vendredi 8 février 2013
Etes-vous riches ? Un sondage exclusif
Quand la CGT tue la presse quotidienne
Coup de colère : une nouvelle fois, aucun quotidien national, et donc Les Echos comme les autres, n’est paru ce matin (06/02/13).
mardi 15 mars 2011
L'événement a bien sûr été occulté par la catastrophe au Japon. Mais les Européens ont réussi le week-end dernier à s'entendre sur les mécanismes de solidarité financière avec les Etats en difficulté et les règles de gouvernance économique. C'était dans une certaine mesure inattendu puisque ces résultats n'étaient espérés qu'à l'occasion du sommet des 24 et 25 mars. Hier, la réaction des places financières, qui ont fait grimper les valeurs bancaires et reculer les taux d'intérêt de la Grèce ou du Portugal, montre qu'ils ont été agréablement surpris. C'est un fait : les Dix-Sept apprennent enfin à parler à l'oreille des marchés...
La surprise n'est pas le seul élément à saluer. Quatre autres décisions vont dans le bon sens. Un : Nicolas Sarkozy -qui a opté depuis des mois pour une surprenante de sa part mais efficace diplomatie de la discrétion -a réussi à convaincre Angela Merkel de relever à 440 milliards d'euros les moyens du Fonds européen de stabilité financière, ainsi que ceux du mécanisme qui lui succédera à partir de 2013, à 500 milliards d'euros. Deux : le Fonds pourra racheter directement de la dette sur le marché primaire des obligations, alors qu'il ne peut aujourd'hui que prêter aux Etats. C'était le point le plus difficile aux yeux de Berlin. Trois : les efforts de la Grèce ont été récompensés par une baisse de son taux d'emprunt, tandis que l'Irlande, qui refuse de revoir son impôt sur les sociétés, n'y a pas eu droit. Enfin, quatre : le Pacte pour l'euro fixe quant à lui quelques principes de compétitivité.
Au total s'est mis en place un véritable fédéralisme de crise inimaginable il y a un an. L'Allemagne, dont une partie de l'opinion était prête à sortir de l'euro au moment de la crise grecque -un débat qui a touché y compris l'entourage de la chancelière, affirme-t-on à Paris -, a réalisé que ce n'était pas possible. Et a confirmé son attachement à la monnaie unique, à une condition : qu'elle puisse surveiller la politique économique de ses voisins. Est-ce le début d'une politique économique fédérale ? A vrai dire, on en est encore loin. Le Pacte pour l'euro consiste pour l'essentiel à mettre en place des indicateurs et des objectifs bien allégés par rapport au projet initial de Berlin. Mais c'est un caillou de plus sur le chemin fédéral. Gérer les crises, c'est bien, les empêcher, c'est mieux.
vendredi 11 mars 2011
lundi 7 mars 2011
lundi 28 février 2011
Europe : vers un zeste de protection dans le libre-échange ?
L’Europe commence à s’inquiéter des investissements étrangers, notamment chinois, sur son sol. Deux commissaires européens exigent de José Manuel Barroso, le président de la Commission, qu’il ouvre enfin le débat.
Ils ont demandé à José Manuel Barroso, pour commencer, d’ouvrir un débat sur les rachats par des concurrents non-européens d’entreprises du Vieux continent quand il y a un risque de pillage des savoirs. Et ils veulent des décisions. Naturellement, la Chine et la Russie sont dans le collimateur. Le premier point à souligner, c’est qu’un débat de ce type n’a jamais eu lieu en Europe, qui s’est construite depuis 50 ans sur l’idée de la libre circulation des capitaux. C’est un vrai tournant.
Qu’est-ce qui provoque cette prise de conscience ? L’alarme a été à la fin de l’année dernière une histoire qui a fait un peu de bruit : la tentative d’une entreprise chinoise totalement inconnue de racheter le spécialiste européen du câble pour la fibre optique, le néerlandais Draka. Cette opération a été évitée de justesse, mais elle a agi comme un révélateur. Un révélateur des différences de situations. Une entreprise européenne ne peut pas faire ce qu’elle veut en Chine, elle doit obtenir des autorisations en tous genres, des secteurs lui sont interdits.
Par ailleurs, beaucoup d’entreprises chinoises ou russes sont plus ou moins contrôlées par l’Etat. Peut-on accepter qu’elles rachètent des sociétés européennes ? Les deux commissaires demandent donc de la réciprocité dans les règles et la surveillance de ces investissements réalisés par des Etats. Très concrètement, ils attendent que les protections mises en place par certains pays européens soient généralisées.
C’est une bonne revendication. Il ne s’agit pas de freiner les investissements étrangers. L’Europe est leur première terre d’accueil au monde, et ils sont dans l’immense majorité des cas positifs. Personne ne se plaint que les Coréens aient investi dans les Chantiers de l’Atlantique. Les Chinois ont racheté le port grec du Pirée, pourquoi pas ? Ont racheté Volvo, pourquoi pas ? Mais attention à trop de naïveté dans l’ouverture.
Dans la réalité, des barrières existent déjà, la France a bloqué récemment la reprise du spécialiste des terminaux de paiement Ingenico par un concurrent américain. En fait, il s’agit non pas de faire la révolution, mais de montrer sur le terrain politique que l’Europe peut avoir une politique dans ce domaine. Au fond, il s’agit d’exiger de la Chine de la réciprocité, en matière commerciale, financière, monétaire. L’Europe a les moyens d’exister dans un rapport de forces sans remettre en cause ses valeurs. Un zeste de protection dans le libre-échange, ce n’est pas du protectionnisme.
La démarche va-t-elle aboutir ? Cela va être compliqué, parce que José Manuel Barroso ne fera rien qui déplairait à Berlin ou à Londres, qui sont par nature réticents à tout interventionnisme.
jeudi 24 février 2011
« ni-ni » salarial
Le sondage que nous publions a de quoi frapper les esprits. Pus de la moitié des Français (56 %) sont persuadés que leur pouvoir d'achat va baisser dans les trois prochains mois. C'est 14 points de plus que le mois précédent et 17 de plus qu'en novembre ! Ouvriers, cadres, retraités, tout le monde est inquiet. Autre point notable : ce score contredit le schéma habituel selon lequel nous sommes collectivement pessimistes (sur la situation économique et sociale) mais individuellement optimistes (sur notre situation personnelle).
Autant le dire : cette crainte est justifiée. Si les cours du pétrole se maintiennent au niveau actuel, les soldes d'hiver et les économies sur l'achat d'écrans plats ne suffiront pas longtemps à amortir l'indice général des prix. De ce point de vue, le thermomètre de janvier est un trompe-l'oeil puisqu'il est déjà acquis que le super sans plomb va battre son record de 2008 dans les tout prochains jours. Pour ne pas être en reste, les tarifs du gaz vont être relevés. L'opinion n'a pas tort enfin de juger possibles des hausses d'impôt à court ou moyen terme.
Jean-Claude Trichet a-t-il dès lors eu raison d'avoir lancé une mise en garde solennelle ? Augmenter les salaires « serait la dernière bêtise à faire » pour récupérer ce pouvoir d'achat qui s'enfuit, a averti dimanche le président de la Banque centrale européenne. Sur le terrain purement macroéconomique, il n'y a rien à dire. La consommation est restée solide en France et des interrogations pèsent sur la compétitivité des entreprises tricolores, en tout cas en moyenne. Le taux de marge des PME reste faible et le chômage est élevé. Bref, ajouter l'inflation des salaires à celle de l'énergie serait le « dernier » des leviers de politiques économiques susceptibles de guérir le malade !
Le patron de la BCE aurait pourtant tort de répéter trop souvent tout haut ce qu'il est en droit de penser tout bas. La première raison est, tout simplement, que la mise en garde paraît inutile. En France, la politique salariale n'est pas aussi centralisée qu'elle l'est, par exemple, en Allemagne. Ce ne sont ni de vastes accords sociaux, ni encore moins l'Etat -depuis le tournant des années 1980 -, qui décident. Aucune esquisse de spirale prix salaire ne menace en réalité.
Mais la vraie raison est que cet avertissement est trop abrupt voire inopportun. Car après des années de modération et d'individualisation, la question salariale se pose bel et bien. Si on n'y prend pas garde, les excellents (et heureux) résultats des grands groupes, le retour de faramineux bonus dans les banques et le juridisme dans lequel semble se noyer le G20 vont creuser rapidement le fossé entre l'opinion et des élites qui donnent l'impression que la crise est finie.
Sur les hausses des rémunérations, il n'y a ni oui a priori à décréter ni non a priori à opposer. Certaines entreprises peuvent y penser, certaines le doivent, d'autres pas. C'est aussi simple que cela.
lundi 21 février 2011
mardi 15 février 2011
(1) Président de la Commission européenne.(2) Président du Conseil européen.
lundi 24 janvier 2011
vendredi 14 janvier 2011
Le fric, l’Allemagne et Arditi
Il y a des limites aux performances allemandes impressionnantes. Le bilan est donc équilibré ... ce n’était pas le cas de la (par ailleurs bonne) émission de France 2 "Fric, Krach et gueule de bois".
L’Allemagne a enregistré l’an dernier sa croissance la plus forte depuis 20 ans. Ce n’est pas un modèle parce qu’aucun pays n’est un modèle absolu. Mais c’est évidemment un exemple à regarder de près.
La croissance allemande a atteint 3,6% l’an dernier – deux fois plus qu’en France. La récession aussi avait été de l’autre côté du Rhin deux fois plus importante qu’ici. La situation allemande reste toutefois préférable parce que la récession est finie et que la croissance semble bien installée – plus de 2 % prévu cette année. Du coup, l’effet de la crise devrait être effacé très vite. Côté des bons points, il faut encore relever un taux de chômage inférieur à 8 % et un déficit public de 3,5% du PIB. Cela veut dire que Berlin a été moins dogmatique qu’on le disait pendant la crise mais que la situation reste sous contrôle.
Y a-t-il des limites à ces performances impressionnantes ? Il faut chercher pour les trouver ! La première est que le moteur allemand tourne depuis des années sur les exportations et que la consommation a été longtemps le parent pauvre, avec des salaires comprimés. Mais cela est en train de changer. La seconde est que l’Allemagne, outre une démographie catastrophique qui explique la baisse du chômage, va bien, mais après une décennie très moyenne. C’est donc aussi un rattrapage. La dernière chose est que son modèle exportateur ne fonctionne que si les autres pays, notamment en Europe, vont bien. Sinon, pas de clients ! Au total, c’est donc un bon bilan, mais il y a des forces et des faiblesses, tout n’est pas absolument blanc ou noir, unique, sans nuance.
Fric krach et gueule de bois, le roman de la crise_Partie1
envoyé par buggeeXP. - L'info video en direct.
Bien sûr, la montée de la cupidité et les dérives scandaleuses des banques américaines sont vraies. Mais pas un mot sur l’autre versant, qui n’excuse pas le premier mais existe. Les ouvertures de frontières ont certes libéré des forces difficiles à contrôler. Mais grâce à la mondialisation, des centaines de millions de gens sortent de la pauvreté et des classes moyennes apparaissent. Dans le film, où sont l’Inde et le Brésil ? Nulle part. Dans les vieux pays, le niveau de vie moyen a augmenté ou est resté stable, il ne s’est pas effondé. Y compris chez nous. Le film ne parle pas de l’Allemagne ! Faut-il oublier que des révolutions technologiques sont nées, y compris peut-être de la bulle Internet. Enfin, le capitalisme n’a pas non plus cassé les Etats : en France, la part des dépenses collectives n’a jamais été aussi élevée, et elles sont bien financées par l’économie, donc en partie les entreprises.
Bref, tout n’est pas blanc ou noir : ce serait hélas trop facile !
jeudi 6 janvier 2011
vendredi 24 décembre 2010
En cette fin d’année 2010, les prix des matières premières agricoles battent des records. C’est vrai pour le sucre, le café, le coton ou encore le caoutchouc. Mais aussi d’autres comme le colza, le blé ou le maïs. Mardi, à Chicago – le marché qui fait la pluie et le beau temps si on peut dire ( !) -, le coton a atteint un plus haut historique. Son prix a plus que doublé depuis janvier, c’est la plus forte hausse depuis 1973. Le même jour, le sucre a atteint des niveaux jamais vus depuis vingt-neuf ans. L’arabica est au plus haut depuis treize ans. A Paris, le blé a gagné 70 % depuis janvier.
Disons-le : la spéculation ne semble pas avoir joué un rôle clef. La première cause, ce sont les caprices de la météo. Trop de pluies, ou pas assez. A cause de la sécheresse de l’été dernier, la Russie a baissé ses prévisions de production de 30 % alors qu’elle est est l’un des premiers producteurs de céréales. Il y a aussi le phénomène Niña. La température de l’Océan pacifique bouge, cela fait pleuvoir en Asie du Sud et en Australie, et provoque la sécheresse en Amérique du Sud. Il a beaucoup plus aussi au Pakistan ou en Inde. Résultat : des récoltes endommagées.
Mais le climat n’est la seule explication. Au-delà de la conjoncture, on en revient toujours à la même chose. Fondamentalement : une production insuffisante pour satisfaire une demande qui ne cesse d’augmenter, surtout tirée par... la Chine (cela devient lassant...).
Mais cette fois-ci la Chine n’est pas seule en cause. La population mondiale devrait passer de plus de 6 à près de 9 milliards d’habitants. Ces bouches à nourrir, dans des économies qui s’enrichissent, exigent une alimentation plus riche et variée. C’est la raison majeure qui tire les prix, la meilleure preuve étant que ce mouvement a véritablement commencé il y a une dizaine d’années, au moment où un certain nombre de pays ont commencé à décoller. Les experts datent de 2005 le premier choc des matières premières, qui a culminé en 2008 – un choc alimentaire comme il y a eu autrefois des chocs pétroliers.
Cette flambée des prix va continuer en 2011. Outre la tendance de fond, la sécheresse en Argentine pourrait bien avoir un effet sur les récoltes de maïs, de blé et de soja.
La vraie question est de savoir ce que l’on peut faire. Sans doute se dire que la priorité redevient la production, et non plus la lutte contre la surproduction. Cela veut dire exploiter mieux les terres déjà cultivées en améliorant les rendements, en utilisant les technologies qui permettent de consommer moins d’eau et de pesticides - c’est tout le débat, aussi, sur les OGM. Comme c’est surtout en Afrique du Nord et au Proche-Orient que la population va augmenter, régions qui, à cause du climat et de la pénurie d’eau, continueront à importer des denrées alimentaires, l’Europe a des opportunités formidables.
... Et pendant son G20, Nicolas Sarkozy veut faire en sorte qu’il y ait plus de transparence et encadrer les marchés financiers des matières premières agricoles. L’objectif ne peut être, là, de stopper l’envolée des prix mais au moins de réduire leur volatilité.
mardi 21 décembre 2010
Cette histoire se déroule ces jours-ci et soulève un très classique débat. Celui entre ce que les uns appellent la défense des intérêts industriels de la France et ce que les autres dénoncent comme du protectionnisme. L’entreprise dont il s’agit, c’est Ingenico. Son nom ne vous dit peut-être rien, sauf si votre œil tombe sur lui quand vous prenez de l’argent dans un distributeur de billets ou quand vous tapez (dans un magasin) votre code de carte bancaire sur un terminal de paiement. Ingenico est le numéro deux mondial de ce type de terminaux, n° 1 en Europe, n° 2 en Chine et aux Etats-Unis. C’est une belle entreprise de 2.800 salariés, dont la stratégie actuelle est de se diversifier des matériels vers les services (la sécurité des transactions).
C’est une si belle société qu’elle suscite des convoitises. A tel point que le cours de l’action a « explosé » de 60% depuis le début de l’année. Et du coup, soit parce qu’ils se sont dits que c’est le bon moment pour réaliser une bonne opération, soit pour des raisons stratégiques (se développer avec quelqu’un qui a plus de moyens), les actionnaires et les dirigeants d’Ingenico ont eu envie de vendre. Ils ont reçu, ont-ils annoncé vendredi, une grosse offre d’un concurrent américain, en l’occurrence Danaher.
… et c’est là que l’Etat intervient. Selon nos informations, il a décidé de bloquer. L’Etat qui a non pas un mais deux moyens de pression pour empêcher la cession d’Ingenico. Le premier est simple : 22% du capital sont détenus par le groupe aéronautique Safran, lui-même contrôlé par l’Etat. Safran aurait voulu se débarrasser de cette participation chez Ingenico pour engranger du cash, l’Etat lui a dit, ce week-end, non. Safran n’étant plus vendeur, la pression devrait diminuer. Quand on est américain, avoir l’Etat français sur la chaise d’à côté dans un conseil d’administration n’est pas tentant !
Mais le gouvernement a un autre levier. Depuis 2006, il peut s’opposer à la vente d’entreprises dont les métiers sont stratégiques. Or, Ingenico fournit à Safran une technologie de cryptologie ultra pointue. Mais tout ceci, le rôle de l’Etat, n’est bien sûr pas évoqué dans le communiqué publié dimanche soir.
L’Etat a-t-il raison de vouloir que la société reste française ? Débat éternel ! A priori, si Renault rachète Nissan puis Dacia, si EDF rachète les centrales nucléaires de British Energy, si GDF-Suez rachète (la semaine dernière) le tout aussi britannique International Power, on ne voit pas pourquoi la France interdirait la vente d’Ingenico. Les distributeurs de billets, ce n’est pas la défense nationale ! Cela étant, l’Etat est dans son droit le plus absolu d’actionnaire même si c’est un peu bizarre de contrôler les DAB.
Eric Besson, le nouveau ministre de l’Industrie, envoie un signal clair : le patriotisme économique est de retour et les investisseurs étrangers seront, si c’est nécessaire, reconduits à la frontière !
lundi 20 décembre 2010
mardi 7 décembre 2010
Why French Higher Education Ranks So High in B-Schools, and So Low Elsewhere
France’s business and management schools top the Financial Times annual European rankings, but French higher education system still lags in other surveys.
Four of the top10 ; five of the top 15 ; eighteen of the top 70. France can indeed be proud of the 2010 results of the annual European business and management school rankings conducted by our colleagues at the Financial Times. Indeed our two shining lights, HEC Paris (École des Hautes Études Commerciales de Paris) and INSEAD (Institut Européen d’Administration des Affaires), claimed the first and third overall spots, while ESCP Europe has also taken a great leap forward.
Beyond the endless debates about the relevance of the criteria that lead to these results, these scores can be read in two ways. The first relates directly to the educational community : a confirmation of the strategy employed for many years by these schools to strengthen the faculty, while offering more and more master’s, MBA and continuing education programs for executives.
The second reading should interest the public at large. The success of institutions that have managed to impose their brand internationally is proof that, contrary to conventional wisdom, the French have definitely not kissed goodbye to the economy and trade ! The influence of the alumni of these schools also continues to grow, as shown by another notable indicator : the number of reviews in the "Who’s Who."
These results, however, raise another question. Why are the French “Grandes Ecoles” in the fields of management and engineering rated so highly in the European charts, yet find themselves in trouble when the competition widens ?
These elite schools are separate from the French university system and present two major differences : universities are the cheaper option and have an obligation to accept all students ; “grandes ecoles” can cost ten times more and select the best students based on written and oral exams.
The best-known illustration is the by now infamous results of French institutions (and similarly dismal showings across much of Europe) in the Shanghai Rankings of world universities. The problem reflects a multifaceted reality. The importance given to basic sciences, the accumulation of Nobel Prizes and the number of articles published in major journals plays against Europe and France. Another explanation offered is less convincing : it is the "scale effect", which has led Valerie Pécresse, France’s Minister of Higher Education, to ask the institutions to band together. But this proposal naturally appears questionable in the face of the outstanding performances of small institutions such as Insead and ENS (École normale supérieure) at Rue d’Ulm. The truth is that in terms of financial commitment and other resources devoted to students, French schools are still dwarfed by their competitors, particularly those in the United States. Of course, this is not very politically correct to say.
lundi 6 décembre 2010
Quatre sur les dix premières, cinq sur les quinze meilleures et dix-huit sur les soixante-dix les plus remarquées : la France n'a pas à rougir de la place de ses écoles de management dans le classement 2010 des Business schools européennes établi chaque année par notre confrère le « Financial Times ». Deux tricolores, HEC et l'Insead, occupent même encore les première et troisième marches du podium tandis que l'ESCP accomplit un véritable bond en avant.
Au-delà des débats infinis sur la pertinence des critères qui conduisent à ces résultats, ces scores peuvent être lus de deux manières. La première concerne la communauté éducative. Est validée la stratégie déployée depuis de longues années par ces écoles, qui consiste à renforcer le corps professoral et à proposer de plus en plus de masters, de MBA et de formation continue pour les cadres dirigeants. La seconde lecture devrait, elle, intéresser l'opinion publique dans son ensemble. Le succès d'établissements qui ont réussi à imposer leur marque à l'international est la preuve que, contrairement à une idée encore trop reçue, les Français ne sont pas définitivement brouillés avec l'économie et le commerce ! L'influence des anciens élèves de ces grandes écoles ne cesse d'ailleurs de grandir, comme le montre - un indicateur comme un autre -le nombre de recensions dans le « Who's Who ». Les HEC talonnent désormais les X, derrière, encore, les énarques…, a relevé, il y a peu, le magazine « Challenges ».
Ces résultats suggèrent cependant une autre question. Pourquoi les grandes écoles françaises, de management ou d'ingénieurs, sont si bien notées dans les classements européens, mais se retrouvent en mauvaise posture dès que l'horizon s'élargit ? Le désormais fameux palmarès de Shanghai en est l'illustration la plus connue. La réponse est en réalité multiple. L'importance donnée aux sciences fondamentales, à la présence de Prix Nobel et au nombre d'articles publiés dans les grandes revues joue en défaveur de l'Europe et de la France. Une autre explication avancée est moins convaincante : c'est « l'effet taille », qui conduit Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, à demander aux établissements de se regrouper - ce qui est curieux si on constate la notoriété de l'Insead ou de l'ENS Ulm, tous petits. La vérité est aussi que les écoles françaises sont encore des naines sur le plan financier et des moyens qu'elles consacrent aux étudiants par rapport à leurs concurrentes, américaines notamment. Ce n'est, naturellement, pas très politiquement correct de le dire.
jeudi 2 décembre 2010
mardi 30 novembre 2010
le dernier coup de poker
Un accord européen a été conclu dimanche, qui va accorder 85 milliards d’euros à l’Irlande, qui institue un mécanisme permanent de sauvetage après 2013, et décide que les créanciers privés pourront être mis à contribution... Avec l’objectif d’éviter que la contagion ne s’étende partout.
Ce matin, pour être honnête, on ne sait pas si la zone euro, qui marche depuis des semaines au bord du précipice, a fait un pas pour s’en éloigner ou va finir tomber au fond. Les raisons de pessimisme ne se sont pas envolées d’un coup !
Une formule du patron d’une grande institution internationale résume bien (« off ») les choses : « Quand l’euro a été créé, tout le monde pensait que la zone euro deviendrait une grande Allemagne. On découvre que c’est peut-être une grande Grèce ». C’est exagéré mais il est pathétique à voir que les pompiers sont obligés d’aller de pays en pays. 85 milliards pour l’Irlande, c’est presque autant pour la Grèce, pays trois fois plus gros. Il est tout aussi invraisemblable de voir que, sur les marchés, la Grèce est jugée plus risquée que la Jamaïque, l’Espagne que le Liban, la Belgique que le Panama ... Le plan d’urgence de dimanche est le fruit d’une grande peur et il faudra peut-être aider le Portugal pour protéger l’Espagne.
Y-a-t-il des points positifs dans tout cela ? Il y a un point clair : la volonté d’unité affichée après les cafouillages de ces dernières semaines – unité construite sur le tandem franco-allemand, avec Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à la manœuvre et José Manuel Barroso au milieu. La réalité est qu’en quelques mois, l’Europe a changé de nature, et un nombre important de tabous ont sauté.
Il faut se rappeler que l’idée d’aider un Etat en difficulté était interdite (le « no bail out »), elle ne l’est plus : c’est, premier tabou, la solidarité financière. Le deuxième tabou qui saute, c’est la création d’un mécanisme de sauvetage permanent et non plus temporaire. Le troisième tabou, c’est le fait que soit envisagée une restructuration des dettes, avec des créanciers privés qui ne seraient plus remboursés (ce que voulaient les Allemands) mais pas automatiquement, au cas par cas (ce que voulaient les Français). Cela veut dire au passage et implicitement qu’on se rend compte que les plans de rigueur ne marcheront peut-être pas mais aussi que l’Europe est prête à mettre en place un dispositif qui a des airs de famille avec le Club de Paris ...
Les dirigeants européens ont intégré le fait que le coût politique, économique, historique d’un échec serait tel qu’il n’est pas envisageable. DImanche, l’Europe a mis en place un mécanisme de résolution des crises comme, dans un règlement de copropriété, on prévoit des procédures pour résoudre les différents dans un immeuble. Evidemment, il aurait fallu y penser depuis dix ans quand sous les yeux de tous, la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne ont construit leur forte croissance en partie sur du sable, des illusions et des bulles – immobilière et bancaire.
Cette journée de lundi sera tendue sur les marchés financiers. Dans les jours qui viennent, un immense coup de poker va être joué. Mais, en fait, c’est bien cette question qui est posée à moyen terme : inventer un modèle européen de croissance. Sans cela, soyons directs : c’est le précipice assuré.













