En revanche, leurs cotisations sociales sont versées dans leur pays d’origine. Avec de solides économies à la clé : en 2011, les seules charges patronales se montaient à 38,9% du salaire en France, mais à 6,3% à Chypre… De la main-d’œuvre low cost, comme les centaines de travailleurs (polonais pour la plupart) qui ont été embauchés sur le chantier de l’EPR à Flamanville. Nombre d’entre eux étaient salariés de la société Atlanco, dont l’une des filiales est à Chypre.lundi 4 novembre 2013
Poison lent
Poison lent
Quelques jours seulement après la libération des quatre otages français d'Arlit, l'assassinat, samedi, des deux journalistes de RFI au Nord-Mali, nous ramène à une atroce réalité. L'insatiable cruauté des preneurs d'otages nous condamne, face à l'épreuve renouvelée, à une sobre dignité et une solidarité sans failles. On voit bien que la barbarie des ravisseurs se nourrit de nos emportements émotionnels, qui donnent du retentissement à leurs exactions, et des polémiques qui les accompagnent. À peine les otages d'Arlit étaient-ils rentrés en France que se déclenchait l'infernal tourbillon des rumeurs sur les conditions de leur libération. On comprend mieux, aujourd'hui, le silence qu'ils observèrent sur le tarmac de Villacoublay face au déferlement médiatique.
Depuis hier, ce sont d'autres lancinantes questions qui sont posées. Elles aussi affectent le besoin d'unité nationale. Et si les journalistes, qui avaient bravé les recommandations des forces Serval, avaient pris un risque inconsidéré ? Et si l'État français, compréhensif avec les Touareg, avait ouvert la porte à la surenchère ? Et si la prise en chasse des ravisseurs les avait conduits à exécuter les journalistes ? Et si… Et si… Autant de supputations qui interviennent comme un poison lent.
Le seul point dépourvu d'ambiguïté concerne la dangerosité de la situation à Kidal malgré la présence militaire. L'infiltration de petits groupes terroristes prouve que la souveraineté du Mali, un peu vite célébrée, reste à faire. Pourquoi nos journalistes, dans ce contexte, n'ont-ils pas bénéficié d'une protection ?
Leur exécution reste, en tout cas, un acte abject. Même si elle n'est ni plus ni moins insupportable que celle de victimes plus anonymes, elle revêt valeur supplémentaire de symbole. Parce que les journalistes sont les « yeux de nos consciences », on constate qu'ils deviennent aujourd'hui des cibles pour les fanatiques. Les ravisseurs savent que la « qualité » des victimes va engendrer une mobilisation et un émoi considérables. Songeons à les priver de cette délectation sadique.
Quelle horreur, la déflation continue !
Les nouvelles économiques, on le sait, ne sont pas bonnes. Au niveau français, le gouvernement semble tout faire pour accroître la confusion et la misère, avec une assez bonne réussite. Au niveau européen, les différentes institutions, même avec l’inertie qui les caractérise, sont obligées d’admettre que la situation n’est pas joyeuse. Mais là où on sait qu’elle est en train de prendre un tournant vraiment croquignolet, c’est lorsqu’un type comme Dominique Strauss-Kahn en vient à l’annoncer publiquement.
Entendons-nous bien : je ne suis pas en train d’expliquer ici que Dominique serait subitement parvenu à un niveau de compréhension tel de l’économie qu’on puisse affirmer que ses déclarations ont pris une valeur. Mais il faut remarquer qu’un keynésien en diable comme lui, toujours partant pour aller claquer du pognon en inutiles et dispendieuses relances, qui annonce que, finalement, ça ne le fait pas trop, cela change franchement du crin-crin habituel de ses amis politiciens et économistes.
En effet, lors d’une conférence à Séoul (il faut bien gagner sa vie, hein), l’ex-ministre socialiste, ex-patron du FMI, ex-inculpé du Carlton, ex-inculpé du Sofitel, ex de Anne Sinclair, a délivré un réquisitoire cinglant contre la stratégie de l’Eurozone qui mène, selon lui, le Vieux Continent tout droit à un « cauchemar » :
« La faible croissance va conduire à des troubles sociaux, puis à des menaces contre la démocratie. Concernant les timides signaux favorables en Europe, personne ne peut croire à cette image rose bonbon. Nous allons avoir une faible croissance qui ne crée pas d’emplois, pendant de longues années, jusqu’à ce que cela crée des problèmes sociaux et politiques. (Les dirigeants européens) se cachent tous derrière la BCE pour camoufler leur inaction. »
Je ne peux pas dire, à proprement parler, que c’est faux. Sa conclusion (à savoir que tout est en train de partir en sucette) est même globalement correcte. Cependant, elle est assise sur des prémisses bidons, comme par exemple, que l’austérité serait en place (la bonne blague), et que les États européens se bousculeraient tous pour faire des coupes drastiques dans leurs dépenses (ah oui ?), et que cette méchanceté budgétaire se traduirait par l’horreur économique et sociale qu’on observe actuellement, pour aboutir à la catastrophe prédite par ce sacré Dominique.
La réalité factuelle, qui ne correspond pas des masses à ce qu’on entend dans les médias mainstream, est évidemment ni rose bonbon, ni similaire aux prémisses implicites du bon vieux Dominique. L’austérité (qui marche lorsqu’elle est vraiment appliquée) n’a pas été mise en place, les dépenses ont continué de plus belle, les relances keynésiennes débiles et forcenées n’ont absolument rien changé au problème initial et la situation est, maintenant, effectivement pire qu’elle ne l’était au début de la crise en 2008.
Ce qui explique d’ailleurs les tourments dans lesquels sont à présent plongés les dirigeants européens à commencer par Mario Draghi, le patron de la BCE dont la prochaine réunion, ce jeudi 14 novembre, devra l’amener à quelques déclarations au sujet de l’inflation, du chômage et de l’euro. Eh oui ! Malgré les différentes opérations menées par la banque centrale et les vigoureuses manipulations de la monnaie auxquelles se sont livrés nos alchimistes économiques, pouf, rien n’a marché comme prévu : l’euro est une monnaie trop forte (ce qui amène un peu d’eau dans les yeux du teckel épileptique montebourgeois) et surtout, la déflation continue de s’installer.
Pendant ce temps, les individus qui ont deux sous de bon sens comprennent intuitivement que la litanie des plans sociaux, le chômage qui touche de plus en plus de monde, les perspectives globales médiocres et, surtout, le fait que les dettes s’entassent au lieu de se résorber, tout cela ne peut pas favoriser, à long terme, une reprise économique. Dès lors, il n’est pas étonnant de constater que les uns et les autres ont une tendance manifeste à thésauriser, d’une façon ou d’une autre, et à remettre autant que possible les achats non indispensables à plus tard.
La bataille entre l’inflation et la déflation fait donc rage actuellement. Je vous invite à relire ce précédent billet qui remet l’ensemble des acteurs en perspective et dont les explications sont encore valables actuellement.
Phénomène intéressant lorsqu’on parle déflation, les analystes keynésiens sortent du bois, ce qui donne lieu à des articles assez croustillants de la part d’une Agence Fausse Presse toujours aussi affûtée. Parce que, comprenez-vous, lorsqu’une déflation s’installe, c’est l’horreur : face à des prix qui baissent, le consommateur diffère ses achats, dans l’espoir de payer encore moins cher demain sa voiture, son canapé, son appartement. C’est horrible, que voulez-vous. Notez que pour le sandwich ou le carré de bœuf, c’est un peu moins vrai : il semble que la déflation ne porte finalement pas trop sur les patates et plus sur les biens … pas indispensables. Dont, d’ailleurs, on finit par voir qu’ils sont toujours achetés. Juste plus tard (après tout, une voiture finit un jour ou l’autre par tomber en panne fatale et nécessiter son remplacement). Peut-être un fait intéressant se cache-t-il dans cette observation ?
Allons. Tout le monde sait que la déflation, cela veut dire des commandes aux entreprises qui baissent, ces dernières qui réduisent leur production, voire les salaires, ou pire, qui licencient, ce qui paralyse encore davantage les ménages, et enclenche évidemment un cercle vicieux dont on ne sort que lorsque tout le monde est au chômage et que plus personne ne consomme.
Comment ça, c’est idiot ? La déflation, ce ne serait pas toujours tout mauvais ?
Ben non. La déflation, c’est, aussi, le retour à la normale, c’est-à-dire le retour à un monde où les gens sont tenus de mettre de côté avant de pouvoir acheter au lieu d’en passer toujours par le crédit. C’est un monde où les individus planifient pour leurs dépenses futures, font attention à leurs dépenses courantes. C’est un monde où la préférence pour l’épargne est supérieure à la préférence pour le crédit. C’est, horreur des horreurs, un monde où le capital peut se constituer par accumulation de richesses produites et non par des jeux financiers plus ou moins opaques. C’est un monde qui incite à la disparition du crédit… et de la dette.
On comprend l’horreur que cette déflation peut représenter aux yeux des dirigeants actuels.
Maintenant, il ne faut pas se bercer d’illusions : d’une part, ce n’est pas parce qu’on est en déflation depuis un moment que l’inflation ne viendra pas, jamais. Et ce jour-là, absolument rien n’indique que nos banquiers et nos politiciens seront capables de la contrôler (et l’historique navrant des uns et des autres laisse plutôt supposer le contraire). D’autre part, tout retour à la réalité, qu’il soit fait par le truchement d’une déflation ou d’une hyperinflation carabinée, sera extrêmement douloureux. On ne vit pas plusieurs décennies dans le rêve rose d’un socialisme redistributeur aux frais des générations futures sans en payer un jour le prix.
Et le jour où la facture tombera, elle fera mal.
Otages et bananes !
Otages et bananes !
Le miracle n'aura duré qu'une minute : une salve d'applaudissements, sur tous les bancs de l'Assemblée, pour saluer la libération des quatre otages. Un député de l'opposition ose féliciter le gouvernement ! Rare moment d'unité nationale, contrainte, même si elle répond au souhait du président. Sur le tarmac, les otages incarnent la fragile communauté nationale.
Dans la foulée, l'appel de Jean Glavany à exprimer un soutien républicain à Christiane Taubira, victime d'une campagne raciste odieuse, cris de singe et bananes agitées sur son passage, reçoit l'accueil glacial de l'opposition. Vent debout contre la garde des Sceaux, héroïne du mariage pour tous, elle ne voit dans ces appels à l'unité que man'uvres de diversion d'un exécutif aux abois.
Le climat politique, exacerbé par la pagaille au sommet, reste donc soumis aux excès langagiers qui confinent à l'hystérie. Dans l'affaire Leonarda, on a parlé de rafle, de président abject et inhumain ! Oubliée, la « libido sciendi » de saint Augustin, la vérité par la raison.
Le caméléon devient fou sur une couverture écossaise. Ceux qui courent après toutes les opinions les plus populistes, et en rajoutent pour exister dans le cirque médiatique, prennent aussi un risque. Eschyle nous enseigne que « la démesure, en mûrissant, produit l'épi de l'erreur et la moisson qu'on en lève n'est faite que de larmes ».
Ces salariés low cost venus d'Europe de l'Est (Bulgarie, Roumanie, Slovaquie...)
Ne tirez plus sur le plombier polonais : la France, à présent, doit composer avec des maçons bulgares, des cueilleurs roumains ou des chauffeurs de poids lourds slovaques. Des salariés que l’on appelle "détachés", censés travailler pendant quelques semaines ou quelques mois dans un autre pays, en conformité avec la directive européenne sur le détachement. Leur rémunération nette est alignée sur celle de la branche dans laquelle ils travaillent.
En revanche, leurs cotisations sociales sont versées dans leur pays d’origine. Avec de solides économies à la clé : en 2011, les seules charges patronales se montaient à 38,9% du salaire en France, mais à 6,3% à Chypre… De la main-d’œuvre low cost, comme les centaines de travailleurs (polonais pour la plupart) qui ont été embauchés sur le chantier de l’EPR à Flamanville. Nombre d’entre eux étaient salariés de la société Atlanco, dont l’une des filiales est à Chypre.
Ce procédé reste difficilement quantifiable, car il est sous-déclaré. Une chose est certaine, il n’est plus marginal. En 2011, la Direction générale du travail a recensé 145.000 salariés détachés, pour un nombre d’heures équivalant à 21.000 jobs à temps plein (+30% par rapport à l’année précédente). Et elle a estimé à 300.000 le nombre réel de travailleurs détachés. Plusieurs fédérations professionnelles ont alerté les pouvoirs publics. Au printemps, deux rapports parlementaires sont parus sur le sujet : celui d’Eric Bocquet au Sénat, et celui cosigné par Gilles Savary, Chantal Guittet et Michel Piron à l’Assemblée nationale.
Pour le profane, difficile de faire la différence entre cette directive détachement et la fameuse directive Bolkestein, rebaptisée "du plombier polonais". L’une (Bolkestein) autorise les entreprises étrangères à élire domicile dans un autre Etat membre. L’autre, la directive détachement, permet à une entreprise basée dans un pays X d’envoyer ponctuellement ses salariés dans un pays Y pour une prestation donnée.
Cette disposition bouleverse la donne dans plusieurs secteurs, comme le BTP, l’agriculture ou les transports, qui concentrent le gros des effectifs. En cassant les prix, elle fausse la concurrence. "Nous avons vu des offres à 10 ou 12 euros, quand un ouvrier français coûte, toutes charges comprises, autour de 34 euros l’heure", affirme Didier Ridoret, président de la Fédération française du bâtiment. Les entreprises qui y ont recours sont donc favorisées. En outre, elles bénéficient de procédures simplifiées.
"Avec les salariés détachés, l’employeur achète une prestation, explique Claude Cochonneau, vice-président de la FNSEA. Au lieu d’établir une fiche de paie par employé saisonnier, il s’acquitte d’une facture." Au fur et à mesure qu’il se développe, le phénomène met un terme à l’idée des "jobs non délocalisables" tant vantés il y a quelques années. "On n’envoie plus la fabrication à l’extérieur, on fait venir les salariés", se désole Didier Ridoret.
Cette course à l’optimisation sociale occasionne un manque à gagner difficilement chiffrable pour la Sécurité sociale. Et elle génère d’importantes dérives, comme le raconte Philippe Béart, référent régional de lutte contre le travail illégal pour l’Urssaf de Lorraine. "Récemment, nous avons repéré une entreprise de bâtiment qui avait une dizaine de salariés début 2012 et qui n’en comptait plus que deux à la fin de l’année.
L’essentiel de l’équipe travaille toujours en France mais sous contrat luxembourgeois. L’entreprise qui les détache est fictivement installée au Luxembourg, mais, physiquement, elle a gardé ses entrepôts en France." Un cas très limite, car, pour être en règle, une entreprise qui détache des salariés doit pouvoir justifier d’une réelle activité dans son pays d’origine. Bien souvent, ce n’est pas le cas.
Les abus sont légion. Certaines entreprises rémunèrent leurs salariés au tarif en vigueur dans le pays d’accueil, mais prélèvent, dès leur retour, une part importante de leur rémunération au titre du transport et du logement. Autre artifice : établir un contrat de 35 heures et faire travailler le salarié 60 heures par semaine. Quant aux conditions d’hébergement et de transport, elles fluctuent selon les employeurs, mais, ajoutées à la confiscation régulière de papiers, certaines situations sont décrites comme étant proches de l’esclavagisme.
La surveillance des administrations s’est accrue. Les Urssaf comme la Direction générale du travail ont créé des cellules spécialisées dans la lutte contre le travail illégal. "Sur les chantiers, on croise fréquemment des salariés sans protection réglementaire aux normes, équipés de matériel usagé et inefficace, explique Philippe Dingeon, chef du département de l’animation de la politique du travail et du contrôle à la Direction générale du travail. La sous-traitance en cascade est aussi un indice très fort."
Ces situations sont plutôt faciles à repérer. Epingler les sociétés est une autre affaire. "Le certificat de détachement du salarié peut être présenté à tout moment, y compris de façon rétroactive", indique Bérengère Le Boedec, responsable du pôle prévention recherche et lutte contre la fraude à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss). Pour vérifier l’activité réelle d’une entreprise dans son pays d’origine, les Urssaf et la Direction générale du travail font appel à des bureaux de liaison, qui coopèrent plus ou moins bien selon les pays – "le temps d’obtenir un retour, le salarié a déjà plié bagages", observe Gilles Savary.
Pour y voir plus clair et limiter les excès, le député propose de mettre en place une carte du travailleur européen, mise à jour en temps réel. Il préconise aussi la création d’une liste noire des sociétés qui détachent abusivement leur main-d’œuvre. Il plaide, enfin, pour que les organisations syndicales puissent intenter des recours.
Toutefois, il a du mal à se faire entendre. "La libre circulation des personnes est une des valeurs fondatrices de l’Union européenne, elle est difficile à remettre en cause", reconnaît-il. Beaucoup d’Etats membres, satisfaits que leurs salariés puissent aller gagner leur pain ailleurs, freinent des quatre fers.
Nouvelle atteinte à la liberté hier soir à Paris
"Nous étions hier soir une bonne vingtaine de Sentinelles devant le domicile présidentiel rue Cauchy (22h40), en réel mode "sentinelle" c'est-à-dire espacés les uns des autres, sans slogan ni trouble à l'ordre public. Nous sommes arrivées par vagues successives ; il y avait outre les deux policiers en civil, une fourgonnette de police déjà sur place.
Nous étions espacés, silencieux. Il est vrai que quatre d'entre nous avaient un bonnet rouge, et on devinait un sweat LMPT, mais ce ne sont que des vêtements (!) il n'y avait ni inscription écrite ni revendication exprimée.
Moins de dix minutes après notre arrivée un escadron de Gendarmerie Mobile et une Cie de CRS (environ 100 hommes au total) nous ont regroupés sur un seul trottoir, bien serrés et nous ont parqués 100 m plus loin. Refus d'explications, refus de contrôler nos identités. Attente... Un commissaire arrive. Je lui présente mes papiers. Il fait relever mon identité, me dit que je vais pouvoir partir, puis après un échange à la radio se ravise. Fait contrôler TOUTES les identités.
Veut un "volontaire pour se désigner responsable et être auditionné". Refus collectif. Alors nous serons tous auditionnés (!) Au commissariat, nouveau contrôle de TOUTES les ID plus d'une heure après interpellation. Il nous relâchent vers 1h00 du matin, sauf deux en GAV. Sommes en train de préparer plainte collective avec avocat".
Hollande "est vigoureusement mou", selon Hortefeux
Brice Hortefeux était l'invité de l'émission C Politique, sur France 5, dimanche 3 novembre. L'ami de Nicolas Sarkozy en a profité pour tacler le président de la République François Hollande.
"Le président de la République est très étonnant, son trait de caractère, c'est d'être vigoureusement mou", a lâché l'ancien ministre de l'Intérieur en réponse à une question sur l'appel de Jean-Louis Borloo à dissoudre à l'Assemblée.
Il a annoncé que le président "sera obligé de changer de ligne, de cap si tant est qu'il en est un" au cours du quinquennat. Puis, il s'est lancé dans un portrait comparatif en évoquant "l'autorité, l'expérience, la compétence, la détermination, le charisme de Nicolas Sarkozy". Il a estimé que ces traits de caractère manquaient aujourd'hui cruellement à la France et que "François Hollande le souligne, et finalement le surligne".
dimanche 3 novembre 2013
Otages et bananes !
Otages et bananes !
Le miracle n'aura duré qu'une minute : une salve d'applaudissements, sur tous les bancs de l'Assemblée, pour saluer la libération des quatre otages. Un député de l'opposition ose féliciter le gouvernement ! Rare moment d'unité nationale, contrainte, même si elle répond au souhait du président. Sur le tarmac, les otages incarnent la fragile communauté nationale.
Dans la foulée, l'appel de Jean Glavany à exprimer un soutien républicain à Christiane Taubira, victime d'une campagne raciste odieuse, cris de singe et bananes agitées sur son passage, reçoit l'accueil glacial de l'opposition. Vent debout contre la garde des Sceaux, héroïne du mariage pour tous, elle ne voit dans ces appels à l'unité que man'uvres de diversion d'un exécutif aux abois.
Le climat politique, exacerbé par la pagaille au sommet, reste donc soumis aux excès langagiers qui confinent à l'hystérie. Dans l'affaire Leonarda, on a parlé de rafle, de président abject et inhumain ! Oubliée, la « libido sciendi » de saint Augustin, la vérité par la raison.
Le caméléon devient fou sur une couverture écossaise. Ceux qui courent après toutes les opinions les plus populistes, et en rajoutent pour exister dans le cirque médiatique, prennent aussi un risque. Eschyle nous enseigne que « la démesure, en mûrissant, produit l'épi de l'erreur et la moisson qu'on en lève n'est faite que de larmes ».
Le danger de l’épidémie bretonne
Le danger de l’épidémie bretonne
Retraites, budget, fonctionnaires : les trois sujets à l’agenda de la majorité en septembre laissaient présager une chaude rentrée sociale. Finalement, le gouvernement, au prix de quelques concessions et renoncements, avait su éviter les écueils et obtenu une relative paix sociale. Celle-ci pourrait voler en éclat si le mouvement de colère né en Bretagne devait se répandre à d’autres régions de France.
Derrière l’allumette bretonne que constitue l’écotaxe, les deux mois qui viennent de s’écouler ont vu les plans sociaux s’accumuler, tandis que le « ras-le-bol » fiscal théorisé par Pierre Moscovici à la fin du mois d’août prenait tout son sens au fur et à mesure que les feuilles d’impôt sur le revenu arrivaient dans les boîtes aux lettres. Le « ras-le-bol fiscal » s’est ainsi transformé en « ras-le-bol général », les atermoiements du président et du gouvernement sur de nombreux sujets, tels la gestion catastrophique du cas Leonarda, ne faisant que renforcer le mécontentement des Français. Ajoutez à cela un pessimisme ambiant qui tranche avec l’optimisme forcené d’un gouvernement qui répète à l’envi que « la reprise est là » à des citoyens qui ne voient rien venir, et tous les ingrédients sont réunis pour que le pays gronde de colère.
Le danger d’une propagation du mouvement breton tient notamment à ses origines irrationnelles et à ses revendications fourre-tout, sans oublier l’action des populistes de tous poils, Le Pen et Mélenchon en tête, qui n’hésitent pas, par leurs discours, à souffler sur les braises, quitte à participer à une déstabilisation de l’ordre démocratique. Que les citoyens s’expriment dans les urnes n’est que légitime et toutes les élections partielles depuis l’arrivée à l’Élysée de François Hollande ont montré la clarté du message. Pousser à une forme d’insurrection, sous couvert de discours violents, est d’une tout autre gravité.
Alors que le climat politique, économique et social ne cesse de se dégrader, l’exécutif a déjà fait une croix sur les élections municipales et européennes de 2014. Jean-Marc Ayrault tiendra-t-il jusque-là si le mouvement breton fait tache d’huile et que les Français descendent par centaines de milliers dans la rue pour crier leur ras-le-bol face à la crise ? Probablement pas. La chaude rentrée sociale, c’est maintenant ?
Colère bretonne: un risque de contagion
Colère bretonne: un risque de contagion
Un conflit brouillé. Chacun en veut à l’autre mais tous en veulent au gouvernement: à l’image des violences de Quimper, des revendications hétéroclites des manifestants et des récupérations plus ou moins obscènes de certains politiques, la crise bretonne devient de plus en plus brouillée.(Commentaire paru dans Dimanche Ouest-France du 3 novembre 2013)
Des patrons licencieurs à côté de salariés licenciés; des éleveurs pressurés par des industriels eux-mêmes dans l’impasse; des grandes enseignes solidaires de ceux qu’elles étranglent; des dirigeants UMP et UDI qui contestent, à côté d’extrémistes, leur propre écotaxe ; des syndicalistes qui défilent à Quimper, d’autres à Carhaix, d’autres qui ne défilent pas, des jacobins et des décentralisateurs... De cette confusion peut naître le pire.
Pour comprendre la colère bretonne, il faut sérier les problèmes. Il y a, pour tout le pays, une panne de croissance, aggravée par la hausse des prélèvements destinée à redresser les comptes publics. Et il y a des particularités propres à la Bretagne ou, en tout cas, à certaines activités fortement représentées dans l’Ouest.
Causes générales et locales. Si l’histoire ne se répète pas, elle offre parfois des similitudes. C’est un peu comme si nous étions revenus en 1675 lorsqu’en pleine récession économique et commerciale, Louis XIV voulut lever de nouveaux impôts, en particulier le fameux papier timbré, pour payer la guerre contre la Hollande.
Mais que ce soit au XVIIè siècle (révolte des Bonnets rouges), ou en 1961 (révoltes paysannes contre l’effondrement des cours), en 1962 (bataille contre les tarifs du rail), en 1968 (le plan routier, portuaire et téléphonique breton) ou en 1969 (le référendum sur la régionalisation annoncé le 2 février par De Gaulle, à... Quimper), le sentiment d’abandon demeure le fil rouge de la virile relation avec Paris.
Au-delà des causes immédiates de la crise, il y a ce que tout le monde sait depuis toujours: l’éloignement géographique, le dumping européen, la fin des subventions auxquelles certains s’étaient trop habitués, le prix de la main-d’œuvre et le poids de la fiscalité sur des produits à faible valeur ajoutée et à faible marge, le sous-investissement et la sous-qualification...
Mais si une partie de l’agroalimentaire est en crise, d’autres branches, qui ont su créer de la valeur, vont bien voire manquent de main-d’œuvre.
Une logique infernale qui tire cette économie par le bas: acheter, produire et vendre toujours moins cher, produire toujours plus pour se rattraper sur les quantités. A ce compte-là, la moindre variation de cours, la moindre concurrence nouvelle, la moindre taxe supplémentaire font des dégâts.
Endiguer la contagion. A causes multiples, réponses multiples: agir au niveau européen pour mettre fin au dumping, jouer moins sur la fiscalité et plus sur la dépense publique, déléguer aux Régions ce qu’elles feraient mieux que l’Etat.
Ces crises naissent toujours de la panne de croissance, conjuguée à un sentiment d’abandon et à l’impôt de trop. La Bretagne n’est pas la France. Mais les Français pour qui le fardeau fiscal est d’autant plus insupportable que menace le chômage pourraient bien se sentir un peu bretons.
Les 343 salauds et leurs détracteurs ont-ils lu Les Mille et Une Nuits ?
Ce que nous connaissons des histoires racontées chaque nuit par la belle Shéhérazadeau sultan, qui, envoûté par ses récits, renonçait à lui couper la tête, est à peu près aussi riche que les textes figurant sur un timbre-poste. Dans leur version intégrale - et non expurgée
, Les Mille et Une Nuits comptent pas moins de six tomes, admirablement traduits par un orientaliste belge du nom de Mardrus. J’en suis l’heureux possesseur depuis peu.
Un tel trésor ne peut pas ne pas être partagé. J’incite donc Mme Taubira (et accessoirement Mlle Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits de la femme) à plonger dans ces pages. Il est vrai que, rythmées par des « Allah le miséricordieux », elles frôlent parfois la monotonie. Mais on ne s’y ennuie quand même pas. À chaque page ça fornique, ça s’accouple et ça copule. Non, non, ce n’est pas pour ça que je recommande ce livre à Christiane Taubira et à Najat Vallaud-Belkacem !
On y décapite beaucoup et parfois on découpe au poignard. Ça fourmille d’esclaves : tous des nègres (dans le texte). Ils sont laids, affreux, répugnants, mais dotés d’une virilité exceptionnelle. Eh oui ! cette angoisse (qui a survécu jusqu’à notre époque contemporaine) du mâle blanc confronté à la supposée puissance sexuelle du noir date du XIIe siècle et a éclos dans l’Arabie pas si heureuse que ça ! Les femmes, elles, suscitent la même crainte. Toutes des s… ! Elles sont folles de leurs corps, avides d’étreintes à répétition. Il est vrai qu’au harem elles devaient supporter d’interminables attentes avant que leur seigneur et maître daigne - car il avait du monde à satisfaire - s’occuper d’elles.
Bien sûr que le rapport aux femmes a changé depuis dans le monde arabo-persan. Mais il reste quelque chose de la belle époque évoquée par Les Mille et Une Nuits. Ainsi, le Parlement de Téhéran vient de voter une loi autorisant les pères iraniens à épouser leurs filles adoptives dès l’âge de 13 ans. 13 ans, et déjà des s… !
Les Mille et Une Nuits ne nous cachent aucun détail sur les ravages du désir féminin. Dès que le sultan, l’émir ou le cheikh ont le dos tourné (une guerre, un voyage), elles s’adonnent à la plus abominable des débauches. Et avec qui ? Mais avec les esclaves ! Avec les nègres si virils et si infatigables. Bien entendu, avec Shéhérazade, la morale triomphe toujours, car la belle veut sauver sa peau. Le sultan, l’émir, le cheikh reviennent, apprennent la vérité sur ces horribles copulations et coupent la tête à tout le monde*.
Les Mille et Une Nuits, en dehors de leur aspect sanglant et érotique, demeurent une source utilement consultable par les historiens et par certains ministres. L’esclavage s’y étale comme le chose la plus naturelle du monde. Et les esclaves sont tous noirs. Il y en eu des millions et des millions razziés ainsi sur le continent africain par les tribus arabes. L’Europe, bien plus tard, a suivi le mouvement. L’esclavage a formé une tache honteuse sur la civilisation européenne.
Mais pas une tache indélébile, contrairement à ce qu’a voulu nous faire croire la loi mémorielle de Mme Taubira. Des hommes ont écrit, lutté et payé de leur vie par milliers (la guerre de Sécession aux États-Unis) pour abolir la honte esclavagiste. C’est à l’honneur de la civilisation européenne.
Il n’en est pas de même dans d’autres pays au passé esclavagiste jamais cités, jamais nommés. Pourquoi sommes-nous les seuls à devoir expier pour nos fautes ? Pourquoi sommes-nous les seuls à avoir mené un long et difficile combat pour l’émancipation des femmes après avoir libéré des esclaves des chaînes que nous leur avions mises ? J’ai pensé que Mme Taubira pourrait trouver quelques nouvelles lumières dans Les Mille et Une Nuits. J’ai donc appelé son service de presse pour proposer de lui envoyer mes précieux six tomes. On m’a répondu que la garde des Sceaux était occupée à lire La Case de l’oncle Tom.
* À la même époque, en Europe, les troubadours chantaient l’amour courtois. C’était joli. Il n’empêche que, s’agissant des femmes, les mâles chrétiens n’étaient pas loin de partager l’opinion de leurs ennemis musulmans. Ainsi, quand les chevaliers très-chrétiens partaient pour la croisade, ils obligeaient leurs épouses à porter des ceintures de chasteté. Pas très beau tout ça. Mais ça valait quand même mieux que de couper des têtes à leur retour.
A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.
Les prix sont des "machines à rétrécir les écrivains"
Lundi 4 novembre, à 13 h, l’on connaîtra le nom du lauréat du prix Goncourt 2013. Si cette annonce n’a plus les honneurs de l’ouverture des JT français, elle n’en demeure pas moins majeure pour le monde de l’édition. Que penseraient les initiateurs du plus convoité des prix littéraires de ce qu’il incarne aujourd’hui ? Fruit de quinze années de recherches, "La Littérature à quel(s) prix ?" (La Découverte, 245 pp., env. 22 €) dresse le panorama d’une exception française (de plus). Maître de conférence en littérature française à l’université de Paris-Ouest, Sylvie Ducas y analyse l’histoire et les enjeux d’un phénomène touché par l’inflation - il existe plus de 2 000 prix littéraires chez nos voisins et"chaque jour ou presque en voit naître un nouveau".
Marée de bonnets rouges sur Quimper contre l'écotaxe
QUIMPER, Finistère (Reuters) - Des milliers de personnes coiffées de bonnets rouges se sont rassemblées samedi à Quimper (Finistère), où des heurts ont éclaté avec la police malgré les appels au calme, pour défendre l'emploi en Bretagne et réclamer la suppression de l'écotaxe.
La manifestation a rassemblé plus de 10.000 personnes selon la préfecture et plus de 30.000 personnes selon les organisateurs, réunissant salariés de l'industrie agro-alimentaire, artisans, agriculteurs, transporteurs routiers, pêcheurs et chefs d'entreprise.
En milieu d'après-midi, des heurts ont éclaté entre une centaine de manifestants et les forces de l'ordre rassemblées près de la préfecture du Finistère qui ont répliqué à des jets de projectiles en faisant usage de lances à eau et de grenades lacrymogènes.
La préfecture a signalé plusieurs blessés légers lors de ces échauffourées.
Dans le département voisin du Morbihan, un portique de contrôle de l'écotaxe est tombé samedi après avoir été incendié par des manifestants à proximité de Saint-Allouestre.
Pour symboliser les difficultés que traverse actuellement la Bretagne, notamment dans le domaine agro-alimentaire, les manifestants ont installé des dizaines de pots de chrysanthèmes multicolores près de la préfecture et aux abords de la place de la Résistance.
"Tous mes voisins sont dans l'agro-alimentaire ou dans la pêche, ces chrysanthèmes, c'est pour montrer que la Bretagne est en train de mourir", a dit à Reuters Armelle, une assistante sociale de 46 ans, venue de Brest.
Les manifestants portaient des bonnets rouges, en référence aux révoltes paysannes bretonnes de la fin du 17e siècle. Suite...
PAS D'UNANIMITÉ
Une délégation de 250 à 300 employés de l'abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau, qui doit bientôt fermer et supprimer 850 emplois, avait fait le déplacement ainsi que des ouvriers de Marine Harvest, dont le site de Poulaouen, dans le Finistère, qui compte environ 400 postes doit aussi fermer.
Portant un maillot orange frappé des mots "Marine Harvest, salariés en colère", Céline, 35 ans, travailleuse intérimaire dans cette société, s'est dite insatisfaite de la suspension de l'écotaxe décidée par le gouvernement, même si cette taxe qui devait entrer en vigueur le 1er janvier n'a pas eu d'incidence sur la situation de son entreprise.
"Je demande sa suppression parce que c'est toute la Bretagne qui va être pénalisée", a-t-elle déclaré à Reuters, ajoutant qu'avec les fermetures d'usines "les commerçants, les artisans, ne pourront plus vivre".
"C'est un jour qui fera date", a lancé, devant une forêt de drapeaux bretons et du haut d'un podium qui réunissait différents représentants syndicaux, le maire de Carhaix, Christian Troadec (Divers gauche).
Ceint d'une écharpe aux couleurs blanches et noires de la Bretagne, l'élu a également demandé la fin du dumping social en Europe qui selon lui mine l'emploi et l'économie en Bretagne.
La manifestation quimpéroise n'a toutefois pas fait l'unanimité puisque certaines organisations, telles Europe Ecologie Les Verts, la CGT, la FSU, le Parti communiste ou encore le Front de Gauche, ont appelé à un autre défilé à Carhaix, jugeant ambigus les mots d'ordre du défilé quimpérois.
"A Quimper, on reste sur l'écotaxe, mais l'écotaxe ce n'est pas le problème des salariés, c'est le problème des patrons", a déclaré à Reuters Anne-Véronique Roudaut, secrétaire départementale de la CGT, syndicat par ailleurs favorable au principe de l'écotaxe pour des raisons économiques et écologiques.
EELV Bretagne a estimé de son côté que la question de la taxe poids lourds n'était qu'un écran de fumée destiné à masquer les responsabilités des principaux acteurs patronaux de l'agro-alimentaire dans la faillite du modèle breton.
Antidotes
Quels antidotes au Front national ?
A quel corps appliquer l’antidote ? Au corps social ? A des parties de ce corps, le citoyen, le politique, le politicien ? Quels sont les symptômes qui seront pris en compte ? Le désintérêt des citoyens manipulés depuis si longtemps par des politiciens qui font passer leurs intérêts ou ceux des lobbys qui les ont portés au pouvoir, avant une politique conduite pour le bien des peuples ? L’environnement économique dicté par le pouvoir financier qui commande dans l’ombre, ce qui rend les « changements » de gouvernements inutilement ridicules ? La déstabilisation générale des sociétés de par le monde, appelée, par ceux qui en sont les pilotes, mondialisation ?
On n’applique pas des antidotes à un thermomètre ! Déliquescence des institutions, échec de l’éducation, de l’intégration, du vivre ensemble, dans un environnement où ont été glorifiés la réussite personnelle, l’individualisme, le « tout le monde uni contre tous les autres », la culpabilisation…
La solution ? Une constituante dans laquelle ce ne seront pas aux hommes (et femmes) de pouvoir, d’écrire les règles du pouvoir, mais à un panel de représentants des différents corps de la société, en vue de la mise en place d’une réelle démocratie.
Une révolution calme, celle des chrysanthèmes ou, selon la saison, des pâquerettes, dans laquelle seront mis sur la touche tous les politiciens plus ou moins corrompus. Car ceux qui s’intéressent à la vie publique le savent, notre République a laissé s’établir à tous les niveaux une corruption asphyxiante. Vous le savez, vous journalistes qui recevez régulièrement les messages des lanceurs d’alertes, que vous ne pouvez traiter tant ils sont nombreux.
En dehors de cette solution, si la révolte sanglante liée aux conditions économiques n’éclate pas avant, en 2017 c’est la guerre civile qui nous attend.
La publicité qui dérange
Un de ces soirs, au détour d'une énième publicité sur nos petits écrans, mon jeune voisin me demanda qui était cette dame, tout habillée de rose, qui rampait sur le capot d'une limousine noire à la faveur d'une pub pour "PMU.FR".
Je ne pus que constater, hélas, l'immonde cruauté des images étalées là, sur nos écrans par des publicitaires et des commanditaires sans scrupules.
Le 22 novembre prochain, cela fera 50 ans que John Fitzgerald Kennedy a été assassiné à Dallas. Images terribles qui ont marqué le monde et toute une époque.
Comment le CSA a-t-il pu autoriser une telle chose ?
A quand une publicité sur fond de 11 septembre 2001, de crash du Concorde, de tsunami du Japon, de Treblinka ou Dachau : « Vous n'y étiez pas ? La chance est avec vous. Pariez maintenant. »
Pour aller jusqu'au bout de l'abjection, pourquoi les taches de sang et cervelle sur le tailleur rose n'ont-elles pas été reproduites dans la pub ?
Je ne pus que constater, hélas, l'immonde cruauté des images étalées là, sur nos écrans par des publicitaires et des commanditaires sans scrupules.
Le 22 novembre prochain, cela fera 50 ans que John Fitzgerald Kennedy a été assassiné à Dallas. Images terribles qui ont marqué le monde et toute une époque.
Comment le CSA a-t-il pu autoriser une telle chose ?
A quand une publicité sur fond de 11 septembre 2001, de crash du Concorde, de tsunami du Japon, de Treblinka ou Dachau : « Vous n'y étiez pas ? La chance est avec vous. Pariez maintenant. »
Pour aller jusqu'au bout de l'abjection, pourquoi les taches de sang et cervelle sur le tailleur rose n'ont-elles pas été reproduites dans la pub ?
L'ÉGALITÉ FAUSSE BONNE IDÉE
J’aime trop les femmes, nos compagnes attentionnées et protectrices, pour leur éviter les pièges nombreux et dangereux de l’égalité à tout crin. Ce dogme, porté par des féministes fondamentalistes soutenues par des reîtres opportunistes et des enrôleurs payés à la commission, s’est imposé comme une nouvelle donnée évidente et exigeante de la société. Tout individu sceptique (mâle bien entendu) se voit immédiatement renvoyé aux temps obscurs, mais pas si lointains (1944), quand les femmes étaient encore des reléguées de la citoyenneté.
Après la naissance, en 1974, d’un secrétariat créé par Giscard d’Estaing, ce que l’histoire passée au peigne fin nous aide à comprendre, et après des intermittences diverses selon les convictions et attentes politiques, l’orthodoxie rigoureuse appliquée à cette règle fondamentale a conduit à instaurer un ministère des Droits des femmes, contenu sémantique qui évoque implicitement l’inégalité faite aux hommes !
Une égalité également partagée impliquerait un ministère symétrique confortant l’espace masculin, non ?
Sous Hollande, qui a créé ce ministère à part féminine entière, Najat Vallaud-Belkacem est en même temps porte-parole du gouvernement. C’est dire qu’avec cet amplificateur, assisté de celui bénévole, en sous-main, pour ne pas dire par la bande, de Dame Trierweiller, le sort laissé aux hommes appelle réaction et lucidité avant qu’il ne soit trop tard.
Les attributions de ce ministère sont évocatrices et ambitieuses, et il semble bien que depuis Françoise Giroud, alors chargée de la « Condition féminine », l’objectif est passé du constat raisonnable à celui de la lutte des sexes, et même dans ses excès d’interprétation à la suprématie du sexe naguère dénommé « faible » ! Il suffit de constater que, de la condition féminine qui sous-entendait une image encore vénérée, on est passé au pluriel des droits des femmes qui évoque clairement une armée et un combat guerrier !
Qu’on en juge, sans entrer dans les détails exhaustifs ou scabreux :
– Égalité professionnelle : « Valoriser les entreprises qui ont pris le sujet à bras le corps », à condition que celui-ci ne soit défendant ;
– Droit de disposer de son corps : jusqu’à nier la petite contribution pourtant vitale de l’homme ? Le géniteur compte pour des prunes ! IVG versus ADN ;
– Parité : des femmes partout, comme les hommes ? Chiche ! Et inversement. Alors pourquoi un ticket homme/femme pour les élections régionales de 2015 ? Pourquoi pas un troisième de sexe indéterminé, pour surveiller les deux premiers, comme au bon temps de la STASI ?
– Lutte contre les violences : oui, bien sûr, mais aussi les violences psychologiques réciproques ;
– Lutte contre les stéréotypes : « Tous les moyens de déconstruire, par le savoir, les préjugés qui s’opposent à l’égalité véritable. » Victoire de la théorie du « genre » ! Qu’en pensent les Français musulmans ?
– Égalité professionnelle : « Valoriser les entreprises qui ont pris le sujet à bras le corps », à condition que celui-ci ne soit défendant ;
– Droit de disposer de son corps : jusqu’à nier la petite contribution pourtant vitale de l’homme ? Le géniteur compte pour des prunes ! IVG versus ADN ;
– Parité : des femmes partout, comme les hommes ? Chiche ! Et inversement. Alors pourquoi un ticket homme/femme pour les élections régionales de 2015 ? Pourquoi pas un troisième de sexe indéterminé, pour surveiller les deux premiers, comme au bon temps de la STASI ?
– Lutte contre les violences : oui, bien sûr, mais aussi les violences psychologiques réciproques ;
– Lutte contre les stéréotypes : « Tous les moyens de déconstruire, par le savoir, les préjugés qui s’opposent à l’égalité véritable. » Victoire de la théorie du « genre » ! Qu’en pensent les Français musulmans ?
J’aime trop les femmes pour croire qu’elles vont renoncer à la séduction et aux plaisirs de la mode, des cosmétiques, du « fitness » pour être belles en souffrant, et des magazines de plus en plus nombreux où elles puisent avec délectation et voracité les recettes de leur pouvoir sur les hommes.
J’aime trop les femmes pour leurs différences et qualités qui sont compassion, imagination, créativité, sensibilité, douceur, réactivité, même si elle est parfois maladroite ou irréfléchie. Surtout, je m’incline avec une humilité admirative devant cette capacité à utiliser les deux hémisphères cérébraux en maîtrisant plusieurs activités simultanément, alors que nous sommes des besogneux de la tâche unique.
J’aime trop les femmes pour qu’on en fasse des hommes !
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