TOUT EST DIT

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lundi 13 octobre 2014

"L’écologie n’est pas compatible avec l’économie de marché"

Du feu rouge au feu vert, en passant par le rose. Arthur Nazaret, journaliste au service politique du JDD, s'intéresse à ce qui agite la gauche. Des livres politiques aux cuisines internes. Cette semaine, il revient sur l'ouvrage de Joan Martinez-Alier, professeur en économie et en histoire de l’économie à l'Université autonome de Barcelone, qui a publié, en espagnol, L’écologisme des pauvres en 2005. Son livre vient de sortir en France aux éditions Les Petits Matins.
Il y a actuellement, en France, un débat sur la transition énergétique. Avez-vous pu le suivre et qu'en pensez-vous?
 Nous devons avoir une transition énergétique dans le monde. La question est de savoir comment aller à un système énergétique qui ne produit pas de gaz carbonique. Il est de plus en plus difficile d'avoir du pétrole donc il est recherché partout ce qui a des coûts très lourd pour l'environnement. Il y a une rareté de l'énergie, il faut donc changer de système énergétique car il n'y a pas de rareté pour l'énergie solaire par exemple.
Dans votre livre, vous parlez de trois types d'écologie. Pouvez-vous nous les décrire?
 Le premier type d'écologie est une écologie qui sacralise la nature et qui vise à la conserver. C'est le culte de la nature sauvage. C’est l'écologie de Henry David Thoreau ou de John Muir aux Etats-Unis. Le deuxième type d’écologie est un courant qui nous vient des ingénieurs et des économistes qui pensent que l'on peut avoir une compatibilité entre l'économie de marché et l'écologie. C'est ce qu'on retrouve sous le vocable de développement durable ou même de croissance verte. Mais pour moi, "croissance verte", c'est un oxymore. Une des figures centrales et un des précurseurs de ce mouvement est Gifford Pinchot. Quand on regarde l'histoire, nous voyons que si l'économie croît les dépenses énergétiques et les matériaux croissent aussi.


Pour vous l'économie de marché est par nature incompatible avec l’écologie?
Par nature, c'est incompatible car le marché est myope en ce qui concerne le futur. Le marché est aussi myope en ce qui concerne les besoins des gens pauvres. Et, enfin, le marché est myope en ce qui concerne les besoins des autres espèces. Le marché n'est pas bon pour la soutenabilité écologique.
 Vous, vous défendez ce que vous appelez l'écologisme des pauvres aussi appelée  "mouvement pour la justice environnementale" ?
 A cause de la raréfaction des matériaux et des ressources naturelles, il y a partout dans le monde des protestations qui montent. Ces protestations sont surtout dans le Sud du monde : en Nouvelle Calédonie à cause du nickel ou au Niger à cause de l'uranium. Mais il y en a même en Europe, à cause du gaz de schiste. Il y a aussi eu des investissements complètement inutiles pour lesquels on voit des manifestations en Europe, comme Notre-Dame-des-Landes ou le TGV Lyon-Turin.
Dans les pays du Sud, cela ne se fait pas toujours avec comme mot d'ordre la protection de la nature...
 Il y a dans les pays du Sud des monsieur Jourdain de l'écologie, qui font de l'écologie sans le savoir. En Équateur, il y a des gens qui protestent contre l'extraction de pétrole parce que son exploitation détruit leur lieu de vie. Ces populations ne connaissent pas le mot "écologiste" mais ils commencent à l'apprendre. Quand on leur demande s'ils protestent parce qu'ils sont communistes ou écologistes, ils répondent que non, qu'ils protestent parce qu'ils sont des indigènes et que la terre et l'eau sont sacrés ou parce qu'ils ont des droits mémoriels. C'est cela l'écologisme des pauvres, des gens qui protestent pour des raisons de subsistance.  
Mais s'ils font de l’écologie sans le savoir et que cela ne débouche pas sur un mouvement politique, n’est-ce pas une limite, un problème?
 La question n’est pas celle du vote mais celles des alliances avec d'autres groupes écologistes. Par exemple dans le nouveau livre de Naomi Klein (This Changes Everything: Capitalism vs. the Climate – pas encore traduit en France, Ndlr), elle raconte l'histoire de tous ces gens qui au Canada ou aux Etats-Unis s'opposent aux nouveaux pipelines. Elle appelle cela "blocage". Il y a un pays qui s'appelle "blocage" partout dans le monde et c'est le pays de ces gens qui s'opposent ici au gaz de schistes, là aux pipelines, etc. Tous ces mouvements de blocage sont en train de faire des réseaux et c'est cela l'écologie populaire. Nous verrons cela l'an prochain en France pour la conférence climat. Des milliers de personnes viendront contester et demander la justice climatique.
«C'est difficile pour la gauche de devenir écologiste»
On en est selon vous la bataille d’idées?
 Dans les années 1970, les idées écologistes se sont fait connaître. Cela commence avec Rachel Carson, puis avec le rapport du club de Rome en 1972 puis Sicco Mansholt qui était le président de la Commission européenne et qui est devenu écologiste. Après avoir lu le rapport de Rome, il a dit qu'il fallait une croissance en dessous de zéro. Ensuite, André Gorz a parlé "décroissance". La candidature de René Dumont en 1974 vient de cette histoire. Les idées écologistes se sont développées dans ces années 1970. Ensuite il y a l'époque néolibérale durant laquelle les idées écologistes ont reculées. Aujourd'hui, ces idées reviennent à cause du changement climatique dont les gens prennent conscience.
Vous parlez d’écologisme des pauvres mais comment expliquer-vous que dans les pays occidentaux, en tout cas en France, le vote écolo reste un vote marginal, de gens souvent instruits et vivant dans un milieu souvent urbain. C’est plus un écologisme des riches?
En France, en Espagne et en Italie, la gauche post-communiste et même socialiste a eu des difficultés à comprendre les thèmes écologistes. Non parce qu'ils sont des adorateurs du marché mais parce qu'ils sont productivistes. Les marxistes étaient productivistes et les keynésianistes aussi. Donc c'est difficile pour la gauche de devenir écologiste. Quant aux libéraux, ils sont pour le marché et donc contre l'écologie même si d'un point de vue rhétorique, ils sont pour.
Pour vous, la taille des villes et le nombre de naissance sont des questions politiques? Il faut dans un cas comme dans l'autre les limiter?
 Je ne sais pas si l'on peut les limiter par la loi mais les grandes villes ne sont pas soutenables d'un point de vue écologique. Quant aux naissances, on voit l'émergence d'un néo-malthusianisme féministe. Néo-malthusianisme, car ce mouvement n'est pas réactionnaire comme l'était Malthus. C'est un mouvement progressiste qui pense qu'il vaut mieux avoir moins d'enfants, c'est une idée de la procréation consciente. Cela s'est développé contre l'Etat et contre l'Eglise.

samedi 11 octobre 2014

Ainsi va la paix…

Ainsi va la paix…

La paix ? Quelle paix ? On se posait justement la question, l'an dernier à la même époque, de savoir comment on pouvait bien prétendre 'uvrer à la paix en décernant le prix Nobel à un « machin » inapréhendable chargé de veiller à ce que la guerre sème la mort en respectant les règlements internationaux. Un comble ! Ainsi, après les Nobel à Obama et à l'Union européenne, la récompense attribuée, en 2013, à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques – institution internationale basée à La Haye (Pays-Bas) – était venue jeter un nouveau discrédit sur l'académie Nobel et un sale coup pour les utopistes qui croient encore à la paix universelle.
Syrie, Irak, Palestine, Congo, Lampedusa, Niger, Soudan, Birmanie… La liste serait longue des endroits sur notre planète où le malheur, la violence, la famine et le viol sont le quotidien de femmes et d'enfants victimes de la folie des hommes. Tant de drames, de charniers, tant d'images à pleurer de rage, tant de silences aussi, comme autant de complicités qui enlèvent bien du sens au prix Nobel de la paix, attribué pour la première fois en 1901.
Heureusement, ces palmarès indignes ont vite été disqualifiés et effacés de nos mémoires incrédules et rebelles. Sur les chaises de la dignité, aux côtés des Desmond Tutu, Rigoberta Menchu, Mandela ou de Klerk, nous y ajoutons donc, aujourd'hui, les noms de la jeune Malala et de Kailash Satyarthi. Les témoignages et les actes de la militante pakistanaise de 17 ans seulement, et de l'ingénieur indien âgé, lui, de 60 ans, sont de ceux qui méritaient d'être gravés dans le marbre de la paix. Coïncidence sans doute, mais l'une – pour la défense du droit à l'éducation face aux obscurantistes talibans – et l'autre – à la pointe du combat contre l'esclavage des enfants – n'ont de cesse que d''uvrer pour changer la condition féminine moyenâgeuse de leurs pays poudrières.
Ce sont là de rudes combats dans la droite ligne de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ils honorent ceux qui les mènent et devraient interpeller ceux qui n'apportent pas le soutien vital à ces nobles causes. Pendant les congratulations, les guerres continuent. Ainsi va la paix.

Et si Jésus n'avait pas porté la barbe?

Glabre, cheveux courts et vêtu d'une toge: gravé sur une coupelle de verre datant du 4e siècle, ce Christ retrouvé en Espagne est l'une des plus anciennes représentations de la figure fondatrice du christianisme. 

Il ne porte pas de barbe, il a les cheveux courts, et porte, à la romaine, une toge. Gravée sur une coupelle de verre datant du 4ème siècle, cette image atypique de Jésus, l'une des plus anciennes du christianisme, est présentée depuis le 1er octobre en Espagne, au musée archéologique de Linares (voir l'image en grand sur le site d'El Pais). Cette petite patène, un plat utilisé pour recevoir le pain béni destiné à l'eucharistie, a été reconstitué fragment par fragment, par une équipe d'archéologues, trois ans durant. Elle a été découverte sous les ruines d'un bâtiment destiné au culte religieux dans le site archéologique de Castulo, ancienne cité ibéro-romaine du sud de l'Espagne, dans la province de Jaen. 

Une bible, une croix, et deux apôtres

Ce n'est qu'en juillet dernier, lorsqu'ils ont découvert des morceaux de plus grande taille qui leur ont permis de mieux observer "les motifs qui les ornaient", que l'équipe a réalisé qu'il s'agissait "d'un document archéologique exceptionnel", explique à l'AFP le chef du projet, Marcelo Castro. Une fois réassemblés, les fragments ont redonné vie à une patène en verre, de 22 centimètres de diamètre et quelque 4 centimètres d'épaisseur, qui a pu être reconstituée à 80%, explique l'archéologue. 
Sur sa surface apparaît l'image gravée de trois personnages coiffés d'une auréole: au centre un Christ imberbe, aux cheveux courts et frisés, soutient une grande croix dans une main et une bible ouverte dans l'autre. Deux apôtres l'entourent. Il pourrait s'agir de Pierre et Paul, selon les chercheurs. Le dessin suit un style artistique archaïque, typique d'une époque où le christianisme sortait à peine de la clandestinité et l'imagerie chrétienne étaient encore très rare. "Ce style a été abandonné plus tard par la tradition chrétienne, qui lui a préféré d'autres façons de représenter le Christ, mais on la trouve aux premières heures du christianisme", lorsque cette religion venait d'être autorisée par l'empereur romain Constantin (303-337), avec l'édit de Milan, a expliqué le chef de projet. Les patènes étaient alors faites en verre et non en métal précieux, comme ce fut le cas plus tard, expliquent les archéologues. 

Origine: Rome

Après avoir consulté des experts en verre ancien en Espagne, Italie et en Grèce, l'équipe a conclu que la patène a été confectionnée "à Rome, sans aucun doute, peut-être à Ostie, où l'on sait que se trouvaient les ateliers des verriers de l'époque", a précisé Marcelo Castro. Il existe d'autres reliques semblables par leur style et leur mode de fabrication dans le monde, selon lui, notamment un calice exposé au musée français du Louvre et un vitrail doré qui se trouve au Toledo Museum of Art de l'Ohio, aux Etats-Unis. 

Les députés votent la fin des sacs plastiques et de la vaisselle jetable

La loi de transition énergétique, dont l'examen s'est terminé ce matin à l'Assemblée nationale, prévoit notamment la possibilité d'indemniser les trajets à vélo vers son lieu de travail.
Après cinq journées de discussion, et un débat long et tendu suite à l'annonce par la ministre de l'Écologie de la suspension de l'écotaxe, l'Assemblée nationale a terminé ce samedi matin à 6h45, l'examen en première lecture du projet de loi sur la transition énergétique. Revue de détails des mesures adoptées qui doivent maintenant obtenir l'aval du Sénat.
• Sacs plastiques
Les députés ont voté l'interdiction des sacs plastiques à usage unique à partir de 2016. Cette proposition introduite dans le texte par le gouvernement lors de son examen en commission se base sur le constat que près de 5 milliards de sacs de caisse en matière plastique à usage unique, et plus de 12 milliards de sacs dits «fruits et légumes» sont encore distribués dans les commerces. Une directive européenne allant dans le même sens est également en projet. Si le texte est définitivement voté, seuls des sacs plastique réutilisables - car plus épais - pourront être distribués ou vendus en caisse. Avec l'interdiction, Ségolène Royal souhaite à la fois relancer la filière papier et encourager les entreprises françaises fabriquant des sacs à base d'amidon de maïs ou de pomme de terre.
• Vaisselle jetable
L'interdiction de la vaisselle jetable à partir de 2020 a été votée en séance à l'initiative des écologistes, malgré les réticences de la ministre de l'Écologie. L'amendement défendu par l'écologiste François-Michel Lambert prévoyait dans une version initiale l'interdiction à partir de début 2017 de la vaisselle jetable en plastique, afin de réduire les déchets, constitués par «l'énergie consommée pour la fabrication de ces produits et la pollution provoquée lorsqu'ils sont laissés dans la nature». Ségolène Royal s'est opposée à cet amendement qu'elle a qualifié «d'antisocial», car «les familles en situation de précarité ne jettent pas cette vaisselle mais la réutilisent». François-Michel Lambert a alors proposé de repousser la mesure à 2020, ce qui a permis son adoption, la ministre s'en étant remis «à la sagesse de l'Assemblée».
• Chèque énergie
Mesure phare du projet de loi sur la Transition énergétique, la création d'un chèque énergie pour les ménages modestes a reçu l'aval des députés ce samedi matin. Ce chèque énergie doit permettre à ses bénéficiaires de payer les fournisseurs d'énergie ou de capitaliser afin de réaliser des travaux destinés à économiser de l'énergie. La ministre de l'Écologie Ségolène Royal est favorable à une «cohabitation partielle» des tarifs sociaux de l'électricité et du gaz avec le chèque énergie. Plus de 11 millions de personnes, soit un cinquième de la population française, éprouvent des difficultés à se chauffer et s'éclairer, selon une évaluation de l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE). Le volet du texte consacré au bâtiment dispose en outre que des travaux de rénovation énergétique seront obligatoires en cas de travaux de ravalement, de toiture, et d'aménagement de nouvelles pièces d'un logement.
Indemnisation des trajet à vélo
L'un des amendements votés hier soir prévoit que les employeurs pourront désormais, s'ils le souhaitent, verser une indemnité kilométrique à leurs salariés se rendant à vélo, ou à vélo électrique, sur leur lieu de travail. Le montant de l'indemnité kilométrique vélo sera fixé par décret, et elle sera exonérée de cotisations sociales. À la veille de l'ouverture du mondial de l'automobile, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron avait aussi annoncé la création, à la mi-2015, d'un super bonus en faveur de l'achat de véhicules propres.
• Réduction de la part de la part d'énergie nucléaire
L'Assemblée nationale a voté l'article 1er du projet qui veut réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 % à l'horizon 2025. Les députés ont ajouté au texte initial un objectif intermédiaire de réduction de 20 % de la consommation en 2030. Parallèlement, la part des énergies renouvelables doit être portée à 23 % en 2020 et 32 % en 2030, et la consommation des énergies fossiles diminuer de 30 % en 2030.
• Recyclage des déchets et lutte contre l'obsolescence programmée
Le texte voté prévoit de réduire de 50 % les déchets mis en décharge d'ici 2025, de recycler 55 % des déchets non dangereux et de favoriser l'énergie issue de la valorisation des déchets non recyclables (réseaux de chaleur). Elle mise également sur la lutte contre «l'obsolescence programmée» des produits, qui pourra être pénalement punie comme une tromperie.
Réduction des gaz à effet de serre
Parmi les autres objectifs définis figure aussi la baisse des émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030, et leur division par 4 en 2050.

LA DÉMAGOGIE CONTINUE.

Le mystère Eric

Le mystère 

Eric

Depuis une semaine environ, Eric Zemmour est omniprésent dans le monde médiatique pour parler de son livre, le suicide français (Albin Michel). Ouvrage brillant et passionnant, mais là n’est pas mon propos. Ce qui me sidère, dans le phénomène médiatique en cours, c’est le contraste entre l’extraordinaire couverture qui lui est offerte et la haine et la violence qui s’expriment à son égard. Outre les insultes de base,  l’accusation pavlovienne et mensongère de « lepénisme » voire « d’extrémisme », on entend des choses totalement hallucinantes, invraisemblables qui dépassent largement le  niveau des habituelles violences verbales: des allusions à sa religion, venues tout droit d’une autre âge, qui font froid dans le dos, et même l’invocation de sa famille, de son épouse.  Et nul ne relève l’abomination de tels propos. Le débat de fond se voit ainsi noyé dans les attaques personnelles, les procès en inquisition et la déferlante des injures. Eric parle, en creusant dans l’histoire, du déclin de la France depuis le départ du Général de Gaulle: un constat évident mais insupportable au monde médiatique, ébloui par les paillettes de l’immédiat. Sa nostalgie est intolérable pour les maîtres à penser d’une époque qui sublime la table rase. Le monde médiatique aurait le moyen commode de tuer un livre qui lui répugne: l’ignorer tout simplement. Eh bien non, il fait le contraire lui assurant une fulgurante promotion… Comment interpréter cette apparente contradiction? Voilà ce qui m’intrigue. Le monde médiatique joue un jeu sordide, ambigu. Il exhibe Eric Zemmour sur les plateaux et les studios dans l’objectif, à travers lui, d’écraser à coup de masse le dernier vestige d’un univers idéologique que l’on pensait définitivement mort, éteint à jamais, en particulier sur les valeurs traditionnelles, débusquer l’intolérable, l’inadmissible,  afin d’en finir une fois pour toute.  Mais lui résiste, et seul contre tous, dans la position de la victime, du taureau de la corrida, du gibier de potence traqué – qu’il est réellement – seul contre la meute de ses détracteurs, parfaite antithèse du conformisme médiatique, miroir inversé du politiquement correct, retourne la situation en sa faveur et la sympathie de l’opinion, bien au delà des clivages partisans. D’où son extraordinaire succès de librairie qui dépasse celui de « Merci pour ce moment« … Nous ne partageons pas forcément sa philosophie générale, sa vision du monde, de la société et de l’économie. Nous ne sommes pas d’accord avec l’idée d’une France qui pourrait se soustraire à l’impératif d’une adaptation douloureuse et profonde à la réalité de la globalisation, ni avec sa vision des rapports hommes/femmes. N’empêche: les politiques et les intellectuels, de droite ou de gauche, seraient bien inspirés de se pencher sur un phénomène qui les dépasse… 

vendredi 10 octobre 2014

Ecotaxe et consentement à l’impôt

L’Écotaxe n’en finit pas de renaître. Il y a quelques jours, le conseil municipal de Paris s’entourait de mille et une précautions pour ne pas éveiller le moindre soupçon qu’une nouvelle dégelée de ponctions allait s’abattre sur le contribuable parisien et avouait, à mots choisis, que cette taxe, destinée à frapper (d’abord) les transports routiers de marchandises, serait de toute façon mise en place au début de l’année 2015, qu’on le veuille ou non, circulez, y’a rien à voir et tout à taxer.
Et effectivement, comme prévu, la lente progression administrative vers le flicage automatisé de toutes les routes de France continue, camouflé en droit de passage des méchants camions étrangers qui viennent jusque dans nos bras abîmer nos routes de campagne, aux armes citoyens et tout le tralala. Et quoi de mieux pour camoufler le camouflage qu’envelopper tout ça dans l’épais papier coloré d’un écologisme de bon aloi ?
ecomouv
C’est exactement ce à quoi s’emploie Ségolène Royal avec sa Ségotaxe. Las. Cette nouvelle ponction ne passe vraiment pas. Malgré toute la bonne volonté dont pourrait faire preuve le ministre de l’Écologie et des Punitions Environnementales pour mettre en place une ponction supplémentaire sans déclencher de cris, le contribuable ponctionné commence à émettre des grognements de plus en plus audibles : l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) réclame ainsi l’abandon pur et simple du projet de péage de transit poids-lourds (cette fameuse écotaxe qui ne ferait pas de mal à une mouche, n’aboutira jamais à un contrôle routier supplémentaire et ne sera promis juré craché jamais adaptée pour les véhicules particuliers). Et histoire de bien faire comprendre que les routiers, jadis sympas, en ont assez de se faire rouler dessus, ils ont déposé un ultimatum et laissé au gouvernement jusqu’au 15 octobre pour revenir sur la nouvelle taxe.
Immédiatement, notre ministre, sentant sans doute que l’affaire prenait une tournure délicate, a rapidement tenté de calmer le jeu, avec une déclaration des plus limpides, sans aucun doute apte à apaiser les plus vindicatifs :
« Il faut se calmer un petit peu parce que les circuits qui relèvent de ce péage de transit ont été considérablement réduits. »
ségolène wtfLes circuits ont été considérablement réduits. Les klaxibules ont été renforcés. Les rotabidons seront parallélisés. Tout va bien.
Autrement dit, vous serez toujours ponctionné, mais sur une distance plus courte. Et tout ça sans renoncer ni au principe, ni au calendrier. Voilà qui doit mettre en joie, non ? Ce n’est pas clair, et c’est sans doute dû à la confusion dans laquelle s’ébroue péniblement Ségolène Royal. En effet, l’Écotaxe l’embarrasse de plus en plus, qui est contrainte à gérer un dossier qu’elle ne maîtrise pas, et dont elle a hérité tant de la précédente majorité (qui l’a initiée) que du gouvernement Ayrault qui lui trouvait suffisamment d’avantages pour la laisser en place (ou trop d’inconvénients à l’abandonner, au choix). Et paradoxalement, elle ne peut revenir en arrière sans dénoncer le principe même de pollueur-payeur dans lequel son action politique s’inscrit, sauf à devoir jongler avec un comportement schizophrénique trouvant nul l’installation de portiques dans le paysage français, mais louant tout de même l’idée d’aller tabasser de taxes les camions en transit.
Cette confusion promet, au moins pendant quelques jours, de laisser perplexe les différents acteurs de ce drame fiscal qui se met gentiment en place. Passé ce délai, on risque en revanche de voir les uns et les autres s’agiter.
Pour les taxés, il apparaît de plus en plus clair que les choses ne se passeront pas toutes seules. Il faudra attendre le 17 octobre pour voir si l’ultimatum est suivi d’effet, d’autant qu’on peut parier sans risque que le gouvernement ne va pas lâcher du lest tout de suite. Mais si, d’aventure, nos amis camionneurs se décident à bloquer les routes, la situation pourrait bien échapper rapidement à tout contrôle. En effet, à l’instar des agriculteurs, les camionneurs font partie de ces populations qui ont largement démontré ces dernières décennies leur capacité à se mobiliser et faire connaître leurs griefs de façon musclée. Or, la même Écotaxe a réussi, à la fin de l’année dernière, à mobiliser de façon durable les Bonnets Rouges bretons, excédés de voir pousser ces étranges portiques, et qui détruisirent proprement ce que l’envahisseur bobo-parisien écolo-compatible tentait de faire passer pour une mesure idoine afin de réduire la pollution.
Au passage, ce genre de mécontentement populaire et démonstratif est assez mal géré par la gauche qui, d’habitude, est plutôt du côté de ceux qui manifestent. La presse avait d’ailleurs fait un fier travail de diabolisation des révoltés fiscaux sans parvenir à convaincre qu’ils n’étaient qu’un ramassis de patrons et de bourgeois tentant une jacquerie mal à propos. Le bilan, on s’en souvient, avait été une reculade du gouvernement, montrant bien que la question était bien plus épineuse qu’il n’y paraissait au premier regard.
sapin et le consentement à l'impôt
En réalité, Ségolène Royal traîne son Écotaxe comme un boulet encombrant et doit avoir perçu que la moindre fausse manœuvre risquait d’entamer franchement ceconsentement à l’impôt qui semble de plus en plus fragile dans le pays : depuis la rentrée de septembre, la nervosité grandit autour des bâtiments publics dédiés à la tonte fiscale, et on compte déjà quatre incendies de ces locaux pompeusement rebaptisés « Centre des impôts ».
Cette nervosité, visible chez les imposés, commence à se voir aussi chez le personnel imposant, au point que la presse s’en fasse le timide relais.
Oh, bien sûr, il serait plus que prématuré de s’imaginer voir plus, ici, qu’une petite série d’agacements locaux, et il reste encore assez peu probable que tout ceci s’aggrave, tant les ventres sont pleins et les têtes occupées avec les calembredaines télévisuelles et gouvernementales. Mais il n’y a pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour comprendre ce que pourrait entraîner un mouvement de camionneurs excédés, bloquant de grands axes routiers, pendant plusieurs jours, et réclamant bruyamment l’abandon d’une taxe : la multiplication des revendications sectorielles, des expressions plus ou moins vives de ras-le-bol fiscal, et, pourquoi pas, la cristallisation de l’un ou l’autre mouvement de refus de payer un impôt devenu trop lourd et dont on peine franchement à voir où il passe.
portique multitaxe Bercy
Et du point de vue gouvernemental, s’il y a bien quelque chose qu’il ne faudrait surtout pas attraper maintenant, c’est une fiscalite aigüe, cette maladie grave d’un pays en faillite dont le peuple décide, du jour au lendemain, qu’il va chercher son bonheur ailleurs que dans une feuille d’impôt, aussi écoconsciente, citoyenne et festive soit-elle. Ce genre de maladies serait problématique à plus d’un titre : d’une part, cela accroîtrait les difficultés de bouclage d’un budget devenu un véritable casse-tête (bisous Sapin, hat tip Moscovici). D’autre part, cela montrerait au monde entier que la capacité de l’État français à recouvrer l’impôt, ce qui lui permet actuellement de rembourser sa dette, serait brutalement amoindrie. S’ensuivrait probablement une longue spirale de gros soucis baveux, depuis la hausse des taux jusqu’à la fuite des investisseurs, en passant par les gros yeux de la Commission Européenne et de nos partenaires de l’Union.
Autrement dit, si jamais les petites tensions observées devaient cristalliser, avec ou sans l’aide de camionneurs, vous pouvez parier que la nervosité du gouvernement tournerait rapidement à la panique, bien mauvaise conseillère. Fiscalement, les prochains mois promettent d’être … intéressants.

A table

A table

  Cette tradition française est des plus sympathiques : en politique, qui se déteste se montre, qui se hait déjeune. En vertu de cette règle, Martine Aubry et Manuel Valls, qui n’ont jamais été des amoureux à la Peynet, ont tenu hier à partager leur repas. En d’autres temps, Georges Pompidou et Giscard d’Estaing, Villepin et Sarkozy avaient agi de même pour masquer leurs divergences. On ne peut que se féliciter de telles habitudes. Elles témoignent d’un haut degré de civilisation : dissimuler ses répulsions et cacher ses aversions n’est pas qu’un précepte fondamental du métier politique mais prouve une grandeur d’âme inégalée. Chacun en conviendra : de tels signes illustrent combien la France, en dépit de ses problèmes, demeure un glorieux pays dont nous pouvons être fiers.

L’argent des autres

L’argent des autres



Le ralentissement brutal de l’Allemagne doit en faire sourire plus d’un : enfin ce grand pays sûr de lui, de sa domination et de la force que lui ont conférée ses réformes, se retrouve obligé d’agir pour échapper à la récession. Enfin cet exaspérant modèle de vertu budgétaire et de résistance industrielle montre ses limites. Enfin, la crise le touche. Enfin, ce gouvernement égoïste et donneur de leçons doit entendre ce que dit la France socialiste : il doit investir, lâcher les cordons de la dépense publique. En un mot, l’Allemagne doit re-lan-cer.


La France adore l’argent des autres. Celui des pays qui se sont réformés avant nous et qu’on appelle à la rescousse de la croissance. Celui de Bruxelles qu’on exhorte à injecter des dizaines de milliards d’euros d’argent public, tirant argument des nuages qui s’amoncellent au-dessus de la zone euro. Mais aussi l’argent de la Banque centrale européenne qu’on accuse de ne pas avoir desserré le carcan de la rigueur et d’avoir trop longtemps refusé d’ouvrir le robinet qui aurait gavé de capitaux faciles l’économie du continent. La France adore tout attendre des autres. La crise menace : que les autres réagissent, qu’ils assouplissent leur politique et pensent davantage à nous, au nom de la solidarité. Ils sont en meilleure santé que nous ? Ils peuvent donc assumer plus que leur part d’efforts. Quant à nous, rien n’y fera : les résultats ne sont pas là, mais notre politique ne changera pas. Croissance zéro, réformes zéro, courage zéro, la France reste en panne mais ne veut ni ne peut faire davantage : elle continuera à prélever et à dépenser, à s’endetter et à redistribuer l’argent qu’elle n’a pas. L’argent des autres.

François Hollande, l’homme malade de l’Europe

Un tour d’horizon impertinent de l’actualité politique, économique et sociétale !

L’étau se resserre sur Moi-Président. Sa ruse initiale est éventée : rogner à peine les dépenses publiques et surtout augmenter les impôts en ciblant les ménages qui ne votent pas socialiste. Puis attendre que l’économie reparte miraculeusement ou, à défaut, effrayer nos partenaires européens pour qu’ils nous renflouent en créant de la monnaie.
Aucun de ces calculs n’a été pertinent. La croissance ne repart pas, l’économie stagne, les déficits augmentent et l’Europe se cabre. Les chiffres de l’indice Markit sur le commerce de détail publiés dernièrement sont à proprement parler catastrophiques. Le dernier enfumage en date a accompagné lundi la présentation des prévisions budgétaires pour 2015. Les économies envisagées ne tiennent en réalité qu’à deux postes : la baisse des transferts aux collectivités locales pour 3,66 milliards d’euros et celle de la charge des intérêts pour 2, 31 milliards. L’État ne fait que très peu d’effort de restructuration. Départements, régions et communes augmenteront leurs taux d’imposition et leur endettement d’autant que leur fiscalité est largement tributaire de l’immobilier aujourd’hui en crise. Quant aux intérêts versés sur la dette, le risque que les taux remontent est désormais plus grand que la poursuite de leur baisse. Bref, tout n’est que poudre aux yeux dans le budget français et, plus grave encore, il n’existe aucun facteur de rebond conjoncturel. Les prévisions de déficit présentées à Bruxelles ne respectent pas nos engagements antérieurs et continuent de minorer grandement les périls qui menacent nos finances publiques.
Du flanby dans la seringue
Le problème est que la technostructure européenne ne fait plus semblant de ne pas s’en apercevoir. En outre, l’affaiblissement politique des socialistes français en font des tigres de papier qui n’effrayent plus grand monde, comme le calvaire bruxellois de Moscovici le montre tous les jours. Bientôt, la Cour de justice de l’Union puis, de nouveau, le Tribunal constitutionnel allemand vont rappeler l’impossibilité juridique de racheter les dettes publiques. Avez-vous déjà vu du Flanby dans une seringue ?
Le gouvernement se comporte comme si son espérance de vie n’était plus que de quelques mois, réclamant patience et indulgence et cherchant désespérément un eurocrate à duper comme Richard III cherchait un cheval à échanger contre son royaume. Dans ce désastre, le dernier atout français est l’insouciance apparente des milieux financiers internationaux qui continuent de prêter au Trésor à des taux très faibles. Pourquoi cette aberration ? L’abondance mondiale de liquidités due aux rotatives à imprimer les dollars est encore grande mais, surtout, les analystes pensent que la discipline germanique finira par nous contraindre et, dans le pire des cas, ils estiment que le gouvernement français fera un hold-up sur l’épargne des ménages pour honorer ses dettes.
Ces conjectures sont empreintes d’un angélisme inquiétant face au blocage total dans lequel nous sommes. Elles oublient justement que le pouvoir en France ne peut plus imposer ce type de mesures et que les députés les repousseraient.
Mais le premier qui dira la vérité risque de faire éclater la bulle qui gonfle les marchés financiers depuis deux ans. De la même manière qu’aucun gouvernement européen ne veut prendre l’initiative d’avouer que l’euro n’est pas viable en l’état. Mutisme, mensonge et aveuglement collectifs confortent pour peu de temps encore la pratique « hollandaise » du pouvoir.
Que peut-il se passer dans les semaines qui viennent ?
imgscan contrepoints 2013856 françois hollande angela merkelD’abord, l’affaiblissement politique de Hollande va s’accélérer. Le fait de passer le mistigri budgétaire aux collectivités locales va lui aliéner davantage les élus clientélistes dont Aubry a décidé de se faire le porte-drapeau. Sachant que les députés sont pour la plupart des notables locaux, les rangs des frondeurs vont s’étoffer. C’est bien pour cela que Sapin et consorts proclament qu’en aucun cas ils n’envisagent d’autres économies ou réformes : ils savent qu’ils n’ont de toute façon plus de majorité parlementaire pour les faire adopter.
On en vient donc à ce qui va se jouer entre Bruxelles, Berlin, Karlsruhe et Francfort. Comment la Commission, la BCE, Merkel et les juges constitutionnels allemands vont-ils réagir à la fin de non-recevoir que la France va – à peine poliment – leur adresser ? Pourront-ils simuler qu’ils accordent le moindre crédit aux promesses de réformes françaises qui ne seront du reste que bredouillées ? Après ses multiples mises en garde, il est désormais quasiment impossible à la Commission européenne de ne pas mettre en branle les mesures de sanctions prévues par les traités.
En Europe, les procédures sont alambiquées à l’extrême, ce dont Sapin essaye de jouer. Il y a d’abord celle dite du déficit excessif sous le coup de laquelle se trouve la France depuis plusieurs années. La Commission a réitéré un avertissement à ce sujet en mars dernier, sans succès. Sauf à se ridiculiser, elle fera probablement une recommandation au Conseil en proposant des sanctions. Les 28 États membres doivent ensuite statuer sur cette proposition à la majorité qualifiée inversée. Cela signifie qu’une majorité renforcée d’États membres doit se prononcer contre la recommandation pour que celle-ci soit rejetée. Autant dire que, contrairement à ce que raconte Sapin, la situation est très mal engagée sur ce terrain.
Ce dernier tente donc d’entretenir la confusion en faisant référence à la procédure dite du « two Pack » qui oblige, au surplus, depuis 2013, les États à communiquer avant le 15 octobre de chaque année leur projet de budget à la commission. Dans ce cadre, c’est effectivement in fine aux parlements nationaux de décider de suivre ou non les demandes de rectification budgétaire. Mais cela ne suspend en rien la première mécanique décrite. Contrairement à ce que laisse accroire l’enfumeur sapinier, la deuxième arme bruxelloise ne se substitue pas à la première, elle la complète.
Quoi qu’il en soit, la parole gouvernementale française est chaque jour plus discréditée et les divisions entre Français et Allemands vont s’étaler sur la place publique. Dans ces conditions, les risques de sanction européenne sont l’arbre qui cache la forêt. Ce n’est pas une amende de 0,2 % du PIB qui changera grand-chose à la catastrophe annoncée. Le vrai danger est l’altération de la garantie germanique implicite donnée à notre dette. Ne restera alors, pour rassurer les marchés, que l’hypothèse d’une spoliation des comptes d’assurance-vie. Vous voyez ce qu’il vous reste à faire ?
Ratatouille ratatiné
hollande homme malade rené le honzecLe sort d’Eurodisney préfigure-t-il celui de la France ? Depuis quelques temps déjà, notre pays est saisi d’un démon passéiste qui avance sous un masque festif, grimé de bons sentiments et d’écologie. Illustrée abondamment par les opérations d’amusement collectif lancées par Delanoë à Paris, cette dérive emprunte à la logique du parc de loisirs.
Convaincu que cette identité de carton-pâte est sa dernière carte pour drainer du touriste, Eurodisney a d’ailleurs joué son va-tout, il y a quelques mois, avec une nouvelle attraction : « Ratatouille », ce cousin lointain du rongeur Mickey adepte de haute gastronomie. Anne Hidalgo s’est reconnue dans cet animal et a entrepris le voyage de Marne-la-Vallée pour lui tirer la queue. Las ! Rien n’y fait. Le visiteur européen désargenté ne mord pas au fromage, l’attrape souris reste désespérément vide de toute proie. Le résultat est atterrant, les pertes se creusent et 15 000 emplois sont en jeu.
C’est bientôt tout l’État national d’attractions qui menacera faillite. La presse mondiale n’est que récriminations contre ce peuple rouspéteur, incorrigible et endetté qui ne donne plus envie qu’on lui rende visite. C’est Ratatouille ratatiné.
Par où Thévenoud on t’a pas vu sortir
Alors qu’un député UMP se voit menacé de sanctions pour avoir utilisé un scandaleux masculin, parlant de « Madame le président », Thévenoud, secrétaire d’État météorique, continue de traiter tranquillement sa phobie administrative sur les bancs de l’Assemblée sans être dérangé plus que cela. Il est vrai que chez les Thévenoud, Madame et Monsieur étaient atteints du même mal.
Primaires supérieures
Cette affaire de primaires à droite commence à devenir inquiétante ou intéressante selon les points de vue. Si elles échouent, la pluralité des candidats de droite dite républicaine risque de conduire à un deuxième tour entre Le Pen et un représentant du PS. Au vu de la dégradation accélérée de l’image de ce dernier, il faut désormais envisager une possible victoire frontiste. La démission rapide de François Hollande devient une véritable nécessité républicaine. On devrait demander à Valérie et Aquilino de lui adresser une supplique en ce sens.

jeudi 9 octobre 2014

Deux petits faits

Deux petits faits

Ce sont des petits faits vrais qu’il faut connaitre. Ainsi des huîtres célèbres, les Gillardeau, vont être gravées du logo de leur producteur. Non par snobisme mais pour lutter contre un fléau du siècle, la contrefaçon : sous ce nom des mollusques ordinaires sont vendus partout. Donc désormais cette huître pourra voisiner avec tous ces produits de luxe qui, manie de l’époque, affichent leur marque. Autre décision étonnante : les gangsters japonais vont pouvoir assurer leur voiture. Cela leur était interdit dans l’espoir de perturber leurs activités. Louable choix mais les yakusas, de nature peu citoyenne, prenaient la fuite en cas d’accident et leurs victimes ne pouvaient être indemnisées ! Comment dit-on en japonais : parfois, on fait le mal en croyant faire le bien ?

Claudiquer n’est pas gouverner

Claudiquer n’est pas gouverner



Qui croire ? Manuel Valls qui, le lundi, dit à Londres qu’il veut réformer le système de l’assurance-chômage, ou Valls Manuel qui signe le mardi un décret sur la pénibilité ? Le Premier ministre qui prétend devant les Anglais vouloir remettre en cause des 35 heures, ou le chef du gouvernement qui, à Paris, dégrade brutalement le régime de retraite ? Celui qui s’épanouit en tournée promotionnelle au pays du libéralisme ou celui qui cède au harcèlement de sa gauche ? Celui qui promet de simplifier ou celui qui alourdit la paperasse ? Celui qui dit « J’aime l’entreprise » ou celui qui complique la vie des chefs d’entreprise ?


Toute l’ambiguïté du pouvoir est là, dans ce carambolage de projets, cette accumulation de zigzags dont il ne ressort rien que de la confusion. On en connaît la cause : le flou originel de François Hollande, l’écran derrière lequel il a construit sa campagne électorale et rassemblé sa majorité. Ce rideau de fumée s’efface peu à peu et dévoile un pouvoir écartelé entre une ligne « Bruxelles » sur laquelle il s’est engagé, et une ligne « Frondeurs » avec laquelle il doit temporiser.
Lors de l’arrivée de Manuel Valls à Matignon, beaucoup se sont enthousiasmés pour sa profession de foi sociale-démocrate. Venant après celles, multiples mais restées sans effet, de François Hollande, elle donnait le sentiment que la gauche allait vraiment se moderniser.
Mais non : la social-démocratie se réduit pour l’heure à la juxtaposition d’idées contraires – un coup vers la gauche, un coup vers la droite – dans l’espoir que cette claudication fera une politique. Erreur : cette juxtaposition de contraires ne fait, le plus souvent, que des déçus. Et ne donne pas de résultat.

Qui sont les « plus zézés » ?

Qui sont les « plus zézés » ?

Depuis le début du quinquennat de François Hollande, c'est la rengaine que l'on aura le plus entendue, martelée à satiété pour justifier les choix gouvernementaux. Pour l'exécutif, les réformes dans la justice imposent (c'est bien le mot) le surcroît d'efforts demandé aux « plus zézés » (comprendre évidemment « les plus aisés »). Nul ne songerait à contester une juste contribution de chacun, selon ses moyens, au redressement du pays, si prévalait une vision moins caricaturale. Car qui sont en vérité les « plus zézés » ? Sûrement pas les « très zézés » qui capitalisent grâce aux niches fiscales. Ou ceux qui ont fait leurs valises (de billets) depuis longtemps. Ou encore ceux qui aspirent à le devenir en s'exilant pour étudier ou créer leur entreprise.
Restent donc, chez nous, les « plus zézés » qui le sont de moins en moins sous le poids de la chape fiscale. Ceux qui cotisent pour tout et n'ont droit à quasiment rien. En témoigne, avec la présentation du budget de la Sécurité sociale, cette proposition d'amendement des députés socialistes qui voudraient instaurer une modulation des allocations familiales en fonction des revenus.
Soucieux de ménager ses frondeurs, le gouvernement s'est dit ouvert à un dialogue, même s'il s'était engagé à ne pas toucher au principe d'universalité des « allocs » lorsqu'il a réformé le quotient familial. Serait-il logique que les cotisations des fameux « plus zézés » deviennent un élément de politique de redistribution, normalement dévolu à l'impôt ? « Pour l'instant », François Hollande y est opposé.
On n'a pas fini de déplorer les coups de rabot incohérents d'un pouvoir se refusant à une réforme fiscale d'envergure qui aurait rendu l'impôt sur le revenu progressif et obligatoire pour tous, en lui assignant cette fonction « redistributive » envers les plus démunis. Voilà qui constituerait un acte citoyen évitant les bricolages au nom d'une équité discutable. Car le gouvernement préfère « chouchouter » ses clientèles. Celles qui échappent au jour de carence, conservent leurs régimes spéciaux de retraite, voyagent gratuitement en famille, etcæ À quand la fin du refrain éculé sur les « plus zézés » ?

L’acharnement famillophobe

Présenté mercredi en conseil des ministres, le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2015, qui impose pas moins de 700 millions d’euros d’économies supplémentaires à des familles déjà harcelées par le fisc, au moment même où le gouvernement s’apprête à augmenter de 73 millions le budget de l’Aide médicale d’Etat prenant en charge la totalité des soins des clandestins, est la preuve supplémentaire que les socialistes, depuis leur arrivée au pouvoir, n’ont qu’une obsession : anéantir la famille française.

Préférence étrangère


D’un côté, la gabegie continue avec la hausse des aides destinées aux clandestins, le remboursement à 100 % de l’avortement de confort ou encore la contraception gratuite pour les filles de 15 à 18 ans. De l’autre, c’est l’acharnement famillophobe. Alors que les secteurs pouvant faire l’objet de coupes budgétaires sont légions, le pouvoir socialiste prend une nouvelle fois pour cible la famille en prévoyant, pèle mêle : la division par trois du montant de la prime à la naissance à partir du 2e enfant, la diminution des aides à la garde d’enfant pour les ménages « les plus aisés », la réduction à 18 mois du congé parental de la mère, le décalage de 14 à 16 ans de la majoration des prestations familiales, ou encore le décalage du premier versement de l’allocation de base de la PAJE du mois de naissance au mois suivant.

La place manque ici, mais il y aurait aussi beaucoup à dire sur les fausses économies, souvent scandaleuses, que le gouvernement entend également réaliser sur la branche maladie. Comme la décision de développer au maximum les retours à domicile le jour même des interventions chirurgicales. Mesure qui entraîne régulièrement un retour aux urgences de patients qui sont sortis trop tôt et donc des frais supplémentaires…

Régression sociétale


Bref, dénonçant une nouvelle attaque violente contre les familles françaises, Marion Maréchal-Le Pen devait notamment pointer du doigt le projet de réduire à 18 mois le congé parental des femmes « dont les conséquences sur le budget des familles, notamment les plus modestes, sont alarmantes ». Rappelant en effet que « dans la grande majorité des cas, au terme des 18 mois, les parents seront contraints de faire appel à une assistante maternelle ou de mettre l’enfant en crèche (…), deux solutions (qui) augmentent les dépenses de l’Etat », l’élue FN demandait instamment au gouvernement de « ne pas modifier le système du congé parental au risque de se rendre coupable d’une régression sociétale touchant au droit de la famille ainsi qu’à la liberté pour la femme d’accomplir son statut de mère ». 

François Hollande ou la politique du saut de puce

Sur la famille comme sur le reste, l’exécutif élabore sa politique au gré des obstacles qui s’annoncent, sans vraie cohérence.

Tout le monde mécontent ! Le débat sur les allocations familiales est symptomatique de la politique Hollande. Les allocations seront elles modulées en fonction des revenus ? Nous ne le souhaitons pas, dit le gouvernement , tout en laissant la porte ouverte au débat ; Espérons, disent les députés PS sans trop y croire ; Il ne le faut surtout pas, s’élève déjà l’UMP. Le tout est illisible.
Si l’on généralise, le constat est le même. L’exécutif mène une politique de réformes pour rassurer Bruxelles, politique qui désespère la gauche, et ne satisfait ni la droite, ni ... Bruxelles. Pourquoi ?

Il y a au fond peu de façon de conduire un pays. Il y a la ligne droite, qui, dans une vision idéale, verrait un gouvernement dérouler sans s’en éloigner le programme sur lequel il a été élu. Plus réaliste et plus courant, il y a le slalom. Le gouvernement cherche à marier les contraires et à gérer la complexité de la société. Ce qu’aurait pu faire François Hollande. Redresser les comptes tout en s’adressant à la gauche sur d’autres sujets, sociétaux par exemple. Il ne le fait pas. Lorsqu’un skieur arrivé dans la plaine se retourne sur son slalom, il voit une trace. Ou une cohérence, si l’on s’en tient au vocabulaire politique. Il n’y en a pas.

Bouclier à problèmes

François Hollande et Manuel Valls sont dans le saut de puce. S’ils tentent de gérer les contraires, c’est dans l’urgence, parce qu’il faut d’un coup donner des gages à Bruxelles qui hausse le ton, répondre à une gauche qui s’agite ou à une manifestation qui s’annonce.
Des économies sont concoctées sur la branche familleparce que Bruxelles fronce les sourcils. Lesquelles ? Celles qui feront le moins mal, en touchant les bébés à venir ; alors que le PS aurait préféré « les plus justes », celles qui épargnent les foyers modestes.
L’exécutif conçoit la politique comme un bouclier à problèmes. Il va au plus simple pour parer aux ennuis qu’il voit venir, mais s’en crée de nouveaux ce faisant. Couacs, incompréhensions. Manuel Valls a donné des gages à Bruxelles ce mercredi en jugeant « légitime » le débat sur l’assurance-chômage . Au même moment, François Hollande estimait qu’il y avait d’autres sujets prioritaires, et Jean-Christophe Cambadélis au PS demandait qu’on n’ouvre pas le débat.