jeudi 27 janvier 2011
L’Europe, anti-modèle pour l’Asie du Sud-Est
En attendant, le commerce intra-régional qui représentait 33% des échanges de l’Asie avec le monde en 1990 est passé à 43% vingt ans plus tard. Les accords croisés d’investissements et d’échanges se multiplient. Et l’Asie du Sud en profite largement : le revenu par tête de Singapour a dépassé celui du Japon en 2007. Mais comme le faisait remarquer un haut représentant japonais, cette intégration de facto n’a pas contribué à la réduction des disparités entre les pays de la zone : le revenu par tête de Singapour est désormais cent fois plus élevé que celui de Myanmar. Davantage d’intégration institutionnelle devrait contribuer à la réduction des écarts, pense-t-il. Car pour le représentant des syndicats de Malaisie, si trouver un job n’est pas un problème, pour les cinq à six millions de migrants dans la région en trouver un qui dure en est un vrai, la concurrence entre les Etats pour attirer les investissements et offrir les meilleures conditions de flexibilité se faisant au détriment de la qualité des emplois. Un discours qui pour le coup sonne européen.
Mais on s’arrête là : l’intégration institutionnelle ne se fera pas à l’européenne : « en ce moment l’UE nous montre plutôt ce qu’il ne faut pas faire » résumait un investisseur malais. Pour l’universitaire singapourien Kishore Mahbubani, si l’Europe a été un bon modèle politique ce n’est pas le cas sur le front économique. Quant à l’ouverture des frontières, l’Asie présente une trop grande diversité de religions et de régimes politiques pour se le permettre.
Se fera-t-elle alors sous l’égide monétaire de la Chine ? La convertibilité progressive du renminbi passe déjà par des accords d’échanges de devises avec les principaux partenaires régionaux de la Chine dont elle est désormais le premier client-fournisseur (Japon, Corée, Vietnam, etc). La question est encore taboue : « à Washington, Monsieur Hu a bien dit que le système monétaire actuel appartenait au passé, mais il n’est pas clair que le renminbi soit l’avenir », a réagi l’investisseur malais. « Les pays de l’ASEAN veulent conserver leur identité à tous les niveaux, y compris celui de la monnaie, a conclu le représentant du Japon. Et puis les soucis de l’euro ont refroidi toute passion envers une monnaie unique. »
Agitateurs de tous les pays, méfiez-vous !
Bünyamin E., 20 ans, était soupçonné de suivre un entraînement dans un camp terroriste. Le parquet de Düsseldorf enquêta sur lui. Après sa mort toutefois, personne n’enquêta sur ceux qui l’avaient tué, ni sur les soldats américains qui commandaient le drone à distance, ni sur leurs supérieurs.L'armée américaine a exécuté un Allemand sans procès
Les autorités allemandes ont du mal à engager des poursuites lorsque des alliés dans la guerre contre le terrorisme exécutent des citoyens allemands ou les enlèvent, comme dans le cas de l’islamiste de Hambourg, Mohammed Zammer, à l’automne 2001. En revanche, elles n’hésitent pas à communiquer des données personnelles aux organes de sécurité d’autres pays, même si les suspects n’ont aucun casier judiciaire.Le cas de Bünyamin E. montre ce qui peut se passer dans les cas extrêmes lorsque des services étrangers exploitent les informations concernant des terroristes présumés : l’armée américaine a jugé que Bünyamin était un terroriste et l’a exécuté sans autre forme de procès.
A l’avenir, les services de sécurité étrangers pourraient s’en prendre encore plus souvent à des ressortissants d’autres Etats sans passer par la voie des tribunaux. Le Conseil de l’UE plaide en effet pour la mise en place d’un programme d’échange de données bien plus vaste que l’actuel système de coopération entre pays membres.
La création de l’agence de police communautaire (Europol), le 1er janvier 2010, a donné lieu à l’ouverture d’un grand centre d’analyse à La Haye. C’est là que sont exploitées les données personnelles de citoyens de l’UE et de là qu’elles sont ensuite transmises à des pays membres d’Europol et de pays tiers.
Il est explicitement prévu qu’Europol ne reçoive pas seulement des informations concernant des personnes condamnées mais également les données de toute personne jugée suspecte par n’importe quel service de sécurité.
A l’heure où le crime s’organise à l’échelle mondiale, on pourrait se dire que ce n’est pas une mauvaise idée. Mais il se trouve que depuis quelques années les agences de sécurité nationale s’échangent essentiellement des informations sur les agitateurs politiques. Les dernières révélations concernant l’histoire de taupes infiltrées dans les milieux protestataires britanniques et allemands ne sont qu’un aperçu du système d’échange d’information entre pays européens.
Tous les agitateurs fichés
En Europe, tous ceux qui prônent la désobéissance civile peuvent manifestement se dire qu’ils sont surveillés par des services de police étrangers, surtout s’ils se déplacent pour participer à des manifestations dans d’autres pays. Ceux qui bloquent les voies ferrées pour manifester contre le nucléaire, s’en prennent aux fermes pratiquant l’élevage en batterie ou bloquent les autoroutes pour protester contre les frais d’inscription à l’université, tous ceux-là pourraient se retrouver dans la base de données Igast de la police criminelle allemande.L’Igast (International agierende gewaltbereite Störer) rassemble toutes les données possibles sur les "agitateurs potentiellement violents et actifs au plan international". Leurs moyens de communication et leur appartenance à différents groupes présentent donc un intérêt particulier. C’est ce que souligne le Conseil de l’UE dans un mémo.
Le vieux débat au sein du gouvernement de coalition allemand à propos de la conservation des données se comprend mieux à la lumière de la stratégie d’Europol. A l’avenir, il serait par exemple possible, et nettement moins coûteux, de "protéger" une grande réunion de l’Otan contre toute perturbation. Rien qu’en utilisant les moyens de communication électroniques, il est possible de savoir comment les manifestants arriveront, qui seront les meneurs et avec qui ils sont en contact.
"Celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien à craindre."
La police judiciaire de Wiesbaden a déjà plusieurs fois transmis à d’autres pays des informations concernant des manifestants allemands. De même la police allemande a-t-elle certainement donné des informations aux services américains à propos de Bünyamin E. Dans le premier cas, les manifestants allemands ont probablement été refoulés à la frontière mais, dans le second, un homme est mort.Le mantra des autorités policières est toujours le même : "Celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien à craindre." Dans ce contexte, cela semble absurde. Le principe fondamental de la présomption d’innocence est balayé lorsque l’on établit à titre préventif le profil et les réseaux de chaque individu et que la police juge ces informations suffisantes pour appliquer une sanction.
S’il y a un sens à la collaboration des services de police des différents Etats entre eux, ils ne doivent pas criminaliser les actions politiques et sanctionner leurs auteurs sans le jugement d’un tribunal indépendant.
La cravate fait débat au parlement allemand
"Je représente mes électeurs et non pas le Bundestag (...) La plupart des mes électeurs ne portent pas de cravate et je ne vois pas pourquoi je devrais me dissocier d'eux. La cravate est un signe hiérarchique", s'est justifié Andrej Hunko vendredi à la radio.
Les députés allemands ne sont pas tenus de porter la cravate en séance, sauf s'ils sont assis près du "perchoir" où siège le président, bien en vue des caméras de télévision.
Un autre député de Die Linke, Alexander Süssmaier, qui avait été invité jeudi à remplacer Andrej Hunko au poste de secrétaire de séance, a également refusé de mettre une cravate.
Finalement, c'est une femme, Agnes Alpers, qui s'est installée sur le siège de la discorde, avec autour du cou une sage écharpe rouge.
Eric Kelsey, Guy Kerivel pour le service français
mercredi 26 janvier 2011
Deux milliards d'utilisateurs de l'Internet dans le monde
"Début 2011", les abonnés à la téléphonie mobile atteignaient plus de cinq milliards, tandis que les utilisateurs d'Internet dépassaient légèrement les deux milliards, a annoncé mercredi 26 janvier le chef de l'Union internationale des télécommunications (UIT), Hamadoun Touré.
"Au début de l'année 2000, il y avait seulement 500 millions d'abonnés à la téléphonie mobile dans le monde et 250 millions d'utilisateurs d'Internet", a déclaré M. Touré devant les médias.
UN HABITANT SUR TROIS A SURFÉ SUR INTERNET
Selon les statistiques de l'UIT, quelque 2,08 milliards de personnes – soit plus d'un habitant de la planète sur trois – ont surfé sur Internet en 2010, contre 1,86 milliard en 2009. Ils n'étaient que 1,036 milliard à le faire en 2005.

Pour la troisième année consécutive, le nombre d'utilisateurs est plus important dans les pays en développement (1,19 milliard, une croissance de 15,6 % entre 2009 et 2010) que dans les pays développés (885 millions, une croissance de 7,79 % sur la même période).
LA TÉLÉPHONIE MOBILE
L'usage du téléphone portable est également foudroyant, avec 5,28 milliards d'abonnés dans le monde, dont plus de la moitié (3,84 milliards, une croissance de 18,59 % en un an) dans les pays en développement.
Dans les pays développés, le nombre d'abonnés à la téléphonie mobile a en revanche stagné en 2010 (+ 1,91 %, à 1,43 million de personnes).
L'agence onusienne chargée des questions relatives aux technologies de l'information et de la communication espère que la moitié au moins de la population mondiale aura accès à la téléphonie mobile à large bande (3G) d'ici à 2015. Selon l'UIT, le nombre d'abonnements à la téléphonie mobile 3G a été presque multiplié par dix en quatre ans, dépassant même la bande large fixe.
Les services secrets britanniques auraient élaboré un plan anti-Hamas
Les services secrets britanniques ont contribué à l'élaboration, en 2004, d'un plan secret pour restreindre l'action du Hamas en Cisjordanie, selon des documents confidentiels publiés, mardi 25 janvier, par le quotidien britannique The Guardian. Ce plan, qui comprenait l'internement de dirigeants et de militants du mouvement islamiste, la fermeture de stations de radio et le remplacement des imams dans les mosquées, a été en partie mis à exécution par la branche du Fatah en Cisjordanie, de plus en plus critiquée pour son autoritarisme et les atteintes qu'elle porte aux droits de l'homme.
Le plan de sécurité palestinien du MI6 (services secrets britanniques) recommandait la "détention des principaux officiers de rang intermédiaire" du Hamas et d'autres groupes armés, et proposait d'"explorer la possibilité d'interner temporairement des leaders du Hamas et du Djihad islamique, en s'assurant qu'ils sont bien traités, avec un financement de l'Union européenne".
"NOUS CONNAISSONS SON ADRESSE... POURQUOI NE LE TUEZ-VOUS PAS ?"
Ces documents, révélés par Al-Jazira puis vérifiés par le Guardian, mettent également en lumière la profonde coopération militaire et sécuritaire entre les forces palestiniennes et israéliennes.Parmi les documents révélés, on trouve ainsi l'étonnant récit d'un entretien datant de 2005 entre le ministre de la défense israélien de l'époque, Shaul Mofaz, et le ministre de l'intérieur de l'Autorité palestinienne, Nasser Youssef. En parlant de Hassan Al-Madhoun, un commandant de la branche armée du Fatah liée aux Brigades des martyrs d'Al-Aqsa tenu responsable par Israël d'une attaque-suicide l'année précédente, M. Mofaz demande à M. Youssef : "Nous connaissons son adresse... pourquoi ne le tuez-vous pas ?" M. Youssef répond alors : "L'environnement n'est pas facile, nos capacités sont limitées." Quelques mois après cette rencontre, Hassan Al-Madhoun sera tué par un drone israélien.
Le porte-parole de l'Organisation de libération de la Palestine et négociateur en chef Saeb Erekat apparaît également dans ces documents. Il aurait dit à un haut fonctionnaire américain en 2009 : "Nous avons eu à tuer des Palestiniens pour établir une autorité et la primauté de la loi... Nous avons même tué nos propres hommes pour maintenir l'ordre et la loi."
M. Erekat se serait par ailleurs plaint auprès de George Mitchell, émissaire des Etats-Unis pour le Proche-Orient, du fait qu'il n'y avait pas suffisamment de mesures prises pour boucher les tunnels reliant Gaza à l'Egypte.
Selon Alistair Crooke, un ancien officier du MI6 qui a aussi travaillé pour l'UE en Israël et dans les territoires palestiniens, ces documents reflètent une orientation de politique prise en 2003 par Tony Blair. Le premier ministre britannique voulait alors mettre en commun les politiques sécuritaires du Royaume-Uni et de l'UE dans les territoires palestiniens avec un commandement américain de "contre-insurection" contre le Hamas – politique qui a perdu de sa pertinence quand le Hamas a remporté les élections législatives de 2006.
Les Frères musulmans appellent à une manifestation en Jordanie
La confrérie des Frères musulmans et sa branche politique, le Front de l'action islamique (FAI), ont appelé à une nouvelle manifestation, vendredi en Jordanie, "contre la vie chère et pour des réformes politiques", a indiqué mercredi 26 janvier un porte-parole des Frères musulmans.
"Une nouvelle manifestation aura lieu vendredi après la prière", a déclaré Jamil Abou Bakr. "Nous poursuivrons notre mouvement, jusqu'à l'obtention de réformes politiques et l'amélioration du niveau de vie des Jordaniens", a-t-il ajouté. Le FAI, principal parti d'opposition, s'est engagé à ce que les manifestations soient "pacifiques".
Depuis la chute du président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, deux manifestations et un sit-in se sont déroulés dans le calme pour protester contre la vie chère et réclamer la chute du gouvernement, malgré une série de mesures sociales du gouvernement.
Vendredi, 4 000 manifestants à Amman et plus de 5 000 dans le royaume ont participé à des manifestations (portfolio). Quelque 25 % des Jordaniens vivent sous le seuil de pauvreté dans le royaume, selon une étude du Conseil économique et social jordanien.
L'euro-yen dans une zone de congestion
La devise européenne se redresse à la faveur de la publication de bons indicateurs en zone euro, tout particulièrement en Allemagne :
L'indice ZEW du sentiment des analystes financiers et investisseurs allemands a fortement rebondi en janvier à 15,4 après 1,8 et 4,3 sur les 2 derniers mois de 2010.
D'autre part, l'indice IFO du climat des affaires Outre-Rhin vient de repousser encore plus haut son record historique à 110,3 après 109,8 en décembre.
La situation économique actuelle est jugée stable. Elle plafonne depuis 2 mois à haut niveau sous 113. Par contre, les perspectives des entreprises progressent encore à 107,8 contre 106,8 le mois précédent.
Enfin, les réunions récentes des Ministres des Finances de la zone euro et de l'Union Européenne au travers de l'Eurogroupe et de l'Ecofin laissent présager une solution un peu plus durable sur le mécanisme de stabilisation financière lors d'un prochain rendez-vous soit début février ou fin mars.
Dans ce contexte, l'euro a réussi à reprendre un peu de hauteur et aborde cette nouvelle semaine à plus de 112 yens.
Les acheteurs ont repris les commandes mais ils ne mènent pour l'instant qu'un rebond purement technique.
L'euro-yen est en effet toujours dominé par une tendance long terme baissière. La force des vendeurs tend à s'épuiser peu à peu cependant au sein d'un biseau baissier où l'amplitude des différentes séquences de baisse s'amenuise.
En cas de sortie haussière de la zone de congestion actuelle, c'est à dire entre le support à 105-106,50 et la résistance à 112-113,50 dans laquelle les cours évoluent depuis la fin mai 2010, un retournement de tendance prendrait forme avec comme objectif principal un retour sur 120.
Un tableau de Bruegel s'anime en 3D
Lech Majewski a travaillé avec un historien de l'art pour interpréter Le Portement de croix peint en 1564.
Ce n'est pas le premier flirt de ce cinéaste avec les arts plastiques. En 1996 il a produit et écrit le biopic sur Basquiat le météore new-yorkais. Outre l'étonnante beauté plastique des images et la présence de Rutger Hauer, Charlotte Rampling et Michael York, l'intérêt de cette œuvre réside dans une conception absolument originale. Tout repose en effet sur un seul et unique tableau dans lequel le spectateur va être plongé.
Un texte devenu scénario
Il s'agit du Portement de croix que Pieter Bruegel l'Aîné a exécuté en 1564 durant l'occupation brutale des Flandres par les Espagnols. Cette huile de 1,70 m sur 1,24 m est aujourd'hui conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne. L'historien de l'art Michael F. Gibson l'a longuement analysée et son texte est devenu scénario. «Pourquoi le peintre a-t-il dissimulé la figure centrale du Christ parmi une foule de paysans? s'est-il demandé. Pourquoi, dans un paysage Renaissance, a-t-il donné une importance considérable à un improbable moulin perché sur un énigmatique rocher? Pourquoi les gendarmes qui encadrent la procession sont-ils en uniforme rouge? Que signifie le style archaïsant des saintes femmes ? Passé et futur, vie et mort, destin et liberté façonnent cette fresque foisonnante, qui compte au moins cinq cents personnages se dirigeant vers le Golgotha. À Vienne on ne peut en savourer les mille saynètes et anecdotes qu'avec une loupe et sur un escabeau. Toutes sont significatives.»Son essai paru aux éditions Noêsis en 1996 est lumineux. Il explique notamment pourquoi le peintre imagine la Passion au XVI e siècle: «La démarche de Bruegel consiste à utiliser la situation politique immédiate pour faire comprendre l'histoire du messie en non pas de prendre l'histoire du Christ pour condamner les exactions espagnoles.» Mais le film qui découle de sa lecture, en alliant l'analogique à l'imagerie de synthèse et à la 3D, en produisant une manière d'équivalent visuel à l'interprétation, livre un supplément de sens. Par exemple, ce n'est que lors du tournage que Michael F. Gibson a pu discerner les différentes perspectives structurant la composition. Il y en a sept. Un chiffre magique.
Egypte : "Personne ne lâchera Moubarak"
Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche spécialiste de l'Egypte au CNRS, relativise l'ampleur des manifestations anti-Moubarak qui ont eu lieu mardi 25 janvier dans le pays. Selon lui, il serait "très étonnant" que le président égyptien connaisse le même sort que son ancien homologue tunisien, Ben Ali.
La mobilisation était inédite en nombre pour de telles circonstances (demander le départ du président égyptien Hosni Moubarak). Mais les mouvements de 1977 étaient beaucoup plus importants et les mobilisations sur d'autres sujets, comme la Palestine, sont aussi très fortes.
A l'échelle de l'ensemble de la population égyptienne, les manifestations de mardi sont peu importantes. Que 15 à 20 000 personnes descendent dans les rues d'une capitale qui compte 14 millions d'habitants reste avant tout symbolique.
Mais a-t-on déjà vu des revendications aussi dures envers Moubarak ?
Ce n'est pas si nouveau. Il y a encore quelques années, le mouvement Kifaya ("assez", en arabe) arrivait à rassembler plusieurs centaines de personnes pour réclamer le départ de Moubarak. Par ailleurs, il n'est pas très étonnant que dans un régime autoritaire avec un certain nombre de problèmes sociaux il y ait des manifestations contre le chef de l'Etat.
Dans les pays démocratiques, on trouverait facilement 15 000 personnes pour demander le départ du gouvernement. A mon sens, ces manifestations ne marquent donc pas une rupture dans le régime.
Est-ce que les pays occidentaux pourraient accepter de lâcher Moubarak ?
Mais personne ne lâchera Moubarak ! La Tunisie est un petit pays, où pour l'instant les gens qui remplacent Ben Ali sont issus de l'ancien pouvoir. Il n'y pas réellement de changement de régime. En Egypte, la chute de Moubarak impliquerait l'écroulement de l'ensemble du régime.
Dans ce pays, le gouvernement et la haute administration ont l'impression de travailler pour l'intérêt de l'Egypte et non pour le chef de l'Etat, comme en Tunisie. Et l'armée soutient Moubarak. Par ailleurs, si l'ensemble du régime tombe c'est un problème pour le pays, pour la région et pour les alliés de l'Egypte.
Le président égyptien contrôle donc mieux son Etat que Ben Ali ?
La situation est sans comparaison avec la Tunisie. Moubarak n'est pas à proprement parler un dictateur, c'est un dirigeant autoritaire. Il gouverne au sein d'un Etat qui est très institutionnalisé. L'entourage de Moubarak n'est pas constitué de prédateurs et de profiteurs comme celui de Ben Ali.
Par ailleurs, Moubarak est issu de l'armée, avec qui il entretient toujours des liens très forts. Une chute de Moubarak serait donc extrêmement étonnante. Les syndicats sont contrôlés par le gouvernement et ne soutiennent pas les manifestants. Même les partis politiques d'opposition affichent un soutien modéré. Il y a donc peu de chance que les protestaires arrivent à déclencher une mobilisation massive des Egyptiens autour de leurs revendications.
Pourquoi le principal mouvement d'opposition, les Frères musulmans, ne soutient pas plus les manifestants ?
Les Frères musulmans sont très prudents et savent qu'au moindre faux pas le régime n'aura aucun problème à accentuer la répression sur eux. Deuxièmement, il n'est pas certain que les Frères musulmans aient beaucoup de sympathie pour les manifestants, qui sont avant tout des jeunes libéraux. Et troisièmement, les Frères musulmans pensent que le mouvement ne durera pas.
Comment expliquez-vous que, même si trois manifestants sont morts, la police égyptienne ait fait preuve d'une certaine retenue ?
Depuis plusieurs années, probablement sous l'influence d'une aile libérale autour de Gamal Moubarak [le fils d'Hosni Moubarak, pressenti pour le remplacer à la tête de l'Egypte], la répression des mouvements de protestation s'est adoucie. Mais cela ne veut pas dire qui si les manifestations perdurent le régime ne choisira pas de revenir aux anciennes méthodes. C'est très simple : si le régime n'est pas capable d'accroître la répression dans les manifestations, cela peut avoir un effet d'encouragement pour de nouvelles manifestations.
Impressionnant rebond de la croissance mondiale
Dans la mise à jour de ses prévisions, le Fonds monétaire international (FMI) dépeint une croissance économique très vigoureuse dans les pays en développement et émergents (6,5%), soutenue aux Etats-Unis (3%) mais faible et fragile en Europe (1,5%).
Très largement en tête de peloton, les pays émergents et en développement devraient enregistrer une croissance de leur PIB de 6,5% (+0,1 point) en 2011 et autant en 2012. Parmi eux, la Chine engrangerait une augmentation de son activité de 9,6%, en léger reflux par rapport à 2010 (10,3%), et presque autant en 2012.
A l'opposé, l'économie de la zone euro n'augmenterait que d'un modeste 1,5%, sans changement par rapport aux prévisions d'octobre, avant de croître de 1,7% en 2012. Le taux de croissance des Etats-Unis serait le double de celui de l'Europe, avec un rythme de 3% en 2011 puis refluerait légèrement à 2,7% en 2012.
Le FMI attribue "aux nouvelles initiatives pour doper la croissance" la vigueur de la reprise aux Etats-Unis. Toutefois, il relève que "la reprise à deux vitesse se poursuit", avec "dans beaucoup de pays émergents, une activité bouillonnante, des pressions inflationnistes, et quelques signes de surchauffe alimentées en partie par d'importants afflux de capitaux". Dans les pays avancés en revanche, "le chômage demeure élevé, et des signes renouvelés de tension parmi les pays périphériques de la zone euro" obscurcissent l'horizon.
Au total, "la menace sur la croissance demeure élevée" et "le plus urgent pour instaurer une croissance robuste consiste à mener des actions d'envergure et rapides afin de venir à bout les désordres financiers et souverains dans la zone euro et des politiques de redressement budgétaire ainsi que de réparer et réformer le système financier dans les pays avancés", recommande le FMI.
Les Français champions du monde de l'anti-capitalisme
Selon un sondage mené dans dix pays par l'Ifop et publié ce mercredi par La Croix, les Français sont de loin les plus opposés au capitalisme. A l'inverse des Chinois dont seulement 3% se disent favorables à un abandon du système capitaliste.
A titre de comparaison, 3% seulement des Chinois pensent la même chose. Bien qu'ils vivent officiellement dans une république qui se revendique communiste, ces derniers sont même 65% à considérer qu'il faut conserver ce système "qui fonctionne plutôt bien", contre 15% à peine en France. C'est d'ailleurs dans l'Hexagone que, sur les dix pays étudiés, on trouve le moins de défenseurs du capitalisme. Et c'est en Chine que ses zélateurs sont les plus nombreux.
Le sondage met en avant un clivage qui se dessine au sein de l'Europe entre les zones où l'économie repart, comme en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Pologne, et celles où chômage et déficits publics restent élevés. Ainsi, 21% des Allemands ont encore le sentiment d'être "en pleine crise" contre 53% des Français, 58% des Italiens, 52% des Américains et 46% des Britanniques.
Les Australiens pensent à 79% que leur pays est bien placé pour faire face à la compétition mondiale, et les Allemands sont optimistes à 77% sur ce sujet. Les Français le sont à 34% et les Américains à 40%, comme les Italiens. Pour 91% des Français, 77% des Chinois et 66% des Néerlandais, une nouvelle crise économique est fortement probable et il faut plus de réglementation.
Début janvier, un sondage BVA pour Le Parisien affirmait que les Français étaient les champions du monde du pessimisme, devant les habitants de pays en guerre comme l'Irak. Le sondage de l'Ifop pour La Croix a été réalisé du 8 au 23 décembre sur un échantillon de 6.023 personnes, représentatif des habitants âgés de 18 ans et plus de chacun des pays.
L'iPhone 5 d'Apple, futur accélérateur du paiement sans contact ?
Selon le Financial Times, la future version de l'iPhone contiendra la capacité d'opérations sans contact. De quoi, peut-être, les faire décoller.
La planète "high tech" commence à bruisser des rumeurs sur le futur iPhone 5, le "smartphone" vedette d'Apple. Quelles seront ses spécificités, ses améliorations, ses petits "plus", chacun y va de son pronostic.Ce mercredi, le Financial Times lève peut-être un coin du voile. Selon le grand quotidien britannique des affaires, l'iPhone 5 sera doté de capacités d'opérations sans contact, et notamment le fameux paiement sans contact qui n'a pas encore vraiment décollé.
Le succès de l'iPhone pourrait donc être le "booster" qui manquait au paiement sans contact, comme il l'a été du très haut débit mobile comme le reconnaissent les opérateurs et notamment France Télécom Orange.
C’est un éditorial pour lequel on aurait envie de demander un joker.
Peu de sujets sont aussi difficiles à traiter que l’euthanasie. La question défie la raison. Ses tourments trouvent leur source au plus profond de la conscience, de l’éthique de la vie, de la conception de la mort et d’une certaine idée de la liberté face aux diktats les plus insupportables de la condition humaine. Un terrible carrefour intérieur où se télescopent la certitude et le doute. Le mystère et la conviction. La morale et l’affranchissement.
Il n’y a pas d’échappatoire pourtant à ce rendez-vous avec soi-même que la société transforme peu à peu en interrogation collective. Suis-je, oui ou non, maître de mon existence jusqu’à son extinction? Suis-je, oui ou non, propriétaire de ma propre mort? La prudence intime et les préventions politiques refoulent volontiers cette introspection personnelle...
La loi de 2005, dite Leonetti, ne répond que partiellement à l’intention, universelle, de mourir dans la dignité. En ouvrant à un patient le droit de demander l’arrêt d’un traitement, elle permet le «laisser-mourir». Et elle constitue un grand progrès, même si les soins palliatifs ne sont pas forcément un substitut satisfaisant. Mais elle ne donne pas accès à une autre dimension, plus radicale: la demande de mourir. Autrement dit, au suicide assisté. Au refus d’une cruauté inutile. Au rejet d’une torture qui n’a aucun sens sauf pour ceux qui considèrent l’épreuve de la douleur comme une rédemption religieuse.
Théoriser sur l’acceptation de la déchéance physique quand on parle des autres et qu’on est soi-même en pleine possession de ses moyens, c’est assez facile. Mais il est tout aussi facile de préjuger de son intention d’en finir quand on sera diminué au-delà de l’acceptable. En vérité, on ne sait pas comment on réagira. On ne sait rien... Il n’y a pas de modèle. Pas de destin pré-écrit, et c’est précisément cette incertitude qu’il est pratiquement impossible de codifier. Quant à la frontière entre le droit et tous les abus qu’on peut imaginer, elle serait forcément ténue.
Dès lors, on peut parfaitement comprendre les réserves de personnalités de toutes appartenances et de médecins à l’égard du projet sur la mort assistée. Le texte, proposé par des sénateurs de droite et de gauche et totalement amendé par le gouvernement, a rassemblé pour lui - ou mobilisé contre lui - au-delà des frontières politiques traditionnelles. Il était raisonnable à la fois dans sa volonté de dépasser les hypocrisies du tabou actuel, et dans son souci de multiplier les garde-fous contre le n’importe quoi d’un consumérisme effrayant. Mais la vigueur des oppositions, respectables, qu’il suscite montre que la société française n’est pas encore tout à fait prête à laisser à la volonté du patient une force décisive à l’heure de fixer lui-même le moment de son grand départ.
1982-2011. Depuis vingt-neuf ans, la vie politique libanaise doit compter avec un acteur forgé par la guerre civile. Le Hezbollah, le parti de Dieu. Un mouvement né après la révolution iranienne et l'invasion israélienne du Liban, nourri par son opposition armée, constante depuis lors, à l'État hébreu. Milice connue pour ses faits d'armes anti-américains et anti-israéliens, parti politique à l'influence grandissante sur la scène intérieure, mouvement social rendu incontournable par les défaillances de l'État libanais : le Hezbollah est tout cela à la fois. Son fief, c'est le Liban Sud et une partie de la banlieue de Beyrouth ; la communauté chiite, celle dont il défend les intérêts ; Damas et Téhéran, ses soutiens financiers, politiques, militaires.
Depuis hier, le Hezbollah est encore davantage. En faisant chuter, le 12 janvier, le gouvernement de Saad Hariri et en favorisant, hier, la nomination de son successeur, Najib Mikati, le Parti de Dieu est devenu l'actionnaire principal du gouvernement libanais. Un rôle inédit qui inquiète au plus haut point Washington et Paris, même si Najib Mikati, sunnite richissime formé à Harvard et en bonne cour à Damas, prône le consensus et clame son indépendance.
L'inquiétude est un mot sans doute faible, car, pour les Américains, soutiens économiques et militaires du gouvernement libanais, voir le Hezbollah, qu'ils considèrent comme une organisation terroriste, tirer à ce point les fils de la politique libanaise, laisse présager des heures difficiles.
Leur première crainte : un possible retour des violences confessionnelles, dont les manifestations d'hier pourraient n'être qu'un hors-d'oeuvre. La seconde : la mutation des équilibres sur l'échiquier régional. La montée en puissance du Hezbollah illustre aussi celle de son mentor, l'Iran, dont le poids dans la région n'a cessé d'augmenter depuis la chute de Saddam Hussein. Toute déstabilisation du Liban ne peut que faire le jeu de Téhéran et crisper, encore un peu plus, Israël.
Paris n'est pas moins inquiet. Près de 1 500 soldats français (le second contingent de la force des Nations unies sur place, la Finul) sont toujours déployés au Liban Sud. En outre, même si Nicolas Sarkozy n'entretient pas les relations intimes qui étaient celles de Jacques Chirac avec le camp Hariri, la France s'est beaucoup investie, depuis trois ans, pour aider le Liban à trouver une stabilité, pour sortir de l'impasse syrienne en renouant avec Damas dans le but d'affaiblir l'axe syro-iranien. Washington, sur ce point, a suivi Paris. Une ambassade américaine a été rouverte tout récemment à Damas.
Le déclencheur de la crise actuelle, c'est l'enquête menée par le tribunal spécial pour le Liban chargé de juger les responsables de l'assassinat, en 2005, de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, le père de Saad. Tout porte à croire que le Hezbollah va être mis en cause dans ses conclusions, annoncées pour début février. C'est ce calendrier et ce détonateur que le parti chiite, qui n'a cessé de se réarmer depuis sa guerre contre Israël, il y a cinq ans, a exploité pour dynamiter le fragile ¯ et inerte ¯ équilibre institutionnel du Liban. L'État particulièrement faible d'un Proche-Orient livré, plus que jamais, au jeu communautaire.
Irène Frachon aurait pu rester un médecin ordinaire, coulant des jours paisibles à Brest. Mais un jour, en 2007, elle croise une diabétique, malade après avoir pris un coupe-faim. Alors elle s’interroge, Irène Frachon, elle cherche, elle fait, dit-elle, son travail de médecin. Et elle trouve : ce coupe-faim, le Mediator, est bien la cause des troubles de sa patiente. Et de beaucoup d’autres... Elle alerte les autorités sanitaires : rien. Irène Frachon ne se décourage pas, elle écrit un livre, intitulé « Mediator : combien de morts ? » Servier lui fait un procès, et le gagne. Mais le scandale éclate enfin, et la question du livre trouve une terrible réponse : « Mediator : au moins 500 morts »... Hier, en appel, la justice a donné raison à Irène Frachon. « Je suis quelqu’un de très ordinaire, dit-elle, embarquée dans une histoire extraordinaire ». L’histoire d’Irène Frachon, une héroïne ordinaire.
La dette des départements et des régions encore en forte hausse
L’endettement des départements et des régions pèse de plus en plus lourd sur les finances des Français, comme le montrent nos tableaux interactifs qui vous permettent de réaliser toutes sortes de classements et de comparaisons.
Cette dérive n'est pas nouvelle. "La décentralisation a fait exploser les budgets de fonctionnement des régions et des départements. Or comme les moyens des collectivités locales se réduisent, en raison de l'érosion de leurs marges de manœuvre fiscale liée à la suppression de la taxe professionnelle, elles ne peuvent que continuer à s’endetter", explique Christophe Parisot, analyste responsable du secteur public chez Fitch Ratings. La crise n’a rien arrangé, car elle a entrainé une forte hausse des dépenses liées aux prestations sociales (versement des minimaux sociaux, et de l'ex-APA), qui sont assurées par les départements.
Conséquence, entre 2001 et 2009, l'endettement des départements a progressé de 58% et celui des régions a plus que doublé. Derrière ces moyennes se cachent évidemment d’importantes disparités : le montant de la dette (département + région) par habitant varie de 212 euros dans l'Indre à… 1927 euros en Haute Corse.
Pour vous aider à trouver facilement le montant de la dette de votre département, de votre région, et connaitre le poids de cet endettement par habitant, consultez nos trois tableaux interactifs :
- La dette des départements s'est envolée de 58% depuis 2001
- La dette des régions a plus que doublé depuis 2001
- La dette totale des départements et des régions s’élève à 28 milliards d’euros
Ces tableaux vous permettent de réaliser des classements pour découvrir les collectivités qui ont le plus creusé leur déficit ou, au contraire, celles qui se sont montrées raisonnables. Vous découvrirez ainsi que l'endettement de la Dordogne a été multiplié par 1500 en 9 ans, que la palme de la région la plus endettée revient à l'Ile-de-France (3 127 millions d’euros), et que ce sont les Guyanais et les Corse pour qui la dette est la plus lourde.
A Davos, chefs d'Etat et patrons au chevet d'un monde "épuisé"
Plus de trente chefs d'Etat, quelque 1.400 chefs d'entreprise et huit présidents de Banque centrale vont se réunir à Davos, station de ski helvétique qui accueille chaque année le Forum économique mondial.Le président du Forum, Klaus Schwab, a estimé que les pays souffraient du syndrome de "burn out" (épuisement) et étaient trop fragiles pour s'attaquer aux menaces auxquels sont actuellement confrontés les entreprises et les gouvernements.
Face à ces gouvernements débordés par la diversité des menaces, le Forum va lancer cette année un réseau mondial permettant notamment aux dirigeants politiques et aux chefs d'entreprise d'échanger des informations sur les risques et menaces potentiels.
Le président français, Nicolas Sarkozy, qui assure la présidence tournante du groupe des vingt plus grandes puissances économiques (G20), devrait consacrer son discours de jeudi à la lutte contre la volatilité du prix des matières premières afin d'éviter les émeutes de la faim et de ne pas pénaliser la croissance.
RESTRUCTURATION DE LA DETTE
La flambée du prix des matières premières pourrait en effet inciter certains gouvernements à adopter des mesures protectionnistes ou encore conduire à une multiplication des troubles sociaux et soulèvements populaires comme ceux qui se sont produits en Tunisie et en Algérie récemment.
Des prix élevés sont également susceptibles de freiner la consommation dans les marchés émergents et de mettre en péril la timide reprise économique mondiale.
"Si nous ne faisons rien, nous risquons des émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres, et par ailleurs un impact très défavorable sur la croissance mondiale", a déclaré lundi le président français.
En marge du sommet, Nicolas Sarkozy pourrait discuter de façon informelle avec la chancelière allemande Angela Merkel des options à mettre en oeuvre pour renforcer le Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Selon certains analystes, plusieurs gouvernements européens pourraient tôt ou tard procéder à une restructuration de leurs dettes et contraindre les banques créancières à demander de l'aide.
Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, sera également présent à Davos, vendredi, tout comme le ministre chinois du Commerce, Chen Deming.
Le président russe, Dmitri Medvedev, prononcera quant à lui le discours d'ouverture mercredi mais a annulé la rencontre en amont prévue avec les dirigeants suisses en raison de l'attentat qui a tué 35 personnes lundi à l'aéroport international de Moscou.
Selon Michala Marcussen, chef économiste de la Société générale, Davos constitue une tribune pour les dirigeants européens pour expliquer la situation de la dette souveraine européenne au reste du monde.
"Ce qui fait de Davos un endroit unique est ce mélange des patrons d'entreprises et de dirigeants politiques. Davos sera l'une des opportunités pour les responsables européens de savoir comment le reste du monde perçoit et comprend la situation européenne."
Marine Pennetier pour le service français

















