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| Le baisé de Judas |
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jeudi 21 août 2014
L'Allemagne ne paiera pas ; et elle aura bien raison !
François Hollande a plongé l'économie française dans le chaos, comme en témoignent les récents chiffres sur la croissance publiés par l'Insee. Non seulement l'économie française tourne deux fois moins vite que ce qui était promis pour cette année par le chef de l'État.
Non seulement l'investissement des entreprises a fondu et la consommation des ménages s'est évanouie. Non seulement les faillites d'entreprises augmentent en flèche. Mais surtout les recettes fiscales ne seront pas au rendez-vous cette année. Si bien que la France sera le seul pays européen qui verra s'accroître, cette année, son déficit budgétaire par rapport à 2013. Le problème du président de la République, c'est qu'il ne veut pas reconnaître que c'est sa politique fiscale insupportable qui a plongé notre économie dans cet état-là. À tel point qu'à ce rythme, la France risque de se retrouver d'ici deux ans dans le même état que la Grèce. N'en déplaise aux agences de notation qui recommandent toujours aux investisseurs l'achat des emprunts d'État tricolores comme s'ils étaient aussi solides que de l'or. De fait, François Hollande a trouvé le coupable idéal. Tout en multipliant les embrassades avec les officiels d'outre-Rhin pour commémorer le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il s'en prend à Angela Merkelet à une Allemagne qu'il considère comme égoïste car «ses excédents commerciaux et sa situation financière lui permettent d'investir davantage. C'est le meilleur service que l'Allemagne peut rendre à la France et à l'Europe».
La réponse de la bergère allemande au berger français ne s'est pas fait attendre. Et la chancelière a immédiatement rétorqué que «les déclarations très générales en provenance de Paris ne fournissent aucune raison pour de quelconques corrections dans la politique économique (…) l'Allemagne est déjà la locomotive la plus importante pour la conjoncture de la zone euro».
Et comme à Paris les voix autorisées faisaient semblant de ne pas avoir compris, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a rappelé à nos dirigeants socialistes qu'avant de demander à leurs voisins de faire des efforts, peut-être pourraient-ils s'atteler à des réformes de structure. «La France a des défis structurels à relever, elle doit redresser sa compétitivité et réduire le niveau très élevé de ses dépenses publiques», a déclaré le grand argentier allemand avant d'ajouter: «Paris devrait exercer son leadership en donnant le bon exemple, notamment en matière budgétaire.»
Ce n'est pas la première fois que François Hollande essaye de se défausser sur notre voisin et de faire croire aux Français qui l'ont élu, que «l'Allemagne paiera», reprenant ainsi la fameuse expression de Clemenceau après la signature, en 1919, de l'humiliant traité de Versailles. Ce texte imposa à l'Allemagne défaite de payer pas moins de 269 milliards de marks-or, soit quatre fois plus que ce que l'économiste Keynes, alors jeune expert à cette conférence de la paix, jugeait supportable. Même si François Hollande aime à se replacer un siècle en arrière et si Manuel Valls a fait de Clemenceau son modèle en politique, l'Allemagne ne paiera pas.
Tout simplement parce que si l'Allemagne est devenue l'une des principales puissances exportatrices mondiales et si elle a réduit à néant son déficit budgétaire, c'est après avoir mené des réformes drastiques. Tant au profit des entreprises et de leur compétitivité que de l'État fédéral. Angela Merkel avait récolté les fruits de la politique audacieuse de Gerhard Schröder et notamment de son efficace réforme du marché du travail. À son tour elle a amplifié ce rebond en instaurant une sorte de TVA sociale destinée pour partie à alléger les charges des entreprises et pour partie à réduire le déficit budgétaire. Cela fait maintenant une décennie que les Allemands se saignent aux quatre veines pour que l'Allemagne profite de la mondialisation plutôt que de la subir. Et pendant ce temps, la France joue la cigale dépensière, qui danse sur des montagnes de déficit en attendant de tendre la sébile à sa voisine. Pourquoi donc Angela Merkel braderait-elle des années de sacrifices faits par son peuple pour des Français incapables de se réformer?
Il y a quelque chose de pathétique à voir notre chef de l'État se comporter ainsi avec son puissant voisin. Cet épisode a néanmoins l'intérêt de révéler les défauts structurels de la construction européenne. Cela démontre l'impuissance de la France, qui, en ayant accepté d'abandonner sa politique monétaire puis soumis sa politique budgétaire à des zombies bruxellois, se retrouve contrainte de mendier une relance à l'Allemagne. Mais le pire est qu'après d'aussi longues années d'échec, personne ne semble prêt à remettre en cause cette construction qui ne marche pas et qui finit par se retourner contre la grande idée européenne.
jeudi 24 juillet 2014
Les Pieds Nickelés de la droite
Un politicien pense à la prochaine élection, reprenait Golda Meir, un homme d’État ne pense qu’à la prochaine génération. À droite, actuellement, personne ne réfléchit à ce que devrait être la France de 2050 ou même celle de 2020. Cela fait longtemps que nos hommes politiques ont déserté le terrain des idées. Le problème, c’est qu’ils ne pensent même pas à la prochaine présidentielle. Pendant ce temps, ceux que l’on présentait jusqu’ici comme les ténors de la droite — mais qui sont en train de devenir de simples castrats — ont abandonné le terrain de la politique pour celui des faits divers. Un jour, c’est l’armoire contenant les fichiers des adhérents qui est retrouvée fracturée. Le lendemain, ce sont les rémunérations de tel ou tel salarié de l’UMP qui se retrouvent exposées sur la place publique. Et le surlendemain, c’est un ancien secrétaire général du parti, accusé d’avoir été à Center Parcs aux frais de l’UMP, obligé de se justifier en sortant la facture qu’il a lui-même acquittée.
Mais où donc la droite est-elle tombée ? Jusqu’où cette descente aux Enfers se prolongera-t-elle ? Tous ceux qui pensaient avoir connu le pire avec la pitoyable guerre Fillon-Copé pour la présidence de l’UMP à l’automne 2012 découvrent avec horreur que la principale alternative à la gauche n’est en fait qu’un tigre de papier. Une sorte de navire en train de sombrer, car les différents capitaines autoproclamés s’envoient des “boules puantes” à la figure plutôt que de fixer un cap, et règlent leurs comptes sur le dos des militants, des sympathisants et des soutiens de la droite qui nourrissent encore de l’espoir pour dans trois ans.
Le pire, c’est que les événements pitoyables qui se déroulent actuellement au sein de l’UMP montrent la vraie nature de ceux qui aspirent aux plus hautes responsabilités et qui prétendent devenir des “hommes d’État”. La haine, la détestation et le climat de violence amènent même tel ancien premier ministre de Sarkozy à envisager de quitter le parti, après y avoir mis le feu, pour ne pas voir son ancien mentor en prendre la présidence. Les mêmes qui évoquaient il y a peu la terre promise de 2017 en sont à jouer les Néron en laissant derrière eux une tragique terre brûlée.
Faut-il que la droite soit vraiment malade pour n’avoir toujours pas compris que les 17 millions de Français qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en 2012 attendent d’abord de leurs ténors qu’ils jouent le rôle d’opposants.
Le chômage ne cesse de s’accroître dans des conditions dramatiques en dépit des promesses ridicules formulées par François Hollande. Les comptes publics se détériorent à la vitesse grand V, comme en témoignent les 4 milliards de dépenses non financées engagées par Manuel Valls en trois mois, qui représentent plus du double des économies budgétaires (réelles) annoncées pour 2015. Ce qui montre à quel point les socialistes font de la cavalerie financière, comme les Grecs ou les Portugais avant eux, et comment ils nous envoient dans le mur en klaxonnant. La situation des entreprises ne s’améliore toujours pas. Ce qui n’est pas étonnant compte tenu de l’absence totale de substance du pacte de responsabilité et surtout du manque de confiance dont auraient besoin ceux qui pourraient investir.
Et, sur le plan sociétal, rien ne s’améliore. Après une session du baccalauréat ridicule tellement elle a consisté à donner ce diplôme au plus grand nombre, le ministre de l’Éducation n’a qu’un seul programme : dédramatiser le système de notation français. De la même manière, la garde des Sceaux veut réformer le sort judiciaire des moins de 21 ans en rétablissant une forme “d’excuse de la minorité”. Et, pendant ce temps, François Hollande s’est mué en Albert Lebrun, inaugurant les chrysanthèmes et roulant sur la route du Tour de France.
Notre pays danse sur un volcan. La gauche commence à en prendre conscience. C’est pour cette raison qu’elle se divise. Mais la droite est aux abonnés absents du débat intellectuel, du devoir d’inventer et des réformes à mener. Elle préfère régler des comptes qui n’intéressent que ceux qui jouent les Lorenzaccio au petit pied. Elle se complaît dans la médiocrité d’absurdes querelles de personnes. Elle décourage petit à petit tous ceux qui voyaient encore en elle une alternative à cette majorité socialiste insupportable.
Surtout, elle crée progressivement les conditions pour que le nouveau président de l’UMP, qui sera désigné à la fin novembre, fasse table rase du passé, de l’image désastreuse du parti bleu, blanc, rouge, de ses comptes, de son nom, mais surtout de sa gouvernance, de sa manière de fonctionner et de son plan d’action. En attendant, plus que jamais les Français reprennent à leur compte la boutade de Clemenceau : « En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. »
lundi 14 juillet 2014
C’est la France qui est mise en examen
Chaque Français doit se demander en conscience s’il est possible de faire confiance à “deux dames” qui décident de juger avant d’instruire et de condamner avant d’entendre.
Quand je songe qu’un homme juge un autre homme, je suis pris d’un grand frisson. C’est ce qu’écrivait, il y a tout juste deux siècles, le grand écrivain et philosophe français Félicité de Lamennais à son ami Lacordaire. Ce frisson, nous l’avons tous ressenti, la semaine passée, à l’annonce de la garde à vue dans des conditions anormales d’un ancien président de la République, suivie de sa mise en examen au milieu de la nuit, comme on le fait pour des assassins.
Que l’on apprécie Nicolas Sarkozy ou pas ; qu’on l’estime innocent ou suspect de je ne sais quoi ; que l’on souhaite son retour dans la vie politique ou qu’on le préfère retiré des affaires, la manière dont il a été traité par deux juges politisées restera à jamais comme une honte pour notre pays. Car après ce qui s’est passé, c’est bien la France tout entière qui a été gardée à vue comme un bandit de grand chemin ; c’est la France qui a été déférée devant ces deux juges dans des conditions humiliantes ; et c’est la France qui a été mise en examen aux yeux de toute la planète.
Nicolas Sarkozy n’a pas besoin d’avocat. Il a montré devant les policiers qu’il savait se défendre tout seul. Puis, encore une fois, devant tous les Français, qu’il a pris à témoin. Il n’a pas besoin non plus de certains messages, un tantinet hypocrites, de ses anciens amis, rappelant qu’il est présumé innocent, mais que la justice doit passer. En revanche, cet homme d’État, quoi que pensent de lui ses détracteurs, à droite notamment, a besoin que les Français connaissent l’injustice qui lui est réservée d’emblée au lieu d’une justice sereine. Il a besoin que tous ses compatriotes sachent que le lynchage médiatico-judiciaire auquel il a eu droit relève d’une procédure d’exception, comme c’était le cas dans les pays de l’Est avant la chute du mur de Berlin.
Voilà des juges aux ordres à la fois d’un Syndicat de la magistrature qui s’est rendu célèbre par son “mur des cons”, d’une ministre qui s’est illustrée pour avoir tenté de muter l’un des plus hauts magistrats de France contre son gré pour des questions « d’affinités politiques », et d’un “cabinet noir” que Valeurs actuelles a commencé à dénoncer il y a moins d’un an, organisé par des hommes de l’ombre de François Hollande et de Manuel Valls. Comme l’a dit Nicolas Sarkozy au détour d’une phrase qui n’a pas été relevée par ses détracteurs tant elle est criante de vérité : « Dans notre pays, qui est le pays des droits de l’homme, […] il y a des choses qui sont en train d’être organisées. Les Français doivent les connaître, et en leur conscience, et en toute liberté, doivent juger de ce qu’il en est. »
Faut-il que tout ce que Nicolas Sarkozy incarne comme espoir pour des millions de Français fasse peur à la majorité socialiste pour qu’elle livre ainsi son honneur « aux chiens », comme François Mitterrand l’avait dit à propos de Pierre Bérégovoy. Faut-il que son retour probable dans la vie politique sème la panique à gauche comme à droite, pour que même le président du Conseil constitutionnel, ennemi déclaré de Nicolas Sarkozy, sorte de son devoir de réserve afin de défendre une procédure d’exception et le traitement effarant réservé à l’ancien chef de l’État.
Faut-il que le nombre record de Français de droite qui souhaitent voir l’ancien président être de nouveau candidat en 2017 inquiète les nouveaux dirigeants de l’UMP pour que ceux-ci le soutiennent comme la corde soutient le pendu. Au point même de voir Alain Juppé faire preuve d’une amnésie pathétique en demandant que l’on ne vilipende pas la justice. Faut-il enfin qu’une très grande partie de la classe médiatique panique à voir la popularité de Nicolas Sarkozy enfler pour le comparer désormais à Silvio Berlusconi, à ses affaires de fraude fiscale et de détournement de mineure !
Voilà pourquoi il faut se demander s’il est vraiment possible de faire confiance à « ces deux dames » qui ont décidé de juger avant d’instruire et de condamner avant d’entendre. Comme l’écrivait Montesquieu : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice. »
P.-S. : à la suite de mon précédent éditorial « Ce patron qui crève à petit feu », vous avez été très nombreux à vouloir témoigner votre solidarité au maître verrier Alain Vinum, à Troyes. Vous pouvez envoyer votre aide par chèque bancaire à l’ordre de Valmonde en mentionnant sur l’enveloppe Valmonde — « Souscription Alain Vinum », 1, rue Lulli, 75002 Paris. La totalité des fonds lui sera immédiatement reversée sous le contrôle de notre commissaire aux comptes et nous vous tiendrons régulièrement informés du sauvetage de son entreprise. Un grand merci à tous nos lecteurs pour leur mobilisation et leur grande générosité.
samedi 26 avril 2014
Ils démolissent la République
Ils démolissent la République
Elle est loin, très loin, la fameuse République exemplaire déclamée par François Hollande. Elle a été vite balayée par celle des copains et des coquins.
Un an après le scandale provoqué par l’affaire du compte suisse de Jérôme Cahuzac, alors ministre du Budget, voici le quinquennat exemplaire de François Hollande à nouveau entaché par l’affaire de son conseiller politique, Aquilino Morelle. Ce dernier n’a pas seulement reçu de l’argent d’industriels alors qu’il travaillait pour la santé publique, mais il a menti en assurant, pour sa défense, avoir alors obtenu l’autorisation de sa tutelle. Ancien directeur de campagne d’Arnaud Montebourg lors de la primaire socialiste, ancien rédacteur des discours de Lionel Jospin, cet énarque-médecin au profil atypique a oublié qu’il devait tout à la République dont il est un pur produit. Au lieu de mettre son talent à servir la France, il a mis beaucoup de soin à se servir, occupant à l’Élysée l’ancien bureau de Valéry Giscard d’Estaing, se faisant cirer ses chaussures dans un salon privé de l’hôtel de Marigny et utilisant à loisir les véhicules du Palais pour voiturer ses enfants ici ou là.
Mais le plus curieux dans cette affaire est sa ressemblance avec celle qui a entraîné la démission de Jérôme Cahuzac. L’ancien ministre du Budget, qui avait fraudé le fisc pendant des années à travers des montages complexes, de même que son ex-épouse, s’était attelé, à peine arrivé à Bercy, à un grand plan de lutte contre la fraude fiscale. Tel un pyromane qui se veut un pompier exemplaire, il a réussi à tromper son monde, ses plus proches et même son avocat. Aquilino Morelle a agi de la même manière. Après avoir travaillé, en contravention complète avec son statut d’inspecteur général des affaires sociales, pour deux laboratoires pharmaceutiques moyennant de coquets honoraires, il a été chargé par Xavier Bertrand, alors ministre de Nicolas Sarkozy, de s’occuper du scandale du Mediator. Interrogé sur cet épisode pendant la campagne présidentielle de François Hollande, pour savoir si la lutte contre les dysfonctionnements du système sanitaire avait progressé, il a répondu : « Oui, et c’était strictement indispensable, notamment en ce qui concerne la lutte contre les conflits d’intérêts qui font que des personnes sont à la fois juges et parties dans certains dossiers. »Comme si c’était une maladie propre aux socialistes de donner des leçons de morale mais de considérer que cela ne les concerne pas.
Ces deux personnages, par leur attitude inqualifiable, ont profondément abîmé la République. Mais, comme le poisson pourrit toujours par la tête, le responsable de tous ces scandales, c’est naturellement François Hollande. Celui qui avait juré vouloir instaurer « une République exemplaire » est le même qui a adoubé Jérôme Cahuzac à la tête du ministère du Budget, et qui a fait d’Aquilino Morelle son principal conseiller politique, lui confiant même la supervision de sa communication. C’est aussi François Hollande qui, prévenu dès la mi-décembre 2012, par l’un des membres de son cabinet, de la véracité des soupçons pesant sur Jérôme Cahuzac, a fait le dos rond. C’est toujours le président de la République qui a couvert les manoeuvres du cabinet noir de l’Élysée visant à percer les archives du quinquennat précédent en dépit de la protection institutionnelle dont elles sont l’objet. C’est encore lui qui, il y a seulement un mois et demi, recevait dans son bureau deux journalistes du Mondequi avaient révélé l’affaire des écoutes visant Nicolas Sarkozy et son avocat.
Elle est loin, très loin, la fameuse République exemplaire. Elle a été balayée par celle des copains et des coquins. Car cette gauche, qui considère que la morale est dans son camp, ne s’embarrasse d’aucun procédé pour recaser ses proches et leur fournir des prébendes. En témoignent la scandaleuse nomination de Dominique Voynet comme inspectrice générale des affaires sociales ; celle de Pierre-René Lemas, jusqu’ici secrétaire général de l’Élysée, au poste de directeur général de la Caisse des dépôts, alors qu’il n’a aucune compétence financière ; celle d’Harlem Désir, condamné il y a quelques années à dix-huit mois de prison avec sursis, au secrétariat d’État aux Affaires européennes ; en attendant celle annoncée de Laurence Engel, directrice de cabinet d’Aurélie Filippetti et épouse… d’Aquilino Morelle, à la tête du prestigieux musée Picasso.
Dans le Barbier de Séville, Beaumarchais fait dire à Figaro : « Je me presse de rire de tout avant d’être obligé d’en pleurer. » Au rythme où François Hollande, Manuel Valls et leur clique détériorent et entachent la République, tout cela n’est guère risible, et nous n’aurons bientôt plus que nos yeux pour pleurer sur le sort réservé à notre pays. Deux ans de socialisme et voilà la France non seulement affaiblie mais aussi abaissée, et surtout abîmée. En attendant le prochain scandale d’État.
vendredi 18 avril 2014
La France et le désarroi identitaire
Ceux qui comparent la situation actuelle avec celle des années trente n’ont pas compris à quel point, aujourd’hui, la France souffre d’une profonde crised’identité.
Il y a, sous la Coupole, une petite dizaine de personnalités qui ont fait leur cette phrase terrible de Georges Bernanos : « Quand je n’aurai plus qu’une paire de fesses pour penser, j’irai l’asseoir à l’Académie française. » Ce sont tous ces porte-drapeaux autoproclamés de la bien-pensance qui ont barré d’une croix noire leur bulletin de vote, alors que la majorité des immortels choisissait d’accueillir parmi eux le philosophe Alain Finkielkraut. L’auteur de la Défaite de la pensée ne laisse personne indifférent, par ses écrits, par ses prises de position médiatiques, et surtout par un attachement formidable à la France et à ses valeurs. Lui, le juif d’origine polonaise, pur produit de la méritocratie française, professeur à Berkeley puis à Polytechnique, ne reconnaît plus notre pays tel qu’il était il y a cinquante ans. Il ne fait que dire cela. Et il l’a à nouveau magnifiquement écrit à l’automne dernier dans un ouvrage qui a suscité la polémique : l’Identité malheureuse.
Jean d’Ormesson, qui s’est beaucoup battu pour qu’Alain Finkielkraut puisse entrer Quai de Conti, a écrit dans Au plaisir de Dieu que « la tradition est un progrès qui a réussi ». L’Académie française est un lieu ô combien traditionnel, mais qui se retrouve parfaitement, avec ses quatre siècles d’existence, dans cette jolie formule. C’est un progrès qui a réussi en s’ouvrant successivement aux femmes, aux étrangers, formidables défenseurs de la francophonie, et maintenant à un philosophe français “de sang mêlé” qui, en osant prendre la défense des “Français de souche”, représente davantage l’opinion majoritaire dans le pays que ces quelques habitués du Café de Flore, auteurs, à son encontre, d’une cabale insupportable.
Non, Alain Finkielkraut ne fait pas rentrer « le Front national sous la Coupole » comme ses détracteurs ont pu le déclarer avant de gribouiller des croix noires contre celui dont la famille avait autrefois connu les étoiles jaunes. Il y fait rentrer un attachement impressionnant aux valeurs d’une France qui est en train de disparaître et que l’Académie a pour mission de perpétuer autant que de défendre. Il ne cesse de s’inquiéter d’une école de la République incapable d’enseigner la lecture, en passe de sombrer sous le coup d’un absurde pédagogisme et qui refuse les différences, notamment les signes religieux. Alain Finkielkraut est certainement celui qui a le mieux montré la bêtise des mesures issues de la commission Stasi, privant les gamins de leur kippa ou de leur médaille de baptême, sous prétexte que cela pouvait offenser certains de leurs camarades de classe, voire même fausser leur discernement.
Maintenant, c’est vrai, il s’inquiète haut et fort d’un islam qui se fait trop présent et devant lequel toutes les institutions françaises s’inclinent avec une facilité déconcertante. Et lorsqu’il ressasse l’exemple de Villers-Cotterêts, où la maison du maître d’école a été remplacée par une mosquée et la charcuterie par une boucherie halal, il ne fait que pointer du doigt ce que d’autres appellent « le grand remplacement ». Son but n’est pas d’appeler à une fermeture des frontières, mais d’être l’une des dernières sentinelles de cette France que nous aimons tous, forgée par mille ans d’histoire, décrite par Victor Hugo, chantée par Péguy et défendue par Clemenceau, cette France dont les repères, sacrifiés par l’angélisme béat de certaines élites à l’égard du multiculturalisme, sont en train de disparaître.
C’est cette “trahison des clercs”, à laquelle nous assistons lorsque Manuel Valls déclare que « l’islam est compatible avec la démocratie », qui crée un véritable désarroi identitaire. Bien sûr, vient s’ajouter à cela une crise économique qui affecte bon nombre de Français dans leur vie quotidienne. Mais tous ceux qui s’obstinent à comparer la situation actuelle avec celle des années trente, aveuglés par la seule montée du populisme, n’ont pas compris à quel point, aujourd’hui, les malheurs de la France se résument d’abord à cette incroyable crise d’identité. À ce que des millions et des millions de Français de souche ou qui ont été assimilés ne reconnaissent plus le pays dans lequel ils ont grandi. Le premier ministre ferait bien, tant que sa popularité est au zénith, de relire les livres d’Alain Finkielkraut, lui qui, comme ministre de l’Intérieur, a participé plus que d’autres à l’émergence de ce désarroi identitaire. Comment s’étonner, pourtant, que ce sentiment s’accroisse encore cette semaine pour nos frères juifs qui fêtent leur pâque (Pessah) et pour les catholiques qui vont célébrer la résurrection du Christ. Sans un voeu des autorités républicaines pourtant si promptes à accompagner l’ouverture du ramadan et l’Aïd el-Kébir !
vendredi 4 avril 2014
Et si la droite devenait enfin lucide ?
Et si la droite devenait enfin lucide ?
Deux défis se posent maintenant à la droite après l’espérance qu’elle a fait naître. La fin des querelles intestines et la construction d’un vrai projet de société.
Ces élections municipales sont à marquer d’une pierre blanche sur le long chemin de la reconquête. La gauche a pris une raclée historique au cours de ces deux premiers dimanches de printemps. Certains de ses bastions ont désormais un maire de droite. Le président de la République est désavoué dans sa politique, son comportement, ses mensonges, sa légèreté et surtout pour l’insupportable division qu’il a créée au sein du pays. Et ce n’est pas son nouveau premier ministre qui va pouvoir changer la donne, tant sa feuille de route est impossible à tenir entre un cap social-démocrate confirmé et de nouveaux gages donnés à un électorat de gauche en perdition.
Tous ces éléments devraient sonner le réveil de la droite et sa mise en marche ordonnée pour une alternance dès 2017. Déjà un certain nombre d’hypothèques ont été levées avec ce scrutin. D’abord la conduite de l’UMP par Jean-François Copé ne souffre plus la moindre contestation. Le maire de Meaux avait demandé à être jugé à l’aune du résultat de ces municipales. Aujourd’hui ses amis n’ont plus qu’à le féliciter et ses détracteurs à cesser leurs mesquineries. Ensuite la ligne politique de la droite parlementaire, plus décomplexée qu’elle n’a été, mais intransigeante sur le refus du front républicain comme d’éventuelles alliances avec le Front national, a été plébiscitée par les électeurs. Non seulement ils ont donné leurs voix sans difficulté pour des candidats UMP, mais en plus ils ont voté utile en cas de triangulaire. Enfin la dynamique qui s’est créée devrait maintenant s’amplifier à l’occasion des européennes, des sénatoriales, puis des régionales. D’autant plus que Manuel Valls va vite se heurter contre le mur d’une réalité qui le dépasse. Et sa suffisance ne comblera pas son insuffisance en matière économique.
Malgré tout, un peu de lucidité n’est pas superflu. Le vote qui s’est exprimé à l’occasion des municipales est un vote de rejet, voire de colère, mais rarement un vote d’adhésion à des idées. D’autant plus qu’à l’heure qu’il est, les électeurs seraient bien en peine de définir les idées de la droite. Si elle en a. Bien sûr les ténors de l’UMP ont bâti à la fin de l’année passée une plate-forme économique pour redresser le pays en cas d’alternance, où figure un mélange de vieilles mesures, de voeux pieux et de bonnes intentions. Bien sûr un certain nombre de conventions ont permis aux élus de mettre à jour leur logiciel sur des sujets comme la défense, la famille ou la justice. Mais la droite, toute la droite, souffre toujours du même handicap que les électeurs expriment dans certaines enquêtes d’opinion et qui se traduit par la question suivante : pourquoi devrait-on croire à votre programme alors qu’entre 2002 et 2012 vous n’avez pas mis en oeuvre vos promesses ?
Deux défis se posent donc maintenant aux élus et responsables de droite après l’espérance qu’ils ont fait naître dans toute la France sous cette douceur printanière. Le premier, c’est de construire enfin l’union et de faire cesser les querelles intestines dont les Français n’ont rien à faire. Les ambitions personnelles ont naturellement toute leur place dans la vie politique. Les différences d’appréciation et de personnalité sont plus que souhaitables. En revanche, les combats de coqs, les coups bas, les guerres de clans sont devenus un véritable crime contre l’esprit à un moment où s’ouvre un boulevard pour la reconquête du pouvoir. Ceux qui entretiendraient la division porteraient une lourde responsabilité au moment où les sympathisants de droite devront choisir leur champion pour la présidentielle de 2017.
Le second défi, c’est de bâtir enfin un programme qui soit à la hauteur de l’attente qui s’est exprimée dans le pays. Par leur vote, beaucoup de Français ont exprimé leur désarroi après deux ans de foutoir socialiste. Ils ont voulu montrer à quel point ils en avaient assez de voir leur revenu spolié par une fiscalité démoniaque, le chômage exploser et l’immigration battre tous les records. Ils ont aussi voté des deux mains contre les mesures sociétales si chères à François Hollande et à sa clique : le “mariage pour tous”, la fin de vie ou le laxisme en matière de politique pénale. De fait, ils ont exprimé qu’ils avaient besoin d’autorité et de responsabilité. Ils ont signifié qu’ils avaient besoin d’ordre, dans les comptes publics comme au contrôle des frontières. Ils ont indiqué qu’ils en avaient assez que la France chasse ses talents et serve de pompe aspirante à tous les professionnels de l’assistanat. À la droite maintenant d’apporter des réponses à toutes ces préoccupations. Des réponses fortes. Des réponses claires. Des réponses enfin crédibles.
vendredi 14 mars 2014
Maintenant, trop c’est trop !
Nicolas Sarkozy, qui a subi l’odieuse affaire Clearstream, sait que la perspective de son retour justifie que le pouvoir lâche tous ses chiens à ses trousses.
M. Hollande a des soucis. Sa cote de popularité vient de s’effondrer à un niveau jamais vu sous la Ve République. Les élections municipales s’annoncent désastreuses pour la gauche. Il lui faut trouver un nouveau premier ministre, parmi un casting de personnalités qui, de Martine Aubry à Manuel Valls en passant par Laurent Fabius ou Claude Bartolone, le méprisent. Et puisque la France est totalement paralysée, les ministres se sont mis en roue libre, annulant leurs réunions et se pavanant au Café de Flore sous les premiers rayons du soleil. Mais le pire c’est que pour la première fois, la Commission européenne vient d’envoyer un avertissement solennel à la France à cause de la dérive de ses déficits publics. Notre pays est le seul, avec la Slovénie, à avoir ainsi été rappelé à l’ordre et placé sous surveillance.
Mais de tous ces problèmes, la télévision, aux ordres du pouvoir, la radio, sous sa surveillance étroite, et une grande partie de “la presse bien-pensante” n’en parlent pas. L’opinion, depuis deux semaines, est bassinée d’une pseudo-“affaire Copé” dans laquelle il n’y a rien sinon la volonté de nuire d’un ex-journaliste réputé très proche de François Hollande. Puis d’une affaire Buisson à la suite de la révélation par le Canard enchaînédes enregistrements que cet ancien conseiller de Nicolas Sarkozy pratiquait à l’insu de ce dernier. Et enfin d’une incroyable chasse à l’homme pratiquée par la police et les juges à l’encontre de l’ancien président de la République. Une chasse à l’homme qui passe même par la transgression de toutes les règles de droit protégeant les avocats.
A quelques jours d’un scrutin local à enjeu national, la ficelle est tout de même un peu grosse. Tellement grosse que celui qui se voulait “président d’une République irréprochable” a donné tous les moyens possibles à la justice pour traquer Nicolas Sarkozy, au moment où la popularité de ce dernier n’a jamais été aussi élevée auprès de l’ensemble des Français, gauche et droite réunies. Comme disait Pascal, « ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force ». C’est ainsi que Mme Taubira, qui est elle-même sous le coup d’une affaire judiciaire, a créé un procureur financier qui prend ses ordres directement à la Chancellerie, et qui, installé depuis un mois, s’est vu apporter sur un plateau d’argent une année entière d’écoutes téléphoniques de l’ancien président de la République. Imagine-t-on seulement un autre pays où une justice parallèle serait mise en place pour enquêter sur Nicolas Sarkozy, et où des dizaines de policiers passeraient leurs journées à écouter les différents portables d’un membre de droit du Conseil constitutionnel, pendant qu’une dizaine de juges seraient à ses trousses sur plusieurs affaires différentes sans avoir rien trouvé ? C’est pour cette raison que Pierre-Olivier Sur, le nouveau bâtonnier du barreau de Paris, a fait part de sa colère et de son indignation en ajoutant que la France assistait à « une dérive procédurale » digne de Poutine.
Rien n’aura donc été épargné à Nicolas Sarkozy. Que l’on apprécie ou pas l’ancien président de la République, il faut bien admettre qu’aucun homme politique, de surcroît un chef d’État, n’a connu ce qu’il lui est donné de vivre. Il y a un an, l’ancien président de la République était mis en examen dans le cadre de l’affaire Bettencourt, après un interrogatoire de douze heures. Puis au début du mois de juillet dernier, le Conseil constitutionnel annulait ses comptes de campagne, après que des échanges de documents eurent lieu entre “le cabinet noir” de François Hollande et les sages de la Rue de Montpensier. Quelques jours plus tard, des officines proches de l’Élysée tentaient de faire croire que le site de la fondation de Carla Bruni-Sarkozy avait coûté un montant extravagant. Machination ! Et puis la mécanique s’est enrayée. La mise en examen dans l’affaire Bettencourt a été annulée. Il restait donc à la justice cette pseudo-rumeur de financement de campagne par la Libye. C’est ce qui a motivé l’acharnement policier et judiciaire de ces dernières semaines. Au point d’aller perquisitionner dans un tambour de machine à laver… ! Nicolas Sarkozy, qui a connu l’odieuse manipulation de l’affaire Clearstream, sait que la vérité l’emportera sur le mensonge. Il sait aussi que la seule perspective de son retour justifie que le pouvoir lâche tous ses chiens à ses trousses. Oscar Wilde disait : « Chaque effet que vous produisez vous donne un ennemi de plus. » Le nombre de procédures entamées témoigne donc de la popularité de Nicolas Sarkozy et de la menace qu’il représente, tant pour son camp que pour ceux qui ont ruiné la France en moins de deux ans.
lundi 24 février 2014
“Outai, la droite, outai ?”
“Outai, la droite, outai ?”
La question n’est plus de savoir si la droite doit être libérale, forte, populaire ou sociale, mais comment elle défend les valeurs qui fédèrent tous les Français.
Le tube de l’artiste belge Stromae intitulé Papaoutai s’est progressivement imposé comme l’hymne de La Manif pour tous, de la même manière que le Choeur des esclaves de Verdi, tiré de Nabucco, l’avait fait lors du combat pour l’école libre. Cette chanson raconte la manière dont le jeune chanteur a été marqué par l’absence de son père. C’est dire si les manifestants de tous âges qui défilaient contre la procréation médicale assistée, la gestation pour autrui et toutes les attaques contre la filiation n’ont pas eu de mal à y trouver la quintessence du message qu’ils souhaitaient faire passer auprès des pouvoirs publics. Avec succès, puisque, même si les Verts et la gauche de la gauche tentent de remonter au créneau, François Hollande ne prendra plus le risque de jouer aux apprentis sorciers sur des sujets de cet ordre.
Ce qu’a montré la manifestation du 2 février, c’est qu’il existait dans le pays une gigantesque “droite hors les murs” qui ne se reconnaît ni dans l’UMP, ni dans le Front national, ni dans d’autres partis plus ou moins significatifs. Cette droite, profondément républicaine, comme en témoigne le calme avec lequel elle a manifesté, respectueuse des institutions, n’est animée que par une seule préoccupation : la défense de valeurs sociétales qui transcendent les clivages partisans. Parmi ces valeurs, il y a bien sûr la famille ; il y a aussi la vie, menacée notamment par les projets en matière d’euthanasie ; il y a la liberté et la responsabilité individuelles ; il y a la défense des plus faibles, qu’ils soient handicapés ou accidentés ; il y a aussi l’opposition claire et nette à un État qui veut gérer nos existences du berceau jusqu’à la tombe en passant par la consommation de sodas, celle de matières grasses, la vitesse des véhicules, désormais inférieure à celle des vélos dans Paris, et surtout l’éducation morale de nos chères têtes blondes.
Le problème, c’est que pour ces 80 % de Français de toutes sortes qui ne se retrouvent plus dans les agissements de François Hollande et de son État PS, il n’y a toujours pas d’opposition en phase avec ce nouveau type de préoccupations. Bien sûr, il y a nombre de ténors à droite qui s’opposent avec talent à la politique de déconstruction menée par les socialistes. Il y a des quantités de parlementaires qui tentent de réfléchir à ce que pourrait être l’après-Hollande. Mais aucun ne semble avoir compris que ce peuple de France qui défile dans tout le pays attend de ses élus, de ses édiles et de ses chefs de parti autre chose que des mesures ponctuelles. La question n’est plus de savoir si la droite doit être mondialiste ou antimondialiste, si elle doit être libérale ou étatiste, forte ou humaniste, populaire ou sociale. La question est de savoir comment elle colle enfin aux préoccupations de ces millions de Français qui veulent voir défendus des valeurs éternelles, des repères transcendantaux et une vision de l’homme, de la femme et des enfants qui ne soient pas que des pions sur un échiquier, mais bien « une histoire sacrée » pour reprendre la si belle expression du poète Patrice de La Tour du Pin.
Comme l’avait très bien dit Tony Blair, premier ministre social-démocrate, en économie
« tout ce qui compte, c’est ce qui marche ». C’est la raison pour laquelle, bien qu’il se soit opposé à Margaret Thatcher, il n’a jamais remis en cause tout ce qu’elle a mis en place afin de libéraliser la Grande-Bretagne. Or même en matière économique, la droite de gouvernement est déjà incapable de s’entendre sur une plateforme, entre ceux qui veulent revenir sur les 35 heures, démanteler l’ISF et repousser la retraite à 65 ans, et ceux qui ne veulent pas ébranler le modèle social si cher à nos compatriotes mais impossible à financer. Quant au Front national, ce n’est pas peu dire que sa défense de la retraite à 60 ans, sa volonté d’augmenter immédiatement de 200 euros les bas salaires et sa revalorisation d’une fonction publique pourtant privilégiée laissent beaucoup de Français plus que sceptiques. Quand ces mêmes partis ne sont pas crédibles sur le plan économique, qu’ils font l’objet d’une défiance croissante de la part de l’opinion et sont absents des grandes batailles sociétales qui — seules — mobilisent les Français, c’est qu’il y a un problème.« Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis », faisait dire Corneille à Sertorius. La droite n’est plus nulle part, hormis dans la rue pour défendre les valeurs qu’une droite aujourd’hui révolue a été la première à oublier. Voilà pourquoi les Français jusqu’ici invisibles qui commencent à sortir de leur tanière après deux ans de socialisme sectaire, brutal et voué à l’échec, pourraient chanter : “Outai, la droite, outai ? ”
vendredi 24 janvier 2014
Le changement, ce n’est pas maintenant
François Hollande s’affirme social-démocrate. Soit. Mais son but est toujours de saper les valeurs qui fondent notre pays. Avec comme prochain combat la fin de vie.
Quel cinéma nous fait notre président, depuis qu’il joue les adolescents attardés avec une électrisante actrice ! Non seulement il semble être prêt à remettre à zéro sa vie privée, en traitant de manière peu élégante celle dont il avait fait la “première dame de France”. Mais le voilà qui, depuis maintenant un mois, veut assumer un virage social-démocrate, quitte à se fâcher avec une grande partie de sa majorité. Il a consacré plus de deux heures et demie à expliquer pourquoi, comment, et dans quel but il s’était converti à une économie de l’offre, de la production et de la baisse drastique de la dépense publique.
Bien sûr tout discours qui rejoint les contraintes des chefs d’entreprise petits ou grands ne doit pas être passé par pertes et profits. Bien sûr les baisses de charges patronales annoncées, même si elles n’entreront en vigueur que dans deux ans, vont permettre à nos industriels de jouer plus facilement l’intraitable compétition planétaire. Bien sûr tout ce qui a été annoncé par François Hollande en matière de simplification est de nature à recréer un climat de confiance. Même si, pour relancer la production en France, la mesure la plus simple consiste toujours à rompre avec le mécanisme infernal des 35 heures qui a fait décrocher notre industrie au début de la décennie passée.
Il reste que cette conférence de presse théâtrale et quasi monarchique a fait l’objet d’un traitement démesuré de la part des commentateurs, des médias audiovisuels aux ordres du pouvoir, et même des organisations patronales. Comme d’habitude — car ce n’est pas la première fois —, certains ont voulu nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Le but était de faire croire que la France était dotée d’un nouveau François Hollande, complètement différent de celui qui a été élu le 6 mai 2012. Un président qui aurait fait son “chemin de Damas”, après toutes les erreurs accumulées depuis vingt mois et toutes les déconvenues rencontrées. Le piège est évidemment bien trop grossier.
Au même moment, une passionnante enquête d’opinion (que nous détaillons page 18) est venue montrer l’incroyable niveau de défiance à l’égard du couple exécutif, et plus généralement envers les partis de gouvernement, les élites de toute sorte et tous ceux qui ont juré, croix de bois, croix de fer, qu’ils avaient la solution pour redresser la France. Cette étude indique surtout combien les Français sont bien plus préoccupés par des valeurs immanentes et éternelles que par des abaissements de charges qui vont avoir, dans le meilleur des cas, un impact de 3 à 4 % sur le prix de revient d’une marchandise fabriquée en France. Elle les conforte dans l’idée que d’un côté, il y a une France de l’intérieur du périphérique qui est prête à passer des marchés de dupes à coups de plats de lentilles, et de l’autre, une France des invisibles méprisée, négligée et dédaignée.
Surtout, qui pourrait croire que François Hollande aurait vraiment changé ? C’est bien le même chef de l’État qui, alors que rien ne l’y obligeait, a décidé de son propre gré d’ouvrir un débat sur l’euthanasie. Son but, pour une fois, est clair : « permettre à toute personne majeure atteinte d’une maladie incurable, procurant des souffrances psychiques ou physiques insupportables, qui ne peut être apaisée, de pouvoir demander, dans des conditions strictes, une assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité ». Alors que la France entière convient que la loi Leonetti ne doit pas être amendée, le chef de l’État a délibérément pris le risque d’ouvrir un débat sociétal qui nous concerne chacun dans notre intimité.
Non seulement un tel débat va remuer bon nombre de nos compatriotes dans leurs convictions personnelles, religieuses, éthiques. Non seulement cela va donner lieu à des discussions familiales passionnées. Mais surtout, une fois encore les Français vont vouloir montrer qu’ils en ont assez que leur conception de la famille, du mariage, et maintenant de la mort, soit réglementée par un État qui s’occupe de tout ce qui ne le concerne pas : la vitesse, le prix des cigarettes, les taxes sur les sodas, la largeur des trottoirs, et qui laisse sur le bord de la route 3,3 millions de chômeurs ou regarde, les bras croisés, 65 000 entreprises déposer le bilan en un an.
François Hollande n’a pas changé. Il est resté le même. Celui qui sans concertation a imposé le mariage homosexuel et qui va maintenant passer en force sur la fin de vie, avant de légaliser le cannabis. Il a peut-être évolué sur le plan économique, non pas par conviction, mais par opportunisme. Mais il demeure arrogant, dogmatique et surtout désireux de déconstruire tout ce qui permet à une société de fonctionner sereinement : le travail, la justice, l’autorité, le sens de la patrie, la propriété, la confiance. Et, par-dessus tout, la famille.
vendredi 17 janvier 2014
Deux poids, deux mesures
Deux poids, deux mesures
Le pouvoir s’attaque à Dieudonné plutôt qu’aux Femen, qui profanent des églises, ou à la CGT, qui séquestre des patrons. Manière de faire diversion face au fiasco socialiste.
Maintenant, cela commence à bien faire. Pendant que le pays s’enfonce dans les difficultés(lire notre dossier accablant sur le déclin français, page 12), le président — normal et irréprochable — s’ébroue dans une garçonnière avec une nouvelle madame du Barry. Bien entendu, la plupart des médias audiovisuels ne s’étonnent de rien. Bien sûr, l’omerta qui entoure les affaires de la “Hollandie” depuis vingt mois devient une chape de plomb. Naturellement, ce qui serait ailleurs une affaire d’État doit être enterré vite fait bien fait.
Ce “deux poids, deux mesures” permanent est devenu insupportable aux Français. Parce qu’il ne concerne pas seulement la manière dont il faudrait parler de François Hollande, qui avait promis « un comportement exemplaire ». Mais parce qu’il se traduit à tous les étages de la société. Pendant des jours, alors que des plans sociaux frappaient des milliers de familles, le seul sujet important traité par les pouvoirs publics — et par les médias à leur botte — était celui de Dieudonné, personnage à l’humour plus que douteux, mais qui n’a jamais mis la République en danger. C’est tout juste si le ministre de l’Intérieur n’en a pas appelé aux mânes de Jean Moulin pour faire interdire son spectacle.
Curieusement, lorsque des Femen — subventionnées indirectement par la Ville de Paris — s’attaquent à l’église de la Madeleine pour y faire, à la veille de Noël, un simulacre d’avortement devant le maître-autel, quelques jours avant que l’église Sainte-Odile soit profanée, pas une voix ne s’élève. Et le ministre de l’Intérieur, si prompt à jouer les matamores face à Dieudonné, ne semble voir dans l'action de ces jeunes femmes, entrées en France dans des conditions suspectes, aucun trouble à l’ordre public. Jusqu’au jour où des chrétiens, atteints dans leur foi, feront justice eux-mêmes, faute de voir leurs lieux de culte protégés comme le sont les mosquées ou les synagogues.
Mais ce n’est pas tout : la semaine passée, deux dirigeants de l’usine Amiens-Nord de Goodyear ont été séquestrés dans des conditions humiliantes sans qu’à aucun moment les forces de l’ordre n’interviennent. Et à l’heure qu’il est, ce site de production est encore occupé en toute impunité par la CGT et ses preneurs d’otages, qui ont mis la main sur le stock de 240 000 pneus prêts à partir. Tout cela laisse Manuel Valls de marbre. Il faut dire que Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, a affirmé qu’« il n’y a rien de grave » à séquestrer des patrons. En revanche, les plans sociaux, qui tombent comme les feuilles mortes de Jacques Prévert, sont systématiquement retoqués, parce qu’ils menacent les promesses présidentielles d’inversion de la courbe du chômage.
Le ministre de l’Intérieur est devenu le ministre de la Diversion. Il semble plus occupé à régler des comptes avec les défenseurs des valeurs traditionnelles, comme l’a montré la violence avec laquelle il a traité les manifestants pacifiques contre le mariage homosexuel, et à jouer les gros bras face à des tigres de papier pour éviter que l’on parle des aventures du président, du chômage qui enfle ou de la dette qui est entrée dans une zone dangereuse. Alors qu’en matière de délinquance, toute sa politique est un échec, comme l’ont encore montré les tristes assassinats de trois jeunes Français pendant la nuit de la Saint-Sylvestre. Trois meurtres commis par des personnes de couleur. Mais ce n’est évidemment qu’un pur hasard dont personne n’a le droit de parler dans cette France bien-pensante où la ministre de la Culture demande la fermeture d’un théâtre et où d’autres réclament la censure d’Internet comme dans les pays totalitaires.
Voilà pourquoi ceux qui croient que Manuel Valls est une solution doivent bien prendre conscience qu’il est aujourd’hui un problème dans cette République, dont tous les piliers de la sagesse s’effondrent en même temps. À force de n’avoir d’yeux que pour le Capitole, le “premier flic de France” pourrait finir par découvrir la roche Tarpéienne.
vendredi 8 novembre 2013
Nous sommes tous des Bretons
Nous sommes tous des Bretons
Ce qui se passe actuellement sur les routes du Finistère n’a rien de commun avec les traditionnelles manifestations agricoles. Bernard Poignant, le maire de Quimper, qui dispose d’un bureau à l’Élysée, le sait mieux que quiconque. C’est bien connu, les agriculteurs bretons ont la réputation de savoir se faire entendre quand il le faut. À tel point que la seule fois où le général de Gaulle a été réveillé, alors qu’il était chef de l’État, fut lorsqu’une poignée d’agriculteurs enfoncèrent les grilles de la sous-préfecture de Morlaix. Les pêcheurs bretons savent aussi se montrer turbulents lorsque leurs intérêts vitaux sont menacés. Mais là, c’est autre chose. Il s’agit de toute une région qui se mobilise contre cet absurde projet d’écotaxe qui devait frapper tous les transports par camion de 3,5 tonnes et plus sur les routes nationales françaises à partir du 1er janvier prochain. C’est-à-dire qu’un fermier qui engraisse des poulets aurait dû payer plus cher pour que ses gallinacés soient transportés à l’abattoir. Ensuite, les morceaux de volaille emballés en barquettes auraient été à nouveau taxés lors de leur transfert vers les dépôts régionaux des grands distributeurs. Avant d’être taxés une troisième fois pour rejoindre les grandes surfaces ou les supérettes pour y être vendus au particulier. Si l’écotaxe avait été maintenue, le blanc de poulet venant d’une ferme bretonne aurait été taxé trois fois, quand celui débarquant en avion d’Allemagne ou des Pays-Bas ne l’était qu’une seule fois. Mais il ne faut pas croire que la suspension de l’écotaxe décidée mardi par Jean-Marc Ayrault va calmer les esprits.
Cette fronde qui monte depuis quelques semaines aux quatre coins de la Bretagne a d’abord le goût d’une jacquerie fiscale, en visant un impôt qui frappe non pas les riches ou les pauvres, mais une région où la vie est plus compliquée qu’ailleurs. C’est pour cela que face aux CRS se trouvaient des agriculteurs, mais aussi des ouvriers, des patrons, des artisans ou des syndicalistes, et des électeurs de droite comme de gauche. Elle a pris d’autant plus d’ampleur qu’elle s’est développée au moment précis où l’un des principaux abattoirs locaux, à Lampaul-Guimiliau dans le Finistère, a dû mettre la clé sous la porte, laissant sur le tapis 889 employés. Mais les manifestants qui se sont fait remarquer sur les routes nationales samedi dernier, avant de recommencer à Quimper en cette fin de semaine, voulaient surtout marquer leur colère à l’égard de ces mesures absurdes décidées depuis Paris, sans tenir compte des spécificités locales, des conséquences sur l’emploi et sur la vie quotidienne. Ils en ont marre de payer pour avoir le seul tort d’être éloignés du pouvoir. Ils sont les représentants modèles de cette France des “invisibles” qui essaie de s’en sortir sans rien demander à personne, en formant seulement le voeu qu’on la laisse tranquille. Et ils sont écoeurés que, en réponse à leur cri de désespoir, on leur envoie des bataillons de gendarmes mobiles, pendant que le président de la République gère le problème des clubs de football.
Ce sentiment de ras-le-bol fiscal, d’autisme présidentiel et d’exaspération à l’égard de Bruxelles n’est pas le fait que des Bretons, même s’ils sont réputés avoir la tête dure. Mais qu’ils aient voté en faveur de François Hollande ou qu’ils soient proches de la démocratie chrétienne, très présente en Bretagne, ils ont tous un frère, un cousin, un proche qui est un ouvrier frappé par les plans sociaux, un agriculteur qui n’arrive plus à s’en sortir, un pêcheur excédé par les normes européennes sur les mailles des filets, un petit patron qui ne parvient plus à joindre les deux bouts, un cadre pressuré par le fisc ou un retraité dont l’assurance vie souscrite il y a quinze ans va être ratiboisée par un prélèvement inique. À travers ces Bretons coiffés d’un bonnet rouge, la France des invisibles a maintenant un visage. Elle a aussi une formidable énergie : celle du désespoir. Le même désespoir que ressentent la plupart des Français à la suite de dix-huit mois de gouvernement socialiste. Après des mesures prises sans concertation ni cohérence, des actes en contradiction permanente avec les grandes déclarations et des promesses systématiquement reniées ou reportées. Plutôt que de voir François Hollande passer des heures à gérer le sort d’une Rom dont les parents étaient des fraudeurs, les Français aimeraient bien avoir enfin un président qui s’intéresse à leur sort. C’est parce que ce que vit actuellement la Bretagne est un condensé de tous les errements de ce gouvernement que les Français se sentent un peu bretons depuis quelques jours.
vendredi 4 octobre 2013
Mais où est donc passée la droite ?
Mais où est donc passée la droite ?
Le pouvoir ne se reconquerra que par l’opposition forte à des socialistes qui, faute de gérer la France, ont décidé de changer la société, de la dénaturer et de la déconstruire.
Rarement les débats de société ont été aussi nombreux. De l’impossibilité d’intégrer les Roms à la future réforme pénale. Des naturalisations massives voulues par Manuel Valls à la liberté de travailler le dimanche ou en soirée. De la réforme ratée des rythmes scolaires aux nominations sectaires au sein du Comité consultatif national d’éthique. Sans compter l’actualité toujours aussi désastreuse dans le domaine économique et social. Avec un budget composé de fausses économies et de vrais impôts supplémentaires. Avec des chiffres du chômage manipulés de façon grossière, qui n’arrivent pas à cacher les nouveaux plans sociaux. Et avec une Sécurité sociale plombée par un déficit record.
Malgré tous ces sujets de préoccupation qui animent les conversations de bureau, les repas de famille et se reflètent dans l’extrême impopularité de François Hollande, l’opposition est absente, muette et donc inaudible. C’est à croire qu’à force de se regarder le nombril en se demandant s’il faut ou non exercer un droit d’inventaire sur le quinquennat précédent, elle a fini par en oublier que des millions de Français attendent d’elle un message d’espoir, des idées nouvelles, un air de liberté et surtout une capacité à dénoncer l’amateurisme, voire l’impéritie, du gouvernement Ayrault.
L’opposition, c’est d’abord fait pour s’opposer, aurait dit M. de La Palice. Sauf que notre opposition est invisible. Sur les Roms, il est question des déclarations de Manuel Valls ou de celles, complètement contradictoires, de Cécile Duflot, mais pas des positions de la droite. Sur ce budget qui taxe un peu plus les Français et les entreprises sans donner lieu à de réelles économies structurelles, chacun a davantage entendu les désaccords entre l’aile sociale-démocrate de la gauche et l’aile jusqu’au-boutiste, que les critiques de l’UMP ou même celles du patronat. Quant au débat sur les naturalisations massives, les Français ont eu droit de la part de l’opposition à un étonnant silence radio.
Le pouvoir ne se reçoit pas. Il se conquiert. Région par région. Département par département. Ville par ville (on le verra dans six mois). Quartier par quartier. Et même porte par porte. Il se conquiert par la capacité à proposer des solutions face à l’exaspération incroyable des Français. Il se conquiert par l’omniprésence médiatique, afin de porter un projet, et non en bataillant les uns contre les autres. Il se conquiert par l’opposition forte face à des socialistes qui, faute de pouvoir relever la France, ont décidé de changer la société, de la dénaturer et même de la déconstruire.
Les millions de Français qui expriment chaque jour leur ras-le-bol à l’égard de cette majorité qui les “plume”, qui les empêche de travailler, qui redéfinit les programmes scolaires en fonction de son idéologie, qui déstructure le mariage et la famille et s’attaque maintenant à la propriété en faisant en sorte que les locataires aient toute possibilité de ne pas payer leur loyer, attendent des prises de position fortes, claires et nettes de l’UMP. Ils préfèrent savoir ce que l’on fera demain, en 2017, plutôt que de connaître les coulisses de la énième tentative de rabibochage entre Jean-Louis Borloo et François Bayrou.
Compte tenu de ce néant, de ce silence assourdissant et des scènes de ménage qui émaillent les relations entre ténors de la droite, il n’est pas surprenant que Nicolas Sarkozy reste le candidat préféré des sympathisants UMP, très loin devant tous les autres. Il n’est pas étonnant que chacune de ses sorties en France donne lieu à une ferveur croissante. Son souvenir, sa présence et l’éventualité de son retour ont d’autant plus d’importance pour les Français qu’il reste le président qui s’est le plus battu pour défendre les valeurs qui fondent notre civilisation, une certaine forme de société et une idée de la nation qui sont toutes menacées par l’actuelle majorité.
Mais c’est bien connu, la nature a horreur du vide. De fait, moins la droite a le courage de s’opposer et d’exercer son devoir d’inventer, plus des partis peu représentés au Parlement comme le Front national ou Debout la République montrent leur capacité à séduire. Surtout, le pays réel, la France des invisibles, celle qui n’a jamais droit à la parole, commence à se faire entendre. Doucement. Mais sûrement. À travers les réseaux sociaux qui permettent de contourner l’omerta de l’audiovisuel public. Près de 2 millions de Français ont signé une pétition sur Facebook en faveur du bijoutier de Nice qui a fait l’objet d’un braquage. Moins la droite occupera le terrain de la riposte, plus les Français organiseront une résistance de l’intérieur. Comme d’autres générations ont su relever la France en fredonnant ces quelques mots : « Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? »
jeudi 29 août 2013
La droite et le devoir d’inventer
Plutôt que
de faire sa rentrée sur un droit d’inventaire, qui ne saurait être pratiqué que par Sarkozy lui-même, l’opposition ferait mieux de se livrer au devoir d’inventer.
Mark Twain a écrit cette phrase très juste : « La gauche invente des idées nouvelles que la droite adopte sitôt qu’elles sont usées. » C’est ce qui vaut sans doute à notre cher et vieux pays d’avoir « la droite la plus bête du monde », pour reprendre la célèbre formule de Guy Mollet. La gauche a inventé ce crime contre la croissance qui s’appelle l’ISF. La droite chiraquienne l’a repris à son compte et l’a même durci. La gauche a inventé les 35 heures. La droite, en raison des mesures alors prises par François Fillon, les a légitimées et en a fait un acquis social. La gauche a inventé l’écologie politique. La droite l’a reprise à son compte pour en faire l’insupportable principe de précaution.
Les exemples sont, hélas, tellement nombreux qu’il vaut mieux s’arrêter là. Ou presque. Car la gauche de Lionel Jospin a aussi inventé, en 1997, la formule du “droit d’inventaire”, afin d’en finir avec le mitterrandisme. Ce qui ne l’a pas empêché de faire au moins autant de bêtises que l’ancien président de la République. À tel point que le candidat du Parti socialiste n’a même pas été retenu pour le second tour de la présidentielle de 2002. Et voilà que maintenant certains, à droite, de Laurent Wauquiez à François Fillon, veulent faire l’inventaire du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Leur argument est que pour être crédibles dans leurs propositions, il leur faut être honnêtes dans le bilan du passé.
Drôle de conception de la politique qui consiste à tout ramener à des querelles de personnes, à des chocs d’ego, à des disputes de clans, pendant que les Français voient, chaque jour, leur situation personnelle se détériorer, pendant que les socialistes ont déjà détruit près de 500 000 emplois depuis leur accession au pouvoir et pendant que l’incompétence du ministre de l’Intérieur et l’inconscience de la garde des Sceaux replongent le pays dans l’insécurité générale, la violence et le communautarisme. N’y a-t-il rien de plus urgent, pour un opposant à la majorité actuelle, que de tirer sur son propre camp, d’insulter le passé à défaut de savoir imaginer l’avenir et de faire le lit des extrémismes de tout bord en faisant ainsi croire qu’il n’y a pas de différence entre la droite et la gauche ?
Une seule personne est autorisée à faire le bilan des années Sarkozy, c’est Nicolas Sarkozy en personne. Et il faut avoir la mémoire bien courte pour oublier tout ce que l’ancien chef de l’État a regretté d’avoir fait de manière insuffisante au cours de ses cinq années de présidence. Une contrition qu’il a faite à de très nombreuses reprises pendant toute la campagne présidentielle de 2012. Sur l’ouverture à de fausses valeurs de gauche. Sur l’impérieuse nécessité de mieux protéger le pays contre l’immigration clandestine et l’invasion de produits fabriqués par des pays ne respectant pas les règles du jeu mondial. Sur la maîtrise de notre destin national, dans une Europe détournée de son esprit et de son rôle par des technocrates bruxellois. Sur la réforme du modèle social français par la guérison de cet insupportable cancer de la société qu’est devenu l’assistanat de masse. Sur tout cela, Nicolas Sarkozy n’a pas attendu les réquisitoires de Roselyne Bachelot, d’Alain Juppé ou de Jean-Pierre Raffarin pour s’exprimer et dessiner les contours d’un programme de reconquête.
Plutôt que de laisser, pendant tout cet été, le monopole de la parole publique à des socialistes qui n’avaient rien à dire, rien à proposer, rien d’autre à faire que d’imaginer la France de 2025, la droite aurait mieux fait de se distinguer par un devoir d’inventer au lieu de s’invectiver par des petites phrases sur le droit d’inventaire. C’est à la droite qu’il revient aujourd’hui d’inventer les solutions pour redresser le pays que les socialistes mettent au bord du dépôt de bilan. C’est à la droite qu’il revient de recréer les conditions d’un ordre républicain, pour permettre un retour à la sécurité, une baisse de la délinquance et un arrêt immédiat de l’immigration. C’est encore à la droite qu’il revient de permettre à chacun de travailler aussi longtemps qu’il le souhaite, de créer de la richesse sans être spolié et d’inventer sans être bridé.
La rentrée politique va être marquée par une réforme des retraites aberrante, inefficace et injuste, par une réforme pénale laxiste et par un budget en trompe l’oeil. Mais surtout par de nouveaux maquillages des chiffres du chômage, par des mensonges à répétition sur les statistiques de la délinquance et par un système scolaire en perdition. Ce sont là autant de raisons pour que l’opposition sorte enfin de son silence, porte le cri des millions de Français qui subissent cette chape de plomb socialiste et soit une vraie force de proposition. Avec des idées neuves, des idées simples et des idées claires.
vendredi 9 août 2013
L’été de toutes les violences
L’été de toutes les violences
La France de l’été 2013 est celle de l’insécurité générale. Elle l’est d’autant plus que le ministre chargé du maintien de l’ordre n’est qu’un tigre de papier.
Quel contraste, en cette période de vacances, entre un Manuel Valls jouant les matamores et une délinquance qui s’accroît, se multiplie et émaille l’actualité ! Il y a eu bien sûr les événements de Trappes, où la France a pu mesurer à quel point la majorité socialiste accordait plus d’importance au communautarisme qu’au soutien aux forces de l’ordre. La manière dont cette rébellion urbaine a été minimisée par le ministre de l’Intérieur en dit long sur la renonciation du pouvoir actuel à faire appliquer la loi de la République, mais surtout à préserver les armes du pouvoir régalien.
Non seulement Manuel Valls n’a rien du superflic dont il veut se donner l’apparence. Non seulement il cache son incapacité à agir derrière des effets de manches, des postures et des coups de menton. Non seulement le ministre de l’Intérieur fait passer son image avant sa mission. Non seulement il est incapable d’apporter une réponse claire et précise aux maires envahis par les camps de Roms et les gens du voyage. Mais en plus, il prend un malin plaisir à aller fêter la fin du ramadan avec des musulmans de France, dont il cherche à faire des électeurs pour les listes socialistes aux municipales.
Et que dire de ces nouveaux morts dans les quartiers nord de Marseille ou de ces assassinats à répétition en Corse, qui sont devenus tellement nombreux que les médias les considèrent comme des faits divers ? Et que dire de ces braquages en série et en plein jour de bijouteries, de grandes joailleries ou d’hôtels de luxe sur la Côte d’Azur ? De tout cela le locataire de la Place Beauvau n’a que faire. Peu importe si la Riviera prend des allures de Chicago ou si l’île de Beauté redevient une zone de non-droit. Le ministre a abandonné la lutte contre la délinquance, contre la grande criminalité et surtout contre l’immigration clandestine, en cachant ses échecs derrière des statistiques floues.
En l’espace d’une année, la France est devenue un territoire où des juges relâchent sans états d’âme des bandits de grand chemin parce qu’il n’y aurait pas de place dans les prisons, alors que, dans le même temps, le pays des droits de l’homme n’a pas eu de scrupules à emprisonner dans des conditions épouvantables (lire pages 8 à 12) un garçon de 23 ans, au seul motif qu’il était opposé à la loi sur le mariage homosexuel. En quelques mois les rues de Paris sont devenues des mines d’or pour les Roms qui rackettent les touristes chinois, japonais ou américains venus admirer les merveilles de notre capitale. En quelques semaines une chape de plomb s’est abattue sur tous ceux qui veulent dire la vérité sur le probable sabotage de Brétigny-sur-Orge, sur les attaques de RER transformés en diligences du Far West ou sur les caillassages de pompiers venus secourir des malades dans une banlieue sensible de Toulouse.
La France de l’été 2013 est décidément celle de toutes les violences, de toutes les formes d’insécurité, de toutes les criminalités. Elle l’est d’autant plus que le ministre chargé du maintien de l’ordre n’est qu’un tigre de papier qui ne pense qu’à sa carrière, et que la garde des Sceaux a fait du laxisme, de la tolérance et du laisser-aller les trois piliers de sa politique pénale. De quoi décourager les forces de l’ordre, qui font un travail remarquable malgré la gêne d’incessantes visites de ministres qui pensent qu’en parlant devant une caméra ils résolvent un problème, alors qu’ils ne se livrent qu’à de l’incantation sans suite. Ce faisant, la majorité actuelle joue avec le feu car là où Nicolas Sarkozy avait réussi à casser les communautarismes, à faire respecter la loi républicaine et à lutter contre les filières de l’immigration, elle détricote tout ce travail sans penser aux conséquences dramatiques sur la France de demain. Avec un islam devenu la première religion de notre pays. Avec des salafistes reliés aux réseaux terroristes. Avec un racisme anti-Blancs qui s’immisce dans tous les pores de notre société.
Mais au-delà de ces agressions physiques, corporelles ou matérielles, il ne faut pas oublier celle qui est sans doute la pire des violences en ce milieu d’été. Faute de moyens financiers suffisants, faute de pouvoir d’achat (orienté à la baisse depuis un an), faute simplement d’un travail qui l’autorise, 48 % des Français ne partent pas en vacances cette année. Triste record ! La moitié de la population française va regarder l’autre moitié de la France s’ébrouer, à cause d’impôts en forte hausse, d’un chômage record et d’une inactivité insupportable. Voilà pourquoi il ne faut jamais oublier que, lorsqu’il y a le silence des mots, finit par se réveiller la violence des maux.
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