samedi 16 avril 2011
L'OTAN et l'UE sans pilote
Pas une seule rencontre internationale consacrée à la résolution de la crise libyenne n’a lieu sans que transparaissent des divisions. Le 13 avril, c’est au cours de la première réunion du Groupe dit de contact, à Doha (Qatar), qu’on a pu mesurer les divergences qui séparent les Européens, France et Grande-Bretagne d’un côté, Allemagne de l’autre. Cette fois, la discordance portait sur l’opportunité ou non de fournir des fonds et des armes aux insurgés, de même qu’au Conseil de sécurité de l'ONU elle portait sur la résolution qui devait permettre de freiner militairement l’avancée de Kadhafi sur Benghazi.Une OTAN sans l'autorité de Washington n'est plus l'OTAN
La fin de la guerre froide avait un pilote efficace. Les Etats-Unis étaient aux manettes. Lors des guerres qui déchirèrent l’ex-Yougoslavie, la conduite resta aux mains de Washington : Clinton joua un rôle décisif dans la stabilisation des Balkans et la défaite de la Serbie ; seuls, les Européens n’auraient rien pu résoudre.L’actuelle crise arabe révèle la terrible réalité de ce monde sans cap ni orientation dans lequel nous vivons, matérialisée par le retrait de Washington, au profit de l’OTAN, dans la direction des opérations d’endiguement militaire de Kadhafi. Pour la première fois, l’Alliance atlantique est engagée dans une action militaire sans l’autorité de la superpuissance qui fut pourtant l’artisan et la raison d’être de l’organisation.
Et ne nous leurrons pas, une OTAN sans l’autorité de Washington, ce n’est plus l’OTAN – c’est autre chose. Rien d’étonnant à ce qu’elle se retrouve sous le feu de critiques contradictoires : en France et au Royaume-Uni, pour son manque de détermination ; en Allemagne ou en Turquie, pour les victimes civiles qu’ont pu faire ses bombardements.
Une OTAN avec des voix si divergentes, des positions si différentes, voilà qui ressemble beaucoup à l’Union européenne. Or s’il s’agit d’avoir une OTAN qui agit comme l’UE, nous avons déjà l’UE, merci. Et si l’UE avait été disposée et prête à prendre les commandes, le débat serait clos. C’était là l’occasion rêvée d’occuper le devant de la scène.
Deux cadavres politiques : l'OTAN et l'UE
Ce raz-de-marée du changement sur ses rives méditerranéennes, qui ont cruellement besoin de tout, de l’aide humanitaire à l’action militaire, était l’occasion de faire naître enfin une politique extérieure et de défense commune en Europe. Mais l’occasion n’a pas été saisie, et de cette formidable crise resteront deux cadavres politiques de plus : celui de l’OTAN, qui ne sera plus jamais ce qu’elle a été, et celui de l’UE, qui jamais ne parviendra à devenir la seule chose qui aurait pu donner du sens à ce qu’elle est encore aujourd’hui.Si Washington a agi et s’est engagé dans un premier temps, c’est sur l’insistance de la France et du Royaume-Uni. Sans la décision d’Obama, Kadhafi prendrait aujourd’hui ses aises et la rébellion serait liquidée. Mais ensuite, le président américain n’a pas pu résister aux pressions intérieures, qui lui déconseillaient un troisième engagement dans un conflit rapidement qualifié dans son pays de guerre "par choix" et non "par nécessité", pour défendre des valeurs et non des intérêts. C’est une erreur stratégique colossale. Richard Cohen, chroniqueur au Washington Post, qualifie cette nouvelle orientation de doctrine de la non-doctrine : Obama n’a pas de stratégie internationale, et c’est précisément sa stratégie.
Ian Bremmer, du groupe de réflexion Euroasia Group, estime lui que le monde est gouverné par le G-zéro, qui en vient à se substituer à toutes les diverses instances de direction économique du monde, G-8, G-20 ou G-2 (Etats-Unis et Chine) : en d’autres termes, personne ne tient les commandes.
Tout cela est essentiel pour comprendre ce nouveau monde qui surgit sous nos regards stupéfaits. Mais il subsiste un problème plus concret et plus urgent que la géopolitique ne résout pas, puisque c’est la politique qui est censée s’en charger : comment en finir une bonne fois pour toutes avec une guerre qui saigne la Libye à blanc et qui déstabilise toute la Méditerranée ?
Le ciel unique toujours dans les nuages
Pour le moment, Grimsvötn ne crache que des cendres virtuelles. Cette éruption fait partie d’un exercice de simulation lancé par l’Union européenne pour voir si le chaos de 2010 se répèterait si un nouveau nuage de cendres menaçait. L’exercice s’est poursuivi jusqu’à jeudi soir et ses résultats devraient être présentés début juin. On sait néanmoins déjà une chose : le ciel européen est loin d’être à l’abri du danger.
Beaucoup d'annonces, peut de concret
Après l’éruption d'Eyjafjöll, des groupes de travail et des plans d’urgence ont bien été mis en place et l’UE serait aujourd’hui mieux préparée à un tel scénario, explique Siim Kallas, le commissaire européen aux Transports. La Commission européenne ne peut toutefois pas nier qu’elle n’a guère progressé sur le problème principal. "L’harmonisation des dispositifs d’interdiction de vol est particulièrement difficile".La question des seuils limite avait été à l’origine d’une grande confusion et de bien des disputes. Il y a un an, il n’existait aucune indication sur le seuil limite de concentration de cendres au delà duquel les avions ne devaient pas décoller. Peu après l’éruption, cette limite fut fixée à 2 milligrammes par mètre cube. L’interdiction préalable de la navigation aérienne par le ministre allemand des Transports avait alors été vivement critiquée par les compagnies aériennes.
Il s’avéra par la suite que la colère des compagnies aériennes était justifiée. D’après une étude présentée en début de semaine par le centre allemand pour l’aéronautique et l’aérospatiale, à aucun moment cette limite n’a été franchie l’an dernier. Cinq jours après l’éruption du volcan, la concentration de cendres volcaniques dans l’air s'élevait à 0,2 mg/m3, soit un dixième de la limite autorisée.
Du côté de la Lufthansa, on ne souhaite pas relancer la polémique avec le ministre des transports. La réaction de l’UE est toutefois très critiquée. "Il y a beaucoup d’annonces mais peu de choses concrètes", souligne un porte-parole. Le principal problème l’année dernière était lié au manque de données fiables. "Nous voyons aujourd’hui que cette question n’est pas encore réglée".
Une boîte à parlotte bureaucratique
L’Association européenne des compagnies aériennes (AEA) s’exprime en des termes nettement moins diplomatiques. "Nous connaîtrions un nouveau désastre, affirme un porte-parole de l’organisation pour qui Eurocontrol ne serait rien de plus qu’une 'boîte à parlotte' bureaucratique à l’échelle supranationale".Il faut bien dire que le bilan des autorités européennes n’est guère reluisant. Certes, les autorités ont amélioré le système d’évaluation des risques et défini trois zones à risques. Mais chaque pays reste libre de décider quand décréter l’interdiction de la navigation aérienne.
Le projet, déjà ancien, d’harmonisation du ciel européen baptisé Ciel unique européen, aurait pu être utile, mais il traîne depuis des années. Il prévoyait notamment de réunir les espaces aériens des Vingt-Sept en neuf grands blocs. Pour l’heure, il n’existe que trois zones aériennes européennes : celles formées par l’Allemagne et la France, la Suisse et le Bénélux. Les autres devraient être définies à la fin de l’année 2012 d’après la commission.
Les résultats de l’exercice de simulation devraient montrer si les réglementations actuelles permettent de mieux faire face à un nouveau nuage de cendres. Le 13 avril, les participants à cette simulation – la Commission européenne, Eurocontrol, les autorités nationales de contrôle aérien ainsi que 70 compagnies aériennes – ont appliqué les réglementations en vigueur dans leur pays. Le lendemain, ils ont testé la "réponse européenne harmonisée".
Pour les compagnies aériennes, une meilleure supervision du ciel européen n’est toutefois pas suffisante. Ainsi que les fabricants du nouveau carburant E10 avaient dû apporter la preuve de la non dangerosité de leur produit, les compagnies aériennes exigent que les constructeurs aéronautiques leurs démontrent que leurs appareils ne courent aucun risque en navigant en deçà de 2mg/m3 de cendres volcaniques.
Les autorités responsables n’ont peut-être plus beaucoup de temps. Le Grimsvötn montre des signes d’activité. Pour le géophysicien, Bernd Zimanowski, une véritable éruption est "inévitable". Le volcan pourrait commencer à cracher des cendres dès la fin de l’été ou à l’automne. "Si les vents restent défavorables, nous allons assister au même cirque", prévient le chercheur.
Comme c’était prévisible (notre éditorial du 22 août 2010), la vente de bateaux de projection français de la classe « Mistral » à la Russie butte sur le transfert de technologie. Plus précisément sur le contenu exact du prix d’au moins un milliard et demi d’euros, sur lequel Paris et Moscou s’étaient entendus l’année dernière. Il y va de quatre bateaux: deux seront construits en France, les deux autres assemblés dans un chantier naval russe. Pour un pays dont la marine n’a jamais été très riche en porte-aéronefs modernes, ce partage serait déjà une initiation à une nouvelle génération de bâtiment, qui sont aussi des postes de commandement flottants.
Cette fonction implique des capacités embarquées très pointues, d’observation, de détection, de communications, de calcul informatique. En fait, c’est dans ce domaine que les amiraux russes espèrent accéder au dernier cri de la technique occidentale. Mais Paris agit comme s’il suivait notre conseil, contenu dans ledit éditorial aoûtien: proposer aux Russes une version « export » - simplifiée - des systèmes sensibles du «Mistral». Tout comme les Russes, comme nous l’avions alors souligné, proposent à certains pays des versions de leurs avions de combat Sukhoï débarrassées des équipements les plus modernes en service sous l’étoile rouge. La France est d’autant plus tentée d’agir ainsi, que les systèmes de ces bateaux tant convoités sont en réseau avec ceux d’autres unités essentielles de la Marine nationale, en particulier le porte-avions à propulsion nucléaire « Charles de Gaulle ». En disperser la technologie risquerait d’affaiblir les protections dont la gestion de ces bâtiments et les liaisons entre eux et les états-majors doivent bénéficier.
Pourtant, la demande russe n’est pas extravagante dans son principe : le transfert de technologie est aujourd’hui une demande classique des acheteurs d’armes. Le Brésil n’agit pas autrement pour son marché des avions de combat ; le succès du « Rafale », naguère prématurément annoncé comme acquis, dépend aussi de ce que la France est prête à céder en matière de savoir-faire. Les pays émergents ne veulent pas seulement s’armer, mais aussi apprendre à s’armer. Et peut-être nous concurrencer demain.
Qu’il est aisé de célébrer les grands principes, la paix, la démocratie, la liberté, le bonheur des peuples ! Des principes qui, pour les Libyens, s’identifient à la chute de la dictature, donc à celle de Kadhafi. Mais comment leur venir en aide en ne terminant pas le « travail » commencé le 19 mars en vertu de la résolution 1973 de l’Onu ? Par des incantations à l’allemande ? Par la seule surveillance du ciel libyen qu’encombre déjà une noria d’avions dont la plupart ont interdiction d’ouvrir le feu, sur consigne de leurs gouvernements ?
Seuls les chasseurs français, britanniques et canadiens sont vraiment engagés depuis que les Etats-Unis se tiennent en retrait. En tout, une soixantaine d’appareils qui attendent jour après jour les sporadiques et prudents ordres du commandement atlantique. Pendant que les milices de Kadhafi bombardent à l’artillerie lourde villes et villages encore tenus par les « rebelles »...
Ce qui s’est passé à Berlin durant la réunion de l’Otan reflète cette situation ubuesque en ajoutant une tonitruante cacophonie si peu assourdie par les exhortations et autres déclarations « généreuses ».
L’Otan a montré que, sans le leadership américain directement exercé sur le terrain, elle n’était qu’un tigre en papier. Une belle machine militaire, sans doute, mais surtout une autre bureaucratie bruxelloise (avec celle de l’UE), galonnée et étoilée, tournant tous freins serrés quand à Washington le commandant en chef laisse faire en observant ses alliés européens. Pour constater que ces derniers, volontiers donneurs de leçons, sont incapables de s’entendre sur une ligne de conduite. Pas seulement sur la question libyenne, également sur l’avenir de l’Alliance.
Ainsi, bien que taire les divergences franco-allemandes soit de bon ton diplomatique, Paris et Berlin s’opposent aussi sur l’hypothétique bouclier antimissiles européen, l’Allemagne liant son déploiement à l’abandon de toute dissuasion nucléaire en Europe, ce que la France ne peut que refuser.
Le problème immédiat reste toutefois la Libye. Sortir de l’impasse actuelle relève désormais de la seule responsabilité de l’Otan - l’ « Otan européenne », devrait-on dire – qui avait à tout prix voulu assurer le commandement des opérations, sans mandat politique clairement défini dans l’interprétation de la résolution 1973 de l’Onu.
Plus encore qu’en Afghanistan, l’Alliance atlantique de l’ « après guerre froide » joue désormais sa crédibilité, non seulement en Méditerranée, mais également - dans sa composante européenne - face aux Etats-Unis.
La Libye sera un révélateur pour l’Alliance. Elle l’a déjà été pour cette « défense européenne » rêvée par la France et, depuis les frappes franco-britanniques du 19 mars, définitivement devenue chimère. A jeter aux orties avec l’inutile et dispendieuse « politique étrangère » (sic) de l’Union européenne...
On ne devrait jamais quitter Thizy, doit grommeler Monsieur Mercier devant la pagaille de la garde à vue. C’est pas ma loi, a-t-il coutume de répondre aux critiques. Sans doute, mais il est aujourd’hui le garde des Sceaux, c’est donc à lui d’écoper. De quoi s’agit-il ? D’une de ces lois vite faites mal faites par des ministres qui se succèdent sans se croiser, et un parlement qui légifère sans se parler. Résultat, comme on dirait dans le Beaujolais de Monsieur Mercier : beaucoup de lois primeurs, à consommer de suite, et bien peu de lois de garde. Ainsi le veut notre Président, à qui rien ne plaît tant que de nous annoncer : la loi nouvelle est arrivée ! Mais ce qu’ils ne claironnent pas, notre Président et son garde, c’est que la facture de leur hâte nous reviendra : un timbre fiscal de 30 euros par justiciable pour payer les avocats. A ce prix, ils pourraient la garder, leur loi.
(1) 2033, Atlas des Futurs du Monde, de Virginie Raisson, Éditions Robert Laffont.
L'euro reste en baisse face au dollar après des indicateurs américains
L'euro restait en baisse face au dollar vendredi, pliant sous le poids de spéculations persistantes sur une restructuration prochaine de la dette grecque, le billet vert bénéficiant d'une accélération surprise de l'activité manufacturière autour de New York.
Vers 16H00 GMT (18H00 à Paris), l'euro valait 1,4442 dollar contre 1,4488 dollar jeudi à 21H00 GMT.
L'euro perdait aussi du terrain face à la devise nippone à 120,03 yens contre 120,97 yens jeudi.
Le dollar reculait face au yen à 83,11 yens contre 83,47 yens la veille.
La hausse de l'activité manufacturière s'est accélérée contre toute attente en avril dans la région de New York, pour atteindre son plus haut niveau en un an, selon des chiffres publiés vendredi.
En outre, le moral des ménages est remonté contre toute attente aux Etats-Unis, selon l'indice de confiance des consommateurs américains qui s'est établi à 69,6 pour avril.
Par ailleurs, les prix à la consommation ont continué d'augmenter aux Etats-Unis, où leur hausse a atteint 0,5% sur un mois en mars, comme en février, comme attendu
"L'inflation reste bénigne, mais la pression monte. Les inquiétudes des marchés, et de la Réserve fédérale américaine (Fed), sont lentement mais sûrement en train de passer de risques déflationnistes à inflationnistes", observait Teunis Brosens, économiste chez ING.
Mais la hausse des prix n'est pas suffisamment rapide pour entraîner un revirement de la Fed, qui semble toujours estimer que l'inflation est essentiellement à mettre sur le compte de l'envolée des prix de l'énergie.
En zone euro, l'inflation a accéléré plus que prévu en mars dans la zone euro, à 2,7% sur un an, selon une deuxième estimation diffusée vendredi.
Ces chiffres étaient de nature à alimenter les spéculations sur la poursuite du resserrement monétaire en zone euro, après la première hausse la semaine dernière du taux d'intérêt directeur de la Banque centrale européenne (BCE) afin de lutter contre l'inflation.
Mais ces attentes passaient au second plan vendredi, la monnaie unique restant plombée par des inquiétudes persistantes sur la capacité des pays fragiles de la zone euro à rétablir leurs finances publiques.
Malgré les démentis des dirigeants grecs et européens, le marché continuait notamment d'anticiper une restructuration de la dette de la Grèce, premier pays européen à avoir fait appel l'an dernier à une aide financière de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international (FMI).
L'Irlande restait également au centre des inquiétudes du marché vendredi après l'abaissement de deux crans par l'agence de notation Moody's de la note de l'île, la reléguant au plus bas niveau possible pour les emprunteurs fiables, en raison de la dégradation des perspectives économiques du pays.
Le FMI et l'Union européenne ont pour leur part salué vendredi les "progrès" réalisés par l'Irlande pour surmonter la crise économique, ainsi que l'application par le gouvernement des mesures promises dans le cadre du plan d'aide international conclu cet automne.
Vers 16H00 GMT, la livre britannique progressait face à la monnaie unique européenne à 88,47 pence pour un euro, mais baissait face au billet vert à 1,6322 dollar.
La monnaie helvétique progressait face à la devise européenne à 1,2902 franc suisse pour un euro, mais reculait face au billet vert à 0,8934 franc suisse pour un dollar.
L'once d'or a fini à 1.476,75 dollars au fixing du soir contre 1.465,75 dollars jeudi. L'once de métal jaune est montée vendredi jusqu'à 1.486,07 dollars, un nouveau sommet inédit.
Le yuan chinois a terminé à 6,5317 yuans pour un dollar contre 6,5313 yuans la veille.
Cours de vendredi Cours de jeudi
vendredi 15 avril 2011
«Moi, je la sens bien cette présidentielle». La formule, un peu bravache, est de Nicolas Sarkozy, la semaine dernière devant les députés UMP. Le président a raison: elle s’annonce décidément passionnante cette élection. En l’espace de deux semaines, ses acteurs ont fait preuve d’une audace qui a chamboulé le scénario. Rien ne se passe comme prévu, et à ce rythme, la France, qu’on dit déprimée, pourrait peut-être soigner le désenchantement démocratique qu’elle a étalé au moment des cantonales. Nous sommes bel et bien arrivés à un tournant de notre république, bien au- delà des péripéties des rendez-vous électoraux.
L’effondrement inédit du chef de l’État dans les sondages à moins d’un an de l’échéance, la percée de Marine Le Pen qui change totalement la donne à droite, l’éclatement de l’UMP, l’émancipation de l’ancien numéro deux du gouvernement, Jean-Louis Borloo, les inconnues de l’absent DSK et les mystères de la galaxie socialiste, la prise de conscience écologiste avivée par Fukushima, et l’irruption d’un électron libre, Nicolas Hulot dans la sphère tourmentée des Verts: le paysage politique se transforme sous nos yeux en accéléré.
Nous sommes désormais bien au-delà des spéculations autour des primaires et des interrogations autour des candidatures. La prestation de Dominique de Villepin, hier, a mis en évidence la remise en question générale d’un système à bout de souffle qui ne pourra plus se contenter de replâtrage ou d’aménagement. Après l’annonce de l’avènement d’une nouvelle société écologique par Nicolas Hulot, le mercredi, nous avons donc assisté, le jeudi, à la révolution personnelle d’un ancien Premier ministre de la V ème république. Et de ces secousses idéologiques, la plus inattendue a sans doute été la seconde.
Les propositions extrêmement fortes de Dominique de Villepin ont eu d’autant plus de force qu’elles émanent d’un homme qui a incarné le pouvoir chiraquien et les valeurs sociales du gaullisme. On savait le personnage imprévisible dans ses comportements, on le découvre bluffant dans sa vision. On pourra dire que tout cela n’est qu’imagination sur papier glacé et autre tempête sous un crâne. Il n’empêche: il y a eu de la force, du souffle, des idées nouvelles qui ont, comme disait Borloo l’autre soir, «renouvelé l’offre».
La vraie question, c’est évidemment celle du possible. Comme s’ils voulaient dépasser le doute de l’opinion sur la crédibilité de la politique, les candidats mettent la barre très haut. Voudraient-ils se prouver à eux-mêmes qu’ils sont encore capables d’avoir prise sur le destin d’une grande nation qui doute face aux défis de la mondialisation qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Ils savent être séduisants mais ils devront réussir à être convaincants. Le plus dur reste à faire...
Le burlesque n'est plus un art réservé à la scène, et les cache-tétons non plus. Cet accessoire gagne de la place dans les tiroirs de certaines dames. Lady Tornade, créatrice parisienne, les confectionne à la main. Comment les fixer, comment les porter : elle nous offre une démonstration dans la boutique du Moulin Rose, à Paris (XIe).
Sarkozy, Obama, Cameron : «Kadhafi doit partir»
Avec leurs alliés de l'Otan et leurs partenaires de la coalition, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont été unis au Conseil de sécurité ainsi qu'à la conférence de Paris qui a suivi pour construire une coalition large pour répondre à la crise en Libye. Nous restons unis sur les mesures à prendre pour y mettre fin. Tout en poursuivant les opérations militaires pour protéger les populations civiles, nous voulons regarder vers l'avenir. Nous sommes convaincus que des temps meilleurs attendent le peuple libyen, et qu'un chemin peut être tracé pour y arriver.
Nous ne devons jamais perdre de vue les raisons qui ont initialement obligé la communauté internationale à agir. Lorsque la Libye a plongé dans le chaos à la suite des attaques du colonel Kadhafi contre son peuple, la Ligue arabe a exigé des actes. L'opposition libyenne a appelé à l'aide. Dans ce moment de détresse, le peuple libyen s'est tourné vers la communauté internationale. Le Conseil de sécurité des Nations unies, dans une résolution historique, a autorisé la communauté internationale à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la population libyenne contre les attaques qu'elle subissait. En réagissant immédiatement, nos trois pays ont arrêté la progression des forces de Kadhafi. Le bain de sang dont il avait menacé les habitants de Benghazi, assiégée, a été évité.
Des dizaines de milliers de vies ont été épargnées, mais Kadhafi continue d'infliger jour après jour des atrocités au peuple libyen. Ses missiles et ses obus s'abattent sur les civils sans défense à Ajdabiya. Il essaie d'étrangler la population de Misrata, qui subit un siège digne du Moyen Âge, pour l'obliger à se soumettre. Les témoignages de disparitions et d'atrocités sont chaque jour plus nombreux.
Aux termes de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, notre devoir et notre mandat sont de protéger les civils. C'est ce que nous faisons. Il ne s'agit pas d'évincer Kadhafi par la force. Mais il est impossible d'imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi. À juste titre, la Cour pénale internationale enquête sur les crimes contre les civils et les graves violations du droit international qui ont été commises. Il est impensable que quelqu'un qui a voulu massacrer son propre peuple joue un rôle dans le futur gouvernement libyen. Les courageux habitants des villes qui ont fait face aux troupes qui les ont bombardées sans pitié seraient exposés à de terribles représailles si la communauté internationale acceptait une telle solution. Ce serait une inimaginable trahison à leur égard.
Cela condamnerait en outre la Libye à être non seulement un État paria mais également un État failli. Kadhafi avait promis de lancer des attaques terroristes contre les navires et les avions civils. Parce qu'il a perdu l'appui de son peuple, tout compromis qui le laisserait au pouvoir se traduirait par davantage de chaos et d'anarchie. Nous savons d'expérience ce que cela peut signifier. Ni l'Europe, ni la région, ni le monde ne peuvent se permettre de donner un nouveau refuge aux extrémistes.
Il existe un chemin vers la paix porteur d'un nouvel espoir pour le peuple libyen. Un avenir sans Kadhafi, qui préserve la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Libye; un avenir qui restaure son économie, ainsi que la prospérité et la sécurité pour son peuple. Cela doit commencer par une fin réelle des violences qui se traduise par des actes et non par des mots. Le régime doit se retirer des villes qu'il assiège, notamment Ajdabiya, Misrata et Zentane, et faire rentrer ses soldats dans leurs casernes. Pourtant, tant que Kadhafi sera au pouvoir, l'Otan et les partenaires de la coalition doivent maintenir leurs opérations afin que la protection des civils soit maintenue et que la pression sur le régime s'accroisse.
Alors pourra commencer une véritable transition d'un régime dictatorial vers un processus constitutionnel ouvert à tous avec une nouvelle génération de dirigeants. Pour que cette transition aboutisse, Kadhafi doit partir, définitivement. Dès lors, il reviendra à l'ONU et à ses États membres d'aider le peuple libyen à reconstruire ce qui a été détruit par Kadhafi, à réparer les maisons et les hôpitaux, à rétablir les services de base en même temps que les Libyens mettront en place des institutions pour fonder une société ouverte et prospère.
Cette vision de la Libye de demain est soutenue par une large coalition de pays, y compris de nombreux États arabes. Ils se sont rassemblés à Londres le 29 mars et ont établi un «groupe de contact» qui s'est réuni cette semaine à Doha pour promouvoir une solution à la crise dans le respect de la volonté du peuple libyen.
Aujourd'hui, l'Otan et la coalition agissent au nom des Nations unies avec un mandat international sans précédent. Mais c'est le peuple libyen, et non les Nations unies, qui choisira sa nouvelle Constitution, élira ses nouveaux dirigeants et écrira le prochain chapitre de son histoire.La France, le Royaume-Uni et les États-Unis n'auront de cesse de mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité pour que le peuple libyen puisse décider lui-même de son avenir.
Cette tribune est publiée conjointement dans «The Times» (Royaume-Uni), «The International Herald Tribune», «The Washington Post» (États-Unis), «al-Hayat» (monde arabe).
jeudi 14 avril 2011
La forme a été vieillotte et parfois poussive. Tout le reste a été moderne.
Le mail d’invitation à la conférence de presse de Nicolas Hulot avait annoncé la couleur. Ce serait solennel. Ce le fut. Ce serait dense. Ce le fut. Ce serait frugal. Ce le fut. La sobriété du décor (fond bleu modèle FR3 des années 70), la modestie du son (un micro tenu à la main par le présentateur-autocandidat), le lieu (une salle des fêtes de banlieue) et jusqu’à l’éclairage, glauque à souhait : tout indiquait un dépouillement choisi au service d’une voix et de son message.
Hulot a été un peu longuet et parfois un peu verbeux, mais il a atteint son objectif. Il est parvenu à montrer avec une efficacité certaine qu’il était différent. Qu’il courait au service d’un idéal d’une autre essence que celle du reste de la classe politique : il ne veut pas seulement changer la société à coup de «plus de», il veut en faire naître une nouvelle, écologique et sociale. Il a exalté les solidarités, notamment avec le sud, mais semble aussi avoir trouvé le nord de ses convictions. C’est qu’il a réglé sa boussole personnelle avant de s’élancer : ses «amis» politiques les plus proches sont chez Europe-Ecologie-Les Verts et son projet est incompatible avec la politique actuelle de la majorité. Le solitaire orgueilleux qui, en 2007 avait voulu convertir toute la galaxie du pouvoir de gauche à droite et de droite à gauche, l’inspirateur d’un Grenelle de l’environnement consensuel qui a dépassé les frontières des partis, s’est clairement positionné, cette fois, dans une sphère électorale qu’il a longtemps répugné à explorer. L’homme qui présentait ses émissions en survolant la Terre a donc finalement décidé d’aller se poser sur le territoire du combat politique.
Sur son parcours dans cette jungle inhospitalière - la nature des hommes peut être venimeuse - les primaires écologistes l’ennuient, aussi artificielles qu’une épreuve de Koh-Lanta. Puisqu’il le vaut bien, et puisqu’il le faut bien, il les traversera par nécessité en espérant que, sur son passage, on se ralliera à son panache vert flamboyant sans trop le contrarier. Et que la guerre avec Eva sera jolie. Ensuite, il marchera sans se décourager, nous promet-il, la volonté dans son sac à dos, pour conjurer le déclin annoncé de la planète. Le fin-du-mondisme n’est pas une fin en soi, à la fin, tempête-t-il, à condition de réformer le progrès. Tout simplement…
Déjà un petit miracle : son annonce a été plutôt bien accueillie chez les Verts, au soutien volontiers soupçonneux, mais qui reconnaissent en lui une énergie nouvelle capable de produire des voix. Alors, l’inconnu le plus redoutable que devra maintenant affronter Hulot, c’est lui-même. Le candidat sera-t-il capable de faire rayonner le charisme et la générosité de l’agitateur d’idées dans un univers qui n’est pas le sien ?
C’est décidé, des jurés populaires siègeront aux côtés des magistrats professionnels, afin que notre justice devienne enfin populaire. Belle idée démocratique, ce jugement du peuple par le peuple. Mais pourquoi s’arrêter là, Monsieur notre Président ? On pourrait également asseoir un ou deux ministres populaires à la table du conseil, on appellerait ça le gouvernement du peuple par le peuple. Et pourquoi pas un peu de peuple en classe avec l’enseignant, pour une éducation vraiment populaire ? Et à la télévision avec Claire Chazal, dans les conseils d’administration, le cabinet du médecin et la cuisine de Paul Bocuse... Le peuple est partout chez lui, dans une vraie démocratie populaire. D’ailleurs, si l’on osait... Pourquoi pas un peu de peuple à vos côtés à l’Elysée, Monsieur notre Président, dans l’espoir de rendre votre politique enfin populaire ?
When it comes to Facebook, EU defends the 'right to disappear'/UE-Facebook, bras de fer sur la vie privée
"Leaving Facebook? It was a Kafkaesque nightmare!" says Sean McTiernan, a 20-something Dublin arts journalist, who tried to quit the social network but found that Facebook really didn't want him to leave.
It's rare enough for a young person to ignore the magnetic forces of Facebook, doubly so for someone working in an industry where social media is becoming paramount. But Mr. McTiernan says he was simply exhausted by all the "oversharing" among his online friends. He knew the break wouldn't be easy (and what would become of his social life?), but he forged ahead to pry himself from his virtual community.
"In the end," he says, "I found a program that deleted, one-by-one, every single comment I'd made, every photo I'd uploaded, and every post on my wall."
But even that wasn't enough to convince him that he would vanish. "I revived my profile and left it blank: no pictures, no posts, no friends. It felt safer that way," he says. That way, based on his reasoning, he can make sure he's not on Facebook by maintaining a shadow presence on Facebook.
If the European Union gets its way, people like McTiernan may have an easier time erasing their online selves. The EU wants to give Internet users the right to what the French call le droit à l'oubli – literally, the right to oblivion.
EU in vanguard of Internet privacy
Viviane Reding, the EU's justice commissioner, is pushing for tougher privacy safeguards in an effort to give Internet users more control of their personal data that is collected, stored, mined, and could potentially be sold by companies like Facebook, Google, or any of the vast number of sites where users upload photos, provide private details, and, every once in a while, post something embarrassing.
The new rules, which are set to be in place later this year, put the EU in the vanguard of Internet privacy laws and could influence other countries, namely the United States, as Internet law becomes an increasingly pressing and controversial arena. What's more, the stronger EU stance on privacy may have profound effects on companies like Facebook, which declined to be interviewed for this article, that have millions of users across Europe.
"While social networking sites and photo-sharing services have brought dramatic changes to how we live, new technologies have also prompted new challenges," said Ms. Reding in a February speech. She went on to say it is "now more difficult to detect when our personal data is being collected."
She says "people shall have the right – and not only the possibility – to withdraw their consent to data processing. The burden of proof should be on data controllers – those who process your personal data."
Reding's spokesman, Matthew Newman, says the right to be forgotten is simply a modernization of existing laws: "It already exists in the sense that if you live in the EU you have control over your data. But what's missing is that it hasn't taken account of how we use the Internet now. Fifteen years ago, there was no such thing as social media."
The legal rejig will also see companies forced to prove they need to collect the data for which they ask and allow users to remove all traces of themselves from sites they join.
"If you sign up for Twitter or Facebook or a photo-sharing site," he says, "you agree to share your data, though you probably don't read the terms. It should be very easy for you to delete it, and it should be really deleted."
Il est rare pour un jeune d’aujourd’hui de ne pas succomber à l’appel de Facebook, a fortiori quand il travaille dans un secteur où le média social est devenu si prépondérant. Mais voilà, McTiernan en avait tout simplement assez de "l’hyper partage" avec ses amis en ligne.
Il savait qu’il ne serait pas facile d’en sortir (et qu’allait-il advenir de sa vie sociale ?) mais il décida de se lancer et de briser les chaînes de sa communauté virtuelle. "Au bout du compte, dit-il, j’ai fini par trouver un programme pour effacer, un à un, tous les commentaires, toutes les photos et tous les posts que j’avais pu mettre en ligne".
Il n’était toutefois pas encore certain d’avoir complètement disparu du réseau. "J’ai donc réactivé mon profil et je l’ai laissé vierge : pas de photo, pas de post, pas d’ami. Je me sentais plus rassuré comme ça ", poursuit-il. En maintenant une présence fantôme, il était certain de ne pas être sur Facebook.
Les réseaux sociaux et le besoin d'ajustement juridique
Si la proposition européenne aboutit, les gens comme McTiernan pourraient avoir nettement moins de mal à effacer leurs traces de la Toile. L’Union européenne veut en effet offrir aux internautes le droit à l’oubli. Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, plaide pour un renforcement de la protection de la vie privée et souhaite donner aux internautes un meilleur contrôle sur les informations privées qui sont collectées, archivées, exploitées et éventuellement vendues par des sociétés comme Facebook, Google ou tout autre site permettant à ses utilisateurs de poster des photos, des informations privées ou quoi que ce soit de potentiellement embarassant.Cette nouvelle réglementation, dont la mise en place est prévue dans le courant de l’année, place l’UE à la pointe de la protection de la vie privée sur Internet et pourrait inspirer d’autres pays à mesure que le débat sur la réglementation en ligne devient plus pressant et polémique. Cette initiative pourrait également avoir de lourdes conséquences pour des sociétés comme Facebook, qui compte des millions d’utilisateurs en Europe et n’a pas souhaité répondre à nos questions.
"Si les sites de réseaux sociaux et les services de partage de photos ont radicalement changé notre mode de vie, ces nouvelles technologies posent également de nouvelles questions", déclarait Viviane Reding en février dernier. Il est aujourd’hui "plus difficile de savoir quand des informations personnelles sont collectées. Les gens devraient avoir le droit – et pas seulement la possibilité – de retirer leur consentement à la collecte d’information. La charge de la preuve devrait être du côté de ceux qui utilisent vos données personnelles".
Le droit à l’oubli n’est qu’une modernisation de lois existantes, a déclaré Matthew Newman, porte-parole de la commissaire à la Justice. "Ce droit existe déjà au sens où tous les résidents européens ont le contrôle de leurs données personnelles. Ce qui manque, ce sont les nouveaux usages apparus sur Internet. Il y a quinze ans, les médias sociaux n’existaient pas".
Cet ajustement juridique devrait également obliger les sociétés à prouver qu’elles ont besoin des informations qu’elles demandent et permettre aux utilisateurs d’effacer toute trace de leur passage sur des sites qu’ils ont pu rejoindre. "Si vous ouvrez un compte sur Twitter, Facebook ou n’importe quel site de partage de photo, vous acceptez de partagez vos données même si vous ne lisez probablement pas les termes de cet accord, explique Newman. Il devrait être très simple de les effacer et d’obtenir qu’elles soient réellement effacées".
643 millions d'utilisateurs Facebook dans le monde
Avec près de 643 millions d’utilisateurs dans le monde, Facebook a fait l’objet de critiques persistantes ces dernières années, ses détracteurs lui reprochant de n’offrir que la possibilité de "désactiver" un compte et non de le supprimer. Si certains saluent l’initiative européenne, d’autres – notamment du côté des sociétés américaines – s’élèvent contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte à liberté d’expression. Sur son blog, le responsable de la protection des données personnelles chez Google trouve qu’il s’agit d’une "idée fumeuse" et écrit que "la protection de la vie privée est le nouveau noir des fashionistas de la censure"."Le problème concerne essentiellement les jeunes qui ont plus tendance à poster des photos embarassantes qui reviendront les hanter des années plus tard", explique Gavin Phillipson, professeur de droit à l’université Durham en Angleterre. Face à ce problème généralisé, les Etats-Unis préfèrent inciter les utilisateurs à davantage de responsabilité tandis que l’Europe a tendance à épingler la conduite des entreprises concernées.
Lilian Edwards, professeur de droit à l’université de Strathclyde à Glasgow, est réputée pour ses positions libertariennes sur la question. Elle n’est pourtant pas entièrement hostile à la proposition européenne. "J’ai d’abord été séduite par cette idée, puis j’y ai trouvé quelques inconvénients, explique-t-elle. Le premier est d’ordre technique : sur Internet, l’information circule. Mais d’un point de vue légal et moral, le problème est surtout que la protection de ma vie privée empiète sur votre droit à la liberté d’expression. Si j’écris sur mon blog, 'John était bourré hier soir', c’est une information personnelle mais c’est aussi mon droit de m’exprimer librement".
Débat
Oui à la vie privée, non à l’oubli
Toutefois, "si se faire oublier peut séduire certains, faire de cet oubli un droit porte atteinte au concept même de droit. Plutôt que d'être quelque chose qui incarne la relation entre l'individu et la société, il prétend que cette relation n'existe pas".
"Le droit à la vie privée s'explique parce que nous vivons dans une société. Nous exigeons d'avoir ce droit dans une société tout en restant impliquée dans celle-ci. Pour que notre vie publique fonctionne bien, nous avons parfois besoin de nous en éloigner"."En revanche, le droit à l'oubli est un retrait extrême, et dans sa forme la plus dure peut être assimilé à un acte antisocial et nihiliste. S'il est adopté, ce droit à l'oubli signifierait l'émasculation de notre pouvoir d'agir dans le monde".
Ce qui va changer pour les Français qui paient l'ISF
. Avec la modification du barème envisagée, l'ISF ne concernera plus que les contribuables disposant d'un patrimoine supérieur à 1,3 million d'euros et ne comprendra plus que deux tranches : 0,25% entre 1,3 et 3 millions d'euros, 0,5% au-delà. Selon "Le Figaro", seuls les redevables de la tranche à 0,5% auront à remplir une déclaration d'ISF, les autres déclareront leur patrimoine sur leur déclaration de revenu et acquitteront leur ISF en même que leur impôt sur le revenu.
Plusieurs hausses d'impôts en vue pour compenser cette baisse
Pour boucler le financement de cette réforme — celle-ci doit être neutre pour les finances publiques — plusieurs hausses d'impôts sont annoncées. D'une part, les donations en franchise d'impôt ne seront plus possibles que tous les 10 ans, au lieu de tous les 6 ans. La tranche sur les plus importantes successions sera relevée de 5 points, tandis qu'une "exit tax" sera créée pour les particuliers qui s'expatrient afin d'échapper à l'impôt. Cette taxe serait prélevée au moment de la vente des biens.
La question du calendrier de cette "exit tax" est importante dans la mesure où la France, qui avait instauré un mécanisme équivalent en 1999 et s'était vue condamnée par la Cour de justice des communautés européennes au motif que "le principe de liberté d'établissement posé par l'article 43 du traité instituant la Communauté européenne doit être interprété en ce sens qu'il s'oppose à ce qu'un État membre institue, à des fins de prévention d'un risque d'évasion fiscale, un mécanisme d'imposition des plus-values non encore réalisées, en cas de transfert du domicile fiscal d'un contribuable hors de cet État". En précisant que c'est une fois les biens cédés que cette taxe s'appliquera, le gouvernement estime avoir toutefois contourné l'obstacle.
En revanche, un temps envisagée, la taxation des gros contrats d'assurance-vie est écartée. À moins de 13 mois de l'élection présidentielle, c'est donc la solution de compromis qui l'a emporté.
La réforme devrait être entérinée au plus tard le 13 juillet
Une réforme trop radicale aurait entamé un peu plus la popularité du gouvernement. Promise par Nicolas Sarkozy, la réforme fiscale présentée hier soir par François Baroin, sera sur le bureau du Conseil des ministres le 11 mai prochain. Le texte partira ensuite à l'Assemblée nationale (vote le 8 juin) puis au Sénat ( vote le 23 juin) avant d'être débattu en commission mixte paritaire (début juillet) en vue d'une adoption le 12 ou 13 juillet en sessions extraordinaire.
Reste que le toilettage fiscal prévu est loin de faire l'unanimité. Si Gilles Carrez, rapporteur de la commission des finances de l'Assemblée nationale, se félicite « de la justice et de l'équité fiscale » du projet présenté mardi soir par François Baroin, d'autres élus se montrent plus réservés. C'est le cas de Pierre Méhaignerie, député UMP d'Ille-et-Vilaine, qui confie à la Tribune qu'il présentera des amendements "afin d'encourager la fiscalité de ceux qui souhaitent transmettre leurs entreprises dans le cadre familial".
Pour Charles de Courson, député du Nouveau Centre, lui aussi présent à la réunion avec François Baroin "il reste des détails à régler, en particulier le choix du calendrier d'application de la suppression de la première tranche de l'ISF". Quant au Sénateur Jean Arthuis, en voyage en Allemagne et qui ne pouvait assister au rendez-vous budgétaire de François Baroin, il a résumé le fond de sa pensée sur son blog. Selon le président de la commission des finances du Sénat, la réforme de l'ISF proposée se résume à "prendre un problème global par « le petit bout de la lorgnette». Selon Jean Arthuis, il serait « plus sage de le rien faire en cette fin de printemps".














