TOUT EST DIT

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lundi 12 mai 2014

Alstom : le mythe Roosevelt


L’offre de l’américain General Electrics sur l’industriel français Alstom relance le débat chez les politiques et les intellectuels : il faut ab-so-lu-ment une politique industrielle en France et des grands travaux pour sortir de la crise économique. Les yeux mouillés d’émotion, on se retourne alors vers l’Âge d’Or : l’Amérique de Roosevelt. Il y a pourtant du neuf du côté des historiens pour remettre en cause ce récit.
La caste bavarde remet régulièrement en route la musique de Super Roosevelt chassant le méchant Hoover et sauvant les USA de la Grande Dépression des années 30 avec son New Deal, le tout sous les auspices du divin Keynes. Au premier abord, on peut difficilement le lui reprocher : cet air est joué dans les classes de terminale depuis trois générations. Mais ce disque est bien rayé. Aucun historien sérieux n’ose plus soutenir cette thèse, et même la version française de Wikipedia se refuse à ce conte pour enfants (c’est dire !).
Quand Roosevelt est élu en 1932. le programme des démocrates était dans la plus pure tradition de ce parti : dénoncer le gouvernement central, les déficits, les atteintes à la liberté des entrepreneurs et du commerce. Ainsi, Roosevelt n’eut de cesse pendant sa campagne de reprocher la fièvre dépensière de son adversaire, le président sortant Herbert Hoover.
La tâche était aisée. Hoover avait déjà été élu sur un programme interventionniste en 1929. Il avait augmenté les impôts et creusé le déficit budgétaire comme personne avant lui en temps de paix. Le budget fédéral doubla sous sa présidence, et il mena une politique de grands travaux, financée par la planche à billets. Le barrage Hoover sur le Colorado témoigne de ce keynésianisme avant l’heure. Il est piquant de noter que Roosevelt attaqua l’interventionnisme économique de son adversaire pendant la campagne présidentielle en l’accusant d’avoir « ajouté bureau sur bureau, commission sur commission, sur le dos du contribuable ».

Hoover avait trouvé la recette idéale pour fabriquer du chômage. En accord avec le patronat fin 1929, il assura le maintien du niveau des salaires, au moment même hélas où la quantité de monnaie en circulation diminuait et que les prix chutaient. Les entreprises se retrouvèrent donc étranglées entre
des recettes qui baissaient et des salaires réels qui augmentaient. Elles se mirent alors vers 1931 à réduire les salaires, puis à licencier, mais trop tard pour empêcher les faillites. En plus de restrictions sur l’immigration l’anti-libéralisme de Hoover se retrouve dans le célèbre et sinistre Smoot-Hawley Tariff Act de 1930. A sa demande le Congrès vota d’importantes mesures protectionnistes en faveur des producteurs agricoles, et des lobbys industriels en profitèrent pour obtenir des faveurs similaires. 3300 produits furent concernés par des hausses considérables de droits de douane, doublées souvent de barrières non tarifaires assez vicieuses. Outre les mesures de rétorsion dans le monde entier, son pire effet fut d’étrangler financièrement les pays débiteurs des USA. En effet, en tant que principal créancier des pays européens, les USA devaient acheter à ces pays un maximum de biens et services, ce qui leur fournissait les devises nécessaires au remboursement de leurs dettes.
On peut donc faire un sort à un mythe populaire : Hoover n’était pas le président inactif inspiré par le laissez-faire. Au contraire, son administration est bien intervenue pour endiguer la crise mais cet activisme a vraisemblablement aggravé les effets de la Grande Dépression, en particulier son refus d’accepter que les capitaux et les salaires retrouvent un niveau de marché.
Il serait bien plus difficile de retirer de nos têtes le préjugé selon lequel le New Deal a sauvé le capitalisme américain et a mis fin à la Grande Dépression. Le fait est que dans de nombreuses régions du monde, la dépression s’est achevée beaucoup plus tôt et beaucoup plus rapidement qu’aux USA. En Grande-Bretagne, la Grande Dépression était terminée en 1933 et le pays a même connu une forte croissance a partir de 1931. Aux Etats-Unis, à l’inverse, non seulement la Grande Dépression a duré plus d’une décennie mais elle a même empiré : en 1938 le taux de chômage était aussi élevé qu’en 1932.
Dès 1933, Roosevelt s’engage dans la voie de la cartellisation de l’économie, contre l’avis de Keynes consulté pour l’occasion. Son inspiration se trouve dans l’Italie de Mussolini1, où depuis 1925 banques, industries, agriculture et commerce sont forcés de s’entendre dans leurs organisations nationales pour durcir les conditions de la production et la limiter2, afin d’augmenter les prix et les salaires. La législation anti-trust fut suspendue, des codes professionnels (546!) minutieusement rédigés, avec une administration tatillonne chargée de les faire appliquer. Les syndicats furent priés de constituer des monopoles par firme, avec obligation pour les salariés d’y adhérer. Les employeurs du textile firent face à la hausse des coûts salariaux en intensifiant la mécanisation, avec pour principales victimes les Noirs, déjà durement éprouvés par la politique de Hoover et faiblement syndicalisés. Comme c’est toujours le cas aujourd’hui, la grande industrie s’accommoda fort bien du carcan des codes, au contraire des petites entreprises. Ce furent finalement les propriétaires d’une boucherie casher de Brooklyn qui eurent raison de la cartellisation devant la Cour Suprême en 1935. Syndicalistes et partisans plus radicaux de la planification s’étaient finalement joints à la détestation de ces lois absurdes qui, d’après Keynes encore, avait retardé la reprise et aggravé le chômage. Tordons le cou en passant au keynésianisme de Roosevelt : les années de New Deal ne connurent que des déficits modérés, sous la pression constante de Morgenthau et dans la pure tradition démocrate. Roosevelt refusa constamment de mettre en oeuvre la politique budgétaire que réclamaient Keynes et ses ardents disciples à Washington.
Reste donc la guerre, la belle Seconde guerre mondiale, qui aurait soi-disant permis d’en finir avec la dépression et aurait apporté le salut à l’économie. Mais par définition, le résultat de la production militaire n’est pas une vraie richesse: les guerres détruisent les biens au lieu d’en produire. Si on regarde de près les chiffres de l’économie américaine et que l’on met de côté les effets de la guerre3, on conclut que la Grande Dépression ne s’est pas achevée avant 1947 ou 1948. La guerre et ses déficits n’ont fait que cacher le faible niveau de création de richesse de l’activité économique américaine. La guerre fit au moins abandonner à Roosevelt la rhétorique anti-patrons qu’il cultivait depuis son élection. Sur ce point, les planificateurs n’ont rien appris de celui qu’il admirent tant.
*Photo : wiki commons.
  1.  Comme le prouve définitivement Wolfgang Schivelbusch dans Three New Deals : Reflections on Roosevelt’s America, Mussolini’s Italy and Hitler’s Germany, 1933-1939, Metropolitan Books, 2006. 
  2. Ce qui est en soi incompatible avec la croissance. 
  3. Comme le montre Robert Higgs dans Depression, War and Cold War, The Independent Institute, 2006. 

8 maudit et adulé

8 maudit et adulé


     L’histoire est à peine croyable. En Allemagne, une marque a retiré de la vente ses paquets de lessive. Ils arboraient un « 88» signifiant que le produit pouvait effectuer 88 lavages. Les protestations furent nombreuses. Car si l’entreprise n’avait mis aucune malice dans son emballage, certains y ont vu une allusion à Hitler, le H étant la huitième lettre de l’alphabet. Donc 88 signifiait « Heil Hitler », emblème d’ailleurs utilisé chez les néo-nazis. Que l’on ne doive jamais oublier les horreurs du passé, qu’il faille lutter contre les résurgences du nazisme est une évidence. Encore que l’absurdité elle aussi peut être pavée de bonnes intentions. Et que les symboles sont à manier avec précaution. En Chine le 8 est gage de prospérité. Là-bas, la lessive aurait fait un tabac.

Europe et fracture sociale

Europe et fracture sociale


Les scrutins où il est question de l'Europe sont des révélateurs de la fracture sociale en France, indépendamment des préférences partisanes des électeurs. C'est une des leçons qui se dégage depuis le référendum sur le traité de Maastricht (1992), où le « oui » ne fut victorieux que d'une très courte tête.
Grosso modo, la conclusion à tirer de ces deux décennies de scrutins (et des enquêtes qui les ont suivis) est la suivante : plus on occupe une position élevée dans l'échelle sociale, plus on est pro-européen, voire carrément euro-enthousiaste. À l'inverse, l'appartenance aux classes populaires (ouvriers et employés essentiellement) est très majoritairement synonyme d'euroscepticisme, voire d'euro-hostilité avérée.
Au milieu, il y a les classes moyennes chez lesquelles, comme le sentiment de déclassement, l'euroscepticisme n'a cessé de progresser en vingt ans. Une eurodéfiance dont la traduction électorale peut fort bien être… l'abstention.
D'où cette impression récurrente lors de chaque « eurocampagne » électorale : la France « d'en haut », forcément « éclairée », s'évertue, avec des accents de plus en plus excédés et comminatoires, à montrer le lumineux chemin de la grande et belle Europe « qui nous sauvera » à une France « d'en bas » de plus en plus dubitative, rétive, voire hostile, et qui en tout cas croit de moins en moins à l'Europe « protectrice » qu'on lui faisait miroiter il y a vingt ou trente ans.

Giscard d'Estaing décrit une France "décadente"


Dans un entretien confession au Point,Valéry Giscard d'Estaing, président de 1974 à 1981, évoque ses années passées à l’Élysée et livre une critique sévère de la France actuelle, un pays qui " travaille moins" et montre des "symptômes d'affaiblissement" et des "signaux de décadence".
Il y a quarante ans, il présidait aux destinées de la France. Dans un entretien au Point, en kiosque depuis jeudi, Valéry Giscard d'Estaing, âgé de 88 ans, revient sur son septennat mais livre surtout sa vision de la France d'aujourd'hui. Un pays qui, selon lui, montre de nombreux signaux de "décadence.

Sur la France d'aujourd'hui

L'ex-président de la République dresse un bilan sévère du pays qu'il a dirigé de 1974 à 1981 : "La France travaille moins, elle n'aime plus travailler." "Tout ce qui ce qui faisait notre force, tel notre système éducatif, est en panne, il ne permet plus la réussite au mérite", poursuit-il. Il déplore également la pauvreté des programmes télévisuels. "Écoutez certains médias, par exemple. Ils ne parlent que de vacances, de la route des vacances, de la météo, du week-end. Après cela, le soir, à la radio, il n'est plus question que de matches de football. (…) Il n'y a plus d'émissions littéraires, encore brillantes il y a quelques années: elles risqueraient de fatiguer nos neurones! Autant de symptômes d'affaiblissement", insiste-t-il encore.

Sur l'avenir

Sa critique est sévère mais l'ancien chef d’État reste optimiste sur l'avenir de son pays. Selon lui, la France n'est pas "perdue", car "la jeunesse la sauvera!". "Ce culte des vacances perpétuelles, c'est l'œuvre d'une génération qui va s'en aller et disparaître." Pour lui, la jeunesse est "différente", elle "veut travailler". "Les jeunes voyagent, ils comparent avec ailleurs : ils n'acceptent plus la médiocrité, la politique des bras croisés".
VGE insiste aussi sur les atouts de l'Hexagone, sa "géographie", son patrimoine " le plus riche du monde, avec celui de l'Italie", son "époustouflant passé industriel". "Aujourd'hui, il nous reste encore, heureusement, l'Airbus franco-allemand et la fusée Ariane", analyse-t-il aussi. Le responsable se montre toutefois très préoccupé par la disparition des petites et moyennes entreprises. "Ce n'est pas un phénomène naturel : taxer les transmissions d'entreprise à des taux prohibitifs est suicidaire! On ne peut pas construire de grands groupes internationaux en une génération." plaide-t-il encore.

Sur son septennat

Pendant ses sept ans passés à l'Elysée, Valéry Giscard d'Estaing a légalisé l'avortement, abaissé la majorité à 18 ans ou instauré le divorce par consentement mutuel. Pour ce qui est de la peine de mort -que François Mitterrand, qui l'a battu en 1981, a aboli dès le début de sa présidence- l'ex-chef de l'Etat se dit  "pas convaincu qu'il fallait la supprimer." "J'ai toujours été du côté des victimes, et je suis révolté de voir qu'elles sont oubliées dans tant d'affaires judiciaire. (…) Au fil du temps, la peine de mort ne s'appliquait plus qu'aux cas les plus abominables et je croyais en son caractère dissuasif", explique-t-il.

Sur la politique actuelle

Selon le Sage, le problème de la France, "c'est qu'elle conserve le modèle qu'elle a adopté à la Libération". Par exemple "le pacte de responsabilité mis au point par le gouvernement actuel contient toujours cette idée que l'Etat peut et doit contrôler la création d'emplois! C'est une hérésie!". L'ex-président fustige aussi l'importance des dépenses publiques et un Parlement français qui "ne prend pas ses responsabilités" en matière de réduction de ce poste. Et de regretter qu'en 'France, l'idée que la dépense publique crée la croissance reste une idée fausse que personne n'ose vraiment remettre en question".

Sur l'Europe

Européen convaincu, VGE regrette le manque de "leadership" en France pour "relancer l'Europe". "Les Allemands ont Angela Merkel, nous n'avons personne". Le responsable prédit qu'aux élections européennes, "les Français vont se défouler : contre le fonctionnement de l'Europe et sur les questions de politique intérieure". Mais là aussi il reste optimiste. Selon lui, "Les Français sont très attachés à l'Europe (...) Les souverainistes en beau s'époumoner, les Français ne souhaitent pas moins d'Europe, mais une Europe plus forte, plus proche et plus efficace."

Suppression des départements : les Français approuvent la réforme

Les Français approuvent, selon un sondage Ifop/JDD, les projets de François Hollande et Manuel Valls de supprimer les départements et fusionner les régions. Une fois n’est pas coutume, cette réforme difficile reçoit l’approbation de la gauche et de la droite. 
Voilà une réforme qui ne devrait pas faire descendre les Français dans la rue. François Hollande et Manuel Vallspeuvent enterrer les conseils généraux. Selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 55% des Français approuvent ce choix. Le pôle d’opposition n’est pas négligeable puisqu’ils sont 44% à dire non. Cette réforme a une petite chance d’échapper à la polémique politique puisqu’elle est soutenue par 61% des sympathisants socialistes et 52% des UMP. Outre le faible clivage politique, la réforme est aussi acceptée par les habitants des communes rurales (54%) et bien sûr massivement par ceux de la région parisienne (63%).

Cet inconnu du conseil général 

Il faut dire que le président du conseil général n’est pas une fonction bien identifiée par les Français. 61% des personnes interrogées par l’Ifop ne connaissent pas le nom du patron de leur département. Preuve qu’il ne s’agit pas d’une fonction de proximité comme le maire. Cette proportion de 61% est même en hausse par rapport à l’enquête précédente en 2008. Plus surprenant, les Français connaissent en revanche les compétences du conseil général. Sans doute le résultat de trente années d’application des lois sur la décentralisation initiées par Gaston Deferre au début du premier septennat de François Mitterrand.

Des manœuvres politiciennes qui discréditent l’Europe

Des manœuvres politiciennes qui discréditent l’Europe


C’est au mieux une bourde, au pire une provocation. Qu’à quinze jours des élections européennes, Angela Merkel et François Hollande aient évoqué, entre deux harengs de la Baltique, la nomination du futur président de la Commission européenne, montre le peu de cas qu’ils font du scrutin.
Certes, le nouveau traité de l’Union n’est pas limpide (le Conseil est prié de « tenir compte » du résultat des élections) et les Etats sont dans leur rôle en défendant leurs prérogatives face au Parlement. Mais en s’aventurant sur ce terrain, Angela Merkel et François Hollande ont d’abord en tête des calculs politiciens. La chancelière refuse de souscrire par avance au choix des électeurs car elle ne souhaite pas être contrainte d’adouber le social-démocrate Martin Schulz à Bruxelles, si jamais les socialistes européens viraient en tête au soir du 25 mai. Le président de la République, par contraste, affiche sa volonté de laisser choisir les électeurs, non pas par respect du Parlement européen, mais parce qu’il entend empêcher Berlin d’introduire dans le jeu la patronne du FMI Christine Lagarde.
Ces calculs à courte vue sont doublement dommageables. D’une part, ils apportent encore de l’eau au moulin des populistes qui tiennent les institutions bruxelloises pour des monstres bureaucratiques sans légitimité. D’autre part, en étalant leurs divergences sur le sujet, Paris et Berlin montrent la stérilité du couple franco-allemand aujourd’hui. Merkel et Hollande, lors de leur conciliable du week-end, n’ont une fois de plus engendré aucun projet mobilisateur à soumettre aux électeurs le 25 mai. Dans ces conditions, qu’ils les laissent au moins choisir le président de la Commission.Luc de Barochez

dimanche 11 mai 2014

Grèce: mobilisation contre une loi de "bétonnage" des plages


Un projet de loi du ministère des Finances grec visant à "simplifier l'usage des zones littorales à des fins économiques" suscite une levée de bouclier des associations de défense de l'environnement qui dénoncent une proposition "criminelle" pour les côtes du pays."Nous ferons pression jusqu'à ce que les députés comprennent que ce projet de loi ne peut et ne doit pas atteindre le Parlement", affirme l'organisation WWF qui a pris la tête de la fronde avec plusieurs associations de protection de l'environnement.
Le texte du ministère des Finances, rendu public mi-avril, constate, dans son introduction, "l'immense importance économique de la zone côtière" en Grèce et se propose de "libérer cet énorme potentiel de croissance" en "simplifiant" les procédures "inefficaces et bureaucratiques" permettant notamment de délivrer des concessions d'exploitation.
Le projet lève ainsi toute limitation maximum à la taille des plages privées, bars ou restaurants de plage et lève l'obligation de laisser un accès public au rivage sur les concessions privées. 
Le ministère se propose aussi de légaliser, moyennant le paiement d'une amende, les constructions illégales déjà nombreuses sur les kilomètres de rivage du continent et des îles grecques.
"Nous essayons de convaincre le députés que cette loi détruit le potentiel touristique de la Grèce, au lieu de le promouvoir (...). Les étrangers qui viennent en Grèce ne veulent pas voir des plages détruites et du béton partout mais notre vraie richesse naturelle", écrit le WWF dans un communiqué.
Parmi les actions menées, l'organisation a écrit à tous les parlementaires, lancé deux pétitions sur internet et invité les Grecs à inonder de commentaires le site opengov.fr où le projet est en consultation publique jusqu'au 13 mai.
La Grèce, qui fait le pari de sortir en 2014 d'une récession de six années, fait porter tous ses espoirs de croissance sur une saison touristique réussie après une année 2013 déjà record.
Le Premier ministre Antonis Samaras a récemment déclaré que la Grèce "allait battre un nouveau record en accueillant plus de 20 millions de touristes" après avoir frôlé la barre des 18 millions l'année dernière.
Parallèlement, un second projet de loi du ministère de l'Environnement vise à rendre plus flexibles les plans d'occupation des sols pour encourager les constructions.

La chasse au populisme


La chasse au populisme
"Populisme": le mot a envahi tous les discours, commentaires, émissions de télévision, articles et interviews de presse à la veille de l’élection du Parlement européen. Il recouvre un amalgame de tendances les plus hétéroclites: partis d’extrême droite, mouvements souverainistes ou gaullistes en France, gauche républicaine ou ex communiste, Conservateurs, etc… Jacques Barrot,   ancien commissaire européen, taxe Laurent Wauquiez de "populisme" pour avoir prôné une transformation de l’Europe. En vérité, ce mot, méprisant pour les peuples, semble destiné à interdire tout débat de fond et à imposer le statu quo. Englobant sous une même appellation des courants venus de l’antisémitisme et les politiques ou intellectuels qui réclament un changement profond de l’Europe, son objectif est de diaboliser toute divergence par rapport à la ligne officielle de Bruxelles. Il ne fait guère de doute aujourd’hui, qu’un Philippe Séguin de 1992 (débat sur Maastricht) serait accusé de "populisme" comme la liste "Pasqua-Villiers" de 1999 ou Chevènement en 2002. La classe politico-médiatique se sert de ce terme comme d’un couperet destiné à imposer la ligne du conservatisme bruxellois. Plus l’image de l’Union européenne s’effrite et plus la nomenklatura dirigeante se crispe et se replie sur ses certitudes. Le débat d’idées et le pluralisme sont les victimes d’une Europe officielle qui s’enferme dans le dogme.   Ses apparatchiks se préparent à recevoir une gigantesque gifle populaire à travers un taux d’abstention historique. Peu importe, droit dans leurs bottes, la conscience tranquille, ils n’y verront qu’une manifestation de "populisme". Bâtir l’unité nécessaire de l’Europe dans le dégoût de ses peuples? Qui peut le croire un instant? 

Du danger des idées reçues

Du danger des idées reçues


Dans un pays sans croissance comme l’est, malheureusement, le nôtre, nos dirigeants seraient bien avisés d’éviter de dilapider notre énergie. Comme le sang qui irrigue l’être humain, celle-ci est le moteur de notre économie. Et là encore plus qu’ailleurs, le pragmatisme est impératif, tant les innovations techniques et les découvertes peuvent bouleverser les conditions de production et de consommation en quelques années. Le spectaculaire renouveau énergétique des Etats-Unis, qui se nourrit de l’exploitation des gaz et du pétrole de schiste, le prouve. A l’inverse, l’exemple allemand, une fois n’est pas coutume, nous montre ce qu’il ne faut pas faire : engagé au début du siècle, confirmé par Angela Merkel après Fukushima, le tournant énergétique destiné à sortir du nucléaire est un fiasco qui coûte la somme faramineuse de 23 milliards d’euros chaque année aux entreprises et aux consommateurs allemands ! Voilà où conduit une politique fondée sur l’idéologie d’une mythique « énergie douce » et sur le dogme antinucléaire. Le chef du Parti social-démocrate et ministre de l’Energie, Sigmar Gabriel, le reconnaît : le plan est « proche de l’échec. » Subventionner à grands frais le photovoltaïque et l’éolien ne suffit pas à empêcher un recours accru au charbon, grand émetteur de gaz carbonique, pour compenser la fermeture des centrales atomiques. Résultat, l’Allemagne est aujourd’hui le plus gros pollueur d’Europe, avec des émissions de CO2 qui ont encore augmenté de 2 % en 2013, là où la France fait plutôt figure d’élève modèle grâce à son nucléaire. Heureusement, les Verts ont quitté la majorité. Puisse la ministre Ségolène Royal ne pas faire leur politique à leur place.

Pauvre Monsieur Delors !

Pauvre Monsieur Delors !


Quelles cohérences trouver aux arguties de ces populistes de tout poil, opposants acharnés à l'Europe et néanmoins candidats à venir s'asseoir sur les bancs coussinés d'un Parlement européen dont ils réfutent jusqu'à l'existence ? Aucune ! Aucune qui soit sincère et transparente sinon celle de confortables émoluments, grâce auxquels pendant leurs indécentes absences ils iront par les chemins militer contre la trop généreuse institution. Et dire que la moitié des Français jugent que l'appartenance à l'Union européenne n'est pas une bonne chose pour notre pays ! Près de la moitié des électeurs qui prêtent une foi aveugle aux mauvais arguments des souverainistes et ultranationalistes vociférants ! Près de la moitié d'entre nous pas gênés de se ranger derrière les théories du Front national et celles du Front de gauche !
De quoi tomber sur son séant le jour même où l'on célèbre la naissance de l'Europe ! Notre bon sens est-il donc en apnée que nous soyons sur le point, d'un bulletin vengeur ou d'une abstention coupable, d'apporter de l'eau brune au moulin des extrêmes droites européennes ? L'Union ne va pas bien mais elle est le seul moyen de ne pas effacer 70 ans de paix quand les bruits de bottes résonnent à nouveau en Europe centrale.
Et même les pro-européens qui règlent leurs problèmes internes sur le dos de Bruxelles jouent contre l'Europe au lieu de proposer de la réformer, de la mettre au service des citoyens de tous les pays en affirmant qu'elle est capitale pour notre avenir. Le temps n'est plus à l'autarcie du village gaulois comme feignent de le croire ceux qui confondent Europe et zone euro. Hélas, dans ce croupion de campagne électorale, les seuls débats sont critiques. À vrai dire, ces européennes ressemblent à des élections locales et ceux qui portent les listes dans cette campagne sans hauteur sont là pour punir Hollande ou pour solder des questions de politique interne.
Et le lendemain des élections, on reparlera de la claque au PS, de la poussée du FN arrivé en tête, des divisions à droite, comme si nous venions d'assister au troisième tour des municipales. Ce degré zéro de la politique en devient insupportable et dramatique. Pauvre Monsieur Delors ! 
de 

DANIEL RUIZ


vendredi 9 mai 2014

Dans le même bateau

Dans le même bateau


Sûr que l'image va prendre valeur de symbole en ce 9 mai, Journée de l'Europe : la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande embarqueront pour une croisière de trois heures sur la Baltique. La France et l'Allemagne dans le même bateau, cela semble plus qu'une nécessité en ces temps de vents contraires pour l'idéal européen et de montée des nationalismes. Ainsi, la visite très conviviale de François Hollande – aujourd'hui et demain – dans le fief électoral de la chancelière, au nord-est de l'Allemagne, s'inscrit-il dans une énième tentative de relance du très hoquetant moteur franco-allemand.
Le souci d'accueil aimable manifesté par la chancelière ne doit pas faire illusion. Son savoir-vivre protocolaire ne la prive pas pour autant de mémoire. Le temps n'est pas si éloigné où Paris dénonçait son « intransigeance égoïste » et où Arnaud Montebourg vilipendait sa « politique à la Bismarck ». Le PS en appelait même à la « confrontation » avec l'Allemagne. Alors, les conditions sont-elles réunies aujourd'hui pour une entente qui ne soit pas que de façade ? Rien n'est moins sûr.
Certes, depuis sa réélection il y a huit mois, Angela Merkel a consenti quelques avancées, notamment sur le salaire minimum, mais elle reste inflexible sur la maîtrise des dépenses publiques et doute encore des efforts de la France. Mine de rien, le centre de gravité de l'Union européenne s'est déplacé vers Berlin. Même si l'Allemagne prétend vouloir consolider l'Europe sans chercher à la dominer, elle s'accommode très bien de l'euro fort que la France dénonce, et soutient la souveraineté de la BCE aux dépens de la réorientation vers l'emploi et la croissance.
Au-delà d'un discours commun pour combattre l'euroscepticisme, ou pour raisonner Poutine sur l'Ukraine, trop de divergences politiques demeurent, comme cette manière de gérer le « dossier Alstom-Siemens ». La question ne sera qu'effleurée malgré la volonté tardive de la France de créer un « Airbus de l'énergie et du transport ». Dans une Europe sans tête, qui le paye actuellement par son inconsistance diplomatique, il serait temps que Paris et Berlin rament enfin dans le même sens.

8 mai : ces autres dates de l’histoire française qui n’ont pas de jour férié mais qui auraient pu le mériter


Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie capitule. Depuis, c'est une date que nous célébrons d'année en année. Pourtant, tant d'autres jours ont marqué l'histoire de France sans pour autant bénéficier d'un tel traitement. Petit inventaire, non exhaustif, de quelques unes des dates essentielles de notre Histoire.

10 avril 1302 : Les premiers Etats généraux, convoqués par Philippe le Bel

Dimitri Casali : Il existe, à mon sens, deux lectures concernant cette date. D'abord, ne serait-ce que pour la portée de l'événement en lui-même. C'est la première fois de l'histoire de France qu'un souverain, Philippe IV le Bel, fait convoquer les Etats généraux, soit les nobles, le clergé et la bourgeoise des villes, et c'est la première fois qu'un roi décide de prendre des décisions en tenant compte de l'avis et de l'opinion publique. C'est, somme toute, un embryon de centralisation à la française qui finira par évoluer en cet Etat que nous connaissons aujourd'hui, en cela que Philippe le Bel cherche à s'éloigner de l'emprise des nobles qui l'empêchent de gouverner.
C'est également, au demeurant, un bon moyen pour le roi de s'opposer à la papauté, dont la présence était particulièrement oppressante. C'est en misant sur le peuple et notamment les bourgeois des villes, que Philippe le Bel a pu amorcer cet affranchissement de la religion.
Je crois que pour comprendre la France, il ne faut pas oublier les 2000 ans d'histoire qu'elle a derrière elle. Nécessairement, cela implique un double héritage – bien plus riche que celui des Etats-Unis, qui n'accusent "que" 200 ans d'histoire, par exemple – partagé entre ce côté républicain et révolutionnaire, mais également cet aspect royaliste et chrétien. Pour bien comprendre la France, il faut sans cesse revenir à ses racines les plus profondes, et c'est un événement qui est profondément inscrit dans nos racines. Ce sont des rois de qualités, comme Philippe IV le Bel, qui ont créé de toute pièce, véritablement, l'union de la France. C'est capital, notamment quand on voit ce qui peut se passer aux Balkans.

6 septembre 1539 : Enregistrement au Parlement de Paris de l'ordonnance de Villers-Cotterêts

Le français devient la langue officielle du Royaume, à partir de l'ordonnance de Villers-Cotterêts, d'une façon impérative. Les termes sont extrêmement clairs : déroger à cet édit de François Ier c'est s'exposer à des sanctions violentes. C'est une lecture intéressante : de tout temps les Français ont eu besoin d'autoritarisme pour avancer et mettre en place des réformes drastiques et profondes. Cette ordonnance impose aux curés et aux prêtres d'oublier le latin, utilisé jusqu'à lors, pour enregistrer les baptêmes et les décès. C'est donc à la fois un acte religieux et un acte politique. Religieux, car François Ier – au même titre que son lointain prédécesseur Philippe IV le Bel – a cette volonté absolue de se détacher de l'emprise de la papauté. Ce qu'il réussit bien dès 1515 avec le concordat de Boulogne qui lui permet de nommer lui-même les évêques de France. En imposant le français comme langue officiel, François Ier s'affranchit plus encore de l'influence du pape et unifie la mosaïque de cultures et de coutumes. 350 dialectes et patois, au nord la langue d'Oïl, au sud la langue d'Oc… C'est une volonté d'unifier un immense territoire, puisque la France est encore aujourd'hui le plus grand Etat d'Europe occidentale, en termes de superficie.

13 avril 1598 : Promulgation de l'Edit de Nantes

C'est un jour à marquer d'une pierre blanche, d'abord pour rendre grâce à ce roi hors norme qu'était Henri IV. C'est le premier roi laïc, et la laïcité à la française date, selon moi, de ce monarque. Voila un prince protestant qui n'hésite pas à renier sa religion pour imposer une paix de compromis nécessaire au bien du Royaume. Pendant 40 années, la France a connu de terribles massacres, de véritables guerres civiles qui ont fait des centaines de milliers de morts. C'est grâce à ce geste symbolique et le courage politique d'Henri IV que la France a pu réaliser une avancée considérable vers le progrès, et mettre à terme à ces guerres. Bien qu'il ait fallu, une fois de plus, imposer de force cette paix religieuse au peuple de France.

10 mars 1661 : Coup d'Etat personnel de Louis XIV

Ce coup d'Etat personnel prend place le lendemain de la mort de Mazarin. Louis XIV arrive en conseil des ministres et exprime sa volonté : désormais ceux-ci n'auront affaire à personne d'autre qu'à lui. C'est lui qui gouverne, et lui seul. Louis XIV est l'homme qui fera de la France la première puissance européenne, et donc mondiale. Il ne faut pas oublier, comme je le disais tout à l'heure, ce double héritage dont bénéficie la France. C'est quelque chose de fondamental, je pense, pour comprendre la crise morale que nous traversons aujourd'hui : nous n'acceptons pas le déclin de la France qui fut jadis la première nation du monde, de Louis XIV à Napoléon, de 1661 à 1815. Nous avons été trop longtemps le moteur de l'Europe et nous le devons évidemment à Louis XIV, plus grand roi de l'histoire de France. Il a mené la royauté française à son plus haut niveau de gloire. Tant par ses victoires et conquêtes militaires, par sa renommée, par son siècle d'artiste – que serait la France sans Molière, Racine et consorts ? – que par Versailles, symbole de sa puissance que le monde entier nous envie. Si la France brille aujourd'hui, et si les milliardaires chinois font reproduire le château, c'est grâce à Louis XIV. A partir de 1661, et jusqu'à 1815 la France est la superpuissance.

Nuit du 4 août 1789 : Abolition des privilèges

C'est une date fondamentale, puisque c'est celle qui marque la fin de toute une société, de tout un mode de fonctionnement. Avec l'abolition des privilèges vient inévitablement l'abolition du système féodal, qui rappelons-le, a été voté par la noblesse et le Duc de Larochefoucauld. Il convient de replacer les choses dans leur contexte historique. L'Europe sort à peine du Moyen-âge, qui somme toute, perdurera en Russie jusqu'au début du XXe siècle et la révolution de 1917. En fait, cette date de l'abolition est essentielle, puisqu'on remarque qu'une fois encore, c'est la France qui donne le la, avec les Etats-Unis cette fois-ci, qui n'ont cependant pas du tout la même histoire ni les mêmes ambitions universalistes à l'époque.

9 novembre 1799 : Coup d'Etat du 18 Brumaire

Cette date marque l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte, lequel va réformer en profondeur la France. En quelques mois – une douzaine –, il réussira à poser les masses de granite qui fondent la France moderne jusqu'à nos jours. Le régime est républicain actuel est solidement implanté sur des bases qu'il doit à Napoléon Bonaparte, ce qui est original en cela que son régime deviendra autoritaire. J'y vois un clin d'œil qui souligne le fait que la France a besoin d'une véritable autorité et d'une vraie volonté politique pour se réformer. Si la France est incapable de se réformer depuis 30 ans, c'est parce que nos dirigeants en manquent, et de courage également. Napoléon a beau souffrir d'une image de dirigeant autoritaire, au moins a-t-il pris les mesures adéquates qui ont permis à la France de se maintenir première superpuissance tout du long de son règne, jusqu'à Waterloo. Plus de la moitié de ses articles sont encore actifs dans le code civil, et c'est également le cas des différentes institutions, de l'organisation des départements – dont on parle beaucoup aujourd'hui. La Comédie française elle-même est régie selon les différents codes qu'il a pu rédiger. C'est dire. La France toute entière n'aurait pas le même visage sans Napoléon Bonaparte.

16 juin 1881 et 28 Mars 1882 : les Lois Jules Ferry

Il faut le redire, haut et fort, et rester
dans la filiation d'Henri IV. La France a inventé la laïcité, qui est fondamentale pour toute notion de vivre ensemble. Jules Ferry a d'abord établi la gratuité de l'école primaire et l'a ensuite rendu obligatoire de 6 à 13 ans. Et cet enseignement devient laïc, c'est-à-dire neutre en termes de religion. C'est le fondement de la République Française, qu'il convient de protéger, et ne pas avoir peur de le crier haut et fort.

7 et 8 mai 1954 : Défaite de Diên Biên Phu et chute de l'Empire Colonial Français

Il s'agit de la fin de l'Empire colonial français. Le deuxième Empire Colonial au monde, qui s'étendait sur plus de 11 millions de kilomètres carrés, et comportait plus de soixante millions d'habitants. C'est énorme. D'autant plus que cet empire explique les liens que partage la France avec l'Algérie, l'Afrique, l'Indochine… Et qui explique indubitablement les différents problèmes que peuvent rencontrer les différentes communautés en provenance de ces différents pays qui émigrent vers la France.Cette défaite marque la fin d'un Empire, et la bataille en tant que telle est vraiment importante pour le glorieux désastre qu'elle représente. Les soldats français ont tenu et bataillé héroïquement jusqu'au bout. C'est ce panache français, ce génie français et ce sens de l'honneur – que la France semble avoir oublié au vu de ceux qui nous dirigent… – 15 000 Français sont morts en résistant à plus de 100 000 combattants Viêt-Cong.

L'explication poussive de Hollande sur les contours du ministère de Najat Vallaud-Belkacem

 L'explication poussive de Hollande sur les contours du ministère de Najat Vallaud-Belkacem


Notation : la sortie de crise se confirme pour la zone euro


La lumière semble enfin au bout du tunnel. Les agences de notation multiplient les satisfecits en direction des pays les plus touchés par la crise de la dette européenne. Dans une étude du 6 mai, Fitch évalue le potentiel d’amélioration de la note de plusieurs pays « périphériques ». Ainsi, l’agence de notation estime que l’Irlande, le Portugal et l’Espagne sont les pays les mieux placés pour voir leur note relevée de plusieurs crans. Un constat partagé par les analystes de RBS, dans la mesure où ces pays sont ceux qui ont été fortement pénalisés durant la crise : avec des dégradations de pas moins de 7 à 8 crans.

Sortir du purgatoire

« Les agences de notation sont sensibles à la diminution des taux d’intérêts et à l’amélioration de la situation macroéconomique de ces pays », rappelle Norbert Gaillard, économiste spécialiste des notations. Mais pour lui « cela prendra beaucoup de temps pour revenir aux notes d’avant la crise ».
Aujourd’hui, deux grands pays parmi les « périphériques » sont encore notés en catégorie « spéculative » : le Portugal et la Grèce. Avec leur retour réussi sur lesmarchés financiers, ils espèrent que le même sort que l’Irlande leur sera réservé. En effet, le 17 janvier, Moody’s a créé l’événement sur les marchés en sortant l’Irlande de la catégorie « spéculative ». Un geste d’une importance cruciale pour le pays, puisque cela facilite le retour des investisseurs institutionnels qui n’ont pas le droit de prendre des positions risquées sur des titres mal notés. Le Portugal verra dès aujourd’hui s’il approche de la sortie du purgatoire. Moody’s et Standard & Poor’s doivent en effet mettre à jour leur notation du pays.
Dans l’ensemble, les notes ou perspectives des Etats de la zone euro s’améliorent. Au cours des douze derniers mois, Fitch a par exemple relevé la note de la Grèce et de l’Espagne. Et, le mois dernier, elle a révisé de « négative » à « stable » la perspective de l’Italie.

Les agences plus prudentes que les investisseurs

Mais Norbert Gaillard souligne que les agences sont aujourd’hui plus prudentes que les investisseurs : les notes mettent du temps à s’améliorer, alors que les marchés ont tendance à très vite tourner la page de la crise. « Les marchés sont déconnectés de la réalité à cause de la BCE », précise l’économiste. De fait, depuis que Mario Draghi a dit en juillet 2012 qu’il ferait tout pour sauver la zone euro, on assiste à une véritable ruée sur les dettes des anciens parias de la zone euro. La perspective d’un programme d’achats de dette publique, bien qu’encore incertaine, pousse aussi les investisseurs à acheter de la dette de la périphérie, plus rentable que celle de l’Allemagne.
Pour Norbert Gaillard, sur la seule base des fondamentaux économiques, les prochains pays qui devraient bénéficier d’une amélioration de leur note sont l’Irlande ou l’Espagne qui ont mené de vraies « réformes structurelles ».

La course au centre

La course au centre


Le Figaro de ce jour, le 8 mai, publie en page 14 du journal une tribune dont je suis l’auteur, intitulée: "la course au centre, séduisante et dangereuse à la fois". La voici, pour en débattre:
Nous assistons peut-être en ce moment à un tournant de la vie politique française. L’abstention de 17 députés centristes et le vote favorable de trois d’entre eux sur le pacte de responsabilité présenté à l’Assemblée nationale par Manuel Valls le 29 avril dernier ne doit pas s’interpréter comme une simple péripétie de la vie politique, mais comme un événement révélateur d’une tendance profonde. Il est à rapprocher de la tendance qui s’exprime dans les sondages nationaux et qui semble plébisciter une évolution centriste. D’après l’enquête BVA du 28 avril, les deux partis centristes sont ceux qui bénéficient de la meilleure image auprès des Français: l’UDI avec 51% d’avis favorables et le MODEM avec 48%. La même tendance est frappante au niveau de la cote personnelle, avec la percée fulgurante du consensuel Alain Juppé, depuis plusieurs mois personnalité préférée des Français (56% d’opinions favorables) suivi de François Bayrou.
Le recentrage de l’opinion s’explique par les dernières évolutions politiques du pays. Nous sortons de la logique majorité/opposition pour entrer dans un climat plus unitaire. La gauche socialiste tend ostensiblement vers la sociale-démocratie gestionnaire, avec la nomination de Manuel Valls à Matignon et l’adoption du "pacte de responsabilité". A droite, les sujets dits "clivants" sont de plus en plus délaissés: la réforme de l’Union européenne, l’intégration, les banlieues, la sécurité, la politique migratoire. Les tentatives de bousculer l’ordre idéologique – à l’image de l’ouvrage de Laurent Wauquiez, Europe, tout doit changer (Odile Jacob) – se heurtent à un tir de barrage.
Ce mouvement correspond au sentiment que les concepts de droite et de gauche n’ont plus grand sens dans un climat porté sur le consensuel: 73% des Français le pensent selon le sondage CEVIPOF de janvier 2014. Il pourrait être aussi le fruit d’une lassitude envers la violence du climat politique, les grandes polémiques, les scandales à répétition et les lynchages de personnalités.
Un retour au sources de la République semble alors en voie de se produire. La IIIeRépublique était dominée par une vaste formation centrale – les Opportunistes, puis les Radicaux pendant près de quatre décennies – qui faisait et défaisait des coalition gouvernementale négociées entre les factions partisanes. Sous la IVun phénomène comparable a dominé le fonctionnement de la vie politique, autour d’une alliance centrale instable, dite "troisième force" entre la SFIO, ancêtre du parti socialiste, le MRP et l’UDSR centristes. Ce n’est que sous la Ve République que la démocratie française s’est peu à peu organisée autour d’un logique nette et durable de clivage entre une majorité et une opposition.
Faut-il se réjouir sans réserve de cet apaisement, recentrage, décloisonnement apparent de la vie publique de notre pays?
Tout d’abord, l’opinion publique est un phénomène complexe, paradoxal et aléatoire. La quête d’unité et de consensus ne retire rien, en profondeur, à ses inquiétude et à ses priorités, exprimées par exemple à travers l’étude de CEVIPOF. Celle-ci souligne que pour 87% des Français "les politiques ne s’intéressent pas à ce que pensent les gens comme eux", la politique inspirant à "36% de la méfiance et à 31%" du dégoût. Les sujets qui paraissent actuellement sacrifiés sur l’autel du consensus demeurent vivaces dans la conscience collective: ainsi 67% expriment une préoccupation sur l’immigration (CEVIPOF), 32% sur la sécurité (sondage Figaro du 9 décembre 2013). La défiance envers une Union européenne jugée bureaucratique et indifférente à leurs malheurs, notamment le chômage de masse, ne cesse de croitre: seuls 35% des Français portent sur elle un regard favorable (CEVIPOF).
Séduisante en surface, la perspective d’un recentrage durable de la vie politique comporte un véritable danger: celui d’aggraver la coupure entre "la France d’en haut et la France d’en bas "en donnant aux Français le sentiment que la classe politique ne traite pas les "sujets qui fâchent", se détourne de plus en plus de leurs souffrances ou de leurs inquiétudes. La course au centre, passant par une neutralisation des débats de société, reviendrait dès lors faire le jeu des courants extrémistes. Les forces républicaines n’offrant plus d’alternative dans un contexte aseptisé, dépolitisé, il resterait le seul recours aux mouvements protestataires.
D’ailleurs, la plupart des démocraties modernes notamment les Etats-Unis et le Royaume-Uni, fonctionnent sur la base d’un face à face entre deux forces de gouvernement. La modernisation de la vie politique française passe sans doute par l’adoption de nouvelle régles du jeu entre majorité et opposition, assurant un débat d’idées apaisé, mais libre et sans tabou, un renouvellement des élites politiques et de la représentation populaire. La course au centre est une fausse bonne solution qui conduit le pays dans l’impasse.

jeudi 8 mai 2014

Le général et les insultes

Le général et les insultes
Le général de Gaulle fut l’une des premières personnalités contemporaines à se voir insulté, traîné dans la boue, lynché par la meute. Quelques exemples:
  • "Fasciste": affiche du parti communiste, 17 juin 1951
  • "Maurrassien, monarchiste, méprisant le suffrage universel" (Vincent Auriol, président de la République le 7 janvier 1952)
  • "Coupable de forfaiture" (Gaston Monnerville, président du Sénat, septembre 1962)
  • "Hitler" (Hallstein, président de la Commission 28 juillet 1965, cité par A Peyrefitte)
  • "Dictateur" François Mitterrand, le coup d’Etat permanent, 1964
  • "Duce, Führer, Caudillo" (Mussolini, Hitler, Franco), François Mitterrand, ibid. 1964
  • "Vieillard obèse", l’Express de jean-Jacques Servan Screiber et Françoise Giroud, mai 1968
  • "Pétainiste": l’Humanité (cité par le Midi Libre, 20 juin 2010)
  • "Raciste", le Pen (interview télévisée le 17 juin 2011)
Le général de Gaulle a sauvé l’honneur en appelant à la Résistance le 18 juin 1940 au prix de sa condamnation à mort par Vichy, alors que 90% du pays, toute sensibilité idéologique confondue, se vautrait dans "un lâche soulagement". L’un des premiers Français à avoir, contre la lâcheté générale, relevé les armes à la main le défi du fascisme, du pétainisme, du national-socialisme et du racisme triomphant, aura aussi été l’un des premiers à se voir traité de fasciste, d’Hitler, de raciste, de pétainiste, etc. La perversité humaine est un puits sans fond. Il suffit de le savoir et de se tenir prêt à tout et notamment au pire…

Pense-bête


- La dépression nerveuse des égoïstes.
- Mon idéal humain : le communiste allemand.
November Rain, de Guns N'Roses, et Jenny From the Block, deJennifer Lopez : les deux plus beaux clips musicaux du monde.
- La rue Alfred-de-Musset, à Malakoff, est la raison pour laquelle il ne faut pas avoir sa rue.
- Pourquoi n'y a-t-il pas de cimetières privés, comme les plages ?
- Le jour où je n'ai plus pu lire sans lunettes mon poids sur la balance.
- Le Christ, comme Al Capone, tombé pour fraude fiscale.
- Quand on se masturbe, on n'a pas à dire à la fille de s'en aller après.
- L'aigrivain.
- Une femme hésite entre deux hommes dont chacun lui vante les qualités de l'autre (nouvelle).
- J'en ai marre de la feuille de salade autour du nem.
- Si tu n'as pas eu peur pendant une journée, c'est que tu l'as gâchée.
- Le mystère physique de la mère de famille nombreuse.
- Lopez sauve le prénom Jennifer.
- L'interactivité est dégueulasse.
- Ses ronflements ne gênaient pas le chat.
- Pourquoi toutes les chanteuses indiennes ont-elles la même voix ?
- Le vaconsier.
- Le seul homme heureux est celui qui ne veut plus vivre.
- La mort est une toute petite chose à l'intérieur de moi.
- Amaigri à 60 ans : maîtresse ou cancer.
- Un vieux gay compte ses trois mille amants pour s'endormir (nouvelle).
- Le SDF, dans le bus : le seul qui drague.
- Kluaymaïpa ★★★,
Le Lotus ★★, La Gazelle ★,
La Rotonde ★★, La Closerie des Lilas ★★, Lipp ★,
Le Pré vert ★, Le Dôme ★★,
La Cagouille ★★, Chez Fatou (22, rue Rouget- de-Lisle, Montreuil) ★★★.
- Le gastronome n'avait d'érection que pour les serveuses de restaurant (nouvelle).