TOUT EST DIT

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mardi 2 octobre 2012

Carlton-DSK : l'enquête pour viol classée sans suite


Le parquet de Lille avait ordonné une enquête sur des faits qui se seraient déroulés à Washington en 2010.
Le parquet de Lille a classé sans suite, mardi, la procédure pour viol visant notamment Dominique Strauss-Kahn, des faits qui avaient été relevés par les juges d'instruction dans le cadre de l'affaire de proxénétisme aggravé dite du Carlton de Lille, qui est toujours à l'instruction. DSK n'en a toutefois pas fini avec les procédures dans cette affaire. Son principal volet, dans lequel il est mis en examen pour proxénétisme aggravé, suit son cours.
Le parquet avait ordonné l'enquête sur les viols, confiée à la police judiciaire de Lille, sur des faits qui se seraient déroulés à Washington entre le 15 et le 18 décembre 2010, pendant des parties fines avec des prostituées. Dominique Strauss-Kahn était alors directeur général du FMI. La jeune femme concernée, de nationalité belge, "n'avait pas déposé plainte" lors de son interrogatoire par des enquêteurs français puis belges fin 2011, a expliqué le parquet dans un communiqué. Elle a ensuite "écrit qu'elle était consentante et qu'elle ne déposait pas plainte" dans un courrier daté du 17 août à la direction interrégionale de la police judiciaire de Lille.
Le parquet a donc décidé de classer sans suite la procédure, "l'infraction de viol n'étant pas constituée". "Je ne m'attendais pas à une autre décision compte tenu des éléments qui sont dans le dossier que je connais au sujet de ce prétendu viol", a déclaré à l'AFP Me Henri Leclerc, l'un des avocats de DSK. "Il n'y a rien qui ressort" de l'enquête, a souligné l'avocat, estimant "normale" la décision du parquet. "J'étais convaincu qu'il n'y avait même pas lieu de faire une enquête et qu'inévitablement cette enquête serait un jour ou l'autre classée sans suite, même si elle a amené à faire un grand scandale médiatique qui ne reposait sur rien", a ajouté Me Leclerc.

"Domination"

Lors de son audition en décembre, la jeune femme avait notamment rapporté aux policiers belges qu'elle avait subi le 16 décembre 2010 à Washington lors d'une soirée à laquelle participait notamment DSK certains actes sexuels non consentis. Elle avait alors déclaré sur un P-V : "Je n'ai pas hurlé, mais j'ai clairement dit à haute voix que je ne voulais pas."
Revenant sur cette audition, elle avait indiqué au magazine Le Point : "[J'ai] eu l'impression que les policiers m'avaient retourné la tête, ils ont tout fait pour me tirer les vers du nez." Selon Le Point qui avait contacté la jeune femme en mai, celle-ci aurait "refusé d'utiliser le terme de viol, préférant évoquer celui de domination".
Les faits incriminés avaient été dénoncés "à toutes fins utiles" par les juges chargés de l'instruction de l'affaire de proxénétisme aggravé dite du Carlton, dans laquelle Dominique Strauss-Kahn et huit autres personnes ont été mises en examen.
Dans ce volet principal qui suit son cours, le prochain rendez-vous a été fixé au 28 novembre, date à laquelle la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai rendra sa décision sur les requêtes en nullité déposées notamment par les défenseurs de l'ancien patron du FMI et du commissaire Jean-Christophe Lagarde.
Dominique Strauss-Kahn a été mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée le 26 mars. Il affirme qu'il ignorait que les femmes présentes aux parties fines auxquelles il avait participé, notamment à Paris et Washington, étaient des prostituées. "Il n'y a pas l'ombre d'une infraction de proxénétisme. Vous verrez qu'à la fin tout cela tombera, même si cela permet pour l'instant d'alimenter des scandales", a souligné à ce sujet Me Leclerc.


LA GAUCHE EST AU POUVOIR ?
DSK EST EST BLANC COMME NEIGE.......
BIZARRE, NON ?


Les retraités devront voler au secours du budget de la Sécurité sociale

Le gouvernement a présenté, hier, son premier budget de la Sécurité sociale. L’exercice était périlleux avec l’annonce d’un déficit du régime général (salariés du privé) qui devrait être contenu à 11,4 milliards d’euros en 2013, contre 13,3 milliards en 2012.
Le gouvernement est, à son tour, confronté à un déficit constant des comptes sociaux depuis 2001. Les comptes du régime général de la Sécurité sociale ont même atteint en 2010 un déficit historique de 23,9 milliards d’euros.
« C’est un budget de justice », a déclaré la ministre de la Santé Marisol Touraine en présentant le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) à la presse.

La ministre avait auparavant assisté, en compagnie notamment e son collègue du budget, Jérôme Cahuzac, à la réunion de la commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) qui a annoncé un déficit pour 2012 de 13,1 milliards d’euros contre 14,7 milliards d’euros prévus initialement par le gouvernement.
La branche maladie reste la plus déficitaire à 5,1 milliards d’euros (5,5 milliards en 2012), selon le PLFSS qui prévoit 2,4 milliards d’économies sur les dépenses de santé en 2013.
La progression des dépenses de santé (Ondam, Objectif national des dépenses d’assurance-maladie) pour 2013 reste fixée comme prévu à +2,7 %, soit 175,4 milliards d’euros.

Remboursements préservés

Pour le reste, la branche retraite devrait être en déficit de 4 milliards d’euros (5,2 milliards en 2012), la branche famille de 2,6 milliards (2,5 milliards en 2012) et la branche accidents du travail excédentaire de 0,3 milliard (-0,1 milliard en 2012).
Hors régime général, le déficit du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui finance le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs, serait ramené à 2,6 milliards d’euros en 2013 (4,1 milliards en 2012), soit un total de 13,9 milliards.
« Le niveau de remboursement des dépenses de santé sera préservé », assure le gouvernement.
Les mesures d’économies porteront notamment sur « des baisses tarifaires » sur des médicaments ou sur « certaines spécialités médicales et la biologie ». La « maîtrise des prescriptions » médicales (vers plus de génériques par exemple) est aussi souhaitée.
Côté dépenses, l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) sera désormais remboursée à 100 % et son tarif sera « revalorisé » pour le rendre plus attractif aux praticiens.
Parmi les recettes nouvelles prévues par le gouvernement, les retraités imposables seront mis à contribution : leurs pensions seront soumises à un prélèvement de 0,15 % en 2013 puis de 0,3 % en 2014.
Cette contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) rapportera 350 millions d’euros en 2013 et servira à redresser les comptes de la Sécu, puis rapportera 700 millions en 2014, qui seront utilisés pour financer la réforme de la dépendance des personnes âgées.

Plus 5 centimes sur le demi

De fait, il s’agit de soumettre les retraités à la Contribution solidarité autonomie (CSA), créée en 2004 pour financer la dépendance des personnes âgées, alors qu’ils en sont actuellement exemptés. Les salaires, eux, sont déjà taxés à 0,3 %.
Le niveau de fiscalité sur les bières va être relevé, ce qui rapportera 480 millions d’euros à la Sécurité sociale, et « correspondra à une hausse équivalente à 5 centimes sur un demi de bière », a précisé le gouvernement.
Les cotisations d’assurance-maladie des travailleurs indépendants seront relevées.
Toutefois, contrairement à ce qui était attendu, aucune mesure ne vient anticiper dès 2013 (au lieu de 2014) la fin du régime qui autorise les Français travaillant en Suisse à ne pas cotiser à l’assurance-maladie en France (lire page 34.
Le total des recettes supplémentaires attendues se situe aux alentours de quatre milliards d’euros tous régimes confondus.

La saignée habituelle

Le vertige des Français face au « trou » de la Sécurité sociale n’est pas près d’être guéri. Le projet de budget présenté hier par le gouvernement confirme que cet autre mal français poursuit sa progression avec un déficit de 13 milliards. Comme l’an prochain, celui-ci s’accroîtra de trois milliards, il faudra bien jeter quelques pelletées d’euros dans ce gouffre en déficit chronique depuis 2001, dernière année d’équilibre des comptes de la Sécu.
Face à un système social qui semble atteint d’un mal incurable, le bon docteur Hollande ne fait pas mieux que ses prédécesseurs qui avaient, déjà, eu la main lourde. Les mesures prises par François Fillon l’an passé ont généré sept milliards de recettes supplémentaires. Mais rien n’y fait la Sécurité sociale reste dans le service réservé aux grands malades.
Comme au bon vieux temps de Molière, rien ne vaut une bonne saignée. Les retraités imposables mettront la main à la poche sans tarder et ils paieront un peu plus l’année prochaine. On ne sait pas s’ils seront d’accord avec la ministre de la Santé qui parle d’un « budget de justice ». Bien des retraités imposables ne roulent pas sur l’or et cette ponction supplémentaire pèsera sur leur pouvoir d’achat déjà touché par les hausses annoncées de la fiscalité directe.
La nouvelle taxation de la bière et du tabac appartient à ce que l’on pourrait appeler les « médicaments de confort budgétaires ». Entre discours moralisateur et aubaine fiscale, les « tours de vices » sur ces produits choquent moins l’opinion que les ponctions sur les salaires ou les pensions.
Conscient de mener un combat perdu d’avance, le gouvernement annonce qu’il veut plafonner le déficit de la Sécu à onze milliards d’euros par an. Dans un pays vieillissant, touché par une crise qui érode les recettes, la Sécurité sociale aura bien du mal à retrouver l’équilibre, à moins d’entamer des réformes structurelles bien plus douloureuses et impopulaires que l’habituel train de mesures qui viennent chaque année gâcher l’automne des Français.

Pour combler le trou, arrêtez de creuser !

C'est le trou le plus célèbre de France. Celui qui revient dans les conversations de comptoirs et qui impose dans l'inconscient collectif l'idée qu'un budget public est fatalement déficitaire. Que celui de la Sécu le soit, ça peut se concevoir comme un choix politique. La santé n'a pas de prix, elle a un coût ; on peut, en bonne société moderne, l'assumer et le financer. Avec la fierté de faire mieux que les États-Unis dans ce domaine. Voire d'être un modèle universel ! Mais assumer un déficit et bien gérer environ 175 milliards d'euros de dépenses, ce n'est pas le même combat. C'est l'affaire de chacun. Or on ne compte pas les exemples d'abus qui pèsent lourd et qu'il serait bon de sanctionner - il suffit de ne pas rembourser si ce n'est pas justifié. Sujet sensible car touchant souvent les couches les plus fragiles de la population. Le gouvernement a choisi de viser l'équilibre. Hélas sans vraiment toucher aux dépenses, qui continuent de creuser le « trou ». C'est du côté des recettes - « miracles » ? - que vient la solution. Les retraités imposables, les travailleurs indépendants, les bières (même si ça fait un peu histoire belge), le tabac sont les cibles qui devraient lever 4 milliards d'euros de ressources supplémentaires. Sera-t-on mieux soigné pour autant ? Le plan « Sécu » prévoit heureusement de subventionner des médecins généralistes (ils vont apprécier le terme !) pour s'installer dans les déserts médicaux comme la Picardie. Eh, quoi, pourquoi ne participeraient-ils pas aussi aux efforts ? Après tout, quand on prête le serment médical (ex-Hippocrate), ce n'est pas pour s'enrichir au soleil de la Côte d'Azur !

Métal froid

Métal froid 


« Cherche à placer hauts-fourneaux, cause désistement. Prévoir travaux. Écrire au gouvernement français qui transmettra ».
On ne verra pas cette petite annonce. Elle est inutile : les quelques acheteurs potentiels d’une unité sidérurgique savent déjà les intentions de Mittal en Lorraine. Et une telle offre révélerait de manière un peu trop crue l’incongruité de la situation.
Sans passer par la case nationalisation, l’État se trouve en position de gérer l’avenir d’une usine dont le propriétaire ne veut plus et dont on devine dès lors à quel point il a pu en prendre soin. On pressent aussi combien cet exploitant, en froid numéro un mondial, est porté aux cadeaux à la concurrence.
Un futur acheteur ne doit pas s’attendre à une affaire. D’autant que Mittal lance sans tarder un plan social. Peut-être cet empressement à se séparer des « Florange » n’est-il pas lui-même étranger à la menace brandie par le ministre du Redressement de faire voter une loi interdisant de fermer une usine rentable. Un encadrement qui ne manquera pas de pimenter la négociation.
Cas de figure édifiant, voilà l’État devenu VRP en hauts-fourneaux, avec en prime un ultimatum de 60 jours. S’il s’en sort, le gouvernement peut espérer un évident bénéfice politique… tant que tiendra le nouvel actionnaire sur un marché sans pitié.
S’il échoue dans son entremise, l’État se retrouvera dans l’impasse sociale. Celle que redoutent des syndicats amers à plus d’un titre. Ailleurs, des sportifs voudraient gagner de l’argent en pariant sur leur défaite. Ici, des ouvriers sont en passe de tout perdre si personne ne mise sur leur réussite.

Les mauvais plans de l'automne social

Les mauvais plans de l'automne social 


Ils tombent comme les feuilles mortes. Les uns après les autres. Jour après jour. C'était attendu, certes. Mais les plans sociaux en cascade minent durement cette rentrée sociale. Et le bras de fer engagé par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, avec la direction d'ArcelorMittal, le géant planétaire de l'acier, n'est qu'un symbole de la mondialisation galopante qui, telle une pieuvre, enserre dans ses tentacules bien des destins.
Les innombrables fermetures et restructurations annoncées chez Petroplus, Doux, PSA Peugeot-Citroën, Sanofi, Fralib... sont les arbres de haute tige qui cachent une forêt dense. Faite de situations tendues, tout aussi terribles chez beaucoup de sous-traitants qui disparaissent en silence. Comme du reste dans ces petites entreprises familiales, souvent oubliées des politiques, et en proie aussi à de graves difficultés.
Que faire pour stopper l'avalanche et la forte poussée du chômage qui en résulte ? La droite a beau jeu, aujourd'hui, de se mettre en travers... du gouvernement en raillant ou son « inaction » ou son « incompétence » face aux désastres enclenchés. Quand la gauche affirme, à raison, qu'elle a hérité d'une situation avec des plans cachés sous le tapis par l'ancienne équipe au pouvoir. Une certitude : le débat ne devrait pas se réduire à ces querelles politico-politiciennes au moment où des femmes et des hommes se battent, au quotidien, pour sauver leurs emplois et assurer un avenir à leur famille.

Guerre économique

Au plus fort d'une guerre économique qui n'a jamais aussi bien porté son nom, le marché et sa sempiternelle loi de l'offre et de la demande s'avèrent de plus en plus impitoyables. Arnaud Montebourg, chantre du protectionnisme européen, affronte là, en première ligne, la dure réalité de cette mondialisation effrénée. Qui pousse un patron indien à éteindre les derniers hauts-fourneaux de Lorraine, dans ces terres d'histoire de France brutalisées par la violence des mutations industrielles.
Un tel scénario renvoie au pari de la réindustrialisation pris, pendant la campagne, par François Hollande, aujourd'hui au pouvoir. Osé et indispensable ? Oui, mais très compliqué car il faut aussi donner du temps au temps. La volonté farouche du gouvernement d'empêcher les licenciements boursiers et de taxer les entreprises coupables d'effectuer des coupes claires dans leurs effectifs au seul motif de satisfaire l'appétit des actionnaires ne réglera pas tout. Et en se chargeant de trouver un repreneur au site d'ArcelorMittal, l'État devra en assumer la responsabilité en cas d'échec, à l'heure où le BTP et l'automobile sont en manque d'appétit d'acier.
Inventer des solutions ? Engager une politique industrielle globale tout en gérant, au coup par coup, les situations d'urgence ? Le défi est là. Gigantesque. Et s'il demande de la lisibilité, de la visibilité et du courage, il doit favoriser l'innovation, la recherche, la formation aussi. Tout en oeuvrant à l'augmentation de la taille des PME françaises moins puissantes que leurs consoeurs allemandes. Oui : les pistes du rebond existent. À condition que toutes ces actions et bien d'autres s'inscrivent dans un projet collectif soutenu par un État plus stratège que coercitif. Capable d'anticiper les chocs, d'entendre les remontées du terrain. Le tout dans un dialogue social de qualité. Responsable, constructif. Pas dogmatique.

Universel

Universel 


Les dirigeants de l’Arabie saoudite n’aiment pas les femmes. Ou alors, ils en ont peur. C’est au point, en tout cas, de ne pas supporter les voir en photo, pas même dans un simple catalogue de meubles. Et c’est ainsi qu’Ikea, entreprise éthique et suédoise, chérie des bobos écolos, diffuse en Arabie un catalogue de ses produits sans une seule femme. Les photos sont rigoureusement les mêmes, avec les mêmes meubles, les mêmes hommes et bambins – mais dans la version saoudienne, toutes les femmes ont été effacées, à la soviétique ! Certes, les femmes ne sont pas toutes divines, mais enfin, les supprimer ainsi n’apparaît pas moins violent qu’une caricature de prophète. Mais cette affaire a au moins le mérite de nous rappeler une vérité : la société de consommation est beaucoup plus universelle que les droits de l’homme (et de la femme).

Allemagne : des séjours "sexuels" pour les employés méritants

Pour avoir offert des séjours sexuels à ses meilleurs agents, l'assureur Ergo fait énormément parler de lui actuellement en Allemagne. Il n'est toutefois pas le seul dans ce cas puisque la filiale allemande du groupe Zurich, Herold, a fait de même.

L'assureur allemand Ergo versait des primes très particulières à ses éléments les plus méritants : des séjours orgiaques en Jamaïque ou en Hongrie aux frais de la princesse. Exceptionnel pensez-vous ? Pas tant que cela puisque le groupe Zurich a confirmé lundi les mêmes usages dans sa filiale allemande Herold. Tous allaient à l'hôtel «Hedonism 2» en Jamaïque, dont l'une des spécialités est l'échangisme.
Le quotidien allemand Bild  donne la parole à une personne qui, en 1998, a profité d'un de ces voyages en compagnie de 30 autres représentants de l'International Finance Service de Herold: «Qui le souhaitait pouvait avoir du sexe partout et en tout temps», raconte-t-il.
Bernd Engelien, porte-parole de la Zurich, a confirmé ce voyage lundi mais a souligné son groupe a ouvert une enquête interne pour savoir si d'autres cas du genre se sont produits par le passécars les faits remontent à 14 ans lorsque Herold appartenait encore à Deutsche Bank.
De son côté, Ergo, dont le siège est à Düsseldorf, est passé à l'offensive cette fin de semaine en publiant sur Internet la liste des cas relevés dans son groupe et a décidé, afin d"éviter que de telles affaires se reproduisent, qui les primes se feraient désormais sous forme de voyages, «accompagnés des partenaires».

Monsieur Cambadélis, j'espère que vous ne m'écouterez pas

Dans Libération, le député PS Jean-Christophe Cambadélis a prôné "un autre chemin pour une autre politique en Europe", c'est-à-dire, dans sa langue de bois, le refus de la rigueur au profit d'un renforcement de l'interventionnisme et de l'emprise étatique sur l'économie. Est-ce bien raisonnable ?
Monsieur le Député, j'espère que vous ne m'écouterez pas. Vous semblez sûr de vous, et, à vous écouter, les réponses à la crise sont évidentes. Je vous donne en toute amitié mon point de vue pour contribuer à vos brillantes réflexions publiées hier dans les colonnes de Libération ; mais sachez, monsieur Cambadélis, que je compte sur vous.

"Il ne s’agit pas de contester la nécessité de stabiliser la dette. Nul n’ignore la facilité qui conduirait à reporter son coût sur les générations futures. Il s’agit d’opposer une alternative politique aux conservateurs pour qui le renforcement de la discipline fiscale à l’échelle nationale et la mise en place, dans chaque pays, d’une politique d’austérité tiennent lieu de seul viatique au marasme européen. Rétablir la confiance par une baisse du déficit et une réduction des dépenses, en clair rétrécir l’État, voilà l’objectif des droites."
Pour peu qu'on puisse considérer que je fasse partie des générations futures, vous avez raison : je ne veux pas payer la dette accumulée par l’État français, et d'ailleurs je ne la paierai pas, c'est promis.
Je ne suis ni conservateur, ni de droite, mais j'aimerais comprendre, d'un point de vue logique, comment vous comptez réduire les déficits, sans même parler de la dette. L’État a des ressources, qu'il prélève aux entreprises et aux individus, et des dépenses. Le déficit s'explique assez simplement : l’État dépense plus qu'il n'a de ressources. L'augmentation des impôts, qui va peser sur l'économie et fait déjà bondir les entrepreneurs, ne suffira pas à équilibrer le budget, et j'ai du mal à concevoir comment vous pourriez décemment proposer des augmentations plus importantes. Si vous ne voulez pas réduire les dépenses, le déficit demeurera, la dette continuera d'augmenter ; et avec elle, les intérêts que l’État doit rembourser, année après année, qui s'ajouteront aux dépenses. Vous semblez avoir une solution meilleure que la réduction des dépenses, à vous de jouer.
"[…] à l’examen de l’histoire économique, la succession des plans de rigueur n’a jamais fait un printemps de croissance. Faut-il rappeler que c’est la récession qui a provoqué le déficit et non l’inverse ? Est-il besoin de souligner que si le marché joue bien un rôle majeur dans les progrès de productivité, le niveau de vie n’aurait jamais pu augmenter sans État redistributif et sans État protecteur ? Le New Deal n’a-t-il pas sorti les USA de la crise de 1929 ? Qui, sinon le système financier, défaillant, a fait appel en 2008 à l’État pour éviter sa faillite, une panique des épargnants et l’effondrement du monde industriel ? Comment l’État peut-il stimuler l’économie s’il reste concentré sur sa dette ? Comment réduire les déficits quand la demande faiblit et que le chômage augmente au risque d’un accroissement des inégalités ?"
Ce n'est peut-être pas le déficit qui a provoqué la récession, mais s'il faut rappeler quelque chose, c'est que les déficits ont commencé alors que la France était en croissance et est devenu une constante dans les budgets de l’État français depuis plus de 30 ans.
S'il y a quelque chose à souligner, c'est que l’État redistributif et l’État protecteur ont un prix, ne sont pas viables à long terme et n'ont certainement pas contribué à créer plus de richesse dans notre pays, ni ailleurs.
Le New Deal n'a pas sorti les USA de la crise de 1929, il les y a maintenu. Quant au soutien de l’État à l'économie, il repose sur une erreur fondamentale, que j'aimerais vous expliquer.
Le marché libre permet de corriger les déséquilibres au prix de quelques ajustements. Des entreprises font faillite, leurs actionnaires perdent leur argent, puis, si des entrepreneurs estiment que l'affaire peut être rentable, d'autres entreprises se créent. Au lieu de cela, l’État, quand il choisit de "sauver" les entreprises qui menacent de faire faillite en donnant de l'argent à leurs clients pour acheter leurs produits, en leur offrant directement de l'argent ou en les arrosant de billets tout frais, fait payer les pertes aux contribuables. Si cela ne vous paraît pas choquant, c'est peut-être qu'il faut un exemple simple. Vous avez un peu d'argent et souhaitez investir. Vous analysez la situation et les perspectives de plusieurs entreprises et décidez d'investir dans l'une d'elle. Vous prenez un risque, en espérant réaliser un profit, et ça marche. L'une des entreprises dans lesquelles vous avez décidé, à raison, de ne pas investir, menace de faire faillite, et l’État décide de la sauver, en vous mettant à contribution. Vous qui aviez pris les bonnes décisions vous retrouvez à payer pour ceux qui n'ont pas fait preuve d'autant de lucidité, alors que l’État décide de récompenser par son soutien une entreprise qui n'a pas eu autant de lucidité que ses concurrents. Le rôle de l’État est-il de récompenser les mauvaises décisions ? Face à une telle situation, on en vient presque à espérer qu'il se contente de les prendre.
Vous avez sans doute voulu intriguer le lecteur avec des questions aussi grotesques, pour mieux le préparer à vos lumineuses réponses : je vous fais confiance, Monsieur, pour stimuler l'économie, réduire les déficits, faire grimper la demande, plonger le chômage, réduire les inégalités. Au passage, si vous pouviez aussi faire quelque chose pour la paix dans le monde…
"Comment réduire les déficits publics sans compromettre les perspectives de croissance et d’emploi ?"
La réponse à cette question est assez simple : la réduction des déficits, et à plus forte raison la réduction de la taille de l’État, est le seul moyen de ne pas compromettre les perspectives de croissance et d'emploi. Quelle que soit la cible de ces réductions, elles feront des mécontents, les uns privés de subventions, les autres de cadeaux fiscaux ou de privilèges, mais votre courage et votre détermination, au service de votre clairvoyance, parviendront, je n'en doute pas, à nous sauver de la situation délétère dans laquelle notre aveuglement à tous nous a plongés.
En revanche, prix Nobel ou pas, je vous donne mon avis : au prix de quelques ajustements à court terme, le marché corrigera les déséquilibres actuels et permettra le retour d'une croissance durable, par opposition à une longue stagnation ou récession si l’État repousse les ajustements et fait financer son action par un poids toujours plus important sur l'économie. L'austérité toute relative qui permettrait de revenir à l'équilibre est peut-être à envisager. Mais là encore, vous devez avoir une meilleure idée : je vous suivrai aveuglément, soyez-en sûr.
"Les enjeux deviennent partout les mêmes dans l’Union : chômage de masse, sous-emploi des jeunes et des seniors, dualisme du marché du travail entre emplois stables et précaires, modulation du temps de travail, sécurisation des parcours professionnels, modes de consultation et de négociation avec les salariés et leurs représentants. Un agenda du redressement a été arrêté par le président de la République. Ne revient-il pas aux dirigeants européens et aux forces politiques de l’Union de définir, avec la Confédération européenne des syndicats, un agenda social européen ? Le Parti socialiste doit s’emparer de ces sujets. Peut-on attendre que les faits viennent contredire les objectifs ? N’est-il pas temps de travailler avec les sociaux-démocrates européens à un pacte de croissance continental ?"
On ne peut pas attendre que les faits viennent contredire vos objectifs, même s'ils contredisent déjà certaines des théories que vous mentionnez – sans doute pour mieux nous impressionner par la suite avec la force de vos propositions.
La situation est alarmante, mais je ne compte pas sur des mesures qui ont fait la preuve de leur inefficience et de leur contre-productivité pour nous sortir de l'ornière. Pour cela, monsieur Cambadélis, je compte sur vous.

Le budget français de 2013 ou comment tuer la croissance

Quelle ironie : le candidat qui faisait campagne pour la croissance contre l'austérité s'apprête aujourd’hui, en tant que Président, à infliger aux Français un choc fiscal historique et ainsi tuer le peu de croissance française qui restait.

Le budget de rigueur 2013 dévoilé vendredi constitue « l'effort le plus important depuis 30 ans », selon… M. Hollande lui-même. Dans la droite ligne de son prédécesseur et de la défense de la « règle d'or », le président socialiste a l'intention de réduire le déficit à 3% l'an prochain (contre 4,5% en 2012) afin de ne pas être « dans la main des marchés ».
Bien sûr, les investisseurs de marché peuvent être satisfaits de cet apparent sérieux du président socialiste. Bien sûr, l'Allemagne peut être soulagée de voir que « Flamby » est finalement revenu à la « réalité » de la nécessité de la lutte contre les déficits, après ses invectives électorales.
Sauf que la réduction des déficits n'est pas la clé du problème de la France en soi : c’est la façon dont le gouvernement y parvient qui compte. Ainsi, derrière la rhétorique d’un budget « courageux et responsable », ou encore « de conquête », la réalité est que ce budget est essentiellement basé sur des augmentations d'impôts (24 milliards €) - et non des réductions de dépenses (10 milliards ?). Dans un pays où la dépense publique représente plus de 56% du PIB et la dette publique explose à présent près de 90% du PIB, un gouvernement « responsable » aurait lancé un effort sérieux de réformes visant à réduire le niveau des dépenses publiques.
Ainsi, la pression fiscale totale passera de 44,9 à 46,3% du PIB tandis que les dépenses publiques seront « stabilisées » à 56,3% du PIB. Les recettes de l'impôt sur le revenu devraient augmenter de 25% (de 59 milliards à 73 milliards). Une nouvelle tranche d’imposition à 45% est créée au dessus de 150.000 €, avec bien sûr toujours le fameux taux de 75% pour les revenus (du travail seulement) au-dessus de 1 million. Cette progressivité plus agressive n'est pas une bonne recette pour les incitations à investir et à créer. Le statut de l’auto-entrepreneur sera rogné. La nouvelle fiscalité sur les plus values de revente de parts d’entreprise (60,5 % !) sera une puissante incitation pour les entrepreneurs à ne plus lancer de projets d’entreprise. Les entrepreneurs se rebellent d’ailleurs avec un nouveau collectif qui proteste contre cette fiscalité anti-croissance : « les Pigeons » (http://defensepigeons.org). Les recettes de l’impôt sur les sociétés devraient augmenter de 30% à 52 milliards (en particulier du fait du rabotage des déductions fiscales des grandes entreprises sur charges d’intérêt).
On voit difficilement comment les problèmes de chômage élevé (qui a récemment atteint 10%) et de manque de compétitivité dû au coût du travail seront résolus par une telle politique (surtout après que le gouvernement l'été dernier a choisi de réduire l'âge de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans et augmenté le salaire minimum national).
Aujourd'hui, le gouvernement maintient que la plupart de l'effort fiscal sera supporté par les ménages riches et les grandes entreprises. Mais, premièrement, derrière la rhétorique de « lutte des classes », l'on sait bien que de frapper les riches revient, en fin de compte, à frapper les pauvres - parce que les riches investissent moins ou partent. Ensuite, il s'avère en outre que, d'après un syndicat des impôts, 16 millions de foyers fiscaux (sur 36 millions) seront touchés par une augmentation d’impôts, étant donné le gel du barème de l'impôt. Le plafond du quotient familial est réduit de 2.300 à 2.000 €, ce qui nuira aux familles de la classe moyenne qui paient l'impôt sur le revenu. La nouvelle taxation des dividendes et de l’épargne va pénaliser les épargnants pauvres et moyennes de classe. Une mesure prise cet été par le gouvernement a déjà réduit le pouvoir d'achat des « travailleurs » : la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires.
La masse salariale de l’État est « gelée » à 80 milliards – et non pas réduite. Même la réduction du budget d’un Ministère aussi peu prioritaire que celui de de la Culture est risible (de 2,54  à 2,43 milliards d'euros - soit à peine 110 millions... de différence). Effectivement, 12 300 emplois seront supprimés dans les différents ministères. Mais 11 000 nouveaux emplois publics seront créés (en plus des 6 800 déjà créés cet été). La règle du non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite mise en place par M. Sarkozy a été supprimée. Même quand il est affirmé que les programmes publics seront réduits (mais Jean-Marc Ayrault n'en a pas mentionné un seul au cours d'une émission TV jeudi soir), il est difficile de voir où seront trouvés les 10 milliards.
Une étude récente du NBER [1] par Alberto Alesina, Carlo Favero et Francesco Giavazzi constate que les ajustements budgétaires axés sur les dépenses sont « associés à des récessions mineures et de courte durée, et dans de nombreux cas pas de récession du tout » tandis que « les ajustements fondés sur l'impôt » sont associés à « une récession profonde et prolongée ». Il est grand temps que la France rationalise son administration (par suppression de couche dans son « mille-feuilles ») et réduise ses dépenses publiques. M. Sarkozy était sans doute un grand dépensier faisant exploser la dette publique d'environ 30% (ce qui affaiblit les critiques de l'opposition aujourd'hui), mais l'effort de rationalisation des dépenses publiques avec la Revue générale des Politiques Publiques était un bon début. M. Hollande l'a écarté.
Enfin, notons l’habituelle hypothèse optimiste quant à la croissance l'année prochaine : 0,8% alors que les économistes prévoient 0,3%. 0,1% signifie tout de même 1 milliard. Comme il est évident que le choc fiscal étouffera l'économie, les prévisions de croissance du gouvernement de 2% pour les prochaines années sont un gag.
Après près de quarante ans de budgets en déficit, le fait que la France se soit enfin tournée vers la responsabilité budgétaire a pu paraître comme une bonne nouvelle. Mais c'est le type de chemin vers la responsabilité financière qui importe, et, malheureusement, M. Hollande a choisi « l'austérité avec plus d'impôts et pas de réforme ». La France étant un acteur incontournable dans la crise actuelle de l’Euro, ce budget éminemment pro-récessif, s’il est voté, ne pourrait-il signifier la fin proche de l'Euro ?

"le temps des larmes" 

 
Le temps des larmes est venu. Il était annoncé depuis longtemps, il s'inscrit dans la logique de la crise économique. Et s'il vient si tard, c'est du fait de l'élection présidentielle qui a reculé de quelques mois les échéances sociales. Ce sursis a donné à certains Français l'impression qu'on exagérait la portée de la crise. Les derniers chiffres concernant le chômage et les premières annonces de plans sociaux importants viennent démentir définitivement cette illusion. Quelle réponse apporte le pouvoir à ces premiers orages ? Un discours moins triomphant que durant l'été. Une politique écrasée par les réalités. Bref, un aveu d'impuissance.
La politique suivie par le gouvernement repose toujours sur les mêmes objectifs : une hypothèse de croissance à 0,8 % pour 2013 et la réduction du déficit à 3 %. Mais même dans les rangs socialistes on estime irréalisable cette ambition. "Objectif intenable", avoue le président de l'Assemblée nationale. Dès à présent on peut donc prévoir que l'effort budgétaire supplémentaire de 37 milliards d'euros prévu pour 2013 sera insuffisant. On en imagine les conséquences fiscales.
Le même accent est toujours mis sur la croissance. Mais c'est un vain mot en la circonstance, puisque le gouvernement ne se donne pas les moyens de l'assurer. Le matraquage fiscal - n'en déplaise à Moscovici - qui frappe l'entreprise va à contresens d'une politique de relance. On semble avoir compris, un peu tard, que les PME sont un agent précieux dans une stratégie de croissance. Mais elles sont dépendantes des grandes entreprises, et l'on frappe et l'on décourage celles-ci.
Quant à l'emploi, la marge de manoeuvre du gouvernement est extrêmement faible. Quel plan social a-t-il le pouvoir de rejeter ? L'ayant compris, il a mis fin à ses rodomontades. Il en est réduit à un rôle d'assistance sociale. Une sorte de Samu social. Le pauvre Montebourg, nommé pour donner de l'élan à l'industrie, passe ses jours et ses nuits à tenter avec un zèle admirable de trouver, quasiment au cas par cas, des solutions propres à réparer sur le terrain les dégâts sociaux provoqués par les difficultés des entreprises. Triste symbole d'une misère...
Le temps de la colère est-il venu avec celui des larmes ? L'exemple de l'Espagne et de la Grèce, parmi les pays dont nous suivons la pente, devrait nous éclairer. Le mécontentement y est très fort, mais l'expression de la révolte n'y est qu'épisodique. Et à chaque pays sa spécificité politique. À cet égard, François Hollande et son gouvernement ont pour eux de n'être en place que depuis peu de temps. Leur plongée dans les sondages ne peut plus guère s'accentuer, ils bénéficient par là même d'un sursis. Mais surtout, ils jouissent d'une précieuse immunité parlementaire, du fait du poids de leur majorité. Celle-ci est certes incontrôlable, mais elle se souderait dans des circonstances mouvementées.
La France est politiquement structurée. L'extrême gauche y est représentée au Parlement. L'extrême droite fait partie depuis trente ans du patrimoine national, et elle est plus dérangeante par son verbe que par son action. On voit mal, dans ces conditions, la colère populaire s'exprimer autrement que sous des formes ponctuelles et éphémères. 
La France n'est pas aujourd'hui dans des dispositions aventureuses.

Quand la satire fait “pschitt”

Qu’il s’agisse du français Charlie Hebdo ou de son confrère allemand Titanic, l’humour dont font preuve les magazines satiriques semble davantage viser à faire parler d’eux qu’à inciter la société à réfléchir.

Le magazine satirique Titanic sort ce 28 septembre dans les kiosques avec une nouvelle Une. Ladite couverture montre [l’ex-première dame d’Allemagne] Bettina Wulff, menacée ou protégée, selon la façon dont vous voyez la chose – on préfère ne pas s’avancer – par un combattant islamiste armé. Un photomontage puéril qui témoigne de la posture floue et timorée du journal. Y est-il question de Bettina Wulff et de ses velléités d’ores et déjà copieusement moquées en Allemagne de faire parler d’elle dans les médias ? C’est un sujet qui n’en est plus un depuis longtemps, et c’est là un des autres problèmes de Titanic : le journal nous ressert sans cesse les mêmes plats réchauffés. A moins que ce ne soit une nouvelle tentative d’une poignée de journalistes portés sur la plaisanterie de jouer avec les nerfs des musulmans pour savoir s’ils sont bien tel qu’on les imagine : s’introduisant munis d’une ceinture d’explosifs dans les rédactions des journaux satiriques de France et d’Allemagne et apportant ainsi aux amuseurs la confirmation de l’impact de leur humour de carabin.
Voyant que quelques milliers de personnes se sont déchaînées contre le film L’innocence des Musulmans en Egypte, en Syrie et en Iran, des responsables politiques allemands se sont émus du "coup" annoncé par Titanic. Guido Westerwelle, le ministre des Affaires étrangères, a ainsi déclaré qu’il fallait se garder de jeter de l’huile sur le feu.
Pendant ce temps, la responsable politique française Christine Boutin a dit vouloir porter plainte contre le journal Charlie Hebdo, jugeant que les caricatures de Mahomet qui y ont été publiées remplissent les critères de l’incitation à la haine raciale. Et [l’euro-député Vert] Daniel Cohn-Bendit est sorti de ses gonds à la télévision, traitant les dirigeants de Charlie Hebdo de "cons" et de "masos" qui se complaisent dans leurs propres craintes. Bon.

Plumes contre cimeterres

Rarement la satire aura autant fait parler d’elle dans les médias que ces jours-ci. Rarement l’agitation autour des dessins et des couvertures satiriques aura été si forte en Allemagne, et plus encore en France. Rarement on aura vu se manifester autant de partisans et d’ennemis de la satire, à coups de mises en demeure et de mises en garde parfois effarantes – [le célèbre journaliste d’investigation allemand] Günter Wallraff dit vouloir que les médias européens soient inondés de caricatures critiques de l’Islam afin que la "démonstration de liberté" – il le dit très sérieusement – ne soit pas seulement l’affaire d’une poignée d’amoureux de la liberté.
Cette audace vibrante est en réalité la colère ardente de néo-bourgeois excités qui pensent que l’ordre libéral peut être renversé par des islamistes fous et que "l’art sacré" est un moyen de sauvegarder notre ouverture d’esprit. Des plumes acérées face aux cimeterres.
Il est simplement dommage de voir que, à une époque où l’on fait tant de foin à son sujet, la satire est mauvaise comme rarement elle l’a été. Le problème ne vient même pas de la piètre facture des dessins de Charb dans Charlie Hebdo. Ce qui est triste, c’est l’indigence intellectuelle de toutes ces images, ces montages, ces plaisanteries, qui ne visent qu’à faire sensation. Il n’y a rien de sensationnel là-dedans, sinon que ces gens s’aventurent sur un terrain sensible inédit, dont l’attrait tient au fait qu’il est impossible de savoir à l’avance ce qui se passera – encaisseront-ils le choc ou mettront-ils le feu ? S’en prendre aux politiques ne sert à rien et reste donc l’apanage d’amuseurs télévisuels d’arrière-garde qui ne se rendent pas compte que leur discours est plus éventé encore que celui des politiques.
Le seul moyen pour un satiriste de faire recette aujourd’hui est de s’attaquer à la pudeur religieuse – c’est le succès assuré : le Pape va en justice, le Conseil du culte musulman dénonce les atteintes portées aux sentiments religieux de ses fidèles, et les satiristes répliquent une nouvelle fois dans la veine du patriotisme constitutionnel : un pays libre ne doit pas interdire la satire. Leo Fischer, le rédacteur en chef de Titanic, déclare : "Les musulmans doivent tolérer les plaisanteries les concernant". C’est aussi vrai que barbant. Et, selon toute vraisemblance, ils les tolèreront, de même que nous devrons nous accommoder du fait que la satire politique allemande ne nous donnera guère matière à réflexion dans les années à venir, ainsi qu’elle nous y a déjà habitués.

Pologne, les Allemands reviennent !

Pendant des années, l’Allemagne de l'Ouest a été une destination de choix pour les émigrés polonais. Mais aujourd'hui, ce sont les Allemands qui traversent l’Oder à la recherche d’un emploi en Pologne.

"Lève-toi, paresseux, avant que je perde patience. Nous allons à Łódź !", dit le texte d’une chanson bien connue en Allemagne ("Theo, wir fahr'n nach Lodz") écrite au XIXe siècle, à l'époque de l'industrialisation et du plein essor industriel du district de Łódź. Pour les Allemands, cette ville était un eldorado. C’est ici qu’ils voyaient la possibilité d’une vie meilleure, c’est ici qu'ont bâti leur fortune les Scheibler de la Rhénanie, ou les familles saxonnes Geyer et Herbst. L'histoire aime se répéter.
Après les cataclysmes des deux guerres mondiales, et après l'effondrement du communisme, assistons-nous une nouvelle fois à l'arrivée d'une vague d'immigrants allemands en Pologne ? Certes, ce n'est pas encore l'exode, mais notre pays est néanmoins devenu l'un des lieux d'installation préférés des Allemands.
En 2006, la Pologne était à la cinquième place du classement des destinations pour les expatriés allemands, qui sont désormais plus nombreux en Pologne qu'en Espagne ou en France. Selon l'Office fédéral allemand des statistiques,  9 434 citoyens allemands ont déjà élu domicile en Pologne. Notre pays a ainsi détrôné de sa troisième place l'Autriche, pour se placer juste derrière la Suisse et les Etats-Unis.

Les Allemands en route

Il y a quelques années, les déplacements se faisaient dans la direction opposée. Jusqu'à la chute du communisme et la transformation de la Pologne, l'Allemagne de l'Ouest était une destination de rêve pour les réfugiés polonais qui, avec des photos de leurs parents éloignés en uniformes de la Wehrmacht, sollicitaient des papiers allemands ou, faute de mieux, une Aufenthaltsbewilligung, une autorisation de séjour.
Aujourd'hui, malgré les incitations pour venir travailler en Allemagne, sous forme d'offres de cours de langue gratuits, ou de formation professionnelle, ou même de versements de bonus exceptionnels par certaines entreprises, l'intérêt de nos compatriotes pour partir vivre au-delà de l'Oder est relativement faible.
Les rôles se sont inversés, la Pologne est devenue pour des milliers de voisins de l'Ouest l'un des pays les plus attractifs pour vivre et faire carrière. Près de 6 000 sociétés allemandes, petites et moyennes pour la plupart, ont déjà jeté l'ancre en Pologne. La valeur des investissements allemands est estimée à 22 milliards d'euros, ce qui représentait l'an dernier 21% de tous les investissements étrangers en Pologne.
Il y a quelques années, quand un Allemand déclarait vouloir partir travailler en Pologne, il entendait en règle générale : "Tu es fou ?!" Aujourd'hui, plus personne ne s'étonne. Les chômeurs allemands, en particulier ceux de la zone frontalière de l'ancienne RDA, y voient la possibilité de trouver un emploi fixe, et les jeunes diplômés une opportunité d'avancement professionnel et de missions plus ambitieuses.
Bartłomiej Sochański, l'ancien maire de la ville de Szczecin et consul honoraire de la République fédérale d'Allemagne dans cette ville, parle de quelque 2 500  travailleurs allemands dans sa région : installateurs de plomberie et de chauffage, menuisiers, maçons, couvreurs, etc..., venus notamment des régions du Brandebourg et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale tout particulièrement touchées par le chômage. Nombreux sont ceux qui, installés de l'autre côté de la frontière, n'envisagent plus de retourner en Allemagne.
Ce qui séduit les Allemands en Pologne est aussi le désir de retourner sur les traces familiales, ainsi qu’une certaine forme de nostalgie. Gotthard Sinapi a choisi le village Lekowo, à côté de Swidwin. Ce restaurateur de monuments de 58 ans est l'un des co-propriétaires du château, ou plutôt de ce qui reste de la bâtisse du XVIIe siècle. La restauration, financée par les membres de toute la famille éparpillée à travers le monde, a duré plusieurs années. Il reste encore beaucoup à faire, mais d'ores et déjà plusieurs chambres d'hôtes sont prêtes à recevoir des amateurs d'agrotourisme ; une salle de chasse a été aussi rénovée, tout comme la pièce qui, trois fois par an, accueille le public pour un concert.

Les chevaux attendent

Le plus connu des Allemands "polonais" est sans doute l'acteur Steffen Möller, devenu célèbre grâce à la série télévisée "M jak miłość" (A comme amour). Dans son one-man-show, ce véritable "ambassadeur" de notre pays en Allemagne (auteur du best-seller Viva Polonia. Als deutscher Gastarbeiter in Polen,  Viva Polonia, Un travailleur immigré en Pologne) prodigue des conseils à ses compatriotes sur la manière de s'insérer parmi les Polonais. "Je vous préviens : ce soir, certaines personnes devront jeter par-dessus bord leurs stéréotypes préférés – après tout notre voisin oriental est pour nous le pays d'émigration numéro 3!". Son dernier livre Expedition zu den Polen [Expédition en Pologne] a occupé pendant plusieurs semaines le premier rang des livres les plus lus en Allemagne. Dans les librairies et sur Internet, on voit un nombre croissant de livres spécialisés destinés aux émigrés et consacrés à la réglementation polonaise en matière de création d'entreprise, d’emploi, ou de système fiscal.
"Cet ignoble trou, je suis trop jeune pour toute cette saloperie, j'ai besoin de musique et de danse, et d’un peu d'élégance, reprends toi et en route, là-bas je serai libre, là-bas je vivrai enfin, et je goûterai à l'amour, Theo, partons pour Łódź ". Cette chanson, reprise par la chanteuse grecque Yicky Leandros, était (il y a quelque temps...) un tube en Allemagne. Bien avant cela, à l'époque des partitions de la Pologne, elle a été chantée, notamment par des soldats autrichiens, qui l'accompagnaient d'un persiflage écrit par Fritz Löhner-Beda, un auteur juif assassiné en 1942 à Auschwitz. Les émigrés allemands trouveront-ils chez nous leur "terre promise" ? Quoi qu'il en soit "les chevaux attendent", comme dit la chanson.

lundi 1 octobre 2012

Jeu du Lundi : pendons l'entrepreneur avec ses tripes

Le candidat Hollande fut élu grâce à deux facteurs : l'envie de certains de se débarrasser de Sarkozy, et l'envie d'autres de faire payer les riches pour relever une économie au bord du gouffre. Flanby président, l'économie est maintenant au fond de l'abîme, et il faut bien trouver des thunes. Or, si Sarkozy est bien parti, il a rapidement été suivi des riches. Ce seront donc les entrepreneurs qui prendront. Cher.

Pendant la campagne, rappelez-vous, le brave, courtois et honnête Hollande avait promis de faire une "grande réforme fiscale" en engageant dès cet été la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG afin que "la contribution de chacun soit rendue plus équitable", avec pour but un "redressement dans la justice" et autres gentils qualificatifs qui donnait une ampleur biblique à l'ensemble de l'opération.
Après l'élection, les choses ont très légèrement changé. Quelques gros naïfs de gauche s'en étonnent encore, et quelques benêts de droite croient toujours à une issue plus joyeuse que celle qui se profile, mais le doute n'est plus permis : l'honnête Hollande s'est transformé en Flanby Le Menteur, voire Flambard si l'on en juge par l'obstination pathologique à ne surtout pas réduire le train de vie pharaonique de l’État. La facilité, la démagogie et les petites combines d'intérêts particuliers ont mis fin à la belle révolution fiscale juste, équitable, bisou-compatible et tout le tralala.
Et la présentation du projet de budget 2013 permet d'affirmer que la tempête de vexations n'en est qu'à ses débuts : tout le monde en prend pour son grade. À commencer, bien sûr, par la lie de l'humanité : ceux qui produisent des richesses, ceux qui créent de l'emploi, ceux qui ont l'affront de produire, vendre des biens et des services.
Il était temps : ce pays croulait sous les bonnes volontés et la haine farouche du train-train fonctionnaire ; la rage libérale d'entreprendre y ravage en effet les esprits, depuis une presse complètement inféodée à l'ultralibéralisme triomphant jusqu'à la classe politique, qui comme chacun sait (mais si !) est presqu'exclusivement composée d'entrepreneurs self-made men et autre gourous des industries de toute sorte, aux dents longues et aux habitudes capitalistiques chevillées au corps.
Dès leur timide accession au pouvoir, les Socialistes se sont décidés à mettre bon ordre à toute cette fièvre entrepreneuriale. Mais leurs pouvoirs sont limités puisqu'ils n'ont que le sénat, le parlement, les régions, les départements, les grandes villes, la presse, la radio, la télévision, l'éducation, les administrations territoriales et nationales et un petit bureau au 10 rue Solférino. Il leur fallait frapper un coup décisif à toutes ces velléités latentes du pays à se transformer en enfer libéral et paradis fiscal.
C'est pourquoi, en quelques jours, nos amis de la Joyeuse Socialie ont vigoureusement douché les patrons. Il faut bien commencer par quelqu'un, autant que ce soit par tous ces salauds de riches auto-entrepreneurs. Pour cela, le projet de budget 2013 aligne les cotisations sociales, honteusement favorables à ce statut, à celles des autres entrepreneurs. Et vlan, voilà qui va bien les calmer, ces gros bourgeois qui gagnent jusqu'à 20.000 euros par an ! Grâce à cette vigoureuse remise en question du principe même d'auto-entrepreneur, la plupart des rares rigolos qui voulaient encore se lancer avec ce statut reviendront bien vite dans le giron du salariat ou du fonctionnariat qu'ils n'auraient jamais dû quitter.
Parallèlement, une habile refonte du régime social des indépendants a rapidement permis de saboter définitivement le revenu d'une autre catégorie d'entrepreneurs. Le RSI, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la fusion de toutes les caisses de protection sociale des chefs d’entreprise en un seul organisme bien gros, bien lourd, bien bureaucratique et pas du tout compréhensif vis-à-vis de ceux qui l'alimentent. Les indépendants ont en effet  le toupet de cotiser fort cher pour une couverture sociale dont la plupart du temps ils ne se servent pas. De plus, les cotisations sont toujours calculées sur les revenus de l'année antérieure : miam, un bon gros décalage de trésorerie, et voilà l'indépendant qui doit abandonner bien vite l'idée de vivre de son activité. Et le plus beau est qu'une bonne partie du temps, lorsque l'indépendant tombe malade pour une durée un peu longue, son chiffre d'affaire devient nul alors que les cotisations, elles, sont toujours réclamées. Rapidement, le cotisant ne touchant plus rien, ne peut plus rien payer et se voit déchu de ses droits.
Voilà un service d'assurance comme on aimerait en voir plus souvent : on récupère les cotisations et on ne paye pas la prime lorsqu'un sinistre arrive. Malin ! À court terme et du point de vue de l'organisme collecteur, voilà qui est fort efficace... (même si cela n'empêche pas le RSI d'afficher un déficit abyssal). À moyen et long terme, bien sûr, les indépendants vont disparaître, mais comme disait ce bon vieux Keynes, l'ami des Socialistes sans rigueur, "d't'façon, au final, on est tous morts !"
Et puis, pour faire bonne mesure et comme il n'était écrit nulle part que la fusion aboutissant au RSI devrait bien se passer, l'organisme en a profité pour ajouter à sa vision très particulière de l'indépendant une capacité naturelle à faire absolument n'importe quoi n'importe comment avec les cotisations et l'informatique derrière. C'est pour ajouter un petit côté fun à l'ensemble de l'opération, en quelque sorte.
Et alors que la première lame coupe l'auto-entrepeneur dans son élan, que la seconde ratiboise l'indépendant un peu trop léger avec sa gestion de trésorerie (quelle idée de gagner petit, aussi !), la troisième lame du budget va s'occuper d'éradiquer une fois pour toute cette lubie typiquement anglo-saxonne importée en France dans des années d'euphorie lubrique capitaliste : la start-up.
Et pour parvenir à ce but limpide du socialiste qui a bien raison de cogner sur le riche pas assez partageux, une méthode simple consiste donc à aligner l'imposition des revenus du capital avec ceux du travail. Ceci va conduire, par exemple, un entrepreneur qui cède son entreprise, après 10 ans de labeur, d'incertitudes, de hauts et de bas, de semaines de 70 heures, à payer 45% (d'IRPP) et 15,5% (de CSG/CRDS) soit plus de 60% sur la plus-value de cession. Non seulement, cela rapportera quelques pépettes au budget (mais si, puisque Flanby vous le dit), mais cela aura aussi l'effet palpable de couper les membres à toute personne qui voudrait bêtement se lancer dans la création d'entreprise, la prise de risque, les semaines interminables, les revenus en yoyo, et tout ce qui fait le "charme" de ce genre de projet.
Et puis, comme le souligne Pierre dans son billet, à ces 60,5% tronqués de la plus-value, le joyeux entrepreneur devra ensuite s'acquitter de différentes taxes, dont les 45% de prélèvements lorsqu'il mourra, lors de la transmission de son patrimoine.
On le comprend ici, les Socialistes, avec cette méthode en trois lames temps ont parfaitement réussi à faire passer un message clair : se lancer dans l'entreprise en France confine maintenant à la psychiatrie lourde.
Bon. Ceci posé, il reste un douloureux problème : ceux qui sont encore dans les rouages de l'entrepreneuriat, et qui vont donc découvrir toute une palette de sodomies fiscales créatives avec et sans chignole. Pour ceux-là, guère d'espoir d'être entendu. C'est pourquoi je relaye l'intéressante initiative d'un groupe d'entre eux qui a bien senti la mise en route des trépans miniers après qu'on leur a imposé de se plier en deux. Il s'agit d'un groupe Facebook dont le totem est, finalement, parfaitement adapté :

LE PIGEON


Fuite de cerveau

Il y a une quinzaine d'années, je me souviens de cours d'histoire-géo où l'on essayait de m'expliquer qu'un des malheurs de la France, c'était la "fuite des cerveaux"...
Pensez-donc, quels sans-cœurs ces vilains forts-en-thème qui s'en vont prêter leurs services à de vils gouvernements étrangers voire, comble de l'horreur, à des multinationales apatrides qui les attirent loin de leur terre natale en les corrompant avec des salaires mirobolants. J'exagère ? Oui, sans doute, mais à peine.
Je suis maintenant probablement entré dans la catégorie des "cerveaux" sus-citée. C'est un peu prétentieux de dire ça comme ça, mais c'est assez probable : de par mes diplômes et mes expériences, je peux en effet sans condescendance déplacée me compter parmi ces personnes sur qui la Nation compte pour créer, inventer, entreprendre.
Et vous allez rire, mais à même pas 30 ans j'ai déjà quitté la France, probablement définitivement. Oh, non pas parce qu'un gouvernement ou une multinationale m'a proposé un salaire indécent avec villa, hôtesses et champagne à volonté tous les soirs, je suis parti sans avoir offre d'emploi au préalable. Non pas parce-que je n'aime pas la France, elle qui est si riche de toutes ses cultures, ses identités, ses paysages, son histoire, je sais que ce sera très difficile de replanter mes racines ailleurs. Non pas parce-que j'ai gagné au loto ou hérité et que je déménage dans un paradis fiscal pour installer ma piscine de pièces d'or à l'abri de l'ISF, ma fortune personnelle actuelle ne me permettant même pas d'atteindre l'ancien plafond du livret A. Non, rien de tout cela, comme beaucoup.
Si l'on considère mes revenus et mon patrimoine au moment de mon départ, la France n'a pas perdu grand-chose à court terme en me voyant partir : c'est peut-être la raison pour laquelle on me répondait "Eh bien casse-toi, alors" quand je m'ouvrais à certains de mes concitoyens sur mes doutes et interrogations concernant le futur de mon pays.
Ce qu'on ne comprenait pas en m'invectivant de la sorte, c'est que ma richesse n'est probablement pas sur mon compte en banque : elle est dans ma tête, dans ma volonté d'entreprendre, de créer une activité à partir de quelques idées qui peuvent marcher et, satisfaction ultime, de pouvoir en faire vivre des employés. Sauf que le jour où, ayant décroché mon premier job, j'ai reçu ma première feuille de paye, j'ai compris qu'il y avait peu de chances pour que je crée quoi que ce soit en France.
Quand le salarié ne reçoit sur son compte - avant impôts sur le revenu - que la moitié de ce que l'entreprise dépense pour lui, c'est-à-dire la moitié de la valeur qu'il génère effectivement, ça vous passe l'envie de faire vivre des employés et de leur donner un bon salaire. Quand les chefs d'entreprise qui réussissent sont considérés partout comme des profiteurs, exploiteurs, parasites ou même publiquement insultés et ceux qui échouent sont méprisés voire accusés d'office de fraude à la TVA à la liquidation de leur affaire, ça vous passe l'envie de prendre des risques. Quand vous vous rendez compte que plus de la moitié de ce que vous produisez est prélevé sans que vous ayez votre mot à dire pour combler les puits sans fond de la sécu, des caisses de retraite et j'en passe, ou simplement pour payer les intérêts d'une dette que vous n'avez pas contractée ni souhaité contracter, ça vous passe l'envie de gagner mieux votre vie et voir encore et toujours plus d'impôts partir en fumée. Quand un gouvernement s'estime en droit de s'approprier 60% de la valeur créée par votre activité lorsque vous la revendez, cela vous passe l'envie de bosser 12h par jour et de mettre de côté votre vie de famille pour ne récupérer que quelques miettes lorsque vous décidez de passer le relais à quelqu'un d'autre. Quand vous voyez que le budget annuel de l’État prévoit des dépenses jusqu'à 90% supérieures aux recettes sans jamais ne serait-ce qu'espérer approcher l'équilibre, ça n'est pas encore au point de vous passer l'envie de faire des enfants mais vous pensez à votre descendance, qui n'aura rien demandé mais pâtira d'une manière où d'une autre des erreurs commises au nom de tous par les élus actuels.
Je quitte la France parce qu'il est hors de question que mes enfants soient considérés comme redevables des dettes que ni mes parents, ni moi n'avons contractées. Parce qu'il est on ne peut plus injuste que leur avenir soit sacrifié sur l'autel des fantasmes de politiciens de droite ou de gauche qui croient que l'on peut indéfiniment acheter des voix à crédit. Parce que lorsque quelqu'un réussit en France en dépit des innombrables taxes, impôts, réglementations, administrations en tous genres, il n'est plus considéré comme un citoyen ordinaire mais comme un esclave dont le devoir est de porter le reste de la société laquelle, non contente de profiter de sa réussite, la jalouse et la considère comme un dû. Parce que je sais que si j'étais resté en France, je serais puni pour le simple fait de créer de la richesse, puni parce que j'inventerais, je créerais, je concevrais, je fabriquerais. Puni pour le bien que j'apporterais à la société.
Je suppose que dans les classes d'histoire-géo des collèges et lycées français, on parle encore de "fuite des cerveaux" sans rien comprendre. Et que l'on va en parler encore longtemps...

Esprit d'entreprise : "Hollande m'a tuer"

Réussir à tuer l'auto-entreprise, les start-ups et l'intéressement des salariés le même jour, Mélenchon en a rêvé, Hollande l'a fait. T'es un vrai killer François !
Le gouvernement socialiste de MM. Hollande et Ayrault a frappé très fort ce vendredi 28 septembre, une date à retenir pour de bien mauvaises raisons : dans la même journée, il a annoncé l'alignement de la taxation des plus values de revente des parts d'une entreprise sur celle des revenus, et d'autre part, il a annoncé la fin des avantages fiscaux de l'auto-entrepreneur.
Quelques explications s'imposent. C'est Pierre Chappaz, lui même "serial entrepreneur" (kelkoo.com, over-blog...) qui nous explique comment les plus values vont tuer les start-ups :

Je ne connais pas un seul fondateur de startup qui acceptera l'idée que, en créant une entreprise dans laquelle il va investir toutes ses économies et des années d'efforts, souvent sans se payer, il donnera à l’État 60,5% de son gain quand il vendra sa boite s'il réussit. Il faut savoir que 9 startups sur 10 échouent, et dans ce cas personne ne rembourse le fondateur. Ensuite, sur les 39,5% qui lui resteront, il paiera 1 à 2% par an, tous les ans, c'est l'ISF. Et quand il mourra, l’État prendra 45% de ce qui reste.
Effectivement, créer une start-up avec de telles perspectives, cela ne va pas de soi. Seuls les fous, les chômeurs sans autre solution de survie et les margoulins s'y risqueront encore.
En ce qui concerne les auto-entrepreneurs, le régime de cotisations sociales sera désormais aligné sur celui des autres travailleurs indépendants, ce qui supprime toute attractivité au statut d'auto-entrepreneur. Il est vrai que cette population de gens préférant l'entreprise à l'assistanat, de super-riches gagnant 9 fois sur 10 moins que le SMIC, ne pouvait pas trouver grâce aux yeux de nos paléo-socialistes. Allez, exit l'auto-entrepreneur.
Mais ce n'est pas tout : partout en France, des entreprises sont en train de renoncer aux plans d'intéressement de leurs salariés en actions gratuites. Cet intéressement bénéficiait jusqu'ici d'une forte détaxe sur les cotisations salariales et d'une franchise de cotisations "patronales" (je sais, la séparation entre cotisations salariales et cotisations patronales est purement artificielle, mais ce n'est pas le débat du jour). Désormais, les charges sur ces plans de distribution atteindront 40,5% de leur montant, ce qui pousse les entreprises qui voulaient associer l'effort de leurs salariés à leur réussite capitalistique à y renoncer. Ce faisant, le gouvernement pénalise surtout des petits salariés (j'ai rencontré un entrepreneur nantais dont les salariés gagnent en moyenne 1500 euros/m, et qui voulait leur octroyer à peu près 2000 euros en actions gratuites. Mais à plus de 800 euros de charges par salarié, il a préféré y renoncer...), et prive les entrepreneurs d'un formidable levier de motivation pour des petites entreprises qui ne peuvent pas payer les mêmes salaires que les grands groupes, mais qui, en associant les premiers salariés à leur croissance, peuvent en faire des quasi-associés, en quelque sorte des salariés-entrepreneurs... Mais cela non plus ne trouve pas grâce aux yeux de nos socialauds de combat.
Réussir à tuer l'auto-entreprise, les start-ups et l'intéressement des salariés le même jour, Mélenchon en a rêvé, Hollande l'a fait. T'es un vrai killer François ! Ce gouvernement n'est pas simplement incompétent, démagogue et sectaire. Il est avant tout dangereux.
Et ce n'est pas fini. Jean Marc Ayrault a promis, suite à l'annonce de la fermeture d'un haut fourneau de Mittal à Florange (Lorraine), un projet de loi qui rendra encore plus difficiles les restructurations d'entreprises : voilà qui devrait aussi refroidir grandement les investisseurs étrangers qui voudraient faire grandir nos entreprises. Les investissements étrangers en France se limiteront à des achats de marque et de savoir-faire pour les transférer vers des cieux plus cléments. La boucle sera alors bouclée : faire naître une entreprise ou la faire grandir en France deviendra un acte suicidaire.
Le frétillant ministre des finances Pierre Moscovici a annoncé qu'il envisageait 0,8% de croissance en 2013 et 2% pour les années suivantes. Ou bien ce type marche à la coke, ou bien il n'a plus honte de rien. Ce n'est pas en tuant toutes les incitations à la création d'entreprises ou à l'investissement dans celles qui sont déjà établies que nous créeront les emplois que la première partie de la crise a éliminé. Nous allons au contraire vers une récession carabinée, au plus tard au second semestre 2013, et peut-être bien avant. L'effet des mesures annoncées ce 28 septembre pourrait être aussi dévastateur pour l'économie que ne le fut, le 18 octobre 1685, la révocation de l'édit de Nantes, qui fit fuir de l'hexagone la classe la plus entreprenante du pays, les protestants.
Il reste encore une toute petite chance que les députés ne votent pas ces propositions budgétaires en l'état. Mais elle est ténue. En attendant, préparez vos mouchoirs ou vos valises. Comme dirait H16, ce pays est foutu.
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Nb. La mobilisation contre les projets gouvernementaux sur les réseaux sociaux bat son plein. Twitter est en feu, et un groupe de défense des entrepreneurs vient de naître sur Facebook. Vous pouvez rejoindre @defensepigeons sur twitter ou "liker" le groupe "Les pigeons : mouvement de défense des entrepreneurs français" sur Facebook. Déjà plus de 1000 likes et abonnés en moins de 12 heures, et une grosse manif en préparation le samedi 6 octobre à Paris. Plus de détails rapidement via twitter. N'hésitez pas à utiliser @defensepigeons ou le hashtag #Geonpi dans vos twitts pour faire connaître le mouvement.

ArcelorMittal annonce la fermeture des hauts-fourneaux de Florange

Avec cet arrêt définitif, ce sont quelque 600 salariés des 2.500 du site de Florange qui se retrouveront au chômage, sans compter les sous-traitants.
La décision a fini par tomber. La direction d'ArcelorMittal a annoncé lundi 1er octobre en comité central d'entreprise la fermeture définitive des hauts-fourneaux de Florange (Moselle), selon des sources syndicales citées par l'AFP. La direction a annoncé "un projet de fermeture définitive de la filière liquide de Florange", ont fait savoir les syndicats. 
"Pour l'instant, il n'y a aucun investissement annoncé", a déclaré à l'AFP le responsable de la CFDT, Edouard Martin.
Avec l'arrêt définitif, ce sont quelque 600 salariés des 2.500 du site de Florange qui se retrouveront au chômage, sans compter les sous-traitants.

Le gouvernement monte au créneau
C'est précisément pour éviter ce désastre social, dans une région déjà très largement affectée par la fermeture de nombreux sites sidérurgiques - le dernier en date étant du site ArcelorMittal de Gandrange en 2009 - que le nouveau gouvernement a sonné la mobilisation générale.
Le président François Hollande a ainsi reçu à l'Elysée Lakshmi Mittal. Le Premier ministre Jean Marc Ayrault, son ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, et même la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, ancienne élue de la région, sont montés au créneau.
L'idée de l'Etat est que, si la fermeture des hauts fourneaux est actée, ces derniers puissent être rachetés en dépit du refus du propriétaire.
C'est précisément l'objet de la proposition de loi que le groupe socialiste doit déposer dans la semaine, permettant le rachat de sites aux industriels qui veulent s'en débarrasser. Le texte devrait être voté d'ici la fin de l'année.
Pour des raisons de logique industrielle, la direction d'ArcelorMittal s'est jusqu'à présent refusée à dissocier l'ensemble des installations du site de Florange, comprenant notamment les hauts fourneaux et la cokerie qui alimente un autre de ses usines, celle de Dunkerque.
Mittal lâche du lest
Il semble, selon Libération, que Lakshmi Mittal soit désormais disposé à céder les hauts fourneaux de Florange. Si tel est le cas, Arnaud Montebourg a d'ores et déjà fait savoir que l'Etat serait prêt à les racheter pour un euro symbolique avant de les revendre à un repreneur.
De plus, Arnaud Montebourg demande à la direction d'ArcelorMittal d'injecter au moins 150 millions d'euros sur la partie du site qu'elle conserverait.
ArcelorMittal justifie l'arrêt des hauts fourneaux de Florange, après ceux de Gandrange, par une forte baisse de la demande d'acier dans le monde et un coût de production trop élevé en Europe.
La World Steel Association (WSA) estime à 25% la baisse des commandes d'acier dans le monde depuis 2007. Un constat également relevé par l'expert Pascal Faure dans son rapport remis fin juillet au nouveau gouvernement.
Toutefois, cet expert n'exclut pas un renversement de tendance dans les prochains mois, nourrissant ainsi le relatif optimisme du ministre Montebourg.
Lakshmi Mittal a déjà tranché: 16 des 25 hauts-fourneaux européens de son groupe fonctionnent, les 9 autres étant fermés temporairement ou définitivement comme à Liège en Belgique.
La "fin d'un monde"
Le choc pétrolier de 1973, le ralentissement mondial des commandes, l'irrésistible montée en puissance des producteurs asiatiques, ont déjà largement contribué à l'affaiblissement de l'acier lorrain, longtemps au coeur de révolution industrielle française.
La fermeture de Florange scelle ainsi "la fin d'un monde", selon les historiens locaux.

Un HADOPI potage aux vrais morceaux de Lescure dedans

Assez ri. On est dimanche, mais vous avez assez dormi ! Et pour se réveiller vigoureusement, je vais vous préparer un bon HADOPI potage aux vrais morceaux de Lescure, avec de la purée de Filippetti, et une bonne tartine d'artistes zengagés qui réclament des choses. Vous allez voir, c'est comme la vodka que la Polonaise prenait au petit déjeûner : ça requinque. Les cinq premières minutes.

Cela faisait plusieurs semaines qu'on n'avait pas entendu parler d'une de ces affolantes bêtises gouvernementales lancées à grands frais pour justifier l'existence d'une brochette de parasites cultureux. Heureusement, avec la mise en route du site oueb-deux-zéro de la Mission Lescure, ce silence est oublié, et la France s'est enfin dotée d'un groupuscule d'intellectuels qui vont réfléchir à un vrai problème de société : fournir - enfin ! - des dispositifs d'action publique permettant de favoriser le développement des œuvres et des pratiques culturelles numériques, l'accès de tous à ces pratiques, le soutien à la création et à la diversité et la lutte contre la contrefaçon commerciale.
Oh, que voilà du roboratif ! On dirait ... On dirait ... On dirait encore une intrusion de l’État dans la vie des internautes avec la délicatesse habituelle d'une Panzer Division du gouvernement. D'ailleurs, à propos de délicatesse, on trouve essentiellement dans le "descriptif" de la "mission" des phrases produites au kilomètre comme des saucisses industrielles, à l'instar de celle-ci :

Rien que sa tronche est une insulte à la culture.
"Face à la crise économique et financière, plus que jamais les citoyens ont besoin de la culture."
Eh oui : pour les comptes en banques vides des ouvriers licenciés, pour les mal-logés et les mal-nourris, pour lutter contre la crise, une seule solution ! Un grand bol de HADOPI potage. Ça requinque, je vous dis ! Autrement dit, et une fois nettoyé le jargon virevoltant de politicien, la mission Lescure, c'est un énième furoncle qui s'ajoute à la gangrène généralisée de la LOPPSI, la DADVSI, la HADOPI et tout le reste, dans le but parfaitement limpide de déverser une nouvelle benne ou deux de recommandations, de lois et de décrets qui viseront à fermer définitivement leur sale $£*%µ de gueule &$£! aux internautes réguler enfin l'Internet, ce vaste far-west où, je vous le rappelle, tout le monde peut faire tout et n'importe quoi comme, par exemple, écrire des textes qui ne sont pas ouvertement pro-HADOPI ce qui fait assez prodigieusement braire Pierre, le nouveau patron de la mission.
Et on le comprend : c'est très dommage que ne veuillent pas participer à cette belle "mission" tous ces gens qui sont, finalement, des acteurs majeurs du numérique, alors que la ministre de tutelle, Aurélie Filippetti, a bien expliqué qu'elle voulait pourtant que, je cite, cette mission, "soit la plus publique, ouverte et multiforme possible. C'est pourquoi les débats ne seront pas à huis-clos, ne seront pas parisiens et pas non plus exclusivement franco-français". Oui, vous avez bien lu : elle innoverait en ouvrant des débats, et elle innoverait en les ouvrant même aux étrangers, ce qui est intéressant sur deux points. Le premier, c'est qu'on peut avoir un débat tout à fait ouvert, mais si, en conclusion, on ne garde que la partie qui nous est favorable, le débat n'aura servi à rien. Comme cela s'est toujours passé ainsi depuis que le gouvernement s'occupe des affaires du citoyen (et pas seulement sur internet), il y a fort à parier sur une fin en jus de boudin de cette Mission Lescure. Et on n'aura même pas besoin d'attendre l'issue "Jus De Boudin" quant au second point (étaler le débat au-delà du nombril franco-français du monde) tant il démontre encore une fois les désirs aussi humides que ridicules d'universalisme d'une intelligentsia gouvernementale à la ramasse ; cela fait des décennies que ces bêtises durent, alors un peu plus, un peu moins, on n'y prête même plus attention.
Et tant qu'à ne plus se formaliser pour l'une ou l'autre bêtise, ne mentionnons pas le fait un tantinet étrange de confier la garde du rôti au copain du chat. Parce que bon, si l'on peut admettre que l'aimable Pierre Lescure n'est pas, à proprement parler, directement impliqué dans les majors du cinéma et de la musique, il les connaît particulièrement bien, et s'y est fait pas mal d'amis. Il le reconnaît lui-même puisqu'il estime que c'est un atout, là où n'importe qui d'autre y trouverait surtout un conflit manifeste d'intérêt. Et lorsqu'on s'enquiert des intervenants aux auditions qu'il va présider, on y découvre en vrac les bibliothécaires, Google, Free, Dailymotion, la SACD, et pas l'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir et la Quadrature du Net qui ont donc, comme on l'a précisé, compris que tout ceci n'était, encore une fois, qu'une parodie de débat dont les conclusions (plus de régulation pour internet) sont déjà écrites.
Bref, l'affaire est, bien malheureusement, déjà entendue : "home taping is killing music" et tout ça, et sous prétexte de lutter contre la méchante copie, on va te me coller des petites surveillances un peu partout, à côté desquelles les pires cauchemars orwelliens auront l'air d'une aimable plaisanterie.
Home taping is killing music, and it's fun.

J'exagère ?
Sérieusement, vous pensez que j'exagère et vous vous dites : "Naaaan, ils n'oseront pas, parce que vouloir museler le Net, c'est tout de même visible et très contreproductif pour tout le monde. Et puis, ce sont des grands démocrates, ces gens là, hein !" Sans compter l'argument imparable de la socialitude mamouresque à bisoux latéraux omnipotents : "Enfin, avec un gouvernement socialiste donc gentil au pouvoir, rien de fâcheux ne peut nous arriver."
Et là, je sors ma carte CleanIt, je ne relance pas les dés et je sens que je vais aller tout droit en prison sans toucher 20.000...
Tout comme ACTA dont on n'a péniblement entendu parler qu'après bien des mois de palabres à force de pousser les médias traditionnels dans leurs retranchements sordides, tout comme INDECT dont, à ma connaissance, tout le monde se tamponne le coquillard (notamment dans les rédactions pouilleuses d'une presse française en catatonie subventionnée), vous n'avez probablement pas entendu beaucoup d'informations sur CleanIt.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire avec un site généreusement badigeonné de drapeau européen, ce n'est pas l'un de ces projets impulsés par la Commission Européenne qui, pour cette fois, n'y est pour rien. Il s'agit bien d'un projet au niveau européen, mais directement géré d’État à État, et au départ lancé par les Pays-Bas, rapidement rejoint pour ce genre de découpage des libertés civiles par l'Allemagne, la Belgique, l'Angleterre, l'Espagne, le Danemark et d'autres tout joyeux à l'idée de museler quelque peu le réseau international.
Museler n'est pas trop fort : le document suivant détaille ce que CleanIt propose pour lutter contre les méchants terroristes de l'Internet, qui, pour rappel, vont des salopards qui font de la traite de blanches aux ordures islamistes poseurs de bombe en passant par les raclures pédonazies et autres rognures de copieurs de films de Sony et de musique de Lady Gaga, de loin les plus terribles.
On trouve ainsi, en anglais certes mais parfaitement lisible et sans ambiguïté, l'idée de mettre en place les contrôles nécessaires pour bannir tout "contenu terroriste", charge aux États membres de cette organisation de censure de définir ce que "contenu terroriste" veut dire. On imagine déjà un texte légal croustillant à rédiger, puis à faire appliquer.
Plus loin, on envisage de criminaliser le fait de fournir des services internet à un groupe terroriste, puisque cette fourniture serait alors qualifiée "d’aide économique (…) et serait donc un acte illégal". Je passe rapidement sur l'obligation qu'auraient les sociétés soumises aux nouvelles lois de n'enregistrer leur client internet qu'avec leur vraie identité, donnant ainsi une base légale à Facebook pour attaquer tout salopard qui oserait se cacher derrière un pseudo pour émettre -- par exemple -- des opinions politiques déviantes.
C'est-y pas génial, ça ?
Alors quand je dis que Lescure, comme les autres, avec leur mission trucmuche et leur Hautotorité à la noix, sont simplement en train d'agrafer au sol le tapis rouge et de disposer les plantes vertes décoratives pour l'arrivée en fanfare de ce genre de mesures parfaitement liberticides et totalitaires, non, je n'exagère pas.
Je suis même en dessous de la réalité.




Florange : Montebourg se trompe

C’est malheureux à dire, mais chercher à sauver Florange est un combat inutile, voire nuisible. Dès 2003, avant même la reprise par Lakshmi Mittal, l’ancienne direction d’Arcelor avait prévu la fermeture de Florange pour 2009. Les sites de Dunkerque et de Fos-sur-Mer, directement raccordés à des ports, sont jugés nettement plus compétitifs.
EN FAIT, LE VRAI DRAME, ce n’est pas la fermeture de l’usine ArcelorMittal de Florange, mais l’absence de nouveaux emplois en Moselle. Car empêcher les fermetures d’usines est un combat sans fin. Selon les prévisions de l’assureur Euler Hermes, cette année, 66.000 sociétés vont mettre la clé sous la porte. Que va faire Arnaud Montebourg? Chercher 66.000 repreneurs pour chacune de ces sociétés en faillite ? Non, le vrai défi, c’est faire en sorte qu’il y ait davantage de créations d’entreprises, pour créer de nouveaux emplois d’avenir. Le voilà, le vrai combat.
CELA POSE IMMÉDIATEMENT la question de la compétitivité du « site France ». La France est-elle une terre accueillante pour la création d’entreprises, pour les entrepreneurs? Malheureusement non. La France est sortie du Top 20 des économies les plus compétitives, établi par le World Economic Forum de Davos. Nous avons encore perdu trois places, en 21e position. Selon cette enquête, ce qui fait fuir, le plus, les investisseurs, c’est la rigidité de notre marché du travail, où nous sommes classés 141e sur… 144 pays ! Licencier est jugé quasi impossible en France. Et, avec cette histoire de Florange, on montre aussi qu’il est maintenant impossible d’y fermer une usine.
LE PATRON D’UNILEVER, d’ailleurs, ne dira pas le contraire. Le géant néerlandais connaît exactement les mêmes déboires avec son usine Fralib à côté de Marseille. Tout cela ne contribue pas à améliorer l’image entrepreneuriale de la France: un pays où l’on ne peut ni licencier ni fermer une usine. Alors? Qui a envie de venir chez nous?