TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 21 octobre 2011

La fin d’un despote insaisissable

La révolution permanente. Mouammar Kadhafi y tenait plus que tout. C’était son inspiration initiale, dans les années 1960, pour prendre le pouvoir sur les traces de Nasser, son modèle. La révolution, c’était aussi son astuce suprême pour envelopper d’un semblant de théorie politique son emprise totale, durant quarante-deux ans, sur le peuple libyen. Sa révolution est finie. Stoppée par une autre révolution qu’il n’avait pas vu venir. Celle des sociétés civiles arabes.

Fantasque, pittoresque, cruel. Kadhafi était un peu tout à la fois. Oscillant entre les figures classiques de la tyrannie et la psychopathologie politique. Produit de la guerre froide, il a été de tous les grands mouvements du demi-siècle passé. Socialisme, panarabisme, panafricanisme, islamisme. Il a même prétendu en être le Guide, son autre obsession.

Personne, en fait, ne l’a jamais vraiment suivi. Longtemps paria de la Ligue arabe, moteur encombrant
pour l’Afrique sub-saharienne, Kadhafi a surtout su naviguer à chaque changement d’époque. Fort, tantôt, des soutiens de Moscou, tantôt de ses pétrodollars.

Kadhafi aura aussi bénéficié des dix ans d’hiver sécuritaire que le 11-Septembre a provoqués dans toute la Méditerranée. L’obsession de la stabilité, de l’approvisionnement énergétique et de l’endiguement des flux migratoires a fait sortir les sociétés civiles nord-africaines des radars européens. Elle a amené les dirigeants occidentaux, français compris, à renouer les relations avec le Guide. Malgré les violations systématiques des droits de l’homme. Malgré le souvenir des victimes des attentats télécommandés par Tripoli.

Le rôle déterminant de l’Otan

Ce qui, toutefois, aura distingué la dictature kadhafiste de ses voisines maghrébines, ce sont les spécificités de la Libye. Pays immense. Riche en ressources naturelles. Conservateur dans l’âme. Sans tradition étatique, si ce n’est quelques vestiges fragiles de la colonisation italienne. L’économie de rente a rendu moins nécessaire la structuration de la société. Kadhafi en a usé et abusé. L’État, c’était lui. Mouammar. Sa sortie de scène laisse d’ailleurs un vide réel particulièrement délicat pour les prochains mois.

Le déroulement des derniers mois donne raison aux protagonistes de l’opération militaire de l’Otan. Elle a joué un rôle déterminant dans le renversement de cette dictature. Nicolas Sarkozy voit là sa diplomatie des manoeuvres audacieuses récompensée, de façon beaucoup plus substantielle que dans le cas de la crise géorgienne.

Nul ne peut regretter le Guide, évidemment, et quiconque a contribué à sa chute, même tardivement, peut à bon droit revendiquer une part du mérite. Contrairement au déplorable comportement français dans le cas tunisien, Paris a su ici peser dans le bon sens. Dont acte.

La mort de Kadhafi vient compléter le processus de libération de toute une frange de l’Afrique du Nord. Le semblant d’équilibre que les dictatures tunisienne, égyptienne et libyenne, prétendaient garantir dans les années 2000 a vécu. Partout, l’heure est à la transition, avec ses espoirs de démocratie mais aussi ses incertitudes et ses fragilités extrêmes. Jamais, depuis la décolonisation, une telle page blanche n’a été à écrire en Méditerranée.

Le piège Hollande

Élu face à Aubry, c’est le député de Corrèze que Sarkozy va devoir affronter. Un sacré cactus pour l’UMP. Et le pire des scénarios pour le président sortant.
«  Regardez ce sucre, il paraît solide. Mettez-le dans votre café, il disparaît. C’est comme Hollande. » Devant ses proches, Nicolas Sarkozy fait mine de s’accommoder, voire de se réjouir, de la désignation du député de Corrèze comme candidat PS à la présidentielle. « Hollande ? Ce n’est rien », commente encore Jean-François Copé. « Sans épaule », « sans stature », « sans carrure », « sans caractère », « sans expérience internationale » : hors quelques exceptions, comme Patrick Devedjian, pointant un « candidat dangereux », voilà ce qu’on entend aujourd’hui en boucle à l’UMP. Il n’y aurait, à les écouter, « pas photo » entre le chef de l’État et son futur adversaire – tellement insignifiant que les Français, ouvrant enfin les yeux, le “zapperont” aussi sûrement dans six mois qu’ils l’avaient fait avec Ségolène Royal en 2007. Jusqu’à ce conseiller de l’Élysée qui « n’exclut pas » un « nouveau 21 avril », éliminant Hollande du second tour ! La vérité est tout autre : l’ancien premier secrétaire du PS est tout sauf le candidat idéal pour le chef de l’État. Sa désignation constitue même le pire des scénarios pour Sarkozy. Un véritable piège…
Pour s’en défaire, la droite aurait tort, comme elle le fait aujourd’hui, de traiter Hollande par le mépris. Ceux qui, à gauche, s’y sont risqués, comme Laurrent Fabius si convaincu, lui aussi, de sa supériorité, en sont réduits à jouer les supplétifs.
« Flamby », « Chamallow », « Monsieur petites blagues » : on ne compte plus les quolibets dont a été victime, dans son propre camp, celui qui, pourtant, s’est toujours “rêvé” à l’Élysée. « Dès 10 ans, a raconté sa mère, récemment décédée, il disait qu’il voulait être président. » Loin, très loin, de son image de « gros méchant mou » – un autre de ses surnoms – , c’est un adversaire hypercoriace que va devoir affronter Sarkozy. Nullement “mitterrandolâtre”, c’est d’abord le conquérant qui l’a séduit chez l’homme du 10 mai. « En dépit des apparences, confie-t-il, je n’ai guère aimé Mitterrand. Sa pratique du pouvoir m’a souvent scandalisé. Son cynisme m’a longtemps heurté. Je garde un souvenir très mitigé du passage que j’ai fait, en 1981 et 1982, à son cabinet de l’Élysée. La suite ne m’a pas dé menti. Mais, en dépit de tout cela, je le considère comme un modèle. Non pour sa politique. Très peu pour sa vision de la gauche. Mais pour son acharnement, son coup d’oeil, son professionnalisme, sa capacité à entraîner les hommes et les foules. »
Dans son livre, François Hollande, Itinéraire secret (Fayard), Serge Raffy raconte cette anecdote qui confirme la détermination sans faille du personnage. Nous sommes en 1981. Alors âgé de 27 ans, totalement inconnu, il est pour la première fois candidat aux législatives en Corrèze contre Jacques Chirac… qu’il décide d’aller “provoquer” dans l’une de ses réunions : « Qui êtes-vous, monsieur ? lui lance Chirac. Ayez au moins l’amabilité de vous présenter ! – Je suis François Hollande, monsieur le premier ministre, je suis conseiller à la Cour des comptes et le candidat du Parti socialiste. Je suis celui que vous comparez au labrador de Mitterrand… »
« Un ange passe dans la salle tendue comme un arc, écrit Raffy. Les regards, alentour, se durcissent. Quel toupet, ce gamin ! Venir narguer Chirac, le seigneur et maître des lieux ! »
Crédité de… 3 % dans les premiers sondages sur la primaire socialiste, c’est avec la même condescendance dont l’affuble aujourd’hui la droite que Hollande était accueilli il y a moins de sept mois dans les fédérations PS. Gare, donc, à ne pas reproduire la même erreur ! Gare, aussi, à ne pas partir trop tard en campagne : pas sûr, face à ce marathonien, que la stratégie de la « campagne la plus courte possible » préconisée à l’Élysée soit la mieux adaptée : il n’y a pas que dans la fable que le lièvre ne rattrape pas la tortue… Que n’entend-on, encore, sur sa posture de “monsieur Tout-le-monde” censée se fracasser, durant la campagne, sur le mur des réalités ? « Les circonstances actuelles nécessitent plus que jamais un homme exceptionnel, pas un “président normal” », affirme notamment Claude Guéant. Non sans raison. Il n’empêche : se raccrocher à ce constat, comme à une bouée, ne règle pas “le” problème de Sarkozy : son impopularité record reposant, en grande partie, sur sa propre personnalité. Pour l’heure, l’hostilité à l’encontre du président emporte tout sur son passage, y compris ses succès sur la scène internationale. À la question “Nicolas Sarkozy défend-il bien les intérêts de la France à l’étranger ? ”, 69 % des Français, interrogés par l’Ifop, répondent “oui”. Mais ils sont dans le même temps, et selon la même étude, quasiment le même nombre (65 %) à… “ne pas approuver” sa politique ! Confirmation de ce désamour qui profite à son adversaire : selon un autre sondage Ipsos-le Point, Hollande, pourtant néophyte, devance aujourd’hui Sarkozy de vingt points (48 % contre 28 %) en matière de “crédibilité” pour “sortir la France de la crise” ! Plutôt que de s’appliquer à dénigrer la “normalité” de François Hollande, l’UMP ferait mieux de s’interroger sur les raisons de ce rejet sans précédent du chef de l’État. Et d’y trouver des réponses. Vite.
Après avoir dénoncé, puis raillé l’organisation de la primaire socialiste, espéré que l’affaire DSK la plomberait, rêvé que les candidats en lice s’étriperaient, puis tablé sur une victoire de Martine Aubry, voire un succès “ric-rac” de Hollande, l’UMP s’est lancée dans un pilonnage en règle du programme socialiste. Il y a de quoi (lire page suivante). Mais, là encore, le député de Corrèze a tout du “candidat piège” pour la droite. Comment l’attaquer, par quel bout le prendre ? En en faisant “l’otage” d’Arnaud Montebourg et de ses « dingueries », comme l’a fait Copé ? C’est oublier que Hollande, contrairement à Aubry, a refusé de céder à une quelconque “surenchère gauchiste”. Dans sa lettre adressée entre les deux tours de la primaire au chantre de la “démondialisation”, Hollande écrit : « La France a besoin du monde et celui-ci a besoin d’elle, mais les Français ont besoin d’être protégés contre les excès de la mondialisation. » Presque mot pour mot ce qu’affirmait… Sarkozy dans son programme de campagne de 2007 : pas question, estimait-il alors, « d’une mondialisation réduite à la circulation des capitaux et des marchandises, [l’Europe devant] protéger ses peuples dans la mondialisation ». Difficile, dans ces conditions, de faire pas ser Hollande pour un disciple de Montebourg !
Pour la première fois (primaire “ouverte” oblige), c’est par la droite, et non par la gauche, que le PS a été conquis. Inutile de le nier : avec Hollande, c’est l’aile sociale-démocrate du parti qui l’a emporté. La revanche de la “deuxième gauche” de Michel Rocard. S’il doit continuer de pointer, comme Sarkozy s’apprête à le faire, son déni des réalités en matière sociétale (immigration et islamisme notamment), le discours de l’UMP sur les “vieilles lunes” égalitaristes et étatistes du PS doit, lui, être entièrement revu. Faute d’apparaître lui-même totalement dépassé. À nouveau candidat, nouveaux arguments.
“Incapable de prendre une décision courageuse”
Reprenant les critiques d’Aubry, la droite qualifie désormais Hollande de représentant de la “gauche molle”. “Mou” : sous-entendu manquant d’autorité… Les sondages commandés par l’Élysée font apparaître une vraie faiblesse du candidat PS sur ce point. Révélée par le Figaro, une étude polémique identifie Hollande au film le Corniaud. Saura-t-il, comme Sarkozy, décider et trancher ? imposer ses choix ? Selon Copé, le candidat PS « a une caractéristique : il est incapable de prendre une décision courageuse ». Ses onze ans à la tête du PS ne plaident pas en sa faveur. « Quand il dit “oui, oui” en regardant ailleurs, ça veut dire non », ironise l’un de ses proches.
L’angle d’attaque est jugé « porteur » par les proches de Sarkozy, qui attendent la « grande confrontation » entre les deux hommes pour démontrer la « faiblesse » du premier au regard de « l’autorité » du second. Mais gare, là encore, au retour de manivelle : la “gauche molle”, ce n’est pas celle qui fait peur. Et puis, c’est aussi le centre. Les électeurs de Bayrou, les orphelins de Borloo… Ceux-là mêmes dont Sarkozy aura un besoin vital au second tour ! 

Hollande, le nouveau favori

Pour la gauche et les médias, c’était l’élection idéale. Depuis la chute de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande était leur favori. La primaire socialiste se jouait exclusivement entre candidats de gauche, on était entre soi – et le prétendant le plus à droite, Manuel Valls, n’y représentait que 6 % des voix. C’était donc bien une élection idéale.
Sauf que ce n’était pas l’élection présidentielle. À partir de maintenant, tout change. La campagne commence, la bataille n’a plus le même sens.
Le point le plus intéressant dans le succès de François Hollande est celui-ci : pour la première fois, un candidat socialiste ne s’impose pas aux socialistes en les prenant par la gauche – mais par la droite, ou plus exactement par le centre. Depuis le début de sa candidature, François Hollande faisait campagne sur un argument qui le différenciait des autres : je ne m’adresse pas aux socialistes, je m’adresse aux Français. Cela n’avait pas échappé à Martine Aubry qui, la veille du second tour, déclarait au Parisien : « Je n’aime pas quand un homme de gauche reprend les mots de la droite. » Elle évoquait le mot de François Hollande sur « la gauche sectaire », mais sa phrase allait bien au-delà : elle qui ne s’était adressée qu’à son parti, elle dénonçait le discours “ouvert” de son concurrent. Or c’est elle qui a perdu et lui qui a gagné. Un succès qu’il doit notamment au fait qu’étant nettement en tête au premier tour, les sympathisants de gauche sont allés vers lui, en se portant sur le vainqueur.
Mais cette victoire “par la droite” a des raisons plus profondes. Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique, les détaille
dans un article de la dernière livraison de la revue Commentaire à propos de la situation de la droite en Europe. La gauche sociale-démocrate, dit-il, est partout en perte de vitesse, à cause de la globalisation, de l’épuisement de l’État-providence, du vieillissement avec ses effets idéologiques (sur la sécurité) ou démographiques (immigration et conséquences) : « L’histoire ferme la porte du pouvoir à la gauche ; la crise de la dette la verrouille à double tour. » À partir du moment où Dominique Reynié vous dit : « dans ce mouvement historique, la gauche perd sa raison d’être – et ses électeurs », comment fait-on quand on s’appelle François Hollande et que l’on a de l’ambition ?
Eh bien on fait le choix délibéré d’adopter certains thèmes jusque-là familiers de la droite : la réforme fiscale, la solidarité entre générations, et surtout la rigueur budgétaire – tout en associant à ces sujets la distribution de sucres d’orge classiques de la gauche (augmentation du Smic, recrutement de fonctionnaires, enseignants, policiers), même si cela n’empêche pas Martine Aubry de vous accuser d’incarner la « gauche molle » – molle par son virage au centre. L’essentiel est de l’emporter. Avec quels électeurs ? Ceux du vaste ensemble conservateur des avantages acquis, préservé de la compétition mondiale, cet électorat « arc-en-ciel » décrit par Olivier Ferrand pour la fondation Terra Nova, plus féminin, plus coloré, et essentiellement composé par des agents et cadres de la fonction pu­blique, des magistrats, des enseignants et des pro­fessions intermédiaires.
Par cette manœuvre tactique et la position qu’il occupe désormais, Hollande asphyxie le centre ; mais il laisse à découvert un premier espace sur sa gauche au front de Jean-Luc Mélenchon qui a absorbé les communistes et fait disparaître les trotskistes. Surtout, il abandonne un espace beaucoup plus large à droite où se situent désormais ces classes moyennes et populaires, confrontées, elles, à la mondialisation, à la concurrence des immigrés, à l’insécurité, à l’affaissement de l’autorité, à la baisse de la qualité de l’école, etc. Ces classes populaires dont la gauche entend réduire le poids électoral et l’influence en préconisant le droit de vote aux immigrés et le multiculturalisme imposé par la loi.
Voilà pourquoi la désignation de François Hollande, sa situation sur l’échiquier politique sont en train de changer le sens de la bataille. L’enjeu est évident pour la droite : elle n’a d’avenir que dans la reconquête de l’électorat populaire qui avait fait l’élection de 2007 et qui a en partie déserté. En même temps, François Hollande, devenu le favori, va dorénavant s’attirer les feux nourris de tous ses concurrents, de gauche, des Verts, du centre et de droite, feux qui se concentraient jusqu’à présent (à l’exception de la majorité naturellement) sur Nicolas Sarkozy. Le voici qui va pouvoir respirer.       

LES DERNIÈRES IMAGES DE KHADAFI

Gers : Une fessée déculottée au cœur d'une enquête dans une école

Le parquet d'Auch a ouvert une enquête pour traiter des accusations de maltraitance portées par quatre familles contre une maîtresse qui enseigne depuis vingt ans. 

Des parents, sur la foi de déclarations de leurs enfants, soupçonnent une maîtresse de maltraitances, à Nogaro, petite localité du Gers. Ce sont précisément quatre familles, dont les enfants sont scolarisés dans l'école maternelle de la commune de 2.000 habitants, qui soupçonnent l'enseignante d'avoir notamment donné une fessée déculottée à l'un d'entre eux et de mauvais traitements comme des cheveux tirés et des pincements. Ils devaient portés plainte ce jeudi.

« Une enquête judiciaire a été ouverte mercredi et confiée à la gendarmerie de Nogaro suite à des accusations de violences sur mineur de moins de 15 ans », a indiqué la procureure de la République d'Auch, Alix-Marie Cabot-Chaumeton. En outre, l'Inspection académique du département a ouvert une enquête interne pour faire la lumière sur les faits. « S'ils sont avérés, nous agirons en conséquence. Les pratiques de type fessées sont totalement hors de propos dans l'école », a déclaré René-Pierre Halter, inspecteur d'académie et directeur des services de l'Education nationale du Gers en précisant qu'il n'avait « aucune raison de travailler à charge ». Il a cependant relevé que « l'enseignante nie la totalité des faits ».

Une enseignante sans antécédent

L'enseignante mise en cause serait chevronnée puisqu'elle exercerait depuis près de vingt ans. Elle qui avait mentionné dès vendredi à sa hiérarchie qu'elle faisait l'objet d'accusations de maltraitance, a porté plainte mercredi pour dénonciation calomnieuse. « Dans son dossier administratif ne figure aucune trace de questionnement, de problème ou de difficulté par rapport à ses relations avec les enfants et leurs parents », a ajouté M. Halter. Dans le cadre de l'enquête interne, l'inspecteur d'académie a indiqué qu'il allait rencontrer la directrice de l'école maternelle, l'enseignante concernée, ainsi que le psychologue scolaire. Il recevra par ailleurs les quatre familles à l'origine des accusations de maltraitance jeudi à 18 heures.

jeudi 20 octobre 2011

Nourrisson

L’arrivée d’un nourrisson, c’est un moment banal, a commenté la future maman. Assurément: il naît chaque jour en France trois dizaines de milliers d’enfants - alors un de plus ou un de moins... Oui mais voilà, la maman s’appelle Carla Bruni-Sarkozy. C’est au palais de l’Elysée, devant les caméras, qu’elle a évoqué ce moment banal. Quant au futur papa, après être passé la voir à la clinique, il s’en est allé au pot de départ d’un collègue de travail - sauf que le collègue est patron de la Banque centrale européenne, et que les chips étaient servies à Francfort. C’est ainsi, nos réflexes égalitaires n’y changeront rien, un Président n’est pas un homme normal, et le nourrisson d’un Président ne peut être banal. D’ailleurs, voyez son futur adversaire, qui a quitté la mère de ses quatre enfants pour une plus jeune - qui prétendrait que l’histoire du couple Hollande-Royal est banale ?

Danse politique sur une poudrière

On ne nous dit pas tout ! Ni la droite qui nous embrume l'esprit avec des mesurettes sans rapport avec la gravité de la situation. Ni la gauche qui prétend financer une partie de ses promesses avec les fruits fiscaux d'une utopique croissance à 2,5 %.

De quoi parle-t-on sur les bancs du Parlement ? D'une taxe sur les sodas, d'un prélèvement sur le transfert des joueurs de foot, d'une légère surimposition des très hauts revenus... Ensemble, ils rapporteraient quelques centaines de millions. La belle affaire ! Le plan Fillon, malgré ses douze milliards de recettes en plus et de dépenses en moins, n'est déjà pas à la hauteur.

Regardons la réalité en face : en 2012, à côté des dépenses utiles, la France doit trouver plus de 200 milliards. La moitié pour combler les déficits du budget et de la Sécu, l'autre moitié pour payer l'annuité de sa dette.

Deux cents milliards - un milliard par jour ouvré ! - à condition que la croissance ne plonge pas. Que les taux d'intérêts n'augmentent pas sous la menace des agences de notation. Et que les déficits n'explosent pas pour cause de soutien aux banques et de solidarité européenne.

La conséquence est que le budget en débat à l'Assemblée risque d'être caduque avant d'être voté. Et qu'il faudra des décisions drastiques, dès dimanche à Bruxelles, pour sauver l'euro et l'Europe. Et dans les mois qui viennent pour éviter à la France de se faire taper sur les doigts par les agences de notation et de se laisser aspirer par une spirale récessionniste, en pleine présidentielle.

Les candidats dansent sur cette poudrière. La moindre promesse non financée de l'opposition ou l'affirmation par la majorité que les impôts n'augmenteront pas sont autant d'allumettes jetées sur les marchés financiers. Qui se fichent pas mal que la rigueur ou le laxisme soient de droite ou de gauche.

Et la moindre annonce qu'il faudra se serrer très fort la ceinture ferait courir à celui qui la prononcerait le risque d'une indignation sociale généralisée et d'une défaite politique.

Le résultat du 6 mai 2012, quoi que laissent penser les sondages qui placent François Hollande en apesanteur, n'est pas encore écrit. Une accélération de la crise, à deux mois de l'échéance - le scénario cynique qui prévaut à droite - pourrait profiter à Nicolas Sarkozy. N'a-t-il pas fait de sa réactivité de pompier international son meilleur atout électoral ?

À l'inverse, un plan de rigueur frappant davantage les classes moyennes que les riches, ou obligeant la droite à renier sa politique fiscale, donnerait raison à François Hollande, voire à François Bayrou. À défaut d'offrir la lune, ils pourraient toujours promettre plus de justice et plus de morale.

Pour l'instant, le pouvoir fait encore le pari de la méthode douce. Elle consiste à assainir lentement les comptes pour préserver le peu de croissance qui reste. Mais le spectre de la tour infernale interdit d'exclure une stratégie plus violente.

La manière dont la France, l'Allemagne et l'Europe s'extirperont de la dette déterminera largement la forme de la campagne et l'ambition des programmes. L'adaptation des projets vaut autant pour François Hollande, qui devra être très imaginatif pour réenchanter le rêve français, que pour Nicolas Sarkozy, de plus en plus le dos au mur.

Le mythe d’un marché du travail européen

Malgré la crise de la zone euro, les statisticiens n'ont pas encore observé un exode significatif de migrants grecs, espagnols ou portugais fuyant le chômage et les bas salaires vers les régions les plus prospères de la zone euro. Le rêve d'un marché du travail européen n'est donc toujours pas atteint. 

Quelque 340 Portugais, 518 Espagnols et 630 Italiens. Ce sont les chiffres qui correspondent aux flux nets de migrants originaires du Sud de l’Europe qui sont venus aux Pays-Bas depuis le début de 2011, en cette deuxième annus horribilis consécutive au sein de la zone euro. Ces chiffres n’ont rien d’astronomique sachant qu’à l’heure actuelle, 1 Portugais sur 8 et 1 Espagnol sur 5 n’ont pas de travail. Il n’y a pas de chiffres récents concernant la Grèce (où le chômage est de 1 sur 6), mais la migration en provenance de ce pays reste limitée.
Bien que l’Union européenne souhaite former un marché unique, elle se compose encore de 27 marchés du travail différents, constate Jules Theeuwes, directeur du bureau néerlandais d’études économiques SEO. "Nous avons supprimé les frontières, et les marchandises et les capitaux peuvent circuler librement, mais la migration du travail a toujours été moins importante qu’on aurait pu s’y attendre. Quand on compare, dans ce domaine, le marché du travail européen par rapport au marché américain, l’Europe n’est pas un marché dynamique."

"Une économie plus équilibrée"

L’idée d’un marché du travail flexible, au sein duquel aurait lieu une importante migration interne, a toujours été un des piliers à la base du concept de marché commun européen. "C’était un des solides arguments en faveur de l’Acte unique européen et de tout le processus d’intégration économique", fait remarquer l’économiste Francesc Ortega du Queens College, à New York. "En un sens, la migration offre une certaine assurance contre les chocs macroéconomiques soudains."
La rigidité du marché du travail dans bon nombre de pays européens est une des principales considérations politiques qui ont incité la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni à ne pas entrer dans la zone euro. Ces trois pays, qui ont un marché du travail extrêmement ouvert, craignaient que les pays où les marchés sont fermés aient moins de marge de manœuvre en cas d’évolutions économiques défavorables. Les pays pouvaient auparavant surmonter les difficultés en dévaluant leur monnaie, mais avec l’euro ce n’est plus possible.
"Lorsque nous avions encore notre propre monnaie, nous pouvions dévaluer la peseta quand l’économie allait mal, pour rendre nos exportations meilleur marché. Maintenant, quand les pays sont frappés par une crise, il n’y a plus que deux solutions : réduire les coûts, ou émigrer vers des lieux moins durement frappés", dit Juan José Dolado, professeur d’économie à l’Université Carlos III de Madrid.
Pour l’instant, les flux migratoires de l’Europe méridionale ne sont pas suffisants pour stimuler l’économie européenne. Si les chiffres augmentaient, ce serait possible, selon Juan José Dolado. "Cette migration va entraîner une pénurie de personnes hautement qualifiées dans les pays d’origine, par conséquent les salaires vont augmenter. Si des Espagnols vont aux Pays-Bas, par exemple, il y aura là-bas une offre abondante, qui provoquera une baisse des salaires. L’économie sera donc plus équilibrée. C’est une recette économique de base."

Une redistribution au détriment de certaines régions

"Qu’attend-on d’un marché du travail ?", s’interroge Jules Theeuwes. "Que les meilleures personnes arrivent aux meilleurs endroits, où elles sont les plus productives. Ce que l’on observe actuellement en Europe, c’est l’apparition prudente de pôles économiques comme celui de la Silicon Valley, comme aux Pays-Bas le pôle technologique autour d’Eindhoven ou encore le pôle agricole autour de Wageningen. On constate que les régions deviennent peu à peu plus importantes que les pays. S’il existait un plus grand marché du travail européen, des ingénieurs originaires d’Espagne et de Finlande travailleraient dans ces pôles. Cela arrive, mais pas à grande échelle."
Risque-t-on d’assister à une hémorragie des talents dans l’Europe méridionale ? Un pays comme l’Espagne recevrait nos retraités et les Pays-Bas la fine fleur de la nation espagnole. Jules Theeuwes ne s’en inquiète pas. "Le principe de base, c’est que le marché du travail européen en tire parti. Ce genre de redistribution provoque peut-être une fuite des cerveaux à l’intérieur de certaines régions d’Europe, mais elle est favorable à l’Europe dans son ensemble."

Le retour à la terre

Tandis que les grèves paralysent le pays et que les politiques débattent du sort de l’économie la plus touchée de la zone euro, les Grecs sont contraints de revenir en arrière pour joindre les deux bouts, comme à Naxos, dans les Cyclades. 

“Dans le coin, les gens reviennent dans les fermes qu’ils ont abandonnées il y a des années pour faire pousser des pommes de terre, des choux et des légumes afin de survivre à la crise,” déclare Petros Citouzouris en taillant ses vignes sur les hauteurs de Naxos, la plus grande île des Cyclades. Même les régions les plus isolées de Grèce sont emportées par la catastrophe financière.
Indiquant du doigt de nouvelles cultures en terrasse le long d’une ancienne léproserie délabrée à Sifones, Citouzouris ajoute que depuis le début de la crise, “des maçons et des mineurs sans emplois, ainsi que des retraités, ont commencé à revenir dans les fermes familiales dont ils avaient hérité il y a une génération, mais qu’ils n’avaient jamais exploitées”. Il estime que sur les vingt propriétés des environs, dix appartiennent aux nouveaux venus. “Ils n’arriveront pas à faire pousser assez pour vivre, mais ça va les aider à tenir,” commente-t-il.

Des habitants qui travaillent dur

Si les touristes ont déferlé cette année encore, les autres secteurs de l’économie sont en berne. Tout Naxos est touché, et il y règne une atmosphère d’angoisse à peine voilée, de désespoir manifeste. Partout, on redoute que, aussi dure que soit la situation aujourd’hui, elle ne soit pire demain. L’île n’a rien perdu de son extraordinaire beauté, couverte de vestiges antiques et de tours vénitiennes, ses villages aux murs blancs et aux terrasses arrosées agrippés aux flancs de montagnes qui dominent des vallées verdoyantes et encaissées. Les oliviers et les vignes prospèrent sur ce sol fertile qui attire les cultivateurs depuis cinq mille ans.
Contrairement aux mythes qui ont cours en Europe du Nord et qui veulent que les Grecs se vautrent sans vergogne dans le confort aux dépens des banques étrangères et des prêts de l’UE, le plus frappant, chez les 18 500 habitants de Naxos, c’est de voir à quel point ils travaillent dur. Beaucoup ont toujours eu plus d’un emploi, aucun n’étant vraiment bien payé.
Les ouvriers du bâtiment sont généralement aussi des agriculteurs, ils possèdent des moutons, des chèvres, des oliviers et de la vigne. Cet argent supplémentaire leur permet souvent de financer les études de leurs enfants à l’université.

La fin des espoirs de la classe moyenne

Des espoirs qui, aujourd’hui, s’évaporent. Naxos regorge de jeunes chômeurs hautement qualifiés, qui ne parviennent pas à trouver de travail, quel qu’il soit. “Les jeunes mendient pour travailler, dit Manoulis Koutelieris, un maçon qui emploie dix personnes. Hier soir, il y en a un qui m’a appelé pour avoir du travail, et il pleurait.” Officiellement, le taux de chômage dans l’île serait de 20 % ; Koutelieris, lui, situe plutôt ce chiffre aux alentours des 35 %. L’impact de la crise est progressif, mais inexorable. Avec le départ des touristes, plus personne ne dépense, les boutiques et les restaurants sont vides.
C’en est peut-être fini des espoirs de la classe moyenne embryonnaire, mais d’autres sont dans une misère encore plus noire. Les réductions des dépenses publiques ont frappé ceux qui, jusqu’alors, joignaient à peine les deux bouts. Dans une maison exiguë de la ville de Naxos, Irène Polykretis nous explique que son mari, un pêcheur du nom de Panagiotis, et elle ont toujours été pauvres. “Quand j’étais enfant, on ne pouvait pas se payer de l’aspirine,” raconte-t-elle. Grâce à sa dot, un petit bateau de pêche, Panagiotis gagnait juste assez pour la famille, parce qu’il avait également un emploi de balayeur sur le port.
Mais les ennuis se sont succédés. Le bateau a été endommagé par le sillage d’un hors-bord, et Panagiotis ne peut s’offrir le luxe de le faire réparer. Au cours du même incident, son fils a été blessé, et il ne peut pas travailler. Puis le gouvernement a décrété qu’il avait versé trop d’allocations familiales à Irène, et il a interrompu tout paiement jusqu’à la fin de l’année. Panagiotis est amer. “Personne ne s’est proposé de nous aider, lâche-t-il. Pour eux, nous ne sommes que des déchets.”
Peu d’habitants de l’île ont vu leurs existences bouleversées, mais les mauvaises nouvelles continuent d’affluer. Les salaires des fonctionnaires et des retraités sont en baisse. La plupart des gens du cru sont propriétaires, et c’est avec appréhension qu’ils attendent de voir combien ils vont devoir payer dans le cadre de la nouvelle taxe sur le logement. “Là, le gouvernement a vraiment trouvé le filon,” grince un propriétaire morose.La nouvelle taxe devrait être perçue par le biais des factures d’électricité, avec la menace tacite d’une coupure des prestations en cas de non-paiement.

"Les banques ont aidé les Grecs à devenir fous"

A qui la faute ? Dmitris Lianos, adjoint au maire de Naxos, accuse les banques d’avoir accordé des prêts bon marché à n’importe qui : “Les banques ont aidé les Grecs à devenir fous. Elles proposaient des prêts pour Noël, pour les voyages de noces. Nous vivions dans un monde de fantasmes, un monde factice.” Pour l’heure, les banques ne réclament pas d’être remboursées, mais les gens s’inquiètent de ce qui se passera quand elles le feront.
Partout à Naxos, on a le sentiment que l’argent circule de moins en moins. Le bâtiment est le seul secteur qui s’est écroulé, mais tout le reste semble fragile. Pour l’essentiel, les affaires se concluent à coups de reconnaissances de dettes douteuses, qui ne sont pas encaissées et ne pourraient pas être honorées de toute façon. “J’ai 30 000 euros de chèques en bois. Qu’est-ce que je peux faire ?” s’interroge Manoulis Koutelieris.
Tous se plaignent d’une bureaucratie byzantine. Autour d’un verre d’ouzo, Yannis Karpontinis, propriétaire d’une carrière de marbre, raconte, dépité, comment, pendant plus de deux ans, il n’a pu ouvrir une carrière qui appartenait à sa famille. Comme ils l’avaient louée pendant un temps, il lui avait fallu obtenir toute une série de nouveaux permis. Face à la crise, il s’efforce, avec un certain succès, de parvenir à l’autosuffisance. Il fait son propre pain, son huile d’olive, son vin, et même du savon. Karpontinis pense que la Grèce est condamnée à un effondrement économique et social inévitable. “Pour le moment, la classe moyenne va payer plus de taxes, parce qu’elle a peur d’une faillite de l’état et de voir disparaître ce qu’elle a sur ses comptes en banques, analyse M. Diskalakis. Mais dès que les gens auront le sentiment qu’il est impossible d’échapper à la faillite, ils arrêteront de payer, et le gouvernement va le sentir passer.”

Vu d'Athènes

Bras de fer entre syndicats et gouvernement sur l’austérité

Alors que les Vingt-sept se préparent à discuter le 23 octobre d’une éventuelle réduction de la dette grecque, depuis hier soir minuit et pour 48h, “la Grèce est paralysée” titrait Ta Nea ce 19 octobre. Au matin, la grève générale décrétée par les syndicats –  la cinquième depuis le début de l’année –  était en effet très suivie, note le quotidien athénien : "les bateaux et les train sont à quai, les écoles, les administrations, les banques et même les commerces privés sont fermés. La liste est longue : cette fois les Grecs sont bien décidés à continuer le mouvement quoiqu’il arrive aujourd’hui. Ils manifestent contre l’austérité, contre les taxes et contre l’atteinte à leurs acquis sociaux." Pour le gouvernement, c’est "l’heure de vérité", observe pour sa part To Vima, pour qui "nombre de manifestants veulent détrôner les socialistes au pouvoir", accusés d’étrangler le pays pour satisfaire ses créanciers internationaux.  "Les Grecs organisent des grèves tous les jours et le pays ne peut pas fonctionner", ajoute-t-il : "tous les ministères sont occupés par leurs personnel, les gens ne peuvent plus payer leur factures et ils refusent les nouvelles taxes ; quant à ceux qui ne peuvent pas faire grève, ils ralentissent leur activité”. Et pendant ce temps, "des montagnes d’ordures continuent d’envahir la capitale”, ironise To Ethnos, car "personne ne veut les ramasser et les émanations toxiques menacent notamment les enfants."

La faillite de la Grèce sera salvatrice pour la crise

OU L'ANALYSE D'UN CRÉTIN QUI MÉPRISE LES PEUPLES. 

Grèce : 70.000 personnes contre l'austérité à Athènes

mercredi 19 octobre 2011

Étudiants à Paris, les jeunes Grecs ne veulent pas rentrer

DIAPORAMA SONORE - Ils s'appellent Panagiotis, Georgia ou Sofia. Résidents à la cité universitaire de Paris, ils espèrent trouver du travail en France ou à l'étranger, déprimés par la crise qui frappe leur pays.
Dans le hall de la Fondation hellénique de la cité universitaire de Paris, la voix de Georgios, 27 ans et en charge de l'accueil des étudiants, résonne à toute vitesse. «Maintenant, on a pas le choix: on va faire faillite. Une fois que toutes les infrastructures grecques auront été vendues aux Allemands, aux Français, et au reste de la zone euro, là, on sera enfin calme, tranquille, et on pourra passer au prochain stade de développement.» Et que pense-t-il d'une éventuelle sortie de la Grèce de l'euro pour revenir à la drachme? «Oui, c'est ce qu'on veut!, ironise-t-il, pince sans rire. Mais jamais les Allemands ne nous laisseront faire! Parce que si du coup l'euro monte à deux dollars, ils ne vont plus pouvoir
exporter!» Face à lui, quelques étudiants grecs de la Fondation sourient placidement. Derrière cette expression de façade, tous apparaissent un peu désabusé par ces spéculations moroses sur l'avenir de leur pays, dont le taux chômage s'élève dorénavant à plus de 16%. Une certitude toutefois: aucun d'entre-eux ne comptent rentrer au pays une fois leur diplôme en poche. Ils envisagent d'abord leur avenir en France ou à l'étranger, en attendant que la situation économique s'améliore à Athènes.

Berlin et Berne contre la fuite des capitaux grecs

Jamais avare de critiques à l’égard de la Grèce, Bild,  revient à la charge contre sa cible préférée : "Sur les comptes en Suisse: les Grecs bunkérisent 200 milliards d'euros !", titre ainsi le tabloïd berlinois dont l’influence sur la chancellerie n’est plus un secret. "Tandis que l'Europe se bat avec des plans de sauvetage se chiffrant en milliards pour aider la Grèce, de plus en plus de Grecs transfèrent leur argent hors du pays” par peur du crach national, dénonce Bild. “Stoppez la fuite des capitaux !”, lance le journal dans son éditorial, qui accuse l'élite grecque de refuser une taxe sur les transferts d'argent ainsi que toute sanction pour l'évasion fiscale.
C’est en Suisse qu’il faut chercher ces capitaux, révèle le Financial Times Deutschland, pour qui "La Suisse doit extrader l'argent grec”. Le quotidien rapporte que Berne s'apprête à mener des négociations avec Athènes pour empêcher la fuite de capitaux de Grèce, en s'inspirant des accords déjà conclus avec l'Allemagne ou le Royaume-Uni : il s’agira de taxer les revenus de capital des clients grecs . En contrepartie, la Grèce renoncera à poursuivre les évadés fiscaux et les banques impliquées. "Athènes espère ainsi favoriser la paix sociale dans le pays, car on lui reproche de faire porter sur les classes moyennes et populaires la charge essentielle des plans de rigueur“, explique le FTD.

Mauvais point, risque de sanction

Toujours aussi nerveux, les marchés. Toujours plus inquiétante, cette crise qui continue impitoyablement de tisser sa toile sur l'économie mondiale. En se donnant trois mois pour peser les mots évaluer la perspective de reconduire, ou de dégrader, la sacro-sainte note « Aaa » de la France, l'agence Moody's met bel et bien notre économie sous surveillance, notre solidité financière à l'épreuve. Le triple A, c'est un brevet de bonne gouvernance délivré aux meilleurs de la classe rang dont la France, à ce jour, peut se prévaloir -, un label d'excellence qui atteste la capacité d'un État à rembourser sa dette. La conserver permet de s'assurer la confiance des investisseurs, la perdre reviendrait à payer plus cher aux créanciers. Or, non seulement la France doit enrayer la spirale de la dette dont la charge sera bientôt le premier poste budgétaire et réduire son déficit public l'un des plus forts de la zone euro -, en plus les prévisions de croissance hypothèquent ses chances d'y parvenir comme elle s'y est engagée. D'où l'avertissement lancé par l'une des trois grandes agences mondiales de notation, le fait inhabituel qu'il soit rendu public lui confèrant d'autant plus de résonance. Quand bien même on ne sait trop si ce mauvais point sera salutaire ou au contraire aggravera la situation. Il s'agit d'une mauvaise nouvelle car elle porte en elle une certitude : la France va vers plus de rigueur. On comprend mieux pourquoi Nicolas Sarkozy, qui a fait du triple « A » l'alpha et l'omega de sa politique, dramatise les enjeux ; pourquoi il s'apprête à entrer en campagne en président gestionnaire de la crise.

Sondage : Hollande largement devant Sarkozy en 2012

Le candidat PS remporterait la présidentielle avec 62% des voix contre 38% pour le président sortant, selon une étude CSA pour BFM TV/RMC/20 minutes. Près de six Français sur dix souhaitent par ailleurs une victoire de la gauche.
Inatteignable. Après sa large victoire à la primaire socialiste, François Hollande continue de grimper dans les sondages. Selon une enquête CSA* diffusée mercredi sur BFMTV, RMC et 20 minutes, le candidat PS à la présidentielle de mai 2012 gagne sept points d'intentions de vote pour le premier tour, par rapport à septembre. Avec 35% des voix, il se placerait dix points devant le président sortant, Nicolas Sarkozy (25%, +1). Un niveau jamais atteint jusque-là par un candidat du Parti socialiste. Même Dominique Strauss-Kahn, au plus haut dans les sondages en mars dernier - avant d'être empêché d'entrer dans la course le 14 mai avec l'affaire du Sofitel -, ne recueillait que 33% des voix des sondés.
Au second tour aussi, le député de Corrèze l'emporterait largement sur le chef de l'État, à 62% contre 38, selon les résultats de ce premier sondage depuis la fin de la primaire PS. Testé sur cette seconde manche, DSK était lui monté jusqu'à 64% avant de se retrouver aux prises avec la justice américaine. Raison de cette large victoire de François Hollande : les «excellents reports de voix à gauche comme au centre», selon l'étude CSA. Près de 65% des personnes interrogées pensent en effet que «le projet présidentiel que va porter François Hollande» est «plutôt au centre gauche», tandis que 19% l'estiment «vraiment à gauche». 16% ne se prononcent pas sur cette question.
Par ailleurs, 57% des sondés pourraient voter pour François Hollande au premier tour, contre seulement 36% pour Nicolas Sarkozy. D'après l'institut de sondages, «l'ambition de Nicolas Sarkozy d'aborder en tête le second tour semble d'autant plus difficile à réaliser» qu'au total «61% des Français excluent aujourd'hui de voter pour lui au premier tour» (3% ne se prononcent pas). En comparaison, 39% des personnes interrogées ne pensent pas voter pour le candidat PS lors de la première manche (4% ne se prononcent pas).
Parmi les autres candidats, la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, obtiendrait 16% au premier tour, en chute de 2 points, le patron du MoDem, François Bayrou, 9% (+2), le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, 5% (-1) et celle d'Europe Écologie-Les Verts, Eva Joly, 3% (-1).

Le PS sort majoritairement «renforcé et rassemblé» de la primaire

Autre enseignement de ce sondage : 59% des Français interrogés jugent que le PS sort majoritairement «renforcé et rassemblé» de la primaire. Un avis partagé par 80% des sympathisants socialistes et 43% des sympathisants UMP. Dans cette dernière catégorie, 43% des sondés estiment en revanche le contraire. Enfin, 61% des sympathisants de droite se déclarent favorables au principe de primaire à droite pour la présidentielle de 2017.
Dès mardi, un sondage montrait que le rapport de force en vue de 2012 était plus que jamais favorable à la gauche. Selon le tableau de bord des personnalités politiques Paris Match/Ifop**, près de six Français sur dix (59%, +3 points) souhaitent une victoire de la gauche à la présidentielle, contre 36% (-2) qui souhaiteraient que la droite l'emporte. Il s'agit du plus haut niveau depuis septembre 2010.
* Sondage réalisé par téléphone le 17 octobre auprès d'un échantillon national représentatif de 1010 personnes âgées de 18 ans et plus, dont 859 inscrites sur les listes électorales en France. Méthode des quotas.
** Enquête réalisée du 13 au 14 octobre auprès d'un échantillon de 955 personnes interrogées par téléphone, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.

EH BEN MOI QUI VOULAIS ALLER VOTER EN 2012,  JE VOIS QUE LES JEUX SONT FAITS.
JE NE ME DÉPLACERAI DONC PAS POUR VOTER SARKO !!
MERCI LE FIGARO ! 

L'exode discret et inexorable de la jeunesse grecque

La jeunesse du pays en crise cherche à partir. Si les flux ne sont pas encore massifs, le phénomène se concentre sur les plus qualifiés, accélérant la fuite des cerveaux.
Sauve qui peut ! Tel est la réponse de la jeunesse grecque diplômée à la crise et à l'empilement des plans de rigueur depuis début 2010. Les exemples abondent. L'institut Goethe d'Athènes fait face à une hausse de 70% des inscriptions à ses cours d'allemand. Un bureau de recrutement nord-irlandais propose aux jeunes grecs, rapporte Athens News, de ramasser des champignons ou de travailler dans des fermes aquatiques. Une conférence sur l'émigration vers l'Australie -sur invitation seulement- a rassemblé récemment 1000 jeunes diplômés (alors même que seulement 100 Grecs se sont installés dans l'île-continent en 2010).
Les Grecs veulent quitter leur pays en crise, mais cela ne se voit pas dans les statistiques officielles. «À partir des premiers chiffres disponibles, nous n'observons pas de hausse de l'émigration en Grèce en 2010», note Jonathan Chaloff, expert migrations à l'OCDE, qui se fonde sur les informations données par les autorités américaines, australiennes, canadiennes ou encore suédoises. «Il existe bien un grand désir d'émigrer, mais les obstacles sont réels : barrière de la langue, reconnaissance des qualifications, etc.», explique-t-il.

Plus de frontière, plus de contrôle

Ce n'est pas l'unique raison pour laquelle les flux migratoires restent difficilement perceptibles. «Les jeunes grecs visent principalement les pays de l'Union européenne», pointe Lois Labrianidis, professeur d'économie à l'université de Thessalonique. «Or, comme il n'y a plus de frontière ni de contrôle, on ne peut plus compter ces départs.» Le chercheur relève un indice: les Grecs inscrits sur le portail Internet européen de CV Eures a explosé en 2011, atteignant 15.500, deux fois plus que le total enregistré depuis sa création, en 1993.
Les jeunes fuient un pays qu'ils jugent sans avenir. «La dynamique du marché du travail est inquiétante. Le taux de chômage atteint 16%, en hausse de 50% par rapport à 2010. Et, pour les jeunes, c'est le double (environ 30%)», relève Manon Domingues Dos Santos, spécialiste des migrations à l'Université Paris-Est Marne-La-Vallée. «Dans ce contexte, les plus qualifiés sont également les plus mobiles: ils parlent mieux les langues étrangères et correspondent aux besoins de main d'oeuvre des pays d'accueil.»
La crise accélère un phénomène de fuite des cerveaux qui frappe la Grèce depuis au moins 10 ans. À l'orée de la récession, en 2007, déjà 12,2% des Grecs les plus diplômés vivaient à l'étranger, soit au minimum 876.000 personnes. Ce chiffre ne fait que gonfler: déjà durant cette période, plus de 4,5% des diplômés quittaient la Grèce chaque année, d'après les chiffres rassemblés par Frédéric Docquier, professeur à l'université de Louvain. C'est beaucoup moins que le Portugal (plus de 12%) mais déjà presque le double de l'Espagne, pays également en crise. En comparaison, seulement 1,31% des diplômés français quittent le pays.

Phénomène moutonnier

Voir partir ses élites les mieux formées vers de plus larges horizons, tel est le sort des petits pays, comme l'Irlande ou la Lituanie. «La Grèce pourrait toutefois se révéler être un cas particulier, précise Frédéric Docquier. Elle se trouve en quasi-banqueroute. Ils se peut donc que se développe un phénomène moutonnier: si les élites et les plus qualifiés anticipent qu'avec la crise et la rigueur, tout le monde quittera le pays, alors vous partez vous aussi».
Problème : les élites bien formées sont parmi les contribuables les plus susceptibles de payer des impôts élevés. En quittant leur pays, elles ne vont donc pas arranger les affaires de l'État. À plus long terme, «le départ des plus qualifiés menace la croissance en portant préjudice à la production de recherche et à l'innovation», s'inquiète Manon Domingues Dos Santos.
La Grèce, qui fut durant plus de vingt ans, entre les années 50 et 70, une terre d'émigration, tente toutefois de tirer parti de sa diaspora. Le gouvernement a proposé cette année aux Grecs de l'étranger de financer sa dette à hauteur de 3 milliards d'euros.

L'UE limite la spéculation sur les dettes souveraines

Trois ans après le déclenchement de la crise financière, et alors que l'Union européenne continue à se battre contre une sérieuse crise de la dette, le Parlement et le Conseil européens ont conclu un accord mardi 18 octobre pour interdire les CDS ("credit default swaps", ou "assurance sur incidents de crédit") souverains à nu, des instruments spéculatifs dont les détenteurs parient sur le défaut de paiement des Etats.

Les CDS sont des contrats de couverture contre le risque de défaut de paiement d'une entreprise ou d'un pays. Les CDS souverains s'appliquent à la dette des Etats : ils agissent comme des contrats d'assurance dont le paiement est déclenché en cas de faillite d'un pays. Dans le cas de CDS souverains "à nu", ces assurances s'échangent sans que les investisseurs ne détiennent les titres de dette correspondants, ce qui signifie qu'ils bénéficient de l'assurance, mais ne portent pas le risque. Le prix des CDS à nu a donc tendance à monter lorsque le marché spécule sur le risque de défaut de l'Etat concerné.
CERTAINS ÉTATS RÉTICENTS

La Commission européenne avait présenté une proposition de règlement en septembre 2010, à la demande du président français Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel, pour mieux encadrer ces produits contestés. Le Parlement européen avait voté l'interdiction des CDS souverains à nu en juillet, mais certains Etats, comme l'Italie, y étaient réticents, craignant que cette interdiction ne fasse monter le prix de leurs obligations d'Etat, rendant plus difficile le financement sur les marchés.
Un accord a finalement été approuvé grâce à un compromis permettant aux Etats qui le souhaitent de ne pas appliquer ce règlement pendant une période donnée, en fonction de critères spécifiques.

A l’âge de pierre


Evangelos Venizelos : "Les revenus des Grecs reviendront au niveau de 2004"
Le même Venizelos : "Avant J.-C. !"
Les nouvelles coupes budgétaires annoncées par le ministre des Finances afin d'atteindre les objectifs fixés par les créanciers de la Grèce prévoient entre autres une réduction des salaires des fonctionnaires de 40% d'ici la fin de l'année.

DANS LE JOURNAL GREC "KATHIMERINI" (Η ΚΑΘΗΜΕΡΙΝΗ)

De la main à la main
- "Et voici la 6ème tranche !"
- "Merci !"
La troïka (BCE, FMI, Commission européenne) a donné son feu vert pour le versement de la sixième tranche – d'une valeur de 8 milliards d'euros – sur les 110 milliards du prêt consenti à la Grèce afin d'éviter le défaut de paiement.

François l’enchanteur

Vendredi dernier, j’intitulais mon édito « Ce sera Hollande » ; depuis dimanche on sait que c’est bien François Hollande qui dans six mois affrontera Nicolas Sarkozy. Sa victoire aux primaires est nette et sans appel ; pourquoi et pour quoi en faire ?

– François Hollande a battu Martine Aubry parce qu’il a compris, mieux qu’elle, que la France de gauche a une envie irrésistible de battre Nicolas Sarkozy en 2012 et que cet appétit féroce d’alternance briserait impitoyablement celui ou celle qui donnerait l’impression d’affaiblir le futur candidat. Martine Aubry a été sanctionnée pour ses accusations : gauche molle, gauche du système resteront comme des exemples de ce qu’il ne faut pas dire, même si elle avait le droit de le penser. Hollande l’a emporté parce qu’il fut tout au long non agressif, serein et rassembleur ; les électeurs ont validé cette stratégie de l’homme tranquille.

– Mais c’est maintenant que les difficultés commencent. D’abord la réconciliation des socialistes autour de leur candidat ; elle fut catastrophique pour Ségolène Royal et je crois qu’elle se fera plutôt bien derrière Hollande, qui connaît par cœur les hommes et les femmes du PS. Les deux difficultés majeures seront pour lui de présenter un programme crédible face à la droite et d’être prêt à se mesurer à M. Sarkozy. Ce n’est pas tant l’expérience ministérielle qui manquera à Hollande, même s’il est le seul à ne pas avoir été ministre ; ce n’est pas non plus le talent politique, car c’est un grand professionnel. Ce qui peut être très dangereux pour lui, c’est d’être le grand favori, de se laisser bercer par la petite musique des sondages de victoire et de croire que, comme les primaires, la présidentielle est gagnée. N’a-t-il pas dit dimanche soir dans l’un de ses trois discours : « Je suis sûr qu’il ne sera plus là le 6 mai 2012 », à propos du président sortant ? Ce fut la phrase de trop de l’enchanteur François.

Découvrir Paris autrement

SÉLECTION LIVRES Touristes, Franciliens ou Parisiens, voici des ouvrages pour une balade atypique dans l’un de ces lieux plus ou moins connus de la capitale.

Paris ne s’est pas fait en un jour ! Dans son guide Paris, 100 lieux mythiques, Frédérick Gersal, animateur dans Télématin, sur France 2, vous propose des idées de promenade historique dans la capitale. De l’époque romaine à nos jours, il retrace par ordre chronologique la construction des monuments, ponts, quartiers, avenues, parcs ou encore théâtres et même cimetières apparus au cours des siècles. Au long de ces parcours, il dévoile des anecdotes de tout temps et y fait revivre les personnages, des plus illustres aux plus modestes.

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Paris, 100 lieux mythiques, éd. Hachette, 224 p., 12 €.


Dans son livre Petite et grande histoire des rues de Paris, l’auteur Bernard Stéphane explore et raconte la ville avec charme et de nombreuses anecdotes à l’appui. Lorsque vous empruntez la rue Cassini, du nom de l’illustre famille qui dirigea l’Observatoire de Paris, saviez-vous que Balzac y écrivit La Peau de chagrin et Le Père Goriot ? Et que la rue de Verneuil pourrait être rebaptisée rue Serge-Gainsbourg, où vécut ce dernier pendant des années au numéro 5, dont les murs reflètent encore l’âme du célèbre artiste ? De même, grâce au cinéma, le passant reconnaît souvent les pavés de la rue des Cascades en raison du tournage du film Casque d’Or, avec Simone Signoret. Et quid de la rue Oberkampf, où Jean-Jacques Rousseau, renversé par un molosse, le 24 juillet 1776, demeura évanoui plusieurs heures durant ? Rien à voir, bien entendu, avec le manufacturier qui donna son nom à cette rue du XIe arrondissement.

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Petite et grande histoire des rues de Paris, de Bernard Stéphane, éd. Albin Michel, 320 p., 24 €.


Grâce au format de ce petit livre, Paris by night, c’est dans la poche ! Marais, Bastille ou Champs-Elysées, de l’apéro à l’after, ce guide est un condensé de 80 adresses ouvertes jusqu’à l’aube. Tous ces lieux sont classés par arrondissements et les plans de quartier sont illustrés pour vous repérer. Adresses tendance qui font vibrer les nuits parisiennes ou lieux pratiques, vos nuits blanches sont désormais balisées.

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Paris by night, de Diana Béraud et Aurélia Hermange, First Editions, 160 p, 2,90 €.


Au fil des siècles, les toitures des grands bâtiments parisiens ont changé d’apparence pour s’adapter aux courants architecturaux et aux besoins modernes. Leur élaboration est le fruit d’un savoir-faire bien réel, détenu depuis des générations par les compagnons couvreurs. Dans l’ouvrage Les Toits de Paris, le reportage photo de Gilles Mermet invite à une balade insolite au-dessus des nuages à la découverte de notre ville et lève le voile sur un monde secret où seuls les funambules ont la chance d’apprécier la technicité, les matériaux, les détails artistiques mis en œuvre par ces compagnons du ciel. Ces passionnés, dont les connaissances sont à la fois artistiques, scientifiques et manuelles, ont façonné et créé de vrais joyaux.

© DR
Les Toits de Paris, ou l’art des couvreurs, de Gilles Mermet, éd. de La Martinière, 180 p., 35 €.


La musique vivante naît dans les petits lieux. Ecouter et observer les artistes, le petit monde des bistrots et café-concerts parisiens avec une ambiance unique dans un lieu attachant, tel est le pari du Guide Paris, 150 bars-concerts. Ou l’occasion de rencontrer des talents plus ou moins connus sur des petites scènes « acoustiques » ou au coin du bar après leur concert. Ce livret s’adresse à tous les Franciliens, aux touristes mais aussi aux artistes qui cherchent des partenaires et un public. En préface, la Grande Sophie raconte le début de sa carrière dans ces lieux si précieux aux artistes qui, selon elle, sont « en quête à la fois de sensations fortes et d’expériences scéniques in vivo ».

© DR
Le Guide Paris, 150 bars-concerts, de Pierrick Bourgault, éd. Christine Bonneton, 192 p., 14,90 €.

Grève générale mercredi en Grèce contre le plan d'austérité

La Grèce se prépare à vivre quarante-huit heures de paralysie générale. Les syndicats du public comme du privé ont appelé à la grève mercredi et jeudi pour protester contre le nouveau projet de loi d'austérité devant être voté jeudi 20 octobre au Parlement.

Lire aussi : Grèce, le récit d'une crise
Les journalistes ont protesté dès ce mardi à Athènes ou près de 2 000 d'entre eux ont manifesté contre la hausse du chômage qui touche le secteur des médias et le gel des conventions collectives, prévu dans ce projet de loi contesté.
Outre les journalistes, les agents du fisc, le personnel municipal, les magistrats et nombre de médecins continuaient leurs propres mouvements lancés lundi tandis que les marins vont prolonger leur grève mercredi et jeudi, jours de grève générale à l'appel de la Confédération générale des travailleurs pour le privé et de la fédération du public, l'Adedy.
>> Lire notre reportage : Le "No pasaran" des fonctionnaires grecs
>> Lire notre décryptage : Rester pauvre ou partir, le dilemme des jeunes Grecs
UN PAYS PARALYSÉ
Mercredi, l'ensemble des vols des compagnies grecques Aegean Airlines et Olympic Air seront annulés tandis que des retards importants sont prévus chez les compagnies internationales, la grève touchant les aiguilleurs du ciel.
Les transports en commun vont observer des arrêts de travail à Athènes tandis qu'aucun taxi ne va circuler. Les boulangeries, les stations-service et les magasins seront également fermés.
Le pays vit depuis des semaines au gré des débrayages sectoriels et des manifestations, les rues d'Athènes comme celles de Salonique restant envahies par des tonnes d'ordures en raison d'une grève des éboueurs. Par ailleurs, les statistiques officielles du chômage, publiées mardi, montrent une aggravation du taux général, à 16,5 % en juillet.

PAPANDRÉOU MOBILISE POUR LE VOTE DE JEUDI

Le gouvernement de Georges Papandréou n'a cessé de répéter que si la législation entérinant de nouveaux efforts n'était pas adoptée cette semaine, avant le sommet de l'Union européenne dimanche à Bruxelles, les partenaires européens de la Grèce lui refuseraient les prêts dont elle a un besoin pressant pour éviter le défaut de paiement.
Mardi soir, il a appelé les députés socialistes (154 sur les 300 du Parlement) "à l'unité" et faire preuve de responsabilité" lors du vote crucial de jeudi sur le projet de loi impopulaire. "Nous avons devant nous une négociation dure […], il faut assumer nos responsabilités et je vous demande votre soutien afin de renforcer notre capacité de négociation dimanche", a dit M. Papandréou.
Voir infographie : Du déficit au défaut de paiement, comment la Grèce peut faire sombrer la zone euro
Il a appelé aussi l'Europe, qui "n'a pas été capable jusqu'ici de donner une solution" définitive à la crise de la dette, prendre des décisions pour mettre fin à l'incertitude qui règne sur la zone euro, sinon ce serait difficile pour la Grèce et pour les pays européens de sortir de la crise".
M. Papandréou devait rencontrer dans la soirée le chef de l'opposition de droite, Antonis Samaras, avec lequel il souhaiterait offrir un front uni à Bruxelles, mais l'opposition de ce dernier.

Le chômage grec à 16,5% en juillet

 Le taux de chômage en Grèce a poursuivi sa hausse pour s'établir à 16,5% au mois de juillet, a indiqué mardi l'Autorité des statistiques grecques (Esa).

Alors que le gouvernement prépare de nouvelles mesures d'austérité sous la pression des bailleurs de fonds du pays, pays de la zone euro et Fonds monétaire international, le nombre de personnes à la recherche d'un emploi en juillet s'est établi à 820.000 contre 607.000 un an plus tôt.

Selon les syndicats le vrai chiffre du chômage est bien supérieur, et pourrait dépasser les 20% l'an prochain.

Au deuxième trimestre, le taux de chômage en Grèce était de 16,3%.
Plus de 42% des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont au chômage, contre 32,6% un an plus tôt.

Le taux de chômage des femmes est passé de 15,7% il y a un an à 20,3% contre 13,8% pour les hommes, contre 9,4% en 2010.

Restructuration de la dette

La Grèce se débat dans une récession qui s'accroît, le gouvernement tentant de juguler un déficit trois fois supérieur aux normes de l'Union européenne et de réduire une dette de quelque 350 milliards d'euros.

La zone euro planche désormais sur une restructuration plus importante de la dette grecque, via une augmentation des pertes prévues pour les créanciers privés au-delà du seuil de 21% retenu le 21 juillet.

Les négociations en ce sens s'accélèrent à Paris, Berlin et Bruxelles en vue d'une restructuration générale de l'énorme dette grecque.

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a estimé lundi que s'ouvrait "la semaine la plus cruciale pour la Grèce et la zone euro", avant le sommet européen du 23 octobre et les manifestations en préparation à Athènes contre les mesures d'austérité.