TOUT EST DIT

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vendredi 18 novembre 2011

La bataille du Mox ou le débat manqué

À quoi tient un pataquès. À un mot - le Mox, combustible contenant de l'uranium enrichi en plutonium - que beaucoup d'entre nous ont découvert. À un paragraphe - figurant dans l'accord arraché au PS par Europe-Ecologie - qui prévoyait la reconversion du Mox. Il a mis en émoi la filière nucléaire. Il a été retiré subrepticement par François Hollande après signature dudit accord. Geste d'autorité d'un « capitaine de pédalo » ? Joli micmac où l'on nous a expliqué que les parties étaient « raccord » sans l'être tout en l'étant… Elles le seraient désormais mais la réinterprétation de l'accord ne trompe pas. Il fallait sauver le pacte anti-Sarkozy et l'arrangement qui permettra aux Verts de constituer un groupe parlementaire. Car les divergences demeurent. Le PS refuse la sortie du nucléaire, les écologistes prônent un modèle de société dénucléarisée. Le premier concède que la part du nucléaire dans la production électrique devra être ramenée de 75 à 50 % ; les seconds renoncent à l'ultimatum posé sur l'EPR de Flamanville. Le compromis est fragile. Il jette un doute sur la solidité du couple et d'une future alliance gouvernementale. L'UMP est dans son rôle quand elle moque l'amateurisme des négociateurs ; elle a tort de s'en scandaliser. L'Allemagne a choisi la sortie du nucléaire, Fukushima rebattu les cartes, elle n'échappera pas au débat sur l'avenir de la filière. Les Français y sont prêts. Le sont-ils à payer plus cher l'électricité ? C'est une autre histoire. Le débat est escamoté par des marchandages à gauche et des cris d'orfraie à droite trop mécaniques pour être convaincants.

La peur de gagner?


La gauche a-t-elle vraiment envie de revenir au pouvoir ou aurait-elle abusé du Beaujolais nouveau? L’ivresse provoquée par les effluves d’une victoire pronostiquée l’a-t-elle fait glisser dans une espèce d’euphorie dangereuse qui vire aujourd’hui à l’inconscience? Le spectacle des tribulations de l’union socialistes-écologistes a le goût acide des fêtes de mariage qui se terminent mal, comme dans les dessins de Dubout, avant même que l’histoire conjugale ne commence.

Que peuvent bien comprendre les Français à cette scène de ménage où les protagonistes se soupçonnent mutuellement de tromperie au moment même où ils signent le contrat? L’affaire du paragraphe du mox qui s’en va et qui revient, balançant d’une intonation à l’autre comme un refrain de Claude François, a ouvert un nouveau chapitre, surréaliste, au roman de la gauche.

Voir la secrétaire nationale verte, Cécile Duflot, moquer avec insolence un François Hollande qui serait capable, selon elle, de caviarder sans prévenir un accord international, c’était de la bombe! Même la droite n’avait pas osé pareille spéculation: l’adversaire lui souffle, une nouvelle fois, un argument de campagne particulièrement perforant.

Hier, c’est la candidate écologiste qui affirme s’éclipser momentanément de la scène médiatique pour se désolidariser, cette fois, de l’accord a minima bricolé dans la journée par les deux états majors PS-EELV. Elle boude, Eva. Vous suivez toujours? Nous, pas vraiment. Franchement. Et pourtant, les journalistes politiques ont l’habitude des coups tordus et l’expérience des stratégies sinueuses.

Là, on comprend seulement que la gauche de gouvernement devra d’abord vaincre la gauche idéologique et que le combat s’annonce violent... A moins de cinq mois et trois semaines du premier tour de la présidentielle, c’est une formidable marche arrière devant l’obstacle. A quoi a donc servi le temps béni de l’opposition qui aurait pu être mis à profit pour dépasser des contradictions aussi imposantes que les choix énergétiques?

Cette dernière péripétie donne le ton, déprimant, d’une consultation qui semble oublier le moment où il survient avec une incroyable légèreté. L’émotion, universelle, provoquée par Fukushima, aurait mérité un autre prolongement.

Nein Nicolas !

Angela Merkel a rejeté jeudi toute idée d'élargissement de la mission de la BCE que Paris souhaite voir avancer pour stopper l'accès de fièvre sur les marchés. Une position qui repousse une résolution rapide de la crise et risque à nouveau d'alimenter la défiance des investisseurs.
C'est une véritable fin de non-recevoir qu'a opposée la chancelière allemande, Angela Merkel, à la France qui souhaite recourir à la Banque centrale européenne (BCE) pour venir directement en aide aux États en difficulté. « Si les politiciens pensent que la BCE peut résoudre la crise de l'euro, alors ils se font des illusions », a-t-elle affirmé jeudi. En cela, Angela Merkel n'a fait que répéter les arguments opposés à Paris depuis plusieurs semaines : il ne faut pas mêler politique monétaire et politique budgétaire. Si l'institution de Francfort devient le prêteur de dernier ressort en acceptant de facto le rachat illimité de dettes souveraines des pays de la zone pour dissuader la spéculation, cela revient à financer directement les déficits de pays. Une muraille de Chine dont on comprend mal la nécessité de ce côté-ci du Rhin.
Mercredi, dans un entretien accordé aux « Échos », le ministre de l'Économie français, François Baroin, rappelait que « dans le communiqué de l'accord du 27 octobre, la BCE a pris l'engagement de jouer complètement son rôle pour garantir la stabilité de la zone euro ». Et il soulignait que « la demande d'un statut bancaire pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF) », qui « pourrait s'appuyer sur la BCE » faisait également partie des pistes à explorer. Aussi, aux yeux de François Baroin cette opposition de Berlin à l'élargissement des missions de la BCE ne peut s'expliquer que par un biais historique : « L'Allemagne a une mémoire sur l'inflation, le surendettement. »
Réduire le débat à un blocage historique n'est toutefois pas de nature à régler un problème qui touche le coeur du projet européen. « Cette impasse entre, d'une part, l'Allemagne et la BCE et, d'autre part, plusieurs autres membres de la zone, semble devoir créer de profondes divisions dans la zone euro, au détriment du marché obligataire et de l'euro », explique Steven Barrow, économiste à la Standard Bank à Londres.
Ce dialogue de sourds se déroule en effet dans un climat qui s'alourdit. Le baromètre de la crise que sont devenus les écarts de taux est en effet en train de pencher vers l'orage. Non seulement le taux des obligations des pays du Sud s'inscrivent dans des zones rédhibitoires (lire ci-dessous), mais aussi ceux du Nord - Finlande, Autriche, Pays-Bas - (lire pages 4 et 5), qui jusqu'à il y a peu passaient pour des modèles de vertu, avec leur note AAA, commencent à être contaminés par le doute des investisseurs. Quant à la France, l'écart de son taux à 10 ans avec celui des bunds a dépassé jeudi les 200 points de base, augmentant la pression sur Paris, qui pourrait bien après l'Italie à son tour être mis à l'épreuve par les marchés financiers.
La menace d'une remise en cause du fonctionnement de la zone euro pousse à trouver d'autres solutions. Selon deux hauts fonctionnaires en poste à Bruxelles, cités par Reuters, la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) plancheraient sur une solution consistant pour la BCE à prêter au FMI, qui ainsi pourrait venir à l'aide de pays de la zone euro qui auraient besoin de se financer et que le FESF ne pourrait pas aider de par sa taille (1.000 milliards d'euros par effet de levier). Les cas visés sont l'Espagne et l'Italie, voire la France. Une telle option permettrait de contourner le blocage sur la BCE. Hors zone euro, les doutes augmentent, comme l'a résumé le président américain jeudi. « Je suis profondément inquiet, je l'étais déjà auparavant, je suppose que je le serai demain, la semaine prochaine et la semaine suivante », s'est lamenté Barack Obama. Ses inquiétudes sur l'Europe peuvent se doubler de celles sur la dette américaine qui vient de franchir le seuil symbolique des 15.000 milliards de dollars.

L'économie a perdu son cap

Avez-vous déjà essayé le kayak ? Un coup de pagaie à droite, un coup à gauche… Quand on débute, pas facile de garder le cap. Quand on s'y met à deux, le zigzag est de rigueur. Avec cette complication : pour se diriger à droite il faut intensifier les efforts à gauche ! Avant de trouver un rythme fluide, il faut affronter quelques moments de galère, sans maîtriser la situation. L'économie donne l'impression d'un kayak dirigé par des débutants. Le milieu bancaire rame avec une énergie émouvante pour séduire les marchés, les actionnaires, les grands financiers. En jeu : des milliers de suppressions de postes. Au final, on tourne en rond. L'automobile enchaîne les zigzags au rythme où les crises secouent la planète mondialisée. Des milliers d'emplois risquent de passer à la trappe dans l'Hexagone, sans compter les innombrables sous-traitants du secteur qui ne suivront pas les usines au Brésil, en Inde ou en Chine. Dans le kayak, s'est invité un passager clandestin : les Bourses, rendues fébriles par la crise de la dette. Celui-là pagaie dans tous les sens et rend l'embarcation impossible à manœuvrer. Il crée des remous, c'est tout. Et les pauvres rameurs, dans tout ça ? Ils se retrouvent dans une même galère. Le risque lié à la période de campagne électorale, c'est qu'ils rament tous en pagaille en attendant la désignation du capitaine. Ils se fatiguent à force de voir leur travail menacé, leur pouvoir d'achat affaibli, leur sécurité parfois bafouée, leur environnement agressé… Le paquebot économie est en train de perdre le cap. Et ce n'est pas de la faute des pagayeurs.

Au tribunal de Paris, la "drôle de guerre" de Samsung et Apple

"C'est le dernier épisode d'une guerre totale, selon les propres mots de la direction de Samsung, totalement engagée contre Apple et qui vise ni plus ni moins à sortir Apple du marché de la téléphonie mobile." L'avocate d'Apple ne mâche pas ses mots, ce 17 novembre, au tribunal de grande instance de Paris. Il faut dire que l'enjeu est de taille : Samsung, qui accuse Apple de violation de plusieurs brevets, demande tout simplement une interdiction immédiate de vente de l'iPhone 4S, le dernier-né de la marque à la pomme.

Dans la salle, l'ambiance est, elle, plutôt détendue. Au dernier rang, cinq cadres de Samsung, venus spécialement de Séoul, suivent les débats traduits en direct en coréen. Sur le banc d'en face, deux de leurs homologues d'Apple suivent une autre traduction, en anglais celle-là. Dans un coin de la salle, ceux et celles dont le vol est arrivé ce matin ont empilé leurs valises.


LICENCES ET CONTRATS

L'audience est donc suffisamment importante pour que chacune des deux entreprises, outre leurs six avocats chacune, aient jugé bon de faire venir des cadres de l'autre bout du monde. Mais que reproche Samsung à son concurrent (dans la téléphonie, les tablettes) et partenaire (dans la construction de puces) ? L'utilisation de plusieurs brevets portant sur la norme UMTS (téléphonie 3G). Et le géant coréen demande donc, en référé, l'interdiction de la vente des iPhone 4S.

Durant l'audience, ce ne sont pas seulement deux poids lourds de la téléphonie qui s'affrontent, mais aussi deux philosophies : Samsung mène la bataille sur le terrain technique, Apple sur le terrain juridique... et politico-économique. Armés de multiples panneaux bardés de schémas, de documents techniques et d'analogies, les conseils de Samsung sont entrés, durant plus d'une heure, dans le détail de leurs brevets portant sur la qualité de transmission des données. Des brevets "essentiels", selon Samsung, qu'Apple utiliserait sans autorisation.

Face à eux, les six avocats d'Apple opposent un argument simple et entièrement juridique : ils ne contestent pas l'importance des brevets de Samsung, ni le fait que les produits Apple les utilisent. Mais ils affirment, contrat en main, que l'entreprise dispose d'une licence pour ces brevets par le biais de son contrat avec Qualcomm, le fabriquant de puces électroniques utilisées pour la 3G dans les iPhone. Un argument conforté par une lettre envoyée par Samsung à Qualcomm, lui demandant de cesser d'accorder des licences à Apple, quelques jours après le dépôt d'une plainte d'Apple contre Samsung. De leur côté, les conseils de Samsung avancent que l'entreprise ne touche pas de redevance de Qualcomm, et estiment donc que le fabricant de puces ne peut pas, légalement, concéder de licences à des tiers.

ABUS DE POSITION DOMINANTE

Pour la firme à la pomme, toute interdiction de vente mettrait, de fait, Samsung en capacité de profiter d'un abus de position dominante. Mais la présidente de la première chambre ne semble pas convaincue. "Au fond, il n'y a qu'un problème de redevance", tranche-t-elle. Lorsqu'une compagnie détient un brevet qui fait partie d'une norme, elle doit en effet proposer obligatoirement des licences à toute entreprise qui en fait la demande. Apple et Samsung sont cependant en désaccord sur le montant de ladite redevance. Samsung demande 2, 4 %, et ironise sur la marge que touche Apple sur chaque terminal vendu. "Cela n'empêchera pas Apple de continuer à fabriquer et à vendre des téléphones", explique un des avocats du géant coréen.

Mais selon Apple, la plainte de Samsung est avant tout une manière de faire pression. "Si vous ouvrez un iPhone, vous y trouverez deux puces : une puce Samsung, et une puce Qualcomm", détaille un avocat d'Apple, brandissant un téléphone sous scellés. "Nos terminaux sont compatibles avec la norme UMTS depuis 2007 ; Samsung ne peut pas faire semblant de le découvrir aujourd'hui."

Après plus de quatre heures de débat, la présidente pose une question finale : y a-t-il une procédure de conciliation en cours ? Non, répondent les deux parties après un bref silence. "Nous ne sommes pas là pour déterminer un taux de licence", assène la présidente, avant de mettre le jugement en délibéré au 8 décembre. Sur les bancs du fond, le gros de la délégation coréenne a levé le camp depuis une bonne heure.

Grèce: premier test dans la rue pour le nouveau gouvernement



Grèce: le nouveau gouvernement entame des discussions sur la dette avec les banques

Le nouveau gouvernement grec, fort d'un large vote de confiance obtenu mercredi soir au parlement, a aussitôt entamé des discussions avec les banques du monde entier pour effacer une partie de la dette du pays en application du nouveau plan du sauvetage de la Grèce décidée fin octobre à Bruxelles.
La nouvelle équipe gouvernementale a rassemblé une confortable majorité de 255 voix sur 293 des 300 députés présents au parlement mercredi soir pour participer au vote de confiance organisé après trois jours de débat parlementaire.
La coalition formée vendredi dernier autour du Parti socialiste (Pasok) de l'ancien Premier ministre Georges Papandréou, avec le parti conservateur (Nouvelle Démocratie) et l'extrême droite (Laos), pouvait théoriquement compter sur le soutien d'au moins 254 députés.

En faisant le plein des voix, le nouvel exécutif entend montrer aux Européens l'engagement de la Grèce à respecter la feuille de route fixée par ses créanciers, même si elle est douloureuse pour les Grecs. Avant le vote, le Premier ministre grec s'était dit "optimiste" de voir la zone euro "surmonter ses difficultés".
"Je suis optimiste. La zone euro va surmonter les difficultés d'aujourd'hui malgré les divergences entre les pays (...) et les dirigeants vont prendre les décisions nécessaires pour assurer la crédibilité et stabiliser le système bancaire", a déclaré M. Papademos devant les députés.
Le Premier ministre a souligné qu'il fallait "des interventions plus radicales, avec un renforcement de la marge d'actions du Fonds européen de stabilité financière (FESF)".
Juste après avoir obtenu le vote de confiance, Lucas Papademos s'est entretenu avec le chef de l'association mondiale des banques, Charles Dallara, pour ouvrir officiellement les négociations sur le délicat programme d'effacement de la dette grecque.
Signe de l'urgence de la situation, le dirigeant de l'Institut de la finance internationale (IIF) a fait spécialement le déplacement dans la capitale grecque pour rencontrer au plus vite les dirigeants du pays, retenus à Athènes par le scrutin parlementaire.
M. Dallara s'est également entretenu avec le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, qui avait qualifié vendredi "d'urgent le lancement, officiel et public" de la procédure d'effacement partiel de la dette grecque.
Au total, le programme d'échange d'obligations comportant une perte de 50% pour les créanciers privés du pays doit permettre de réduire la dette publique du pays à 120% du PIB du pays en 2020 contre plus de 160% actuellement.
Lors du débat sur le vote de confiance, M. Vénizélos a déclaré au parlement "que le système bancaire grec doit être restructuré prochainement sur une base des capitaux sains et forts".
Depuis mardi, les options sur la table ont fait l'objet de fuites dans la presse. M. Dallara doit poursuivre sa tournée à Francfort, où il rencontrera des dirigeants du secteur financier qui possèdent des titres d'Etat grecs.
Mais avant même le début des discussions, la zone euro a renforcé sa pression sur la Grèce réclamant de nouveau, mercredi, que ses dirigeants s'engagent par écrit à respecter les modalités du dernier plan de sauvetage du pays voté dans la nuit du 26 au 27 octobre à Bruxelles.
Or le parti conservateur rechigne à toute promesse écrite. Prenant le relais de leur chef Antonis Samaras, qui s'y était déjà opposé la semaine dernière, plusieurs députés de droite ont manifesté mardi leur refus de céder aux "diktats de Bruxelles". Cela leur a valu d'être brocardés mercredi par le quotidien à grand tirage Ta Nea, publiant un fac simile de la signature de M. Samaras assortie du commentaire: "la signature qui vaut huit milliards".
Pour les créanciers, cet engagement écrit est en effet la condition sine qua non au déblocage de huit milliards d'euros dont dépend la survie de la Grèce à court terme. Cette somme fait partie d'un premier prêt décidé au printemps 2010.
Le ministre grec des Finances espérait la semaine dernière que la zone euro pourrait débloquer dès jeudi cette somme, indispensable pour éviter une faillite du pays d'ici à la mi-décembre.
Le Premier ministre a réitéré devant les députés la nécessité d'obtenir un engagement signé de chaque parti. Il rencontrera les responsables de la Commission lundi à Bruxelles.
La dénonciation de ces sacrifices devrait figurer en bonne place dans les manifestations de gauche organisées jeudi pour commémorer la répression, le 17 novembre 1973, de la révolte estudiantine contre la junte des colonels.
L'opposition parlementaire de gauche, le parti communiste (KKE) et la gauche radicale (Syriza), qui ont refusé de se joindre à la coalition gouvernementale, devraient fournir des troupes dans la rue aux côtés des contingents traditionnels d'étudiants, face à plus de 7.000 policiers déployés à Athènes.

jeudi 17 novembre 2011

La France peut elle envisager de soumettre à Référendum sa politique de restriction budgétaire comme a tenté de le faire la Grèce ? Par Christophe Georges Albert

Depuis, le krach des dettes souveraines, l’enjeu central de la crise n’est plus la régulation du capitalisme mais la résistance de la démocratie selon une formule empruntée à Nicolas BAVEZREZ, historien et économiste. En effet, si aucun progrès n’a pu être enregistré sur le plan économique et financier, la crise a changé de dimension en s’installant au cœur des démocraties, conjuguant ainsi le développement du populisme avec l’impuissance et la délégitimation des gouvernements.

C’est dans ce contexte qu’après l’accord de sauvegarde du système financier en général et de la Grèce en particulier intervenu après le sommet européen du 27 Octobre que le premier ministre Grec M. Papandréou a souhaité consulter son peuple par la voie du référendum.
Or, l’ambition ne peut pas être seulement de "rassurer" les marchés. Elle doit être de leur imposer à nouveau la légitimité d’une union monétaire dont la force soit à la hauteur de sa très grande puissance collective, économique et financière (Le Monde.fr).
C’est pourquoi, au-delà de la diversité de nos textes constitutionnels, pourrait-on envisager de saisir le peuple par la voie du référendum pour qu’il se prononce sur l’adoption d’un principe d’aide ou de rigueur budgétaire ? Comment traiter l’irruption des peuples et des parlements dans les finances publiques des Etats de l’Union Européenne ?
Répondre à ces questions nécessite ainsi de poser les conditions juridiques du recours au référendum entre les deux pays, (I) mais aussi de considérer le projet d’uniformisation des procédures en matière de finances publiques (II)
I – Comparaison des conditions juridiques d’un recours au référendum entre la Grèce et la France
La France comme la Grèce dispose d’une capacité constitutionnelle à recourir au référendum (A), pour autant peut-on valider la transposition du processus référendaire Grec à la pratique institutionnelle de la France (B).
A – Les dispositions constitutionnelles permettant le recours au référendum
L’article 44 de la Constitution « 12ème résolution du 07/06/1975 » Grecque autorise le Président de la République à convoquer, sur proposition du gouvernement et après le vote à la majorité absolue du Parlement, un référendum sur des questions nationales d’intérêt crucial. En revanche, en France, deux articles réglementent le recours à cette pratique institutionnelle, les articles 11 et 89 de la Constitution.
Or, si la constitution Grecque encadre ce dernier par le pouvoir d’obstruction qui est laissé au Parlement, son thème peut être envisagé très largement « intérêt national crucial ».
Inversement, la France laisse le choix de son organisation au pouvoir exécutif, mais ne l’autorise que sur des thèmes précis et limités.
Dès lors, peut-on envisager une synergie procédurale entre les deux Etats membres de l’Union européenne sur le thème particulier des finances publiques ?
B – Validité de la transposition du processus référendaire portant sur les finances publiques en Grèce à la pratique institutionnelle française
Si la Grèce prévoit un cadre référendaire très large, à savoir « un intérêt national crucial », qui peut être utilement justifié dans le cadre de l’acceptation par le peuple des plans de rigueur successifs imposé à ce pays, l’article 34 de la Constitution française, témoigne d’un système de représentation qui donne compétence au Parlement en matière de Finances publiques.
Ainsi, l’assiette et les taux de recouvrement des impositions de toutes natures, ou encore le vote de la loi de finances par le parlement sous couvert du respect de l’article 13 de la DDHC « principe du consentement à l’impôt » empêche fondamentalement au Président de la République de prendre l’initiative d’un référendum, même si l’on a pu ajouter à l’article 11, que peuvent être soumises à référendum « les réformes relatives à la politique économique et sociale de la Nation ».
Le texte s’attache fondamentalement en effet plus à l’incidence de ce dernier sur le fonctionnement des institutions que sur la portée des mesures envisagées.
Néanmoins, dans le cadre d’une économie intégrée au sein de l’Euro Land et d’une nécessaire coordination politique entre les nations, les budgets nationaux devraient être soumis en amont à la commission européenne, uniformisant dès lors les procédures relatives aux finances publiques.
II –Projet d’uniformisation des procédures en matière de finances publiques
Le Parlement européen a adopté, le 28 septembre dernier, le paquet législatif de six textes sur la « gouvernance économique » de l’Union européenne, ce qui tant à rationaliser les procédures d’adoption des budgets entre les Etats de l’union (A), mais aussi à légitimer le rôle des représentations nationales contre la tentation populiste (B).
A – Rationalisation des procédures d’adoption des budgets entre les Etats de l’Union
Cette résolution prévoit la surveillance et l’évaluation des budgets nationaux en amont par la Commission européenne qui aura le pouvoir de contrôler l’application de ses recommandations et d’imposer des sanctions.
Les gouvernements devront dorénavant se conformer strictement au paradigme de l’austérité : réduire les dépenses publiques et les allocations sociales, comprimer les salaires et les pensions, diminuer le secteur public et procéder à de nouvelles privatisations.
Dès lors, dans ce contexte le processus référendaire Grec ne pouvait trouver une quelconque justification, car dans le cadre d’une politique intégrée, l’Etat aurait perdu une partie de sa souveraineté.
Peu important, en effet que l’initiative référendaire soit limitée par la volonté de l’Assemblée « Cas Grecs » ou par les prérogatives constitutionnelles de l’article 11 « Cas Français ».
Nous aboutissons ainsi de fait à une rationalisation européenne des procédures d’adoption des budgets des pays membres de l’Union visant à légitimer le rôle des parlements pour conter la menace populiste.
B – Légitimation du rôle des représentants des Nations
Selon Nicolas BAVEREZ, dans tout le monde occidental le populisme prospère sous des formes multiples, protectionnisme, séparatisme, extrémisme..
Ce phénomène se conjugue néanmoins avec la perte de crédibilité majeure des gouvernements de l’échiquier politique européen.
Il apparaît cependant que la crise ait permis l’irruption des parlements et des peuples au sein d’un monopole jusqu’alors aux mains de financiers et des technocrates.
C’est pourquoi, les procédures constitutionnelles des Etats-Nation européens s’effaceront au profit d’une représentation parlementaire plus large et du pouvoir de sanction de la commission européenne réglant de facto la controverse liée à la possibilité de transposer l’initiative référendaire Grec à la France.

Pour l'IRSN, aucun réacteur nucléaire français ne mérite d'être fermé

Aucun des 58 réacteurs nucléaires ne mérite d'être fermé. Telle est la principale conclusion du rapport de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), remis jeudi 17 novembre, auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire.

Après avoir imaginé les scénarios de catastrophes naturelles (effondrement de barrage, destruction de villes), Jacques Repussard, le directeur général de l'IRSN, estime que les normes de sûreté des installations nucléaires peuvent être "légitimement considérées comme sûres". Par conséquent, aucune fermeture de réacteur ne s'impose.

En revanche, l'IRSN préconise de revoir ces normes pour renforcer la prévention des accidents. "L'accident de Fukushima, mais également les évaluations complémentaires de sûreté, mettent en évidence la nécessité de faire évoluer sans tarder certains référentiels de sûreté des installations", indique le rapport de l'IRSN. "Par exemple, il faut que, dans chaque réacteur, il y ait au moins un générateur diesel qui soit en hauteur, indépendant et protégé, y compris son alimentation, et qui tienne même en cas de séisme très violent", détaille Jacques Repussard.

>>VOIR NOTRE INFOGRAPHIE : Les centrales nucléaires en France

Les sites nucléaires de Gravelines, Saint-Alban et du Tricastin, proches d'installations industrielles, "devraient prendre en compte les phénomènes dangereux associés aux sources d'agression des installations industrielles" ainsi que les "agressions liées aux voies de communication" et "évaluer leurs conséquences sur les installations nucléaires de base", insiste le rapport.

LES ONG DÉNONCENT UNE "COUPABLE INDULGENCE"

L'Observatoire du nucléaire, association opposée à l'atome, dénonce la "coupable indulgence en faveur de l'industrie nucléaire" des conclusions du rapport de l'IRSN. "Pour l'IRSN, les centrales nucléaires peuvent continuer à fonctionner... malgré leur sûreté défaillante !", s'étonne l'association dans un communiqué.

"Sachant qu'un évènement naturel violent (tempête, gel sévère, inondation, séisme, etc.) peut se produire à chaque instant, l'IRSN reconnaît implicitement que les réacteurs français peuvent causer à tout moment une catastrophe nucléaire", s'insurge l'Observatoire du nucléaire.

LA STRATÉGIE DU "NOYAU DUR"

Ces conclusion ne diffèrent pas de ce qu'avait laissé filtrer l'IRSN, le 7 novembre, quant aux progrès à réaliser : il faut "cibler les moyens de protection essentiels et les protéger", déclarait alors Jacques Repussard. Par exemple, en cas de risque de crue, il est nécessaire de "s'assurer que les équipements servant d'outils de secours ne sont pas stockés en sous-sol", détaillait-il.

M. Repussard défendait alors une stratégie du "noyau dur", c'est-à-dire mieux protéger "les équipements destinés à prévenir l'aggravation d'un accident". Et prendre en compte, l'environnement extérieur des centrales, notammment industriel, comme les usines chimiques ou le transport de butane à proximité.

Après l'accident nucléaire japonais de Fukushima, il a été demandé aux exploitants des centrales nucléaires françaises d'autoévaluer la sécurité et le bon fonctionnement des installations en France. EDF, Areva et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ont remis ces premiers rapports à la mi-septembre auprès de l'IRSN, qui les a synthétisés et complétés par ses propres projections. Sur la base de ces multiples rapports, l'ASN rendra au gouvernement ses conclusions début 2012.

La droite n'échappera pas au débat sur le nucléaire

La bisbille entre socialistes et écolos sur le thème du nucléaire peut réjouir la droite, car elle risque d'avoir de graves conséquences sur le sort présidentiel de Hollande en 2012. Mais la majorité a tort de penser qu'elle échappera à ce débat sur le nucléaire et la politique énergétique française. Il faudra rendre des comptes aux Français sur la sécurité, les déchets et le lobbying, ce qui constitue la face sombre de cette énergie. L'édito vidéo de Christophe Barbier.



Nouveau


C’est tout l’intérêt des rituels, de revenir chaque année à date fixe - le troisième jeudi de novembre, pour notre beaujolais nouveau. Et chaque année coulent les mêmes commentaires sur le fruité du breuvage, façon banane, cassis, et pourquoi pas jujube ou papaye... C’est l’ennui des rituels, de parfois porter à la répétition. Alors, quoi de neuf sur le beaujolais nouveau ? Il se vend moins bien chez nous. Moins bien aussi sur ses vieux marchés des Etats-Unis et du Japon. Mais beaucoup mieux chez les émergents, comme on dit, au Brésil, en Russie, et surtout en Chine. Imaginez la conversion d’un milliard de Chinois au plaisir aigrelet du vin nouveau, et aux joies simples du ban beaujolais - lalalalalère... Pas suffisant pour nous remettre la balance commerciale d’aplomb, mais assez pour la faire tituber dans le bon sens. Et cette fois sans modération.

Quand Hollande promène les Verts…

Rassembler le camp anti-Sarkozy, c’est un objectif. Gouverner ensemble, c’en est un autre. Atteindre le premier ne signifie pas forcément qu’on concrétisera le second. François Hollande serait-il déjà prêt à dissocier l’un de l’autre ? En éteignant son téléviseur après l’intervention du candidat du PS hier soir, on a pu avoir l’étrange sentiment que le générique de fin du 20h de TF1 venait de sonner le glas d’une gauche plurielle version 2012.

Comment, en pleine crise économique, deux partis avouant leur «désaccord» sur une question aussi fondamentale que l’énergie pourraient-ils s’associer pour conduire le pays dans la période la plus incertaine depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Ferme sur Flamanville et souple sur les lobbies, le vainqueur jadis triomphant de la primaire socialiste n’est pas parvenu à répondre de façon convaincante à cette interrogation.

Inutile de jouer sur les mots en parlant, comme l’a fait Benoît Hamon (PS), d’une simple «différence d’interprétation» sur le fameux paragraphe concernant le mox. Il y a bien un gouffre entre les deux (ex ?) futurs partenaires. L’acceptation ou le refus du nucléaire ne peut être considéré comme une alternative marginale laissée sur le bord de la table des négociations. Elle est centrale. Et l’incapacité à la traiter sans générer une journée de confusion comme ce mercredi échevelé suffit à montrer que les cultures du PS et des Verts sont toujours aussi difficiles à mixer qu’entre 1997 et 2002. Comment ont-ils pu prendre le risque d’arriver à cette fin d’année 2011 sans avoir mis au point une stratégie pour gérer leur vieille opposition qui ressurgit ?

Le spectacle de la journée chaotique d’hier va laisser une marque désastreuse sur ce début de campagne plutôt raté de François Hollande. La totale improvisation qu’il a laissé transparaître est pire encore dans l’imaginaire collectif que l’absence d’un accord qu’on savait difficile à conclure. Socialistes et écologistes n’envisagent manifestement pas la vie demain de la même façon. Et c’est tout de même embarrassant. Apparemment détaché mais visiblement désarçonné, légèrement emprunté dans son expression, François Hollande, au bout du compte, n’aura-t-il pour seule issue que d’envoyer promener, purement et simplement, EELV-Les Verts?

Le peuple et les techniciens

Le choix de placer deux économistes à la tête des gouvernements grec et italien semble couler de source. La nature et la gravité de la crise actuelle orientent presque naturellement vers ce type de compétence. On se souvient qu'en 1976, au lendemain du choc pétrolier, le président Giscard d'Estaing avait appelé à Matignon « l'un des meilleurs économistes de France », Raymond Barre. Et combien d'autres, énarques ou non, sollicités pour mettre leur savoir technique au service de leur pays... Rien de bien original, par conséquent.

Sauf que ce choix interpelle. Beaucoup y voient la confirmation d'une heureuse tendance à la « technicisation » du politique. Non que la démocratie ait fait son temps, disent-ils. Il convient simplement d'en ajuster le fonctionnement à une conjoncture exceptionnelle et sans doute durable. En clair, devenir « sérieux ». Renoncer à d'interminables débats générateurs d'impuissance. Mettre en veilleuse les conflits d'intérêts, synonymes de blocage, pour laisser le champ libre à des experts supposés indemnes des délices et poisons du jeu démocratique.

Déjà, dans l'Antiquité, Platon le recommandait lorsqu'il plaçait à la tête de sa République un philosophe-roi, gage de sagesse et de savoir avisé. Et tout au long du XIXe siècle, en réplique à la commotion révolutionnaire, le courant positiviste - avec Saint-Simon, Comte et Durkheim à sa tête - alimentera le rêve d'une « politique scientifique ». Une gouvernance basée sur la raison et les faits, appelée à venir à bout de « la politique métaphysique fondée sur des suppositions plus ou moins abstraites et plus ou moins creuses ».

L'administration des choses, plutôt que le gouvernement des hommes : le mot d'ordre sera repris au lendemain de la crise de 1929 par le groupe de réflexion X-Crise, cercle de polytechniciens défendant la légitimité politique de la technocratie en temps troublés. Et ce coup d'oeil rétrospectif serait incomplet sans la mention de la Synarchie : cette société plus ou moins secrète prospéra sous le régime de Vichy, séduite par l'opposition entre l'autorité (morale et intellectuelle) attachée à la compétence éclairée et le pouvoir de statut, plus problématique, spécialement en démocratie.

L'histoire de la démocratie est dominée par ce conflit de deux légitimités. Celle du nombre : le peuple souverain dans l'infinie diversité de ses talents ; celle de la raison qui fait la belle part aux « capacités », comme on disait autrefois, c'est-à-dire à ceux que leurs qualités personnelles et leur compétence désignent à la confiance de leurs électeurs. Et c'est toute la subtilité du système représentatif que de faire émerger des hommes et femmes qui, non seulement expriment les attentes du peuple, mais se distinguent par leur aptitude à prendre part à la gestion publique. Disons-le clairement : la démocratie est aussi une machine à sélectionner les meilleurs d'entre nous.

Tout le problème naît de la déconnexion toujours menaçante entre la sphère de la décision et une société ruminant son impuissance, au grand bonheur des populismes. La pire des erreurs serait de faire de chaque enjeu politique un simple débat technique. En oubliant qu'il n'est pas de problème, si technique soit-il, qui ne soit par nature politique et relevant donc de la compétence de la nation. La « démocratie sans le peuple », dont parlait le juriste Maurice Duverger, est un risque permanent qu'il nous revient à tous de déjouer.

Dette grecque : pourquoi la décote de 50% risque d'échouer

Les discussions en vue d'un échange d'obligations comportant une décote de 50% entre le gouvernement grec et les investisseurs privés, devraient commencer ce mercredi à Francfort. Mais les détails de cette opération soulèvent d'ores et déjà des critiques.
L'opération, dont le principe et la décote de 50% ont été décidés en commun dans la nuit de 26 au 27 octobre à Bruxelles par les gouvernements de la zone euro et les investisseurs privés détenteurs d'oblitations grecques, doit permettre de ramener la dette publique grecque à 120% du PIB du pays en 2020, au lieu de plus de 160% actuellement. Mais si le principe de la décote est sur les rails, la question de la participation volontaire des investisseurs privées reste floue.

Et pour cause : une grande partie de la dette souveraine grecque est désormais entre les mains d'institutions publiques et non d'investisseurs privés. En effet, selon des chiffres de Barclays, la BCE détiendrait environ 45 milliards d'euros de dette grecque, acquise via son programme de rachat d'obligations souveraines. De leur coté, les Etats de la zone euro et le FMI se sont également largement substitués au financement des investisseurs via des prêts bilatéraux. Enfin, près de 36 miliards d'obligations sont détenues par des fonds souverains grecs, et ne sont donc pas concernés.

Sur son blog, Olivier Berruyer se lance dans une simulation dont les résultats ont de quoi surprendre. En retirant d'office de l'opération les détenteurs publics de dette grecque, ainsi que les 15 millliards d'euros d'obligations devant être remboursée à  court terme, et en considérant que 50% des petits porteurs d'obligations et 80% des autres porteurs participeront à  cet échange, nous pouvons conclure que seulement 100 milliards d'euros seront -peut être- concernés par la décote. Ce qui permettrait d'effacer environ 50 milliards d'euros de dette et de la ramener à 115% du PIB.
Mais encore une fois, le diable est dans les détails, puisque le communiqué issu du sommet précise que "Les États membres de la zone euro contribueront à l'ensemble des mesures relatives à la participation du secteur privé à hauteur de 30 milliards d'euros. Sur cette base, le secteur public est disposé à fournir un financement supplémentaire au titre du programme pour un montant allant jusqu'à 100 milliards d'euros jusqu'en 2014, y compris la recapitalisation requise des banques grecques." En clair, les Etats devront mettre la main à la poche, notamment à cause de la participation des banques grecques. En grande difficulté, ces dernières sont incapables de subir des pertes sans une recapitalisation. De même d'ailleurs qu'un certain nombre d'autres banques européennes particulièrement exposées aux dettes souveraines.
Autrement dit, les pertes que l'on s'apprête à faire subir aux banques pour soulager la dette de l'Etat grec seront probablement compensées par la création de nouvelles dettes des gouvernements de la zone euro... pour recapitaliser les banques.
L'Europe, qui prétend apprendre de ses erreurs, ne tenterait-elle pas de résoudre la crise de la dette par davantage de dette

 

 

L'Asie investit toujours plus en Chine. Les Etats-Unis... beaucoup moins

Portés par les pays d'Asie, les investissements directs étrangers (IDE) en Chine, ont progressé de 15,9% sur les dix premiers mois de l'année et résistent au ralentissement de l'économie mondiale. Mais le gouvernement chinois reste prudent face aux difficultés en Europe et aux Etats-Unis.
Malgré le ralentissement généralisé de l'économie mondiale, la Chine reste très attractive pour les investisseurs étrangers. Le pays se prépare même à une année record. Sur les dix premiers mois de l'année, les investissements ont atteint 95 milliards de dollars, soit une hausse de 15,9% par rapport à la même période l'an dernier. Un rythme effréné qui s'est cependant légèrement ralenti, puisqu'en septembre, l'IDE avait progressé de 16,7% par rapport à septembre 2010.
Les investissements en provenance des pays d'Asie ont eux fortement progressé, pour atteindre les 81,9 milliards de dollars entre janvier et octobre. Ils participent à cette forte augmentation. Le Japon, en particulier, a fait bondir ses investissements de 65,5% sur la même période.
En revanche, les capitaux en provenance des Etats-Unis ont reculé de 18,1% depuis janvier à 2,6 milliards de dollars. Shen Danyang, porte-parole du ministère du Commerce chinois, attribue cette chute aux mauvaises perspectives de l'économie américaine. Il pointe aussi du doigt la politique des Etats-Unis pour inciter à rapatrier les capitaux. Et ce afin de participer à la reconstruction de l'industrie manufacturière américaine.
Pourtant dans la tourmente, l'Europe reste quant à elle un fournisseur de capitaux stable. Les investissements en provenance du Vieux Continent ont crû de 1% au cours des dix premiers mois de l'année pour atteindre les 5,5 milliards de dollars.
Mais ces chiffres encourageants ne sont pas de nature à diminuer les inquiétudes de la Chine, encore très dépendante de l'étranger, face au risque de crise globale, qui pourrait tarir les flux de capitaux.
M. Shen craint par ailleurs que les exportations chinoises ne soient directement impactées par le ralentissement de l'activité et la montée des protectionnismes en Europe et aux Etats-Unis.
De son côté, la banque centrale chinoise met en garde contre le risque d'une crise systémique en cas d'extension de la crise de la dette en zone euro. Elle envisage même "le moment venu et avec une ampleur appropriée" d'ajuster sa politique monétaire restrictive.

Le groupe de Francfort, bras armé de l’UE

Le Groupe de Francfort, cette super-élite sans mandat démocratique, a de plus en plus de pouvoirs dans la crise de la zone euro, au point de faire et défaire les dirigeants élus du continent. 
Le Vieil Opéra de Francfort – un temps la ruine la plus marquante de l’Allemagne de l’après-guerre, et aujourd’hui sa recréation la plus impressionnante – est devenu le symbole de la renaissance européenne. Et c’est là que, le mois dernier, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont reçu l’élite bureaucratique de l’UE lors de ce que l’on aurait, en d’autres temps, dépeint comme un putsch.
C’est qu’ils en avaient assez, de ces sommets de la zone euro, avec ces dirigeants qui faisaient des allers-retours en avion sans jamais avancer. L’heure était venue de mettre en place un groupe plus restreint, qui exercerait avec fermeté un pouvoir officieux. Ce soir-là, alors qu’ils étaient rassemblés pour écouter l’orchestre Mozart de Bologne sous la direction de Claudio Abbado, un nouvel escadron de la mort de l’UE est né.
Comme Silvio Berlusconi vient de s’en apercevoir, ce que l’on appelle le Groupe de Francfort ne plaisante pas. Il y a encore quelques mois, il aurait été impensable qu’un chef de gouvernement européen tente d’en déstabiliser ou d’en déposer un autre. Aujourd’hui, deux dirigeants de l’UE sont tombés en une semaine. Comme Sarkozy en a récemment fait l’expérience, pour provoquer un changement de régime, il faut tendre la main aux rebelles.

L'arnaque de la décennie

On ne saurait reprocher au groupe sa manie du secret. Au sommet du G20 de Cannes, ses représentants se pavanaient avec des badges portant la mention “Groupe de Francfort (GdF)”. Officiellement, la Grande-Bretagne n’en fait pas partie, mais les responsables du Foreign Office se comportaient comme s’ils en étaient membres. Comme l’a dit l’un d’entre eux : “Nous sommes sur le point d’écarter Berlusconi”. Une telle déclaration aurait autrefois soulevé un tollé. Début novembre, il est devenu manifeste qu’une opération pour éliminer Berlusconi avait été lancée.
Quand cette soirée a été réservée à l’Alte Oper, le 19 octobre, personne n’avait l’intention de former un nouvel escadron de la mort. Il était simplement prévu d’organiser un grand raout de plus au frais du contribuable, une fiesta pour marquer le départ de Jean-Claude Trichet de la Banque Centrale Européenne.
Helmut Schmidt, l’ancien chancelier allemand âgé de 92 ans, vu aujourd’hui comme le parrain du projet européen, avait déclaré devant le parterre des dignitaires qu’une “crise dans la capacité d’action des organes politiques de l’UE” était “un danger bien plus grand que le surendettement pour l’avenir de l’Europe”. Il était temps de se montrer sans merci.
Quand Merkel a pris la parole, elle a fait part de son exaspération face aux sommets européens et leurs mécanismes démocratiques peu maniables. “La capacité de l’UE à agir et sa marge de manœuvre se sont avérées lentes et complexes, s’est-elle plainte. Si nous voulons tirer parti de la crise, nous devons être prêts à agir plus rapidement, et même de façon non conventionnelle.” Sarkozy est arrivé tard, mais à temps pour l’arnaque de la décennie.

Berlin assume son statut

Mario Draghi, le nouveau patron de la BCE et un Italien qui n’aime guère Berlusconi, était également présent. Ainsi que Christine Lagarde, la nouvelle directrice (française) du Fonds Monétaire International, qui est chargée des renflouements et peut imposer des conditions humiliantes (ce qu’elle s’est empressée de faire à Berlusconi).
Il y avait aussi José Manuel Barroso, président de la Commission Européenne qui affiche de plus en plus des manières de voyou, et son alter ego pour l’économie, Olli Rehn. L’omniprésent Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg et chef du groupe des 17 nations de la zone euro, était là, avec Herman Van Rompuy, élu président de l’UE parce qu’il n’a aucun avis sur rien.
Le groupe de Francfort est en effet le produit de la fusion entre la haute administration européenne et le pouvoir financier allemand : une sorte de Bruxelles-sur-le-Rhin. Jamais un tel groupe n’aurait pu voir le jour avant la crise, à l’époque où l’on s’inquiétait de la puissance allemande.
A présent, Berlin assume son statut. “La question de savoir qui pouvait accepter le modèle allemand a été tranchée par les marchés, déclarait récemment un porte-parole du gouvernement allemand. Il ne s’agit plus de discuter de la nature des décisions à prendre mais du détail et de l’étendue des mesures à mettre en œuvre.” Ce haussement de ton est perceptible partout. On cite à présent des responsables européens anonymes affirmant qu’il est temps “de se réveiller et de passer à l’action. C’est pour ça qu’on est là”.

Une initiative contraire au protocole

Le malheureux Papandréou est devenu une cible idéale après avoir menacé d’organiser un référendum sur le plan de sauvetage européen. Cet été, il critiquait encore “les erreurs et les hésitations” de l’UE. Le petit groupe de Francfort lui a montré de quelle détermination il était capable en lui coupant les vivres, précipitant ainsi son remplacement par Lucas Papademos, ancien responsable de la BCE formé à Francfort.
Même Barroso a pris une décision extraordinairement déstabilisante pour Papandréou en appelant à la formation d’une coalition ; une initiative à la fois contraire au protocole et à l’affirmation selon laquelle la commission européenne respecterait la souveraineté des Etats membres.
Le cas de Berlusconi était plus compliqué. Il a réussi à échapper à ses ennemis – tant de l’opposition que de la brigade des mœurs – pendant presque 17 ans de carrière politique. L’économie italienne est, en outre, solide. Supprimez le service de la dette et vous obtenez des finances publiques non seulement équilibrées mais parmi les plus excédentaires de la zone euro.
On ignore qui a estimé que l’Italie serait en crise si les marchés financiers décidaient de lui appliquer un taux d’intérêt supérieur à 7 % sur sa dette souveraine. La réponse se trouve peut-être dans une déclaration faite par Angela Merkel l’année dernière : “Il faut restaurer la primauté du pouvoir politique sur les marchés”.

15 personnes à la tête d'un budget de mille milliards d'euros

Les responsables politiques s’y essaient depuis des générations, sans grand succès. C’est toutefois beaucoup plus facile maintenant que la zone euro a créé un gigantesque appareil permettant à une poignée de gens de tirer les ficelles du pouvoir. Le plan de sauvetage européen – avec son budget supposé de mille milliards d’euros – représente 15 personnes.
Il serait maintenant possible d’exercer un immense pouvoir sur tout un continent en réunissant une poignée de personnalités partageant les mêmes conceptions dans l’arrière-salle de l’opéra de Francfort. Tout cela au nom de l’unité européenne.
Le groupe de Francfort considère la démocratie – ainsi que les marchés – d’un œil méfiant, pour ne pas dire hostile. Les considérations de Juncker à propos de ces électeurs exaspérants sont bien connues depuis qu’il a résumé le problème des gouvernants en ces termes : “Nous savons tous ce qu’il faut faire, ce que nous ne savons pas c’est comment nous faire réélire une fois que nous l’avons fait”.
Une solution à ce problème semble aujourd’hui se dessiner : il suffit d’introniser un petit groupe de dirigeants qui, pour commencer, n’ont pas été élus et n’iront plus demander leur avis aux électeurs. Ensuite, laissez-les faire ce qu’ils veulent.

Goldman Sachs, la banque qui nous veut du bien

Mario Monti, Lucas Papademos et Mario Draghi ont un point commun : ils ont tous travaillé pour la banque d’affaire américaine. Cela ne relève pas du hasard, mais d’une stratégie d’influence qui a peut-être déjà trouvé ses limites. 

Ils sont sérieux et compétents, pesant le pour et le contre, étudiant les dossiers à fond avant de se prononcer. L'économie est leur péché mignon. Ils ne se découvrent que très rarement, ces fils de la Lumière entrés dans le Temple après un long et tatillon processus de recrutement. C'est à la fois un groupe de pression, une amicale de collecte d'informations, un réseau d'aide mutuelle. Ce sont les compagnons, maîtres et grands maîtres amenés à "répandre dans l'univers la vérité acquise en loge".
Ses détracteurs accusent le réseau d'influence européen tissé par la banque américaine Goldman Sachs (GS) de fonctionner comme une franc-maçonnerie. A des degrés divers, le nouveau président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, le président désigné du conseil italien Mario Monti et le nouveau premier ministre grec Lucas Papademos sont les figures totémiques de ce maillage serré.

Ex-commissaires et responsables de banques centrales

Le premier fut vice-président de Goldman Sachs International pour l'Europe entre 2002 et 2005. Il était "associé" en charge des "entreprises et pays souverains", le département qui avait, peu avant son arrivée, aidé la Grèce à maquiller ses comptes grâce au produit financier " swap " sur de la dette souveraine.
Le deuxième a été conseiller international de Goldman Sachs de 2005 à sa nomination à la tête du gouvernement italien. Selon la banque, sa mission a consisté à la conseiller" sur les affaires européennes et les grands dossiers de politiques publiques mondiaux". Mario Monti a été un "ouvreur de portes" dont la tâche consistait à pénétrer au coeur du pouvoir européen pour défendre les intérêts de GS.
Le troisième, Lucas Papademos, fut gouverneur de la Banque centrale hellène entre 1994 et 2002. A ce titre, il a joué un rôle non élucidé dans l'opération de maquillage des comptes publics perpétré avec l'aide de Goldman Sachs. Le gestionnaire de la dette grecque est au demeurant Petros Christodoulos, ex-trader de la banque américaine à Londres.
Deux autres poids lourds du réseau Goldman en Europe ont également été à l'affiche dans la crise de l'euro : Otmar Issing, ex-membre du directoire de la Bundesbank et ancien économiste en chef de la Banque centrale européenne ; l'Irlandais Peter Sutherland, un administrateur de Goldman Sachs International, qui a participé en coulisses au sauvetage de l'Irlande.

Recueillir des infos en toute légalité

Comment le réseau de fidèles et d'entremetteurs a-t-il été constitué ? Aux Etats-Unis, ce cercle magique est constitué d'anciens responsables de l'institution passés avec armes et bagages au plus haut niveau de la fonction publique. En Europe, en revanche, Goldman Sachs s'est fait l'apôtre du capitalisme de relations.
Mais à l'inverse de ses concurrents, la banque ne s'intéresse ni aux diplomates à la retraite, ni aux hauts fonctionnaires nationaux comme internationaux et encore moins aux anciens premiers ministres ou ministres des finances. Goldman vise en priorité les responsables de banques centrales ou les ex-commissaires européens.
Leur tâche prioritaire consiste à recueillir des informations en toute légalité sur les opérations à venir ou sur la politique de taux d'intérêt des banques centrales. La banque aime placer ses hommes sans jamais laisser tomber le masque. C'est pourquoi ses hommes liges cachent cette filiation quand ils donnent une interview ou mènent une mission officielle.
Bien introduits, ces "ex" bavardent de choses et d'autres avec leurs interlocuteurs. Les langues se délient devant des personnages d'une telle trempe. Ils "sentent le vent" comme on dit familièrement. Les informations exclusives circulent ensuite dans les salles de marché de la banque.
Un ancien associé de Goldman Sachs à la BCE, un ex-entremetteur à la tête du gouvernement italien, un proche au pouvoir en Grèce : pour ses contempteurs, la banque dispose aujourd'hui d'un fantastique relais à Francfort, Rome et Athènes qui pourrait s'avérer utile en ces temps tourmentés.

La banque a mangé son pain blanc

Reste que, au-delà des apparences, le gouvernement Goldman en Europe, au faîte de sa puissance avant ou pendant la tourmente financière de 2008, a peut-être mangé son pain blanc.
En effet, les complicités anciennes entretenues par les ex-banquiers centraux chevronnés mobilisés pour tirer les ficelles, se révèlent moins utiles de nos jours face à des politiciens sensibles à l'impopularité des professionnels de la finance tenus pour responsables de la crise. Là où Goldman Sachs pouvait facilement exercer ses talents, une série d'affaires lui ont mis à dos la puissance publique. Le carnet d'adresses ne suffit plus sur une planète financière complexe et technique, face à une nouvelle génération d'industriels moins pétris de respect pour l'establishment.
Les patrons européens partis à la conquête du monde se sont émancipés des croisés de la haute finance style GS. La quête de valorisation de l'actionnaire, les exigences de transparence et l'activisme des contre-pouvoirs (médias, ONG, investisseurs institutionnels) ont tendance à émousser l’"effet réseau".

Démission surprise du directeur Europe du FMI

Le Fonds monétaire international va changer de directeur pour l'Europe en pleine crise de la dette sur ce continent, après la démission inattendue du Portugais Antonio Borges, remplacé un vieux routier de l'institution.
Le FMI a annoncé dans un communiqué la démission avec effet immédiat de M. Borges, 63 ans, "pour raisons personnelles".
Cet économiste n'aura passé qu'un an à Washington, à des fonctions qui l'ont amené à superviser des prêts parmi les plus grands de l'histoire de l'institution, à la Grèce (30 milliards d'euros) et à l'Irlande (22,5 milliards), deux membres de la zone euro. Il était, conformément à la tradition du Fonds, mis à l'écart des relations avec son pays, le Portugal, auquel le FMI a accordé un prêt de 26 milliards d'euros.
Selon des sources proches du Fonds, il ne faisait pas l'unanimité. Certains collègues lui reprochaient de parler trop franchement en public avant de s'être assuré du consensus en interne.
L'un des moments marquants de son mandat fut quand, le 5 octobre, il évoqua lors d'une conférence de presse à Bruxelles la possibilité que le FMI intervienne sur les marchés de la dette publique, comme le fait la Banque centrale européenne.
Quelques heures plus tard il publiait un communiqué pour préciser: "Nous n'avons pas discuté de ces questions avec nos Etats membres".
Son successeur choisi par la directrice générale Christine Lagarde est d'un profil très différent: l'Irano-Britannique Reza Moghadam est un fonctionnaire entré au FMI en 1992 et connu pour son entregent auprès des Etats membres et sa discrétion.
Directeur de la Stratégie, des Politiques et de l'Evaluation depuis 2008, il a joué un rôle central dans les relations avec le G20 et dans la conception des réformes entreprises par le Fonds ces dernières années.
"J'ai hâte de voir Reza Moghadam appliquer à notre travail en Europe la même vision stratégique, la même diligence et le même entrain que ceux qu'il a démontrés à son poste précédent", a déclaré Mme Lagarde, cité dans le communiqué.
Sa nomination doit être avalisée par les Etats membres au conseil d'administration. Commencera alors une tâche qui s'annonce délicate.
M. Moghadam devra créer un nouveau type de mission: le Fonds s'est vu confié la tache inédite de surveiller l'application des mesures économiques promises par l'Italie, huitième économie mondiale, à ses partenaires européens.
Il lui faudra aussi gérer l'épineux problème de la Grèce. Si l'Irlande et le Portugal se montrent des élèves appliqués des recommandations du FMI, l'organisation multilatérale a multiplié les déconvenues dans ce pays.
Athènes bénéficie du plus grand prêt jamais versé par le Fonds (17,4 milliards d'euros à ce jour) mais l'économie grecque continue de s'enfoncer dans la récession. De plus, selon l'hypothèse centrale du FMI, l'Etat hellène ne sera pas capable de se financer normalement sur les marchés avant 2021.
Les relations restent à nouer avec le nouveau gouvernement grec d'union nationale dirigé par Lucas Papademos. Et à Washington, M. Moghadam devra trouver, avec Mme Lagarde, le compromis entre les pays membres du FMI qui souhaitent un soutien maximal de l'institution à la Grèce et ceux qui se refusent à l'augmenter vu la lenteur des réformes dans ce pays.
Ce chantier est laissé inachevé par M. Borges, malgré un CV considéré idéal dans cette crise: il combinait une expérience à la Banque du Portugal où il aura été l'un des architectes de la création de la monnaie unique européenne, et une autre chez Goldman Sachs International, où il avait pu parfaire sa connaissance des marchés financiers.

Le gouvernement de Lucas Papadémos obtient la confiance du Parlement

Le nouveau gouvernement d'union nationale dirigé par Lucas Papadémos a obtenu la confiance du Parlement, mercredi 16 novembre, première étape de sa lourde tâche pour sortir le pays de l'ornière. Grâce à une confortable majorité de 255 voix sur les 300 députés présents, ce vote devrait mettre un terme au débat parlementaire qui a suivi la nomination de l'économiste vendredi à la tête d'une coalition réunissant socialistes, droite et extrême droite.

En faisant le plein des voix, le nouvel exécutif entend montrer aux Européens l'engagement de la Grèce à respecter la feuille de route fixée par ses créanciers, même si elle est douloureuse pour les Grecs. Dans son discours aux députés, avant le vote, le premier ministre s'était dit "optimiste" de voir la zone euro "surmonter ses difficultés". M. Papadémos a souligné également à cette occasion qu'il fallait "des interventions plus radicales, avec un renforcement de la marge d'actions du Fonds européen de stabilité financière (FESF)".

NÉGOCIATIONS SUR L'EFFACEMENT DE LA DETTE GRECQUE

M. Papadémos doit maintenant rencontrer le président de l'Institut de la finance internationale (IIF), Charles Dallara, pour entamer officiellement les négociations sur le délicat programme d'effacement de la dette nationale. Signe de l'urgence de la situation, le dirigeant de l'IIF a spécialement fait le déplacement dans la capitale grecque pour y rencontrer au plus vite les dirigeants du pays, retenus à Athènes par le scrutin parlementaire.

M. Dallara doit également s'entretenir avec le ministre des finances, Evangélos Venizélos, qui avait qualifié vendredi "d'urgent le lancement, officiel et public" de la procédure d'effacement partiel de la dette grecque. Au total, le programme d'échange d'obligations comportant une perte de 50 % pour les créanciers privés doit permettre de réduire la dette publique à 120 % du produit intérieur brut du pays en 2020 contre plus de 160 % actuellement.

MANIFESTATIONS PRÉVUES JEUDI

M. Venizélos déposera dès vendredi au Parlement le projet de budget 2012, garant de l'engagement de la Grèce à respecter les règles d'assainissement imposées par ses créanciers. Il devrait décliner les nombreuses mesures d'austérité déjà votées, comme la mise en chômage technique de milliers d'employés du secteur public.

La dénonciation de ces sacrifices devrait figurer en bonne place dans les manifestations de gauche organisées jeudi pour commémorer la répression, le 17 novembre 1973, de la révolte estudiantine contre la junte des colonels.

mercredi 16 novembre 2011

Les technocrates à l’épreuve de la politique

L’arrivée des experts au pouvoir en Grèce et en Italie va peut-être tempérer la fébrilité des marchés, mais elle risque également de préparer le terrain aux partis populistes, prompts à dénoncer le défaut de démocratie au cœur de l’UE et le pouvoir des élites. 

La nomination de technocrates à la tête des gouvernements en Grèce et en Italie n’a pas fait que des heureux. Certains se plaignent que, puisque ni Lucas Papademos ni Mario Monti n’ont été élus, leur prise de fonctions ne fait que confirmer la nature élitiste et non démocratique du projet européen.
C’est peut-être le cas. Mais les technocrates n’ont pas que des défauts en ces temps de tourmente financière. Ils sont tout à fait à l’aise dans le monde des courbes de rendement et obligations adossées à des actifs. Ils comprennent les pays étrangers, ainsi que les marchés. Si vous entrez dans leurs bureaux, il est peu probable qu’ils vous réclament des pots-de-vin ou qu’ils vous pincent les fesses. Et comme on part du principe qu’ils ne veulent pas faire carrière à long terme dans la politique, ils pourraient s’avérer capables de prendre des décisions difficiles.

Des carrières chez Goldman Sachs

Les technocrates ont tendance à afficher des parcours étonnamment semblables. Comparons les curriculums vitæ de MM. Monti, Papademos et Mario Draghi, qui vient d’être placé aux commandes de la Banque Centrale Européenne. Tous trois sont des économistes formés aux Etats-Unis. Tous trois ont occupé des postes à responsabilité dans la bureaucratie de l’Union Européenne.
Monti et Draghi ont l’un et l’autre travaillé chez Goldman Sachs. Des carrières qui ne peuvent que satisfaire les marchés et ulcérer les antimondialistes. Or, l’Europe, et avec elle le monde, a toutes les raisons d’espérer que MM. Monti et Papademos accomplissent des miracles. Car si les technocrates n’y parviennent pas, les extrémistes, eux, rongent leur frein en coulisses.
En Grèce, près d’un quart de l’électorat se dit désormais en faveur de formations de l’extrême gauche, et ils sont en outre 8 % à soutenir la droite nationaliste. Collectivement, les extrêmes politiques du pays rassemblent aujourd’hui davantage de voix que l’un ou l’autre des deux grands partis traditionnels.
Après la démission forcée de Silvio Berlusconi, la confusion va probablement régner pendant un moment dans la politique italienne. Mais le pays a accouché par le passé de puissants mouvements communistes et d’extrême droite. Pendant ce temps, Umberto Bossi, de la Ligue du Nord, s’affirme ravi de rentrer dans l’opposition – d’où il pourra invectiver contre l’UE, les immigrés et les Italiens du Sud.

La radicalisation de la politique

Cette radicalisation de la politique est aussi perceptible dans les pays créditeurs de l’Europe que chez les débiteurs. Marine Le Pen, du Front National d’extrême droite, aura un impact considérable sur la présidentielle de 2012 en France, même s’il est peu vraisemblable qu’elle l’emporte. Aux Pays-Bas, le gouvernement s’appuie aujourd’hui sur les voix du Parti pour la Liberté de Geert Wilders, en deuxième position dans les sondages. En Autriche, le Parti de la Liberté talonne le Parti populaire au pouvoir. En Finlande, les Finlandais [ex-Vrais Finlandais], formation nationaliste, continuent de gagner du terrain et sont largement crédités de plus de 20 % dans les sondages.
Tous ces partis progressent en s’emportant contre les "élites", qu’elles se trouvent à Bruxelles, Wall Street ou dans leurs propres gouvernements. Ils sont hostiles à la mondialisation et à l’immigration, surtout en provenance des pays musulmans. Une frange de l’extrême droite européenne, comme Jobbik en Hongrie, jouent encore sur l’antisémitisme traditionnel. D’autres, en revanche, comme Wilders aux Pays-Bas, sont franchement pro-israéliens, peut-être parce qu’ils considèrent l’Etat hébreu comme un allié dans un choc des civilisations avec l’islam.
Toutefois, les populistes d’Europe s’efforcent de plus en plus de s’arracher au ghetto électoral de l’hostilité à l’immigration. Au lieu de cela, ils mettent en avant des thèmes économiques et eurosceptiques qui séduisent un public plus important. L’UE suscite en effet chez tous ces partis populistes un profond scepticisme, et ils lui reprochent de favoriser la plupart des choses qu’ils exècrent : le multiculturalisme, le capitalisme international, l’érosion des frontières nationales et la disparition des devises nationales.
Marine Le Pen fait campagne pour sortir la France de l’euro, imposer des barrières douanières et revenir sur les accords de Schengen et la libre circulation des personnes dans l’UE. Wilders, dont le principal cheval de bataille était autrefois l’anti-islamisme, vient d’annoncer qu’il étudiait la possibilité que les Pays-Bas abandonnent l’euro pour renouer avec le florin. D’après les sondages, une majorité de Néerlandais regretterait aujourd’hui l’entrée dans la monnaie unique.

Les électeurs attirés par les partis extrémistes

Pour l’heure, dans toute l’Europe, aucun parti d’extrême droite ou d’extrême gauche ne semble près de prendre le pouvoir par les urnes. En règle générale, les partis classiques restent capables de faire front pour repousser les extrémistes. Mais ce serait commettre une grave erreur que de vouloir les ignorer. Ces groupes sont d’ores et déjà assez puissants pour exercer une grande influence sur le débat public.
Dans les pays créditeurs comme la Finlande, les Pays-Bas et la Slovaquie, des représentants de la classe politique traditionnelle disent que dans le sillage du renflouement de la Grèce, ils ne peuvent clairement pas approuver une nouvelle série de prêts, destinés cette fois à l’Italie – leurs électeurs se révolteraient et se tourneraient vers les extrémistes. En France, le Front National a sans conteste entraîné un basculement à droite dans les débats sur l’immigration et la politique économique.
Tout cela se déroule dans une situation économique certes mauvaise, mais pas encore catastrophique. Imaginez cependant à quoi ressemblerait le paysage politique européen si les banques commençaient à s’effondrer, si les gens perdaient leur épargne et leurs emplois, et que l’on assistait à une nouvelle récession cinglante. A ce stade, les électeurs auraient sans doute perdu tout espoir et toute illusion, au point d’être beaucoup plus nombreux à se tourner vers les partis extrémistes.
Donc, tout dépend en grande partie de la capacité des technocrates à stabiliser leurs économies nationales, calmer les marchés obligataires et empêcher une autre crise financière et une dissolution chaotique de l’euro. L’ennui, c’est que si MM. Monti, Papademos et Draghi sont des gens fort capables, ils n’ont rien de thaumaturges. Le danger, c’est que la situation en Europe est peut-être aujourd’hui si catastrophique que même les plus brillants et les plus rigoureux des technocrates ne pourront y changer quoi que ce soit.


Opinion

L’idéologie des technocrates, c’est l’austérité

"La seule chose sur laquelle tout le monde est d’accord, c’est que nous sommes dans la phase politique de la crise et économique et que la technocratie s’installe", écrit dans El País l’éditorialiste Joaquín Estefanía, au lendemain de la désignation de l’ancien commissaire européen Mario Monti et de l’ancien banquier central Lucas Papademos respectivement à la tête du gouvernement italien et grec.
Les technocrates ne sont pas des purs esprits, mais comme les politiques auxquels ils se substituent et les autres citoyens, ils ont leur idéologie et ils arrivent au pouvoir pour appliquer une politique économique précise : celle qu’a dictée Mme Merkel avec le soutien aveugle de M.Sarkozy et qui consiste en de fortes doses d’austérité pour les pays du Sud en échange du sauvetage de la zone euro […]. La crise dit aux perdants "nous sommes sincèrement désolés pour ce qui vous est arrivé, mais les lois de l’économie sont impitoyables et il faut que vous vous y adaptiez, en réduisant les protections dont vous bénéficiez. Si vous souhaitez vous enrichir, il faudra d’abord accepter plus de précarité ; tel est le chemin que vous mènera vers l’avenir”.

Punition collective

Si un candidat à la présidentielle faisait campagne sur le thème «Luttons contre les fraudeurs parce que la fraude, c’est pas bien», il y a fort à parier qu’il réunirait sans difficulté une majorité écrasante. On pourrait aussi imaginer «halte aux resquilleurs parce que resquiller dans les files d’attente, c’est pas beau», qui remporterait aussi un spectaculaire succès d’estime. Ou encore : «finissons-en avec l’ivresse au volant, fléau national». Le catalogue des évidences incantatoires est, on le sait, fort riche. Il suffit de se servir à la demande. Ensuite, le style fait toute la différence. Hier, le président de la République a donc enfoncé une porte ouverte avec une énergie théâtrale dans le registre «Citoyens, la France est en danger» sans prendre beaucoup de risques : le sujet, aussi moral que politique, est assurément consensuel.

La fraude sociale n’est pas marginale, en effet même si les évaluations des membres du gouvernement oscillent du simple à l’octuple : de 5 milliards d’euros par an pour les plus raisonnables à carrément 40 - pourquoi jouer petit bras ? - pour le secrétaire d’État au logement Benoist Apparu. Le manque de citoyenneté se double en effet d’un manque à gagner et c’est l’ensemble des assurés, et notamment les plus modestes, qui en subissent les conséquences. Mais pourquoi exhumer ce vieux travers maintenant comme si le phénomène était nouveau et nécessitait une réaction immédiate ? La ficelle est grosse, très, très grosse même. Il s’agit évidemment de rassurer un électorat populaire exaspéré par les revenus presque équivalents aux leurs parfois, des bénéficiaires de prestations sociales. De l’envie à la rancœur il n’y a qu’un pas et de la rancœur au soupçon, un autre. Même si le chef de l’État a prétendu ne stigmatiser personne - c’était une précision obligatoire - ce sont bien l’ensemble des personnes considérées comme «assistées» qui sont dans le collimateur. L’indignation surjouée du président permet de caresser dans le sens du poil les électeurs d’une droite plus radicale que l’UMP et de faire passer par la même occasion l’augmentation du nombre de jours de carence pour les arrêts maladie. Coup double.

Soyons clairs : les fraudes doivent être traquées sans faiblesse. L’État doit faire son travail, c’est tout ! Le risque, maintenant c’est de surréagir en mettant tout le monde dans le même sac avec des contraintes collectives qui pénalisent au passage les salariés les plus honnêtes. Le principe de la punition collective, quoi. Aussi insupportable quand on est grand que quand on était petit.

Un vrai faux compromis


Allait-il céder sur l'EPR de Flamanville et sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au risque d'alimenter le procès en mollesse qui lui est intenté ? Ou allait-il offrir une démonstration de fermeté, au risque d'abîmer son image de rassembleur ? François Hollande peut se prévaloir d'avoir évité les deux écueils.

Les écologistes allaient-ils renier leurs fondamentaux, notamment sur le nucléaire, pour quelques sièges de députés ? À défaut de compromis sur tout - on ne fait pas un demi-aéroport ou un demi EPR - il fallait bien que l'un des deux cède. Europe écologie a perdu sur les deux grands dossiers de l'Ouest.

Un constat de désaccord valait mieux qu'un clash. Il aurait certes gêné François Hollande. Il aurait surtout coûté cher aux écologistes. Être réduit au rôle de strapontin parlementaire sur lequel la majorité s'assied n'a jamais été une perspective excitante.

Eva Joly peut même se prévaloir, en dépit du petit 5 % dont elle est créditée, d'un pas significatif sur le nucléaire, la proportionnelle, la possibilité d'un groupe parlementaire. Mais au prix d'un texte à tel point ambigu qu'il n'est pas acquis que les écologistes participeraient à un gouvernement de gauche.

L'inconvénient de cette entente bancale est que l'on n'en comprend pas bien le sens. Même s'il accepte la fermeture de 24 réacteurs, pour ramener leur production électrique de 75 à 50 %, François Hollande n'annonce pas de sortie du nucléaire. Pour des raisons réelles d'emploi, de recherche, d'engagements financiers, il « sauve » l'EPR, conçu pour fonctionner... soixante ans !

Divergence majeure

Soit le nucléaire est dangereux, et il faut en sortir complètement, annoncer la couleur, ce que le PS, divisé sur le sujet, ne fera pas. S'il est dangereux, il l'est autant à nos frontières que chez nous, et il faut alors organiser son abandon à l'échelle du continent. S'il est dangereux, il ne l'est pas le temps d'un seul quinquennat, mais pour tous les gouvernements à venir, qui ne seront pas forcément sur la même ligne.

Soit, au contraire, il n'est pas dangereux. Pourquoi, alors, l'abandonner en partie ?

Décider, dans le cadre d'une aussi courte négociation, et à huis clos, d'engagements aussi lourds dans le temps et dans l'espace pose une question de démocratie. Heureusement, rien d'irréversible n'est encore conclu. Cet accord, qui enregistre la divergence fondamentale sur le nucléaire, appelle une mise à plat de tous les éléments. Il impose un débat documenté sur les risques, le coût, le prix de l'électricité, le bilan carbone d'un abandon de l'atome. Il justifierait, in fine, un arbitrage citoyen.

La conclusion boiteuse de cette négociation est-elle surprenante ? Les socialistes et les écologistes se sont toujours affrontés sur le nucléaire ou sur Notre-Dame-des-Landes. S'ils étaient superposables, il n'y aurait pas deux partis, ni deux candidats...

François Hollande n'a pas vocation à remplacer Eva Joly. Il se projette dans la présidence du pays et considère, même si ça ne serait pas de tout repos, qu'il pourrait travailler avec les écologistes sans être d'accord sur tout. Convaincu de l'envie d'alternance, il fait le pari qu'il sera de toute façon le centre de ralliement des électorats de gauche.

La Chine n'est pas à l'abri d'un "effondrement systémique"

La Chine s'expose à des bulles spéculatives et ses banques commerciales pourraient accuser un effondrement systémique si le pays était frappé par un choc combiné sur le crédit, l'immobilier, les changes et les taux, met en garde le FMI.

Le Fonds monétaire international met en garde la Chine sur sa vulnérabilité financière. Selon le FMI, l'ex-empire du Milieu est exposé à des bulles spéculatives et ses banques commerciales pourraient accuser un effondrement systémique.
Pour éviter ce risque financier, le FMI conseille à Pékin de libéraliser ses marchés financiers pour accorder plus d'autonomie aux investisseurs, aux banques commerciales et à la banque centrale, précise le FMI dans ce qui constitue son premier rapport jamais rendu sur le système financier chinois.
Ce rapport, complété en juin et publié mardi, contient vingt-neuf recommandations clés. Il n'anticipe pas de désastre imminent mais recommande à la Chine d'agir rapidement. "La configuration actuelle de politiques financières encourage une épargne importante, des niveaux structurellement élevés de liquidités et le risque marqué de mauvaises affectations du capital et de bulles d'actifs, en particulier dans l'immobilier", écrit le FMI.
Le Fonds dit avoir pratiqué en collaboration avec la banque centrale chinoise et les autorités locales de régulation des tests de résistance sur 17 banques représentant 83% du système bancaire commercial chinois. Ces tests révèlent que, dans le cas d'un scénario de chocs sévères et multiples sur l'économie, l'équivalent d'environ 20% des actifs bancaires chinois affichent des ratios de fonds propres inférieurs au minimum de 8% exigé par les régulateurs.
Le FMI précise que le scénario retenu postule une croissance annuelle de 4%, contre 9,1% l'an au troisième trimestre, une croissance d'environ 10% de la masse monétaire (M2), une chute des prix de l'immobilier de près de 26% et une variation des taux de dépôt et de prêt de 95 points de base.

Les banques chinoises devant subir tous ces chocs simultanément pour risquer un effondrement systémique, le FMI se montre plutôt optimiste sur leur niveau de résistance. "Les principaux indicateurs de liquidité du secteur bancaire semblent sains", écrit le FMI, ajoutant que les banques bénéficient aussi, grâce aux énormes dépôts chinois, de vastes réserves de financements stables et de faible coût.