VOTRE FUTUR EST FAIT
DE CE QUE VOUS FAITES AUJOURD'HUI, PAS DE CE QUE VOUS FEREZ DEMAIN
TOUT EST DIT
samedi 11 décembre 2010
Dissidents
Nous sommes le camp du bien et une chaise vide le prouve, que l’Occident a vénérée à Oslo, en honorant Liu Xiaobo, le Prix Nobel de la paix empêché, notre saint… Pendant ce temps, Julian Assange, notre diable, croupit en prison à Londres, accusé de viol par la prude Suède, au risque du doute et de la manipulation. Mais les gens sérieux qui nous gouvernent en frémissent, voulant Assange coupable, l’espérant brisé, pour que se taise WikiLeaks, pour qu’y réfléchissent tous ceux qui prétendraient troubler les vérités officielles. D’une prison l’autre et toutes se valent ? Il est des coïncidences de vocabulaire perturbantes: c’est pour "subversion au pouvoir de l’Etat" que Liu Xiaobo est emprisonné. Précisément ce que pratique WikiLeaks: une oeuvre subversive contre nos Etats, et leurs étouffements, en Irak ou ailleurs… D’un Etat l’autre et il ne fait jamais bon chatouiller les puissants?
La comparaison est odieuse? Mais elle existe, elle est dite. C’est Poutine qui en a joué, terrible Russe avec qui nous commerçons pourtant sans frémir, complice de la Chine pour mépriser Liu Xiaobo, mais qui se pose en défenseur d’Assange pour nous ôter notre supériorité morale. Ce culot? Mais Poutine n’est pas seul. Le Brésilien Lula aussi, un démocrate, quel démocrate!, nous réclame la liberté pour Assange… Et avec eux des manifestants partout dans le monde, et ces jeunes gens qui piratent les sites Internet des puissances d’argent complices de l’étouffement de WikiLeaks. Jeunes indignes ou indignés, justement? Idiots utiles de Poutine et de la Chine? Ou frères plus chanceux des internautes chinois, qui utilisent le Web pour entrapercevoir la liberté, comme des internautes, ici, en espèrent un peu de vérité? Ils existent. L’un d’entre eux, âgé de 16 ans, a été arrêté aux Pays- Bas. Un adolescent en prison, sommes-nous cela?
L’Occident n’est pas la Chine, Assange n’est pas Liu Xiaobo et l’enjeu de WikiLeaks ne vaut pas la question démocratique en Chine. Mais cette distinction ne clôt rien. Nos valeurs sont supérieures, mais en sommesnous dignes? Comme dans les années 1960-1970, une génération se lève, conscientisée en marge de la vieille politique – la contreculture alors, le Web aujourd’hui – et cette génération ne se satisfait pas d’un monde occidental gargarisé de sa propagande. Et l’Occident ne peut pas impunément célébrer les dissidents d’en face tout en commerçant avec leurs persécuteurs, et en matraquant, chez lui, ceux qui le contestent, ou testent ses principes…
Il y a quarante ans, le monde libre vibrait aux dissidents soviétiques, mais la CIA du monde libre faisait renverser Allende au Chili, et les flics des pouvoirs brisaient les reins des gauchistes. Aujourd’hui, un ministre français, Besson, décrète WikiLeaks "criminel", un ministre américain, Gates, se réjouit de voir Assange emprisonné, on prend l’étranger en bouc émissaire de nos sociétés… On copine avec Poutine, mais Sakineh et Liu Xiaobo sont nos excuses et nos icônes, nos prétextes aussi. Peut-on se contenter de ne pas être chinois?
Amsterdam, Envoyé spécial - La ville d'Amsterdam a décidé de consulter, via Internet, les clients des prostituées locales pour fixer sa nouvelle politique en matière de mœurs. Près de quarante d'entre eux, Néerlandais et étrangers, ont accepté de confier leurs expériences et leurs impressions alors que la ville lance une campagne destinée à mieux lutter contre la traite des êtres humains.
Amsterdam prend ainsi le contre-pied de politiques menées en Europe du Nord – en Suède particulièrement – où le fait d'être client d'une prostituée est punissable pénalement.
Selon les responsables municipaux, ces témoignages pourront aider à une meilleure prise en compte de problèmes sanitaires mais aussi à débusquer des cas d'abus dont seraient victimes les prostituées. "Les clients sont les seuls à savoir ce qui se déroule une fois la porte fermée", commente l'un des responsables de l'enquête.
RÉGULER LA PROFESSION
Actuellement, des consommateurs racontent déjà, sur deux sites Web privés, certaines de leurs visites, ce qui aide les services sociaux et la police des mœurs à s'informer sur diverses situations. Par ailleurs, un site de la police enregistre anonymement les signalements de mauvais traitements (bleus, prénoms d'hommes tatoués…).
La prostitution a été légalisée en 2000 aux Pays-Bas. Celles et ceux qui la pratiquent sont invités à s'enregistrer. Un texte en discussion à la chambre des députés prévoit que les clients qui auraient recours aux services de personnes non enregistrées seraient désormais punissables.
Amsterdam estime, en revanche, que les clients de prostituées déclarées peuvent l'aider à mieux réguler la profession, notamment dans le quartier De Wallen, la "zone rouge" de la ville où, selon les estimations, les bars sont fréquentés chaque année par quelque 200 000 hommes.
Malgré la légalisation, la situation de nombreuses prostituées des Pays-Bas ne semble pas s'être améliorée. Un tiers des clients réguliers consultés par la ville affirme s'être rendu compte qu'une prostituée avec laquelle ils avaient des relations était soumise à une contrainte.
Trop Trop : Le Parti socialiste peut-il attendre Dominique Strauss-Kahn ? Jean-Christophe Cambadélis : Oui, tout à fait, car il a beaucoup de travail, ce Parti socialiste. Nous avons devant nous des élections cantonales et sénatoriales ; un rendez-vous au printemps pour adopter, hiérarchiser et financer notre programme ; des primaires qui devront rassembler près d'un million d'électeurs ; et enfin le rassemblement de la gauche et des écologistes. Voilà qui devrait nous occuper et nous permettre d'attendre si Dominique Strauss-Kahn souhaite venir. Tawin : N'est-il pas risqué pour le PS de ne désigner son candidat qu'en automne 2011, alors que la machine présidentielle se sera déjà mise en marche? Jean-Christophe Cambadélis : La machine présidentielle, vous voulez parler du président sortant ? Auquel cas elle est très grippée, cette machine. Nicolas Sarkozy est contesté, ici ou là on s'interroge pour savoir s'il ne faut pas lui substituer M. Fillon. Les candidats se bousculent au centre – François Bayrou, Jean-Louis Borloo –, dans son propre camp –Villepin – le Front national monte. Il n'y a donc aucune raison politique pour que le Parti socialiste se précipite.
J'observe enfin que c'est en juin que le Parti communiste répondra ou pas à Jean-Luc Mélenchon. C'est au même moment que Besancenot se décidera. Et dans les mêmes eaux que les écologistes choisiront définitivement.
Nous sommes dans l'épure de l'ensemble des formations politiques, le président de la République sortant ayant indiqué qu'il se déciderait en décembre-janvier. Pourquoi faudrait-il que le PS soit la seule formation, à part Lutte ouvrière, à accélérer son calendrier ? NicolasD : Quand le PS réalisera-t-il que la priorité numéro 1 est de trancher la question du leadership, non réglée depuis 2002 ? Construire le programme avant de sélectionner le candidat n'a pas de sens. Quelle marge aura alors le candidat ? Jean-Christophe Cambadélis : Lorsque nous tentons de sélectionner le meilleur candidat pour représenter la gauche, on nous dit que nous ne sommes pas au clair sur notre alternative, et que notre candidat sera bousculé par cette absence de clarification. Quand on tente de clarifier, on nous dit : "Pourquoi mettre le programme avant le candidat ?"
Nous avons une stratégie, celle de dire que le rejet de Nicolas Sarkozy, qui est extrêmement fort, n'est pas suffisant pour élire un candidat de gauche à l'élection présidentielle. C'est le bilan que nous avons tiré de 2002 et de l'éviction de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle. Cela veut dire que la personnalité de notre candidat ne suffit pas à catalyser le rejet de Nicolas Sarkozy, même si c'est important.
Il faut, pour être solide, tout à la fois un candidat, mais surtout indiquer un autre chemin à la France. Car la question que l'on nous pose sur le terrain, que l'on perçoit dans les sondages, c'est : "Qu'est-ce que vous vous proposez, est-ce que vous pouvez faire autre chose ?" Et ne pas répondre à cette question, c'est fragiliser par avance le candidat, quel qu'il soit, car il s'effritera dans la campagne. Marcel : En quels termes pensez-vous que se pose le choix que DSK devra faire entre direction du FMI et présidentielle ? Quels sont les éléments qui entrent en compte dans sa réflexion ? Jean-Christophe Cambadélis : Je ne peux pas parler à sa place. Je ne peux que commenter une situation que je n'ai pas évoquée avec lui. Mais si l'on regarde, il est aujourd'hui au front de la construction d'une gouvernance mondiale, de la régulation économique, de la tentative de surmonter la guerre monétaire.
Tout le monde peut comprendre que cela lui prend du temps, même s'il vient d'indiquer, après le G20 de Séoul, que nous étions entrés dans l'après-crise, tout du moins dans l'"après-cette-crise". Donc il y a ce qu'il fait, son travail, essentiel pour une croissance durable et une stabilité économique mondiale.
Et puis il y a l'appel de la France. Il se manifeste par les sondages, par les articles qui se multiplient et par une attente palpable. Je pense qu'à un moment, qui n'est pas encore venu, il devra faire un choix de priorités, où il est le plus utile pour ses compatriotes. Clément : Ne pensez-vous pas que si DSK décide de se lancer, la bulle dans laquelle il était jusque-là éclatera et que sa cote de popularité dans les sondages chutera ? Je crois que c'est l'opinion de J.-F. Copé, et je pense qu'il n'a pas tort... Jean-Christophe Cambadélis : Jean-François Copé a le droit de rêver. Il faut qu'il rêve très fort, car il vient de toucher un parti politique, l'UMP, qui n'est pas en capacité aujourd'hui de mener la campagne présidentielle. L'UMP ne se sort pas de la justification quotidienne de la pratique contestée de Nicolas Sarkozy.
L'UMP n'a toujours pas de projet, de programme, pour le deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy, si ce n'est la continuité de ce qui n'est pas, pour le moins, populaire en France. Donc si Dominique Strauss-Kahn venait, les sondages seraient vraisemblablement moins favorables.
Mais Sarkozy est là, et ils ne le sont pas du tout. L'un devra éviter de tomber, l'autre ne sait pas encore comment monter. Jack : Les électeurs socialistes ne seraient-ils pas en droit d'avoir un candidat qui ose descendre dans l'arène, comme Ségolène Royal, plutôt que quelqu'un qui reste à l'abri, ne se mouillant pas dans les polémiques nationales ? Jean-Christophe Cambadélis : Dominique Strauss-Kahn s'est beaucoup mouillé dans la crise économique et financière que nous avons vécue. Je crois personnellement qu'il fallait beaucoup de courage pour affronter Wall Street, la City de Londres et les marchés financiers en faisant des propositions de rupture avec le consensus de Washington qui présidait hier à la marche du FMI.
Je pense qu'il est plus confortable de ferrailler avec un Nicolas Sarkozy conspué par l'opinion que de combattre pour la régulation dans des enceintes où vous avez en face de vous Barack Obama, Mme Merkel, M. Poutine, ou encore M. Hu Jintao. KDS : Pensez-vous que DSK a vraiment envie d'y aller ? Ne va-t-il pas faire comme Delors naguère, que toute la gauche attendait... et qui a laissé Chirac l'emporter !
Jean-Christophe Cambadélis : J'en serais fort triste, mais pas désespéré. Car le Parti socialiste a la chance d'avoir deux candidats aujourd'hui en capacité de battre Nicolas Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn, qui a une équation personnelle connue, la compétence sur les questions économiques, la connaissance du monde et la connaissance via les experts du FMI, extrêmement précise, de la situation française. Nous avons aussi Martine Aubry, qui réussit l'exploit d'être dirigeante du Parti socialiste et en même temps extrêmement populaire tout en battant Nicolas Sarkozy dans les sondages.
Cela montre que l'opinion tout en espérant l'un ne se désespère pas de l'autre.
Musaraigne : A titre personnel, vous semblez miser en même temps sur Martine Aubry et DSK, qui aura votre suffrage au final ? N'importe lequel des deux ? Jean-Christophe Cambadélis : Tout le monde sait – il suffit de voir les questions – que je suis un ami de longue date de Dominique Strauss-Kahn. Mais je veux gagner, parce que la rupture avec les années Sarkozy est une nécessité pour la France. Je peux parfaitement comprendre que Dominique Strauss-Kahn tranche pour continuer un travail essentiel à l'économie mondiale, mais aussi à la France, au FMI.
Et même si personnellement j'aurais un petit pincement au cœur, je suis tout autant ami de Martine Aubry, et je suis persuadé qu'elle a les qualités, souvent d'ailleurs complémentaires à celles de Dominique Strauss-Kahn, pour relever le gant. Elle est loyale vis-à-vis de son camp, la gauche, elle est de gauche, mais enfin il suffit de voir comment elle administre la communauté urbaine de Lille, elle est réaliste, elle est très combative. Et donc je n'aurais aucun état d'âme à être à ses côtés si l'occasion se présentait. Riri : On dit que ni Martine Aubry ni DSK n'auraient envie d'être candidat. C'est vrai ? Jean-Christophe Cambadélis : Nous avons changé d'époque. Le temps du noir et blanc, des DS, du tour des cantons et du téléphone à fil est terminé. A cette époque, on disait qu'il fallait penser à la présidentielle le matin en laçant ses chaussures.
Nous avons épuisé ce type d'hommes politiques qui ne pensent qu'à ça et qui, lorsqu'ils sont au pouvoir, se demandent pourquoi ils sont là. Toute leur énergie est dans la conquête, mais celle-ci les laisse sans force quant à la gestion.
Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn sont des grands serviteurs de l'Etat, de la République. Mais ils ne sont pas nés avec le désir monarchique dans leur berceau. Servir, oui ; sombrer dans le désir obsessionnel d'être président de la République, non. Pour moi, c'est une très bonne chose. Topaz : Si DSK démissionnait serait-il tenu ou pas d'effectuer son préavis ? Vous qui êtes très proche de DSK, êtes-vous dans la confidence de ses intentions et de son timing ? Jean-Christophe Cambadélis : Il n'y a pas de préavis au FMI. Il n'y a pas de confidences non plus. Je suis très respectueux de le laisser travailler aujourd'hui. Je pense que ce qu'il fait est indispensable et qu'il n'y a pas besoin de le déranger toutes les semaines pour le harceler dans le style "tu veux ou tu veux pas ?" Je ne suis donc pas dans la confidence. Yves Le Pape : DSK peut-il assumer le texte sur l'égalité réelle ? Jean-Christophe Cambadélis : Tout à fait. Il faudrait même poser la question inverse : qu'est-ce qui est inassumable dans un texte qui est intelligent sur l'école, novateur sur la santé, percutant sur le logement et qui a un seul défaut – mais ce n'était pas l'objet du texte –, celui de ne pas être accompagné d'un plan de financement ?
Nous travaillons à cela. Et au printemps, nous aurons un document hiérarchisé, financé. J'observe d'ailleurs que si ce texte était vraiment incompatible – non pas avec un retour de Dominique Strauss-Kahn mais avec une gauche réaliste –, François Hollande, Pierre Moscovici et quelques autres ne se seraient pas abstenus, ils auraient voté contre. On ne s'abstient pas lorsque la gauche réaliste est en jeu.
Ils se sont abstenus parce que c'était pour eux la dernière fenêtre de tir avant les primaires, car depuis maintenant plus d'un an et demi, nous votons les textes à l'unanimité, élaborons ensemble une plate-forme alternative à Nicolas Sarkozy. Et on comprend que les responsables qui souhaitent se présenter aux primaires aient besoin de dire qu'ils apporteraient quelque chose de nouveau à la synthèse qui est en marche.
Quant à moi, pas trop éloigné de la vraie gauche réaliste, j'ai voté pour. David Miodownick : Peut-on réellement attendre un changement substantiel dans la politique économique de "gauche" étant donné l'état des déficits publics ? En somme, l'austérité est-elle de rigueur (remember 1983) ? Jean-Christophe Cambadélis : Je m'en souviens, ô combien ! Car nous avons commencé par 1981 avant 1983. Et nous n'avions pas à l'époque voulu prendre en compte la situation économique et le tournant a été pour le moins rigoureux, même si on pourrait objectivement démontrer que le pouvoir de Raymond Barre et de Valéry Giscard d'Estaing n'avait pas préparé la France à cette situation.
Mais je crois que l'on ne peut pas aller aux élections en disant : "Nous ferons la même politique que la droite." Il faut bien sûr prendre en compte les déficits publics, qui ont été créés un tiers par la crise et deux tiers par la politique de Sarkozy. Mais nous devons être le parti de la sortie de crise et indiquer concrètement comment, par une politique combinée en Europe et en France, nous imposerons au continent une autre politique que l'austérité renforcée de l'axe Merkel-Sarkozy. Ruch : Quelle différence entre la politique de Sarkozy et celle suivie par DSK au FMI ? Jean-Christophe Cambadélis : Le FMI, ce n'est pas le gouvernement de la France. J'entends par là qu'il s'agit d'une institution dans laquelle il y a les représentants de nombreux pays qui ne sont ni socialistes ni même de gauche.
Donc il faut conduire une politique dans le cadre d'un compromis, avec des forces souvent antagonistes. Il y a une part de détermination, mais aussi une science stratégique, un art diplomatique à mener pour arriver à ses fins.
Présider la France, c'est tout autre chose : vous êtes comptable de vos actes, et lorsque vous décidez le bouclier fiscal, vous en payez les conséquences. Mais je vais aller plus loin : Nicolas Sarkozy a pensé, à tort, que le choc fiscal produirait la croissance des riches et que celle-ci ruissellerait vers les pauvres.
Il s'est entièrement trompé. Il faut donc une tout autre politique, faite d'une remise en ordre de nos finances, d'une réforme fiscale, d'une confiance qui permettent de sortir rapidement de la crise. Et avec la croissance, remédier à nos déficits structurels : absence de PMI-PME, retard dans l'innovation technologique, difficultés dans l'éducation et épargne dormante. Elloch : DSK est détesté par l'extrême gauche, compte-t- il rassembler en passant par le centre, et si oui lequel ? Jean-Christophe Cambadélis : Arrêtons de sociologiser l'élection présidentielle. C'est le péché mignon de tous nos analystes sur les plateaux de télévision, cherchant à construire des Rubik's cube électoraux. Dans ce domaine, je ne suis pas un partisan de la demande mais de l'offre. C'est l'offre qui structure le champ politique. S'il y a une offre politique structurée, cohérente, juste, écologiste, elle amènera à elle des gens de tous horizons. Car l'engagement partisan – je suis à l'extrême gauche, je suis à gauche, je suis au centre, je suis à droite, voire je suis à l'extrême droite – est de moins en moins durable. Les électeurs sont de plus en plus stratèges, ils font leur marché dans l'espace public, peuvent être d'accord sur un sujet avec l'un, puis être d'accord avec l'autre. C'est la conséquence de la désidéologisation et de la dépolitisation. Donc il ne s'agit pas de dire que le PS doit courir après l'extrême gauche ou cajoler le centre. Le PS doit faire une offre cohérente, robuste et juste pour la France. Le reste viendra.
Quant à la question des alliances, je ne crois pas que l'on puisse fixer un préalable programmatique, voire nominatif, au Parti socialiste. Pour deux raisons : d'abord parce qu'il faut être inconditionnellement pour la défaite de Nicolas Sarkozy. C'est la clé qui ouvre le champ du possible. Ensuite, nous ne choisissons pas entre Mme Eva Joly, M. Hulot, M. Cochet, voire quelques autres ; nous ne choisissons pas entre M. Chassagne, M. Mélenchon, M. Besancenot ou la candidate de Lutte ouvrière. Il n'y a aucune raison que nos partenaires s'immiscent dans nos choix. S'ils voulaient le faire, bienvenue, il y a les primaires. David Miodownick : On connaît votre engagement passé et présent pour lutter contre le FN. Pensez-vous que le PS ait retenu toutes les leçons de l'électrochoc du 21 avril 2002 ? Le FN "new generation" peut-il cartonner en 2012, et si oui, au détriment de qui ? Jean-Christophe Cambadélis : Je suis sceptique, pour ne pas dire plus, du buzz actuel sur la montée inexorable de Marine Le Pen. Je pense qu'il s'agit là d'un moyen de rassembler les troupes de l'UMP et éviter la division.
Marine Le Pen a quelques talents médiatiques, mais le facho-bobo, j'y crois pas trop. C'est-à-dire ce mélange complexe entre un populisme nationaliste, mais quand même de bon teint, et quelques thèmes puisés au sein de l'extrême droite. Marine Le Pen n'a pas l'histoire de Jean-Marie Le Pen. Elle aura beaucoup de mal à unifier toutes les familles de l'extrême droite.
Elle s'appuie beaucoup, dans le moment présent, sur les mégrétistes, ce qui lui vaudra quelques ressentiments dans d'autres courants. Que lui reste-t-il ? Un populisme rugueux, mais elle n'est pas la seule à vouloir catalyser les mécontentements populaires.
Donc au bout, je la vois dans l'épure de ce que fait le Front national, mais pas en capacité d'aller au-delà. C'est déjà un problème que sur ces thèmes il y ait en France autant de popularité pour le Front national. Mais la bataille sera très clairement entre Nicolas Sarkozy et le candidat du Parti socialiste, et ceci, à mon avis, dès le premier tour. Gaëtan Poitevin : Selon certains commentateurs, Nicolas Sarkozy préférerait Dominique Strauss-Kahn face à lui pour les prochaines élections présidentielles. Qu'en pensez-vous ? Jean-Christophe Cambadélis : Je ne sais pas qui Nicolas Sarkozy préfère. Ce qu'il veut, c'est être le plus haut possible au premier tour, car s'il était accroché, voire battu, tout son édifice s'effondrerait. Donc je le crois beaucoup plus pragmatique qu'on veut bien le dire. Il prendra le candidat socialiste qui viendra et calera sa campagne par rapport à ce qu'il pense être les défauts du candidat socialiste en question.
C'est d'ailleurs pourquoi il ne faut pas se précipiter : tant qu'il ne sait pas, il ne peut pas construire son système de jeu, si vous me permettez l'expression. Donc il dira alternativement qu'il préfère l'un parce que l'extrême gauche n'en veut pas, ou l'autre parce que le centre ne peut pas. Mais son objectif, c'est d'être en tête au premier tour. Jack : Vous êtes allé en Côte d'Ivoire en tant que secrétaire du PS : reconnaissez-vous la victoire de Ouattara, demandez-vous à Laurent Gbagbo de se retirer ? Jean-Christophe Cambadélis : C'est fait : dès le premier jour, nous avons dit, au Parti socialiste, qu'il fallait que les autorités reconnaissent la victoire de Ouattara. Nous sommes aujourd'hui dans une impasse. Laurent Gbagbo refuse le résultat annoncé par la commission indépendante. Il se maintient au pouvoir malgré toutes les prises de position internationales et africaines.
M. Ouattara est élu, mais protégé par les Nations unies. Il a dû nommer M. Soro, ancien chef rebelle du Nord, alors qu'il était dans une alliance avec M. Bédier, qui est du Sud.
Les élections avaient surmonté le clivage ethnique, la suite le reconstitue. Il faut donc obtenir que Laurent Gbagbo reconnaisse le résultat, car je ne vois pas bien comment, sinon, la Côte d'Ivoire peut s'en sortir. Dudule : Vous étiez connu pour être un "porte-flingue" et pour vos saillies à l'égard de vos adversaires. Depuis quelque temps, votre discours est plus apaisé. Changement de style ? Jean-Christophe Cambadélis : On vieillit... Plus sérieusement, il y a un temps pour tout. Aujourd'hui, je suis dans des responsabilités politiques européennes et internationales où c'est plutôt la diplomatie qui doit primer.
Et puis je me dis que si la gauche gagnait l'élection présidentielle, voire si elle la perdait, le temps de ma génération serait arrivé et que somme toute, je pourrais être utile au Parti socialiste. David Miodownick : Pourquoi Dominique Strauss-Kahn a-t-il échoué lors des primaires en 2006 ? Jean-Christophe Cambadélis : Pour de nombreuses raisons, à la fois personnelles et objectives. Personnelles parce que je pense – il ne va pas aimer – qu'il n'était pas prêt, qu'il voyait la présidentielle comme une possibilité, mais n'avait pas encore totalement réfléchi à la France, à ses passions, à ses problèmes, à ses espoirs.
Ensuite, nous avons sous-estimé la cristallisation médiatico-sondagière autour de Ségolène Royal. Il était quasiment impossible d'avancer un argument rationnel. On nous répondait : "Elle va gagner."
Et Dominique Strauss-Kahn, qui est précisément un rationnel, avait du mal à trouver les arguments démontrant que son chemin social-démocrate, aujourd'hui tellement loué, était celui nécessaire à la France. Et puis, et puis, on ne nous a pas facilité le travail. Mais c'est de l'histoire ancienne. aer0s : Depuis quelque temps, on nous présente Strauss-Kahn comme le candidat parfait. Mais il a bien quelques défauts. Sur quels points faudra-t-il le plus travailler s'il se présente pour 2012 ? Jean-Christophe Cambadélis : La rançon de son intelligence. Il va vite, absorbe très vite documents, notes et lectures, comprend très vite avant qu'une conversation soit terminée, et il lui arrive d'avoir un ton un peu professoral. Ce qui chez lui n'est pas du mépris, mais la volonté d'arriver à l'efficacité le plus rapidement possible.
Cela peut être mal compris dans une campagne électorale. Et il devra accepter de laisser percevoir le garçon sympathique, convivial, et pour tout dire blagueur, avec beaucoup d'humanité, qu'il est en réalité.
Belle mise en scène pour les deux grands partis de gouvernement ! Samedi 11 décembre, le PS réunissait sa convention nationale sur "l'égalité réelle" à la Halle Freyssinet, à Paris. Au même moment, l'UMP tenait son premier conseil national d'après remaniement porte de Versailles. Le lieu est symbolique : c'est là que Nicolas Sarkozy avait prononcé son premier discours de candidat en janvier 2007.
Il est encore trop tôt pour savoir qui seront les candidats de 2012, mais la future échéance présidentielle est dans toutes les têtes. Martine Aubry et Jean-François Copé ne l'ont pas caché, organisant à distance la première grande confrontation idéologique entre chefs de parti, sur fond de crise financière mondiale.
Du discours de la première secrétaire du PS, on retient deux idées forces : le sarkozysme est mort, "disqualifié " par ses excès, impuissant à résoudre la "crise de civilisation" qui secoue le monde. Aux socialistes d'incarner l'"alternative" fondée sur l'"épanouissement individuel" et "l'égalité réelle". Ce dernier concept a mis des années à émerger. Il reflète une évolution fondamentale : le PS a longtemps raisonné en termes d'Etat-providence et de droits collectifs. Il constate que cela n'a pas empêché les inégalités de prospérer au point de menacer le pacte républicain. Il tente aujourd'hui de mieux appréhender les parcours individuels, avec, qui plus est, une économie forcée de moyens, puisque les caisses de l'Etat sont vides. Faire mieux avec moins ! C'est l'esquisse d'une révolution idéologique !
Jean-François Copé fait mine de ne pas s'en apercevoir. Pour le secrétaire général de l'UMP, la crise disqualifie le PS et sert Nicolas Sarkozy. Le président agit, s'adapte au monde, ose les réformes difficiles, alors que les socialistes se crispent sur leurs vieilles lunes, comme la retraite à 60 ans. Persuadé d'aller dans le sens de l'histoire, M. Copé veut que la France travaille toujours plus, et exige pour l'après-2012 l'enterrement des 35 heures, cette réforme dont le nom reste attaché à celui de Martine Aubry. La confrontation a le mérite d'être claire !
Elle est cependant trop simple, car le match n'est pas binaire. Un troisième larron rôde alentour : le Front national. M. Copé le cite comme possible trouble-fête. Mme Aubry n'en dit mot, mais ses troupes sont inquiètes. La crise est une fabrique à populistes. Et Marine Le Pen, qui prétend succéder à son père en janvier, surfe sur les difficultés sociales. Elle prône un Etat fort, défend les services publics, veut la mort de l'euro, fustige la mondialisation, dénonce les délocalisations. Ses mots peuvent trouver une oreille attentive dans les milieux populaires, comme avaient fait mouche ses attaques contre les minarets lors des régionales de mars.
Du coup, la République redevient un thème de campagne, sorte de rempart contre la mondialisation. A gauche comme à droite, tout le monde emploie le terme, mais conjugué de plus en plus avec les mots "autorité", "respect", "sécurité", "rejet du communautarisme". Comme s'il y avait urgence à redéfinir les règles du vivre-ensemble.
à Oslo, la chaise vide et les ombres
Il n'y avait pas qu'une chaise vide à Oslo pour recevoir le prix Nobel de la paix. Étaient présents aussi, en grand nombre, les ombres de ceux qui perdirent la vie, en juin 1989, sur la place Tian'anmen.
Il y avait là aussi, sans doute, dans ce nombre, cet homme seul, fragile face à un tank dont il faisait obstinément dévier la trajectoire. On se rappelle l'extraordinaire photographie qui a inscrit dans l'histoire l'immense courage d'un inconnu.
Parce que Liu Xiaobo avait dédié son prix à ses amis assassinés sur la plus célèbre place de Pékin, la chaise vide devenait ainsi le symbole le plus puissant de cette résistance des démocrates chinois.
Ce vide suggère l'immense attente, la profonde aspiration à la liberté de millions et de millions d'hommes et de femmes de ce peuple.
Ce Nobel honore la Chine
Cette évocation de Tian'anmen flétrit de fait la lâcheté des nations qui n'ont pas osé venir à Oslo pour la remise du prix. Elles ont préféré plier devant la menace chinoise pour sauvegarder des intérêts souvent simplement économiques.
Mais ce n'est pas en se résignant aux oukases du gouvernement chinois que l'on pourra espérer, un jour, parler avec la Chine en démocrate, en homme libre. Au contraire, ceux-là qui montrent leur servilité ne rendent pas service à la Chine, ils la confortent dans son raidissement, dans un isolement mental qui ne pourra durer, à l'époque de la mondialisation. À moins que cette puissance extraordinaire et si riche de diversité et de potentialité ne se veuille, demain, comme de plus en plus totalitaire... Le gouvernement chinois, par son attitude, aujourd'hui, dans l'affaire du Nobel et, hier, dans celle du dalaï-lama, commence à nous faire redouter cela.
Les gouvernants chinois n'ont pas compris que le Nobel honorait la Chine et tous les Chinois. Ils se seraient grandis en reconnaissant cela. Nous sommes déçus mais, malgré tout, quand on aime la Chine et qu'on l'admire, on n'en restera pas là. On continuera à refuser ce genre de menace et à croire à la liberté pour elle, pour les Chinois, et puis, un jour, à la démocratie pour cette grande et noble nation.
À une semaine du Conseil européen de Bruxelles, qualifié de crucial, la chancelière allemande et le président français ont affiché hier leur unité face à la crise monétaire qui secoue l’Union.
« Si l’euro échoue, c’est l’Europe qui échoue », a averti Angela Merkel. « Nous ferons ce qu’il faut pour défendre l’euro », a renchéri Nicolas Sarkozy, hier lors de la conférence de presse commune au Théâtre de Fribourg, à l’issue du treizième Conseil des ministres franco-allemand. Ce sommet a été consacré en grande partie à la préparation du prochain Conseil européen à Bruxelles, qui devrait approuver la création, d’ici 2013, d’un fonds de soutien permanent en cas de crise dans un pays de la zone euro.
« Nous devons entériner ce mécanisme de crise et changer le traité », a déclaré Mme Merkel. Un avis partagé par M. Sarkozy, selon qui « l’euro est une partie non négociable de l’avenir de l’Europe ».
Le dispositif temporaire adopté au printemps dernier porte sur un montant global de 750 milliards d’euros de prêts ou garanties pour des prêts, dont 440 milliards proviennent des pays de la zone euro, notamment de l’Allemagne et de la France, les deux principaux contributeurs. Le Fonds monétaire international (FMI) y contribue à hauteur de 250 milliards d’euros, le reste étant versé par l’Union européenne.
Deux symboles de l’union
Parmi les réformes structurelles jugées indispensables, le tandem franco-allemand a notamment évoqué la convergence fiscale entre les deux pays. « Nous devons montrer le bon exemple », a indiqué Mme Merkel. Pour M. Sarkozy, cette convergence devrait constituer « le prélude de la nécessaire convergence économique dans l’ensemble de l’Union européenne ».
Paris et Berlin rejettent l’émission d’emprunts européens prônée par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de l’Eurogroupe. « Le partage des taux d’intérêt et des risques ne nous aiderait pas structurellement », a répondu la chancelière, interrogée sur cette question. « Je ne suis pas persuadé que les Français et les Allemands seraient très heureux que nous acceptions de mutualiser la dette de toute l’Europe, alors même qu’il n’y a pas assez d’harmonisation », a déclaré de son côté le président français.
Deux événements « hautement symboliques », selon Mme Merkel, se sont déroulés hier en marge de cette rencontre au sommet : l’installation d’une unité de combat de l’armée allemande en France (« Une idée de Nicolas Sarkozy ») et la mise en service d’un nouveau pont ferroviaire entre Strasbourg et Kehl (voir ci-dessous).
Pour M. Sarkozy l’arrivée de soldats allemands sur le territoire français dans un cadre de paix constitue un « nouveau signal de la profondeur de notre amitié, enracinée de manière définitive ».
Le sommet de Fribourg a été marqué par un déploiement sans précédent des forces de l’ordre dans la capitale de la Forêt-Noire. Plus de 1 000 policiers ont été mobilisés pour boucler le centre-ville et empêcher les manifestants de s’approcher des deux dirigeants. Seuls 300 Fribourgeois ont été autorisés à se rendre sur la place de la cathédrale.
« Attaque » au pistolet… à eau
À l’issue de la visite de la cathédrale, seul édifice demeuré miraculeusement intact lors d’un bombardement des Alliés, le 27 novembre 1944, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont pris un bain de foule, au cours duquel ils ont été hués par une poignée de militants antinucléaires et anticapitalistes. Un manifestant armé d’un pistolet à eau a réussi à envoyer un jet d’eau en direction des deux dirigeants, à la grande stupéfaction des gardes du corps du président français, qui n’avaient jamais fait l’objet d’une telle « attaque ».
Un plus un égalent un
Même par grand froid, il existe une douceur rhénane qui a, chez nos voisins allemands, quasiment la même saveur que la fameuse douceur angevine dans l’Hexagone. Illuminée de surcroît par les feux chaleureux de l’avent, elle semble avoir dispensé un parfait climat d’entente et d’harmonie à la rencontre d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, hier à Freiburg-im-Breisgau. Rien de ce qui était visible et audible de l’extérieur n’a contredit la sensation de juste milieu, entre canicule et glaciation. Le président de la République et la chancelière fédérale n’ont fait qu’un, en tout bien tout honneur, afin de se présenter comme un bloc devant leurs pairs, les 16 et 17 à Bruxelles, au prochain sommet de l’Union européenne.
D’un même élan, ils ont écarté eurosceptiques et souverainistes, que dopent les difficultés de la zone euro, et confirmé leur foi commune en la monnaie du même nom. Un sondage montrant que le D-mark ne rendait nostalgiques que 36 % des Allemands a fait cerise sur la Schwarzwälder, le biscuit local. D’une même voix, ils ont dit oui/ja à un fonds de soutien permanent aux pays touchés par une crise financière au sein de la zone, sorte de Samu des liquidités. Ils ont toutefois jugé prématuré d’envisager une augmentation de ses fonds, que d’aucuns voudraient porter à un millier de milliards d’euros.
D’un même geste, Angela et Nicolas ont fait objection aux emprunts européens préconisés par le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Paul Juncker : encore trop de disparités économiques, budgétaires et fiscales entre les pays de l’Union, ont-ils fait valoir. Harmonisons d’abord. Arguments qui, paradoxalement, avaient été opposés à la création même de l’euro, en vain. Mais c’est déjà de l’histoire ancienne…
Comme ces unions chenues qui repassent devant M. le maire, ou le prêtre, pour renouveler leurs engagements, le couple franco-allemand a tout fait, hier, pour mériter son nom. La force de son unité proclamée ne sera pas un luxe, car les vues franco-allemandes, notamment sur les emprunts, ne font pas l’unanimité. Le problème des grandes familles.
Permissif
On n’arrête pas le progrès… La police des fraudes a découvert l’existence de logiciels permissifs. Rien à voir avec des sites pornographiques : il s’agit d’outils informatiques qui permettent à des commerçants de pratiquer une comptabilité bienveillante. Ni vu ni connu du fisc, des recettes partent dans la nature – suisse, monégasque ou autre. 4000 pharmaciens auraient ainsi permissivé leurs comptes, grugeant l’Etat de 400 millions d’euros. Mais il va être difficile d’intervenir, car l’intention malhonnête n’est pas prouvée : le logiciel, nous expliquent très sérieusement les fraudes, « n’est pas à la base permissif, mais permet d’aller dans la malhonnêteté ». C’est donc à l’insu de leur plein gré que ces pharmaciens auraient dilué leurs bénéfices et leurs impôts. Franchement, chers amis pharmaciens, la pilule de la permissivité surprise est un peu grosse à avaler…
Ségolène Royal a demandé vendredi à François Fillon de présenter « ses excuses » après la pagaille provoquée par la neige.
Ségolène Royal aime les excuses. On le sait. C'était déjà elle qui en avril 2009 en avait adressées à José Luis Zapatero pour des propos désobligeants prêtés à Nicolas Sarkozy à son égard. Le locataire de l'Elysée aurait en effet déclaré que son homologue espagnol n'était pas très intelligent.
C'était aussi elle qui en avait faite à l'Afrique toute entière après le controversé discours de Dakar, toujours de Nicolas Sarkozy.
La présidente de la région Poitou-Charentes a récidivé vendredi. Sa cible cette semaine François Fillon.
Ségolène Royal, a en effet estimé vendredi sur RMC et BFM-TV que le Premier ministre devrait présenter « des excuses publiques » après la pagaille provoquée par le neige. L'exécutif dans son ensemble est, selon elle, responsable d'un « chaos » à cause de son « inertie coupable », de son « indifférence » et de son « incompétence ».
« Ce qui est pire dans cette affaire, c'est qu'ils font porter la responsabilité aux services publics », a-t-elle poursuivi.
Copé vole au secours de Fillon
En plus des excuses, Ségolène Royal a par ailleurs ajouté que si elle était à l'Elysée, elle s'en prendrait aussi au Ministre des Transports Thierry Mariani: « Je lui demanderais d'aller s'occuper d'autre chose parce que, franchement, n'être même pas revenu de Moscou pour s'occuper des Français qui souffrent, c'est le contraire de l'idée que je me fais de la responsabilité politique ».
En réaction à cette slave, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a accusé vendredi en début d'après-midi Ségolène Royal de « démagogie facile ». Dans un communiqué, le député de Seine-et-Marne « s'indigne de la charge de Ségolène Royal qui montre une nouvelle fois qu'elle préfère l'agression à la proposition ».
Et d'ajouter : « L'UMP aurait aimé connaître ses idées pour faire face à l'avenir à ce type d'accidents climatiques dont la violence n'est pas toujours facilement mesurable ».
Deux jours après les violentes chutes de neige qui ont paralysé l'Ile-de-France, la polémique sur la gestion de la crise ne fait que commencer.
ELLE DEVRAIT COMMENCER PAR S'EXCUSER, ELLE MÊME, D'ÊTRE AUSSI CONNE !!!
L'ex-dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev enjoint au président Dmitri Medvedev de tenir sa promesse d'une libéralisation politique et de lutter contre la corruption, soulignant que le pays courait dans le cas contraire à la catastrophe, dans une tribune publiée vendredi 10 décembre dans la Novaïa Gazeta. Dans ce texte publié par le journal d'opposition dont il est actionnaire, le père de la perestroïka et Prix Nobel de la paix fait un bilan peu flatteur de la dernière décennie en Russie, depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine.
"En 2000, les priorités étaient avant tout de défendre l'intégrité territoriale du pays et de le rendre à nouveau gouvernable, écrit M. Gorbatchev. Ces objectifs ont dans l'ensemble été atteints. Mais depuis, les questions non réglées se sont faites de plus en plus évidentes." Les promesses de libéralisation et de lutte contre la corruption du président Medvedev, élu en 2008 à la suite de Vladimir Poutine, devenu premier ministre, "ont empli d'espoir ceux qui s'inquiètent de l'avenir de la Russie", observe Mikhaïl Gorbatchev. Mais les mesures prises sont "insuffisantes et inadaptées", regrette-t-il.
CORRUPTION ET MANIPULATION DES ÉLECTIONS
Le pays a laissé de côté le "processus démocratique", s'est trouvé gagné par une "corruption qui s'étend à tous les niveaux de la fonction publique et délite la société", écrit M. Gorbatchev. "La suppression de l'élection des gouverneurs de régions, le passage au scrutin exclusivement par listes, sans participation minimale, le relèvement du seuil d'entrée au Parlement, tout cela dans des conditions de manipulation des élections à travers les médias", énumère-t-il notamment. "Si on ne surmonte pas les tendances antidémocratiques, toutes les conquêtes des années passées seront menacées. Pas seulement le processus démocratique, mais aussi la fameuse stabilité" acquise depuis 2000, ajoute-t-il. "Le président doit donner au pays un nouvel ordre du jour, conclut M. Gorbatchev, il faut une concurrence démocratique, une société civile active, un contrôle réel de la société[sur les affaires de l'Etat]."
UNE CRIMINALISATION CROISSANTE DE LA SOCIÉTÉ
Dans un article publié vendredi par le journal officiel Rossiiskaïa Gazeta, le président de la Cour constitutionnelle russe, Valéri Zorkine, dénonce quant à lui "une criminalisation croissante de la société russe" qui s'étend aux instances du pouvoir. "La criminalité sape les bases de notre système juridique fragile, de notre vie sociale, politique et économique", estime-t-il.
M. Zorkine considère que "l'alliance du pouvoir et de la criminalité", illustrée par les événements récents de Kouchtchevskaïa, dans le sud de la Russie, est "loin d'être unique". Le massacre en novembre de douze personnes à Kouchtchevskaïa a révélé que cette petite ville avait été terrorisée pendant des années par une bande criminelle couverte par les autorités et les forces de l'ordre.
Cette affaire a suscité l'émotion dans un pays pourtant habitué ces dernières années à la montée de la violence et a donné lieu à de nombreuses révélations dans les médias russes. "Des choses pareilles se sont produites ailleurs", souligne M. Zorkine, citant notamment Novossibirsk (Sibérie), Enguels (Volga) et Gous-Khroustalny (centre). "Nous n'avons pas le droit de laisser notre Etat se criminaliser. Dans ce cas, nos rêves d'une société démocratique et d'un Etat de droit seront enterrés", clame-t-il. Dans une telle société, "il y aura des fauves, maîtres de la jungle criminelle et des 'sous-hommes' conscients qu'ils sont simplement à la merci des fauves", ajoute-t-il. "On aura d'un côté l'agression et le mépris à l'égard des 'loosers' […] de l'autre l'horreur et la colère des misérables qui, désespérés, vont rêver d'une dictature et pas du tout de démocratie", conclut-il.
Avec l’aide d’éditeurs indépendants, et avec l’appui d’institutions et d’organismes culturels du Vieux Monde, la littérature européenne réussit enfin à percer aux Etats-Unis, pays qui, traditionnellement, a toujours tourné le dos aux traductions.
Si l’on en juge par le succès retentissant de Millenium, la trilogie de Stieg Larsson, quand on parle de traduction de littérature contemporaine, les Américains sont au moins disposés à lire des romans policiers scandinaves. En revanche, pour ce qui est des œuvres d’autres régions, et dans d’autres genres, il est toujours aussi ardu de susciter l’intérêt des grandes maisons d’édition et des lecteurs aux Etats-Unis. Parmi les institutions culturelles et les éditeurs européens, l’aversion traditionnelle des Américains pour la littérature traduite est surnommée “le problème des 3 %”. Mais aujourd’hui, espérant accroître la part minuscule qu’ils représentent sur le marché américain — environ 3 % —, les fondations et les gouvernements étrangers, surtout ceux qui se trouvent aux marches de l’Europe, ont décidé de prendre l’affaire en mains et de se lancer dans la mêlée de l’édition aux Etats-Unis.
L'une des clés de l'existence culturelle des pays européens
Cette campagne ne se limite plus à des langues courantes comme le français et l’allemand. De la Roumanie à la Catalogne et l’Islande, les institutions et les organismes culturels subventionnent la publication de livres en anglais, soutiennent la formation de traducteurs, encouragent leurs auteurs à partir en tournée aux Etats-Unis. Ils se soumettent désormais aux techniques commerciales et promotionnelles américaines qu’ils avaient peut-être ignorées jusque-là, et s’efforcent d’exploiter les niches existantes dans le secteur de l’édition.
“Nous en avons fait un objectif stratégique, nous nous sommes engagés à long terme à percer sur le marché américain", déclare Corina Suteu, chef de la branche new-yorkaise de l’EUNIC, le réseau européen des instituts culturels nationaux, également directrice de l’Institut culturel roumain. "Grands ou petits, la littérature sera toujours l’une des clés de l’existence culturelle des pays d’Europe et, nous le savons, il n’y a que de cette façon que nous parviendrons à imposer la présence de cette littérature aux Etats-Unis.”
La littérature slovène publiée dans l'Illinois
Ainsi, Dalkey Archive Press, petite maison d’édition de l’Illinois qui, depuis plus de 25 ans, est spécialisée dans les œuvres traduites, a entamé cette année une collection de littérature slovène avec l’appui d’organismes officiels en Slovénie. Le premier ouvrage de la collection, Necropolis, de Boris Pahor, est un formidable recueil de souvenirs des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, que l’on a comparé aux plus belles pages d’Elie Wiesel et Primo Levi.
Dalkey est également sur le point de lancer des collections de même type en hébreu et en catalan, et sur la littérature suisse. A chaque fois, un institut de financement du pays de départ subventionne la publication, et participe à la promotion et à la commercialisation aux Etats-Unis, un effort qui peut représenter jusqu’à 10 000 dollars ou plus par livre.
Leurs budgets étant chiches, et ayant un accès encore plus limité aux grands médias, les organismes culturels étrangers en sont venus à considérer le Web comme un allié dans la promotion de leurs produits. Open Letter, la maison d’édition littéraire de l’Université de Rochester, a fondé un site au nom ironique de Three Percent (Trois pour cent) qui se spécialise dans la traduction. Il s’est transformé en un forum animé où l’on peut non seulement débattre et analyser les œuvres, mais aussi s’interroger sur l’art de la traduction.
Un autre site,Words Without Borders (Mots sans frontières), lancé en 2003, publie en ligne des ouvrages traduits et permet en outre aux traducteurs de présenter des échantillons de leur travail dans l’espoir d’attirer des éditeurs commerciaux.
Même Amazon.com se met à la traduction
Même le gargantua de la vente de livre, Amazon.com, est entré dans l’arène avec AmazonCrossing, une nouvelle variante réservée à la littérature traduite. Le premier livre proposé, The King of Kahel (Le roi de Kahel), roman du Guinéen Tierno Monénembo publié à l’origine en français, est sorti en novembre. Cinq autres titres sont annoncés, tous de la fiction sauf un.
Si certains éditeurs indépendants saluent le soutien et l’intérêt croissant d’Amazon pour la littérature traduite, d’autres s’en méfient. En octobre dernier, Dennis Loy Johnson, de Melville House, s’en est pris à ce qu’il appelle “les pratiques de prédateur et de voyou” d’Amazon, ajoutant qu’il était “évident pour nous que les intérêts d’Amazon sont à l’opposé de ceux d’une culture du livre saine, électronique ou non.”
Les organismes culturels nationaux comme l’Institut Ramon Llull, qui a pour vocation de faire connaître la langue et la culture catalane, ont également contribué à financer des conférences et des livres sur la traduction, tandis que d’autres subventionnent les voyages de traducteurs américains dans leurs pays afin qu’ils apprennent à mieux connaître leur culture et leur peuple. “Ils savent bien qu’il y a peu de soutien à attendre ici pour ce genre d’œuvre, et que ce soutien ne peut venir que de l’extérieur, et non du secteur de l’édition, explique Esther Allen, ancienne directrice du Fonds de traduction PEN. Les grandes maisons d’édition restent fermement convaincues que le consommateur américain de livres ne veut pas lire de traductions.”
Vous avez dit populiste ?
populiste ? ouvenez-vous. Le président de la République avait promis des " sanctions " contre les fauteurs de crise, au pire de la tempête financière de 2008. On allait voir ce qu'on allait voir. On n'a rien vu ou presque. Ici comme ailleurs, les goinfres du capitalisme financier passent toujours à travers les gouttes avant de sévir encore en créant une nouvelle bulle qui nous explosera à la figure quelques années plus tard. Tant que ces petits maîtres du monde s'en sortiront chaque fois aussi facilement, les poches et la panse pleines, il faudra s'attendre à des initiatives idiotes, comme celle d'Eric Cantona demandant aux Français de vider les coffres des banques. Ou encore à des faits divers tel celui de cette commerçante de Saint-Avold qui, après une faillite, braquait les banques " pour [se] venger ". Ou enfin, surtout, à ce que certains appellent, le visage horrifié, la montée des populismes, réaction somme toute normale à tant d'injustice et d'impunité. Notamment quand on voit, comme aux Etats-Unis, les classes défavorisées en banqueroute payer pour les fautes des princes de Wall Street qui, eux, ne savent plus quoi faire de leurs plus-values. Analyse élémentaire, voire sommaire ? Au lieu de hurler au loup, il serait temps de commencer à s'interroger sur les vraies causes du populisme
P. S. : Encore des bonnes nouvelles : d'abord, notre version iPad, la première vraie application d'un newsmagazine, était téléchargée par plus de 20 000 personnes dès sa première semaine ; ensuite, l'étude AudiPresse Premium 2010, " étude de référence " sur les publics haut de gamme, auprès de 10 139 personnes représentatives des dirigeants, cadres, etc., confirme que, sur ce secteur, " Le Point " fait, et de loin, la course en tête dans la famille des newsmagazines. Merci de votre fidélité.
De retour de vacances, Jean-Marie Le Pen, 82 ans, recevait jeudi France-Soir au siège du Front national, désormais installé dans une petite rue pavillonnaire de Nanterre (Hauts-de-Seine).
Il s’apprête à laisser les clés du parti qu’il a fondé à sa file Marine. Mais il ne s’éloignera guère : outre son titre de président d’honneur, il fera partie, c’est acquis, de toutes les instances dirigeantes du FN. Et si Bruno Gollnisch, le rival de Marine Le Pen, l’emportait lors du congrès du Tours de la mi-janvier ? Cette hypothèse, Jean-Marie Le Pen, quoi qu’il dise, n’y croit pas : son avocate de fille a « tant de qualités ».
France-Soir. Si, lors du vote des 15 et 16 janvier, les militants du FN préfèrent Bruno Gollnisch à votre fille Marine, accepterez-vous le verdict des urnes ? Jean-Marie Le Pen. Le verdict des urnes, que cela me plaise ou non, ce sera le verdict des urnes. Mais j’ai bon espoir que ma fille me succède. Elle a d’éminentes qualités qui n’ont rien à voir avec le fait que c’est ma fille. D’ailleurs, elle le sait, diriger le parti, ce n’est pas un cadeau, c’est une mission.
F.-S. Puisque vous allez faire partie, au titre de fondateur du FN, de toutes les instances du parti, peut-on considérer qu’en tout état de cause vous resterez le patron ou, si on préfère, le grand manitou ? J.-M. L. P. Le grand manitou, non, mais le commandeur, oui ! Je laisserai, cela va de soi, au futur président l’intégralité de ses responsabilités, mais disons que je jouerai, en fonction de mon expérience, un rôle de conseil.
« Le physique, cela compte. Ma fille est plus jolie que moi »
F.-S. Ceux qui n’aiment pas Marine Le Pen lui reprochent de « trahir », au nom de la modernité, votre héritage. Qu’est-ce que le plus important chez elle ? Sa ressemblance avec vous ou les différences qu’elle affiche ? J.-M. L. P. Les chiens ne font pas des chats, encore que… Je lui reconnais volontiers des qualités qu’on m’a parfois prêtées : elle a du caractère, l’envie de faire. Et puis, pour être présidente de la Républi… (éclat de rire)… Oh pardon, c’est un lapsus ! … Pour être présidente du Front national, il faut maîtriser les codes de l’expression médiatique. Or, croyez-moi, ce n’est pas donné à tout le monde. Marine n’est pas, en la matière, une débutante : elle sait s’y prendre. Et je parle en connaissance de cause.
F.-S. N’est-ce pas une bonne idée de Bruno Gollnisch que de proposer un ticket à Marine Le Pen : le parti pour lui, la présidentielle pour elle ? J.-M. L. P. Qui est en difficulté demande – on connaît la chanson – la moité de ce qu’aura l’autre. Soyons sérieux : il ne saurait y avoir de partage. La future candidate à la présidentielle doit avoir le contrôle du parti. C’est comme ça.
F.-S. Pourquoi votre fille se déclare-t-elle scandalisée lorsque Bruno Gollnisch souhaite faire revenir au FN les « brebis égarées », notamment Bruno Mégret et ses amis ?
J.-M. L. P. Ce sont tous des gens qui ont trahi leurs engagements, y compris financiers. Ce qui compte pour moi, c’est la loyauté. Ils sont partis, je m’en félicite !
F.-S. N’y avait-il pas aussi des désaccords idéologiques ou stratégiques avec eux ?
J.-M. L. P. Laissez cela. La trahison me suffit.
F.-S. Comment expliquez-vous que votre fille ait une cote de popularité supérieure à la vôtre ? Est-ce dû à ses qualités ou au fait que la crise joue en faveur des thèses populistes ? J.-M. L. P. Dans le monde médiatique qui est le nôtre, le physique, cela compte. Elle est plus jolie que moi ! (Eclat de rire)
F.-S. N’y a-t-il que cela ? J.-M. L. P. Sa tenue dans les débats, ce n’est pas rien ! Mais les médias reconnaissent aussi aujourd’hui, grâce à elle, que notre combat, ce n’est pas seulement la sécurité et l’indépendance du pays : il y a aussi un contenu social.
« Je ne suis pas sûr que Nicolas Sarkozy sera candidat en 2012 »
F.-S. Croyez-vous que Nicolas Sarkozy sera candidat en 2102 à un second mandat ? J.-M. L. P. Je n’en suis pas sûr. Il n’ira au combat que s’il estime avoir des chances sérieuses de gagner. Une des rares fois où nous nous sommes vus, il m’avait d’ailleurs dit : « Ce que je fais, je le fais avec passion. Mais je me sens tout à fait capable de faire autre chose. » En tout cas, les temps changent : il y a, aujourd’hui en France, une déception à la hauteur des folles espérances nées du talent de bateleur de Sarkozy !
F.-S. Croyez-vous que Dominique Strauss-Kahn le sera ? J.-M. L. P. Je pense que non. Le FMI, c’est plus sûr.
F.-S. La candidate Ségolène Royal version 2010 vous intéresse-t-elle ? J.-M. L. P. L’histoire ne repasse pas les plats.
F.-S. Pourtant, vous-même, François Mitterrand, Jacques Chirac avez été plusieurs fois candidats ! J.-M. L. P. Elle, c’est différent. En 2007, elle a surtout étonné. Et cet étonnement n’est pas reproductible.
« Le poids de l’appareil PS va jouer en faveur de Mlle Delors »
F.-S. Alors, qui verriez-vous à gauche en 2012 ? J.-M. L. P. Ils sont si nombreux ! Mais le poids de l’appareil jouera, je le parie, en faveur de Mlle Delors.
F.-S. Votre fille ne vend-elle pas la peau de l’ours en répétant qu’elle sera présente au second tour – comme vous en 2002 – mais cette fois contre un socialiste ? J.-M. L. P. En 2002, quand j’ai vu l’écho que rencontrait Jean-Pierre Chevènement, j’ai compris que j’avais une vraie chance d’être au second tour. Qui sera le Chevènement de 2012 ?
F.-S. Le PS se divise sur le problème des mères porteuses. Avez-vous un avis ? J.-M. L. P. Je ne suis pas très favorable aux innovations sociologiques. Je souhaite que l’adoption d’enfants français soit en France plus facile qu’elle n’est.
F.-S. La date du procès de Jacques Chirac pour l’affaire des « emplois fictifs » a été fixée à mars 2011… J.-M. L. P. Jacques Chirac aura été le plus mauvais président de la Ve République, et je mets à part Sarkozy dont le mandat n’est pas achevé. Il aurait dû être jugé pour des choses autrement plus sérieuses. Je pense à ses transactions complices avec Bertrand Delanoë. Et puis son « procès », comme vous dites, il peut encore y échapper.
« L’ISF est un impôt imbécile »
F.-S. Souhaitez-vous l’abandon de l’ISF en même temps que celui du bouclier fiscal ? J.-M. L. P. L’ISF est un impôt imbécile. Mais on sait d’avance ce qui se passera à l’arrivée : en tout état de cause, une augmentation des impôts !
F.-S. Est-ce sérieux de votre part de vouloir, parce que l’euro est en crise, revenir au franc ? J.-M. L. P. L’euro est condamné. C’est une simple ligne Maginot. Le retour au franc, ce sera un regain de souveraineté. Quand on a fait une bêtise, on peut toujours revenir en arrière.
F.-S. Diriez-vous de François Fillon, reconduit par Sarkozy, qu’il vous surprend ? Pourriez-vous faire, un jour, un bout de chemin avec lui ? J.-M. L. P. On est loin d’un programme commun ! Sur la plupart des sujets, l’UMP défend des idées très éloignées de celles du FN, très proches de celles du PS. Seule une situation de crise, type « salut public », pourrait rendre réalistes des positions aujourd’hui inimaginables.
« Si Sarkozy ne se présente pas, Fillon sera le candidat le plus crédible »
F.-S. Quel homme Fillon est-il selon vous ? J.-M. L. P. Il est là, il est dans la place. Si Sarkozy ne se présente pas en 2012, Fillon serait a priori, pour la majorité, le candidat le plus crédible. Il appartient à la catégorie de ces leaders bis qui, un jour, se retrouvent sans qu’on l’ait prévu en situation : les Truman, Johnson, Carter ou, chez nous, Pompidou, qui a succédé à de Gaulle en 1969.
F.-S. Diriez-vous que Fillon a le profil d’un Pompidou de Sarkozy ? J.-M. L. P. Absolument. Dans l’adversité, il a témoigné d’incontestables qualités de résistance.
F.-S. Considérez-vous qu’en Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo doive céder le pouvoir à son vainqueur, Alassane Ouattara ? J.-M. L. P. Je suis perplexe. Dans certaines régions qui ont voté Ouattara, est-on sûr qu’il n’y ait pas eu de fraudes ?
F.-S. Dans leur dernier référendum d’initiative populaire, les Suisses ont souhaité que les criminels d’origine étrangère soient immédiatement déchus de leur nationalité et expulsés… J.-M. L. P. Je suis tout à fait favorable à ce type de référendum qui effraie l’etablishment, où l’on n’a qu’une peur : celle du peuple.
F.-S. Croyez-vous que votre fille l’emportera et vous succédera ? J.-M. L. P. Je le crois, et je l’espère. Elle a du talent pour aller. Moi, je me considère en quelque sorte comme le premier étage de la fusée…
F.-S. Une fusée qui part dans quelle direction ? J.-M. L. P. Vers la victoire !
Bison pas futé
L’énorme pagaille provoquée par la neige dans la région parisienne, dans la nuit de mercredi à jeudi, met à nu la fragilité de notre société, qui fonctionne à flux tendu et qui est bien trop dépendante de la voiture. Les flocons de neige sont le grain de sable qui grippe une mécanique manquant de souplesse et qui fonctionne, en continu, au maximum de sa capacité.
Le naufrage routier des N118 et 104 rappelle également la forte parole du journaliste Émile de Girardin (1806-1881) : « Gouverner, c’est prévoir. » Une maxime malheureusement remplacée, mercredi, dans la bouche de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, par la très policière exclamation : circulez, il n’y a rien à voir ! Alors que les blocages étaient déjà réalité, Brice Hortefeux, mué en Bison pas futé, a tenu à rassurer les automobilistes, vers 17 h, en affirmant que la réédition du scénario catastrophe de 2003 était « impossible ». On a vu ce qu’il est advenu de son imprudente prédiction !
Le ministère de l’Intérieur est censé être le mieux informé de France. Visiblement, ses renseignements ne portent pas sur les galères quotidiennes des banlieusards. Au moment où Brice Hortefeux prononçait ses lénifiantes paroles, des automobilistes étaient déjà arrêtés depuis des heures. Hier encore, la place Beauvau minimisait les chiffres, totalisant 3300 personnes hébergées d’urgence en Ile-de-France, alors que la ville de Vélizy, seule, parlait de 7000 à 8000 automobilistes abrités pour la nuit.
Le ministre de l’Intérieur ne peut être tenu pour responsable de la mauvaise météo. Mais pourquoi diable nier les évidences ? En octobre déjà, quand plus du tiers des stations-service du pays était à sec à cause de la grève dans les raffineries, le secrétaire d’État aux Transports expliquait qu’il n’y avait « aucune pénurie ». Le déni serait-il devenu une méthode de gouvernement ? Hier, François Fillon a rejeté, depuis Moscou, les raisons de la thrombose sur Météo-France, qui aurait « sous-estimé » l’épisode neigeux. Pourtant les départements d’Ile-de-France faisaient bel et bien partie de ceux pour qui une « alerte orange » avait été décrétée dès mardi, veille du sinistre. Météo-France annonçait des chutes de neige pouvant atteindre dix centimètres. Il en est tombé… onze.
La finance dévoyée
L'un des plus fins connaisseurs de la finance internationale (1) proposait, il y a peu, d'étendre aux pratiques spéculatives la législation sur les dettes de jeu et les paris. En cas de contestation, les intéressés sont privés de tout recours. Rien de plus logique que cette proposition, dès lors que la grande majorité des opérations spéculatives consiste dans des paris en vue de réaliser un bonus. Voilà qui contribuerait au rétablissement de la raison.
Car si la pratique est aussi ancienne que l'économie, ses dimensions sont devenues extravagantes, au point que même Georges Soros, grand spéculateur s'il en est, appelait récemment à calmer le jeu. Il sait très bien, en effet, qu'à terme, ce jeu de bulles explosant l'une après l'autre est tout simplement suicidaire. Le risque est à la mesure du gonflement de la masse financière qui a quadruplé depuis 1980, avec des flux quotidiens de 1 200 à 1 500 milliards d'euros... par jour, soit cinq à six fois le budget de la France.
Surtout, le montant des transactions financières internationales est cinquante fois plus important que la valeur du commerce international sur les biens et services. Cela veut dire que seulement 2 % des transactions financières correspondent à une activité réelle. L'essentiel est pure spéculation, jeu de pari dans lequel l'argent devient une marchandise qui s'auto-reproduit. Son poids est tel que le moindre déplacement significatif au gré de l'intérêt, des appétits et des peurs peut engendrer une catastrophe, comme en 2008.
Qui sont les spéculateurs ? Les fonds d'investissement, les banques, les sociétés d'assurances... mais aussi des gens ordinaires qui, ayant de l'argent, veulent en avoir plus sans trop se fatiguer.
Le vrai problème est ailleurs. D'abord, il réside dans l'écart croissant entre les hauts revenus et les autres. Depuis 2004, selon l'Insee, il y aurait 70 % d'individus en plus dans la tranche au-dessus de 500 000 €. Et au sein du groupe des plus aisés (6 000 personnes), le revenu s'étale de 688 000 à 13 millions d'euros ; soit 700 fois le revenu médian. Pour l'essentiel, il s'agit de revenus financiers.
Ensuite, au niveau mondial, les paris sur le cours des matières premières alimentaires constituent un scandale. Si tout peut devenir objet de spéculation, là, on atteint le seuil de l'intolérable. Des centaines de milliers de personnes meurent chaque année, faute de blé ou de riz, rendus inabordables par les casinos du marché qui font que la cargaison de bateaux entiers change de propriétaires, parfois plusieurs fois par jour. Et cela par la cupidité (2) de ceux que l'on nommait autrefois « accapareurs »...
Et que dire, enfin, de l'indécence qui consiste à faire jouer la solidarité nationale au profit d'individus et institutions d'un égoïsme forcené ? Les mille premières banques mondiales totalisent, aujourd'hui, 95 500 milliards de dollars, soit deux fois l'addition mondiale des produits intérieurs bruts (PIB).
La suggestion du spécialiste de la finance (évoquée au début de l'article), couplée à d'autres mesures, plus radicales encore, telle la mise hors-marché spéculatif des denrées alimentaires, pourrait être un premier pas vers la sortie de la barbarie financière. On attend un G20 sur le sujet...
(1) Paul Jorion, L'argent, mode d'emploi, Fayard.
(2) Joseph Stiglitz, Le triomphe de la cupidité, Actes Sud.
Chaise
Une chaise vide recevra aujourd’hui à Oslo le Prix Nobel de la Paix. Liu Xiaobo, qui devait l’occuper, est retenu prisonnier en Chine. Ce n’est pas la première fois que la chaise reste vide, et les précédents parlent d’eux-mêmes : le pacifiste Carl von Ossietzky en 1936, envoyé en camp par le pouvoir nazi; et Alexandre Soljénitsyne, Prix Nobel de littérature en 1970, empêché de voyager par le pouvoir soviétique. Le pouvoir chinois s’en fiche, naturellement. Il a assigné à résidence la femme du lauréat, et dénoncé dans ce Prix « l’ingérence de quelques clowns », dans la veine des « vipères lubriques » et autres « déchets capitalistes » usités sous la Révolution culturelle. « Les demandes de liberté ne seront pas faciles à contenir », prédit Liu Xiaobo. Espérons qu’il aura raison - pour lui, et pour le monde entier, dont la Chine sera demain la première puissance.
L'Élysée juge qu'il n'y a «pas lieu» de discuter des euro-obligations. Angela Merkel accueille ce vendredi Nicolas Sarkozy à Fribourg pour le treizième Conseil des ministres franco-allemand.
Très critiquée pour sa gestion de la crise de la dette, Angela Merkel peut, au moins, compter sur le soutien de Nicolas Sarkozy, qu'elle accueillera aujourd'hui à Fribourg, à l'occasion du treizième Conseil des ministres franco-allemand. Jeudi, l'Élysée a estimé qu'il n'y avait «pas lieu» de discuter de l'émission d'euro-obligations, «alors que l'Eurogroupe vient de se mettre d'accord sur un mécanisme permanent de crise». La chancelière s'est fermement opposée, lundi, à la création d'«eurobonds» défendue par Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, et Giulio Tremonti, ministre italien des Finances, afin de mutualiser les dettes européennes. «De telles obligations ne permettent pas de concurrence entre les taux d'intérêt», critique Angela Merkel, qui juge le principe d'obligation commune contraire aux traités européens.
Vexé, le premier ministre luxembourgeois a jugé le refus de Berlin «antieuropéen», s'attirant aussitôt les foudres de la Chancellerie. «Cela n'aide pas l'Europe, si ses membres se qualifient les uns les autres d'antieuropéens», a rétorqué le porte-parole d'Angela Merkel. Ces passes d'armes entre dirigeants de la zone euro augurent mal du Conseil européen de la semaine prochaine, qui sera consacré à la crise de la dette.
Position «tactique»
Le Conseil des ministres francoallemand du jour vise à aplanir les différends, grâce à un front uni franco-allemand. Sans être hostile, sur le fond, à la création d'euro-obligations, ou à l'augmentation du Fonds européen de stabilisation financière, prônée par le FMI, Paris ménage Berlin, dont l'accord est indispensable pour inscrire dans les traités un mécanisme européen de stabilité (MES) autorisant le sauvetage d'un État de la zone euro, quitte à imposer au secteur privé une «restructuration» de la dette.
«L'attitude de la France est surtout tactique, car elle a évidemment intérêt à avoir ces eurobonds!, estime Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, eurodéputé et observateur avisé du couple franco-allemand. L'Allemagne pense qu'elle n'a pas intérêt à laisser faire des eurobonds, mais si la pression sur l'euro continue, elle ne pourra l'éviter.»
En mutualisant une partie de leurs dettes, la plupart des États de la zone euro, notamment les «Piigs» -Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne-, bénéficieraient de taux d'intérêts plus avantageux et d'une incitation financière à respecter le pacte de stabilité. Mais l'Allemagne, elle, craint de payer plus cher une dette émise en commun avec des emprunteurs peu scrupuleux. «Si le taux des obligations allemandes est inférieur à celui de l'eurobond, il faut prévoir un mécanisme de compensation financière pour l'Allemagne», estime Guy Verhofstadt.
Dans ce débat, la France se garde de faire des propositions révolutionnaires, susceptibles de heurter l'Allemagne. «L'Élysée se consacre surtout à infléchir la position allemande, ce qui est déjà pas mal!», note un diplomate. Outre-Rhin, les positions évoluent déjà. Jeudi, l'un des principaux conseillers économiques du gouvernement, Peter Bofinger, s'est dit favorable aux euro-obligations.
Attention, embouteillage en vue ! Alors que l'approche de la fin de l'année favorise un apaisement sans doute momentané de la crise de la zone euro, hier, la Banque centrale européenne a tiré une nouvelle fois la sonnette d'alarme. Dans son rapport de stabilité financière, elle souligne qu'un nouveau péril guette les Etats membres. Aux quelque 1.000 milliards d'euros que vont devoir lever collectivement ces derniers pour financer leurs déficits l'an prochain vont s'ajouter les besoins de financement de leurs banques. Soit 1.300 milliards de plus au bas mot pour les deux prochaines années.
En clair, cela veut dire qu'en 2011 les investisseurs auront plus que jamais l'embarras du choix. Qu'ils pourront faire leur marché au gré de l'appétit du moment. Et donc qu'au final il risque de ne pas y en avoir assez pour tout le monde. Au terme d'une année 2010 marquée par le sauvetage en urgence de la Grèce et de l'Irlande, pour lesquelles l'accès aux marchés était devenu impossible, cette perspective n'a évidemment rien de réjouissant. Elle laisse présager d'un millésime 2011 placé sous le signe d'une concurrence effrénée entre les Etats de la zone euro et leurs propres établissements de crédit. Avec les conséquences que l'on peut imaginer pour les emprunteurs les plus fragiles. Qu'ils soient publics ou privés.
Pas étonnant dans ces conditions que la BCE rappelle la nécessité d'améliorer rapidement le dispositif d'aide aux pays les plus vulnérables, en accroissant notamment la taille du Fonds européen de stabilité financière. A quelques jours d'un sommet européen très attendu par les investisseurs c'est loin d'être inutile.
Pas étonnant non plus que l'institut de Francfort invite les Etats membres à reprendre le nécessaire travail de restructuration de leur secteur bancaire. Engagé en catastrophe au moment de la faillite de Lehman Brothers, ce chantier semble être désormais passé au second plan des préoccupations des dirigeants politiques. Une piqûre de rappel est sans doute nécessaire. Car, un certain nombre de banques zombies subsistent en Europe, ne devant leur existence qu'aux liquidités que leur octroie la BCE. La déroute irlandaise du mois dernier a montré les limites de l'exercice. La déconfiture des banques entraînant celle du pays.
L'Etat, Areva, et le sens français de l'hospitalité
Il y a un an, Nicolas Sarkozy chargeait le député de Haute-Corse Paul Giacobbi de donner son avis sur « les déterminants de l'investissement étranger en France […] , un sujet crucial pour assurer à notre pays une reprise économique durable ». L'été dernier, l'élu radical de gauche rendait son verdict : l'image de la France auprès des bailleurs de fonds internationaux est « caricaturale ». A sa façon, l'interminable feuilleton de l'augmentation de capital d'Areva montre à quel point l'Etat lui-même peut contribuer à cette image d'un pays replié sur lui-même et traitant les investisseurs étrangers avec désinvolture.
Depuis les premiers projets de capitalisation du groupe nucléaire, l'Etat actionnaire s'est retrouvé piégé dans ses contradictions. Incapable d'assumer une politique industrielle digne de ce nom, dans l'un des rares secteurs où la France peut revendiquer une réelle avance. En novembre 2004, le ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, annonce que « la décision a été prise d'ouvrir le capital d'Areva ». A peine un an plus tard, le Premier ministre, Dominique de Villepin, annule cette décision, estimant « la filière du combustible nucléaire » « stratégique » pour la France.
Ce revirement ouvre la voie à des querelles franco-françaises entre Alstom, présidé par un Patrick Kron auréolé du sauvetage du groupe d'équipement ferroviaire et d'énergie, et Areva, dirigé par une Anne Lauvergeon jalouse de son indépendance. Les deux patrons se livrent une guerre sans merci, qui va faire une victime collatérale. Las de se voir relégué au second rang et craignant d'être écarté du jour au lendemain, le partenaire allemand d'Areva, Siemens, annonce en janvier 2009 sa sortie de leur filiale commune, Areva NP.
Trop occupés à gérer leurs querelles d'ego, ni le groupe nucléaire français ni l'Etat actionnaire n'auront su déceler l'impatience de l'industriel allemand. Dans cette affaire, la France a perdu un partenaire historique dans un secteur industriel clef. Plus grave, elle l'a poussé dans les bras du russe Rosatom. Le mélange de la technologie russe, réputée pour sa robustesse malgré l'image de Tchernobyl, et de la gestion de projet allemande représente une réelle menace pour Areva. Dans l'immédiat, la conséquence concrète de ce divorce est financière. Car le rachat des parts abandonnées par Siemens va coûter cher au camp français. Au lieu de recevoir des fonds que son ancien partenaire était prêt à investir dans Areva, le groupe tricolore va au contraire devoir lui verser un dédommagement estimé autour de 2 milliards d'euros. C'est là que débute le troisième acte de cette tragi-comédie à la française. Pour financer cette dette et les investissements du groupe public, l'Etat prend deux décisions le 30 juin 2009 : la cession de la filiale de transmission et de distribution d'Areva et l'ouverture de son capital. Deux opérations qui, elles aussi, vont laisser un goût amer aux investisseurs étrangers…
Face au duo composé d'Alstom et Schneider, l'américain General Electric et le japonais Toshiba veulent croire en leurs chances d'acquérir Areva T&D. Mais, dans la dernière ligne droite, en novembre 2009, le processus tourne en faveur du tandem tricolore, dans un contexte d'opacité qui contraste avec les promesses de transparence du gouvernement. Alstom et Schneider, c'est vrai, ont mis le prix pour l'emporter. Mais, vu de l'étranger, les dés étaient pipés d'avance. Au Japon, l'amertume est réelle. En France, on s'enorgueillit d'une opération permettant de renforcer deux de nos champions nationaux… C'est alors que s'enclenche l'ouverture du capital d'Areva. Dès le départ, l'Etat dispose de trois candidats potentiels : les fonds souverains du Qatar et du Koweït, et le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), partenaire industriel de longue date, avec lequel Areva développe le réacteur Atmea. En de pareilles circonstances, un acteur rationnel cherche à rassurer ses interlocuteurs sur leur investissement potentiel. Une longue période de flottement va pourtant s'ouvrir, l'Elysée choisissant justement ce moment pour confier à François Roussely une mission de réflexion sur la filière nucléaire française.
Le dossier du capital est gelé, le temps que l'ancien patron d'EDF rédige son rapport. Celui-ci remettra en cause le périmètre d'Areva, en suggérant l'ouverture du capital de sa division minière. L'Etat profitera de sa publication partielle pour envisager une prise de participation d'EDF dans Areva. Pour ajouter à la confusion, une lutte féroce s'engage entre Anne Lauvergeon et le nouveau président d'EDF, Henri Proglio. La rumeur d'une éviction de la patronne d'Areva ressurgit comme un serpent de mer, et c'est dans ce contexte apaisé qu'un audit est commandé à René Ricol. Sa feuille de route officieuse ? Faire toute la lumière sur les comptes d'Areva. On a connu méthode plus rassurante pour attirer les investisseurs… Lesquels s'avèrent persévérants ! Comme il l'a fait savoir depuis un an, le Qatar veut avoir l'assurance formelle de pouvoir investir, dans un deuxième temps, dans les mines d'Areva. Au dernier moment, l'Etat décline cette demande. Dans la foulée, il rejette également la proposition du japonais MHI, au motif que sa présence au capital d'Areva serait préjudiciable à son concurrent Alstom et son client EDF. A Tokyo, cette volte-face est vécue comme une nouvelle humiliation. Les pouvoirs publics n'ont guère le temps de s'en émouvoir. Leur principal objectif, aujourd'hui, semble de tenir la promesse du chef de l'Etat, en réalisant coûte que coûte l'augmentation de capital avant la fin de l'année. Le Koweït semble encore prêt à investir, mais pas à n'importe quelles conditions. Faute d'avoir accepté les fonds du Qatar et de MHI, l'Etat va devoir se résoudre à mettre lui-même la main à la poche. Au final, si elle réussit, l'opération apportera sans doute moins d'un milliard d'euros à Areva, qui en espérait le triple. Mais, pour la France, son coût en termes d'image sera, c'est sûr, bien plus élevé auprès des investisseurs étrangers.
Vivement qu'il n'y ait plus d'entrepreneur en France, plus de créateurs de richesse pour que l'on s'aperçoive enfin que l'argent ne pousse ni dans les champs, ni dans les ministères, mais que la richesse se créée avec de l'énergie, du talent, et surtout 95% de sueur, et aussi de la prise de risque. Entre temps, on sera passé à 10 millions de personnes avec un travail précaire. Ras le bol de vivre dans un pays ou la réussite est systémariquement mise sur le dos de la chance et pas du travail.
IL N'Y A QU'EN FRANCE OÙ L'ON PEUT SE PERMETTRE DE TELLES BÊTISES LA FRANCE AUX FRANÇAIS.
JUSTICE
Jean-Marc Ayrault - Député socialiste, Maire de Nantes, président de la communauté urbaine de Nantes Métropole, condamné le 19 décembre 1997 à 6 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende, pour "délit de favoritisme dans l'attribution d'un marché public".
Arnaud Montebourg - Ministre du Redressement Productif, président du Conseil Général de Saône-et-Loire, condamné le 23 mai 2012 par le tribunal de grande instance de Paris à 1 euro de dommages et intérêts à verser à chacun des cinq demandeurs et 3000 euros au titre des frais de justice pour "injure publique". Il a fait appel de ce jugement.
QUELQUES VÉRITÉS
Il n'y a pas lieu de désespérer parce que comme l'a dit Margaret Thatcher :"Le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres"
INAPTOCRATIE : un système de gouvernement où les moins capables de gouvernersont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de lasociété les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sontrécompensés par des biens et des services qui ont été payés par laconfiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs endiminution continuelle.
A l'école primaire des socialistes, on apprend les 4 opérations :
- L'addition des impôts - La soustraction des revenus - La multiplication des fonctionnaires et des immigrés - La division du travail.
Aux élections prochaines, votez pour Ali Baba. Au moins vous serez sûrs de n'avoir que 40 voleurs. JEAN D'ORMESSON
COMPTE À REBOURS
AVANT DE LE FOUTRE À LA PORTE, ÇA FAIT DÉJÀ TROP LONGTEMPS QU'IL FAIT DES DÉGATS....CASSE TOI PAUV'CON !!!!!
« Le gouvernement a un bras long et un bras court ; le long sert à prendre et arrive partout, le bras court sert à donner, mais il arrive seulement à ceux qui sont tout près. »
Ignazio Silone
Les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent
C’est moi qui maîtrise la rareté de ma parole politique, pour dire des choses intelligentes quand j’ai besoin de les dire. — Ségolène Royal
J’étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui — Manuel Valls
«Le “canard boiteux” n'est pas à Florange, mais à Matignon! Il n'y a ni cap, ni vision.»RACHIDA DATI
La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose — Pierre Mauroy
Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le syndicalisme, c’est le contraire — Henri Jeanson
Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit — Ségolène Royal
Stéphane Hessel à propos de Hollande:
"On n'en fera pas un Roosevelt !"
Le plus souvent, la liberté d’expression est mal comprise : chacun la revendique pour soi et pour ses amis, c’est-à-dire pour ceux dont on partage les opinions. Il s’agit de la liberté d’expression facile, qui donne lieu à un rituel de célébration inlassablement renouvelé. Mais la défense de la liberté d’expression au sens fort est plus rare. Elle devient en effet plus difficile à pratiquer dès qu’il s’agit d’exiger cette liberté pour ceux qui sont attachés à des idées très différentes, voire totalement opposées à celles que l’on chérit soi-même. C’est alors que la liberté d’expression prend toute sa signification politique : elle devient un combat pour autrui. Pour que « l’autre » puisse professer des opinions auxquelles je suis hostile. Robert Redeker
Etre homme politique, c’est être capable de dire à l’avance ce qui va arriver demain, la semaine prochaine, le mois prochain et l’année prochaine. Et d’être capable, après, d’expliquer pourquoi rien de tout cela ne s’est produit. — Winston Churchill
Quand un politicien se touche le visage il dit la vérité, quand il se gratte l’oreille il dit la vérité, quand il lève le pouce il dit la vérité ; c’est quand il remue les lèvres qu’il ment. — Baptiste Foisy
FRANCE SOCIALISTE
CONTRE LA PENSÉE UNIQUE SOCIALISTE
Nous ne pouvons, nous ne pourrons jamais l'aimer ce nouveau président, qui nous scrute comme si nous étions de mauvais citoyens. Aucune de ses paroles ne me rassure car il est contre mes valeurs. Rien ne pourra me le faire aimer car il a été élu pour de mauvais motifs. Je me sens déjà trahi par ses mensonges par exemple la république irréprochable, alors que son gouvernement ne l'est en rien [...], ou le non cumul des mandats, trahi par son comportement à l'égard de Nicolas Sarkozy et ses gestes ou ses discours équivoques au sein même de l’Élysée, (quelle inélégance à l'égard des 48,7 % de Français), trahi par sa déontologie mesquine et ses états d'âmes moralisateurs, quand on sait que la gauche aime se parer de vertu mais est rarement probe, trahi par cet imposteur de la république, ce petit président, cet énarque élitiste qui veut nous faire croire qu'il aime les gens, qu'il aime le peuple, alors qu'il nous méprise et ne s'adresse qu'à ses amis, trahi parce qu'il brosse tout le temps dans le sens du poil, mais d'économie jamais il ne parle, trahi parce qu'il a su retourner l'opinion en sa faveur grâce à la complicité des journalistes qui ont relayé l'antisarkozysme primaire à longueur d'éditos oiseux [...].Tout cela ressemble à de la petite politique. Augurons qu'il démissionne en proie aux difficultés, ou une cohabitation avec un premier ministre réformiste, ou dans le pire des cas pour nous qu'il soit battu dans 5 ans. Je ne lui souhaite en aucun cas toute la réussite parce que cette réussite ne saurait être celle de la France notre nation, il va insidieusement après avoir pris les commandes de l'ensemble des pouvoirs de la république, lui et ses amis, contribuer à la socialisation lente, rampante, sournoise des esprits.
PHILIPPE BOUVARD
LA VÉRITABLE "EXCEPTION FRANÇAISE": CE SONT LES MÊMES CITOYENS QUI DÉPLORENT QU'UN GOUVERNEMENT N'AIT PAS CONCRÉTISÉ DAVANTAGE DE PROJETS ET QUI, À LA PREMIÈRE VELLÉITÉ DE RÉFORME, DESCENDENT DANS LA RUE