TOUT EST DIT

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mercredi 5 février 2014

Les patrons étrangers ne comprennent toujours pas ce que veut faire François Hollande


Le président de la République a reçu hier après-midi une délégation de 50 patrons d’entreprises étrangères installées en France pour leur expliquer ce qu'il entend mettre en œuvre pour rendre la France plus désirable. Et bien, le résultat n’est guère probant.
Après deux heures d’explication dans les salons de l’Élysée , les présidents des filiales de sociétés étrangères installées en France ou des filiales de grands groupes  américains ou allemands  n’ont pas compris toutes les subtilités de la politique économique pro-entreprise voulue par François Hollande. Cette réunion avait pour but de préparer les travaux du conseil de l’attractivité qui doit se réunir le 17 février et dont la mission est de comprendre pourquoi les investissements étrangers se font plus rares, et de mettre au point des mesures de réforme pour que les étrangers aient envie de s’installer chez nous.
Ce haut conseil de l’attractivité n’est pas nouveau. Il avait été créé autrefois par Jean-Pierre Raffarin, mais il ne s’était jamais mis au travail. Depuis, deux évènements ont eu lieu. D'abord, on s’est aperçu que les investissements étrangers étaient en chute libre. Quand un américain cherche à venir en Europe, ce n’est pas en France qu'il pose ses valises, mais à Londres, à Berlin, à Rotterdam ou même à Madrid. Et de moins en moins  à Paris.
Ensuite,  au mois de décembre quelques 50 patrons d’entreprises internationales sont venus dire au président de la République  qu’ils ne savaient plus quoi raconter à leur direction générale pour les empêcher de désinvestir la France. A l’époque, certains d’entre eux avaient même été invités à l’Élysée pour  échanger sur le thème de l’attractivité.
Ce climat, ajouté au lobbying des patrons français, ajouté aux chiffres catastrophiques de l’emploi, a sans doute décidé le président de la République à développer un nouveau discours de politique économique. Un discours pro-business, un discours de compétitivité fondé sur une amélioration de la productivité, de l’offre, de l’innovation, de la baisse des charges, de la réduction des dépenses publiques et du même coup d’une meilleure cohésion européenne.
Ce discours-là a été plutôt bien accueilli par les milieux patronaux. Le chef de l’État voulait donc dire aux étrangers qu’il avait été sensible à leurs arguments, qu'il s’en était inquiété  et qu’il allait leur apporter  toutes les précisions  utiles.
Le problème, c’est que l’information complémentaire  est mal passée. Les patrons étrangers n’ont pas eu de réponses aux questions qu’ils continuent à se poser et qu’ils doivent transmettre à leurs état- majors de New-York, Seattle, San-Francisco ou Dallas.
Premier point : Le monde des affaires achète des deux mains et le diagnostic, et le discours de politique de compétitivité. Cependant, il y a un second point…
Deuxième point : Le monde des affaires ne peut disposer d’un calendrier d’application des baisses de charges  et des réductions de dépenses publiques. Le président de la république ne les a pas rassurés sur ce point. Trop flou.
Troisième point : Le montant des charges et des impôts ne les gêne pas a priori. Ce qui les gêne, c’est l’instabilité fiscale et sociale. C’est l’accumulation des normes et des procédures, leur caractère souvent contradictoire et leur lourdeur bureaucratique.
Quatrième point, plus grave : Les patrons étrangers s’interrogent sur la capacité politique du gouvernement à faire passer ces réformes. Le président n’a pas de majorité, et l’opinion publique française est tellement braquée, tellement épuisée, qu'elle peut refuser de se soigner .
Un peu comme le malade dont la maladie est guérissable, mais qui n’a ni l’envie, ni le courage de supporter le traitement. Dans ces conditions, on voit mal comment la France pourrait améliorer son pouvoir d’attractivité.

Valérie Trierweiler partie, un boulevard pour Ségolène Royal?


Le départ de Valérie Trierweiler rend moins impossible l'arrivée de Ségolène Royal au gouvernement. L'ex-candidate à la présidentielle, le sait, qui se sent aujourd'hui libérée. 
"Moi aussi, j'ai été paparazzée ! Mais comme c'est passé dans France-Dimanche, personne ne l'a remarqué..." Ségolène Royalen rit encore. Elle raconte l'anecdote à quelques proches, le 14 janvier, aux Nautes, un bar guinguette en bord de Seine, sur le quai des Célestins, en face de l'île Saint-Louis.  

Ce soir-là, le cabinet de Dominique Bertinotti a préparé, sur ses deniers, un anniversaire surprise à la ministre déléguée à la Famille, qui vient d'avoir 60 ans. Royal est de la fête, souriante, détendue, encore bronzée d'un séjour à l'île Maurice, où elle a passé le réveillon avec ses enfants ­ "Ségolène, tu es resplendissante!" lui lance Marisol Touraine
La ministre de la Santé n'est pas la seule à le penser : "Elle est vraiment belle", apprécient à mi-voix plusieurs participants en la regardant passer. "Les vacances!" répond l'intéressée, amusée. 
Quelques heures plus tôt, le chef de l'Etat a confirmé devant la presse, dans la salle des fêtes de l'Elysée, que son couple avec Valérie Trierweiler traversait une période difficile. Voici donc celle qui l'a remplacée dans le coeur de François Hollande à son tour trompée, trahie, humiliée publiquement. La vie est douce parfois, lorsqu'elle inflige à vos ennemies le même affront qui vous a anéantie... 

Elle oscille entre liberté critique et devoir minimal de solidarité


Il y a longtemps pourtant qu'entre le président et son ex-compagne la guerre est terminée. Rien n'est simple, mais tout est moins compliqué. Au-delà de l'affection privée, il y a la complicité politique, la même volonté d'accomplir un destin, un langage commun. Hollande sait l'enfer que Royal a traversé après sa débâcle à l'élection législative de juin 2012, le repli, la certitude absolue d'être finie.  
"Ce qui m'a rendu vraiment triste, ce n'est pas le tweet, c'est l'échec de Ségolène", confie le chef de l'Etat à Cécile Amar dans Jusqu'ici tout va mal (Grasset), à propos du soutien public apporté par Valérie Trierweiler à l'adversaire de son ancienne rivale."Paradoxalement, cet événement les a rapprochés, note un élu proche de la présidente de la région Poitou-Charentes. Hollande était sincèrement touché par la détresse de Royal." 
Après l'accession de son ancien compagnon à la tête de l'Etat, l'ex-candidate à l'élection présidentielle, perchée sur une ligne de crête, veut osciller entre liberté critique et devoir minimal de solidarité. Finalement, c'est surtout la critique qui l'emporte : certes, Royal soutient la fermeté du gouvernement dans l'affaire Leonarda à l'automne 2013, comme elle a salué, un an plus tôt dans Le Monde, "les bonnes décisions d'urgence et les mesures courageuses pour réduire les déficits".  
Mais, dès cette époque, elle invite l'exécutif à accélérer les réformes ; en mai 2013, dans Le Monde encore, elle fustige "le temps perdu [...], l'inertie depuis un an", puis dénonce la méthode du Premier ministre lors de l'adoption de la loi sur le mariage pour tous ; en juillet, elle s'oppose à la contribution climat énergie proposée par le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin; en novembre, elle se montre hostile au projet de loi de lutte contre la prostitution. Bref, Ségolène Royal ne se laisse pas oublier, même si elle reste ostracisée à l'Elysée : pas question qu'elle y mette les pieds, son ancienne rivale en fait une affaire personnelle. 
A Paris, elle visite l'exposition dédiée au photographe Raymond Depardon et la rétrospective Félix Vallotton ; elle assiste à un concert de la chanteuse Joyce Jonathan, qui partage la vie de son fils Thomas ; elle participe à des dîners, qu'elle organise parfois chez elle, ou qui réunissent ses amis chez les ministres qui la soutiennent, Dominique Bertinotti, Guillaume Garot. Elle reçoit même une invitation qui la surprend, mais qu'elle refuse immédiatement : celle de Valérie Trierweiler, qui l'a conviée, le 8 janvier, à la projection du film consacré à Yves Saint Laurent au palais de Chaillot.  
En tout petit comité, elle assiste à la remise de décoration de son vieil ami Jean-Luc Fulachier, directeur des services à la région PoitouCharentes, au ministère de Marylise Lebranchu, aubryste convaincue. Elles ont été de farouches adversaires, mais, ce jour-là, l'atmosphère est chaleureuse, les discours sont amicaux. En politique aussi, les pages se tournent. 

C'est la seule socialiste à gagner encore des points dans l'opinion

"Ségolène est libérée de son chagrin, allégée du poids des souffrances passées. Elle va bien", résume un proche. Pour autant, même si le départ de Valérie Trierweiler a levé le verrou qui bloquait la première porte, peut-elle entrer au gouvernement ?  
En novembre, invitée de Canal +, Royal assure qu'elle sera prête, "le moment venu". Ses proches invoquent son parcours, les valeurs qu'elle incarne, la voix qu'elle porte ­ le dernier baromètre BVA-L'Express fait d'elle la 9e personnalité politique préférée des Français, la seule socialiste à gagner encore des points dans l'opinion.  
Ses détracteurs, eux, pointent son individualisme, son appétit de médias, sa trop grande liberté de ton : en janvier, elle dénonce encore l'accumulation des hausses d'impôts, après avoir souligné les dangers de la réforme territoriale ; au début de février, en pleine polémique sur la "théorie du genre", elle se démarque du gouvernement via Twitter.  
Ses adversaires redoutent enfin le risque d'une interférence entre vie publique et sphère intime ­ Ségolène Royal est la mère des quatre enfants du président. "C'est une dirigeante d'un très haut niveau, rétorque son ami l'avocat Jean-Pierre Mignard. Si la question privée devait l'empêcher d'accéder à une responsabilité, ce serait une erreur et une injustice terrible." 
"Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède", affirmait Ségolène Royal, le 12 janvier, citant saint-Augustin sur le plateau de Laurent Delahousse (France 2). Ce jour-là, quarante-huit heures après le scoop de Closer, la présidente de région ne pensait sûrement pas à elle. Car, à titre personnel, elle a tant de choses à désirer qu'elle ne possède pas encore... 


Investissements : François Hollande au chevet du « site France »

Le chef de l'Etat reçoit aujourd'hui une délégation de patrons d'entreprises étrangères installées en France.
Il présidera le Conseil de l'attractivité le 17 février.


Sa seule prise de parole sera pour présenter, à Paris, le plan Cancer 2014-2019. Mais François Hollande a aujourd'hui un autre rendez-vous important, qu'il a d'ailleurs pris soin d'inscrire à son agenda officiel, pour montrer à la fois qu'il est à la manoeuvre et prend cette affaire très au sérieux. Le président reçoit en milieu d'après-midi, à l'Elysée, une délégation du « Manifeste des entreprises étrangères installées en France ». Une réunion de préparation avant la tenue, le 17 février, du premier Conseil de l'attractivité depuis le début du quinquennat.
Ce Manifeste des entreprises étrangères avait pris la forme d'une tribune publiée le 19 décembre dans « Les Echos ». Cinquante patrons de filiales de grands groupes internationaux y tiraient la sonnette d'alarme, expliquant : « Depuis quelques années, nous avons de plus en plus de mal à convaincre nos maisons mères d'investir et de créer des emplois en France […] Il ne saurait y avoir de rebond sans confiance. » Le texte a fait grand bruit et a participé à la prise de conscience par François Hollande de la nécessité d'intensifier sa main tendue aux patrons en ce début d'année. C'est le 14 janvier, lors de sa conférence de presse, que le chef de l'Etat a reparlé du Conseil de l'attractivité. Cette instance, créée par Jean-Pierre Raffarin en 2003, devait initialement se réunir à la fin du premier semestre 2013, mais la date avait été repoussée à plusieurs reprises, la réflexion n'étant pas assez avancée. « Cela permet aujourd'hui d'intervenir sur la base de premiers résultats », plaide un proche du président. « Nous n'avons ni perdu de temps ni oublié le sujet. Le Cice, la simplification, c'est de l'attractivité », insiste un ministre important.
L'objectif affiché est très ambitieux. « Rendre la France plus désirable », résume-t-on à l'Elysée. L'exécutif promet des mesures pour faciliter l'accueil des investisseurs étrangers (avec un parcours administratif simplifié pour les cadres étrangers et leur famille), renforcer l'attractivité des universités, simplifier les procédures douanières (notamment portuaires) ou encore réorganiser les différents dispositifs de soutien public pour promouvoir la France et ses entreprises à l'étranger.

Implantations en recul

Le gouvernement, qui mise aussi sur son pacte de responsabilité et les Assises de la fiscalité des entreprises, s'est fixé pour objectif d'accroître de 40 % le nombre d'investissements étrangers d'ici à 2017, avec un millier de décisions ciblant annuellement la France. Et d'accueillir chaque année 300 entreprises non encore implantées sur le territoire. « La France a tous les atouts pour réussir, martèle François Hollande. Si vous connaissez des entreprises qui hésitent entre plusieurs pays, dites-leur que c'est en France qu'il faut venir », a-t-il lancé lors de ses voeux aux ambassadeurs étrangers.
Car si le « site France » attire toujours (20.000 sociétés sous contrôle étranger y opèrent), il est en perte de vitesse (lire ci-contre). Après avoir cédé son rang de deuxième terre d'accueil des investissements étrangers en Europe en 2011, la France a décroché des leaders britannique et allemand en 2012, selon le dernier baromètre du cabinet Ernst & Young. Le nombre de projets d'implantations internationales a chuté de 13 % dans l'Hexagone alors qu'il continue de progresser outre-Manche et, surtout, outre-Rhin. Quelque 10.500 créations d'emplois sont associées à ces projets. Un nombre en baisse, cette fois, de 20 %.

François Hollande : sa cote de popularité chute de nouveau de trois points


Le président de la République subit une forte baisse chez les sympathisants d'Europe Ecologie-Les Verts et du Front de Gauche.
Le début d'année s'avère être très difficile pour François Hollande. Récemment malmené par le recul gouvernemental sur la loi famille, voilà qu'un nouveau sondage vient l'enfoncer. Ainsi, une étude Ifop-Paris Match vient annoncer que la cote de popularité du président de la République subit une baisse de trois points. Ainsi, seulement 23% des personnes interrogées approuvant son action dans le tableau de bord politique. Le chef de l'Etat égale ainsi son plus bas niveau depuis le début de son quinquennat, d'après l'institut de sondage qui ajoute que "le virage de sa politique économique, suggéré par l'annonce du pacte de responsabilité, semble avoir effrayé ses partisans, à l'extérieur comme à l'intérieur de la majorité présidentielle."
Ceux qui y croient encore...
Dans le détail, le constat est encore plus inquiétant puisque quelques 30% des sympathisants d'Europe Ecologie-Les Verts approuvent l'action du président de la République, soit une chute vertigineuse de 11 points. En outre, les sympathisants du Front de Gauche ne sont que 25% à aller dans la direction de François Hollande, soit une lourde baisse de 14 points. Par ailleurs, 49% des personnes sondées ont jugé que le chef de l'Etat défend bien les intérêts de la France à l'étranger, soit une baisse de 5 points.
Ce sondage a été réalisé du 31 janvier au 1er février auprès d'un échantillon de 1.007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La détresse des quotidiens


Tous les quotidiens nationaux qui déclarent leurs chiffres à l’OJD (office de vérification de la diffusion au service des annonceurs), sauf La Croix et Les Echos, ont vu leur diffusion payante chuter en 2013.Libération (- 14,9 %) et L’Equipe (- 11,44 %) ont le plus perdu, talonnées par Aujourd’hui en Franceet Le Parisien (entre 9 et 10 %). Le Monde recule de 4,4 % et Le Figaro de 1,88 %.
Mais ce qu’il y a de beaucoup plus intéressant, c’est de voir quelle est la part de « vente aux tiers » comprise dans la diffusion totale payante. Pour Le Figaro, à près de 100 000 exemplaires achetés (à tarif réduit, mais c’est toujours ça !) par les compagnies aériennes, banques, hôtels qui mettent le journal à disposition des clients, elle avoisine les 43 % – et rien n’est dit sur les acheteurs institutionnels : administrations, municipalités, institutions représentatives ;
Pour Le Monde, cette « vente aux tiers » représente un quart de la diffusion papier. Et pour Libération, c’est carrément 50 %, avec des chiffres en hausse qui atteignent 33 225 exemplaires sur 66 887 exemplaires vendus par jour en décembre dernier. La Croix ne « place » ainsi que 5 000 exemplaires chez les « tiers » sur une diffusion totale de 85 000 en décembre, deux chiffres en baisse depuis janvier 2013 (7 000 et près de 91 000 respectivement).
Il va de soit  que la distribution des journaux par spps et mlp n'arrange rien.

Oui, la presse quotidienne va mal, très mal.

mardi 4 février 2014

AVEC L’EAU DU BAIN


Pas une reculade sous forme de petits pas et d’amendements. Un grand coup de balai donné à la hâte. Dominique Bertinotti, la ministre qui portait le dossier, a semblé en prendre connaissance devant des caméras de télévision… Concernant le projet de loi sur la famille, le gouvernement a donc jeté le bébé avec l’eau du bain. Oubliée, la grande réforme de société, ce texte qui devait notamment offrir des outils juridiques à des familles recomposées de plus en plus nombreuses. Devant le succès de « La Manif pour tous », Matignon a une nouvelle fois enclenché la marche arrière. Au moins pour 2014. Et quand on sait l’étonnante faculté des dossiers chauds à disparaître de l’agenda politique, il ne faut guère se faire d’illusions. L’urgence paraît aussi claire que le message. Peu importe que certains parlent de trahison, il s’agit désormais de mettre un mouchoir sur toutes les questions qui fâchent et les problèmes « annexes ». Histoire de se consacrer uniquement au grand œuvre du quinquennat : le pacte de responsabilité, la reprise économique et son corollaire, la lutte contre le chômage. Un virage sans doute judicieux et, en tout cas, assumé. Dommage que ce choix effectué le couteau sous la gorge repose sur une faute politique.

NOUVELLE PEUR


Une nouvelle fois, des milliers de personnes défilaient hier. Leur slogan : « Nous ne lâcherons rien, jamais ». Après leur ap-prentissage de la rue contre le mariage pour tous en 2013, leur goût de la contestation est d’évidence intact. Sur le fond, ils avertissent le gouvernement avant la loi sur la famille promi-se en avril. Les protestataires dénoncent la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA), qui ne sont absolument pas dans les tuyaux si l’on peut dire. Qu’importe, l’essentiel est de maintenir la fièvre, même si Frigide Barjot a été évincée. La « familiophobie », une nouvelle peur, fédère désormais
ces citoyens. Manuel Valls les compare aux « tea party » américains. Certes, ces con-testataires sont conservateurs, mais dans TEA, les Américains entendent « taxed enought already », c’est-à-dire « déjà suffisamment taxés », slogan anti-impôt qui jetterait bien plus de monde dans les rues
en France. Cette mobilisation risque d’empoisonner l’UMP. Par son ampleur et son conser-vatisme, ce mouvement rassemble sur le même pavé Marion Maréchal-Le Pen et Henri Guaino, le porte-plume de Nicolas Sarkozy pour qui François Hollande est « un menteur et un petit monsieur ». Il faut dire qu’en l’absence de casseurs, le plus honni des porteurs de casque intégral était hier sur les affiches, flashé rue du cirque sur son scooter. Heureusement, ce soir-là François Hollande ne portait pas un modèle… GPA, une marque française d’excellence.

Les enjeux d’une mobilisation


• Coalition. Nous le disions déjà l’an dernier : que des musulmans, des agnostiques, des gauchistes, des homosexuels… défilent politiquement avec nous contre la dénaturation du mariage et de la famille ne nous gêne aucunement. Parce que c’est en étant et restant catholiques (contrairement à ce prétendaient certains), que nous entrons dans ce combat temporel, dans cette« coagulation » contre les suppôts du transhumanisme (via notamment la théorie du genre), ennemis de la nature humaine. Une juste guerre de légitime défense et de maintenance vitale que nous inspirons et menons même d’une certaine manière (quantitativement et qualitativement) comme catholiques avec tous ces alliés de bonne volonté. Pour tous en somme, cette mobilisation a la loi (morale) naturelle comme motif. Mais, pour les fils missionnaires de l’Eglise, elle a la loi surnaturelle (la loi d’Amour) comme motif suprême.
• Ni de droite ni de gauche mais contrerévolutionnaires. Selon un « pas d’ennemi à droite » bien compris – qui n’est pas un « pas d’ennemi à gauche » contraire mais l’opposé de la praxis révolutionnaire –, nous voulons coopérer intelligemment et prudemment (stratégiquement) avec tous ceux qui, peu ou prou, se rapprochent de la loi naturelle et se raccrochent à elle, de près ou de loin, comme centre de gravité de la tradition française : celle de la fille aînée de l’Eglise, comme l’a rappelé elle-même la musulmane Fadira Belghoul. Au Libre journal de la promesse sur Radio courtoisie, elle a expliqué pourquoi La Manif pour tous lui a redonné espoir en la France. Nous vivons ici et maintenant un mode mineur du compromis nationaliste, qu’on pourrait appeler le compromis familialiste, après l’écroulement de la nation causé par la collusion mondialiste du grand capital et du socialisme, de la gauche et de la droite. Notre coalition politique avec d’autres familles intellectuelles et communautés religieuses doit se faire en restant ouvertement catholiques, au nom de la doctrine sociale de l’Eglise, précisant au besoin en quoi certaines revendications moins prioritaires de nos coalisés ne sont pas catholiques, ni donc parfaitement raisonnables…
• Ni laïques ni musulmans ! Nous refusons d’être réduits à cette mauvaise alternative. S’il nous faut composer (se coaliser) tantôt avec des laïcistes contre les excès intolérables de l’islamisme (rappelons-nous les apéros « saucisson-pinard » !), tantôt avec desmusulmans (et non pas avec l’islam !) pour défendre la famille et la vertu naturelle de religion contre l’athéisme tout aussi intolérable, c’est qu’il existe une double ligne de front (1). C’est aussi qu’il y a précisément une troisième voie. La nôtre : catholiques et français toujours ! Cette voie est celle de l’amitié politique ordonnée au bien commun temporel et surnaturel de notre nation. Voie à la fois communautaire et missionnaire, identitaire et inclusive (accueillant ou tolérant certaines communautés dans de justes limites). Nous implorons les évêques, héritiers du testament de saint Rémi, de nous la rappeler selon leur autorité spirituelle.
• Contre l’Attila de l’époque, nous trouvons en Farida Belghoul une alliée momentanée que nous saluons dans cette nouvelle bataille des champs Catalauniques. Oui, les ennemis de nos ennemis peuvent parfois devenir nos amis ! En prudence stratégique, mais aussi en doctrine sociale, si le fondement de cette alliance se trouve dans une réalité certaine : l’amour de la patrie et de la famille, selon un sain et légitime œcuménisme temporel qui s’appuie sur le respect (même partiel) du Décalogue contre ses contempteurs. Mais nous saluons tout autant et plus encore notre sœur chrétienne Béatrice Bourges. Comme nous l’écrit un fidèle lecteur : « (Elle) s’expose seule face à la République maçonnique. Elle a tout bien compris, elle est sensée et courageuse… Des discours, en France, on sait en faire, de l’intelligence en ce pays, il y en a encore. Mais c’est avec de tels engagements personnels que nous reprendrons vie. Il y a à ses côtés en ce moment une bataille à gagner. » Sainte Geneviève et sainte Jeanne d’Arc, aidez-les et aidez-nous !
(1) D’une part une « sécularisation radicale » (la « raison sourde au divin »), d’autre part une « religion sourde à la raison », selon les mots de Benoît XVI à Ratisbonne et dans Lumière du monde : cf. Présent du 23 janvier.

L’armée française en faillite


L’armée française serait en pleine dérive. Avec le Nouveau Livre Blanc sur la Défense de 2013 elle ne sait plus à quel saint se vouer pour contrôler le territoire national et être de toutes les projections de force exigées par la participation aux opérations de l’OTAN. 
Plus que 10.000 homes d’effectifs pour maintenir l’ordre sur le territoire métropolitain et ce pendant la période où les immigrés de Lampédouse déferlent sur le sol européen en cherchant à gagner la zone francophone ! Tout cela se passe à l’époque même où les vannes de l’Europe de l’Est sont en train de s’entrouvrir pour apporter en France la nouvelle lame de fond des contrées peuplées par les gens de la route et autres Bulgares. Décidément il ne manque plus que les combattants de l’opposition syrienne au nombre de 4 ou 5 mille personnes et munis de passeports européens s’il vous plaît qui, après la tant attendue armistice voudront bien rentrer au bercail avec leurs kalachnikovs en guise de souvenir et une jolie collection d’oreilles coupées à montrer aux petits banlieusards en voie d’une rapide islamisation.

Et c’est à ce moment crucial que l’on apprend par la plume du général d’Armée Jean-Marie Faugère les données qui corroborent les faits dont on a eu déjà connaissance par l’entremise du général du Verdier, un fervent sympathisant et peut-être même père spirituel des Sentinelles de l’Agora, organisation semi-clandestine des officiers supérieurs de tous les corps des armées qui ont voulu rendre leur message public à propos de l’incapacité du Président « normal » d’assumer le commandement suprême des troupes nationales.
Il se trouve que le général Faugère décortique le budget militaire pour nous annoncer que les postes de fonctionnement et développement sont réduits à une telle extrémité qu’au lieu d’avoir sa dîme au niveau de 2,5% du Produit Intérieur Brut recommandés par l’OTAN, l’armée française en a moins que 1,4% !!! Avec toutes les conséquences néfastes que l’on puisse imaginer pour le maintien de la sécurité nationale ! Pour que vous compreniez un peu l’ampleur des dégâts, imaginez que l’armée française reste la seule à utiliser les équipements vieux de plus de 40 ans ! Dans le temps il y eut déjà le fameux porte-hélcioptères Jeanne d’Arcavec son enveloppe d’amiante mise sur la cale en 1960 et restée active 50 ans d’affilée que l’on hésitait à envoyer à la casse.
Le pauvre bâtiment de guerre démonté (il fallait peut-être le transformer en musée comme l’était le Colbert à Bordeaux), il n‘en demeure pas moins qu’il reste des avions et des chars d’assaut tout juste bons pour faire peur aux aborigènes australiens. Dramatique comme situation, vous ne trouvez-pas ? Où sont les temps où l’on critiquait l’armée soviétique à cause de son entichement pour les vieilles technologies ? Non seulement les Russes et les Chinois s’arment de plus en plus, sans parler des Etats-Unis qui n’ont jamais désarmé, eux, mais, qui plus est, ces pays se munissent des équipements les plus sophistiqués comme drones de combat ou encore les intercepteurs de cinquième génération bon marché !
Pour que l’on comprenne mieux la portée de la menace, il est à dire que l’avant-dernier Livre Blanc datant de 2008 sans parler de l’édition de 1994 recommandait l’extrême vigilance à l’égard des nouveaux dangers pouvant surgir après la fin de la guerre froide. Au lieu d’y faire attention, on a assuré le passage à l’armée de métier entre 1996 et 2002, la soi-disant « refondation » tout en détruisant la conscription comme un phénomène obsolète (ce qui mina également l’intégration des nouveaux venus, à même titre que l’école l‘armée étant une machine à assimiler) et en faisant des coupes drastiques dans les effectifs pour démoraliser définitivement les troupes.
Trouvez-moi un militaire en vadrouille qui n’a pas peur de montrer son uniforme de nos jours en France! On ne leur recommande pas de revendiquer leur appartenance au corps de l’armée parce que cela fait tiquer les jeunes et « crée des problèmes inutiles » ! Comparez un peu au climat en Amérique ou en Russie où les militaires sont accueillis à bras ouverts par la population y compris en Tchétchénie comme garants de la paix sociale ! J’ai omis de dire que la conscription a toujours pignon sur rue en Russie où le peuple reste bien fidèle au principe démocratique du peuple en armes mis en valeurs par la Révolution française. Est-ce bien cela l’esprit français national que d’avoir une armée mal payée, démoralisée, qui ne croit plus à son Président et dont le budget diminue en peau de chagrin ?
Il y a presque 20 ans, le Général Gallois, un grand classique de la Défense Nationale, a sortiLe Livre noir sur la Défense dans lequel il prévenait ses compatriotes que l’on ne saurait se fier au désarmement et à l’esprit pacifique qui s’installe en Europe, car la Russie, la Chine et les Etats-Unis ne désarment point et que le danger du Sud est imminent. Nul n’est prophète en son pays ! Il fallait que 20 ans plus tard on entreprend un effort de réflexion pour comprendre qu’une nation qui ne veut pas nourrir sa propre armée finira bien par nourrir l’armée de ses ennemis !
Les dernières analyses émanant de la part des officiers haut-placés de la Défense Nationale se mettent quasiment à l’unisson avec le rapport présenté par le numéro 3 de la Gendarmerie Nationale le général Soubelet le 18 décembre dernier à une session la commission parlementaire de « lutte contre l’insécurité ». Il a déclaré que les forces de la gendarmerie n’avaient plus les moyens d’assurer dûment le contrôle du territoire national.
Ainsi donc, en exergue de ma pensée, j’avance que l’armée est en train de passer sous les fourches caudines et que ni gendarmes, ni militaires n’ont plus pleine maîtrise du territoire métropolitain. J’affirme que le pays est tout préparé pour se rendre à l’éventuel envahisseur qui ne tarderait pas de profiter de cette conjoncture anormale. Du temps de mes études à l’IHEDN, mes professeurs me prévenaient déjà qu’il valait mieux que je me convertisse en production des camemberts au lieu de rester dans le dispositif de la défense Nationale. Je suis au regret de constater que sans être madame Soleil, ils ont vu juste. 
Vae victis !

La panique

La panique


La référence aux "années 1930" est une constante des socialistes dans les moments de panique, de même que les accusations de fascisme et d’extrémisme de droite portées à leurs adversaires politiques. Sur le plan historique, il est évident que l’extrême droite raciste et antisémite empoisonne périodiquement la vie politique française et sévit aujourd’hui, même parfois sous des dehors policés. Mais les socialistes sont mal placés pour donner des leçons de vertu démocratique car ils eurent largement leur part, avec d’autres, dans le pourrissement du climat idéologique des années 1930 et sous l’Occupation, comme le montre l’ouvrage de Simon Epstein – historien franco-israélien – Un paradoxe français (Albin Michel): "Que dire du RNP (le parti collaborateur pro hitlérien)? Il est dirigé par une commission permanente comprenant, outre Déat, lui-même néo-socialiste, 14 membres. Sur les 14, cinq sont des néo-socialistes (Benedetti, favier, Lafaye, Levillain, Paul Montagnon), six viennent de la SFIO, l’ancien nom du parti socialiste (Albertini, Desphelippon, Dumoulin, Guionnet, Silly, Zoretti). Barbé, venu du PPF, est un ancien communiste. Deux leaders du RNP, et deux seulement viennent de la droite."
Pourquoi les socialistes ont-ils donc paniqué devant la "manif pour tous" de dimanche dernier, au point de ressortir leurs vieilles lunes sur une histoire des années 1930 qu’ils ne connaissent pas ou avec laquelle ils biaisent en occultant la part de responsabilité de leur propre courant historique? J’y vois trois raisons, par ordre d’importance:
  • La rue incarne d’une certaine façon le peuple et ils ont horreur de sentir qu’elle leur échappe voire se retourne contre eux;
  • La possibilité d’un "mai 1968" à l’envers, d’un printemps brûlant, qui heurterait de plein fouet un gouvernement et une majorité déjà fragilisés;
  • La perspective de la naissance d’un mouvement d’opposition nouveau, né de la base sur le thème de l’enfant, transcendant la fragmentation partisane (fn, ump, udi, modem) sur laquelle repose le pouvoir des socialistes et leur domination électorale, tant ils sont minoritaires dans le pays. 
  • Soyons clair, si un tel scénario venait à se produire, il signifierait la fin du parti socialiste dans sa configuration présente. Ne rêvons pas mais il est permis d’espérer enfin un renouvellement de la vie politique française.

lundi 3 février 2014

La manif pour rien ?


Alors, au bout du compte, cette nouvelle « Manif pour tous » n'était-elle qu'une « manif pour rien » comme se sont évertués à le faire croire dans la journée d'hier divers dirigeants socialistes ? Difficile, en toute objectivité, de souscrire à cette analyse sommaire. Rien ne serait d'ailleurs plus dangereux que de céder aux appréciations malveillantes dans un moment où la société française, fragilisée par la crise, se cherche des repères en dehors des injonctions des partis traditionnels. Commençons par dire que la « Manif pour tous » d'hier était autre chose que le rassemblement d'une France « réac » emmitouflée dans son conservatisme.
Elle n'avait non plus rien à voir avec cet indigne « Jour de colère » d'il y a une semaine auquel on a tellement voulu l'assimiler, pour la discréditer, du côté du pouvoir. Point de slogans haineux, racistes ou antisémites, point de violences, mais une mobilisation pacifique sous des bannières roses et bleues. Rien, en tout cas, qui justifie les sévères avertissements préventifs d'un Manuel Valls diablement soupçonneux.
L'ampleur de la manif d'hier doit inciter le gouvernement à plus de dialogue et de clarté sur ses projets sociétaux, plutôt qu'à un appel à une mobilisation revancharde de la gauche pour une contre-manifestation. Il est possible que les « forces sombres de la division » trouvent à prospérer sur le brouillard de l'indécision du pouvoir. Ce sont les contradictions et les tergiversations gouvernementales autour de la PMA et de la GPA qui ont engendré la suspicion et les fantasmes sur tout le reste, sous couvert de « familiphobie ».
Il appartient au gouvernement de ne pas jouer à nous faire peur (ou à se faire peur) en instrumentalisant des périls factieux auxquels n'entendent aucunement concourir des citoyens seulement soucieux de défendre leurs convictions (ou même leurs croyances) dans le cadre républicain. Plus que d'autres, les avancées sociétales imposent respect et écoute de toutes les opinions. Parce qu'elles façonnent durablement notre civilisation. La manif d'hier ne l'a pas rappelé pour rien.

Pourquoi François Hollande boude Sotchi


Dans un billet publié dans le journal Le Courrier de Russie, l’éditorialiste Inna Doulkina explique pourquoi selon elle la décision du boycott des Jeux Olympiques d’hiver par les dirigeants occidentaux est hâtive et irréfléchie.

François Hollande n’assistera pas à l’inauguration des JO à Sotchi. Pas plus que les chefs d’États allemand, américain, moldave, polonais, lituanien et estonien. « Trop occupés », disent-ils tous. Mais personne n’est dupe. La raison de ce refus est tout autre, et c’est la vice-présidente de la Commission européenne Viviane Reding qui a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : « Je n’irai pas à Sotchi tant que les minorités sexuelles seront légalement discriminées en Russie », peut-on lire sur son compte Twitter.
Comme pour l’appuyer, Barack Obama a inscrit à la délégation qui représentera l’État américain à Sotchi deux lesbiennes militantes, la tenniswoman Billie Jean King et la hockeyeuse Catheline Cahow. Il doit se figurer que leur présence mettra Poutine hors de lui ; alors qu’on peut dès maintenant gager qu’il n’en sera rien et que les deux demoiselles seront reçues au plus haut niveau.
Vaut mieux que je me taise
Un rapport différent à l’homosexualité
Par ces choix hâtifs et irréfléchis, par ce désir de piquer à tout prix le président russe et de le placer face à sa prétendue « barbarie », les chefs d’État occidentaux démontrent – une fois de plus – leur ignorance totale de la Russie et de sa culture, ainsi qu’une absence criante de volonté ne serait-ce que de tenter de la comprendre. Ces dirigeants pensent, par ce geste, exprimer leur soutien aux homosexuels de Russie ; mais ils oublient qu’il est aussi des gays, en Russie, qui attendent avec impatience les JO de Sotchi et qui supporteront ardemment leur équipe nationale. Bref, ce n’est pas parce qu’ils sont homosexuels, qu’ils cessent d’être Russes. Ce n’est pas parce qu’ils aiment des personnes du même sexe qu’ils deviennent indifférents aux succès de leurs sportifs, qu’ils cessent d’admirer leur travail acharné et leur courage immense, qu’ils perdent tout intérêt pour leurs exploits. J’énonce ce qui semble être une belle évidence – mais apparemment, pas pour tout le monde. Les Occidentaux doivent avoir une représentation bien particulière de l’identité sexuelle d’un être : à les suivre, celle-ci dépasserait toutes les autres. Pour eux, un homosexuel doit, chaque seconde de son existence, vivre très intensément son homosexualité. Il ne peut pas êtreaussi – et surtout pasd’abord- parent, ami, avocat, écrivain, musicien, russe ou français. Il est homosexuel, un point c’est tout. Et tant pis pour l’homosexuel russe qui éprouve de la tendresse pour sa terre natale, qui adhère à son pays et à ceux qui le peuplent, qui s’identifie avec sa nation et qui voudrait que le pays qui l’a vu naître compte dans le monde – car aux yeux des Occidentaux, celui-là n’a tout simplement pas lieu d’être. Eh bien, si. Je vous le confie en secret, mais de ceux-là, en Russie, on en trouve – et plus que vous ne croyez. Et quand ces homosexuels apprennent quesept chefs d’États ont refusé de participer à cette grande fête du sport que la Russie organise pour le monde, ils ne se sentent pas soutenus. Ils se sentent, au contraire, méprisés.
Car la deuxième spécificité culturelle russe que les chefs d’États occidentaux choisissent de ne pas voir, c’est que la majorité des gays de Russie vivent leur homosexualité différemment de la façon que l’Occident considère comme la seule valable : brandir ses choix sexuels à tous les coins de rue, provoquer et, bien sûr, se poser en permanence en victime et réclamer toujours plus de droits. La plupart des homosexuels, en Russie, considèrent que leurs choix intimes relèvent… de l’intime, du domaine privé : de leurs sentiments, ils puisent des romans qui entrent ensuite au trésor culturel mondial, ils écrivent des poèmes et des chansons poignants qui – sans rien dire – disent tout et même plus. On peut certes reprocher à tous ces « gays » de refuser que leur personnalité soit réduite à une case, de ne pas vouloir lutter pour des « droits » mais de simplement s’assumer, sans imposer leurs choix à personne, sans demander de privilèges. Rester soi plutôt que de se fondre dans une « communauté ». Mais on peut aussi se dire que c’est leur choix, et le respecter.
La famille traditionnelle en priorité
La société russe estime aujourd’hui, dans son ensemble, que le choix d’un partenaire est « l’affaire privée de chacun » – et qu’on ne peut en faire un objet de lutte collective. Et rien ne sert de répéter aux Russes à longueur de journée qu’ils ont tort là-dessus, de les titiller, comme le fait Obama, de leur manifester du mépris, comme le font tous ces présidents qui n’iront pas à Sotchi. Cesresponsables politiques feraient mieux de se dire qu’il est des représentations qui ne changent pas d’un coup de baguette magique mais évoluent, au fil des générations. Et se rappeler qu’en forçant le cours d’un fleuve, on finit par créer un tourbillon. On n’incorpore pas à une culture un élément qui lui est étranger : elle l’expulsera bruyamment, et personne n’en sortira gagnant. Et puis, relativisons un peu : en Russie, à la différence de beaucoup d’autres pays, ce ne sont pas les homosexuels qui sont objet d’une discrimination légale mais la promotion des relations homosexuelles auprès des mineurs. Une loi certes critiquable, mais qu’il faut placer dans son contexte culturel. En l’adoptant et en l’approuvant (et la loi est soutenue par 80% de la population du pays), la société russe place la famille hétérosexuelle avec enfants au-dessus de tout autre type de relations pouvant exister entre adultes – sans les interdire pour autant. De cette façon, les Russes disent au monde que, si l’être humain est libre de choisir la façon de vivre qui lui convient, la société, pour assurer sa survie, doit accorder la priorité à un type de relations précis : parce que, depuis des milliers d’années que l’humanité existe, elle n’a pas inventé de moyen plus performant d’assurer sa reproduction et la transmission de ses acquis culturels et moraux que la famille avec père, mère et enfants.

Les Français presqu’unanimes contre l’adhésion de la Turquie à l’UE


Les Français ne veulent pas de la Turquie dans l’Union européenne : c’est ce qui ressort des résultats du dernier sondage d’opinion réalisé par l’Ifop auprès 4879 Français ainsi qu’Allemands, Britanniques, Belges, Espagnoles et Italiens. Enquêtés peu avant de la visite officielle de François Hollande à Ankara, les habitants de l’Hexagone ont affiché une fois de plus une attitude défavorable à l’égard de l’entrée de la Turquie dans l’UE.
Selon des sondages précédents de l’Ifop, en 2003, 54% de Français disaient « non » à l’intégration de l’Etat turc dans l’Union européenne, alors qu’en 2005 il y en avait déjà 65 %. Mais cette fois-ci, le nombre d’opposants français à l’adhésion de la Turquie a atteint un niveau record en Europe - 83% ! Apparemment, c’est ce résultat-là qui a forcé Hollande (qui est le premier président français depuis l’époque Mitterrand à se rendre en visite officielle en Turquie) à se montrer prudent en s'exprimant devant le président turc Abdullah Gül et à promettre de ne prendre une décision concrète qu’après avoir consulté les Français par referendum.

A la différence de M. Hollande, Nicolas Sarkozy avait à l’époque une prise de position très ferme sur cette question. Il a fait comprendre à la Turquie qu’il n’y avait pas de place pour elle en Europe. Grâce àcette conviction de l’ex-président de la République, la France a pu ratifier le Traité de Lisbonne, les négociations sur ce traité ayant été très dures après le rejet de la Constitution européenne par le peuple français dont une des causes était la « question turque ». Les uns considèrent que la présence de la Turquie en l'UE menacerait la laïcité européenne, les autres croient que les valeurs chrétiennes et les valeurs musulmanes ne sont pas compatibles. Aux yeux des Français, la Turquie incarne une civilisation qui se distingue considérablement de celle de l’Europe. Par ailleurs, cette vision est partagée par d’autres Européens qui ne peuvent pas s’imaginer la Turquie au sein de l’UE. Seuls les Espagnoles (56%) et les Italiens (50%) se montrent favorables à la perspective de l’adhésion de la Turquie, selon l’Ifop.
La Turquie est un membre associé de l’Union européenne depuis 1964. Mais il est évident que le pays n’est pas toujours prêt à satisfaire toutes les critères de Copenhague. Bien au contraire, la Turquie s’écarte de la ligne droite et renonce à des valeurs laïques prônées il y 90 ans par Atatürk. L’islamisation du pays ainsi que le dernier scandale de corruption nuisent à l’image de la Turquie en Europe. En outre, bientôt les Turcs seront beaucoup plus nombreux que les populations de l’Europe, vu l’intensification de la politique démographique dans ce pays, et pourront dicter leur volonté à des anciens membres de l’UE.
Au sein même de la Turquie on serait déçu par l’absence de l’accord avec les Européens sinon, comment expliquer une islamisation rampante de l'Etat turc ? Après avoir compris que l’UE ne veut pas de la Turquie, Erdogan a misé sur la restauration de l’Empire ottoman. Mais il se peut, qu’Erdogan profite tout simplement de la déception de sa population pour poursuivre ses buts. Il semble que l’UE et la Turquie suivent des différentes voies.

DU BON EMPLOI DU PIN’S


Le patron du Medef por-te un pin’s avec ce slo-gan radical : « Un mil-lion d’emplois ». Ni plus, ni moins. Un pin’s… Autant dire une breloque antédiluvienne pour les nouvelles généra-tions. Certains ont ironisé en glissant : « C’est son père qui lui a donné ». Papa Yvon était en effet patron du CNPF au début de la décennie 80, c’est-à-dire l’âge d’or de cette mode aujourd’hui désuète. La marionnette de son fils, avec ses yeux plissés de malice et sa tête légèrement entre les épaules, a déjà atteint le statut d’idole aux Guignols
de l’Info. Le ministre du dit travail, croisant le leader du Medef, pointa du doigt le re-vers du veston du patron : « C’est un engagement » ? Le big boss, pince-sans-rire répondit du tac au toc : « Non, un pin’s ». Il n’en fallut pas plus pour réveiller la nostalgie chez les collection-neurs. Cette babiole à accro-cher avec l’épingle papillon aura-t-elle l’effet symétri-que ? Le pin’s identitaire, fédérateur ou publicitaire, traduit-il un inconscient pa-tronal prometteur ou une provocation. ? Le très sérieux ministre de l’Economie, Pier-re Moscovici y a vu une pro-messe.
Qui n’a pas connu en vacances ou au travail, un co-pain faisant une halte autour d’une p’tite bière pour disser-ter des heures sur ses pin’s accrochés sur du liège, ou ses modèles cultes, le « Chaus-sée aux moines » ou la ver-sion parlante « tout à fait Thierry »…

La démocratie par délégation

La démocratie par délégation


Quelle curieuse idée de la démocratie ! Après une homérique foire d'empoigne en novembre 2012 pour sa présidence, l'UMP se dotait enfin, fin juin 2013, de statuts révisés pour coller à la France d'aujourd'hui. « À l'UMP, nous apprenons la démocratie », plaisantait à l'époque son président un temps contesté, Jean-François Copé, pour évoquer la longue marche vers les fameux statuts qui devaient régler une fois pour toutes la vie interne du mouvement.
Ces statuts fixent à la page 13 le principe d'une primaire à laquelle tous les candidats à l'Élysée doivent se soumettre, sauf hypothèse d'un président sortant se représentant. Lors de l'élaboration des statuts, en avril, Le Figarosaluait l'esprit qui prévalait : « Les sarkozystes ont spontanément renoncé à introduire dans les statuts une dispense pour leur champion » .
Aujourd'hui, la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy change de discours. Henri Guaino, proche parmi les proches, ne cesse de crier sur les toits que l'ancien président ne saurait être soumis à la primaire de 2016.
Les sarkozystes s'appuient sur les sondages montrant que la course à l'Élysée dans le camp de la droite classique, c'est plié : entre 60 et 70 % des sondés sont favorables à la candidature Sarkozy. Autrement dit, les sondages priment le vote des militants et sympathisants. Et, pour la présidentielle, les Français pourront rester chez eux et déléguer à BVA, à l'Ifop, etc., le soin de leur désigner un président. La démocratie par délégation.

François Hollande, comme Pinocchio…

Dans la plupart des grandes démocraties du monde, la chose qu’on pardonne le moins aux gouvernants est le mensonge.


Les cireurs de pompes présidentielles dans les médias célèbrent les nerfs froids d’un président qui a mis fin à cet insupportable relent monarchique qu’était la Première dame de France. C’est tout juste s’ils ne le féliciteraient pas pour cette décision historique et républicaine. La plupart des gens de bon sens, et même des journaleux de gauche, si le locataire de l’Élysée et de la Lanterne était « de droite », verraient davantage dans ce lamentable vaudeville une goujaterie phallocrate et un manquement dramatique à la dignité d’une fonction aussi essentielle au pays et à son image. Les mauvais esprits pourraient même estimer que l’installation officielle d’une favorite tandis qu’une autre était déjà en réserve rappelait au contraire la monarchie, côté boudoir.
D’ailleurs, lorsqu’on impose le « mariage pour tous » et qu’on s’en exonère soi-même pour donner libre cours à ses élans (on va dire sentimentaux), c’est qu’on a tendance à s’octroyer quelques privilèges. Enfin, il y a quand même quelque chose de royal, si j’ose dire, dans le comportement présidentiel. C’est le roi des menteurs. Après Ségolène et les quatre enfants issus du couple, il n’a pas craint de parler de Valérie comme de la femme de sa vie. Quelle formule élégante à l’adresse de la mère de ses enfants qui venait, logiquement, de le mettre à la porte !
Le fait important se situe dans l’aveu présidentiel. Dans les cafés du commerce, il est coutumier de dire que les politiques sont tous des menteurs. Ceux qui le disent souhaitent toutefois que ce ne soit pas absolument vrai, et que ce soit même faux pour l’élu qu’ils connaissent et auquel ils apportent leurs suffrages. Dans le cas de M. Hollande s’applique la formule « Il ment comme il respire ». Le mensonge est chez lui structurel, et il l’a même institutionnalisé. Qu’il n’ait aucun principe est aujourd’hui une évidence. Il a d’ailleurs exactement le même comportement dans sa vie privée et dans sa vie publique : mensonge et mépris pour ceux ou celles qui lui ont fait confiance.
Ce qu’il a fait à la Première dame est assez semblable à ce qu’il a fait au peuple français. Il a été élu contre une politique dont il niait la nécessité et pour établir plus de justice sociale au profit du plus grand nombre. Rattrapé par une crise dont il négligeait la réalité, il est contraint de faire de manière compliquée et un peu dissimulée ce qu’il prétendait condamnable : allonger la durée de cotisation, faciliter les licenciements, baisser les charges, sans autre contrepartie que le recul de la politique familiale. Il voulait inverser la courbe du chômage. Il l’a stabilisée à grands renforts d’emplois subventionnés et de radiations.
Dans la plupart des grandes démocraties du monde, la chose qu’on pardonne le moins aux gouvernants est le mensonge. Un président américain n’y aurait pas survécu. Et c’est bien légitime, car le moteur de la démocratie est la confiance. Lincoln disait : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, ou tromper tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut tromper tout le peuple tout le temps. » C’est pourtant ce que tente M. Hollande, et c’est la raison pour laquelle, favorite ou pas, nous sommes bel et bien en monarchie puisque nous subissons le roi des menteurs.

Hystérie politico-médiatique ? Le camp des petits saints…

À quelles lois scélérates, à quelle répression policière et judiciaire veut-on nous préparer ?


La droite, la gauche… Deux sensibilités, deux partis, deux France qui structurent notre histoire depuis près de deux cents ans et dont l’alternance au pouvoir est comme la pulsation de notre vie politique. Même si la tonalité en est pacifique, même si elle se situe sur un plan avant tout moral, même s’il s’agit moins de chercher de nouveaux poux à Hollande que de défendre une conception traditionnelle de la famille, même si les réponses que donne la société à des questions de conscience ne recoupent pas exactement la frontière entre les deux camps, il n’est pas douteux que les organisateurs, les participants et les slogans de la Manif pour tous se situent plutôt à droite, et que voir la droite descendre dans la rue – ce qui lui est moins habituel et moins familier qu’à la gauche – éveille l’étonnement, l’agacement et finalement l’inquiétude de celle-ci.
De là à susciter le déferlement d’analyses alarmistes, de titres provocateurs, de propos outranciers et de mises en garde solennelles que l’on pouvait relever hier matin, avant même que le premier manifestant se soit manifesté entre l’École militaire et la place Denfert-Rochereau, il y a un pas qu’ont franchi gouvernement et médias avec une allégresse et un ensemble qui donnaient l’impression très nette d’une manœuvre concertée.
Chargé du maintien de l’ordre public et de la paix sociale, ce dont ses comportements récents permettent de douter, le ministre de l’Intérieur (et des Cultes) s’est exprimé dans l’interview qu’il a accordée au Journal du Dimanchedans des termes que n’aurait pas désavoués, ces derniers jours, son homologue ukrainien. Au trébuchet de quelle balance, et avec quelles arrière-pensées M. Manuel Valls a-t-il pesé des mots qui ne sont pas dignes de ses responsabilités ? À en croire le lointain successeur de Georges Clemenceau, « la République reste fragile… Des forces sombres se sont mises à prospérer… Le point commun avec les années trente, c’est cet antirépublicanisme et la détestation violente dans les mots comme dans les actes de nos valeurs et de nos principes. Derrière tout cela, c’est la France qui est visée dans son idéal… Nous assistons à une union des extrêmes. C’est du jamais vu en France (sic)…J’appelle tous les républicains à réagir… La démonstration est faite une bonne fois pour toutes que le FN (qui ne s’est guère associé à la Manif pour tous et moins encore à Jour de colère, NDLR) est une formation d’extrême droite qui n’est pas sortie d’une idéologie nauséabonde… »
Le Monde daté dimanche-lundi faisait chorus en titrant sur cinq colonnes à la une sur « Le réveil de la France réactionnaire ». Le Parisien-Dimanche, pas en reste, faisait sa manchette sur « La France crispée » et évoquait l’émeute factieuse du 6 février 1934. France Inter, sans surprise, confirmait une fois de plus que, pour être radio de service public, on n’en est pas moins radio de parti pris, et donnait la parole à une historienne selon qui les manifestations « de droite » véhiculent la haine et l’appel au meurtre, comme chacun a pu le constater le 30 mai 1968, le 24 juin 1984 ou le 24 mai 2013. « Un papa, une maman » et les petits drapeaux bleus et roses rappellent à cette dame les défilés des Ligues et les parades de Nuremberg.
Bref, d’un côté, on l’a compris, il y a les forces du Bien, du Progrès, des Lumières, le camp des Petits saints. De l’autre, la Bêtise au front de taureau, la Réaction, le Mal et, bien sûr – coucou la revoilà –, la Bête immonde.
À quelles lois scélérates, à quelle répression policière et judiciaire veut-on nous préparer ? Et si ce n’est pas le cas, n’y aurait-il pas là au moins quelque excès ?