TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

dimanche 18 mai 2014

Taubira, Carla, Boutin et Delon, la semaine d'Anne Fulda

 Buzz autour de Christiane Taubira, mobilisation parisienne avec d'anciennes premières dames, débat sur les élections européennes, la vie parisienne ne laisse pas de répit. Anne Fulda raconte sa semaine... 
Lundi 12 mai. Buzz, buzz. Elle n'a pas chanté la Marseillaise, lors de la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage, le 10 mai. Et, badaboum, comme à chaque fois qu'il est question de Christine Taubira, aussitôt, la caisse de résonnance médiatique s'est emballée. La droite parisienne est montée au créneau et a crié son indignation. Le Front national a demandé sa démission. Ce n'est pourtant ni la première ni la dernière à «fauter». Mais voilà, aujourd'hui, c'est la Toile qui donne le la et les politiques, à la traîne, se croient obligés de renchérir à la première étincelle. Avec madame Taubira, ils sont servis: elle est un peu un pompier pyromane. C'est en effet sa réponse, sur Facebook - «certaines circonstances appellent davantage au recueillement qu'au karaoké d'estrade» - et surtout ce terme de «karaoké d'estrade» qui choque le plus. Et hop c'est reparti! Le buzz a repris de plus belle. Bzz, bzz. Pendant ce temps là, on oublie l'essentiel: personne ne parle de la grande
réforme pénale qui va être examinée début juin à l'Assemblée nationale.
Des socialistes affligés. Reçu ce matin un communiqué de presse d'un nouveau club, «Les socialistes affligés», créé par Liëm Hoang-Ngoc, député au Parlement européen et Philippe Marlière, professeur à l'University College qui veulent représenter les «socialistes et sociaux-démocrates affligés par l'orientation politique du gouvernement actuel». On verra ce que deviendra ce think tank, mais le nom est bien trouvé. On dirait du Souchon: «on nous inflige des désirs qui nous affligent».
Mardi 13 mai. Mobilisation parisienne. Je passe devant le rassemblement du comité #LiberezNosFilles#BringBackOurGirls. Le rendez-vous a été donné à 9 heures sur le parvis des Droits de l'Homme, place du Trocadéro, à Paris, en soutien aux lycéennes enlevées au Nigeria par la secte Boko Haram, avec une affiche très people. Des ex- premières dames (de toute façon il n'y en pas d'actuelles), Valérie Trierweiler d'un côté, Carla Bruni-Sarkozy de l'autre, une ex «première demoiselle», Claude Chirac mais aussi quelques personnalités du showbiz: Line Renaud, la réalisatrice Liza Azuelos (qui a notamment écrit Lol) les comédienne Karine Sylla et Sandrine Kiberlain, Inès de la Fressange….Le blogueur David Genzel, taquin, envoie un message pour signaler «Amanda (Sthers), Claude (Chirac), Yamina (Benguigui), Valérie (Trierweiler) toutes chez Carette», la pâtissier chic de la place. Est-ce l'heure de rendez-vous, un jour de semaine (quand on travaille, ce n'est pas très pratique), ou les têtes de gondole? En tout cas, il n'y a pas grand-monde. Et, quasi instantanément, à quelques centaines de mètres de là, dans une école irakienne du quartier, des petites filles voilées, emmenées certains jours par des mères portant un voile intégral noir, viennent d'entrer en cours. Troublant.
Mardi soir, Casino de Paris. «Et toc!» dit Carla. Concert de Carla Bruni. La salle est pleine. On chante mais on fait aussi de la politique. L'air de rien. Le spectacle est sur scène mais aussi dans la salle. Nicolas Sarkozy provoque une émeute. On l'attrape, on lui demande des autographes, on lui demande de revenir. Carla, elle, chante ses jolies ballades de sa voix rauque: «Douce France» , «Keith et Anita», «Raphael»…et «Le pingouin». «Le pingouin, les bras ballants mais l'œil hautain. Car il prétend le pingouin être sûr de ce qui est certain». Non, bien-sûr aucune ressemblance avec François Hollande, assure-t-elle. «Il est savant ce pingouin. Il a étudié son latin et son accent le pingouin. Mais quand il parle on entend rien, il bouffe ses mots le pingouin». Une fois la dernière note de la chanson terminée. Un blanc. Puis, l'ancienne première dame qui ne s'est jamais sentie dame relève la tête, et lance, avec un grand sourire et comme un air de défi dans le regard: «Et toc!» Rires dans la salle.
Mercredi 14 mai. Mauvais temps pour les directrices de journaux. On apprend le même jour la démission de Natalie Nougayrède, la directrice du «Monde» qui assure «ne plus avoir les moyens d'assurer en toute plénitude et sérénité» ses fonctions et celle de Jill Abramson, directrice de la rédaction du «New York Times».
Jeudi 15 mai,Europe 1, Michel Sapin. Croissance zéro? «Rien de grave». Ce matin, on vient d'apprendre que selon les chiffres publiés par l'Insee, l'économie française a eu une croissance nulle lors du premier semestre. Cela n'inquiète pas du tout le ministre des Finances et des Comptes publics, invité de Jean-Pierre Elkabbach. «Ce n'est pas grave mais cela conforte toute la politique que nous menons aujourd'hui». De quoi laisser songeur.
Presque en même temps, et comme en réponse à son collègue au gouvernement, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, invité de RTL, lâche: «je ne crois pas qu'il soit utile pour un ministre d'ajouter des phrases aux phrases». Inspiré par Audiard dans les Tontons flingueurs «c'est curieux, chez les marins ce besoin de faire des phrases»?
Drôles de visions, jeudi 15 mai. Le maillon faible à la sauce européenne. Eurovision(s) . Tiens ils repassent l'Eurovisions? Jeudi drôle d'impression, on tombe sur la bande annonce de l'Eurovisions, quelques jours après la
victoire, à Copenhague, de Conchita Wurst, la femme barbue du concours. On s'attend à revoir ce travesti autrichien en robe de vamp mais non, là c'est du sérieux. Eurovision(s), tel est le nom donné au premier débat jamais organisé entre les candidats à la présidence de la Commission européenne. Un évènement tellement historique et peu prometteur en termes d'audience qu'il est diffusé sur LCP, LCI et Itélé. On s'attend à bailler aux corneilles, mais on est plutôt heureusement surpris. La mise en scène a été soignée. On dirait un jeu télé, du genre «Le maillon faible». Il ne manque plus que Laurence Boccolini. Les organisateurs ont préféré faire appel à la journaliste vedette de la RAI, l'italienne Monica Maggioni qui mène les débats en anglais (avec une traduction simultanée). Les candidats: le luxembourgeois Jean-Claude Juncker (parti populaire européen), gai comme un plat de lentilles, l'Allemand Martin Schulz pour le Parti socialiste européen, le Belge Guy Verhostadt ( pour les centristes et les libéraux européens) , l'Allemande Franziska Keller pour les écologistes (Verts /ALE) et le grec Alexis Tsipras pour la gauche de la gauche (GUE). Ils sont tous équipés d'un casque fin dont le petit micro, visible sur leur joue, les fait ressembler à des chanteurs de la Star Ac. Ils ont droit à des jokers et ont aussi comme consigne de ne pas dépasser pour chacune de leur intervention les 60 secondes. Ce sont les deux plus jeunes de l'équipe la jeune et jolie écolo, en veste verte avec un tournesol au revers, et le candidat «beau gosse» de la gauche, qui sont indéniablement les plus télégéniques. La première veut lutter contre la spéculation et le second répète comme un gimmick qu'il faut stopper l'austérité. «Trouver une solution analogue à celle trouvée vis-à-vis de l'Allemagne en 1953 dont une grosse partie de la dette avait été annulée». Verhostadt est assez cash et ose même rendre hommage à Delors «un socialiste intelligent, ils ne le sont pas tous mais lui l'était». Difficile cependant de tenir sans somnoler, je zappe.
Et Philippe Villin évoque sa sexualité. Sur France 2 il y a aussi une soirée spéciale européennes. Parmi les invités: le banquier Philippe Villin, qui , en marge d'une démonstration brillante - que l'on adhère ou pas à ses thèses anti-euro - sur l'influence de la démographie allemande sur son économie, se croit obligé d'ajouter, «moi je n'ai pas d'enfants, je suis homosexuel». Etrange. Ce n'est pas franchement le sujet.
Vendredi 16 mai. Christine Boutin-Alain Delon, drôle de couple. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle sait faire parler d'elle, Christine Boutin. En début de semaine elle réagit au quart de tour à la victoire de Conchita Wurst, la femme barbue, à l'Eurovision . Tandis que «le Monde» célèbre à la une «le triomphe de la différence», la présidente de Force Vie, elle, twitte son malaise face à cette «image d'une société en perte de repères niant la réalité de la nature humaine». Et voici, qu'en cette fin de semaine elle fait un teasing en diffusant une photo d'elle à côté d'Alain Delon avec cette légende: «mais que fait Alain aux côtés de Christine»? L'acteur a enregistré un message de soutien à l'ancienne ministre, égérie des anti-PACS, qui sera diffusé au meeting parisien de Force Vie.
«Le petit a raison» . L'année dernière, à la même époque, Alain Delon montait les marches, à Cannes, à
l'occasion de la restauration du film de René Clément, Plein Soleil et de l'hommage qui lui était rendu en marge de cet évènement. Lors d'un dîner organisé après par Thierry Frémaux, le délégué général du festival de Cannes, il nous avait raconté les coulisses de ce film magique et comment il avait réussi - grâce à Bella, la femme du réalisateur, qui, à l'autre bout de la pièce avait lancé, en rouant les r, «le petit a raison» - de jouer le rôle de monsieur Ripley qui devait initialement être donné à Maurice Ronet. Ce jour-là René Clément avait créé Delon. Et c'est vrai, que l'on préfère garder cette image là de lui.

La popularité de François Hollande reste extrêmement basse


Le taux de satisfaction de François Hollande persiste à 18 %, tandis que celle de Manuel Valls s'affiche à 56 %, selon le baromètre mensuel Ifop publié dansLe Journal du Dimanche du 18 mai.

Le chef de l'Etat suscite la même satisfaction (18 %) que le mois précédent, et aussi le même mécontentement (82%) : des taux qui en font le président le plus impopulaire de la Vème République. Son nouveau premier ministre voit le taux de satisfaits fléchirlégèrement : 58 % le mois dernier, alors qu'il venait d'être nommé à Matignon, et 56 % en mai.

    Les routes meurtrières de l'immigration vers l'Europe


    Italie, Grèce, Bulgarie, Espagne sont les principales portes d'entrée dans l'Union européenne des migrants qui payent parfois de leur vie leurs rêves d'un avenir meilleur.
    - Italie -
    Depuis début 2014, plus de 36.000 migrants (Erythréens, Somaliens, Syriens en majorité) ont franchi la frontière, contre 42.925 pour toute l'année 2013 et 63.000 en 2011 au plus fort des printemps arabes.
    Le principal point d'entrée est la Sicile et notamment l'île de Lampedusa, la plus proche des côtes nord-africaines.
    Naufrages récents: 17 morts, un peu plus de 200 rescapés lundi 12 mai au large des côtes libyennes. En octobre 2013, deux énormes naufrages près de Lampedusa avaient fait un total de plus de 400 morts.
    - Grèce -
    Depuis le renforcement des contrôles, le long de la frontière terrestre avec la Turquie, au niveau du fleuve Evros, les clandestins privilégient la voie maritime Turquie-îles grecques de la mer Egée (Lesbos, Samos, Kos, Chios notamment).
    Selon le ministre de la Marine, le flux est d'environ 1.000 passages par mois (contre 3.000 sur toute l'année 2012 et 10.000 sur 2013).
    Globalement, les arrivées de migrants sont en baisse: 43.000 arrestations en 2013 dans toute la Grèce contre 76.878 en 2012 et 146.337 en 2008.
    Contrairement à l'Italie, les migrants sont acheminés sur de petites embarcations d'une dizaine à cinquante personnes, car la Turquie est à quelques kilomètres.
    Les naufrages sont fréquents: 41 morts et 12 disparus (dont 22 morts et 7 disparus le 5 mai).
    - Bulgarie -
    Avec 11.618 arrestations en 2013, les passages à la frontière avec la Turquie ont été multipliés par plus de 10 comparé aux années précédentes, avec une majorité de Syriens et d'Afghans franchissant à pied de dangereuses zones de montagne.
    La construction d'un mur sécurisé de 30 km de long a débuté en novembre et les effectifs policiers ont été renforcés aboutissant, selon le gouvernement, à ramener le nombre de passages à 160-170 par jour contre plusieurs centaines auparavant.
    - Espagne -
    Quelque 7.472 migrants sont entrés en Espagne en 2013. Le nombre de clandestins parvenus à entrer dans les enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et Melilla a augmenté de près de 50%. Une poussée qui contraste avec la réduction de 15% des arrivées par les côtes (Canaries, Baléares, détroit de Gibraltar)
    Les arrivées par les côtes avaient atteint 39.180 en 2006.
    Le gouvernement attribue cette évolution au travail de la police, en collaboration avec les pays d'origine des migrants et ceux par lesquels ils transitent, ainsi qu'aux nouveaux moyens techniques de contrôle des frontières.
    Des centaines de migrants ont à plusieurs reprises lancé des assauts contre les barrières grillagées séparant le Maroc de Ceuta et Melilla. L'une de ces tentatives, le 6 février, a entraîné la mort de 15 personnes d'origine subsaharienne qui ont tenté de contourner la frontière à la nage.
    - Roumanie -
    1.517 migrants illégaux ont été interpellés aux frontières en 2013, en baisse de 70% par rapport à 2012. Environ 40% d'entre eux tentaient d'entrer illégalement en Roumanie et 60% d'en sortir.

    samedi 17 mai 2014

    C'EST QUOI L'EUROPE ? BEN C'EST ÇA....


    POURQUOI… l’Europe s’appelle-t-elle Europe ?


    N'en déplaise aux contempteurs de cette Grèce trop dépensière par qui la  de l' est arrivée : l'UE a une... dette envers ce pays puisqu'elle lui doit son nom ! Avant d'être une construction politique, l'Europe a en effet été un mythe. Un beau mythe, avec tout ce qu'il faut d'amour et de glamour pour juger la bureaucratie bruxelloise d'un oeil bienveillant.

    Europe, avant de désigner le Vieux Continent, a d'abord eu les traits d'une jeune princesse phénicienne. La beauté de la fille du roi de Tyr (actuel Liban) ne pouvait échapper aux appétits de Zeus, séducteur devant l'Eternel. Du haut de son Olympe, le patron des dieux grecs eut un véritable coup de foudre et décida de la conquérir en usant de la ruse, comme à son habitude. Pour échapper à la jalousie de son irascible épouse, il se métamorphosa en un magnifique taureau blanc, s'approcha d'Europe en lui faisant les yeux doux et se laissa caresser par la belle. Comme ensorcelée, elle finit par lui grimper sur le dos. L'animal emmena alors sa conquête à la nage en Crète, avant de reprendre forme humaine et de lui faire trois enfants.

    Larges yeux


    Symboliquement, l'Union européenne peut au moins retenir un enseignement de l'histoire en incitant, face aux nombreux obstacles qui entravent sa bonne , ses pays membres à prendre le taureau par les cornes plutôt que de continuer à lambiner. L'étymologie même du terme Europe peut lui donner du souffle : il provient d'« eurys » (« large ») et d'« ops » (« yeux »). Bref, une vaste terre (que les Grecs ont longtemps située au nord de leur péninsule) où la vue porte loin... « Europe, c'était la fille aux grands yeux. Dès l'origine, c'est le continent qui voit en grand, ouvert au monde, à l'universalisme, aux découvertes majeures... », décrypte le philosophe Luc Ferry, qui a consacré plusieurs livres à la mythologie. Pour Ferry, revenir aux origines mythologiques du terme Europe est l'occasion de lui adresser un vibrant plaidoyer, comme il le fait dans son dernier ouvrage*. « Depuis quarante ans, quoi qu'on en dise, ses valeurs triomphent dans le monde. L'Europe, c'est la paix, la liberté d'expression absolue, la protection sociale et le seul moyen de faire front dans le contexte de la mondialisation, défend l'essayiste. Je suis effaré par les arguments de ceux qui la remettent en cause, car cela reste le projet le plus grandiose qui soit. Et ses défauts paraissent bien secondaires en regard de l'enjeu de civilisation que porte l'UE. »

    Certes, il existe une autre version de l'étymologie, moins sympathique - sémitique cette fois - du nom Europe. Qui viendrait, selon certains linguistes, d'« ereb », « coucher de soleil »... l'Occident, quand on se situe du côté du Moyen-Orient. De quoi donner raison aux mauvais augures qui dépeignent notre vieille Europe, déclinante comme le jour. Le mythe de notre belle princesse, lui, au moins, est éternel...

    Montaigne, esprit sans loi


    Il n’y a pas que la bonne chère ni la fête dans la vie. On peut aussi trouver de la joie à penser, simplement penser. Et à penser simplement un objet complexe. Il faut beaucoup de talent pour rendre d’accès facile une pensée difficile. C’est la marque d’un vrai respect à l’égard des lecteurs. Ainsi en va-t-il du Montaigne, la vie sans loi, de Pierre Manent : on ressort content de sa lecture, ébloui, repu. Voilà un livre de philosophie qui se présente avec la même franchise que les Essais, à visage découvert, ennemi des postures où le creux se dissimule sous l’alambiqué.

    Récemment, on a écrit beaucoup sur l’homme à la tour, depuis Un été avec Montaigne, d’Antoine Compagnon (Ed. des Equateurs, 2013.), à Comment vivre, une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponse, de Sarah Bakewell (Albin Michel, 2013.), en passant par une myriade d’articles commis, sous le sceau de l’érudition, par des spécialistes. L’ouvrage de Pierre Manent tranche avec ces efforts : il vise moins à traiter tel ou tel aspect des Essais qu’à démontrer en quoi Montaigne a inauguré la modernité politique. Ce n’est pas vraiment étonnant de la part de Manent, fidèle disciple de Raymond Aron. La manière mérite donc d’être soulignée dès l’abord : simplicité, clarté, rigueur, rien de scolaire, nul pédantisme. En quoi Pierre Manent suit la leçon de Montaigne, pour qui « la difficulté est une monnaie que les savants emploient comme les joueurs de passe-passe pour ne découvrir l’inanité de leur art ». Cette netteté du trait participe grandement à la volupté de la pensée en marche. Car c’est de cela qu’il s’agit : arpenter des problèmes de fond en compagnie des lecteurs, réfléchir à haute voix avec la volonté constante de se faire bien comprendre. Il y a de l’hospitalité, de la courtoisie dans cette démarche. Et même du sourire, quand Manent s’amuse des petites ruses de Montaigne pour faire passer la pilule de ses convictions iconoclastes sous une orthodoxie de façade.

    Trois questions sur "Welcome to New York", le film sur l'affaire DSK d'Abel Ferrara

    Le film d'Abel Ferrara, qui met en scène la chute de Dominique Strauss-Kahn, ne sera finalement pas montré en compétition officielle au festival de Cannes, mais dans un cinéma cannois, samedi 17 mai. 
    Il n'y aura pas de montée des marches pour Gérard Depardieu. L'acteur incarne un certain Devereaux, alias Dominique Strauss-Kahn, dans le film d'Abel FerraraWelcome to New York. Le film, qui s'inspire de la chute de DSK, ne sera pas projeté en compétition officielle à Cannes mais en marge du festival dans un cinéma cannois samedi 17 mai.
    Francetv info vous dit ce qu'il faut savoir sur ce film.

    Qu'en pensent les critiques ?

    Même si la première mondiale est prévue pour samedi, certaines personnes ont déjà vu le film. Le magazine professionnel le Film Français rapporte ainsi les critiques de réalisateurs séduits par le film. "Bisset [qui incarne Anne Sinclair] est à tomber. Ferrara au top. Depardieu explose tout", confie l'Argentin Gaspard Noé. L'Italien Paolo Sorrentino qualifie le long-métrage de "brillant". Quant à Milos Forman, il estime que c'est "le meilleur film" de Ferrara.
    Le magazine américain Variety (en anglais) s'extasie également devant"l'incroyable performance de Gérard Depardieu". Le Monde est plus nuancé : "Si Welcome to New York passionne, c'est qu'il est aussi mal dégrossi et suicidaire que son personnage, alternant des moments magnifiques et d'autres assez patauds, au risque de se saborder lui-même". Le Nouvel Observateur est encore moins convaincu et n'hésite pas à parler de "navet".

    Où est-ce que je peux voir le film ?

    Le film ne sera distribué dans aucune salle de cinéma. Ses producteurs français Vincent Maraval et Brahim Chioua, cofondateurs de la société de production et de distribution Wild Bunch, ont fait le choix de le proposer uniquement en VOD payante sur Internet.
    Concrètement, moyennant 7 euros, le film sera disponible à partir du 17 mai sur le service VOD de votre box internet, sur des sites comme iTunes, Orange, Canal Play, Video Futur, Filmo TV ou encore Google Play.

    Quelle est la réaction de DSK et Anne Sinclair ?

    Même si le personnage principal se cache derrière le nom de Devereaux, difficile pour Dominique Strauss-Kahn de ne pas s'y reconnaître. Pourtant, l'ancien patron du Fonds monétaire international ne s'est pas exprimé sur le film. Son ex-femme, Anne Sinclair, n'a pas non plus réagi.
    Le producteur du film, Vincent Maraval, s'en est chargé à leur place, déclarant auJournal du Dimanche lors de la promotion du film qu'un ami du couple lui avait lancé : "sache une chose, Anne Sinclair dépensera toute sa fortune à détruire ta vie". Il a même laissé entendre que le couple avait fait pression pour empêcher la diffusion du film.
    Le silence des deux "personnages" du film pourrait cependant être de courte durée. Comme le raconte Le Monde, les avocats fourbissent leurs armes en attendant de voir le film. Une fois en ligne, il sera "disséqué à la loupe, le code pénal dans une main, la loi de 1881 [sur la liberté de la presse] dans l'autre".

    Comment Ford voit le marché européen

    Voici ce que révèle l’étude « Ford Car Buying Trends 2014 » sur les habitudes d’achats automobiles : le blanc est devenu la couleur favorite des acheteurs de Ford, l’essence reste le carburant de prédilection en Turquie, en Italie, au Portugal et en France. Les pays du nord aiment les toits ouvrants et 8 Européens sur 10 optent pour une boîte manuelle. La proportion atteint 94 % en France.
    L’influence du climat
    Les automobilistes de Norvège, pays plus connu pour la rigueur de ses hivers que pour son ensoleillement, sont ainsi les plus nombreux à opter pour un modèle Ford neuf équipé d’un toit ouvrant (15 %), juste devant les Français (11 %) et les Allemands (10 %). À l’inverse, les automobilistes des pays les plus chauds sont peu attirés par les toits ouvrants : Espagne (5 %), Italie (3 %) et Grèce (2 %). Les conducteurs norvégiens optent à 80 % pour une climatisation automatique, devant les belges (77 %) et les néerlandais (71 %). À l’inverse, la climatisation manuelle est majoritaire dans les pays du sud, notamment en Turquie (96 %) et en Espagne (92 %).
    Deux pays se distinguent par leur taux d’équipement en crochet d’attelage : la Norvège (43 %) et la France (30 %), alors que l’Allemagne arrive en troisième position à 13 % et que la moyenne européenne ne dépasse pas 4 %.
    Par ailleurs, les pays où l’allume-cigare est le plus demandé sont la Grèce (73 %), l’Espagne (53 %) et la Roumanie (35 %), contre 13 % en France.
    Couleurs et formes
    En Europe, les teintes de carrosserie les plus courantes sont le blanc (23 %), le noir (20 %) et le gris (17 %). L’une de ces trois couleurs constitue le premier choix dans tous les pays, à l’exception de l’Irlande, de la Pologne et de la Roumanie, où l’argent – quatrième coloris le plus populaire en Europe (14 %) – arrive en tête. Les automobilistes turcs sont de loin les plus grands adeptes du blanc, à 55 %. Les Britanniques, quant à eux, se distinguent avec le rouge, qui représente 15 % des ventes.
    Essence ou diesel ?
    Plus de 99 % des clients Ford ont choisi un véhicule neuf animé par un moteur diesel ou essence ; ils étaient ainsi moins de 1 % à choisir un modèle animé par un carburant alternatif.
    L’essence reste le carburant de prédilection de 58 % des conducteurs européens et prédomine en Russie plus que partout ailleurs, à 97 %. Suivent la République tchèque (80 %), la Finlande (76 %) et la Suisse (72 %).
    Le gazole est majoritaire en Turquie (64 %), en Italie (63 %), au Portugal (61 %), en France (59 %), en Irlande (58 %), en Roumanie (57 %), en Hongrie (54 %) et en Belgique (53 %).
    Tous les pays européens préfèrent les boîtes manuelles aux boîtes automatiques, à 85 % globalement. Ce pourcentage atteint 96 % aux Pays-Bas et en Irlande, 95 % en Grèce et en Pologne, 94 % en en Espagne, en Italie et en France. Même en Russie, le marché européen où les transmissions automatiques sont les plus populaires, les boîtes manuelles restent majoritaires à 52 %.

    vendredi 16 mai 2014

    Vienne trouve un usage à la maison d'Hitler


    La maison de naissance d'Hitler, dans la ville autrichienne de Braunau am Inn, préoccupe les autorités et le public, écrit vendredi le quotidien Izvestia.

    Il a été annoncé le 15 mai qu'un centre d'intégration pour les immigrants Volkshilfe (Secours populaire) pourrait être installé dans ce bâtiment. Les nouveaux arrivants pourront y suivre des cours de langue et diverses activités permettant de trouver un emploi. Les autorités autrichiennes sont actuellement en négociations avec la propriétaire et la transaction pourrait être conclue prochainement. Les autorités veulent mettre fin à la polémique qui entoure le sort du bâtiment.

    Tout a commencé en 2012 après la mise en vente de cet immeuble de 3 étages par sa propriétaire Gerlinde Pommer pour 2,2 millions d'euros. Depuis 1972 le bâtiment est loué par le ministère autrichien de l'Intérieur, qui verse tous les mois 4 700 euros à la propriétaire. L'organisation Volkshilfe louera quant à elle l'immeuble au ministère, et pas directement à Gerlinde Pommer.
    Le ministère de l'Intérieur n'a pas choisi ce bâtiment par hasard. Selon le porte-parole du ministère Karl-Heinz Grundböck, le but était d'empêcher les néonazis de l'utiliser comme un lieu de culte. En effet les policiers louent uniquement le bâtiment mais aucun service du ministère n'y est installé.
    En apprenant la décision de Mme Pommer de vendre la maison, le député social-démocrate Harry Buchmeier a créé un groupe de travail pour déterminer le sort de l'immeuble.
    Jusqu'en septembre 2011, les locaux étaient occupés par une organisation caritative au service des enfants souffrant de troubles mentaux et physiques.
    Le principal problème des négociations actuelles est de savoir si un centre pour immigrants sera installé dans le bâtiment – dans ce cas il serait nécessaire de procéder au réaménagement des locaux. Gerlinde Pommer ne se réjouit pas vraiment à cette idée mais, consciente qu'on ne laissera pas son immeuble en paix et qu'on l'empêchera de le vendre au premier venu craignant l'apparition de néonazis, elle devra très probablement accepter la proposition du gouvernement.

    Moscou pourrait commander deux Mistrals supplémentaires à la France


    « La planification d'un grand programme de développement de la flotte de la mer Noire est en cours. Nous attendons prochainement l'arrivée à Sébastopol de six nouvelles frégates du projet 11356 et de six sous-marins. Un Mistral est également attendu », a déclaré aux journalistes l'amiral Alexandre Vitko, selon le quotidien Rossiiskaia Gazeta du 16 mai.

    Les essais du premier Mistral russe Vladivostok, mis à flot le 15 octobre 2013, sont en cours. Sa quatrième sortie en mer a commencé lundi. Son retour à Saint-Nazaire, où sont construits les navires, est attendu pour vendredi. Pendant ce temps, la construction du pont avant du Mistral Sébastopol se poursuit sur le chantier naval STX France. Sa partie arrière a été mise à l'eau le 30 avril à l'usine de Baltiisk. Le remorquage de cette section à Saint-Nazaire devrait commencer le 16 juin.
    Les équipages russes du Vladivostok et du Sébastopol devraient arriver pour une formation en France en juin, soit 400 officiers et sous-officiers de marine minutieusement sélectionnés.
    La Russie a signé le contrat pour l'acquisition des Mistrals le 17 juillet 2011 à Saint-Pétersbourg, dans le cadre du Forum économique international. La France s'est engagée à construire deux bâtiments pour la marine russe avec une option pour deux navires supplémentaires.
    Les experts militaires et les officiers supérieurs de la marine russes ont été nombreux à contester ce contrat. Une polémique publique a éclaté pour savoir si la Russie avait besoin ou non des Mistrals, puisque ses vastes étendues maritimes sont principalement situées dans les latitudes nord. Malgré son nom, le Mistral est en effet prévu pour naviguer dans les eaux tropicales.
    Les Français ont entendu ces préoccupations et promis d'adapter les porte-hélicoptères aux conditions spécifiques de la Russie.
    Ces derniers temps certains doutaient même de la réalisation du contrat sur les deux Mistrals commandés par la Russie. Les Etats-Unis font en effet pression sur leurs alliés, les poussant à réduire la coopération avec la Russie au minimum.
    Konstantin Makienko, directeur adjoint du Centre d'analyse stratégique et technologique, pense que seul un cas de force majeure extraordinaire pourrait empêcher la réalisation du contrat mais certainement pas la pression des Américains.
    Selon l'expert, l'intérêt de la France est très clair. En cas de rupture du contrat les Français perdraient non seulement une commande pour 1,2 milliard d'euros mais seront aussi contraints de payer des pénalités conséquentes - sans parler du préjudice en termes de réputation.
    Konstantin Makienko souligne qu'après de longs débats il s'est avéré que l'acquisition de Mistrals répondait tout de même aux besoins de construction d'une marine équilibrée pour la Russie. Et il est probable que la Russie commande finalement deux bâtiments supplémentaires, ce qui contribuerait à la réhabilitation du statut russe de la Crimée.
    Les deux premiers porte-hélicoptères devraient intégrer la flotte du Pacifique, comme prévu. Les deux autres pourraient très bien s'inscrire dans la flotte de la mer Noire, qui sera logiquement élargie considérablement. Les Mistrals de la flotte de la mer Noire répondront parfaitement aux intérêts de la marine en Méditerranée et dans l'océan Atlantique.
    Toutefois, des correctifs restent envisageables. Et le deuxième Mistral Sébastopol pourrait déjà rejoindre la flotte de la mer Noire.

    Emploi : 23.600 postes détruits au 1er trimestre, l'intérim dégringole


    Après une timide éclaircie en fin d'année dernière, la situation s'est de nouveau dégradée sur le front de l'emploi marchand au 1er trimestre : 23.600 postes ont disparu (-0,1%), en premier lieu dans l'intérim, réputé précurseur des évolutions du marché du travail.
    Selon les premières estimations publiées vendredi par l'Insee, aucun secteur d'activité n'a échappé à ce repli: -0,3% dans l'industrie, -0,4% dans la construction et -0,1% dans le tertiaire, où sont comptabilisés tous les emplois en intérim qui ont particulièrement souffert en ce début d'année.
    Le secteur du travail temporaire enregistre à lui seul une dégringolade de 24.900 emplois (-4,6%). Après une embellie à la fin de l'année dernière, il retrouve son niveau de début 2013.
    L'emploi dans le secteur marchand ( AFP / I.De Véricourt/ A.Bommenel)
    L'emploi dans le secteur marchand ( AFP / I.De Véricourt/ A.Bommenel)


     Le point préoccupant, c'est que les signaux plutôt bons du 4e trimestre, avec une bonne dynamique de l'intérim et des investissements dans les entreprises, ont fait long feu", dit Philippe Waechter, économiste en chef chez Natixis.
    L'Insee a annoncé jeudi que la croissance a été nulle au 1er trimestre, une première estimation inférieure aux prévisions, puisque l'Institut de la statistique, comme la plupart des économistes, attendait +0,1%.
    "Ce retournement sur les anticipations montre que la situation reste difficile et traduit des perspectives qui ne sont pas bonnes. Sur l'emploi, ça va être difficile d'avoir une inversion durable cette année dans le secteur marchand", selon Philippe Waechter.
    En un an, 57.200 postes au total ont été rayés de la carte (-0,4%) dans le secteur marchand, malgré une légère reprise des créations d'emploi à la fin de l'année dernière.
    Pour la première fois depuis début 2012, l'économie française s'était remise - modestement - à créer des emplois au 4e trimestre 2013, essentiellement grâce à une hausse de l'intérim: 15.100 créations nettes d'emplois avaient été enregistrées.
    - Pas de baisse du chômage attendue avant 2015 -
    Dans ses dernières prévisions, publiées en mars, l'Insee tablait sur une "légère progression" de l'emploi marchand au 1er semestre 2014. "Encore pénalisé par la faiblesse de l'activité passée, mais soutenu par les effets du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi", l'emploi marchand "retrouverait son niveau de mi-2005", prévoyait l'Institut.
    On compte en France près de 16 millions d'emplois salariés dans le secteur marchand. Chaque année, plus de 100.000 nouveaux actifs arrivent sur le marché de l'emploi. Ce sont donc plus de 100.000 créations d'emploi qui sont nécessaires pour stabiliser le chômage, que ce soit dans le secteur marchand ou dans le non marchand, où se concentrent les emplois aidés financés par l'Etat.

    Sur le front de la croissance, indispensable aux créations d'emploi dans le privé, le gouvernement continue de tabler sur un rythme de 1% en 2014. Or la plupart des économistes estiment que seule une croissance annuelle supérieure à 1,5% par an peut faire baisser durablement le chômage.
    François Rebsamen, qui compte sur le pacte de responsabilité, en plus de son arsenal d'emplois aidés, s'est fixé mardi l'objectif de passer sous la barre des trois millions de demandeurs d'emploi sans activité "vers la fin de ce quinquennat", contre 3,349 millions actuellement en métropole.
    L'engagement de François Hollande d'inverser la courbe du chômage fin 2013 n'a pas été tenu selon les chiffres de Pôle emploi, mais l'a été selon ceux de l'Insee. Le taux de chômage mesuré par l'Institut, selon les normes du Bureau international du Travail (BIT), a baissé de 0,1 point au 4e trimestre 2013 (9,8% en métropole) après une stabilisation lors des trois premiers trimestres.
    La Commission européenne n'anticipe pas de baisse du chômage en France avant 2015, que l'OCDE repousse à l'horizon de fin 2015.

    Pourquoi Montebourg doit devenir Ministre de la Justice


    Depuis l'annonce hier du décret sur le contrôle de l’État sur les investissements étrangers, on lit et on entend des débats passionnés. Mais je pense qu'on se trompe de sujet. Je ne sais pas si c'est une bonne idée que l’État contrôle les sociétés supposées sensibles pour le pays mais ce que je sais, c'est que quand on a raté tout ce qu'on a fait depuis qu'on est en poste, il faut partir.
    FAUT IL CONTRÔLER LES INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS?
    Peut être. Je ne sais pas. D'autres pays le font. Mais on ne pond pas un décret dans la précipitation juste parce qu'un ministre a été cocufié par Bouygues et par Alstom... Montebourg a un track record désastreux depuis qu'il est en poste. Au "redressement" productif et maintenant à l'économie. Il est temps qu'il soit sanctionné. Ce qui en politique signifie être promu. Donnez lui la Justice et qu'on en finisse.

    LES ABERRATIONS DES MARCHES FINANCIERS
    A force d'avoir le nez collé tous les jours sur les marchés financiers, on finit par ne plus voir toutes les aberrations qui s'accumulent. Certes, le marché a toujours raison...mais avait il raison en 2000 ou en 2007? Des taux sans dessus dessous, des indices boursiers totalement déconnectés des taux et des monnaies totalement déconnectées de tout. On marche sur la tête depuis des mois...

    MOUVEMENTS VIOLENTS SUR LES MARCHéS
    depuis hier. C'est la croissance européenne qui a provoqué une baisse des indices et un retour aux valeurs refuges. Mais ce qui est surtout étonnant ce sont les signaux totalement contradictoires que nous envoient tous les marchés. Principalement les marchés d'actions et de taux d'intérêt. On a des marchés d’actions qui sont très proches de leurs niveaux les plus hauts de l’année, voire de leurs records absolus. Ça c’est normalement le signe que l’économie va mieux et qu’elle va aller encore mieux. Et de l’autre des taux d’intérêt qui sont à des niveaux historiquement bas et ça c’est le signe plutôt d’une inquiétude pour l’avenir, d’une crainte de ralentissement, de récession et de déflation. 

    LA RAISON?
    Là encore, on s’y est habitués mais les banques centrales ont faussé le jeu des marchés. C’est elles qui provoquent ces aberrations de marchés en inondant encore et toujours les marchés de liquidités avec des taux à zéro ou presque. Ce qui fait à la fois baisser les taux et monter les indices. Mais à un moment, on doit avoir un retour à la normale. Soit l’économie est durablement molle et dans ce cas, les indices sont trop hauts, soit l’économie est repartie et dans ce cas les taux sont trop bas. L'avenir nous le dira.

    LA TERRIBLE CROISSANCE DE LA ZONE EURO
    La France avec sa croissance nulle et certains pays comme le Portugal et l'Italie avec leurs croissances négatives ont plombé la croissance de la zone euro à 0.2% au lieu des 0.4% prévus. La situation est alarmante. La banque centrale Européenne va sûrement agir le 5 Juin mais tout ne peut pas reposer sur une banque centrale...

    ET PENDANT CE TEMPS
    la croissance Allemande était de 0.8%... Mais elle va finir par décrocher, entraînée par le reste de la zone euro et par la situation en Russie...

    NE RATEZ PAS CE SOIR
    C'est votre argent sur BFM Business à 19h15, 23h30 et en podcast. On va rejouer cette folle semaine, vous dire ce qu'il faut acheter ou vendre. Le patron de la semaine c'est le patron de Blablacar. Et le thème de la semaine: Comment choisir une action à acheter ou à vendre?

    LE GRAND JEU DES TÉLÉCOMS
    continue...Info ou intox... Orange serait en train de négocier le rachat de Bouygues Telecom avec l'entrée de Bouygues au capital d'Orange... Un moyen pour Bouygues de mettre la pression sur Free pour ensuite négocier avec lui ? Si Orange rachète vraiment BT, que va faire Free ? Se vendre à un étranger...Impossible, c'est une société stratégique depuis le nouveau décret...

    ET NUMERICABLE
    veut acheter Virgin Mobile. Il a annoncé ce matin être en négociation...

    LA FÊTE CONTINUE

    JE ME SUIS TROMPÉ DE MÉTIER
    J'aurais du monter une société de communication et travailler pour l'UMP. Des conventions facturées à plusieurs millions, des parapluies à prix d'or et des conférences avec des intervenants prestigieux mais qui n'étaient pas là. C'est un super job qui aurait pu me rapporter 25 millions d'euros pour quelques évènements.

    LA RÉACTION QU'ON ATTENDAIT TOUS
    Michou sur Conchita Wurst: "J'ai détesté son système pileux. Un travesti, ce n'est quand même pas ça".

    VOILA C'EST TOUT
    BONNE JOURNEE 
    MAY THE FORCE BE WITH YOU

    Les petites économies de Manuel Valls


    Ça suffit ! Trop d’impôt, selon la vieille formule, tue l’impôt et tue surtout la compétitivité de notre pays. Dimanche dernier, le culot n’a pas étouffé Manuel Valls alors qu’il était interrogé sur TF1 par Claire Chazal au journal de 20 heures. Il est vrai qu’un peu d’empathie (feinte) ne coûte pas grand-chose, surtout au moment où les Français vont se lancer dans le fastidieux exercice de la déclaration des revenus. Claire Chazal n’aurait-elle d’ailleurs pas dû en profiter pour rappeler à Manuel Valls qu’il a participé au gouvernement Ayrault sous lequel les hausses d’impôts et les prélèvements obligatoires — ils ont rarement été aussi importants — ont rendu imposables quelque 650 000 ménages ?
    Pour faire passer une pilule fiscale qui devient de plus en plus dure à avaler, le premier ministre a multiplié les annonces : « Nous souhaitons baisser déjà les impôts […] pour le budget 2015, nous devons travailler avec les parlementaires sur une baisse significative de l’impôt et notamment de l’impôt sur le revenu. » Comment ? Combien ? Le locataire de Matignon est resté silencieux.
    Peut-être est-ce la contrepartie des efforts d’économies qu’il demande à son gouvernement. Manuel Valls, qui a envoyé des lettres de cadrage aux ministères concernés, a en effet décidé que les dépenses de fonctionnement de l’État (hors engagements de retraite) devront diminuer de 15 % d’ici trois ans.
    Annoncer que l’on réduit les dépenses de l’État, c’est médiatiquement vendeur ; mais la réalité est tout autre : ce que demande Manuel Valls, ce ne sont que des économies de bouts de chandelles. Les dépenses de fonctionnement de l’État — telles qu’elles étaient présentées avant la mise en place de la loi organique relative aux lois de finances (Lolf) — ne représentent que 12 % de ses dépenses totales. Tant que le gouvernement ne s’attaquera pas aux 88 % restants, la France sera, comme le souligne le Süddeutsche Zeitung, le « nouvel homme malade de l’Union européenne », et, si aucune réforme de structure n’est entreprise, elle sera responsable de la disparition de l’euro. “Tarder, en fait de labourage, est la ruine du ménage”, dit justement un proverbe français.

    Au risque du déclassement


    La France ne fait plus le poids en Europe. Paris va-t-il encore réduire ses crédits militaires et déséquilibrer un peu plus sa relation avec Berlin ?
    Hollande, combien de divisions ? C’est le problème français : le poids que la France pèse en Europe. Ou plutôt, qu’elle ne pèse plus. Mario Monti, l’ancien président du Conseil italien, est venu le dire, le 5 mai, sous la Coupole (où il était accueilli par l’Académie des sciences morales et politiques) : « Si l’Europe va mal, c’est sans doute en partie parce que la France ne tient plus son rôle. » Et même, il insistait : « L’enjeu est que la France redevienne la France. » C’est un Italien qui nous le disait !
    Ce propos renvoyait à un échange d’il y a quarante ans. Valéry Giscard d’Estaing venait d’être élu à l’Élysée en même temps que Helmut Schmidt à la chancellerie fédérale. À l’époque, c’est l’Allemand qui venait à Paris. Le 31 mai 1974, Schmidt rendit donc visite à Giscard et lui dit ceci : « Vous avez toutes les chances d’être la première puissance en Europe. Vous devriez l’être. Vous ne l’êtes pas. Vous ne faites pas ce qu’il faut. » Giscard a rapporté l’interpellation dans ses souvenirs pour marquer qu’il avait compris le message et s’était efforcé de corriger cette faiblesse : en mettant, par exemple, en chantier le plus gros programme de centrales électronucléaires d’Europe et en redressant des crédits militaires qui n’avaient cessé de décliner.
    La règle demeure : il n’y a d’équilibre en Europe que si la France peut afficher une influence égale à celle de l’Allemagne. Puisque le poids économique de celle-ci est évidemment supérieur au nôtre, alors ce déséquilibre doit être compensé en termes politiques et stratégiques, ou bien l’Europe n’est qu’un faux-semblant. Un faux-semblant qui peut se révéler dangereux quand cette Europe fait croire qu’elle a les moyens politiques, financiers, militaires même, de ses ambitions de puissance qu’en réalité elle n’a pas. C’est comme cela qu’elle a entraîné l’Ukraine dans le chaos. La partie occidentale du pays s’est enflammée en comptant sur la capacité dissuasive des Européens à l’égard des Russes qu’ils n’avaient nullement, mais ce mouvement a suffi à provoquer la partie russe avec les conséquences que l’on sait. L’ancien chancelier fédéral Gerhard Schröder souligne l’erreur de jugement initiale des Européens : « S’ils voulaient un traité d’association avec les Ukrainiens, alors ils auraient dû le faire en même temps avec les Russes. » On sait comment cela se termine : par l’impuissance européenne et la visite d’Angela Merkel à Washington pour y fixer le cap avec Barack Obama.
    Pour autant, l’Allemagne sent bien qu’elle doit faire bonne figure sur le continent. La chancelière a donc invité François Hollande à passer vingt-quatre heures dans sa circonscription de la Baltique, avec croisière, dîner, petit déjeuner et déjeuner. Échange de gentillesses. Lequel ne peut masquer le redoutable écart qui existe entre la force de l’une et la fragilité de l’autre. La chancelière s’appuie sur la popularité (supérieure à 70 %) que lui confère sa réélection pour un troisième mandat, sur une majorité parlementaire écrasante (grande coalition) et sur 199 milliards d’euros d’excédents commerciaux (en 2013) — malgré l’euro fort. De son côté, le président français n’a plus qu’un crédit résiduel de 18 % dans l’opinion; sa majorité parlementaire est en voie de fractionnement et il ne gère que des déficits. Sur quoi peut-il être pris au sérieux ? Sur des intentions ? La France est devenue pour l’Allemagne le point faible de l’Europe.
    Le président de la République conservait une carte solide dans son jeu : il est le chef des armées. Le seul domaine où ses instructions sont exécutées, le seul où la voix de la France est entendue, parce qu’elle est capable à tout moment d’entrer en action. Est-il en train de sacrifier cette carte ?
    Comme les chefs militaires ne peuvent s’exprimer librement, ceux qui les ont précédés aux mêmes responsabilités le font à leur place. Le général Bentégeat et l’amiral Lanxade, tous deux anciens chefs d’état-major des armées, ont cosigné une tribune dans laquelle ils avertissent : « Toute nouvelle réduction de crédits ou d’effectifs conduirait à un déclassement militaire et stratégique de notre pays sans commune mesure avec les sommes économisées. »
    Cet avertissement vient d’être confirmé par Xavier Bertrand, ancien ministre UMP, selon qui Bercy se préparerait à raboter de 1,5 à 2 milliards les crédits de l’armée de l’air, de la marine et de la force de dissuasion sous-marine. Le premier ministre ne l’a pas vraiment démenti. S’il en était ainsi, l’exécutif contredirait déjà les engagements pris lors du vote, l’automne dernier, de la loi de programmation militaire, qui les avait amputés une première fois. On mesure mieux la fragilité de l’exécutif quand on entend Mme Duflot faire dépendre de la réduction des crédits militaires le soutien des Verts au gouvernement !