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lundi 3 février 2014
François Hollande, comme Pinocchio…
Dans la plupart des grandes démocraties du monde, la chose qu’on pardonne le moins aux gouvernants est le mensonge.
Les cireurs de pompes présidentielles dans les médias célèbrent les nerfs froids d’un président qui a mis fin à cet insupportable relent monarchique qu’était la Première dame de France. C’est tout juste s’ils ne le féliciteraient pas pour cette décision historique et républicaine. La plupart des gens de bon sens, et même des journaleux de gauche, si le locataire de l’Élysée et de la Lanterne était « de droite », verraient davantage dans ce lamentable vaudeville une goujaterie phallocrate et un manquement dramatique à la dignité d’une fonction aussi essentielle au pays et à son image. Les mauvais esprits pourraient même estimer que l’installation officielle d’une favorite tandis qu’une autre était déjà en réserve rappelait au contraire la monarchie, côté boudoir.
D’ailleurs, lorsqu’on impose le « mariage pour tous » et qu’on s’en exonère soi-même pour donner libre cours à ses élans (on va dire sentimentaux), c’est qu’on a tendance à s’octroyer quelques privilèges. Enfin, il y a quand même quelque chose de royal, si j’ose dire, dans le comportement présidentiel. C’est le roi des menteurs. Après Ségolène et les quatre enfants issus du couple, il n’a pas craint de parler de Valérie comme de la femme de sa vie. Quelle formule élégante à l’adresse de la mère de ses enfants qui venait, logiquement, de le mettre à la porte !
Le fait important se situe dans l’aveu présidentiel. Dans les cafés du commerce, il est coutumier de dire que les politiques sont tous des menteurs. Ceux qui le disent souhaitent toutefois que ce ne soit pas absolument vrai, et que ce soit même faux pour l’élu qu’ils connaissent et auquel ils apportent leurs suffrages. Dans le cas de M. Hollande s’applique la formule « Il ment comme il respire ». Le mensonge est chez lui structurel, et il l’a même institutionnalisé. Qu’il n’ait aucun principe est aujourd’hui une évidence. Il a d’ailleurs exactement le même comportement dans sa vie privée et dans sa vie publique : mensonge et mépris pour ceux ou celles qui lui ont fait confiance.
Ce qu’il a fait à la Première dame est assez semblable à ce qu’il a fait au peuple français. Il a été élu contre une politique dont il niait la nécessité et pour établir plus de justice sociale au profit du plus grand nombre. Rattrapé par une crise dont il négligeait la réalité, il est contraint de faire de manière compliquée et un peu dissimulée ce qu’il prétendait condamnable : allonger la durée de cotisation, faciliter les licenciements, baisser les charges, sans autre contrepartie que le recul de la politique familiale. Il voulait inverser la courbe du chômage. Il l’a stabilisée à grands renforts d’emplois subventionnés et de radiations.
Dans la plupart des grandes démocraties du monde, la chose qu’on pardonne le moins aux gouvernants est le mensonge. Un président américain n’y aurait pas survécu. Et c’est bien légitime, car le moteur de la démocratie est la confiance. Lincoln disait : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, ou tromper tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut tromper tout le peuple tout le temps. » C’est pourtant ce que tente M. Hollande, et c’est la raison pour laquelle, favorite ou pas, nous sommes bel et bien en monarchie puisque nous subissons le roi des menteurs.
vendredi 1 novembre 2013
Le courage et la vérité…
Le courage et la vérité…
Mensonge et lâcheté, un pouvoir professionnel que l’on consomme et qui se consume de plus en plus rapidement, est-ce vraiment cela la Démocratie ?
Barbara le chantait « ça ne prévient pas quand ça arrive, ça vient de loin, ça s’est promené de rive en rive, la gueule en coin ». Mais, le mal de vivre prend aujourd’hui un tour plus collectif et politique, c’est celui de notre démocratie, promenée de la rive droite à la rive gauche, entre mensonge et lâcheté, reniement et reculade, et qui mine maintenant notre pays. Qu’est-ce que le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, dès lors que ses élus le bernent en permanence, qu’il le sait et s’en accommode en sachant qu’une manifestation violente fera tomber le voile de sa légitimité et dispersera son autorité ?
Lorsqu’on entend Fabius nier toute rançon versée par l’Etat pour libérer les otages d’Arlit, on voit en filigrane l’image de Cahuzac niant, en bloc et en détail, l’existence de son compte suisse. On se dit qu’il s’agit, comme le dévoile Le Monde de fonds secrets, qui par définition, ne doivent pas être révélés au public, de ces fonds qui ont servi à certaines campagnes, par exemple. On remarque le regard de Fabius qui se détourne et son art de ne pas répondre à la question : puisque les quatre otages libérés sont liés à des entreprises contrairement au cinquième qui est toujours détenu, ne s’agit-il pas de fonds « privés » ? Ce serait tellement plus habile, même si de telles sociétés ne sont pas si privées qu’on le dit. N’y a-t-il pas eu des compensations politiques ou judiciaires ? Le bonheur des ex-otages et de leurs familles a vite laissé la place dans les médias au soupçon sur les conditions de la libération, et aux inquiétudes sur les conséquences du versement d’une rançon. Renaud Girard, grand reporter au Figaro, citait récemment un de ses confrères australien lui disant : « vous avez un bandeau sur le front où est écrit « 5 Millions $ », moi, je ne vaux rien. » L’autre solution, ce sont les deux jeunes Français de Linselles tués lors de l’intervention militaire française, entre Niger et Mali, ou encore l’agent de la DGSE abattu par ses ravisseurs en Somalie. Alors, on se fait une raison : on se dit que notre gouvernement fait bien de ne pas être courageux avec la vie des autres et on comprend qu’il nous mente.
Le problème, c’est qu’on s’habitue. Les promesses n’engagent que ceux qui les entendent. L’anaphore célèbre de Hollande ou l’éloquence du menton de Chirac cachaient l’une et l’autre derrière le ton péremptoire une mollesse et une pusillanimité étonnantes chez qui aspire au pouvoir. En fait elles sont les « qualités » de celui qui a su naviguer entre les courants et pratiquer les compromis comme les compromissions au sein du milieu politique. Les électeurs savent parfaitement qu’un programme est une figure de style. Ils ne demandent pas aux élus de le respecter, mais d’être ou, au moins, de paraître efficaces. Sur le marché politique, on sait que la publicité est mensongère, mais on demande quand même au produit de répondre au besoin ressenti. Peu importe ce que disent les politiciens, il faut que le chômage recule vraiment, que la sécurité soit mieux assurée et qu’on ne tombe pas sur des Roms à chaque carrefour. Si, en revanche, le pouvoir touche un point sensible, alors l’épreuve de force peut commencer. On devine que les élus mentent et ne sont pas courageux. Chirac a été paralysé par la mort de Malik Oussékine en Décembre 1986. Il aura agi pendant 8 mois sur une bien longue carrière. Sarkozy craignait les manifestations de rue comme la peste et prenait soin de les éviter en amont. Certes, les manifestations bien propres contre le mariage unisexe n’ont pas fait céder un gouvernement récent et soudé idéologiquement contre des « bourges cathos et réacs ». En revanche, la colère bretonne n’a rien de philosophique et elle est violente. Le gouvernement, affaibli par le temps et divisé recule tandis que l’opposition ment effrontément : le spectacle est complet.
Mensonge et lâcheté, un pouvoir professionnel que l’on consomme et qui se consume de plus en plus rapidement, est-ce vraiment cela la Démocratie ?
Pour Hollande, la famille, voici l’ennemi
Ce gouvernement est clairement par son idéologie un adversaire de la famille et de la liberté qu’elle abrite.
La tempête souffle et l’esquif gouvernemental est désemparé. A force d’accumuler les taxes, y compris celles de ses prédécesseurs, alors qu’il a annulé d’autres mesures comme la défiscalisation des heures supplémentaires, le pouvoir a créé une vague de mécontentement qui le conduira inévitablement à un désastre aux municipales et au départ du Premier Ministre, après, ou peut-être avant. C’est un vent de révolte qui secoue le pays. On le voit en Bretagne par la violence des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. On l’entend dans les propos des personnes interrogées où se mêlent de la colère et un certain mépris envers l’incompétence ou la déloyauté de ceux qui prétendent les diriger. « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir » écrivait Rivarol. Or, on serait bien en peine de trouver une seule raison de respecter un exécutif qui accumule les mauvais résultats et multiplie les ordres et les contrordres avec un amateurisme consternant. « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » disait Sénèque. La question se pose de savoir si le pouvoir actuel a le moindre objectif clair capable de donner une cohérence à son action.
La réponse est, hélas, affligeante. Si l’on passe en revue les décisions prises et les actions entreprises jusqu’à leur terme, le seul fil conducteur qui subsiste, comme une sorte d’aveu d’un inconscient lourdement chargé, c’est une attitude systématiquement hostile à la Famille. Récemment encore la proposition faite à Léonarda de revenir en France sans sa famille montrait que la vie familiale était pour François Hollande un détail négligeable. La curieuse situation du « couple » élyséen qui installe dans les faits ce qui n’a, au plan politique, aucun degré de légitimité affiche le même mépris pour la famille traditionnelle. Chacun avait compris que la reconnaissance « officielle » du couple présidentiel n’avait de sens que si celui-ci était exemplaire de la cellule familiale. L’hypocrisie de Mitterrand était, à cet égard, un hommage du vice à la vertu. Si quelqu’un invoque l’évolution des modes pour justifier l’étrangeté actuelle, on pourra répondre que la mode d’une prétendue « première dame » peut aussi se démoder. Quand on veut résumer le bilan de 18 mois de pouvoir et chercher une réforme d’importance, là encore, on tombe sur le mariage unisexe, lequel est une absurdité anthropologique qui intéresse peu de monde, mais qui donne aux adversaires de la famille traditionnelle la joie incommensurable d’en détruire le fondement. La brutalité de la répression des opposants sous la responsabilité de Valls comparée à la force déployée dans d’autres occasions trahissait bien la morgue du pouvoir à l’encontre des défenseurs de la famille. On peut encore souligner l’arrogance du ministre de l’Education Nationale qui prétend donner pour mission à celle-ci « d’arracher l’enfant au déterminisme familial », en inscrivant, par exemple, dans les programmes les préjugés idéologiques chers aux socialistes comme la « théorie du genre » et autres fadaises.
Mais, parmi les improvisations fiscales apparemment ciblées sur les « riches » et souvent l’objet de reculades spectaculaires, une ligne anti-familiale se dessine sur laquelle le pouvoir ne revient qu’avec réticence. La France avait mis en place en 1945 une politique familiale innovante et exemplaire qui n’avait jamais été remise en cause et pouvait être invoquée pour expliquer l’exception démographique française. Sa philosophie reposait sur l’idée que cette politique n’était pas inscrite dans un souci de redistribution sociale mais était résolument familialiste et nataliste et jouissait à ce titre de l’autonomie. Il n’aurait pas été absurde qu’elle bénéficiât d’une préférence nationale et fût financée par la solidarité des impôts plutôt que par les charges pesant sur le travail. Ce second point était l’objet de la TVA sociale abandonnée, comme par hasard, par la majorité de gauche. En revanche, celle-ci détricote assez méthodiquement la spécificité de la politique familiale. L’idée constamment évoquée par nos gouvernants d’exclure de son bénéfice les ménages situés au-dessus d’un certain seuil, soit pour boucher les trous du budget, soit pour aider les plus modestes, est une trahison de l’esprit de cette politique qui voulait qu’un enfant en plus, dans un ménage disposant d’un certain niveau de ressources, ne le pénalise pas, par rapport à un foyer comparable par ses revenus mais ayant moins d’enfants à charge. Le déficit de 2,5 Milliards de la branche famille est fictif. Les comptes devraient se rééquilibrer mécaniquement entre 2016 et 2019. C’est la ponction créée arbitrairement par l’Etat pour financer par le biais de la CNAF les majorations de retraite des parents de trois enfants et plus qui l’a creusé. En revanche, l’abaissement du plafond du quotient familial de 2000 à 1500 Euros va toucher 13% des foyers fiscaux soit 1 300 000 ménages qui appartiennent essentiellement aux classes moyennes. La suppression de l’avantage fiscal lié aux frais de scolarité a été abandonnée de justesse à l’Assemblée par une majorité aux abois et paniquée par l’impopularité gouvernementale. Certes les mesures inscrites dans le budget pour l’année 2014 sont en deçà du plan en quatre points annoncé parle Premier Ministre au printemps dernier : Quotient familial, Prestation d’Accueil du Jeune Enfant, Congé parental et Frais de scolarité, mais la cohérence était pour une fois présente et consistait dans une réintégration de la politique familiale dans la politique sociale. Ce gouvernement est clairement par son idéologie un adversaire de la famille et de la liberté qu’elle abrite.
lundi 28 octobre 2013
Le droit du sang : le plus républicain
Comment est-on ou devient-on français ? Cette question, comme une pièce de monnaie, a un côté face et un côté pile. Côté face, il y a les données de l’histoire et les exigences de l’intérêt national. Côté pile, il y a l’alchimie idéologique par laquelle la gauche a investi et perverti le débat. C’est ainsi que le droit du sol serait devenu un tabou, et un « marqueur » républicain. Ce sujet offre l’occasion de montrer comment la gauche l’emporte dans la bataille sémantique par une subversion des mots face à laquelle la prétendue « droite » révèle son indigence intellectuelle.
L’histoire est limpide. Les sujets du roi de France étaient les hommes et les femmes qui naissaient et vivaient sur le territoire dont il était le souverain. Ils étaient « régnicoles », étaient soumis à la justice royale et ne demeuraient étrangers qu’à leur détriment puisque, sans héritier, leurs biens devenaient alors, à leur mort, la propriété du roi. La notion de nationalité n’avait guère de définition juridique précise. C’est cette conception monarchique qui prévaut en 1791. La France est toujours un royaume.
Le droit de la nationalité apparaît après la Révolution, et c’est sous le Consulat qu’il reçoit sa première définition. Pas de chance pour la gauche : celle-ci est fondée sur le droit du sang et l’intention est claire. L’égalité acquise des Français leur donne ce pouvoir de transmettre à leurs héritiers, à leurs enfants, la qualité qui est désormais la leur d’être citoyens, comme les nobles avant 1789 transmettaient leurs titres de noblesse. Il est donc clair que le droit du sol est monarchique : c’est le maître du territoire qui détermine l’appartenance ou la dépendance. Il est aussi évident que le droit du sang est une conquête de la Révolution et qu’il est donc le plus républicain des deux.
Le droit du sol refera surface beaucoup plus tard pour des raisons démographiques et militaires, et non poussé par le progrès démocratique. Notre pays, de loin le plus peuplé d’Europe avant la Révolution et l’Empire, voit sa population stagner par rapport à celles de ses voisins et adversaires potentiels. La défaite de 1870 montre l’acuité du problème et l’urgence de sa solution. C’est dans ce contexte qu’apparaît le droit du sol qui, loin de témoigner d’une générosité particulière, est avant tout le droit du sang… qu’il faudra verser.
Ce qui a guidé jusqu’à la dérive récente de la gauche sur ces sujets était l’intérêt national. Les pays d’émigration préféraient le sang pour ne pas perdre des nationaux. Les pays d’immigration souhaitaient en gagner. La France est passée au XIXe siècle d’un camp à l’autre. Désormais, sa démographie améliorée et son assimilation inefficace devraient l’amener à remettre à l’honneur le droit du sang en lui associant un droit qui vaut pour l’acquisition et non pour l’attribution, celui qui est fondé sur la volonté exprimée par des personnes. Pourquoi la gauche a-t-elle avec succès fait croire que le droit du sol était plus politiquement correct ? Tout simplement parce qu’elle vise, selon son habitude, l’intérêt du parti plutôt que celui du pays. Les immigrés récents votent pour elle.
L’automaticité est une atteinte à la liberté et au respect des personnes. Mais vouloir, c’est aussi vouloir les conséquences de ce que l’on veut : la pratique de la langue, l’adhésion aux valeurs, le parcours d’intégration qui en témoigne, la solennité de l’acquisition dépassant la simple formalité juridique correspondaient aux idées de droite qui font de l’appartenance à une nation et de la liberté du choix des personnes des valeurs essentielles. À chaque retour de la gauche, en 1998 ou en 2012, ces valeurs ont été niées. Qui peut donner le moindre crédit au coup médiatique de Copé ? J’ai beaucoup travaillé ces questions en tant que parlementaire et perdu toute confiance dans l’ancienne majorité pour conduire cette réforme nécessaire et légitime.
samedi 26 octobre 2013
L’État pillard !
L’Assemblée vient de voter une augmentation des prélèvements sociaux sur l’épargne des ménages : PEA, PEL et assurance-vie. Afin de financer la Sécurité sociale, de façon doublement rétroactive, les revenus de cette épargne réalisés à la sortie des plans ou à la fin des contrats seront taxés uniformément à 15,5 % à partir du 26 septembre 2013, première rétroactivité et quelle que soit l’année de la plus-value. Auparavant, on tenait compte du taux en cours alors : deuxième rétroactivité.
Cette mesure est l’indice d’un gouvernement aux abois et prêt à tous les expédients. Elle est doublement stupide sur le plan économique. Elle est, d’abord, injuste et immorale.
Comme d’habitude, le gouvernement justifie ce qu’il fait par l’héritage qu’il a reçu de la majorité précédente et par son souci de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Or, d’une part et de l’aveu même de la députée socialiste Valérie Rabault, cette taxation supplémentaire touche « une épargne pour les ménages les moins aisés », et d’autre part, elle procède d’une politique qui accentue les prélèvements plus qu’elle ne cherche des économies.
C’est ce gouvernement qui a élevé, par idéologie, le remboursement de l’avortement à 100 %, augmentant la dépense de 13,5 millions d’euros pour la porter à 70, afin de financer un acte dont on peut contester le caractère médical et s’étonner qu’il soit ainsi financé par la solidarité des assurés sociaux et des contribuables, notamment de ceux qu’il révulse. On pourrait aussi rappeler l’AME, super-CMU « à condition d’être en situation irrégulière », ou la CMU-C qui attribue le bénéfice du remboursement pour des traitements auxquels renoncent ceux qui sont au-dessus du seuil de ressources, mais ne peuvent pas s’offrir une complémentaire. À force d’appliquer le principe injuste de la discrimination positive et de vouloir donner plus à ceux qui ont moins, on finit par donner plus à ceux qui font moins. C’est ainsi qu’on va punir la fourmi d’avoir travaillé et économisé pour continuer à financer toutes les cigales de France. Je n’ai pas dit : « françaises ».
La rétroactivité inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale est particulièrement scandaleuse. Elle témoigne d’abord d’un rare mépris à l’égard des agents économiques que sont les épargnants et les contribuables. C’est une insulte à leur intelligence et une atteinte à leur liberté, puisqu’ils ne pourront pas agir avant que la mesure s’applique. C’est donc une tricherie de l’État envers les particuliers. J’espère, pour ma part, qu’un recours déposé auprès du Conseil constitutionnel permettra d’acter le caractère général de ce principe inséparable du contrat social et que seuls des brigands peuvent ne pas respecter.
En plus d’être immoral, ce projet de loi est anti-économique. C’est une manière de décourager l’épargne qui est le carburant des investissements et, avec le travail, l’un des moyens de s’enrichir, si j’ose ce gros mot au pays gouverné par les amis des cigales, consommatrices et assistées.
Comment imaginer qu’un peuple, dont récemment encore le ministre du Budget planquait son argent en Suisse, accepte qu’on taxe rétroactivement les gains déjà réalisés de son épargne en lui lançant à la figure et sans rire que c’est « pour harmoniser »? Je crois au contraire que le peu d’harmonie qui subsistait et que les chiffres du chômage (60 000 chômeurs, 2% de plus en septembre) détériorent davantage aujourd’hui même, va voler en éclats. Les fourches vont à nouveau se lever et les valises se préparer. Lorsqu’un gouvernement devient chaque jour plus imbuvable, n’est-il pas salutaire de le cracher ?
jeudi 10 octobre 2013
François Hollande, bientôt déchu ?
François Hollande, bientôt déchu ?
Il voulait réenchanter le rêve français. Il voulait faire oublier les années Sarkozy. Il voulait être un Président « normal », c’est-à-dire sans paillettes, remplaçant la gesticulation médiatique par une maîtrise sereine des grands dossiers. Il voulait une politique de justice sociale, appuyée sur une redistribution des revenus énergique et une résorption du chômage. Il voulait une République exemplaire. Il voulait une présence renforcée de la France sur la scène internationale, en Europe en particulier. En un an et quelques mois, l’or de la victoire s’est transformé en plomb, et le rêve a tourné au cauchemar.
Avant tout, c’est le manque d’autorité qui frappe. Hollande agit comme les professeurs chahutés, menaçant sans jamais punir. De Gaulle avait théorisé le pouvoir : prestige et distance. Notre Président en est à chercher à renouer le contact avec les Français et se fait huer à chaque apparition tandis que ses interventions télévisées se soldent par de nouveaux reculs dans les sondages.
Sur la scène internationale, la mésaventure syrienne dans l’ombre d’Obama, le mépris évident de la diplomatie russe, le ton ironique ou compatissant d’une bonne partie de la presse étrangère soulignent la perte du rayonnement du pays. En Europe, le succès de Mme Merkel et l’évidente prédominance de l’Allemagne portent un coup sévère à notre orgueil national. Reste à Hollande le Mali, où les attentats reprennent…
La République exemplaire a sombré avec Cahuzac, mais on se doutait un peu que celui qui avait géré les courants du PS pendant si longtemps n’ignorait rien des turpitudes dont certains de ses satrapes étaient capables.
Subsiste le socialisme drapé dans la vertu de la justice sociale, qui voulait faire payer les riches, protéger les emplois, relancer l’industrie et inverser la courbe du chômage. La préférence donnée à la demande sur l’offre, à l’impôt sur la baisse de la dépense publique, à la distribution d’une assistance à crédit sur l’incitation au travail méritent chacune un carton rouge. On a d’un côté une politique de la demande qui se heurte à une baisse historique du pouvoir d’achat de 0,9 % en 2012, et de l’autre un salmigondis de mesures qui finit par redonner en partie aux entreprises d’une manière complexe ce qu’on leur avait pris, tandis que des « ménages » de moins en moins riches paient la note. La politique menée est illisible et tue la confiance, qui est l’élément essentiel de toute bonne santé économique.
Dans cette forêt pétrifiée des erreurs vivait encore l’arbre de l’inversion de la courbe du chômage. Il s’est pris, comme la foudre, un bug informatique qui non seulement a éveillé les doutes sur la sincérité des chiffres, mais qui, surtout, permet à la réflexion de faire son œuvre : le gouvernement cherche à masquer, par la création d’emplois artificiels générés par la dépense publique, la stagnation de notre économie et l’absence d’une production d’emplois réels.
Les Français ne sont pas dupes. Les cafouillages de la communication gouvernementale, l’amateurisme des réformes (du logement à l’enseignement), le bricolage permanent du pouvoir au plus haut niveau posent pour la première fois la question de la légitimité de l’exécutif en raison de son incompétence.
Dans certains États américains, comme la Californie, il existe une procédure de recall. Lorsque la pétition en vue de la démission du Gouverneur atteint un certain nombre de signatures, un référendum est organisé et peut, si les oui l’emportent, obliger le Gouverneur élu à démissionner. On peur rêver que la France atteigne un jour ce niveau de démocratie…
jeudi 3 octobre 2013
Dieu Merci, en France on ne réforme pas!
Pour résumer, on pourrait dire que le gouvernement légifère sur le bricolage et bricole sur la loi. Ce n’est pas nouveau, même si, à force de parler de boîte à outils, le pouvoir actuel a accentué cette impression. Entre la nécessité objective des réformes, le désir narcissique du Ministre de marquer son passage par une loi qui porte son nom, le souci de soigner sa clientèle électorale et la levée des boucliers ou des fourches de la résistance corporatiste, le chemin est étroit et jalonné de pièges. Les réformes, dans notre pays subissent une étrange fatalité : on avait une idée du problème au point de départ. On ne voit pas, en regardant la souris difforme à l’arrivée, le rapport qu’elle a avec la montagne.
Ainsi en est-il de l’école. On voit les deux questions essentielles qu’elle pose : recul des performances et rythmes scolaires. La France pouvait être assez fière de son système éducatif. La comparaison effectuée avec d’autres pays montre depuis un certain temps des résultats en recul. Ainsi le classement établi dans le cadre du Programme International pour le Suivi des Acquis scolaires place-t-il la France au 22e rang pour le niveau atteint en mathématiques et en lecture en fin de scolarité obligatoire, et à la 27e place pour les sciences. Cette détérioration a des conséquences collectives, la baisse de compétitivité du pays, et individuelles, avec le grand nombre d’élèves qui quittent l’école sans diplôme ni qualification (12,8% des 18-24 ans en 2011) et qui auront du mal à trouver un emploi, avec le maintien d’un taux d’illettrisme inquiétant, également. Il n’y a pas un lien direct entre la dépense éducative et la qualité du système scolaire. Les pays du nord de l’Europe, comme la Finlande, ou d’Asie, comme la Corée du Sud ou Singapour se situent parmi les premiers, avant d’autres pays dont les dépenses sont supérieures. Ainsi la France est-elle 12e, pour la dépense, devant la Finlande ou la Corée dont les résultats sont meilleurs. L’organisation du système éducatif doit donc être analysée et corrigée. L’école française travaille 144 jours contre 187 dans la moyenne des pays de l’OCDE. La réforme des rythmes scolaires est donc une vraie question et pas seulement un sujet de polémique électorale avant les municipales comme l’effervescence de certains le donne à penser. Le yo-yo de la majorité précédente, fermant les écoles le samedi avec Darcos pour aboutir à la conclusion de la Conférence Nationale sur les Rythmes scolaires de 2011, réunie à la demande de Chatel et préconisant l’étalement des cours sur 9 demi-journées, devrait la rendre plus modeste.
Une année trop courte constituée de journées trop longues : tel est le constat établi depuis longtemps. Des locaux sous-utilisés, des enseignants sous-employés, des parents obligés de jongler avec les emplois du temps, des corporations attentives au changement en fonction de leurs intérêts : le système français a perdu progressivement sa rigueur et sa logique pour n’être plus qu’un empilement de réformettes contradictoires, comme dans beaucoup d’autres domaines. La réforme Peillon est donc très représentative de notre mauvaise gouvernance. On voit le problème et faute d’avoir le courage politique de le résoudre, on le complique davantage. La précipitation du Ministre a entraîné une « sacrée » pagaille dans une institution qu’il veut laïque. Une partie du pays seulement l’a mise en application dés cette année. Les élèves sont des cobayes et les municipalités essuient les plâtres. Les difficultés réelles se mêlent aux obstacles illusoires. La coupure diminuait-elle la fatigue ? Il est au contraire probable que la régularité des horaires présente un avantage. En revanche, l’introduction improvisée des activités périscolaires a généré nombre de problèmes : multiplication des référents pour les élèves, des personnes ayant accès aux locaux, entretien de ceux-ci, complexité du repérage temporel pour les plus jeunes, financement, enfin, pour les communes. On a regagné une demi-journée à l’école sans accroître le temps proprement voué à l’éducation mais en augmentant la dépense publique. Faute d’encadrement adéquat, le temps dévolu aux autres activités risque de se réduire à une garderie coûteuse en argent public et concurrente de celles qu’offrent de multiples organismes privés ou publics.
En fait, ce retour à la case départ, avec le remplacement du samedi par le mercredi sera sans doute la « grande réforme » du quinquennat. Peillon qui, dès son arrivée, piaffait, pour une fois intelligemment, sur la durée du temps scolaire, commence à comprendre qu’il doit obéir aux patrons du Ministère dont il a la charge apparente : les syndicats. Il sait bien que la vraie question est celle de l’allongement de l’année scolaire. Après l’avoir évoquée, il s’est contenté d’allonger… les vacances de la Toussaint. Mais ce récidiviste de la gaffe a remis ça en février dernier en annonçant le passage à 38 semaines au lieu de 36 avec un zonage de 6 semaines réparties sur deux secteurs. Désormais assagi, notre Ministre qui a le tort de croire qu’on est vraiment Ministre de l’Education Nationale, dit qu’on va en parler en 2015, pour une mise en oeuvre en 2017… Une année électorale comme pour la TVA sociale de Sarkozy… Peillon doit croire au Père Noël, ce qui est son droit, car contrairement à Saint-Nicolas, celui-ci est un personnage laïque…
mardi 17 septembre 2013
France. Les municipales peuvent-elles briser le « système » ?
La France est aujourd’hui une île idéologique où l’on roule à gauche tandis que partout ailleurs des politiques rigoureuses ont, parfois depuis longtemps, été mises en oeuvre avec succès. Cela s’est produit au Royaume-Uni avec les années Thatcher et les résultats actuels de l’austérité démentent les lamentables critiques sémantiques venues de France. En Suède, le modèle social-démocrate, est devenu maintenant celui de la sortie de ce système suicidaire.Dans de nombreux pays européens, en Norvège aujourd’hui, les partis de la droite traditionnelle s’allient aux populistes en associant leur réalisme économique aux préoccupations légitimes d’une grande partie de la population en matière de sécurité et d’immigration.
De récents sondages indiquent contre l’attente de certains une évolution défavorable aux deux forces politiques qui monopolisent le pouvoir de France depuis 1981. En effet une mécanique bien huilée permettait au camp qui avait perdu les élections nationales de remporter les scrutins locaux avant de gagner au niveau national pour laisser la place au plan local au concurrent. Ce manège connaissait quelques inflexions. La conquête des collectivités territoriales par la gauche a été facilitée par l’éviction du Front National de toute alliance avec la « droite » modérée. Ce bipartisme de fait n’était pas équilibré : la gauche au pouvoir appliquait son idéologie à travers des réformes que la prétendue « droite » ne remettait pas vraiment en cause. Cela avait conduit à une situation unique au monde, sans doute : après 10 ans de pouvoir de l’UMP, 17 ans de présidence de « droite », la France est le pays le plus socialiste d’Europe, avec ses 57% de dépenses publiques et ses 45% de prélèvements obligatoires, son record d’emplois publics, sa politique laxiste dans le domaine de l’immigration et de la sécurité. Ces politiques qui privilégient la fonction publique à l’emploi privé, l’assistance et la redistribution inégalitaire au travail et à la responsabilité, qui, en un mot, par aveuglement économique, ont choisi le chômage, sont aggravées par leur prolongement au plan local. La France est aujourd’hui une île idéologique où l’on roule à gauche tandis que partout ailleurs des politiques rigoureuses ont, parfois depuis longtemps, été mises en oeuvre avec succès. Cela s’est produit au Royaume-Uni avec les années Thatcher et les résultats actuels de l’austérité démentent les lamentables critiques sémantiques venues de France. En Suède, le modèle social-démocrate, est devenu maintenant celui de la sortie de ce système suicidaire. L’idée que, mécaniquement, les complices de ce désastre pourraient bénéficier de ce qu’eux-mêmes osent appeler sans vergogne une « reconquête », d’abord à l’occasion des municipales, commence à heurter beaucoup de Français : pourquoi apporter sa voix à des gens qui n’ont pas le bien commun comme objectif, mais la poursuite de leur carrière de professionnels de la politique, qui, pour la plupart n’ont pas été capables de réaliser les réformes nécessaires, ni même de les concevoir avec clarté, qui n’ont pas enfin, au plan local conduit une action très différente de leurs concurrents, notamment pour la fiscalité locale ?Comme la gauche a collectionné tous les pouvoirs, la Présidence, les deux Assemblées, presque toutes les Régions, la majorité des départements et des communes ou intercommunalités importantes, la « droite » allait grignoter le gâteau, en commençant par le bas.Raté ! L’UMP a révélé sa nature : une addition d’ambitions personnelles dont la légitimité diminue avec la disparition des idées et des valeurs au profit des calculs et des coups. Comment les électeurs qui votent pour la marque par habitude peuvent-ils encore faire confiance à cette formation qui n’a plus aucun lien avec le Gaullisme, la Démocratie Chrétienne, et le Libéralisme, les trois familles de pensée qui s’étaient unies en elle, qui n’a pas été capable de procéder aux réformes structurelles indispensables, et qui ne formule aucune idée claire pour l’avenir de la France ? L’illusion se dissipe, la mécanique se grippe, les électeurs vont quitter le PS pour punir une politique désastreuse, mais les électeurs quittent aussi l’UMP, écoeurés. Ils ne vont pas choisir la vieille tentation centriste, cet héritage du radicalisme de la IIIème République et cause de son impuissance à force de combinaisons pour garder le pouvoir à tout prix au détriment de l’intérêt national. Contrairement à ce qui s’est produit en 2008, le Front National pourrait créer la surprise aux Municipales. Il y a là un mouvement de l’opinion décisif. D’abord, celle-ci commence à se lasser de l’entêtement de la « droite » à tomber depuis trente ans dans le piège de la diabolisation tendue par la gauche. Ensuite, l’isolement semble laisser la place à une ouverture et à la constitution d’un rassemblement d’une vraie droite. Dans de nombreux pays européens, en Norvège aujourd’hui, les partis de la droite traditionnelle s’allient aux populistes en associant leur réalisme économique aux préoccupations légitimes d’une grande partie de la population en matière de sécurité et d’immigration.Si ce mouvement prend de l’ampleur, il rendra possible de briser le système dont la France est prisonnière. C’est dans cet esprit que j’étais hier à Carpentras pour soutenir Hervé de Lépineau, un avocat de 44 ans qui, n’est pas un professionnel de la politique, mais un citoyen animé par de vraies valeurs, notamment celle qui fait de la politique, dans tous les mandats que le peuple vous confie, un service du Bien Commun, non la gestion d’une carrière. Ce mouvement devrait avoir pour thème principal, le retour du Peuple, le rétablissement d’une vraie démocratie. A la demande d’A. Sandler, et de son Cercle des Citoyens, je défendais, hier, à LYON, une des idées phares du RPF, que je soutiens depuis longtemps : l’instauration en France du Référendum d’Initiative Populaire, suivant l’exemple de la votation suisse.
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