Implicitement, c'est évidemment la Grèce qui est visée. La chancelière allemande répète avec force l'opposition de son pays à un soutien trop rapide à Athènes. Et s'enferme dans une stratégie d'isolement.
Son ministre des Finances Wolfgang Schäuble l'avait déjà dit, Angela Merkel l'a répété avec force mercredi, devant les députés allemands : la zone euro devrait pouvoir exclure un de ses membres,
"quand il ne remplit pas les conditions" d'appartenance à la monnaie unique. Une attaque qui vise évidemment la Grèce confrontée à un déficit budgétaire quatre fois supérieur à la limite de Maastricht.
La chancelière allemande justifie ce "carton rouge" interne à la zone euro par l'inadaptation des mécanismes du Pacte européen de stabilité et de croissance. Ces derniers prévoient notamment des pénalités financières et des amendes mais qui seraient inapplicables, selon Angela Merkel. Un pays "ne peut pas payer quand il n'a pas d'argent", explique-t-elle.
La chef du gouvernement allemand en profite pour réaffirmer son opposition à un soutien trop rapide à la Grèce. "Une manifestation de solidarité rapide ne peut pas être la bonne réponse", affirme-t-elle. Il faut au contraire "attaquer le problème à la racine", à savoir que la Grèce remette elle-même de l'ordre dans ses finances publiques. Ce n'est pas la spéculation sur les marchés financiers qui a mis Athènes en mauvaise posture, mais "la violation des années durant du Pacte de stabilité", a-t-elle rappelé, précisant que la spéculation n'avait fait que "renforcer" cet effet.
A lire aussi: Pourquoi l'Allemagne traîne des pieds pour aider la Grèce
Lundi soir, les ministres des Finances de la zone euro ont pourtant mis au point les grandes lignes d'un plan d'aide éventuel à la Grèce, qui pourrait être activé si la situation grecque empirait. Mais depuis, le gouvernement allemand n'a de cesse d'affirmer que ces dispositions n'ont pas valeur de "décision politique".
Pour la chancelière, la solution passe donc par la création d'un fonds monétaire européen (FME), qui, sur le modèle du Fonds monétaires international (FMI), viendrait en aide aux pays en difficultés. Mais cette idée, déjà mise en avant par Wolfgang Schäuble, est loin de faire l'unanimité en Europe.
Le FME, porte de sortie de la zone euro?
Le discours allemand insiste en effet de plus en plus sur les sanctions qui seraient attachées à ce dispositif, et notamment cette fameuse exclusion de la zone euro, et de moins en moins sur l'aide qu'il apporterait. "Le FME est un écran de fumée", commentait le Financial Times cette semaine, "il ne s'agit pas d'aider les pays en difficultés, il s'agit de les aider à sortir" de la zone euro.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a pourtant jugé à plusieurs reprises "absurde" une exclusion de l'un ou l'autre membre de la zone. Mais l'idée est très populaire dans l'opinion publique allemande.
Reste que l'obsession de l'orthodoxie budgétaire de Berlin irrite ses partenaires. Et notamment la France pour qui les déficits budgétaires de ses membres ne sont pas les seuls déséquilibres auxquels est confrontée la zone euro. La ministre de l'Economie française Christine Lagarde a initié la fronde en dénonçant le modèle économique allemand qui favorise le commerce extérieur et les excédents commerciaux au détriment de la demande intérieure... et des importations en provenance des partenaires européens. Mercredi, elle a d'ailleurs enfoncé le clou en enjoignant l'Allemagne à baisser les impôts, pour stimuler la consommation.
Les prises de position de Berlin en faveur de la rigueur budgétaire interviennent à un moment où l'Allemagne peut difficilement se poser en donneuse de leçon. Le déficit budgétaire fédéral atteindra cette année un record, et mercredi Angela Merkel et son équipe se sont fait taper sur les doigts par Bruxelles: "la stratégie budgétaire présentée n'est pas suffisante", a jugé la Commission européenne. "L'Allemagne est donc invitée à préciser la stratégie budgétaire qui lui permettra de corriger son déficit excessif".
mercredi 17 mars 2010
Merkel prône un mécanisme d'exclusion de la zone euro
"Les banques créent des besoins que les clients n'ont pas"
Christine Lagarde vient de commander un rapport sur les tarifs bancaires à l'ancien patron du Crédit Agricole, Georges Pauget. La réaction de Marie-Anne Jacquot, porte parole de l'AFUB (Association Française des Usagers de Banque).`
Georges Pauget vient d'être nommé par Christine Lagarde pour remettre un rapport sur les tarifs bancaires. Que pensez-vous
de cette nomination ?
Nous sommes bien sur un peu sceptiques à l'égard de cette nomination. Certes, Georges Pauget est un homme du sérail qui a l'avantage de bien connaître son sujet. Néanmoins, il y a un pendant à cette nomination : le risque de corporatisme. Jusqu'à présent l'ancien président de la FBF et du Crédit Agricole SA n'a pas fait preuve d'une grande modération lorsqu'il s'agissait de tarifs bancaires. Le risque est donc que ce rapport conduise à l'adoption de mesures sans grande efficacité, comme à chaque fois que l'on tente de réguler les tarifs bancaires.
Christine Lagarde cite notamment sur un rapport remis par la Commission européenne, selon lequel la France serait en 3ème position des frais bancaires les plus élevés. Comment expliquez-vous ces chiffres ?
Il est difficile de les expliquer étant donné que la transparence n'est pas le point fort des banques. Depuis l'année dernière, obligation est faite aux banques d'envoyer chaque année un récapitulatif des frais prélevés à ses clients. Mais cela ne signifie que la composante de ces frais soit connue. Elaborés entre banquiers, les tarifs et frais de commissions bancaires sont construits dans la plus grande opacité. Dans cette situation, les tarifs ne peuvent baisser. Sans concurrence réelle entre les banques, il n'y a en effet aucune raison pour qu'elles baissent leurs prix.
Lire aussi : tarifs bancaires trop chers, les banquiers ont-ils raison de protester
Christine Lagarde s'attache particulièrement aux "frais en cascade", aux "services gratuits qui sont devenus facturés" et aux "packages"...
C'est en effet un autre problème récurrent. Les banques sont guidées par un appétit tarifaire sans limite. Elles multiplient les frais de commissions dans des proportions inimaginables. Illustration, les personnes qui font appel à l'AFUB se font prélever en moyenne entre 5 et 15% de leur salaire mensuel par les frais bancaires. C'est impensable, surtout lorsque l'on sait que ces frais font l'objet d'un prélèvement avant facturation. Par ailleurs, les banques ne respectent pas leurs engagements en matière de gratuité. En 2004, elles s'étaient engagées à ne pas facturer un certain nombre de services comme le retrait d'espèces en agence ou encore la mise à disposition de chéquiers. Mais elles sont peu nombreuses à suivre ces promesses.
La consommation française en matière de services bancaires est-elle différente des autres pays ?
C'est l'un des arguments avancé par les banques pour expliquer le montant de leurs frais. Elles estiment que les Français sont très friands de services bancaires et qu'ils bénéficient de nombreuses agences, de l'interbancarité... Cela est vrai. La France fait partie des pays les plus bancarisés au monde. Ce n'est pourtant pas la faute des consommateurs si le réseau est si dense, mais plutôt celle des banques qui répercutent le prix de leur appareil industriel hypertrophié sur les clients.
Aujourd'hui la clientèle demande seulement à avoir une offre qui réponde à sa demande. Ce qui n'est pas vraiment le cas quand les banquiers tentent par tous les moyens de leurs vendre des packages, aux services multiples, dont ils n'ont pas besoin. En réalité, c'est bien les banques qui créent des besoins que les clients n'ont pas. Dans certains établissements, des clients se font même parfois clôturer leurs comptes car ils ne consomment pas suffisamment...
Comment expliquez-vous que seulement 4% des Français changent de banque chaque année?
En la matière, on ne peut pas nier qu'il y ait eu une certaine amélioration législative. La nouvelle réglementation a en effet rendu plus facile la mobilité bancaire. Mais deux problèmes fondamentaux demeurent. Il est très difficile de quitter une banque dans laquelle on a un emprunt immobilier. Les modalités restent particulièrement lourdes. Ensuite, les usagers n'ont pas une connaissance suffisante des tarifs pratiqués dans chaque banque pour vouloir changer d'établissement. Pour cela, il faudrait que les banques fassent de la publicité sur ces frais et commissions, et non pas seulement sur les taux d'intérêt. Mais justement, elles n'y ont aucun intérêt !
Quelles sont vos propositions pour mettre en place une régulation durable? Faut-il par exemple plafonner ces tarifs ?
Non, pas nécessairement. Encore une fois il faut faire jouer pleinement la concurrence afin que le marché se régule de lui-même. Pour ce faire, une chose est essentielle : la véritable transparence. Il faudrait instaurer une publication périodique du panier du client de banque. Sur une dizaine ou quinzaine de services les plus courants, les établissements bancaires seraient classés en fonction de leurs tarifs. Aujourd'hui il existe des palmarès, réalisés par les médias et des acteurs privés, mais ils se basent toujours sur des profils et non sur des services. Par exemple, pour un jeune couple, il vaut mieux être à la BNP qu'au CIC où l'inverse. Mais ce que les clients veulent savoir avant tout, c'est combien coûte la carte bancaire ou le virement dans telle ou telle banque...
DSK sceptique sur la création d'un fonds monétaire européen
Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a estimé, mercredi 17 mars, que l'idée allemande d'un fonds monétaire européen constituait "une distraction" par rapport aux problèmes budgétaires urgents du moment que doit régler la Grèce. "La q
uestion principale pour la Grèce n'est pas celle-là", a-t-il déclaré lors d'une intervention au Parlement européen à Bruxelles, le problème pour ce pays est "budgétaire et il faut le régler".
Dans ce contexte, "il n'est pas nécessaire d'être distrait de ce qui doit être fait sur le plan budgétaire, en laissant son imagination créer de nouvelles institutions", a jugé le directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Il a, en outre, relevé que la proposition allemande impliquait un changement du traité de Lisbonne régissant aujourd'hui l'UE. "Cela ne pourra être fait du jour au lendemain", a-t-il dit.
Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a récemment proposé la création d'un tel fonds régional pour la zone euro, d'une part pour venir en aide à l'avenir à des pays qui seraient confrontés, comme la Grèce aujourd'hui, à de graves difficultés financières. Mais aussi et surtout pour durcir la discipline budgétaire des pays membres. Berlin veut notamment qu'un pays de la zone euro puisse être exclu s'il se refuse à respecter les règles. La chancelière allemande, Angela Merkel, l'a répété mercredi : cela devrait pouvoir être le cas "en dernier recours", et "quand un pays ne remplit pas les conditions, encore et encore".
S'il juge que ce n'est pas la priorité du moment, M. Strauss-Kahn a en revanche assuré ne pas être opposé sur le principe à la création de fonds monétaires régionaux dans le monde, à condition que le FMI conserve une autorité supranationale. "J'ai la ferme conviction qu'il faut une institution multilatérale au-dessus de tout le système mais il est tout à fait possible de travailler avec des fonds monétaires régionaux", a-t-il dit.
Pour en savoir plus :
- Lire un entretien avec l'économiste allemand Daniel Gros, directeur du Center for European Policy Studies (CEPS), organisme européen qui plaide pour la création d'un fonds monétaire européen (La Tribune).
Pour Baroin, l'UMP doit se réveiller après la claque reçue
François Baroin demande à ce que la majorité présidentielle se réveille avant dimanche, second tour des élections. Le député UMP dénonce l'attitude de son parti qui fait "comme si rien ne s'était passé".
"On a pris une claque, la vertu d'une claque en politique, c'est au moins de réveiller", a déclaré François Baroin ce mercredi sur l'antenne d'Europe 1. Le député UMP de l'Aube a ainsi critiqué l'attitude de la majorité présidentielle qui fait, selon lui, "comme si rien ne s'était passé" alors que "nous avons fait le plus bas score de toute l'histoire de la droite parlementaire depuis 30 ou 35 ans".
François Baroin a également estimé que le président Nicolas Sarkozy doit "entendre le message" de "l'électorat de droite".
Pour cela, un message envers les abstentionnistes et les électeurs ayant "dès à présent sanctionné le gouvernement en rejoignant le FN", lui semble inévitable.
Baroin a finalement mis en cause "l'ouverture à gauche trop soulignée, trop prononcée, trop affirmée" conduite par le président de la République. "Ca fait des grands courants d'air à droite" et "notre électorat ne le supporte pas", a-t-il lancé.
MODEM - Corinne Lepage quitte François Bayrou
Ce n'est pas une surprise... mais cela reste un coup dur pour François Bayrou. Corinne Lepage annonce officiellement qu'elle a décidé de "démissionner du MoDem". L'ancienne ministre de l'Environnement ne cesse, depuis la création du parti centriste, en
mai 2007, dont son mouvement Cap 21 est membre fondateur , de pourfendre la stratégie de François Bayrou. Elle lui reproche de n'avoir dans le viseur que son destin personnel, en fait la présidentielle 2012, au mépris du travail collectif d'élaboration d'un projet crédible, et surtout écologiste. "La direction du MoDem est aujourd'hui incapable de changer de mode de fonctionnement, d'entendre les militants comme les électeurs et, surtout, elle ne parvient pas à construire une stratégie qui n'ait pas pour seul objectif l'élection présidentielle", résume-t-elle dans un entretien au Monde .
Dans une lettre adressée à ses "amis du Mouvement démocrate" , Corinne Lepage rappelle qu'elle "[a] longtemps espéré et lutté" au sein du parti. Mais elle n'y croit plus et baisse les armes, comme tant d'autres avant elle. "Cette opposition serait d'autant plus vaine que les conclusions des élections européennes n'ont pas été tirées, que la gouvernance reste la même et qu'elle va encore se resserrer pour préparer 2012", déplore la députée européenne.
Vers Europe Écologie
Corinne Lepage avait planifié de ne s'exprimer qu'après les élections régionales, mais, déjà le 18 février dernier, elle confiait au point.fr qu'il faudrait "tirer les conséquences de ces élections" . Les résultats catastrophiques du MoDem au premier tour - il n'a même pas atteint les 4 % - l'ont sans doute incitée à ne pas attendre les résultats du second pour larguer les amarres.
Corinne Lepage a désormais la ferme intention d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Elle qui a soutenu Europe Écologie en Alsace pour ces élections - provoquant d'ailleurs la colère de François Bayrou -, parce que c'était la seule région où les écolos "avaient une chance de devancer le PS et de symboliser une autre voix", confirme ce dont tout le monde se doutait : "Je suis bien entendu tout à fait ouverte à travailler avec Europe Écologie."
UN CON.
LE MOT
Hier soir, je discutais avec mon ami d'enfance, on parlait du fait de s'investir dans un projet.
— Les banques, ne prêtent plus, il est donc impossible ou presque de prendre un commerce, alors on opte pour le système D.
_ Le système D, c'est ce qui marche quand les politiques sont nuls, qu'ils soient de gauche ou de droite. Alors tu sais....les élections j'm'en fouts un peu.
«La victoire de la gauche ne doit pas passer par l'abstention»
La mondialisation néolibérale comme l’évolution de la société française marquée par l’épuisement du modèle républicain et laïque ont été absents des débats. Pour Chistophe Guilluy, géographe, il n'y a pas à chercher plus loin dans l'abstention.
Que retenir de ce premier tour ?
Christophe Guilluy : A presque 54 % d’abstention, le sujet le plus évident est que cette élection s’est faite sans le peuple : 23,5 millions d’électeurs ne se sont pas déplacés. Ce niveau avoisine le double de celui observé lors de l’élection présidentielle de 2007. Dés lors une question s’impose : est ce que cette dynamique va devenir le modèle ? Si l’on exclut le suffrage très suivi de 2007 grâce à la stratégie de Nicolas Sarkozy, les classes populaires ne se déplacent plus pour voter.
On objecte souvent qu'il ne s'agit que d'une élection Régionale ?
Oui, c’est vrai. C’est exactement le type d’élection dont les gents se détournent. Les thématiques abordées comme les programmes sont par nature consensuels : tout le monde est écologiste. Faire le distinguo entre les propositions de Jean-Paul Huchon et de Valérie Pécresse relève de la chirurgie de précision : toutes les thématiques qui y sont abordées sont transversales. Il n’y a pas de sujet clivant, et au fond, tout le monde se contrefout d’un couloir de bus ou pas de couloir de bus. Quand on gagne 800 euros par mois, on ne se déplace pas pour se prononcer sur des couloirs de bus. On attend que les politiques abordent des sujets qui sont sur le disque dur. En ce sens, l’abstention est rationnelle.
Le disque dur ?
Le fond : la mondialisation néolibérale, l’évolution de la société française marquée par l’épuisement du modèle républicain et laïque. La réussite de Nicolas Sarkozy en 2007 était bien d’avoir fait croire, notamment dans les classes populaires qu’il pouvait rompre avec ces deux dérives. Cette stratégie a montré ses limites dans l’action, dans la réalité. Comme pour les élections européennes, les territoires qui n’ont pas voté sont ceux où vivent les classes populaires. C’est là que l’on trouve les perdants de la mondialisation, les laisser pour comptes de la « modernité ». Face à eux l’offre politique s’est unifiée et du coup s’est raréfiée. Tant que les partis de gouvernement ne sont pas prêts à remettre en question cette donne qui leur est absolument défavorable, les élections sans le peuple sont en passe de devenir le modèle.
Si l’avenir de la gauche passe par l’abstention, ce n’est qu’une victoire à la Pyrrhus
Mais alors, que pensez du vote FN ?
A mon sens, le Front national a une influence réelle au sein des classes populaires. Elle est plus importante que ce qu’en révèle le scrutin. Pour en apprécier l'impact réel, il faudrait doubler son score, car il est le plus mordant dans les classes populaires. Le parti des Le Pen n’a pas disparu, il n’était que caché par Nicolas Sarkozy. Qu’on le souhaite ou pas, qu’on s’en inquiète ou pas, la campagne du FN contre « l’islamisation » et la mondialisation a fonctionné. Du coup, la combinaison abstention plus vote FN constitue un positionnement fort de l’électorat contre les partis de gouvernement.
Pourtant, la gauche a gagné, non ?
Doit-elle s’en réjouir ? Faire un résultat quand les couches populaires ne vont pas voter, quelle victoire, en effet !!! Dans les centres urbains elle a fait le plein. Ainsi dans l’hyper-centre parisien dans le 4ème arrondissement, la gauche a-t-elle fait des résultats exceptionnels : 31 % pour la liste Huchon, 23% pour les Verts, et même 9% pour le Front de gauche, cela donne 63 % ! Si l’avenir de la gauche passe par l’abstention, ce n’est qu’une victoire à la Pyrrhus. Pis si le seul avenir de la droite c’est Nicolas Sarkozy version 2007, là aussi il y a un mur. Il ne pourra pas rejouer le même coup, le monsieur capable de renverser la table.
Il y a ce que l’on voit, les soirées électorales, et ce que l’on ne voit pas, les effets de la mondialisation néolibérale et l’émergence d’un modèle multiculturaliste en décalage avec le modèle républicain classique. Si le modèle, ce sont des partis qui n’abordent pas ces questions, l’expression populaire se jouera en dehors des urnes. C’est déjà le cas et cela s’exprime tant au travers d’actions individuelles, comme les choix résidentiels (recherche des meilleures écoles, d’un environnement choisi , évitement de certains quartiers), comme au sein de l’entreprise où les gents s’organisent en dehors des organisations syndicales.
Du bricolage et de l'abstention
Et si les abstentionnistes étaient aussi des bricoleurs ? Philippe Petit analyse le phénomène le plus important du premier tour tout en ré
pondant à Elisabeth Badinter.
Où sont les hommes ? Apparemment il n’y a aucun rapport entre le taux élevé des abstentions et le bricolage ?
Nous allons essayer d’en trouver un.
Il est parfois de doctes pensées qui frisent l’arrogance. Dans un entretien paru dans « Causeur » de mars 2010, l’historienne des idées Elisabeth Badinter lâche cette phrase qui ne laisse pas de surprendre à propos des pères à la maison : « Aujourd’hui, les voitures, on s’en moque, et plus personne ne bricole ». Cette phrase déboule après un argumentaire raisonné apportant la preuve que la répartition des tâches domestiques demeure encore aujourd’hui très inégale entre les hommes et les femmes. Ce qui est vrai. Mais en conclure que les hommes ne bricolent plus. Comment y croire ? Sauf erreur de ma part, cela contredit le taux d’affluence au « Salon du Bricolage », ainsi que la réalité de la France sub-urbaine, des pavillons, ou des grands ensembles. Pour des pelouses garnies de fleurs, combien de cabanes au fond du jardin, où s’entreposent, comme hier dans le garage, les outils du délit ? Ou bien Madame Badinter ne sillonne pas les routes de France, ou bien elle s’aveugle. Le bricolage, affaire d’hommes, est aussi une affaire de femmes. Et rares sont les cuisines des milieux populaires et des classes moyennes qui ne soient l’objet d’un montage en kit. Alors, pourquoi cette affirmation péremptoire ?
C’est un peu comme les abstentions. Tout le monde a son avis sur la question. Front du refus des indifférents, disent les uns. Rejet contestataire, disent les autres. Sous la IV République, il était de bon ton de s’en prendre au régime des Assemblées. C’est même pour cette raison que fut inventé la V République. Dont le programme se trouve dans le discours de Bayeux du Général de Gaulle en 1946.
Aujourd’hui, une absence de mobilisation des électeurs, c’est la mort annoncée de la démocratie : la fin du parlementarisme rationalisé. Que les motifs de l’abstention soient très hétérogènes, cela est une évidence. Mais ce n’est pas en multipliant les radios trottoirs et les enquêtes individualisées que l’on parviendra à se faire une idée de l’indifférence qui frappe les électeurs potentiels.
Le Monde Magazine a tenté cette fin de semaine un petit tour d’horizon des motivations de ces indifférents. Il y avait le réfractaire, la distante, le déçu … Tous avaient de bonnes ou de mauvaises raisons de ne pas aller voter aux régionales. D’autant que les appels à la mobilisation, pour être réels, avant l’élection, furent plutôt discrets. Au regard des manifestations des infirmières, des enseignants, des ouvriers de chez Siemens, l’enthousiasme électoral fut finalement de faible ampleur. La campagne électorale ne restera pas dans les annales des grandes campagnes. Certes, il y eut des meetings plein d’ardeur, et il n’est pas dit que les abstentionnistes d’un jour, le seront d’un autre, mais on aurait tort d’interpréter l’indifférence supposée de ce dimanche à un simple accident de parcours. Ce n’est pas parce que presque toutes les nuances de l’échiquier politique sont représentées au premier tour que la cohérence doit se retrouver forcément au second tour.
Que ce soit la faute du bricolage ou d’autre chose – ces élections sont l’occasion de réfléchir sur « L’État de Nicolas Sarkozy ». Ce que fait la revue « Esprit » dans son numéro de Mars-Avril 2010.
Elles sont l’occasion de s’interroger sur l’antisarkozisme.
Car ce n’est pas forcément le plus voyant, le plus tonitruant, qui est le plus efficace.
L’État entrepreneur ce n’est pas une idée du président Sarkozy, c’est une idée de la gauche en 1983.
Ce dossier tombe donc à point nommé. Il est suffisamment complet – sur les collectivités territoriales, sur le Grand Paris, sur la sécurité – pour servir de guide électoral entre les deux tours.
D’ailleurs, pourquoi on ne distribuerait pas des Guides électoraux. Il existe bien un Guide du suivi judiciaire !
Au moins, il serait possible de savoir ceux qui suivent ou pas le Guide…
Philippe Petit
L'approbation à Nicolas Sarkozy au plus bas depuis 2007
Deux études d'opinion, publiées mardi 16 mars et réalisées avant le premier tour des élections régionales, confirment que le niveau d'approbation à la politique de Nicolas Sarkozy n'a jamais été aussi bas, et que l'écart de popularité se
creuse entre le chef de l'Etat et son premier ministre.
Selon le baromètre Paris Match-IFOP, seuls 36 % des Français ont déclaré "approuver plutôt" ou "tout à fait" l'action présidentielle, contre 64 % qui ne l'approuvent "plutôt pas" ou "pas du tout". De plus, pour la première fois depuis son accession à l'Elysée, moins d'un Français sur deux juge que M. Sarkozy est "capable de réformer le pays" (47 %) et qu'il "renouvelle la fonction présidentielle" (47 %). Et seul un Français sur trois (33 %) estime qu'il "mène une bonne politique sociale".
En contraste, 62 % des personnes interrogées estiment que François Fillon "dirige bien l'action de son gouvernement", 63 % qu'il est "un homme de dialogue" et 47 % qu'"il mène une bonne politique sociale".
FILLON PLUS PRÉSIDENTIABLE EN 2012
L'autre sondage, l'observatoire BVA pour Orange, L'Express et France Inter, rapporte une tendance similaire : une majorité de personnes interrogées (43 %) préférerait voir François Fillon représenter l'UMP à l'élection présidentielle de 2012, contre 29 % pour Nicolas Sarkozy et 28 % qui ne se prononcent pas.
Une donnée à relativiser, cependant, car les sympathisants de droite penchent à 52 % en faveur du chef de l'Etat contre 34 % pour son premier ministre. "Le haut niveau de ceux qui citent tout de même François Fillon souligne le désamour dont pâtit le président auprès d'une proportion importante de son électorat", souligne néanmoins Gaël Sliman de BVA. "Si le revers électoral" des régionales se confirme au second tour, "cette situation compliquerait singulièrement la tâche de Nicolas Sarkozy", poursuit-il.
Sur le front de la popularité, Nicolas Sarkozy et François Fillon gagnent chacun en un mois deux points, selon cette étude, pour atteindre respectivement 41 % et 53 %.
La crédibilité de l'opposition est, elle aussi, en hausse. Ainsi, selon le sondage BVA, 30 % des interrogés pensent que, s'il était au pouvoir, le PS "ferait mieux que le gouvernement actuel" sur la politique économique et sociale, une hausse de 3 points par rapport à novembre, tandis que 21 % jugent qu'il ferait "moins bien" et 46 % qu'il ferait "ni mieux ni moins bien".
Pour l'IFOP, 40 % des Français jugent que l'opposition "ferait mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir", soit son meilleur score depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Et ce même si une majorité de 60 % pense au contraire qu'elle ne ferait pas mieux.
mardi 16 mars 2010
la Licra va poursuivre en justice Eric Zemmour
La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémtisme (Licra) a décidé de poursuivre en justice le journaliste Eric Zemmour pour ses propos concernant les Noirs et les Arabes tenus sur Canal+. Le président de l'association, Alain Jakubowicz, a annoncé cette décision, mardi 16 mars, lors d'un point presse. "La Licra va poursuivre Eric Zemmour devant le tribunal correctionnel pour les propos qu'il a tenus sur Canal+", a déclaré Me Jakubowicz, accusant le journaliste d'avoir "franchi un cran".
Jeudi, la Licra déplorait le fait que M. Zemmour "recycle les vieilles lunes de l’extrême droite" et l'enjoignait de "se souvenir de cette époque pas si lointaine d’avant-guerre où, dans notre pays, pour les tenants de cette rhétorique il ne faisait pas bon s’appeler… Zemmour".
"Comment un animateur de débat peut-il rester neutre et impassible devant ces propos", s'est aussi demandé Me Jakubowicz en annonçant sa décision de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) à ce sujet. "Quand Eric Zemmour dit que que la discrimination est un fait, l'animateur doit fixer des limites et dire que c'est un délit", a-t-il argumenté en se défendant de critiquer les journalistes. Déjà saisi par le MRAP Club Averroès pour des propos du même Eric Zemmour, le CSA a dit, par la voix du conseiller Rachid Arhab, invité de l'émission "Médias" de France 5, qu'il étudiait la question "de très près".
"Il faut être sourd pour dire qu'il n'y a pas eu de vote sanction contre l'UMP"
Après le mauvais résultat de la majorité présidentielle, la grogne gagne les élus de droite. Sénateur de Seine-Saint-Denis, Philippe Dallier estime que l'UMP doit entendre le message des électeurs.
Vous êtes en colère contre votre camp?
Dimanche soir, j'ai entendu les représentants de l'UMP et du gouvernement seriner qu'il n'y avait pas de vote-sanction. Ras-le-bol des spécialistes en communication et des fameux "éléments de langage"! Il faut vraiment être sourd pour répéter les choses comme ça. En Seine-Saint-Denis, en 2004, les listes Copé et Santini totalisaient 104 000 voix, dimanche celle de Valérie Pécresse en a obtenues 49 000! Notre électorat ne s'est pas déplacé, c'est donc bien un vote sanction par lequel il nous adresse un message. Croit-on vraiment mobiliser les abstentionnistes en répétant que tout va bien? On devrait plutôt dire qu'on a entendu le message et qu'on va rectifier...
Qu'est-ce qui cloche?
Nicolas Sarkozy a gagné en 2007 sur le besoin qu'a ce pays de se réformer. Au bout de trois ans, certains électeurs ne s'y retrouvent pas. Il y a un problème de lisibilité de la politique conduite. Depuis l'adoption du paquet fiscal, le PS a réussi à convaincre
l'opinion que la politique du gouvernement était inéquitable, faite pour les riches. Idem pour la sécurité: les ministres, Michèle Alliot-Marie puis Brice Hortefeux, ont beau répéter que la délinquance baisse, sur le terrain, les Français vivent le contraire. Il faut dire aux électeurs que la délinquance existe, qu'elle se transforme et qu'on fait tout ce qu'on peut pour assurer leur sécurité.
Il faut du changement à la tête de l'UMP?
Je ne me situe pas du tout sur ce terrain. Le problème est que l'UMP est aux ordres absolus du "Château". A ce titre, les investitures pour les régionales étaient une caricature, avec Claude Guéant à la manoeuvre. Le parti est devenu une simple courroie de transmission du haut vers le bas. Il faudrait aussi faire remonter le ressenti du terrain. Collectivement, on doit se poser des questions. Cela dit, rien n'est perdu pour 2012.
Les élus UMP s'interrogent sur la ligne politique
Les critiques au sein de la majorité présidentielle se font entendre après le résultat des élections régionales.
Le procès de l'«ouverture» a commencé à l'UMP. Jamais digérée, elle est la première visée dans le processus de remise en cause du dogme de l'infaillibilité sarkozyste qui s'amorce à droite. «Ça nous a fait un mal terrible, assure le député parisien Claude Goasguen, de sensibilité libérale. Quand nos électeurs entendent dire que Nicolas Sarkozy veut nommer Malek Boutih à la tête de la Halde, ils se demandent où est la rupture avec Jacques Chirac, qui y avait nommé Louis Schweitzer, un autre socialiste !» Dans le même registre, les souverainistes Jacques Myard et Lionnel Luca stigmatisent un «strabisme présidentiel de gauche» qui, selon eux, ne se limite pas aux nominations. Ils sont rejoints sur ce point par la présidente du Parti démocrate-chrétien Christine Boutin et par Rachida Dati, qui a estimé : «Il faut qu'on reprenne nos fondamentaux.»
La taxe carbone arrive en tête des réformes stigmatisées comme des «concessions inutiles aux autres», en l'occurrence à l'électorat écologiste. Gilles Carrez et Pierre Méhaignerie, spécialistes de la fiscalité du groupe UMP à l'Assemblée, estiment qu'il «n'y a pas de majorité pour la voter». Sarkozy avait déjà soumis à un examen préalable sa mise en application aux agriculteurs. Vu le climat, c'est toute la réforme qui pourrait être reportée à des jours meilleurs.
Le sénateur Philippe Dallier pointe, lui aussi, des problèmes de cohérence et de «lisibilité» de l'action de l'exécutif, mais sur le plan économique : «Entre le Sarkozy libéral à ses premières heures, et le Sarkozy très interventionniste après la crise, ça peut perturber notre électorat.»
Un «style» qui continue d'alimenter la grogne
Les hésitations gouvernementales sur la burqa ou le débat sur l'identité nationale sont aussi dénoncées comme autant d'erreurs. Sur son blog, Alain Juppé écrit qu'«une réflexion s'impose désormais sur le rythme des réformes, la méthode selon laquelle elles sont lancées et préparées, la concertation qui les accompagne, la façon dont elles peuvent être mieux comprises et acceptées par une opinion que la crise déboussole.»
Le «style» de Nicolas Sarkozy continue également d'alimenter la grogne. Pour le député de l'Hérault Jacques Domergue, il est «en décalage avec l'opinion». «Le chef de l'État a créé des doutes sur sa personne», explique ce - ancien ? - sarkozyste inconditionnel, en assurant que l'affaire de la nomination de Jean Sarkozy à l'Epad «reste très incrustée dans l'esprit des gens». «Nos électeurs attendent une politique mais ils attendent aussi un comportement», ajoute-t-il.
Dans cette explosion de critiques, un point fait l'unanimité : l'Élysée a tort de nier tout «vote sanction». «Il ne faut pas se raconter d'histoire, c'est un très mauvais résultat pour nous, s'agace le député de la Somme Alain Gest. Nous avons perdu la confiance de l'électorat populaire qui s'était rapproché de Nicolas Sarkozy en 2007 et des classes moyennes, qui ne voient toujours pas venir le résultat des réformes.» Remarquant que chez lui, à Amiens, «l'abstention est plus forte dans les quartiers populaires que dans ceux qui sont favorables à la majorité», Gest va jusqu'à avancer l'hypothèse qu'une «plus forte mobilisation pourrait pénaliser encore davantage» la droite. «Dans tous les cas, estime Goasguen, dédramatiser le résultat du scrutin en annonçant à l'avance qu'il ne changera rien ne contribue pas à donner à nos sympathisants l'envie de se déplacer. Si Nicolas Sarkozy s'en fiche, pourquoi se donneraient-ils cette peine ?»
Sur le plan purement stratégique, les esprits s'échauffent aussi contre le choix des listes uniques. «Dans une région comme la Picardie, où le vote FN est traditionnellement fort, une tête de liste centriste n'est pas la meilleure solution», estime Alain Gest, pour qui «se priver d'une liste autonome des chasseurs au premier tour est également une erreur». «On a eu tort de nier les différences au sein de la droite, ajoute la députée villepiniste Marie-Anne Montchamp. 2010 n'est plus 2007. Quand l'électorat ne se reconnaît plus dans la politique du gouvernement, les listes uniques le privent de solution. Il se tourne vers les extrêmes ou il se réfugie dans l'abstention.»
La question sera au menu du comité de la majorité, qui se réunit ce matin. Pas dans ses locaux du boulevard Saint-Germain, mais au siège de l'UMP, où tout se décide.
De séquestration en élection, la guerre des chefs continue à l'UMIH
L'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) s'est dotée, lundi 15 mars, d'un nouveau président, mais la guerre des chefs continue au sein du puissant syndicat de l'hôtellerie-restauration. Le conflit qui oppose la présidente déchue, Christine Pujol, au reste de l'organisation a pris depuis quelques jours des allures de
vaudeville. Ravitaillée par la fenêtre, dormant sur la moquette et privée de télévision, celle qui se considère encore comme la patronne des lieux refuse de quitter son bureau du 22, rue d'Anjou, dans le 8e arrondissement de Paris. Enfermée avec sa directrice de la communication, Claire Cosson, elle conteste sa destitution. "Peu importe l'élection de Roland Héguy, ça ne change rien à ma position", affirme-t-elle.
Depuis cinq jours, les deux femmes vivent barricadées au troisième étage du siège de l'UMIH, deux vigiles surveillant le bâtiment. "On nous a supprimé les bouteilles d'eau, enlevé la machine à café, les toilettes ont été fermées à clé, mais on tient bon", se plaint Christine Pujol. Chaque jour, des amis apportent aux recluses des vivres qu'elles hissent dans un sac relié à un cordon. Pour se maintenir en forme, la présidente déchue fait même un peu de stretching. "Comme ça, je ne suis ni énervée, ni déprimée."
UNE POLITIQUE TROP "PERSONNELLE"
A la tête de cinq établissements à Carcassonne, Christine Pujol, 61 ans, préside l'UMIH depuis septembre 2008. Ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir suffisamment défendu les restaurateurs après l'adoption de la TVA à 5,5 %. Accusés d'avoir maintenu leurs tarifs, les restaurateurs en ont voulu à leur présidente de ne pas être montée au créneau. Davantage que ses erreurs de communication, c'est la manière de faire de la présidente qui a posé problème. "Elle s'est approprié un dossier qu'elle maîtrisait mal et s'en est servi pour se faire connaître", regrette Dany Deleval, vice-présidente de l'UMIH et co-listière de Christine Pujol en 2008. Pour elle, la recluse a mené une politique bien trop "personnelle", se comportant "en chef de famille, alors qu'on lui demandait d'agir en chef d'équipe".
"Je voulais réformer ce syndicat, le dépoussiérer", se défend Christine Pujol. Le changement passait par une démocratisation de la confédération. La présidente voulait faire "plus de place aux adhérents", en finir avec certaines pratiques. "Malheureusement, c'est l'omerta qui a primé, affirme-t-elle. Mon prédécesseur (André Daguin, NDLR) a passé son temps à faire de la représentation. Ce nétait pas ma conception de notre mission."
Son coup de force, Christine Pujol l'oppose au "putsch" monté par le "camp Daguin". Elle refuse de reconnaître la validité de l'assemblée générale extraordinaire qui l'a destituée le 24 novembre 2009 à Nantes. "Je veux bien partir, mais à condition que ça se fasse dans la légalité. Or les statuts n'ont pas été respectés", dit-elle. "On nous affirme que 97 % des votants se sont prononcés en faveur d'un départ, mais nous ne disposons pas des feuilles d'émargement. Impossible de savoir qui a vraiment voté", explique Claire Cosson.
"JE SUIS LA PRÉSIDENTE, JE SUIS LA PRÉSIDENTE"
Pour la nouvelle direction, qu'importe que l'assemblée générale extraordinaire ait été légale ou non, puisque la présidente n'a plus de majorité au sein de la confédération syndicale. "C'est vrai que la procédure n'a pas suivi son cours normal, mais il existe dans la jurisprudence des exemples de destitutions similaires. Ce qui est sûr, c'est que Mme Pujol n'est plus légitime", affirme Rémi Barousse. L'avocat des "putschistes" a déposé un référé pour obtenir son expulsion des bureaux de l'UMIH, invoquant des craintes pour la santé mentale de la présidente. "J'ai assisté à son coup de force, raconte-t-il. Venue avec deux serruriers, elle esquissait des pas de danse dans le couloir, répétant 'Je suis la présidente, je suis la présidente'."
Jeudi 11 mars, Christine Pujol aurait proposé un accord à ses adversaires par l'intermédiaire de Jean-Marc Banquet d'Orx, trésorier de l'UMIH. Selon Me Barousse, la présidente était prête à démissionner si la nouvelle direction s'engageait à prendre en charge ses frais d'avocats et à lui payer son salaire de présidente depuis novembre. Elle aurait également réclamé un poste honorifique au sein de l'organisation.
Un récit démenti par la principale intéressée. Persuadée que ses adversaires veulent la "démolir", elle assure être "parfaitement cool". "Je ne me jetterai pas par la fenêtre", dit-elle en riant. "La vérité, c'est que je suis une vieille syndicaliste et que je n'ai pas l'habitude de plier à la moindre difficulté." Mardi, la justice doit examiner le référé déposé par l'avocat de la nouvelle direction. Christine Pujol sait qu'elle sera "probablement expulsée" et contrainte de "retourner dans [sa] province". Mais qu'importe : comme elle l'affirmait au Midi libre, "une cathare ne capitule jamais."
Elise Barthet
Compte à rebours pour éviter la cacophonie au deuxième tour
Les candidats restant en lice pour le second tour des régionales ont jusqu'à 18 heures, ce mardi, pour boucler les éventuelles fusions avec d'autres listes et faire officiellement acte de candidature. C'est en effet le dernier délai pour déposer en préfecture les listes en vue du second tour dans les 25 régions, la Guadeloupe ayant élu son conseil régional dès le premier tour.
Pour concourir dimanche prochain, une liste doit avoir obtenu 10 % des suffrages au premier tour (7 % en Corse). Celles qui o
nt réalisé un score entre 5 % et 10 % ont la possibilité de fusionner avec une liste présente au second tour. Cela concerne la gauche, arrivée en tête dimanche. Le PS, Europe Ecologie et le Front de gauche, partis séparément au premier tour, sont illico entrés en négociations pour présenter des listes d'union le 21 mars. Toute la journée de lundi, des délégués du PS, d'Europe Ecologie et du Front de gauche ont ainsi recherché, dans un hôtel du centre de Paris, les voies compliquées d'un "accord national".
Claude Bartolone a annoncé une alliance dans toute la France, bousculant les dirigeants écologistes qui évoquaient une simple "volonté d'accord" et déploraient une "stratégie du fait établi". "Les conditions d'un accord ont été trouvées mais l'accord n'a pas été signé", a déclaré à Reuters Jean-Vincent Placé, membre de la délégation d'Europe Ecologie chargée de négocier. Daniel Cohn-Bendit a fait état de tensions dans les discussions. "Ça tangue parce que le Parti socialiste ne comprend pas ce qu'est un partenariat", a déploré le député européen écologiste lors du "Talk Orange-Le Figaro". Ni le PS ni Europe Ecologie n'ont fait état dans l'immédiat d'un accord avec le Front de gauche, qui a dépassé de peu les 6 % au premier tour.
En régions aussi, les négociations allaient bon train à gauche. L'Alsace avait été la première à annoncer une fusion. Au contraire, des triangulaires étaient prévues en Bretagne par le maintien des écologistes et en Limousin par celui de l'alliance Front de gauche-NPA. Autres triangulaires programmées : les douze régions où le Front national a fait plus de 10 % et l'Aquitaine, seul endroit où le MoDem s'est qualifié et affrontera les listes PS et UMP.
L'UMP, qui avait choisi une stratégie d'alliance dès le premier tour avec le Nouveau Centre, le MPF et CPNT, devait reconduire ses listes. A l'issue du second tour, les sièges seront répartis au sein des assemblées régionales à la proportionnelle, avec une prime de 25 % pour la liste arrivée en tête (une prime de 9 sièges en Corse). Les prochains élus régionaux seront élus pour quatre ans et non pas six. Leur mandat prendra fin en 2014, date à laquelle doit entrer en fonctions le conseiller territorial, qui siégera à la fois dans les conseils régionaux et généraux.
Plus isolé que jamais, Bayrou veut surmonter son échec
Le président du MoDem ne donnera aucune consigne de vote pour le second tour.
Le MoDem s'est pris une vraie déculottée, mais il reste digne. «Ce n'est qu'une élection, par rapport aux vrais problèmes que connaissent aujourd'hui les Français, nous n'avons pas le
droit de nous plaindre, le combat continue», confiait lundi un proche de François Bayrou. Le même ajoutait : «Indépendants nous étions au premier tour, indépendants nous resterons au second tour !»
Traduction en Aquitaine, où le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle est le seul candidat centriste à avoir obtenu un score à deux chiffres (10,43 %). Le MoDem entend se maintenir dimanche. Quant aux trois autres régions - Bretagne, Basse-Normandie et Centre - où ses candidats ont franchi la barre des 5 %, il ne devrait pas y avoir de fusion de listes. «On dira aux gens de voter pour nos valeurs, ils comprendront ce que cela veut dire», poursuivait, sibyllin, un cadre centriste.
Politique de l'autruche ? Il y a quinze jours, sur le plateau du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», François Bayrou avait exclu tout accord de second tour avec l'UMP. Ses électeurs devraient donc savoir pour qui voter. Sauf qu'avec cette politique «intransigeante», le MoDem, excepté en Aquitaine, risque de se retrouver sans aucun élu en régions.
Une «intransigeance» que ne partage pas Corinne Lepage. Bien que vice-présidente du MoDem, cette dernière, qui avait déjà pris ses distances avec la stratégie de François Bayrou, a appelé ouvertement les électeurs démocrates à se rassembler derrière la gauche au second tour des régionales, à l'exception de l'Aquitaine, donc, où Jean Lassalle portera les couleurs orange.
«Problèmes de gouvernance»
«Il faut se rassembler derrière la gauche», a expliqué sur France Inter la présidente de l'association écologiste Cap 21, qui en a profité pour dénoncer, une nouvelle fois, «des problèmes de gouvernance» internes au MoDem et «un projet pas suffisamment clair et audible». Selon nos informations, elle opérerait actuellement un rapprochement avec Europe Écologie. Notamment auprès de Daniel Cohn-Bendit avec qui elle est en contact.
Une démarche, qui fait bondir Christophe Madrolle, délégué national du MoDem. «Corinne Lepage n'a plus rien à faire au MoDem. Son attitude est inadmissible. Ça ne se fait pas de tirer contre son propre camp au milieu d'une campagne» , dénonce-t-il.
En attendant, malgré le départ de nombreux militants, François Bayrou, qui ne lâche rien de ses ambitions présidentielles, s'apprête à traverser une période difficile. «De tout cela, nous ferons l'analyse et nous tirerons les leçons, et ce qu'il faudra changer, nous le changerons» , a-t-il assuré, dimanche, sans toutefois remettre en cause ses choix politiques.
Lundi, le président du MoDem a passé sa journée «à consulter» ses amis. Mais aucun congrès extraordinaire n'est pour l'heure prévue. François Bayrou reste donc président du MoDem.
PLUS MODERNE.
Cécile Duflot
Parmi les politiques, ils ne sont pas si nombreux ceux qui peuvent vanter les mérites du Pass Navigo à tarif unique sans avoir l'air de tenir un rôle de composition. Ce n'est pas un problème pour la figure de proue des Verts, fille d'un cheminot et d'une prof de physique-chimie à Villeneuve-Saint-Georges, qui fait de son look baba en train de muter bobo une sorte de trait d'union entre le monde du RER et celui des plateaux télé. Dans la vie, la tête de liste d'Europe Ecologie professe des goûts simples, pour les bonbons Haribo, la chanteuse Lio et l'acteur Jean Rochefort. Mais la militante chlorophylle ne baisse jamais la garde, même lorsqu'elle choisit le prénom de ses trois filles : Bleuette, Anémone et Térébentine. Cette très bonne élève, diplômée de l'Essec et licenciée de géographie, a toutefois fait une entorse à sa ligne de conduite français moyen en programmant curieusement des vacances de Noël aux Maldives, avec son nouveau compagnon, à quelques semaines des élections régionales. Une contribution personnelle de 7 tonnes de carbone au réchauffement climatique qui a fait le délices de ses adversaires politiques et consterné le petit peuple de Copenhague. L'ancienne visiteuse des prisons a découvert pour l'occasion qu'on pouvait se sentir parfois prisonnier de ses idées
Berlin défend son modèle exportateur contre les reproches d'égoïsme de ses partenaires
En réponse aux réserves de Christine Lagarde à propos du modèle allemand de pression sur les coûts de main-d'oeuvre, le gouvernement appelle ses voisins à atteindre le même degré de compétitivité. L'association des exportateurs rétorque, elle, que la force des produits allemands provient de leur qualité et de l'innovation.
Christine Lagarde a visiblement touché un nerf, en Allemagne, en mettant en cause, en une du « Financial Times » d'hier, les excédents commerciaux allemands. Dans son entretien au quotidien britannique, la ministre des Finances s'interroge sur le modèle allemand de « forte pression sur les coûts de main-d'oeuvre », doutant qu'il « soit viable à long terme et pour l'ensemble du groupe » de la zone euro. « Ceux avec des excédents ne pourraient-ils pas faire un petit quelque chose ? », s'interroge la ministre, pour qui « on ne peut pas demander à un acteur, aussi important soit-il, de tirer l'ensemble du groupe. Mais il faut clairement que nous partagions le sens de ce destin commun qui nous lie à nos partenaires ». Joaquin Almunia, commissaire européen à la Concurrence, a corroboré hier ces propos en appelant depuis Madrid à « faire attention à tous les déséquilibres, y compris ceux de la balance des paiements ».
Selon le quotidien « Bild », Christine Lagarde aurait résumé l'opinion de plusieurs Etats membres de la zone euro, inquiets de leurs déficits courants avec l'Allemagne. Ces derniers auraient demandé à la Commission européenne de se saisir du dossier et de leur assurer de meilleures chances d'exportation vers l'Allemagne. Bruxelles serait en train de rédiger un rapport sur les déséquilibres au sein de l'Union européenne, assorti de recommandations spécifiques pays par pays.
Devenir aussi compétitifs
Interrogé au point presse de la mi-journée, le porte-parole d'Angela Merkel avait visiblement préparé une réponse très élaborée. Reprenant un discours déjà tenu dans le passé par la chancelière, il a d'abord rappelé que « l'Allemagne n'est pas un pays où les salaires et le niveau de la consommation sont déterminées par l'Etat ». Il a ensuite indiqué que le pays dispose d'un Mittelstand, c'est-à-dire d'un tissu de PME, très spécialisé et fortement exportateur, « dont nous sommes fiers ». « La question est plutôt de savoir comment les autres pays peuvent atteindre ce résultat, a précisé Christoph Steegmans, il est plus profitable de réfléchir à une stratégie de croissance plutôt que d'obliger certains à se retenir artificiellement ». En clair, c'est aux autres de devenir aussi compétitifs que l'Allemagne.
L'association des exportateurs allemands s'est montrée plus virulente. « Notre secret, ce n'est pas le prix, a expliqué le porte-parole de la BGA. Nos principaux arguments de vente, ce sont la qualité et l'innovation. Avec le seul argument du prix nous ne pourrions concurrencer des pays à bas coûts comme la Chine. » En réponse aux reproches d'égoïsme adressés à l'Allemagne depuis le début de la crise, André Schwarz répond qu' « on ne prend pas automatiquement quelque chose au voisin, quand on a du succès. Nos principaux concurrents ne sont pas dans l'UE, mais aux Etats-Unis ou au Japon ou encore dans les pays en développement comme l'Inde ou la Chine ».
Les sites Internet de référence ont largement couvert le dossier, qui a décroché leur une. Le Spiegel Online explique que « la compétitivité de pays comme le Portugal ou la Grèce ne cesse de se dégrader depuis l'introduction de l'euro, mais, au lieu de réformer, ils vivent depuis des années à crédit ». Le « Financial Times Deutschland », lui, s'en prend aux donneurs de leçon anglo-saxons, notamment britanniques. « Que devrions-nous acheter au Royaume-Uni ? Les services de courtiers en devises qui attaquent l'euro ? Des financiers de "private equity" qui désossent des entreprises traditionnelles locales ? Des spécialistes de dérivés de crédit qui parient sur le défaut de paiement de la Grèce ? » La guerre des modèles économiques pourrait bien avoir lieu.
Les retraites revalorisées de 0,9 % au 1 er avril
La commission économique de la nation se réunit mardi prochain. Les pensions du régime général du privé subissent le contrecoup de la faible inflation de 2009. Le minimum vieillesse progresse de 4,7 %.
L'évolution des prestations sociales ne sera d'aucun secours cette année pour la croissance, alors que la reprise paraît molle et fragile et que la consommation donne des signes de faiblesse. L'an dernier, elles avaient joué un rôle puissant d'amortisseur de crise, car elles avaient été fortement réévaluées pour tenir compte du pic d'inflation de
2008 (2,8 % en moyenne). Les allocations familiales, en particulier, avaient été augmentées de 3 % au 1 er janvier 2009. Cette fois, c'est l'inverse : l'inflation a été plus faible qu'attendu l'an dernier. Elle a même été quasi nulle (0,1 % en moyenne annuelle). Résultat : les prestations progressent très faiblement cette année. Les allocations familiales n'ont pas été augmentées du tout au 1 er janvier. Et les retraites de base du régime général du privé ne devraient être relevées que de 0,9 % au 1 er avril.
La commission économique de la nation se réunit mardi prochain. Elle devrait confirmer le niveau d'inflation observé en 2009 ainsi que la prévision pour 2010 figurant dans les textes budgétaires (1,2 % de hausse des prix). Comme la revalorisation des pensions de l'an dernier, au 1 er avril, avait été calculée sur la base d'une inflation attendue à 0,4 %, le gouvernement va retrancher 0,3 point de la hausse des prix prévue pour 2010. Cela conduit donc à un relèvement des pensions légèrement inférieur à 1 %. Une hausse de 1 % des pensions du régime général des salariés du privé représente 840 millions d'euros. Cette évolution modérée de la retraite de base se conjugue avec une revalorisation également limitée des retraites complémentaires Arrco-Agirc du privé (« Les Echos » d'hier).
Un coût global de 400 millions
Le gouvernement pourra néanmoins souligner qu'il continue de faire des gestes pour les plus petites retraites. Conformément aux engagements de Nicolas Sarkozy, le minimum vieillesse va augmenter de 4,7 % au 1 er avril, à 708,96 euros par mois contre 677,13 euros auparavant. Un décret paru en 2009 établit la progression de cette prestation, réservée aux personnes de plus de soixante-cinq ans disposant de faibles ressources (soixante ans en cas d'inaptitude au travail), jusqu'à avril 2012 : elle atteindra alors 777,16 euros par mois, ce qui correspondra à une hausse de 25 % sur la législature. La revalorisation est réservée aux personnes seules (les couples au minimum vieillesse ne sont pas concernés), soit environ 400.000 bénéficiaires. Le coût global représente environ 400 millions d'euros sur la législature. Ce qui pèse sur les comptes déjà dans le rouge du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui finance le minimum vieillesse. Le FSV devrait être déficitaire de 4,5 milliards d'euros en 2010, qui s'ajoutent au besoin de financement du régime général, supérieur à 10 milliards.
ETIENNE LEFEBVRE, Les Echos
Un site américain veut mettre à nu les excès des "riches"
La déchéance du financier escroc Bernard Madoff a inspiré les créateurs d'un site internet américain baptisé "L'infâme ploutocrate" ("The Vile Plutocrat") qui ambitionne d'expliquer pourquoi « les riches, ça craint ».
Paul Burton, l'un des créateurs du site, admet volontiers vouloir capitaliser sur la rancœur ressentie par bon nombre d'Am
éricains après la découverte de la gigantesque fraude dont Bernard Madoff s'est rendu coupable et qui pourrait avoir porté sur 50 milliards de dollars.
« L'idée nous est venue au moment du scandale Madoff », a expliqué M. Burton lors de la présentation de son site, www.thevileplutocrat.com, au festival multimédia "South By South West" qui se tient en ce moment à Austin au Texas (sud des
États-Unis).
« En gros, nous cherchons tout type d'information qui tourne autour de ces gens qui font partie de la frange supérieure de la société et dont l'activité principale est de dilapider l'argent de la classe moyenne », souligne Paul Burton.
Dimanche, on pouvait y lire pourquoi et comment un élu américain du Congrès s'était fait sermonner pour avoir accepté des « cadeaux » sous forme de voyages, ou encore un article sur le rôle qu'ont pu jouer les banques américaines dans la crise financière qui touche la Grèce.
Bernard Madoff purge désormais une peine de 150 ans de prison pour avoir fait miroiter des rendements juteux à des investisseurs, alors qu'il se servait des sommes investies pour payer les dividendes promis.
Selon M. Burton, la chute de la maison Madoff a mis en lumière un « tsunami » de fraudes du même acabit. Mais il s'est senti dupé lorsque les articles contant l'ampleur de ces fraudes ont commencé à progressivement quitter la "une" des journaux pour, au final, ne faire plus que l'objet de brèves dans les pages intérieures.
« L'infâme ploutocrate est un site d'informations. Rien n'est inventé, tout est vrai », insiste Paul Burton. « Pour nous, les riches, ça craint », rappelle-t-il en conclusion.
Pourquoi n'avez-vous pas voté aux régionales?
Plus d'un électeur sur deux a boudé les urnes dimanche pour le premier tour des élections régionales. Un record pour ce type de scrutin. Et vous, avez-vous voté?
Moins d'un électeur sur deux s'est rendu aux urnes dimanche pour le premier tour des élections régionales. Avec 53,65% contre 39% en 2004, l'abstention est le grand vainqueur du scrutin. Pourquoi ce faible niveau de participation ?
Vote sanction?
S'agit-il d'une abstention-sanction contre Sarkozy, comme aux dernières municipales ? C'est en tout cas l'interprétation du bloc de gauche, qui a remporté 53,46% des voix. Jean-Luc Mélenchon (PG), le leader du Front de Gauche a même vu dans l'abstention forte une "insurrection civique". De fait, en Alsace, l'une des deux régions que la droite avait gardées aux régionales de 2004, l'abstention atteint 57,5%...
Mais pour François Fillon, pas question de "tirer un enseignement national du scrutin", justement en raison de la faible mobilisation. Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, réfute lui aussi la thèse d'une abstention-sanction : "Quand on veut protester, on vote contre, on ne reste pas chez soi", a-t-il dit sur France Info. Il préfère mettre l'abstention massive sur le compte des exécutifs sortants "qui n'ont pas su passionner pour les questions régionales". Même son de cloche de la part de Brice Hortefeux: selon le ministre de l'Intérieur, la forte abstention "prouve en outre que la majorité de nos concitoyens n'a pas été convaincue par l'action des conseils régionaux".
Et si la vraie raison était tout simplement une indifférence envers les régions et les enjeux des élections. Bruno Jeanbart, de Opinionway, avait évoqué le "sentiment d'une certaine inutilité du vote". "Le président de région est moins perçu comme un politique que comme un administratif", avait-il dit, ajoutant que peu de personnes connaissent les compétences des régions. "C'est l'absence d'enjeu fort et clair dans cette élection qui a pour conséquence de tirer le débat vers le bas et de le ramener à des questions de personnes", expliquait début mars Brice Teinturier (Sofres).
Défiance vis à vis du pouvoir politique?
Dans tous les cas, l'abstention "traduit une défiance profonde à l'égard du pouvoir politique, quelle que soit sa couleur (...). Ce fut une élection de rejet, pas de projet", selon Jean-Francis Pécresse des Echos. Philippe Palat, de Midi Libre, y voit lui aussi un symptôme de "la lancinante décrédibilisation de la classe politique qui, manoeuvrière et individualiste, n'en finit plus de décevoir".
Axa prévoit de recruter 2 300 personnes en France en 2010
L'assureur Axa prévoit de recruter 2 300 personnes en France en 2010, dont environ 1 700 pour occuper des fonctions commerciales, indique-t-il dans un communiqué publié lundi. Ce chiffre n'inclut pas les contrats à durée déterminée et les stagiaires.
Sur ces 2 300 recrutements, 700 seront des conseillers clientèles en contrat à durée indéterminée et 300 des conseillers commerciaux en contrat d'alternance. 730 personnes prendront des fonctions d'agents généraux, agents mandataires et agents prévoyance et patrimoine.
Axa affirme avoir recruté plus de 2 000 personnes en 2009.
Annonces contradictoires en attendant un accord à gauche
La confusion régnait à gauche, lundi soir 15 mars, autour de la conclusion d'un accord électoral pour le second tour des élections régionales, dimanche. Dans la soirée, le Parti socialiste a annoncé par la voix de Claude Bartolone être parvenu à un accord d'alliance avec Europe Ecologie au plan national. Une annonce rapidement qualifiée d'"un peu prématurée" par le numéro deux des Verts, Jean-Vincent Placé, qui a assuré qu'il n'y avait "à l'heure actuelle, pas d'accord national" entre le PS et Europe Ecologie. Pour M. Placé les discussions continuent dans plusieurs régions, notamment en Ile-de-France.
"Il y a une volonté commune d'un accord ensemble dans toutes les régions" avec le principe de la proportionnelle acté et des avancées sur la gouvernance, a-t-il tempéré, assurant parler en accord avec Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts et tête de liste Europe Ecologie en Ile-de-France.
Quelques minutes plus tôt, pourtant, dans le hall de l'hôtel parisien où se déroulent les négociations, M. Bartolone, entouré de Pascal Durand (Europe Ecologie) et du Vert Jean-Marc Brûlé, avait annoncé un accord national. Le député socialiste n'a pas donné de détails sur l'issue des négociations, la constitution des listes ou les postes discutés.
Parmi les points d'achoppement, le plus sérieux se situe en Bretagne, où les deux listes ont d'ores et déjà annoncé la tenue d'une triangulaire. Après l'échec des négociations, Guy Hascoët, le chef de file des écologistes bretons, a tenu à préciser que la fédération bretonne d'Europe Ecologie avait "libéré les autres fédérations" régionales "de leur obligation de solidarité à notre égard, pour ne pas nuire à la dynamique nationale". (Lire l'article Europe Ecologie et le PS annoncent une triangulaire)
"GRANDES MANŒUVRES ET PETITES COMBINES ENTRE AMIS"
De son côté, la droite, largement devancée dimanche, continue d'y croire, ou au moins de faire semblant. François Fillon, en déplacement à Sèvres pour apporter son soutien à la chef de file UMP en Ile-de-France, Valérie Pécresse, s'est dit "convaincu qu'une nouvelle page de cette élection allait s'ouvrir avec le second tour de l'élection régionale", assurant que tous dans son camp étaient "mobilisés" pour se "battre".
Dans la soirée, le premier ministre a estimé que son camp n'avait "rien à perdre mais tout à conquérir", soulignant la position d'"outsiders" des responsables de la majorité face à des régions en grande majorité tenues par des socialistes. L'état-major de l'UMP inisiste notamment sur les régions Ile-de-France et Pays de la Loire, considérées comme gagnables. Les leaders de l'UMP dénoncent aussi, à l'image de la tête de liste en Pays de la Loire, Christophe Béchu, les "grandes manœuvres et petites combines entre amis" en cours entre le PS, Europe Ecologie et le Front de gauche.











