TOUT EST DIT

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dimanche 24 août 2014

Les bonnes solutions des socialistes

Politiquement, les vacances sont finies. Le premier conseil des ministres de la rentrée vient d’avoir lieu, et l’exécutif s’agite à nouveau pour tenter de présenter comme autre façade une fébrilité peu rassurante aux médias qui tentent d’y comprendre quelque chose dans la direction prise par le chef de l’État. Pour lui, c’est pourtant évident : c’est la crise, certes, mais de courageuses interventions sont en cours.
bullshit meterEt voilà donc notre François qui s’élance dans un long entretien accordé au Monde. Dans celui-ci, outre quelques paragraphes juteux pour expliquer qu’il faut, avec l’argent qui nous manquepour nos propres armées, aider les rebelles pas tous Syriens à tuer des Syriens pour bien faire comprendre que tuer des Syriens, c’est très mal, le chef de l’État a décidé d’annoncer deux nouvelles réformes. L’une visera à rendre plus juste et plus simple le barème de l’impôt sur le revenu, « notamment pour les premières tranches » parce que chacun sait que les tranches suivantes sont déjà simples et justes. L’autre, nous explique-t-il avec sa diction si fluide, fusionnera la prime pour l’emploi avec le RSA activité, histoire de favoriser tagada la reprise du travail et améliorer la rémunération des salariés précaires tsoin-tsoin.
Bien évidemment, on est immédiatement frappé par la précision quasi-chirurgicale de ces réformes, leur ampleur qui, à n’en pas douter, pourra toucher un grand nombre de personnes, et leur profondeur qui va, à l’évidence, donner un coup de fouet magistral à toute l’économie française qui en avait bien besoin. En outre, l’avalanche de détails fournis par le chef de l’État et le calendrier précis qu’il fournit permettent immédiatement de se faire une image claire de ce qui va se passer, comment, quand, et d’anticiper les grands effets positifs de ces réformes hardies.
Autrement dit et comme d’habitude, on continue à nager dans une purée épaisse.
Le saupoudrage mal boutiqué de la PPE sera donc sur-bricolé avec celui du RSA activité, l’ensemble aboutissant à un nouvel ensemble gazier à tubulures chromées que Bercy (l’intendance) organisera pour que la production de prouts fiscaux continue sans interruption. On comprend aussi que ces petits bidules ne modifieront pas les grandes tendances du pays, même pas à la marge : l’argent distribué change un peu de forme, et c’est tout ; il est donc toujours prélevé, ce qui veut dire que ceux qui étaient ponctionnés pour abonder le RSA et la PPE continueront donc à l’être. Pour eux, que ce soit pour le RSA-truc, la PPE-machin ou le nouveau bidule hollandiste, le changement sera diaphane.
Histoire d’accentuer l’ampleur de toutes ces réformes, Hollande en a profité pour demander à son premier ministre de présenter (vite, vite) un plan de relance, pour le logement. Relance, parce que c’est un mot à la mode au moins depuis 2008, et qu’elle a montré toute son efficacité à l’époque pour redresser les comptes de la France et montrera, on en est certain, une même réussite dans les prochains mois. Et pour le logement, parce que les dernières lois votées ont largement débroussaillé le terrain. À la dynamite. Ajoutons l’interventionnisme traditionnel pour « inciter davantage » les établissements financiers à prêter aux PME, qui promet là encore de donner des résultats époustouflants, et on comprend que le proche avenir sera manifestement truffé de ces bonnes idées, pas déjà tentées, pas déjà avortées et dont les résultats ne sont pas déjà connus. La reprise est au bout, c’est évident.
montebourg conseil
Au milieu, l’envie affichée d’en découdre avec les professions règlementées et la législation du travail dominical laisse extrêmement perplexe. Certes, il faudra, un jour, en passer par là et on se doit d’applaudir l’idée générale de remettre en question des monopoles maintenant devenus largement caducs. Mais Montebourg, désigné pour se cogner le travail entre deux frétillances médiatiques, est-il vraiment le ministre adapté ? En outre, le précédent des artisans-taxis et des hôteliers montre à quel point le gouvernement, pleutre, pourrait bien faire marche arrière plus vite même qu’il n’a tenté quelque chose.
Et, là encore, on peine à voir comment ces déverrouillages monopolistiques permettront de redresser rapidement la situation économique en France.
La réalité, c’est qu’il va falloir des mesures autrement plus graves, autrement plus couillues et autrement mieux préparées pour espérer déclencher autre chose qu’un mouvement d’épaules de la part des observateurs attentifs de l’économie française. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à juger la situation très préoccupante, et il est probable qu’ils n’accorderont guère d’importance aux propositions hollandistes, tant elles trimballent leur habituel parfum de naphtaline et affichent une taille microscopique.
Et quand on voit les autres solutions balancées sur la table, discrètement, par les habituels bricoleurs de l’improbable comme Jacques Attali, on ne peut que s’inquiéter.
Ce dernier propose (de façon assez détendue du portefeuille d’autant qu’il est, après tout, dans le fameux 1%) une solide augmentation de TVA. Apparemment, il aime tendrement réduire le pouvoir d’achat et le train de vie des Français et préfère très clairement cette solution à celle, diamétralement opposée, qui consisterait à diminuer celui de l’État, auquel on sent fort attaché le philosophe/ écrivain/ économiste/ chef d’orchestre/ destroutoureur d’intemporel officiel de la République.
Et histoire de bien destroutourer, il propose une augmentation de trois points de la TVA. Pour lui, c’est évident : comme nous sommes en déflation, les prix n’augmentent pas et c’est donc « le moment absolument formidable et unique pour augmenter la TVA ». Et même avec trois points de plus, comme il y a une concurrence féroce entre les producteurs, les prix n’augmenteront pas. Garanti sur facture, en quelque sorte.
jattali - nous avons trop de pouvoir d'achat
Peut-être. Mais dans ce cas, cela veut dire que les marges des entreprises se rétréciront encore. Cela veut dire que les salaires n’augmenteront pas. Et cela veut aussi dire que, les individus étant toujours obligés de se nourrir et de se loger, cela se traduira mécaniquement par une baisse de pouvoir d’achat, dans le meilleur des cas. Dans le pire, les marges des entreprises se transformant en pertes, le chômage augmentera.
Pour rappel, il a déjà été montré à de nombreuses reprises qu’une austérité qui se traduit par une augmentation des taxes et des impôts n’aboutit jamais à faire repartir la croissance. La seule austérité qui fonctionne est celle, bien plus douloureuse, qui consiste à diminuer le poids de l’État et des dépenses publiques.
Or, pendant que Hollande bricole des annonces de réformes et des réformes d’annonces, la dette, elle, continue de grimper et dépasse de façon officielle les 2000 milliards d’euros. Le déficit se porte toujours aussi bien et explosera largement les 4% de PIB planifiés, pourtant déjà trop gros. La réforme de l’État n’a toujours pas eu lieu. Les dépenses publiques grossissent toujours. Et puisque l’idée d’augmenter la TVA semble à ce point géniale, simple et presque indolore à mettre en place, elle sera rapidement dans les tuyaux.
Ce pays est foutu.

Heureusement, des brouettées de socialisme vont nous sortir de l’ornière !

Magie de l’économie de marché ou simples effets logiques des interconnexions toujours plus fortes entre différents domaines économiques ? Conséquence d’une déflation larvée ou d’une production de plus grandes quantités ? Tensions internationales et interventionnisme d’État mal calibré ? Difficile de doser chaque élément, mais le résultat est là : le marché travaille bien pour les consommateurs français de fruits et de légumes puisqu’en définitive, leur prix diminue.
Le constat est sans appel. Avec les bonnes récoltes de juin et juillet, et le nécessaire ajustement offre/demande, le prix des fruits a baissé de 12% et les légumes de 3% par rapport à l’année dernière. En outre, les maraîchers constatent aussi que le pouvoir d’achat des Français impose de revoir leurs tarifs à la baisse. S’y ajoute la conjoncture internationale : les tensions avec l’Ukraine ont entraîné l’arrêt des importations de fruits et légumes en Russie. Mécaniquement, ce qui partait là-bas se retrouve sur les étals français. Le prix diminue donc pour les Français.
Socialisme, capitalisme ...
Autre effet de bord, toujours aussi savoureux : les sanctions contre la Russie se retournant contre ceux qui les ont prises, il va falloir panser les plaies ce qui se traduit, là encore de façon assez prévisible, par des demandes d’aides d’urgence de la part des producteurs. Demandes qui sont évidemment suivies, puisque l’Europe a finalementdébloqué un fonds de 125 millions d’euros pour voler au secours des pêches et des nectarines. Difficile, au passage, de ne de pas imaginer que la crise ukrainienne, fort commode, n’est pas seule totalement responsable des demandes véhémentes d’aides et qu’une petite compensation pour la baisse des prix sera la bienvenue pour améliorer la marge des producteurs.
Décidément, l’économie mondialisée est sans pitié pour les étatistes. D’un côté, le marché semble s’adapter naturellement en alignant les prix des produits au pouvoir d’achat des consommateurs. De l’autre, les structures étatiques interviennent lourdement, ce qui déclenche une série d’effets indésirables qui entraîneront la ponction du contribuable, et le renchérissement des prix des produits pour le consommateur. Le consommateur-contribuable sera donc doublement à l’amende pour avoir choisi des politiques collectivistes. À chaque fois que l’État se mêle d’intervenir sur le marché, ce dernier s’adapte et se rebiffe, entraînant méthodiquement des effets de bord imprévus pour les politiciens qui, par démagogie, ignorance ou un mélange des deux, ont pris les décisions délétères.
Et ce qui est vrai à l’échelle européenne l’est aussi partout ailleurs, comme l’illustre le cas maintenant dramatique du Venezuela. Pendant que le consommateur européen bénéficie de tarifs plus bas pour des quantités de fruits et de légumes plus grandes, le consommateur vénézuélien, lui, expérimente de première main les affres du socialisme et de la planification collectiviste avancée. Les lendemains qui chantent ont laissé place aux surlendemains à gueule de bois et aux frigos vides.
communism party is over
J’avais déjà évoqué la disparition progressive de petites commodités sanitaires (comme le papier toilette) dans ce pays qui dispose pourtant d’une manne pétrolière gigantesque. Au passage et par comparaison, afin d’éviter toute remarque sur le mode « trop de ressources naturelles peuvent nuire », un autre pays richement doté au plan pétrolier, la Norvège, a récemment annoncé l’accroissement de son fonds de pension (déjà le plus gros du monde) de plusieurs dizaines de milliards d’euros, grâce aux gains engrangés.
Mais voilà : la Norvège n’est pas chaviste pour un rond de chapeau, et la gestion du pays, « en bon père de famille », qui respecte la propriété privée et les règles du marché libre, permet de mettre ses habitants confortablement à l’abri. Pendant ce temps, le Venezuela s’entête sur la voie collectiviste et, comme Hollande qui « conserve le cap », Maduro conserve obstinément la direction catastrophique imposée par le révolutionnaire bolivarien avant sa mort.
Le bilan est désastreux : les hôpitaux manquent de matériel et de médicaments, les pénuries, un peu partout, se multiplient au point que les étals se vident, des déodorants aux cercueils en passant par les bouchons de bouteille en plastique ou la farine. Un produit de première nécessité sur quatre est introuvable, dans un contexte de crise économique inquiétante, avec une inflation annuelle de 60%, pas du tout prévisible une fois que le contrôle des changes et des capitaux furent mis en place.
La consternation du lecteur français (habitué à son confort intellectuel moelleux en cuir pleine peau) est à son comble lorsqu’on se rend compte, comme le titre l’AFP elle-même, que le patinage autistique vénézuélien est avant tout dû aux entreprises publiques. Méchant, méchant capitalisme privé ! Eh oui, comme par hasard, les multiples expropriations et les nationalisations à tire-larigot ont amplifié le phénomène de crise, la corruption et la démotivation générale des administrations, au lieu d’améliorer la situation pour les plus pauvres, comme l’indiquaient pourtant les gentils petits dépliants fournis pendant les campagnes électorales…
oh noes
On croirait vivre ici les meilleurs passages du communisme appliqué en Union Soviétique ou à Cuba. Mais cette fois-ci, difficile d’utiliser l’excuse d’un méchant embargo, ou d’un complot de la CIA. Tout comme l’Argentine qui, ayant choisi la voie rose du socialisme, continue de s’enfoncer dans une crise de plus en plus carabinée (sa monnaie s’est complètement effondrée), le peuple vénézuélien fut totalement libre de choisir l’autoroute de la servitude, fichage des populations y compris, et s’y déplace maintenant à vive allure, en direction de ce qui ressemble à un goulag moderne. La France, pas si loin derrière, vitres ouvertes et musique à fond, pédale certes plus calmement (sur la voie de gauche) mais n’a toujours pas pris la sortie et finira inévitablement par passer par les mêmes aires dévastées que le Venezuela aura visitées avant.
Il faut se rendre à l’évidence : tant au Venezuela qu’en Argentine, l’expérience socialiste est encore (ENCORE) un échec.
Je l’ai déjà dit dans un précédent billet, mais je pense indispensable de le redire ici : chaque gouvernement qui se fait libéral dans sa gestion, utilise la subsidiarité et limite son interventionnisme, obtient de façon systématique des effets bénéfiques documentés. Inversement, chaque gouvernement qui s’obstine dans des politiques de relance, de dépense, d’absence de contrôle budgétaire, qui assoit sa légitimité démocratique sur la distribution de prébendes et d’avantages sociaux et qui intervient sur tous les marchés finit systématiquement par conduire le pays à sa ruine. Et le plus beau c’est que si une goutte de libéralisme ne suffit parfois pas à améliorer la situation d’un pays dramatiquement englué dans le collectivisme, une pincée de socialisme l’empire toujours.
Alors quand ce sont des brouettées, comme actuellement en France, on peut s’attendre au pire.

HOMMAGE PERSONNEL

Je voudrais par ce post rendre hommage à un ami, disparu d'une crise cardiaque dans ses 57 ans, en Normandie, alors qu'il élaguait ses arbres abattus d'un grand coup de vent récent.
Toute ma sympathie va à sa famille et à sa chienne Arthémis.
Merci Daniel pour ton humour cassant et dévastateur.
G.

samedi 23 août 2014

France, royaume des imposteurs



Des promesses politiques de campagne aux publicités mensongères, Natacha Polony dénonce les impostures derrière les postures.
 Cela commence par un président qui se fait élire sur la promesse d'imposer les plus riches à 75%. Disposition retoquée par le Conseil constitutionnel. Le même se fait écraser aux municipales et promet des baisses de charges salariales. À nouveau retoqué. Ce président prend aussi des airs compassés pour aligner trois mots effarants de banalité sur «le droit à la sécurité d'Israël» avant de se reprendre, quelques jours plus tard, et d'évoquer les morts palestiniens parce qu'un communicant l'a alerté sur l'effet désastreux de son assourdissant silence. Triste figure de composition qui est la même qu'à peu près tous les politiques, de droite comme de gauche, quand ils veulent montrer au citoyen français qu'ils sont impliqués, conscients, déterminés.
C'est cet air d'un ancien président interrogé par deux journalistes et qui évoque ce «sens du devoir» qui seul pourrait lui donner l'envie de mettre fin au feuilleton savamment orchestré de son retour pour annoncer qu'il répond à l'appel du peuple. C'est celui d'un ministre des affaires étrangères au visage de circonstance, voulant faire croire que la France a une quelconque position diplomatique qui serait autre que l'alignement pur et simple sur les volontés américaines.
C'est celui de ces chefs de la droite, grands ou petits, qui proclament à chaque élection leur «conviction européenne» depuis que Jacques Chirac, en 1992, a décrété qu'on ne pouvait avoir de destin présidentiel si l'on avait osé critiquer cette Europe.
C'est enfin celui de tous ces responsables qui parlent la main sur le cœur du déclassement des classes moyennes inférieures parce qu'ils ont - enfin - compris que leur abandon total les précipitait dans les bras du Front national.
Quel rapport entre ces personnages disparates? Cette petite gêne que l'on ressent devant ce qui ressemble fort à une simple posture. Le soupçon qu'il n'y a là aucune conviction, pas l'ombre d'une vision, mais undiscours calculé suivant les impératifs supposés de la popularité ou de la réussite. La posture, c'est cette façon de ne se positionner que selon les critères du moment et ce que l'on suppose être l'attente de son public.
C'est ce dommage collatéral généralisé du règne de la communication. Car le phénomène ne frappe pas seulement les politiques. Dans chaque domaine de l'activité humaine, on peut relever ces exemples, non pas d'hypocrisie - ce serait encore un hommage du vice à la vertu - mais de composition d'un argumentaire ponctuel hors sol. Et cela nous raconte un peu de notre monde moderne.
La communication dont on nous rebat les oreilles comme d'un principe d'efficacité a changé de nature sous l'effet d'une extension de la logique marchande. Elle n'a plus rien à voir avec la vieille réclame qui se contentait de vanter les qualités d'un produit, de «faire savoir». Il s'agit désormais de concevoir le produit en fonction de ce qui va séduire. La communication modifie l'essence même des choses.
Dans le domaine des idées? Plus un discours qui ne vante l'action merveilleuse des femmes, tellement «indispensables». Posture. Et que dire de ces proclamations sur la tolérance dont le but est moins de changer les choses que de montrer à ses pairs que l'on se situe du bon côté? Posture. Dans le domaine de l'art? Il y a longtemps que nous sommes habitués à ce discours verbeux qui accompagne des œuvres sans âme pour les positionner sur l'échelle de la «rébellion». Posture encore. Dans le domaine du vin? Il n'y a plus de choix qu'entre des vins passés dix-huit mois en barrique neuve, parce que certains œnologues à la mode n'aiment que le goût du chêne, ou les vins oxydés de ceux qui ont fait du vin «bio» une idéologie.
Le dénominateur commun? Le lecteur, l'électeur ou le buveur sont devenus des clients, plus des citoyens auxquels on s'adresse, des gens à qui l'on offre une émotion ou une vision en partage. Ils sont des parts de marché potentielles. En politique, le tournant date du début des années 1980, quand des publicitaires ont pris en main les campagnes électorales. Un petit village de France sur une affiche et ce slogan: «La force tranquille». Première forfaiture politique. Car malgré l'espoir sincère que soulevait dans une partie du peuple l'arrivée de cette gauche au pouvoir, on entrait dans l'ère du mensonge. Sous prétexte d'aider les politiques à formuler leurs idées et d'offrir un écho à leurs actes, les marketeurs ont peu à peu modifié le discours politique lui-même pour le faire coller aux codes.
Comme dans le vin, c'est maquillage au bois neuf du techno pinard ou vinaigre imposé par les «purs» autoproclamés. C'est un gaullisme de circonstance par des héritiers perchés sur la croix de Lorraine pour mieux s'asseoir sur les engagements et les choix de l'homme du 18 Juin. C'est une invocation ad nauseam des mânes de Jaurès par ceux-là mêmes qui ont désindustrialisé le pays et abandonné la classe ouvrière pour convenir aux sirènes de la mondialisation.
Une société de posture ne peut rien produire de durable, rien qui dépasse le simple cadre de notre existence immédiate, puisqu'elle ne cultive que le court terme et la rentabilité. Quitte, pour cela, à tromper un peu le client. Ainsi de la posture sommes-nous passés à l'imposture.

Alain Juppé : le dramatique manque de renouvellement de la classe politique française

Alain Juppé a annoncé sa candidature à la primaire UMP de 2016. Pour Maxime Tandonnet, cet énième retour en lice d'un politique après plusieurs années au pouvoir pose la question du renouvellement de la classe dirigeante française.
La candidature d'Alain Juppé à la primaire UMP, donc à l'élection présidentielle de 2017, annoncée le 20 août sur son blog, soulève la question fondamentale du renouvellement de la classe dirigeante française. La question de son âge n'est absolument pas au coeur du problème. Charles de Gaulle avait 75 ans lors de sa première élection au suffrage universel en 1965. Ronald Reagan, généralement considéré comme un grand président américain, fut élu à 70 ans. Combien de jeunes présidents se sont en revanche révélés médiocres? Par contre, l'absence de renouvellement de la classe dirigeante française prend des proportions dramatiques. Alain Juppé est depuis plus de trente ans l'une des principales figures du monde politique français. Depuis 1986, il fut ministre à de nombreuses reprises, au budget, aux Affaires étrangères (1993-1995), puis chef de Gouvernement en 1995 et 1997. La carrière du maire de Bordeaux a connu ses heures de gloires et ses échecs. La mémoire politique est étrange et donne lieu à des retournements
spectaculaires. La position privilégiée d'Alain Juppé aujourd'hui dans les sondage correspond à une image de sagesse et de modération appréciée de l'opinion publique. Pourtant, il fut franchemement impopulaire à la fin des années 1990, considéré comme distant et autoritaire, responsable du blocage du pays pendant trois semaines en décembre 1995, aboutissant au retrait de sa réforme des retraites, puis à l'origine de la dissolution de 1997 à et d'une cohabitation de cinq années entre le président Chirac et la «gauche plurielle». Remis en selle par sa réussite à la mairie de Bordeaux et sa nomination comme ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy en 2011, le personnage d'Alain Juppé est indissociable de trois décennies de la vie politique française. D'autres visages dominants de l'opposition au pouvoir socialiste reflètent une continuité, une permanence, voire un sur-place de la vie publique: songeons à François Bayrou, membre du gouvernement en 1993, à François Fillon, ex Premier ministre, ministre en 1993, comme Michèle Alliot-Marie, à Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac, entré au gouvernement en 1995.
Au-delà de la question de la permanence des hommes, plus préoccupante est celle de l'immobilité des conceptions de la vie publique, des projets, des idées. Nous assistons à un triomphe de la conception chiraquienne du pouvoir autour d'une vision conservatrice des choses. La déclaration d'Alain Juppé reflète la nostalgie de cette époque. Ce n'est pas un hasard s'il place le Front national au premier plan de ses adversaires, avant même le pouvoir socialiste. La promotion de ce parti «protestataire» (ou «extrémiste») en ennemi public numéro un, lui permet ainsi de tenter de se placer en rassembleur de la Nation à l'image de Jacques Chirac en 2002. La vie politique semble ainsi se figer dans le conformisme ou la banalité, sur les institutions françaises européennes, les incantations en faveur d'une nouvelle croissance, l'écologie, le social. On est frappé du silence sur les sujets qui gênent la classe dirigeante mais préoccupent les Français, comme la sécurité, la laïcité et l'autorité de l'Etat. A l'immobilisme du personnel politique semble correspondre l'inertie des idées qui ouvre un boulevard au parti lepéniste, susceptible de favoriser le maintien au pouvoir des socialistes en 2017. La voie semble pour l'instant barrée à des hommes ou des femmes qui ont tenté de renouveler la pensée de l'opposition, de dégeler le débat d'idées, comme Laurent Wauquiez, Hervé Mariton, Henri Guaino. La vie politique française, sclérosée, otage de ses clans, familles, réseaux, rentes électorales, a avant tout besoin d'un air frais de renouveau. Ce n'est pas cette étrange annonce de candidature à une élection présidentielle trois ans à l'avance, qui va y contribuer.

Face à la France des sans-vergogne, la France de la ferveur

Pour Natacha Polony, deux mots résument la France d'aujourd'hui : «vergogne» et «ferveur». Si l'absence de vergogne caractérise de plus en plus une partie de l'élite, la ferveur pourrait réconcilier les Français avec eux-même. 
Nous avons tous au fond de nous quelques mots qui nous émeuvent, qui nous enchantent ou qui portent des pans entiers de notre imaginaire. Comme Colette rêvant sur ce «presbytère» dont elle faisait un petit escargot tigré, nous faisons des vocables les incarnations d'une vision du monde.Il en est deux qui représentent pour l'auteur de ces lignes comme un condensé de tous les maux et de tous les espoirs de cette société malade. Deux mots dont les sonorités, à la fois douces et surannées, habillent de poésie une réalité si sombre. «Vergogne» et «ferveur». Deux mots qui résument la France.
«Vergogne», ce mot si désuet qui ne s'emploie plus que dans une forme négative, «sans vergogne», traduit une notion plus désuète encore. «Verecundia», en latin, désigne à la fois la honte et la pudeur et traduit à peu près ce que les Grecs appelaient aidôs. Respect, honneur, crainte, honte, pudeur, tel était cet aidôs qui accompagnait chaque citoyen et dictait leur conduite aux grands hommes. La vergogne, l'aidôs, est ce sentiment qui nous retient, ce sentiment qui instille en nous l'idée que tout ne se fait pas. Parce que nous sommes des êtres humains, c'est-à-dire des animaux politiques, qui vivent en cité, en société. Et parce que les autres nous regardent. Nous portons en nous le regard des autres, qui nous oblige, et nous nous devons à nous-mêmes parce que nous nous devons aux autres. Il y a dans ce mot quelque chose de l'exclamation du père d'Albert Camus devant une scène de torture atroce: «Un homme, ça s'empêche.» Cri du cœur de l'homme du peuple qui exprime ce que George Orwell appelait la «décence commune». Le pronom, bien sûr, est réfléchi. L'homme choisit de se retenir, de «s'empêcher», et c'est là toute sa dignité d'homme.
D'où vient cette impression que nous sommes désormais dans une société sans vergogne? Une société dans laquelle les entreprises du CAC 40 peuvent verser à leurs actionnaires des dividendes de 30 % supérieurs à l'an dernier alors que l'État leur consent des baisses de charges majeures. Une société dans laquelle les présidents de la République font la une de la presse people parce qu'ils n'ont rien d'autre à raconter à la France et que leur bonheur intime est finalement aussi important pour eux que la charge immense que leur ont confiée les Français. Une société dans laquelle des hommes politiques de premier plan peuvent mentir, tricher, détourner, les yeux dans les yeux et la main sur le cœur. Une société dans laquelle chacun, à sa minuscule mesure, semble préoccupé seulement de grappiller ce qu'il peut, de revendiquer son droit et de comparer avec le voisin. Une société dans laquelle à quelque échelle que ce soit, le mot d'ordre principal est qu'il ne fut pas «culpabiliser». Ne pas culpabiliser le consommateur qui se gave de malbouffe. Ne pas culpabiliser le citoyen en lui rappelant que le monde, ce 20 août, a utilisé depuis le début de l'année les richesses que peut produire la planète pour un an sans entraver les réserves naturelles et qu'il vit désormais à crédit sur ses enfants jusqu'au 31 décembre. Ne pas culpabiliser l'élève qui ne travaille pas ou qui insulte son professeur… Pas de honte. Surtout pas. Pas de vergogne.
Mais face à cette France des sans-vergogne, il existe, partout, au hasard des initiatives et des individus, une France de la ferveur. Quel joli mot que la «ferveur»! Comme une rencontre amoureuse entre la foi et l'ardeur. La ferveur est la chaleur de celui qui croit. Et nulle nécessité du religieux. La ferveur est un enthousiasme, un feu sacré, nous dit l'étymologie de ce mot, mais tout entier tourné vers les autres. Car la ferveur est don. Elle est le don que l'on fait de soi dans chaque action. «Invente un empire où simplement tout soit fervent», écrivait Antoine de Saint-Exupéry dans son dernier ouvrage. Et c'est ce que font aujourd'hui tous ceux qui œuvrent quotidiennement, selon une vocation ou bien armés de leur seule conscience du devoir, ceux qui tentent de bien faire et qui se donnent à cette tâche. Ouvrier, médecin, professeur, entrepreneur, militant associatif, artisan, bénévole, ingénieur, infirmier, paysan ou seulement citoyen qui croit encore à ce qu'il lit sur le fronton 
des mairies.
Vergogne et ferveur, tel serait le programme de quiconque voudrait réconcilier les Français avec eux-mêmes, avec leur classe politique, avec leurs élites et avec l'avenir. Vergogne face à l'indécence d'une société qui croit que les vices privés peuvent un jour faire les vertus publiques, et ferveur pour rassembler des Français qui n'attendent qu'une étincelle - événement sportif dérisoire, action plus essentielle parfois, projet politique peut-être - pour communier autour d'une même flamme. Vergogne, qui est l'autre nom de la dignité, et ferveur, comme une réponse aux cyniques et aux blasés. La langue française est décidément belle, de nourrir nos espoirs avec de si beaux mots.

François Hollande confirme qu'il n'a rien compris au monde de l'entreprise

Dans une interview, il réaffirme son chantage du "pacte de responsabilité" et continue de vouloir culpabiliser les entrepreneurs.


C'est à se demander si on parle le même langage et si la France a la malchance d'avoir un président borné ou s'il fait semblant de ne pas comprendre. Dans Le Monde daté du 21 août, ce journal, qui semble être devenu le journal officiel de l'Élysée et des ministres du gouvernement Valls tant ses colonnes leur sont ouvertes en permanence, François Hollande s'est de nouveau penché - épanché ? - sur le mauvais état du pays avant d'aller prendre l'air dans l'océan Indien.
 
Pour ne rien changer à ses habitudes, il a rejeté vers l'extérieur -
"l'environnement international et européen" - la responsabilité des très mauvais chiffres économiques du moment. Concernant les entreprises - ce qu'il appelle "le patronat" comme au temps béni deFrançois Mitterrand et de Georges Marchais -, il a été une nouvelle fois d'une éblouissante clarté et d'une implacable logique, du moins le croit-il, en déclarant ceci : "Pour améliorer la compétitivité des entreprises, [le gouvernement] a dégagé 40 milliards d'euros sur trois ans (et...) chacun doit respecter ses engagements. Le gouvernement a tenu les siens... J'attends donc du patronat qu'il aille jusqu'au bout de la logique du pacte (...) pour investir et embaucher et non pour distribuer des dividendes ou formuler d'autres revendications."
Hollande a donc repris son grand chantage lancé le 14 janvier dernier avec l'annonce de ce "pacte de responsabilité" qui consiste à faire bénéficier les entreprises d'une quarantaine de milliards d'euros au total étalés sur trois ans - 13 par an en moyenne - en contrepartie de leur engagement à créer un certain nombre d'emplois pérennes.

Une chape de plomb pèse sur les entrepreneurs

Quelques remarques : primo, quand on vient d'augmenter de plusieurs dizaines de milliards d'euros par an les charges des entreprises et de leurs dirigeants, déjà lourdement taxés pendant les deux dernières années de la présidence Sarkozy, on est mal fondé, en proposant de leur rendre quelques milliards, de prétendre obtenir en échange des contreparties lourdes. Une chape de plomb pèse déjà en France sur les entrepreneurs, les professions libérales, les commerçants, les indépendants, qui ont passé l'âge d'accepter des bonbons en échange de leurs billes comme ils le faisaient sous les préaux des écoles quand ils étaient enfants. Le "donnant-donnant" que propose le président comme un maquignon corrézien, qui consiste à étrangler un peu moins et temporairement les entreprises en échange d'engagements de longue durée, n'est qu'une manoeuvre politicienne de plus : il s'agit de lui permettre de fustiger le patronat lors de la prochaine élection présidentielle, lequel patronat serait alors rendu publiquement responsable et, bien entendu, coupable d'avoir contribué à l'augmentation du chômage alors même qu'il aurait, trahison suprême, profité des largesses de l'État destinées à le réduire. Hollande est connu pour être un grand manipulateur et apparemment, sur ce coup-là, il semble être au meilleur de sa forme. Tout comme Jacques Chirac, il a beaucoup appris des maquignons corréziens, qui ont la réputation d'être de redoutables manoeuvriers dans tout le Limousin et même dans l'Auvergne voisine.

Des promesses, toujours des promesses !

Deuzio : toutes les entreprises privées, sans exception, aimeraient pouvoir recruter quand les commandes augmentent, mais à la condition, en cas de retournement des affaires, qu'elles puissent licencier aussi facilement qu'elles ont pu recruter. En France, aujourd'hui, c'est mission impossible. Idem pour les seuils sociaux des 10 et 50 salariés qui obligent à des contraintes nombreuses et onéreuses. Sur ces deux points qui sont vitaux pour les plus petites entreprises - celles qui ont besoin de recruter pour se développer -, le président ne propose rien de concret. Tout juste concède-t-il qu'un débat peut s'ouvrir chez les "partenaires sociaux" sur la question des seuils sociaux et que le gouvernement en tiendra compte si un accord peut être conclu. On est toujours dans le flou et cela montre bien que son "pacte de responsabilité" n'est qu'un grand rideau de fumée ou, au choix, la simple conséquence d'une incapacité totale à pouvoir appréhender en face les problèmes réels et concrets de l'économie de marché.
Tertio : ce fameux "pacte", dont l'annonce date de plus de sept mois, n'a pas encore vu le moindre début de commencement d'une éventuelle application. Quand Hollande déclare que le gouvernement a tenu ses engagements, il s'agit d'une promesse de les tenir, pas d'autre chose : toujours des promesses! Mais en France, par les temps qui courent, les promesses n'arrivent même plus à engager ceux qui les écoutent, c'est dire !
Enfin, dernier point, il faut véritablement avoir le cuir solide pour accepter d'un partenaire éventuel, l'État, qu'il mette publiquement en doute votre bonne foi et votre moralité, alors même qu'aucun deal n'est encore conclu : c'est exactement ce que fait Hollande quand il met en accusation par avance ceux qui profiteraient de son pacte pour "distribuer des dividendes" au lieu de tenir leurs éventuels engagements. On voit bien dans quelle estime le président tient le "patronat" !

Les entrepreneurs "normaux" vivent parfois l'enfer

Telle que cette affaire est partie, comme on dit dans le privé, il nous étonnerait qu'un tel pacte puisse être signé un jour par d'autres entreprises que celles qui sont sous contrôle de l'État, comme La Poste ou Orange qui seraient déjà parmi les plus importants bénéficiaires des "crédits d'impôt pour la compétitivité et l'emploi" (CICE), le premier volet des engagements du gouvernement, ou celles qui dépendent des commandes de l'État ou qui chercheraient à obtenir des contreparties spéciales de l'État, comme certaines grandes entreprises qui, en France plus qu'ailleurs, sont obligées de composer en permanence avec les politiciens et les hauts fonctionnaires.
Les entrepreneurs "normaux", ceux qui prennent des risques, engageant dans leur entreprise non seulement leur talent, leur travail et leur courage, leurs jours et parfois leurs nuits, leur santé qui est leur bien le plus fragile et leur patrimoine ou ce qu'il en reste quand l'État mammouth a pris sa part, de plus en plus lourde, de plus en plus insupportable, ceux-là, ces entrepreneurs qui vivent parfois l'enfer même s'ils ont la foi chevillée au corps, il y a bien peu de chances qu'ils passent un jour un tel pacte avec Hollande, un pacte avec le diable. Bien peu de chances.

vendredi 22 août 2014

« Peu élégant », « triste »... Duflot critiquée pour son offensive contre le gouvernement

La charge de Cécile Duflot contre François Hollande et certains membres du gouvernement irrite ses anciens collègues. Après lapublication des bonnes feuilles de son livre — dans lequel elle dresse le bilan de son expérience ministérielle — et son interview au Monde, et alors que débutent à Bordeaux les journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts, des ministres passent à leur tour à l'offensive.

« C'est un manque de considération envers la fonction de ministre qu'elle a exercée », l'a taclée la ministre du droit des femmes, Najat Vallaud-
Belkacem, sur BFMTV. « C'est un manque de considération envers ses collègues du gouvernement » et « envers les Français eux-mêmes, elle qui prétend les réconcilier avec la politique », a-t-elle poursuivi.
Pour la ministre du commerce extérieur, Fleur Pellerin« on peut êtredéçu, avoir des reproches à faire », mais « les exposer à des fins politiques à un moment où il va y avoir à nouveau des échéances électorales, je trouve que c'est assez peu élégant ».
« NE PAS HÉSITER À LUI RENTRER DEDANS ! »
« Tout ça est très triste quand on a été ministre. On devrait d'abordfaire sa propre introspection »a déploré le secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplificationThierry Mandon, invité de Sud radio. Il note par ailleurs qu'à travers ce livre, Mme Duflot contredit ce qu'elle avait dit en sortant du gouvernement, « elle ne critiquait queManuel Valls et pas le président de la République ».
« Ce n'est pas très bien du point de vue éthique », a ajouté sur iTélé le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.
Est-ce une attaque concertée des ministres ? D'après Le Canard enchaîné du 20 août, Manuel Valls serait très remonté contre Cécile Duflot. « Il faut taper et ne pas hésiter à lui rentrer dedans ! », aurait lancé un ministre important du gouvernement Valls, cité par l'hebdomadaire.
« UNE FORME DE TRISTESSE »
L'ancienne secrétaire nationale d'EELV s'est expliquée jeudi matin. Il ne s'agit pas d'un règlement de comptes avec M. Hollande, dit-elle dans son entretien au Monde.
« Mes critiques existaient quand j'étais ministre, et celui qui les connaît le mieux, c'est le président de la République lui-même. Je raconte les choses telles que je les ai vécues. Je dis avec franchise qu'on ne peut pas ne pas voir la déception que suscite la politique menée. »
« Oui, c'est un livre sévère, mais il l'est aussi à mon égard »assure Cécile Duflot à Europe 1. « C'est un livre sur la période où j'ai essayé de faire bouger les choses, notamment en direction de l'écologie. Il y a une forme de tristesse aussi, de reconnaître que les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû ou comme elles auraient pu se passer », reconnaît-elle.
Dans son ouvrage — De l'intérieur, voyage au pays de la désillusion(Fayard, en librairies le 25 août) — l'ancienne ministre s'attaque au chef de l'Etat socialiste, dont elle dénonce notamment le caractère indécis : « A force d'avoir voulu être le président de tous, il n'a su êtrele président de personne. »
ÉVITER « LES STIGMATISATIONS, LES PROCÈS D'INTENTION »
Plus tôt, la secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, tentait d'éteindre l'incendie en appelant à « élever le débat ». Mme Cosse a jugé positivement la publication de ce livre : « C'est un bon retour d'expérience », a-t-elle déclaré à la presse. « Ce que les Français attendent des écologistes, ce sont des réponses concrètes, a-t-elle dit,c'est là-dessus que je veux que nous nous attelions ».
Au sein d'un parti divisé depuis que les écologistes ont refusé departiciper au gouvernement de Manuel Valls, Jean-Vincent Placé, président du groupe des sénateurs écologistes, a en revanche déploré sur BFMTV un « jugement extrêmement sévère » contre le président, ajoutant qu'il faut « évite[r] les stigmatisations, les procèsd'intention » pour « aller vers l'unité ».
« La loi sur l'énergie, pour nous, c'est ça le gros sujet de la rentrée », a lancé pour sa part François de Rugy, coprésident du groupe EELV de l'Assemblée nationale. S'il n'a pas encore lu le livre, il espère cependant y trouver les explications « du choix d'abord personnel d'avoir quitté le gouvernement » de Mme Duflot.
Luc Carvounas, secrétaire national aux relations extérieures du PS, présent à Bordeaux, a jugé auprès de l'Agence France-presse que le livre de Cécile Duflot « ne s'adresse pas aux Français, c'est une stratégie interne au parti de vouloir avoir une ligne majoritaire ».
Le socialiste parle d'« une faute politique dans le contexte actuel »« à un mois des élections sénatoriales où chacun sait qu'il sera compliqué de garder cette chambre haute à gauche ». Et M. Carvounas derappeler « l'accord de novembre 2011 [entre Europe Ecologie-Les Verts et le Parti socialiste] qui a[vait] permis aux écologistes d'obtenir deux groupes parlementaires ».