TOUT EST DIT

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dimanche 9 octobre 2011

Morin : "voter Bayrou, c'est voter socialiste"

Le président du Nouveau centre (NC) Hervé Morin, qui pourrait être candidat à l'élection présidentielle, juge que voter pour le président du MoDem François Bayrou "c'est voter socialiste au second tour", dans un entretien au Parisien dimanche.
Pour Hervé Morin, l'"opposition radicale" de M. Bayrou, "son mépris envers Nicolas Sarkozy, même s'il tente depuis quelques mois de le gommer pour des raisons tactiques, le conduiront inévitablement vers François Hollande" (PS), favori des sondages pour la présidentielle.
"C'est celui qui se rapproche le plus d'une démarche social-démocrate", dit encore l'ex-ministre de la Défense à propos de François Bayrou. "Le MoDem aura tout intérêt à jouer cette carte pour reconstruire un groupe parlementaire, ce qu'il ne pourra pas faire avec l'UMP".
ENCORE UN TROUBLION QUI DIVISE LA DROITE.JE NE COMPPRENDS PAS CEUX QUI SE CROIENT UN DESTIN, ALORS QU'ILS N'EN N'ONT PAS.

Sauver ou lâcher la Grèce

Le sort de la Grèce est entre leurs mains. Angela Merkel reçoit Nicolas Sarkozy dimanche en fin d’après-midi à Berlin avant un dîner entre chefs d’État. Il n’est plus seulement question de soutenir un pays dans l’impasse financière. Les deux dirigeants vont avoir "une discussion très politique", souligne-t-on à l’Élysée, sur le scénario d’une faillite, sur l’avenir d’Athènes dans la zone euro et les risques de contagion. Le rendez-vous de Berlin n’est que le début d’un processus, souligne-t-on dans l’entourage du Président. "Il est encore trop tôt pour prendre des décisions". Le couple franco-allemand prépare le terrain du prochain sommet européen qui se tiendra à Bruxelles les 17 et 18 octobre.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vont-ils sauver Athènes ou la lâcher? Le président de la République défend la première option. Il souhaite que l’Europe renforce les mécanismes de soutien aux États en difficulté. Pour la chancelière la voie est beaucoup plus étroite. Elle est invitée par les siens à sanctionner les Grecs et les banques créancières. "La difficulté est de son côté. Son parlement, son opinion poussent le gouvernement à envisager des choses dangereuses pour la stabilité de la zone euro. Elle ne le souhaite pas", explique-t-on à l’Élysée.

Deux solutions pour un même résultat

La France et l’Allemagne s’accordent sur un point : le plan d’aide décidé en grande pompe le 21 juillet n’a pas ramené la confiance sur les marchés. Surtout, la Grèce ne redresse pas ses comptes comme promis. L’Europe reste suspendue au prochain rapport de la troïka (Union européenne, BCE et FMI) qui révélera l’ampleur des dégâts. Samedi, Nicolas Sarkozy a reçu la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, pour évoquer ces sujets. Rien n’a filtré de leur réunion.
Les deux dirigeants veulent sortir du piège. S’ils organisent un défaut de paiement de la Grèce vis-à-vis du secteur bancaire, ils risquent de faire tomber certaines banques et de replonger la zone euro dans la récession. Mais s’ils coupent les vivres à Athènes, voire sortent le pays de la zone euro, ils risquent de faire fuir d’Europe les investisseurs. Pour le même résultat à l’arrivée… "Une solution est de créer un pare-feu, un acheteur public qui reprenne les titres grecs. Cela rassurerait les marchés", argumente-t-on à Paris. Reste à en convaincre Angela Merkel…

Recapitalisation des banques?

La France et l’Allemagne vont par ailleurs accorder leurs violons sur la recapitalisation des banques. Paris et Berlin fixeront dans les prochaines semaines un calendrier et le niveau de fonds propres requis. Les établissements français seront concernés, bien qu’ils soient peu exposés à la dette grecque. Mais leur valeur a fondu en Bourse. "Il faut donner un signal pour rassurer les marchés, même si c’est un peu irrationnel", admet-on à l’Élysée.
Les banques auront mission de trouver de l’argent frais auprès d’investisseurs privés. En cas d’échec, les États ou l’Union européenne prendront des participations au capital des établissements, promet-on. Sans doute sous forme d’actions. Samedi, le Frankfurter Allgemeine Zeitung (le FAZ) affirmait que les cinq principales banques françaises accepteraient une recapitalisation de l’État de 10 à 15 milliards d’euros. Selon nos informations, la plupart des groupes bancaires européens, parmi lesquels de nombreuses banques allemandes en panne de liquidités, préféreraient un mécanisme européen, pour ne pas être stigmatisées. L’Autorité bancaire européenne (EBA) pourrait en être la tour de contrôle. Dans ce cadre, BNP Paribas serait demandeuse à hauteur de 7 milliards d’euros et la Société générale à hauteur de 3 à 4 milliards.

Les banques de la discorde

«Quand nous avons un différend, le chancelier Schröder et moi, nous coupons la poire en deux», aimait dire l’ancien président Chirac. En sera-t-il de même aujourd’hui à Berlin lors de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ? Rien n’est acquis, tant le sujet est brûlant : la recapitalisation des banques européennes.

Certes, sur le principe, il y a désormais accord. Après avoir longtemps nié l’évidence, malgré les avertissements du FMI et les spéculations sur les établissements français, Paris a été mis devant le fait accompli par l’écroulement de Dexia. Par quelques sérieuses pressions aussi, notamment de la part des États-Unis qui redoutent un «Lehman Brothers» comme en 2008, d’origine européenne cette fois-ci. À cause de l’exposition des banques du vieux continent, quelques belles enseignes françaises en tête, aux dettes souveraines grecque, espagnole ou italienne. Et cette crise majeure avec ses risques de contagion, l’Europe ne la traiterait que par «saucissonnage», selon le directeur de la Banque mondiale, l’Américain Robert Zoellick. Il appelle, pour sortir du marasme, à la création rapide d’une vraie union économique, financière et politique. Aux États-Unis d’Europe, en quelque sorte, du moins pour la zone euro…

On en est très loin ! En attendant, la recapitalisation des banques européennes s’apparente à une nouvelle tranche de l’arme «saucisson». Elle est estimée dans l’Euroland à 100 milliards par le FMI, davantage avec les banques britanniques hors euro. Les établissements français nécessiteraient 10 à 15 milliards. Mais plus, si, dans leur portefeuille, les titres des États en difficulté devaient subir une dépréciation encore plus forte dans le cadre d’une restructuration des dettes, en commençant par celle de la Grèce.

Les banques sont appelées à fournir elles-mêmes l’effort le plus important, avant de venir le cas échéant (et fort probable) tendre la sébile aux États. Ce dernier recours, la France le voudrait auprès du Fonds de stabilité FESF. Ce que Berlin refuse avec véhémence : le FESF élargi de 440 milliards, déjà en voie d’assèchement avant d’être mis en place (reste l’obstacle slovaque), ne peut servir à cela, surtout pas quand un pays est encore en mesure d’emprunter.

Et c’est là que le bât blesse. Paris a senti passer le vent du boulet qui vient de s’abattre sur l’Espagne et l’Italie sous forme d’une nouvelle dégradation de leur note. Déjà sur la corde raide, la France perdra son triple « A » à force de solliciter les marchés. Avec à la clé une hausse des taux d’intérêts alourdissant encore la charge de la dette qui représentera en 2012 le premier poste budgétaire de l’État.

L’impact serait énorme, l’effet psychologique aussi en pleine campagne électorale : l’opinion accepterait-elle une nouvelle aide publique aux banques ?

Pour sortir de ce dilemme, Nicolas Sarkozy compte sur Angela Merkel pourtant liée par les irrédentismes de sa coalition gouvernementale. Mais peut-être y aura-t-il le traditionnel compromis «à l’européenne»: quelques belles paroles pour «étudier» le problème…

Le PS à l'aube d'une ère nouvelle

« Primaires citoyennes » - comme les ont nommées leurs organisateurs - ou primaire socialiste - selon la grammaire et la réalité politique - les élections de ce dimanche sont déjà historiques. Première étape, peut-être, d'une ère politique nouvelle où la démocratie élective prend le pas sur le militantisme. Il faut reconnaître à ses initiateurs, Arnaud Montebourg et Olivier Ferrand (du « think tank » Terra Nova), d'avoir réussi à imposer avec succès leur proposition. Avec plus ou moins d'enthousiasme, tous les leaders socialistes se sont accommodés de l'opération. Ironie de l'histoire, c'est même l'un de ceux qui lui était le plus opposé, François Hollande, qui en est le favori désigné… Les pièges tendus par la droite à la rentrée (matraquant sur le risque de « fichage ») comme le risque d'une campagne tournant aux déchirements sanglants ont été déjoués. Et, à défaut de réelles révélations (sinon Jean-Michel Baylet en radical « ganja » sur le cannabis), les candidats ont su se différencier, ce qui ouvre à un vrai choix, même limité, aujourd'hui. Reste désormais à connaître les motivations des électeurs. Qu'ils aillent, majoritairement, voter pour faire gagner une ligne politique ou pour choisir le candidat qui apparaît le plus à même de l'emporter en 2012 (soit donc Hollande cette fois comme ce fut Royal en 2006) et le résultat pourra en être modifié. Reste, surtout, à voir l'ampleur de la participation. De son importance pourra naître, ou pas, une dynamique porteuse pour l'échéance de l'an prochain. Mais, ce matin, quoi qu'il en soit, le PS a perdu l'entière maîtrise de la désignation de son candidat.

Maxime Brunerie appelle à voter Ségolène Royal... qui crie à la "manipulation"

L'auteur d'une tentative d'assassinat contre Jacques Chirac offre un encombrant soutien à la candidate à la primaire socialiste.

À la veille du premier tour de la primaire socialiste, c'est un soutien pour le moins inattendu qu'a reçu Ségolène Royal. Samedi après-midi, Maxime Brunerie a officiellement appelé à voter pour la candidate, via un communiqué de presse envoyé par texto. Il explique que son choix s'est "fondé en raison de ses positions courageuses face à la récidive des crimes sexuels". Il ira d'ailleurs lui même voter.

L'auteur d'une tentative d'assassinat contre Jacques Chirac en 2002 a précisé par téléphone au Point.fr les raisons de ce choix : lorsqu'il était en prison, il a vu les erreurs commises par l'administration pénitentiaire. "Tout le monde était mélangé", explique-t-il, avant d'ajouter : "Royal a des positions courageuses, sur ces questions auxquelles je suis sensible." Brunerie prône la création "d'établissements adaptés" pour les auteurs de crimes sexuels.

"Manipulation sordide"

L'équipe de Ségolène Royal, jointe par Le Point.fr, tombe des nues en apprenant qu'elle reçoit cet encombrant soutien... Et ne croit pas une seconde qu'il soit anodin. "C'est une manipulation sordide de fin de campagne, destinée à contrer la candidate la plus dangereuse pour Nicolas Sarkozy", répond-on. L'équipe n'identifie toutefois pas qui pourrait se cacher derrière "cette manipulation".

Ancien militant d'extrême droite, Brunerie avait adhéré au MoDem, fin juillet, avant de se voir radier des listes du parti de François Bayrou. L'ancien candidat à la présidentielle l'avait d'ailleurs traité de "déséquilibré. S'il avait trouvé ces propos blessants, il ne garde pas de rancoeur particulière "Si je dois m'engager en politique aujourd'hui, ça sera plutôt au niveau local", assure-t-il.

Villepin quitterait la vie politique ? Ses proches crient au complot

Une rumeur annonçait le retrait de l'ancien Premier ministre de la vie politique vendredi. Son entourage dénonce une "intoxication" élyséenne.

"C'est de l'intox ! L'Élysée est à la manoeuvre !" Jean-Pierre Grand en est certain. L'info qui buzzait vendredi après-midi sur Internet, selon laquelle Dominique de Villepin serait en passe de se retirer de la vie politique (info i>Télé), viendrait directement du "château". Elle n'aurait rien de fondé. "Ils ont eu Borloo, ils veulent débrancher Boutin, Morin, et bien sûr Villepin", tonne-t-il. "D'ailleurs, je l'ai eu cet après-midi au téléphone... Il aurait été assez courtois pour me prévenir, quand même !" ajoute Grand. Un drôle d'argument quand on sait que le député de l'Hérault avait été pris au dépourvu, ou presque, il y a 15 jours, lorsque l'ancien Premier ministre a annoncé, à la surprise générale, en plein bureau politique, qu'il quittait République solidaire (RS), le mouvement - ou ce qu'il en reste - qu'il avait lui-même créé, et refilait le bébé à.... Jean-Pierre Grand. Sur des images tournées par un participant, on peut même l'entendre plaisanter : "Merci du cadeau !"
Contacté au moment de cette annonce, François Goulard, un autre proche de Dominique de Villepin, confiait de son côté au Point.fr qu'il ne pouvait interpréter ce premier retrait autrement que comme "une volonté de s'éloigner de la vie politique". Un ancien membre du staff présidentiel de Villepin, encore incrédule face à la démission du président de RS, approuve et en rajoute une couche : "Je ne serais pas surpris du tout qu'il se retire ! Il y a 15 jours, on a tout simplement assisté à un suicide politique en direct. Donc soit il est fou et il y croit encore, soit il s'en va. En même temps, je suis désormais convaincu que cet homme n'a aucun sens politique..." Et de soupirer : "Sarkozy avait raison..."
"Les hommes d'État peuvent faire ça..."
Pour l'heure, l'info reste fermement démentie par l'entourage de l'ancien Premier ministre. À commencer par lui-même, qui, vers 19 heures vendredi, tweetait : "Je n'ai que faire des rumeurs. Ma détermination politique n'en est que renforcée..." Sans surprise, Brigitte Girardin, ex-secrétaire générale du mouvement, à qui Villepin avait "demandé de le rejoindre pour constituer une équipe", dément elle aussi. Quant à Jean-Pierre Grand, il n'en démord pas : "C'est de toute évidence une nouvelle intoxication de l'Élysée. On a eu le croc de boucher (l'affaire Clearstream, NDLR), on a eu la une du

samedi 8 octobre 2011

PS: Depardieu séduit par Montebourg

Dans une interview à paraître demain dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, Gérard Depardieu affirme avoir trouvé Arnaud Montebourg "assez bon et intéressant" lors des débats de la primaire socialiste.

"Je me trouvais ces derniers jours en Roumanie, où je tourne un film avec Harvey Keitel. Mais j’ai suivi les primaires du PS à la télévision", explique l'acteur. "Même si je ne m’intéresse pas beaucoup à la politique, je les ai trouvées assez passionnantes à suivre, poursuit-il. Notamment parce que d’habitude on assiste à ce que j’appelle l’incompétence des petites phrases, qui prennent trop d’importance dans la campagne". "Là, ce n’était pas le cas dans les déclarations des candidats. Parmi eux, j’ai trouvé Arnaud Montebourg assez bon et intéressant", a-t-il ajouté.

RIDICULE !!!

Ivan Levaï, dernier avocat de Dominique Strauss-Kahn

Il ne lui consent qu'une faute. Ne lui adresse qu'un seul reproche, et encore, glissé du bout des lèvres. "Dominique, je lui en veux d'avoir fait pleurer Anne. Je ne supporte pas de voir une femme pleurer." Ivan Levaï a posé sur la table du bistrot Chronique d'une exécution (Cherche Midi, 190 p., 15 €), le livre qu'il vient d'écrire, au fond, pour Anne Sinclair, cette ex-femme qu'il appelle sa "soeur". Sur la couverture de l'ouvrage sourit un Dominique Strauss-Kahn du temps de sa splendeur. Sans menottes. Un DSK d'avant ce 14 mai, jour où ce scandale planétaire a étêté d'un même coup le Fonds monétaire international (FMI), la gauche française... mais aussi cette "famille recomposée" où lui, Ivan Levaï, tient la place étrange du confident, de l'ex-mari, du tuteur, du journaliste politique, du grand-père et du lobbyiste.

Il a posé un autre livre devant lui : Le viol, un crime presque ordinaire, de deux femmes, Audrey Guiller et Nolwenn Weiler, à paraître le 20 octobre au Cherche Midi (224 p., 15 €), son éditeur. "Notre société a une fâcheuse tendance à excuser les violeurs", énonce l'argumentaire. Qui égrène : "Une femme sur six victime de viol ou de tentative aujourd'hui en France"... "Moins de 10 % d'entre elles portent plainte..." De ces statistiques, Ivan Levaï n'a retenu qu'un chiffre : 10 % des plaintes concernent d'abord des viols imaginaires. C'est à ce pourcentage et à son "intime conviction" qu'il s'accroche. "Sur Dominique, j'ai le regard de nos enfants qui est un éclairage intéressant. C'est un bon père et un bon grand-père." Et, puis, surtout, une certitude : "Anne ne resterait pas avec un violeur."
En trente-cinq ans, Ivan Levaï ne s'est jamais éloigné d'elle. Quand la star de "7 sur 7" a rencontré celui qui n'était encore qu'un jeune économiste du Parti socialiste, le couple Levaï a divorcé "sans une fâcherie, sans un cri. Nous avions pris un seul et même avocat". C'est à Anne qu'il a présenté en premier sa "dernière épouse", Catherine, au Divellec, le restaurant parisien fétiche de François Mitterrand. C'est ensemble que les deux couples sont partis en vacances ou en week-end à Marrakech. Et c'est aussi ensemble qu'ils ont fêté dans les appartements de Bercy la nomination de DSK au ministère de l'économie, en 1997. Ivan Levaï se réjouissait de l'ascension du couple Strauss-Kahn comme s'il s'agissait de la sienne. Le journaliste avait vécu le 10 mai 1981 dans la chambre d'hôtel de François Mitterrand, à Château-Chinon (Nièvre). Il comptait bien vivre dans la même intimité l'élection de DSK à l'Elysée. D'ailleurs, le livre qu'il devait initialement écrire s'appelait La Troisième Victoire de François Mitterrand. Ce devait être celle du mari d'Anne.
Pour elle, le journaliste a longtemps bâti des plans sur la comète. "L'été prochain, tu iras à Brégançon ou à Rambouillet ?", riait-il. Elle, gênée et inquiète : "Arrête, Ivan... Tu imagines, première dame ?" Des faiblesses de DSK, ils n'ont jamais parlé, dit-il, que de manière fugitive. Après la liaison, révélée au grand jour, avec une économiste du FMI, Piroska Nagy, Ivan Levaï avait glissé à Anne Sinclair : "Tu es dans la situation de Simone quand Montand avait eu une liaison avec Marilyn.""Pas du tout !" s'était insurgée cette dernière. Depuis, Ivan Levaï comptait les jours qui le séparait de mai 2012, convaincu que l'Elysée est ensuite un abri sûr. "Dans notre système, un président monarque a les moyens d'un "parc aux cerfs" où personne ne va voir. La dissimulation perdure pour les puissants."
Mais voilà "Dominique", son champion, exhibé "en boucle" sur ces télés "tenues par des pharisiens". "Dominique" jeté en prison à Rikers Island, "sans rien, même pas un rasoir, Anne m'a raconté. Le marquis de Sade, sous Louis XVI, à la Bastille, était mieux traité". Sans la prévenir, elle qui était partie en catastrophe à New York, il a pris rendez-vous à l'Elysée. "Je bouillais. Je tournais en rond. Et je n'imaginais pas un moment que Nicolas puisse se réjouir", justifie-t-il.
Nicolas Sarkozy le reçoit dans le parc, la chemise ouverte, sans cravate. "Nous nous connaissons depuis longtemps. Il est d'origine hongroise, moi aussi. Pour moi, d'ailleurs, ce n'est pas un homme de droite." Le chef de l'Etat demande des nouvelles d'"Anne". Ivan Levaï se risque à l'ironie : "Tu es tranquille, maintenant !""Ne crois pas ça", élude le président, énigmatique, avant de rappeler qu'il avait mis "plusieurs fois en garde Dominique" contre ces aventures d'un soir qui, aux Etats-Unis, peuvent vous traîner devant les tribunaux. "T'inquiètes, je fais", rassure Nicolas Sarkozy avant de prendre congé. Quoi, comment ? Mystère. Le journaliste notera seulement que "le consul, en tout cas, est allé voir Dominique en prison".
Avant, il comptait les jours le séparant de mai 2012. Son calendrier a été chamboulé. Dans l'agenda d'Ivan Levaï, une nouvelle éphéméride soulignée de jaune fluo est venue se substituer au calendrier grégorien. Au 14 mai, à 5 heures du matin, il a écrit : "Sofitel Manhattan (hélas). Jour 1." En ce jour 142, devant sa tasse de café, il constate : "Cette histoire m'a changé. Dans quelques jours j'arrête la promo, je ferme le magasin. Mais si je n'avais pas écrit ce livre je me serais considéré comme un salaud." Et de dénoncer le nouveau "maccarthysme sexuel ambiant", de se demander si un jour on osera encore publier en France Milan Kundera, chantre du "libertinage et de la fidélité", de rappeler opportunément les mésaventures de Bill Clinton, victime de "tant de menteuses", comme Juanita Broaddrick ou Paula Jones.
"Cette histoire va changer la politique, vous n'imaginez pas. Il y aura des tribunaux d'inquisition, ceux de l'opinion. Pour être élu président, il va falloir obéir à des critères nouveaux. Les qualités qui seront exigées, peu d'hommes les possèdent."
En ce week-end de primaire, l'homme de gauche rêverait d'une femme présidente. Au fond, il aimait cette époque où, journaliste politique, il passait ses week-ends à Latche (Landes), chez le président François Mitterrand, dont il avait écrit, le 10 mai 1981, la déclaration d'élu à l'hôtel du Vieux-Morvan. A 74 ans, il garde la nostalgie de ces temps où, de retour à Paris par la nationale, il déposait le président rue Jacob, au pied de l'appartement d'Anne Pingeot, sans poser de questions. "Ne vous mettez pas à la place d'Anne Sinclair", conjure-t-il.
Il ne veut pas croire que "Dominique" soit rayé pour toujours de ce Paris qui l'a tant courtisé. Avec sa belle voix grave, il raconte, le regard de nouveau pétillant, cette scène qui lui a tant plu. Il déjeunait avec Jean-François Kahn, un autre ami des Strauss-Kahn, chez L'Ami Louis, célèbre bistrot gastronomique du coeur de la capitale. A quelques tables d'eux, Bill Clinton partage un coûteux poulet-frites avec sa fille, Chelsea. Les deux journalistes ne parlent anglais ni l'un ni l'autre, impossible d'aborder l'ex-président américain. "Mais au moment où ils ont quitté le restaurant, toute la salle s'est levée et a applaudi bruyamment, raconte-t-il radieux. Cet homme dont Le Monde avait publié le rapport du procureur Kenneth Starr, avec tous les détails de sa relation avec la stagiaire Monica Lewinsky !" Un tel épilogue, on le devine, Ivan Levaï, dernier avocat de la famille Strauss-Kahn, en rêverait

N’oubliez pas la Grèce

En réponse au bloc-notes de Bernard-Henri Lévy dans Le Point de cette semaine.

Grèce: Le Premier ministre Papandreou envisage un gouvernement d'union nationale

Le Premier ministre socialiste grec George Papandreou pourrait proposer la formation d'un gouvernement d'union nationale à l'opposition afin de tenter de sortir son pays de la crise financière, rapporte un journal local samedi.  Le gouvernement a toutefois démenti les informations publiées par le quotidien financier Imerisia qui évoque la possibilité d'une démission de Papandreou afin de dégager un consensus politique et de rassembler une large majorité au parlement soutenant un gouvernement de coalition. «Cela n'est pas vrai», a déclaré Ilias Mosialos, porte-parle du gouvernement, à Reuters.

Au mois de juin, le Premier ministre socialiste avait proposé à l'opposition conservatrice d'Antonis Samaras de démissionner pour ouvrir la voie à un gouvernement d'union nationale. Mais Samaras, qui s'oppose à la politique d'austérité, avait refusé l'offre.  Le Pasok de Papandreou dispose d'une courte majorité de quatre sièges au parlement.
Les dirigeants européens doivent se retrouver les 17 et 18 octobre à Bruxelles pour examiner le deuxième plan d'aide à la Grèce mis au point le 21 juillet. Ils pourraient demander aux banques de renoncer à une plus grande part des créances qu'elles ont sur la Grèce.

Ce que les candidats à la primaire PS n'ont jamais dit

Ségolène Royal, Manuel Valls, Jean-Michel Baylet et François Hollande se sont prêtés au jeu de notre questionnaire décalé.

Dernier week-end avant le premier tour. Dimanche, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, François Hollande, Martine Aubry et le PRG Jean-Michel Baylet sauront lesquels d'entre eux sont qualifiés pour la finale de la primaire PS.
Pendant des mois, ils ont sillonné la France à la rencontre des électeurs, et des débats télévisés ont permis de populariser leur projet pour la France. Cette semaine, ils ont - presque - tous accepté de répondre à un questionnaire plus intimiste qui révèle une part secrète de leur personnalité. Arnaud Montebourg et Martine Aubry n'ont en effet pas souhaité se prêter au jeu.
Les autres ont pris le temps de le faire - par mail, à l'exception de François Hollande dont l'entretien a été réalisé en face à-face -, avec sérieux, humour parfois. Retrouvez toutes leurs réponses.
RETROUVEZ LES RÉPONSES DE SÉGOLÈNE ROYAL
RETROUVEZ LES RÉPONSES DE JEAN-MICHEL BAYLET
RETROUVEZ LES RÉPONSES DE MANUEL VALLS
RETROUVEZ LES RÉPONSES DE FRANÇOIS HOLLANDE

 

Des femmes à mains nues

Deux pays méconnus, le Yémen et le Liberia, mis en évidence. Trois femmes saluées. Mais une seule méthode récompensée, la non-violence. Ce prix Nobel de la paix 2011, décerné sur le mode ex aequo, ne déçoit pas. Mais il surprend. Après l’extraordinaire bouleversement politique et culturel que représente la révolution en Tunisie ou en Egypte, on attendait que soit distingué(e) l’un(e) de ces jeunes courageux (ou courageuses) qui ont réussi ce qui, il y a un an encore, semblait impossible : écarter le clan Ben Ali et le clan Moubarak.

En Tunisie comme en Égypte, le mouvement démocratique est à peine au début du chemin. Les prédateurs que sont les islamistes ou les tenants d’un pouvoir strictement militaire sont aux aguets. Un prix accordé aux pionniers du printemps arabe aurait donc été une utile bouffée d’oxygène et un joli coup de pouce. Car un Nobel de la paix a deux dimensions. C’est soit une récompense a posteriori, soit un encouragement a priori. En 2009 le Nobel de la paix était bien allé à un Barack Obama en début de mandat qu’on voulait stimuler alors qu’à la vérité il n’avait pas fait grand-chose de tangible…

Mais c’est vers le Yémen que le jury du Nobel s’est tourné, comme pour inclure de la façon la plus large les révolutions arabes en gestation. La jeune journaliste (32 ans) Tawakkol Karman est de ce point de vue une parfaite lauréate. Avec le concours de son mari, elle a bravé non seulement le président en place, mais aussi tous ses cousins, voisins et anciens camarades de classe qui pensent bêtement normal que les femmes doivent rester à la maison. En s’érigeant en figure centrale de la révolution yéménite, Tawakkol Karman jaillit en pleine lumière dans un pays où, comme en Arabie saoudite, la presque totalité des femmes ne sort dans la rue que vêtue de noir et voilée de la tête aux pieds. Le jury du Nobel s’honore d’avoir distingué cette vraie révolutionnaire.

Les deux autres lauréates, les Libériennes Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee, complètent le palmarès. Elles aussi ont pour credo la lutte non-violente, ce qui justifie pleinement un prix Nobel de la paix. Alors que beaucoup d’hommes n’envisagent le combat contre la dictature que les armes à la main, elles ont installé avec ténacité, intelligence et lucidité une stratégie fondée sur l’éradication de la violence. Il y a forcément du Gandhi dans ce choix. Cette référence indienne n’est pas le moindre éloge qu’on peut adresser à ces femmes de bonne volonté. Car se bagarrer à mains nues contre une guerre civile est le type même du défi absolu.

Méfions-nous des sauveurs de l’euro

Si l'on veut sauver le projet européen, il faut se lever contre les projets de la chancelière Merkel et du Président Sarkozy qui font la promotion d'une union faiblement démocratique, axée sur la compétitivité fiscale et le dumping social, écrit un journaliste allemand. 
Les grandes crises qui ont frappé le capitalisme, le grand historien des sociétés Jürgen Kocka l’a rappelé récemment, ont souvent servi de catalyseurs pour des réformes profondes du capitalisme. Ce qui suscite à la fois l’espoir et l’inquiétude : si nous avons la chance de faire de la crise de l’euro une crise "constructive", nous devons la saisir maintenant.
Les crises du passé ont permis – ou tout au moins favorisé – la mise en œuvre de changements structurels. Les crises ont ainsi rendu possible l’institutionnalisation des règles nationales, l’apparition de la protection sociale et surtout l’installation du paradigme longtemps dominant de la pensée keynésienne. Cela s’inscrivait dans un contexte général. Il arrivait toujours un moment, toutefois, où les "aspects positifs" de la crise retombaient sous le joug d’intérêts privés supérieurs. Le fait qu’ils aient été malmenés dans l’Allemagne rouge-verte, la dérégulation et l’abandon de la redistribution des richesses participent à la confusion ambiante.
Tirera-t-on les enseignements de la crise de la dette européenne ? Manifestement pas. Car ce que l’on vend à l’opinion publique angoissée comme la "gestion de la crise" ne comporte aucun des "aspects constructifs" au sens où les entend Jürgen Kocka. Dans la concurrence pour sauver l’euro face aux "marchés", les gouvernements montrent simplement qui tient véritablement les rênes du pouvoir. Au lieu d’agir sur les causes économiques et politiques de la crise, celles-ci sont érigées en solutions. Et depuis 2008, l’Etat doit supporter le poids social d’une crise financière du secteur privé. A peine avait-on transféré le coût de l’enrichissement du secteur privé sur les comptes publics que l’on prescrivait un nouveau régime destiné à résoudre une crise devenue "publique".

Une discussion réduite au sauvetage de l'argent

Pendant la crise, le principe allemand de plafonnement de la dette a été étendu au reste de l’Union européenne. Cette décision découle-t-elle de la parcimonie proverbiale de la chancelière allemande ? Nenni. "Ce que nous devons nous garder de faire", a mis en garde Angela Merkel, "c’est de saper au passage la confiance des investisseurs". Voilà qui montre à qui va sa loyauté et à quoi se réduit le débat européen : à une discussion sur le sauvetage de l’argent, des prétentions d’ordre patrimonial, de la compétitivité. Les appels à davantage d’"enthousiasme pour l’Europe" finissent toujours par des sanctions sur la mise en œuvre de la discipline budgétaire, par des règlements sur l’insolvabilité des Etats, etc. Les querelles partisanes au sein de la coalition sur la politique européenne à mener ne suffisent pas à la cacher. Le fait que le parlement soit bientôt davantage impliqué dans les décisions relatives au sauvetage de l’euro n’est pas une réponse à la question de savoir ce que les députés contribueront à "sauver".
"L’échec de l’euro serait aussi l’échec de l’Europe", a déclaré la chancelière, propageant ainsi une menace qui devrait avoir autant d’effet sur les députés des groupes parlementaires de la majorité que sur les petits épargnants, les bénéficiaires d’allocations, les salariés et les écoliers, les médecins et les artistes, les retraités et les femmes au foyer. Cette phrase ne dit toutefois qu’une partie de la vérité. Car les fondements d’une meilleure Europe seraient aussi détruits : une Europe qui était encore au cœur du débat dans les querelles qui ont émaillé la signature du Traité de Lisbonne – une Europe la protection sociale, des droits fondamentaux applicables. Les gens qui ont envie de sauver l’Europe, qui aspirent à autre chose qu’un projet élitiste fondé sur de seuls intérêts économiques et marqué par le recul de la démocratie, la concurrence fiscale et le dumping social, doivent désormais se retourner contre les "sauveurs" que sont les Merkel, Sarkozy et consorts.
C’est nécessaire, parce que les décisions prises dans le cadre de la gestion de la crise préfigurent ce que sera la future constitution européenne. Mais ce ne sera pas aussi simple, car un "non" social et solidaire à la politique de sauvetage du gouvernement est bien trop facilement confondu avec ce populisme eurosceptique qui fait actuellement tache d’huile dans la société. Ces faux détracteurs de l’Europe ont trouvé dans le journal Bild leur organe officiel – reste à leur trouver un mouvement politique.

Des conditions de travail dégradées

D’après un sondage, les deux-tiers des Européens estiment que le marché unique n’a profité qu’aux grandes entreprises ; la moitié d’entre eux ont le sentiment que le statu quo européen a dégradé les conditions de travail et que l’intégration politique n’a pour l’heure rien apporté aux couches défavorisées. Voilà qui en dit long sur le tempérament de cette Europe qu’Angela Merkel et d’autres entendent sauver.
Et pourtant, ce serait une erreur d’abandonner l’idée d’Europe et de laisser le champ libre à ceux qui voient l’issue dans le retour du mark, la désolidarisation et le repli national.
L’enjeu est de taille : ou bien l’on sort de la crise de l’euro "par le haut", avec un régime européen menant une politique d’austérité autoritaire, ce qui supprimerait immédiatement toute marge de manœuvre pour la construction politique de l’Union et conforterait les mouvements sociaux dans leur orientation eurosceptique. Ou bien une pression exercée "par le bas" contraint les gouvernements à revoir leur action.
Une campagne publicitaire orchestrée par les syndicats n’y suffira pas. Les appels seuls n’ont jamais suffi à rendre une crise constructive. Pour que ce soit le cas, Jürgen Kocka l’a également rappelé, deux choses ont toujours été nécessaires : la critique du capitalisme et l’engagement politique assorti d’une mobilisation sociale. La critique est largement répandue dans les colonnes des journaux. Mais on ne lit pas encore que ce n’est pas suffisant.

Du ras-le-bol des uns à celui des autres

Il se trouvait peu de monde pour, en première réaction, condamner l'usage du droit de retrait des contrôleurs de la SNCF, dès jeudi soir. Pourtant, ils ont encore une fois montré qu'ils possèdent le pouvoir de bloquer le pays et de semer la pagaille en un temps record. Le peuple des égarés du rail a eu comme premier réflexe de penser d'abord à la victime d'un acte odieux. Un homme qui se fait poignarder par un déséquilibré, qui plus est dans l'exercice de sa fonction et représentant l'autorité publique, voilà qui indigne les Français. Le fait divers leur rappelle leur propre sentiment d'insécurité ; la « boule au ventre » décrite par les syndicats de contrôleurs est un peu celle de nombreux citadins susceptibles de croiser, dans le train ou ailleurs, la route d'un déséquilibré. Phase II : la colère monte. Le droit de retrait, cette semaine, s'est exercé de manière abusive, comme c'est devenu l'usage dans les transports (lire page 5). Un signe de solidarité. Une mini grève sans préavis, payée, sur un ras-le-bol. C'est là que la grogne des usagers - pardon des clients - de la SNCF reprend le dessus. Victimes collatérales, les voyageurs qui ont passé une nuit blanche, loupé un entretien d'embauche, sacrifié une journée de congés… savent pourtant que le blocage ne sert à rien. L'opinion et les pouvoirs publics sont déjà alertés sur la question de l'insécurité. Mais si demain, par indignation, les passagers se mettaient à ne pas payer leur billet, sans préavis, ces mêmes contrôleurs agiraient-ils avec largesse et compréhension ?

Après la mort de Steve Jobs, une tristesse collective étonnante


L'annonce de la mort de Steve Jobs, cofondateur d'Apple, a suscité un flot de réactions élogieuses, comme peu de décès en ont provoqué. Des consommateurs de la marque aux hommes politiques de tous bords en passant par d'anciens concurrents, tous ont salué un génie qui a bouleversé l'humanité.

Pour Nicolas Herpin, sociologue de la consommation, cet engouement posthume est une réaction collective étonnante, pour ne pas dire démesurée. "Certes, c'est un industriel de génie mais il y en a d'autres et ils ne mobilisent pas autant les esprits", rappelle le chercheur à l'observatoire sociologique du changement, le laboratoire sociologique de Sciences Po Paris.

Le sociologue explique cet emballement, qui n'est pas que médiatique, par le parcours de Steve Jobs. Un héros mythologique des temps modernes. "Voilà un homme qui incarne l'image de quelqu'un qui est capable de sortir des produits du néant", estime-t-il. De son garage jusqu'à la une des journaux, le créateur de l'iPhone a une histoire qui fascine, un parcours qui fait rêver les foules. "Il est ce que tout le monde veut devenir, dans une époque où tout le monde est anonyme", estime Nicolas Herpin.

UNE MORT ANNONCÉE

Tout le monde savait que Steve Jobs était en mauvaise santé. Il l'a lui même rappelé en abandonnant la direction du groupe de Cupertino, en août. Et pour Nicolas Herpin, cette mort annoncée change tout. "C'est encore plus touchant. Il nous dit 'Je m'en vais parce que je vais mourir' et le voilà qui meurt tout de suite. Il serait mort vingt ans après, les éloges auraient été moins nombreux", argue le chercheur avant de rappeler que la mort de François Mitterrand, quelques semaines après la fin de son mandat, avait suscité le même type de réactions. Un engouement qui laisse peu de place à la critique constructive.

Si certains ont rappelé le mauvais caractère de Steve Jobs ou pointé du doigt les conditions de travail des ouvriers chinois de l'usine de Foxconn, d'autres comme le maire de New York, Michael Bloomberg, ou des centaines d'utilisateurs de Twitter n'hésitent pas à comparer Steve Jobs aux plus grands scientifiques, comme Einstein ou Léonard de Vinci. "Du délire !", s'insurge Michel Dubois, sociologue des sciences au CNRS, pour qui Steve Jobs n'est qu'"un industriel" parmi d'autres.

Selon lui, Steve Jobs n'a rien d'un homme de sciences. Parce qu'il ne s'est pas attaqué à la recherche fondamentale, la plus prestigieuse. Mais surtout parce que sa logique industrielle est contraire à l'esprit scientifique. "Apple s'est construite sur une logique de propriété avec des verrouillages de tous les côtés. Steve Jobs n'a jamais joué le jeu académique de la diffusion des idées", rappelle l'universitaire.

LA PERTE DE STEVE JOBS, LA PERTE DE SOI ?

Si l'émotion a étreint l'espace public, c'est bien parce que "l'attachement à un iPhone ou à son ordinateur portable relève sans doute d'une logique comparable à celle qui régit l'attachement à un souvenir de famille ou un objet de collection", présume Thierry Bonnot, sociologue à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, qui analyse notre rapport aux objets.

Nicolas Herpin abonde. "Son mérite est d'avoir poussé le consommateur à s'identifier aux objets. Autrefois, personne n'aurait imaginé que le téléphone devienne un produit individualisé." Et comment s'est-il personnalisé ? "Grâce à la culture", explique le sociologue. En incluant musique et cinéma dans un objet aux vertus principalement utilitaires, Steve Jobs a permis à ses consommateurs d'y mettre un peu de leur personnalité. En perdant Steve Jobs, les consommateurs de ses produits doivent-ils faire le deuil d'une part d'eux-mêmes ?

Si le deuil est collectif, il ne concerne qu'une minorité. "Il y a des milliards d'êtres humains que la disparition de Steve Jobs laisse froids, soit qu'ils n'en aient jamais entendu parler, soit qu'ils n'utilisent jamais ni iPhone, ni iPad, parce qu'ils n'ont pas les moyens de le faire", rappelle Thierry Bonnot.

vendredi 7 octobre 2011

Comment Steve Jobs a préparé Apple à sa succession



Si Trichet n’existait pas, il faudrait l’inventer

Accusé tantôt de timidité excessive, tantôt d’intervenir à la place des Etats, le gouverneur de la Banque centrale européenne a tout compte fait su maintenir la barre de l’euro en évitant, jusqu’à présent, que la crise ne l’emporte.
Le "coût d’opportunité" d’une décision représente ce qu’il en coûterait de ne pas la prendre, ou à ce qu’il en coûterait de faire un autre choix. Ce raisonnement par l’absurde, inventé en 1914, a gagné en popularité après l’entrée en vigueur de l’Acte unique européen en 1987, qui a ouvert la voie au marché unique européen de 1992, grâce surtout au rapport du grand Paolo Cecchini, "Le coût de la non-Europe".


Arrivé au terme de ses 8 ans de mandat, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, devait faire aujourd’hui [6 octobre] son bilan. Quel aurait été le coût de ne pas avoir Trichet ? Et quel serait le coût si son successeur Mario Draghi venait à dilapider son héritage ?
Le péché d'orthodoxie

Le Français a commis deux erreurs principales. La première, en juillet 2008, a été de relever le taux d’intérêt, juste après que l’inflation a commencé à se tasser et à la veille du désastre de la Grande Récession déclenchée par la faillite de Lehman Brothers, en septembre de la même année. Sa deuxième erreur a été son pilotage timide de la politique d’achat d’obligations des Etats périphériques [Portugal, Espagne, Italie, Grèce] – à deux reprises, début mars 2010 et en août dernier, quand les turbulences faisaient grimper les différentiels des dettes italienne et espagnole par rapport à l’endettement allemand. Dans les deux cas, il a péché par orthodoxie.

Cela étant, force est d’avouer que sous la houlette de Trichet, la BCE a laissé aux banques une grande marge de manœuvre en matière de liquidités et a diversifié leurs échéances, empêchant ainsi la paralysie totale du système financier ; la BCE a acheté sur le marché secondaire des bons du trésor de pays périphériques, évitant l’effondrement de certains d’entre eux ; elle a soutenu les dettes souveraines de ces pays, ainsi que les organismes détenteurs, en acceptant comme garantie les obligations douteuses apportées par les banques qui lui demandaient du crédit ; enfin, elle a mené trois opérations de coordination avec d’autres banques centrales pour injecter des liquidités en dollars aux banques européennes.
L'artisan des fonds de sauvetage

La virulence de ses détracteurs permettra de mesurer le coût de l’absence de Trichet : les deux principaux tenants de la radicalité, deux Allemands, ont démissionné cette année. Axel Weber, le président de la Bundesbank, pressenti à lui succéder, est sorti de son rôle en critiquant publiquement l’achat d’obligations des pays vulnérables. Cet éloge de l’austérité (d’autrui) lui a ouvert la voie au veau d’or sous la forme de la présidence de la banque suisse UBS : la vertu luthérienne faite homme ! Quant à l’ineffable Jürgen Stark, il a fait de même, prenant la tangente pour les mêmes raisons. L’un et l’autre critiquaient leur directeur pour n’avoir pas su juguler l’inflation… et pour s’être préoccupé aussi de la stabilité économique et de la croissance, des objectifs apparemment sacrilèges.

Un chercheur comme [l’économiste du FMI] Pau Rabanal n’hésite pas à affirmer que Trichet non seulement "a mené une politique monétaire relativement ambitieuse", mais aussi "a sacrifié son objectif d’inflation sur l’autel d’une plus grande croissance économique et de la création d’emplois, non l’inverse". Sa réticence à trop baisser les taux lui a pourtant valu l’hostilité de certains politiques, comme le président français. Il a défendu bec et ongles son indépendance envers Nicolas Sarkozy en prônant le caractère automatique des nouvelles sanctions du Pacte de stabilité. Et face à la chancelière Angela Merkel, il a obstinément refusé le défaut de paiement de la Grèce vis-à-vis des banques privées.

Si la crise de l’euro n’a pas ôté tout espoir à l’Europe, c’est parce que la BCE a agi comme son prêteur en dernier ressort et comme un arbitre respecté par les marchés. Trichet a été l’un des principaux artisans de la création du fonds de sauvetage, il n’a pas ménagé ses critiques face aux agences de dégradation (sic) et il a été un ardent défenseur d’un ministère européen des Finances. C’est déjà pas mal !*

* En français dans le texte.

Oublier Steve Jobs?


Steve Jobs est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi. Le co-fondateur d'Apple a indéniablement révolutionné notre quotidien. Mais demain, d'autres produits rendront peut-être obsolètes nos iPhone, iPad et iPod.



[VOSTFR] Steve Jobs Stanford Commencement... par Cladouros

Une petite lumière au fond de chaque être humain...

« L'abolition de la peine de mort est une avancée majeure de l'humanisation de la société », a déclaré Thierry Machefert, professeur de philosophie, lors de la conférence réunie au Mémorial pour la Paix de Caen à l'occasion du 30e anniversaire de l'abolition.
Pourquoi donc a-t-il fallu attendre si longtemps et se battre aussi durement pour abolir cette énormité ? Car enfin, les Français ne sont pas plus sanguinaires que leurs voisins européens, qui l'avaient déjà abolie depuis longtemps.

On peut toujours, on doit encore, mener ce combat car la peine de mort est appliquée encore aujourd'hui dans de nombreux pays. La semaine dernière, une rafale d'exécutions est venue nous réveiller : deux aux États-Unis, un adolescent pendu en Iran, un homme décapité au sabre en Arabie Saoudite et, sans doute, combien d'autres inconnus, notamment en Chine qui semble battre aussi des records en ce triste domaine.

Heureusement, malgré tout, la peine de mort recule dans le monde. Ainsi, depuis vingt ans, quarante-neuf pays l'ont abolie, ce qui porte le nombre des pays où la peine de mort n'existe plus à quatre-vingt-seize. Cependant, on ne sait pas si, finalement, le nombre des exécutions diminue, car certains États procèdent à des exécutions de masse.

... nous ne pouvons nous permettre de l'éteindre

Nous ne referons pas ici, une fois de plus, le procès de la peine de mort. Nos lecteurs connaissent les arguments pour et contre car, pendant les vingt années qui ont précédé son abolition, nous les avons longuement exposés.

Certains, comme le président Mitterrand qui avait été partisan de cette peine et qui durant la guerre d'Algérie avait, en tant que garde des Sceaux, approuvé de nombreuses exécutions, avaient fini par changer d'attitude. M. François Mitterrand avait affirmé et promis qu'il procéderait à l'abolition s'il était élu. C'était courageux car, lors de cette campagne présidentielle de 1981, il savait que la majorité des Français était favorable au maintien de la peine de mort.

Aujourd'hui, ce qui fonde essentiellement notre refus de voir appliquer un tel châtiment, c'est une conviction : en chaque personne, il est au fond d'elle-même une petite veilleuse qui luit plus ou moins faiblement. C'est cela qui fait de chacun de nous un être humain. Nous ne savons peut-être pas exactement ce que c'est, mais nous pensons que cette lumière, si faible puisse-t-elle être, est la source de notre humanité. Nous estimons que nul ne peut se permettre de l'éteindre.

L’enviable dynamisme américain

Ajouter encore quelques lignes au panégyrique de Steve Jobs serait vain. Depuis hier, la planète informatique, avec pleurs et fleurs, rend hommage au cofondateur d’Apple qualifié de génie et comparé à Gutenberg. Comme l’imprimerie qui a permis l’accès à la connaissance au plus grand nombre, l’ordinateur sorti du temple des spécialistes grâce à Steve Jobs, d’abord devenu machine de bureau puis terminal d’internet, a étendu les savoirs, créant de nouveaux outils de communication, offrant une encyclopédie illimitée. Pas toujours pour le meilleur, il est vrai...

Ce qui surprend vraiment aux yeux d’un Européen est la carrière de l’inventeur doté d’un exceptionnel sens commercial. Elle incarne « le rêve américain », selon le président Obama. C’est vrai que ce parcours est atypique. Voilà un homme qui a commencé à bricoler dans son garage pour se retrouver – après quelques avatars – à la tête de la plus importante société des États-Unis. Sans sortir d’un sérail doré, sans carnet d’adresses ouvrant les portes, sans être coopté... Déjà l’allure de Steve Jobs aurait détonné dans les salons feutrés de maints directoires, surtout en Europe: jeans et polo en pleine grisaille des costumes trois pièces-cravate. Comme d’ailleurs Bill Gates (Microsoft) ou Mark Zuckerberg (Facebook), très vite millionnaires, puis milliardaires. En commençant par la commercialisation aventureuse de leurs découvertes, ces hommes ont très jeunes aboli les conventions, et pas seulement vestimentaires. Sauf une: celle de l’argent.

Ces « success stories » donnent aussi une leçon d’économie. Depuis des années, les États-Unis semblent au fond du gouffre, affaiblis par une dette pharaonique et secoués par les scandales bancaires. Hors armement et aéronautique, leur tissu industriel vieilli ne supporte plus la moindre concurrence. Mais grâce à des Steve Jobs, Bill Gates et beaucoup d’autres, les États-Unis restent à la tête de l’innovation aujourd’hui commercialisée dans le monde entier. Même si les composants des « iPhones » ou des « Mac » sont fabriqués en Extrême-Orient, les bénéfices sont rapatriés outre-Atlantique. Avec ses logiciels, Microsoft dispose d’un quasi-monopole souvent dénoncé et condamné. Les « moteurs de recherche », tous d’origine américaine proche ou lointaine, rentrent de juteuses recettes publicitaires, également à l’échelle de la planète. L’économie numérique vit de la mondialisation en la cimentant.

Certes, les cerveaux brillants ne manquent pas en Europe. Mais profitent-ils des mêmes tremplins qu’aux États-Unis ? Qui, de ce côté-ci de l’Atlantique, aurait pris au sérieux des « gamins » de 25 ans, Steve Jobs et Bill Gates à leurs débuts, ou Mark Zuckerberg né en 1984 ? Dans la « Vieille Europe », la jeunesse n’est pas un atout, malheureusement. Ni dans les affaires ni en politique.

Gaz

Quand sévit la disette, quand un sou est plus que jamais un sou, il n’est pas de petites économies. Ce principe de bonne gestion a conduit hier notre ministre du Budget, Madame Pécresse, à doubler la taxe sur les sodas, qui atteindra un centime d’euro par canette. Cela n’a l’air de rien, mais ça rapportera 120 millions d’euros, petite bulle de soulagement pour l’insupportable fardeau de la dette. Mieux, ce centime d’euro sera d’autant plus utile que, par la grâce des canettes communicantes, il ira financer des emplois dans l’agriculture. Oui, vous avez bien lu, les buveurs de soda paieront pour les ouvriers agricoles. Mais pourquoi pas, après tout : en France, on n’a plus d’argent, mais on a des idées. Et puisque ce budget de crise vire à l’usine à gaz, suggérons à Madame Pécresse une autre astuce : taxer les couches-culottes pour financer la retraite des anciens combattants.

«Les marchés ont besoin de transparence et de morale»

Le Commissaire européen pour le marché intérieur se bat pour la réciprocité des échanges mondiaux et la mise au pas des marchés financiers. Des tâches nouvelles pour une Europe qu'il souhaite plus gouvernée.

L'Europe peut-elle maîtriser les dérives des marchés financiers?
Nous y travaillons activement depuis le G20 de 2008. Nous avons déjà créé trois autorités de surveillance des marchés. D'autres mesures sont en préparation. Plusieurs mesures seront soumises au vote du conseil des ministres et du parlement en octobre ou novembre. Par exemple la mise en place d'un cadre de résolution des crises bancaires. Nous travaillons sur la maîtrise des produits financiers dérivés, parfois toxiques, qui représentent 600.000milliards de dollars de transactions se déroulant sans transparence avec des gens qui en général n'aiment pas beaucoup la lumière. Il sera obligatoire de les enregistrer. Les marchés ont besoin de transparence et de morale. Nous travaillons à les remettre en ordre et au service de l'économie.
Que proposez-vous aux PME qui ont parfois le sentiment de ne pas être suffisamment protégées et soutenues par l'Europe?
Sur 20millions d'entreprises en Europe, 80% sont des PME. Le sentiment général c'est que le marché unique n'est pas fait pour elles, mais pour les grandes entreprises. Je veux changer cet état d'esprit, concrètement. C'est ainsi que nous avons travaillé sur douze leviers pour relancer la croissance et le bon fonctionnement du marché. C'est «l'Acte pour le marché unique». Nous voulons faciliter l'investissement, l'exportation, la mobilité, l'innovation. J'ai ainsi proposé la création d'un brevet unique européen divisant son coût par neuf. Nous allons le délivrer fin 2011 ou début 2012. Je souhaite également rendre plus accessibles les appels d'offres publics aux PME.
L'Europe a-t-elle une politique industrielle face à nos grands concurrents mondiaux?
L'Europe devrait faire plus dans ce domaine. Comme on a bâti une politique agricole commune, le moment est venu de définir une politique industrielle. Il faut investir davantage ensemble dans l'innovation, avoir des politiques pour protéger nos actifs économiques stratégiques de demain. La bonne protection est dans l'investissement. Il faut aussi se battre pour pratiquer la réciprocité avec nos grands partenaires. Je me bats pour l'indépendance de l'Europe.
Nos banques vont-elles résister à la crise?
Nous n'avons pas attendu le FMI pour demander aux banques de se renforcer. Ce travail a commencé depuis trois anset se poursuit. Les banques européennes ont renforcé leur capital de 420milliards depuis 2007, complétés d'ici à 2019 par 450milliards. Les banques européennes, notamment françaises, sont globalement robustes.
La faiblesse grecque fragilise pourtant le système.
L'exposition des banques françaises à la dette grecque n'est que de 8milliards d'euros, alors qu'elles ont réalisé 11milliards de bénéfices ce premier semestre et disposent de 230milliards de fonds propres. Elles sont capables de faire face. Il faut garder son calme; la Grèce ne représente que 2% du PIB européen.
La Grèce pourra t-elle rembourser?
L'avenir de la Grèce est dans l'euro, et la zone euro démontre sa capacité de résistance et de solidarité. La première étant de respecter les règles qu'on choisit en commun, ce qui n'a pas été le cas pour plusieurs pays. Nous sommes face à un pays faible qui n'a pas été bien gouverné, qui n'a pas su se réformer et est obligé de faire tout en même temps. Cela demande beaucoup de courage au peuple et au gouvernement grecs. En Europe et au FMI, nous avons fait le choix du redressement, d'éviter le défaut, d'étaler le remboursement. Nous donnons du temps à la Grèce, nous l'accompagnons. Même si c'est difficile, c'est possible et toute autre hypothèse aurait des conséquences plus lourdes.
La crise ne met-elle pas en danger l'Europe?
On doit sortir de ces crises par le haut, c'est-à-dire par le fédéralisme économique et plus de démocratie. On a créé l'euro, un outil fédéral, sans l'accompagner des structures de gouvernance économique. C'est le moment de le faire.
Y a t-il un complot américain contre l'euro?
Je ne crois pas à la thèse d'un complot. Je crois que l'intérêt des États-Unis, et c'est ce que pense l'administration américaine, c'est que l'Europe soit forte pour l'économie ou la défense. Ils ne peuvent pas porter tous les problèmes du monde. Le souci vient moins des gouvernements que d'acteurs financiers qui ont comme logique de faire le maximum de profit dans le minimum de temps, et qui n'aiment pas la lumière, l'euro, la gouvernance de l'Europe. Ces gens préfèrent l'obscurité et la dérégulation, et c'est pour ça que le pouvoir politique doit reprendre le dessus.
Sur la régulation des marchés, les États-Unis sont-ils sur la même longueur d'onde?
Nous travaillons en bonne intelligence, en confiance et sans naïveté avec les États-Unis. Je me suis rendu là-bas quatre fois cette année pour harmoniser nos positions sur la régulation des marchés financiers. Par exemple sur le trading à haute fréquence, ou les produits dérivés. Mais les Américains n'ont toujours pas appliqué les nouvelles règles de Bâle II renforçant la solidité financière des banques, alors que nous avons déjà adopté Bâle III. Idem sur les normes comptables qu'ils ne mettent pas en oeuvre, ni sur l'ouverture des marchés publics. Cela ne peut pas continuer. Nous allons d'ailleurs proposer la mise en oeuvre des mesures de réciprocité avant la fin de l'année.
Politiquement les dirigeants prennent la mesure des réformes à faire?
Dans cette crise j'observe les changements positifs que les Européens sont en train d'opérer sur le désendettement. Je note que pour la première fois un débat présidentiel en France devrait aborder le désendettement et l'Europe! On ne fait pas de la croissance avec des dettes.