TOUT EST DIT

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vendredi 17 octobre 2014

Requiem pour une armée défaite

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a annoncé mercredi une série de « restructurations » dans l’armée pour 2015, dans le cadre de la loi de programmation militaire (PLM) 2014-2019. 7 500 postes vont être sacrifiés sur l’autel de l’économie budgétaire dans les dépenses publiques. L’opération « enfumage et mensonge » continue.

Un article d’opex360.com paru mardi démontre que les pays d’Europe ont beau diminuer leur budget militaire afin de faire baisser les dépenses publiques, le résultat est le contraire de celui escompté. La preuve en images : le ministère va débourser 119,5 millions d’euros rien que pour accompagner le personnel militaire et 85,1 millions pour les civils. L’une des mesures principales, qui est la fermeture du 1er Régiment d’Artillerie de Marine (RAMA) et de l’état-major de la 1re Brigade mécanisée, basés à Châlons-en-Champagne (ville UMP), implique la perte de 1 000 emplois directs et 700 indirects. Quand on entend que le programme du PS est basé sur la lutte contre le chômage, il y a de quoi rire… ou pleurer.
L’autre nouvelle importante est la fin des activités médicales à l’hôpital du Val-de-Grâce, qui accueillera à partir de 2017 un pôle recherche et formation. C’est intolérable : où va-t-on soigner Bouteflika ? Pour le reste des mesures, toutes les armées sont touchées : deux régiments restructurés, des escadrons supprimés, cinq bâtiments de la Marine désarmés, deux bases navales fermées, des forces aériennes transférées, etc.
« On atteint le seuil critique »
Notre armée compte moins de 250 000 hommes, un seuil historiquement bas. Son budget a été divisé par deux en 30 ans. « On atteint le seuil critique », a déclaré le Gal Pinard Legry. Il avoue même que cette restructuration fait perdre des domaines de compétences : il existe des manques de capacité, ce qui est grave pour une armée qui se veut opérationnelle. Le matériel est déjà bien dépassé. Avec un tel processus, nous n’aurons plus d’armée dans dix ans, ce qui signifie une incapacité à agir seul et donc une perte d’indépendance de notre pays. Nos gouvernements ont finalement sous-traité notre défense à l’OTAN, dans un large programme de vente de notre souveraineté.


Louis Pasquerel
 

Le climat sur les marchés "ne reflète pas la situation de l'économie grecque" (ministre des Finances)



Le climat sur les marchés ces trois derniers jours, qui a provoqué la baisse des bourses européennes et la dégringolade de celle d'Athènes, "ne reflète ni la situation ni les perspectives de l'économie grecque", a affirmé jeudi le ministre grec des Finances, Guikas Hardouvelis.
 "Souvent les réactions des marchés sont nerveuses et exagérées", a estimé le ministre grec lors d'un débat au Parlement, après un repli de plus de dix points en deux jours de la Bourse d'Athènes depuis mercredi et l'envolée à près de 9% du taux de rendement des obligations souveraines grecques à dix ans.
Le ministre a réaffirmé que la Grèce allait respecter ses engagements auprès de ses créanciers UE, BCE et FMI "pour achever d'une manière normale le plan de redressement de son économie" et qu'"une solution viable sera trouvée sur sa dette publique en coopération avec ses partenaires".
Ces déclarations interviennent sur fond de fortes tensions sur les places boursières européennes dues à la conjoncture médiocre en Europe et dans un moment de forte méfiance des marchés vis-à-vis l'économie de la Grèce, rappelant le pic de la crise grecque en 2012.
"L'avenir n'est pas facile mais ne rappellera pas la période douloureuse qu'on avait vécue ces dernières années", a souligné Guikas Hardouvelis en tentant de calmer les inquiétudes des marchés qui ont réagi, selon certains analystes, à l'éventualité d'Athènes de quitter plus tôt le programme du FMI, qui arrive à échéance en 2016.
"La Grèce est un champion, selon l'Organisme de coopération et de développement économique (OCDE), concernant les réalisations des réformes et se trouve sur la voie de la reprise", a-t-il rappelé.
Il a assuré que la Grèce pourrait "réussir à sortir de la crise plus tôt qu'attendu si elle fait preuve de sang froid et d'un consensus politique".
Encouragé par une certaine amélioration de ses finances et la perspective de renouer avec la croissance dès 2014 après une récession de six ans, la Grèce avait laissé entendre ces derniers mois qu'elle pourrait s'affranchir plus tôt que prévu du plan du FMI, après l'achèvement du plan européen qui arrive à terme fin 2014.

La France serait si forte…

La France serait si forte…

Sale temps pour les optimistes en France actuellement. La rotondité de notre président ne permet plus, à elle seule, d’envisager l’avenir sous un jour meilleur et le nombre de défaitistes voire de pessimistes prosélytes ne cesse d’augmenter. On va tous mourir, déjà, ça, c’est sûr, et ce pays est foutu, et ça, c’est bien connu.
hollande humide et triste (carrée)
D’ailleurs, il n’y a pas besoin de fouiller bien loin pour trouver des preuves indiscutables de ce pessimisme. C’est mêmestatistiquement prouvé : la France est le pays le plus pessimiste du monde, celui qui a la vision la plus sombre du futur, celui qui fait plus facilement la tête et qui ronchonne toujours plus que les autres. Et qui pleut sur son président, aussi. Pour 86% des Français, les enfants qui grandissent maintenant seront moins bien lotis que leurs parents.

france pessimiste
Bon. En fait, l’étude, menée par le Pew Research Center, montre surtout une forte corrélation entre l’optimisme et le taux de croissance du pays, ce qui n’est pas absurde : plus une population peut mesurer la croissance d’un pays, voir que ses entreprises embauchent, que les gens sortent de la misère et augmentent leur pouvoir d’achat, plus ils ont tendance à considérer que leur progéniture sera mieux lotie dans le futur. Rien de bien extraordinaire à ceci, ce qui est d’ailleurs confirmé par l’optimisme presqu’insolent de certains pays émergents, dont, pourtant, le taux de pauvreté est important.
Mais voilà, l’humain est ainsi fait qu’on est plus facilement optimiste lorsqu’on est pauvre et que la situation s’améliore, que lorsqu’on est riche et qu’elle se détériore, ce qui, par définition, revient à une quasi-tautologie. Et concernant les Français, difficile de ne pas leur donner raison lorsqu’on constate qu’en plus de leur penchant naturel à pousser la ronchonnade assez facilement, un nombre croissant d’éléments vient renforcer leurs raisons de s’apitoyer sur leur sort.
Pour des raisons évidente de place et éviter une nouvelle vague de suicide parmi mes lecteurs, je passerai rapidement sur la tendance actuelle des impôts et autres vexations fiscales à augmenter, qui ne s’est pas démentie depuis les 8 ou 10 dernières années. C’est une véritable averse, n’y revenons plus.
À ceci s’ajoutent donc des perspectives économiques sombres, avec une croissance maintenant solide … du nombre des faillites d’entreprises. Et dans ces entreprises, ce sont surtout les micro-entreprises (avec près de 9 cas sur 10) qui calanchent, c’est-à-dire pour la plupart des cas les tentatives de monter des sociétés de la part d’individus qui ont peu de solutions alternatives à explorer, hormis le chômage. C’est d’ailleurs confirmé par la baisse continue de l’emploi à domicile, qui montre autant une réduction de la demande d’emploi que de l’offre côté employeurs, et un accroissement difficilement quantifiable mais inévitable du travail au noir. On comprend que, sur la masse, ces échecs et ces faillites nourrissent, Français par Français, le ressentiment et ce fameux pessimisme qui nous met en si bonne place dans les classements mondiaux des défaitistes.
hollande optimiste
Pourtant… Pourtant, si les bonnes raisons de froncer les sourcils et de s’assombrir l’esprit au niveau du vécu s’accumulent, il y a une excellente raison de considérer que la situation, aussi catastrophique soit-elle, recèle en elle-même quelques brillants espoirs.
On pourrait par exemple partir de ce récent article de Capital, mais il en existe d’autres, du même acabit, pointant tous dans la même direction : il existe en France un réservoir peu soupçonné d’entreprises innovantes, qui fonctionnent suffisamment bien pour à la fois grossir, faire des bénéfices et disposer de perspectives d’avenir encourageantes. Et il y a mieux : ces entreprises exportent, essaiment, font des filiales et se développent à l’étranger.
Bien évidemment, les pessimistes me feront remarquer, à raison, que toutes ces entreprises, aussi vaillantes soient-elles, ne peuvent pas, très clairement, absorber les 5 millions de chômeurs et assimilés en France. Pire : leur nombre et leur développement, aussi bon soient-ils, n’arrivent pas à entamer la tendance globale de l’économie française qui détruit actuellement beaucoup plus d’emplois qu’elle n’en crée.
Certes.
Cependant, ces entreprises fructueuses montrent une chose particulièrement saillante, justement par le contraste avec la myriade qui se plantent tous les jours : elles ont réussi malgré le contexte français. Ces entreprises, peu connues, de tailles modestes, exportent, grossissent, font des bénéfices en dépit de l’action de l’État, malgré les obstacles administratifs jetés dans leurs roues de façon incessante, elles embauchent nonobstant le pilonnage permanent des députés avec leurs lois idiotes, des politiciens avec leurs saillies consternantes, des administrations avec leurs méthodes ubuesques.
Eh oui : malgré la guerre ouverte, permanente et globale de l’État, des administrations et d’une partie des Français contre les entreprises, certaines parviennent à s’en sortir très bien.
Oh, bien sûr, certaines doivent évidemment leur succès à la connivence avec l’État, les politiciens et les bonnes personnes bien placées. C’est certain. Mais statistiquement, cela ne peut pas constituer la totalité de ces succès. Aussi incroyable que cela puisse paraître, une partie non négligeable de ces entreprises arrive donc à se développer dans le pire des terreaux des pays développés, au milieu à la fois d’une administration délirante, d’une paperasserie, d’une bureaucratie devenues folles et d’un pessimisme en béton armé.
En réalité, ces entreprises qui réussissent dans un contexte aussi défavorable sont des pierres précieuses perdues dans un gros, un immense tas de fumier administratif putride. Sur n’importe quel autre marché, dans n’importe quel autre pays développé, ces entreprises, libérées des entraves invraisemblables qui leur sont dressées tous les jours, formeraient le fer de lance d’une industrie qui serait reconnue du monde entier.
Imaginez un instant ces mêmes entreprises, ces mêmes patrons, ces mêmes salariés dans un environnement sain, débarrassé des politiciens imbéciles, collectivistes ou seulement ignares en économie, dégarni des administrations folles et des lois étouffantes. Imaginez la France, exactement celle que vous connaissez actuellement, mais sans ces boulets navrants que nous nous sommes tous mis en laissant le pouvoir à ces fous communistes, ces intégristes de la redistribution, ces abrutis de la dépense publique, ces fanatiques du déséquilibre budgétaire, ces extrémistes de l’étatisme tout azimut et leur cortège minable d’économistes hydrocéphales.
assistanat, première entreprise de France
Imaginez ce que serait le pays si, pour créer une entreprise, une simple inscription sur une boîte à lettre suffisait, si pour acheter et pour vendre, de simples contrats entre adultes étaient nécessaires. Imaginez ce pays sans les myriades de lois qui prétendent sécuriser les salariés mais condamnent les créateurs d’emplois à se limiter aux petites structures pour éviter les douzaines de contraintes sociales afférentes à une taille supérieure. Imaginez ce pays sans son principe de précaution débilitant, sans l’idée même qu’un salarié ne peut être qu’exploité par son patron, que si on ne l’oblige pas à prendre une assurance maladie, il ira jouer son salaire aux courses hippiques. Imaginez ce que deviendrait ce pays si, sur un coup de tête, on revenait sur 40 ans d’accumulation de lois illisibles, et qu’on reprenait les codes d’alors où, malgré leur minceur, les gens ne mourraient pas dans la rue, trouvaient un emploi dont les feuilles de salaires, lisibles, tenaient sur une demi-page, et où, pourtant, les gens étaient encore optimistes…
Qui peut affirmer que le pays s’en porterait plus mal ? Qui peut affirmer que tout irait de mal en pis ?
Mais surtout, qui peut affirmer, lorsqu’il entend les discours des politiciens actuels, que le souhait de ces hommes et de ces femmes n’est pas, justement, de préserver à tout prix un modèle français qui a conduit précisément à l’état dans lequel nous nous trouvons ? Quel politicien actuel, audible et crédible, peut prétendre sauver le pays, lui redonner le lustre qui fut jadis le sien, si, dans le même temps, il entend préserver ce qui fait de lui cet immense échec collectif, en croyant, en plus, pouvoir le rendre viable ?
Le pessimiste verra bien ces encombrants politiciens. Quant à l’optimiste, il rappellera qu’on doit pouvoir s’en passer.

Rouge bonnet et bonnet rose…

Rouge bonnet et bonnet rose…

Lors de la “manif pour tous”, le ras-le-bol fiscal ne l’a pas emporté sur les revendications éthiques. Heureusement pour la paix publique…
Comme un rendez-vous devenu presque routinier, les défenseurs de la famille se sont à nouveau mis en route dimanche dernier. Rien ne manquait pour irriter des médias qui depuis des mois refusent de voir et de comprendre ce qui est en train de se passer dans les profondeurs du pays. Tous les symboles, maintenant bien connus, étaient là ; jeunes couples avec poussettes, ballons bleus et roses, grands-parents équipés de bonnes chaussures, slogans rigolos, lazzis mordants, cols romains, foulards discrets, sweat-shirts subversifs et bien sûr, car sans eux la “manif pour tous” ne serait pas ce qu’elle est, une sous-évaluation systématique de la mobilisation…
Le tout s’est déroulé dans une atmosphère particulièrement bon enfant, car désormais les manifestants sont de vieux habitués, on se parle, on se congratule, on se reconnaît même parfois d’une manif l’autre. Il faut dire que c’était la huitième en deux ans. Du jamaisvu pour un mouvement “social” dans l’histoire récente de notre pays.
Quelques jours plus tôt, ce sont pourtant des événements beaucoup plus violents qui ont troublé “l’ordre public”. On ne compte pas moins de trois perceptions incendiées en une seule semaine et pas uniquement en Bretagne, bien connue, depuis le règne de Louis XIV, pour ses flambées de colère fiscale. Certains “meneurs” arrêtés par les forces de l’ordre seraient liés au mouvement des “bonnets rouges” qui ont pendant des mois joué à saute-mouton avec les fameux portiques de l’écotaxe, mais d’autres n’avaient jamais participé à cette grande jacquerie autoroutière. La fronde s’étend — c’est bien une fronde dont il s’agit — et elle devient très préoccupante car lorsque des bâtiments publics brûlent, c’est l’autorité de l’État qui menace de partir en fumée.
Fort heureusement pour le gouvernement et pour la paix publique, les revendications fiscales des familles, pourtant présentes sur les pancartes, ne l’ont pas emporté dimanche sur les revendications éthiques. Elles auraient pu, car le moins que l’on puisse dire est que les familles n’ont pas été épargnées ces derniers temps par les réformes fiscales. Toutefois, si la France tranquille a battu une nouvelle fois le pavé, ce n’était pas pour réclamer des baisses d’impôts mais bien pour dire son attachement aux droits de l’enfant et son refus horrifié devant sa commercialisation. Preuve s’il en était besoin que le libertarisme est bien le sémillant cheval de Troie du libéralisme.
Il faut, je crois, se féliciter de cette retenue des manifestants de dimanche, car si demain le cortège des bonnets roses venait à croiser puis à rejoindre celui des bonnets rouges, cela pourrait donner lieu à une de ces déflagrations qui secouent la France une à deux fois par siècle et dont je n’ose même pas imaginer les conséquences

Avance à l’allumage

Avance à l’allumage

Sommes-nous bien en octobre 2014 ? C’est qu’avec le retour de Nicolas Sarkozy et son interview au Figaro Magazine, Alain Juppé sur France 2, François Fillon qui veut sauver la France, Xavier Bertrand qui fait entendre sa petite musique dans Valeurs actuelles du 2 octobre, on jurerait que la campagne pour 2017 est déjà lancée. Du jamais-vu !
Bien sûr, l’impopularité abyssale du président n’y est pas pour rien. Mais c’est bien Nicolas Sarkozy qui génère cette électricité de haut voltage. L’enjeu du moment est la présidence de l’UMP. L’ex-président va affronter Bruno Le Maire et Hervé Mariton. Si son succès ne fait aucun doute, il a déjà dû concéder qu’une primaire ouverte serait organisée en 2016. Du coup, ses concurrents sont dans les starting-blocks. Seul élément positif : on commence à parler du fond. Ne surtout pas, à l’instar des socialistes, arriver au pouvoir sans y avoir réfléchi.
On perçoit déjà les nuances entre les candidats. François Fillon, qui a entrepris un travail de réflexion depuis deux ans, est le plus audacieux sur une ligne libérale. Cela surprend ceux qui ont oublié que ce proche de Philippe Séguin était un disciple d’Édouard Balladur. Mais, hélas pour lui, il ne décolle pas vraiment dans l’opinion. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé optent pour une ligne plus prudente, mais il n’y a pas entre ces trois-là de divergence irréductible comme entre le gouvernement et les frondeurs du PS.
À en croire les sondages, le match va se jouer entre Sarkozy et Juppé, qui a impressionné tout le monde, sur France 2, par son calme, sa détermination, son refus de la castagne. « Nicolas Sarkozy n’est pas mon adversaire. » Il promet d’apaiser, de rassembler, de réformer. On a découvert un homme pas aussi glacial que Bernadette Chirac le croit. Qui sera en lice au final ? La primaire va se jouer sur un profil, un caractère, un leadership.
Sarkozy est revenu. « Le meilleur facteur de cohésion de la gauche », selon les socialistes. Ce n’est pas lui, tout de même, qui peut empêcher les frondeurs de fronder. « On va débattre projet contre projet », sous-entendu : à notre avantage, dit Manuel Valls. Illustration : le gaz de schiste. “On ne peut s’en passer”, plaide Nicolas Sarkozy. « Tant que je serai ministre de l’Écologie, il n’y [en] aura pas », rétorque Ségolène Royal. Sarkozy veut remplacer le contrat à vie des fonctionnaires contre un contrat de cinq ans renouvelable. Les Français y seraient favorables à 66 %. François Rebsamen dénonce le « démantèlement de la fonction publique »… Oui, il y a bien accélération du débat droite-gauche.

jeudi 16 octobre 2014

Difficultés allemandes

Difficultés allemandes

L’issue est inévitable, l’heure de la revanche sonnera bientôt. Des années que nous sommes confrontés au « modèle » allemand sur lequel nous sommes sommés de prendre exemple. Alors qu’outre Rhin, on avance, chez nous, on reculerait. Au point d’être considérés, nous qui sommes depuis toujours une grande nation enviée de tous, comme condamnés au déclin. Ces balivernes ne sont plus supportables et notre Président, avec ses petits bras musclés, lutte pour les combattre. Déjà nos voisins connaissent quelques ralentissements économiques. Mais l’essentiel n’est pas là. Un autre signe est plus significatif : championne du monde, l’équipe allemande de foot vient d’être battue par les Polonais et tenue en échec par les Irlandais. 
On peut en être certain, c’est le début de la fin.

En attendant le choc de libéralisation

En attendant le choc de libéralisation



On ne va pas s’en plaindre : « ouverture » et « liberté » sont les deux mots qu’Emmanuel Macron a le plus employés en présentant à Bercy sa loi pour la croissance. Ainsi, dit-il, c’est en augmentant la concurrence et en allégeant les procédures que la France pourra se guérir de ses trois maladies, sortir de la défiance, lutter contre la complexité et entamer les corporatismes.
Petit à petit, l’idée d’une libéralisation du pays fait son chemin, le culte absolu de l’Etat perd de ses fidèles. Certes, on en est encore au niveau des promesses et il faudra des mois, peut-être même une année encore pour que le dispositif Macron entre pleinement en action. Mais l’intention y est et l’objectif semble clair.
Reste un petit mystère : si cette loi « ouverture et liberté » est la solution à bien des problèmes français, pourquoi tant de timidité ? Pourquoi ne pas se libérer plus rapidement de l’Etat et des monopoles, pourquoi ne pas privatiser plus massivement ? Ce serait une manière de se donner toutes les chances d’un retour à la croissance. Certes, il faudrait en parallèle que la dépense publique recule, que le matraquage fiscal cesse, que le délire administratif paperassier se calme. Il faudrait que les conditions d’embauche et de rupture des contrats de travail se simplifient, que la contrainte sociale s’allège, que le Code du travail maigrisse. Bref, il faudrait que, après avoir parlé « ouverture » et « liberté », le ministre de l’Economie ose utiliser le mot « libéralisation », voire, quelle audace, qu’il assume une politique libérale. C’est à cette condition – exigeante, convenons-en – que le « choc de confiance » qu’il appelle de ses vœux pourrait échapper au destin misérable de ses deux prédécesseurs avortés, le « choc de compétitivité » et le « choc de simplification ».

La Grèce reconsidère sa position sur la fin de l'aide-responsables

La Grèce reconsidère sa position sur la fin de l'aide-responsables



Les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro pensent que cette dernière commence à reconsidérer sa position concernant l'abandon de toute aide financière internationale l'an prochain et pourrait de ce fait solliciter une ligne de crédit qui se substituerait aux financements du Fonds monétaire international (FMI).

 Des responsables de la zone euro ont dit à Reuters qu'Athènes semblait reconsidérer la possibilité de renouer avec un financement assuré uniquement par les marchés à la suite des pressions émanant de pays de l'Union européenne mais aussi des investisseurs qui se sont délestés de sa dette sur les marchés cette semaine.
Ils ajoutent que les Européens s'opposent à ce qu'Athènes arrête de se financer auprès du FMI, très impopulaire en Grèce et source de problèmes politiques.
"On admet en Grèce que se passer totalement des programmes de la zone euro et du FMI ne sert pas au mieux ses intérêts", a dit un responsable. Un autre a remarqué que la forte hausse des rendements obligataires grecs représentait un "retour à la réalité".
Les discussions de l'Ecofin (ministres des finances de l'UE) cette semaine à Luxembourg ont également contribué à ce que la Grèce révise son opinion, de l'avis de plusieurs responsables. (Jan Strupczewski, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Tangi Salaün)

L’armée française se contente du service minimum en Irak

A peine deux frappes depuis l’annonce de l’engagement il y a un mois. Les militaires français ne regardent que vers le Sahel
Le ton était martial mais la réalité l’est moins. Quatre semaines après la conférence de presse du 18 septembre, au cours de laquelle François Hollande annonçait le « soutien aérien » de la France à l’Irak contre les djihadistes de Daesh, où en sommes-nous militairement ? Pas très loin… L’armée de l’Air n’a procédé qu’à deux frappes, les 19 et 26 septembre, contre des dépôts logistiques. Et depuis lors, rien. Les combattants islamistes voient passer chaque jour les Rafale au-dessus de leur tête, mais aucune bombe GBU-12 ne tombe du ciel. Entre-temps, le Français Hervé Gourdel a été décapité par des djihadistes algériens en réponse à l’opération française, baptisée Chammal. Sur le terrain, l’essentiel de l’action se déroule en Syrie, où Paris a décidé, pour l’instant, de ne pas intervenir militairement.
Par sa communication, le ministère de la Défense remplit le silence des armes, avec une vingtaine de communiqués publiés à ce jour. On y annonce d’abord la décision d’envoyer trois Rafale en renfort, puis leur départ de Saint-Dizier, puis leur arrivée à Al-Dhafra, la base française aux Emirats arabes unis, puis leur première mission, puis leur premier vol de nuit… Les djihadistes tremblent. Ce n’est pas la « drôle de guerre » de 1939-1940, mais ça y ressemble, en beaucoup plus modeste. En privé, les interrogations fusent désormais de toutes parts : « Que sommes-nous allés faire là-bas ? » « On y est, mais on ne fait rien. C’est grotesque, » tranche un observateur proche du dossier. A l’état-major, on se défend en expliquant que l’action de la coalition s’inscrit dans le « long terme » et qu’il faut compter en mois. Au moins.
Sur l’ensemble du théâtre Syrie-Irak, la participation aérienne française représente environ 1 % des missions d’une coalition à 90 % américaine. Le poids de la France correspond à celui des fidèles alliés de Washington également présents : le Royaume-Uni (qui a quand même procédé à cinq frappes en une semaine), les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark et l’Australie. La réalité militaire de la participation arabe aux côtés des Etats-Unis – uniquement en Syrie – est difficile à évaluer ; seuls les Emirats semblent fournir un vrai effort aérien.
Une source militaire reconnaît que les frappes françaises sont « extrêmement modestes » parce que « les occasions de frapper sont rares ». « Il n’y a pas en Irak de “zones de chasse libre” comme il y en avait par exemple en Libye », où tout combattant repéré dans un secteur défini était considéré comme hostile. En Irak, « l’alliance entre les tribus sunnites et Daesh » pose un problème politico-militaire. Tirer sur des combattants ennemis signifierait, dans de nombreux cas, tuer des sunnites ralliés à Daesh, mais pas forcément des djihadistes de l’Etat islamique. Or, la stratégie globale de la coalition vise à séparer les sunnites de Daesh, pas à les précipiter dans leurs bras. Toute la difficulté est donc de « discriminer » les uns des autres. Pas simple, d’autant qu’il existe une « fusion » entre les combattants et la population. Toute frappe peut donc se solder par des pertes civiles, qui dresserait l’opinion sunnite contre la coalition. On l’a vu en Afghanistan et l’on craint de le revoir en Irak.
Cette modeste participation militaire présente un avantage : elle permet à la France d’être présente politiquement sur ce dossier. « Ne pas être dans la coalition contre Daesh aurait été incompréhensible » assure un diplomate français de haut rang. Grâce à ses diplomates et ses militaires, « la France occupe une position centrale dans la gestion des crises, elle est au cœur du laboratoire », ajoute-t-il. Interrogé sur les succès de la politique étrangère dans la région, il concède toutefois que « la médecine peut être en difficulté face à la maladie » Bref, que notre belle machine ne produit guère de résultats concrets en Afrique du nord et au Moyen-Orient.
Pour la Défense, l’Irak n’est pas le dossier prioritaire. Alors que le renseignement est essentiel, les militaires connaissent mal le terrain, à l’exception du Kurdistan où ils ont gardé de vieux contacts, et savent que c’est d’abord une affaire américaine. Ils seraient plus à l’aise pour intervenir en Syrie – mais l’Elysée met toujours son veto. Le grand sujet qui préoccupe l’armée française, c’est le Sahel et la Libye. Sur une carte interne au ministère de la Défense, on pouvait récemment voir un grand ovale courant du nord-Mali au sud-ouest libyen. Moins de deux ans après le début de l’opération Serval, les groupes armés terroristes opèrent à nouveau dans tout le secteur, en particulier dans le nord du Mali. En septembre, ils ont tué dix casques bleus tchadiens et, début octobre, neuf casques bleus nigériens. L’Algérie observe la remontée en puissance des groupes terroristes sur son territoire avec beaucoup de préoccupation, comme le Tchad ou le Niger. Le sud-ouest de la Libye, où aucune force armée nationale ou internationale n’est présente, est livrée aux groupes terroristes et/ou mafieux.
Les 3 000 militaires français de l’opération Barkhane dans la bande sahélo-saharienne sont aux premières loges. Or, cette opération repose sur une étroite coopération avec les Etats-Unis qui fournissent du renseignement, des drones, des ravitailleurs en vol. Au Sahel, la France ne peut pas se passer de l’aide militaire américaine. Difficile, dans ces conditions, de dire non à la Maison Blanche – même si personne n’y a songé – lorsqu’elle demande à la France de se joindre à la coalition en Irak. Fût-ce pour un apport militaire modeste, mais important pour l’affichage politique.

François Hollande, une humiliation pour la République ?

François Hollande, une humiliation pour la République ?

Venu mardi à Clichy-la-Garenne défendre le bilan plus que mitigé de son plan de lutte contre la pauvreté, le président normal de la République a essuyé le feu des critiques et la colère des associations. Désormais rompu à ce genre d’exercice inefficace de reconquête des Français, Hollande en a pris plein les dents par ceux qui œuvrent pour les « sans-dents ». Florilège de petites phrases hollandiennes.
On pourrait se demander si ce déplacement « social » n’est pas en fait une réplique à son ex-compagne Valérie Trierweiler, qui l’avait fait passer pour un président qui n’aime pas les pauvres. Un socialiste, quoi ! Il a souligné que la pauvreté était « une blessure pour celles et ceux qui sont concernés » et « une humiliation pour la République ». On lui retournera volontiers le compliment, tellement son bilan est catastrophique à tous les niveaux.

Il faut dire qu’il est grandement aidé par ses propres ministres dans la stigmatisation des exclus et des chômeurs. Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, vient de provoquer une levée de boucliers avec sa réforme de l’assurance-chômage. François Rebsamen, ministre du Travail, veut ressortir le bâton contre les chômeurs pas assez motivés. C’est clair, ils ont le sens des priorités au Parti socialiste pour relancer l’emploi et faire des économies… Le tout assaisonné des bons vieux « principes républicains » (selon Hollande, « la solidarité n’est pas un supplément d’âme, mais un principe républicain ») dont on nous rebat les oreilles sans cesse. Saint Louis servant les pauvres ne devait donc pas être vraiment solidaire, puisqu’il n’était pas républicain. Comme on le plaint…

« Si vous enviez la pauvreté, essayez-la et vous verrez ! » (François Hollande)

En 2011, l’INSEE révèle que 8,7 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de la pauvreté (977 euros mensuels), soit 14,3 % de la population. Le « Moi Président » commence à devenir lointain et les promesses de campagne du candidat Hollande des chimères (à part le mariage pour tous, une priorité pour la France…). Ce dernier est allé jusqu’à pasticher Jean-Paul Sartre avec un petit « la pauvreté, ce n’est pas les autres ». De l’avis des représentants des associations présentes (Emmaüs, FNARS, Collectif Alerte, Fondation Abbé Pierre, etc.), l’heure n’est plus aux discours et aux petites phrases bien policées, mais à l’action.
Pas sûr que le gouvernement Valls II soit taillé pour cela. Et le gouffre n’est plus très loin, comme l’a démontré Stéphane Mantion, directeur général de la Croix-Rouge française, avec ses propres bénévoles qui deviennent eux-mêmes bénéficiaires de l’aide qu’ils prodiguent aux autres. Ségolène Neuville, la secrétaire d’Etat à la lutte contre l’exclusion, l’avoue elle-même : « Il nous reste encore beaucoup à faire ». C’est un doux euphémisme. 

Maladies françaises

Maladies françaises

Trop d'annonces tue les annonces ! Hier, il n'y avait que l'embarras du commentaire entre la présentation en Conseil des ministres du projet de loi santé de Marisol Touraine, le dévoilement des grandes lignes du futur projet de loi sur la croissance par Emmanuel Macron, et le détail des restructurations dans l'armée par Jean-Yves Le Drian. C'est à se demander si la France n'est pas atteinte soudainement de « réformite compulsive ». Cette pathologie a manifestement échappé à notre ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, qui a diagnostiqué trois maladies dont souffrirait le pays : la défiance, la complexité et le corporatisme.
En fait, cette subite montée de fièvre réformatrice n'est pas totalement fortuite. Elle survient au moment où la France a transmis à Bruxelles son projet de loi de finances pour 2015 aux fins d'examen clinique par la Commission. Sachant que notre pays présente tous les symptômes d'une fâcheuse boulimie dépensière, il s'agissait de montrer qu'une sévère cure d'amaigrissement est programmée… pour demain.
Espérons que ces signaux venus de Paris suffiront à convaincre les Diafoirus bruxellois. Parce que, pour l'instant, on en reste au stade des bonnes intentions. Emmanuel Macron a présenté l'esquisse d'un projet comportant de nouvelles pistes – comme la libéralisation du transport par car – sur lesquelles il reste encore beaucoup à débattre. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a énuméré des restrictions qu'aggrave une absence de recettes budgétaires prévues dans la loi de programmation militaire. Au point de mettre en péril notre outil militaire.
Enfin, Marisol Touraine a fait le pari de la responsabilisation des patients et de la prévention pour que la France respire la santé, même si les médecins libéraux crient à l'étatisation du système. Au final, on voit bien que la principale maladie de la France, trop longtemps bercée d'illusions anesthésiantes par ses dirigeants, est, comme pour tout corps anémié, l'incapacité à supporter les réformes. De crainte que tout remède soit pire que le mal.

mercredi 15 octobre 2014

VGE : "pour aimer l'Europe, il faut qu'elle soit aimable"

Valéry Giscard d'Estaing était l'invité de Wendy Bouchard dans Europe Midi, lundi sur Europe 1. L'ancien président de la République publie Europa. La dernière chance de l'Europe(XO Editions), un livre dans lequel il expose son projet pour relancer la construction européenne. Il préconise de constituer une union très étroite avec les pays qui ont historiquement fondé l'Union européenne. "Il faut organiser ce qu'on peut organiser, avec les pays qui sont actuellement prêts à s'unir. Il y en a une douzaine", a-t-il affirmé au micro d'Europe 1.
Un "malaise dans la société française". "Le monde s'est organisé en grandes puissances, alors que nous sommes restés des petits pays", a constaté Valéry Giscard d'Estaing. Pour lui, les pays européens "doivent donc s'unir. Et comme ils sont semblables, ça n'est pas très difficile, il faut le faire avec volonté, raison et justice".
"Actuellement, on est en crise. La production n'augmente pas ou à peine. Il y a donc un espèce de malaise dans la société française. Ce malaise existe ailleurs : en Espagne, en Italie, au Portugal et ainsi de suite. Si on se met ensemble et qu'on fait des choses raisonnables et semblables, on va créer un pays qui sera prospère, apaisé, avec une situation sociale intégrée, un emploi meilleur. Faisons-le", a poursuivi l'ancien chef de l'Etat. Pour lui, "la première chose, c'est de constituer un ensemble économique et social solide, pacifique et prospère".


"Pour aimer l'Europe, il faut qu'elle soit aimable". Valéry Giscard d'Estaing ne s'étonne pas de la défiance des citoyens à l'égard des institutions communautaires, exprimée lors des dernières élections européennes. "Pour aimer l'Europe, il faut qu'elle soit aimable. On ne peut pas aimer un système qui ne marche pas. Nous avons une crise, nous avons des institutions qui fonctionnent mal, nous avons des élections peu représentatives", a martelé "VGE".

"Les votes europhobes, c'est un mécontentement de l'Europe telle qu'elle fonctionne", a également assuré l'ancien président. "Elle ne fonctionne pas bien. On fait des réunions à plus de 100 personnes dans une salle pour traiter les problèmes économiques : on ne peut pas prendre de décision, on n'en prend pas, d'ailleurs".
Soutenir un candidat UMP ? "Ce n'est pas le moment". Interrogé sur le soutien de Jacques Chirac à Alain Juppé, Valéry Giscard d'Estaing a refusé d'apporter son soutien à une quelconque personnalité politique en vue de 2017. "Ce n'est pas le moment", a-t-il estimé. "Aux Etats-Unis d'Amérique, la prochaine élection présidentielle sera à la même date que la nôtre. Personne n'en parle, aucun journaliste n'en parle", a-t-il assuré. Pour lui, "vous ne pouvez pas être candidat à deux ans et demi de l'échéance". "VGE" a fixé son calendrier : "En 2016, il faudra se préparer, et en 2017, on vote. Eh bien, à ce moment-là, je dirai comment voter".

La religieuse et l'autoroute

La religieuse et l'autoroute

Ce qui est dommage avec les politiques, c’est qu’ils ne réfléchissent pas assez. Une idée leur vient-elle à l’esprit qu’ils s’en saisissent aussitôt, trop heureux du miracle. Belle occasion, pensent-ils, de renverser un tabou, mot à la mode, voire d’ériger un nouveau totem, autre mot à la mode. Mme Royal, surfant sur une caractéristique de l’époque (le goût de la gratuité) vient de fournir une preuve supplémentaire de cet amateurisme. Passe encore que sa suggestion pour les autoroutes augmenterait le CO2, ce qui surprend de la part de la responsable de l’écologie. Mais que faire de l’argent économisé ? Manger des gâteaux par exemple ? Les magasins sont souvent fermés le dimanche. Alors, avaler des kilomètres, même gratos, pour déguster une religieuse, faut pas pousser.

La voix Royal

La voix Royal

Et si demain on roulait gratis sur les autoroutes le week-end ? Une fois encore, Ségolène Royal a fait entendre sa voix iconoclaste en lançant une idée qui n'a pourtant pas eu vraiment le temps de faire son chemin. Aussitôt émise, la proposition de l'incontrôlable ministre de l'Écologie a été jugée « inenvisageable » par Manuel Valls. Voici donc le dernier épisode en date dans le concert des couacs gouvernementaux. Le recadrage de Matignon n'a pas empêché Ségolène Royal de revendiquer, en conférence de presse, sa liberté de parole. Sauf que l'on n'attend pas d'un ministre qu'il déblatère sous couvert de bon sens, mais qu'il s'exprime sur des projets aboutis en accord avec le Premier ministre.
Depuis son rejet de l'écotaxe, Ségolène Royal semble lancée dans une course éperdue aux idées lucratives pour combler le manque à gagner. Quitte à polluer davantage en encourageant le « rouler plus en payant moins », et donner le tournis à Bison futé dans les bouchons du dimanche soir. Il y a, certes, un côté populaire dans le combat de Ségolène Royal contre la goinfrerie des sociétés autoroutières qui roulent sur l'or amassé aux péages.
Mais cette obsession de s'en prendre aux profits abusifs des concessionnaires relève de la forfanterie. C'est oublier avec légèreté que des contrats « bétonnés » interdisent à l'État de leur imposer une augmentation de la fiscalité sans compensation. Ces clauses ont précisément pour objet de mettre les exploitants à l'abri des revirements politiques. Et n'oublions pas que si les sociétés autoroutières empochent 20 euros sur 100 euros de recettes aux péages, il en rentre 37 dans les caisses de l'État. Faut-il punir une bonne gestion dont nos gouvernements se sont montrés incapables dans l'usage des 15 milliards qu'avait rapporté la privatisation en 2004 ?
Une concertation s'impose donc dans le cadre du plan de relance des autoroutes de 3,6 milliards d'euros, créateur de 15.000 emplois, assorti de la prolongation des concessions. 
La recherche du compromis, dans l'intérêt des Français, doit prévaloir sur les postures démagogiques de Ségolène Royal.

Démagogie, quand tu nous tiens

Démagogie, quand tu nous tiens



Coluche aurait dit : « Voilà une idée qu’elle est bonne ! » Puisque, selon le gouvernement, les sociétés d’autoroutes font trop de bénéfices, elles devraient se fixer comme devoir moral d’instaurer la gratuité le week-end. Cette proposition de Ségolène Royal est assez inattendue : personne n’imaginait que la ministre de l’Ecologie ambitionnerait d’augmenter l’usage de la voiture ne serait-ce que quelques jours par semaine. Personne non plus n’avait osé proposer de réduire le chiffre d’affaires d’une entreprise pour en réduire les profits. Et personne n’arrive à comprendre comment un ministre à la recherche du moindre centime de recette fiscale pour compenser l’abrogation de l’écotaxe a pu articuler une proposition qui aurait pour effet de réduire les recettes de l’Etat. Mais bien sûr, parler de gratuité des péages permet de stigmatiser les sociétés d’autoroutes et de dénoncer leurs profits, nécessairement immoraux puisqu’ils sont imposants. Démagogie, quand tu nous tiens.


Heureusement, Matignon a rapidement mis fin au gag et démenti tout projet allant dans ce sens. Mais il reste que cette démagogie est le signe d’un grand embarras du pouvoir, d’un manque d’idées pour sortir de la crise. C’est Arnaud Montebourg qui, démuni devant la crise des hauts-fourneaux, proposait de nationaliser Florange et de bouter Mittal hors de France. C’est Manuel Valls qui, après avoir calé devant la fronde des taxis, s’attaque aux notaires et pharmaciens, ces riches, ces nantis, en faisant croire que la réforme de ces professions va remettre la France sur le chemin de la croissance. C’est Michel Sapin qui, bousculé par Bruxelles, assure sans trembler que le parlement français est souverain et que la Commission n’a aucune légitimité pour imposer une trajectoire à nos finances publiques. A court d’argument, le gouvernement se réfugie dans la facilité.

Transitons énergétiquement vers le n’importe quoi

Ça y est, la loi de Transition énergétique est votée. Il était temps, tout le peuple de France attendait ça avec impatience et l’aspect purement idéologique ayant été écarté au profit d’un pragmatisme à toute épreuve, nous étions assurés d’obtenir des mesures ciblées, concrètes, applicables et frappées au coin du bon sens. En plus, c’est une loi avec de vrais morceaux d’écologie bio dedans.
segolene crieIl faut dire que, rédigée de longue haleine par une Ségolène Royal en pleine forme, la loi ne pouvait parvenir qu’à une harmonie parfaite de mesures finement étudiées et de grands projets innovants, réformateurs et vigoureux permettant de propulser joyeusement la France vers de nouveaux sommets de béatitude écologique. En substance, cela se traduit à la fois par une panoplie complète de petites lois bien subtiles et un couple de grands principes dont les tenants et aboutissants seront ressentis pour la dizaine d’années à venir, au moins.
Du côté de ces grands principes, on retrouve bien sûr la lutte contre les gaz à effets de serre. Eh oui : même si, après 18 années sans réchauffement, ces gaz ne sont à l’évidence pas la cause d’un changement climatique quelconque, le gouvernement français a décidé de lutter à grands frais contre cette non-cause, et ceci pour éviter les non-conséquences. En effet, malgré tous les efforts de la presse et de certains scientifiques aux douteuses motivations, le réchauffement tant redouté a lentement fait place à une série d’interrogations vaguement teintée de la crainte d’un refroidissement, montrant ainsi qu’au final, personne ne sait rien du tout et qu’il est donc urgent d’agir.
Finalement, pas de réchauffement
Cette action se traduira donc, dans la loi, par une division par quatre d’ici à 2050 des rejets français de dioxyde de carbone. Pourquoi 2050 et pas 2100 ou 2025, on n’en saura rien. On imagine que c’est un compromis entre une date suffisamment éloignée pour que ceux qui ont voté ces absurdités soient tous morts, et assez proche pour signifier encore quelque chose pour les électeurs-contribuables. Pourquoi par 4 et pas par 2 ou 8, on n’en saura rien non plus. Probablement parce que diviser en quatre, c’est diviser en deux, deux fois, et que, comme pour les tartes, tout le monde sait faire. Allez savoir…
À ce sain principe basé sur du vent (sans CO2), réclamant des arrangements arbitraires sur la réalité, on ajoutera bien sûr la réduction à 50% de la part d’énergie nucléaire dans le mix énergétique français, d’ici à 2025, et ce, même si le nucléaire ne produit pas de dioxyde de carbone. Comme il faut réduire l’utilisation des énergies qui en produisent, et qu’il faut réduire l’utilisation de celles qui n’en produisent pas, on en vient à la conclusion que nos élus veulent essentiellement diminuer la consommation d’énergie française, point.
C’est parfaitement rassurant.
Comme le développement d’une nation et le bien-être de sa population (accès aux soins, à l’éducation, aux technologies, son niveau de vie, etc…) sont directement corrélés à leur consommation énergétique, la volonté affichée de réduire l’utilisation des énergies en France n’indique qu’une chose : les députés, écologistes en premier, n’attendent qu’une chose de l’avenir, et c’est le renfermement, le ralentissement, la diminution de l’activité française, du niveau de vie des Français et la paupérisation de leur avenir. En tout cas, pas de doute, après l’écologie punitive à base d’écotaxe, Royal et la clique EELV ont su rendre vraiment glamour la lutte contre la pollution.
À ce combat contre des dragons de papier par des moulins à vent et une vision pour le moins pessimiste et étriquée de l’avenir, il faut heureusement ajouter un train de mesures dont la liste, à la Prévert, forme un excellent étalon du N’importe Quoi Institutionnalisé.
omg wtf catBien sûr, la loi consacre maintenant la fameuse lutte contre l’obsolescence programmée. Je l’ai déjà évoquée dans ces colonnes, le ridicule de l’opération méritant largement un billet à lui tout seul. Là encore, de la même façon qu’il s’est trouvé suffisamment de gogos pour vouloir lutter contre un réchauffement qui n’existe pas, qu’on ne comprend pas, qu’on n’arrive pas à modéliser et qu’on attribue aux mauvaises causes sans pouvoir en mesurer les conséquences, l’obsolescence programmée, fantasme pratique d’écologistes ignares en économie, fait maintenant irruption dans le débat parlementaire parce qu’il fallait absolument graver dans la loi que saboter ses produits commerciaux, c’est mal.
L’introduction d’un chèque énergie constitue ensuite une magnifique démonstration du socialisme en marche guillerette vers la falaise abrupte de la réalité au bord de laquelle on sent qu’il aura bien du mal à s’arrêter. En substance, l’idée est donc de prendre de l’argent à tout le monde, y compris les plus pauvres, via des taxes toujours plus élevées sur l’énergie, pour ensuite redistribuer sous forme de chèque avec une répartition à peine différente l’argent ainsi récolté. Le coût de la collecte et de la répartition est assuré, bien sûr, par le contribuable, source apparemment inépuisable d’argent et de rigolade pour ceux qui ponctionnent. Notez que l’idée même de baisser les taxes et laisser faire le marché n’est pas venue sur la table. On est en France, hein.
Plus iconoclaste, notons l’introduction de la possibilité pour les employeurs de verser une indemnité kilométrique à leurs salariés se rendant à vélo, ou à vélo électrique, sur leur lieu de travail. Ne vous inquiétez pas : on lutte contre le CO2, mais pas contre les usines à gaz puisque le montant de cette « indemnité kilométrique vélo » sera bien sûr fixé par décret, et elle sera exonérée de cotisations sociales, moyennant quelques cerfas et autres formulaires amusants à remplir. J’attends le jour où une « indemnité kilométrique chaussure ou trottinette » sera envisagée, et le tableau sera complet. Pas de doute, c’est la France, c’est youpi.
Royal : la champagnitude attitude
Le pompon est cependant décroché sans la moindre peine ni sueur sous les bras par le vote, après des heures de débats, de deux dispositions que le monde, on s’en doute, nous enviera. D’une part, l’interdiction d’ici à 2016 des sacs plastiques à usage unique va introduire un vrai vent de changement dans le pays qui en avait besoin. Et d’autre part, grâce à une ferme prohibition de la vaisselle jetable d’ici 2020, les paysages français seront enfin débarrassés des milliards de couteaux, de cuillères et de fourchettes en plastique qui jonchaient nos prairies et que broutaient maladroitement des vaches amaigries par le faible apport calorique que ces couverts de pacotille pétrolière leur procuraient.
le changement c'est sans sacs plastiques
Rassurez-vous : l’interdiction de ces plastiques particuliers s’accompagne, pour la Royal Air Farce, du souhait (pas du tout soufflé par des lobbies du cru, Limagrain, Sphère, Roquette ou Vegeplast en tête) de relancer la filière papier et encourager les entreprises françaises fabriquant des sacs à base d’amidon de maïs ou de pomme de terre. Tout ceci est pratique, mais coïncident et c’est tout.
Finalement, la Transition Énergétique de Ségolène, c’est assez simple et cela se résume à un mot : interdiction. Interdiction d’utiliser du plastique pour manger, interdiction d’utiliser du plastique pour emballer ses fruits et ses légumes, interdiction d’utiliser trop d’énergie, interdiction de rejeter du CO2, interdiction, interdiction, interdiction, parce que la France est un pays de liberté, que trop de liberté tue la liberté, et qu’il faut absolument réguler tout ce qui ne l’est pas encore, et que toutes ces interdictions étaient réclamées bruyamment par le peuple (dont les autres problèmes – chômage, niveau de vie en baisse, éducation parcellaire, etc… – sont parfaitement traités par ailleurs).
Accessoirement, on pourra tout de même assortir tout ça d’une bonne taxation, taxation, taxation, et l’affaire est dans le sac. En papier, bien sûr.