On se souvient de ses cheveux blancs et de sa mine débonnaire. Joseph Poli, ancien présentateur du journal de TF1 est décédé dimanche matin en région parisienne à l'âge de 88 ans. Selon sa fille et son gendre, Joseph Poli, né le 14 avril 1922 à Marseille, ne présentait aucune maladie particulière et s'est éteint "de vieillesse", dimanche à 6h30, dans sa maison de retraite.
Figure dans les années 1980 des nouvelles de la nuit, "Une Dernière" (de 1979 à 1983, puis de nouveau de 1984 à juin 1988), il était resté particulièrement populaire pour ses échanges joyeux et moqueurs, par éditions interposées, avec Bruno Masure qui présentait alors le journal de 20 heures sur la même chaîne. Revendiquant "26 ans de télévision et neuf ans de journal télé", il en avait connu tous les états, de la gloire au placard et avait amèrement vécu son éviction du journal télévisé, à l'atteinte de la limite fatale des 65 ans. "Si vous êtes encore montrable, que vous ne faites pas peur aux enfants, je ne vois pas pourquoi vous vous arrêteriez. Moi, j'avais le sentiment que j'étais encore dans le coup", s'insurgeait-il alors dans les colonnes du Figaro.
Joseph Poli et sa faconde avaient aussi séduit les réalisateurs, comme Yves Boisset ou Jean Marbeuf, qui l'avaient prié de faire l'acteur à huit reprises, pour le grand écran et des téléfilms, tels "La Tribu", "Lundi noir" ou "Le Miel amer". Retiré des écrans, il s'était lancé en politique aux côtés des écologistes, d'abord auprès des Verts en Saône-et-Loire puis comme candidat (sans succès) de Génération Ecologie aux législatives en Touraine.
Ces dernières années, l'ex-homme de télé était devenu un homme de plume, signant plusieurs romans et essais mettant en scène la politique française, notamment "Et si l'on changeait de société ?" (L'Harmattan, 2004). La famille indiquera ultérieurement la date et lieu des obsèques.
dimanche 16 janvier 2011
Décès de Joseph Poli, ancien présentateur de TF1
Support pédagogique édité depuis sept ans par la Commission européenne, l’agenda Europa 2010-2011 omet les fêtes chrétiennes.
Les derniers jours ont été marqués sur la scène européenne par un couac qui aurait pu être anodin s’il n’était révélateur. L’initiative a été prise de diffuser un agenda européen aux élèves de 21.000 établissements secondaires en Europe. A première vue, on ne peut que saluer cette idée, qui traduit une volonté de promouvoir et d’expliquer l’Europe. Le pro-européen que je suis ne peut qu’y être favorable.
Mais c’est aussi en tant que pro-européen que j’ai été choqué par le contenu de cet agenda. Le parti a été pris de mentionner les principales fêtes religieuses. Rien n’y obligeait, mais ce choix peut se justifier. On trouve ainsi mentionnés le "nouvel an chinois", le "début du Ramadan" ou encore "Deepavali, la fête des Lumières, largement célébrée par les jaïns, les sikhs et les hindous". On ne peut que saluer cet effort louable d’exhaustivité. Sauf que, de façon très surprenante, la page du 25 décembre se borne à évoquer le "premier sapin de Noël public", Pâques n’existe pas et la Toussaint est juste une page blanche. Autrement dit, on a pensé à toutes les religions, sauf à la religion chrétienne!
Je refuse de considérer que cela serait anecdotique. Soyons clairs: il ne faut pas y voir une volonté délibérée de la Commission européenne. Ce procès d’intention n’a pas lieu d’être. José Manuel Barroso fait sans doute partie des présidents de la Commission les plus attentifs au respect des religions. Le fond du problème est bien plus préoccupant. Cet oubli traduit une menace insidieuse, celle d’une Europe qui n’assume pas son identité, d’une Europe qui, à force de vouloir paraître ouverte et respectueuse de tous, finit par oublier qui elle est et d’où elle vient. Cette Europe-là n’est pas celle pour laquelle je me bats.
L’Europe n’est pas une simple construction administrative composée d’un amalgame de politiques publiques. Elle n’est pas une coquille creuse institutionnellement. Elle repose sur une communauté de valeurs, d’expériences fondatrices communes, de cultures partagées, autrement dit sur des racines civilisationnelles. Mais ces racines, encore faut-il les assumer. Derrière l’anecdote de l’agenda européen, ce que nous devons refuser, c’est précisément une Europe mal à l’aise avec son identité, une Europe qui oublie son histoire chrétienne et qui ne défend pas ses valeurs. L’Europe a tout à perdre, et rien à gagner, à se renier ainsi.
Il est du reste révélateur que cet agenda européen parle très peu d’Europe. On préfère y évoquer la sagesse de Gandhi, l’introduction de la tomate au Pérou ou encore l’Antarctique. N’avons-nous pas une culture et une histoire collective, des souvenirs communs suffisamment forts à mettre en valeur? Pourquoi éprouvons-nous de telles difficultés à faire état sereinement de ce qui nous constitue? Cet agenda européen manqué est pour nous un signal d’alerte. A partir de ce qui s’est passé, nous devons réfléchir à ce que sont nos valeurs collectives et notre socle commun.
Le Monde: déménager, paraître le matin... et un château dans l’Oise
Les nouveaux actionnaires du Monde et le président du directoire du journal ont détaillé vendredi plusieurs pistes envisagées pour relancer le grand quotidien.
Ils se sont retrouvés aux "Noces de Jeannette", un restaurant un brin désuet à deux pas de la place de l’Opéra, à l’initiative de l’Association des Journalistes Médias. Pierre Bergé, Matthieu Pigasse et Xavier Niel, les nouveaux actionnaires du Monde, et Louis Dreyfus, le président du directoire, ont présenté vendredi devant la presse leur projet industriel pour le quotidien. Et répondu aux nombreuses questions des journalistes, eux d’ordinaire si taiseux… "Pendant longtemps, le groupe s’est vécu comme un groupe avec un chiffre d’affaires de 700 millions d’euros, mais qui était en dessous de 400 millions d’euros", souligne Louis Dreyfus. Un déménagement dans les cartons
Lors de ses vœux aux salariés, jeudi, Louis Dreyfus a annoncé sa volonté de regrouper l’ensemble des titres du groupe (Le Monde, Télérama, La Vie, Courrier International…) dans un seul immeuble, "plus central et fonctionnel". Celui du boulevard Auguste Blanqui, qui dispose de 16.000 m2 -dont 11.000 utilisables -coûte aujourd’hui 9 millions d’euros de loyer par an. "Nous avons la volonté de regrouper les services, mais il n’y aura pas de plan de départ volontaire", assure Xavier Niel.
Une offre week-end à l’étude le dimanche…
Les actionnaires s’interrogent sur une parution "tous les jours de la semaine, y compris le dimanche, même si rien n'est aisé au niveau du réseau de distribution" détaille Pigasse. "Nous voulons également renforcer certaines parties du journal, comme l’économie et les enquêtes." Plusieurs titres du groupe pourraient participer à l’offre week-end. "Il s’agit de partage de compétences, explique Louis Dreyfus. Les magazines doivent nous aider à concevoir ce produit."
… et une parution le matin?
Cette question, qui "demande réflexion", est "à l’étude", souligne Pierre Bergé. "La rédaction doit se changer, tout ça est compliqué." Pour Matthieu Pigasse, cela "touche à l’équilibre chaud/froid. Je viens d’un village de 250 habitants, où le journal est bouclé à J-2 et lu le jour J." Pour le banquier d’affaires, la question est "comment atteindre tout le monde, partout, au même moment?" Pour Louis Dreyfus, un journal "distribué partout en France, à la même heure, supprimerait les difficultés. Le réflexe magazine démobilise la rédaction".
Nouveau directeur : les actionnaires semblent écarter Sylvie Kaufmann
Les auditions pour la quête du nouveau directeur ont commencé cette semaine, avec huit candidats déjà passés devant le comité. Elles se poursuivront la semaine prochaine, avec quatre autres candidats. "Quadras, quinquas, tout ça ne veut rien dire, assure Pierre Bergé. Je ne crois pas aux barrières de l’âge." "Nous cherchons quelqu’un capable d’incarner le journal, présent, travailleur, qui a la volonté de faire bouger les choses", ajoute Niel. Matthieu Pigasse précise qu’il n’y a "pas de ticket" entre un candidat interne et une personnalité de l’extérieur, mais qu’il y en aura "peut être un". "Nous voulons quelqu’un qui ait expérimenté plusieurs médias et qui comprenne les enjeux numériques", ajoute Pigasse. Ce qui semblerait écarter l’hypothèse de la directrice de la rédaction, Sylvie Kaufmann, qui a fait toute sa carrière au journal… Un nouveau conseil de surveillance se tiendra le 7 février, où les actionnaires proposeront le nom de leur candidat, qui devra encore obtenir à 60% l’adhésion de la rédaction. Tous les trois ont refusé d’évoquer le sort de l’ancien président du directoire, Eric Fottorino, limogé à l’issue du dernier Conseil de surveillance. "C’est du passé", assure Niel.
Des "discussions avec Lagardère" sur le Monde Interactif
Pour rapprocher les deux rédactions web et papier, il n’est "pas indispensable" de racheter la part de Lagardère dans le Monde Interactif, assure Matthieu Pigasse. "En revanche, c’est notre souhait. Mais on ne le fera pas dans n’importe quelles conditions", sous entendu de prix. "Nous sommes en discussion avec le groupe, qui joue son rôle normal d’actionnaire. Le dialogue est permanent et continu." Sur Le Post, qui a perdu un million d’euros en 2010, le trio veut désormais un site "rentable" ou "à l’équilibre". "Nous sommes très favorables aux initiatives sur l’iPad, ajoute Pierre Bergé. C’est un gisement, un futur sur lequel il faut réfléchir. J’engage tout le monde à y penser."
Le sort de l’imprimerie dans les mains des "clients"
L’imprimerie du Monde a perdu, en 2010, 5 millions d’euros, et verra son sort en partie réglé le 15 février. "La palette de choix est très large, rapporte Louis Dreyfus. L’avenir de l’imprimerie dépendra beaucoup des clients actuels, de leur volonté de la faire vivre. Et de notre capacité à en amener de nouveaux."
Un Monde qui ne "sera pas le bulletin du candidat de gauche"
"Je veux un Monde impartial, qui ne soit pas le bulletin du candidat de gauche en 2012, assure d’emblée Pierre Bergé. J’ai trouvé parfois que la rigueur n’était pas toujours là au Monde, que la vérification n'existait pas, que certains articles étaient dictés par des officines. Ce Monde-là, je ne l'aimais pas et je veux aimer le prochain Monde." Il concède: "Oui, on sera irrité par ce qu’on lit parfois. C’est comme ça!" Pour Xavier Niel, "trois actionnaires différents, même politiquement, cela protège Le Monde". Interrogé sur leurs liens avec Nicolas Sarkozy, les actionnaires ont détaillé un par un leurs dernières rencontres avec le Président. "J’ai du subir début décembre une intervention chirurgicale et le président m’a écrit une lettre extrêmement amicale, détaille Pierre Bergé. Il m’a dit qu’il faisait confiance à ma constitution de jeune homme!" "Moi, je n’ai aucun rapport avec lui", rapporte Matthieu Pigasse. Xavier Niel, lui, explique l’avoir croisé "deux fois ces dernières semaines": lors d’un déjeuner organisé avec les patrons de la net économie à l’Elysée, et lors de la remise de décoration de François Pérol, l'ancien conseiller élyséen aujourd'hui à la tête du groupe Banque populaire-Caisse d'épargne. "Lorsque j’ai entendu des rumeurs disant que Sarkozy voulait n ous dissuader d’acheter, j’étais sûr que nous obtiendrions Le Monde, sourit Pierre Bergé. Mais je trouve navrant d’avoir fait jouer à Perdriel ce rôle-là. C’est un homme très respectable."
WikiLeaks, "pour la liberté l’expression"
Le Monde a fait partie des cinq quotidiens ayant diffusés les 250.000 télégrammes diplomatiques du site WikiLeaks. Les trois actionnaires approuvent ce nouveau mode d’information. "Je suis pour la liberté d’expression sous toutes ces formes, avec très peu de limites", commente Xavier Niel. "J’ai le même point de vue que le vôtre", emboite Bergé. "Moi, moins j’ai de limites, mieux je me porte", s’amuse Pigasse.
Un château dans l’Oise
C’est la petite surprise du chef. Lorsqu’ils ont ouvert les comptes, les actionnaires ont découvert que le groupe possédait un château dans l’Oise. Sa vente serait sur le point de se conclure.
Est-ce une version maghrébine du grand soubresaut de 1989 qui avait libéré l’Europe centrale et orientale ? La révolte du peuple contre un pouvoir autoritaire ? La naissance d’une démocratie qui fera tache d’huile dans toute l’Afrique du Nord où, on s’en doute, les événements de Tunis sont suivis de très près, et quelquefois avec enthousiasme ?
L’Histoire ne se répète pas. Pourtant, quelles similitudes avec la déferlante de 1989 ! Le peuple manifeste, les sbires du régime ouvrent le feu, le pouvoir lâche du lest dans l’espoir de se maintenir pour finalement prendre la fuite. Et il y a les morts, les pillages, les exactions, le tout mis au compte de la police se comportant comme la «Securitate» de Ceausescu en décembre 1989. Pour se venger, espérer le retour du dictateur et les « privilèges» liés à son service. Ce n’est pas un hasard si l’armée a consigné hier la garde présidentielle de Carthage, en fait la milice privée de Ben Ali et de sa famille. Enfin, comme le 9 novembre 1989 lors de la chute du Mur de Berlin, la France n’a rien voulu comprendre. Il est vrai que, de François Mitterrand à Nicolas Sarkozy en passant par Jacques Chirac, Paris a porté Ben Ali à bout de bras. Ajoutons que l’Europe institutionnelle – bien que la Tunisie soit associée à l’UE – était également inscrite aux abonnés absents. Cette UE qui veut se doter d’un service diplomatique de 6 000 fonctionnaires parfaitement inutiles !
Mais maintenant ? Mebazaa, le nouveau président intérimaire, est un cacique du régime traînant de forts relents de corruption. Saura-t-il avec le premier ministre Mohammed Ghannouchi former un gouvernement d’union, organiser des élections libres dans les deux mois et, surtout, mettre fin à l’anarchie ? Rien ne l’interdit car la Tunisie possède de sérieux atouts : une élite, une armée sachant se comporter avec retenue et une administration aussi efficace que tatillonne. Même si cette dernière, plus par carriérisme que par conviction, est infiltrée par le RCD (le parti quasi unique de Ben Ali), elle saura vite changer de camp. La Tunisie reste un pays en état de fonctionnement avec le souci de préserver sa principale richesse : une industrie touristique qui, directement ou indirectement, fait vivre plus d’un million de personnes.
Certes, une transition démocratique ne se fait pas du jour au lendemain. Il y aura d’autres soubresauts, des pillages, des actes irréfléchis, peut-être des provocations de la part des nostalgiques de Ben Ali. La lutte contre la corruption et la culture du «bakchich» prendra des années. Mais faisons confiance aux Tunisiens qui ont déjà chèrement payé leur engagement : ils veulent la démocratie. Pas le drapeau vert des islamistes, d’ailleurs absent dans les manifestations. Enfin, que la France et l’Europe se rendent utiles en aidant à bâtir la première démocratie du monde arabe, juste à notre porte !
Quels risques pour le salarié qui stocke des fichiers pornos sur son ordinateur ?
Selon la charte de l'entreprise, ce qui relève de la vie privée peut entraîner un licenciement pour faute grave.
Emmanuel, ex-délégué commercial chez Coca-Cola, a été licencié pour faute grave en août 2004. Le motif ? Son employeur avait découvert sur son ordinateur portable 480 fichiers à caractère pornographique. Emmanuel a alors saisi la juridiction prud'homale d'une demande de paiement de diverses indemnités de rupture, puis la cour d'appel de Metz, qui l'a débouté de ses demandes en mai 2009.Le fait de détenir des images à caractère pornographique relève théoriquement de la sphère privée du salarié et n'est condamné par aucun texte de loi. À moins que la charte, sorte de loi interne à l'entreprise, en décide autrement. "L'utilisation de sa messagerie pour la réception et l'envoi de documents à caractère pornographique et la conservation sur son disque dur d'un nombre conséquent de tels fichiers constituaient un manquement délibéré et répété du salarié à l'interdiction posée par la charte informatique de l'entreprise et intégrée au règlement intérieur", souligne l'arrêt. Emmanuel a formé un pourvoi devant la Cour de cassation, invoquant le fait que le stockage de ces fichiers n'a pas perturbé le fonctionnement du système informatique de la société ou son réseau intranet. Argument rejeté par la Cour de cassation dans une décision du 15 décembre 2010. "Ces agissements, susceptibles pour certains de revêtir une qualification pénale, constituaient une faute grave justifiant le licenciement immédiat de l'intéressé", conclut l'arrêt.
Usage des fichiers n'affectant pas le travail
Dans une autre affaire dans laquelle aucune charte n'avait été signée, la Cour avait estimé que le licenciement était intervenu sans cause réelle et sérieuse. Jacques, alors salarié chez Citroën, avait été licencié à la suite d'un contrôle, en sa présence, de son poste informatique sur lequel étaient stockées des images à caractère pornographique et zoophilique. Il a contesté son licenciement, estimant qu'il n'avait commis aucune faute professionnelle liée à son contrat de travail. De son côté, l'entreprise considérait que ces clichés, accessibles par tout utilisateur, représentait un détournement par le salarié du matériel mis à sa disposition par l'entreprise en violation des notes de service et un risque de nature à favoriser un commerce illicite en portant atteinte à l'image de marque de l'employeur. La Cour de cassation a cassé l'arrêt de la cour d'appel de Rennes ayant conclu à l'existence d'une faute justifiant son licenciement. Les magistrats ont considéré qu'en l'absence d'usage abusif affectant le travail, la seule conservation de ces fichiers contenant des photos sans caractère délictueux ne constituait pas un manquement à ses obligations. Le licenciement n'a donc aucune cause réelle et sérieuse (Cour de cassation, 8 décembre 2009).
L'employeur doit prouver la faute
"L'analyse serait certainement différente en cas de stockage de photos pédophiles au caractère délictueux ou si l'employeur avait démontré que le salarié avait visionné les images pornographiques pendant son temps de travail", présume Christine Baudoin, avocate associée chez LMT Avocats, spécialité en droit social. La Chambre criminelle de la Cour de cassation a en effet jugé que le salarié qui utilise son ordinateur et une connexion Internet pour visiter des sites à caractère érotique ou pornographique et pour stocker sur son disque dur des messages et photographies de cette nature se rend coupable d'abus de confiance (décision du 19 mai 2004).
En tout état de cause, l'employeur qui veut sanctionner un salarié dont l'ordinateur stocke des images pornographiques doit prouver la faute. Le seul fait de recevoir des courriels accompagnés d'images pornographiques sur son ordinateur professionnel n'est pas constitutif d'une faute, a jugé la Cour de cassation dans un arrêt du 14 avril 2010. Ces photos n'avaient été ni sollicitées ni enregistrées sur le disque dur du salarié. Elles lui avaient été adressées par des personnes extérieures à l'entreprise.
Les gouvernements arabes restent prudents ou silencieux
Le demi-silence prudent observé par les régimes arabes face au succès de la révolution tunisienne est très éloquent, reflétant leur propre peur de soulèvements populaires. La rue arabe a au contraire été captivée par les quatre semaines de soulèvement qui ont conduit à la chute d'un pouvoir qui, sous couvert de sa réussite économique, avait réussi à faire taire les critiques de ses partenaires étrangers sur ses atteintes aux libertés publiques.
Si les pays occidentaux souhaitent désormais ouvertement la démocratisation de la Tunisie, les capitales arabes restent discrètes, inquiètes du caractère spontané et inorganisé du mouvement ayant mis fin aux vingt-trois ans de régime policier de Zine El-Abidine Ben Ali.
Dans une déclaration d'une extrême prudence, la Ligue des Etats arabes a invité samedi à la fois les autorités, les partis politiques et les forces vives de Tunisie à faire preuve d'"unité" pour "maintenir les réalisations du peuple tunisien et parvenir à la paix dans le pays". L'Arabie saoudite, qui a offert un asile au moins provisoire à Ben Ali et à sa famille, s'est bornée pour sa part à souhaiter que son petit partenaire de la Ligue surmonte ces "circonstances exceptionnelles".
En Egypte, le président Hosni Moubarak, qui règne sans partage depuis près de trente ans sur le pays arabe le plus peuplé, a dit par la voix du ministère des affaires étrangères avoir "confiance dans la sagesse de ses frères tunisiens" et fait part de son souhait de ne pas voir la Tunisie "s'effondrer dans le chaos".
Le Soudan a été plus audacieux en saluant le changement politique à Tunis et en souhaitant au pays "de parvenir à la liberté, à la sécurité, à la stabilité et à un bel avenir". Le renversement du dictateur soudanais Gaafar el Nimeiri, en 1985, après une vague de manifestations populaires, est peut-être le précédent ressemblant le plus au cas de la Tunisie. Mais le président actuel, Omar Al-Bachir, recherché par la justice international pour crime de guerre au Darfour, a pris le pouvoir en 1989 par un coup d'Etat.
En Irak, où la monarchie a été renversée par 1958 par une insurrection populaire couronnée par un coup d'Etat, le porte-parole du gouvernement s'est refusé à commenter la situation en Tunis, se retranchant derrière la non-immixtion dans ses "affaires intérieures".
CRAINTE DE LA CONTAGION
L'extrême réticence des pays arabes à commenter l'histoire qui se précipite à Tunis, voire le silence assourdissant des autres pays du Maghreb traduit, selon l'analyste Camille Taouil, leur crainte d'une contagion sur leur propre territoire d'une révolution spontanée "à la tunisienne". Mais il ne signifie pas nécessairement qu'ils resteraient les bras croisés en pareille hypothèse. "Les autres autocrates n'auront pas les même scrupules pour écraser la violence que les Tunisiens ont eues", estime Richard Dalton, ancien ambassadeur de Grande-Bretagne à Tripoli et Téhéran.
Pour le commentateur libanais Rami Khouri, "le message de l'insurrection tunisienne est clair : il marque la fin de la soumission et de la docilité des masses arabes après des décennies de complaisance devant l'essor des Etats arabes sécuritaires fondés sur la police et l'armée et soutenus par l'Occident". Pour lui, les griefs des émeutiers tunisiens sont partagés largement par la rue arabe, sauf peut-être dans les petites pétromonarchies du Golfe.
D'autant que des centaines de millions d'Arabes ont pu suivre et encourager en temps réel le déroulement de la révolution tunisienne grâce aux chaîne satellitaires, comme Al-Djazira, ou des réseaux sociaux d'Internet, tels Facebook et Twitter.
Parmi les pays susceptibles d'être affectés par cette onde de choc, certains spécialistes citent l'Egypte, la Jordanie, la Syrie et les voisins maghrébins de la Tunisie. Pour Hami Hassan, porte-parole des Frères musulmans égyptiens, principal mouvement d'opposition au régime fort de Moubarak, les événements en Tunisie "sont de mauvais augure" pour d'autres dirigeants arabes. "Je crois que chacun d'entre prépare maintenant son avion et met en ordre ses comptes personnels tout en s'apprêtant à serrer les boulons sécuritaires pour tenter de se maintenir au pouvoir."
Hyprocrisie politique et stratégique: bienvenue au Qatar !
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Benyamin Ben Eliézer, s’est rendu au Qatar en mai 2010 afin de prendre part au forum économique mondial et de prendre la parole devant les délégués : « J’espère parvenir à convaincre mes homologues du Proche-Orient et des pays du Golfe de considérer l’aide qu’Israël peut apporter surtout en technologie de pointe, et à briser la glace qui empêche tout progrès véritable dans les relations entre Israël et ses voisins ». Enfin, à l’occasion de l’assemblée générale d’Interpol, en novembre 2010, le général de division, Yoav Segalovich, avait participé aux débats qui se déroulaient au Qatar en tant que chef des services d’enquête et de renseignement de la police d’Israël.En février 2010, selon les services de renseignements israéliens, l’Iran a signé un pacte de défense avec la Syrie et le Qatar ouvrant ainsi les portes à une présence militaire iranienne. D’ailleurs, le Qatar a été l’organisateur, avec le président Bassar el Assad, du voyage d’Ahmadinejad en juillet au Liban. Le Mossad révèle qu’il avait été décidé d’utiliser cette occasion de la rencontre des dirigeants iranien, syrien, qatari et libanais pour tenir un conseil de guerre dans le but essentiel de raviver le conflit arabo-israélien. Il s’agissait alors pour le Qatar de cautionner une crise capable de dégénérer en conflit militaire entre Israël et le Liban, pour juguler les nouvelles sanctions votées contre l’Iran.
Le Mossad n’a pas apprécié que, sous couvert de coopération économique, le Qatar se joigne en juin 2010 à la Turquie, la Syrie et le Liban dans un Conseil de Coopération du Golfe, chargé de créer une zone de libre-échange économique. Il était persuadé de voir cette structure se transformer à moyen terme en bloc politique anti-israélien sous l’égide de la Turquie qui pourrait proposer à son nouvel allié, l’Iran, de rejoindre le pacte. La présence de deux pays foncièrement anti-israéliens risquait de créer une influence néfaste conduisant à des décisions politiques qui attenteraient à la sécurité de l’occident dans la région.
La diplomatie de l’émir du Qatar est qualifiée par le Mossad de « dangereuse et imprévisible car, de tous les services de sécurité des pays du Golfe, ceux du Qatar sont les plus laxistes dans la lutte antiterroriste » car ils ont peur de représailles à la fois d’Al-Qaeda et de l’Iran.
Le Mossad a fait part à son gouvernement de ses inquiétudes, confirmées par les révélations de WikiLeaks, précisant que le Qatar et les autres émirats étaient impuissants à lutter contre le financement du terrorisme car il était considéré comme le « pire de la région » en matière de lutte antiterroriste. Il a apporté les preuves que les groupes terroristes ne recevaient pas de financement en provenance des États-Unis ou de l’Europe mais « en réalité du Golfe et du Qatar en particulier ».
Les services israéliens rappellent qu’en 2008, le gouvernement éthiopien avait déjà accusé le Qatar de « déstabiliser la Corne de l’Afrique en faisant preuve d’un comportement hostile ». Addis-Abeba reprochait notamment à l’émir de soutenir et financer des organisations terroristes en Somalie ce qui l’avait contraint à rompre ses relations diplomatiques avec le Qatar car il l’accusait d’avoir un « comportement hostile contre l’Ethiopie ». Les griefs du Mossad ne sont pas nouveaux mais ils apparaissent à présent au grand jour.
Un câble révélé par WikiLeaks précise d’autres termes de l’émir : « Les dirigeants israéliens doivent représenter le peuple d’Israël, qui lui-même ne peut pas faire confiance aux arabes. C’est compréhensible puisque les israéliens ont été menacés depuis très longtemps ». Cette attitude ambivalente ne plait pas au sortant du Mossad qui estime que les nouvelles révélations éloignent tous les doutes sur la vraie nature du chef de l’Etat du Qatar qui, d’une part s’allie avec les pires ennemis d’Israël pour déclarer, d’autre part le 2 décembre : « Israël doit être félicité pour toujours vouloir la paix ».
samedi 15 janvier 2011
Tarifs bancaires : les promesses des établissements au banc d'essai
Les banques se sont engagées auprès de Christine Lagarde à afficher sur leur site Internet, au 1er janvier, une liste "standardisée" de dix tarifs. Le bilan dressé par La Tribune et UFC Que Choisir est globalement positif.
Depuis le 1er janvier, les banques sont censées publier sur leur site Internet le prix de 10 services « standard », définis il y a quelques mois avec le gouvernement. Objectif ? Renforcer la transparence des services bancaires et pourquoi pas, à terme, faire baisser des tarifs souvent jugés excessifs. La promesse semble avoir été tenue, d'après les observations de l'association de consommateurs UFC Que Choisir, ainsi que l'enquête menée par La Tribune sur les sites des huit banques nationales (plus le CIC dont les caisses régionales adoptent toutes les mêmes tarifs) et quatre banques en ligne.
"Globalement, les banques ont joué le jeu", résume Maxime Chipoy, chargé de mission banque et assurance chez UFC Que Choisir, avant de nuancer : "il arrive que l'information soit difficile à trouver et on relève parfois des oublis. Certaines banques ajoutent aussi des informations pour faire apparaître des services qui sont gratuits chez elles... comme dans la plupart des banques". Ainsi, le coût du prélèvement à l'unité est absent des sites de la Caisse d'épargne et de celui du Crédit Agricole Centre Ouest. En revanche, ce dernier indique le coût du retrait en agence : gratuit, comme partout ailleurs ! La brochure est également difficile à trouver sur le site du Crédit Agricole Centre France, et le Crédit Agricole Anjou Maine ne fixe pas de limite à sa commission d'intervention. Quant au Crédit Agricole de Normandie, il oublie de faire figurer le prix du virement Internet.
Pour certains, cet "extrait standardisé" est aussi l'occasion de se faire... un peu de pub. Ainsi, Fortuneo ajoute plusieurs tarifs non demandés - et gratuits chez elle - dans la rubrique "commission d'intervention" et le Crédit Mutuel y intègre le tarif de ses packages bancaires.
Même constat, globalement positif, à l'issue du test réalisé par La Tribune, qui a regardé combien de "clics" étaient nécessaires pour accéder au fameux extrait (voir tableau). Reste que le chemin n'est pas toujours intuitif. La mention "tarifs" ou "conditions tarifaires" se fait discrète, apparaît dans un coin, tout en bas, en gris clair sur fond blanc comme sur le site du Crédit Coopératif. Le lien vers l'extrait standardisé n'apparaît sur la page d'accueil que sur trois des treize établissements étudiés (CIC, Crédit Coopératif et Monbanq). Mention spéciale pour LCL où le fichier en PDF des tarifs s'ouvre sur la page des dix principaux tarifs. La banque en ligne Monabanq remporte la palme de la mise en avant avec un petit phylactère repérable au premier coup d'oeil.
Cet extrait est censé améliorer la visibilité et faciliter la comparaison pour l'usager bancaire. De fait, on voit apparaître d'importants écarts de tarifs (voir tableau). La carte bancaire peut ainsi coûter de 0 à 50 euros par an selon les banques. Et, hors banques en ligne, l'écart de prix entre l'assurance moyens de paiement la moins chère et la plus onéreuse atteint 60%.
Seule la banque en ligne ING fait carton plein, en affichant "gratuit" sur les tarifs tarifs. A l'inverse, LCL et le CIC sont les seuls à facturer des virements externes en ligne (forfait annuel de 21 euros chez LCL, 34,8 au CIC). Quant au Crédit Coopératif, il ne propose pas encore ce service.
"Les banques ont respecté leurs engagements, pas plus", souligne l'expert de l'UFC Que Choisir, qui rappelle qu'à l'origine, il était question de faire figurer les tarifs des dix services standard en tête des brochures disponibles en agence. Le temps ayant manqué pour imprimer ces brochures dans les délais impartis, elles ont obtenu de publier cette liste sur Internet. "Mais dans 30 à 40% des cas, le récapitulatif se trouve dans un document distinct des tarifs, parfois sur une page web différente", signale Maxime Chipoy. Pour lui, "dans ces conditions, rien n'empêcherait les banques de distribuer ce document d'une page dans les agences bancaires".
Dès la fin janvier, cette liste standard devra figurer en tête des brochures tarifaires envoyées aux consommateurs. Des plaquettes dont le sommaire devrait d'ailleurs être commun à tous les établissements afin de faciliter la comparaison tarifaire.
Traiter Ben Ali comme Loukachenko
La bonne nouvelle c’est que l’Union européenne a réagi fermement. En 2006, après des élections tout aussi truquées, Loukachenko s’était vu infliger une série de sanctions intelligentes (c’est-à-dire qui ne causent pas de tort à la population) : interdiction de se rendre dans les autres pays, gel des avoirs financiers à l’étranger et soutien à l’opposition. Les sanctions ont été efficaces puisqu’en 2008, Loukachenko a commencé à lâcher du lest et libéré tous les prisonniers politiques. En retour, l’UE a suspendu les sanctions, a offert au pays une aide économique et entamé une procédure de dégel des avoirs financiers. Pourtant, si le régime persiste dans cette voie autoritaire, les sanctions reprendront. Les eurodéputés s’accordent en effet à dire que le Président biélorusse s’est payé la tête de l’UE et qu’il faut revenir à une politique de fermeté.
L'image idyllique du pays cache un Etat orwellien
A Tunis, la situation est pire, mais l’UE restera muette, comme en 2009, quand Ben Ali a "remporté" les élections avec 89,62% des voix. Ceux qui se rendent en Tunisie et qui parlent avec les opposants ne cessent de rappeler que l’image touristique et idyllique du pays cache un Etat orwellien, qui contrôle les moindres mouvements de ses citoyens, y compris leur courrier électronique. Les émeutes tunisiennes, dont le décompte des morts sera difficile à obtenir, ont révélé le véritable visage des régimes politiques de la région, qui au nom d’une prétendue stabilité politique pratiquent une répression féroce. Leur but: protéger une corruption endémique, et non comme ils le prétendent, construire des sociétés modernes qui serviraient de rempart à l’islamisme.Après 23 ans au pouvoir, le kleptocrate Ben Ali a eu l'idée géniale de créer une commission d'enquête sur la corruption. Autant dire que son cynisme est sans limites. Les fuites de Wikileaks ont montré par des cas précis à quel point les élites de la région (qu'il s'agisse de monarques, de présidents, et, dans le cas de Ben Ali, de sa propre famille) vivent dans une débauche de corruption, tandis que la jeunesse est privée de tout horizon professionnel ou personnel.
Avec ce qui se passe en Tunisie, l'Espagne, la France et l'Italie, principaux fers de lance d'une politique méditerranéenne de l'UE aujourd'hui à bout de souffle, apparaissent sous un jour peu flatteur. En revanche, la Pologne, la Suède et les Pays baltes appliquent avec succès des mesures complètement différentes de celles mises en œuvre par Madrid, Paris et Rome en Méditerranée.
Passive, l'Europe isole ceux qui croient encore en l'Etat de droit
Dans cette zone, notre politique ressemble de plus en plus à celle menée par les Etats-Unis en Amérique centrale pendant la guerre froide, avec les conséquences funestes que l'on sait. De même que la politique d'endiguement menée par Washington a jeté la population d'Amérique centrale dans les bras de la gauche révolutionnaire, nos mécanismes d'endiguement de l'islamisme vont très probablement profiter aux islamistes, lesquels ont beau jeu d'inscrire la justice sociale et la lutte contre la corruption dans leurs programmes politiques.Par sa passivité, l'Europe, non content de se discréditer, isole et condamne à l'extinction tous ceux (il n'en reste sans doute plus beaucoup) qui dans la région croient encore en l'Etat de droit, en l'alternance politique et au respect des droits de l'Homme. Si secrètement nous aspirons à avoir sur la rive sud de la Méditerranée une série de républiques bananières, fidèles gardiennes de nos intérêts, il semble que nous soyons sur la bonne voie.
Moscou et Pékin contraignent l’ONU à ajourner un texte sur la Côte d’Ivoire
Au moment même où les Etats-Unis et l'Union européenne renforcent leurs sanctions contre le camp de Laurent Gbagbo, qui refuse de céder le pouvoir en Côte d'Ivoire, les Nations unies, dont le personnel est pris pour cible sur le terrain, peinent à s'entendre sur l'envoi de renforts et sur l'éventualité de nouvelles sanctions.
A l'heure actuelle, la mission onusienne sur place (Onuci) compte 9 000 hommes en uniforme, dont 1 250 policiers. Mais plus du tiers de ces effectifs sont déployés à Abidjan, dont les 800 militaires et policiers qui assurent la protection de l'hôtel du Golf, où est assiégé le président élu Alassane Ouattara. "La Mission se trouve ainsi dans l'impossibilité de faire face rapidement à toute détérioration de la situation en matière de sécurité dans d'autres régions, en particulier dans l'ouest ", explique Ban Ki-moon dans sa lettre aux 15 pays membres.A l'ouest, se trouve la frontière avec le Libéria, traversée chaque jour par plus de 600 Ivoiriens.
Le dernier bilan fait état de 247 morts et 49 disparus depuis l'élection du 28 novembre. Sur place, fin décembre, le chef des opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, aurait passé la consigne aux casques bleus de faire preuve de plus de fermeté, tout en évitant la confrontation. " L'ONU ne se laissera pas intimider " a fait savoir Ban Ki-moon. Mais de là à voter de nouvelles sanctions visant, à l'instar de celles imposées par Washington, nommément Laurent Gbagbo, son épouse et trois de ses proches collaborateurs... Les Russes ont prévenu, ils s'y opposeront.
Le Conseil de sécurité pourrait être contraint de se contenter de sanctions contre une bande de " seconds couteaux ", reconnait un diplomate.
Alexandra Geneste
Sondage: Marine Le Pen 3e derrière Sarkozy et Aubry
Vainqueur du scrutin interne du Front national, Marine Le Pen progresse de sondage en sondage. Dernier en date, celui de l'Ifop pour Sud-Ouest.
Marine Le Pen (FN) a fortement progressé dans les intentions de vote des Français, à 16,5%, pour le premier tour de la présidentielle, troisième derrière Nicolas Sarkozy (26,5%) et Martine Aubry (23%), selon un sondage Ifop à paraître dans Sud-Ouest Dimanche.
La nouvelle leader du FN, qui sera officiellement intronisé dimanche, à Tours, passe de 12% en novembre dernier à 16,5% des intentions de vote. Quasiment le score qui avait permis à Jean-Marie Le Pen de se qualifier pour le second tour de la présidentielle en 2002 (16,86%).
Selon ce nouveau sondage, elle recueille 27% des intentions de vote chez les employés, 17% chez les ouvriers mais également 11% parmi les électeurs de Nicolas Sarkozy en 2007 et 10% auprès de ceux de François Bayrou.
A 26,5% d'intentions de vote, le président Sarkozy baisse d'un demi-point, mais reste en tête au premier tour, enregistrant ses meilleurs résultats auprès des 65 ans et plus (42%).
La première secrétaire du PS Martine Aubry progresse d'un point, à 23%, récupérant 15% des électeurs de François Bayrou en 2007, 16% de ceux d'Olivier Besancenot, mais seulement 67% des électeurs de Ségolène Royal.
Président du parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon (6,5%, +0,5 point) creuse l'écart avec le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot (3,5%, en baisse d'1,5%).
Alors que les écologistes s'interrogent sur le choix de leur candidat pour 2012, Nicolas Hulot, personnalité politique préférée des Français selon le dernier Baromètre Ifop/Paris-Match, peine à convertir cette popularité en potentiel électoral. Il n'obtient que 6% des intentions de vote, contre 7,5% en novembre 2010 à Eva Joly.
Au centre, François Bayrou (8%) devance Dominique de Villepin (6%) et Hervé Morin (2%).
Russie : Staline, un héritage encombrant
envoyé par france24. - L'info internationale vidéo.
L’extrême droite à visage humain
Après 38 ans à la tête du Front National, Jean-Marie Le Pen passe la main à sa fille Marine. Derrière cette succession dynastique se profile une stratégie de modernisation à l'image de ses homologues européens. Objectif : la présidentielle de 2012.
Le Front national n'est plus ce qu'il était. Il est loin le temps de la franche gaudriole de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz "point de détail de la Seconde Guerre mondiale", sur ces "lépreux" de "sidaïques", sur les camions militaires bourrés de sans-papiers ... Depuis huit ans, sa fille Marine ponce lentement les aspérités du sulfureux parti d'extrême droite. Son but? Elargir l'audience du FN en le travestissant en un parti de droite populiste plus "respectable".
Marine Le Pen pense que l'avenir de l'extrême droite française se joue dans l'ouverture. Le patriarche s'est rangé aux côtés de sa fille, après avoir été le défenseur de l'orthodoxie doctrinale du FN. Et c'est le n°2 actuel, Bruno Gollnisch, qui défend désormais cette ligne. Ce frontiste de la première heure, au FN depuis vingt-sept ans, brigue la succession contre la fille du chef. Le 15 janvier au congrès de Tours, les militants vont élire le nouveau boss après trente-huit ans de règne du patriarche. Jean-Marie Le Pen souhaite que la dynastie perdure.
La jeune divorcée moderne contre le vieux prof de fac
Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, c'est deux styles, deux stratégies, deux générations. La jeune divorcée moderne contre le vieux prof de fac. Il aime dire d'eux qu'il est le cerveau et qu'elle est la com. Marine Le Pen dit comprendre les femmes qui avortent, Gollnisch veut fédérer les courants ultras: négationnistes, antisémites, colonialistes, cathos intégristes. C'est un libéral, elle prône le protectionnisme face au "totalitarisme économique et financier". Il sent la poussière, elle prend la lumière et arpente inlassablement les marchés d'Hénin-Beaumont, la ville sinistrée [dans le Nord de la France] qu'elle fut à deux doigts d'emporter. Surtout, elle a la marque, c'est une Le Pen, soit tout l'or du monde dans un parti hiérarchisé à l'extrême et soumis à l'autorité du chef!
Marine Le Pen est une femme de son temps. Elle n'a rien à cirer des obsessions de son père sur la Seconde Guerre mondiale ou la guerre d'Algérie. Elle veut mettre le FN au goût du jour et en faire un parti de gouvernement à l'image des partis de la droite populiste européenne : la droite radicale scandinave, la Ligue du Nord italienne, le PVV du Néerlandais Geert Wilders, l'extrême droite suédoise qui vient d'entrer au Parlement.
Selon la spécialiste de l'extrême droite Nonna Mayer, "le discours des droites populistes européennes consiste à dire: les musulmans ne partagent pas nos valeurs, ils sont intolérants envers les homosexuels, les femmes, les Juifs. Elles retournent l'argument : ce sont eux les 'racistes'." Première étape pour Marine: bannir les sorties racistes ostentatoires dont son père était friand. Sa ligne rouge: l'antisémitisme. Sa nouvelle cible? L'islam, qui remplace le thème de l'immigration lancé en 1978 par le FN et récupéré par Sarkozy – ce qui ne lui a d 'ailleurs pas trop réussi.
Les trois-quarts des Français rejettent catégoriquement le FN
Son arme? La laïcité. "C’est un argument plus présentable, plus respectable pour délégitimer l'islam", commente Nonna Mayer avant d'ajouter : "Mais sur le fond programmatique, le coeur du discours est le même : la préférence nationale. Seul l'argumentaire change." Un créneau porteur. La colonisation a été remplacée par le choc des civilisations et le 11 Septembre parle à tous. L'islamophobie se trouve "justifiée" par l'actualité: l'Iranienne Sakineh, les attentats contre les coptes en Egypte...
Selon la dernière enquête du CNDH, 23% des Français ont une aversion pour l'islam non basée sur le rejet de l'autre mais sur la défense des valeurs progressistes -laïcité, féminisme, égalité hommes-femmes. Marine Le Pen répondra ceci à l'AFP après sa comparaison polémique entre les prières de rue musulmanes et l'Occupation: "j’entends de plus en plus de témoignages sur le fait que dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc." Une stratégie payante? Selon les derniers sondages, Marine Le Pen recueille entre 27% et 33% d'opinions favorables. Reste pour elle à les concrétiser dans les urnes. Les intentions de vote sont estimées entre 12 et 15%. La fille Le Pen n'a pas encore fait tomber les barrières qui entourent son parti: les trois-quarts des Français le rejettent catégoriquement. Mais avec le FN, on a appris à se méfier.
En dix ans, le prix moyen du billet d'avion en agences a baissé de 4,7%
Toutefois, souligne le Snav, sur une période de 10 ans le nombre de billets émis par les agences de voyages françaises n’a évolué que de 5%. Le chiffre d’affaires correspondant à ces billets, c'est-à-dire la recette perçue par les compagnies aériennes, n’a progressé que de 5,8% par rapport à 2009 et demeure en retrait de - 11,3% par rapport à 2008. Le prix moyen du billet d’avion émis dans les agences de voyages en France a diminué de 2,4 % en un an et de 15,5% entre 2007 et 2010. Au cours de la décennie ce prix moyen du billet d’avion a baissé de 4,7%. Il était de 342 euros en 2000, il est de à 326 euros euros en 2010. Le Snav a identifié les raisons de cette "étonnante" baisse : déjà, sous la pression des compagnies low cost les transporteurs ont adopté des politiques tarifaires innovantes et plus agressives,. Ensuite, les clients acceptent des conditions de modification ou de remboursement plus contraignantes en contrepartie de prix réduits. Enfin, depuis la crise, en 2008, les voyageurs d’affaire ont "reculé " dans l’avion, passant de la first à la business class et de la business à la classe éco. De plusn les agences de voyages qui ne sont plus commissionnés par les transporteurs ont intérêt à rechercher les prix les plus compétitifs pour leurs clients.















