TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 12 juin 2014

Les origines

Les origines


Les hommes, leurs dirigeants surtout, ne cessent pas de se tromper et d’entraîner l’humanité dans les ténèbres. L’histoire n’est faite que de folies, d’aberrations, d’imbécillités des décideurs qui causent le malheur de la multitude. Voyez les événements d’Irak en ce moment, le chaos, la désintégration d’un pays, la prise du nord du pays par les Jihadistes, résultat de l’intervention occidentale en 2003 destinée à "faire triompher la démocratie". Tout est ainsi, si l’on se retourne un peu vers le passé, avec par exemple l’absurde guerre franco-allemande de 1870, Napoléon III et Bismarck, d’où partent les malheurs du XXème siècle, la lente marche vers la guerre de 1914-1918, forgée d’aveuglement en aveuglement, qui conduit au génocide (non dit) de la jeunesse européenne, l’idiotie et la lâcheté et des occidentaux dans les années 1920-1930, le traité de Versailles, le pacifisme et le renoncement qui entraînent le monde dans l’abîme. Aujourd’hui, tout est pareil, la bêtise paraît maîtresse et guide de ce monde. Cette emprise de la crétinerie sur l’histoire, en dehors de rares exceptions, donne le vertige. L’infime minorité des personnes lucides et clairvoyantes – jamais celles que l’on croit sur le moment – est ignorée, condamnée au silence ou au ridicule. Pour tenir le coup, ne pas sombrer dans le cynisme ou le désespoir, il est parfois utile de relativiser de prendre du recul. Je lis en ce moment un livre magnifique, Les origines de Karl Ferdinand Werner (Fayard, 1984), dont un passage amène à réfléchir sur la fragilité et le caractère éphémère de la condition humaine : "Du point de vue de l’immensité chronologique, qu’il faut considérer pour l’histoire de notre globe, rappelons que l’âge de la matière est estimé à environ 20 milliards d’années. Pour rendre intelligible cette infinité du temps, on peut la comparer à une seule année témoin. Avec un âge d’environ 4,5 milliards d’années, la terre apparaît ainsi au mois d’octobre de cette "année de l’univers", la vie vers le 20 décembre et l’homme le 31 décembre vers 23 heures. L’ère chrétienne représente un peu plus de trois seconde de cette année témoin…" Alors que dire de nous-mêmes et de nos vies?

Le coeur en écharpe

Le coeur en écharpe



Il est heureux que les championnats du monde de natation ne se déroulent pas actuellement. Sinon Mme Vallaud-Belkacem, qui est ministre des sports et a l’esprit d’à-propos, aurait offert à chaque membre du gouvernement un maillot de bain. A charge pour lui de le porter afin d’aider les Français dans cette compétition. C’est du moins la conception qu’elle se fait de l’action de l’Etat dans les rencontres internationales. Elle a ainsi gratifié les ministres d’une écharpe tricolore en signe de soutien à l’équipe de France de foot. L’idée d’un foulard est d’autant plus maligne que le Brésil n’est pas réputé pour la rigueur de son climat et qu’en France la saison chaude va commencer. Au fond peu importe du moment que le patriotisme est démontré de manière aussi fine et délicate.

L'intelligence est au pouvoir !!

La grève à la SNCF reconduite pour jeudi


La grève à la SNCF, qui provoque d'importantes perturbations mercredi en France, a été reconduite pour jeudi par les assemblées générales de cheminots à l'appel des syndicats opposés au projet de réforme ferroviaire.
L'entreprise prévoit cependant une "amélioration significative" du nombre de trains en circulation jeudi, avec un TGV et un TER sur deux en moyenne, contre un sur trois en moyenne mercredi.
L'Ile-de-France, où transitent 3 millions d'usagers chaque jour, va rester "le point plus difficile", avec un train sur trois en moyenne, a indiqué Patrick Ropert, directeur de la communication.
Face à l'ampleur du mouvement, le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, qui devait recevoir initialement une partie des syndicats jeudi, a avancé la réunion à mercredi soir, l'élargissant à toutes les organisations représentatives.
"Toutes les organisations syndicales seront reçues dès ce soir pour un tour d'horizon, pour expliciter l'enjeu de cette réforme. Nous poursuivrons les négociations demain matin", a-t-il dit dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
"Si nous ne faisons rien, c'est l'avenir même du ferroviaire qui est en cause (...). Des marges de manoeuvre existent, nous ne souhaitons pas sacrifier les services publics à la concurrence", a-t-il ajouté.
Le projet de loi sur la réforme ferroviaire sera examiné par les députés à partir du mardi 17 juin.
"RÉFORME INDISPENSABLE"
Le mouvement reconductible a débuté mardi soir à l'appel de la CGT, Sud Rail, FO et First, qui s'opposent au projet prévoyant le rapprochement sous une même holding de la SNCF et de RFF, le gestionnaire du réseau ferré.
Selon la SNCF, le taux de grévistes sur l'ensemble du réseau s'établissait mercredi à la mi-journée à 27,84%. Mais pour la CGT, ces chiffres sont "volontairement erronés" et "plus d'un cheminot sur deux participe à la grève".
Selon la CGT et FO, la grève a été reconduite partout jusqu'à jeudi 19h00.
Les quatre organisations engagées dans la grève réclament le retour à la situation prévalant avant 1997, à savoir la réunification de la SNCF et de RFF au sein d'un seul et même établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 40 milliards d'euros par l'Etat.
Frédéric Cuvillier a défendu une réforme "indispensable" pour "moderniser, pour simplifier la SNCF, pour lui donner plus de force" et résorber son désendettement, dans la perspective de l'ouverture du rail à la concurrence d'ici 2019.
L'Unsa a refusé de prendre part dans l'immédiat à la grève, disant attendre le résultat des entretiens avec le ministre avant d'envisager de rejoindre le mouvement et a déposé par précaution un préavis de grève pour le 17 juin.
La CFDT, qui n'a pas non plus appelé à la grève, devait être également reçue en fin de journée avant l'Unsa.
La situation était tendue aux abords des grandes agglomérations françaises car la grève à la SNCF se double d'un mouvement des chauffeurs de taxis qui ont entrepris des "opérations escargot" pour protester contre la concurrence "déloyale" des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC).
CES CHIENS NE PENSENT QU'A EUX, NE VOUS LAISSEZ PAS FAIRE, REFUSEZ LES CONTRÔLES, INSULTEZ-LES, C'EST TOUT CE QU'ILS MÉRITENT CES ÉGOISTES.
Commentaire de Thinos mon derniergarçon de 7 ans.

mercredi 11 juin 2014

Réponse à Alain de Benoist sur le monothéisme et la tolérance


Cher Alain, vous avez donné à Boulevard Voltaire un entretien portant sur l'intolérance des monothéismes. Vieux thème autrefois développé par Ernest Renan, qui en avait eu l'idée en lisant Spinoza et que le GRECE, en ce temps là a souvent repris. Pour mesurer la naïveté renanienne il suffit de consulter son article Paganisme dans les Nouvelles études d'histoire religieuse, par exemple p. 15 : "De là cette merveilleuse liberté qui permit à l'esprit grec de se mouvoir spontanément dans toutes les directions, sans jamais rencontrer autour de lui la limite d'un texte révélé". Merveilleuse liberté au nom de laquelle on tua Socrate comme... athée, parce qu'il ne croyait pas aux dieux de la Cité.
Vous mettez sans doute toutes sortes de bémols aux vieilles exclusives. Ainsi dites-vous avec profondeur et le véritable respect de l'autre qui vous caractérise : "Personnellement, j’irai jusqu’à contester l’usage indistinct du mot « religion » pour qualifier toutes sortes de formes différentes d’engagement spirituels, de croyances ou de fois". Je suis tout à fait d'accord et je comprends tout ce que vous, vous voulez dire par là. Quant à moi, j'ajouterais, sur un registre légèrement différent : la religion n'est pas toujours une vertu. Comme le dit le Père Laberthonière quelque part, il existe aussi un vice de religion.

Cela étant posé, en toutes lettres, c'est au monothéisme que vous imputez un nouveau type d'intolérance : l'intolérance religieuse. Mais l'intolérance religieuse est vieille comme la religion, c'est le vice de religion que je viens d'évoquer, ce que doit signifier d'ailleurs la vieille histoire de Caïn et Abel, qui, parce qu'ils ne priaient pas Dieu de la même façon, se sont trouvés opposés, jusqu'à la mort. Je cite Caïn et Abel. Mais l'intolérance religieuse, ce sont les sacrifices humains sur les Hauts lieux de Canaan ou dans les Pays Aztèques. C'est le tribut humain livré chaque année au Minotaure, car la religion grecque comme l'a montré ER Dodds n'est pas exempte de cette violence. Voyez Ajax, la tragédie de Sophocle : Athéna, jalouse, rend fou ce pauvre Ajax (c'est l'até, la folie divine) et le pousse à se suicider. La theia moira n'est pas forcément clémente. Les dieux ne sont pas toujours bons.  et ils se jouent des hommes, tout en légitimant les violences humaine par la violence divine (c'est l'histoire de la  Guerre de Troie, où l'on crie Gott mit uns des deux côtés et où la théomachie surplombe et légitime les conflits humains). La violence a souvent été complice du sacré, comme l'a montré René Girard. Et ce n'est pas le monothéisme qui a inventé cela. Le problème du polythéisme, c'est que, à travers cette théomachie, cette guerre des dieux, on est bien obligé de constater qu'il ne parvient pas à poser la valeur universelle de l'être humain : si vous n'avez pas les mêmes dieux, vous n'avez pas la même valeur, vous n'êtes rien.

Quant à la tolérance des païens, les chrétiens l'ont expérimentée à leurs dépens, en trois siècles de martyrs. Il y a eu des martyrs dès le début et partout dans l'Empire, je pense, au-delà des apôtres à propos desquels on peut invoquer un dessein divin spécial, à saint Polycarpe à Smyrne ou à saint Justin à Rome. Les gens de Smyrne et les gens de Rome ne se sont pas donnés le mot entre 155 et 165 : ils ont spontanément manifesté leur vraie nature : intolérante. Il y en a un qui l'a éprouvé bien avant Jésus-Christ, il était monothéiste, mais à sa manière : il croyait à une loi unique pour tous les hommes : Socrate, condamné pour athéisme, parce que les dieux de la Cité ne lui suffisaient pas pour penser l'unité de l'humanité. Je pense aussi à Celse, ce grand ennemi des chrétiens que vous faisiez naguère profession d'admirer : quel vieux con ! Quel intolérant ! Il déteste les cultes orientaux et ajoute foi à l'anthropophagie des chrétiens, interprétant ainsi l'eucharistie d'une manière bien téméraire. Mais surtout, pour lui, les hommes au loin sont des sous-hommes. Ils peuvent être immolés à la gloire de Rome...

Non seulement l'intolérance religieuse ne remonte pas au monothéisme, mais c'est un monothéisme, le christianisme, qui invente la tolérance. Pourquoi ? Parce que contrairement au polythéisme, le christianisme est un universalisme. Les hommes sont tous concernés, qu'ils le sachent ou non, par la passion du Christ. On ne peut donc les traiter comme des sous-hommes, même si on en aurait bien envie, même s'il est arrivé que des chrétiens conservent quelque chose du vieil exclusivisme païen. Il faut penser une attitude intermédiaire, qui est d'ailleurs celle de Dieu d'après l'Evangile : "Il fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants". La parabole du bon grain et de l'ivraie représente comme une thématisation explicite d ela tolérance évangélique. Attention ! Cette tolérance n'a rien à voir avec l'indifférence. Il est vrai que les chrétiens essaieront toujours de convertir ceux qui ne le sont pas (sous peine de ne plus être chrétiens que de nom). Je ne dis pas que tous les chrétiens ont les défauts du prédicant baptiste, mais je dis que le salut de leurs frères leur importe et que d'une manière ou d'une autre, ils se considèrent comme des témoins de la foi véritable.

Mais n'est-ce pas de l'intolérance cela ?

Le mot tolérance a changé de sens Lorsque Cajétan ou Suarez le théorisaient aux deux bouts du XVIème siècle, il signifiait ce que porte son étymologie : un devoir de supporter l'erreur au nom de la dignité de celui qui est dans l'erreur. Mais aujourd'hui la tolérance, c'est l'agnosticisme obligatoire et la non-pensée comme apothéose de l'esprit. Quiconque affirme quelque chose dans l'ordre de la destinée humaine, devient pour cela, un intolérant. Il est bien évident cher Alain, que ni vous ni moi ne pouvons admettre cette tolérance-là qui mène droit à ce que vous vous avez appelé la pensée unique. Qu'est-ce que la pensée unique sinon l'impossibilité de penser, érigée en loi ? Fausse tolérance puisqu'elle engendre la plus terrible intolérance, celle de la non-pensée.

Pénibilité : la France perd des points


Présenté par le gouvernement comme un joyau du progrès social, ce « compte pénibilité » tient plutôt de la caricature d’une France qui perd. Et qui se perd. Passons sur l’usine à gaz de cette mécanique infernale, unique en Europe. Oublions son coût aussi lourd que flou, supporté comme il se doit par les entreprises. Laissons de côté les effets pervers et les mauvais signaux envoyés sur la prévention, l’emploi des seniors, le nécessaire report de l’âge de départ à la retraite… Plus que ces ravages annoncés, le clou de la loi Touraine est révélateur d’un triple fourvoiement.
 
D’abord, il accentuera le corporatisme, dans une France déjà asphyxiée par de multiples statuts, minée par la jalousie sociale, paralysée par ses rigidités. Vous avez aimé détester les « régimes spéciaux », vous adorerez maudire les « métiers pénibles » – potentiellement 20 % des salariés ! Ensuite, il alimentera le clientélisme, machine folle à transferts sociaux. A chaque catégorie professionnelle ses rentiers, ses lobbyistes, ses revendications. En multipliant les régimes particuliers, le gouvernement s’expose à davantage de conflictualité, de concessions et donc… de déficits.
 
Même s’il ouvre de nouveaux droits, ce dispositif alimentera enfin la défiance. Ce mal français ronge notre économie. Bombe financière, fruit d’un mauvais marchandage sur la « réforme » des retraites, symbole d’un paritarisme boiteux écrasé par l’interventionnisme étatique, le « compte pénibilité » est l’archétype de ces politiques du passé, dépassées avant même d’être appliquées. Au final, c’est toute la France qui perd, pour le coup, des points.

L’UMP à crédit

L’UMP à crédit
L'UMP est donc devenue depuis hier soir « l'Union Momentanée des Pachas ». On ne nous en voudra pas de jouer ainsi avec le sigle du parti créé en 2002, et mis à toutes les sauces ces derniers temps avant, sans doute, d'être promis à un inéluctable changement. Car il va de soi que le bureau politique d'hier soir, rue de Vaugirard, n'a fait qu'éviter le pire avec la désignation transitoire à la tête du mouvement de la « troïka » de trois anciens Premiers ministres (Fillon-Juppé-Raffarin) flanquée d'un secrétaire général en la personne de Jean-Luc Chatel. En bonne diplomatie politique, cela s'appelle un compromis.
On aurait aimé que cette solution de sagesse, dans l'attente du congrès qui élira le président de l'UMP, soit le fruit d'une réelle prise de conscience des dirigeants. Qu'ils aient enfin mesuré l'éc'urement de leurs militants. Qu'ils aient privilégié l'impérieuse nécessité démocratique d'incarner une alternance politique crédible au lieu d'abandonner le terrain au FN. Hélas, rien n'est moins évident que cela.
À coup sûr, les ambitions personnelles ont encore prévalu hier soir sur la défense de l'intérêt général. Sarkozistes et Copéistes ne voulaient pas d'un triumvirat omnipotent et, selon eux, dépourvu de légitimité. Fillonistes et Juppéistes s'opposaient à la nomination, non statutaire, d'un président intérimaire (Jean-Luc Chatel) qui avait démissionné de la direction du parti en même temps que Copé. D'où le fameux compromis ménageant, dans une défiance réciproque, les intérêts de chacun pour l'avenir.
C'est bien entendu sur ce plan-là que rien n'est réglé. Quid de la candidature de Sarkozy à la présidence de l'UMP ? Quid de la ligne politique du parti ? Quid de la primaire pour 2017 ? Toutes ces questions constituent des bombes à fragmentation lente. Elles ne seront pas sans conséquence sur l'avenir de l'UMP. Sans oublier les « cactus » financiers. À court terme, la « troïka » et son secrétaire général vont devoir plonger dans les comptes du parti endetté à hauteur de 70 millions d'euros. Sur tous les plans, l'UMP a bien besoin de se refaire un crédit.

Des taux fous, fous, fous...


Jetez un coup d'oeil aux taux d'emprunt des pays d'Europe du Sud... Ils continuent à chuter et atteignent des niveaux que personne n'aurait pu prévoir au plus fort de la crise de la zone euro ni même il y a quelques mois. L'hystérie collective des investisseurs continue: il faut dire qu'avec les torrents de liquidité qui inondent le marché, les investisseurs achètent tout et n'importe quoi.
Les pays d’Europe du Sud continuent à attirer les investisseurs
Quand on regarde les taux d’emprunt d’état à 10 ans de ces anciens pays estampillés en faillite ou à haut risque il y a encore quelques mois, il y a de quoi halluciner. Les taux Espagnols hier sont passés en dessous des taux Américains, les taux Italiens en dessous des taux Anglais. Et les deux s’approchent des 2.5%.

Même le Portugal est à la fête
Rappelons que le Portugal a mis fin il y a quelques jours au plan d’aide internationale. Il est redevenu autonome et va d’ailleurs lever aujourd’hui entre 500 et 750 millions d’euros à 10 ans. Tenez vous bien, le taux pourrait être de 3.3% environ. Il était à 7.5% il y a 9 mois seulement.

On peut expliquer cette euphorie.
Avec deux explications pourtant contradictoires. Les investisseurs parient sur une économie européenne atone, au bord de la déflation, mais ils parient également sur un rebond économique des pays d’Europe du Sud. Déflation plus retour de la confiance égale taux bas. Et je suis incapable de vous dire si c’est une bulle ou bas. En ce moment tout monte car les marchés financiers sont inondés de liquidités et nul ne sait quand ça s’arrêtera…

Ras-le-bol du sabotage économique

Ras-le-bol du sabotage économique


Zéro croissance. Un chômage qui grimpe. Un pouvoir d'achat en berne. Et un retard qui se creuse avec tous nos voisins. Et pendant ce temps, des groupes et des corporations ne pensent qu'à défendre leurs privilèges même si cela doit accélérer notre chute. On ne peut pas parler de revendication. C'est tout simplement du sabotage économique. Le même qui a détruit notre industrie.
GRÈVE DES TRAINS...

Journée de grève dans les transports. Ce qu’il se passe aujourd’hui est l’illustration parfaite du mal Français. Une journée suffit à comprendre ce qui bloque la France. D’un côté les usagers de la SNCF pris en otage par des syndicats irresponsables et de moins en moins représentatifs. Des syndicats vent debout contre une réforme qui n’a pourtant aucun impact sur leur statut, alors que c’est le statut même de cheminots qu’il faudrait réformer en profondeur.

ET PROTESTATION DES TAXIS
A l’heure où le leader des voitures de tourisme avec chauffeur, Uber, lève aux États Unis 1.2 milliards de dollars sur une valorisation de 17 milliards, ici c’est une corporation qui défend encore son pré carré et rejoint tous ceux qui veulent bloquer la concurrence.Tout cela me rend dingue. Le pays coule lentement mais sûrement et certains continuent à l’enfoncer. Rajoutez à cela un gouvernement et des politiques sans aucun courage qui cède à la moindre grève ou à la moindre menace et vous comprenez pourquoi on ne décolle pas. 


PAUVRE SECTEUR PRIVÉ
Et pendant ce temps l'écart se creuse entre secteur privé et fonctionnaire avec une discussion aujourd'hui entre les syndicats et le gouvernement sur la baisse des cotisations salariales pour deux millions de fonctionnaires. Vivement qu'on soit tous fonctionnaires et qu'on en finisse.

VOUS LES FEMMES...
Notre président, notre Julio Iglesias national, continue à alimenter son image d'homme à femmes. Il a dégagé trois conseillers à l’Élysée, Thierry Rey sur le sport, David Kessler à la culture et surtout l'ancien banquier d'affaires Emmanuel Macron pour les remplacer par trois femmes, respectivement Nathalie Ianetta, Audrey Azoulay et l'économiste de la Bank of America Laurence Boone. Il est trop fort. Vraiment trop fort. Personne ne peut lutter. À quand un film: "Welcome To the Élysée Palace...."

BONNE NOUVELLE?
La production industrielle est en hausse de 0.3% en Avril après une baisse en Mars...Mais elle est toujours 16% plus faible qu'en 2008.

APRÈS LES TALIBANS
Au Pakistan, c'est Al-qaida qui fait exploser une partie de l'Irak. Bravo Barack.

LA BOURSE ENTRE EN BOURSE
Euronext a annoncé qu'il se coterait le 20 Juin à une valorisation d'environ 1.5 milliard d'euros avec une levée d'environ 1 milliard d'euros. On apprend que les dirigeants et le conseil d'administration toucheront 6.8 millions d'euros plus des actions, en fonction de la performance, pour un bénéfice de 87.5 millions d'euros l'année passée. Est-ce qu'il vaudra mieux être dirigeant qu'actionnaire ?

MERCI CÉCILE
On ne peut pas toujours dire que les politiques et les membres du gouvernement ne font rien. C'est faux. L'action de Cécile Duflot a eu un impact sur le logement: La construction des logements s'est effondrée et la loi Alur a provoqué un ralentissement sans précèdent des ventes de biens compte tenu de la masse de documents nécessaire aujourd'hui à une transaction. Sacrée Cécile. On la regrette déjà.

LE LIVRE D'HILLARY
Hard choices est en vente. 1 millions de livres pré commandés et une estimation des ventes à 2 millions. Elle a reçu une petite avance garantie de 14 millions de dollars... Scandaleux qu'elle dépasse nos grands penseurs Marc Lévy et Guillaume Musso...

SURPRENANT
On apprend à l'occasion que George Bush a battu Bill Clinton( 2,082,000 ventes de Decision Points contre 1,659,000 pour My life de Bill Clinton) et l'autobiographie de Barack (2,053,000) pour Dreams from my father... Un livre de George Bush...

VOILA C'EST TOUT
BONNE JOURNÉE
MAY THE FORCE BE WITH YOU

SNCF, taxis, intermittents : les derniers feux du corporatisme à la Française


En 1960, Jacques Rueff avait été chargé par le Général de Gaulle d'identifier les blocages de l'économie française: parmi d'autres, l'économiste libéral avait relevé que «la limitation réglementaire du nombre de taxis nuit à la satisfaction de la demande et entraîne la création de «situation acquises». Un demi-siècle plus tard, la situation n'a pas changé. Et pour cause! A chaque tentative de réforme, les taxis se sont mobilisés. Et ils ne sont pas seuls!
En ce mois de juin, le retour du beau temps emporte avec lui toute une flopée de protestataires: intermittents, cheminots... Comme toujours, serait-on tenté d'ajouter. Il faut les comprendre ; les grévistes du printemps 2014 ont des inquiétudes sincères: les réformes en cours vont altérer - souvent à la marge - les forteresses qui les protégeaient. Personne n'aime perdre son confort. Pour autant, ces réticences n'enlèvent rien au fait que nos grévistes se battent pour des rentes qui servent une minorité mais sont collectivement inefficaces.
Ces combats d'arrière-garde sont le reflet d'une France à bout de souffle.
Une France exsangue et en faillite. Les régimes si généreux et protecteurs dont bénéficient nos grévistes datent d'une autre époque. D'un temps où la France vivait de manière dispendieuse: quand elle pouvait se payer le luxe de financer les rentiers pour entretenir la paix sociale. Qu'importe que les intermittents bénéficient d'aides, puisque la croissance était là pour remplir les caisses. Qu'importe également, que les taxis soient protégés par une réglementation qui nuit à l'emploi, puisque le dynamisme économique créait de l'activité ailleurs.
Le problème, c'est que le chômage a explosé et que l'Etat est ruiné. L'inaction des Gouvernements successifs et l'effet conjugué des défenseurs des privilèges acquis nous ont conduit dans l'impasse. Les grévistes font mine de l'ignorer, mais le système qu'ils défendent est en train de mourir faute d'avoir été soigné.
La France s'est enfoncée doucement, mais sûrement. Jusqu'à la révolution numérique, qui a constitué un choc brutal. Les débuts de la mondialisation avaient constitué une première alerte, mais internet est aujourd'hui le plus clair révélateur des archaïsmes français: son extraordinaire dynamisme confronte avec une violence crue nos réglementations dépassées à leurs limites, et pour tout dire, à leur absurdité.
Une France également craintive et fragile. Une société de rentiers est sclérosée et statique: puisque chacun défend son pré-carré en veillant à bien le clore derrière soi, tout le monde pressent que s'il perd sa portion de privilège, il ne retrouvera que des portes fermées. L'avenir est nécessairement angoissant, puisqu'il pourrait apporter du changement et bouleverser l'équilibre fragile des rentes. Dans une société de rentiers, les opportunités et le mérite n'existent pas: seules comptent la cooptation et les accointances sociales. Alors tout le monde se bat, avec hargne, pour retenir ses miettes d'Etat-Providence, acheter sa charge et conserver ses droits de tirage.
Nos grévistes ne sont pas les seuls coupables, ni les seuls responsables. Dans un système organisé autour de l'Etat, il incombait aux élites administratives et politiques de prendre la mesure des défis. Elles ne l'ont pas fait. Le système politique en paie le prix.
Aujourd'hui, dans la rue les marches des grévistes ressembleront à une marche funèbre. Celle d'un modèle dit «social» qui a conduit à sa propre perte, délitant au passage la société française. Les protestataires prétendent construire un monde pour demain, alors qu'ils s'inclinent devant un univers qui disparaît. Leurs revendications sont d'autant plus virulentes qu'il est probable qu'au plus profond d'eux-mêmes, ils réalisent que ce tour de piste est l'un des derniers. Sur le pavé de Paris, leurs chants résonnent comme des requiems.

mardi 10 juin 2014

L’élargissement de l’UE : à qui le tour ?


Selon plusieurs médias, le nouveau président d’Ukraine Piotr Porochenko a employé le plus souvent dans sons discours d’investiture prononcé le 7 juin le mot « Europe ». Ce mot a été également employé le 8 juin aux législatives anticipées au Kosovo. La chancelière allemande Angela Merkel a abordé jeudi 5 juin les problèmes européens dans son message vidéo aux pays balkaniques.
Dans tous ces cas il s’agissait des perspectives des pays susmentionnés d’adhésion à l’UE, le club le plus prestigieux des puissances européennes.

Il convient de préciser qu’« une partie du peuple » - ce sont les « républiques populaires » de Donetsk et de Lougansk proclamées à l’issue des référendums. Personne ne les reconnaît mais cela n’a pas dans ce cas d’importance. L’Ukraine est désintégrée en Ouest et en Est et l’on assiste au lieu du dialogue avec les partisans de la fédéralisation à l’extermination physique. La situation catastrophique dans l’économie de cet Etat qui revient à sa « Patrie historique », en Europe a été plus d’une fois signalée. Comment Bruxelles s’imagine l’« association » avec une telle Ukraine ?
Le Kosovo où les législatives viennent de se terminer qui fait la queue pour être admis à l’Europe ne saurait lui non plus être considéré entièrement comme un Etat. Pour le moment le Kosovo est reconnu par 99 pays du monde. 5 pays membres de l’UE ne l’ont pas fait. Quant aux autres prétendants balkaniques à l’adhésion à l’UE, Angela Merkel a avoué dans son message vidéo qu’ils devront franchir une « longue » voie. Pourquoi les poids lourds de l’Europe unie ne sont pas pressés à admettre de nouveaux membres ? Le chef du département des pays et des régions de l’Institut de l’Europe Vladislav Belov attribue ce fait aux motifs politiques.
« Il y a eu avant le début des années 1990 des objectifs économiques et politiques fixés devant l’espace d’intégration, dit Vladislav Belov, mais dès le début du XXIe siècle la priorité est donnée aux objectifs politiques. Il est difficile de prédire l’avenir de cet espace. Uni dans plusieurs aspects, il est, néanmoins, désintégré. Cependant, ces contradictions ressentent aujourd’hui l’effet des événements de l’Ukraine qui influeront négativement tant sur la Russie que sur l’UE en général. »
Dans le même temps, d’après les informations, toutes les unités sans exception du ministère de l’intérieur du pays participeront à l’opération punitive contre le Sud-Est de l’Ukraine. Le « retour en Europe » continue.

A mon avis, il serait temps que l'Europe réfléchisse à son élargissement, il ne mènera qu'à a ruine. 
L'Europe est déjà moribonde.

François Hollande le bonimenteur…


François Hollande, président de la France est-il un bouffon, un aimable farceur, un rigolo, ou un escroc?
Après sa nouvelle déclaration « Le retournement économique» est pour bientôt », comment prendre ce type au sérieux à moins que ce ne soit une spécialité linguistique du couple Hollande-Royal, lancer des couillonnades devant les journalistes?
François Hollande en Madame Irma, pourquoi pas mais il aurait été honnête de prévenir les français!
Après ses prédictions sur le chômage, fausses, sur la reprise, fausses, c’est un virage ou un looping à 180° que voit la cartomancienne de Tulle….
François Hollande qui a beaucoup de temps à perdre, ce qui prouve que cinq années à la tête de l’exécutif, c’est bien trop long, occupe ses journées dans des prédictions vaseuses ou à courir le jupon afin de rattraper sa jeunesse perdue dans les couches et le fromage de chèvre.
Non, tout cela n’est pas sérieux, et les français appelés aux urnes pour reclasser les Moscovici, Peillon and Co au parlement européen ont fait savoir qu’ils ne comptaient pas se déranger. Les français ne pourront pas faire l’économie d’une nouvelle révolution pour se débarrasser de cette clique de rigolos, certes, mais sinistres.

Nicolas Sarkozy ou le syndrome de Monte-Cristo


Houba! Houba! Encore un peu et il ferait des bonds de Marsupilami. Son œil droit pétille de gaité. Le gauche pourtant reste un peu triste. Cette fois, le sort en est jeté! Nicolas a déterré la hache de guerre. N'est-ce pas ce qu'il souhaitait? Revenir!
Si c'était aussi simple! Comme la plupart des hommes, Nicolas est multiple. D'un côté il s'est confortablement installé dans sa nouvelle vie. Il y a Carla, si belle, la petite Giulia qui est à croquer, les conférences à travers le monde, les bravos sans arrière pensée, la liberté.
De l'autre, le comte de Monte Cristo n'est jamais parvenu pas se contenter de sa bonne fortune. A cause des affaires. Depuis des années elles tournent et vrombissent autour de Nicolas. Comme des mouches. Il y a eu Clearsteam. Puis Bettencourt. Il en est sorti blanchi. Restent Karachi, Khadafi, Tapie et maintenant on voudrait lui faire porter le chapeau des fausses factures de Bygmalion. C'est la goutte qui a fait déborder le vase.
Sous ce déluge, un autre se serait flingué. Ou exilé. Il n'y a jamais pensé. Edmond Dantès est revenu pour ruiner la vie de ceux qui l'avaient fait incarcérer au château d'If. Nicolas a envoyé ses Grognards en avant garde. Ils portaient une bombe. Elle a éclaté tandis qu'il était encore en Russie où il a longuement devisé avec Vladimir Poutine. Volodia n'est pas un saint mais le faire passer pour le diable est bien dans la manière des Tartuffe, ces donneurs de leçons qui ne se les appliquent jamais à eux-mêmes.
Joli coup! Nul ne s'attendait à cette volte face. L'affaire Bygmalion qui lui a valu de chuter dans les sondages, a été pulvérisée par la nouvelle du retour de Nicolas sur la scène. Il est «nécessaire» a dit Brice Hortefeux. Il serait imminent a aussitôt relayé la presse.
Ah les médias! Comment se passer de ce tambour quand on veut occuper toute la place? Mais aussi quel ramassis de faux jetons! Ils vous picorent dans la main et puis ils vous plantent un couteau dans le dos. Mais c'est peut être de bonne guerre.
N'empêchent, les déclarations de Brice, son côté pince sans rire est décidément inimitable, ont semé la zizanie dans le Landerneau d'une droite qui depuis deux ans se saborde elle même. Le triumvirat qui a joyeusement violé les statuts de l'UMP, s'y raccroche comme à un radeau. Les seconds couteaux, qui se voyaient déjà en haut de l'affiche, serrent les fesses. Un vrai plaisir!
Et chaque commentateur de se gargariser: nous vous l'avions bien dit, Nicolas ne pense qu'à ça!
Nicolas a haussé une épaule, puis l'autre. Une petite chouquette? Il refuse. Non, non, il ne boude pas. Il réfléchit. Sa stratégie est sans dessus dessous. Lui ce qu'il souhaitait c'est revenir comme le Général en 1958. En sauveur d'une France à la dérive.
Et il n'avait plus si longtemps à attendre. Malgré l'arrivée de Manuel Valls à Matignon. Car il peut faire quoi son émule, son semblable? Secouer Hollande ? Mais comment obtenir d'une tortue qu'elle accélère le pas?
Nicolas voulait se donner encore un peu de temps. Du temps pour les vacances. Du temps pour faire semblant d'hésiter. Du temps parce que dans sa vie, jusqu'en 2012, il n'en avait jamais pris. Du temps parce qu'il est bon, au fond, de le laisser s'écouler auprès des siens, de ceux qu'on aime.
Ils sont vraiment trop cons, ceux qui croient que Nicolas n'a que l'ambition vissée au corps et le goût du pouvoir comme raison d'être. Jadis, peut être. Et encore!
Ce qu'il voulait… Que veulent les enfants tristes sinon être aimés?
Quand ils grandissent, bien sûr, ca devient beaucoup plus compliqué. On distribue des coups. On en reçoit. Des cicatrices? Il pourrait en montrer. Et quelques unes ne sont pas belles à voir. Elles suppurent. Mais ce sont précisément ces blessures qui lui donnent un accent de vérité lorsqu'il s'adresse au peuple de France. Et ce vieux peuple a cru en lui.
Son œil droit ne rit plus. Le gauche a presque envie de pleurer. Nicolas sait bien qu'il a tout gâché. La foi qu'il avait soulevée en 2007, même chez Jean Jaurès à Carmaux, il l'a gaspillé!
L'avouer? Ca servirait à quoi? Ce qu'il veut c'est recréer cet élan qui le portait et cet espoir qu'il a incarné. Le pouvoir, aujourd'hui il le sait, n'est qu'un hochet. N'importe qui peut en jouer. En user. Ou même en abuser. Mais le sang qui bat soudain à vos tempes quand un peuple debout vous accorde sa confiance…
Nicolas n'a plus du tout envie de faire Houba! Houba! Il a posé sa tête sur les genoux de Carla. Elle caresse ses cheveux qui grisonnent. Elle fredonne: Doux mon Raymond, doux… Il a fermé les yeux. Et dans son rêve, ceux de Carmaux, ceux des usines qui ferment, ceux qui n'ont plus rien et que le monde effraye, reviennent vers lui, lui pardonnent.

La dernière « fournée »

Comment mieux résumer la situation qu'en paraphrasant Arnaud Montebourg à propos d'une autre histoire de famille : « Le plus gros défaut de Marine Le Pen, c'est son père ! ». La dernière « provoc » du président d'honneur du Front national a déclenché une tempête qui n'est pas seulement familiale. En condamnant la « faute politique » de son père, Marine Le Pen aurait, nous dit-on, scellé la rupture idéologique avec son encombrant géniteur. Faut-il, cependant, se perdre en conjectures autour de ce « drame dans la famille » ? Va-t-on devoir gloser pendant des semaines sur cette « fournée » comme on le fit sur d'autres dérapages du patriarche, sans endiguer pour autant la vague frontiste ?
Affirmer cela ne revient pas à absoudre le fondateur du FN, décidément incurable et sans excuse. Il est trop fin linguiste pour ne pas avoir utilisé le mot à dessein en sachant pouvoir s'abriter derrière un double sens. Il est trop roué pour ne pas avoir pensé qu'il allait gêner sa fille dans sa stratégie de « dédiabolisation ». Il l'a même fait exprès, avec cette malice gourmande et vacharde que mettent les gérontes vaguement aigris à torpiller les ambitions de leurs insolents successeurs.
Quant à la thèse d'une action cyniquement concertée entre le père et la fille pour se répartir les rôles entre « radicalité » et « respectabilité », nous n'y croyons guère, même si Marine Le Pen s'est limitée sobrement à une condamnation politique, donc purement tactique, de son père. Mais peu importe.
Si l'antilepénisme a échoué jusqu'alors, c'est en raison d'une stratégie de diabolisation uniquement fondée sur des considérations morales. Le peuple « d'en bas », confronté aux problèmes sociaux, n'a que faire des déclamations d'une élite coupée des réalités. Ce n'est pas en brandissant, dans des meetings « branchés », l'arme de « l'exil moral » que des artistes ou des intellos friqués parviendront à convaincre des ouvriers assignés aux corvées quotidiennes de bien voter ! Alors, revenons au vrai débat, même si l'on souhaite que cette « fournée » de Jean-Marie Le Pen soit la dernière.
Il y a malgré tout un fond de vérité dans les propos de JM Lepen: Nous n'avons pas besoins de ces artistes pompeux soit disant porteurs de la bonne parole.
Noah peut retourner vivre à New York, ça ne ma dérangera pas du tout, quant à Bruel...qu'on lui donne rendez-vous dans dix ans pour voir ce que sa bonne parole aura fait faire comme dégâts.

La perestroïka à la française


« Etes-vous satisfaits du nouveau découpage régional ? » - questionne le Figaro. « Non » - répondent 70% des 55 501 votants.

« A qui va profiter le nouveau découpage en 14 régions ? » - s’interroge FranceTVinfo, en enquêtant sur les chiffres du chômage et sur la réforme structurelle qui devrait accompagner la réorganisation régionale. La réponse est : « Nous sommes donc toujours très loin des Länder Allemands ou des régions autonomes Espagnoles ».
« Jamais la Bretagne, ses élus, son peuple, n'ont été traités avec autant de mépris ces cinquante dernières années, » - tape le point sur la table Christian Troadec, Maire de Carhaix et leadeur des Bonnets Rouges.
Une décision de plus de François Hollande qui soulève les contestations et fait parler à travers toute la France. Jusqu’à l’opposition des radicaux, tels que Jean-Michel Baylet, le patron du Parti Radical de Gauche qui dénonce « une réforme à marche forcée où l’on fusionne des régions qui n’ont aucune histoire ni tradition en commun, et où l’on signe l’arrêt de mort du département »
Nous avons donc interrogé à ce sujet, le Vice-Président du Conseil Régional de la Bretagne Jean-Michel Le Boulanger.

La Voix de la Russie. Tout le monde parle de la reforme territoriale présentée par François Hollande. Peut-on dire qu’elle est ratée ?
Jean-Michel Le Boulanger. Non, je ne crois pas qu’on puisse dire ça, parce qu’il y a un certain nombre d’éléments positifs qui ont été proposés par Président de la République.
Au premier niveau – c’est le niveau communal. On a une particularité en France -d’avoir un émiettement communal basé sur les toutes petites structures. On a 36 000 communes en France, soit la moitié de toute l’Union Européenne. La première décision intéressante – c’est de développer des intercommunalités sur une base de population de 20 000 habitants. C’est une bonne chose.
Le deuxième élément – les départements qui sont nés il y a 230 ans avec la Révolution Française. Cette structure intermédiaire entre la commune et la région, va disparaitre. Je pense également que c’est une chose.
Troisièmement, et là encore, je trouve que c’est positif, les Régions vont être dotés des moyens et compétences nouvelles en domaine économique, en formation, éducation etc. Les grands éléments de structuration du territoire seront au niveau régional.
L’ensemble, malheureusement, en termes de communication est un peu voilé par la carte des nouvelles régions qui a été rendue publique par le Président. Elle entraine une extraordinaire cacophonie. Cette carte a été construite à l’Elysée, sans concertation – c’est le point faible de la communication du président dans la matière. Ca entraine énormément de désaccord un peu partout en France.
Je ne crois pas que ça soit « raté », parce qu’il y a beaucoup de points positifs. Mais, il a un point qui incontestablement est raté– c’est la nouvelle carte.
LVdlR. C’est quand-même extraordinaire, cela fait un moment qu’on en parle… Plusieurs grosses pointures de la politique bretonne œuvrent à ce projet de la reforme territoriale : Marylise Lebranchu dirige la commission à l’Assemblée Nationale, Paul Molac en fait partie… Et on n’arrive pas à faire cette chose si simple – rattacher la Loire-Atlantique à la Bretagne, tel qu’on le réclame à corps et à cris. Christian Troadec, Maire de Carhaix et leadeur des Bonnets Rouges, ne mâche pas ses mots : « Paris la nouvelle fois charcute la Bretagne »
N’était-ce pas le moment le plus facile de faire ce que les Bretons demandent depuis les décennies ?
Jean-Michel Le Boulanger. Effectivement, je crois que c’est une occasion ratée.
Le postulat du Président de la République a été de ne pas découper au sein des régions. De garder les régions ou de les réunir entre elles. Je pense que c’est une erreur. Il fallait reconsidérer le découpage des régions sur la base d’espaces vécus, des espaces ressentis, appropriés, avec une homogénéité culturelle, historique, économique.
C’était l’occasion. L’occasion a été ratée.
Pour autant, c’est très compliqué, parce que la Loire-Atlantique qui historiquement est bretonne appartient depuis plusieurs décennies à la région Pays de la Loire. Et la région Pays de la Loire c’est arcboutée sur son maintien, contre le départ de la Loire-Atlantique. Il y a eu un certain nombre de débats homériques.
Nous avons un certain nombre de Bretons au sein du gouvernement. Et je crois, et c’est dit d’ailleurs par toute la presse, que c’est Jean-Yves Le Drian qui d’une certaine manière « sauve » la Bretagne. Je ne connais pas les coulisses (de cette intervention), mais je sais qu’il y a eu quelques discussions houleuses. Le grand risque que nous avons couru c’est que la Bretagne soit rattachée au Pays de la Loire dans une espèce d’un grand région qu’on peut appeler le Grand Ouest, un peu mou, sans singularité forte, sans dynamique forte, sans homogénéité. Ce risque a réellement été couru. Heureusement que Jean-Yves Le Drian a pu in extremis maintenir la Bretagne. Malheureusement, à quatre (départements), mais la Bretagne se maintient.
LVdlRIl ne faut pas oublier le lien essentiel entre la vie citoyenne et la vitalité démocratique. Est-ce que ce découpage institutionnel va porter un coup à la mobilisation bretonne ? Ça risque de faire naitre beaucoup de déception, certains appellent la décision (du Président) « manœuvres de diversion » Est-ce que ce n’est pas trop tard de maintenir la mobilisation bretonne ? Ne fallait-il pas agir il y a quelques mois d’une manière plus poussée ?
Jean-Michel Le Boulanger. On peut toujours refaire l’histoire. C’est facile de donner les leçons a posteriori. Je crois que la Région Bretagne a donné très clairement son avis depuis plusieurs mois, plusieurs années même. Nous avons voté des vœux, nous avons participé à des nombreuses manifestations pour le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne. Nous nous sommes engagés depuis plusieurs mois autour de l’idée de l’Assemblée de Bretagne, basée sur les cinq départements. La position de Bretagne a été connue.
Il y a un enjeu extrêmement important que vous venez évoquer, et c’est pour ça que ce découpage est raté : la vitalité démocratique de la France souffre aujourd’hui beaucoup. L’abstention se répand, il y a une distance de prise par rapport à la vie démocratique de ce pays. Les régions, dès lors qu’elles épousent l’espace vécu, l’espace approprié, dès lors qu’ils touchent au sentiment d’appartenance, à ce qu’on appelle « identité », peuvent être des leviers importants de cette vitalité démocratique qui est à reconstruire.
On se mobilise, quand on se sent « de quelque part » Les Bretons se sentent « de la Bretagne », se mobilisent dans la vie démocratique pour la Bretagne. Quand on est dans un ensemble mou qui ne répond pas à cette appropriation, ou à ce sentiment d’appartenance, quand on est dans la collectivité territoriale mal maitrisée par les citoyens, on n’a pas cet engagement, on n’a pas cette volonté de participation.
Je crois qu’il y a là une occasion ratée de connecter le découpage de nos régions avec le sentiment des citoyens, avec la volonté des citoyens… donc avec la participation des citoyens.
LVdlR. C’est une question toujours délicate – de savoir manier les sentiments dans la politique… Pour moi, les Bretons sont toujours un bon exemple de ce savoir-faire. Pourriez-vous dire deux mots sur l’Assemblée de Bretagne ? Peut-on la considérer en tant que Parlement de Bretagne revisitée à la façon moderne ?
Jean-Michel Le Boulanger. Si, d’une certaine manière. C’est une unité très singulière, très originale. En France, il n’y a pas d’autres projets de ce type aujourd’hui : fondre les départements et la région dans une seule entité qui s’appellerait Assemblée de Bretagne. Il n’y aurait plus de départements. Ce serait un exemple vivant, dynamique de décentralisation qui ne serait pas base sur la volonté du centre, qui ne serait pas la traduction d’une loi votée à Paris, mais qui serait l’émanation d’une volonté du terrain, de la région elle-même. C’est une démocratie de la décentralisation, une singularité qui devrait, je l’espère, voir le jour dans les mois à venir.
Quel sera le prochain pas dans la valse des régions ? Les Bretons arriverons-ils à leurs fins et réunifier la Bretagne historique ?
Il y a un fait quand même inquiétant là-dedans : l’information qui filtre sur les dernières heures des décisions de François Hollande montre le caractère souvent indécis dans la prise de positions. Un pas en avant, deux pas en arrière… « Le Tango a été inventé par un indécis, » - disait Félix Leclerc. Une chose est sûre – il ne faut pas prendre les gens pour les girouettes, les régions ne devraient entrer dans la ronde de la danse, mais être plutôt un point d’attache.