TOUT EST DIT

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dimanche 6 janvier 2013

1789-2013 : la crise va-t-elle nous mener vers une nouvelle Révolution ?


Comme la Monarchie absolue avant elle, la Ve République, plombée par une dette étouffante et paralysée par l'immobilisme démocratique, est confrontée à un dangereux risque de saturation.

Désamour des élites, accumulation des privilèges, pouvoir politique en panne... Peut-on dire que la situation du pays en 1789 est en certains points similaire à celle que nous vivons actuellement ?

Dimitri Casali : En tant qu'historien, je suis frappé par les points communs aux deux périodes, dans le sens où les dysfonctionnement du modèle politique laissent en effet penser que nous sommes au bord du gouffre. J'aimerais pourtant garder une lecture "optimiste" des évènements car il ne faut pas oublier qu'en dehors de 1789 la France a connu d'autres crises graves et a pu s'en sortir le plus souvent grâce à une volonté de changement exprimée souvent tard, mais exprimée tout de même.
La tâche est néanmoins ardue, d'autant plus que nous faisons face aux trois mêmes crises que dans l'avant-1789 : crise économique (dette étouffante, hausse des prix et du chômage...), crise sociale (grogne populaire face aux privilèges...), et crise politique (incapacité du pouvoir à réformer). A cela vient aujourd'hui s'ajouter une crise supplémentaire à savoir la crise identitaire qu'était loin de connaître la France de l'Ancien Régime.
Tout comme à la fin du XVIIIe siècle, la France se retrouve sclérosée et l'immobilisme de notre actuel Président ressemble étrangement au caractère hésitant de Louis XVI, qui n'a somme toute jamais réellement souhaité faire le grand saut nécessaire pour rétablir le pays. Nous sommes donc, en 2013 comme en 1788, coincés entre l'envie d'améliorer la situation et la peur d'un changement radical pourtant nécessaire à cette amélioration. Seul un homme providentiel pourrait débloquer la situation et j'ai hélas bien peur que ce ne soit pas l'actuel dirigeant de la Ve République.
Alain Fabre : La Vème République peut se comprendre comme une restauration d'un absolutisme politique d'Ancien Régime : le parlement est un élément de limitation du pouvoir du chef de l'Etat, non de la réalité de son exercice. Il s'agit dans les deux cas d'un régime où le pouvoir se retrouve très concentré. On peut dire que cela a fonctionné avec des dirigeants de forte stature politique comme Louis XIV ou Charles de Gaulle. Les institutions françaises sont solides mais elles nécessitent à leur tête, des personnalités hors norme. On ne peut donc pas être un président "normal" sous la Vème République ; il faut être exceptionnel pour exercer la fonction. La tradition politique française récuse les contre-pouvoirs perçus depuis le XVIIe siècle comme une réduction d'efficacité et une entrave à l'action publique.
Pour ce qui est du « désamour » des élites, je reprends à mon compte l'interprétation de Tocqueville qui considère que depuis les années le milieu du XVII°siècle, le pouvoir royal a mis en place un processus de « délégitimation » des élites sociales naturelles: depuis Colbert, il n'y a de légitimité sociale qu'émanant de l'Etat. C'est le paradoxe de l'absolutisme politique : il détient des instruments puissants d'action entre ses mains, mais pour avoir cisaillé depuis trois siècles, les liens entre pouvoir et société, il ne peut agir car il lui manque toujours la légitimité sociale de l'action politique. En France quand on cherche quelles réformes faire pour développer l'économie, on demande un rapport à Jacques Attali et Louis Gallois, personnalités d'une qualité et d'une compétence absolument indiscutables mais sans expérience du monde économique entrepreneurial et concurrentiel. Quand le Chancelier allemand fait la même chose, il fait appel à M. Hartz, le DRH de Volkswagen. Depuis Colbert, l'Etat en France considère de son côté qu'il détient le monopole du savoir. L'expérience n'est en aucun cas un élément de savoir. Elle est toujours considérée comme relayant des doléances catégorielles ou corporatistes, d'avance récusables au nom de l'intérêt général.
A l'inverse en Allemagne, le pouvoir politique prend ses racines dans la société, la politique va du bas vers le haut ; en France, le pouvoir est extérieur à la société ; la politique va du haut vers le bas. 
Comme l'Ancien Régime, la Vème République est aussi un régime politique qui tire sa légitimité sociale de sa capacité à garantir des rentes à des ordres privilégiés. Ceci dit, en passant d'un ordre social hiérarchique à un ordre social égalitaire, les privilégiés sont devenus socialement majoritaires : les bénéficiaires nets du système représentent les 2/3 des suffrages exprimés. En France, le pouvoir politique fait reposer sa base sociale sur les titulaires de rentes. Dans ces conditions, des systèmes politiques comme l'Ancien Régime et la Vème République non seulement récusent les réformes mais sont incapables de choisir entre le risque de faillite et celui de devoir entrer en conflit avec les bénéficiaires de rentes. C'est ce que François Furet a très bien décrit dans Penser la Révolution française : le pouvoir politique, en s'attaquant aux rentes dont il est à l'origine, sape la base sociale sur laquelle il repose ; c'est la même impossibilité de choisir dans laquelle se trouve la Vème République. De ce point de vue, la défaite de Valéry Giscard d'Estaing et de Nicolas Sarkozy expriment fondamentalement un refus des réformes. Les chocs pétroliers des années 1970 comme la crise à partir de 2008 accélèrent les besoins de réformes et la pression sur la nécessité de démanteler les rentes. François Mitterrand et François Hollande ont tous les deux été élus pour trouver des solutions à la crise qui ne mettent pas en cause la sanctuarisation de la France abritée, voire qui enchaîne un peu plus la France exposée au financement des rentes de la France abritée. La réponse, on la connaît : on augmente les contributions de ceux qui sont déjà les contributeurs nets les plus importants au système, les entreprises ou ceux qui sont désignés à la vindicte générale comme étant les riches. Comme on le sait, montrer du doigt les gens riches sert surtout à accroître la pression sur la France exposée, celle qui ne peut y échapper ni par la fuite à l'étranger ni par le bénéfice des rentes.

La situation économique d'alors, rongée par une dette de plus en plus lourde, n'est-elle pas tout aussi ressemblante ?

Dimitri Casali : Les problèmes économiques rencontrés actuellement ont des ressemblances avec ceux qui précèdent la Révolution mais nous sommes aujourd'hui avant tout confronté selon moi à un vieillissement de l'Etat Providence hérité de la Libération et qui a développé un corporatisme croissant dans notre société au détriment de la classe moyenne qui comme au XVIIIe siècle se retrouve à supporter le gros des dépenses publiques.
La situation est même d'un certain point plus paralysante qu'a l'époque puisque Louis XVI contrôlait le pays avec 60 000 fonctionnaires (pour 26 millions d'habitants) alors qu'ils sont aujourd'hui 6 millions en comptant le personnel des hôpitaux (pour 65 millions d'habitants NDLR). Ce chiffre illustre parfaitement notre gabegie de la dépense d'Etat et il est aberrant de voir que nous continuons dans ce contexte de recruter dans les collectivités territoriales. Le statut des fonctionnaires n'a de plus jamais été modifié depuis Maurice Thorez en 1946 et cela prouve encore une fois notre incapacité à s'attaquer aux privilèges de quelques-uns au nom de l'intérêt général.
Alain Fabre : A la fin de l'Ancien Régime, la dette avait atteint un niveau colossal. A tel point que toutes les solutions à l'intérieur du Royaume étaient épuisées, le sentiment gagnant les fournisseurs traditionnels de fonds, la grande noblesse et la haute Eglise que l'Etat n'avait peut-être plus les moyens de rembourser. C'est pour desserrer cet épuisement des ressources internes mobilisables que Necker s'est tourné vers les banques suisses et hollandaises. La chute finale de la Monarchie a commencé quand les banques étrangères ont refusé de continuer à prêter.-à la Monarchie. Necker n'est pas un réformateur au sens libéral du terme ; il admirait Colbert et appartenait donc au courant réformateur étatiste. Il a cherché des solutions pour accroître la capacité de l'Etat à s'endetter. C'est pour avoir touché les limites du toujours plus de dettes que Louis XVI fut contraint de convoquer les Etats-généraux. C'est la chute de la Monarchie pour cause de faillite financière qui a provoqué la Révolution, non l'inverse. C'est un ordre social basé sur les rentes sociales qui s'est écroulé. L'Angleterre qui avait fait la guerre d'Amérique comme la France et avait une dette publique plus élevée, n'a pas fait faillite parce que l'économie et la société marchandes constituaient la base sociale du régime.
On dit souvent que François Hollande n'a pas de ligne directrice. C'est inexact. Il en a une qui consiste à convaincre les marchés financiers de continuer à prêter à la France. Les hausses massives d'impôts qui sont à première vue, destinées à tenir nos engagements européens, visent surtout les marchés : la France a les moyens de rembourser ses dettes. La qualité de la gestion de la dette est une réussite de l'Administration française. Faute d'avoir en Europe, une dette publique qui donne aux investisseurs les qualités de liquidité des bonds américains, les marchés trouvent ces qualités dans la dette française. Elle offre une liquidité exceptionnelle. De nombreux facteurs régimentaires poussent en outre, les investisseurs à détenir de la dette publique. Tout ceci favorise la faiblesse des taux français. Mais gardons à l'esprit que c'est en grande partie une anomalie de marché. Le risque de retournement des taux français existe bel et bien surtout si les investisseurs finissent par intégrer dans leur stratégie de portefeuille que l'ajustement budgétaire français se réalise non pas par un allègement des rentes sociales mais par amputation de la base productive française.

Existe-t-il néanmoins des différences de taille entre ce qui se passe aujourd'hui et les événements précédant 1789 ?

Alain Fabre : La principale différence c'est l'Europe. C'est la que se trouve la force de rappel. La France peut trouver dans la contrainte externe européenne le levier réformateur véritable, c'est-à-dire celui qui fait le choix de l'économie productive et du démantèlement des rentes. Car si la politique française a bien pour effet d'affaiblir son économie, elle prend aussi le risque de déstabiliser toute la zone euro. La pression sur les réformes émanant de nos partenaires va probablement monter en 2013. Je pense que si la ligne Monti est reconduite en Italie, de même si l'Allemagne maintient son cap après les élections de septembre, la pression sera très forte sur la France.
On peut dire que néanmoins le « péché » français est de miser sur le fait que nous réussirons à imposer notre modèle à l'Europe plutôt que l'inverse. On peut évoquer à titre d'exemple, Jacques Delors qui souhaitait voir l'UE adopter le modèle social de l'Hexagone, ou plus récemment M. Hollande qui en début de mandat souhaitait mutualiser la dette de la zone euro en espérant que l'Allemagne accepterait de financer notre secteur abrité. Il y a souvent cette idée en France que l'Allemagne paiera. En fait, elle acceptera de payer contre les réformes françaises, c'est-à-dire celles qu'on a faites en Allemagne, en Espagne ou en Italie. Mais que fera M. Hollande si d'un coup les taux français montent à 5 ou 6%? Je crois qu'il faut se convaincre que la montée des taux obligerait la France à faire les mêmes réformes que les autres sauf à prendre le risque de faire sauter la zone euro.
Il est un peu dommage alors que nous allons fêter les 50 ans du traité de l'Elysée que le couple franco-allemand soit aussi désuni. Je fais partie des optimistes - certains diraient naïfs - qui pensent que malgré tout l'Union Européenne finira par convaincre la France qu'elle peut trouver en un projet porté avec ses partenaires, les ressorts réformateurs dont son absolutisme politique l'a dépouillée.

Zemmour "dit tout haut, ce que l'UMP pense tout bas"


Mercredi, Eric Zemmour n'a pas mâché ses mots et s'en est pris aux associations antiracistes. Le journaliste, récemment condamné, a notamment demandé à ce qu'elles ne puissent plus se constituer partie civile. Pour leJDD.fr, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, et du CRAN, Patrick Lozès, reviennent sur cette intervention.
Mercredi, à la tribune de la convention UMP sur l'hyper-réglementation, Eric Zemmour n'a pas caché son aversion pour les associations antiracistes. Le polémiste – récemment condamné par la justice – a critiqué "le politiquement correct" et exhorté l'abandon de la possibilité pour les associations antiracistes de se constituer partie civile lors d'un procès. "Il vous faut donc désormais débrancher tous les fils qui donnent vie au monstre. Supprimer l'action pénale pour les associations antiracistes", a clamé le journaliste, devant les responsables UMP présents. Avant d'ajouter: "Pendant que vous y êtes, si vous pouviez supprimer leurs subventions, ça ferait du bien au budget de l'Etat."
Des propos qui ont fait réagir les associations concernées. "Eric Zemmour a la défaite mauvaise", a jugé jeudi le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, joint par leJDD.fr. "Oui, il est interdit en démocratie de jeter à la vindicte publique des groupes parce que cela risquerait de les mettre en péril dans la société", a-t-il ajouté en réponse aux critiques du polémiste. Pour Dominique Sopo, l'action pénale des associations est une démarche essentielle, "d'autant plus que les individus ont parfois besoin de notre soutien, car le processus judiciaire peut être complexe, lourd et que le fait d'être épaulé est extrêmement important". Un point de vue partagé par Muriel Joseph, avocat à la cour d'appel de Paris, spécialisée dans le droit des associations: "Elles sont les porte-parole des individus, qui, seuls, n'auraient pas les moyens, les compétences et l'énergie pour se porter partie civile", a-t-elle assuré au JDD.fr.

"Le chaînon manquant entre l'UMP et le FN"

Choqué par l'ovation faite à Eric Zemmour, le président du CRAN va plus loin et affirme que le journaliste "dit tout haut, ce que l'UMP pense tout bas", devenant ainsi "le chaînon manquant entre le parti majoritaire et le Front national". "C'est quand même ironique que quelqu'un condamné par la justice vienne nous donner des leçons", estime Patrick Lozès, contacté par leJDD.fr. Ce dernier met aussi en garde contre l'attitude de l'UMP qui s'enfonce dans "l'injustice" et qui remet sur le devant de la scène des débats "qui ramènent le pays des décennies en arrière".
Mercredi, les associations ont également été attaquées sur leur financement par l'Etat, via des subventions. "Le fait que de l'argent public permette de financer des associations qui sont là pour défendre les valeurs de la République est quand même la moindre des choses", s'est défendu Dominique Sopo, ajoutant que sur le budget global de SOS Racisme – qui est d'un million d'euros –, un peu moins de 50% vient des subventions de l'Etat. "Les associations n'ont pas besoin des subventions publiques pour exister", renchérit de son côté Patrick Lozès, qui refuse de rentrer dans le jeu d'Eric Zemmour.
Jeudi, dans un communiqué, la Licra a demandé un droit de réponse suite à la tribune du polémiste. Un courrier signé par le président de l'association, Alain Jakubowicz, a d'ailleurs été adressé au secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé. "Il est non seulement souhaitable, mais véritablement indispensable que les parlementaires puissent entendre un autre avis que celui qui leur a été exposé, pour forger leur opinion", peut-on y lire. "C'est toujours très étrange ces personnes qui appellent à la liberté de débattre, mais qui débattent toujours entre eux", a également jugé Dominique Sopo de SOS Racisme. La demande est faite. Reste à savoir quelle sera la réponse du parti majoritaire.

Nouveau site internet de l'Elysée : détournement de fonds publics à la faveur de Valérie Trierweiler?


Chose promise, chose due!

L'Elysée travaillait depuis plusieurs mois à la réorganisation à moindre frais de son site inernet, dont le résultat a été dévoilé hier au grand public.

A ma grande surprise, et grâce également à Danielle d'Union Républicaine, que je remercie au passage, j'ai remarqué qu'il y apparaissait la photo de Valérie Trierweiler renvoyant vers un lien intitulé "l'actualité de Valérie Trierweiler".
En cliquant sur ce lien, on y découvre un espace consacré à la journaliste où figurent sa date et son lieu de naissance, son parcours scolaire et professionnel, ainsi que quelques photographies des manifestations auxquelles elle a participé.


Quelqu'un peut-il m'expliquer comment cela se fait qu'une journaliste de Paris Match puisse librement afficher son CV et se faire sa propre pub perso depuis la page d'accueil du site internet de l'Elysée?


Alors certes...
C'est la compagne du Président de la République... Mais dois-je vous rappeler qu'elle ne dispose d'aucun statut officiel à cet égard?


Sur les 50 000 €uros qu'auraient coûté ce site internet, combien ont servi à la création et au financement de cet espace publicitaire consacré à la concubine de François Hollande?


La création et/ou l'amélioration d'un site internet engage obligatoirement des frais.
Qui les a pris en charge sur la partie concernant Valérie Trierweiler?
Est-ce elle, et dans ce cas là que vient-elle faire en tant que journaliste sur ce site?
Est-ce l'Elysée, et dans ce cas là au nom de quoi l'argent public, nos impôts, devrait financer une pub à la faveur de la petite copine du Président?


D'un point de vue morale et éthique, la présence de Valérie Trierweiler en page d'accueil, ou tout simplement sur le site internet de l'Elysée, est fortement regrettable. D'un point de vue journalistique, c'est totalement déloyal!


Au quotidien, se servir de l'argent du contribuable pour financer quelque chose qui n'a vocation qu'à servir votre propre intérêt, notamment quand vous n'êtes pas un élu, porte un nom: détournement de fonds publics. 


Quelqu'un aurait-il la gentillesse et la décence de faire toute la lumière sur cette affaire?
Au nom de quoi une femme qui ne dispose d'aucun statut légal aurait-elle le droit d'être mise en valeur sur le site internet de l'Elysée sous le seul prétexte qu'elle partage la même salle de bain que le Chef de l'Etat?


J'ignore si Carla Bruni Sarkozy et Bernadette Chirac disposaient à l'époque d'un tel encart sur le site internet de l'Elysée, mais au moins elles, elles étaient mariées avec le Chef de l'Etat en exercice, tandis que pour Hollande et Trierweiler il ne s'agit que d'un simple concubinage! Puis imaginez seulement un instant le scandale que cela aurait provoqué à gauche si un Président de droite avait osé mettre en avant son épouse sur le site internet de l'Elysée, aux frais du contribuable...



Personnellement je refuse que mes impôts servent à faire la promotion de cette femme à laquelle je ne reconnais aucun statut, si ce n'est éventuellement celui de journaliste chez Paris Match!
N'y voyez aucun sexisme ni aucun machisme de ma part; je n'accepte simplement pas que soit mis en valeur quelqu'un qui aux yeux de nos institutions n'est officiellement... Rien!


Et sinon...
Les 30 milliards de d'impôts et d'économies pour l'année prochaine... Vous les sentez comment?

Filippetti: "Ce n'est pas l'argent public qui sert à financer" les gros cachets du cinéma français


Dans une interview accordée au Monde, la ministre de la Culture défend le mode de financement du cinéma français, qu'elle considère comme "un système vertueux". Elle affirme par ailleurs que "les films à gros budget sont financés par les chaînes de télévision".
L’exil fiscal de Gérard Depardieu n’a pas manqué de raviver le débat sur les gros cachets dans touchés par certains acteurs du cinéma français. Dans une tribune parue le 28 décembre, Vincent Maraval, distributeur et producteur, fondateur de la société de distribution de films Wild Bunch, accusait les acteurs français d’être trop payés.
Ce samedi, c’est la ministre de la Culture Aurélie Filippetti qui prend position sur le sujet. Dans une interview accordée au Monde, elle défend le mode de financement du cinéma français, "un système vertueux" qui "permet de soutenir les films de la diversité", et affirme que "les films à gros budget sont financés par les chaînes de télévision".
L'anti-culture...au pouvoir.
"Les gros salaires, ça se règle par la fiscalité"
"Ce n'est pas l'argent public qui sert à financer" les gros cachets, déclare la ministre. "Le système de régulation permet au contraire de soutenir prioritairement les films de la diversité", explique Aurélie Filippetti. "Les gros salaires, ça se règle par la fiscalité" considère la ministre.
Le CNC prélève 10,7% du prix de chaque billet d'entrée et redistribue cet argent en co-finançant des films, notamment les films d'auteur qui ne pourraient voir le jour sans cette contribution. La ministre confie avoir été "surprise par la violence de la charge" de Vincent Maraval. "Je trouve cela dommageable", explique Aurélie Filippetti même si "en période de crise, on peut comprendre qu'on s'interroge sur des cachets exorbitants". Elle se dit "favorable à l'organisation d'une table ronde" avec les professionnels concernés, au menu de laquelle figurerait "cette question des cachets".

La paupérisation d'une puissance mondiale: en France, le nombre de personnes sollicitant une aide alimentaire explose

En France, la campagne des Restos du Cœur bat son plein, depuis son ouverture le 28 novembre dernier. Les Restos du Cœur, c’est cette association caritative fondée par l’humoriste Coluche en 1985 dans le but de distribuer de la nourriture aux personnes les plus démunies.
A cette époque il y avait du porc aux restos du cœur...O tempora O mores
Mais cette année, le nombre de demandes a bondi de 12%, et ce sont 100.000 personnes supplémentaires qui s’adressent aux Restos, par rapport à l’année dernière, où elles étaient déjà 870.000. « Ce n’est pas une hausse, c’est une explosion », déclare le président de l’association, Oliviers Berthe, dont les propos ont été rapportés par le Dauphiné. « Si les donateurs ne se mobilisent pas, nous ne pourrons pas faire face à la situation », dit-il.
Il craint une baisse de l’aide alimentaire européenne consacrée aux plus démunis (PEAD), qui profite pourtant à « 18 millions d’Européens pauvres », à partir de 2014. Certains pays, comme l’Allemagne et l’Angleterre, ont en effet réclamé une réduction du budget alloué à ce programme. Or, l’aide correspondante représente 15% des ressources de l’Association.
Des chiffres qui ne sont pas tout à fait étonnants, si l’on en croit le Parisien. Selon ce journal, en effet, il n’y aurait pas 5 millions de chômeurs toutes catégories confondues en France, comme l’indiquent les statistiques officielles, mais près de 9 millions, si l’on compte les personnes contraintes d’accepter des temps partiels et les sans-emplois cachés qui continuent de rechercher un emploi, mais renoncent à s’inscrire, parce qu'ils n'ont pas droit à une indemnisation.

    Le french-bashing d'une source inédite: comment un Chinois juge l'Hexagone

    Qu'est-ce qui ne va pas avec l'Europe? C’est la France, répond Zhang Danhong de Caixin Media. L’agence de rating Moody’s qui vient de la dégrader, le FMI, l’OCDE, la Commission Européenne ont tous donné des avertissements à la France, en observant qu’elle devait se réformer. Les Allemands aussi montrent de plus en plus la France du doigt.
    Comment expliquer cela de la part d’un pays qui a dominé le monde ? Pendant des décennies, les dirigeants français admettaient en secret que le pays était en compétition avec l’Allemagne. Mais dans cette course, le socialisme romantique français a toujours été mis en échec par le capitalisme allemand. Et l’arrivée de l’euro n’a fait que compliquer les choses pour les Français : ils ne disposent plus d’un outil d’ajustement pour dévaluer et rester compétitif avec l’Allemagne. D’après Goldman Sachs, les Français devraient réduire leurs prix de 20% pour retrouver cette compétitivité avec leurs voisins outre-Rhin. La perte de compétitivité de la France a également d’autres causes :
    La véritable image de l'électorat de Hollande 
    • L’un des facteurs les plus importants de cette perte de compétitivité est l’institution de la semaine de 35 heures, il y a 12 ans de cela. Selon l’Institut Français de Recherches Economiques et Sociales, les employés français travaillent en moyenne 1679 heures annuelles, contre 1904 pour leur homologues allemands, soit plus de 6 semaines d'écart.
    • Le salaire minimum français représente à peu près la moitié du salaire moyen, et il explique pour partie le taux de chômage élevé de la France (11% soit le double de l’Allemagne, et un quart des jeunes de moins de 25 ans).
    • Alors que l’économie allemande se caractérise par des milliers d’entreprises de moyennes tailles, plus flexibles et plus résistantes que les grands groupes historiques allemands, les Konzern, la France des entreprises est très pyramidale, avec un très grand nombre de petites entreprises, mais elle ne compte pas assez de moyennes entreprises. Cela s’explique par la règlementation sur les licenciements, qui se durcit notablement après le passage du seuil du 50ème salarié, ce qui motive beaucoup d’entreprises à tout mettre en œuvre pour éviter ce dépassement. En outre, les PME Françaises sont très vulnérables à la crise, et le taux de faillite français est deux fois supérieur à celui de l’Allemagne.
    • Les banques françaises sont largement exposées sur les pays méditerranéens, et selon l’Institut de Recherches Economiques de l’université de Munich, leur exposition pourrait représenter le double de l’exposition allemande, ce qui rend la France très vulnérable en cas de défaut de ces pays.
    • La dette française est aussi un motif de préoccupation. Le pays est chroniquement en déficit budgétaire depuis une trentaine d’années. En revanche, le ratio de dette de l’Allemagne vient d’être réduit à moins de 1%, et l’année prochaine, il devrait être proche de zéro.
    Comment expliquer l’inertie de la France par rapport à ses problèmes ?
    • La France est toujours la cinquième économie du monde et la seconde de la zone euro, et le déclin d'une puissance de ce niveau est un processus très lent, et malgré tout, elle attire toujours les capitaux étrangers.
    • La situation démographique du pays est favorable à son économie, et la France a toujours une très bonne industrie.
    • 75% des besoins énergétiques français sont comblés par l'énergie nucléaire, relativement bon marché.
    • Les Français sont les citoyens les plus pessimistes du monde, et ils ne sont pas optimistes concernant leur pays, dont ils jugent que le déclin est irréversible, ce qui les pousse à refuser les réformes.

      Les grandes crises dans l'histoire, comment on en est sorti (ou pas) ?

      Politiques, morales, religieuses ou sanitaires, les crises traversées par l'humanité de la préhistoire à aujourd'hui ont été des drames. Mais aussi des laboratoires d'inventivité qui ont permis de changer des règles, des croyances devenues caduques.

      1929
      La France traverse une crise existentielle, dont les contours sont à la fois économiques, politiques, spirituels et moraux. Le diagnostic n'est pas difficile à établir quand la hausse du chômage progresse à un rythme de près de 50 000 emplois détruits par mois, que la croissance est en berne, que les sans-logis tentent de survivre malgré le froid, et que jamais les associations humanitaires n'ont eu à délivrer autant de repas pour soulager la pauvreté. Cela sans compter l'effondrement de l'esprit civique dont témoignent la fuite des riches hors de France, le penchant à la fraude de quelques-uns ou encore le psychodrame de l'UMP. Et pourtant, rien ne bouge, tout juste un frisson secoue-t-il le pays à l'annonce d'une loi sur le mariage homosexuel. Le gouvernement comme les élites peinent à forger des solutions innovantes, préférant le panurgisme électoraliste aux idées neuves.   

      Ce n'est pas la première fois qu'une crise de grande ampleur frappe l'humanité. Pas la première fois non plus qu'un pays comme la France en subit les effets délétères. Déjà dans la préhistoire, les premiers hommes ont dû répondre à des défis aussi rudes que des changements climatiques, un environnement modifié et des déséquilibres au sein même des sociétés. La guerre semblait la solution miracle, suivant une culture de la prédation dont les terribles feux ont encore été allumés après la crise de 1929, quand les régimes totalitaires se déchaînèrent. Le fascisme expérimenta l'autarcie et les conquêtes coloniales. Le nazisme a préféré une stratégie génocidaire, tandis que les communistes soviétiques organisaient la famine à grande échelle. 

      Tuer pour piller, tel fut le mot d'ordre. Guerre déjà au Ier millénaire entre les Trois Royaumes chinois pour restaurer l'empire de Chine. Guerre aussi pour sortir de la colonisation, dont le conflit algérien fut le prototype. Même la grippe espagnole n'a pas été comprise, tant l'Europe se donnait de la peine à s'étriper, en 1918 ! La violence traverse les grandes sorties de crise dans l'histoire. Dictature des Trente à Athènes en 404 avant notre ère et liquidation des adversaires politiques, violence et expulsion de ceux qui, à La Mecque, refusaient le nouvel ordre ou s'opposaient à l'expansion de la religion par le jihad. Le Moyen-Orient et les régimes arabes modernes restent encore marqués par les guerres, la répression et la brutalité, sans pour autant résoudre leur crise structurelle. Violence faite aux juifs aussi durant la Peste noire de 1347-1348, quand l'Occident perdit près de la moitié de sa population. Ici, pas de recherche d'une solution pour tous, mais émergence d'un défoulement collectif au détriment d'une minorité. Recherche d'un exutoire en lâchant la hargne des chevaliers sur la Terre sainte. 

      Est-ce à dire que souvent le remède est pire que le mal ? Non évidemment, car des solutions pacifiques ont été trouvées à des problèmes cruciaux. Elles manifestent l'inventivité humaine devant les parasites tels le phylloxéra qui détruit les vignes ou le mildiou qui s'attaque à la pomme de terre avant que l'on ne découvre que le cuivre peut l'arrêter. Les Irlandais fuiront ce fléau. Face à la crise du pétrole, les Etats occidentaux ont tout tenté, des énergies de substitution aux restrictions de consommation d'énergie. Pas de pétrole, mais des idées, disait-on à l'époque. L'une d'elles consiste à dépasser les blocages grâce à des solutions négociées, que ce soit face à l'apartheid en Afrique du Sud ou pour mettre à profit les divisions adverses, pendant la guerre de Cent Ans ou, plus étonnant, pendant les guerres de Religion. 

      Car, pour sortir de cette brutalité, les chefs communautaires ont choisi tantôt la séparation et le cloisonnement confessionnels, tantôt d'expérimenter une vie ensemble sur la base de compromis juridiques, la loi garantissant et protégeant l'existence de chacun. Mais les plus grandes avancées, quand les sociétés ou les civilisations ont vacillé, ont souvent combiné une réforme morale et des solutions pratiques, à l'instar du règlement des dettes publiques sous la Révolution, du métissage sud-américain ou, plus récemment, de la refondation du communisme chinois par Deng Xiaoping. 

      Voici donc la boîte à idées de Marianne. Sa fonction est moins de nous éclairer sur l'avenir par le passé que de réveiller notre inventivité, de stimuler notre créativité, d'innerver notre énergie, auraient dit les écrivains du siècle passé. Ce laboratoire intellectuel est à la disposition de tous. A vous, chers lecteurs, de faire circuler la réflexion et d'agiter les imaginations. Le mouvement des esprits est le premier pas pour lutter contre la paralysie ambiante !