TOUT EST DIT

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vendredi 8 février 2013

La France est-elle au bord de l'explosion sociale comme le pense Manuel Valls ?


Le ministre de l'Intérieur s'est inquiété mardi matin d'une explosion sociale de la France liée à la récente vague de licenciements dans l'industrie française. Malgré les divers sujets qui divisent les Français, l'embrasement du pays de la Révolution est encore bien loin.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a déclaré mardi s’inquiéter des risques d' «implosion ou explosion sociale» liés aux mouvements que pourrait créer la vague de licenciements et de fermetures d’usines en France. La situation économique du pays et l’état d’esprit actuel de la classe ouvrière justifient-ils cette inquiétude ?

Dominique Andolfatto : Je ne suis pas au cœur de ces entreprises mais ce que je constate de nouveau dans la sociologie des mouvements sociaux c’est la multiplication de ceux-ci dans les entreprises privées, petites et grandes.Traditionnellement, cela était bien souvent réservé aux fonctionnaires, aux cheminots, aux entreprises de transports plus ou moins liées à l’Etat. De là à dire, que cela va entraîner une explosion sociale, il y a un pas que je ne franchirai pas.
Ils sont complètement dingues ces socialistes !!!
Mathieu Zagrodzki : Je ne crois pas que l’on puisse répondre de manière univoque à cette question car la contestation sociale virulente et violente a toujours existé dans notre pays. Sans même considérer l’ensemble de l’histoire sociale de la Vème République, il y a toujours des blocages d’autoroute, des déversements de fumier ou des PDG retenus dans leur bureau. Il est possible qu’il y ait une montée des crispations ces dernières semaines à cause de la vague des licenciements mais ce n’est pas pour autant qu’il pourrait y avoir un embrasement généralisé du pays ni une agrégation des causes et des problèmes.

Historiquement, jusqu’à quel degré de violence les mouvements sociaux sont-ils allés ?

Mathieu Zagrodzki : Il y a eu historiquement deux grands moments où la violence a été particulièrement élevée dans les mouvements sociaux. Le premier est bien évidement mai 68 qui a été exceptionnel tant par sa longueur que par son intensité. Cela a notamment donné lieu à l’apparition et la disparition des fameux voltigeurs, ces motards qui percutaient les manifestants à l’aide de barres de fer. Mai 68 a donc été une sorte de prise de conscience pour les pouvoirs publics qui ont compris que certaines pratiques n’étaient plus acceptables dans la gestion des conflits sociaux. La deuxième période marquante fut probablement les manifestations contre le projet Devaquet en 1986 qui, au-delà des dizaines de blessés, a provoqué la mort de Malik Oussekine et a profondément choqué l’opinion publique.
Dominique Andolfatto : J’entends de plus en plus souvent parler de radicalisation des mouvements sociaux mais je crois qu’il y a là une profonde erreur d’analyse. Les mouvements sociaux ont toujours été violents, et ils le sont plutôt moins qu’avant. Il existe cependant deux éléments qui contribuent à cette vision. Premièrement, les divers porte-paroles de ces mouvements sociaux sont contraints de faire dans le spectaculaire, dans le virulent afin d’émouvoir les médias et de les attirer à eux. Il est apparu une injonction qui oblige les mouvements sociaux à entrer dans une dramaturgie qui n’existait pas auparavant. Ensuite, les mouvements sociaux étaient autrefois assez solidement encadrés par les syndicats qui avaient de leur côté une solide tradition militante et de très nombreux membres mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. En dehors des grandes entreprises, les salariés sont donc bien souvent livrés à eux-mêmes, dos au mur, et sont donc souvent plus prompts à agir plus vite et de manière plus extrême que les grosses organisations syndicales.

Un tel mouvement pourrait-il emporter l’adhésion des Français et ainsi se propager ? Quelles causes pourraient faire l'amalgame ?

Dominique Andolfatto : En général, la violence fait peur à l’opinion et met fin aux mouvements sociaux plutôt qu’elle ne les encourage. La France est malade d’une conviction qui consiste à penser que les mouvements violents emportent toujours l’adhésion générale probablement héritée de la Révolution française et qui est pourtant complètement fausse. Lors des évènements de mai 1968, la diffusion télévisée d’images violentes a brutalement entravé le mouvement dans l’opinion. Je n’imagine pas que les autres causes qui divisent actuellement la France puissent s’associer de quelque manière que ce soit. Ce serait marier la carpe et le lapin. Les mouvements urbains et sociétaux comme le mariage pour tous sont complètement déconnectés des questions économiques qui poussent les ouvriers à la revendication sociale. De plus sur la question du mariage, ce sont surtout les antis qui se sont mobilisés et j’ai du mal à croire que ces gens, qui sont pour la plupart bien loin de l’idéologie syndicale, puissent s’associer aux métallos et aux autres. Il peut évidemment exister des violences ponctuelles mais aucun phénomène de coagulation de ces causes qui sont dispersées par manque de structures claires.
Mathieu Zagrodzki : Il est assez peu probable de voir apparaître une agrégation des causes qui provoquerait des mobilisations sociales bien plus importantes que des manifestations ouvrières. Au moment des manifestations contre le CPE, une partie des syndicats étudiants avaient essayé d’attirer à eux la jeunesse défavorisée des cités à sa cause mais sans grand succès. Cela s’était même retourner contre eux avec l’apparition de groupes de casseurs et de détrousseurs issus de cette jeunesse qui frappaient et dépouillaient les manifestants. Bien que les problématiques des cités et des licenciements ne soient pas tout à fait déconnectées, puisqu’elles sont fonctions de questions socio-économiques globales touchant à la pauvreté (l’emploi, le logement), elles ne sont pas vouées à fonctionner ensemble. L’autre exemple clair est que, lors des émeutes de 2005 dans les banlieues, celles-ci étaient très peu politisées et aucune revendication politique claire n’en est sortie.

La classe ouvrière française a-t-elle atteint un niveau de désespoir qui pourrait catalyser la lutte des classes ?

Dominique Andolfatto : Il n’est plus possible aujourd’hui de parler d’une classe ouvrière mais de plusieurs classes ouvrières. Les intérêts des différents groupes d’ouvriers sont bien souvent divergents tant cette classe est plurielle. Le problème de fond reste donc la dispersion et la très faible implantation syndicale dans cette classe car les représentants sociaux sont de plus en plus souvent des cols blancs qui ont plus de mal à fédérer les populations salariées. Il existe donc un regain de combativité qui n’est pas forcément empreint de désespoir car même si la situation n’est pas parfaite nous sommes bien loin de l’opposition patron/salariés du 19ème siècle. De plus en plus, les choses se règlent dans une discussion autour d’une table.

Quel pourrait être le rôle des syndicats dans une telle situation ? Se positionneraient-ils comme médiateurs ou comme leaders du mouvement ? 

Dominique Andolfatto : La tradition syndicale est plutôt à la modération et c’est bien pour cela que les différents gouvernements ont donné un rôle important aux syndicats. Les politiques y voient des modérateurs entre une base désorganisée, parfois en colère, et l’élite patronale. Les syndicats sont supposés faire office de pont dans la hiérarchie sociale pour faciliter la négociation. Les syndicalistes jettent rarement de l’huile sur le feu bien que lorsqu’ils ne sont pas entendus ou satisfaits ils peuvent céder à la tentation de la radicalité. En général, ils cèdent même plutôt à la discussion afin de trouver des portes de sortie et de mettre rapidement fin aux contestations.
Mathieu Zagrodzki : Là encore, si l’on se réfère à l’exemple du CPE, on constate qu’un tournant a été pris lorsque la CGT a offert son service d’ordre aux manifestants afin de lutter contre les casseurs et les dépouilleurs. Ces services d’ordres sont très organisés et ont réussi à très bien gérer l’intérieur du cortège pendant que les policiers s’occupaient de l’extérieur et des rues avoisinantes. Cela a permis d’institutionnaliser les revendications car les grandes centrales syndicales n’ont aucun intérêt à voir une manifestation dégénérer. Cela les discrédite tant auprès des citoyens que des décideurs politiques.

Comment la classe politique peut-elle éviter d’encourager ces mouvements sociaux ? Cela passe-t-il par la réforme des syndicats ?

Mathieu Zagrodzki : Dans toutes les situations d’alerte à propos d’une situation sociale tendue considérée comme pouvant dégénérer, le pouvoir politique doit mettre en œuvre une politique de prévention et de présence policière afin de canaliser le problème. Cependant, il est à noter que cela peut parfois avoir l’effet inverse et être considéré comme une provocation. Le dernier exemple en date est celui des ouvriers de Florange qui souhaitaient rendre visite à Nicolas Sarkozy dans son QG de campagne en mars dernier et qui se sont retrouvés face à un rempart de CRS. La situation s’est rapidement envenimée car les ouvriers ont considéré qu’agir ainsi témoignait d’une criminalisation de la revendication ouvrière et de la contestation sociale.
Dominique Andolfatto : Le paradoxe du syndicalisme français est qu’il a déjà beaucoup de pouvoir mais peine à séduire les foules de milliers de salariés. A l’inverse, quand le DGB tape du poing sur ma table les patrons allemands écoutent car en face d’eux sont assis des gens qui représentent des centaines de milliers, voire des millions, de travailleurs. Ils ont le pouvoir d’arrêter totalement le travail dans un lander. La classe politique n’a pas beaucoup de moyens d’action face à la colère des salariés pour la simple et bonne raison qu’elle n’en a pas pour réguler réellement l’économie. Cela nourrit une sorte de désespérance imputable à la sensation qu’il n’y a pas de capitaine dans un bateau un peu fou. Enfin, il ne suffira pas d’une réforme pour faire changer la structure syndicale française qui est la résultante d’une construction longue et empreinte d’histoire. 

Grèce: 600.000 hectares d'espace naturel disparus en 20 ans


Environ 600.000 hectares de forêts et de maquis ont disparu entre 1987 et 2007 en Grèce au profit des exploitations agricoles et des logements ou infrastructures, a relevé jeudi une étude de l'organisation environnementale WWF."Les maquis et les pâturages sont les plus touchés car il y a des pressions pour étendre les terres cultivées et construire des infrastructures ou des logements", indique cette étude de la section grecque de l'ONG internationale, publiée dans les médias grecs.
Près de 488.000 hectares de maquis ou pâturages et 131.000 hectares de forêt ont disparu dont 55.000 dans la seule agglomération d'Athènes, la région Attique, 35.000 en Épire (nord-ouest) et 17.000 en Chalcidique (nord-est) ces dernières années.
Le développement du logement a surtout eu lieu aux alentours de récents axes routiers, Egnatia (nord) et Attiki, périphériques d'Athènes tandis que les grands incendies des vingt dernières années ont favorisé l'augmentation du nombre de constructions, selon la WWF.
"Il faut arrêter de voir l'espace naturel comme une occasion d'investir", a souigné l'urbaniste Thymios Papayannis, dans Le journal des rédacteurs.
Il a déploré qu'un projet de loi sur le tourisme, en élaboration par le gouvernement "prévoit des réglementations qui menacent l'environnement".
Le manque en Grèce d'une politique d'aménagement du territoire est "au détriment de l'espace naturel et sape également la perspective de croissance dans le secteur primaire et le tourisme", relève Dimitris Karavellas, directeur de la WWF-Grèce.
"Surtout en période de crise, les hommes politiques devraient penser à un aménagement du territoire viable, basé sur le maintien de l'espace naturel et la tonification écologique de l'activité économique", a-t-il souligné.

Le rival social-démocrate de Merkel veut laisser souffler la Grèce


Peer Steinbrück, rival social-démocrate de la chancelière allemande Angela Merkel, a estimé mercredi que la Grèce avait "besoin de temps" pour assainir ses comptes, en entamant une visite à Athènes. "Il n'est pas possible d'imposer à un pays des mesures que l'on ne pourrait pas imposer à nos propres peuples", a affirmé M. Steinbrück, à l'issue d'une rencontre avec le chef du parti socialiste, Evangélos Vénizélos, partenaire de la coalition gouvernementale du Premier ministre conservateur Antonis Samaras.
"C'est pour cela que la Grèce a besoin de temps pour réussir sa stabilisation et pour que les gens retrouvent confiance", a ajouté cet ex-ministre des Finances, jugeant que "la seule austérité ne donne pas de résultat".
M. Steinbrück, qui défiera Mme Merkel aux législatives allemandes de septembre, a souligné que le plan de redressement dicté à la Grèce en échange de son sauvetage financier par l'UE et le FMI "conduit à des mesures très douloureuses pour les retraités et salariés, qui perdent 30 à 40% de leurs revenus".
"Nous devons voir comment maintenir la cohésion sociale", a-t-il plaidé, alors que la crise subie par la Grèce a paupérisé des pans entiers de la population et fait percer un parti néonazi, Aube Dorée, qui a raflé 7% des voix et 18 députés lors des législatives de juin.
Il a aussi jugé que les socialistes grecs du Pasok n'étaient pas "ceux qui ont la responsabilité" du déclenchement de la crise de la dette en 2009, quand ils avaient repris le pouvoir après sept ans de gestion conservatrice de Costas Caramanlis.
Se définissant lui-même comme socio-démocrate, le ministre des Finances Yannis Stournaras a rappelé à plusieurs reprises ces dernières semaines la responsabilité de M. Caramanlis dans le dérapage des finances du pays, s'attirant l'ire de nombreux ténors de droite.
En mini-tournée dans une Europe que Mme Merkel veut convertir à une stricte orthodoxie budgétaire, le responsable allemand devait également être reçu par le chef de l'Etat grec, Carolos Papoulias, ainsi que MM. Samaras et Stournaras.

Etes-vous riches ? Un sondage exclusif


Qu’est-ce qu’être riche ? C’est un sondage réalisé pour le mensuel Enjeux-Les Echos nouvelle formule qui sort demain, qui répond à la question. Dans un pays qui a la passion de l’égalité, qui décortique jalousement les revenus des Depardieu, Dany Boon, Beckham, des Carlos Ghosn, des huissiers au Parlement et du moindre élu local ou national, cette question – la richesse, combien de zéros ? - est récurrente. La France, pays où un ancien responsable du PS devenu président avait chiffré la richesse à 4.000 euros par mois ; la France, pays qui invente la taxe à 75%. Etre riche, c’est quoi ? Le plus simple, c’était de demander aux Français eux-mêmes. L’IFOP l’a fait pour nous.
Et donc, le résultat – roulement de tambour ! Je vais essayer de ne pas noyer nos auditeurs sous les chiffres. En moyenne, les Français estiment que l’on est riche si l’on vit avec plus de 6.500 euros par mois. Il s’agit de revenus nets, de salaires, d’aides et d’allocations. C’est une moyenne : en réalité, la majorité des Français situe la richesse en dessous de 5.000 euros par mois. Dans le détail, se vérifie le principe : dis-moi qui tu es, je te dirai qui est riche à tes yeux. Les ouvriers voient la richesse à 5.080 euros, les cadres supérieurs à plus de 8.000 euros. Ce qui est drôle est que le fait d’être socialiste ou UMP ne change rien. Comme si, parler argent était plus sérieux que de parler politique.
Qu’est-ce que tout cela dit de nous ? Il y a un phénomène, "moi riche ? Jamais !" Les riches, ce sont les autres puisque tous les chiffres cités sont quand même au-dessus de la réalité vécue. Mais en même temps, ce qui frappe est que les chiffres cités n’ont rien à voir avec les revenus des « vrais » hyper-riches, de Johnny Halliday, des patrons du CAC 40 ; les Français ne se disent pas : la richesse, c’est 200.000 euros par mois, ils sont infiniment plus modestes. Peut-être parce que le mot « riche » vient de prospère, il n’est pas synonyme de yacht et d’avion privé. La richesse, pour les Français, c’est ce qui leur donnerait une tranquillité d’esprit. Malgré les Une de magazine sur les fortunes, malgré les reportages de l’émission « Capital » sur M6, la richesse est un ailleurs inaccessible. Une réalité virtuelle, un rêve inimaginable – au sens propre.
Et les Français, d’ailleurs, estiment que les riches sont utiles à la société... Neuf sur dix le pensent, tout en approuvant leur taxation. Ca n’est pas en ligne avec ce que Johnny Halliday déplore dans l’Express : quand t’as une belle voiture, dit-il, aux Etats-Unis, on te sourit, en France on te traite de voleur. Hypothèse : peut-être que les médias sont plus sévères que l’opinion…
Dernière question posée aux Français : comment devient-on riche ? La vérité est un mélange de vertu et de réalisme ! Dans l’ordre des réponses, pour être riche, il faut être travailleur, avoir des parents riches, avoir des relations et être intelligent. Le sondage ne dit pas quelle certitude on a d’être riche si on remplit les quatre critères.

Quand la CGT tue la presse quotidienne


Coup de colère : une nouvelle fois, aucun quotidien national, et donc Les Echos comme les autres, n’est paru ce matin (06/02/13).

C’est une catastrophe, une honte, et je pèse mes mots. Dans le cas du quotidien Les Echos, c’est la vingt-cinquième perturbation en quatre mois, donc sur environ cent parutions. Cela fait une parution sur quatre. Pour les autres titres, c’est pareil. Exemplaires pas ou peu imprimés, pas ou peu distribués, une minorité de salariés a un pouvoir de vie ou de mort sur la presse, pénalise les lecteurs, et tue les kiosquiers, dont le métier se meurt. Une presse qui va mal, qui vit un énorme bouleversement, est frappée dans le dos. Cette fois, les éditeurs ont décidé de marquer le coup en imprimant pas. Ce sont 1,5 million d’exemplaires qui n’ont pas été ou ne seront pas distribués - si on ajoute Le Monde cet après-midi. Il faut également ajouter le Canard Enchaîné.
La cause directe, c’est la réorganisation de la distribution, celle de Presstalis, qui distribue les journaux, autrefois les NMPP, Nouvelles Messageries de la Presse parisienne. La diffusion de la presse baissant avec Internet, une restructuration en cours concerne plus de 1.000 salariés. La CGT du Livre, qui a toujours eu un quasi-monopole et un statut privilégié, refuse le principe même de départs contraints. Alors que l’Etat a mis sur la table environ 30 millions d’euros. Dans un communiqué publié hier soir, le Syndicat du Livre CGT refuse (je cite) la « casse d’un acquis reposant sur les valeurs de la Libération ». Au prix de la faillite ? Peu importe ! Ah oui, un détail : Internet, je crois, n’existait pas en 1945.
Pourquoi la situation en est-elle arrivée là ? Quand les patrons de presse demandent à la police d’intervenir, elle n’intervient pas ; et ils n’osent pas porter plainte non plus. La réalité est qu’il y a, à la CGT, la radicalisation d’un certain nombre de syndicats professionnels ou locaux. On le voit chez PSA, à Aulnay ; on le voit chez Goodyear, à Amiens. Dans un certain nombre de cas, la confédération CGT, à Montreuil, est débordée. On l’a vu avec les dockers, à la SNCF. On le voit au Livre.
Pour en revenir aux journaux, la question de beaucoup doivent se poser est la suivante : ces non-parutions n’accélèrent-elles tout simplement le passage d’une économie à une autre : la presse papier vers la presse en ligne ? Et donc, elles ne feraient que les accélérer.
Poser cette question, c’est sous-entendre que les quotidiens papiers se battent derrière une ligne Maginot, pour protéger le cheval contre l’arrivée de la voiture ... Je ne crois pas. Peut-être, sans doute, qu’un jour, la presse se lira seulement sur Internet. Mais si on prend une autre image, il ne s’agit pas de défendre la machine à écrire contre l’ordinateur ; mais le clavier qui est là dans les deux cas, qui produit de l’information. Pour l’instant, c’est la diffusion papier (abonnements, publicité et kiosques) qui presque partout fait vivre les plus grandes rédactions. Celles qui offrent chacune chaque jour plus de cent articles originaux écrits par des professionnels, au-delà des dépêches d’agence ou des contributions extérieures. Le modèle économique de l’information Web est incertain, en dehors de Médiapart. Cela changera peut-être. Mais les grèves torpillent les efforts énormes que fait douloureusement une profession.

LE PRESSE EST COMPLICE DANS UNE CERTAINE MESURE, ELLE A DÉJÀ TROP ACCORDÉ DE POUVOIR À PRESSTALIS, FERA-T-ELLE DE MÊME AVEC LE GROUPE GÉODIS ?

jeudi 7 février 2013

Sardou "vieux con réac" et Cloclo "jaloux", selon Johnny Hallyday


Ses fans croient tout savoir de lui. Il faut pourtant croire que Johnny Hallyday a encore des secrets. Il en livre quelques-uns dans une nouvelle autobiographie, Dans mes yeux, cosignée avec Amanda Sthers et dont L'Express a publié les bonnes feuilles, mercredi 5 février. Le chanteur, qui a atteint le rang de demi-dieu en France, n'est pas tendre avec les autres artistes, y compris ses copains. Francetv info a retenu quelques-unes de ses confessions.

Claude François "se tapait mes ex"

Johnny Hallyday reconnaît à Claude François son côté "travailleur", mais c'est pour mieux le descendre. "Il n'arrivait jamais à faire ce que je faisais. Ça le rendait fou", reproche le rockeur au chanteur, mort accidentellement en 1978. Concurrents sur scène, ils le sont aussi en privé, avec les femmes. "Il draguait mes nanas et, en désespoir de cause, il se tapait mes ex", raconte Johnny.

Michel Sardou est devenu "un vieux con réac"

Ils étaient très copains, au point de descendre les rapides du Colorado ensemble. Johnny Hallyday n'hésite pourtant pas à qualifier Michel Sardou de "mec assez trouillard". Mais surtout, il n'a pas digéré une remarque du chanteur sur sa fille adoptive : "Il a fait une vanne sur scène. Il a dit, en parlant de Jade : 'Johnny avec sa Viet-cong', et je ne lui ai plus dit bonjour."

La main d'Edith Piaf "qui monte sur ma cuisse"

La Môme est allée écouter chanter le très jeune Johnny "tous les soirs" à une époque non précisée dans les extraits de L'Express. "Flatté, mal à l'aise", Johnny fuit carrément la table du dîner lorsqu'Edith Piaf tente une approche un peu trop directe. "Au milieu du repas, je sens sa main sur ma cuisse", se souvient-il, "je suis sorti et le me suis barré en courant".

Jean-Luc Godard, "gai comme une porte de prison"

C'est l'histoire d'un déjeuner très silencieux avec le réalisateur Jean-Luc Godard pour parler de son projet de film Détective (1985). "Godard est gai comme une porte de prison. On se serre la main. Pas un mot", se rappelle Johnny Hallyday. Il est aussi marqué par la violence du réalisateur sur le tournage avec son partenaire dans le film, Claude Brasseur : "Godard choisissait quelqu'un comme ça et le persécutait."

Gérard Depardieu, "la tête dans la soupière"

Ces deux-là sont de vieux potes et ont bien plus en commun que l'exil fiscal qui leur est souvent reproché. Ils ont notamment passé ensemble des soirées plus qu'arrosées, dont une sous l'influence du "brown sugar", un type d'héroïne : "Je voyais les fleurs danser (...) on essayait d'avoir une conversation et puis soudain, Depardieu s'effondre la tête la première dans la soupière."

Son ex-femme Adeline, "un serpent"

Il l'a épousée deux fois au début des années 1990, mais semble en garder un mauvais souvenir. Adeline Blondieau, qui avait à l'époque tout juste 20 ans, "était hystérique", prête à "balancer des chaises" lorsqu'elle était contrariée. Johnny Hallyday, qui n'a plus d'yeux que pour Laeticia, va jusqu'à dire au sujet de son ex-femme "c'est un serpent (...) elle me trompait avec tous les petits mecs de Saint-Tropez et jouait les saintes-nitouches".

Jimi Hendrix, "le mec le plus gentil du monde"

"Il ne savait pas ou dormir alors je l'ai invité chez moi". C'est le seul qui semble trouver grâce à ses yeux. Johnny Hallyday a souvent raconté son amitié avec Jimi Hendrix, "le mec le plus gentil du monde", frôlant souvent la vantardise, alors que les spécialistes du divin gaucher assurent que lui n'a jamais mentionné le rockeur français. Il recommence ici en rappelant qu'il l'a engagé en 1966 pour assurer la première partie de sa tournée, alors que personne ne le connaissait en France.
C'EST JOHNNY, EN FRANCE ON 

AIME LES CONS

Les Allemands sont-ils bien placés pour nous faire la leçon ?


Certes, ils ont réussi à réformer leur marché du travail, à boucher le trou de leur Sécu et à regonfler leur compétitivité en maîtrisant leurs salaires. Mais derrière ces indéniables succès, l’économie de nos voisins cache des facettes moins reluisantes.
« Le plus gros problème de l’Europe ? C’est la France. » Lars Feld n’a pas peur de dire tout haut ce que Berlin pense tout bas. En novembre dernier, cet économiste réputé, l’un des cinq «sages» qui conseillent Angela Merkel, a entamé la rédaction d’un rapport officieux à la demande du ministre des Finances, Wolfgang Schäuble. Le sujet : les réformes à recommander d’urgence à l’Hexagone pour restaurer sa compétitivité. «Notre gouvernement est préoccupé parce que la France ne fait rien pour éviter de sombrer», a justifié Lars Feld. «Vous êtes le seul pays à refuser de se réformer avant qu’il ne soit trop tard : on aimerait vous aider», renchérit Stefan Kooths, de l’IFW de Kiel, l’un des six grands instituts économiques allemands.
Ils ne manquent pas de confiance en eux, nos voisins ! Après avoir administré de sévères remontrances budgétaires à la Grèce, seriné leurs recommandations de bonnes réformes à l’Italie et imposé la règle d’or à toute l’Europe, voilà qu’ils se penchent sur le cas français. A Bercy, on assure officiellement que leurs conseils sont les bienvenus. Mais, dans les couloirs, les membres des cabinets grognent. «A jouer ainsi les donneurs de leçons, les Allemands commencent à agacer leurs partenai­res», commente l’économiste Charles Wyplosz. «Peut-être, rétorque René Lasserre, directeur du Centre d’information et de recherche sur l’Allemagne contemporaine (Cirac). Mais ils ne sont quand même pas si mal placés pour donner des conseils à leurs voisins.»
A première vue, cela ne fait pas de doute. Pointé du doigt comme le maillon faible de l’Europe il y a tout juste dix ans, le pays d’Angela Merkel affiche aujourd’hui l’un des plus bas taux de chômage du continent (6,9%), des prévisions de croissance dans le vert (1,7% en 2013, selon Eurostat), un déficit public quasiment nul et des parts de marché dans le commerce mondial en croissance constante (8,5%, contre 3,8% chez nous). Il faut dire qu’il a su réformer son économie avec un pragmatisme et une réactivité inimaginables chez nous. «Notre méthode est simple : nous mettons tout le monde autour d’une table et nous agissons sur-le-champ, quitte à ajuster a posteriori ce qui fonctionne mal, résume Henrik Uterwedde, directeur de l’Institut franco­allemand de Ludwigsburg. Vous, vous tergiversez pour accoucher d’une souris.»
De fait, alors que nous peinons toujours à écorner notre système de protection sociale, celui de nos voisins a pu être profondément remanié en moins de dix ans : l’âge de départ à la retraite a été repoussé de 65 à 67 ans, la durée d’indem­nisation du chômage ramenée de 32 à 12 mois, le montant des allocations réduit, et les gaspillages dans la santé traqués pour de vrai… Résultat : de l’autre côté du Rhin, la Sécu a enregistré un excédent de 12 milliards d’euros en 2012, du jamais-vu depuis la réunification. Et les dépenses publiques ont pu être ramenées de 49,3 à 45,6% du PIB en dix ans, tandis que les nôtres culminent toujours à plus de 56%.
La réforme du marché du travail s’est révélée tout aussi radicale. Là encore, les syndicats ont fait preuve d’un pragmatisme impensable dans notre village gaulois : ils ont accepté, et même soutenu, toutes les mesures susceptibles d’améliorer la flexibilité. «C’est la meilleure façon de lutter contre le chômage», se justifie Dierk Hirschel, l’économiste de la Confédération allemande des syndicats (DGB). Son organisation a ainsi appuyé la création de contrats spécifiques, censés accélérer le retour à l’emploi des personnes qui en sont éloignées : les «mini­jobs» (400 euros par mois pour un temps partiel de 15 heures par semaine au plus, exonéré de charges) et les «jobs à 1 euro» de l’heure, sortes d’emplois d’insertion réservés aux chô­meurs de longue durée, qui touchent en parallèle leurs indemnités.
Dans la foulée, les syndicats ont accepté que les licenciements et le recours au temps partiel soient facilités. Résultat : la compétitivité des entreprises a grimpé en flèche. «Nous pouvons désormais adapter en permanence nos effectifs au niveau des commandes», témoigne ainsi Mathias Kammüller, vice-président exécutif de Trumpf, une PME familiale spécialiste de machines-outils haut de gamme. En période basse, les salariés travaillent trente-cinq heures par semaine, mais montent à quarante heures en cas de surchauffe, pour un salaire identique. Et au plus fort de la crise, en 2009, le recours massif au chômage partiel a permis de sauver tous les emplois, alors que les ventes de Trumpf avaient chuté de près de 40%.
Autre atout de l’Allemagne : elle dispose d’un tissu de PME soudées, qui chassent en bande. Tandis que les grands groupes français pressurent sans relâche leurs fournisseurs, leurs homologues allemands les emmènent avec eux à la conquête de nouveaux marchés. «Bosch nous a demandé de lui construire une machine laser sur mesure que les Chinois seraient incapables d’imiter et il nous a laissé le temps qu’il fallait, se réjouit Mathias Kammüller. Grâce à cela, nous som­mes tous deux devenus leaders sur un nouveau segment.» Aujourd’hui, Trumpf réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’export.
Mais tout n’est pas rose pour autant de l’autre côté du Rhin. Prenez le marché du travail. Certes, l’Allemagne est au plein-emploi. Mais les 2 millions de jobs qui ont été créés depuis 2001 sont presque tous «atypiques». Près d’un travailleur sur quatre travaille aujourd’hui à temps partiel. Et dans les services, la majorité des postes – jusqu’à 75% dans la restauration – sont désormais précaires. Les entreprises auraient tort de se priver : à la différence de l’industrie, le secteur tertiaire n’abrite aucun syndicat assez puissant pour défendre effica­cement les salariés. Il y a quel­ques mois, la chaîne de droguerie low-cost Schlecker s’est ainsi fait prendre à licencier des employés en CDI payés 12,80 euros de l’heure, pour réembaucher des intérimaires à 6,80 ­euros ! «Dans la distribution, tout le monde fait ça», regrette Henrik Uterwedde.
Pas étonnant que le nom­bre de CDI à temps plein (23,6 millions) n’ait pas augmenté d’un iota ces dernières années. Et que de plus en plus d’Allemands restent coincés dans les «minijobs» (plus de 1,5 million de personnes) et les «jobs à 1 euro» (280 000), pourtant censés n’être qu’une étape vers l’em­ploi classique. Mariechen Schäfer, 49 ans, occupe ainsi ­depuis six ans un minijob de caissière à Berlin. «Dès qu’un employeur traditionnel voit cela sur mon CV, son visage se décompose : la plupart d’entre eux nous considèrent comme des boulets», témoigne cette ancienne secrétaire de direction. «Le marché du travail allemand se rapproche désormais du ­modèle britannique, pour le meilleur – la réactivité – et pour le pire – la pré­carité», résume Steffen Lehndorff, de l’université de Duisbourg-Essen.
Certes, on peut estimer que des bataillons de salariés précaires sont toujours préférables à une armée de chômeurs. Mais si la tendance se poursuivait, le dynamisme du pays pourrait en pâtir. D’après l’OCDE, le taux de travailleurs pauvres dépasse aujourd’hui les 22% et les inégalités ont augmenté plus vite que dans le reste de l’Europe ces dix dernières années. Les 10% des ménages les plus aisés détiennent désormais 53% de la richesse privée du pays, contre 45% il y a dix ans. Pendant la même période, le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (60% du ­revenu médian, soit 952,10 euros par mois pour une personne seule, contre 964 euros en France) est passé de 12,2 à 15,9%, contre 13,8% chez nous. «A trop vouloir nous con­centrer sur nos performances à l’export, nous avons oublié que l’objectif premier de la politique économique est de réduire les inégalités», reconnaît Steffen Lehndorff.
Comme si cela ne suffisait pas, le pays voit également son taux de natalité s’effondrer. D’après les prévisions de Bruxelles, sa population aura diminué de près de 20%, à l’horizon 2060. L’Allemagne aura alors 66 millions d’habitants, soit moins que la France (73 millions), un citoyen sur trois aura plus de 65 ans et le pays ne comptera plus que trois actifs pour un retraité, contre six aujourd’hui. Cette chute vertigineuse de la natalité est facilement explicable. Chez nos voisins, les femmes qui continuent de travailler après avoir eu des enfants sont en effet traditionnellement très mal vues.
«C’est difficile à imaginer chez nous, mais on les considère comme des mères indignes, témoigne David Sejourné, spécialiste du management franco-allemand, marié à une Allemande. Du coup, beaucoup préfèrent renoncer à la maternité pour ne pas sacrifier leur carrière.» Et les effets sur la croissance se font déjà sentir. Selon l’OCDE, le vieillissement a coûté 0,2 point de PIB au pays en 2011. D’ici à 2030, la facture devrait monter à un point de PIB par an. Inquiétant.
Nos voisins, si donneurs de leçons sur l’austérité budgétaire, sont-ils au moins des modèles de gestion publique ? Pas autant qu’ils veulent le laisser croire. Car enfin, eux aussi ont un peu tendance à bidouiller les chiffres officiels quand ça les arrange… Pendant la crise, par exemple, le gouvernement a omis de prendre en compte dans son budget 20 milliards d’euros de prime à la casse, dissimulés dans le fonds spécial ITF. Grâce à quoi, ­Angela Merkel a pu afficher un déficit public de 3,1% en 2009 au lieu de 5,2%. Et se vanter ­auprès de ses partenaires de se rapprocher plus vite qu’eux des critères de Maastricht. «C’est de la manipulation comptable pure et simple», observe Sylvain Broyer, de Natixis. «Si nous avions fait la même chose avec notre plan de relance, Bruxelles nous serait tombé dessus», grince-t-on à Bercy.
Les frasques de l’Allemagne, par contre, n’émeuvent pas grand monde. Emprunts pour la réunification, dépenses de relance, dettes des chemins de fer… Cela fait des années que Berlin loge discrètement des sommes colossales dans des fonds spéciaux au fonctionnement opaque, les Sondervermögen. Si bien qu’aujourd’hui ils abritent 40% de la dette du pays !
Ajoutons que les collecti­vités locales allemandes affrontent des difficultés financières que l’on ne soupçonne même pas chez nous. L’Etat ne cesse en effet de leur confier de nouvelles missions (versement des aides sociales à la petite enfance et à la vieillesse, entretien des bâtiments publics…), sans augmenter leurs moyens. «Un peu comme chez vous, mais en pire», remarque Hans-Peter Busson, spécialiste du sujet chez Ernst & Young. Résultat : leur dette atteint 653,92 milliards d’euros, soit plus de 25% de l’endettement total du pays, contre 161,3 milliards chez nous (8,8% de notre ardoise).
Pour limiter l’hémorragie, les deux tiers des municipalités ont été contraintes de réduire de 50% leur budget d’entretien des routes et des bâtiments scolaires. Et la moitié d’entre elles ont fait flamber les tarifs d’accès à leurs équipements municipaux, comme les stades – quand elles ne les ont tout sim­plement pas vendus ou fermés. «Des dizaines de piscines sont à l’abandon dans tout le pays», se désole l’économiste Stefan Kooths.
Plus grave encore, le taux d’investissement public du pays est aujourd’hui l’un des plus bas de l’OCDE (1,5% du PIB, contre 3,2% chez nous), et ça fait dix ans que ça dure. Certes, la qualité des infrastructures reste globalement satisfaisante. «Mais si on continue à ce rythme, nos trottoirs seront bientôt en aussi piteux état que ceux des villes américaines», s’alarme Hans-Peter Busson.
Reste un dernier point de faiblesse de l’économie allemande : ses ban­ques publiques régionales, les Landesbanken, sont dans un sale état. Avant la crise, elles ont en effet massivement spéculé sur les subprimes, et elles ont perdu. «Elles manquent aujourd’hui de capitaux, sont très peu transparentes et vont devoir réviser leur modèle économique pour survivre», prévient Pascal Ordonneau, consultant spécialiste de la finance. Pour le moment, elles peuvent encore tenir. Mais si Bruxelles y mettait son nez, elles se verraient contraintes de dévoiler la totalité de leurs pertes et d’accélérer leur restructuration. Ce serait du pire effet sur les marchés. Angela Merkel, qui espère bien être réélue en septembre prochain, est prête à tout pour l’éviter. Il y a deux mois, elle a réussi à convaincre la Commission de repousser son projet de contrôle de l’ensemble des banques européennes. Aux calendes grecques, bien sûr…
Marie Charrel

Quelle est la différence principale entre les chefs d'entreprises et les responsables?

Les chercheurs ont demandé à 25 chefs d’entreprises et managers de réaliser des tâches de deux natures différentes :
Des tâches d’exploitation, au cours desquelles les participants devaient optimiser des procédures d’un travail existant ;
Des tâches d’exploration, au cours desquelles les participants devaient trouver une nouvelle façon de travailler pour atteindre un objectif plus vaste que l’objectif habituel.
Les chercheurs ont constaté que lorsqu’ils se livraient à cette seconde activité, les chefs d’entreprises utilisaient les deux parties gauches et droite de la partie antérieure de leur cerveau, ce que l'on appelle l’ensemble du cortex préfrontal. En revanche, les managers n’utilisaient que la partie gauche du cortex pré-frontal. Or, celle-ci est associée à la pensée rationnelle et logique, alors que le côté droit du cortex pré-frontal est lié aux fonctions créatrices qui impliquent une réflexion de haut niveau (comme la poésie, l'art, etc). Cela ne signifie pas que les chefs d’entreprises sont plus intelligents, ni même qu’ils explorent plus que les responsables, mais que lorsqu’ils explorent, ils utilisent leur cerveau d’une manière plus complète.
Selon Zollo cette différence pourrait expliquer la propension plus grande des chefs d’entreprises à prendre des risques, parce que ceux qui ne font appel qu’à la logique et la pensée rationnelle en entrevoient davantage les écueils, et en extrapolent moins les bénéfices, et qu'ils sont donc moins enclins à en prendre.
La question qui demeure est celle de l’inné et de l’acquis ; Est-ce que le cerveau des chefs d’entreprises travaille différemment parce qu’ils sont chefs d’entreprises, ou est-ce parce qu’ils sont devenus chefs d’entreprises parce qu’ils bénéficiaient d’une capacité cérébrale différente ?
Tout en rappelant que son étude ne s’est pas attachée à répondre à cette question, Zollo apporte néanmoins un début de réponse à cette question, en rapportant les résultats d’une expérience corolaire, au cours de laquelle les chercheurs ont donné à certains responsables plus de tâches impliquant de l’innovation qu’aux autres. Ils ont constaté que les résultats de ce groupe étaient intermédiaires entre ceux des chefs d’entreprises et ceux des autres managers, ce qui tendrait à démontrer que ces facultés peuvent se développer.

    Un appareil coûteux: 11.000 fonctionnaires de l'UE gagnent plus qu'Elio Di Rupo

    Le président des Etats-Unis, Barack Obama, perçoit un salaire brut annuel de 400.000 dollars (environ 294 000 euros). Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy reçoivent un salaire brut annuel de 304.221 euros.
    C’est ce qui ressort des réponses que Frans Timmermans, le ministre néerlandais des Affaires Etrangères, et Ronald Plaster, le ministre néerlandais de l’Intérieur ont données après avoir été interrogés par le député européen Peter Omtzigt (CDA) sur les conditions de travail des fonctionnaires de l'UE. Le site néerlandais Geenstijl a eu accès à ces documents.
    Dans leurs réponses, ils indiquent également que 3.000 fonctionnaires de l'UE gagnent plus que lePremier ministre néerlandais Mark Rutte. En Belgique, le Premier ministre Elio Di Rupo et les vice-Premiers ministres gagnent environ 10% de moins que Rutte.
    «Les responsables de l'UE dans les échelles 13 t / m 16 brut gagnent plus en brut que le Premier ministre néerlandais (144.000n euros par an). Environ trois mille fonctionnaires de la Commission sont répertoriés à ce niveau ».
    Mais les deux ministres précisent immédiatement que le nombre de 3.000 est une estimation bien trop prudente: 
    « Il est très clair que le nombre réel de fonctionnaires de l'UE qui gagnent plus en brut que le Premier ministre néerlandais est beaucoup plus élevé que trois mille. Mais il est difficile de déterminer combien ils sont. Le gouvernement restera en contact avec la Commission sur ce point ».
    Une petite étude de Die Welt avait montré que 11.117 eurocrates gagnaient 12.444 euros par mois. Il s'agit de fonctions telles que les assistants personnels et les traducteurs principaux. C'est une somme plus importante que celle qui est créditée mensuellement sur le compte d’Elio Di Rupo, des vice-Premiers ministres belges et du Premier ministre néerlandais Mark Rutte.
    Les mêmes chiffres montrent que 4.365 fonctionnaires de l'UE gagnent même plus que le Chancelière allemande Angela Merkel.
    MISE A JOUR du 05/02/2013 à 12:00
    « C’est une comparaison totalement injuste », a-t-il dit sans citer nommément le journal allemand. « Aucun eurocrate ne gagne plus que la Chancelière Merkel ».
    Il a indiqué que le salaire de la chancelière, tel que mentionné dans l’article en question, ne tenait pas compte de la rétribution qu’elle percevait en tant que membre du Parlement allemand, et d’autres indemnités, dont celle de l’UE qui inclut des avantages et des indemnités.
    Ainsi, selon les données de la Commission Européenne, les eurocrates les mieux payés percevraient des traitements de l’ordre de 18.370 euros mensuels. Gravili a également indiqué que le salaire mensuel d’Angela Merkel est de 21.000 euros, dont 17.000 euros de salaire pour ses fonctions de chancelière allemande, et 4.000 euros de traitement réduit en tant que membre du parlement allemand. Il précise que lorsque l’on inclut toutes ses indemnités, le salaire brut de la Chancelière atteint environ 25.000 euros.

      Les marchands de journaux dénoncent une «prise d'otage»

      Gérard Proust, le président de l'Union nationale des diffuseurs de presse (UNDP), qui tenait mercredi son congrès national, s'alarme de la situation de plus en plus fragile des 27.500 marchands de journaux en France. 
      Vous avez adressé une lettre ouverte au Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT). Vous a-t-il répondu?

      Gérard PROUST. - Non. D'ailleurs, je remarque que, depuis ce courrier, daté du 1er février dernier, les mouvements se sont durcis. Le Syndicat du livre n'a donc rien entendu à notre message. La situation est loin de s'apaiser. Je n'ai pas à juger si le plan de restructuration engagé par Presstalis est judicieux ou pas, et si le combat mené par le Syndicat du livre est légitime ou non. En revanche, le Syndicat du livre doit comprendre qu'il doit trouver d'autres moyens d'expression que la prise en otage du réseau de distribution de la presse. Sinon, il aura tué le réseau de vente avant que les négociations ne reprennent chez Presstalis.
      Quel a été l'impact des mouvements sociaux à répétition du Syndicat du livre sur l'activité des marchands de journaux?
      Si les perturbations de distribution perdurent, on aura fini de ruiner le réseau! Le chiffre d'affaires n'est pas là, l'équilibre économique de la filière dans sa globalité est mis à mal par les incidents de livraison de journaux qui s'enchaînent depuis le second semestre. Les diffuseurs sont déjà fragilisés par la crise économique et la tendance à la baisse des ventes de la presse. L'absence des quotidiens dans les points de vente est nuisible à leur fréquentation, déjà en recul. De plus, les diffuseurs s'inquiètent de la relation au lecteur qui peut se détourner du réseau physique pour aller chercher une version numérique. Sans compter que les annonces faites par les autres médias sur l'absence des quotidiens véhiculent le message subliminal qu'il est finalement inutile de fréquenter nos points de vente.
      À combien s'élève le manque à gagner?
      Il est encore trop tôt pour le dimensionner. Mais les messages que nous recevons à l'UNDP montrent clairement que les marchands de journaux sont aux abois. Les diffuseurs sont fragiles, leurs commissions perçues sur la seule vente au numéro des journaux sont en baisse continuelle. Il faut tout faire pour éviter le coup de grâce! Les chiffres dont nous disposons sur la diffusion des quotidiens nationaux montrent que les ventes au numéro ont reculé à périmètre constant de 3,5 % en 2012. Si on y inclut les jours de perturbations de la distribution, la chute atteint 5 %. Les mouvements en décembre ont bel et bien dégradé les performances des quotidiens. Quelle sera la tendance en 2013, alors que, depuis le mois de janvier, la situation pour les éditeurs et les points de vente est restée tout aussi tendue?
      Les marchands de journaux mettent la clé sous la porte?
      1792 points de vente ont fermé en 2012, un triste record. En solde net, c'est-à-dire les créations moins les fermetures, cela correspond à la disparition de 1082 points de vente. Ils s'ajoutent aux 700 de 2011 et aux 500 de 2010. Le préjudice est considérable pour l'ensemble de la distribution de la presse française. De nombreux diffuseurs, dont c'est le métier principal, veulent jeter l'éponge ou reconvertir leurs emplacements. Leur exploitation est trop malmenée.
      Vous avez lancé une pétition. Dans quel objectif?
      Comme nous n'avons eu aucun écho à notre lettre ouverte au Syndicat du livre, notre but est d'alerter l'ensemble du réseau au travers d'une pétition accessible sur le site Internet de l'UNDP. Notre objectif est aussi de la faire signer par nos clients, les consommateurs. Nous espérons ainsi que le Syndicat du livre comprendra qu'il y a d'autres moyens d'actions pour faire entendre ses revendications. Une fois encore, la solution n'est pas la prise en otages des diffuseurs!
      Vous avez alerté les pouvoirs publics dès le 11 octobre dernier. Qu'attendez-vous de la ministre Aurélie Filippetti?
      Nous avions déjà fait part aux pouvoirs publics de nos craintes de voir l'ensemble du système de distribution s'écrouler. Nous souhaitons aujourd'hui que la ministre de la Culture et de la Communication, dès lors qu'elle veut revoir les aides publiques à la presse, en réoriente une part vers le réseau de vente. Notre réseau perd du terrain. Il faut encourager la formation professionnelle et surtout soutenir la ­modernisation du réseau. Pour cela, il est nécessaire d'opérer un rééquilibrage des aides à la presse, en amplifiant celles consacrées à la modernisation du réseau pour laquelle il n'est prévu cette année qu'un montant de 4 millions d'euros. Dans le même temps, le portage des journaux bénéficie d'une enveloppe de 45 millions d'euros. Le décalage est trop fort. Les points de vente doivent être des lieux de commerce et de vie modernes, confortables, lumineux, accueillants.

      POUR CELA IL FAUT  QUE LES DISTRIBUTEURS AIENT DE LA TRÉSORERIE !
      ILS N'EN ONT PLUS, QUAND ON PAIE CASH ET QUE LES RETOURS SE FONT À COUP DE LANCE PIERRE !!!

      RÉVEILLE TOI GÉRARD !!!!