jeudi 30 août 2012
Le cannabis que Duflot veut légaliser rétrécit le cerveau des ados
Presse française : censure et subventions
Le Cri du contribuable a publié une interview choc de Benjamin Dormann,
qui a écrit un livre où il dénonce les subventions scandaleuses versées
par l’état aux différents organes de presse. L’homme raconte également
comment lui et son livre son frappés de censure par cette caste
nauséabonde, censée représenter un contre-pouvoir dans notre démocratie.
Morceaux choisis :
Dans cette interview et dans son livre, « Ils ont acheté la presse« ,
Benjamin Dormann explique que les subventions de l’état pour la presse
sont environ 10 fois plus élevées que dans les autre pays européens.
Avec plus de 2 milliards d’euros, environ 20% des revenus de ce secteur
sont des subventions payées par le contribuable. La presse est même
quasiment exonérée de TVA, puisque, avec 2,1% de TVA sur les journaux,
la taxe due est inférieure à celles sur le pain ou le chauffage…
« La presse en France, c’est environ un peu moins de 11 milliards
de chiffre d’affaire. Il y a entre 2 milliards et 2,2 milliards de
subventions et encore on ne peut pas tout compter. [...] C’est à dire,
en gros, 20% du chiffre d’affaire, sachant que la moyenne en Europe est
entre 2 et 3 %. »
« La presse papier continue a avoir un taux de TVA super réduit,
à 2,1%, c’est à dire en dessous des biens élémentaires que sont le pain
le gaz ou l’électricité, pour une presse qui visiblement déçoit
beaucoup de lecteurs quant à son contenu. »
En dehors de cet énième gâchis d’argent public, particulièrement
honteux en période de crise, de chômage et de baisse du pouvoir d’achat
des ménages modestes (ce ne sont pas souvent les ouvriers qui achètent
Libé et Le Monde…) et bien plus inquiétant encore, c’est la censure
décrite par Dormann, qui fait froid dans le dos.
Telle une mafia, le monde de la presse élimine systématiquement tous
ceux qui le dénoncent, qui le critique. On comprend mieux pourquoi
personne n’avait dénoncé ces subventions avant…
La presse française c'est 2 milliards de... par Contribuables
Pour résumer, la presse se comporte comme une secte, interdisant quiconque de parler de ses abus. L’autocensure est omniprésente tant la presse est puissante et fait peur à tout le monde. Les politiques, les hauts fonctionnaires, les journalistes eux-mêmes, les éditeurs, les auteurs, la télé, la radio, les institutions… Tout le monde à peur de se faire « descendre » dans la presse, donc tout le monde évite d’aborder le sujet.
Un profond problème dans la démocratie française qui tremble devant une poignée de journaliste parasites subventionnés à l’excès, dont l’idéologie nauséabonde est distillée dans tous les autres organes médiatiques, comme lors de la dernière campagne présidentielle…
Heureusement, la presse française sectaire, fermée sur elle-même et totalitaire, lasse de plus en plus son lectorat et elle finira par être punie par là où elle a pêchée. Sous perfusion de subvention elle décédera peu à peu, fatiguant son lectorat par son manque d’honnêteté intellectuelle, alors que ses homologues internationaux auront été contraints de trouver des solutions au problème du financement.
Quand on ne sait pas ou l’on va, il faut y aller…(épisode 1)
Hollande est son gouvernement débutant semble avoir fait
sienne la célèbre devise Shadokienne : Quand on ne sait pas ou l’on va,
il faut y aller ! Et le plus vite possible !
Reconnaissons à Hollande un mérite : il sait s’économiser ! En tout
cas, pas besoin d’en faire trop. C’est vrai : pendant la campagne, il
n’a pas eu besoin de penser le monde, c’est-à-dire de donner sa vision
de la société, sa conception de la France et de l’Europe, son
interprétation de l’histoire et finalement, la raison pour laquelle il
voulait le pouvoir. Donc il ne nous a rien dit. Il s’est borné à se
dépeindre en anti-sarkozy. On peut penser que cette stratégie fut la
bonne puisqu’il a gagné ; on peut également en douter : entre la
déclaration de candidature du sortant et l’élection en elle-même,
l’écart n’aura cessé de se resserrer, pour finir à quelques 500 000 voix
de différence. En regard des écarts annoncés comme stratosphériques 6
mois avant (65%-35% au second tour, si Sarko parvenait à se qualifier,
ce qui restait à prouver).
Donc il a géré gentiment en bon père de famille une avance
sondagière, sans prendre de risque et finalement sans jamais vraiment
dévoiler son jeu. Il a merveilleusement louvoyé entre les intérêts
contradictoires, les points de vues divergents, les antagonismes
partisans… pour arriver à se faire élire sans un programme précis et
clair.
A-t-on compris la position du candidat-devenu-président sur le
nucléaire et la politique énergétique de la France ? On baisse la part
du nucléaire dans le mix énergétique français de 75% à 50 % à horizon
2025. OK : contre quoi, à quel coût jugé acceptable tant pour les
particuliers que pour les entreprises ?
Quelle politique pour l’emploi et la compétitivité ? Quelle stratégie
industrielle ? Comment redonner de l’air aux entreprises ? Comment
encourager l’initiative ? Quelle est sa vision de l’avenir de
l’industrie française ?
Quelle est sa vision de la construction européenne ? Quelle la place
de la France dans la construction du continent : fait-il sienne la
position allemande, absolument fédéraliste ? Propose-t-il une autre voie
?
Du point de vue de la logique économique, lui qui a été le chantre de
la croissance en Europe, comment la conçoit-il en France ? Pense-t-il
réellement que les systèmes keynésiens sont possibles ?
En ce qui concerne la réforme nécessaire d’un Etat providence en
faillite, quel cap nous a-t-il fixé ? Quelles réformes de structure pour
adapter notre modèle, à préserver, à un monde nouveau ?
Quel nouveau ( ?) pacte républicain pour les quartiers difficiles ?
Quelle politique de sécurité dans des quartiers dans une décrépitude
républicaine totale ?
L’emploi des jeunes : l’emploi subventionné alors même qu’ils sont
inefficaces au regard de ce qu’ils coûtent ? Ne peut-on pas essayer
d’inventer de nouveaux mécanismes de création d’emplois plutôt que
d’adapter sommairement les recettes du passé ( les emplois jeunes de
Jospin, 1997) ?
Pendant la campagne, la candidature de témoignage d’EELV et de la
baroque Eva Joly avait fait rire ou pleurer selon le degré de second
degré dont l’auditoire était capable. Elle avait notamment envisagé de
faire renoncer la France à son siège permanent au Conseil de Sécurité de
l’ONU au profit d’une présence européenne tournante… Hollande s’en
était alors tiré devant un auditoire de journalistes complaisants, par
une pirouette fort habile : nous recommanderons une réforme du Conseil
de Sécurité de l’ONU. Quand bien même, pourquoi pas. Mais alors
qu’attend-il pour nous donner sa vision du monde de son instance qui
sert de police lorsque les diplomaties parviennent à se mettre d’accord ?
Pourquoi ne profite-t-il pas du drame syrien pour prendre la parole à
New York, devant les représentants du monde entier, pour donner la
vision qu’a la France du monde et de ses dérèglements.
La vérité, c’est qu’il n’en est pas capable. Souvenons-nous qu’il
aura été incapable de donner une vision claire au PS alors qu’il en aura
été le chef pendant 10 ans ! A-t-il donné un cap au parti ? A-t-il
donné une épine dorsale claire, un positionnement politique précis entre
une sociale démocratie pro-européenne d’une part et d’autre part une
gauche de combat, revendicatrice et fondamentalement anticapitaliste.
Cette clarification ne s’est pas opérée dans la tête de Hollande. En
tout cas son coming out se fait encore attendre.
Regardez comme je ne communique pas !
On allait voir ce qu’on allait voir : Hollande serait un
président qui préside, en aucun cas un « hyperprésident », omniprésent
dans les médias. Le « Coup d’éclat permanent », en écho à l’opuscule
Mitterrandien anti-de Gaulle, c’était selon le candidat PS, de
l’esbroufe, de la communication permanente, du vent, et finalement de
l’agitation pour cacher l’inaction. Soit. Après tout pourquoi pas.
Différence de style et finalement de conception du rôle du président.
L’alternance concerne non seulement les grandes orientations de la
politique menée mais aussi l’esprit dans lequel les décisions dont
prises.
Puis vient l’heure de jolies mises en scène : François et Valérie en shorts, sur un marché du midi. François et Valérie à la terrasse d’un café, arborant polo et Perrier. François et Valérie en maillot de bain, rentrant dans l’eau d’une belle plage varoise… Ah, celle-ci, on n’a failli pas la voir, tant la 1° journaliste de France a fait pression sur ses confères pour ne pas faire sortir ces clichés. Un article de Mundo, journal de référence espagnol, s’est étonné de cette intimidation. L’article en question a été repris et traduit par Courrier International puis a mystérieusement disparu du site le 14 août. Ainsi, le plan de communication du président normal ne comprenait pas de clichés en maillots de bain. Il fallait bien que les rédactions en soient informées… Elles l’ont été par courrier, par l’avocat de la journaliste. En tout cas, ce gentil plan de com a un effet terrible, selon François Miquet-Marty, directeur de l’institut Viavoice, cité par le quotidien Libération le 28 août. «Le chef de l’Etat ne donne pas le sentiment de faire le job». Hollande serait donc allé trop loin dans le registre de la normalité, dans ce que Miquet-Marty décrit comme une «transgression de la fonction présidentielle». Mince : Hollande n’a cessé de fustiger Sarkozy qui n’aurait cessé de rabaisser la fonction présidentielle… En d’autres termes, l’arroseur arrosé…
Le sondeur va même plus loin : «Les Français perçoivent un déficit de sens, un flou sur le cap», poursuit le directeur de Viavoice. Alors que l’interview du 14 juillet aurait pu servir à faire de la pédagogie et justement à tracer une perspective à l’action gouvernementale, l’occasion a été loupée. «Les Français ont envie de savoir où on les emmène, de percevoir ce que la France sera dans cinq ou dix ans, explique Miquet-Marty. Hollande doit donner une perspective générale. C’est à ce prix qu’ils sont prêts à faire des efforts.» «Hollande n’a pas encore fait de faute majeur, reconnaît le sondeur. Mais il y a un doute persistant sur sa capacité à agir, sur la dimension du leadership, une question qui était déjà présente en filigrane durant la campagne». La rentrée complètement ratée par l’ensemble de l’exécutif (redevance télé, prix de l’essence, nucléaire, …), qui pousse le président à envisager de parler à la télévision le 9 septembre, conforte en tout cas les Français dans leur jugement déjà sévère.
« Je vous emmerde » : l’élégance d’Audrey Pulvar sur Twitter
L’intellectuelle Audrey Pulvar s’est faite remarquer en
insultant un internaute qui se moquait de son train de vie fastueux. La
femme de ministre, nouvelle emblème de la gauche caviar, n’a pas
accepté qu’un homme lui fasse remarquer sur Twitter qu’elle a des gouts
de luxe. « Je vous emmerde », a-t-elle répondu avec classe et élégance…
Le défenseur des ouvriers et la prêtresse des opprimés ont ainsi passé de belles vacances dans un hôtel cinq étoiles à Baux-de-Provence, comme l’a fait remarquer sur Tweeter un internaute malicieux, demandant au passage si c’est l’état qui finance ces vacances de prolétaires.
Vexée par cette remarque, Audrey Pulvar, qui se qualifie sans prétention d’intellectuelle, a pris sa plus belle plume pour répondre intelligemment, avec style et finesse à son lourdeau de détracteur. C’est donc un délicat « je vous emmerde », que la femme a twitté, prouvant ici qu’elle est bien une digne héritière de Montaigne, Racine, Voltaire et Hugo. Ça nous change de Sarkozy et Morano !
Quand on connait l’amour de Pulvar pour sa liberté d’expression, pour les procès contre ceux qui osent dire du mal d’elle et pour faire accélérer, par magie, les procédures judiciaires, on imagine volontiers que le twittos qui a eu l’outrecuidance d’apostropher publiquement l’intello en mini jupe finira prochainement dans un sombre cachot de notre belle république socialiste…
Les journalistes français ont été outrés, pendant des années, par un « casse toi pauvre con » lancé à un homme qui insultait le président de la république. Désacralisation de la fonction, vulgarité, manque de répartie, cette insulte publique était censée symboliser tous les méfaits du sarkozysme. Il y a fort à parier que l’insulte de la compagne du Ministre de l’industrie ne fera pas autant de bruit. Tout comme l’expulsion des Roms, le concubinage avec une starlette, les ministres condamnés par la justice, les plans de com tirés par les cheveux avec fausses paparazzades, la proximité du pouvoir politique avec les médias, où les pressions exercées sur la presse… Deux poids deux mesures !
mercredi 29 août 2012
- État de développement économique, social, politique, culturel auquel sont parvenues certaines sociétés et qui est considéré comme un idéal à atteindre par les autres.
- Ensemble des caractères propres à la vie intellectuelle, artistique, morale, sociale et matérielle d’un pays ou d’une société : La civilisation des Incas.
Or, il faut être d’une particulière mauvaise foi, pour trouver là-dedans des faits de racisme ou de xénophobie. Mieux encore, en tenant de tels propos, qui correspondent à la réalité du terrain, le « Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriale et de l’immigration » est parfaitement dans son rôle.
Ces outrances qu'autorise l'idéologie antiraciste
L'idéologie antiraciste est une plaie pour la démocratie. Elle détourne les mots et les regards au profit de minorités protégées qui
tentent de subvertir la République avec l'appui de faiseurs d'opinion
somnolents. Dire d'une civilisation qu'elle n'est pas équivalente à une
autre (blog de lundi) n'est pas faire une hiérarchie entre les races, comme le suggère le discours automatique. Le stupéfiant parallèle fait mardi à l'Assemblée par le député martiniquais Serge Letchimy (apparenté
PS) entre "le régime nazi", les "camps de concentration" et l'éloge
fait par Guéant de la civilisation européenne est l'illustration de
cette angoissante bêtise qui assimile la défense de la liberté, de
l'égalité et de la fraternité - ces valeurs rappelées par le ministre de
l'Intérieur - à un plaidoyer pour Hitler et la Shoah . Le fait que François Hollande refuse de présenter les excuses du PS et que son lieutenant Michel Sapin dise "comprendre parfaitement", ce mercredi matin sur RFI,
l'outrance du parlementaire, rappelle combien la gauche est imprégnée
de cet antiracisme qui ne dit rien, par exemple, des nouvelles formes de
racisme et d'antisémitisme qui s'observent au sein de certaines communautés protégées : un fait que dénoncent, ce mercredi dans Libération, des "Français juifs et de gauche" qui demandent de raviver "les valeurs d'humanisme, de tolérance et de respect"....
La
France saura-t-elle s'extraire de cette prison intellectuelle, qui met
scandaleusement les opinions sous surveillance pénale (l'association Riposte Laïque étant
la dernière victime en date) et interdit d'aborder les réalités qui
dérangent? Le hasard de l'actualité veut que le Conseil de Paris a voté,
mardi, l'attribution du nom d'Alexandre Soljenitsyne à une place
Porte Maillot (XVI e), en dépit de l'opposition de certains élus de
gauche qui veulent voir dans l'écrivain russe un antisémite pour l'un,
un homophobe pour l'autre. Soljenitsyne a le mieux décrit, notamment
dans L'archipel du Goulag, ce qu'est l'omniprésence du mensonge idéologique et de sa novlangue, mis au service d'une société totalitaire. L'intellectuel libéral, lecteur de Montesquieu et Tocqueville,
explique que c'est par refus délibéré de la réalité que se construisent
ces mondes faux et oppressifs, détachés des faits, des hommes et du
sens commun. Or c'est ce mensonge que porte l'idéologie antiraciste, qui
estime que l'Occident ne doit cesser d'expier ses fautes du XX è
siècle. Mais ces tragédies ont justement été commises par d'autres
idéologies totalitaires, contre lesquelles la civilisation européenne
n'a su se prémunir.
Le patronat fait une rentrée offensive sur la fiscalité et la compétitivité
Une dizaine de ministres présents
Ce sera aussi et surtout l'occasion, comme souvent, mais surtout cette année, la première rentrée depuis le retour de la gauche au pouvoir après dix ans d'absence, de prendre le pouls de la situation politique, économique et sociale de la France, et la température des relations, assez fraiches, entre le patronat et le gouvernement. Pas moins de dix ministres seront présents ; dont Jean-Marc Ayrault en vedette américaine pour l'ouverture, une première pour un Premier ministre, mais aussi Michel Sapin, ministre du travail, Pierre Moscovici, celui de l'économie et des finances et même, en dernière minute, Arnaud Montebourg, le bouillant ministre en charge du redressement productif qui s'en était pris vivement en juillet à la famille Peugeot et qui interviendra vendredi en clôture.
La crise change la donne
Cette université d'été n'aura rien à voir avec l'ambiance de pugilat des premières années du Medef, lorsqu'Ernest-Antoine Seillière, son premier président élu, avait mené un rude combat contre Lionel Jospin (pourtant son ancien condisciple de l'Ena) et surtout contre les lois Aubry sur la réduction du temps de travail. Le patronat était alors en guerre ouverte contre le gouvernement, même si en réalité, la plupart des entreprises, surtout les plus grandes, négociaient en coulisses des accords de flexibilisation de l'emploi et des allégements de charges sociales en échange du passage aux 35 heures. Ce n'était pas il y a si longtemps et pourtant, le contraste avec cette période est saisissant. A l'époque, les patrons avaient un ami au gouvernement, en la personne de Dominique Strauss-Kahn. Le brillant ministre de l'économie, des finances et de l'industrie concentrait à lui seul dans un grand Bercy toutes les responsabilités aujourd'hui confiés à quatre ministres du gouvernement Ayrault : Pierre Moscovici (Economie et Finances), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Jérôme Cahuzac (Budget), Nicole Bricq (Commerce extérieur). A l'époque aussi, malgré les apparents désaccords idéologiques entre le patronat et la gauche, les belles performances de l'économie française, compétitive face à l'Allemagne, en excédent commercial et dopée par une croissance mondiale euphorique, arrondissaient les angles. Le patronat avait même accepté sans trop de mauvaise grâce un doublement de la surtaxation de l'impôt sur les sociétés décidé par le gouvernement Juppé pour permettre la qualification de la France pour l'euro.
En cette rentrée 2012, le paysage est radicalement différent. Entamant la dernière année de son deuxième (et selon les statuts actuels dernier) mandat, Laurence Parisot, la présidente du Medef, est dans une toute autre position que son prédécesseur de 1998 qui affichait ouvertement sa volonté de ferrailler avec Lionel Jospin, n'hésitant à pas à le faire huer lors d'assemblées générales à l'ambiance de meeting politique. Pour la présidente du Medef, qui a accordé hier un long entretien au « Monde », il est beaucoup plus difficile de trouver aujourd'hui une prise face à l'insaisissable François Hollande qui pour l'instant gère prudemment l'économie et habilement la situation politique : pas de combat idéologique comme celui des 35 heures à se mettre sous la dent, mais en revanche un climat de crise économique et sociale dans lequel le patronat est contraint de négocier, pied à pied, des avancées sur son grand sujet, celui de la compétitivité. Et donc à ne pas rompre le dialogue social dont Laurence Parisot s'est fait la championne.
C'est que la situation s'est complètement inversée par rapport à il y a quatorze ans : la France a perdu du terrain sur les marchés extérieurs, les entreprises notamment les plus grandes ont délocalisé à tout va pour tenter de conserver leurs marges dans la mondialisation. Et la croissance surtout, a disparu et ne semble pas prêt de revenir de sitôt, dans un environnement très inquiétant quant à l'avenir de la zone euro. La stagnation de l'activité depuis presque un an et l'effondrement des marges des entreprises françaises est la principale source d'inquiétude de la présidente du Medef qui attend de la venue d'une dizaine de ministres lors de l'université d'été un discours plus offensif et plus rassurant de la part du gouvernement.
Le patronat mal aimé
C'est que depuis la campagne électorale, le patronat a le sentiment d'être le mal aimé, le bouc émissaire de la crise, et craint de voir le fossé avec l'opinion se creuser alors que les plans de restructuration se multiplient depuis le printemps dans tous les secteurs : l'automobile, l'aérien, la sidérurgie, mais aussi la banque, les télécoms et désormais la grande distribution avec Carrefour. Alors que la gauche de la gauche pousse François Hollande à choisir une voie beaucoup plus radicale en légiférant sur les licenciements et les cessions d'usines, le Medef est dans une position délicate et attend du gouvernement des signes d'apaisement face à ce que beaucoup de patrons qualifient de climat anti-business. L'alourdissement de l'ISF, sans plafonnement, la taxation des hauts revenus supérieurs à 1 million d'euros à 75%, qui vise directement les chefs d'entreprise alimentent un vent de révolte au sein d'une frange du patronat qui voudrait bien en découdre avec le gouvernement, menace de quitter la France avec leurs comité exécutifs voire de délocaliser les sièges sociaux.
Encourager plutôt que décourager
C'est la raison pour laquelle Laurence Parisot a haussé le ton à la veille de l'Université d'été, mettant le gouvernement en garde contre ses projets fiscaux. Elle attend du gouvernement qu'il soit « dans l'ouverture plutôt que dans la défiance, dans l'attention plutôt que la suspicion, encourageant plutôt que décourageant ». Les mots qui seront prononcés par le Premier ministre ce mercredi seront scrutés à la loupe. En juillet, lors de la conférence sociale, le Medef avait failli claquer la porte parce que sous la pression de la CGT, Jean-Marc Ayrault n'avait pas voulu associer la flexibilité pour l'employeur à la négociation prévue sur la sécurisation de l'emploi à partir de cet automne et pour laquelle le gouvernement doit adresser aux partenaires sociaux un document d'orientation à la mi-septembre. Laurence Parisot attend un tout autre discours et prévient que le Medef ne participera à la négociation qu'à la condition que ses préoccupations soient entendues sur la question sensible des accords compétitivité-emploi. Ceux-ci ont selon Laurence Parisot permis à l'industrie automobile de surmonter la crise de 2008 mieux que cela n'a été le cas en France. Les derniers chiffres du chômage, catastrophiques, viennent plutôt renforcer la position du Medef alors que le gouvernement ne peut compter sur les seuls emplois aidés et les emplois d'avenir pour résoudre le problème.
Cassus belli fiscal
Mais le principal casus belli entre le patronat et la gauche reste le dossier fiscal. Laurence Parisot, consciente qu'une lourde facture arrive avec le budget 2013, historique, demande au gouvernement de faire deux fois plus de baisses de dépenses que de hausses d'impôts. Elle dénonce aussi la volonté du gouvernement d'aligner la fiscalité du travail et du capital qui limiterait l'accès aux capitaux. La taxation à 75% promise par François Hollande ne devra selon elle pas s'appliquer sur les cessions d'entreprise ou de parts d'entreprise. Deuxième cheval de bataille, le projet de supprimer ou de plafonner la déductibilité des intérêts d'emprunts contractés lors d'une acquisition qui selon le Medef pourrait mettre un coup d'arrêt au développement des entreprises notamment les ETI par croissance externe, et semble donc contradictoire avec la volonté de favoriser un Mittelstandt d'entreprises moyennes comme en Allemagne. Enfin, la présidente du Medef s'oppose farouchement à toute intégration des biens professionnels dans l'assiette de l'impôt sur la fortune, comme on en prête l'intention au gouvernement, qui serait selon elle un « hara-kiri » de l'économie française.
Le retour de la CSG sociale
Au-delà de ces sujets techniques, le vrai combat du Medef est bien celui de la compétitivité. Laurence Parisot pense avoir gagné des points pour convaincre le gouvernement de prendre en compte la question du coût du travail même si les modalités d'une baisse des charges restent encore nébuleuses. En attendant les conclusions de la commission confié à Louis Gallois sans doute en octobre, le Medef réitère sa proposition d'un système à « double hélice » permettant à la fois de baisser les charges des entreprises et des salariés en échange d'une hausse légère et de la TVA et de la CSG, avec comme alternative à la TVA, rejetée par la gauche, l'appel à la fiscalité écologique. Cette idée qui s'apparente à la « CSG sociale » défendue par certains économistes proches du gouvernement, comme Elie Cohen, Gilbert Cette ou Philippe Aghion, semble faire son chemin puisque Jean-Marc Ayrault comme Pierre Moscovici ont récemment reconnu qu'elle était au menu des négociations entre partenaires sociaux avec ambition d'aboutir avant le printemps 2013.
Des gages de bonne volonté
Désireuse de négocier et consciente que la période ne se prête pas à une relation conflictuelle dure avec le gouvernement, Laurence Parisot joue donc une partie délicate. Il lui faut à la fois mener le combat notamment fiscal contre les projets les plus à gauche de François Hollande tout en lui donnant des gages de bonne volonté pour l'amener à sortir du bois et à avancer sur les chantiers de réformes structurelles pour lesquels le Medef se bat depuis de longues années. La situation économique et budgétaire très difficile et la crise de l'euro pourrait obliger les deux parties à trouver un terrain d'entente. Ce n'est ni un flirt, ni une lune de miel, mais sans doute la conscience de part et d'autre que les enjeux pour le pays et l'ampleur des difficultés encore à venir plaident pour que chacun fasse un pas dans la direction de l'autre. En acceptant par exemple, ce qu'il avait refusé en juillet provoquant la colère des syndicats, un alignement des régimes complémentaires sur le décret permettant à certains salariés ayant commencé à travailler tôt de partir à 60 ans, le Medef a fait une partie du chemin. Les patrons escompte que ce geste aura pour contrepartie une plus grande écoute du gouvernement à ses inquiétudes sur la fiscalité et la compétitivité.
Cette fragilité est évidente dans plusieurs pays d'Afrique et du Proche-Orient qui, à l'image de l'Afghanistan, demeurent des mosaïques d'ethnies et de tribus peu disposées à remettre leurs pouvoirs à une instance lointaine. L'État n'est qu'un lieu de transaction entre chefs tribaux afin de répartir au mieux les ressources qu'il renferme.
Le cas extrême reste, cependant, la Somalie éclatée en trois entités : l'une qui maintient un semblant d'État, l'autre qui impose les rigueurs de la loi islamique, la troisième qui sert de base arrière... aux actes de piraterie. Ce sont ces situations qui ont conduit l'Onu à inventer un nouveau concept : celui « d'État défaillant » !
L'exemple de la Grèce montre que le continent européen n'est pas épargné. Là, ce n'est point le morcellement ethnique, mais le clientélisme politique et la corruption administrative qui entraînent la décomposition de l'État.
L'histoire de l'Occident nous rappelle, en effet, que l'État est une invention originale. Il a fallu l'action des rois pour construire une armée, une justice ainsi qu'une administration dégagées de la tutelle seigneuriale, et, condition décisive, un premier embryon de fiscalité afin de collecter l'impôt et de financer le nouvel ensemble. Or, ce sont ces fonctions que nous appelons encore « régaliennes » que la Grèce n'assume plus et que les émissaires de l'Union européenne, dépêchés au chevet du malade, ont pour mission principale de « réapprendre » à leurs dirigeants.
Il y a d'ailleurs là un plaisant paradoxe. Concernant la construction européenne, il nous invite à dépasser la fausse alternative du « fédéralisme » et du « souverainisme ». L'exemple grec démontre que l'Union européenne a besoin de s'appuyer sur des États en mesure de fonctionner. En même temps, on ne saurait donner tort à l'Allemagne : l'extrême fragilité des États méditerranéens plaide en faveur d'un renforcement des pouvoirs de l'Union.
Plus d'intégration dans le domaine des politiques économiques, fiscales et surtout budgétaires : voilà sans doute le prix à payer pour maintenir à flot des États qui n'ont plus les moyens de résister seuls à la concurrence ravageuse des pays émergents. La survie des États-nations réside étrangement dans plus de fédéralisme !
Baisse des prix des carburants: ce que Moscovici n'a pas dit
D'abord la date de mise en œuvre. « Il est impossible d'appliquer ces changements demain, le plus tôt serait après demain. En fait, nous nous engageons sur le 1er septembre, au plus tard », affirme un pétrolier. Les distributeurs veulent s'aligner sur l'application de la baisse des taxes par l'Etat, sans savoir sous quel délai elle va avoir lieu. Total a finalement précisé mardi en fin de journée qu'il allait appliquer cette mesure dès mercredi. A vérifier.
Même baisse pour le diesel et l'essence ?Outre le délai, Bercy n'a pas précisé non plus les modalités de cette baisse des taxes. Sera-t-elle du même niveau (3 centimes) pour le gasoil et l'essence ? Le gasoil, qui représente 80% des ventes de carburants, est taxé actuellement à hauteur de 47% tandis que les prélèvements pèsent 55% du prix du SP 95. On peut se demander si la baisse sera la même en valeur absolue sur les différents carburants.
L'Etat verra son "effort" compensé
Ce ne sera pas non plus un véritable « effort » de l'Etat. Si l'Etat diminue uniquement la taxe fixe (TICPE) - ce qui reste le scenario le plus probable, en cas de poursuite de l'envolée du brut, l'Etat va continuer à encaisser des recettes supplémentaires provenant de la « TVA sur le produit ». C'est-à-dire 19,6% de chaque centime d'augmentation du carburant hors taxes. Dans cette hypothèse de poursuite de la hausse du brut, le coût de la mesure sera donc inférieur aux 300 millions d'euros annoncés par Pierre Moscovi. Cette somme doit de toute façon être « compensée par un redéploiement budgétaire», a précisé le ministre.
Une baisse le plus souvent inférieure à 6 centimes
La baisse de 6 centimes sera, finalement, rare. La plupart des distributeurs se sont en effet engagés à moins. 2 centimes pour Total qui compte 2.000 stations-service (3 centimes sur les autoroutes, où les prix sont largement supérieurs de toute façon), « 1 à 3 centimes » pour Leclerc et Système U, sans autre précision, et en ne s'engageant que pour septembre.
Quant aux stations détenues par des indépendants, elles ne baisseront certainement pas leurs prix, ou très peu. "Si nos fournisseurs nous appliquent des baisses nous les appliqueront, pour le reste, sur nos propres marges, il est hors de question qu'on les baisse car elles sont déjà très faibles", a prévenu Christian Roux, président de la Branche nationale des propriétaires-exploitants de stations-service au sein du Conseil national des professions automobiles.
En fait, faute de pouvoir imposer une baisse aux distributeurs, Bercy compte sur le jeu du marché et de la concurrence. Très sensible aux prix pratiqués dans leur zone de chalandise, les distributeurs s'aligneront sur leurs concurrents, si leurs ventes fléchissent. C'est la position implicite d'Esso. « Ne regardons pas les écarts mais les prix », lance un porte-parole de l'enseigne qui refuse de donner une fourchette de baisse prévue. « Nous sommes précurseurs depuis 1999 sur les prix bas avec nos stations automatiques Esso Express. Nous allons continuer à proposer les prix parmi les moins chers du marché ». ajoute-t-il. C'est aussi ce qu'affirme Shell pour ses 80 stations service d'autoroutes, sans autre précision.
Un coût inférieur pour Total qui renonce d'abord à ses bénéfices
Quel effort pour les distributeurs ? Ils clament ne gagner que 1 centime par litre mais s'engagent à baisser les prix de 2 à 3 centimes. Comment ? En vendant à perte ? La grande distribution vend le plus souvent le carburant sans prendre de marge nette, le considérant comme un produit d'appel pour ses grandes surfaces. Elle va, avec cette mesure, perdre de l'argent. Mais ce n'est pas pour autant de la vente à perte, illégale. « Nous allons vendre à prix coûtant c'est-à-dire sans couvrir nos charges de salaires et de structures. C'est effectivement une perte pour nous mais pas ce qu'on appelle juridiquement une vente à perte car nous ne vendrons pas en dessous de notre prix d'achat», explique un représentant d'une enseigne. Leclerc a chiffré à 20 millions d'euros le coût de cette mesure sur un mois pour son réseau.
Les compagnies pétrolières, comme Total, ont des charges d'exploitation souvent plus importantes que la grande distribution et empochent, elles, bel et bien 1 à 1,5 centime net par litre. Elles vont, avec cette mesure, perdre de 1 à 0,5 centime par litre. « En fait, 0,33 centimes par litre après le mécanisme de compensation des impôts », affirme un expert. Pour une enseigne comme Total, qui revendique une part de marché de 16%, la perte sera comprise entre 5 et 10 millions d'euros pour trois mois.
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Un député allemand déclare qu'en cas de sortie de la Grèce de la zone euro, les conséquences pourraient dépasser le domaine économique
Selon Michael Meister, la Grèce, située dans la péninsule des Balkans, a contribué à l'intégration européenne par son entrée dans l'UE et dans la zone euro. Du point de vue stratégique en terme de géopolitique européenne, il est préférable que la Grèce reste dans l'UE et la zone euro afin de maintenir une certaine stabilité dans le Sud-est de l'Europe.
Lors de sa visite en France et en Allemagne la semaine dernière, le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a demandé plus de temps à la communauté internationale et à la zone euro pour achever ses coupes budgétaires. La presse allemande a d'ailleurs exprimé son mécontentement.
Hollande est en chute, ce n'est qu'un début
Le chef de l'État dévisse de 11 points, selon le baromètre Ipsos-"Le
Point". Et selon Hervé Gattegno, sur RMC, cela ne va pas s'arranger.
La cote de popularité du chef de l'État s'effondre dans le baromètre Ipsos-Le Point de cette semaine. François Hollande
perd 11 points : 44 % de bonnes opinions (47 % de mauvaises). C'est un
déclin particulièrement rapide, après moins de quatre mois au pouvoir.
Et vous n'êtes pas optimiste pour la suite. Votre parti pris : Hollande
est en chute, ce n'est qu'un début. Vous en êtes sûr ?
Vous voulez dire que François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont victimes de la crise ?
De la crise économique, mais aussi - surtout ? - de la crise de confiance qui touche les politiques. De ce point de vue, on peut dire que François Hollande récolte ce qu'il a semé : la confusion. Sa campagne a été parsemée d'artifices et de faux-fuyants. À présent, le brouillard se dissipe et le paysage est plutôt morne. L'opinion de gauche trouve ses mesures sociales insuffisantes et les expulsions de Roms injustes. Et l'opinion de droite lui reprochera toujours d'alourdir la dépense publique au lieu de faire des économies. C'est une quadrature du cercle. Il faudrait plus que de la rondeur pour la briser.
Mais Angela Merkel et Barack Obama aussi sont impopulaires. Est-ce que tous les dirigeants des grandes démocraties ne sont pas condamnés à déplaire ?
C'est leur destin en temps de crise. Mais la déception est à la mesure de l'attente. Nicolas Sarkozy a provoqué un rejet quand son hyperactivité et sa surexposition sont apparues décalées avec des performances somme toute modestes. En 1995, Jacques Chirac avait dévissé dans les sondages, parce que sa politique était à l'opposé de sa campagne sur la "fracture sociale". La dégringolade de François Hollande s'explique surtout par le spectacle de son inaction - ou même, plus grave, de son incapacité à agir. Il n'a pas bloqué le prix de l'essence. Il n'a pas réformé les banques. Il n'a pas fait plier Mme Merkel. Plus personne ne croit qu'il soit "l'ennemi de la finance". Il le paie.
Est-ce qu'il faut lui reprocher de gouverner d'une façon "raisonnable" ?
Choisir la raison face aux contraintes, c'est le bon sens. Le problème, c'est d'avoir fait croire qu'il aurait raison des contraintes... L'équation de François Hollande, c'est qu'il rassure ceux qui n'ont pas voté pour lui, sans les convaincre ; et qu'il déçoit ceux qu'il avait convaincus, sans les rassurer. Arithmétiquement, ça l'expose forcément à une perte de confiance. D'autant que son électorat est a priori celui qui subit le plus durement la crise et qu'il n'a pas les moyens de les aider beaucoup. François Hollande n'a pas connu d'état de grâce ; une nouvelle dégradation de l'économie peut (déjà) lui donner le coup de grâce. Il lui resterait alors quatre ans pour attendre un miracle. Et nous avec.
Culture française : "Aurélie Filippetti m'inquiète"
Journaliste américain, Donald Morrison a publié, en 2008, un
essai fracassant intitulé « Que reste-t-il de la culture française ?».
Quel bilan fait-il quatre ans plus tard et que pense-t-il d'Aurélie
Filippetti, nouvelle ministre de la culture ? Entretien choc.
Journaliste américain, Donald Morrison a publié, en 2008, un essai fracassant intitulé « Que reste-t-il de la culture française ?». Nombrilisme,
perfusion financière, refus de voir les fonds privés soutenir la
création, il confirme la marginalisation de la culture française et
redoute que le grand retour des socialistes n’assombrisse encore le
tableau…
-- Vous avez publié un essai désacralisant le rôle de la culture
française voici quatre ans. Quel bilan dressez-vous aujourd’hui ?
-- Que pensez-vous de la nouvelle équipe qui vient d’entrer au ministère de la Culture ?
Il est trop tôt pour juger mais votre nouveau ministre de la Culture m’inquiète. Avant d’être nommée à la direction de la rue de Valois, Aurélie Filippetti s’est déclarée allergique aux partenariats entre le public et le privé en matière de culture. Elle a, par exemple, dit que voir le nom d’une société privée en façade lors d’une manifestation culturelle la chagrinait.
Quelle erreur ! L’Europe connaît une crise budgétaire sans précédent et pour sauver sa culture, elle doit au contraire multiplier les partenariats, encourager le mécénat, comme cela se fait partout ailleurs !
-- La culture française vous semble-t-elle trop subventionnée ?
Beaucoup trop ! Vous êtes les recordmen du monde. Aux États-Unis, les subventions publiques représentent une fraction minuscule des sommes allouées à la culture contre une majorité en France où l’on considère, toutes tendances politiques confondues, qu’elles doivent représenter environ 1% du PIB.
Le système français fait vivre 11 000 fonctionnaires et l’État nomme les directeurs de théâtres, d’orchestres, de certains médias audiovisuels, etc. Ce n’est pas son rôle !
L’erreur est de considérer que la culture est un service public. La France devrait faire pour la culture ce qu’elle a fait pour ses universités : lui donner plus d’autonomie, favoriser sa décentralisation.
-- Vous séjournez en Europe depuis longtemps. Quels sont les systèmes de financement de la culture qui vous semblent intéressants à suivre sur le Vieux Continent ?
Le système en vigueur au Royaume-Uni présente des avantages. Les Britanniques ont notamment mis au point un système de loterie performant qui leur permet d’injecter des dizaines de millions de livres dans la culture, sans que cela coûte un sou aux contribuables. Une partie des sommes non redistribuées aux parieurs est affectée à la filière culturelle.
Au final, les fonds d’origine privée et ceux fournis par l’État s’équilibrent à environ 50/50.
Le même système est utilisé par certains États américains, où l’on peut aussi acheter, très cher, des plaques d’immatriculation spécifiques dont le produit est réservé à la culture. Ailleurs en Europe, comme en Allemagne, en Italie, en Espagne ou en Suisse, la baisse des subsides publics est compensée par la recherche systématique de partenariats avec le privé. C’est la bonne solution.
À cette aune, la France et sa culture d’État sont le pire modèle possible.
-- Le déclin de la culture française vous semble-t-il réversible ?
La France cumule plusieurs handicaps : le français n’est plus une langue globale et Paris n’est plus une place de référence pour le marché de l’art.
Ce rôle lui a été ravi par Londres, New York et, de plus en plus, par des villes asiatiques comme Pékin, Shanghai, etc. De plus, la culture française est nombriliste. Elle abonde en œuvres, notamment pour le cinéma ou la littérature, qui n’intéressent personne en dehors de l’hexagone et très peu de monde à l’intérieur.
Pour gagner en reconnaissance globale, les artistes français doivent se frotter au reste du monde et non plus se calfeutrer chez eux, abrités par la ligne Maginot des subsides publics (N'est ce pas Pierre Arditi ?). Comme cela a, par exemple, été le cas après la Première Guerre mondiale ou après la Seconde, la France aurait avantage à accueillir des artistes étrangers pour accroître son rayonnement. Si elle ne le fait pas, elle perdra à tout jamais sa culture de première classe
20 questions-réponses pour comprendre la crise de la dette
En partie par la faute de ceux-là mêmes qui le lui font payer aujourd’hui durement : les marchés financiers. C’est en effet pour pallier les effets de la crise des subprimes – provoquée par les folles dérives des établissements financiers – que les Etats européens ont lourdement creusé leurs déficits ces dernières années. Personne ne le conteste, injecter des centaines de milliards d’euros d’argent public dans le circuit économique était le seul moyen d’éviter que le continent entier ne sombre dans une grande -dépression. Ces plans de relance massifs, alors que les recettes fiscales avaient tendance à diminuer du fait de la récession, ont d’ailleurs été efficaces. Dès 2010, la plupart des pays européens renouaient avec la croissance, et leurs systèmes bancaires s’en sont tirés sans trop de dommages. Mais l’endettement des Etats a franchi un nouveau cap. Et les plans d’austérité qui ont suivi ont achevé le travail en cassant la croissance, provoquant de ce fait une hausse des déficits publics et donc de la dette. Entre 2007 et 2012, celle de la France a ainsi bondi de 60 à 90% du PIB, et celle de l’Italie, de 104 à 120%. Mais ne nous voilons pas la face. Si la plupart des Etats européens croulent aujourd’hui sous les dettes, c’est aussi qu’ils ont laissé filer leurs dépenses pendant des décennies pour conserver leurs systèmes -sociaux généreux et leurs administrations pléthoriques. On leur en passe aujour-d’hui l’addition.
2. Pourquoi les pays du Sud ont-ils été subitement pris à la gorge ?
Ce n’est pas leur dette proprement dite qui leur a posé problème – tous, y compris la Grèce, étaient assez solides pour l’honorer dans des conditions normales – mais l’explosion des taux d’intérêt (jusqu’à 26% pour la Grèce !) exigés à partir de 2010 par les marchés pour leur avancer de l’argent. Pour l’Italie, par exemple, un seul petit point de hausse représente une facture annuelle de 10 milliards. Les pays concernés sont donc prisonniers d’une absurde spirale infernale : l’envolée des taux accroît leurs difficultés, ce qui affole encore plus les prêteurs et provoque de nouvelles hausses de taux. C’est exactement ce qui se passe en ce moment pour l’Espagne et l’Italie. En somme, il suffirait que la confiance revienne sur les marchés pour régler le problème, en partie du moins. On n’en prend malheureusement pas le chemin.
3. La Grèce et l’Espagne méritent-elles leur sort ?
A priori, ces deux pays sont tout aussi fautifs l’un que l’autre : tous les deux ont abusé de la forte baisse des taux d’intérêt consécutive à leur entrée dans la zone euro, en empruntant sans frein. Mais la comparaison s’arrête là. En Espagne, le boom du crédit a certes alimenté une bulle immobilière – c’est précisément son éclatement qui est à l’origine de ses problèmes bancaires actuels – mais le pays a profité de sa forte croissance pour assainir ses comptes publics. En dépit de son emballement récent, sa dette reste d’ailleurs aujourd’hui nettement inférieure à celle de la France (72% contre 90% du PIB). La Grèce est autrement coupable. Non seulement elle a falsifié ses comptes pour intégrer le club de l’euro en 2001, mais elle a laissé filer ses dépenses publiques. «Ce pays n’aurait jamais dû intégrer la zone euro», résume l’économiste Patrick Artus, de Natixis. Reste que les investisseurs européens ont aussi leur part de responsabilité dans cette dérive : s’ils n’avaient pas accepté de prêter pendant des années à des taux très faibles au pays des olives, Athènes n’en serait certainement pas là.
4. Les attaques spéculatives contre l’Italie sont-elles justifiées ?
C'est la plus grande injustice du moment. Après avoir baissé fin 2011 avec l’arrivée de Mario Monti au pouvoir, les taux d’intérêt sur la dette italienne ont de nouveau flambé ces derniers mois. Ils frôlent aujourd’hui les 6%. Echaudés par la déroute de la Grèce, et plus récemment de l’Espagne et de Chypre, les marchés financiers recommencent en effet à paniquer. Il est vrai que le pays s’enlise dans la récession et que le taux d’endettement reste très élevé (122% du PIB, contre 72% seulement en Espagne). Mais Rome a entrepris de courageuses réformes de fond – -notamment de son système de re- traite – pour assainir ses finances et est parvenu à ramener son déficit public dans des zones tout à fait acceptables, autour de 2% cette année. Hors intérêt de la dette, le pays dégage d’ailleurs un excédent public de 1%. Surtout, l’Italie conserve une économie solide, forte d’un tissu industriel dense et compétitif : elle abrite 240.000 entreprises exportatrices, soit autant que l’Allemagne, et trois fois plus que la France ! On est loin de la situation grecque…
5. Pourquoi les taux français restent-ils faibles ?
On peut dire que nous avons de la chance. Il y a près d’un an, beaucoup d’analystes prédisaient le pire à la France. Or, contre toute attente, les marchés continuent de la traiter avec une douceur exceptionnelle. Bien que sa dette atteigne des niveaux considérables (90% du PIB), et que son déficit courant reste préoccupant (4,5% du PIB cette année si tout va bien), ils acceptent toujours de lui prêter des milliards à des taux historiquement faibles (2% fin août pour les emprunts à dix ans, contre près de 6% pour l’Italie). Pour les analystes, ils s’agit d’un simple effet d’aubaine : l’incertitude est telle en Europe que les investisseurs voient aujourd’hui Paris comme un placement très sûr. Pourvu que ça dure… L’Allemagne, elle, regarde tout ça de haut : fin mai, elle a tranquillement placé ses obligations à deux ans à un taux nul – autrement dit négatif compte tenu de l’inflation.
6. A qui profitent les taux exorbitants payés par les pays du Sud ?
Si l’Espagne et l’Italie se saignent pour emprunter de quoi boucler leurs fins de mois, l’argent n’est pas perdu pour tout le monde. Tant que ces pays ne font pas défaut – et il y a tout lieu de penser qu’ils n’en viendront pas à cette éventualité – les prêteurs se mettent du 6% net dans la poche, un taux à faire rêver n’importe quel petit épargnant. Les banquiers et les assureurs du Vieux Continent ne se privent pas pour en profiter. D’autant que, pour les aider à assainir leurs comptes, la Banque centrale européenne a gentiment prêté ces dernières années aux établissements bancaires 1.000 milliards d’euros de liquidités au taux imbattable de 1%. La plupart d’entre eux en ont profité pour acheter quantité d’obligations souveraines. D’après Georges Ugeux, le P-DG de Galileo Global Advisors, le jackpot réalisé par les banques italiennes, qui ont massivement acquis de la dette de leur pays, s’élèverait ainsi à… 10 milliards d’euros. Par contre, les investisseurs privés qui avaient prêté ces dernières années à la Grèce ont fait une bien mauvaise opération. La restructuration de la dette du pays, imposée par le FMI et les Etats européens, leur a fait perdre plus de 100 milliards d’euros. On ne gagne pas à tous les coups.
8. Qu’ont fait les pays européens pour aider leurs voisins en difficulté ?
Dix-neuf sommets ! Depuis le début de la crise de la dette, il y a près de quatre ans, les Etats membres de l’Union se sont réunis pratiquement tous les deux mois pour tenter d’éteindre l’incendie européen. Principal résultat de ces rencontres ? La création d’un Mécanisme européen de stabilité financière (le MESF) et d’un fonds de sauvetage européen (le FESF), dotés d’une capacité d’emprunt respective de 60 et 440 milliards d’euros. C’est grâce à leur intervention que l’Irlande, la Grèce et le Portugal ont pu éviter la faillite. Et ils devraient revenir d’ici peu à la rescousse de l’Espagne et de Chypre. Mais ne nous y trompons pas, les sommes versées ne sont pas données, mais seulement prêtées à des taux préférentiels. «Pour le moment, l’Union européenne n’a pas perdu d’argent», observe l’économiste -Patrick Artus. L’Europe n’a cependant pas consenti ces «largesses» les yeux fermés : en échange, elle a imposé aux pays en difficulté des politiques d’austérité drastiques. Et exigé d’avoir un droit de regard dans la gestion des comptes publics. Comme rien n’est simple en Europe, ces instances temporaires seront remplacées cet été par une vraie institution intergouvernementale, le Mécanisme européen de stabilité (MES), auquel les Etats devront verser un capital de 80 milliards sur cinq ans (16 milliards pour la France).
9. Comment les contrôles sont-ils organisés ?
Pour vérifier la mise en place des politiques d’austérité, la Commission européenne, le FMI et la BCE ont créé la fameuse «troïka». Trois équipes techniques (une vingtaine de personnes au total) ont ainsi été dépêchées en Grèce, pour «aider» le gouvernement à élaborer ses réformes et à refondre sa législation fiscale. C’est en fonction des rapports rendus par ces experts que l’aide est débloquée… ou pas. Le Portugal et l’Irlande ont dû passer sous les mêmes fourches Caudines. Et l’on n’est qu’au début du processus, car la future «union bancaire» prévoit de renforcer cette ingérence.
10. Les Européens -imposent-ils trop de -rigueur aux pays aidés ?
Tous les économistes le répètent depuis des mois : en imposant des cures d’austérité massives comme ils le font en ce moment sous la pression des Allemands, les Européens courent à leur propre perte. Entre la Grèce, le Portugal, l’Italie, l’Espagne et bientôt la France, ce sont au total près de 150 milliards d’économie qui ont en effet été planifiés depuis le début de la crise, dont quasiment la moitié pour la seule Espagne. Or plus d’austérité signifie moins d’activité, donc moins de recettes fiscales, et… plus de dette ! C’est une évidence en Grèce mais aussi en Italie : cette potion n’a fait qu’aggraver la situation. D’où l’idée de redonner un peu d’oxygène au Vieux Continent avec un plan de relance.
11. L’action de la BCE a-t-elle été bénéfique ?
Cette institution a joué un rôle clé dans la crise. Comme la Fed aux Etats-Unis, elle a d’abord réduit ses taux d’intérêt, de 4,25 à 0,75%, afin de booster l’activité. Ensuite, on l’a dit, elle a prêté aux établissements bancaires près de 1 000 milliards d’eu-ros à des taux ultrafaibles (1%) pour leur permettre de -reconstituer leurs fonds propres laminés par la crise des subprimes. Enfin, pour faire baisser la pression sur les taux, elle a racheté aux investisseurs qui les avaient souscrites des obligations de pays en difficulté. Près de 190 milliards d’euros ont été engagés de la sorte. L’ennui, c’est que ces mesures sont arrivées tard. Quand la BCE a commencé à racheter des obligations souveraines, la Fed américaine le faisait depuis un an. Ensuite, elle s’est montrée particulièrement pingre : elle a dépensé cinq fois moins que son homologue d’outre-Atlantique ! Surtout, contrairement à ce qui s’est passé aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ses achats -publics de titres n’ont pas été monétisés dans la zone euro, par crainte de l’inflation. Cela signifie qu’un montant de liquidités égal au coût de rachat a été retiré du circuit. Or «c’est grâce à l’injection massive de liquidités par leurs Banques centrales que les Etats-Unis et l’Angleterre ont pu éviter une crise de la dette», assure -Romain Rancière, professeur à l’Ecole d’économie de Paris.
A première vue, oui. D’abord parce qu’après des mois d’austérité érigée en quasi-dogme au sein de l’Union, les Etats membres se sont enfin mis d’accord sur un plan de relance de 120 milliards d’euros. Ensuite et surtout parce que l’Italie et l’Espagne ont fini par arracher des mesures qui devraient les soulager financièrement. A commencer par la recapitalisation des banques, qui pourra désormais se faire sans passer par les Etats. Enfin parce que les dirigeants européens se sont entendus pour élargir les possibilités de rachat de dette souveraine sur le marché secondaire (titres déjà émis et souscrits). Jusqu’à présent, seule la BCE pouvait le faire, et encore, dans des conditions extrêmement strictes. Désormais, le Fonds de secours européen – le futur «Mécanisme européen de stabilité» – pourra aussi le faire. C’est une mesure essentielle, car elle devrait permettre d’atténuer la hausse des taux qui plombe les finances publiques espagnoles et italiennes. Mais pour que l’opération soit réellement efficace, il faudrait encore que le Fonds dispose d’assez de moyens, ce qui n’est pas le cas. Certains suggèrent de l’autoriser à emprunter à la BCE, comme les banques, mais pour le moment, les Allemands refusent.
13. Le plan de relance de 120 milliards sera-t-il suffisant pour booster la croissance ?
De prime abord, l’enveloppe du plan de relance annoncé lors du dernier sommet européen paraît plantureuse : elle équivaut à 1% du PIB européen. Mais ces 120 milliards d’euros intègrent 55 milliards de fonds qui étaient déjà sur la table. Et sur les 65 milliards restants, 50 correspondent à une simple capacité d’emprunt. Au total, d’après Natixis, les véritables nouveaux moyens injectés dans l’économie ne devraient pas dépasser… 15 milliards. C’est quatre fois moins que les économies annoncées par nos voisins espagnols et italiens ces derniers mois !
14. Qu’impliquerait -concrètement une union -politique en Europe ?
Les économistes sont unanimes : sur le long terme, aucune union monétaire ne peut fonctionner sans union budgétaire et politique. Or la mise en place d’un tel système en Europe supposerait un immense bond en avant institutionnel. Il faudrait créer un véritable gouvernement européen, renforcer le pouvoir du Parlement, et sans doute élire un président de l’Union. Ce n’est pas demain la veille. D’abord parce que les Allemands et les Français s’opposent sur le calendrier pour y parvenir : les premiers en font un préalable à tout établissement d’une union budgétaire, les seconds pensent l’inverse… Mais surtout parce que, dans les faits, personne n’est prêt à céder du terrain sur le plan politique.
15. Combien les Européens peuvent-ils encore mettre sur la table ?
Contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, où le rachat d’obligations par la Banque centrale américaine donne des moyens infinis pour intervenir en cas de crise, les possibilités d’intervention de l’Europe sont très limitées. En mettant les choses au mieux, le Mécanisme européen de stabilité (MES) qui sera mis en place cet été disposera d’une capacité de prêt de 500 milliards d’euros, sur la base d’un capital de 80 milliards. Mais en cas d’urgence, seuls ces 80 milliards pourront être immédiatement mobilisés, le reste devant être emprunté sur les marchés. Au regard des besoins potentiels, c’est bien peu : à elle seule, l’Italie va devoir trouver 650 milliards d’ici à 2014 pour combler son ardoise, et l’Espagne 450 milliards, soit un total de… 1.100 milliards. D’où l’urgence de trouver une solution plus adaptée.
16. La sortie de la Grèce signifierait-elle la disparition de l’euro ?
La situation est tellement ubuesque en Grèce – l’argent prêté à Athènes sert à payer les intérêts de ses emprunts – que les experts tablent désormais presque tous sur un défaut du pays et un retour à la drachme. «La majorité des investisseurs a acté ce scénario», confirme Patrick Artus. Pour les Grecs, qui cesseraient alors de rembourser leurs dettes, ce serait un ballon d’oxygène à très court terme. Mais ensuite, le prix à payer serait très lourd. D’après UBS, leur PIB pourrait s’effondrer de moitié !
Les Européens y laisseraient aussi pas mal de plumes. Selon la banque DekaBank, le seul coût direct pour les créanciers d’Athènes pourrait atteindre 350 milliards d’euros, dont une cinquantaine pour la France. Le coût indirect – qui se traduirait notamment par une flambée générale des taux d’intérêt, et donc une envolée de la dette – pourrait être encore plus élevé. Quant à l’euro, difficile de dire avec certitude ce qu’il deviendrait. Mais la plupart des analystes estiment qu’il s’en sortirait sans trop de dégâts.
17. Le retour au franc serait-il une catastrophe ?
Un tel scénario – auquel la majorité des économistes ne croit pas, et que les entreprises n’ont pas anticipé – est très peu probable, mais ne peut être totalement exclu. C’est d’ailleurs bien dommage, car la perspective ne serait pas très rose pour nous. Notre «nouvelle» monnaie commencerait par se déprécier d’au moins 20% par rapport au Deutsche Mark et par s’apprécier par rapport à la peseta espagnole et à la lire italienne. Résultat : l’Hexagone gagnerait certes en compétitivité sur son concurrent d’outre-Rhin, mais il en perdrait beaucoup par rapport à ses voisins de l’Europe du Sud. Pas sûr donc que nos entreprises en sortiraient réellement gagnantes… De même, les prix des produits importés se mettraient immédiatement à grimper, notamment ceux du pétrole, ce qui relancerait mécaniquement l’inflation. Quant au financement de notre dette abyssale, il deviendrait plus que problématique. Privée du bouclier de l’euro, la France devrait en effet emprunter à des taux bien plus élevés qu’aujourd’hui sur les marchés. Du coup, d’après l’Institut Montaigne, notre -ardoise franchirait rapidement la barre des 100% du PIB !
18. Combien les Européens ont-ils dépensé pour aider les pays en difficulté ?
Pour le moment, les pays européens ont déboursé un peu plus de 300 milliards d’euros pour aider leurs voisins en difficulté. Mais il faudra bientôt y ajouter 60 milliards pour l’Espagne. La bonne nouvelle, c’est que ces sommes sont prêtées et non -données. La mauvaise, c’est qu’en cas de défaut de la Grèce une partie d’entre elles ne seront jamais remboursées. La France pourrait y laisser une trentaine de milliards.
Certes, on est encore loin d’une union bancaire. Mais les mesures décidées fin juin au sommet de Bruxelles marquent une première avancée d’importance dans ce domaine. A l’avenir, le Fonds de sauvetage européen pourra en -effet recapitaliser directement les banques – sans passer par les Etats. Cela permettra à ces derniers de ne pas accroître leur endettement au passage, comme le demandait -l’Espagne. Mais en échange de cette -libéralité, les Allemands ont exigé et obtenu la mise en place d’un système de contrôle supranational des établissements financiers. Concrètement, les pays qui recourront au dispositif devront laisser la BCE et les fonctionnaires de Bruxelles ausculter à la loupe l’état de leur système bancaire et leur dicter des recommandations. «Ils pourront leur demander de fermer tel ou tel établissement, ou de réduire les coûts de tel autre», précise Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Cepii. Ce faisant, cette première fissure dans le lien étroit qui unit traditionnellement les Etats et leurs banques pose un réel problème de gouvernance. «Si l’on confère à la BCE un tel pouvoir dans ce domaine, il va aussi falloir lui demander de rendre des comptes devant les institutions -démocratiquement élues», prévient l’économiste Dominique Plihon.
20. Pourquoi l’Allemagne refuse-t-elle la création des eurobonds ?
Tant que je vivrai, il n’y aura pas d’euro-obligations !» La petite phrase lancée fin juin par Angela Merkel ne doit pas faire illusion : en réalité, les Allemands ne sont pas totalement hostiles aux eurobonds. Rappelons-en le principe : plutôt que d’affronter seuls les marchés, les pays de la zone euro lanceraient leurs emprunts en commun, ce qui leur permettrait d’obtenir des taux d’intérêt plus avantageux – autour de 3%, selon Natixis – que ceux aujour-d’hui imposés aux nations d’Europe du Sud. Les titres émis bénéficieraient en effet de la solidité de la signature de l’Allemagne. Pour les pays en difficulté, ce serait une énorme bouffée d’oxygène. Pour les Allemands, par contre, l’opération se solderait par un surcoût de plusieurs milliards d’euros par an, car ils empruntent aujourd’hui à 1,5%. Mais ce qui les -rebute vraiment, c’est qu’à leurs yeux ce système encouragerait les moins rigoureux sur la voie du laxisme. Voilà pourquoi Berlin exige, en préalable à toute avancée, qu’une autorité supranationale se voie confier un droit de regard sur la gestion des différents budgets nationaux. On n’en est pas encore là, mais cela pourrait finir par arriver.

















