pays émergents, pour leur part, ont fait figure de bons élèves depuis le début de la reprise économique, rapportent les agences Fitch et Moody's dans des rapports distincts.
Moody's souligne dans son rapport portant sur l'année 2010 que plus des deux tiers des dégradations (70%) de notes qu'elle a dû mener ont concerné l'Europe. Sur 18 relèvements de note à travers le monde l'an dernier, un seul pays de la région Europe, telle que définie par Moody's, a vu sa note relevée: la Turquie. Les émergents ont monopolisé les autres hausses: 56% des améliorations ont profité aux pays d'Amérique latine, 39% aux pays d'Asie, du Golfe et d'Afrique.
Même constat chez Fitch en 2010: «Les avis positifs sur les dettes des États en voie de développement ont recueilli la majorité des avis favorables de l'agence, tandis que les économies avancées comptaient le plus d'avis défavorables sur leur endettement».

Retournement de situation

Ce retournement de situation observé durant l'après-crise s'explique par une meilleure résistance des finances publiques des émergents aux bourrasques économiques et financières. Et, surtout, par des perspectives de croissance bien meilleures que dans les pays développés, explique Moody's. En Amérique latine, par exemple, les petits pays sont tirés par la croissance brésilienne, tandis que ceux d'Asie profite du boom chinois.
Au contraire, «les dégradations de note des pays européens reflètent leur faible croissance relative pour les trois à cinq prochaines années et par la hausse prévisible des taux d'intérêt, qui étaient à des niveaux historiquement bas», analyse Moody's.
Toutefois, la moyenne des notes des émergents reste inférieure à celle des pays avancés. Malgré les nombreuses dégradations de note, rapporte Moody's, l'Europe conserve ainsi une moyenne située à A2, tandis celle de l'Amérique latine atteint seulement le cran B1. Mais l'écart se resserre.

Pour la première fois de son histoire, la première puissance économique du monde perd son tripe A. L'agence de notation pointe des «risques politiques» face aux enjeux du déficit budgétaire du pays.

La sanction était attendue mais elle sonne quand même comme un choc. Dans la nuit de vendredi à samedi, l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's (S&P) a osé abaisser la note attribuée à la dette publique des États-Unis, ainsi privés de leur «AAA» pour la première fois de leur histoire. S&P a annoncé dans un communiqué avoir dégradé d'un cran cette note, la meilleure possible, pour la porter à «AA+». Elle a par ailleurs ramené sa perspective à «négative», ce qui signifie que Standard and Poor's pense que la prochaine fois que cette note changera, ce sera pour être dévaluée de nouveau. Les États-Unis étaient notés «AAA» par S&P depuis la création de cette agence en 1941. Ils le restent chez les deux autres grandes agences, la doyenne Moody's (depuis 1917) et Fitch Ratings.
Standard and Poor's, qui avait prévenu dès avril qu'elle envisageait cet abaissement, a justifié sa décision par «des risques politiques» de voir le pays prendre des mesures insuffisantes contre son déficit budgétaire. Pour elle, le débat politique sur ces questions n'est pas à la hauteur des problèmes causés par une dette publique de plus de 14.500 milliards de dollars. «Le plan de rééquilibrage du budget sur lequel le Congrès et l'exécutif se sont récemment mis d'accord est insuffisant par rapport à ce qui, de notre point de vue, serait nécessaire pour stabiliser la dynamique à moyen terme de la dette publique», a expliqué S&P, invoquant la loi dite de «contrôle du budget» votée mardi.
S&P est donc la deuxième agence de notation a dégrader la note américaine, après la chinoise - moins puissante - Dagong. Les autres - principalement l'américaine Moody's et la française Fitch - restent pour l'instant à l'écart.

La dette publique américaine à plus de 100% du PIB

La première puissance du monde n'est, ainsi, plus aussi sûre qu'avant. Les États-Unis rejoignent ainsi le Japon, l'Espagne et l'Irlande qui ont perdu ce statut envié. La perte de ce sceau d'excellence devrait avoir des répercussions brutales sur les marchés financiers , difficiles à imaginer dans l'immédiat. Mais alors que la planète finance est sens dessus-dessous, le risque de voir les marchés continuer à plonger est élevé. L'annonce de S&P intervient en effet alors que les marchés ont fermé pour le week-end, clôturant de part et d'autre de l'Atlantique une semaine noire.
La Chine, de loin le plus grand créancier mondial des États-Unis, a jugé qu'elle avait « désormais tous les droits d'exiger des États-Unis qu'ils s'attaquent à leur problème structurel de dette». Deuxième détenteur mondial de la dette américaine, Tokyo a assuré, lui, que sa confiance dans les bons du Trésor américain et sa stratégie d'achats de ces bons restaient inchangées. En France, le ministre de l'Économie François Baroin réaffirme sa «totale confiance dans la solidité de l'économie américaine.»
Il y a deux jours, la dette américaine a passé un cap symbolique. Elle a dépassé en effet le seuil de 100% du PIB, juste après le relèvement du plafond de la dette par le Congrès. Les États-Unis ont vu leurs finances publiques plombées par la dure récession qu'a traversée leur économie de fin 2007 à mi-2009. Depuis, la croissance économique est revenue mais ils ne sont pas parvenus à rétablir la santé de leurs finances publiques. Selon les estimations du Fonds monétaire international, ils devraient accuser cette année, avec environ 9% du produit intérieur brut, le déficit budgétaire le plus élevé des pays du G20, Japon mis à part. Il reste seize pays notés «AAA» chez Standard and Poor's, dont quatre du G7: l'Allemagne, le Canada, la France et la Grande-Bretagne.

Grèce: suspension de la grève des taxis

 Les propriétaires des taxis ont annoncé ce matin "la suspension" de leur grève entamée le 18 juillet pour protester contre la dérégulation du métier, qui a fortement affecté le tourisme en plein été. "Le mouvement est suspendu jusqu'au 5 septembre, le dialogue se poursuit", a indiqué un communiqué de la fédération des taxis, selon la télévision publique Net.

Cette décision a été prise à la suite d'une réunion extraordinaire de plusieurs heures des 20 syndicats de la fédération à Athènes, convoquée par le président des taxis d'Athènes, Thymios Lybéropoulos.  Depuis le 18 juillet la fédération panhellénique des taxis avait lancé une grève sine die protestant contre le dérégulation du secteur.

Le bras de fer avec le gouvernement a été provoqué quand le nouveau ministre des Transports, Yannis Ragoussis, avait refusé d'appliquer un accord survenu avec son prédécesseur, avant le remaniement du 17 juin, qui prévoyait de lier "le nombre de taxis à la population de chaque ville".  Ce compromis aurait permis de limiter le nombre de voitures en circulation, ce que demandaient les taxis qui estiment que la libéralisation va "créer un encombrement" de voitures, et "faire chuter la valeur" de leurs licences chèrement acquises.

Le mouvement a fortement affecté le tourisme, provoquant d'énormes embouteillages aux ports du Pirée et dans d'autres îles ainsi qu'à l'aéroport international d'Athènes en raison des manifestations des conducteurs des taxis. Selon les médias grecs, la grève aurait causé 1,2 milliard de pertes au Pirée, certains bateaux de croisière renonçant à accoster et continuant plus loin en Méditerranée pour débarquer leurs touristes.

Comme celle des routiers l'an dernier, la dérégulation des taxis s'inscrit dans le cadre de mesures, dictées par les créanciers du pays (l'Union européenne et le Fonds monétaire international) visant à ouvrir à la concurrence des métiers protégés en Grèce, avocats, pharmaciens ou ingénieurs, afin de relancer l'économie en récession depuis trois ans.

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La politique poursuit la France sur le sable

Si les vacances vident plus sûrement le porte-monnaie que la tête, elles demeurent une bulle bienvenue loin du fracas du monde et des palabres ordinaires.

C’est curieusement ce moment privilégié que les partis politiques choisissent pour mettre en branle leurs caravanes d’été sur les plages.

La France est sur le sable pensent-ils, elle n’aura pas la force d’aboyer…

Il y a quelques années, les jeunes militants de l’UMP avaient distribué larga manu des collections de tongs made in China. Avec une trouvaille que seuls les crânes d’œuf du marketing politique pouvaient oser : elles laissaient l’empreinte des trois lettres du mouvement sur le sable, de quoi se fâcher avec 47 % de ses voisins de serviette.

Cet été, la présence politique sur les lieux de villégiature se fait plus discrète. Le temps n’est pas venu de casser les pieds à l’électeur avec 2012…

Seul Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, chausse les espadrilles. En plein doute sur la monnaie européenne, il écume le littoral avec un slogan qui tombe pile-poil, “l’euro te protège”.

Dans un raccourci saisissant, il joint le geste à la parole et distribue des préservatifs. Des billets de banque auraient été plus convaincants, mais n’est-ce pas l’intention qui compte.

Au Grau-du Roi, il compte captiver un camping avec une table ronde sur l’euro.

Lui qui avait présenté ses vœux aux Français dans sa cuisine, casserole à la main, on lui conseille d’arriver à l’heure de la vaisselle…

Realpolitik et impuissance face à la Syrie

« Bien entendu, nous n'allons rien faire. » Cette phrase de Claude Cheysson, ministre du gouvernement Mauroy, au sujet de l'instauration de la loi martiale en Pologne en 1981, est restée comme un symbole de la realpolitik. Alain Juppé n'aura sans doute pas la même postérité, après avoir dit, songeant à la Syrie, que « l'Occident ne sait pas faire de miracles ». Mais le fond est similaire. En plus diplomatique, cette impuissance s'enrobe généralement de vœux pieux, comme ce mercredi à l'ONU. Reste qu'au-delà de l'indignation morale, la communauté internationale peut-elle intervenir efficacement dans un pays en guerre civile, quand le dictateur au pouvoir n'est lâché ni par l'armée, ni par la majorité de sa population ? La situation libyenne apporte aussi un triste contre-exemple au « droit d'ingérence ». L'intervention volontariste impulsée par la France a incontestablement permis d'éviter à Benghazi un massacre comme à Hama. Mais le glissement de l'objectif de l'opération (de la préservation des populations civiles à la chute de Kadhafi) la transforme en nouvelle opération de police de l'OTAN, avec le même risque d'enlisement qu'en Afghanistan ou en Irak. Le meilleur moyen de faire tomber un autocrate reste le soulèvement victorieux de son peuple, non une intervention militaire extérieure. En revanche, les démocraties peuvent s'abstenir de légitimer inutilement des dictateurs en place, comme Nicolas Sarkozy invitant Bachar El Assad aux cérémonies du 14-Juillet voilà trois ans… Le vrai cynisme est celui qui faisait dire au président Eisenhower, parlant du Nicaraguayen Somoza : « C'est un salaud, mais c'est notre salaud. »

vendredi 5 août 2011

La sortie d'un iPhone 5 cet automne se précise

Le remplacement de l'iPhone 4, lancé il y a plus d'un an, est imminent. Si Apple ne s'est jamais exprimé sur le sujet, les indices se multiplient.

Le scénario, bien rodé, ne laisse plus vraiment de place à la surprise. Autour de l'automne, Apple devrait présenter un nouvel iPhone, le cinquième. Comme pour les précédents lancements de l'iPhone et pour ceux de l'iPad, les indices et les révélations se succèdent ces dernières semaines, en provenance de sous-traitants asiatiques, d'analystes du secteur et de sources «bien informées», citées par les grands médias américains. Peu diserts comme à leur habitude, les dirigeants d'Apple se sont pour l'instant contentés d'indiquer qu'une transition vers un «futur produit» était à prévoir.
Si Apple n'a pas connu pareille mésaventure qu'avec l'iPhone 4, dont un prototype avait été intercepté par un blog deux mois avant la sortie, des spécifications commencent donc à converger. Des fabricants d'accessoires, qui peuvent obtenir les dimensions des futurs produits d'Apple sous le sceau du secret, exposent déjà des housses taillées pour le prochain iPhone. Elles suggèrent que le nouveau modèle, fortement aminci, inclura un écran de plus grande taille (autour de 4 pouces au lieu de 3,5 pouces), occupant toute la largeur de l'appareil. Le dos retrouverait l'arrondi des anciens iPhone, plus facile à prendre en main.

Une zone tactile à la place du bouton d'accueil


Des exemples de housses pour le prochain iPhone.
Des exemples de housses pour le prochain iPhone.
Les housses exposées sur Internet révèlent aussi des modifications dans la position des boutons, qui n'a pas varié depuis le premier modèle iPhone. Si le déplacement des touches de volumes vers le bas, pour faciliter la prise de photos, relève assurément de l'anecdote, les modifications apportées au bouton principal sont plus intéressantes. Au fil des mises à jour du logiciel de l'iPhone, cette touche située en façade a hérité d'un nombre incalculables de fonctions, peu évidentes à gérer. Pour y remédier, Apple pourrait choisir de la transformer en zone tactile, plus large.
Parmi les nouveautés moins visibles, certaines font consensus. Sauf surprise, le prochain téléphone d'Apple embarquera un processeur double-cœur A5, le même que celui de l'iPad 2, comme l'iPhone 4 avait repris le même processeur que le premier iPad. Un meilleur capteur photo est également évoqué. Il pourrait passer de 5 à 8 mégapixels, capable de capturer des vidéos en «full HD» et de prendre des clichés panoramiques. Un mode pour contrôler entièrement le téléphone à la voix est également apparu dans les versions bêta du logiciel iOS 5.
Certaines rumeurs font davantage débats. Elles touchent le plus souvent à l'intérieur du téléphone, où les secrets sont plus difficiles à percer. Après la polémique sur la réception erratique de l'iPhone 4, trop sensible au toucher, Apple pourrait choisir de totalement revoir son système d'antenne et de le placer par exemple au dos du téléphone. Les versions GSM et CDMA de l'iPhone pourraient aussi être combinées dans un même modèle. Un temps évoqués, l'abandon de la carte SIM et l'intégration d'une puce NFC pour du paiement sans contact n'ont plus la cote.

Un lancement au plus tard en octobre

Si ces nouveautés viennent à être confirmées, le nouvel iPhone ressemblera finalement davantage à un iPhone 5 qu'à un iPhone 4 évolué (un iPhone 4S). La commercialisation débuterait au plus tard en octobre, en amont de la période cruciale des fêtes, indiquait en début de semaine selon le blog All Things Digital, affilié au Wall Street Journal. Depuis cinq ans, cette fenêtre de lancement était réservée aux nouveaux iPod, dont le poids a largement décru dans les revenus d'Apple. D'après le Guardian, les opérateurs ont déjà débuté les tests en conditions réelles de l'appareil, camouflé dans des coques scellées, pour empêcher les fuites.
Signe d'une certaine frénésie, les analystes rivalisent déjà de prédictions sans même avoir vu l'appareil. Une étude de PriceGrabber menée aux États-Unis a évalué que 35% des consommateurs prévoyaient d'acheter un iPhone 5 lors de sa sortie. Selon Gene Munster de Piper Jaffray, l'iPhone 5 doublera la part de marché d'Apple dans le mobile aux États-Unis, en séduisant en premier lieu les possesseurs actuels d'iPhone. Walter Piecyk, de BTIG, s'attend à ce qu'Apple vende quelque 30 millions d'iPhone en trois mois, tous modèles confondus, contre 20 millions au cours du trimestre achevé fin juin.

Lagarde: "aucune faute commise" (Tapie)

Bernard Tapie estime "absolument impossible", aujourd'hui dans Libération, que la sentence arbitrale soldant son différend avec le Crédit Lyonnais puisse "être remise en cause", après la décision de la Cour de justice de la République (CJR) d'enquêter sur le rôle de Christine Lagarde.

Ces investigations ne "me concernent pas ... ce n’est pas mon problème", affirme Bernard Tapie, qui estime toutefois qu'il "vaut mieux qu'une enquête approfondie soit menée par la CJR, elle aboutira, j'en suis absolument convaincu, à la même conclusion que le tribunal administratif: aucune faute n'a été commise", affirme-t-il.

La CJR a ouvert hier une enquête sur la directrice générale du Fonds monétaire International (FMI), Christine Lagarde, pour son rôle dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais quand elle était ministre de l'Economie. Cela concerne l'arbitrage ayant mis fin en juillet 2008 au conflit entre Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais, au sujet de la vente d'Adidas en 1993.

En mai, le procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal avait saisi la commission des requêtes de la CJR, comme l'avaient demandé des députés socialistes. Il reprochait à Mme Lagarde d'avoir recouru à un arbitrage privé alors qu'il s'agissait de deniers publics, d'avoir eu connaissance de la partialité de certains juges arbitres et de ne pas avoir exercé de recours contre cet arbitrage controversé alors que plusieurs spécialistes l'y avaient encouragée. Le tribunal arbitral, juridiction privée, avait condamné le Consortium de Réalisation (CDR), structure publique qui gérait le passif du Crédit Lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités (400 millions d'euros avec les intérêts).

Evoquant les réactions socialistes se félicitant de l'ouverture de cette enquête, notamment celle du patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, qui a estimé hier que l'avis de la CJR montrait la "confusion d'intérêts "au sommet de l'Etat", M. Tapie juge que "les socialistes ont la mémoire court

Ils disent adieu à la Grèce en crise

Les Grecs sont des milliers à s'exiler pour s'assurer un meilleur avenir ailleurs en Europe ou aux États-Unis. 

Voula Diamantou fait un dernier tri dans ses vêtements. Cette fois, cette gastro-entérologue de 33 ans ne part pas pour passer ses vacances à Rhodes, son île d'origine, dans le Dodécanèse. Elle s'envole pour Londres sans billet de retour. Après quatre mois de démarches, samedi, Voula quitte la Grèce. «Le chant des grillons, le soleil, ma famille et mes amis, tout va me manquer, mais je n'ai plus aucun avenir ici», confie-t-elle, accoudée au balcon de son appartement situé en banlieue nord de la capitale. Après de brillantes études de médecine à l'université d'Athènes et son année pratique en province, Voula a découvert la réalité du système grec de santé, frappé par la crise.
Depuis cinq ans, elle travaille au Laïko Nosokomio (hôpital populaire), un établissement du centre d'Athènes. Mais elle n'a ni feuille de paie mirobo­lante, ni perspective de promotion. «Je ne gagne que 1100 euros net par mois et les heures de garde ne sont plus payées depuis près d'un an, explique-t-elle. En plus, avec les mesures d'austérité, les salaires et embauches sont gelés. Je ne peux donc pas espérer trouver mieux dans un autre hôpital public et impossible d'ouvrir un cabinet seule puisque je n'ai pas d'apport personnel. Avec la crise, les banques ne prêtent pas facilement d'argent.»
Dès qu'on lui a proposé un poste de médecin associé à l'université de Cambridge, à 2500 euros par mois, Voula n'a pas hésité une seconde: «J'aurai la possibilité de gravir les échelons. Le sacrifice sera donc payant.» Ce changement de vie est d'autant plus lourd que Voula laisse derrière elle Maria, sa fille de 17 mois tout juste et Sotiris, son mari, ingénieur au métro d'Athènes.

«Après, il sera trop tard» 

«C'est très difficile de quitter mes racines, ma vie, mais si je ne fais pas ces choix de vie à mon âge, après, il sera trop tard. Ici, mes capacités ne seront jamais valorisées», confie-t-elle avec un pincement au cœur. Pourtant, cette aventure la galvanise. «Nous recherchons déjà un emploi à Londres pour mon mari. J'espère pouvoir accélérer les choses une fois sur place. Je suis sûre que ce sera aussi bénéfique pour l'éducation de ma fille.»
Tout comme Voula, des milliers de Grecs cherchent à déserter le pays. Tous n'ont pas la même opportunité. Ils s'adressent donc à des professionnels. De plus en plus d'agences de chasseurs de têtes proposent aux Grecs de leur assurer une activité à l'étranger.
L'entreprise suédoise Paragona multiplie les publicités dans la presse hellénique ou sur Internet, en garantissant un emploi à la hauteur des compétences de chacun et un bon salaire. Mais toutes les annonces ne sont pas bonnes. «Des centaines de Grecs, avocats, ingénieurs ou étudiants, ont été bernés par une agence austra­lienne, raconte Kostas Markou, le secrétaire général de l'importante communauté grecque de Melbourne. Par exemple, le site www.ausfis.org se présente comme conseiller en immigration et promet de se charger des visas et de la recherche d'un travail. Mais en fait, il n'en est rien. Les plaintes abondent aujourd'hui. Il faut donc se méfier et bien préparer son départ.»

Clientélisme et népotisme 

Depuis quelques mois, le ministère grec des Affaires étrangères croule sous les demandes de création ou de renouvellement de passeports. «Le téléphone n'arrête pas, surtout en ce moment, tous sont pressés de partir. On a l'impression de vivre cette vague de migration qu'a connue la Grèce au début du XXe siècle. Sauf qu'il n'y a ni guerre ni famine!» confie un diplomate.
Déjà, plus de 70.000 Grecs seraient partis pour les États-Unis, plus de 15.000 auraient rejoint l'Allemagne, l'Angleterre et la France. «Malheureusement, après les capitaux, ce sont les cerveaux qui partent… Ceux à qui le système coupe l'herbe sous le pied», affirme Ioannis Detseris, le président de l'Union des médecins libéraux. «Dans tous les secteurs, le clientélisme, le népotisme et les mentalités tardent à changer. Il faut reconnaître qu'il y a trop de médecins en Grèce, 70.000 pour 10 millions d'habitants. Mais, d'un autre côté, ils sont déjà 5000 à être partis en moins de trois ans. Alors si les meilleurs partent, que va-t-il rester?» s'interroge-t-il.
Tout entier absorbé par la nécessité de mener à bien les réformes malgré les dégâts collatéraux, le gouvernement s'inquiète tout de même de ce mouvement migratoire croissant qui touche toute la population. D'autant que les jeunes suivent le mouvement. Selon les derniers sondages, sept sur dix des 20-25 ans veulent quitter le pays. Or cette génération est la plus diplômée d'Europe. Son départ handicaperait grandement le futur du pays. Malgré tout, les autorités espèrent que ces «cerveaux» reviendront, une fois la crise passée.

Faut-il douter des chiffres de la révolte syrienne ?

La Syrie étant fermée aux journalistes étrangers, la société civile est la principale source d'information sur la révolte populaire contre le régime de Bachar Al-Assad. Ce qui pose des questions sur l'exactitude des chiffres qu'elle diffuse.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) est l'ONG la plus citée par les agences occidentales. C'est elle qui a recensé pas moins de 1,2 million de manifestants à Hama, au centre du pays, et à Deir ez-Zor, dans l'Est, lors de la mobilisation massive du 22 juillet. C'est elle aussi qui a décompté plus de 1 600 victimes civiles et 3 000 disparus depuis le début du soulèvement, à la mi-mars.
PEU DE DOUTES SUR LE NOMBRE DE MORTS
Le dirigeant de l'OSDH, Rami Abdul Rahmane, est un Syrien installé depuis dix ans à Londres, d'où il centralise et diffuse chiffres et nouvelles. Dans un entretien au Point, il a expliqué ces dernières semaines comment il compte les victimes. Son réseau, qui compte deux cents Syriens, lui communique les chiffres des registres d'admission dans les hôpitaux et les témoignages de militants sur place. Les échanges se font via Facebook, Twitter, Skype ou par téléphones utilisant des numéros masqués. Les membres du réseau ne se connaissent pas. C'est une question de sécurité.
D'après l'ancien diplomate Ignace Leverrier, auteur du blog du Monde.fr Un œil sur la Syrie, l'OSDH est une source "fiable" pour le décompte des morts et personnes disparues : "Pour la plupart, les ONG disposent de leurs noms." Il cite comme autre source digne de confiance les Syrian revolution rews round-ups, bilans quotidiens diffusés par l'activiste Ausama Monajed (voir ici son compte Twitter), lui aussi établi à Londres.
DES DOUTES SUR LES BILANS CHIFFRÉS DES MANIFESTATIONS
Mais l'OSDH compte de nombreux détracteurs. Son dirigeant, qui se déclare "indépendant", est accusé d'oeuvrer pour les Frères musulmans. Il est aussi décrié par le très actif site Infosyrie.fr, dont les "spécialistes de géopolitique et du Proche-Orient" entendent "publier un point de vue alternatif à l'unanimisme en vigueur dans la presse occidentale. Sans pour autant tomber dans un soutien inconditionnel au régime en place". Ce site met notamment en doute les bilans chiffrés de l'OSDH : il affirme ainsi que le 22 juillet, le nombre de manifestants recensés dépassait celui de la population totale des villes citées.
Pierre Piccinin, un professeur d'histoire et de sciences politiques à Bruxelles, qui dit s'être rendu sur place ces dernières semaines, emploie le même argument. "Quelle ne fut pas ma surprise de lire la dépêche de l'AFP, qui annonçait un million de manifestants à travers la Syrie ce 15 juillet (...), dont 500 000 à Hama. À Hama, ils n'étaient, en réalité, pas 10 000. Cette "information" est d'autant plus absurde que la ville de Hama ne compte que 370 000 habitants", s'étonne-t-il.
Mais la comparaison avec le nombre d'habitants paraît difficile : la population de Hama oscille entre 280 000 et... 1,5 million d'habitants, selon les sources. Surtout, Ignace Leverrier relève des erreurs dans les textes de Pierre Piccinin sur la Syrie. Thomas Pierret, chargé de cours en islam contemporain à l'Université d'Édimbourg, dénonce carrément, dans la Libre Belgique, sa "totale méconnaissance" du pays. Dans cette guerre des chiffres, l'ancien diplomate Ignace Leverrier, relève, malicieux, "que les problèmes de comptage ne sont pas spécifiques à la Syrie. En France aussi, syndicats et police se livrent à ce jeu". Il souligne aussi que de nombreux manifestants venus des faubourgs et de la campagne avoisinante viennent gonfler les cortèges des grandes villes. Et que la mobilisation sur le terrain a été suffisante pour contraindre Bachar Al-Assad à faire des concessions, en promettant un dialogue national et une ouverture au multipartisme.
"Les chiffres sont invérifiables, c'est vrai", admet le journaliste Julien Pain, responsable du réseau des Observateurs pour la chaîne télévisée France 24 et son site. Mais les dizaines de vidéos en provenance de Syrie qu'il visualise chaque jour ne lui laissent aucun doute sur l'importance des événements.
"Les manifestants s'organisent pour restituer au mieux ce qui se passe dans les cortèges. Ils les filment de dos pour ne pas montrer les visages, ils captent les violences de la répression et surtout, ils montent sur les toits pour tourner des plans larges qui montrent la foule", explique-t-il. "Évidemment, les manifestants ont tout intérêt à gonfler les chiffres. Entre eux et le régime se joue une vraie guerre de communication. Mais l'ampleur du mouvement, et les violences de la répression sont indéniables."

Pendant ce temps, l'agence officielle syrienne Sana annonce des meurtres de policiers ou de militaires et des sabotages multiples qu'elle attribue à des bandes "subversives" ou "terroristes". Elle s'est aussi empressée de relayer le témoignage (en anglais) du professeur belge, Pierre Piccinin. Et pour justifier la répression, la télévision gouvernementale diffuse des images qui montreraient des manifestants armés et agressifs.