TOUT EST DIT

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lundi 17 octobre 2011

Indignés par procuration

À New York, Wall Street, les indignés américains défilent grimés et déterminés, devant les colonnes du temple de la finance. À Rome, les ulcérés Italiens, se rassemblent par dizaines de milliers, écœurés par le vote de confiance accordé vendredi par le Parlement à Berlusconi. Les « indignados » espagnols, occupent, marchent, chantent. La Belgique, la Grèce et même le Royaume-Uni dans les facs et les banlieues, ont leurs indignés. Ils se rassemblaient hier à Bruxelles.

Et les Français champions du monde de la manif ? Les « travailleurs », usés par des journées de revendications catégorielles à répétition et désabusés par le résultat des manifs sur la réforme des retraites n’avaient pas une journée de salaire à perdre mardi pour dénoncer l’austérité et la toute puissance des marchés, à l’appel de syndicats divisés et méfiants à l’égard de ces « indignés » de l’étranger que Facebook mobilise mieux que les mots d’ordre de grève.

Chez nous, l’indignation fonctionne par procuration. On se rue sur le livre de Stéphane Hessel (lire page 9), on stresse ou on lève le pied au travail, on vote à la primaire du PS. La vraie manif des indignés français aura lieu lors de la présidentielle. À ce jour, rien ne dit que l’indignation sera majoritaire.

Une question de tempérament

C’est important, le tempérament... Très important. Loin d’être un critère accessoire dans une compétition électorale, il a été bien plus mobilisateur pour ce second tour des primaires que ne l’avait imaginé... Arnaud Montebourg. Plus décisif, au bout du compte, que les programmes en compétition.

Si François Hollande a remporté plutôt aisément le duel final du PS, il doit d’abord son succès à ce qu’il est: un candidat de rassemblement. Le candidat «normal» d’une gauche qui a préféré un discours volontiers tribunicien mais rond et apaisé à celui, plus agressif et à la tonalité plus... sectaire de Martine Aubry.

Les différences de style et de verbe entre les deux finalistes ont bien failli être mortelles, pourtant. La stratégie de la véhémence suivie par la maire de Lille depuis jeudi - qui a contribué à sa perte - a envenimé le match au point de laisser planer quelques doutes sur la réconciliation effective du parti au-delà des embrassades de circonstance de ce dimanche d’euphorie.

Net, aussi bien pour la participation que par l’écart entre les deux prétendants, le résultat va donner une légitimité suffisante à l’élu des socialistes. Mais il ne le dispense pas de devoir composer, au millimètre, avec sa rivale comme avec les protagonistes du premier tour. Martine Aubry n’a pas attendu une minute pour mettre de la tension dans ce rapport de forces. Côté hommage, elle a fait, certes proprement, le minimum, mais en se réinstallant immédiatement rue de Solférino, la première secrétaire du parti a aussi signifié au vainqueur qu’elle avait bien l’intention de le mettre, autant que possible, sous tutelle.

L’osmose entre l’appareil du PS et le candidat du parti - dont l’absence avait tant pénalisé Ségolène Royal en 2006-2007 - n’est absolument pas gagnée d’avance. Elle sera essentielle, pourtant, pour rassembler les familles éclatées de la gauche autour d’une ligne qui reste à tracer au-delà du projet, consensuel mais très général, adopté à l’unanimité par le PS.

François Hollande est conscient que la période tampon qui s’ouvre ce matin est périlleuse. Il n’a pas oublié qu’en 2006 Ségolène Royal avait raté cette transition délicate en prenant trop de champ pendant plusieurs semaines... et qu’elle ne s’en était jamais vraiment remise. Lui, au contraire, veut accélérer et il va essayer de profiter de la dynamique de sa victoire pour mettre le parti en ordre de marche derrière lui. Derrière les bras levés de la réconciliation et des hommages au fair-play de Martine, le bras de fer s’engage...

L’homme qui aime tant les discours en a aligné trois en une heure, installant d’emblée sa présidentialité. En évoquant son «rêve français» dans la nuit de Paris, a-t-il eu conscience que, par un hasard du calendrier, il faisait écho à l’éternel «I have a dream» de Martin Luther King célébré au même moment de l’autre côté de l’Atlantique ?

Un candidat légitimé

Ouf ! Pour les socialistes, la « primaire citoyenne » se termine bien. Très bien, même. Alors que la montée des tensions, ces dernières heures, laissait craindre des dérapages, cette curiosité politique a fait la preuve de sa pertinence.

Pour la droite, qui sait ce matin que son adversaire se nomme François Hollande, elle sonne l'heure de la contre-offensive et d'un retour au pluralisme après sept semaines de présence déséquilibrée dans les médias.

Pour l'opinion, la fin de cette séquence rose va permettre de varier les plaisirs et d'éviter la saturation.

Passé ce soulagement, une observation majeure s'impose : les électeurs de la primaire ont voté utile en choisissant François Hollande, considéré, à gauche, mais aussi à droite, comme le mieux positionné pour battre Nicolas Sarkozy. Notons, au passage, qu'il y a quelque cocasserie à voir le président de la Corrèze gagner grâce à une réforme du parti impulsée, il y a deux ans, par... Martine Aubry ! Et, soyons justes, après de nombreux mois d'une préparation psychologique et programmatique intense.

Ce résultat du second tour n'était pas acquis d'avance. François Hollande en a été inquiet jusqu'à la dernière minute. L'ardeur de la maire de Lille en fin de parcours, l'engagement des écologistes derrière elle et la dispersion des voix Montebourg ont entretenu un suspense - mobilisateur - qu'illustrent la poussée participative - près de trois millions d'électeurs - et l'évolution du corps électoral d'un tour à l'autre.

Pour le PS, la netteté du résultat était le meilleur scénario. L'écart est suffisant pour désamorcer les regrets du camp Aubry ; pour préserver, malgré les inimitiés, l'unité du parti et pour amplifier la dynamique autour d'un vainqueur indiscutable, contrairement à ce qui s'était passé pour Ségolène Royal en 2007. Il traduit même une envie de présidentielle et un désir de victoire que même les détracteurs de la primaire auront du mal à nier.

Pour l'UMP, la victoire de Hollande n'est pas la meilleure nouvelle. Plus insaisissable, plus difficile à combattre sur le terrain du bilan que la « dame des 35 heures », plus centré qu'elle sur l'échiquier politique, moins clivant et vif dans la réplique, il risque de refroidir les espoirs de la majorité au centre, surtout en l'absence de Jean-Louis Borloo. Il peut aussi compliquer la vie de François Bayrou dont certaines thèses, notamment sur l'exemplarité de l'État, sont voisines.

La gauche de la gauche, en revanche, va reprendre espoir. Jean-Luc Mélenchon pourra tirer profit de la thématique de la « démondialisation » mise en avant par Arnaud Montebourg et peu réaliste aux yeux de François Hollande. Les écologistes, qui affichaient leur préférence pour Martine Aubry, retrouvent un espace et quelques raisons supplémentaires de se démarquer du candidat PS.

Pour « réenchanter le rêve français », comme il l'a dit hier soir, François Hollande devra rassembler toute cette gauche. Et, d'ici au 6 mai 2012, lui, le gentil, le consensuel, devra faire la preuve qu'il sera assez fort, assez ferme, assez crédible pour construire sa seconde campagne sur autre chose que le rejet de la personne de Nicolas Sarkozy. Sur autre chose qu'un petit dénominateur commun synonyme de conservateur. Il lui reste sept mois pour convaincre qu'il peut être davantage un Schroeder qu'un Prodi.

BLOG. Politiquement chaud

Lagarde : "la Grèce a beaucoup avancé" (E1)

"Les Grecs ont beaucoup, beaucoup avancé. Ils ont beaucoup travaillé et ont par exemple réduit leur déficit l'année dernière d'à peu près cinq points", a commenté Christine Lagarde sur Europe 1 lundi matin. "On s'est mis d'accord avec eux sur un certain nombre d'actions complémentaires qui, si elles sont bien mises en œuvre, doivent nous amener à approuver la situation et à débloquer la tranche suivante" d'aide, a ajouté la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) alors qu'une délégation d'experts est actuellement à Athènes pour juger la situation.

L'ancienne ministre de l'Economie française a également salué "de bonnes mesures votées" en Italie et en Espagne, pays également en proie à une économie fragile. "Il faut maintenant les mettre en oeuvre, et c'est bien souvent là que le bât blesse", a-t-elle mis en garde. En ce qui concerne la France, comme son "prédécesseur" Dominique Strauss-Kahn, Christine Lagarde se refuse "à faire tout commentaire spécifique sur [son] pays".

Primaires PS : Aubry "barrée" par les hommes

Aubry a du affronter, comme Cresson et Royal avant elle, les réflexes machistes d’un monde dominé par les hommes. Mais si, en 2012, elle prenait sa revanche à Matignon ? 

La défaite –sans appel- de Martine Auby  lors du second  tour de l’élection présidentielle, c’est  aussi (ou d’ab ord) l’échec d’une femme. L’analyse détaillée des résultats du second tour confirmera, tout l’indique,  les enseignements du premier,  et  aussi  ceux des sondages qui s’étaient accumulés durant la campagne des primaires:  indépendamment  du clivage gauche-droite et, à l’intérieur du PS, du clivage classique entre « courants », il y a eu, proportionnellement,  plus de femmes que d’hommes  qui ont voté Aubry et plus d’hommes que de femmes qui ont voté Hollande.
La maire de Lille –qui avait indiqué que sa  première  décision si elle était élue présidente de la République serait d’agir pour une vraie égalité salariale-hommes-femmes-  avait d’ailleurs clos sa campagne en lançant un vibrant aux électrices.  Elle a été entendue, mais pas suivie. Ou, de son point de vue,  pas assez suivie.  Par réflexe « machiste », diront les uns,  par bon sens, diront les autres (en soulignant qu’elle n’a pas inspiré assez confiance), les électeurs hommes  -proportionnellement, répétons-le-  ont plébiscité, en effet, l’élu de la Corrèze.

Vers un tandem Hollande Aubry ?

D’une certaine manière, voici que les destins de Ségolène Royal et de Martine Aubry  se rejoignent, ou se recoupent. Ni l’une ni l’autre n’auront réussi à devenir, comme elles  l’espéraient, la première femme présidente de la République. C’est définitif pour l’ex-compagne de François Hollande, sévèrement battue au premier tour, et qui en a été bouleversée au point de ne pouvoir contenir ses larmes. C’est probablement définitif pour celle qui est redevenue officiellement depuis soir première secrétaire du PS et que beaucoup comparaient  -non sans arguments- à celle qui tient depuis tant d’années les rênes de l’Allemagne:  Angela Merkel.
Le destin des deux femmes ressemble –mais de loin, car elles sont tout de même allées l’une et l’autre beaucoup plus loin, beaucoup plus haut- à celui d’Edith Cresson, première femme Premier ministre :  en 1991-1992, elle n’a « tenu » à Matignon que 11 mois, et les « éléphants » du PS ne lui ont fait à l’époque absolument aucun cadeau . C’est même peu dire.  Cela dit, si la gauche gagne en 2012, qui sait si Martine Aubry n’aura pas l’occasion de « venger » Cresson ? Quoique  disent certains aujourd’hui, un tandem Hollande-Aubry serait, en effet, aussi crédible que le tandem Obama-Hillary Clinton après l’échange de « noms d’oiseaux » qui avait marqué leur propre primaire.
Bien sûr, l‘échec d’Aubry n’est pas réductible à une sorte de réflexe machiste, anti-femmes. Elle a commis des erreurs, elle est partie trop tard, elle s’est fait piéger par DSK (se montrant vis-à-vis de un brin naïve), elle a sous-estimé Hollande. Il n’en reste pas moins que les femmes  politiques en France, si  elles ont marqué depuis vingt ans beaucoup de points,  devront encore à se battre pour s’imposer jusqu’au sommet de l’Etat tant le monde politique reste encore une planète sinon fermée, en tout cas  puissamment masculine.

Jean-Claude Trichet s’adresse aux indignés

Le président de la Banque centrale européenne adhère en partie au message des jeunes manifestants.

A deux semaines de la fin de son mandat à la tête de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet a adressé dimanche un clin d’œil aux « indignés » qui ont manifesté samedi dans le monde entier, en disant adhérer en partie à leur message. Sur Europe 1, celui qui est l’une des bêtes noires des « indignés » fustigeant, partout sur la planète, la finance et les politiques d’austérité, leur a donné en partie raison. « Il y a évidemment un ensemble de leçons à tirer de la crise qui sont des leçons très dures : il n’est pas possible de laisser un système financier et par voie de conséquence un système économique au niveau mondial qui soit aussi fragile », s’est-il exprimé. Ses solutions ? Il prône donc un renforcement des règles et des contraintes imposées à la finance. « J’interprète une partie du message qui nous vient de ce mouvement (des « indignés », NDLR) comme allant précisément dans ce sens », a-t-il ajouté. Il a également ajouté s’opposer cependant à « démolir » les banques car, souligne-t-il, elles financent les trois quarts de l’économie, mais il a dit être d’accord pour renforcer les règles de prudence, et s’est adressé aux banques réticentes. « Même si, de votre point de vue, vous voyez que c’est contraignant, nous vous disons que ça va protéger l’ensemble de l’économie », a-t-il précisé.

Trichet opposé à la "démondialisation"

De la même manière, Jean-Claude Trichet a dit être opposé à l’idée de « démondialisation » mais a dit y voir un message en faveur d’un renforcement de la gouvernance économique mondiale dont, selon lui, il faut tenir compte. Cette idée, défendue par le candidat à la primaire socialiste française pour l’investiture à la présidentielle de 2012, Arnaud Montebourg, est actuellement au centre du débat politique en France.

COUPE DANS L'ECONOMIE GRECQUE.
"BISTOURI !"

Des lendemains qui sifflotent moyen

Sentez-vous ce petit parfum de révolution qui flotte dans l’air ? Ne voyez-vous pas cette petite graine de folie, plantée dans le sol rendu fertile par toute cette pourriture amassée sur tant d’années, et qui ne demande qu’à fleurir en un mouvement mondial et global massif ? Non ? Même pas un peu ? En bien je vous rassure : vous êtes normal.

Oui, je comprends que si vous regardez la télé, si vous lisez les grands titres de la presse, si vous vibrez à l’idée qu’enfin, un grand mouvement mondial vient de se créer dans une communion d’esprits et de partage, vous soyez un peu choqué parce que je viens de dire.

Mais en réalité, non, il n’y a pas de mouvement mondial massif d’indignation.

Enfin, si, mais certainement pas comme le décrivent les frétillants journalistes d’une presse qui érige le Deux Poids Deux Mesures en mode de vie.

Il y a bien des groupements, plus ou moins importants, de quelques centaines de types zindignés dans la plupart des grandes villes médiatiques du monde. J’insiste ici sur « centaines ». On est, bizarrement, très très loin de manifestation de plusieurs dizaine à centaines de milliers de personnes qui ferait réellement traverser la planète d’un courant mondial révolutionnaire. Non, ici, il s’agit, à chaque fois qu’on y regarde attentivement, de poignées de personnes qui se « mobilisent » de façon tout à fait « spontanée » pour aller se zindigner en groupe. Les guillemets sont de vigueur tant on ne peut pas oublier l’aspect un tantinet poussif (une spontanéité étalée sur neuf mois, dont le nom de domaine, 15OCTOBER.NET, est enregistré par une représentante permanente de l’Équateur auprès des Nations Unies, depuis juillet 2011) d’une « mobilisation » qui ressemble beaucoup à une grosse envie de faire la teuf dans un coin.

Hier samedi, nous avions donc droit à quelques croustillants articles de presse relatant cet « authentique » mouvement mondial. Dans de magnifiques tournures typiquement journalistiques, on nous présente donc ces mouvements comme la suite logique des « indignés » de Madrid, dont on se demande d’ailleurs toujours quel fut le résultat.

Comme d’habitude, les protestataires qui se mobilisent pour protester et s’indigner se présentent apolitiques. Leur message, passé au crible précis d’une presse affûtée, est toujours extrêmement clair, condensable en quelques phrases bien troussées et comprises par tous ceux qui viennent s’agglutiner à ce beau mouvement d’ensemble. Il suffit de lire la presse pour s’en convaincre. Mais si. Puisque je vous le dis.

On nous dit ainsi qu’ils refusent que les peuples paient le prix de la crise financière et demandent une vraie démocratie et une révolution éthique. Ce qui, comme on s’en doute, est directement suivi de propositions opérationnelles concrètes sur « Comment c’est-y qu’on va faire pour ne pas payer le prix de la crise financière », « C’est quoi de la vraie démocratie avec des morceaux de vote dedans », et un chapitre sur « La Révolution Éthique Pour Les Nuls ».

De façon tout à fait fortuite, ce genre de manifestation totalement spontanée se termine assez régulièrement par des exactions, des pillages, des débordements, des gens qui se font taper sur la gueule, des charges de police, des voitures brûlées et des arrestations, forcément arbitraires.
L’explication de ces dérapages est simple. Selon Laura, 23 ans, « C’est la faute du gouvernement qui a contraint les jeunes à se comporter ainsi. Ils ne nous laissent pas le choix ». Voilà : le gouvernement fait n’importe quoi, on réclame la démocratie, et concrètement, on brûle des voitures.

Finalement, la confusion la plus totale règne dans ces mouvements, et, par extension, dans une presse qui patauge à essayer de décrypter ce qui n’est pas déchiffrable. Oui, certes, il y a très manifestement quelques personnes, quelques organisations très bien préparées, pas du tout spontanées, qui ont bien compris l’intérêt qu’il pouvait y avoir à canaliser ces mouvements dans le sens qui les intéresse. Mais non, la plupart des personnes qui se déplacent pour aller agiter quelques pancartes le font sans avoir jamais eu de projet concret. Certains sont bel et bien indignés, braillent à qui mieux-mieux qu’il faut que ça change, mais n’explique absolument pas comment.

Il faut bien comprendre que s’il y a bien un fond d’engouement pour ces mouvements hétéroclites et mal boutiqués, c’est parce qu’à la base, le message initial, maintenant difficilement audible dans le brouhaha de ronchonnements variés, est, lui, logique : non, il n’est absolument pas normal que l’argent des contribuables serve à renflouer des banques.

Mais la cohérence s’arrête là où commencent les vociférations. Alors que, par exemple, le mouvement des Tea Parties américain se borne à réclamer, très clairement, une diminution du rôle de l’État fédéral et un retour aux strictes sources de la constitution américaine, en fournissant ainsi un chemin opérationnel envisageable et crédible pour le peuple américain, les divers mouvements zindignés se contentent de réclamer plus d’une chose dont on a déjà mesuré le pouvoir nocif : plus d’État, plus de redistribution, plus d’intervention. Au passage, Occupy Wall Street n’échappe pas à l’observation. En outre, la récupération discrète mais rapide de ces mouvements par les têtes de listes gauchistes, ainsi que la bienveillance des élites (Draghi, le futur patron de la BCE, « comprend » très bien les indignés, par exemple), montre à quel point ce mouvement n’est pas du tout menaçant pour l’establishment et qu’il lui est même, à bien des égards, parfaitement utile puisque réclamant, in fine, plus de pouvoir pour les politiciens. Il suffira d’opposer simplement la finance au monde politique en faisant passer l’une pour l’hydre incontrôlable et l’autre pour la chevaleresque entité chargée de la remettre dans le droit chemin, et tout ira comme sur des roulettes.

On comprend aussi, à cette lumière, pourquoi les mouvements libéraux, qui réclament depuis tant d’années, une diminution du pouvoir des politiciens, une sanction des banques par la faillite, un retrait pur et simple de la monnaie et de son monopole des mains des banques centrales, ne reçoivent pas du tout le même écho, même s’ils déplacent cent fois plus de personnes, ne provoquent pas d’émeutes et de jets de cocktails Molotov, pourquoi ces mouvements sont systématiquement dépeints comme le diable en personne et qu’il se trouve si peu de personne, à la tête des institutions, pour les « comprendre ».

Ces éléments devraient faire réfléchir ceux qui se prétendent pourtant avides de changements. Que des types comme Soros, Draghi ou d’autres les soutiennent devraient les faire bondir. Mais non. Pour eux, c’est le début d’un beau grand mouvement d’ensemble qui, on en est sûr, signe la fin du méchant capitalisme.

Pas étonnant que le lendemain, tout le monde ait déjà quasiment oublié, que la presse n’en parle déjà quasiment plus.

Les lendemains ne chanteront pas. Ils siffloteront à peine, récupérés par des éternels zindignés, ceux-là même qui ont, justement, toujours les moyens de s’arrêter de travailler pour revendiquer. Et si les revendications (« plus d’État, plus de régulations, plus de redistribution ») aboutissent, croyez-moi, les lendemains siffloteront encore moins.

L'UMP juge le PS divisé et Hollande sans expérience nationale

Dimanche soir, la droite a continué son travail de sape de la primaire socialiste, reprenant plusieurs arguments déjà développés ces dernières semaines pour décrédibiliser cette initiative de son principal adversaire politique.

  • Souligner la division entre la "gauche molle" à la "gauche sectaire"
"Ce qu'a montré cette primaire, c'est qu'il y a une fracture au sein du parti socialiste" a déclaré la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse sur iTélé, évoquant "la gauche molle et la gauche sectaire". "Ce n'est pas moi qui l'ai inventé : il y en a un qui était pour la gauche molle, l'autre pour la gauche sectaire, on a là deux marques de fabrique, qui seront assez présentes tout au long de cette campagne", a également souligné Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP sur France 2.
Le patron de l'UMP a ajouté que la droite aurait "beaucoup de questions à poser aux socialistes au pluriel, parce qu'on a compris quand même qu'il y avait une large fourchette, et qu'entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg, c'était les deux infinis, quand même", a souligné M. Copé.
"Franchement voir Arnaud Montebourg et Manuel Valls se serrer la main et s'auto-congratuler derrière le même candidat, cela mérite un bon film comique" a dit Thierry Mariani, le ministre des transports sur BFMTV.
"Les socialistes ressortent de ces primaires en ayant un peu mal aux adducteurs. Qu'est-ce qui sort ? Trois tendances: la démondialisation de Montebourg, la gauche dure de Martine Aubry, la gauche molle de François Hollande", a par ailleurs lancé le ministre de l'enseignement supérieur Laurent Wauquiez sur iTélé. "Donc, ce soir, c'est la victoire de la gauche molle mais je trouve que ça risque fort pour François Hollande d'être un peu une victoire à la Pyrrhus. Comment est-ce qu'il va faire ? Les primaires ont dégagé un candidat mais pas de clarté", a-t-il ajouté.
  • Un candidat mal élu, une première secrétaire désavouée
Ministres et députés de la majorité ont également évoqué un manque de légitimité des deux candidats à la primaire : François Hollande, pour n'avoir pas été élu, selon eux, avec un score assez fort et Martine Aubry pour reprendre la tête du parti alors qu'elle n'a pas été élu.
Jean-François Copé a ainsi minimisé la victoire de François Hollande, en estimant qu'avec tous les ralliements qu'il avait engrangés, il aurait dû l'emporter avec "65 ou 70 %" des voix. "Après des mois de campagne, il a réussi à rallier la majorité des électeurs de gauche mais ce n'est pas terrible franchement si l'on regarde le report de voix à l'issue du premier tour, il aurait dû faire quasiment 70 %, mais il fait 55,45 %" a estimé Thierry Mariani.
Nadine Morano, déléguée générale de l'UMP aux élections, a estimé pour sa part que Martine Aubry avait subi "un désaveu des militants et des sympathisants" et que "la première secrétaire du PS devrait démissionner ce soir.
  • Gagner la primaire, ce n'est pas gagner la présidentielle
Le choix de François Hollande comme candidat du PS marquant en quelque sorte le véritable début de la campagne présidentielle, ses adversaires politiques se sont employés à le décrédibiliser en tant qu'homme d'Etat. "Je constate aussi que les votants à cette primaire ont préféré l'inexpérience nationale et internationale d'un François Hollande à l'ancienne ministre et dame de fer des 35 heures, dont la France a eu tant de mal à se remettre", a lancé Mme Morano.
"Etre candidat et gagner la primaire, ce n'est pas la même chose qu'être président pour la France" a estimé M.Mariani. "Quand je vois son expérience, quand je vois ses propositions et surtout quand je vois son bilan, le département le plus endetté de France, je me dis que ce n'est certainement pas la meilleure solution dans quelques mois pour notre pays".
Mme Morano a enfin insisté sur le précédent de la primaire italienne qui avait vu Walter Veltroni investit à 75 % des voix comme candidat par la gauche, perdre quelques mois plus tard lors des législatives face à Silvio Berlusconi.
PLUTÔT QUE DE CRITIQUER À TOUT VA, L'UMP FERAIT MIEUX DE SE METTRE EN ORDRE DE MARCHE ET DE RESTER 
UNIE, RESPECTABLE  ET RESPONSABLE. 
C'EST PAS GAGNÉ !!!

PS : après sa «large» victoire, Hollande veut rassembler

Le plan de Presstalis connu à l'automne

Anne-Marie Couderc, présidente de la première entreprise de distribution de la presse en France Presstalis (ex-NMPP), est l'invitée du Buzz Média Orange-Le Figaro.

 

Deux jours sans quotidiens nationaux en kiosque. C'est ce qui a résulté, lundi et mardi, des grèves organisées à Presstalis par le syndicat du Livre, qui a bloqué la sortie des journaux, craignant une modification de la loi Bichet de 1947. Mardi soir, le Parlement a adopté un aménagement de la loi qui prévoit essentiellement la modification de la gouvernance du système de distribution de la presse, en particulier la composition du Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP), et la mise en place d'une autorité de régulation. Le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, a tenu ce mercredi matin à apaiser les esprits en assurant que la loi Bichet n'a été que «toilettée, de manière à ce que toutes les garanties qu'elle offre pour la pluralité et la diversité soient maintenues». Mais les organisations syndicales estiment que cette réforme risque de favoriser les éditeurs les plus puissants.
Au sortir de ces blocages, Anne-Marie Couderc, présidente de Presstalis, estime que si «les soucis ne sont pas vraiment derrière, ce mouvement de grève est en tout cas terminé. Cette inquiétude est légitime mais disproportionnée, poursuit-elle. On ne peut pas bloquer pendant deux jours des quotidiens nationaux en privant les lecteurs de l'information et les éditeurs du produit de leur travail, le réseau des diffuseurs étant, une fois de plus, pénalisé par cette action. Je suis tout à fait défavorable à ce genre de manifestation alors que le débat démocratique était ouvert », martèle Anne-Marie Couderc, ex-dirigeante du groupe Lagardère et ancienne présidente du Syndicat de la presse magazine (SPM).
Presstalis vient de changer de gouvernance, de statut (passant de SARL à SAS) et d'actionnaires, avec la sortie de Lagardère de son capital. «C'est une réforme importante car elle apporte beaucoup de simplification dans l'actionnariat, explique sa présidente depuis le 1er juillet. Le groupe avait par le passé huit coopératives, plus l'actionnaire Lagardère à hauteur de 49%. Aujourd'hui, Presstalis est détenue à 100% par deux coopératives d'éditeurs une des quotidiens, une des magazines-, propriétaires à 100% de la société. L'actionnariat est simplifié, la gouvernance clarifiée, ce qui doit nous permettre de prendre des décisions rapidement. Les éditeurs partagent tous les mêmes contraintes. Ils ont la même ambition de voir la presse française continuer à être distribuée tous les jours, sur les 29.000 points de vente qui existent sur le territoire».


Pertes «divisées par deux»

Presstalis a perdu 40 millions d'euros en 2009 et en 2010. A quand le redressement? «La vente au numéro continue de décroître de manière très significative, ce qui n'est pas forcément le cas de la diffusion dans son ensemble, portée par les abonnements postés ou portés, explique Anne-Marie Couderc. Ce sont bien les efforts menés chez Presstalis au cours des dernières années, et notamment des derniers mois, qui permettront de faire aboutir les réformes et la maîtrise des coûts, afin d'économiser 60 millions d'euros sur deux ans. Nous avons déjà divisé les pertes par deux mais nous ne sommes pas au bout de nos efforts», souligne-t-elle.
Anne-Marie Couderc a engagé une réflexion stratégique qui s'appuiera notamment sur un rapport du cabinet PricewaterhouseCoopers. «Presstalis est un acteur majeur de la filière, qui distribue notamment les quotidiens nationaux, rappelle-t-elle. C'est une distribution très spécifique, puisque c'est chaque jour une prouesse logistique que de faire en sorte qu'un journal sorte à 2h ou 3h du matin pour arriver chez les diffuseurs avant leur ouverture vers 6h30.» Presstalis intervient auprès de 22 sites d'impression, 500 véhicules tournent, et la société doit garantir à chaque éditeur une bonne gestion de ses flux logistiques, d'information et financiers. «C'est d'une rare complexité, analyse Anne-Marie Couderc. Et une source de coûts spécifiques. Nous devons trouver les voies de mutualisation et de «variabilisation» de nos coûts. Nous devons ouvrir la structuration de notre distribution à des partenariats. Par ailleurs, le syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) réfléchit à des partenariats possibles avec la PQR».
La présidente de Presstalis précise que l'entreprise entretient «actuellement des travaux de réflexion importants avec les éditeurs de la presse magazine et quotidienne. Nous nous rapprochons de l'étude menée par le SPQN. Nous essaierons d'aboutir ensemble à l'automne car il faut que ces réflexions soient partagées et qu'au vu de ces études, les éditeurs puissent prendre les décisions les plus pertinentes».
PRESSTALIS ÉTRANGLE DE PLUS EN PLUS LES DIFFUSEURS DE JOURNAUX, EN EFFET CE SONT EUX QUI CRÉENT LA TRÉSORERIE  DE CETTE SOCIÉTÉ EN PAYANT COMPTANT CE QU'ELLE LEUR LIVRE, TOUT EN LEUR "CRÉDITANT" LEUR COMMISSIONS À 7, 30 VOIRE 60 JOURS. NE VOUS ÉTONNEZ PAS QUE LES KIOSQUES ET LES DISTRIBUTEURS FERMENT LES UNS DERRIÈRE LES AUTRES. 
PRESSTALIS C'EST LE RACKET DE LA PRESSE.

dimanche 16 octobre 2011

Primaire: Quilès réagit trop tôt

L'ancien ministre socialiste Paul Quilès, ex-directeur de campagne de François Mitterrand en 1981 et soutien de Martine Aubry, a commenté par erreur l'élection de François Hollande. A 16h40, soit plus de deux heures avant la clôture du scrutin, suite à une erreur de manipulation de son ordinateur, il a envoyé par mégarde un communiqué prévu pour ce soir, intitulé "La responsabilité de François Hollande".

"C'est un bug", a déclaré Paul Quilès. "J'avais préparé deux communiqués à l'avance, l'un en cas de victoire de Martine Aubry, l'autre au cas où François Hollande serait élu. Mais la batterie de mon ordinateur s'est brutalement déchargée et le message de François Hollande est parti mystérieusement", a-t-il expliqué.

"Il est incontestable que l’indication fournie par les sondages du "mieux placé pour battre Sarkozy" a pesé lourd dans la décision des électeurs", écrit-il, soulignant "l'utilisation abusive" des enquêtes d'opinion. Et d'apporter un soutien très mesuré à François Hollande, qui "a maintenant la responsabilité de faire la preuve qu’il est bien celui qui pourra l’emporter le 6 mai 2012". "Pour cela, il va lui falloir très vite prouver qu’il sait vraiment rassembler, non seulement ses amis et ses nouveaux ralliés, mais aussi les socialistes et ensuite l’ensemble de la gauche", écrit encore Paul Quilès.
PAUL QUILÈS EST À L'IMAGE DE CE QUE SONT LES SOCIALISTES :
UN ÉNORME BUG

Martine Aubry reconnait la victoire de François Hollande






C'EST DÉJÀ UNE BONNE CHOSE QUE DE VOIR CETTE TRUIE HORS COURSE.

Devant leurs troupes fébriles, Copé et Fillon sonnent la charge contre le PS

Réunies à Saint-Cyr-sur-Loire, les troupes de la majorité attendent de sortir du "tunnel médiatique" de la primaire socialiste pour enfin en découdre.

Entre impatience et fébrilité à l'approche de la grande échéance de 2012, députés et sénateurs UMP trépignent, depuis deux jours, à Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours, où sont organisées les journées parlementaires du parti présidentiel. Ils n'ont, quoi qu'ils en disent, qu'un mot à la bouche : la primaire socialiste. D'un côté, beaucoup se montrent soulagés : elle n'a, selon eux, pas été aussi désastreuse pour eux qu'ils le redoutaient... "Une chose est sûre, il n'y aura pas, dimanche, de leader élu triomphalement, et donc, pas de dynamique incontestée pour le candidat choisi", martèlent-ils en substance. De l'autre, la stratégie particulièrement offensive des cadres du parti - et même du chef de l'État - à l'égard du principe d'une primaire fait débat, jusque chez les militants. Certains estiment en effet que l'UMP "se ridiculise" en ne reconnaissant pas franchement le "succès" du processus. D'autant qu'il est de plus en plus communément admis - outre le fait que son principe est inscrit dans le règlement de l'UMP - qu'il s'imposera en 2017. "La primaire devient, de fait, institutionnelle et incontournable. Et en 2017, il est évident qu'il y aura un vrai désir chez les militants et sympathisants", confie Axel Poniatowski, président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
Autre source de tension : la rivalité entre François Fillon et Jean-François Copé pour 2017, que le débat sur la primaire n'a fait qu'exposer encore plus au grand jour. Mais tous les arguments restent bons pour discréditer cette "longue séquence socialiste". Copé, Christian Jacob (président du groupe UMP à l'Assemblée) et Philippe Briand, le député local, n'ont pas trouvé de mots assez durs, vendredi, dans leurs discours d'ouverture, presque aux trois quarts consacrés à cette fichue primaire. Jacob a fustigé "l'incapacité du PS à avoir un leader naturel". Dans un style plus "café-théâtre", comme le note un membre de l'UMP, Briand a déclaré : "Nous sortons enfin de la période d'occupation... médiatique." Et de comparer la primaire citoyenne à une émission de télé-réalité, "à mi-chemin entre Koh-Lanta et La ferme des célébrités". Même le Premier ministre, dans son discours de clôture, y est allé de son bon mot : "Au Parti socialiste, les impétrants dissertent sur la démondialisation, comme autrefois les états-majors se disputaient sur le tracé de la ligne Maginot."
"Arnaud de Montebourg... quel joli nom !"
Sans compter les attaques contre les candidats eux-mêmes : "Arnaud de Montebourg... (sic) Quel joli nom ! Ce type-là est un type dangereux, je n'aurais pas voulu vivre en 1789 avec lui...", a lancé Briand, entre autres, devant un Copé hilare sur scène. Autant dire que les deux finalistes - "La dooouce Martine Aubry et le relooké François Hollande", comme les appelle Briand - ont dû avoir, eux aussi, les oreilles qui sifflaient, jeudi soir. "À force de maigrir comme ça, il va devenir aussi transparent que son programme !" a-t-il lancé, en particulier à l'attention du candidat le plus redouté par l'UMP. Car, exception faite d'Alain Juppé, tous continuent de penser en coulisse que François Hollande est le candidat le plus dangereux face à Sarkozy.
Alors, pour regonfler le moral des troupes, les cadres n'ont cessé d'annoncer le commencement d'une "nouvelle séquence". "Notre adversaire sera enfin identifié, on va pouvoir passer à la vitesse supérieure", a lancé Copé, jeudi soir, se voulant convaincant, malgré un air plus distrait qu'à l'accoutumée. Le secrétaire général a tenté de jouer les chefs de guerre : "Il va falloir reprendre notre uniforme, nous partons au combat au service de chaque Français." Vendredi, il se montrait encore un peu plus vindicatif, évoquant le "pugilat" socialiste : "Le temps des explications est maintenant venu", a-t-il répété. Avant de prévenir : "Mais il va être difficile pour le PS de faire la synthèse entre toutes ses contradictions." Enfin, histoire d'envoyer un message fort à ses troupes qui ont, elles aussi, soif d'en découdre, Copé a évoqué à la tribune la "cellule riposte" qu'il a lui-même créée, ainsi que la convention organisée par le parti, mardi, pour répondre "point par point" aux socialistes, "dans les règles, mais sans faiblir". Enjoignant à ses troupes de "gagner la bataille du mental", il a également évoqué la création d'un "comité de pilotage du projet", avec Bruno Le Maire, le ministre de l'Agriculture, en charge du programme présidentiel.
"La tête des députés est ailleurs"
Pendant ce temps, les habituels montaient au créneau, notamment auprès des médias, chacun dans son rôle. Nadine Morano, en particulier, n'a cessé de tirer à boulets rouges sur le projet socialiste et de discréditer ses candidats. Jean-Claude Gaudin, président du groupe UMP au Sénat, a de son côté joué les sages rassurants en expliquant que la défaite du parti majoritaire aux sénatoriales sera peut-être, en fin de compte, "salutaire" pour le parti.
Des discours plutôt combatifs, donc, dans un climat encore loin d'être euphorique. La présidentielle inquiète, mais les législatives aussi. "C'est tout simplement une ambiance de dernière journée parlementaire de mandature. La tête des députés est ailleurs", explique Axel Poniatowski, qui, comme d'autres, a dû filer retrouver sa circonscription sans attendre les discours de clôture, vendredi. Ces inquiétudes n'avaient pourtant pas échappé à François Fillon, qui a habilement témoigné sa reconnaissance aux parlementaires de terrain : "Je sais mieux que quiconque que les résultats des élections locales sont durs à vivre pour nos amis, difficiles à comprendre." Et de les implorer : "Pas de déception, pas de désertion ! (...) Nous n'avons pas à rougir de ce que nous sommes, de ce que nous voulons, de ce que nous avons fait."
Pour un conseiller de l'UMP, il y a eu "trois dimanches" dans la tête des parlementaires : la défaite au Sénat, il y a trois semaines, qui a bien sûr entraîné une certaine "baisse de moral". La semaine suivante, le retrait de Borloo, qui a été au contraire une "bonne surprise". Et puis dimanche dernier, le premier tour de la primaire, "qui aurait pu être beaucoup plus violent qu'il n'a été". Le quatrième, ce dimanche, est donc censé leur permettre de sonner la charge. "Rien n'est fini, rien n'est joué, tout commence, tout recommence", a conclu François Fillon. Le Parti socialiste est prévenu.

Primaire PS : un tour ça va, deux tours...

C'est bientôt fini. Les militants des partis de droite et leurs dirigeants sont à la torture depuis des semaines. C'est un peu comme si on leur avait placé de force un casque sur les oreilles, qui déverse en boucle les discours de tous les congrès du Parti socialiste depuis celui d'Épinay, et qu'on leur avait attaché les mains.

Les militants des partis de gauche et leurs dirigeants sont sur la brèche depuis des semaines. C'est un peu comme si on leur avait demandé d'engager un combat de boxe une main derrière le dos. Il s'agit de cogner, mais pas trop fort, parce qu'il va leur falloir, tous ensemble, après ces deux tours, taper sur la droite.

Les débats télévisés ont rassemblé un large public, le dernier compris, mais on sentait à la fin comme une lassitude dans l'opinion, une fatigue chez les candidats, et une crainte de dérapage de l'un des concurrents dans leur entourage. La faute à l'infernale mécanique des deux tours, que rien n'impose, même si notre système électoral nous y a habitués.

C'est entre les deux derniers dimanches que le ton s'est durci entre François Hollande et Martine Aubry. Le duel a fait monter la pression entre les deux candidats, jusqu'à considérer que l'un empruntait ses mots à la terminologie lepéniste ! Il était temps que le match s'arrête, parce qu'il faudra, dès ce soir, rassembler la gauche « molle » et la gauche « dure », et même la gauche « démondialisatrice ».

Le candidat arrivé en deuxième position au soir du premier tour, surtout si son tempérament l'y invite, doit jouer le rôle du challenger coriace et provoquer son adversaire pour avoir des chances de renverser le cours des choses.

Le candidat arrivé en tête, d'autant plus si sa nature l'y pousse, doit rassurer pour conserver sa position dominante et rassembler les électeurs des concurrents éliminés.

Si la primaire est une joute oratoire, la primaire à deux tours est un combat de catch. Si la primaire entérine la personnalisation de la politique voulue par la Ve République, la primaire à deux manches renvoie à la IVe et à ses jeux d'alliances, où un parti minoritaire pouvait faire et défaire des majorités.

Le Parti socialiste a en partie maîtrisé ces risques. Les attaques ne sont pas rédhibitoires et Arnaud Montebourg n'a pas forcé le trait dans le rôle de l'arbitre. Mais il n'est pas sûr qu'à l'avenir, quand l'enjeu sera pleinement mesuré et entré dans les moeurs, la compétition ne gagnera pas en brutalité, en coups bas, en manoeuvres, à gauche comme à droite.

Le scrutin majoritaire à deux tours a sa logique : au premier, on choisit au second, on élimine. S'agissant d'une compétition dans un même camp, faut-il aller jusqu'à l'élimination publique le combat fraternel doit-il devenir fratricide ?

Trichet : l'euro "pas menacé" par la crise, mais "il faut changer le traité"

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a récusé dimanche 16 octobre l'idée que l'euro soit "menacé" par la crise de la dette, mais a plaidé pour une réforme des traités de l'UE pour empêcher que les dérapages d'un pays de la zone ne menacent les autres.

"Demain, à mon avis, il faut changer le traité pour être capable d'empêcher un membre de la zone euro de vagabonder et de créer des problèmes pour tous les autres", a déclaré, en allusion à la Grèce, M. Trichet, interrogé sur la radio française Europe 1 et la chaîne d'information continue i>TELE.

"ALLER PLUS LOIN QUE LES RECOMMANDATIONS"
Il a plaidé pour une réforme qui rendrait le Conseil européen "capable d'imposer des décisions" à un pays en dérapage "sur la base d'une proposition de la Commission, avec des règles appropriées de majorité". "La leçon de la crise, c'est qu'il faut en effet aller plus loin que les recommandations, éventuellement avec des sanctions", a-t-il ajouté.
Au-delà des mesures d'urgence sur lesquelles elle planche pour endiguer la contagion de la crise grecque, l'Europe, qui avait juré de ne plus revenir sur ses traités après les déboires du traité de Lisbonne, a donné récemment les premiers signes d'un possible revirement vers un nouveau changement de texte.
Les propos de M. Trichet s'inscrivent dans le sillage de ceux d'Angela Merkel, qui a donné le ton début octobre en affirmant lors d'une visite à Bruxelles que "réviser les traités européens ne doit pas être un tabou". Abondant dans le sens de la chancelière allemande, le président français Nicolas Sarkozy avait fait savoir le 8 octobre que Paris et Berlin proposeraient des "modifications importantes" des textes européens.
ÊTRE "EXTRÊMEMENT VIGILANTS"
Dimanche, à un peu plus de deux semaines de son départ de la présidence de la BCE, qu'il s'apprête à céder à l'Italien Mario Draghi, Jean-Claude Trichet a assuré ne "pas du tout croire que la zone euro soit menacée" par la crise actuelle. "Je crois encore moins que l'euro lui-même en tant que monnaie soit le moins du monde menacé", a-t-il précisé.
Il a insisté en revanche sur la nécessité pour tous les Européens d'être "extrêmement vigilants" en matière de finances publiques. "Le bon sens consiste à se protéger, à prémunir plutôt que guérir... Il est très important de surveiller attentivement les politiques budgétaires", a-t-il souligné.

2012 : comment Sarkozy va contre-attaquer

Le président-candidat devrait participer à une émission spéciale crise, sur TF1 et France 2, le lundi 24 octobre. 

La contre-offensive est prête. Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs ont mis la main, vendredi dernier, aux derniers réglages de la riposte médiatique. À quelque cent quatre-vingts jours du premier tour de la présidentielle, le chef de l’État se réjouit enfin d’avoir un adversaire désigné. "On va pouvoir entrer dans le match comparatif avec le candidat socialiste", prévient-on à l’Élysée. Dans l’immédiat, le président candidat va continuer sa tournée en province. Mardi, il parlera à Nice d’emploi et de formation. Jeudi, il fêtera symboliquement le lancement du Grenelle de l’environnement en visitant l’entreprise Séché Environnement à Changé, en Mayenne. Dimanche enfin, il se rendra à Bruxelles pour un sommet européen crucial où Nicolas Sarkozy espère obtenir des Allemands des avancées décisives pour sortir de la crise financière qui secoue la zone euro.

"C'est la bonne fenêtre de tir"

Selon nos informations, le président candidat devrait ensuite parler à la télévision le lundi 24 octobre. Il a donné son feu vert pour participer à une "émission spéciale sur la crise". Le chef de l’État répondra depuis l’Élysée et pendant une heure aux questions d’Yves Calvi (France 2) et Jean-Pierre Pernaut (TF1). L’émission sera retransmise par TF1 et France 2. "Tout n’est pas encore ficelé. Mais c’est la bonne fenêtre de tir", dit-on à l’Élysée. Juste après le sommet de Bruxelles et à la veille de la fin de la présidence française du G20. Les chefs d’État des pays les plus puissants du monde se retrouveront à Cannes les 3 et 4 novembre. Nicolas Sarkozy a prévu dans la foulée de sa prestation télévisée d’effectuer une mini-tournée mondiale qui devrait le conduire notamment en Chine et aux États-Unis.
Avec cette émission de télévision, le président candidat va abattre une carte majeure. "Ce sera un exercice compliqué, anticipe-t-on à l’Élysée. Le Président devra être à la fois très pédagogue sur des sujets d’une grande complexité : l’Europe, les banques et les conséquences budgétaires passés et à venir pour les Français."
En panne dans les sondages, attaqué par les socialistes sur son bilan, Nicolas Sarkozy s’est placé volontairement en retrait depuis plusieurs mois. Ses dernières interventions à la télévision datent du mois de février. Le 27, il était intervenu pendant une dizaine de minutes pour justifier son mini-remaniement qu’il l’avait conduit à remplacer aux Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé et Brice Hortefeux à l’Intérieur par Claude Guéant. Le 10 février, il avait répondu sur TF1 aux questions de neuf Français. Depuis rien. Deux cent quarante jours de silence à part quelques points presse à l’étranger ou quelques images de ses déplacements en province. Contrairement à l’idée répandue, ce Président ne squatte plus la télévision matin, midi et soir. Tout un paradoxe au moment où les socialistes sont surexposés jusqu’à la saturation.

Le Président et Fillon divisés sur la primaire socialiste

L’exécutif voit s’achever la séquence socialiste avec soulagement. Nicolas Sarkozy et François Fillon se sont divisés sur le sujet de la primaire. Le premier a répété cette semaine qu’il était contre cette idée contraire, selon lui, "à l’esprit de la Constitution". Le second a jugé le procédé "moderne" et "inévitable"… en 2017. Une position partagée, comme le démontre un sondage Ifop pour le JDD, par 65 % des Français et 64% des sympathisants de l’UMP.
Lundi soir, François Fillon sera l’invité du 20 Heures de France 2. Pendant vingt minutes, il commentera les résultats de la primaire et préparera le terrain pour le Président en évoquant la crise. Tant à l’Élysée qu’à Matignon, on n’est pas mécontent de voir les antennes s’ouvrir à nouveau pour les responsables de la majorité. Lors des journées parlementaires de l’UMP, le député d’Indre-et-Loire Philippe Briand a eu ce mot : "Nous sortons enfin de la période d’occupation médiatique de la gauche!"

Le G20 d'accord pour donner au FMI des ressources "adéquates"

La réunion, à Paris, des ministres du G20 à Paris s'est achevée sur un satisfecit aux efforts faits par la zone euro pour sortir de la crise de la dette. Les Etats-Unis s'opposent à un renforcement des moyens du FMI proposé par les pays émergents pour aider l'Europe en crise. Mais le G20 s'engage à poursuivre les discussions pour que le fonds soit doté des "ressources adéquates" en vue du sommet de Cannes. Les tractations se poursuivent sur le relèvement de la décote exigée sur la dette grecque et la recapitalisation des banques. Rendez-vous est pris pour le Conseil européen du 23 octobre pour arriver au sommet du G20 de Cannes avec une Europe en ordre de marche pour que le monde puisse discuter des moyens de relancer la croissance.

Les ministres des finances du G20 réunis ce samedi à Paris ont salué à la clôture de leur réunion la détermination des Européens à présenter dans les prochains jours un paquet de mesures visant à restaurer la stabilité de la zone euro, sur fond de craintes sur la santé de l'économie mondiale. La France et l'Allemagne ont promis de présenter au sommet européen du 23 octobre prochain un plan pour recapitaliser les banques, répondre à la situation pire que prévu de la Grèce, accroître la puissance de feu du Fonds européen de stabilité financière et réformer la gouvernance de la zone euro.
Les pays du G20 se sont dit sont prêts à aider l'Europe à endiguer la crise de la dette, afin que le monde puisse renouer avec la croissance, mais à condition qu'elle prenne ses problèmes à bras le corps. Le communiqué finale indique que les vingt principaux pays riches et émergents s'engagent notamment à ce que le Fonds monétaire international (FMI) soit doté de "ressources adéquates". Plusieurs grands pays émergents, dont la Chine, le Brésil et l'Inde, étaient favorables à un nouveau renforcement des moyens du Fonds afin qu'il soit capable, si besoin, d'endiguer une éventuelle propagation de la crise de la dette à des poids lourds comme l'Italie ou l'Espagne et, au-delà, à toute l'économie mondiale. La France, qui préside le G20, y est aussi favorable, tout comme la directrice générale du Fonds, Christine Lagarde.
Mais l'Allemagne est plus réservée et, surtout, les Etats-Unis, premier contributeur du FMI, y sont hostiles, estimant pour l'instant qu'il est doté de ressources suffisantes et se refusant à augmenter les droits de vote des pays émergents. "Nous allons au cours des jours prochains poursuivre nos discussions mais nous avons déjà contractualisé des accords qui seront très importants", a dit le ministre français des Finances, François Baroin, après une rencontre vendredi avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble et Nicolas Sarkozy.
Malgré quelques différends, notamment sur la façon de mettre en application l'accord du 21 juillet dernier, les Européens se sont montrés plus confiants que lors des dernières réunions internationales. Les marchés européens ont à nouveau légèrement rebondi et l'euro était bien orienté face au dollar. "L'Europe avance clairement" vers une solution, s'est réjoui Timothy Geithner. Comme promis en septembre, le fonds de secours de la zone euro (FESF, fonds européen de stabilité financière) est enfin opérationnel, près de trois mois après son adoption. Mais le Vieux Continent n'est pas tiré d'affaire, comme le montre un nouvel abaissement de la note financière de l'Espagne par Standard and Poor's. Le sujet le plus épineux est assurément la recapitalisation des banques européennes, que l'hypothèse d'un défaut de paiement partiel de la Grèce et d'une dépréciation de leurs titres en portefeuille fragilise. La note de BNP Paribas a ainsi été dégradée, à AA-, par Standard & Poor's vendredi.
Les discussions se poursuivent pour définir l'ampleur de la perte que doivent accepter les banques et le secteur privé dans le cadre d'un défaut partiel de la Grèce. Le 21 juillet, l'accord portait sur une dépréciation de 21% mais plusieurs sources officielles évoquent une décote qui pourrait être proche de 40%, voire de 50%, selon Alain Minc. Plusieurs banques de la zone euro ont d'ores et déjà acté une perte de 50% dans leurs comptes. Toute la question est de faire en sorte qu'un défaut de la Grèce ne conduise par au déclenchement des CDS (assurances contre le risque de défaut sur la dette souveraine) et surtout ne soit pas suivi d'une contagion aux créances sur le Portugal, l'Irlande, l'Espagne et l'italie.
La pression devrait donc monter sur les banques pour les forcer à se recapitaliser et leur permettre de supporter d'éventuelles pertes plus importantes qu'attendu sur la dette souveraine des pays les plus fragiles de la zone. Ce plan européen sera intégré à une série d'engagements qui seront dévoilés au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G20 des 3 et 4 novembre à Cannes, qui clôturera la présidence française du forum des 20 grandes économies mondiales. De nombreuses mesures examinées par les ministres des Finances et banquiers centraux du G20 réunis vendredi et samedi à Paris ont été renvoyés à cette échéance.

Le président américain, Barack Obama, a appelé vendredi la chancelière allemande, Angela Merkel, pour parler de la crise dans la zone euro, qui selon lui représente un danger important pour l'économie américaine. Les deux dirigeants ont abordé la question des préparatifs en vue du sommet du G20, qui se tiendra à Cannes, les 3 et 4 novembre, et sont tombés d'accord pour "rester en contact étroit avant la rencontre". La réunion des ministres des finances a aussi avancé sur les autres questions au menu du Sommet de Cannes. Une des priorités de la présidence française est de parvenir à un accord sur la réduction des grands déséquilibres économiques et financiers mondiaux, avec l'objectif que les sept pays identifiés comme sources principales de ces déséquilibres présentent à Cannes "deux ou trois mesures significatives" en ce sens. "Il faut des mesures de consolidation budgétaire pour les pays en déficit excessif et des mesures susceptibles de soutenir l'activité mondiale pour ceux qui ont des excédents", avait expliqué une source française avant la réunion. La Chine est directement visé. Selon un responsable d'un pays du G20, les Chinois se sont ainsi dits prêts à "faire en sorte que la croissance en Chine ne ralentisse pas, même s'il y a un risque d'inflation, à travers une politique budgétaire expansionniste". Aucune avancée majeure n'est en revanche attendue à Paris concernant la monnaie chinoise, le yuan, dont le strict contrôle par Pékin est considéré comme l'une des causes des grands déséquilibres mondiaux. Le "sentier d'intégration" du yuan dans le panier de monnaies des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, une discussion sous-tendue par le desserrement de la monnaie chinoise, figure parmi les priorités de Cannes, avec l'objectif d'obtenir un calendrier.
Le communiqué final du G20 Finances  réaffirme que ses membres s'assureront que les banques disposent des liquidités suffisantes, en particulier à travers les banques centrales, comme elles s'étaient engagées à le faire au récent G7 Finances à Marseille. Les discussions portaient encore samedi sur l'opportunité de publier la liste des banques considérées comme faisant courir de par leur taille un risque systémique au système financier mondial, pour lesquelles le G20 doit s'accorder sur des surcharges en capital. Là encore, les décisions définitives seront prises à Cannes. Des "principes" pour les pays émergents souffrant des mouvements de capitaux spéculatifs doivent par ailleurs être finalisés pour le sommet à venir du G20, pour permettre de contrôler ces flux afin d'éviter la déstabilisation de leur économie.

France-Soir, un quotidien qui a écrit l'histoire de la presse

Peu de journaux ont une histoire aussi brillante et désespérante que France-Soir. Une naissance héroïque, avec le génial Pierre Lazareff qui transforme, au sortir de la guerre, un journal de résistants né dans la clandestinité, Défense de la France, en grand journal populaire. Des débuts fracassants, avec des tirages qui atteignent rapidement plus d'un million d'exemplaires. Une suite illuminée par des plumes prestigieuses. Une chute lente mais inexorable, émaillée de nombreux changements de propriétaires.

France-Soir s'est imposé comme le premier quotidien français dès la Libération. Racheté par Hachette en 1949, le journal vit son âge d'or dans les années 1950 et 1960. Il franchit la barre du million d'exemplaires en 1953-1954, alors que la France s'enlise dans les guerres de décolonisation, en Indochine d'abord, puis en Algérie. Les Français partent au front et France-Soir tire à plus de 1,5 million d'exemplaires. Un bandeau à la une proclame : «Le seul quotidien vendant plus d'un million d'exemplaires».
À coups de scoops, de manchettes percutantes et de photos grand format, France-Soir devient une référence. «Ramasser le monde en un jour et le jeter aux hommes chaque matin», le journal fait sienne cette définition du journalisme de Joseph Kessel, qui a couvert les procès de Pétain et Nuremberg. Les morceaux d'anthologie de Lucien Bodard, Françoise Giroud, Jean Ferniot ou Philippe Labro côtoient les fielleux «Potins de la commère» de Carmen Tessier, le feuilleton à la rose Angélique, marquise des anges et les «faits div» sordides comme l'affaire Dominici. Le cocktail est parfait.
Au sommet de sa gloire, France-Soir fait travailler 400 journalistes et sort jusqu'à huit éditions par jour. Les ventes dépassent deux millions d'exemplaires en novembre 1963, après la mort de John F. Kennedy et en novembre 1970 après celle du général de Gaulle.
Le vent tourne dans les années 1970. Quand Lazareff meurt, en 1972, la presse quotidienne commence à être bousculée par les radios et la télévision. La ligne éditoriale du journal est de moins en moins claire. Comme ses concurrents, France-Soir balance entre le tabloïd à l'anglo-saxonne et le journal généraliste. Les fréquents changements d'actionnaires à partir de cette époque n'arrangent pas les choses. Le «papivore» Robert Hersant, qui possède alors Le Figaro, prend le contrôle de France-Soir en 1976. Première hémorragie à la rédaction qui perd 80 journalistes sur 200… Mais en 1983, la diffusion s'inscrit encore à 400.000 exemplaires.
La suite est une succession de plans de relance et de restructurations. Entre 1982 et 2004, onze directeurs de la rédaction vont se succéder au chevet du malade. En 1998, Yves de Chaisemartin, à qui Robert Hersant a confié les clés de la Socpresse, passe le journal au format tabloïd en baissant fortement le prix de vente. Mais le titre est gravement déficitaire. Il change de mains en 1999, en 2000 et en 2002. Philippe Bouvard, qui a déjà officié dans le journal entre 1973 et 1989, revient alors aux manettes. France-Soir +, recentré sur la télévision et le sport, ne renoue pas avec son passé glorieux.
Exsangue, sans cap, France-Soir est placé en redressement judiciaire fin 2005. L'année suivante, le journal est racheté par le promoteur immobilier Jean-Pierre Brunois. Les journalistes en grève brandissent des tracts : «Bal tragique au tribunal : 80 morts» . L'inspiration vient toujours des tabloïds anglais. Mais le quotidien a perdu la recette du succès. Les deux plans de relance d'Alexander Pugachev, qui a acquis le journal en 2009, n'ont pas permis de renverser la vapeur.

Liliane Bettencourt : En partance pour l'étranger ?

Liliane Bettencourt fait encore une sortie remarquée. L'héritière de L'Oréal a confié qu'elle partirait à l'étranger si le juge des tutelles la plaçait sous l'autorité de sa fille
A qui Liliane Bettencourt veut-elle mettre la pression ? Au juge des tutelles ou à d'autres instances ? Beaucoup d'interrogations se dégagent de la nouvelle sortie médiatique de l'héritière de L'Oréal. En effet, elle brandit désormais la menace de partir à l'étranger dans une interview donnée au Journal du Dimanche. Si la décision qui doit être rendue lundi par la juge des tutelles de Courbevoie (Hauts-de-Seine) devait la placer sous l'autorité de sa fille Françoise, Liliane Bettencourt s'en irait.
La guerre familiale est donc de nouveau déclarée. « Si c'est cela, je pars à l'étranger. Si ma fille s'occupe de moi, j'étoufferai », déclare-t-elle. Au journaliste qui lui demande si elle compte partir en Suisse, elle répond : « Non, je ne fais plus beaucoup de ski! ». Françoise Bettencourt-Meyers n'a pas demandé à exercer une quelconque autorité judiciaire sur sa mère et il est vraisemblable que la juge des tutelles choisisse une autre option compte tenu du contexte conflictuel entre les deux femmes.

Une histoire à rebondissements

La juge Stéphanie Kass-Danno devrait statuer lundi sur la demande de révocation du mandat de protection de la milliardaire confié à son ancien avocat, Pascal Wilhelm, et sur l'opportunité de mesures judiciaires comme un placement sous tutelle ou sous curatelle renforcée. La magistrate doit s'assurer de la bonne protection de la troisième fortune de France souffrant, à bientôt 89 ans, d'une maladie cérébrale et en conflit ouvert avec sa fille qui accuse son protecteur de conflit d'intérêts.
« Je tremble ! Il n'y a plus qu'à prier (...). Je sens que je vais être écrabouillée » dit-elle. Sur ses relations avec sa fille, elle parle de « cauchemar », l'accusant d'être animée par la « méchanceté » ou d'être  « une emmerdeuse qui s'est réservé beaucoup d'argent dans tout cela ». La vieille femme imagine même le pire disant « je n'aurais plus envie de vivre. Tout cela me fatigue (...) Cela mine. C'est épuisant », dit l'octogénaire, ajoutant : « Je sais bien, ils veulent m'enfermer ».
Samedi dans Le Parisien, son protecteur Pascal Wilhelm avait déjà averti qu'un recours serait déposé en cas de mise sous tutelle. Après l'audience du 4 octobre, la juge a reçu vendredi les observations du parquet de Nanterre, « favorable à un aménagement du mandat et à la désignation d'un collège de mandataires pour surveiller la gestion du protecteur sans toutefois se prononcer pour une protection judiciaire », selon une source proche du dossier. La juge n'est pas tenue de suivre cet avis.

« Nous attendons sereinement la décision du juge qui dispose de tous les éléments pour instituer enfin une protection adaptée à la santé de Liliane Bettencourt » a expliqué l'avocate de Françoise Bettencourt-Meyers, Béatrice Weiss-Gout. Mais pour les conseils de Liliane Bettencourt, il manque à la juge une expertise médicale incontestable. Dans la dernière expertise médicale de la milliardaire, réalisée en juin par un juge bordelais accompagné de médecins, ceux-ci ont relevé « son absence à solutionner des problèmes complexes, sa difficulté à dire où elle se trouve et quel est le jour de la semaine » affirmant que Liliane Bettencourt « serait dans un état de vulnérabilité et de suggestibilité ». Des juges de Bordeaux examineront une demande d'annulation de cette expertise déposée par la défense de Liliane Bettencourt. Ce sera le 10 novembre, date d'un nouvel épisode dans cette histoire complexe.

ELLE FERAIT BIEN DE SE TIRER LA VIEILLE, SA FILLE N'EN VEUT QU'À SON FRIC.
JE LUI CONSEILLE DE DÉSHÉRITER CETTE SALOPE ET DE PARTIR DE FRANCE, LE SEUL PAYS QUI CONSIDÈRE QU'ÊTRE RICHE EST UNE INSULTE.

Grèce: Papandréou demande aux Grecs de la patience

Le Premier ministre grec George Papandréou demande aux Grecs de la patience face à la cure d'austérité sans précédent infligée au pays, alors que se profilent de nouvelles mesures socialement douloureuses. «J'aimerais beaucoup garantir à tous une solution immédiate, une meilleure vie aujourd'hui», dit-il dans une interview à l'hebdomadaire Proto Thema parue ce samedi.

«Je serais le plus heureux des hommes si je pouvais le faire mais je ne peux pas et mon devoir est d'être honnête et de dire cette vérité à chaque citoyen grec». Le parlement se prononcera la semaine prochaine sur de nouvelles baisses des salaires et des pensions de retraite, et sur des milliers de licenciements dans le secteur public.

Maintien de la politique d'austérité

Les deux principales fédérations syndicales du pays ont appelé à une grève générale de 48 heures coïncidant avec l'examen et le vote de ces mesures, mercredi et jeudi. Des débrayages sont programmés parallèlement par les services des douanes et les employés municipaux.

Samedi, des milliers de manifestants ont défilé place Syntagma, face au parlement dans le centre d'Athènes, dans le cadre d'une journée mondiale de mobilisation contre les marchés financiers et les inégalités sociales. George Papandréou a toutefois assuré qu'il maintiendrait le cap de sa politique d'austérité «dans l'intérêt d'une vaste majorité des Grecs qui connaîtraient une vraie catastrophe si la Grèce faisait défaut (sur sa dette)».

« Indignés » jusqu’où ?

Qu’ils s’appellent «Indignados», «Indignés», «15-M» ou «OWM», peu importe! Voilà un mouvement mondial que ne devraient pas ignorer les ministres réunis hier à Paris pour le «G20 Finances» dans leur confusion habituelle et sous la non moins habituelle léthargie européenne. Car il s’agit d’une expression populaire nouvelle, a priori non politique et non guidée par quelques penseurs d’extrême gauche. Rien de commun non plus avec les «altermondialistes» qui semblent avoir sauté dans le train en marche...

Cette mobilisation planétaire exprime le «ras-le-bol» de pratiquement toutes les classes de la société, relayées par leur jeunesse sans avenir devant l’incompétence des gouvernements, de droite ou de gauche.

Parce que la Politique (la vraie, avec un «P» majuscule), normalement au service de la démocratie, s’est effacée devant la Finance. Cette dernière détient le véritable pouvoir, et sans le moindre mandat, en poussant le cynisme jusqu’à faire payer ses erreurs au citoyen-contribuable. Ainsi, que de banques renflouées en 2008 avec l’argent public! Pour qu’elles continuent leurs agissements, comme si de rien n’avait été: produits toxiques, boni à gogo, rémunérations pharaoniques des directoires et des traders... Le pire: des deux côtés de l’Atlantique, malgré de martiales paroles, les autorités (normalement de tutelle) ont laissé faire. Il est vrai que, endettés jusqu’au cou, les Etats ont du mal à tancer les créanciers dont les grands établissements financiers ne sont que les intermédiaires, très actifs il est vrai.

Mais où aboutira ce mouvement d’indignation planétaire aux apparences si spontanées? Aux Etats-Unis, certains voient déjà en «Occupons Wall Street» (et ses satellites) le germe de quelque chose de plus vaste, comparable aux mouvements pour les droits citoyens des années 1960 suivis par les mobilisations massives contre la guerre du Vietnam. Déjà les partis tentent, à leur manière, une récupération: les Démocrates sous une timide bienveillance à l’égard des manifestants dans l’espoir de sauver un deuxième mandat pour Barack Obama et les Républicains en dénonçant socialistes, communistes et autres «jaloux de la Cadillac du voisin»...

La situation reste différente en Europe où, hormis en Grèce et en Espagne, le mouvement ne s’est installé que peu à peu. Toujours à l’exception de la Grèce et de l’Espagne en première ligne, les «indignés» sont encore regardés avec méfiance par les syndicats peu enclins à prêter leur concours à ce qu’ils ne contrôlent pas. Avec une autre récente et notable exception: l’Italie où la politique à la Berlusconi a atteint des sommets d’irresponsabilité et d’indécence.

Las des atermoiements de leurs dirigeants, les Européens attendent toujours, et avec de plus en plus d’impatience, une sortie de la crise ou, au moins, une réaction crédible des gouvernements et de l’UE. Pas seulement face au problème posé par la Grèce, à la fois bouc émissaire et détonateur d’un malaise plus vaste. «Toute l’Europe est une tragédie grecque» soulignait hier une pancarte de manifestants allemands devant le quartier des banques à Francfort...

Démocratie, un état des lieux

Après les manifestations en Grèce et le mouvement des Indignés espagnols, la contestation populaire s'est étendue à travers l'Europe et a traversé l’Atlantique avec Occupy Wall Street. Directe ou représentative, c’est l’idée même de démocratie qui est remise en question, estime José Ignacio Torreblanca. 
Avec les indignés de Wall Street, la grogne populaire face à la crise couvre désormais tout le spectre politique et géographique, depuis les Etats-Unis jusqu'à la Grèce. A première vue, ce sont deux cas bien distincts. Tandis que la Grèce de Papandréou est en crise à cause d'un Etat clientéliste extrêmement inefficace qui s'est endetté jusqu'à plus soif, les Etats-Unis d'Obama sont victimes de marchés financiers qui ont implosé et conduit l'économie à l'effondrement. Faillite de l'Etat d'un côté, faillite du marché de l'autre, pourrait-on dire pour simplifier.
Toutefois, par les temps qui courent, la Grèce et les Etats-Unis se ressemblent bien plus qu'on ne l'imagine. Athènes et Washington sont le berceau de la démocratie : la Grèce a inventé la démocratie directe, les Etats-Unis, la démocratie représentative. Magistralement exposé dans deux textes d'une similitude impressionnante, l'Oraison funèbre de Périclès et le discours de Lincoln à Gettysburg, cet idéal est aujourd'hui remis en cause.

L'intérêt général relégué au second plan

La démocratie directe a été la première à dégénérer en populisme, démagogie et ingouvernabilité. Il n'est pas étonnant que, voyant la fin tragique de Socrate, obligé de boire la ciguë, les pères fondateurs des Etats-Unis n'aient pas voulu parler de démocratie et aient préféré décrire leur système politique comme un 'gouvernement représentatif', autrement dit un régime où, plus que de permettre au peuple de se gouverner lui-même, on lui concédait le pouvoir d'élire et de destituer ses gouvernants de manière régulière afin de préserver ses libertés.
Malgré toutes ses insuffisances, ce système de gouvernement a été une grande réussite. Au moins dans notre contexte politique et géographique, la démocratie représentative a triomphé aussi bien du fascisme que du communisme, et même si les menaces populistes et nationalistes continuent à peser sur elle, la conjonction de gouvernements représentatifs et d'économies de marché a généralement donné lieu à des sociétés ouvertes, respectueuses des libertés et de la diversité.
Le problème vient du fait que la démocratie représentative est devenue non seulement indéboulonnable de l'extérieur, mais aussi de l'intérieur, car la démocratie directe n'est pas une alternative valable pour gouverner des sociétés aussi complexes que les nôtres. Et sur cette voie, la démocratie s'est sclérosée précisément en son point central, la représentativité des gouvernements envers les demandes des gouvernés.

Des systèmes politiques mis à nu

Avec le temps, ces gouvernements se sont laissé piéger par deux facteurs : d'une part, les partis ont transformé nos systèmes politiques en partitocraties gouvernées par une classe politique qui ne rend aucun compte et n'est pas transparente ; d'autre part, les marchés, qui ont soumis le pouvoir politique à leurs intérêts particuliers, devenant une sphère de pouvoir autonome. Résultat, l'intérêt général est relégué au second plan comme principe d'inspiration des politiques publiques, tandis que l'obligation de rendre des comptes devient inopérante en tant que mécanisme de contrôle citoyen. Ainsi, alors même que les démocraties triomphent quantitativement dans le monde, leur qualité s'est considérablement détériorée.
La plupart de nos pays sont aujourd'hui des démocraties dans toutes les dimensions qui nous font les définir comme telles, mais elles sont loin d'être d’avoir les qualités de la démocratie à laquelle les citoyens aspirent. En période de croissance économique, quand les problèmes de redistribution étaient plus faciles à résoudre, la tension inhérente entre efficacité et représentativité se résolvait facilement en faveur de l'efficacité et au détriment de la représentativité. Mais quand la crise économique a frappé de plein fouet, nos systèmes politiques ont été mis à nu : leur incapacité à gérer l'économie (que ce soit par incompétence ou parce que les solutions dépassent la compétence nationale) éclate au grand jour, de même que leur misère représentative et leur soumission au pouvoir des marchés, dont ils se montrent incapables de réguler les excès.
L'idéal démocratique athénien a échoué et a mis des centaines d'années à se réinventer ; la démocratie représentative, même si elle n'est pas soumise à un débat de l'extérieur, entrera dans une très grave crise interne si elle ne parvient pas à régler la crise de la représentation et gouverner efficacement les marchés dans le sens de l'intérêt général. D’Athènes à Wall Street, l'idéal de la démocratie se bat pour survivre.

15-Octobre

L’indignation devient mondiale

“Indignés de tous les pays, unissez vous!”, écrit Adevărul, qui cite le Manifeste du Parti communiste à l’occasion de la première manifestation internationale organisée le 15 octobre par les “indignés” de plus de 80 pays. "Ce qui était au début juste un manifestation locale est devenu un phénomène global envers la dictature des banques. Après le début espagnol, un échauffement italien, les indignés internationaux sont convaincus que ce 15 octobre va donner une nouvelle impulsion au changement du monde".
Le Temps note qu’"à l’opposé du mouvement altermondialiste qui revendiquait plus de justice pour les pays pauvres de l’hémisphère Sud, le mouvement des Indignés répond d’abord à des préoccupations locales, propres à l’Europe et aux Etats-Unis, deux continents laminés par la crise financière, par la récession qui s’en est suivie et, maintenant, par la crise de la dette et du déficit budgétaire".
"Les principales victimes de la nouvelle Grande dépression, les jeunes, visent haut et lancent un défi global contre la superpuissance financière", ajoute pour sa part  La Repubblica, pour qui "si le ‘printemps arabe a renversé des tyrans décrépis, l’automne occidental vise la tyrannie anonyme des dogmes économiques".
Et, si l’Italie s’est récemment ralliée au mouvement –  plusieurs centaines de personnes ont manifesté ces derniers jours devant le siège de la Banque d’Italie, à Rome, et à Milan devant celui de la banque Goldman Sachs  –  en Allemagne il faudra attendre. Comme l’explique Die Welt : "en comparaison avec l’Italie ou la France, la culture de la résistance est moins développée en Allemagne, où les grèves politiques sont souvent ‘criminalisées’. […] Aussi longtemps que les conséquences de la crise resteront abstraites pour les citoyens, l’Allemagne se limitera à sa culture de protestation bourgeoise et provinciale selon le credo 'Think local, act local'."