TOUT EST DIT

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lundi 7 février 2011

Bourse :
vive l'inflation !


Et si le retour des craintes inflationnistes était la chance des marchés boursiers occidentaux ? Après un début d'année en fanfare, les grands indices du Vieux Continent et du Nouveau Monde butent sur leurs plus hauts depuis 2008. Ils cherchent un second souffle que ni l'apaisement actuel des craintes sur la dette souveraine en Europe ni la très bonne tenue des résultats des entreprises ne leur apportent. Résultat, Wall Street, Paris ou encore Londres se traitent avec des décotes par rapport à leurs moyennes historiques.


Dans ces conditions, les tensions inflationnistes provoquées par la hausse des prix des matières premières pourraient bien fournir aux marchés actions occidentaux le propulseur qui leur a fait durablement défaut. Pour des raisons purement financières, d'abord. Traditionnellement, ces tensions pèsent en effet davantage sur les produits de taux que sur les actions. Pour des raisons économiques, surtout. La Fed et la BCE ont été très claires sur la question la semaine dernière. Pas de brutal resserrement monétaire visant à casser la formation d'une spirale inflationniste en vue dans les pays développés. On ne peut pas en dire autant des émergents. Leurs économies sont en effet plus sensibles aux variations des cours des ressources naturelles. Pour éviter la surchauffe, les plus dynamiques d'entre elles ne pourront sans doute pas échapper à une hausse des taux d'intérêt. Ce qui se traduira inévitablement par une inflexion de leur croissance et, au passage, l'explosion de quelques bulles locales. Tandis que les émergents plus fragiles mesurent déjà les conséquences sociales et politiques des hausses de prix. Tunisie et Egypte en tête.


C'est, d'une certaine manière, la résurrection du risque-pays. Un concept que les investisseurs croyaient réservé aux seules contrées les plus reculées depuis l'irruption de la thématique de la croissance miraculeuse et sans risque des émergents courant 2009. On comprend mieux pourquoi l'engouement des opérateurs de marché pour les Bourses des émergents connaît des ratés ces derniers temps. Après avoir attiré près de 100 milliards de dollars l'an dernier, ces marchés ont rendu 7 milliards sur la seule semaine dernière. Une rotation dont commencent à profiter les Bourses des pays occidentaux, dans un mouvement de balancier. Il ne s'agit évidemment pas d'un sauve-qui-peut, mais une chose est sûre, la dynamique a clairement changé de camp.

Les bonus de Wall Street et le syndrome d'Icare

Après deux ans d'abstinence très relative, les bonus sont de retour à Wall Street. Selon la dernière analyse de Reuters, l'enveloppe des rémunérations et bonus des cinq premières banques américaines a augmenté de 4 % en 2010, pour atteindre 119 milliards de dollars. On est pratiquement revenu au niveau d'avant la crise (137 milliards de dollars pour l'ensemble du secteur bancaire américain en 2007) ! Sans omettre que le salaire fixe du patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a triplé l'année dernière (outre une hausse de 40 % de son bonus en actions) et que le niveau moyen annuel de rémunération de ses employés (bonus compris) représente huit fois le revenu moyen d'un foyer américain (52.000 dollars). Rien, ou presque rien, n'a changé. Juste un peu moins de cash et des stock-options différées... Le plus troublant, c'est que ce retour en force (sinon en grâce) des bonus intervient au lendemain de la publication d'un important rapport d'enquête parlementaire sur les causes de la crise financière, qui a largement fait « flop » outre-Atlantique.

« Trop d'institutions ont agi de manière inconsciente, prenant beaucoup trop de risques, avec trop peu de capital et en étant trop dépendantes de financements à court terme », résume le rapport final de 545 pages de la Financial Crisis Inquiry Commission (FCIC) publié le 27 janvier. « Tel Icare, elles n'ont pas eu peur de voler toujours plus près du soleil », ajoute le président de la FCIC, Phil Angelides, friand de métaphores littéraires. Une des principales révélations de ce rapport d'enquête édifiant sur les origines de la crise résulte d'une audition privée du président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke, recueillie par les enquêteurs en novembre 2009. Pour la première fois, il y reconnaît que douze des treize principales institutions financières américaines, y compris Goldman Sachs (et à l'exception sans doute de JPMorgan Chase bien que cela ne soit pas précisé) étaient au bord de la faillite pendant « une ou deux semaines » après la chute de Lehman Brothers. Tout en éreintant les régulateurs, et en particulier l'ancien président de la Fed, Alan Greenspan, tenu pour le principal responsable de trente années de dérégulation sauvage, le rapport n'épargne ni les défaillances béantes de la Securities and Exchange Commission (SEC), ni les autres régulateurs, ni Goldman Sachs pour son rôle majeur dans la diffusion des produits toxiques. Surtout, dans sa conclusion, le rapport épingle sévèrement les défaillances de la « corporate governance » et du contrôle des risques qui ont été un « facteur clef » dans l'émergence de la crise financière. « Les systèmes de rémunération - conçus dans un environnement d'argent facile, d'intense compétition et de légère régulation -ont trop souvent récompensé les opérations à court terme, sans considération véritable pour les conséquences à long terme », estime la commission d'enquête dans ses conclusions.

Accessoirement, du fait de « l'érosion des standards de responsabilité et d'éthique », le rapport signale que le montant des pertes résultant des opérations frauduleuses sur les crédits immobiliers réalisées entre 2005 et 2007 s'élève à 112 milliards de dollars (soit presque l'équivalent de l'enveloppe totale précitée des rémunérations des cinq principales banques de Wall Street en 2010).

Paradoxalement, le rapport de la FCIC, qui fourmille de révélations sur les mécanismes pervers de la crise et les dérives de Wall Street, a été largement brocardé et minimisé par la presse américaine. Trop exhaustif, trop détaillé, à l'heure de l'information condensée en temps réel. Ou alors trop accablant pour un secteur de l'économie dont les profits représentaient 27 % des résultats de toutes les entreprises américaines en 2006, à la veille de la crise, contre 15 % en 1980 ? A en juger par les commentaires désabusés qu'elle a généralement suscités, la plus vaste enquête jamais réalisée sur la crise financière (700 témoins auditionnés, des millions de pages de documents épluchées) n'apporte pas les réponses espérées. Sans doute trop d'autoflagellation et pas assez de pistes concrètes ! Si l'opinion publique américaine pressent bien la nécessité de brider les excès de Wall Street, elle répugne encore à en tirer les conséquences. Le débat sur les bonus - et sur le niveau disproportionné des rémunérations dans la sphère financière -renvoie aux vieux démons honnis du « Big Government ». C'est la limite de l'exercice. Comme le note Alain Minc dans sa préface de « Huit Jours pour sauver la finance » (1), même si les bonus ont bien joué, comme chacun sait, le rôle de pousse-au-crime dans la prise de risques, « l'administration la plus à gauche que les Etats-Unis aient connue depuis des lustres se refuse, pour des raisons de principe, à tout plafonnement en valeur absolue, voire à toute restriction collective trop sévère ». C'est loin d'être faux. Si la question d'une limitation des bonus n'est plus taboue outre-Atlantique, elle reste encore largement théorique. Hormis quelques ajustements à la marge, tel le mécanisme de « clawback » (restitution partielle) institué par certaines banques comme Morgan Stanley en cas de performance négative, l'idée même de garde-fous est jugée irréaliste.

La crise financière était parfaitement « évitable », conclut la FCIC. Elle n'était ni une fatalité ni le produit de « modèles informatiques qui ont déraillé ». Sans doute imparfait, parfois trop bavard ou détaillé, ce rapport d'enquête n'en restera pas moins une mine pour les historiens de la crise.

(1) James B. Stewart, « Huit Jours pour sauver la finance », Grasset, octobre 2010.

Angela Merkel 2.0

La mue a été discrète. Elle n'en est pas moins majeure, et l'Europe tout entière pourrait en être bouleversée. Cette mue, c'est celle d'Angela Merkel. Certes, la chancelière allemande porte toujours les mêmes tailleurs compassés. Mais, dans sa tête, le changement est radical. En mars dernier, alors que la Grèce peinait à lever de l'argent sur les marchés financiers, elle affirmait encore devant les députés du Bundestag que « nous aurons besoin d'une disposition qui permette en dernier recours d'exclure un pays de la zone euro ». En décembre, devant le même Bundestag, la chef du gouvernement allemand expliquait au contraire qu' « on ne laissera tomber personne » dans l'Union monétaire. Lors du Conseil européen de vendredi dernier, Angela Merkel a achevé sa métamorphose. Soutenant que « l'euro appartient aussi à un projet politique », elle a présenté pour l'Europe, avec le président français, des projets d'harmonisation fiscale et même sociale. Le « gouvernement économique » cher aux Français se dessine enfin.

On aurait tort de ne voir là que de vagues projets destinés à rassurer les acteurs des marchés financiers ou les électeurs allemands. Après un formidable renouveau de l'économie, s'esquisse en Allemagne un spectaculaire aggiornamento politique et diplomatique. Tétanisée pendant la crise bancaire de 2008, acculée lors de l'épisode grec de 2010, Angela Merkel a longuement réfléchi avec ses équipes, à l'allemande. Elle est désormais convaincue que son pays ne peut plus se passer de l'Europe et de la monnaie unique. Forte de cette conviction, elle propose de nouvelles avancées dans la construction commune, une solidarité accrue et des mécanismes de surveillance et de rapprochement dans des domaines relevant jusqu'à présent de la souveraineté nationale (retraite, fiscalité...). Elle mène le jeu. Tout en tendant la main à Nicolas Sarkozy, qui avait mieux réagi qu'elle pendant la crise.

Mais Angela Merkel ne veut plus l'Europe comme avant. Elle ne s'accroche plus aux Vingt-Sept. Pour aller de l'avant dans la coordination économique, elle est désormais prête à jouer les Dix-Sept de la zone euro - voire la géométrie variable. Et, surtout, elle ne fait plus confiance aux institutions communautaires, privilégiées par les Français. Elle préfère l'action coordonnée des gouvernements, à l'anglo-saxonne. La chancelière allemande tire ainsi froidement les conséquences de l'incapacité de la Commission en général, et de son président en particulier, à s'imposer comme une force d'impulsion, par temps calme comme dans la tempête. S'amorce ainsi la relance d'une Europe très différente de celle que Paris a longtemps rêvée. Les Français ont-ils un autre projet ?

Du bon usage de la TVA

La TVA été rehaussée de 16 à 19 % en Allemagne en 2007. Ce 1 er janvier, elle est passée à 20 % au Royaume-Uni, en augmentation de 2,5 %. Cette mesure devrait rapporter de l'ordre de 15 milliards d'euros à la Grande-Bretagne. La France devrait-elle procéder aussi à une hausse de sa TVA ? Le projet en est envisagé en France, mais exclusivement comme un moyen de réduire les cotisations sociales, de façon à favoriser la production nationale, qui supporterait moins de charges sociales, et de pénaliser les importations qui seraient assujetties à une TVA plus élevée. Faire payer la protection sociale des Français par les produits chinois importés en France en quelque sorte ! Il est certes vrai que la France est l'un des pays au monde qui impose les charges sociales les plus élevées, jusqu'à 80 % du salaire net, voire plus, avec, en 2008, des cotisations pour les employeurs et les employés s'élevant à 317 millions d'euros. Mais il n'est pas certain que la baisse de quelques points des cotisations sociales soit répercutée dans les comptes des entreprises. La TVA, quoi qu'il en soit, restera un impôt. Son augmentation pèsera dans tous les cas sur les contribuables, éventuellement sur ceux qui achèteront les tee-shirts chinois plus chers. Et son augmentation ne suffirait en aucun cas à compenser les surcoûts des charges sociales.

La TVA représente en France un produit net estimé en 2010 à 126,8 milliards d'euros, soit 49 % des ressources fiscales de l'Etat. L'augmentation de 1 point de la TVA à 19,6 %, à 5,5 % ou à 2,1 % représenterait respectivement 5,9, 2,6 ou 0,6 milliard d'euros de recettes supplémentaires. Ainsi, l'augmentation de 3 points, par exemple, de tous les taux de TVA permettrait de récolter 27,3 milliards d'euros, sous réserve encore des contre-effets en matière de consommation liés à cette hausse de la TVA. Mais ce produit supplémentaire compenserait à peine les allégements de charges sur les bas salaires (22 milliards d'euros, qu'il serait plus urgent de réduire progressivement, et le déficit annuel des régimes sociaux (7,4 milliards d'euros en 2011).

Il vaudrait sans doute mieux s'attaquer d'abord aux niches de TVA et/ou à l'uniformisation des taux. Le coût des niches fiscales relatives à la TVA est estimé à 17,2 milliards d'euros en 2010, dont 13 milliards dus au taux réduit de 5,5 % appliqué à certains secteurs, tels que les travaux immobiliers et la restauration. Cette application de la TVA au taux de 5,5 % est la parfaite illustration d'une mesure stérile obtenue par la seule et intense pression politique d'une profession.

Une quinzaine de pays appliquent en Europe la TVA au taux normal sur la restauration et il n'est pas démontré que les restaurants vivent moins bien dans les pays appliquant un taux normal à la restauration, ni que les habitants y soient plus mal nourris. Quant aux promesses de création d'emplois, elles sont restées quasiment vaines.

L'adoption de taux de TVA réduits dans certains secteurs ne répond donc à aucun intérêt général. Et la France (5,5 %) qui pratique, avec la Grèce (3,5 %), le plus bas taux de TVA européen sur l'hôtellerie pourrait aisément soumettre cette profession, comme quelques autres, à l'étiage commun. C'est d'ailleurs dans cet esprit sans doute que la commission des Finances du Sénat a suggéré cet automne de relever uniformément le taux réduit de TVA de 5,5 % à 8 %, aussi bien sur les nuits d'hôtel, les ventes à consommer de repas sur place et à emporter ou encore les travaux à domicile que sur l'édition, les oeuvres culturelles, les produits alimentaires... Une hausse de 2,5 points de la TVA à 5,5 % rapporterait 6,5 milliards d'euros supplémentaires par an.

Il ne paraît donc pas opportun d'augmenter la TVA pour compenser des charges sociales, ce qui serait financièrement peu efficace et à la mesure de la déresponsabilisation supplémentaire des assurés sociaux qu'un tel dispositif générerait en faisant supporter encore un peu plus leurs cotisations par l'impôt.

Mais il peut être utilement envisagé une hausse de la TVA dans le cadre de la réforme fiscale, dont le débat est annoncé pour le printemps 2011, et pour autant qu'il ne s'agisse pas d'un accroissement d'impôts mais d'un moyen de baisser d'autres impôts et d'optimiser notre système fiscal. Une telle réforme devrait toutefois commencer par la suppression des niches fiscales, en matière de TVA comme dans les autres domaines. A cette condition, une hausse de la TVA pourrait être un moyen de simplifier la vie des citoyens et de fluidifier la vie économique, en finançant par exemple une réduction drastique des droits d'enregistrements, la suppression de l'ISF et du bouclier, la limitation des impôts locaux dont la charge est devenue pour beaucoup insupportable, l'abaissement de l'impôt sur les sociétés à 30 % pour être plus compétitif en Europe... et une réduction générale de la CSG de 1 point pour compenser une éventuelle hausse de prix due à cette augmentation de la TVA...

L'injustice faite au gardien

La civilisation de l'image commet beaucoup d'injustices, c'est dans sa nature. Cela vient, on le sait, du fait que le spectaculaire ou le dramatique ont naturellement l'esprit frappeur. Le sort du gardien de but dans les émissions sportives du dimanche soir en est l'exemple le plus saisissant : ce résumé des rencontres est exclusivement fait des « plus beaux buts de la journée » où les attaquants sont en posture de mitrailleuses et les gardiens de passoires.

Si l'on était le syndicat des gardiens de but, on exigerait une parité entre les images des buts encaissés et celles des arrêts réussis. Ceux-ci ne sont pas moins spectaculaires que ceux-là. Cette subtile déformation de la réalité conduit le public sportif à encenser les attaquants de préférence, par exemple, aux « milieux de terrain », sans qui aucun tireur ne recevrait une cartouche. Au reste ils en tirent souvent eux-mêmes avec succès. Sans compter la façon dont ils entravent, dégoûtent ou stérilisent les attaquants adverses, soulageant ainsi leurs défenseurs...

Le parallèle est trop facile avec le monde politique et économique. Les petites phrases tiennent lieu de buts marqués. Les propositions mirobolantes font taches de lumière, sans qu'on sache bien comment l'intendance suivra. Les méfaits sanglants déchirent le journal télévisé, mais les attentats déjoués ne sont pas connus, et pour cause. Que le gouvernement fasse une gaffe, il encaisse un but ; qu'il n'en fasse pas, on passe à la suite. Une banque est rarement louée pour son faible taux de créances douteuses, pourtant le socle de sa défense. Et certains succès sont célébrés malgré les moyens coûteux engagés pour les obtenir. Il en va ainsi des équipes vedettes du football, pour revenir à lui : au décompte des buts par rapport à leur budget, on sait des équipes dites modestes qui leur en remontreraient en productivité.

Les Français n'aiment pas les vendeurs

Un rapport de Cetelem s'est penché sur les relations entre le consommateur et le vendeur. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la confiance n'est pas le maître mot. Et vous, sollicitez vous les vendeurs lors de vos achats? 

Une étude publiée par l'Observatoire Cetelem montre un véritable désamour des Français à l'encontre des vendeurs. Perçus par les consommateurs comme peu compétents, hypocrites et surtout inutiles, le vendeur "est en voie de disparition" selon ce rapport.
Le vendeur n'est plus la première source d'information de l'acheteur
Le rôle traditionnel de conseil du vendeur est relégué au second plan. Moins de la moitié des personnes interrogées déclarent les solliciter pour leur achat. C'est même un tiers seulement pour les moins de 30 ans. De manière générale, seuls 31% des sondés affirment que le vendeur est l'une des deux principales sources d'informations avant d'effectuer un achat important. La France se situe dans la moyenne européenne tandis que le Royaume-Uni est le pays où le vendeur est le plus déconsidéré comme source d'information.
En cause, selon l'enquête : internet. Les sites où les consommateurs peuvent poster leurs avis sur des produits, dont la multiplication est impressionnante, ont remplacé les vendeurs. Ils sont vus comme plus sûrs que ces derniers. A cela s'ajoute, selon l'étude, "l'émergence du commerce en ligne" qui, de fait, ne nécessite pas de vendeur. Mais Cetelem note que le vendeur demeure indispensable, le plus souvent, pour "l'acte d'achat et l'information sur la disponibilité des stocks".
La fiabilité et la compétence du vendeur mises en cause
Autre explication du divorce entre le consommateur et le vendeur, le comportement et la fiabilité de celui-ci. S'il est plutôt jugé comme "aimable" (64%) et "clair" (60%) par les acheteurs, 70% estiment qu'il connait mal son sujet. Au total, seul un Français sur cinq déclare avoir été mis en confiance par le vendeur lors d'un achat important.
De même, son objectivité est mise en cause par 28% des sondés alors que moins de 20% des personnes interrogées considèrent qu'il leur a évité un mauvais choix.
Le vendeur, "conseiller d'achat" est ainsi déconsidéré dans le coeur même de son métier. "Approximation des connaissances", "manque d'objectivité", "soupçon de mise en avant des produits sur lesquels ils sont commissionnés" sont autant de raisons à cette mise en cause. D'ailleurs, seuls 22% des Français ont déclaré leur vendeur comme "passionné par son domaine."
La réinvention du vendeur
Ce véritable désamour impose "une réhabilitation du vendeur" selon l'Observatoire Cetelem, notamment en direction des jeunes. Ces derniers sont, de loin, les plus sceptiques quant au rôle de celui-ci et s'en détournent plus facilement. La pénétration d'internet chez les moins de 30 ans l'explique largement.
L'étude prédit la "disparition du vendeur traditionnel". Pour autant, elle entrevoit un nouveau profil de vendeur, apte à apporter une valeur ajoutée à sa présence en magasin. Citant les exemples d'Ikéa ou des Apple Store, le rapport met en avant les transformations qu'ont opérées certaines entreprises dans le rôle de leurs vendeurs. Par opposition à "l'esprit désincarné" du commerce en ligne, le nouveau vendeur doit être un "véritable hôte d'accueil, passionné, à l'écoute des besoins de ses clients." Pas sûr que la ola à l'entrée consommateurs dans les Apple Store suffise à restaurer la confiance.

Pourquoi le pacte économique franco-allemand irrite les Européens

La France et l'Allemagne défendent un "pacte de convergence" pour renforcer la compétitivité des économies de la zone euro. Une initiative très influencée par Berlin et déjà très critiquée. Explications.

Paris et Berlin ont décidé de ralentir la cadence. L'adoption d'un "pacte de convergence économique", annoncée pour vendredi 4 février, a finalement été repoussée à fin mars. "Nous devons au préalable nous mettre d'accord au sein de la zone euro", a expliqué la chancelière allemande Angela Merkel. Une mission dévolue à Hermann Van Rompuy. Le président de l'UE n'aura pas la tâche facile. Car les grandes lignes de ce pacte, largement influencé par l'Allemagne, suscite déjà de nombreuses oppositions.
Que propose ce pacte?L'objectif est de "renforcer la compétitivité des économies européennes", a indiqué vendredi Nicolas Sarkozy. Comment ? En mettant en place une cure d'orthodoxie à l'échelle européenne: suppression de l'indexation des salaires sur les prix là où elle n'existe pas déjà, recul de l'âge de départ en retraite, nivellement des fiscalités et mise en place de plafonds contraignants de déficit public. Le tout pouvant être assorti de pénalités.
L'Allemagne tente-elle vraiment d'imposer son modèle?Angela Merkel a clairement laissé entendre qu'elle souhaitait que le modèle retenu pour ce pacte soit à l'image de l'économie allemande. Côté français, on assure qu'il n'y a "pas de risque de domination allemande là-dedans". En réalité, le projet porte très nettement l'empreinte de Berlin. La volonté d'inscrire un plafond constitutionnel de déficit, comme il en existe déjà outre-Rhin, en est la preuve. Surtout, le pacte ne fait aucune mention d'un éventuel plafonnement des excédents et déficits commerciaux, comme le préconise Bruxelles, et encore moins de la fluctuation compétitivité-prix. De telles mesures, si elles étaient adoptées conduiraient en effet à sanctionner l'Allemagne, économie fortement exportatrice et où les salaires n'ont pas beaucoup progressé ces dernières années.
Qui s'oppose à ce pacte?La Belgique, qui refuse de supprimer l'indexation des salaires sur les prix. Une pratique également en vigueur au Luxembourg, au Portugal et à Malte. L'Espagne a également exprimé des réticences sur les objectifs de salaires. L'Autriche est réservée sur les retraites. L'Irlande et la Slovaquie s'inquiètent pour leur part de devoir relever l'impôt sur les sociétés, leur principale arme compétitivité. La Commission européenne n'apprécie guère, de son côté, d'être reléguée au second plan par le couple franco-allemand, alors qu'une réflexion sur ces sujets est déjà engagée au niveau communautaire sous son impulsion.
Pourquoi la France le soutient?D'abord parce que le moteur de l'Europe, pour Nicolas Sarkozy, c'est le couple-franco-allemand. Ensuite parce c'est la condition sine qua non pour que Berlin accepte d'augmenter la capacité de prêt du Fonds de secours de la zone euro, afin de prévenir un défaut de l'Espagne ou du Portugal. Enfin, et surtout, parce que Paris n'a pas de sacrifice à faire pour ce pacte. La désindexation des salaires sur les prix? Mitterrand l'a fait en 1983, sauf pour le Smic, mais les bas salaires ne seraient pas concernés. Le recul de l'âge de la retraite? C'est le coeur de la réforme votée en 2010. Et heureusement, l'Allemagne n'impose pas la retraite à 67 ans comme chez elle. La convergence fiscale? La réforme est en préparation. La France prévoit notamment de supprimer le bouclier fiscal et l'ISF. L'abaissement des charges sociales pesant sur le travail, compensé par une hausse de la TVA (comme l'a fait l'Allemagne), est aussi en débat. Inscrire la maîtrise des déficits dans la Constitution? Un projet de loi en ce sens sera présenté dans les prochaines semaines.

Les risques du gonflement de la dette américaine

La dette publique américaine approche la limite maximale autorisée par le Congrès. Ce plafond devra bientôt être relevé. Faute de quoi l'Etat pourrait se retrouver en défaut de paiement. Les explications en vidéo de Sébastien Julian du Centre de Prévision de L'Expansion.

dimanche 6 février 2011

L’œuvre tragique de Barak Hussein Obama

Il faut se souvenir de l’Obamania internationale lors de l’élection américaine en 2008. Une ode au ‘’sauveur’’ couronnée aussitôt d’un prix Nobel de la Paix. Un Barak Hussein Obama porté alors par les forces du multiculturalisme et du pacifisme à tout va, prêt aux discours et à la main tendue américaine qui apaiseront les tourmentes des peuples, notamment musulmans, dues inévitablement à l’occident.

C’est ainsi qu’on a pu le voir, dès son installation à la Maison Blanche, préférer les pourparlers avec l’Iran en lieu et place d’une menace claire et nette sur ses installations nucléaires s’il ne se pliait pas au diktat du Conseil de Sécurité. Une république islamique devenue depuis lors intransigeante, qui se permet aujourd’hui de narguer les puissances occidentales et se targue de faire avancer son agenda islamique.
Notamment en Irak et en Afghanistan, deux pays bientôt abandonnés à leur sort par l’administration US, mais aussi au Liban par l’intermédiaire de sa milice du Hezbollah. Si l’on ajoute la Syrie à cette alliance, plus aucun obstacle ne se dressera bientôt sur la route de l’armement iranien -voire de ses troupes en cas de besoin- à destination de la mer Méditerranée et bien sûr du nord de « l’entité sioniste ».
Un véritable succès qui a donné des ailes et des envies à quelques partis frères.
En 2009 on a également entendu Barak Hussein Obama en Egypte. Un état actuellement en paix avec Israël et en proie aux réclamations de changement de régime par la population. Bien que n’ayant pas soutenu alors le peuple iranien ambitionnant de se débarrasser de ses dirigeants islamistes, le Président US se trouve cette fois-ci derrière le peuple égyptien et requiert avec insistance le départ du tyran Moubarak si longtemps adulé par son administration. Un soutien qui se compare à une trahison par les autres ‘’alliés’’ des USA de la région. Notamment l’état juif qui verrait d’un mauvais œil l’arrivée très probable des Frères Musulmans au pouvoir, la principale force d’opposition du pays. Des Frères qui remettront en cause immédiatement l’accord de paix, ouvriront largement la frontière de la bande de gaza aux terroristes ‘’palestiniens’’ et autres mais aussi à l’importation d’armes devant servir au programme du Hamas. A savoir la libération de la ‘’Palestine’’ de la mer au Jourdain.
Au vu des derniers événements, le roi jordanien Abdallah II a, quant à lui, changé de Premier Ministre avant que les quelques manifestations de mécontentements de sa population ne dégénèrent à l’échelle nationale. Une nomination cependant dénoncée par le Front de l’action Islamique (principal parti d’opposition jordanien reçu récemment par le roi pour la première fois depuis fort longtemps) soutenant la poursuite des manifestations et exigeant un amendement de la loi électorale uninominale désavantageant ses candidats. Un rectificatif qui lui permettrait alors une prise de pouvoir démocratique du pays et la mise en place d’une politique islamique ayant comme premier objectif la fin du traité de paix avec Israël puis l’éjection de la monarchie.
Si l’on ajoute à cette liste de pays s’éloignant petit à petit de l’occident la Turquie, qui a vu également Barak Hussein Obama discourir devant son parlement, l’inquiétude israélienne quant à l’arc islamique qui se forme lentement mais surement dans la région ne peut que croître. Tout individu vivant en ce pays imagine aisément l’avenir peu radieux qui se dessine autour de lui et dont il sera le principal sujet. Conséquence due en grande partie au manque de fermeté du Président et à son soutien à la démocratie immédiate dans des pays pas habitués à son exercice.
Nul ne s’étonnera donc, si ces changements néfastes se confirment, qu’Israël agisse préventivement militairement et diplomatiquement au vu de ses seuls intérêts existentiels sans en référer auparavant au prix Nobel de la paix qu’était censé être le Président américain actuel.
Un Président dont le deuxième prénom Hussein se révèle être, au final, son véritable programme. Un programme néfaste pour les valeurs de l’occident et pour la victoire dans la guerre de civilisation qui s’annonce dorénavant.

Le Roi de Jordanie offre son Royaume aux Frères Musulmans

Le roi Abdallah II de Jordanie est sur la brèche. Son État, créé de toutes pièces il y a quelques décennies alors que jamais aucun état jordanien ou civilisation jordanienne n’avait existé, est aujourd’hui en crise. Entre le Hamas palestinien et les islamistes saoudiens, le roi de Jordanie fait aussi face à la menace des Frères Musulmans égyptiens. Et pour ne pas avoir la tête coupée, le Roi a décidé de collaborer avec les coupeurs de tête. Un peu comme ce qu’il s’est passé au Liban avec le Hezbollah. Vaut mieux sauver le roi que la Nation, non ?

Lors d’une rencontre organisée en urgence avec les Frères Musulmans et le Front d’Action Islamique (FAI), le Roi a souligné « la nécessité d’efforts concertés pour poursuivre l’important et brillant avenir promis aux Jordaniens » (j’ai moi-même failli m’étouffer de rire en lisant cette partie de la déclaration royale).
« La réforme économique qui devrait continuer à garantir une vie meilleure pour Jordaniens, ne sera pas faite sans une réforme politique qui permet l’unification des forces en présence », a-t-il ajouté. En d’autres termes : c’est officiel, la Jordanie vend son État aux terroristes. Et personne ne bouge. Surtout pas Obama.
Le roi Abdallah a ensuite souligné la nécessité « d’examiner toutes les questions de façon ouverte, de manière claire et transparente à travers la poursuite du dialogue avec les citoyens à travers tout le Royaume ».
« La corruption », explique le souverain, « est un fléau qui doit être combattu par le renforcement de la structure institutionnelle et du plein respect du droit à toute personne impliqués dans ce phénomène. » Il a ajouté qu’il n’y aura pas de soutien pour une personne prise en flagrant délit de corruption. Il demandera la peine maximum.
Enfin, Sa Majesté a exprimé sa confiance dans son peuple dont les intérêts et le droit à une vie décente précèdent toutes les autres considérations. Et l’argent aussi. Enfin un peu au moins.
Après un traité de paix qui n’est plus aussi sur avec l’Égypte, Israël doit donc faire face à une autre menace. Une menace qui vient de l’est. Plus que jamais depuis 30 ans, Israël se retrouve seul et les leaders occidentaux ne font rien. Si Israël bouge et écrase ses ennemis, quels qu’ils soient, croyez-vous qu’ils bougeront pour s’en plaindre ? A n’en pas douter !

Égypte: les réformes proposées sont insuffisantes (Frères musulmans)

Les réformes proposées par le régime du président égyptien Hosni Moubarak afin de sortir de la crise politique qui secoue le pays sont insuffisantes, ont jugé dimanche les Frères musulmans, première force d'opposition en Egypte.
Le projet de créer un comité comprenant le pouvoir en place et des opposants pour préparer des réformes constitutionnelles est "insuffisant," a déclaré Mohamed Mursi, haut responsable des Frères musulmans, lors d'une conférence de presse au Caire.
 Les participants au dialogue entre le régime égyptien et l'opposition, incluant les Frères musulmans, ont convenu dimanche de créer un comité pour préparer des amendements à la Constitution d'ici la première semaine de mars, selon le porte-parole du gouvernement, Magdi Radi.
D'après M. Radi, les participants à la séance de dimanche se sont mis d'accord sur "une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution".
Un communiqué lu par M. Radi propose la levée des restrictions imposées aux médias, l'ouverture d'un bureau destiné à recevoir les plaintes concernant les prisonniers politiques, et le rejet de "toute ingérence étrangère dans les affaires égyptiennes".
"Ce communiqué est insuffisant", a déclaré M. Mursi à la presse. "Les demandes sont toujours les mêmes. Ils (le gouvernement) n'ont pas répondu à la majorité des demandes, ils n'ont répondu qu'à certaines, et de manière superficielle", a précisé Essam al-Aryane, un autre haut responsable de la confrérie.

Le lapsus de Claire Chazal en vidéo

Grande prêtresse des JT de 20 heures du week-end sur TF1, Claire Chazal peut aussi se tromper. Ce samedi soir, elle a conclu sa prestation en annonçant à la suite de son journal « Questions pour un champion spécial pièces jaunes, présenté par Jean-Pierre Foucault. » Les fans de Julien Lepers et de l'animateur de Sacrée Soirée auront rectifié d'eux-mêmes. L'émission qui venait après le JT était bien Qui veut gagner des millions. Le lapsus de la journaliste a fait évidemment le bonheur des internautes, mais pas de sa chaîne qui a amputé le JT concerné de quelques minutes sur son site. L'erreur de Claire Chazal a été ainsi dissimulée... du moins sur le site officiel.



 
MAIS VIREZ-LÀ BORDEL, ELLE N'EST PLUS AUDIBLE; ENTRE SES BALBUTIEMENTS SES "EUHH...."

SES LACUNES DE PLUS EN PLUS EVIDENTES ET SES LAPSUS.
ELLE EST FINIE MÉMÈRE, ALLEZ AU BLOC !!!

Pris de vitesse...

Dans notre monde si encadré par les mathématiques, si riche en modèles théorisés par les meilleurs ingénieurs, il est frappant que l’on soit tant pris au dépourvu lorsque survient une crise d’ampleur mondiale.

Quand tout va tranquillement, on croit que l’information est partout, qu’il suffit de se baisser pour la ramasser; on la perçoit comme abondante et excédentaire. Mais que le mur de Berlin s’effondre, que la Yougoslavie implose dans la guerre, que les Tunisiens contraignent au départ un président en place depuis 1987 et tous les savoirs qu’on croyait avoir engrangés s’effondrent. Ou plutôt se fragmentent sous nos yeux ébahis.

On se croyait bardés de connaissances, cernés par les messages significatifs et voilà qu’on se retrouve aussi nu que le roi de la fable. Cela doit nous conduire à davantage d’humilité dans l’énoncé de ce que l’on prend pour des certitudes. La sociopolitique est comme la science géologique. Elle peut enregistrer des craquements et déceler les fractures, mais elle est impuissante à prédire avec netteté l’ampleur de l’éruption et surtout la date où elle surviendra.

Les changements sociaux obéissent à des processus encore mystérieux, qui nous sidèrent quand ils font irruption. Nous sommes incapables de les annoncer aussi exactement que l’astronome quand il calcule la prochaine éclipse.

Aussi ancrée qu’elle soit dans un territoire dont elle est chargée de surveiller les palpitations, la diplomatie ne parvient pas à relier et à ordonner les fils de la pelote qu’elle a amassée. Trop d’informations tue l’information. Notre monde cerné par la fibre optique et les télécommunications peine à faire le tri, à distinguer l’important de l’accessoire.

Les crises politiques que sont les révolutions soulignent que l’on ne sait pas mesurer l’énergie cinétique, la thermodynamique des populations. Le plus surprenant dans la révolution tunisienne et dans la révolte égyptienne est la rapidité avec laquelle ces changements se produisent. Les barrières psychiques, les options tactiques, les rapports de forces bougent à toute vitesse. On croyait la fameuse «rue arabe» partagée entre la soumission fataliste et la colère sans lendemains. Voilà qu’elle nous donne une formidable preuve de sa réactivité. C’est toute notre façon d’analyser le Proche-Orient qui s’en trouve modifiée.


Aiguiller l’avenir ?

Le commentaire sans doute le plus pertinent sur les événements en Égypte, valable aussi pour la « révolution » tunisienne et les manifestations observées dans d’autres pays arabes, a été livré, l’un de ces derniers matins, par un journaliste égyptien interrogé sur France Info : « L’avenir n’est pas écrit. »

La formule exprime à la fois l’humilité devant un mouvement populaire, qui a surpris à peu près tout le monde, et sonne comme une invitation aux oracles à rester prudents dans la prédiction des temps futurs.

Pourtant, chacun voit midi à sa porte et trouve dans les troubles au pays des Pyramides la chance de voir ses propres desseins s’animer. Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a ainsi appelé à édifier près du Nil un régime islamique. À l’inverse, les États-Unis craignent cette « tempête » et souhaitent plutôt une démocratisation ordonnée de la région, processus que leur secrétaire d’État, Hillary Clinton, appelle « transition délibérée, concertée et transparente ». Ce vœu sonne bien, encore qu’il puisse fournir des arguments à ceux qui, là-bas, agitent le spectre de l’ingérence occidentale.

Après avoir manqué le démarrage du train des possibles changements orientaux (dont nul ne sait toutefois s’ils seront révolutionnaires, réformateurs, seulement personnels, voire illusoires), il est louable de vouloir aiguiller la rame dans la bonne direction. Ce zèle, à l’égard de l’Égypte comme de la Tunisie, n’en apparaît pas moins dopé à la volte-face, si l’on a en mémoire les égards que nos capitales manifestaient naguère aux excellences déchues ou à déchoir.

Il serait honnête, et « transparent », que nos gouvernements publient dès maintenant la liste de ces partenaires, aujourd’hui acheteurs d’Airbus, de centrales nucléaires ou de chaînes pour nos automobiles, mais dont on exigera peut-être demain le départ « immédiat ». On pourrait, enfin, attendre des dirigeants qui snobent les cortèges revendicatifs, chez nous, qu’ils ne conseillent pas à leurs confrères contestés d’« écouter la rue ». Mais ne dit-on pas que même dans les épreuves, il y a matière à rire ?

Le blues des Français s’accentue, et ils ne sont pas tendres avec leurs élus

Les Français se livrent en ce début d’année à un véritable jeu de massacre. D’humeur exécrable, ils n’épargnent ni les politiques, ni ceux qui sont tenus pour responsables de leurs difficultés quotidiennes.

On ignore si les handballeurs français réussiront, grâce à leur titre de champions du monde, à faire remonter le moral de leurs compatriotes. Ceux-ci ont, en revanche, conquis le titre mondial du pessimisme. La France en « blues blanc rouge » devance 62 autres pays, alors que la Chine est euphorique.
Les sondages de l’an passé laissaient prévoir une telle dégringolade. Le quotidien La Croix se demandait d’ailleurs, dès le 4 janvier dernier, « pourquoi le moral des Français a-t-il flanché en décembre ? » , selon une enquête de l’Insee. Le quotidien avançait trois explications : le chômage, les difficultés de l’économie européenne et la hausse des prix du carburant à la pompe. L’envolée des cours du pétrole causée par les événements égyptiens, ainsi que la hausse des prix alimentaires, ne risquent pas de repeindre leur moral de couleurs plus vives.
À ceux qui seraient surpris par ce ras-le-bol national, les Français pourront dire que tout cela était prévisible. Au mois d’avril dernier, selon un sondage publié dans La Tribune, 69 % d’entre eux estimaient que la reprise économique, dont leurs dirigeants parlaient avec ferveur, ne serait pas au rendez-vous.
Les champions du pessimisme n’hésitent pas à pointer du doigt les responsables de leurs maux. Une enquête, dévoilée en début de semaine par le Cevipof, permet de mesurer l’ampleur du désastre: le baromètre du Centre de recherches politiques de Sciences Po donne un avis de tempête, à quelques semaines des cantonales et à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle.
34 % des personnes interrogées dans le cadre de cette enquête font part de leur lassitude, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente.
Comme ils avaient le droit de donner plusieurs réponses à la question sur leur état d’esprit, les Français sont aussi 28 % à faire part de leur méfiance et de leur morosité. Des chiffres également en hausse. On trouve quand même 13 % d’enthousiastes...
Malgré ce moral en baisse, les Français sont 84 % à se considérer comme « très ou assez heureux »...
L’enquête du Cevipof montre aussi que les politiques « payent cash » la baisse de moral de leurs compatriotes. Seuls, les maires obtiennent la moyenne: 52 % des sondés ont plutôt confiance en eux. Mais la chute est terrible : -13 % en un an. Les conseillers généraux, avec 43 % de confiance, ont tout intérêt à se poser des questions, à quelques encablures des cantonales.
Députés et Premier ministre sont à 38 % d’opinions positives, alors que le chef de l’État continue sa descente aux enfers, avec seulement 29 % de Français qui lui accordent leur confiance.
De manière plus globale, les Français sont 83 % à penser que les élus dans leur ensemble ne se préoccupent pas, ou fort peu, de ce qu’ils pensent.
Le coup de grâce est asséné avec un chiffre inquiétant, en cette période où les partis se préparent à solliciter les suffrages de leurs compatriotes : 57 % des Français pensent que la démocratie ne fonctionne pas très bien, ou pas bien du tout, dans leur pays.

Les Frères musulmans entament des discussions avec le régime égyptien

"Nous avons entamé une session de dialogue afin de savoir à quel point ils sont prêts à accepter les demandes du peuple", annonce le parti islamiste.

 Les Frères musulmans, l'une des principales composantes de l'opposition égyptienne, ont "entamé un dialogue" avec les responsables du pouvoir "pour savoir à quel point ils sont prêts à accepter les demandes du peuple". C'est ce qu'ils annoncent dans un communiqué publié dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 février.
Un responsable du mouvement a affirmé à l'AFP sous couvert de l'anonymat qu'une "réunion a eu lieu samedi matin entre des responsables des Frères musulmans et le vice-président Omar Souleimane".
"Désireux de préserver les intérêts de la nation et ses institutions et soucieux de préserver l'indépendance du pays et leur refus de toute ingérence internationale ou régionale dans nos affaires intérieures, nous avons entamé une session de dialogue afin de savoir à quel point ils sont prêts à accepter les demandes du peuple".
Les Frères veulent ainsi se distancer notamment de l'Iran qui a appelé à la mise en place d'un régime islamiste en Egypte.
 Trouver une issue à la crise
Des responsables du mouvement ont affirmé à plusieurs reprises cette semaine que les Frères musulmans "ne vont pas" présenter de candidat aux prochaines élections présidentielles prévues en septembre.
Omar Souleimane avait annoncé jeudi que les Frères musulmans étaient invités au dialogue qu'il a entamé avec les représentants des diverses forces politiques sur des réformes démocratiques. Il avait affirmé que "c'est une occasion précieuse" pour le mouvement islamiste.
C'est la première fois que le régime égyptien appelle les Frères, sa bête noire, au dialogue afin de trouver une issue à la contestation populaire sans précédent qui se poursuit depuis 12 jours pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak.
Omar Souleimane a rencontré au cours des derniers jours plusieurs personnalités indépendantes et de l'opposition pour discuter des moyens de mettre fin à la crise politique que traverse le pays.
L'opposant le plus en vue en Egypte, l'ancien directeur général de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique Mohamed El Baradei, n'a pas été invité au dialogue jusqu'à présent. Il a exigé un départ du président Moubarak avant tout dialogue sur l'avenir politique du pays.

Démission de Moubarak du Parti unique

Au lendemain d'une formidable démonstration populaire, dans une atmosphère confuse et tendue, Hosni Moubarak a décidé de démissionner de son poste de président du parti unique.
Concession d'un homme aux abois ou manoeuvre dilatoire pour gagner du temps? Il est encore trop tôt pour interpréter l'information « coup de tonnerre » tombée cet après-midi: Hosni Moubarak a abandonné ses fonctions de président du Parti National Démocratique, le parti unique, qui était entièrement dévolu à sa cause depuis trente ans.
Quoiqu'il en soit, Moubarak reste le président de l'Egypte. Parmi les têtes les plus connues, tombées : celle du secrétaire-général du PDN, qui hier encore, avant la manifestation, dénonçait « un complot ourdi de l'étranger » et affirmait que la majorité silencieuse, restée fidèle au réginme, allait descendre dans la rue. Et celle de Gammal Moubarak, à qui il y a 15 jours encore, la succession au « trône d'Egypte » était promise, a du aussi démissionner du parti unique.

« Le PDN est déjà mort »

« La portée de ces annonces est de toutes les façons nulle dit un manifestant de la place Tahrir, car le PDN est déjà mort ». La place reste envahie à l'heure qu'il est par des dizaines de milliers d'opposants, qui ont reçu la visite d'un important membre de l'Etat-major leur demandant instamment de rentrer chez eux maintenant.
Pour éviter toute dérive violente et permettre aux négociations politiques de se poursuivre dans un climat serein, et de relancer « une vie normale » en Egypte. Mais les manifestants ont rétorqués qu'ils ne partiraient que lorsque Moubarak renoncerait définitivement au pouvoir.
Pour l'heure, il n'en est rien, même si une étape supplémentaire a été franchie, avec les démissions en chaines confirmées des principaux dirigeants du Parti unique, véritable machine de guerre, jusqu'alors entièrement dévolue à la cause d'Hosni Moubarak.

Egypte : Le jour où Obama a cru pouvoir lâcher Moubarak

Le récit des heures durant lesquelles Washington pensait avoir poussé le président égyptien vers la sortie.


Mardi 1er février. La nuit tombe sur la mer Rouge. A travers les fenêtres de son bureau, Hosni Moubarak peut contempler le spectacle. Depuis le début des manifestations, il réside dans le magnifique palais présidentiel de Charm el-Cheikh. Ce soir-là, entouré de ses proches conseillers, il ne cache pas sa fureur. A la fin d’une journée qui a vu plus d’un million de personnes se réunir dans la capitale pour réclamer son départ, son plus fidèle allié vient de le lâcher. A Washington, Barack Obama vient en effet d’indiquer au monde que la transition politique en Egypte devait s’effectuer « maintenant ». En d’autres termes, que le vieux dictateur devait quitter le pouvoir sans délai. Insulte suprême, le discours du président américain a été diffusé en direct et sur grand écran aux manifestants qui occupent toujours la place Tahrir, le cœur du Caire.
Le raïs est au plus mal. Pour se maintenir, il sait qu’il doit trouver une réponse, une issue politique, rapidement. Son armée elle-même donne des signes inquiétants. Troublée par la déferlante populaire qui s’est répandue dans les grandes villes égyptiennes, elle se montre très hésitante, voire rétive aux instructions… Entre le moment où il lui a ordonné de se déployer dans le centre de la capitale et celui où les soldats sont effectivement sortis de leurs casernes, de longues heures sont passées. Quant au chef d’état-major, le général Sami Anan, longtemps resté injoignable, il était à Washingto
Le cauchemar des Américains

A la Maison-Blanche, dans le Bureau ovale, on échafaude déjà l’après- Moubarak. Pour la diplomatie américaine, le pire scénario serait une transition chaotique à l’issue de laquelle les Frères musulmans parviendraient à prendre le contrôle du pays. Nul doute que dans ce cas, les islamistes dénonceraient l’accord de paix signé par l’Egypte avec Israël en 1979. Un cauchemar. Tout espoir de paix au Proche et au Moyen-Orient serait alors brisé pour de longues années. Pour l’éviter, on table sur les forces armées égyptiennes et sur un homme en particulier, le général Omar Souleimane, chef des services de renseignements. On souhaiterait que le raïs lui cède la place et que le maître-espion gouverne le pays jusqu’à la tenue d’élections générales. Moubarak sait que ce dernier, fidèle parmi les fidèles, est aussi un pragmatique dont les décisions seront au final guidées par l’intérêt de l’Etat et celui de l’armée. Le président égyptien fait un pas, il accepte une partie du projet poussé par les conseillers d’Obama. Quelques heures après le discours du président américain, il intervient à la télévision et annonce qu’il nomme Omar Souleimane, vice-président, à un poste qu’il avait supprimé à son arrivée au pouvoir en 1981. Il déclare aussi qu’il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle prévue au mois de septembre. Bref, qu’il quittera le pouvoir dans sept mois.

« Qui vous dit qu’ils ne réclameront pas vos têtes ? »

Le raïs n’entend pas cependant se laisser dicter un calendrier politique par une administration américaine qu’il considère comme puérile et dangereuse pour son pays. A ses généraux se montrant le plus sensible aux sirènes de Washington (les Etats-Unis financent l’armée égyptienne à hauteur de 1,3 milliard de dollars et forment 500 de ses officiers chaque année) qui évoquent, mezzo voce, une « abdication » immédiate, ils posent cette question : « Qui vous dit qu’après mon départ ils ne réclameront pas vos têtes ? » La partie est gagnée, l’armée partage son analyse et ses craintes, le raïs tient sa revanche.
Le lendemain matin, mercredi 2 février, des milliers de personnes sorties d’on ne sait où débarquent dans le centre du Caire et s’attaquent violemment aux opposants regroupés place Tahrir. Sous l’œil impassible des soldats, le centre de la capitale devient un champ de bataille. La rhétorique du régime change de physionomie elle aussi. On évoque maintenant un complot fomenté par des forces « à la solde de l’étranger » qui cherchent à déstabiliser le pays. Pourchassés, arrêtés, violentés, les journalistes occidentaux, devenus des cibles, sont livrés à la vindicte des pro-Moubarack.

La contre-attaque de Moubarak

Du côté de Washington, c’est la panique. On ne comprend pas pourquoi les militaires égyptiens, avec lesquels le scénario de transition avait été élaboré, ne bougent pas. Pris de cours par cette contre-offensive qu’elle n’a pas vu venir, l’administration Obama dénonce officiellement « une campagne concertée » du régime contre la presse internationale. Mais en même temps, à l’abri des micros et des caméras, elle tente de reprendre langue avec l’entourage de celui qu’elle tenait la veille pour un moribond politique. Jeudi, encore furieux du lâchage américain, Hosni Moubarak refuse de rencontrer Franck G. Wisner, l’émissaire personnel de Barack Obama, envoyé au Caire à la hâte.
A la veille de la grande manifestation de vendredi, présentée par l’opposition comme celle « du départ », le vieux raïs, recevant une journaliste de la chaîne de télévision américaine ABC, pouvait lâcher sans honte : « J’en ai assez d’être président, j’aimerais bien abandonner le pouvoir maintenant, mais je ne peux pas le faire de peur que le pays ne sombre dans le chaos. »

L'Etat contre son chef

Des tribunaux se révoltent contre Nicolas Sarkozy, sa personne même, sa manière d’être et de dire la politique. C’est un désastre, bien au-delà du drame de Pornic. La République se brise, quand un corps conservateur et discipliné récuse le Président et le proclame. En janvier, l’avocat général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, donnait aux sarkozystes une leçon cinglante, lors de la rentrée solennelle de la cour: "Inspirer à l’opinion des sentiments bas, la confusion entre la responsabilité du criminel et celle du juge, tout cela avilit, blesse la République." Les mots étaient là, une révolution pouvait suivre.On peut débattre du corporatisme des magistrats, et plaider le droit de Nicolas Sarkozy, élu par le peuple, à défendre les victimes, y compris contre l’institution judiciaire. Mais cette ligne a un prix, et le désarroi des magistrats n’est qu’un aspect du problème. A force de jouer le peuple, l’opinion, ses peurs et sa propre colère, le chef de l’Etat risque de perdre l’Etat. Il a bousculé et révolté ces hommes et ces femmes qui garantissent la République.

On voit des policiers se solidariser avec les juges nantais! On a vu des militaires exhaler leur rage, quand un de leurs chefs, traité d’amateur, avait dû démissionner après la fusillade de Carcassonne. On a deviné la douleur des diplomates, quand le représentant de la France à l’ONU était chassé de son poste pour avoir vexé le Président, ou quand notre raté tunisien est attribué au seul ambassadeur, aussitôt remplacé. Comme si la République de la touriste Alliot-Marie avait eu besoin d’un diplomate pour mépriser Sidi Bouzid! Et on a vu, enfin, des préfets se lever contre le pouvoir – même des préfets! L’été dernier, la très sage "association du corps préfectoral" s’était réunie dans l’urgence, pour vanter la "très grande valeur" et le "sens de l’Etat" du préfet de l’Isère, déplacé par le pouvoir après les émeutes de Grenoble. Ainsi se rebiffent les hauts fonctionnaires, bien élevés.

L’échec est un gâchis. Il y avait, chez Nicolas Sarkozy, un juste rejet du conservatisme, des structures empoussiérées, la volonté d’ouvrir les élites de ce pays à la diversité. Le refus aussi des situations acquises, des rentes statutaires, des intouchabilités, de l’irresponsabilité protectrice… Chez ce non-énarque, avocat pressé, secouant l’Etat comme un actionnaire à 100% fait jongler son entreprise, l’impératif de rupture s’est traduit par des nominations heureuses, mais aussi des algarades répétées, des conflits médiatisés, des humiliations vaines. Perçu comme indulgent envers les riches et les siens, le Président n’était pas crédible pour réformer préfets ou magistrats; ceux-ci, désormais, l’humilient en retour.

L’échec se mesure dans la perte du respect dû à sa fonction. On constate l’hostilité des structures même de l’Etat envers celui qui le conduit. Comme si l’Etat au plus profond de lui voulait un autre chef. Comme si Nicolas Sarkozy, après quarante-trois mois de présidence, était un opposant au sommet de la France.

L’Islam, le monde arabe et l’Europe – Conférence exceptionnelle à Paris

Aujourd’hui, nous souhaiterions porter à votre connaissance la tenue d’une conférence exceptionnelle, organisée par le CCJC, qui se tiendra à Neuilly-sur-Seine le mardi 15 février 2011.  La soirée sera coordonnée par Philippe Karsenty, l’homme qui a combattu seul face aux délires de Charles Enderlin.
En un moment où la situation globale du Proche-Orient et du monde arabe se fait plus turbulente, incertaine et dangereuse que jamais, alors qu’Israël paraît confronté à des menaces croissantes et que les effets de la doctrine Obama se font sentir d’une manière de plus en plus nette et de plus en plus sombre, une soirée vous donnera l’opportunité unique de rencontrer l’un des plus grands islamologues américains, Daniel Pipes, en compagnie de deux des meilleurs spécialistes français du Proche-Orient, Michel Gurfinkiel et Guy Millière.
L’entrée à cette soirée exceptionnelle implique la nécessité de s’inscrire à l’avance, faites-le rapidement. Il n’y a que deux cent places, et la salle se remplit vite.

Daniel Pipes est essayiste, islamologue, directeur du Middle East Forum, membre du U.S. Institute of Peace, chroniqueur au Jerusalem Post, et auteur de nombreux livres dont L’islam radical à la conquête du monde.
Michel Gurfinkiel est journaliste, écrivain, ancien rédacteur en chef de Valeurs Actuelles, président de l’Institut Jean-Jacques Rousseau. Il contribue au magazine Commentary, au Wall Street Journal, au Middle East Querterly, à drzz.info. Il est l’auteur, entre autres, d’Israël, géopolitique d’une paix et du Roman d’Israël.
Guy Millière est professeur d’université, écrivain, ancien  président de l’Institut Turgot, membre du comité directeur de France-Israël, chroniqueur à Israël magazine, à la Metula News Agency et à drzz.info. Il contribue à Frontpage magazine et à Hudson-New York. Il est l’auteur, parmi d’autres titres, de La résistible ascension de Barack Obama.
L’Islam, le monde arabe et l’Europe,
Mardi 15 février 2011 à 20h00,
44 rue Jacques Dulud – 92200 Neuilly sur Seine

Révolutions arabes : pendant ce temps, au Soudan…

La capitale très animée du Soudan, Khartoum, est l’une des nombreuses villes où les vagues de manifestations suivant le tsunami tunisien et égyptien ont frappées avec violence ces derniers jours…
Et de même qu’au Caire, à Ramallah ou à Amman, Khartoum a fait vivre cette tradition anti-démocratique de menaces (et parfois de violences) contre les journalistes étrangers.
 La capitale très animée du Soudan, Khartoum, est l’une des nombreuses villes où les vagues de manifestations suivant le tsunami tunisien et égyptien ont frappées avec violence ces derniers jours…
Et de même qu’au Caire, à Ramallah ou à Amman, Khartoum a fait vivre cette tradition anti-démocratique de menaces (et parfois de violences) contre les journalistes étrangers.

La Jamaa Islamya tape sur les Frères Musulmans

Dans une nouvelle étape de l’escalade islamiste en Égypte, le Dr Muhammad Badi, Guide Général des Frères Musulmans, a demandé à ceux qui manifestent contre les autorités en Égypte d’être patient et de persévérer pour assurer le succès de ce qu’il appelle le “saint soulèvement”, jusqu’à ce que le régime de Moubarak quitte le pouvoir.
Selon des observateurs, le guide a apparemment lui-même installé les enceintes lors de son discours en pleine rue lors duquel il a déclaré, « au nom du peuple égyptien, nous ne parlerons jamais avec le pouvoir ».

Dr. Najih Ibrahim, théoricien d’Al-Jamaa Islamiya, a déclaré au journal arabe anglophone Asharq Al-Awsat que ceux qui rejettent l’appel au dialogue qui leur est offert par le régime égyptien « cherchent le chaos et à provoquer le Caire pour brûler la capitale ». Il a souligné que les Frères Musulmans « sont des maîtres d’incitation à la haine et qu’ils savent très bien s’approprier les révolutions ».
La Jamaa Islamiya critique non seulement les Frères Musulmans mais apportent également leur soutien à ce que fait Moubarak pour sortir de cette crise. La déclaration de Nakib Ibrahim va même plus loin puisque selon lui « 90% de ce que les manifestants réclament, Moubarak leur a offert lors de son dernier discours ».
« Moubarak sait qu’il est en fin de règne. Il ira jusqu’au bout. Jusqu’en septembre. C’est simplement la fin d’une époque dans la douleur.  Qu’avons-nous besoin pour la suite ? Avons-nous besoin d’humilier le président ? Cet homme s’est battu pour l’Égypte pendant 30 ans. Je dis cela bien que je fus emprisonné par ses services pendant 2 décennies parce que je suis membre de la Jamaa. »
Ibrahim a poursuivi en disant que « les jeunes manifestants devraient rentrer chez eux. Emmener la chaos en Égypte, c’est pire que légitimer la corruption ».
Enfin, il a noté que « contrairement aux combattants du Hezbollah et du Hamas, les 12 leaders de la Jamaa Islamiya emprisonnés en Égypte ont refusés de s’échapper des prisons égyptienne ces derniers jours ».

Vers un éclatement des Frères Musulmans ?

Pour la première fois dans l’histoire des Frères musulmans, le candidat égyptien à la fonction de guide, Ibrahim Mounir, a des concurrents sérieux en dehors de l’Egypte, notamment le Palestinien Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, et Ali Sadreddine el-Baynouni, guide des Frères musulmans syriens.
Les Frères musulmans est, la plus grande organisation panislamiste fondée en 1928 en Égypte avec comme objectif une renaissance islamique, la lutte contre l’influence occidentale et l’instauration de la charia.

La crise actuelle que connaît cette organisation pourrait conduire à un éclatement de la confrérie, qui a déjà perdu beaucoup de son influence en Europe et aux Etat-Unis après les attentats du 11-Septembre. Notamment par l’assèchement de ses sources de financement.
L’organisation de la confrérie est régie par des principes édictés en 1948 par le bureau du guide, selon lesquels ses différentes branches dans le monde dépendent de l’Egypte. La première entorse à cette règle est venue de Khartoum, lorsque Hassan Tourbai a donné aux Frères soudanais leur autonomie, en 1980. La volonté des Egyptiens de garder le leadership de l’organisation suscite une opposition croissante en Algérie (MSP), en Palestine (Hamas) et en Tunisie (En-Nahda) (1).
L’organisation des Frères musulmans est une référence pour les mouvements islamistes du monde arabe. Son opposition fondamentale et parfois violente aux régimes arabes laïcs a amené son interdiction ou la limitation de ses activités dans certains pays comme la Syrie ou encore l’Égypte et la Tunisie. La lutte contre l’État d’Israël est au cœur du mouvement depuis sa fondation, et le théoricien du djihad armé, Sayyid Qutb, fut l’un de ses membres égyptiens les plus en vue.
En 1948, le 28 décembre, l’organisation assassine le Premier ministre égyptien de l’époque, Mahmud Fahmi Nokrashi. En représailles, son fondateur Hassan el Banna est assassiné par les agents du gouvernement le 12 février 1949 (2).
Dès 1935, les Frères musulmans entretiennent des contacts avec Hadj Amine Al Husseini, le Mufti de Jérusalem (qui collaborait avec les nazis) et participent même aux violences palestiniennes de 1936. En 1945, une branche palestinienne du mouvement est créée à Jérusalem, par Saïd Ramadan. Le mouvement connaît un succès rapide et de nombreux de ses membres participeront à la guerre de 1948.
À partir du milieu des années 1960, les Frères musulmans sont redevenus actifs en Israël. Dans les territoires disputés, la branche palestinienne engendre l’Al-Mujamma’ al-islami, qui deviendra en 1987 le Hamas. Sa charte comporte la destruction de l’État d’Israël comme objectif central. Elle recourt aux actions armées et aux attentats, y compris aux attentats suicides. L’organisation se consacre aussi aux œuvres sociales et à la construction de mosquées, dont le nombre a augmenté sans cesse en Judée Samarie et dans la bande de Gaza entre 1967 et 1987. Ses sources de financement proviennent des donateurs privés.
La confrérie a donc des ramifications dans la plupart des pays à majorité musulmane, ainsi que dans de nombreux ayant une minorité musulmane. Le Conseil de Choura de l’organisation, qui comprend 35 membres de divers pays, élira dans quelques semaines le nouveau guide dans un contexte de dissensions entre un courant pro-iranien, représenté par les Frères musulmans égyptiens et le Hamas, et un courant indépendant, sous la houlette d’Ali Sadreddine el-Baynouni. Ce dernier bénéficie de soutiens dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, hostiles à l’Iran et à “l’expansionnisme” chiite.
La confrérie est aujourd’hui en plein éclatement et laisse le champ ouvert à toutes les évolutions. Ce qui est nouveau cette fois est que l’idéologie Frères Musulmans s’était rapprochée de l’Iran et du Hezbollah ces dernières années. Après la guerre du Liban en 2006 et la guerre de Gaza 2009, la branche internationale des Frères est devenue manipulée par l’Iran. Les ayatollahs qui avaient établie des liens très solide parmi les populations arabes ont réussis à développer leurs influences au sein de cette confrérie. C’est la première fois qu’en dehors de l’Egypte, un candidat palestinien s’impose au nom de Khaled Mechaal, qui n’est autre que le chef du bureau politique du Hamas.
La mouvance pro-iranienne au sein des Frères Musulmans est attachée à aliéner tous les autres groupes politiques et religieux au sein de la confrérie. Face à elle un courant indépendant anti-iranien est apparu. Ce courant qui est représenté par Ali Sadreddine Bayanouni, guide des Frères musulmans syriens, veut garder une certaine distance par à rapport à Téhéran, notamment suite aux violences insurrectionnelles dirigées par les chiites contre certains pays arabes sunnites.
Il faut mentionner ici qu’Ali Sadreddine Bayanouni, le secrétaire général de la branche syrienne de la confrérie islamiste, figure comme la bête noire du régime syrien. En Syrie, l’article 49 du Code pénal punit théoriquement de la peine de mort le simple fait d’appartenir aux Frères musulmans. Les «Frères» se sont exilés après la sanglante répression de 1982.
Alliance avec l’Iran oblige, Damas soutiens aujourd’hui le candidat palestinien Khaled Mechaal à la tête de cette confrérie internationale (pourtant interdite en Syrie) du fait de sa relation privilégiée avec Téhéran. La soumission du régime syrien à Téhéran a fait de lui qu’il soit un protecteur des intérêts iraniens au point de s’opposer à la candidature de son propre citoyen Ali Sadreddine Bayanouni et d’encourager l’ascension d’un candidat palestinien au sein de confrérie, pour le simple faite qu’il est sponsorisé par les mollahs.
Reste que le Conseil de Coopération du Golfe (à l’exception du Qatar) s’oppose à la candidature du chef du bureau politique du Hamas à la tête de la grande organisation panislamiste. L’Arabie Saoudite, le Koweït, le Bahreïn, les Emirats arabes et le Bahreïn qui sont hostiles à l’Iran et à “l’expansionnisme” chiite encourage le candidat anti-iranien sous la houlette d’Ali Sadreddine el-Baynouni.
Ces pays craignent de voire une emprise iranienne sur le mouvement la branche des Frères musulmans qui a des ramifications dans tous les pays arabes. La région du Golf est déjà terrorisée par les rebelles de Abdelmalek Al-Houthi, au nord du Yémen, soutenus par l’Iran et le Hezbollah libanais. L’Iran cherche aujourd’hui à manipulée cette confrérie pour déstabiliser les monarchies sunnites du Golfe.
L’Iran profite du fait que Hassan Nasrallah est devenue une vedette incontestée et le cheikh Yacine, le fondateur du Hamas, fait également partie de ces héros incontestés dans le monde arabe, pour avoir la mainmise quasi-absolue sur la branche internationale des Frères musulmans.
Le Conseil de Choura de l’organisation, qui comprend 35 membres de divers pays, élira donc son nouveau guide dans un contexte de dissensions entre un courant pro-iranien et anti-iranien. Ce qui se passe en ce moment dans cette organisation panislamiste est un reflet de la «  guerre froide » qui divise en ce moment les pays arabes entre les pro-iraniens et les ant-iraniens. C’est ce conflit qui en fin de compte qui est prédominant. Le régime iranien qui ne cesse pas de s´ingérer dans les affaires des pays environnants, cherche à diviser pour mieux régner et mieux faire passer l’expansionnisme de la Révolution iranienne.
Cette stratégie semble aujourd’hui réussir puisque les iraniens ont déjà deux candidats pro-iraniens à la fonction de guide de l’organisation des Frères musulmans à savoir le candidat du Hamas le Palestinien Khaled Mechaal et le candidat anti-Moubarak, l’égyptien Ibrahim Mounir. Quant au candidat indépendant, Ali Sadreddine el-Baynouni, soutenu par les pays du Golf a très peu de chance d’être élue par le Conseil de Choura.
Le régime des Mollahs avance doucement, mais sûrement dans le processus de la déstabilisation des monarchies sunnites du Golfe grâce à son appui aux minorités chiites en Arabie, au Koweït et au Yémen, sans oublier ses visées sur le Bahreïn (où les chiites sont majoritaires au sein de la population), mais aussi grâce à son emprise sur les organisations militaires (Hamas, Hezbollah..) et idéologiques comme la branche internationale des Frères musulmans.
Rappelons enfin que cette organisation (bientôt dans les mains des iraniens) possède une présence particulièrement forte en Europe du nord, surtout en Grande Bretagne. Parce que – autant que je puisse dire- ce n’est qu’en Grande Bretagne qu’elle est parvenue à forger une alliance avec certaines fractions de la Gauche comme le ” Socialist Workers Party ” et Ken Livingstone [Ancien Maire de Londres gauchiste]. La présence de la nébuleuse islamique peut aussi expliquer en partie pourquoi on entend des propositions prononcées en Grande Bretagne, qui nous laissent en Allemagne, pensant à ce qui s’est passé en 1933, tout simplement sidérés. Je pense ici à des propositions de boycott d’Israël et les tentations répétés de poursuivre des dirigeants israéliens sur le sol anglais.

(1) L’objectif des Frères Musulmans est la consolidation de la présence islamique dans les pays musulmans. Ainsi, ils s’affrontent souvent violemment avec les gouvernements des pays laïcs où ils opèrent, comme l’Egypte, la Libye, la Syrie, la Tunisie. En Syrie, en février 1982, Hafez el-Assad élimine le bras armé des Frères Musulmans, l’al-Talia al-Mukatila (Avant-garde Combattante), dont les survivants se dispersent en Jordanie, au Koweït, en Arabie Saoudite, et en Afghanistan
(2) Rendu responsable de l’assassinat du premier ministre égyptien en 1948, el-Banna est assassiné, probablement par des agents du gouvernement. L’organisation est déclarée hors-la-loi en 1957 par Nasser, qui craignait un attentat contre sa personne. Près de 20 000 Frères sont alors incarcérés et Yasser Arafat, membre de l’organisation, se réfugie au Koweït.