TOUT EST DIT

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lundi 12 septembre 2011

Si la Grèce sortait de l'euro...

 La possibilité d'une faillite de la Grèce serait désormais envisagée par la zone euro. Athènes pourrait alors abandonner la monnaie européenne pour revenir au drachme, misant sur sa dévaluation pour sortir de la crise.

Le sujet n'est plus tabou. D'après des informations de l'hebdomadaire allemand Spiegel dévoilées ce dimanche, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble envisagerait sérieusement une faillite d'Athènes, laquelle pourrait se solder par une sortie du pays de l'euro. Même si cette information a ensuite été «démentie par l'Allemagne», selon le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos, elle intervient alors que les marchés sont de plus en plus sceptiques concernant un sauvetage de la Grèce, dont la situation économique ne cesse de s'aggraver. A cela, il faut ajouter les publications récentes d'économistes, qui publient maintenant des «fictions» concernant l'abandon de l'euro par Athènes.
Économiste chez Natixis, Patrick Artus a ainsi décrypté ce scénario dans une analyse publiée lundi dernier. En prenant en compte les niveaux de la dette, des déficits public et extérieur de la Grèce, il estime qu'Athènes devrait déprécier sa monnaie de 55% pour équilibrer ses comptes. Dans l'immédiat, le pays essuierait une forte récession «pour les 18 mois suivants». Celle-ci se caractériserait par une chute de croissance et d'«une forte dégradation du pouvoir d'achat» due à l'inflation, conséquence de la dévaluation («avec une flambée des prix à l'importation d'environ 30%») et de la monétisation des dettes publiques tant que le déficit extérieur persiste. Dans la même veine, la banque UBS évoquait dans une note publiée début septembre un coût de 9500 à 11.500 euros par personne la première année d'une sortie de la monnaie européenne.

Un scénario «imaginable» et «supportable»

D'après Patrick Artus, cette mauvaise passe devrait alors s'achever au bout de « deux ou trois ans », avec une reprise de la croissance. Mais pour l'Europe, la facture serait salée, puisqu'en sortant de l'euro, la Grèce devrait convertir sa dette publique dans sa nouvelle monnaie. Ce qui coûterait aux banques et investisseurs institutionnels de la zone euro quelques 166 milliards d'euros, selon la dévaluation retenue par Natixis.
Une sortie de l'euro d'Athènes demeure «imaginable» et «supportable», avance Patrick Artus. Toutefois, «[il] ne tenterait pas le coup», insiste-t-il, de peur que les marchés se mettent en tête que d'autres pays en difficulté ne quittent à leur tour la monnaie unique. Avec en ligne en mire, l'Italie et l'Espagne (sous perfusion de la BCE via un programme d'achat d'obligation), dont la sortie de l'euro n'est, cette fois-ci, «pas du tout imaginable», étant donné la taille de leurs économies.

Dépenses publiques ou austérité budgétaire ?

Pour l'économiste, seule une politique de relance de la croissance en Grèce permettrait de sortir la tête de l'eau. «Il faut arrêter cet acharnement envers Athènes concernant la réduction de son déficit, s'emporte-t-il. On est en train de tuer le pays. Au lieu de lui donner trois ans pour réduire son déficit, qu'on lui en donne six, et qu'on aide ses entreprises à retrouver le chemin de la croissance et de la compétitivité.»
Un point de vue que partage l'économiste Nouriel Roubini, qui préconise de réactiver le levier des dépenses publiques sous peine de sombrer dans une «Grande dépression». Mais que tance Jürgen Stark, l'ex-économiste en chef de la BCE, pour qui «un stimulus budgétaire ne ferait qu'accroître le niveau de la dette et ne ferait donc qu'accroître encore ces risques». Quoi que décide la zone euro, elle devra dans tous les cas agir vite pour éviter que les «tabous» ne se transforment en scénarii catastrophes. Comme l'a déjà été la contagion de la crise à Rome et Madrid.

Françafrique et « France à fric » de retour

Rarement un homme de l'ombre se sera autant mis en lumière. Et rarement le financement occulte des partis politiques aura été évoqué de manière aussi limpide, que par l'avocat Robert Bourgi, hier dans le Journal du dimanche. Des révélations qui relèvent, au choix ou simultanément, du bon coup de presse, de la vengeance bien sentie, du règlement de comptes politique ou peut-être du mauvais polar. Le récit, hallucinant par sa simplicité, du convoyage de billets des chefs d'État africains jusqu'à l'Élysée, par le porteur de valises (voire de djembés !), bénéficie en tout cas d'un luxe de précisions assez inédit, dans le dévoilement des dessous de la Françafrique, voire ici de la France à fric… Cette mise en cause frontale de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin arrive alors que le procès du premier vient de reprendre et que la décision d'appel sur l'affaire Clearstream, concernant le second, est attendue sous peu. Elle a lieu aussi à trois jours de la sortie du nouveau livre de Pierre Péan sur… la République des mallettes, qui vise justement à dévoiler ces mêmes pratiques de financement. Et alors que la question africaine est aussi à l'ordre du jour, via la « normalisation » - controversée - des relations entre la France et le Rwanda, avec la rencontre, depuis hier à Paris, de Paul Kagamé et Nicolas Sarkozy. Coïncidences plus que troublantes… Chirac et Villepin ayant déjà fait part de leur intention de porter plainte, la justice devrait donc se saisir de l'affaire. En attendant, ce nouvel épisode ne grandit pas la vie politique française, et ses effets collatéraux pourraient bien atteindre au-delà des deux cibles actuelles.

Comédies

C’est comme si le film défilait devant nous : des valises bourrées de dollars par des rois nègres, convoyées à Paris par des barbouzes, enfin ouvertes, comptées puis coffrées dans les palais de la République… C’est le scandale du jour, et le très vieux film de la Françafrique. Nous l’avons déjà vu et revu, avec des acteurs de gauche et de droite. C’est grave, bien sûr, et hautement condamnable. Mais ce n’est qu’une triste comédie, à côté de la vraie catastrophe qui menace : l’éclatement de l’euro. Impossible, nous expliquent les gens raisonnables, les conséquences en seraient trop dramatiques… Drôle de raison. L’euro est mortel, et les Européens donnent chaque semaine davantage l’impression de vouloir en hâter le terme. Alors, dissertons de la Françafrique, mais sachons qu’à l’échelle de nos vies quotidiennes et de nos emplois, l’implosion de l’euro serait beaucoup, beaucoup plus douloureuse.

Ground Zero a vécu

On avait imaginé une commémoration planétaire, et c’est une cérémonie à taille humaine que le monde a suivie. Une émotion simple et dépouillée, forte, à la hauteur de ces années d’attente que chacune des familles des victimes du 11 septembre 2001 a vécues. Cette dimension à la fois grave et lumineuse - celle de la vie qui continue - va sans doute permettre à New York d’échapper enfin à l’ombre gigantesque et fantomatique que les Twin Towers continuent de projeter sur la ville dix ans après avoir disparu de sa skyline.

Il fallait ces moments d’intimité pour chasser l’horreur. Ces mains qui caressent doucement l’identité, gravée pour l’éternité, d’un mari disparu, comme si elles le retrouvaient; ces prénoms égrenés un à un, déchirant l’anonymat de l’événement qui les a engloutis; ces visages souriants que des parents, debout, brandissent comme pour repousser l’atrocité de la mort d’un fils; l’hommage, fier et tremblant de ces garçons et de ces filles à un père ou une mère qu’ils n’ont connus que par le récit qu’on leur en a fait... et qui peuvent enfin se l’approprier; ces moments de communion et ces étreintes où l’on s’abandonne, toutes défenses à terre, parce qu’enfin tout est vraiment fini.

«Ground Zero» n’existe plus, et il faudra le rayer de notre vocabulaire. Il n’évoquait que le néant d’une destruction. Depuis hier, le no man’s land où erra trop longtemps un souvenir insaisissable est devenu un lieu où l’avenir peut à nouveau regarder vers le ciel. Un site pensé à travers un dédale de volontés contrariées, mais finalement inspiré. Bien inspiré. Ici, au rythme de l’eau et du recommencement inlassable des cascades qui l’emportent et la ramènent, la mémoire, jamais prisonnière du béton ou du marbre, sera toujours en mouvement. Définitivement libre.

Le 11 septembre de 2011 a vaincu celui de 2001. Si les New-Yorkais veulent maintenant effacer de leurs cauchemars les images des Boeing-suicide, des boules de feu et des gratte-ciel qui s’abattent, ils savent qu’ils n’oublieront jamais dans les trépidations du quotidien l’épisode qui a marqué, pour toujours, leur existence. Les voilà prêts à assumer, collectivement, ces stigmates d’un destin commun.

Discrets et volontairement brefs, Barack Obama et George Bush l’ont bien compris. L’un invoqua Dieu, l’autre Lincoln, les deux références indiscutables partagées par les Etats-Unis tout entiers. Ce jour n’était pas politique. Ni républicain, ni démocrate, ni guerrier, ni pacifiste, il n’appartenait ni à un président, ni à son successeur. Ils ont été seulement les spectateurs d’une Amérique qui s’est rassemblée au sommet au moment où, pourtant, les incertitudes économiques, la dette intérieure et les bouleversements des grands équilibres du monde fragilisent sa suprématie déclinante. Hier, New York, brave, a enterré dix ans de tragédie pour affronter l’angoisse de la décennie qui vient.

Économie : le grand dérèglement

Au terme du G7 « marseillais » des argentiers des pays riches, conclu sur des engagements aussi fortement affichés qu'ils sont flous sur leurs moyens de mise en oeuvre, la semaine et les mois à venir s'ouvrent sur des perspectives incertaines, pour ne pas dire chahutées. La Bourse, le révélateur caricatural des dérèglements de la planète libérale, n'est sans doute pas prête à retrouver de sitôt sa sérénité. Tant les signaux cumulés confirment qu'il n'y a pas de vrai pilote dans l'avion de l'économie mondiale, alors que les moteurs tournent au ralenti, que l'emploi est en panne, et que des bombes potentiellement ravageuses (Grèce, banques) restent à désamorcer. Encore heureux qu'il n'y ait pas, pour l'heure, une fronde généralisée des citoyens.

La réponse internationale « forte et coordonnée » promise par le G7 ne doit guère faire illusion. Ce que la rencontre de Marseille a d'abord illustré, ce sont les dissensions profondes de la gouvernance mondiale face à la crise financière et économique. Il y a bien un océan entre le choix américain du soutien coûteux à la relance et la volonté germano-européenne de privilégier l'apurement des dettes publiques. Ce qui augure mal de l'efficacité du prochain G20 made in France, dans le droit fil, il est vrai, d'un déclin quasi continu des sommets à 20, depuis celui de Londres en avril 2009. Cimentée hier par la peur d'un effondrement généralisé, la foi collective s'est délitée avec le retour en trompe-l'oeil de la croissance. Peut-elle renaître de la menace réapparue ?

Pour ne rien arranger, le pilotage européen lui-même laisse toujours autant à désirer. Ce n'est pas un hasard si les Bourses ont dévissé sur la simple annonce de la démission du chef économiste de la banque centrale européenne. En d'autres temps, cela aurait été anecdotique. Or là, les marchés ont immédiatement compris que la défection de Jurgen Starck signait une énorme réticence de l'Allemagne à voir la BCE, dont elle est le pilier, à payer pour les mauvais élèves de la zone euro. Difficile de leur donner tout à fait tort. Même si la France et l'Allemagne vont afficher, ce jeudi, des propositions communes sur la gouvernance européenne. Une nouvelle fois, dira-t-on, c'est bien ça le problème.

Ces inconséquences et ces défaillances du pilotage européen et mondial pourraient s'avérer très dangereuses pour une économie mondialisée qui avance sur le fil du rasoir. Le ralentissement général de la croissance - y compris dans les pays émergents - n'est pas un fantasme de boursier. C'est une donnée réelle qui produit du chômage et de l'angoisse, et qui peut faire exploser les deux bombes suivantes.

En Grèce, il est de plus en plus évident que l'équation de base « peu d'État, peu d'impôts » (et réciproquement) mène le pays au défaut de paiement. Au-delà de la nouvelle visite de la troïka de contrôle des comptes (FMI, BCE, UE), il est sans doute temps de se préoccuper d'un plan B, d'une alternative à un plan de redressement grec qui ne semble plus crédible. Pour l'autre bombe, bancaire, la situation est d'autant plus embrouillée que les banques françaises se font massacrer en Bourse malgré leurs assurances réitérées de bonne santé. Sans doute récoltent-elles les fruits amers d'une politique de non-transparence ou de crash test déconnectés des risques réels. De là à les recapitaliser dare-dare, voire les nationaliser, il y a un grand pas ! La fureur de la Bourse est souvent mauvaise conseillère.

Les États devront-ils voler au secours des banques ?

Les investisseurs ne cessent d'attaquer depuis plusieurs jours les valeurs bancaires exposées par la crise de la dette.

Chaque jour qui passe, surtout quand il est marqué comme vendredi par un coup de bambou en Bourse, met un peu plus de pression sur les banques. Les États européens devront-ils, comme en 2008, les aider? Aucune réponse certaine n'existe. Car ceux qui, à la tête de l'État, des banques et des banques centrales, ont une idée précise de la gravité de la situation ne parlent pas ou tiennent des discours lénifiants pour ne pas ajouter de la crise à la crise. Ceux qui ne sont pas aux affaires évoquent plus librement des scénarios de crise. Comme Ségolène Royal qui, samedi, a déclaré sans vergogne que «les banques vont sans doute redemander l'aide de l'État (…) sans doute dans la semaine».
• Pourquoi les banques auraient-elles besoin d'argent public?
Deux écueils les guettent potentiellement. Le premier serait l'assèchement complet de leurs ressources: les banques ont besoin d'emprunter sur les marchés pour financer leurs activités. Mais la crise des dettes d'État en Europe dissuade de plus en plus de prêteurs. L'éviction du marché dont ont été successivement victimes les établissements grecs, irlandais et portugais, puis espagnols et italiens, semble désormais gagner l'ensemble de la zone euro. Certes, les banques s'adaptent, en empruntant à plus court terme, en «coupant» leurs positions pour économiser leur cash et, enfin, en se procurant de l'argent frais à la Banque centrale européenne. Mais ces solutions ne sont pas pérennes et certaines banques européennes se retrouvent aujourd'hui en situation de grande fragilité sur le front de la «liquidité».
Le deuxième danger qui menace les banques, ce sont les pertes qu'elles pourraient avoir à encaisser du fait du ralentissement économique et de la crise des dettes d'État, la menace la plus immédiate étant celle de la dette grecque. Selon la presse allemande, Berlin prépare d'ailleurs un plan de soutien public au secteur financier, activé en cas de faillite de la Grèce.
• Toutes les banques auront-elles besoin d'aide?
Il est probable que certaines banques auront besoin d'aide. Le défi sera alors de circonscrire l'incendie. Dans le climat actuel de stress, l'annonce d'un sauvetage peut créer une crise systémique, les investisseurs achevant de ne plus prêter à aucun établissement, les épargnants préférant retirer leurs avoirs. En 2008, les États avaient mis en œuvre des plans d'aide extensifs, noyant dans la masse les cas des banques les plus fragilisées. Cette fois, essaimer large pourrait être contre-productif car cela accréditerait la thèse que l'on prépare l'ensemble du secteur bancaire à un choc majeur sur la dette souveraine. «Comme si les politiques envoyaient le signal qu'ils ne croient pas à leurs propres mesures» de sauvetage de la zone euro, relevait la semaine dernière le patron de la Deutsche Bank, Josef Ackermann.
• Quelle forme l'aide pourrait-elle prendre?
Pour les banques qui en ont besoin, l'idéal serait de se recapitaliser sur fonds privés. Fin juillet, deux banques grecques ont aussi annoncé une fusion rendue possible par une injection de fonds… du Qatar. Mais, sauf exception, les États européens seront bien en première ligne. Ce qui pose deux problèmes. Le premier est financier: certains pays déjà fragilisés risquent d'avoir du mal à porter des bilans bancaires parfois équivalents à leur PIB. La solution pourrait venir du Fonds européen de stabilité financière (FESF). L'accord européen du 21 juillet dernier - qui n'est pas encore validé par les parlements nationaux - prévoit qu'il puisse assumer cette mission.
Le deuxième sujet est politique: les opinions publiques accepteront-elles de «sauver» encore une fois les banques? «Seulement si elles paient beaucoup plus cher qu'en 2008 le capital qui leur est fourni et l'argent qui leur est prêté», répond un politique pour qui: «Un sauvetage justifierait aussi de nouvelles exigences en matière de rémunérations, de renouvellement des dirigeants et de séparation des activités.»
• Les banques françaises sont-elles en première ligne?
Les banques françaises, qui avaient plutôt bien traversé la crise de 2008-2009, sont plus chahutées par celle de 2011. Leur expansion en Europe, notamment en Grèce et en Italie, est devenue une faiblesse. Elles sont aussi assez consommatrices de liquidités sur les marchés pour deux raisons: leur modèle «universel» en fait des acteurs significatifs dans la banque d'investissement, et la structure du marché de l'épargne a déporté celle-ci vers l'assurance-vie et les OPCVM plutôt que dans les bilans bancaires. À ce panorama s'ajoutent les faiblesses réelles ou supposées de chacune: une grosse dépendance aux financements de marché chez Dexia, une réputation entamée et de fortes positions de marché à la Société générale, une filiale grecque au Crédit agricole…

Turquie: +8,8% du PIB au 2e trimestre

L'économie turque a connu une croissance de 8,8% au second trimestre 2011, confirmant ses performances depuis 2010, selon les données officielles publiées lundi par l'institut de la statistique (Tüik).

La croissance turque avait déjà atteint 8,9% en 2010, dépassant les prévisions du gouvernement, qui tablait sur une progression d'environ 7,0%. Le Tüik a par ailleurs révisé à la hausse le taux record du premier trimestre 2011 de 11,0% à 11,6%.

La Turquie, pays d'environ 73 millions d'habitants et 17e économie mondiale, conserve un des plus forts taux de croissance au monde. Le produit national brut (PNB) par habitant s'est chiffré à 10.079 dollars pour 2010, selon le Tüik, contre 8.590 dollars en 2009. En 2009, plongée dans la récession du fait de la crise mondiale, l'économie turque s'était contractée de 4,8%.

Va-t-on nationaliser les banques?

Après une nouvelle semaine agitée en Bourse et avant des décisions capitales sur la Grèce... 
 Que faire face à la chute des Bourses et au pilonnage des valeurs bancaires? Lorsque les rumeurs de défaut de la Grèce gagnent en crédit et que les dissensions sont telles au sein de la Banque centrale européenne qu’elles poussent à la démission son économiste en chef, l’Allemand Jürgen Starck? À Marseille, ces deux derniers jours, les ministres des Finances du G7 et les banquiers centraux ont martelé leur confiance envers le système bancaire européen et juré que les banques étaient à l’abri d’un krach… L’Allemagne, pourtant, plancherait sur un plan de sauvetage pour parer à un défaut grec. À Paris, l’Élysée et Matignon suivent désormais de très près le sort de la Société générale. Le massacre des banques en Bourse rappelle, séance après séance, leur fragilité. La crise des dettes souveraines, qui pèsent sur leurs bilans, confirme que la solution est politique et européenne. Passe-t-elle par une nationalisation, comme le soutiennent plusieurs experts, le moyen radical de sauver les maillons les plus faibles de la planète finance?

Marc Fiorentino, PDG de Monfinancier.com : "Prendre 30 % du capital tout de suite"
"Les banques ont besoin d’être recapitalisées et le seul acteur qui puisse les aider, c’est l’État". Le nouveau vent de panique qui a soufflé vendredi sur le secteur bancaire semble donner raison à Marc Fiorentino, expert des marchés. La Société générale a de nouveau fait les frais de l’inquiétude ambiante, son cours clôturant la semaine à – 13,8 % tandis que les autres valeurs bancaires chutaient de plus de 7 %. Pour le PDG de Monfinancier.com, une intervention radicale s’impose. "Elle doit prendre la forme d’une participation de l’État au capital des banques françaises de l’ordre de 30 %". L’expert chiffre le coût de la mesure entre 50 et 100 milliards d’euros. Pour la financer, la France pourrait emprunter en recourant au besoin au fonds de stabilité européen. Cette nationalisation ne suffira pas. Elle doit s’accompagner d’un recentrage des activités bancaires sur le financement de l’économie et non plus sur la spéculation financière. "Elles nous ont menti en 2008 et nous ne savons pas aujourd’hui si elles cachent d’autres bombes toxiques dans leurs bilans".
René Ricol, ancien médiateur du crédit : "L’urgence, les protéger de la spéculation"
Tous les banquiers parisiens, dont Frédéric Oudéa, patron de la Société générale, seront à New York mardi pour rencontrer des investisseurs internationaux. Un rendez-vous de longue date qui prend maintenant une importance capitale. De nouveaux chiffres –rassurants– seront diffusés à cette occasion. Suffiront-ils à calmer les Bourses et les gérants d’actifs qui font plonger les cours? "Il est impossible de rester sans réagir face aux attaques dont fait l’objet la Société générale. Il faut d’urgence arrêter les spéculateurs qui jouent sur tous les marchés : matières premières, obligations, comme actions des sociétés cotées", insiste René Ricol. Pour lui, la qualité des fondamentaux des banques françaises et ceux de la Société générale en particulier sont sains. "Il existe une batterie d’outils pour protéger un établissement : une garantie publique ou la mise à disposition de financements par des organismes gouvernementaux", ajoute-t-il. Coût de l’opération? Jusqu’à 10 milliards d’euros, selon plusieurs experts qui ont regardé le dossier. L’économiste Élie Cohen avance d’autres pistes : une augmentation de capital, une intervention du Fonds européen de stabilité ou l’entrée au capital d’un fonds souverain. "Sans un tsunami financier avec des défauts grec, italien ou espagnol en cascade, il n’y a pas de raison de nationaliser".
Georges Pauget, fondateur d’Économie, finance et stratégie : "Cela n’a pas de sens aujourd’hui"
La faillite de l’État grec peut encore être évitée. "Tout comme une intervention de l’État en faveur des banques françaises. Cela n’a pas de sens aujourd’hui", plaide Georges Pauget. Pour l’ancien patron de l’une des plus grandes banques françaises, le Crédit agricole, aujourd’hui à la tête du cabinet de conseil Économie, finance et stratégie, parler de nationalisation, même en cas de défaut grec, est excessif. L’exposition totale des établissements français à la Grèce se chiffre à environ 8 milliards d’euros. Soit ce qu’elles gagnent en un semestre. La solution, selon Pauget? "Un apport en garanties, sur le modèle de ce qui a été fait en 2008, permettrait de restaurer la capacité d’emprunt des banques".
François Hollande, candidat à la primaire socialiste : "En cas de défaut grec, l’État doit entrer au capital"
En pleine campagne des primaires socialistes, François Hollande ne veut pas verser dans l’idéologie des années Mitterrand. Mais il n’exclut pas une mesure de sauvegarde. "S’il advenait qu’il y ait un défaut de la Grèce et que les banques soient amenées à constater des pertes, il y aurait un appel à l’État, comme cela s’est produit dans la crise des subprimes. Dans ce scénario, à la différence de 2008, je recommanderais que l’État ne prête pas aux banques mais prenne une participation à leur capital", déclare-t-il au JDD. Un scénario où l’État deviendrait un actionnaire minoritaire et se retirerait en cas de retour à meilleure fortune. Pour Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, la méthode est dépassée : "Il existe des techniques sophistiquées qui permettent d’éviter la nationalisation". Les banques françaises sont exposées à un défaut de paiement de certains pays. "À ce stade, ce risque n’existe pas. Nous devons tout faire pour empêcher que les banques ne se trouvent en cessation de paiements pour protéger l’épargne des Français. En 2008, le gouvernement leur avait fait des avances remboursables. Ce dispositif a protégé les banques et l’argent des Français, tout en ne coûtant rien au contribuable. Au contraire, les banques ont payé les intérêts dus à l’État".

La Grèce veut vendre du soleil à l'Allemagne

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a confirmé aujourd'hui l'intérêt de l'Allemagne pour "acheter du soleil" grec, en important de l'électricité produite par des parcs photovoltaïques en Grèce.

Georges Papandréou, qui donnait une conférence de presse de rentrée économique à Salonique, a indiqué qu'il se rendrait fin septembre en Allemagne pour discuter de ces projets avec son homologue allemande, Angela Merkel lors d'un congrès d'industriels allemands. "Nous pouvons fournir aux Allemands de 10.000 à 15.000 MW", a-t-il précisé, soulignant toutefois l'urgence pour le pays de lutter contre "la corruption et la bureaucratie", qui ont par le passé fait naufrager d'innombrables plans d'investissements.

Il a fait état d'un "énorme intérêt" allemand envers les capacités grecques de production d'énergies renouvelables, au vu de l'abandon prévu de la production d'énergie nucléaire en Allemagne, et des doutes pesant sur la stabilité politique de la rive sud de la Méditerranée.  "Il y avait un projet au Sahara, mais il est remis en question par les évolutions politiques", a-t-il indiqué.

Après la visite en Grèce d'un responsable allemand, dans le cadre d'un plan commun de promotion des investissements pour aider à la relance grecque, le ministère de l'Environnement avait indiqué travailler sur un projet d'installation de parcs solaires de 20.000 hectares destinés à l'exportation vers l'Allemagne.  Selon la presse, ce projet, baptisé "Helios", du nom antique du dieu soleil, est doté d'un budget initial de 20 milliards d'euros.

Le ministre allemand de l'Economie Philipp Rösler est attendu en Grèce en octobre en vertu d'un accord entre Athènes et Berlin conclu en mars pour coopérer en matière de développement d'énergies renouvelables. Le gouvernement socialiste grec cherche à attirer des investissements dans les énergies renouvelables pour remplacer les emplois perdus du fait de la récession exacerbée par des mesures d'austérité prises pour régler le problème de la dette. Il a également promis de rendre la production électrique progressivement moins dépendante du lignite, une variété de charbon très polluante.

Semaine cruciale pour les banques

Moody's pourrait dégrader les notes de crédit de la Société générale, BNP Paribas et Crédit agricole. 

La semaine qui s'ouvre s'annonce à hauts risques pour le secteur bancaire européen en général, et les établissements français en particulier. Littéralement massacrées en Bourse depuis le début de l'été, les banques s'apprêtent à affronter de nouveaux vents contraires. Alors que les Européens doivent finaliser cette semaine le deuxième plan de sauvetage de la Grèce, l'agence de notation Moody's pourrait, selon certaines rumeurs, abaisser la note de crédit de trois banques françaises, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale. Le 15 juin, l'agence les avait placées sous «surveillance» pour trois mois, avec «perspective négative», en raison de leur exposition à la Grèce. Si elle s'en tient à ce qu'elle avait indiqué avant l'été, Moody's abaisserait d'un cran les notes de BNP Paribas et du Crédit agricole et de deux crans celle de la Société générale. Pendant le week-end, Moody's et les trois banques concernées se sont refusées à faire tout commentaire.
En pleine tempête boursière, ce changement de note, même anticipé, sera un nouveau coup dur pour ces banques qui s'efforcent de rassurer les investisseurs sur leur capacité à se refinancer. Le climat reste délétère: l'action de la Société générale, la plus attaquée par les marchés, a ainsi perdu 56% depuis le 1er janvier, BNP Paribas, 37% et Crédit agricole, 43%. L'indice bancaire européen a dans le même temps chuté de 35%.

La troïka à Athènes

La tension est montée d'un cran vendredi lorsque le très orthodoxe chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), l'Allemand Jürgen Stark, a démissionné pour marquer son désaccord avec l'aide apportée par l'institut monétaire aux pays fragiles de la zone euro, y compris l'Italie et l'Espagne, sous forme de rachat de leurs emprunts obligataires sur le marché. Pour ne rien arranger, les banques rechignent à se prêter entre elles. Les dépôts au jour le jour des banques de la zone euro auprès de la Banque centrale européenne (BCE) sont à un niveau record.
Cette semaine, les représentants de la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et BCE), chargés de surveiller les comptes de la Grèce, y feront leur retour. Ils étaient partis de façon inopinée début septembre, estimant qu'Athènes n'avait pas rempli ses promesses en matière de privatisations et de réformes économiques. Le gouvernement grec a donné dimanche des gages supplémentaires et le commissaire européen Olli Rehn s'est dit confiant dans la perspective d'un accord d'ici à la fin du mois. Le temps presse en effet: la Grèce a absolument besoin du feu vert de la troïka pour recevoir une nouvelle tranche d'aide de 8 milliards d'euros tirée du premier plan d'aide de 2010. Un refus signifierait le défaut de paiement. Les banques qui lui ont prêté de l'argent, subiraient, alors de lourdes pertes.
Dans ce contexte, le débat fait rage pour savoir si les banques européennes, qui détiennent dans leurs bilans des paquets d'emprunts d'États de pays fragilisés de la zone euro sont suffisamment capitalisées.
Le 27 août, Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, avait estimé qu'il était «urgent» que les établissements financiers européens se renforcent avec de nouveaux capitaux. Samedi, elle a atténué ses propos, précisant, que le chiffre de 200 milliards d'euros de besoin de recapitalisation des banques européennes n'était qu'une estimation provisoire «actuellement en discussion»…


IN REMEMBERANCE












Les Allemands anticipent une mise en faillite de la Grèce

Organiser l'insolvabilité plutôt que la subir. À Berlin, c'est le nouveau credo d'une bonne partie des experts économiques n'écartent plus l'hypothèse du pire.

L'Allemagne a-t-elle déjà lâché la Grèce ? Selon plusieurs sources gouvernementales, la question n'est en tout cas plus de savoir si la Grèce va faire faillite mais plutôt comment. Histoire d'anticiper les conséquences pour le reste de la zone euro, et surtout ses banques.
Selon le magazine allemand « Der Spiegel », les troupes du ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, étudient deux hypothèses de sortie de crise brutale : l'une avec maintien de l'euro dans le pays, l'autre avec retour à la drachme. Le fonctionnement du Fonds européen de stabilisation financière, qui avait été adopté le 21 juillet dernier, pourrait être remanié lors du sommet du ministère des Finances prévu en fin de semaine en Pologne. Et ce, afin de parer au plus pressé en cas de scénario du pire. Dans l'hypothèse d'une faillite de la Grèce, les États en difficulté, comme l'Espagne ou l'Italie, se verraient automatiquement attribuer des lignes de crédit, tout comme les banques exposées à la dette grecque. Dans le quotidien « Die Welt », c'est le ministre de l'Économie, Philipp Rösler, qui évoque « l'insolvabilité ordonnée de la Grèce ». Des solutions destinées à limiter les risques de contagion, mais aussi à faire pression sur le gouvernement grec.
Un gouvernement grec qui a présenté dimanche une série de nouvelles mesures pour endiguer le dérapage de son budget, et tenter de convaincre ses créanciers de prolonger leur soutien. Des représentants du FMI (Fonds monétaire international), de l'Union européenne et de la BCE avaient quitté Athènes début septembre, en protestant contre le manque de coopération du gouvernement. Ce que le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, a vivement démenti ce week-end en expliquant que ce départ était « planifié ». Une nouvelle taxe foncière sur tout l'immobilier du pays sera ainsi appliquée dès cette année, et collectée d'après les factures d'électricité. Au total, le pays s'engage à réaliser 2 milliards d'euros d'économies supplémentaires en 2011, ce qui limitera le déficit du pays à... 17,1 milliards d'euros.
Pour les marchés, qui avaient fondu vendredi sur l'euro, le marché obligataire et les banques les plus exposées à la crise grecque, les mesures risquent de ne pas suffire. La dégradation de la note de trois banques françaises que pourrait annoncer Moody's cette semaine devrait faire sortir du bois de nouveaux grecquo-sceptiques. Vendredi, le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger, avait suggéré de mettre en berne à Bruxelles les drapeaux des pays « pécheurs » pour cause de méga-déficit...
L'Allemagne a-t-elle réellement intérêt à ce que la Grèce sorte de la zone euro ? Pas si sûr. En effet, avec un retour à la drachme, les autorités d'Athènes pourraient utiliser l'arme de la dévaluation monétaire. Dans un premier temps, cela pourrait relancer l'économie grecque. Mais cela constituerait aussi le meilleur moyen de faire une croix sur toutes les créances du pays, puisque la valeur des actifs serait ramenée à zéro ou presque. Cela pénaliserait fortement les banques allemandes très exposées à la Grèce, tout comme les françaises. Or, une banque préférera toujours récupérer un peu que rien du tout.
Par ailleurs, une dévaluation obligerait les banques à déprécier leurs créances. Si les établissements semblent avoir correctement provisionné leur exposition à la dette souveraine, ce que contestent toutefois plusieurs spécialistes, « cela n'est pas forcément le cas de la dette privée », indique un analyste. Pour les banques qui détiennent des réseaux bancaires grecs, comme Crédit Agricolegricole avec Emporiki et Société Généralecute; Générale avec Geniki, l'impact d'un défaut de la Grèce et d'un retour à la drachme serait évidemment dramatique. Un tel scénario serait long à mettre en place. Ne serait-ce que parce que le traité de Maastricht ne prévoit rien cet effet...

dimanche 11 septembre 2011

La décennie perdue du 11 Septembre

Avec la chute du World Trade Center, c'était aussi une certaine vision du monde qui s'effondrait. Raison, en Occident du moins, de son étonnante persistance dans la mémoire de chacun. La parenthèse tragique s'est refermée, au printemps, avec la mort de Ben Laden. Le départ de la Maison Blanche de George W.Bush avait déjà entamé le mouvement d'une séquence qui n'aura connu aucun vrai vainqueur, mais fait beaucoup de morts et de perdants. Le djihad mondial fantasmé contre le « Grand satan » s'est perdu dans des attentats multiples qui auront, au total, fait plus de victimes musulmanes que de toute autre religion. Al Qaïda, qui subsiste de façon résiduelle, s'efface devant le printemps arabe et ses aspirations démocratiques. Mais « la guerre contre le terrorisme » s'est tout autant fourvoyée, dans les sables irakiens et le bourbier afghan — où les talibans sont comme en 2001 aux portes de Kaboul ; une guerre menée par des néoconservateurs qui ont vu là — à tort — le moyen de perpétuer le leadership militaire et énergétique américain. Mais, plus largement, les libertés publiques sont d'autres victimes du 11 Septembre, face à la paranoïa sécuritaire, entre islamophobie et Guantanamo. Et la débauche de dépenses militaires, par l'accroissement des déficits publics, a joué son rôle dans l'éclatement de la crise financière actuelle. Impasse du terrorisme islamique, déclin de l'empire américain. L'Histoire n'avance bien que par son mauvais côté. Au terme de cette décennie perdue, ce jour anniversaire a un goût de cendres. À l'image de celles qui recouvraient Manhattan il y a dix ans.
Le choix dans la date est une contrepèterie, a vous de la dechiffrer.

Les pays riches hésitent entre rigueur et soutien

Ils promettent une réponse « internationale forte et coordonnée » face au ralentissement de la croissance mondiale et à la crise des dettes souveraines… Mais les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G7 (1), réunis vendredi 9 septembre à Marseille, n’ont pas donné de précision sur les moyens de parvenir à l’équilibre entre assainissement des finances publiques et soutien de l’activité.

Du reste, la réunion a montré la divergence entre des Américains venus vanter des mesures de relances après l’annonce jeudi du plan pour l’emploi de Barack Obama d’un montant de 324 milliards d’euros, et des États européens pour lesquels la réduction des déficits reste prioritaire. À commencer par l’Allemagne que nombre d’analystes voient pourtant comme la seule puissance économique en Europe capable de mener les deux combats de front.
La réunion n’inclinera sans doute pas à rassurer des marchés qui, vendredi, ont encore connu une journée de panique. Déjà inquiets face au manque de cohésion européenne dans la zone euro, les milieux financiers ont fortement réagi à l’annonce surprise, le même jour, de la démission de l’Allemand Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) et économiste en chef de la banque, qui devait occuper son poste jusqu’en 2014.

Jürgen Stark opposé à une politique « hétérodoxe »

Officiellement motivée pour des « raisons personnelles », la décision n’a trompé personne. Jürgen Stark marque son opposition à une politique que les économistes décrivent comme « hétérodoxe ».
« La ligne orthodoxe de la BCE n’a pas vocation à lui faire acheter à grande échelle des titres souverains des pays les plus fragiles », indique Nicolas Bouzou, directeur du cabinet Asterès. Or la Banque centrale européenne a racheté en 2010 des titres grecs sur le marché secondaire, puis, récemment, des titres espagnols et italiens.
Même si la chancelière allemande Angela Merkel a appelé ses concitoyens à faire preuve de patience à l’égard d’Athènes, les réticences de Jürgen Stark sont largement partagées dans son pays.
Le ministre des finances Wolfgang Schaüble a proposé samedi que le démissionnaire soit remplacé par un autre Allemand, Jörg Asmussen, actuel secrétaire d’État aux finances et lui aussi fidèle gardien de l’orthodoxie monétaire.
Wolfgang Schaüble est par ailleurs donné favori pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe, selon l’hebdomadaire allemand Focus . Un signe.

Wolfgang Schäuble se préparerait à une faillite de la Grèce

Cette austérité, le premier ministre grec Georges Papandréou a promis samedi de la maintenir alors que des milliers de manifestants envahissaient les rues de Salonique, où il prononçait un discours. De nouvelles mesures ont d’ailleurs été annoncées dimanche pour économiser deux milliards d’euros.
C’est une semaine cruciale qui s’ouvre pour le pays avec une réunion mercredi du FMI et le retour à Athènes d’une mission commune de l’Union européenne, du FMI et de la BCE.
Le feu vert de cette mission est indispensable pour que la Grèce reçoive une nouvelle tranche d’aide de 8 milliards d’euros. En outre, les ministres des finances de la zone euro et de l’UE vont se réunir vendredi et samedi en Pologne sur un éventuel deuxième plan d’aide.
Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, Wolfgang Schäuble se préparerait pourtant à une faillite de la Grèce avec deux scénarios distincts : l’un où Athènes garderait l’euro, l’autre selon lequel elle réintroduirait la drachme…
« On sait fort bien que la Grèce ne pourra pas rembourser ses dettes d’autant qu’elle va rentrer sans doute en récession, affirme Nicolas Bouzou du cabinet Asterès. À la limite, la vraie question pour les Européens est désormais comment atténuer le choc pour les banques créancières d’Athènes. Leurs pertes ne les mettraient pas forcément en danger mais elles perdraient leur capacité à prêter à l’économie. »

Les tribunes publiées par Le Monde après les événements

Il y a dix ans, les attentats du 11-Septembre ont saisi le monde d'un effroi qui transparâit dans les tribunes publiées alors dans Le Monde. Nous en republions certaines, parmi les plus emblématiques.

En l'espace de quelques heures, la planète bascule dans la terreur, écrit John Le Carré. Les images de la tragédie se gravent dans la mémoire collective de l'humanité. Tous les Américains ont envie d'apporter leur aide, écrit John McEnroe, et sortir des larmes et de la tristesse.
Mais pas que les Américains, le monde entier est concerné : "Nous sommes tous des Américains", écrit Jean-Marie Colombani. Ce ne sont plus les Etats-Unis mais "l'Etat-Uni , débout comme un seul homme, insiste Francis Fukuyama.
Certes, mais depuis ces attaques, l'Amérique ne peut plus masquer sa vulnérabilité, souligne Olivier Mongin. Une Amérique fragile entrée dans le XXIe siècle par la force du terrorisme, estime Paul Kennedy. Cette menace terroriste devenue mondiale, prévient Shimon Pérès, puisque nous sommes passés en l'espace de quatre attentats de l'après-guerre froide à l'hyperterrorisme, selon François Heisbourg.
Humiliée et frappée sur son territoire, l'Amérique réagit et appelle le monde à afficher sa solidarité contre les terroristes et leurs soutiens, les Talibans en Afghanistan. Mais dans quelle coalition et avec qui ?, s'interroge Robert Malley, d'autant que le prix à payer de ce basculement du monde est le choix de l'ordre au détriment de la liberté, rappelle Edward Luttwak.
Mais à qui va bénéficier cette "justice sans limite" ? se demande Roy Arundhati. Attention donc aux passions collectives, avertit Edward W. Saïd, surtout quand on aborde la complexité orientale, renchérit Malek Chebel, et qu'il existe un risque de crise humanitaire majeure pour les populations afghanes placées au coeur de la riposte américaine, prédit Rony Brauman.

La leçon du 11-Septembre

Dix ans après les attentats de New York et Washington, l'Amérique n'a pas perdu son leadership. Mais elle n'est plus l'unique moteur d'un monde plus incertain que jamais. L'analyse de Christian Makarian, directeur de la rédaction délégué de L'Express. 

Avec dix années de recul, le principal effet du 11-Septembre est d'apparaître comme un symbole frappant, un repère historique, un tournant essentiel.Tel l'attentat de Sarajevo, en 1914, la crise des missiles de Cuba, en 1962, ou la chute du mur de Berlin, en 1989, l'effondrement des Twin Towers et l'attaque simultanée contre le Pentagone apportent non seulement la confirmation que "l'histoire est tragique" mais marquent surtout une date clé qu'il faut patiemment décrypter.  
Ce n'est pas, en effet, la victoire du terrorisme, remportée ce jour-là, qui reste inscrite dans les faits - même si le terrorisme est désormais une donnée constitutive et ineffaçable des relations internationales. Encore moins le soulèvement général du monde arabo-musulman contre l'Occident que voulait provoquer Al-Qaïda. Malgré l'indiscutable force d'attraction exercée par Ben Laden, son temps a passé et il est passé de vie à trépas, dix ans après avoir meurtri New York, sans soulever de grande émotion. Même le monde arabe a pris un tout autre tournant et cherche, à tâtons, une autre voie qui représente enfin la symbiose entre modernité et identité musulmane - soit le contraire de ce à quoi aspirait Ben Laden. 
Ce qui reste du 11-Septembre est tout autre qu'un affrontement. C'est - effectivement - l'entrée dans un nouveau siècle - que l'on avait cru voir naître en 1989. Celui qui se caractérise par la fin de l"hyperpuissance, selon le terme forgé par Hubert Védrine. Loin de perdre leur suprématie totale dans bien des domaines - militaire, scientifique, technologique, culturel, et tant d'autres encore - les Etats-Unis voient en revanche fondre leur prétention impériale, dans sa défintion universelle et non discutée, comme la cire fond au feu. L'Amérique ne recule pas encore, mais elle cesse clairement d'avancer, ou plutôt, de s'avancer comme puissance unique d'un monde dont les particules s'accélèrent. 
L'idée d'un "leading from behind", propulsée par Obama, est la constation de cette césure historique; ce n'est pas une cassure, c'est une rupture de rythme. A l'inverse de l'URSS, l'Amérique na pas vocation à s'effondrer et à disparaître en tant qu'entité ou utopie; mais elle doit maintenant partager, composer, ouvertement transiger - et c'est cela qui est en soi une évolution, LA leçon du 11-Septembre. L'atteinte de l'Amérique en son coeur a sonné comme le glas de cette période confuse et arrogante - entre 1989 et 2011 - où la planète a fonctionné sur un seul cylindre. Le moteur comporte maintenant de nombreux cylindres, lesquels ne sont pas synchronisés. La perte de visibilité est donc grande et les signe sprometteurs aussi multpiles que les signaux de désespoir.  
Mais il est certain que "leading from behind" va changer en profondeur les rapports internationaux et que l'impact de cette évolution stratégique est aujourd'hui impossible à mesurer a priori - que l'on songe au conflit israélo-palestinien, par exemple. Beaucoup de surprises et de retournements sont à attendre. Prenons un seul exemple, celui du printemps arabe. Alors que les Etats-Unis ont notoirement échoué à imposer la démocratie en Irak, c'est maintenant l'aspiration démocratique des peuples arabes qui vient ébranler les régimes et menacer les positions stratégiques américaines au Moyen-Orient. Le monde est plus incertain que jamais, mais par delà les cultures et les latitudes les espoirs de l'humanité sont de plus en plus proches les uns des autres. La loi du "méchant" n'a pas triomphé; le règne du "bon" n'a pas prévalu. Tout est plus complexe, plus fertile aussi. Dix ans après le 11 septembre 2001, la terre est encore à civiliser.


11 septembre - Ken Loach par Barikad


La Grèce annonce de nouvelles mesures d'austérité

Le ministre grec des finances Evangélos Vénizélos a annoncé dimanche 11 septembre des mesures supplémentaires d'économies à l'échelle du pays, afin que la Grèce puisse tenir ses engagements de réduction du déficit budgétaire. Il y a "pour 2011 un manque à gagner d'environ 2 milliards d'euros, qui doit être comblé", et "la seule mesure efficace est une taxe spéciale sur la propriété immobilière", a annoncé le ministre en direct à la télévision, souhaitant rassurer quant aux capacités de la Grèce à combler le dérapage des comptes publics.
Selon Evangélos Vénizélos, cette taxe spéciale est une mesure "juste", opérant la distinction "entre riches et démunis", et qui vise remplacer les rentrées non perçues" du fait de la récession et de l'évasion fiscale. La taxe doit entrer en vigueur "immédiatement" via les factures d'électricité.
Le ministre a également annoncé la suppression d"un salaire mensuel entier "pour tous les élus grecs, du chef de l'Etat aux maires" et annoncé un rendez-vous avec les représentants des armateurs pour étudier "comment ils peuvent contribuer de manière immédiate et efficace" au redressement du pays. Ces nouvelle mesures s'ajoutent à l'annonce de l'accélération de celles déjà votées mais non encore appliquées.
UNE "ATMOSPHÈRE" NÉFASTE
Le ministre a jugé ce "nouvel effort national" indispensable face une "atmosphère" néfaste pour la Grèce à l'étranger, où les rumeurs ont repris sur les risques d'une cessation de paiement, voire sur l'hypothèse d'une sortie du pays de l'euro. "Notre priorité immédiate est le respect intégral des objectifs budgétaires pour 2011", a insisté le ministre, qui avait récemment revu à la hausse ses prévisions de déficit public pour 2011 en raison d'un récession plus grave que prévue.
Dimanche 11 septembre, M. Vénizélos a évoqué un déficit à 17,1 milliards d'euros pour 2011, "en incluant le service de la dette", et pour 2012 un déficit "à 14,9 milliards" d'euros.
Le ministre a également souligné que le pays continuait à travailler comme prévu avec les responsables de ses créanciers, la "Troïka" (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Le départ précipité des experts de la Troïka, qui étaient venus à Athènes participer au contrôle des comptes grecs "était planifié", a-t-il assuré, alors qu'une partie des analystes, pessimistes sur l'avenir de la Grèce, l'avaient expliqué comme l'illustration du fossé grandissant entre le pays et ses créanciers.
Ce départ "était lié à un besoin de travailler sur le budget 2011 et de préparer le budget 2012. Le problème n'est pas notre contact avec la Troïka", s'est justifié Evangélos Vénizélos,  soulignant un "changement de paysage, dû à la position de certains pays très importants et avec un rôle déterminant dans l'eurozone".
L'ALLEMAGNE ÉVOQUE UNE "FAILLITE ORDONNÉE DE LA GRÈCE"
Il a enfin affirmé que les rumeurs relayées par le journal allemande Der Spiegel dimanche sur le fait que l'Allemagne se préparait à une faillite de la Grèce ont "été démenties par l'Allemagne" et souligné que le vaste plan d'échange d'obligations grecques avec les banques privées marchait "très bien".
Dans une tribune publiée dimanche dans Die Welt, le ministre de l'économie allemand Philipp Rösler a cependant tempéré ces propos, indiquant qu'une mise en faillite de la Grèce était dans les esprits des autorités allemandes. Selon lui, "pour stabiliser l'euro, il ne peut plus y avoir de tabous. Cela doit inclure, si nécessaire, une faillite bien ordonnée de la Grèce si les instruments nécessaires (à cette fin) sont disponibles".
Dans sa tribune, Philipp Rösler demande également à ce que des sanctions automatiques soient imposées aux pays endettés n'ayant pas honoré leurs engagements : "si les règles ne sont pas respectées, il faut qu'il y ait des sanctions sévères (...) et si ces violations se multiplient, une suspension temporaire des droits de vote au sein de Conseil des ministres de l'Union européenne ne devrait pas être un tabou."

«Les marchés financiers sont au bord du précipice »

 Fabrice Cousté de CMC Markets stigmatise l'absence de solidarité des pays de la zone euro pour sauver la Grèce. Il n'exclut pas un retour vers les plus bas de mars 2009 d'ici la fin de l'année et s'attend à une ruée vers les obligations d'État.

Lefigaro.fr - Le CAC 40 a perdu près d'un quart de sa valeur en deux mois. Jusqu'où cette chute peut-elle nous mener ?
Fabrice Cousté - Si l'on en croit l'analyse technique on peut aller toucher les plus bas de mars 2009 voire encore plus bas. La crise que nous connaissons actuellement est en effet plus grave que celle d'il y a trois ans, car cette fois-ci il ne s'agit pas de la faillite d'une ou de plusieurs banques mais de la faillite d'un ou plusieurs États, donc des problèmes d'une toute autre ampleur, au niveau de leur résolution économique et surtout politique.
Comment expliquez-vous cette chute vertigineuse ?
Comme en 2008, les marchés financiers se sont disloqués pendant l'été. Il n'y a en ce moment que de rares acheteurs et beaucoup d'acteurs de marché profitent de tout rebond pour solder davantage de positions. Autre nouveauté : la microéconomie n'est plus un soutien. Les investisseurs ne regardent en effet plus la santé des entreprises mais uniquement les statistiques ou informations macroéconomiques. Depuis l'été, le flux de nouvelles, constamment négatives, souligne que les problèmes sont structurels et alimente un climat anxiogène sur les marchés qui sont au bord du précipice. Les dirigeants politiques ne semblent pas en être conscients.
Dès lors quelle stratégie doivent adopter les investisseurs d'ici la fin de l'année ?
Certains titres «refuge» comme Essilor, Sanofi, Air Liquide ou L'Oréal sont à garder en portefeuille. Mais la volatilité demeure élevée et le risque de nouvelle correction également. C'est pourquoi je conseille aux investisseurs particuliers de découvrir les techniques pour apprendre à couvrir leur portefeuille avec des options ou des CFD (contrat entre deux investisseurs qui se mettent d'accord pour s'échanger la différence entre le cours d'ouverture et de clôture d'un support) afin d'amortir le choc en cas de poursuite de la baisse. Dans la panique, les investisseurs particuliers vendent souvent trop tard.
L'adoption sous condition du deuxième plan d'aide à la Grèce par les Sages allemands n'est-il pas de nature à rassurer les investisseurs ?
C'est un soulagement. Pourtant il s'agit d'un «Oui… mais ». Tant qu'il y aura un «mais » dans les annonces sur la crise de la dette, les marchés financiers continueront à broyer du noir car ces conditions empiètent sur la réactivité nécessaire face à une situation d'urgence. Ils sanctionnent la politique des «petits pas» des États et de l'absence totale de solidarité au sein de la zone euro. Les marchés financiers n'exigent plus seulement des paroles d'intention mais des certitudes à long terme. Ce que les responsables politiques sont incapables de leur apporter étant donné leurs échéances à court terme.
Etes-vous inquiets pour la zone euro ?
Oui je le suis. Certes, contrairement aux Anglo-Saxons, nous ne ressentons pas au sein de la zone euro de haine contre la monnaie européenne. Maintenant si les dirigeants politiques ne prennent pas la mesure de la crise dans laquelle nous nous trouvons, une explosion de la zone euro est inévitable. Dès lors, deux scénarios seront envisageables : soit une sortie des États les plus fragiles de la zone euro comme la Grèce et par effet de contagion le Portugal, l'Espagne voir l'Italie, soit une sortie des États qui ne veulent pas payer pour les autres comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou l'Autriche.
Du coup avec ces ventes massives d'actions, vous attendez-vous à une ruée vers les obligations d'État alors que la crise de la dette couve en Europe et aux Etats-Unis ?
Cela semble paradoxal mais oui. Les investisseurs institutionnels préféreront toujours placer leur argent sur des actifs «refuge» et surtout liquides. Pour preuve, les obligations à 10 ans des États-Unis n'ont pas du tout pâti de la dégradation du « AAA » du pays. La ruée sur les obligations d'Etat américaines a même provoqué une baisse de leur rendement à des niveaux historiques. Même constat en Allemagne et en France ou les emprunts d'États n'ont pas souffert de la crise de la dette. Cela signifie que tant que la peur domine, les obligations allemandes, françaises et américaines continueront d'être achetées. Au contraire, les actifs jugés risqués tels que les actions sont pénalisés. C'est une situation qui peut rapidement s'inverser en cas de catalyseur positif. En attendant ce déclic, les investisseurs devraient s'inspirer de la stratégie de la Chine qui continue à diversifier ses investissements entre les États-Unis, l'Europe et l'Afrique.

L'Allemagne se préparerait à une faillite de la Grèce

Ce scénario serait l'un des deux envisagés par le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, selon le Spiegel. La chancelière allemande appelle le peuple allemand à «la patience avec la Grèce».

La semaine s'annonce cruciale pour la Grèce et la zone euro. Mercredi, une réunion d'urgence du Fonds monétaire international doit se réunir sur la Grèce, date à laquelle la «troïka» - délégations du FMI, de la Banque centrale européenne (BCE) et de l'Union européenne (UE) - devrait faire son retour à Athènes pour surveiller les comptes du pays. Vendredi et samedi prochains, les ministres des Finances de la zone euro puis de l'UE se réuniront en Pologne pour boucler le plan d'aide à la Grèce de 158 milliards d'euros promis au pays le 21 juillet dernier.
Le temps presse car les marchés financiers européens ne cessent de s'affoler alors que la tension au sommet de l'Europe est montée d'un cran après la démission de l'ancien chef économiste de la BCE mais surtout parce que la situation économique de la Grèce ne cesse de s'aggraver. Athènes a encore du démentir en fin de semaine des rumeurs de défaut de paiement.
Mais selon les informations de l'hebdomadaire allemand Spiegel, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, aurait déjà mis au point deux scénarios sur l'avenir de la Grèce. Dans le premier cas, le pays reste dans la zone euro, dans le second le pays sort de l'euro et revient à son ancienne monnaie, la drachme. Ce serait alors la faillite du pays. L'hebdomadaire allemand ne précise toutefois pas quel pourcentage est attribué à ce deuxième scénario.
Dans le cas effectif d'une faillite de la Grèce, les banques allemandes ou françaises seront durement touchées. Elles n'auront plus les moyens de prêter de l'argent à l'Italie ou à l'Espagne, qui devront être aidées d'une autre façon, par exemple, grâce à des lignes de crédit accordées par le fonds de stabilité. Dès lors, le Fonds européen de stabilité jouera un rôle central, selon les financiers allemands. C'est pour cela que Wolfgang Schäuble souhaite qu'il soit mis en place le plus rapidement possible, selon les critères déterminés en juillet dernier.

76% des Allemands opposés à l'élargissement du Fonds de stabilité

La mise en place de ce Fonds est pourtant une épine dans le pied de Berlin. Selon un sondage réalisé par la télévision publique allemande ZDF, 76% des Allemands sont opposés au renforcement du Fonds de stabilité. Le problème grec menace tout l'équilibre européen, mais aussi la coalition au pouvoir à Berlin.
Critiquée par ses partenaires pour son attentisme, la chancelière allemande, Angela Merkel, l'est aussi dans son propre pays, où les réticences à payer pour les errements des Européens sont de plus en plus fortes. Dans une interview publiée par le journal dominical Tagesspiegel am Sonntag, elle a appelé ses concitoyens à «la patience avec la Grèce». Mais les déclarations de responsables grecs, qui ont estimé que «la dette étaient hors de contrôle», n'ont fait qu'inquiéter les Allemands.
La première puissance économique européenne lutte aussi pour son influence au sein de la Banque centrale européenne. La démission fracassante vendredi de Jürgen Stark de son poste de chef économiste de la BCE n'a fait que mettre un peu plus en lumière les dissensions croissantes au sein de l'institution. Après le refus en mai dernier de Axel Weber de prendre la tête de la BCE, le départ de Stark fragilise un peu plus la position allemande. Pour le remplacer, Schäuble a proposé le nom de son bras droit, le secrétaire d'État au budget Jörg Asmussen. À 44 ans, ce fonctionnaire est connu pour être un europhile convaincu, contrairement à Jürgen Stark, et donc favorable à l'approfondissement de l'intégration européenne. Ce qui favoriserait la création des euro-obligations, ces titres d'État garanties par l'ensemble des membres de la zone euro. Une façon pour l'Europe de sortir de la crise par le haut ?

La bombe grecque prête à exploser

Les représentants de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international seront mercredi à Athènes. La Grèce promet d’accélérer ses privatisations et d’appliquer ses réformes. Mais le pire reste possible. 

Ils sont attendus mercredi. Les représentants de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international sont de retour cette semaine à Athènes pour une nouvelle mission de la dernière chance. Ils avaient quitté prématurément la capitale grecque il y a dix jours, après avoir constaté que le gouvernement de Papandréou ne tenait pas ses promesses de redressement des comptes et ne pouvait pas rembourser ses créanciers.
L’enjeu est de taille. En l’absence d’accord, le scénario tant redouté par les marchés risque de se produire. Les institutions internationales pourraient refuser de verser à la Grèce la tranche de 8 milliards d’euros qu’elle attend ce mois-ci, dans le cadre du plan de 110 milliards d’euros accordé l’an dernier. Dans cette hypothèse, le pays, asphyxié, sera virtuellement en défaut de paiement, et les banques qui lui ont prêté de l’argent subiront les pertes redoutées, plongeant la zone euro dans la débâcle. Preuve de la tension qui règne, le FMI, dirigé par Christine Lagarde, suivra les négociations quasi en direct depuis Washington.

"Nous ne sommes pas dans la préparation d’un plan B"

À Paris, on veut croire au déblocage. L’Élysée et Bercy ont enregistré avec sérénité les gages donnés par Athènes. La Grèce promet d’accélérer ses privatisations et d’appliquer ses réformes. Mais le pire reste possible. L’Allemagne l’anticipe, par précaution. L’agence Bloomberg a révélé vendredi que la chancelière Angela Merkel préparait un plan de sauvetage des banques allemandes en cas de défaut grec. Berlin n’a pas confirmé. Paris dit ne pas être au courant.
Au G7 Finance qui a réuni les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales à Marseille vendredi et samedi, François Baroin a écarté l’idée que la France puisse elle aussi anticiper un effondrement. "Nous ne sommes pas dans la préparation d’un plan B", a-t-il martelé. Les grands argentiers européens ont maintenu leur ligne de défense, qui sonne comme un constat d’impuissance face aux attentes des marchés. Ils estiment que l’accord de Bruxelles du 21 juillet, que chaque État membre doit adopter, suffira à ramener le calme. Il prévoit une nouvelle aide à la Grèce et un renforcement du Fonds de stabilité financière, comparé à un FMI européen. Pour l’heure, seul le Parlement français l’a voté. Paris compte sur une adoption par tous les autres pays d’ici à octobre – y compris par la Slovaquie, qui menace d’attendre décembre.

11 septembre 2001 : la chute des Twin Towers

Des messages d'alerte de l'équipage du vol American Airlines 11 jusqu'à l'effondrement de la 2e tour du World Trade Center, revivez en images l'événement qui a secoué l'Amérique et fait entrer le monde en guerre contre le terrorisme.



Ségolène Royal détaille son programme à Montreuil

Ségolène Royal veut établir "un contrat avec la nation" : tel a été l'engagement de la candidate à la primaire socialistes, lors de son dernier meeting avant le premier débat télévisé de la campagne au sein du PS, le 15 septembre, et à moins de huit mois de la présidentielle. 
"Je serai la garante de la morale publique. Je veillerai au dépassement des clivages pour unir le pays face aux difficultés qui l'assaillent. (...) Je m'engage à construire avec vous la République du respect par l'ordre social juste et la participation active des citoyens", a-t-elle lancé samedi 10 septembre à Montreuil, au terme d'un discours d'une heure devant un public de plus de 1 500 personnes déchaînées, où elle a énuméré un programme engageant sa "responsabilité de femme d'Etat face à la nation".
UN CONTRAT À MULTIPLES ENTRÉES
Se portant garante d'"une République nouvelle" qui "redonnera sa juste place à chacune de nos institutions", notamment "un Parlement renforcé dans ses pouvoirs de contrôle et revivifié par le non cumul des mandats", la candidat à l'investiture socialiste a également promis, en cas de victoire à la présidentielle, "d'installer un comité de surveillance [de ses] engagements, dont les membres seront désignés à parité par la majorité et par l'opposition".
Parmi ses propositions, Ségolène Royal s'est engagée à "instaurer le référendum d'initiative citoyenne", à créer "un conseil supérieur du pluralisme pour protéger l'indépendance des médias", à lutter contre "les discriminations" et pour "l'égalité entre les hommes et les femmes".
Elle a également promis d'"inscrire dans la Constitution la règle d'une bonne gestion des fonds publics", d'instaurer "une justice fiscale sans augmenter les impôts", de fixer "des règles sociales et fiscales stables sur la durée du quinquennat". La présidente de la région Poitou-Charentes a enfin de nouveau prôné "une révolution écologique par la croissance verte et la mutation énergétique".


FRANCHEMENT, ELLE EST TOP ! EXCEPTIONNELLE, À TEL POINT QUE JE VOTERAI POUR ELLE AU PREMIER TOUR DES PRÉSIDENTIELLES, CAR, SI ELLE EST ÉLUE, ELLE SERA UN ATOUT POUR LE TOURISME FRANÇAIS. 
VISITER LE PAYS DIRIGÉ PAR UNE PURE IDIOTE, UNE FARFELUE, ÇA VAUT LE DÉTOUR.
FORZA ROYAL !!