TOUT EST DIT

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dimanche 5 octobre 2014

Sapin : "Les 2.000 milliards de dette sont le reflet du passé"

Michel Sapin, ministre des Finances, estime que la responsabilité de l’endettement du pays incombe à la droite. Il s’en prend à François Fillon, qu’il qualifie de "recordman de l’endettement annuel". Et promet d’empêcher le fardeau de dépasser 100% du PIB.
La dette de la France a atteint 2.000 milliards d’euros. Le candidat Hollande avait promis de la réduire. Vous y avez renoncé?
Les 2.000 milliards de dette sont le reflet du passé. Ce n’est pas le bilan de deux ans de gouvernement socialiste. Je conseille aux donneurs de leçons de se souvenir de leurs responsabilités, en particulier ceux qui ont alourdi la dette de 1000 milliards entre 2002 et 2012. Notre volonté est de baisser le déficit, pour stabiliser la dette en-dessous de 100% du PIB puis pour la réduire. Nous le faisons à un rythme adapté. Diminuer la dette sans tenir compte de la santé de l’économie française serait la meilleure façon de ne pas y arriver.
Mr j'y peut rien, c'est les autres
(…)
François Fillon estime que la France est "à la veille d’un accident financier grave". Que répondez-vous?
Monsieur Fillon devrait maîtriser son langage. Il ne sert à rien de faire peur. La brutalité de ses propos aujourd’hui ne peut pas occulter ses responsabilités d’hier. Il avait dit avoir trouvé un Etat en faillite mais qu’en a t-il fait?! Il l’a endetté de 600 milliards d’euros supplémentaires. Le recordman de l’endettement annuel, c’est monsieur Fillon, sans commune mesure avec ce qui s’est passé depuis.
La France ne réduit pas son déficit comme prévu. Avez-vous l’assurance que Bruxelles valide le budget sans demander de modification?
La Commission n’a pas encore entamé l’examen de notre budget. Notre politique lui a été signifiée au printemps, et elle n’a pas changé depuis. C’est la conjoncture qui a changé. Nous sommes dans un dialogue avec Bruxelles.
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dimanche 9 septembre 2012

Budget : 15 à 20 milliards d'euros d'impôts nouveaux en 2013

Le président de la République, qui sera dimanche soir l’invité du journal de TF1, a chiffré "l'effort budgétaire" pour l'année prochaine. "Quinze à vingt milliards d'euros" d'impôts supplémentaires seront prélevés sur les entreprises, les hauts revenus et les épargnants. L'État fera dix milliards d'euros d'économies. Une austérité sans précédent.
François Hollande prépare les esprits. À Châlons, il y a dix jours, sous les lambris de la Cour des comptes vendredi et dimanche soir à la télévision. Le ton a changé. Le gouvernement s’apprête à annoncer des décisions douloureuses. À la veille du week-end, le chef de l’État a prévenu : "Je confirme l’engagement pris par la France de ramener le déficit public à 3% à la fin de l’année 2013. Ce sera l’effort budgétaire le plus important depuis trente ans". Pour redresser les comptes du pays, les coupes dans les dépenses et les hausses d’impôts vont atteindre une ampleur inégalée. Hollande a précisé la facture : "Un peu plus de 30 milliards d’euros", soit 1,5% de la richesse nationale.
Drôle d'attelage

Le candidat Hollande avait prévenu durant la campagne

Dimanche soir sur TF1, le président de la République va tracer les grandes lignes de son premier budget, le plus austère de l’après-guerre, aussi loin que remontent les statistiques. Certes, Alain Juppé en 1996 avait réduit le déficit de 1,5 point de PIB, en augmentant la TVA. Mais il bénéficiait à l’époque d’une conjoncture économique plus favorable. L’Élysée et Bercy travaillaient encore samedi soir sur la prévision de croissance pour 2013. Elle sera fixée au maximum à 1%. François Hollande pourrait l’évoquer devant les caméras si le chiffre est calé. Sinon, Jean-Marc Ayrault s’en chargera dans les jours qui viennent.
L’essentiel de l’effort proviendra de nouvelles hausses d’impôts. Soit "quinze à vingt milliards d’euros", indique- t-on. Du jamais vu. S’y ajoutent les mesures déjà votées en juillet (heures supplémentaires fiscalisées, prélèvements sociaux…) qui pèseront pour 5 milliards d’euros sur 2013. Le candidat Hollande n’en avait pas fait mystère durant la campagne. Il avait annoncé un total de 29 milliards d’euros de prélèvements sur le quinquennat, et 20 milliards pour financer ses promesses.
Le chef de l’État a planché cet été sur son programme de rigueur. Son premier visiteur, à son retour de Brégançon, fut Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget. Un entretien marathon de cent minutes pour le "cost-killer" du gouvernement. Les arbitrages sur les mesures fiscales sont en passe de s’achever. Ils seront transmis cette semaine au Conseil d’État.
La charge sera répartie pour une moitié sur les entreprises, pour l’autre sur les foyers les plus aisés, assure-t-on. Côté particuliers, le gouvernement va toucher au barème de l’impôt sur le revenu. Il pèsera plus lourd, sauf pour les classes moyennes. Une nouvelle tranche à 45% sera créée sur les foyers percevant plus de 150.000 euros par an. Les avantages fiscaux seront limités : le total des réductions et abattements sera plafonné à 10.000 euros (contre 18.000 euros et 4% du revenu actuellement), comme indiqué durant la campagne.

Les revenus de l’épargne taxés comme ceux du travail

Surtout, les revenus de l’épargne seront soumis au barème de l’impôt sur le revenu. Ils bénéficiaient jusqu’ici de régimes plus favorables que les revenus du travail. François Fillon avait commencé à corriger cette inégalité. Ayrault enfoncera le clou. Cette disposition sera la plus lourde côté ménages : jusqu’à 3 milliards d’euros, montant qui reste à préciser. Elle coûtera aux épargnants les plus fortunés : leurs gains seront taxés aux taux maximal de l’impôt (41 % aujourd’hui, 45 % l’an prochain) et non plus au prélèvement forfaitaire (19% à 24% selon les cas).
En revanche, les "petits épargnants" devraient en profiter : beaucoup d’entre eux ont, par méconnaissance, opté pour un prélèvement forfaitaire alors que leur imposition sur le revenu est plus faible. "Plusieurs millions de personnes vont y gagner", souligne un proche du dossier.
Côté sociétés, la principale recette pour l’État (jusqu’à 3 milliards d’euros) consistera à réduire la "déductibilité des intérêts", qui permet aux entreprises de baisser leur impôt quand elles s’endettent pour acquérir une autre société. Les grandes seront davantage mises à contribution que les petites. L’ISF ne taxera pas l’outil de travail des patrons de petites sociétés. "Il s’agit d’un projet de loi de finances de rendement, juste, mais aussi pro-PME et pro-entreprenariat", explique-t-on.
Hollande a souligné que 10 milliards d’euros proviendraient d’économies. Il s’agit de l’effort demandé aux ministères, parfois dans la douleur. S’y ajoutent 2,5 milliards d’euros sur les dépenses de la Sécurité sociale. "C’est une bataille qui s’engage", a dit le chef de l’État. 
Certains observateurs attendaient Roosevelt, ils risquent de voir Churchill.

lundi 25 juin 2012

Hollande-Merkel, le plus dur (re)commence

Le président français et la chancelière allemande se retrouvent mercredi à Paris. Ils se sont entendus vendredi sur un plan pour la croissance. Mais à Bruxelles, le bras de fer reprendra sur la solidarité financière.
Angela a souri, François a blagué. Ils ont topé sur la croissance, et la sérénité est revenue dans le couple franco-allemand, le temps d’un mini-sommet sous le soleil de Rome, vendredi, en compagnie de l’Italien Mario Monti et de l’Espagnol Mariano Rajoy. Mais la chancelière Merkel et le président Hollande vont vivre une nouvelle épreuve jeudi et vendredi sous un climat moins romantique, à Bruxelles, où les attend un nouveau sommet européen. Dans quatre jours, la France et l’Allemagne devront s’accorder - une fois de plus - sur les moyens de sauver l’euro.
Trouvez pas qu'il a une drôle de tête ? Fini au pipi, comme ils disent chez les Normand
Vendredi, sous les fresques raphaëliennes de la villa Madama, les quatre poids lourds de la zone euro ont offert une belle image d’unité. Ils se sont entendus sur la relance de l’économie européenne. Un plan de 130 milliards d’euros, dans la ligne du projet Hollande (le JDD du 17 juin), soit 1% du PIB des Vingt-Sept. "On a empoché la croissance. Merkel a fait beaucoup d’efforts", se réjouit l’Élysée. Le président français peut savourer une victoire politique, lui qui a habilement accéléré certaines initiatives de la Commission européenne, par exemple les "project bonds" qui financeront des grands travaux. De même, la taxe sur les transactions financières est remise sur les rails après plusieurs mois d’égarements.
C’est "une première étape", estime Hollande. En fait, l’accord sur la croissance était bouclé depuis plusieurs jours. L’entretien entre les quatre chefs d’État vendredi à Rome a surtout été consacré à la solidarité financière entre les pays de l’Union. Une sorte de répétition avant le sommet de Bruxelles cette semaine. Et là, l’Allemagne renvoie systématiquement ses partenaires à leurs comptes publics dans le rouge.

Pour Hollande, "il y a urgence"

Durant la conversation, Rajoy a insisté pour que les fonds d’aide européens puissent sauver les banques. "Il y a urgence", a renchéri le président français dans ce huis clos. Merkel s’en est tenue mordicus aux principes arrêtés depuis deux ans : le soutien financier s’adresse aux États, point final. "Je suis la chancelière allemande, je ne suis pas responsable des banques", a-t-elle souligné devant les journalistes.
Dans quatre jours à Bruxelles, ce débat se fera à 27. Il sera plus long et plus compliqué qu’à Rome. Côté français, on ne désespère pas d’aboutir au moins sur un point : l’harmonisation du système bancaire européen. Dans ce projet, il y aurait une autorité centrale des établissements financiers et une garantie européenne pour les épargnants. L’Union dédommagerait les clients si leur banque faisait faillite. L’objectif est de les dissuader de vider leurs comptes - un comportement qui précipite la banqueroute.
François Hollande veut entretenir le rapport de forces avec la chancelière. Il conserve son principal atout : la France n’a toujours pas ratifié le pacte de rigueur budgétaire. Le chef de l’État entend obtenir un maximum de concessions allemandes avant de donner son imprimatur au Parlement. En ajoutant un volet sur la croissance et un autre sur la solidarité financière, il rallierait les nécessaires voix des Verts et de la gauche du PS.
HOLLANDE L'AUTRE PAYS DE LA COUARDISE.

dimanche 9 octobre 2011

Sauver ou lâcher la Grèce

Le sort de la Grèce est entre leurs mains. Angela Merkel reçoit Nicolas Sarkozy dimanche en fin d’après-midi à Berlin avant un dîner entre chefs d’État. Il n’est plus seulement question de soutenir un pays dans l’impasse financière. Les deux dirigeants vont avoir "une discussion très politique", souligne-t-on à l’Élysée, sur le scénario d’une faillite, sur l’avenir d’Athènes dans la zone euro et les risques de contagion. Le rendez-vous de Berlin n’est que le début d’un processus, souligne-t-on dans l’entourage du Président. "Il est encore trop tôt pour prendre des décisions". Le couple franco-allemand prépare le terrain du prochain sommet européen qui se tiendra à Bruxelles les 17 et 18 octobre.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vont-ils sauver Athènes ou la lâcher? Le président de la République défend la première option. Il souhaite que l’Europe renforce les mécanismes de soutien aux États en difficulté. Pour la chancelière la voie est beaucoup plus étroite. Elle est invitée par les siens à sanctionner les Grecs et les banques créancières. "La difficulté est de son côté. Son parlement, son opinion poussent le gouvernement à envisager des choses dangereuses pour la stabilité de la zone euro. Elle ne le souhaite pas", explique-t-on à l’Élysée.

Deux solutions pour un même résultat

La France et l’Allemagne s’accordent sur un point : le plan d’aide décidé en grande pompe le 21 juillet n’a pas ramené la confiance sur les marchés. Surtout, la Grèce ne redresse pas ses comptes comme promis. L’Europe reste suspendue au prochain rapport de la troïka (Union européenne, BCE et FMI) qui révélera l’ampleur des dégâts. Samedi, Nicolas Sarkozy a reçu la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, pour évoquer ces sujets. Rien n’a filtré de leur réunion.
Les deux dirigeants veulent sortir du piège. S’ils organisent un défaut de paiement de la Grèce vis-à-vis du secteur bancaire, ils risquent de faire tomber certaines banques et de replonger la zone euro dans la récession. Mais s’ils coupent les vivres à Athènes, voire sortent le pays de la zone euro, ils risquent de faire fuir d’Europe les investisseurs. Pour le même résultat à l’arrivée… "Une solution est de créer un pare-feu, un acheteur public qui reprenne les titres grecs. Cela rassurerait les marchés", argumente-t-on à Paris. Reste à en convaincre Angela Merkel…

Recapitalisation des banques?

La France et l’Allemagne vont par ailleurs accorder leurs violons sur la recapitalisation des banques. Paris et Berlin fixeront dans les prochaines semaines un calendrier et le niveau de fonds propres requis. Les établissements français seront concernés, bien qu’ils soient peu exposés à la dette grecque. Mais leur valeur a fondu en Bourse. "Il faut donner un signal pour rassurer les marchés, même si c’est un peu irrationnel", admet-on à l’Élysée.
Les banques auront mission de trouver de l’argent frais auprès d’investisseurs privés. En cas d’échec, les États ou l’Union européenne prendront des participations au capital des établissements, promet-on. Sans doute sous forme d’actions. Samedi, le Frankfurter Allgemeine Zeitung (le FAZ) affirmait que les cinq principales banques françaises accepteraient une recapitalisation de l’État de 10 à 15 milliards d’euros. Selon nos informations, la plupart des groupes bancaires européens, parmi lesquels de nombreuses banques allemandes en panne de liquidités, préféreraient un mécanisme européen, pour ne pas être stigmatisées. L’Autorité bancaire européenne (EBA) pourrait en être la tour de contrôle. Dans ce cadre, BNP Paribas serait demandeuse à hauteur de 7 milliards d’euros et la Société générale à hauteur de 3 à 4 milliards.

dimanche 11 septembre 2011

La bombe grecque prête à exploser

Les représentants de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international seront mercredi à Athènes. La Grèce promet d’accélérer ses privatisations et d’appliquer ses réformes. Mais le pire reste possible. 

Ils sont attendus mercredi. Les représentants de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international sont de retour cette semaine à Athènes pour une nouvelle mission de la dernière chance. Ils avaient quitté prématurément la capitale grecque il y a dix jours, après avoir constaté que le gouvernement de Papandréou ne tenait pas ses promesses de redressement des comptes et ne pouvait pas rembourser ses créanciers.
L’enjeu est de taille. En l’absence d’accord, le scénario tant redouté par les marchés risque de se produire. Les institutions internationales pourraient refuser de verser à la Grèce la tranche de 8 milliards d’euros qu’elle attend ce mois-ci, dans le cadre du plan de 110 milliards d’euros accordé l’an dernier. Dans cette hypothèse, le pays, asphyxié, sera virtuellement en défaut de paiement, et les banques qui lui ont prêté de l’argent subiront les pertes redoutées, plongeant la zone euro dans la débâcle. Preuve de la tension qui règne, le FMI, dirigé par Christine Lagarde, suivra les négociations quasi en direct depuis Washington.

"Nous ne sommes pas dans la préparation d’un plan B"

À Paris, on veut croire au déblocage. L’Élysée et Bercy ont enregistré avec sérénité les gages donnés par Athènes. La Grèce promet d’accélérer ses privatisations et d’appliquer ses réformes. Mais le pire reste possible. L’Allemagne l’anticipe, par précaution. L’agence Bloomberg a révélé vendredi que la chancelière Angela Merkel préparait un plan de sauvetage des banques allemandes en cas de défaut grec. Berlin n’a pas confirmé. Paris dit ne pas être au courant.
Au G7 Finance qui a réuni les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales à Marseille vendredi et samedi, François Baroin a écarté l’idée que la France puisse elle aussi anticiper un effondrement. "Nous ne sommes pas dans la préparation d’un plan B", a-t-il martelé. Les grands argentiers européens ont maintenu leur ligne de défense, qui sonne comme un constat d’impuissance face aux attentes des marchés. Ils estiment que l’accord de Bruxelles du 21 juillet, que chaque État membre doit adopter, suffira à ramener le calme. Il prévoit une nouvelle aide à la Grèce et un renforcement du Fonds de stabilité financière, comparé à un FMI européen. Pour l’heure, seul le Parlement français l’a voté. Paris compte sur une adoption par tous les autres pays d’ici à octobre – y compris par la Slovaquie, qui menace d’attendre décembre.

dimanche 24 juillet 2011

Les dividendes du sauvetage grec

Le chef de l’État "présidentialise" son image sur le front de l’euro. 

La scène européenne lui réussit. Dans l’austère bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, Nicolas Sarkozy peaufine la "présidentialisation" de son image. Cette année, le chef de l’État pensait bénéficier du G20. Mais cette instance-là patine et la crise de l’euro lui aura apporté, à ce stade, davantage de résultats. Le compromis négocié avec Angela Merkel mercredi à Berlin durant sept heures pour sauver la Grèce, puis l’accord de Bruxelles jeudi feront date pour le Président. Nicolas Sarkozy a convaincu son homologue de faire un pas vers davantage d’intégration européenne, en autorisant le Fonds de stabilité, sorte de mini-FMI de l’Union monétaire, à racheter de la dette grecque aux banques. Un geste de solidarité éloigné de la philosophie allemande prônant des sanctions contre les États défaillants et les banques créancières.
En contrepartie, l’Élysée a accepté en dernier ressort le principe d’un défaut, c’est-à-dire de pertes pour certains établissements financiers. "Cet accord a été finement négocié sur la base de propositions très divergentes", salue Philippe Marini, rapporteur UMP du budget au Sénat. "Nous avons fait un pas considérable. C’est un profond changement dans la nature des mécanismes européens", se félicite Gilles Carrez, son homologue à l’Assemblée.

Une hausse de 15 milliards d’euros de la dette française à l’horizon 2014

Nicolas Sarkozy entend continuer de creuser ce sillon porteur. Le chef de l’État promet de faire de nouvelles propositions pour renforcer l’intégration européenne. Et, sur le plan intérieur, il n’a pas renoncé à porter la "règle d’or" devant le Congrès, au nom de la crédibilité financière de la France. Cette loi constitutionnelle qui engage le gouvernement à réduire les déficits est refusée par la gauche et n’a aucune chance d’être adoptée. Mais elle permet à l’UMP d’instruire le procès en laxisme du PS, faisant oublier que la majorité a voté en 2007 la baisse d’impôts la plus coûteuse de l’histoire, dans la loi Tepa. Résultat, Martine Aubry et François Hollande ont amendé mi-juillet le projet du PS, qui repoussait d’un an la réduction du déficit. Ils s’alignent sur la programmation du gouvernement à 3 % pour 2013.
Le chef de l’État a laissé son Premier ministre dévoiler une face plus sombre du sauvetage grec. François Fillon a indiqué vendredi que la mise en œuvre du plan se traduira par une hausse de 15 milliards d’euros de la dette française à l’horizon 2014. Le gouvernement, qui tablait sur une baisse de l’endettement à partir de 2013, va devoir refaire ses comptes. En théorie, cette nouvelle charge sera indolore pour les contribuables. Sauf si le redressement promis par Athènes est une nouvelle fois retardé. Or, les 50 milliards d’euros de privatisations promis par la Grèce restent à concrétiser et, à Paris, la commission des finances du Sénat doute que la somme puisse être rapidement réunie. La stabilité des impôts français est entre les mains des Grecs.