TOUT EST DIT

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jeudi 22 avril 2010

La CGT du livre suspend le mouvement de grève

La CGT du livre, dont la grève perturbait fortement depuis deux jours la distribution des quotidiens nationaux en France, a annoncé jeudi la suspension du mouvement après qu'elle eut obtenu des "avancées" de la direction de Presstalis (ex-Nouvelles messageries de la presse parisienne, NMPP) sur les emplois. Lors d'une assemblée générale du personnel sur le site de l'imprimerie du Monde, en région parisienne, les salariés ont décidé "à l'unanimité" de reprendre le travail, a annoncé un membre du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE), majoritaire chez Presstalis.
"La direction nous a garanti, par téléphone, qu'elle nous rendait presque tous les postes qu'elle voulait supprimer en imprimerie. C'est une avancée significative, a expliqué Laurent Jourdas, de la CGT de Presstalis. Mais si dans les prochains jours on s'aperçoit que ces postes ne sont pas rendus, la direction peut s'attendre à ce qu'on remette le couvert", a prévenu M. Jourdas.

La grève de cette branche des ouvriers du livre, entamée mardi soir, a fortement perturbé la distribution des quotidiens nationaux en France.

L'avenir de Presstalis, menacé de dépôt de bilan, reste toutefois incertain. Le rapport de Bruno Mettling sur la distribution de la presse, remis début avril au premier ministre, évaluait à 125 millions d'euros le besoin de financement de la société de messagerie. Le conseil de gérance de Presstalis doit se réunir vendredi.

MAIS POUR QUI SE PRENNENT CES ENFOIRÉS DE GRÉVISTES, COMMUNISTES AVANT TOUT, ILS NE FONT QUE DÉFENDRE UN MÉTIER QUI PART EN QUENOUILLE CONFRONTÉ AU NET, LA PRESSE NE VIT QU'À COUP DE SUBVENTIONS, ET CES CONNARDS CONTINUENT À PERCER DES TROUS DANS LA BARQUE !!!

Fondamentalismes


Mardi, la sécurité. Mercredi, le voile intégral. 2-0, la balle au centre. En deux jours, le président de la République a mis le paquet pour reprendre la main après la déroute lors du match des régionales et les revers d'une troisième mi-temps catastrophique pour l'Élysée.
Les fondamentaux, les fondamentaux, les fondamentaux ! Surtout ne jamais les oublier. Et quand on s'en éloigne y revenir toujours pour retrouver ses marques. Son équilibre. Et pour ne plus encaisser de buts. Supporter, jadis assidu du PSG, le chef de l'État a suivi le mot d'ordre classique des entraîneurs d'équipes déstabilisées.
Il y a de fortes chances pour que cette stratégie soit payante. Au moins la deuxième phase de jeu, en tout cas. Si on en croit les enquêtes d'opinion, le pays est assez largement favorable, en effet, à une interdiction du voile intégral dans tout l'espace public. Singulière majorité qui rassemble, sur un très large spectre, les esprits progressistes, défenseurs de la dignité des femmes sans aucune exclusive et les islamophobes habités par la crainte de « l'invasion » musulmane, les réalistes, qui veulent aider l'islam dit « modéré » à lutter contre les dérives fondamentalistes, et les idéalistes soucieux de contrer tous les communautarismes. A première vue, tout semble plaider pour qu'on fasse barrage par tous les moyens à un vêtement qui fait offense aux principes du vivre-ensemble républicain le plus élémentaire.
Le danger, précisément, c'est cette fausse évidence. Le simplisme. Le réflexe d'exclusion pur et simple sans nuance considéré comme une solution. Le chef de l'État avait bien mesuré les risques d'une position radicale et longtemps il n'y fut pas favorable. Agacé, même, par la surenchère d'un Jean-François Copé. Considérée à tort ou à raison comme stigmatisante pour l'ensemble des musulmans, la mesure pouvait provoquer la colère des pays arabes contre la France. Elle pourrait aussi contribuer à enfermer chez elles ces femmes qu'on prétend libérer en les privant de la rue. Et puis, une loi qui bride la liberté de se vêtir comme on le veut, même pour de bonnes raisons, reste une loi liberticide, difficilement compatible avec l'image d'une nation avocate des droits de l'homme.
En dépit de ses propres réserves, le président a choisi de passer outre la prudence de l'avis du Conseil d'État qui préconisait une interdiction limitée aux services publics. Il a choisi aussi de s'affranchir de la méthode imprimée par la commission Stasi à la loi sur les signes religieux ostentatoires à l'école, qui a pourtant fait ses preuves en déminant en douceur un dossier piégé. L'intransigeance française répondra donc au fondamentalisme islamique. Au delà des apparences, il n'est pas sûr que cet extrémisme là n'aura pas des effets pervers qui nuiront à son efficacité. Le mieux tue parfois le bien.

Absentéisme : 63 % des Français pour la suppression des allocations

63 % des Français sont favorables à la suppression des allocations familiales en cas d'absentéisme à l'école alors que 32 % y sont opposés, indique un sondage CSA publié jeudi par Aujourd'hui en France/le Parisien.
Selon ce sondage, 28 % des personnes interrogées sont "tout à fait" favorables à la suppression et 35 % "plutôt" favorables. 20 % des sondés sont "plutôt" opposés à une telle mesure et 12 % qui y sont "tout à fait" opposés. 5 % des sondés ne se prononcent pas. Les chiffres varient peu selon qu'il s'agisse de l'ensemble des Français ou de parents d'enfants scolarisés : ces derniers sont en effet à 62 % favorables à cette mesure alors que 36 % y sont opposés.

Nicolas Sarkozy, en visite mardi dernier à Bobigny (Seine-Saint-Denis), a déclaré que les allocations familiales seraient "systématiquement" suspendues en cas d'"absentéisme scolaire injustifié", projet d'ores et déjà critiqué de toutes parts. Depuis 2006, les présidents de conseil général peuvent déjà prendre cette décision qui n'a cependant été mise en oeuvre que dans "quelques dizaines de cas", a indiqué, le 28 mars, Luc Chatel, le ministre de l'éducation.

Une proposition de loi, à l'initiative du député UMP Eric Ciotti, sera déposée à l'Assemblée nationale "dès la semaine prochaine", avait précisé M. Sarkozy. Elle vise à transférer la responsabilité de la suspension du président du conseil général à l'inspecteur d'académie. Cette sanction, très contestée y compris à droite, avait été instaurée en... 1959 et supprimée en 2004 avant d'être rétablie deux ans plus tard.

Un P.S. flou, flou, flou

Les principaux dirigeants socialistes se sont réunis mercredi soir autour de la première secrétaire, Martine Aubry, pour tenter de définir une position sur la réforme des retraites.
En profond désaccord sur le fond, les socialistes doivent se contenter d’entretenir le flou et de faire de la tactique face à Nicolas Sarkozy et au gouvernement.
Dire que les socialistes sont divisés est un euphémisme. Il n’y a pratiquement rien en commun entre la position des archéo-mitterrandistes gardiens soucieux des dogmes de 1981 comme l’ancien ministre Henri Emmanuelli et l’ancien Premier ministre Laurent Fabius et la position des modernistes, ouverts à une vraie réforme. Ces derniers sont menés par trois candidats à la candidature socialiste pour 2012, Manuel Valls, le député maire d’Evry, François Hollande, l’ex-premier secrétaire, et en sous-main par DSK, absent mais représenté par le député de Paris Jean-Marie Le Guen. Entre ces deux ailes, le gros des socialistes attend de voir ce que proposeront Martine Aubry et aussi Ségolène Royal, toujours prompte à capter le sentiment de la France profonde.

Pour l’heure la ligne socialiste officielle se limite à deux vieilles recettes : « touche pas à nos 60 ans » pour l’âge légal de départ à la retraite et « faire payer les riches » en taxant les profits financiers, pétroliers et bancaires. Ce n’est pas avec cela qu’on va rétablir l’équilibre en 2030 ou 2050, commente Thomas Piketty, jeune économiste pourtant très proche des socialistes.

Le PS reste par contre extrêmement discret sur l’essentiel, c’est-à-dire sur l’allongement de la durée de cotisations, ce qui a fait dire à M. Le Guen que « si l’on finasse là-dessus il y aura péril en la demeure ».

Il y a effectivement péril en la demeure quand le principal parti d’opposition qui aspire à gouverner en 2012 remet en cause les prévisions pessimistes du C.O.R., le Conseil d’orientation des retraites, pourtant institué par le dernier Premier ministre Lionel Jospin et quand on voit que le PS, par refus d’un consensus, s’apprête à laisser le gouvernement prendre seul les mesures nécessaires qu’une gauche victorieuse dans deux ans se garderait bien d’abroger. Courage, fuyons.

Muchas gracias, Edgar !


Vous ne connaissez pas Edgar Hernandez ? Il a pourtant fait trembler la planète, ce gamin haut comme trois pommes. Pas lui directement, mais sa santé. C'était il y a un an pile. Ça faisait quelque temps déjà que le petit citoyen du canton de Veracruz était patraque. Une fièvre qui traîne. Une toux qui rôde. Jusqu'à ce que le soupçon s'affirme. Les responsables de la propagation sont là, dans l'élevage de cochons, à deux pas du domicile de l'enfant. Pas la peine d'aller chercher plus loin pour désigner la maladie. Ce sera la "grippe porcine". À moins qu'on ne préfère l'appeler "mexicaine", du nom du pays où elle venait ainsi de voir le jour. Presque sympas, ces références agricoles ou géographiques. C'est lorsque le virus s'affubla de son code de guerre, H1N1, que les choses commencèrent à se gâter.
On recensa les quintes. On sonda les poumons. On perdit la tête.
Le 24 avril 2009, l'OMS lança une alerte mondiale. On allait voir ce qu'on allait voir.

À condition d'en réchapper, car le pire était plus sûr que jamais. Il y avait obligation de se laver les mains sans cesse. Il était interdit de s'embrasser. Et pendant que Roselyne commandait masques et vaccins à la pelle, Edgar, lui, mon dieu, n'allait pas trop mal. Aujourd'hui, alors que
la première rit un peu jaune, le second aurait retrouvé toute sa sérénité si ses petits copains ne continuaient pas
à se moquer de lui : "Il est grippé-é ! Il est grippé-é !" Qu'importe ! Les autorités locales en ont fait un héros. Le "patient zéro", qui n'était d'ailleurs ni le premier ni le dernier à être infecté, aura bientôt sa statue sur la colline, façon Manneken-Pis. De là-haut, il pourra compter les victimes de la "pandémie". Trente fois moins que pour une "grippe saisonnière" normale ! Au moins saura-t-on à quoi s'en tenir la prochaine fois. Si jamais devait se profiler, un de ces quatre, une menace extraordinaire, genre "grippe volcanique", imaginons n'importe quoi, promis juré, on ne s'affolerait pas.

Muchas gracias, Edgar !


Didier Pobel

Voile intégral : l'interdiction générale est-elle applicable ?

A l'instar de Xavier Bertrand, la plupart des députés UMP se sont félicités de l'annonce gouvernementale d'un projet de loi d'interdiction générale du voile intégral dans tout l'espace public français. "Une interdiction claire, nette et lisible du port du voile intégral dans tout l'espace public et pas seulement dans les services publics est le meilleur choix", a déclaré le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, jugeant que la protection de "la dignité de la femme" est une "question primordiale".
Mais l'applicabilité de cette loi et sa conformité à la Constitution sont mises en doute par les opposants au projet. Pour Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon, une telle loi "sera inapplicable" ; l'interdiction ne serait possible que dans les lieux publics. "Je connais un certain nombre des policiers lyonnais qui me disent aujourd'hui : 'Nous, on va aller dire aux gens sur tel ou tel marché, par exemple à Vénissieux, vous allez enlever votre burqa. Difficile à faire appliquer !'"

Le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, est lui aussi opposé à l'interdiction générale. "J'aime la loi, je n'aime pas l'interdiction générale", a déclaré sur RMC le médiateur, également maire UMP de Bapaume (Pas-de-Calais). "Je pense que le Conseil d'Etat a donné une notion assez intéressante qui consiste à dire qu'il conviendrait dans certains lieux, à certains moments, d'interdire le port du voile intégral", a-t-il ajouté. "Je ne sais pas comment on va faire avec les Saoudiennes qui viennent acheter sur les Champs-Elysées, par exemple", a encore fait valoir M. Delevoye, considéré comme proche de Jacques Chirac.

UNE PROCÉDURE "SEREINE"

Selon SOS Racisme, une loi d'interdiction totale serait "contraire à la Constitution et à la Convention européenne des droits de l'homme". "Lutter pour le droit des femmes, écrit encore SOS Racisme, est indissociable du combat antiraciste mais le présent projet de loi ne poursuit en aucune façon cette finalité […]. Il s'inscrit tout au contraire dans un contexte de stigmatisation dont les responsables politiques sont en tous points responsables."

Interrogé par l'AFP, le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau estime en effet qu'une loi d'interdiction générale serait censurée par le Conseil constitutionnel. Selon lui, "Une interdiction générale est sans fondement juridique, disproportionnée et inapplicable [...]. Si la loi est votée, il y aura une saisine, et une censure, du Conseil constitutionnel. Car s'il applique sa jurisprudence traditionnelle, il constatera que l'interdiction, parce que générale, est disproportionnée par rapport à l'objectif recherché, n'a pas de fondement juridique et porte atteinte aux principes de la Déclaration des droits de l'homme."

En revanche la présidente de l'association Ni Putes ni Soumises s'est réjouie de l'annonce gouvernementale. "C'est la victoire des femmes, c'est le début d'une nouvelle page pour l'émancipation des femmes des quartiers populaires à qui on va proposer autre chose que l'enfermement ou la mort sociale", a déclaré Sihem Habchi, présidente de l'association qui revendique 6 000 adhérents dont 20 % d'hommes. Elle "demande du courage politique pour voter une loi de protection et d'émancipation des femmes".

"Je souhaite qu'on examine rapidement le projet de loi, sans perdre de temps, mais sans précipitation", a déclaré de son côté le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP). Interrogé sur France Info, il a fait part de son souhait d'une procédure "non accélérée", "sereine", pour l'examen du texte. "Prenons le temps du débat, recherchons le consensus républicain pour aboutir à ce que cette pratique cesse sur le territoire de la République."

Internet en Chine, le meilleur et le pire


Internet est devenu, en Chine, le seul espace public disponible, le lieu de tous les rêves, de toutes les ambitions. La révélation d'affaires, d'espionnage informatique hautement sophistiqué a braqué les projecteurs sur les méthodes, plus que douteuses, peut-être employées par l'État chinois en vue de pousser ses avantages politiques et industriels. Ce qui est frappant, c'est la prolifération des hackers chinois, leur sophistication, leur mise en réseau, leur capacité à se partager le travail pour frapper des cibles préalablement désignées.

À cet égard, j'ai été témoin d'une affaire caractéristique : dans la province du Shanxi, se sont constitués des réseaux bien protégés d'arnaque sur Internet (vente de marchandises inexistantes, par exemple). Pour appâter le client naïf, sont recrutés des jeunes des provinces les plus défavorisées qui, après un lavage de cerveau et une formation aux techniques d'amorçage, sont collés, jour et nuit, sur l'écran en quête de leurs proies. Rien ne leur est versé, mais on les berce de promesses de richesses à venir. Une mise en esclavage, en quelque sorte. L'un d'eux a pu récemment sortir du réseau mais, son nom étant compromis puisqu'il fut l'un des participants des fraudes commises, il n'ose pas déposer une dénonciation.

Encore un trait inquiétant de la prolifération d'Internet : la révélation d'abus réels ou imaginaires est devenue un sport national. On montre, par exemple, une vidéo de quelqu'un ayant torturé un animal ou commis un acte contre la civilité publique. On demande aux internautes d'aider à identifier cette personne. Une fois son nom connu, on multiplie les accusations et, presque automatiquement, la personne se trouve licenciée et, le plus souvent, obligée de déménager.

Internet peut être un lieu de dépendance, d'exploitation et de persécution, mais cela ne doit pas occulter le rôle fantastique qu'il joue dans la formation de la société civile chinoise. Les opinions peuvent être exprimées, échangées, discutées, les nouvelles peuvent circuler plus librement qu'ailleurs. Des scandales commis par des cadres y ont été dénoncés à juste propos etles internautes ont pu, à maintes reprises, faire reculer le gouvernement. La censure n'y peut rien : les Chinois s'arrangent pourlire les sites interdits et apprennent à décrypter toutes les nouvelles.

Un véritable bras de fer s'est engagé entre gouvernement et population. Les autorités veulent que des logiciels pirates soient automatiquement installés sur les nouveaux ordinateurs ; elles interdisent désormais l'enregistrement d'un site par un individu n'agissant pas au nom d'une organisation ; elles emploient une armée de mercenaires pour intervenir sur les forums... Mais ces manoeuvres restent, pour l'instant, impuissantes à instaurer un véritable contrôle idéologique.

Internet contribue donc puissamment à rendre la classe moyenne chinoise consciente de son identité et de sa puissance. Si c'est l'esprit de ressentiment, d'égoïsme et de lucre qui prédomine, Internet ne sera jamais le vecteur d'une véritable civilité. Aux organisations sociales, religieuses et culturelles de l'utiliser au mieux pour qu'il soit le véhicule d'une Chine qui puisse débattre paisiblement avec elle-même et avec le monde.

(*) Institut Ricci, Taipei.

Les principales spécificités du régime de la fonction publique

Si les règles d'âge et de durée de cotisation s'appliquent à l'ensemble des assurés, le régime de la fonction publique conserve des spécificités. Souvent montrées du doigt, elles ne sont pas toujours plus avantageuses que les règles en vigueur dans le privé.
Si les règles d'âge et de durée de cotisation s'appliquent à l'ensemble des assurés, le régime de la fonction publique conserve des spécificités. Souvent montrées du doigt, elles ne sont pas toujours plus avantageuses que les règles en vigueur dans le privé.
· Pension : un mode de calcul différent

Les pensions des fonctionnaires sont calculées sur la base de 75 % de leurs six derniers mois de salaire, contre 50 % de la moyenne des 25 meilleures années dans le privé. C'est en apparence un avantage, mais la réalité est plus complexe : ce calcul exclut, contrairement au privé, les primes, qui représentent en moyenne 20 % de la rémunération des agents. Il n'est pas pertinent de comparer le niveau moyen des pensions, car les fonctionnaires sont en moyenne plus diplômés et mieux rémunérés (à l'Education nationale notamment). Si on compare les taux de remplacement (le niveau de pension en pourcentage du dernier salaire), en tenant compte des primes, certaines études montrent qu'ils sont très proches.
· Un taux de cotisation plus faible

Le taux de cotisation retraite des fonctionnaires s'élève à 7,85 % de leur traitement, contre 10,55 % du salaire dans le privé. Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, estime qu'il y a là « un vrai sujet ». L'augmentation de 1 point de cotisation rapporterait 600 millions d'euros par an. Certains syndicats sont ouverts à une hausse… à condition que la politique salariale vienne compenser cette évolution, ce qui annulerait les économies réalisées.
· Les mères de trois enfants peuvent s'arrêter plus tôt

Les fonctionnaires mères de trois enfants ou plus peuvent partir en retraite après 15 ans de service. Le dispositif a été étendu, pour les enfants nés à partir de 2005, aux pères qui se sont arrêtés de travailler pendant deux mois lors de la naissance. En 2008, 11.300 personnes en ont bénéficié dans les fonctions publiques d'Etat, territoriale et hospitalière (soit 10,5 % des départs à la retraite). Le coût de ce dispositif est de 1,2 milliard d'euros par an, estime l'OFCE. Comme le remarque Georges Tron, « le sujet est politique, mais aussi juridique » car la Commission européenne juge le dispositif contraire à l'égalité hommes-femmes pour les enfants nés avant 2005.

Les autres avantages familiaux des fonctionnaires sont très proches de ceux du privé, mais il y a tout de même des différences. Les fonctionnaires parents de trois enfants bénéficient d'une majoration de pension de 10 %, comme dans le privé, mais ils ont aussi un avantage spécifique, de 5 % par enfant supplémentaire. Les majorations de durée d'assurance accordées aux parents sont également différentes dans le public et dans le privé.
· Certaines professions peuvent partir avant 60 ans

Les fonctionnaires qui ont travaillé au moins 15 ans dans des emplois dits « en catégorie active » peuvent partir à 55 ans : les douaniers, les policiers municipaux, les pompiers ou les égoutiers. L'âge d'ouverture des droits descend à 50 ans pour les personnels des services actifs de la police nationale, les gardiens de prison et les contrôleurs aériens. Pour les militaires, les droits sont ouverts après 25 ans de service pour un officier et 15 ans pour un non-gradé. Les instituteurs et les infirmières peuvent également partir à 55 ans, mais la loi prévoit l'extinction progressive de ce droit.
· Des pensions de réversion plus faibles mais automatiques

Les veuves et veufs d'agents de l'Etat bénéficient de pensions de réversion de 50 % de la retraite du conjoint décédé, contre 54 % dans le privé. Mais cette pension est versée sans conditions de ressources ni d'âge, contrairement au privé, où un plafond est instauré et où il faut avoir au moins 55 ans.
· Décote : une convergence en cours

Comme les salariés du privé, les fonctionnaires subissent une décote sur leur pension lorsqu'ils partent avant d'avoir obtenu tous leurs trimestres. Mais la montée en puissance de cette décote est très progressive, jusqu'en 2020.
· Les « retraites cocotiers » d'outre-mer

Les anciens fonctionnaires qui résident dans certaines collectivités d'outre-mer bénéficient d'une majoration de pension. Elle est de 35 % à La Réunion et Mayotte, 40 % à Saint-Pierre-et-Miquelon et 75 % à Wallis-et-Futuna, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie. Environ 33.000 personnes en bénéficient, ce qui coûte plus de 300 millions d'euros par an. La loi prévoit néanmoins l'extinction progressive de ce dispositif.
· Des minima de retraite plus avantageux

Le minimum garanti, qui assure un niveau plancher pour les plus petites retraites dans le public, est plus avantageux que le dispositif du minimum contributif dans le privé.
· La règle des 15 ans

Les agents qui ont travaillé moins de 15 ans dans la fonction publique ne bénéficient pas des règles du régime de retraite des fonctionnaires : leurs droits sont transférés au régime général et alignés sur les règles du privé.

SNCF : le dernier combat de Didier Le Reste

Après quinze jours de conflit, la CGT apparaît paradoxalement comme la grande perdante de la grève à la SNCF. Aveuglé par son antagonisme avec SUD et par son contentieux personnel avec Guillaume Pepy, Didier Le Reste s'est lancé dans une bataille quasi perdue d'avance. Récit de ce mouvement qui pourrait changer les relations sociales à la SNCF.
Il voulait un dernier grand mouvement. Une grève d'envergure, son « décembre 1995 » à lui, à quelques mois de son départ programmé du poste de secrétaire général de la CGT-cheminots fin 2010. Cela se murmurait depuis des mois. D'une certaine manière, Didier Le Reste est parvenu à remplir son objectif. Voilà deux semaines que les cheminots mènent la lutte, mettant la pagaille sur le réseau ferré. En termes de durée, c'est un record pour la dernière décennie ! Certes, la grève de l'hiver 1995, menée par son grand rival Bernard Thibault - « il le jalouse depuis longtemps », persifle un opposant -, avait duré, elle, trois semaines. Mais ça reste bien suffisant pour asseoir une réputation d'opposant inflexible, alors que le dirigeant de la CGT-cheminots compte se lancer en politique une fois retiré du syndicalisme.

Las ! A l'heure du bilan et alors que direction et syndicats se sont enfin retrouvés hier, c'est un Didier Le Reste affaibli qui émerge. « Cette grève a échoué, elle a été droit dans le mur comme c'était prévisible », juge Jean-Daniel Bigarne, le secrétaire général de l'Unsa, qui n'a pas pris part au conflit. « Guillaume Pepy en ressort considérablement renforcé, cela a donné de la force à une direction qui n'en avait pas », renchérit un autre syndicaliste, peu suspect de faire partie du fan club du président de la SNCF. N'en jetez plus ! Si la grève a duré longtemps, elle a peu mobilisé. Guère plus de 5.000 cheminots en moyenne chaque jour, sur les quelque 155.000 que compte l'entreprise. D'habitude premiers à débrayer, les conducteurs et contrôleurs de trains ont fait profil bas, avec un taux de participation qui a tourné autour de 30 %. Une misère.
Montrer les muscles

On est loin des ambitions initiales. Loin du rêve d'un grand mouvement réunissant trois syndicats (CGT, Unsa, et CFDT-FGAAC) pour faire plier la direction. C'est ce qu'avait imaginé Didier Le Reste il y a maintenant un mois. Quelques jours après la grève interprofessionnelle du 23 mars, une invitation est lancée aux représentants des deux autres organisations pour des réunions interfédérales. Des séances auxquelles n'est pas convié SUD-rail. Ces dernières années, celui-ci est devenu la bête noire du premier syndicat de la SNCF. « A la CGT, ils ont peur de se faire doubler sur leur gauche », résume Jean-Daniel Bigarne à l'Unsa.

Depuis quelques semaines, les signaux d'alerte se sont multipliés. On dit que de nombreux militants ont rendu leurs cartes pour aller chez SUD. « Certains bastions (à Toulouse, Marseille, Montpellier ou Clermont-Ferrand) ont aussi fait part de leur mécontentement devant la répétition de grèves de 24 heures lancées par la CGT ces derniers mois, et ce sans résultat. Ces militants voulaient un grand conflit reconductible, quitte à suivre le prochain lancé par SUD », explique un bon connaisseur du monde cégétiste. La menace est prise au sérieux. Dès lors germe l'idée à la CGT d'un mouvement au long cours pour montrer ses muscles à sa population la plus radicale.

Mais il ne faut surtout pas que SUD se greffe dessus et en profite ! En cette fin mars, on décide de tout faire pour isoler l'importun. D'ordinaire, les réunions interfédérales se font au CCE de la SNCF, près de la Gare de l'Est à Paris. Trop risqué : le syndicat trublion pourrait s'inviter à l'improviste. Pour éviter ce piège, la CGT décide de faire la première réunion à son siège, à Montreuil. « Quasiment une première », raconte un participant. Pour la seconde séance, quatre jours plus tard, retour au siège du CCE. Mais les membres de l'Unsa et de la CFDT-FGAAC ne reçoivent le numéro exact de la salle que quelques minutes avant le début de la réunion. Façon d'éviter les fuites. « C'était une atmosphère de conspiration anti-SUD », poursuit le même syndicaliste.

Le plan élaboré par Didier Le Reste est assez simple. Sept préavis de grèves catégorielles - et reconductibles -seront déposés à partir du mercredi 7 avril. Le jeudi 8, un autre préavis concernera tous les cheminots, mais pour une grève « carrée » de 24 heures. « Ce qu'imaginait la CGT, c'est que le vendredi 9 au matin, après le point d'orgue de la veille, la direction allait être obligée de céder pour un retour à la normale avant le week-end des vacanciers », décrypte un syndicaliste.
Revendications floues

Les autres fédérations sont loin d'être convaincues. D'emblée, l'Unsa prévient qu'elle ne se joindra pas au mouvement. « Il fallait garder nos forces en vue de la réforme des retraites », souligne Jean-Daniel Bigarne. A la CFDT-FGAAC, on hésite. Certes, il existe un réel mécontentement au sein de la population cheminote, tourneboulée par la réorganisation managériale voulue par Guillaume Pepy. Pour autant, les premiers retours de la base indiquent que l'enthousiasme pour un tel mouvement est bien faible.

D'autant qu'il apparaît rapidement que la CGT ne sait pas vraiment où elle va. « Quand on commence une grève, on sait comment on veut la finir », décrypte un syndicaliste. Rien de tel ici. Les mots d'ordre - de la politique de l'emploi à la question des salaires en passant par la réorganisation du fret -sont tellement larges que personne ne voit trop quelles mesures concrètes pourraient être obtenues. Contactée par certains syndicalistes, la direction de la SNCF fait en plus passer un message clair : il n'y aura rien d'accordé pendant la grève, c'est une question de principe. « Il nous est rapidement apparu que la CGT avait très mal pensé et organisé ce mouvement », résume Bruno Duchemin à la CFDT-FGAAC.

Revendications floues, perspectives de victoire faibles : la CFDT-FGAAC comprend qu'il ne faut pas s'embarquer dans cette galère. Début avril, elle décide de s'asseoir à la table des négociations et obtient satisfaction (avec l'Unsa) sur plusieurs points, notamment salariaux. Son appel à la grève n'a plus lieu d'être. Le piège peut alors se refermer sur la CGT. Abandonnée par ses deux comparses, elle voit débouler le banni du début : SUD dépose de son côté son propre préavis, pour la même date. En football, on appelle cela du marquage à la culotte. Voilà la CGT embarquée dans une grève incertaine avec son pire ennemi…

Cela ne va pas faire reculer Didier Le Reste, décidé à continuer. « Son contentieux personnel avec Guillaume Pepy l'a aveuglé », jugent plusieurs connaisseurs du microcosme ferroviaire. Les deux hommes - « deux caractériels soupe au lait », selon quelqu'un qui les connaît bien -ne s'apprécient guère. Un « intrigant », « pas fiable », avec une stratégie « qui change tous les jours » : en privé, Didier Le Reste n'est pas tendre avec le président de la SNCF. Juste retour des choses. Depuis le début de son mandat, Guillaume Pepy tente de faire émerger un pôle syndical réformiste, pour diminuer le poids de la CGT. Sans succès pour le moment. Mais cette volonté agace Didier Le Reste, qui entend peser sur la stratégie de l'entreprise.

La grève - qui débute finalement le 7 avril -ne va faire qu'attiser le conflit entre les deux hommes. « Je l'ai appelé plusieurs fois depuis le lancement du mouvement, mais il ne m'a jamais pris en ligne », s'étonne Didier Le Reste. Au deuxième jour de grève, celui-ci s'invite avec une cinquantaine de grévistes au siège de la compagnie ferroviaire, pour forcer la direction à le recevoir. Guillaume Pepy ne se donne pas la peine de le faire, et c'est le DRH, François Nogué, qui s'en charge. « En 1995, Bernard Thibault était reçu par les ministres. C'est forcément perçu comme une humiliation », relève un bon connaisseur du monde ferroviaire.

Les premiers jours du conflit ne sont pas de nature à rasséréner le leader cégétiste. Les chiffres de mobilisation sont mauvais. Seuls les bastions traditionnels (Rouen, Marseille, Montpellier, Clermont-Ferrand…) ont répondu présent. On a bien recours à quelques ficelles comme les grèves de 59 minutes - dont seul SUD use d'habitude -, mais la dynamique ne prend pas. La grande grève nationale s'est transformée en de multiples conflits locaux, certes très virulents, mais circonscrits.

Comment sortir de ce bourbier ? Après quelques jours, tout le monde a compris que la CGT attend un geste de la direction. Un soupirail pour lui permettre de sortir un tant soit peu honorablement de cette grève. Elle attendra longtemps. Guillaume Pepy fait passer un message : « Pas question de se retrouver avec Didier Le Reste dans le salon feutré d'un hôtel Mercure parisien. » Le patron sait qu'il joue son mandat. La crise a précipité un peu plus le fret ferroviaire dans le gouffre, et a contrarié fortement ses objectifs de développement. Il lui faut ce succès symbolique, pour crédibiliser sa stratégie : en finir avec la « gréviculture », un terme inventé par son mentor Louis Gallois. Raison pour laquelle il ne peut y avoir de négociations pendant la grève.

Pendant une semaine, ce discours va être répété. Il recevra même le soutien de Dominique Bussereau au gouvernement, pourtant jamais avare d'une pique pour Guillaume Pepy. Puis, parce qu'il faut bien trouver une solution à ce conflit inextricable, ce dernier consent mercredi dernier une ouverture : d'accord à des « discussions » - et sûrement pas des négociations ! -mais pour s'entendre sur un calendrier de rencontres, et uniquement au niveau local. Ordre est donné aux directeurs régionaux.
Un tournant

Dans la soirée, une dépêche AFP venue de Marseille relaie un communiqué de la CGT claironnant que « la mobilisation contraint la direction régionale à faire des propositions ». Didier Le Reste reçoit aussitôt un coup de fil courroucé de François Nogué : « Vous arrêtez ça tout de suite ! » Pour le leader cégétiste, c'est « incompréhensible ». C'est pourtant très clair : la direction veut une victoire complète, et ne laissera pas la centrale s'en sortir « avec les faux-semblants habituels », selon l'expression d'un syndicaliste.

Dès lors, la CGT s'en remet aux votes des assemblées générales locales. Jeudi dernier, certains de ses responsables imaginent que la sortie de crise sera rapide. Raté. Dans les bastions de la grève - où émergent de réelles revendications locales -, les esprits sont chauffés à blanc par SUD, qui cherche à savonner la planche de la CGT. Didier Le Reste a perdu la main sur ce mouvement, qui s'éteint à petit feu. « Cela peut devenir un tournant dans les relations sociales de l'entreprise. Pour la première fois depuis longtemps, le rapport de forces a tourné en faveur de la direction. L'idée que la négociation paye plus que la grève acquiert enfin de la crédibilité », analyse un bon connaisseur de la SNCF. L'hypothèse est toutefois encore fragile. La réforme des retraites sera à cet égard un bon révélateur.
RENAUD HONORE,

Retraites : Aubry tarde à faire des propositions

La première secrétaire du PS sera reçue par le ministre du Travail, Éric Woerth, le 28 avril pour discuter de la réforme.

Une position claire et unanime du PS sur les retraites? Peut-être, mais ce n'est pas sûr… Mercredi, la première secrétaire, Martine Aubry, a réuni toutes les sensibilités du parti pour «affiner les propositions» et étudier la «stratégie» à adopter vis-à-vis du gouvernement. François Hollande, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë ou Henri Emmanuelli étaient notamment présents. Autant de nuances sur le fond que Martine Aubry voudrait rapprocher pour éviter le sentiment de cacophonie.

Impossible d'échapper au débat. La réforme du système de financement des retraites est l'une des priorités de Nicolas Sarkozy qui attend un projet de loi en Conseil des ministres en juillet. Le 28 avril, la numéro un de l'opposition doit être reçue par le ministre du Travail, Éric Woerth. Mais pour autant, le PS n'est pas pressé de faire connaître le détail de ses propositions.

Martine Aubry n'a pas apprécié qu'Éric Woerth ironise sur les premières pistes qu'elle a évoquées, notamment sur les nouvelles sources de financement. «Il nous consulte ou nous insulte?» grinçait-elle, mardi devant quelques journalistes. «Il dit que nos propositions sont aberrantes alors qu'on n'en a pas fait!» plaidait-elle.

Le problème du jour est avant tout tactique. Le PS doit d'abord composer avec les syndicats, en première ligne, que Martine Aubry a tous reçus. Mercredi, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a vu «un certain nombre de points» d'accord entre ses positions et celles de la première secrétaire. Par exemple, la défense de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans.

Crainte d'être instrumentalisée

Sur d'autres points, c'est plus compliqué. Alors que certains au PS, comme François Hollande ou Manuel Valls, estiment que le PS doit sortir de l'ambiguïté, Martine Aubry, elle, craint le piège et demande de connaître les projets du gouvernement avant de se dévoiler. «Je n'ai aucune confiance dans ce gouvernement. Ils ne sont que dans la manipulation.» Martine Aubry redoute Nicolas Sarkozy si elle ouvre la porte en se disant favorable à un allongement de la durée de cotisation.

Au fond, la première secrétaire n'y est pas hostile, à condition que la question globale de la prise en charge du vieillissement soit abordée ainsi que celle du travail tout au long de la vie : entrée tardive des jeunes dans la vie active, taux d'emploi des seniors, niveau des pensions… Par ailleurs, fait-elle remarquer, il est déjà prévu que la durée de cotisation passe à 41 ans. L'ancienne ministre du Travail du gouvernement de Lionel Jospin a aussi quelques principes en tête. Élargissement des sources de financement au nom de la «justice». Stabilité du mode de calcul. «Il faut que les gens connaissent les règles à l'avance», dit-elle. Elle n'est donc pas sur la même ligne que François Hollande qui plaide pour des bilans d'étape tous les cinq ans. Elle souhaite enfin un système «avec plus de souplesse».

Mais il est trop tôt pour détailler tout cela. Le dossier a beau être sur la table des responsables politiques depuis vingt ans, Martine Aubry estime encore qu'il n'y a pas d'urgence. «Le gouvernement nous dit qu'il faut résoudre le problème de déficits prévus dans quarante ans en deux mois. Mais que fait-il pour les déficits d'aujourd'hui?» explique-t-elle.


IL N'Y A PAS D'URGENCE, C'EST NORMAL, LA TRUIE DU PS EST RESPONSABLE À 80% DES DÉFICITS ACTUELS AVEC SES 35 HEURES PAYÉES 40 QUI FONT DES FRANÇAIS LES TRAVAILLEURS LES PLUS FAINÉANTS DE LA PLANÈTE, LES PLUS CAPRICIEUX ET LES PLUS CONS, IL FAUT BIEN LE DIRE.

mercredi 21 avril 2010

Le FMI salue la reprise, mais s'inquiète de l'endettement des Etats

Dans ses perspectives semestrielles, l'institution dirigée par Dominique Strauss-Kahn souligne le contraste entre l'Asie, où la croissance est déhà repartie, et l'Europe, qui peine à redémarrer. Et alerte sur le gonflement de la dette publique dans les pays développés.

Le Fonds monétaire international (FMI) a fait état mercredi d'une reprise économique face à laquelle les pays du monde sont très inégaux, et haussé le ton dans son appel à combattre la dette publique, une tâche à entamer "d'urgence" selon lui.

Dans ses "Perspectives de l'économie mondiale" semestrielles, le FMI a relevé sa prévision de croissance pour la planète, à 4,2% pour 2010 contre 3,9% prévus en janvier.

"L'économie mondiale est en train de repartir, et mieux que nous l'estimions probable auparavant. C'est certainement une nouvelle bienvenue", a déclaré lors d'une conférence de presse à Washington l'économiste en chef du Fonds, Olivier Blanchard.

"Mais des difficultés nouvelles et exceptionnelles se sont présentées", a-t-il immédiatement ajouté, évoquant les déséquilibres dans cette croissance, et le gonflement de la dette publique des pays développés.
Contraste entre l'Europe et l'Asie

Le contraste est surtout évident entre l'Europe, où l'activité ne repart que lentement (1,0% de croissance dans la zone euro, 1,3% au Royaume-Uni), et l'Asie, où elle a déjà fortement accéléré (8,7%, dont 10% pour la Chine). Entre les deux se situent les États-Unis (3,1%), et le large groupe des pays émergents et en développement (6,3%).

Comme conséquence immédiate, les capitaux affluent vers ces zones de croissance, amenant le Fonds à s'inquiéter de déséquilibres des comptes courants qui "augmenteront sensiblement avec la reprise du commerce mondial, l'amélioration des conditions de financement, et la stabilisation du prix des matières premières à des niveaux plus élevés".

En revanche, les taux de change ne bougent pas aussi vite.

"Les monnaies d'un certain nombre d'économies asiatiques restent sous-évaluées, dans des proportions considérables dans le cas du yuan, tandis que le dollar et l'euro restent forts par rapport à leurs fondamentaux de moyen terme", a estimé le FMI.

"L'ajustement majeur dans les taux de change que nous voulons voir dans le monde est un ajustement entre les monnaies des pays développés et celles d'un certain nombre d'économies avancées", a appuyé M. Blanchard.

L'autre ajustement qu'appelle de ses voeux le FMI est la réduction du déficit public des pays les plus riches de la planète.
Inquiétudes sur l'endettement public

"Un grand nombre de ces pays doivent aussi adopter d'urgence des stratégies crédibles à moyen terme pour limiter l'endettement public et ensuite le ramener à des niveaux plus prudents", a-t-il indiqué dans son rapport.

Les termes choisis, et notamment la référence à "l'urgence" de ces mesures, révèlent une inquiétude croissante du FMI.

"Les risques liés à la dette des Etats pourraient déprimer l'activité pour tout un ensemble de raisons", a-t-il relevé. Il évoque une perte de souplesse budgétaire, voire une forte vulnérabilité pour les pays les plus touchés, une hausse des taux d'intérêt généralisée, et in fine une baisse de la croissance.

Après la récession de 2009, "le risque a changé. La perte de recettes fiscales due à la baisse de l'activité à cause de la crise menace de mener, si rien n'est fait, à une explosion de la dette. Et dans la plupart des pays, la consolidation budgétaire est de plus en plus devenue la priorité", a souligné l'économiste en chef du Fonds.

Ces efforts budgétaires devraient impliquer des choix d'autant plus douloureux que, prévient le FMI, le taux de chômage devrait rester élevé en 2010 et 2011, particulièrement dans la zone euro où il se maintiendra aux alentours des 10,5%.

Le FMI prévoit une hausse de la croissance mondiale en 2010

La reprise économique mondiale est plus forte que ne le prévoyait le Fonds monétaire international (FMI) qui parle aujourd'hui de "bonnes nouvelles" en provenance de ses statistiques. Selon les chiffres qu'il a publiés, mercredi 21 avril à Washington, la croissance sera, en 2010, de +4 ,2 %, soit une hausse de 0,3 points par rapport à ses prévisions du mois de janvier, et de +4,3 %, en 2011.
L'économie de la planète est littéralement coupée en deux. Les pays dits avancés connaîtront une croissance molle de 2,3 %, en 2010 (+2,4 %, en 2011), les Etats-Unis, en pleine reprise, (+3,1 % et +2,4 %) ne parvenant à tirer de leur relative léthargie ni la zone euro (+1% et 1,5%) ni le Japon (+1,9% et +2%). En France, la croissance serait de 1,5 %, en 2010, et de 1,8 %, en 2011.

Ces médiocres performances des pays riches s'expliquent par la prudence des consommateurs aux Etats-Unis, par le crédit trop rare en zone euro et par le retour de la déflation au Japon. Leur taux de chômage atteindra 8,4 %, cette année, et décroîtra un peu l'an prochain, à 8 %. Le Fonds leur conseille de laisser leurs monnaies se déprécier afin d'augmenter leurs exportations.

ÉNORMES DÉFICITS CUMULÉS

Le FMI s'inquiète des énormes déficits accumulés par ces pays pour soutenir leur consommation et de la dette qui en a résulté. Il estime que désormais, "l'assainissement budgétaire doit être leur priorité".

En revanche, pays émergents et pays en développement ont renoué avec une croissance, selon le FMI, "vigoureuse mais durable" de +6,3 %, en 2010, et de +6,4 %, en 2011. L'Asie en développement fera mieux encore et atteindra les +8,7 % au cours des deux prochaines années. Les risques encourus par ces pays relèvent de la surchauffe, aussi le Fonds leur conseille-t-il de surveiller les afflux de capitaux qui pourraient leur infliger des "bulles" boursières ou immobilières.

Pour les pays les plus dynamiques comme la Chine ou l'Inde, il préconise de réorienter leur économie excessivement tournée vers les exportations et de se recentrer sur leur consommation domestique. Une réévaluation de leurs monnaies aurait deux avantages : ralentir leurs exportations et contenir les pressions inflationnistes qui commencent à se faire sentir chez eux.
Alain Faujas

Les gagnants et les perdants de la grève à la SNCF

Après deux semaines de grève, les cheminots ont repris le travail mercredi dans la quasi-totalité des régions. Direction et syndicats ont renoué le dialogue. L'Expansion.com dresse le bilan de ce mouvement de grève qui laissera des séquelles.

Lancé le 6 avril par la CGT et Sud-Rail, le mouvement de grève à la SNCF aura duré 15 jours. Un record depuis le conflit sur les régimes de retraites en 2007. La direction de l'entreprise publique, qui a reçu mercredi 21 avril les syndicats dans le cadre de rencontres bilatérales, a annoncé triomphante "une sortie de grève" dès la mi-journée. Si la CGT prône la reprise du travail, Sud-Rail, en revanche, appelle à poursuivre le mouvement. Sans trop y croire pour autant, le mouvement étant plus qu'affaibli. Les derniers bastions régionaux encore en grève (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Ile-de-France et Rhône-Alpes notamment) ont en effet voté la suspension du mouvement mercredi. La crise est donc finie. Mais elle laissera des séquelles. Bilan.

La direction : elle semble le mieux tirer son épingle du jeu. Le principe édicté par Guillaume Pépy a été respecté : il n'y a pas eu officiellement de négociations nationales pendant la grève, comme le réclamait la CGT en début de conflit. La fermeté affichée par le PDG de la SNCF a d'ailleurs été suivie par le gouvernement. C'est rare. Mercredi, Christian Estrosi (ministre de l'Industrie) et Dominique Bussereau (secrétaire d'Etat aux Transports) lui ont réitéré leur soutien. En dépit de sa position inflexible, la direction de la SNCF a quand même fait des concessions. L'entreprise publique, qui a perdu près d'un milliard d'euros en 2009, va par ailleurs devoir accuser le coût de ce long conflit, de l'ordre de 100 millions d'euros selon Guillaume Pepy.

Les grévistes : ils ne sortent pas bredouille du conflit. Sur la question de l'emploi notamment. La CGT a obtenu l'ouverture de négociations et des avancées au niveau local. C'est-à-dire la création d'emplois de conducteurs et de contrôleurs, d'où d'ailleurs la reprise du travail dans beaucoup de régions. Selon Thierry Roy, secrétaire fédéral de la CGT, les recrutements cette année devraient avoisiner les 3.000 postes, contre 2.300 prévus avant le conflit. Les syndicats n'ont cependant obtenu aucune avancée sur les restructurations et l'avenir du fret, les deux autres sujets de revendications à l'origine du conflit. Par ailleurs, comme a tenu à le rappeler Dominique Bussereau, un éventuel paiement des jours de grève est totalement exclu. Quinze jours de grève, cela signifie une moitié de salaire en moins. Soit entre 1.000 et 1.500 euros par salarié. Même étalée sur plusieurs mois, cette perte de pouvoir d'achat n'est pas négligeable.

Les usagers : le trafic sera normal sur la quasi totalité des lignes jeudi 22 avril. Mais ces quinze jours de grève, survenus en plein chassé-croisé des vacances scolaires de printemps, n'ont pas été de tout confort pour les Français. Une gêne à relativiser tout de même. Le service minimum a permis de maintenir à peu près une offre de transport durant le conflit. Par ailleurs, la SNCF s'est engagée à rembourser à 100% les voyageurs victimes de la grève, quel que soit le billet ou le type de train.

Le dialogue social : avant même que ne débute le mouvement de grève, Guillaume Pepy a accusé les syndicats - et notamment le leader cégétiste Didier Le Reste - de rompre le dialogue social qui, selon lui, porte ses fruits avec les autres syndicats (UNSA et CFDT, réformistes), pour préférer la méthode de la "lutte" et de la "confrontation". Pour les syndicats grévistes, c'est au contraire l'absence de négociations qui a conduit à ce conflit : "Certes, la direction multiplie depuis deux ans les réunions avec les partenaires sociaux, explique Alain Cambi, secrétaire fédéral de Sud Rail. Il ne s'agit cependant pour la direction que de nous exposer sa politique d'entreprise, pas de négocier." Selon lui, le seul moyen d'ouvrir les négociations, "c'est le rapport de force". "La direction met toujours en avant le dialogue social, mais quand il y a un désaccord, elle nous oppose une fin de non recevoir. Ce n'est pas de la négociation, déplore Thierry Roy, secrétaire fédéral de la CGT Transports. "Ce conflit va laisser des traces, ajoute-t-il, le dialogue social est rompu."

L'unité syndicale : inexistante au début du mouvement, puisque ni l'UNSA (deuxième syndicat de l'entreprise), ni la CFDT (quatrième syndicat) ne se sont engagés dans la grève, l'unité syndicale au sein de l'entreprise publique s'est transformée profonde division. Une tension alimentée par la direction de la SNCF - Guillaume Pepy a ainsi refusé au départ donner une "prime à la grève" en négociant séparément avec la CGT et Sud. A l'issue de leur entretien séparé avec la direction mercredi, la CFDT et l'Unsa n'ont pas manqué de souligner "l'inutilité" de la grève. Cette fracture syndicale ne sera pas sans conséquences, notamment quand viendra l'heure prochaine de négocier sur les retraites.

DE FAÇON SUBJECTIVE LES PERDANTS SONT ENCORE ET TOUJOURS LES USAGERS PRIS EN OTAGES, LE PIB DU PAYS ENTRAVÉ PAR UNE PERTE SÈCHE DE PRODUCTION, LES AGENTS SNCF ENFIN, POUR CONTRE PRODUCTION DE PRESTATIONS. TOUT LE MONDE EST PERDANT DANS CETTE HISTOIRE SAUF CES CRÉTINS DE COMMUNISTES DE SUD ET DE LA CGT, QUI; IDÉOLOGIQUEMENT PARLANT, ONT DÉMONTRÉ QU'ILS NE CONNAISSAIENT RIEN À L'ÉCONOMIE DE MARCHÉ, CETTE MÊME ÉCONOMIE QUI LES FAIT VIVRE MALGRÉ TOUT.

Sous le volcan du "9-3"


Ne tremblez plus à Tremblay-en-France ! Nouvelle étape hier dans la croisade sécuritaire de Nicolas Sarkozy. À l'heure où nous avons tous le nez en l'air pour guetter l'avancée des cendres islandaises, le chef de l'Etat a tenu à nous replonger dans une réalité plus terre-à-terre. Car il n'y a pas que les avions qui ne circulent plus, il y a aussi parfois les bus. Surtout dans le "9-3", ce cratère de violences et d'incivilités toujours plus ou moins en éruption. Le président de la République a visité les dépôts vandalisés, tenté de rassurer les chauffeurs qui travaillent "la peur au ventre" et surtout promis une nouvelle fois "la fermeté absolue". Un peu plus tard, à la mairie de Bobigny, l'ex-adepte du Kärcher a déclaré la guerre aux "gros caïds", "petits dealers" et autres "trafiquants" de tout poil. Avec un objectif : "Nous allons les harceler". On nous aurait presque refait le coup de la peur qui va changer de camp. Et l'école n'est pas oubliée. Les gosses de moins de seize ans qui sèment la zizanie seront accueillis dans des "internats". Tout absentéisme non justifié entraînera la suppression des "allocs". Mais il y a plus nouveau au programme. Dans les 53 établissements répertoriés "particulièrement sensibles" sera proposée l'installation d' "un bureau destiné au policier ou au gendarme référent". Plutôt bizarre cette initiative, non ?

C'est un peu comme si on instaurait une sorte de présence-absence des forces de l'ordre au sein même du corps enseignant.

Un symbole fort, certes, mais qui ne compensera pas la carence de surveillants. Pas sûr, en tout cas, que cette espèce de veille virtuelle, pour autant qu'elle soit adoptée sans malaise, soit vraiment dissuasive. Répétons-le : il y a urgence à passer des perpétuels effets d'annonce à des mesures enfin applicables. Et en Seine-Saint-Denis, c'est comme à Eyjafjallajökull,

on ne dissipera vraiment le nuage que lorsque le feu

sera éteint.

Cendres: Kouchner critique l'Europe

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a jugé aujourd'hui que l'Europe "n'a pas très bien réagi" face à la paralysie "totalement inédite" de son trafic aérien en raison du nuage de cendres venu d'Islande, mais il a défendu le rôle des consulats français.

S'exprimant sur France Info, le ministre a souligné que "le problème est européen". "Et l'Europe n'a pas très bien réagi. Il faudra réajuster ses consignes", a-t-il souligné en conséquence.

Le chaos déclenché depuis vendredi dernier par le nuage de cendres a mis en évidence un manque criant de coordination entre les Etats européens qui se sont vus parfois reprocher d'avoir gaspillé un temps précieux. Ce constat pourrait accélérer la création d'une instance commune de décision pour le ciel européen.

Bernard Kouchner a en revanche rendu hommage au rôle des consulats à travers le monde: "nos postes ont été à la besogne jour et nuit, et je crois que ça s'est pas mal passé" dans l'ensemble. Cela "a été rare", quand "parfois, ça c'est pas très bien passé", a-t-il noté. Il a jugé "formidable qu'il n'y ait pas eu d'accident" parmi tous les Français en attente d'un retour, un retour qu'il estime pouvoir être achevé "dans les 48 à 72 heures".

Bernard Kouchner a expliqué qu'une des aides fournies par les consulats a été de prêter de l'argent à certains touristes en difficulté de paiement, notamment en raison de problèmes de cartes bleues: "nous avons fait un effort financier, au cas par cas. Nous avons encore donné cette consigne hier soir", a-t-il dit.

Retour vers hier


Dans ses épisodes les plus noirs, l'histoire a souvent montré que les soulagements immédiats ne faisaient que différer les changements inéluctables. Qu'ils anesthésiaient la lucidité sur le long terme, et qu'ils retardaient les adaptations nécessaires aux exigences des temps nouveaux.
C'est cette même aspiration, fort humaine au demeurant, au « retour à la normale » qui habite l'ensemble du continent européen ce matin. Même si elle reste partielle et peut être provisoire, la reprise progressive des vols au dessus de l'Europe nourrit ce sentiment rassurant. Vite, vite, effacer de nos esprits ce gros nuage noir sur l'horizon de notre organisation quotidienne ! On a même entendu le présentateur d'un journal matinal à la radio se réjouir avec candeur du retour dans le ciel bleu des « jolies traînées blanches laissées par le kérosène ». Cinq jours sans avions seraient-ils donc une épreuve aussi insoutenable que cela pour nos sociétés ? Pour le coup, ce constat est presque plus inquiétant que les humeurs du volcan islandais.
Bien sûr, nous compatissons avec les milliers de naufragés du ciel ; qu'ils en finissent avec la galère qu'ils subissent soir après soir en attendant d'être rapatriés. Et nous sommes tous heureux à l'idée qu'ils en terminent rapidement avec une attente qui prend un tour bien plus difficilement supportable quand on la vit que quand on la commente.
Mais cette crise du ciel inattendue ne doit pas être considérée comme un accident qu'il faudrait oublier. C'est un avertissement qui rappelle notre vulnérabilité devant les lois de la Terre au moment même où les voix écolo-sceptiques voudraient faire croire que la volonté des hommes peut s'en affranchir. Et que de toutes façons, elle saura toujours les dominer.
Dans la confusion générale, on confond tout : l'obligation de la sécurité et le principe de précaution. Dans l'impatience d'une sortie de crise tant espérée, les considérations économiques font passer tout l'élan du Grenelle et le souffle de l'avant-Copenhague au second plan. Quand un ministre, Patrick Devedjian, annule, lundi, un déplacement... à Brest au motif qu'il « n'y a pas d'avion », on tremble un peu : non seulement le TGV n'est pas un réflexe pour les déplacements ministériels, mais il n'est même pas envisagé comme une solution alternative simple et économe.
Un seul objectif tend ces journées : surtout, que rien ne change vraiment. Que tout redevienne comme avant... Le volcan a projeté l'humanité dans une situation du futur, grandeur nature et on voudrait fermer les yeux. Il faut, au contraire, s'emparer de ce scénario d'anticipation pour changer nos habitudes, nos façons de voyager, notre rapport au temps et à la vitesse. Pour prendre de l'avance sur demain, afin de l'accueillir avec sérénité.

Un milliard de microbes dans l'océan

Des chercheurs américains ont mis au jour l'immensité et la diversité insoupçonnées de l'univers microbien sous-marin.
« L'équivalent en poids de 240 milliards d'éléphants africains. » Pour visualiser la découverte, les chercheurs ont tenté une comparaison avec un animal terrestre. Pourtant, c'est bien de microbes marins dont il s'agit. Une étude américaine a profité des dernières avancées de la science, notamment dans le domaine du séquençage de l'ADN, pour calculer la quantité d'espèces de microbes existant dans nos mers. Avec les méthodes traditionnelles, on en comptabilisait 20 000. Aujourd'hui « on est plus proche du milliard », estime John Baross, biologiste de l'université de Washington à Seattle.

Pourquoi recenser les microbes marins ? Parce qu'ils participent de manière essentielle au fonctionnement de l'écosystème planétaire, répondent les chercheurs. Tout d'abord pour leur rôle dans la chaîne alimentaire : on estime à des centaines de millions le nombre d'espèces habitant dans les intestins des animaux marins. Ensuite parce que ces microbes absorbent le CO2 rejeté dans les océans et le transforment en carbone qui se dépose sur les fonds marins. Azote, fer, soufre, manganèse, polluants et nutriments sont digérés, décomposés et recyclés. Au total, les microbes marins comptent pour plus de 95 % de la « respiration des océans ». Sans eux, la Terre ne serait peut-être pas habitable.

Ces travaux, publiés dimanche, vont donc permettre de mieux comprendre le rôle de ces micro-organismes dans l'écosystème. Sur ce projet, lancé en 2000 et qui doit aboutir en octobre, planchent plus de 2 000 scientifiques de 80 pays. Près de 18 millions de séquences d'ADN microbiens ont été accumulés au cours de prélèvements opérés sur plus de 1 200 sites à des profondeurs différentes.

Ces Américains qui disent « non »


Qui sont-ils, ces nouveaux rebelles dont l'apparition sur la scène politique, l'été passé, a failli tuer la réforme des assurances santé promise par Barack Obama ? Ce serait trop simple d'y voir une réaction raciste à l'élection du premier président noir ; trop facile aussi de les considérer comme les laissés-pour-compte de la crise financière.

Si l'on n'est pas surpris d'y trouver une forte majorité blanche et masculine, âgée de plus de 45 ans, un récent sondage du New York Times indique que plus de 68 % se considèrent comme membres de la classe moyenne et que les revenus de 20 % d'entre eux dépassent les 100 000 $ (environ 75 000 €). Malgré un chômage proche de 10 % de la population, ils sont 70 % à décrire leur situation économique comme « plutôt bonne ». On constate aussi qu'ils sont bien éduqués (37 % de diplômés universitaires contre 25 % du public général).

Il y a, bien sûr, un revers de la médaille en ce qui concerne la question raciale. Il ne s'agit pas de racistes déclarés, mais 52 % affirment que « le gouvernement prête trop d'attention aux problèmes des Noirs ». Si une telle attitude reflète un progrès social ¯ le racisme ouvert n'est plus de mise ¯ le ressentiment est retourné contre un gouvernement qui ne se préoccupe pas « des gens comme nous ». Ils sont même 73 % à dire que « le pays ne nous appartient plus ».

Le nom que s'est donné ce nouveau mouvement reflète cette aliénation politique. La première Tea Party qui eut lieu à Boston en 1773 exprimait le refus des colonies à payer des taxes sur l'importation du thé britannique. Ceux qui se veulent ses héritiers contemporains ajoutent à ces motifs fiscaux une attaque en règle contre les déficits qui menaceraient l'avenir de la République.

Que 90 % des adhérents du Tea Party critiquent la politique d'Obama, c'est une chose ; mais, quand on voit que 92 % expliquent que cette politique vise à instaurer le socialisme, on se demande comment ils voient au juste la politique. Un autre chiffre renforce les doutes. Ils sont 63 % à regarder la chaîne de télévision Fox (chaîne conservatrice, propriété de Murdoch), alors que seulement 23 % du public général y puise ses informations.

Cela annonce des problèmes pour le Parti républicain. En 1992, le mouvement antidéficit créé par le milliardaire Ross Perot avait glané 19 % des voix qui avaient sans doute coûté à George Bush senior sa réélection. Or, le récent sondage donne 18 % à la Tea Party. Mais celle-ci n'a pas de leader présidentiable. Soit elle déborde le Parti républicain, soit elle est récupérée par lui, ce qui accentuerait son caractère antipolitique et son obstination à dire « non » aux réformes.

Une telle droite avait émergé au début des années 1960, alors que J-.F. Kennedy devenait le premier président catholique. Elle utilisa même des réflexions du sociologue Max Weber sur le « statut social » et ce qu'il assure à l'individu. À ce moment-là, la montée d'une droite radicale représentait la réaction angoissée d'une partie de la classe moyenne en train de perdre son statut.

Aujourd'hui, la Tea Party pourrait être une réaction au déclin relatif de la puissance américaine. Toutefois, rien n'assure l'imminence de ce déclin, et la culture américaine reste ouverte à « l'autre ». Les jeux ne sont pas faits.

(*) Professeur à Stony Brook University, New York, auteur d'Aux origines de la pensée politique américaine (Pluriel).

Principe de précaution ou principe d'anxiété ?

Le volcan islandais Eyjafjöll et son immense nuage de cendres n'ont pas seulement paralysé le ciel de l'Europe depuis cinq jours, désorganisé les transports aériens mondiaux, bloqué sept millions de passagers et coûté des centaines de millions d'euros par jour aux compagnies interdites de trafic. Ils ont aussi relancé la polémique, désormais rituelle, sur le principe de précaution.
Ce fut le cas il y a quelques mois lors de la pandémie de grippe A(H1N1), hier encore après la tempête Xynthia sur les côtes françaises, aujourd'hui à propos du nuage volcanique. A chaque fois, les pouvoirs publics se trouvent placés devant deux injonctions contradictoires. D'un côté, ils sont sommés par les citoyens eux-mêmes de leur assurer une protection maximale, absolue même, contre les risques (naturels, climatiques, sanitaires, etc.) qui peuvent les menacer. De l'autre, ils sont immédiatement accusés de verser dans l'excès de précaution et d'entraver la liberté de chacun, s'il apparaît que le risque n'était pas aussi grave que redouté.

Devant ce dilemme, les Etats appliquent à leur niveau la règle de sagesse que chacun retient volontiers pour sa gouverne personnelle : deux précautions valent mieux qu'une. Le gouvernement français y est même obligé depuis que la Charte de l'environnement a été constitutionnalisée en 2005. Dans son article 5, celle-ci est claire : "Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution, à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin d'éviter la réalisation du dommage."

Entendu au sens large, c'est ce principe qui a conduit à la fermeture du ciel européen. Et il est un peu facile, après coup, de dénoncer cette décision radicale. Combien de voyageurs auraient accepté, devant le risque annoncé, de le braver ? Combien auraient admis de faire passer leurs obligations ou leur confort, ou plus encore les intérêts des compagnies aériennes, avant leur sécurité ?

Reste à mesurer si les pouvoirs publics, français et européens, ont adopté des "mesures proportionnées" contre le danger supposé. Dans un premier temps, oui, à l'évidence. Dans un second, c'est beaucoup plus douteux. Dans le cas de la grippe A(H1N1) comme dans celui du nuage volcanique, l'on a tout simplement oublié de tenir compte ou même de mesurer la réalité effective du danger.

Les drames sanitaires ou environnementaux qui ont éclaté depuis une vingtaine d'années - Tchernobyl, le sang contaminé, l'amiante, la vache folle... - ont amplement démontré que les obligations de protection des citoyens ne résistent pas toujours à la logique du profit. C'est un euphémisme ! Pour autant, cela ne signifie pas que le principe de précaution doit être précédé ou dominé par un principe de suspicion et d'anxiété. Sauf à admettre une société craintive, affolée par la moindre innovation scientifique, minée par le sentiment de vulnérabilité, obsédée par le risque zéro. Bref, une société régressive.

LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION EST GÉNÉRALEMENT UN ÉCRAN DE FUMÉE QUI MASQUE NOS MANQUEMENTS OU NOS IGNORANCES.

PRINCIPE DE PRECAUTION – En fait-on réellement trop ?

Un nuage de cendres tout droit venu d'Islande a paralysé le ciel européen pendant plusieurs jours, générant d'énormes pertes financières et bloquant 7 millions de voyageurs. Grippe A, OGM, zones inondables, au nom du principe de précaution, les décisions prises par les autorités semblent parfois disproportionnées et créent la polémique. Gère-t-on les crises avec trop de rigidité ?
La sécurité doit être la priorité absolue. Alors en situation de détresse, le principe de précaution est déclaré, au risque de tomber presque dans l'immobilisme. Ces derniers jours, le trafic aérien était au point mort en Europe, laissant des millions de voyageurs presque livrés à eux-mêmes. Rapidement, les compagnies aériennes ont dénoncé les dégâts économiques d'une telle décision, et ont lancé le début d'une polémique bien connue.


Qu'est-ce que le principe de précaution ?
Il n'existe pas de définition universelle du principe de précaution. Très large, il n'exige pas de preuves et repose donc sur de simples présomptions. Jacques Chirac, en 2005, l'a tout de même fait inscrire dans le préambule de la Constitution française avec la charte de l'environnement. Le principe de précaution pourrait être résumé de la manière suivante : ''Des mesures doivent être prises lorsqu’il existe des raisons suffisantes de croire qu’une activité ou un produit risque de causer des dommages graves et irréversibles à la santé ou à l’environnement.'' Lorsque le nuage de cendres du volcan islandais a commencé à se propager sur le continent, l'expérience voulait que le danger soit connu et trop important pour que les avions continuent de voler. En 1982 en Indonésie et en 1987 au-dessus de l'Alaska, deux avions avaient chuté de plusieurs milliers de mètres en traversant un nuage de cendres. D'après Louis Jobard, président du Syndicat national des pilotes de ligne Air France, ''il était parfaitement normal d'appliquer le principe de précaution les premières 24 heures, voire 48 heures''. Ensuite, les compagnies aériennes dénonçaient une trop grande rigidité.


Les raisons de la polémique
Il était évidemment très difficile pour certains voyageurs d'accepter de rester bloqués plusieurs jours durant dans un hall d'aéroport, alors que la reprise du travail les attendait. Mais il était encore plus difficile pour les compagnies aériennes de voir leurs pertes financières augmenter, alors même que le danger n'avait pu être estimé. Lufthansa et Air Berlin, ont critiqué les autorités pour l’absence de calcul de la concentration de cendres volcaniques dans l’air. Chez Air France, Louis Jobard aussi dénonçait le déficit de données : ''Il faut que la direction générale de l'aviation civile envoie des avions munis de capteurs pour que l'on sache précisément quelle est la concentration de poussière, où et à quelle altitude. Si on n'a pas ces données là, on peut y être encore dans deux mois.'' Alors ce week-end, Lufthansa et Air France effectuaient des vols d'essais, sans passagers, qui se sont déroulés dans des conditions normales. Un porte-parole de la compagnie allemande disait : ''les appareils ont été analysés et ne présentent aucun dommage, pas la moindre égratignure sur le pare-brise du cockpit, le fuselage ou les moteurs''. Depuis, la contestation n'a fait que monter. Une réplique habituelle dès lors que l'on touche au porte-monnaie. Les compagnies ont perdu environ 200 millions de dollars par jour.


Un principe déjà plusieurs fois remis en cause
Alors que la nocivité des cultures OGM n'était pas scientifiquement démontrée, on exigeait déjà leur destruction, en estimant qu'ils étaient plus dangereux que les pesticides. Alors que la crise de la vache folle défrayait la chronique, les farines animales devaient être interdites au commerce. Mais l'histoire que l'on retiendra, c'est Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, qui commandait 94 millions de doses de vaccins aux laboratoires pharmaceutiques en 2009, pour faire vacciner 60 millions de français contre le virus de la grippe H1N1. Seules 10 millions de doses ont été utilisées. Les autorités ont été tout aussi radicales en prononçant la destruction de 1.500 maisons en Vendée et Charente-Maritime, y compris celles qui n'avaient pas été touchées. Des précautions qui, dans ce cas, arrivent un peu tard.

LA PRÉCAUTION, JE N'EN FAIS JAMAIS UN PRINCIPE, C'EST TROP ALÉATOIRE.

Le FMI va proposer de taxer les banques

Le FMI va proposer de taxer les banques
La chaîne britannique a publié sur son site internet une version "confidentielle" de ce rapport qui doit être officiellement remis cette semaine.
Le FMI y identifie deux taxes qui permettraient que le secteur financier "puisse faire une contribution juste et importante pour payer toute charge associée aux interventions des Etats pour réparer le secteur bancaire".

"Les mesures qui sont examinées actuellement peuvent être regroupées en deux catégories larges", a expliqué le FMI. La première est celle des "taxes sur les institutions financières", qui sont appliquées à celles-ci "pour couvrir le coût budgétaire net du soutien public direct aux institutions financières et contribuer à réduire la prise de risque excessive". Le FMI propose en effet de pondérer le taux de cette taxe en fonction du profil de risque de chaque entreprise, en excluant les actifs les moins risqués.

La seconde mesure est intitulée "autres instruments d'imposition". Leur but est "d'assurer une contribution plus large aux recettes de la part du secteur", par le biais d'une "taxe sur les activités financières". Celle-ci s'appliquerait "à la somme des profits et de la rémunération". Elle "serait à peu près une taxe sur les profits du secteur financier si l'assiette comprenait seulement les niveaux élevés de rémunération, et si la composante des profits était définie adéquatement, pour exclure en pratique une norme de retour sur fonds propres".

Le FMI n'a pas formellement exclu une taxe sur les transactions financières, mais estimé que son poids risquait d'être répercuté sur les clients des banques.

Pour Pierre Lelouche, l'Europe est menacée de "déclassement rapide"

Le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes, Pierre Lellouche, s'est inquiété mardi 20 avril du recul de l'influence mondiale de l'Europe, confrontée à "un risque de déclassement rapide".

"Avec la mondialisation, la question c'est : que reste-t-il du modèle européen, de la place de l'Europe dans la gouvernance mondiale ? De ce point de vue, je suis très inquiet", a commenté M. Lellouche au cours d'une rencontre avec des journalistes à Strasbourg, en marge d'une session plénière du Parlement européen. "Nous sommes en train d'être dépassés, on est en risque de déclassement rapide", juge-t-il.
Une Europe unie, basée sur la réconciliation franco-allemande après la deuxième guerre mondiale et servant de base à élargir une zone de paix, "quelque part c'est l'Europe d'hier et cet objectif a déjà été atteint", a-t-il dit. "Même si l'idée reste complètement d'actualité, sa signification politique change". Aujourd'hui, la question phare est "la survie du modèle de société européen face à un monde qui a radicalement changé", explique-t-il.

"UNE MACHINE À PALABRER"

Pour le secrétaire d'Etat français, "on ne cesse d'avoir des reculs de l'influence européenne". Lors des négociations internationales climatiques de Copenhague en décembre, "des décisions se prennent sans que les Européens soient dans la salle, pour la première fois", note-t-il. Cette perte d'influence est aussi apparente dans "l'annulation de la visite du président américain Obama en Espagne" ou son récent dîner à Prague avec des pays d'Europe de l'Est qui a "court-circuité totalement les institutions de l'Union, la France, l'Allemagne et les autres".

"Attention, l'Europe n'est pas en train de se faire respecter!", prévient M. Lellouche. "Il est urgent que nous réagissions. Or nous passons notre temps à palabrer ! Le monde bouge. L'Europe discute. C'est une machine à palabrer, alors que cela devrait être une machine d'action", insiste-t-il. Or "l'Europe dans 30 ans, c'est à peine 6 % de la population mondiale, 12 % de son PIB. L'impératif d'union il est évident. De grâce ne nous contentons pas de fabriquer une usine à palabres, faisons de la politique", ajoute-t-il.

Evoquant la création d'un nouveau service européen d'action extérieure, il a déploré des mois de discussions sans grand intérêt sur "qui contrôle quoi, qui nomme qui". "Ca intéresse 300 personnes ça. Pendant ce temps-là, on ne parle toujours pas de la Russie, toujours pas de sanctions à l'Iran, toujours pas de la Chine. Le monde continue d'avancer".

Les astuces pour supporter les cons au travail

Friand de rumeurs assassines et de mails communs désagréables, certains salariés mènent la vie dure à leurs collègues. Tonvoisin Debureau, auteur du best-seller Travailler avec des cons, décortique les manies de ces employés.

Qui sont les cons dans les entreprises?

On est toujours le con de quelqu'un mais certains font l'unanimité. Dans l'entreprise, il y a ceux qui multiplient les erreurs et font bourdes sur bourdes. Cela n'instaurent pas une mauvaise ambiance dans l'entreprise. Au contraire, les gens se prennent souvent de pitié pour eux. Les plus dangereux sont ceux qui altèrent notre qualité de vie, nous mettent des bâtons dans les roues pour accéder plus vite au plus haut niveau du pouvoir. Cela reflète une certaine forme de violence dans l'entreprise. Ces salariés malveillants sont généralement très minoritaires au sein d'une équipe mais ont un fort potentiel de nuisance et déséquilibrent, à eux seuls, un groupe. Pour parvenir à leurs fins, ils peuvent, par exemple, envoyer un mail à toute votre hiérarchie lorsque vous avez fait une petite erreur ou usurper votre travail pour se valoriser. Ils peuvent également semer la zizanie dans une équipe en colportant différentes rumeurs diffamatoires.

Qu'est ce que cela leur apporte?

Ces cons sont généralement mus par la jalousie. Ils sont incapables de se réjouir de la réussite des autres et cherchent à avoir ce que les autres ont. Ils ne sont pas au niveau de leurs collègues et ne peuvent donc pas jouir d'une autorité naturelle liée à leurs compétences. Pour y remédier ils usent d'un pouvoir de contrôle. Ces humiliations sont le seul moyen pour eux d'affirmer leur autorité.

Pourquoi la hiérarchie ne les blâme-t-elle pas?

La bêtise humaine se trouve à tous les niveaux de la hiérarchie. Si les managers ont eux-mêmes pris l'habitude d'harceler moralement leurs salariés ou de les humilier publiquement, les employés reproduiront ce comportement. Pourquoi, par exemple, s'empêcher de s'en prendre à un salarié si même sa hiérarchie n'a pas de scrupule à le faire ? On se sent presque encouragé à adopter ce comportement. A l'inverse, si l'entreprise est bien managée et a une ligne de conduite irréprochable, les salariés suivront son exemple.

Quelles sont les conséquences au quotidien?

Les cons ont un fort potentiel de nuisance surtout s'ils sont à des postes importants. Ils créent d'abord une mauvaise ambiance dans un service voire dans l'entreprise entière. Les salariés sont stressés et ne sont donc pas au maximum de leurs capacités. Ce comportement a également une incidence sur la productivité de l'entreprise. Les salariés n'osent plus prendre d'initiatives ou même proposer des améliorations dans le système de production de peur de se faire humilier publiquement même si leur remarque est pertinente. Avec la crise, cette crispation a augmenté: les salariés ne tentent plus rien de peur de perdre leur emploi.

Quels conseils donneriez-vous aux victimes de ces cons?

Il faut savoir prendre du recul car vous ne ferez pas changer la situation. Ces cons sont souvent très prévisibles, leurs mesquineries, leurs méthodes sont toujours les mêmes. Une fois la ou les personnes nuisibles identifiées, il faut se détacher de leurs actions pour ne pas trop en souffrir. Il faut également se rendre compte qu'on n'est généralement pas seul dans cette situation et s'appuyer sur ses collègues.

Mais si la petite mesquinerie se transforme en vrai harcèlement moral, il faut en parler à sa hiérarchie et porter plainte si rien ne change. Evidemment en temps de crise, prendre cette décision est compliqué mais il faut savoir préserver sa santé. Si vous gardez tout pour vous, sans en parler à personne, vous risquez de faire une dépression.

Tonvoisin Debureau publie désormais ses essais sous le pseudonyme Tonvoisin de la Garlée