TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO
Affichage des articles dont le libellé est CÉCILE CORNUDET. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CÉCILE CORNUDET. Afficher tous les articles

jeudi 9 octobre 2014

François Hollande ou la politique du saut de puce

Sur la famille comme sur le reste, l’exécutif élabore sa politique au gré des obstacles qui s’annoncent, sans vraie cohérence.

Tout le monde mécontent ! Le débat sur les allocations familiales est symptomatique de la politique Hollande. Les allocations seront elles modulées en fonction des revenus ? Nous ne le souhaitons pas, dit le gouvernement , tout en laissant la porte ouverte au débat ; Espérons, disent les députés PS sans trop y croire ; Il ne le faut surtout pas, s’élève déjà l’UMP. Le tout est illisible.
Si l’on généralise, le constat est le même. L’exécutif mène une politique de réformes pour rassurer Bruxelles, politique qui désespère la gauche, et ne satisfait ni la droite, ni ... Bruxelles. Pourquoi ?

Il y a au fond peu de façon de conduire un pays. Il y a la ligne droite, qui, dans une vision idéale, verrait un gouvernement dérouler sans s’en éloigner le programme sur lequel il a été élu. Plus réaliste et plus courant, il y a le slalom. Le gouvernement cherche à marier les contraires et à gérer la complexité de la société. Ce qu’aurait pu faire François Hollande. Redresser les comptes tout en s’adressant à la gauche sur d’autres sujets, sociétaux par exemple. Il ne le fait pas. Lorsqu’un skieur arrivé dans la plaine se retourne sur son slalom, il voit une trace. Ou une cohérence, si l’on s’en tient au vocabulaire politique. Il n’y en a pas.

Bouclier à problèmes

François Hollande et Manuel Valls sont dans le saut de puce. S’ils tentent de gérer les contraires, c’est dans l’urgence, parce qu’il faut d’un coup donner des gages à Bruxelles qui hausse le ton, répondre à une gauche qui s’agite ou à une manifestation qui s’annonce.
Des économies sont concoctées sur la branche familleparce que Bruxelles fronce les sourcils. Lesquelles ? Celles qui feront le moins mal, en touchant les bébés à venir ; alors que le PS aurait préféré « les plus justes », celles qui épargnent les foyers modestes.
L’exécutif conçoit la politique comme un bouclier à problèmes. Il va au plus simple pour parer aux ennuis qu’il voit venir, mais s’en crée de nouveaux ce faisant. Couacs, incompréhensions. Manuel Valls a donné des gages à Bruxelles ce mercredi en jugeant « légitime » le débat sur l’assurance-chômage . Au même moment, François Hollande estimait qu’il y avait d’autres sujets prioritaires, et Jean-Christophe Cambadélis au PS demandait qu’on n’ouvre pas le débat.

vendredi 26 avril 2013

Les conseilleurs mauvais joueurs

Président de l'Assemblée, présidents des groupes PS, ministres : les piliers de la majorité sapent depuis un an l'autorité de François Hollande.


Comment cesser le brouhaha des conseilleurs ? A dix jours de l'anniversaire de son élection à l'Elysée, François Hollande tente de tracer de nouvelles voies pour éviter que l'on s'attarde sur son bilan. Il réfléchit à une nouvelle architecture gouvernementale. Il devient tranchant pour être plus lisible par l'opinion - il a dit « non » à l'amnistie sociale. Il est prêt à recevoir les parlementaires. Mais il y a un cadeau qu'il aura bien du mal à obtenir, le silence des poids lourds socialistes. Claude Bartolone, le président de l'Assemblée, théorise depuis plusieurs jours : « Je ne me tairai plus. » François Rebsamen, le président du groupe PS au Sénat, explique benoîtement : si François Hollande « ne voulait pas que je l'affaiblisse, il fallait qu'il me propose l'Intérieur » (Public Sénat).
Les chefs d'Etat redoutent en général les électrons libres sans affectation. Martine Aubry, Lionel Jospin, auraient pu en être. C'est finalement des personnalités bien pourvues, des proches même, qui depuis un an jouent une musique dissonante. Nicolas Sarkozy avait un trublion en la personne de Jean-François Copé ; François Hollande gère près d'une dizaine de Copé. Dans la seule journée d'hier, Claude Bartolone a redit son hostilité à la publication du patrimoine des élus, François Rebsamen a défendu le texte sur l'amnistie sociale, Bruno Le Roux (président du groupe PS à l'Assemblée) s'est dit personnellement favorable à la PMA, Bertrand Delanoë (maire de Paris) a souhaité « des actes symboliques envers les catégories sociales » et Stéphane Le Foll (ministre de l'Agriculture) a prôné « une phase offensive ». Et pourtant, la journée était faste : Arnaud Montebourg était concentré sur le lancement d'une nouvelle filière, la « silver economy » ! Tous se disent bien intentionnés (et le sont parfois) mais ils n'oublient jamais leurs intérêts. Additionnées, ces prises de parole sapent depuis un an l'autorité de François Hollande. Il tente de tenir un équilibre entre une gauche qui veut desserrer l'étau budgétaire, et Bruxelles, les marchés, les entreprises qui veulent des réformes. Ces piliers de sa majorité pourraient le relayer, être sa colonne vertébrale. Ils ne le font pas, le président est seul, non pas en équilibre : équilibriste.

jeudi 18 novembre 2010

Sarkozy et Strauss-Kahn jouent de leur face-à-face sur le G20

Les deux rivaux potentiels de 2012 se sont rencontrés mercredi à l'Elysée pour préparer le G20. Chacun a des intérêts politiques à afficher, pour l'instant, une entente cordiale.

Une entrevue mercredi en fin après-midi à l'Elysée, avec une poignée de main sous l'oeil des photographes ; des compliments appuyés la veille à la télévision - « C'est un homme pour qui j'ai beaucoup de considération ; il fait parfaitement son travail » : Nicolas Sarkozy semble décidé à profiter de la présidence française du G20 pour afficher sa complémentarité, voire sa complicité, avec Dominique Strauss-Kahn, rival potentiel des plus dangereux pour la présidentielle de 2012. Le directeur général du FMI ne se défile pas. « Le programme qui se dessine est un programme ambitieux », s'est-il félicité mercredi après la réunion. C'est que tous deux ont, à leur façon, besoin de l'autre pour préparer 2012.
Nicolas Sarkozy fait tout pour gommer ses différences avec le chouchou des sondages et rappelle à l'envi qu'il lui doit sa candidature au FMI. « Je vous rappelle qu'il était mon candidat au FMI », a-t-il affirmé mardi, en l'embrigadant un peu plus tard sur la réforme des retraites. « Strauss-Kahn estime que le meilleur moyen pour doper la croissance, c'est d'augmenter la durée de vie au travail. »
DSK est plus prudent. Lui et Sarkozy travaillent « chacun à sa place », affirme-t-il, tout en prenant soin de s'afficher « de gauche » quand le chef de l'Etat veut le droitiser, et de souligner que Nicolas Sarkozy a juste été « beau joueur » en le soutenant pour le FMI. Il n'empêche, lui aussi se prépare avec gourmandise à ce face-à-face imposé par la présidence française du G20.

Poste d'observation

En étant l'interlocuteur de Nicolas Sarkozy pendant quelques mois, il espère récupérer en stature internationale ce que Martine Aubry glane au jour le jour de légitimité politique auprès des sympathisants socialistes. Ses proches se délectent aussi d'avance du poste d'observation dont va bénéficier leur champion pour décortiquer - et critiquer en temps voulu -le fonctionnement de Nicolas Sarkozy à l'international.
Le chef de l'Etat tente de le banaliser, de démythifier l'histoire que DSK est en train d'écrire loin des Français, celle d'un FMI de gauche, par exemple. DSK s'affiche à l'inverse avec lui pour lancer à ses électeurs potentiels les signaux subliminaux que les statuts du FMI lui interdisent de faire au grand jour. Ce que les enfants appellent le jeu de la barbichette.

mercredi 17 novembre 2010

Sarkozy promet une réforme de la fiscalité du patrimoine

Le chef de l'Etat est intervenu pendant une heure et demie à la télévision hier soir pour détailler la « seconde étape » de son mandat. Défendant la poursuite des réformes, il a assuré ne pas s'intéresser à sa réélection mais à l' « intérêt général ».

Les Français attendent que j'aie des résultats, que je les protège, que l'économie reparte et que la sécurité soit assurée » : Nicolas Sarkozy a donné deux maîtres mots à son intervention télévisée hier soir sur TF1, France 2 et Canal + : la réforme et l'apaisement . Défenseur du mouvement lorsqu'il s'agit « d'adapter le pays à son environnement », mais rassurant dans sa propre conduite du pays. Deux jours après avoir remanié le gouvernement, le chef de l'Etat, calme et sérieux, a longuement défendu sa décision de reconduire François Fillon. « J'ai voulu donner de la stabilité, de la solidité car la France est inquiète », a-t-il expliqué. Pas question de concéder qu'il s'agissait d'un choix sous contrainte, il a assuré qu'il l'avait retenu car c'était « le meilleur Premier ministre possible pour la France à ce moment là ». Très louangeur pour François Fillon, comme d'ailleurs pour Jean-Louis Borloo - « un homme de grande qualité, pour lequel j'ai beaucoup d'estime » - , Nicolas Sarkozy a tranquillement abordé la question du rééquilibrage des pouvoirs avec son chef du gouvernement. «Nous avons une confiance totale l'un en l'autre. Nous avons beaucoup réfléchi à un meilleur partage des rôles », a-t-il affirmé. Aucune pique, aucune aigreur : serein.
« Une équipe très solidaire »
Le chef de l'Etat a également nié avoir constitué un gouvernement d'ex-RPR. « Ce n'est pas un gouvernement partisan.  Il n'était pas possible de diminuer de 30 % le nombre de ministres tout en augmentant les quotas de chacun. » Il a aussi passé beaucoup de temps à souligner les qualités de tel ou tel ministre, à défendre les différentes familles de la majorité, notamment centriste, et même... Dominique de Villepin. Au total, l'équipe gouvernementale est « très professionnelle et très solidaire », a-t-il martelé.
Sur la réforme des retraites qu'il vient d'achever, sur les dix-huit mois à venir avant l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy s'est voulu respectueux des partenaires sociaux  : il a jugé normal que les manifestants manifestent et a affirmé « comprendre » l'inquiétude des jeunes.  Mais il s'est avant tout voulu réformateur.  « C'est mon devoir, c'est l'intérêt général. Je ne mettrai pas la poussière sous le tapis en disant je m'en occuperai après l'élection, a-t-il affirmé : je veux faire cinq années utiles pour la France ».
Avant tout, le chef de l'Etat veut rassurer l'électorat de droite sur sa détermination à conduire les réformes jusqu'au bout. « Nicolas Sarkozy a été frappé par ce qui s'est passé avec Lionel Jospin en 2001 : ses électeurs ont décroché parce qu'il donnait le sentiment d'avoir levé le pied pour se préparer à la présidentielle », relève un proche du chef de l'Etat. Il étudie également de près les difficultés qu'éprouve Barack Obama à continuer à mobiliser son camp. Nicolas Sarkozy veut l'inverse, renouer avec ce qui avait était son moteur électoral en 2007 : sa capacité à agir. « Je ne me pose pas la question de savoir si je prépare 2012, mais si c'est ou non de l'intérêt général de la nation », a-t-il affirmé à plusieurs reprises, en se voulant notamment très déterminé sur la dépendance. La réforme sera précédée d'un débat national de six mois mais « des décisions seront prises à l'été 2011 », a-t-il lancé.

Impôt sur le patrimoine

Surtout, le président de la République a fait de la fiscalité le grand chantier de 2011. Au nom de la compétitivité du pays et de « l'aspiration des Français à plus de justice », il a annoncé la création d'un impôt sur le patrimoine remplaçant l'ISF et la suppression du bouclier.
A l'unisson avec François Fillon qui avait souhaité quelques heures auparavant, à l'Assemblée nationale, que les réformes se fassent à somme nulle, le chef de l'Etat s'est dit très préoccupé de la lutte contre les déficits publics. Il a défendu sa politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Ce qui n'empêche pas de nouvelles pistes sur l'emploi, sujet prioritaire du gouvernement. « Il n'y a pas de fatalité, on peut s'en sortir », a affirmé Nicolas Sarkozy en annonçant une généralisation du contrat de transition professionnelle et un doublement du nombre de jeunes en alternance. « Le chômage reculera l'année prochaine », a-t-il voulu croire.
Dans la journée, François Fillon avait listé d'autres sujets d'action comme le financement de la Sécurité sociale (rétablissement des comptes de l'assurance-maladie) ainsi qu'un « effort particulier sur la politique de la ville ». Que le Premier ministre se montre plus disert sur ces points n'a pas posé problème au président. Après des mois d'affrontement dans les rues, l'heure était hier à l'apaisement généralisé. « Je ne me pose pas la question de mon image, mais des résultats que j'obtiendrai », a martelé Nicolas Sarkozy.., collant ce faisant à l'attente exprimée par les Français dans les sondages .

vendredi 5 novembre 2010

Sarkozy penche désormais pour le maintien de Fillon à Matignon

Depuis ce week-end, les doutes de l'Elysée sur Jean-Louis Borloo se sont multipliés. Mais le maintien de François Fillon à Matignon compliquerait l'idée d'une « nouvelle étape ».

Une louange appuyée à François Baroin jeudi à Troyes, un mot de félicitation à Jean-Louis Borloo pour son Grenelle de l'Environnement, une éloge constante du travail de Luc Chatel, un rendez vous qui se prolonge mercredi avec François Fillon... Nicolas Sarkozy brouille les cartes pour Matignon. Il lui faut bien ménager un effet de surprise pour le grand remaniement annoncé depuis huit mois (au lendemain des élections régionales) et montrer que, in fine, c'est bien lui qui décide.
Pourtant, le paysage politique semble s'éclaircir pour le président de la République, qui pencherait désormais pour le maintien de François Fillon à Matignon. L'affirmation par Jean-Louis Borloo d'un virage social dimanche dernier sur Canal+ (laissant entendre que depuis trois ans rien n'a été fait en la matière), la gestion de la crise des carburants et les doutes grandissants exprimés par les parlementaires UMP auraient fini par ternir l'étoile du ministre de l'Ecologie aux yeux de Nicolas Sarkozy.

Gêné par un calendrier international chargé

Des fidèles comme Brice Hortefeux qui soutenaient le choix de ce dernier pour Matignon ont changé leur fusil d'épaule depuis le week-end dernier. L'habileté de François Fillon à revenir dans le jeu au bon moment, sans mettre trop en avant sa popularité, a fait le reste. 
Pour autant, l'Elysée continue d'affirmer que les jeux ne sont pas faits. Gêné par un calendrier international chargé (visite du président chinois cette semaine, G20 de Séoul en fin de semaine prochaine..), Nicolas Sarkozy semble vouloir se donner encore un peu de temps pour décider. D'autant que l'hypothèse Fillon pose une difficulté majeure : comment faire passer l'idée d'un changement, d'une « nouvelle étape », si le Premier ministre et la politique menée restent identiques ? A fortiori au bout de huit mois d'attente, et alors que le choix de Jean-François Copé pour l'UMP, lui, ne semble plus faire débat.
Tout ceci plaide pour un mouvement d'ampleur concernant les ministres aujourd'hui en place : le chef de l'Etat envisagerait de diminuer de moitié la taille du gouvernement en repensant l'architecture des ministères, de faire entrer quelques « poids lourds » (Alain Juppé, Xavier Bertrand notamment) et quelques « nouveaux » (Jean-Christophe Lagarde, Marie-Anne Montchamp..), et de réorganiser largement ses équipes à l'Elysée. Il n'excluerait pas non plus de repenser la répartition des tâches entre l'Elysée et Matignon.