TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

dimanche 18 mai 2014

Politique fiction : DSK aurait-il été un meilleur président que François Hollande ?


Dominique Strauss-Kahn a fait son grand retour médiatique ce jeudi dans une émission consacré à l'euro. Le politologue Thomas Guénolé imagine à quoi aurait pu ressembler les deux premières années de sa présidence.
● Sur le plan de la politique et de la communication
A son arrivée au pouvoir, François Hollande a opté pour un gouvernement de synthèse. A quoi aurait pu ressembler le gouvernement de DSK? Quel aurait été le profil de son Premier ministre?
Concernant le poste de Premier ministre, je pense qu'il aurait nommé soit Martine Aubry, soit Manuel Valls: contrepartie logique du désistement en sa faveur déjà obtenu en vue de la primaire socialiste de 2011. Or, des deux, c'est Martine Aubry qui avait le plus de poids politique. Donc, je dirais Martine Aubry. Du reste, contrairement à une légende tenace, cette dernière n'est guère plus à gauche que Manuel Valls. En fait, la plupart des dirigeants du PS, qu'ils l'assument ou qu'ils s'en défendent, sont de fervents adeptes de la «Troisième Voie» d'Anthony Giddens, le théoricien inspirateur de Tony Blair.

Concernant les ministères majeurs, le gouvernement de Dominique Strauss-Kahn n'aurait probablement pas été très différent de ceux de François Hollande. Comme lui, il aurait eu à donner une place importante à des hiérarques du parti, tels que Laurent Fabius. Comme lui, il aurait eu à donner des postes-clés aux battus de la primaire socialiste, tels qu'Arnaud Montebourg. Comme lui, il aurait sans doute démarré avec Jérôme Cahuzac au budget, car en ne sachant pas ce qu'on sait depuis, c'était le choix logique en tant qu'ancien président de la Commission des finances.
En revanche, des amis proches de François Hollande, comme Michel Sapin, Bernard Cazeneuve ou Pierre Moscovici, n'auraient probablement pas eu des postes aussi importants. En outre, Dominique Strauss-Kahn, comme tout président, aurait fait entrer au gouvernement, à des petits ministères, des profils peu connus mais relevant de sa garde rapprochée.
François Hollande a semblé hésité sur la ligne politique à suivre et à mis près de deux ans à formaliser son orientation sociale-libérale. DSK aurait-il assumé cette orientation beaucoup plus tôt?
Un social-libéral, c'est quelqu'un qui serait de droite s'il y avait l'égalité des chances. Faute de cette égalité, il est prêt à des politiques ciblées de gauche, dans deux buts: atteindre cette égalité des chances, et corriger les pires inégalités sociales en attendant. En ce sens, Manuel Valls est social-libéral, mais ni François Hollande ni Dominique Strauss-Kahn ne le sont.
Un social-démocrate, c'est quelqu'un qui veut introduire davantage d'égalité des chances et des revenus dans le système politique et économique, mais sans pour autant changer de système. Ce réformisme le distinguera d'un socialiste, qui a les mêmes objectifs mais veut changer de système pour y parvenir. En ce sens, François Hollande et Dominique Strauss-Kahn sont sociaux-démocrates, alors qu'Arnaud Montebourg est socialiste.
Depuis au moins dix ans, Dominique Strauss-Kahn est emblématiquement social-démocrate. Aux yeux de l'opinion publique, il est même l'archétype du social-démocrate, comme François Bayrou est l'archétype du centriste. Il n'aurait donc pas eu d'autre choix que d'assumer d'emblée cette identité politique, contrairement à François Hollande qui a attendu janvier 2014 pour l'assumer.
Une partie de la gauche reproche déjà à François Hollande d'être trop à droite. Sur quelle majorité l'ancien président du FMI aurait-il pu s'appuyer?
A court terme, la majorité de Dominique Strauss-Kahn aurait été exactement la même que celle de François Hollande: le PS, EELV moyennant un accord de gouvernement et un engagement sur le nucléaire, mais pas l'extrême gauche. A moyen terme, conduisant sans doute une politique de réduction des dépenses publiques, il aurait également perdu, comme François Hollande, la participation des écologistes au gouvernement. Donc, sauf à sauter le pas d'un gouvernement d'union nationale allant des libéraux de l'UMP aux sociaux-démocrates du PS, sur ce plan il n'y aurait probablement pas eu de différence.
● Sur le plan de la politique économique et sur la question européenne
Les compétences économiques de DSK sont souvent louées. Quelles grandes mesures aurait-il pu prendre en matière budgétaire?
Compte tenu de son keynésianisme revendiqué, de son adhésion au concept de croissance endogène, et de son adhésion à la ligne européenne de réduction des dépenses publiques, Dominique Strauss-Kahn aurait probablement mené, dès le départ, trois politiques économiques simultanées. Primo, il aurait opté pour une politique de relance keynésienne, peut-être par des grands travaux. Deuzio, il aurait maintenu la logique d'investissements publics dans les secteurs d'avenir du grand emprunt de Nicolas Sarkozy. Tertio, il aurait entamé de suite la réduction drastique des dépenses publiques de fonctionnement.
Lors de sa dernière intervention sur TF1 après l'affaire du Sofitel, il laissait suggérer qu'il était favorable à la requalification d'une partie des dettes souveraines, mais en tant que patron du FMI, il a été également l'un des principaux artisans des politiques d'austérité en Grèce. Quelle aurait été la politique de DSK sur la dette publique?
Sur les dettes publiques européennes, la position de Dominique Strauss-Kahn est iconoclaste: lors de l'intervention sur TF1 que vous citez, il avait dit que la dette de la Grèce devait être abolie et que les marchés devaient prendre leur perte. Sur la dette publique française, il aurait sans doute conduit une politique de réduction drastique des dépenses publiques de fonctionnement, mais une question se pose: face au surendettement de la France, aurait-il fini par avoir la même position que pour la Grèce, à savoir la nécessité d'abolir la dette?
Comment imaginez-vous sa relation avec Angela Merkel? DSK aurait-il tenté d'imposer un rapport de forces avec la chancelière allemande?
Dominique Strauss-Kahn président aurait eu le double statut de chef de l'Etat et d'ancien directeur du FMI. Il aurait donc eu, dans les réunions des chefs d'Etat et de gouvernement européens consacrées à la politique économique, un magistère naturel. Plutôt qu'un rapport de forces, je pense qu'il aurait donc pris de facto le leadership des politiques économiques de la zone euro, comme Nicolas Sarkozy au plus fort du krach de 2008.
● En matière de politique sociétale:
Sur les sujets de société, DSK aurait-il pris des orientations comparables à celle de François Hollande? Aurait-il fait passer la loi sur le mariage pour tous de la même manière?
En vue de l'élection présidentielle de 2012, Dominique Strauss-Kahn avait confié la conception de son futur programme de gouvernement, de son programme électoral, et de sa stratégie électorale, à un homme: feu Olivier Ferrand, président du think tank social-démocrate Terra Nova. En cas de victoire de Dominique Strauss-Kahn, ce dernier aurait d'ailleurs probablement été secrétaire général de l'Elysée, c'est-à-dire adjoint du président de la République.
Or, sur les sujets de société, la ligne défendue par Olivier Ferrand était un progressisme assumé, qu'on peut aussi qualifier de libéralisme culturel ou de libéralisme sociétal. Donc, non seulement la loi sur le mariage pour tous aurait été votée, mais ce serait sans doute intervenu plus vite, et la légalisation de la procréation médicalement assistée pour les couples lesbiens n'aurait pas été enterrée. En outre, Olivier Ferrand ayant imaginé de reprendre le projet mitterrandien de droit de vote des immigrés extra-européens aux élections locales, ce projet serait resté sur la table.
En matière de laïcité, d'intégration et de sécurité, quel aurait été le modèle défendu par l'ancien maire de Sarcelles?
Dans ces domaines, Dominique Strauss-Kahn n'a pas de doctrine connue, et Terra Nova a produit assez peu de propositions. Sachant que Martine Aubry et Manuel Valls avaient accepté de se retirer de la primaire socialiste de 2011 pour soutenir Dominique Strauss-Kahn, et en admettant que Martine Aubry était le choix le plus logique comme Premier ministre, alors, Manuel Valls, positionné depuis plusieurs années sur les questions de sécurité, aurait été nommé ministre de l'Intérieur. Donc, sur ces thèmes, on aurait eu de sa part le même exercice soliste.

Taubira, Carla, Boutin et Delon, la semaine d'Anne Fulda

 Buzz autour de Christiane Taubira, mobilisation parisienne avec d'anciennes premières dames, débat sur les élections européennes, la vie parisienne ne laisse pas de répit. Anne Fulda raconte sa semaine... 
Lundi 12 mai. Buzz, buzz. Elle n'a pas chanté la Marseillaise, lors de la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage, le 10 mai. Et, badaboum, comme à chaque fois qu'il est question de Christine Taubira, aussitôt, la caisse de résonnance médiatique s'est emballée. La droite parisienne est montée au créneau et a crié son indignation. Le Front national a demandé sa démission. Ce n'est pourtant ni la première ni la dernière à «fauter». Mais voilà, aujourd'hui, c'est la Toile qui donne le la et les politiques, à la traîne, se croient obligés de renchérir à la première étincelle. Avec madame Taubira, ils sont servis: elle est un peu un pompier pyromane. C'est en effet sa réponse, sur Facebook - «certaines circonstances appellent davantage au recueillement qu'au karaoké d'estrade» - et surtout ce terme de «karaoké d'estrade» qui choque le plus. Et hop c'est reparti! Le buzz a repris de plus belle. Bzz, bzz. Pendant ce temps là, on oublie l'essentiel: personne ne parle de la grande
réforme pénale qui va être examinée début juin à l'Assemblée nationale.
Des socialistes affligés. Reçu ce matin un communiqué de presse d'un nouveau club, «Les socialistes affligés», créé par Liëm Hoang-Ngoc, député au Parlement européen et Philippe Marlière, professeur à l'University College qui veulent représenter les «socialistes et sociaux-démocrates affligés par l'orientation politique du gouvernement actuel». On verra ce que deviendra ce think tank, mais le nom est bien trouvé. On dirait du Souchon: «on nous inflige des désirs qui nous affligent».
Mardi 13 mai. Mobilisation parisienne. Je passe devant le rassemblement du comité #LiberezNosFilles#BringBackOurGirls. Le rendez-vous a été donné à 9 heures sur le parvis des Droits de l'Homme, place du Trocadéro, à Paris, en soutien aux lycéennes enlevées au Nigeria par la secte Boko Haram, avec une affiche très people. Des ex- premières dames (de toute façon il n'y en pas d'actuelles), Valérie Trierweiler d'un côté, Carla Bruni-Sarkozy de l'autre, une ex «première demoiselle», Claude Chirac mais aussi quelques personnalités du showbiz: Line Renaud, la réalisatrice Liza Azuelos (qui a notamment écrit Lol) les comédienne Karine Sylla et Sandrine Kiberlain, Inès de la Fressange….Le blogueur David Genzel, taquin, envoie un message pour signaler «Amanda (Sthers), Claude (Chirac), Yamina (Benguigui), Valérie (Trierweiler) toutes chez Carette», la pâtissier chic de la place. Est-ce l'heure de rendez-vous, un jour de semaine (quand on travaille, ce n'est pas très pratique), ou les têtes de gondole? En tout cas, il n'y a pas grand-monde. Et, quasi instantanément, à quelques centaines de mètres de là, dans une école irakienne du quartier, des petites filles voilées, emmenées certains jours par des mères portant un voile intégral noir, viennent d'entrer en cours. Troublant.
Mardi soir, Casino de Paris. «Et toc!» dit Carla. Concert de Carla Bruni. La salle est pleine. On chante mais on fait aussi de la politique. L'air de rien. Le spectacle est sur scène mais aussi dans la salle. Nicolas Sarkozy provoque une émeute. On l'attrape, on lui demande des autographes, on lui demande de revenir. Carla, elle, chante ses jolies ballades de sa voix rauque: «Douce France» , «Keith et Anita», «Raphael»…et «Le pingouin». «Le pingouin, les bras ballants mais l'œil hautain. Car il prétend le pingouin être sûr de ce qui est certain». Non, bien-sûr aucune ressemblance avec François Hollande, assure-t-elle. «Il est savant ce pingouin. Il a étudié son latin et son accent le pingouin. Mais quand il parle on entend rien, il bouffe ses mots le pingouin». Une fois la dernière note de la chanson terminée. Un blanc. Puis, l'ancienne première dame qui ne s'est jamais sentie dame relève la tête, et lance, avec un grand sourire et comme un air de défi dans le regard: «Et toc!» Rires dans la salle.
Mercredi 14 mai. Mauvais temps pour les directrices de journaux. On apprend le même jour la démission de Natalie Nougayrède, la directrice du «Monde» qui assure «ne plus avoir les moyens d'assurer en toute plénitude et sérénité» ses fonctions et celle de Jill Abramson, directrice de la rédaction du «New York Times».
Jeudi 15 mai,Europe 1, Michel Sapin. Croissance zéro? «Rien de grave». Ce matin, on vient d'apprendre que selon les chiffres publiés par l'Insee, l'économie française a eu une croissance nulle lors du premier semestre. Cela n'inquiète pas du tout le ministre des Finances et des Comptes publics, invité de Jean-Pierre Elkabbach. «Ce n'est pas grave mais cela conforte toute la politique que nous menons aujourd'hui». De quoi laisser songeur.
Presque en même temps, et comme en réponse à son collègue au gouvernement, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, invité de RTL, lâche: «je ne crois pas qu'il soit utile pour un ministre d'ajouter des phrases aux phrases». Inspiré par Audiard dans les Tontons flingueurs «c'est curieux, chez les marins ce besoin de faire des phrases»?
Drôles de visions, jeudi 15 mai. Le maillon faible à la sauce européenne. Eurovision(s) . Tiens ils repassent l'Eurovisions? Jeudi drôle d'impression, on tombe sur la bande annonce de l'Eurovisions, quelques jours après la
victoire, à Copenhague, de Conchita Wurst, la femme barbue du concours. On s'attend à revoir ce travesti autrichien en robe de vamp mais non, là c'est du sérieux. Eurovision(s), tel est le nom donné au premier débat jamais organisé entre les candidats à la présidence de la Commission européenne. Un évènement tellement historique et peu prometteur en termes d'audience qu'il est diffusé sur LCP, LCI et Itélé. On s'attend à bailler aux corneilles, mais on est plutôt heureusement surpris. La mise en scène a été soignée. On dirait un jeu télé, du genre «Le maillon faible». Il ne manque plus que Laurence Boccolini. Les organisateurs ont préféré faire appel à la journaliste vedette de la RAI, l'italienne Monica Maggioni qui mène les débats en anglais (avec une traduction simultanée). Les candidats: le luxembourgeois Jean-Claude Juncker (parti populaire européen), gai comme un plat de lentilles, l'Allemand Martin Schulz pour le Parti socialiste européen, le Belge Guy Verhostadt ( pour les centristes et les libéraux européens) , l'Allemande Franziska Keller pour les écologistes (Verts /ALE) et le grec Alexis Tsipras pour la gauche de la gauche (GUE). Ils sont tous équipés d'un casque fin dont le petit micro, visible sur leur joue, les fait ressembler à des chanteurs de la Star Ac. Ils ont droit à des jokers et ont aussi comme consigne de ne pas dépasser pour chacune de leur intervention les 60 secondes. Ce sont les deux plus jeunes de l'équipe la jeune et jolie écolo, en veste verte avec un tournesol au revers, et le candidat «beau gosse» de la gauche, qui sont indéniablement les plus télégéniques. La première veut lutter contre la spéculation et le second répète comme un gimmick qu'il faut stopper l'austérité. «Trouver une solution analogue à celle trouvée vis-à-vis de l'Allemagne en 1953 dont une grosse partie de la dette avait été annulée». Verhostadt est assez cash et ose même rendre hommage à Delors «un socialiste intelligent, ils ne le sont pas tous mais lui l'était». Difficile cependant de tenir sans somnoler, je zappe.
Et Philippe Villin évoque sa sexualité. Sur France 2 il y a aussi une soirée spéciale européennes. Parmi les invités: le banquier Philippe Villin, qui , en marge d'une démonstration brillante - que l'on adhère ou pas à ses thèses anti-euro - sur l'influence de la démographie allemande sur son économie, se croit obligé d'ajouter, «moi je n'ai pas d'enfants, je suis homosexuel». Etrange. Ce n'est pas franchement le sujet.
Vendredi 16 mai. Christine Boutin-Alain Delon, drôle de couple. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle sait faire parler d'elle, Christine Boutin. En début de semaine elle réagit au quart de tour à la victoire de Conchita Wurst, la femme barbue, à l'Eurovision . Tandis que «le Monde» célèbre à la une «le triomphe de la différence», la présidente de Force Vie, elle, twitte son malaise face à cette «image d'une société en perte de repères niant la réalité de la nature humaine». Et voici, qu'en cette fin de semaine elle fait un teasing en diffusant une photo d'elle à côté d'Alain Delon avec cette légende: «mais que fait Alain aux côtés de Christine»? L'acteur a enregistré un message de soutien à l'ancienne ministre, égérie des anti-PACS, qui sera diffusé au meeting parisien de Force Vie.
«Le petit a raison» . L'année dernière, à la même époque, Alain Delon montait les marches, à Cannes, à
l'occasion de la restauration du film de René Clément, Plein Soleil et de l'hommage qui lui était rendu en marge de cet évènement. Lors d'un dîner organisé après par Thierry Frémaux, le délégué général du festival de Cannes, il nous avait raconté les coulisses de ce film magique et comment il avait réussi - grâce à Bella, la femme du réalisateur, qui, à l'autre bout de la pièce avait lancé, en rouant les r, «le petit a raison» - de jouer le rôle de monsieur Ripley qui devait initialement être donné à Maurice Ronet. Ce jour-là René Clément avait créé Delon. Et c'est vrai, que l'on préfère garder cette image là de lui.

La popularité de François Hollande reste extrêmement basse


Le taux de satisfaction de François Hollande persiste à 18 %, tandis que celle de Manuel Valls s'affiche à 56 %, selon le baromètre mensuel Ifop publié dansLe Journal du Dimanche du 18 mai.

Le chef de l'Etat suscite la même satisfaction (18 %) que le mois précédent, et aussi le même mécontentement (82%) : des taux qui en font le président le plus impopulaire de la Vème République. Son nouveau premier ministre voit le taux de satisfaits fléchirlégèrement : 58 % le mois dernier, alors qu'il venait d'être nommé à Matignon, et 56 % en mai.

    Les routes meurtrières de l'immigration vers l'Europe


    Italie, Grèce, Bulgarie, Espagne sont les principales portes d'entrée dans l'Union européenne des migrants qui payent parfois de leur vie leurs rêves d'un avenir meilleur.
    - Italie -
    Depuis début 2014, plus de 36.000 migrants (Erythréens, Somaliens, Syriens en majorité) ont franchi la frontière, contre 42.925 pour toute l'année 2013 et 63.000 en 2011 au plus fort des printemps arabes.
    Le principal point d'entrée est la Sicile et notamment l'île de Lampedusa, la plus proche des côtes nord-africaines.
    Naufrages récents: 17 morts, un peu plus de 200 rescapés lundi 12 mai au large des côtes libyennes. En octobre 2013, deux énormes naufrages près de Lampedusa avaient fait un total de plus de 400 morts.
    - Grèce -
    Depuis le renforcement des contrôles, le long de la frontière terrestre avec la Turquie, au niveau du fleuve Evros, les clandestins privilégient la voie maritime Turquie-îles grecques de la mer Egée (Lesbos, Samos, Kos, Chios notamment).
    Selon le ministre de la Marine, le flux est d'environ 1.000 passages par mois (contre 3.000 sur toute l'année 2012 et 10.000 sur 2013).
    Globalement, les arrivées de migrants sont en baisse: 43.000 arrestations en 2013 dans toute la Grèce contre 76.878 en 2012 et 146.337 en 2008.
    Contrairement à l'Italie, les migrants sont acheminés sur de petites embarcations d'une dizaine à cinquante personnes, car la Turquie est à quelques kilomètres.
    Les naufrages sont fréquents: 41 morts et 12 disparus (dont 22 morts et 7 disparus le 5 mai).
    - Bulgarie -
    Avec 11.618 arrestations en 2013, les passages à la frontière avec la Turquie ont été multipliés par plus de 10 comparé aux années précédentes, avec une majorité de Syriens et d'Afghans franchissant à pied de dangereuses zones de montagne.
    La construction d'un mur sécurisé de 30 km de long a débuté en novembre et les effectifs policiers ont été renforcés aboutissant, selon le gouvernement, à ramener le nombre de passages à 160-170 par jour contre plusieurs centaines auparavant.
    - Espagne -
    Quelque 7.472 migrants sont entrés en Espagne en 2013. Le nombre de clandestins parvenus à entrer dans les enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et Melilla a augmenté de près de 50%. Une poussée qui contraste avec la réduction de 15% des arrivées par les côtes (Canaries, Baléares, détroit de Gibraltar)
    Les arrivées par les côtes avaient atteint 39.180 en 2006.
    Le gouvernement attribue cette évolution au travail de la police, en collaboration avec les pays d'origine des migrants et ceux par lesquels ils transitent, ainsi qu'aux nouveaux moyens techniques de contrôle des frontières.
    Des centaines de migrants ont à plusieurs reprises lancé des assauts contre les barrières grillagées séparant le Maroc de Ceuta et Melilla. L'une de ces tentatives, le 6 février, a entraîné la mort de 15 personnes d'origine subsaharienne qui ont tenté de contourner la frontière à la nage.
    - Roumanie -
    1.517 migrants illégaux ont été interpellés aux frontières en 2013, en baisse de 70% par rapport à 2012. Environ 40% d'entre eux tentaient d'entrer illégalement en Roumanie et 60% d'en sortir.

    samedi 17 mai 2014

    C'EST QUOI L'EUROPE ? BEN C'EST ÇA....


    POURQUOI… l’Europe s’appelle-t-elle Europe ?


    N'en déplaise aux contempteurs de cette Grèce trop dépensière par qui la  de l' est arrivée : l'UE a une... dette envers ce pays puisqu'elle lui doit son nom ! Avant d'être une construction politique, l'Europe a en effet été un mythe. Un beau mythe, avec tout ce qu'il faut d'amour et de glamour pour juger la bureaucratie bruxelloise d'un oeil bienveillant.

    Europe, avant de désigner le Vieux Continent, a d'abord eu les traits d'une jeune princesse phénicienne. La beauté de la fille du roi de Tyr (actuel Liban) ne pouvait échapper aux appétits de Zeus, séducteur devant l'Eternel. Du haut de son Olympe, le patron des dieux grecs eut un véritable coup de foudre et décida de la conquérir en usant de la ruse, comme à son habitude. Pour échapper à la jalousie de son irascible épouse, il se métamorphosa en un magnifique taureau blanc, s'approcha d'Europe en lui faisant les yeux doux et se laissa caresser par la belle. Comme ensorcelée, elle finit par lui grimper sur le dos. L'animal emmena alors sa conquête à la nage en Crète, avant de reprendre forme humaine et de lui faire trois enfants.

    Larges yeux


    Symboliquement, l'Union européenne peut au moins retenir un enseignement de l'histoire en incitant, face aux nombreux obstacles qui entravent sa bonne , ses pays membres à prendre le taureau par les cornes plutôt que de continuer à lambiner. L'étymologie même du terme Europe peut lui donner du souffle : il provient d'« eurys » (« large ») et d'« ops » (« yeux »). Bref, une vaste terre (que les Grecs ont longtemps située au nord de leur péninsule) où la vue porte loin... « Europe, c'était la fille aux grands yeux. Dès l'origine, c'est le continent qui voit en grand, ouvert au monde, à l'universalisme, aux découvertes majeures... », décrypte le philosophe Luc Ferry, qui a consacré plusieurs livres à la mythologie. Pour Ferry, revenir aux origines mythologiques du terme Europe est l'occasion de lui adresser un vibrant plaidoyer, comme il le fait dans son dernier ouvrage*. « Depuis quarante ans, quoi qu'on en dise, ses valeurs triomphent dans le monde. L'Europe, c'est la paix, la liberté d'expression absolue, la protection sociale et le seul moyen de faire front dans le contexte de la mondialisation, défend l'essayiste. Je suis effaré par les arguments de ceux qui la remettent en cause, car cela reste le projet le plus grandiose qui soit. Et ses défauts paraissent bien secondaires en regard de l'enjeu de civilisation que porte l'UE. »

    Certes, il existe une autre version de l'étymologie, moins sympathique - sémitique cette fois - du nom Europe. Qui viendrait, selon certains linguistes, d'« ereb », « coucher de soleil »... l'Occident, quand on se situe du côté du Moyen-Orient. De quoi donner raison aux mauvais augures qui dépeignent notre vieille Europe, déclinante comme le jour. Le mythe de notre belle princesse, lui, au moins, est éternel...

    Montaigne, esprit sans loi


    Il n’y a pas que la bonne chère ni la fête dans la vie. On peut aussi trouver de la joie à penser, simplement penser. Et à penser simplement un objet complexe. Il faut beaucoup de talent pour rendre d’accès facile une pensée difficile. C’est la marque d’un vrai respect à l’égard des lecteurs. Ainsi en va-t-il du Montaigne, la vie sans loi, de Pierre Manent : on ressort content de sa lecture, ébloui, repu. Voilà un livre de philosophie qui se présente avec la même franchise que les Essais, à visage découvert, ennemi des postures où le creux se dissimule sous l’alambiqué.

    Récemment, on a écrit beaucoup sur l’homme à la tour, depuis Un été avec Montaigne, d’Antoine Compagnon (Ed. des Equateurs, 2013.), à Comment vivre, une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponse, de Sarah Bakewell (Albin Michel, 2013.), en passant par une myriade d’articles commis, sous le sceau de l’érudition, par des spécialistes. L’ouvrage de Pierre Manent tranche avec ces efforts : il vise moins à traiter tel ou tel aspect des Essais qu’à démontrer en quoi Montaigne a inauguré la modernité politique. Ce n’est pas vraiment étonnant de la part de Manent, fidèle disciple de Raymond Aron. La manière mérite donc d’être soulignée dès l’abord : simplicité, clarté, rigueur, rien de scolaire, nul pédantisme. En quoi Pierre Manent suit la leçon de Montaigne, pour qui « la difficulté est une monnaie que les savants emploient comme les joueurs de passe-passe pour ne découvrir l’inanité de leur art ». Cette netteté du trait participe grandement à la volupté de la pensée en marche. Car c’est de cela qu’il s’agit : arpenter des problèmes de fond en compagnie des lecteurs, réfléchir à haute voix avec la volonté constante de se faire bien comprendre. Il y a de l’hospitalité, de la courtoisie dans cette démarche. Et même du sourire, quand Manent s’amuse des petites ruses de Montaigne pour faire passer la pilule de ses convictions iconoclastes sous une orthodoxie de façade.

    Trois questions sur "Welcome to New York", le film sur l'affaire DSK d'Abel Ferrara

    Le film d'Abel Ferrara, qui met en scène la chute de Dominique Strauss-Kahn, ne sera finalement pas montré en compétition officielle au festival de Cannes, mais dans un cinéma cannois, samedi 17 mai. 
    Il n'y aura pas de montée des marches pour Gérard Depardieu. L'acteur incarne un certain Devereaux, alias Dominique Strauss-Kahn, dans le film d'Abel FerraraWelcome to New York. Le film, qui s'inspire de la chute de DSK, ne sera pas projeté en compétition officielle à Cannes mais en marge du festival dans un cinéma cannois samedi 17 mai.
    Francetv info vous dit ce qu'il faut savoir sur ce film.

    Qu'en pensent les critiques ?

    Même si la première mondiale est prévue pour samedi, certaines personnes ont déjà vu le film. Le magazine professionnel le Film Français rapporte ainsi les critiques de réalisateurs séduits par le film. "Bisset [qui incarne Anne Sinclair] est à tomber. Ferrara au top. Depardieu explose tout", confie l'Argentin Gaspard Noé. L'Italien Paolo Sorrentino qualifie le long-métrage de "brillant". Quant à Milos Forman, il estime que c'est "le meilleur film" de Ferrara.
    Le magazine américain Variety (en anglais) s'extasie également devant"l'incroyable performance de Gérard Depardieu". Le Monde est plus nuancé : "Si Welcome to New York passionne, c'est qu'il est aussi mal dégrossi et suicidaire que son personnage, alternant des moments magnifiques et d'autres assez patauds, au risque de se saborder lui-même". Le Nouvel Observateur est encore moins convaincu et n'hésite pas à parler de "navet".

    Où est-ce que je peux voir le film ?

    Le film ne sera distribué dans aucune salle de cinéma. Ses producteurs français Vincent Maraval et Brahim Chioua, cofondateurs de la société de production et de distribution Wild Bunch, ont fait le choix de le proposer uniquement en VOD payante sur Internet.
    Concrètement, moyennant 7 euros, le film sera disponible à partir du 17 mai sur le service VOD de votre box internet, sur des sites comme iTunes, Orange, Canal Play, Video Futur, Filmo TV ou encore Google Play.

    Quelle est la réaction de DSK et Anne Sinclair ?

    Même si le personnage principal se cache derrière le nom de Devereaux, difficile pour Dominique Strauss-Kahn de ne pas s'y reconnaître. Pourtant, l'ancien patron du Fonds monétaire international ne s'est pas exprimé sur le film. Son ex-femme, Anne Sinclair, n'a pas non plus réagi.
    Le producteur du film, Vincent Maraval, s'en est chargé à leur place, déclarant auJournal du Dimanche lors de la promotion du film qu'un ami du couple lui avait lancé : "sache une chose, Anne Sinclair dépensera toute sa fortune à détruire ta vie". Il a même laissé entendre que le couple avait fait pression pour empêcher la diffusion du film.
    Le silence des deux "personnages" du film pourrait cependant être de courte durée. Comme le raconte Le Monde, les avocats fourbissent leurs armes en attendant de voir le film. Une fois en ligne, il sera "disséqué à la loupe, le code pénal dans une main, la loi de 1881 [sur la liberté de la presse] dans l'autre".

    Comment Ford voit le marché européen

    Voici ce que révèle l’étude « Ford Car Buying Trends 2014 » sur les habitudes d’achats automobiles : le blanc est devenu la couleur favorite des acheteurs de Ford, l’essence reste le carburant de prédilection en Turquie, en Italie, au Portugal et en France. Les pays du nord aiment les toits ouvrants et 8 Européens sur 10 optent pour une boîte manuelle. La proportion atteint 94 % en France.
    L’influence du climat
    Les automobilistes de Norvège, pays plus connu pour la rigueur de ses hivers que pour son ensoleillement, sont ainsi les plus nombreux à opter pour un modèle Ford neuf équipé d’un toit ouvrant (15 %), juste devant les Français (11 %) et les Allemands (10 %). À l’inverse, les automobilistes des pays les plus chauds sont peu attirés par les toits ouvrants : Espagne (5 %), Italie (3 %) et Grèce (2 %). Les conducteurs norvégiens optent à 80 % pour une climatisation automatique, devant les belges (77 %) et les néerlandais (71 %). À l’inverse, la climatisation manuelle est majoritaire dans les pays du sud, notamment en Turquie (96 %) et en Espagne (92 %).
    Deux pays se distinguent par leur taux d’équipement en crochet d’attelage : la Norvège (43 %) et la France (30 %), alors que l’Allemagne arrive en troisième position à 13 % et que la moyenne européenne ne dépasse pas 4 %.
    Par ailleurs, les pays où l’allume-cigare est le plus demandé sont la Grèce (73 %), l’Espagne (53 %) et la Roumanie (35 %), contre 13 % en France.
    Couleurs et formes
    En Europe, les teintes de carrosserie les plus courantes sont le blanc (23 %), le noir (20 %) et le gris (17 %). L’une de ces trois couleurs constitue le premier choix dans tous les pays, à l’exception de l’Irlande, de la Pologne et de la Roumanie, où l’argent – quatrième coloris le plus populaire en Europe (14 %) – arrive en tête. Les automobilistes turcs sont de loin les plus grands adeptes du blanc, à 55 %. Les Britanniques, quant à eux, se distinguent avec le rouge, qui représente 15 % des ventes.
    Essence ou diesel ?
    Plus de 99 % des clients Ford ont choisi un véhicule neuf animé par un moteur diesel ou essence ; ils étaient ainsi moins de 1 % à choisir un modèle animé par un carburant alternatif.
    L’essence reste le carburant de prédilection de 58 % des conducteurs européens et prédomine en Russie plus que partout ailleurs, à 97 %. Suivent la République tchèque (80 %), la Finlande (76 %) et la Suisse (72 %).
    Le gazole est majoritaire en Turquie (64 %), en Italie (63 %), au Portugal (61 %), en France (59 %), en Irlande (58 %), en Roumanie (57 %), en Hongrie (54 %) et en Belgique (53 %).
    Tous les pays européens préfèrent les boîtes manuelles aux boîtes automatiques, à 85 % globalement. Ce pourcentage atteint 96 % aux Pays-Bas et en Irlande, 95 % en Grèce et en Pologne, 94 % en en Espagne, en Italie et en France. Même en Russie, le marché européen où les transmissions automatiques sont les plus populaires, les boîtes manuelles restent majoritaires à 52 %.

    vendredi 16 mai 2014

    Vienne trouve un usage à la maison d'Hitler


    La maison de naissance d'Hitler, dans la ville autrichienne de Braunau am Inn, préoccupe les autorités et le public, écrit vendredi le quotidien Izvestia.

    Il a été annoncé le 15 mai qu'un centre d'intégration pour les immigrants Volkshilfe (Secours populaire) pourrait être installé dans ce bâtiment. Les nouveaux arrivants pourront y suivre des cours de langue et diverses activités permettant de trouver un emploi. Les autorités autrichiennes sont actuellement en négociations avec la propriétaire et la transaction pourrait être conclue prochainement. Les autorités veulent mettre fin à la polémique qui entoure le sort du bâtiment.

    Tout a commencé en 2012 après la mise en vente de cet immeuble de 3 étages par sa propriétaire Gerlinde Pommer pour 2,2 millions d'euros. Depuis 1972 le bâtiment est loué par le ministère autrichien de l'Intérieur, qui verse tous les mois 4 700 euros à la propriétaire. L'organisation Volkshilfe louera quant à elle l'immeuble au ministère, et pas directement à Gerlinde Pommer.
    Le ministère de l'Intérieur n'a pas choisi ce bâtiment par hasard. Selon le porte-parole du ministère Karl-Heinz Grundböck, le but était d'empêcher les néonazis de l'utiliser comme un lieu de culte. En effet les policiers louent uniquement le bâtiment mais aucun service du ministère n'y est installé.
    En apprenant la décision de Mme Pommer de vendre la maison, le député social-démocrate Harry Buchmeier a créé un groupe de travail pour déterminer le sort de l'immeuble.
    Jusqu'en septembre 2011, les locaux étaient occupés par une organisation caritative au service des enfants souffrant de troubles mentaux et physiques.
    Le principal problème des négociations actuelles est de savoir si un centre pour immigrants sera installé dans le bâtiment – dans ce cas il serait nécessaire de procéder au réaménagement des locaux. Gerlinde Pommer ne se réjouit pas vraiment à cette idée mais, consciente qu'on ne laissera pas son immeuble en paix et qu'on l'empêchera de le vendre au premier venu craignant l'apparition de néonazis, elle devra très probablement accepter la proposition du gouvernement.

    Moscou pourrait commander deux Mistrals supplémentaires à la France


    « La planification d'un grand programme de développement de la flotte de la mer Noire est en cours. Nous attendons prochainement l'arrivée à Sébastopol de six nouvelles frégates du projet 11356 et de six sous-marins. Un Mistral est également attendu », a déclaré aux journalistes l'amiral Alexandre Vitko, selon le quotidien Rossiiskaia Gazeta du 16 mai.

    Les essais du premier Mistral russe Vladivostok, mis à flot le 15 octobre 2013, sont en cours. Sa quatrième sortie en mer a commencé lundi. Son retour à Saint-Nazaire, où sont construits les navires, est attendu pour vendredi. Pendant ce temps, la construction du pont avant du Mistral Sébastopol se poursuit sur le chantier naval STX France. Sa partie arrière a été mise à l'eau le 30 avril à l'usine de Baltiisk. Le remorquage de cette section à Saint-Nazaire devrait commencer le 16 juin.
    Les équipages russes du Vladivostok et du Sébastopol devraient arriver pour une formation en France en juin, soit 400 officiers et sous-officiers de marine minutieusement sélectionnés.
    La Russie a signé le contrat pour l'acquisition des Mistrals le 17 juillet 2011 à Saint-Pétersbourg, dans le cadre du Forum économique international. La France s'est engagée à construire deux bâtiments pour la marine russe avec une option pour deux navires supplémentaires.
    Les experts militaires et les officiers supérieurs de la marine russes ont été nombreux à contester ce contrat. Une polémique publique a éclaté pour savoir si la Russie avait besoin ou non des Mistrals, puisque ses vastes étendues maritimes sont principalement situées dans les latitudes nord. Malgré son nom, le Mistral est en effet prévu pour naviguer dans les eaux tropicales.
    Les Français ont entendu ces préoccupations et promis d'adapter les porte-hélicoptères aux conditions spécifiques de la Russie.
    Ces derniers temps certains doutaient même de la réalisation du contrat sur les deux Mistrals commandés par la Russie. Les Etats-Unis font en effet pression sur leurs alliés, les poussant à réduire la coopération avec la Russie au minimum.
    Konstantin Makienko, directeur adjoint du Centre d'analyse stratégique et technologique, pense que seul un cas de force majeure extraordinaire pourrait empêcher la réalisation du contrat mais certainement pas la pression des Américains.
    Selon l'expert, l'intérêt de la France est très clair. En cas de rupture du contrat les Français perdraient non seulement une commande pour 1,2 milliard d'euros mais seront aussi contraints de payer des pénalités conséquentes - sans parler du préjudice en termes de réputation.
    Konstantin Makienko souligne qu'après de longs débats il s'est avéré que l'acquisition de Mistrals répondait tout de même aux besoins de construction d'une marine équilibrée pour la Russie. Et il est probable que la Russie commande finalement deux bâtiments supplémentaires, ce qui contribuerait à la réhabilitation du statut russe de la Crimée.
    Les deux premiers porte-hélicoptères devraient intégrer la flotte du Pacifique, comme prévu. Les deux autres pourraient très bien s'inscrire dans la flotte de la mer Noire, qui sera logiquement élargie considérablement. Les Mistrals de la flotte de la mer Noire répondront parfaitement aux intérêts de la marine en Méditerranée et dans l'océan Atlantique.
    Toutefois, des correctifs restent envisageables. Et le deuxième Mistral Sébastopol pourrait déjà rejoindre la flotte de la mer Noire.