TOUT EST DIT

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dimanche 5 janvier 2014

François Hollande va abattre sa dernière carte… et personne n’y croit


Le président de la République est, aux dires de certains observateurs, habité par l'envie de changer de politique, sur une voie davantage social-démocrate. Mais de là à ce que son camp lui laisse les mains libres...
Les observateurs français ou étrangers ne croient pas possible une volte-face de la politique économique de François Hollande. Qu'il soit habité par l’ambition de lancer le parti socialiste sur une trajectoire social-démocrate, sans doute, mais selon les analystes il n y parviendra pas. D’abord parce qu’il est trop tard, ensuite parce qu' il ne trouvera jamais de majorité au parlement pour le suivre. Enfin parce qu’il n’est pas audible par l’opinion publique.
Et pourtant, pour les milieux  d’affaires, pour la commission de Bruxelles, pour la banque centrale et pour le gouvernement allemand, le diagnostic qu'il a rapidement formulé le 31 décembre au soir en préambule de ses vœux, se rapproche un peu de la vérité  partagée par la majorité des experts (on sort un peu du déni de crise dans lequel on était enfermé depuis la campagne présidentielle, on accepte de penser que le mouvement cyclique ne suffira pas à retrouver de la croissance. D’ailleurs tous les pays d’Europe retrouvent de la croissance, sauf la France .
Mais ce qui a surpris tout le monde surtout, c’est l’annonce des trois séries de réformes à mettre rapidement en chantier.
1. Un pacte de compétitivité avec une baisse des charges pour les entreprises.
2.Une baisse des dépenses publiques pour financer la baisse des charges et si possible une baisse des impôts.
3. Enfin, une initiative européenne pour renforcer la cohérence politique des pays de la zone euro, seul moyen de protéger la monnaie et de la rendre efficace en termes de croissance.

On retrouve là les trois axes d’une politique de l’offre qui met l’entreprise au centre du dispositif et qui est à l’origine de la prospérité allemande, du redressement italien, espagnol et surtout britannique.
Il faut dire que pendant  les deux mois de novembre et décembre, François Hollande a été harcelé de notes , d’analyses officielles et officieuses venant de tous les horizons, de la Commission de Bruxelles, de la Banque centrale, de l’entourage de Mme Merkel, mais aussi du SPD allemand, du Medef et d’officines d’économistes proches de la CFDT et de la CGT,  l’implorant de prendre des initiatives pour libérer la croissance en France. C’est pour cette raison qu' on retrouve dans le discours de fin d’année du président beaucoup de concepts diffusés par la gauche social-démocrate ; on retrouve aussi du Mario Draghi, relayé en France par Christian Noyer, le directeur de la Banque de France ; on retrouve aussi beaucoup de jacques Delors, toujours actif en coulisse, de Jacques Attali qui n’a pas ménagé sa peine pour se faire entendre ou Mario Monti qui a beaucoup séjourné à Paris depuis son départ du gouvernement italien.
En fait, le président de la République a cédé au dernier moment, entre Noël et le 31 décembre,  quand il a eu la confirmation que les chiffres de l’emploi seraient mauvais et qu'il serait obligé de reconnaître que son pari était perdu. A ce moment-là les banquiers français, ( BNP Paribas, société générale...) ont prévenu l’Elysée que la France courait un vrai risque de décrochage sur les marchés au printemps 2014 avec un blocage du marché obligataire, une hausse des taux, ce qui aurait rendu le financement de la dette très coûteux, et surtout le refinancement des compagnies d’assurance françaises (bourrées d’emprunt publics) très compliqué. Or derrière les compagnies d’assurance, il y a les caisses de retraites.
Bref, Emmanuel Macron, le conseiller économique du président, appuyé par la direction du trésor de Bercy, ont sans doute su trouver les mots pour convaincre le président qu'on rentrait en zone rouge et qu' il était urgent de changer de discours.
Le discours du 31 a donc été écrit pour s’adresser d’abord aux marchés, donc pour gagner du temps.
Maintenant, les acteurs de l’économie réelle sont très perplexes parce qu' une fois de plus, ils se demandent comment la promesse sera délivrée.
Le mouvement des PME (jean Pierre Roubaud) attend des mesures concrètes et urgentes, le Medef qui a déjà fourni beaucoup de notes, a pris rendez-vous pour la semaine prochaine... La baisse des charges sur le travail devrait intervenir très rapidement par une baisse de la cotisation familiale, actuellement de 5,25 %, mais personne ne voit par quoi elle sera compensée. Le président s’étant interdit de relever les impôts, on ne pourra  toucher avant longtemps ni à la CSG, ni à la TVA.
Les Allemands ont épluché le projet de François Hollande de renforcer la cohérence politique mais ils ne voient pas comment il pourra le faire avancer avec une opinion publique très réfractaire à l’Europe et à l’euro. Comment faire aujourd hui ce à quoi il avait renoncé il y a dix-huit mois.
Enfin, les syndicats FO notamment sont déjà monté au créneau pour prévenir qu’on ne pouvait pas toucher aux dépenses publiques.
Dès le matin du premier jour de l’année, le président de la République s’est retrouvé dans un océan de doutes et de perplexités, en attendant une levée de boucliers générale.
Vendredi, hier, jour du premier conseil des ministres  de l’année, François Hollande savait qu’il lui faudrait désormais se battre contre beaucoup de ses partisans. Il savait que la gauche du parti, le front de gauche, le parti communiste et les écologistes ne l’accompagneraient pas dans son virage pseudo libéral. Les syndicats ne pourront pas le faire, du moins publiquement.
Quant aux membres du gouvernement, la plupart savent déjà que ça ne passera pas. Et si ça bloque, ils en feront cette fois ci les frais, à commencer par le Premier ministre qui était parti avec l’idée de relancer sa réforme fiscale. Inutile de dire que cette fois, le projet est enterré.  D’où les rumeurs  relancées dès le 2 janvier, d’un remaniement gouvernemental, avant même les élections européennes.
Les ministres qui se disent appartenir à la gauche moderne se frottent les mains en silence... Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Manuel Valls, Michel Sapin et d’autres, soutenus par les maires des grandes villes comme Gérard Collomb, le maire de Lyon, ou François Rebsamen, celui de Dijon.
Conscient que les rapports de force vont changer au sein de la majorité, François Hollande  veut donc aller très vite pour convaincre les marchés d’abord, et l’opinion ensuite, que son intention de réforme est sincère. Lors du conseil de vendredi, il aurait donc demandé aux ministres de Bercy de nouvelles études, sur la compétitivité, la baisse des charges, et surtout sur les économies de dépenses publiques. Il aurait demandé de vérifier si à qualité de service publique équivalente, l’Allemagne dépensait bien 100 milliards de moins que la France.
Au niveau du timing, l’Elysée souhaiterait passer un maximum de mesures avant la saison des élections. Il va donc falloir aller très vite avant le mois d’avril. D’où son idée de passer par décrets et ordonnances. On imagine la réaction des membres du groupe socialiste à l’assemblée ou des amis de M. Mélenchon, qui aura trouve un prétexté de plus pour éructer.
Pour les responsables politiques et syndicaux, tout cela est un peu surréaliste. Le prochain grand rendez-vous est fixé au 15 janvier, jour de conférence de presse au cours de laquelle le président donnera "toutes les précisions nécessaires". D’ici là les lobbys  de toutes sortes vont s’activer pour défendre la sphère publique qui se retrouve, tout le monde l’a compris, dans le collimateur. Or la sphère publique, c’est le socle de l’électorat "hollandais", alors à Paris comme à Berlin ou à Bruxelles, on pense que le président français a pris un tel retard sur la réalité qu'il aura du mal à gagner la course de vitesse où il dit s’ être engagé.

« François Hollande doit faire attention à sa peau »


Fidèle au Courrier de l’Eure depuis 1982, Manita Carrington n’avait pas pu vous offrir ses prédictions l’an dernier. Hospitalisée et dans le coma, les médecins ne lui donnaient que quelques heures à vivre. La voyante de Louviers a triomphé de la maladie et rouvert son cabinet depuis le mois de mai. Elle renoue aujourd’hui avec une tradition à laquelle vous êtes très attachés.

Bonjour Manita. Les lecteurs du Courrier de l’Eure sont ravis de vous retrouver en pleine forme. Comment voyez-vous cette année 2014 ?
Je vais essayer de ne pas me montrer trop pessimiste. Depuis plus de trente ans que vous m’interrogez, les gens me reprochent de ne pas leur annoncer de bonnes nouvelles. Ils aimeraient tant sortir du marasme. Ca va être dur, mais ça finira par aller mieux. Il ne faut pas que vos lecteurs aient peur de l’avenir. L’année 2014 sera encore dure. Elle sera marquée par de nombreux mouvements de grève. Les gens sont de plus en plus nombreux à se révolter face aux difficultés qu’ils rencontrent. Nous ne verrons pas encore le bout de la crise, mais on peut entrevoir un peu d’amélioration en fin d’année 2014.
Le président François Hollande est au plus bas dans les sondages. Pensez-vous que sa cote de popularité va remonter ?
Ce n’est pas possible. Les Français ne sont pas contents du tout. Même ceux qui ont voté pour lui sont de plus en plus nombreux à douter. Sa cote de popularité peut encore baisser. Au mieux pour lui, elle risque de se stabiliser, mais cela m’étonnerait. En tout cas, elle ne remontera pas en flèche. Vous pouvez me croire. Il faudrait qu’il réduise les impôts pour inverser la tendance. Il ne peut pas continuer à mener la même politique. Les gens n’ont plus d’argent. Ils ne parviennent plus à payer leurs loyers.
François Hollande doit faire attention à sa peau. Il pourrait être la cible d’une attaque. Je crains pour lui un coup de folie de la part d’un désespéré qui en a marre. Je crois qu’il en a peur, lui aussi. Il doit se montrer prudent.
Le président de la République avait annoncé une inversion de la courbe du chômage. Y croyez-vous ?
Le chômage ne va pas baisser. Ce n’est pas possible. La France n’est plus maîtresse de son destin. Son sort dépend de ce qui se passe autour d’elle.
La réforme des rythmes scolaires fait l’objet de nombreuses critiques. Entrera-t-elle en vigueur en septembre, comme cela a été annoncé ?
Nos écoles ne sont pas épargnées par le marasme actuel. L’Éducation nationale connaîtra encore des mouvements de grève. Il y a trop d’oppositions par rapport à cette réforme. Le gouvernement sera obligé de reculer.
Les Français sont attachés à la sécurité. Comment voyez-vous l’évolution de la délinquance ?
J’invite vos lecteurs à se montrer très prudents. Les gens en difficulté sont de plus en plus nombreux à basculer dans l’illégalité. Les voleurs sont prêts à tout pour trouver de l’argent et de quoi manger. Il faut aussi se montrer méfiant et éviter d’accorder sa confiance à des inconnus. Les escrocs sont de plus en plus nombreux à tenter d’abuser des personnes faibles.
Jean-Marc Ayrault restera-t-il Premier ministre ?
Il ne terminera pas l’année à Matignon. Il y aura un remaniement gouvernemental. Il se produira dans deux à trois mois, probablement après les élections municipales.
Justement, les Français renouvelleront leurs conseils municipaux au mois de mars. Faut-il s’attendre à du changement ?
Les gens profiteront des élections municipales pour exprimer leur mécontentement. Les villes seront nombreuses à basculer de gauche à droite. Paris pourrait bien changer de bord.
La France est parvenue à se qualifier in extremis pour la coupe du monde de football qui se jouera au Brésil. Quelles sont les chances des Bleus ?
Je leur fais confiance. Ils feront un joli parcours et se réconcilieront avec leurs supporters. Malgré leurs progrès, ils auront du mal à accéder en finale.
Les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi débutent le 7 février. La France en ramènera-t-elle beaucoup de médailles ?
Les sportifs français réaliseront de belles performances. Ils feront une belle moisson de médailles, dans toutes les disciplines, en ski comme en patinage. Ce sera une bonne année pour nos couleurs.
Sur un plan plus général, que nous réserve l’année 2014 ?
Ce sera encore une année humide, marquée par de nombreuses inondations. Les accidents de voiture resteront nombreux. Nous connaîtrons encore des catastrophes aériennes. Il y aura également un petit tremblement de terre en France. J’ai eu un flash à ce propos. Heureusement, il n’aura pas de conséquences graves.
Quels conseils donnez-vous à nos lecteurs, en ces temps de crise ?
Je leur recommande de ne pas dépenser à gogo, comme certains ont été tentés de le faire à Noël. Ils doivent se montrer prudents face aux emprunts et au crédit à la consommation qu’il faut bien rembourser par la suite. Il est préférable de vivre modestement, en se contentant de ce que l’on a, quand on dispose de moyens limités.
Votre dernier mot, pour conclure ?
Je souhaite une bonne année 2014 à tous les lecteurs du Courrier de l’Eure, à mes amis de Louviers et à tous les Normands. J’espère que tout ira bien pour eux, surtout sur le plan de la santé. Je les invite à faire attention. C’est le bien le plus précieux. Je sais de quoi je parle. J’en ai fait l’expérience l’an dernier…

samedi 4 janvier 2014

Les présents des Rois mages seront en Russie pour la Noël orthodoxe


Les croyants orthodoxes de Russie vont recevoir un très beau cadeau pour la Noël, qui a lieu le 7 janvier suivant le calendrier julien. Les présents des Rois mages vont arriver du monastère Saint-Paul du Mont Athos. Le sacré reliquaire quittera pour la première fois les limites de la Grèce depuis qu’il se trouve au monastère.

Les présents des Rois mages sont l’une des rares reliques liées à la présence terrestre de Jésus Christ et presque l’unique pour ce qui est de sa naissance. Comme le rapporte l'Évangile selon Matthieu, ayant appris la naissance de Jésus, les Rois mages sont venus d'Orient guidés par une étoile pour rendre hommage au roi des Juifs et lui apporter à Bethléem des présents d’une grande richesse symbolique : or, myrrhe et encens. L’or a été offert à Jésus Christ roi, l’encens - à Christ Dieu et la myrrhe – à Jésus homme pour son enterrement. L’or nous est parvenu sous forme de 28 petites plaquettes carrées et triangulaires de 5 sur 7 centimètres, portant un ornement très fin, et l’encens et la myrrhe – sous celle de 70 boules foncées, rappelant des olives, explique le hiéromoine Euthyme du monastère Saint-Paul du Mont Athos :
« Selon la légende du monastère, la Sainte Vierge gardait durant toute sa vie ses reliques auprès d’elle. Avant son assomption, elle les a confiées à deux jeunes filles avec sa ceinture, la tunique de Dieu et d’autres saintes reliques. A la fin du IVe siècle, l’Empereur Arcadius en a eu connaissance et a fait transporter les reliques de Jérusalem à Constantinople, et longtemps ces reliques ont été gardées à la cathédrale Sainte-Sophie. »
Le reliquaire a été donné au monastère au XVe siècle par Mara, fille du prince serbe Đurađ Branković (1428-1456), mariée au sultan ottoman Murat II et marraine de Mehmet II, le conquérant de Constantinople. Elle a décidé de les offrir elle-même au monastère Saint-Paul, poursuit le hiéromoine Euthyme :
 « Lorsque, suivant la tradition des Empereurs orientaux, Mara les portait au Mont Athos – un miracle s’est produit. A mi-chemin du monastère elle a été arrêtée par la voix de la Mère de Dieu. La Vierge lui a interdit d’avancer, et Mara s’est retirée, en laissant les présents des Rois mages à cet endroit. C’était en 1470. A partir de ce temps-là ces reliques se trouvent dans notre monastère Saint-Paul et constituent la principale sainte relique du monastère. »

Les cadeaux des Rois mages arriveront en Russie le soir du 6 janvier. Et seront portées à la Cathédrale Saint-Sauveur, où la messe de minuit sera célébrée par le patriarche.

Les moines du mont Athos affirment que les présents des Rois mages possèdent un grand pouvoir bénéfique et peuvent guérir bien des personnes malades. Ayant étudié l’ornement en filigrane des petites plaquettes d’or, les spécialistes ont conclu qu’il s’agissait du travail d’orfèvres persans antiques, datant précisément d’il y a plus de 2000 ans.  

Chômage : le déni hollandais vu de l'étranger


A la suite de l'annonce des chiffres du chômage de novembre, la presse française a réagi vivement aux déclarations de François Hollande sur l'inversement de la tendance. La presse étrangère n'est pas en reste ; l'occasion pour les Britanniques de rappeler la situation désastreuse vers laquelle s'achemine la France, alors que les Allemands se montrent plus nuancés et davantage préoccupés par le sud de l'Europe.

Atlantico : Vendredi, un article du Daily Mail relevait le déni dans lequel se trouve François Hollande, compte tenu de la situation économique de la France. Comment cette dernière est-elle perçue, d'une manière générale, par la presse étrangère ? 

Hugh Schofield : Il convient tout d’abord de préciser que taper sur la France fait partie du fond de commerce du Daily Mail, en bon quotidien anglo-libéral qu’il est. Je crois, par ailleurs, que la plupart des Britanniques auraient la même opinion. Si l’on regarde plus précisément le paysage journalistique britannique, on peut constater que les principaux journaux marqués à gauche comme The Guardian, The Independent, ou The Observer, s’efforcent de trouver de bonnes choses à dire sur l’économie française. Mais leurs propos ne résistent pas à la réalité de la situation, et leurs conclusions sont finalement assez similaires à ce que l’on peut lire dans des journaux de la droite libérale comme le Times ou le Daily Mail, qui sont tous unanimes pour dire que la France s’achemine vers un désastre.D’une manière générale, il faut se méfier de ce que peut dire la presse britannique au sujet de la France car tous les titres baignent plus ou moins dans le libéralisme, y compris The Guardian et The Independent. Ces deux derniers titres, même si l’on pourrait les soupçonner d’être un petit plus pro-français que les autres, sont très angoissés au sujet de l’avenir de l’économie française, et de la politique menée qui vise à augmenter les impôts et non pas à s’attaquer aux dépenses de l’État.
Plus généralement, les journaux de la droite européenne partagent le même avis sur François Hollande et sa politique économique ; ceux de gauche sont, assez logiquement, plus positifs dans leurs propos sur la conduite de la politique du président français. Aux yeux de ces derniers, François Hollande a bien analysé le problème, qui est celui de la réduction du déficit et du poids de la dette. Mais aucun des prédécesseurs de François Hollande ne s’est jamais attaqué à ce problème, et on peut noter peut-être chez lui, pour la première fois, un début d’action vis-à-vis de ce problème. Ce qui ne va pas dans son action, et qui est généralement dénoncé par la presse étrangère à tendance libérale, c’est qu’il agit sur l’impôt.

A lire également sur le jumeau maléfique de François Hollande :

>>> Exclusif : François Hollande a un jumeau maléfique (et c'est lui qui a annoncé que l'inversion de la courbe du chômage, c'était pour plus tard)

>>> Encore un coup du jumeau maléfique de François Hollande ? Le gouvernement décide de taxer les rivières

>>> “Mon pire ennemi, c’est la finance”... et pour le jumeau maléfique de François Hollande, c’est la langue française… ? Les étranges fautes de son discours sur la Centrafrique

De quelle manière la presse étrangère perçoit-elle le déni qui existe entre les chiffres du chômage en France (10,5 % et plus de 17 000 demandeurs d'emplois de plus en novembre) et les propos de Hollande selon lesquels la courbe du chômage a déjà commencé à s'inverser ? 

Hugh Schofield : Concernant les récentes déclarations de François Hollande sur le chômage et les chiffres qui sont sortis le lendemain de Noël, il n’y a rien de plus risible ! Comment peut-on jouer de manière aussi flagrante avec les chiffres ? Si le gouvernement anglais avait osé dire, en dépit d’une augmentation du nombre de demandeurs d’emplois, que la courbe du chômage s’inversait, il n'aurait pas été improbable d'entendre des appels à la démission. Dire que l’on inverse la courbe du chômage n’a aucun sens, dans la mesure où tout le monde sait qu’à un certain moment, une courbe atteint son pic, et qu’à ce moment-là forcément elle entame sa descente ; mais cela ne veut pas dire que le problème a été résolu. On ne jouerait pas comme cela avec les chiffres en Angleterre ! De telles déclarations de la part de François Hollande, c’est totalement abject et décrédibilisant sur le plan politique.
Lothar Rühl : D’une manière générale, les niveaux d’emploi dans toute l’Europe sont un sujet de préoccupation majeurs pour les journaux économiques allemands, moins pour les titres plus généraux comme la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Dans son ensemble, la presse allemande ne s’occupe pas dans le détail de la situation économique de la France. Elle s’intéresse plutôt à des pays comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce.

Quels sont les échecs de François Hollande que la presse étrangère a généralement tendance à lui imputer ? 

Hugh Schofield : Le cliché, c’est qu’il est mou et faible. Quand je rentre en Angleterre, il est fréquent que l’on me demande s’il est effectivement vrai qu’il est si mou et si faible. C’est l’un de ses principaux traits qui est relayé auprès de la population britannique via la presse, et notamment les titres économiques. Le fait qu’il n’ait pas su s’attaquer aux vrais problèmes témoigne de cette faiblesse auprès des journaux britanniques. Il donne l’impression d’être fort en ce qui concerne la politique étrangère, mais pour masquer justement ses défaites sur le plan national. Ses interventions au Mali et en Centrafrique sont perçues comme des moyens de récupérer des points dans les sondages. Ce sont vraiment les principales analyses que l’on retrouve dans les journaux britanniques.
Lothar Rühl : Principalement, il s’agit du manque de réformes structurelles que la presse allemande met en évidence à travers l’absence de base solide entre le patronat et les syndicats, ce à quoi les Allemands sont sensibles, car les rapports chez nous sont plutôt équilibrés. Les journaux allemands constatent également la faible compétitivité des entreprises françaises à l’international. Ils dénoncent également les critiques souvent formulées par la France à l’égard du niveau des exportations allemandes; sans oublier le niveau trop faible des privatisations des entreprises françaises, qui a toujours été relevé par la presse allemande : trop d’étatisme et pas assez de compétition entre acteurs privés.

François Hollande est considéré comme l'un des présidents les moins populaires de toute l'histoire de la Vème République. La presse étrangère partage-t-elle cette vision du président français ? 

Hugh Schofield : Oui, absolument. Personnellement, je ne me fie pas trop à ce type de sondage de popularité. Depuis quinze ans que je suis en France, j’en ai vu des sondages jugeant l’action des présidents français, et des commentateurs dire que l’un ou l’autre n’a jamais été aussi bas… Mais cela est davantage révélateur de l’état d’esprit général des Français. Personne ne remet en cause son caractère sympathique, mais il est évident quepersonne ne croit qu’il s’agit de celui qui mènera la France vers un avenir radieux. Ces sondages ne signifient donc pas vraiment qu’il est fondamentalement mauvais, mais plutôt qu’il n’a pas su s’attaquer aux problèmes, et donc améliorer le moral des Français. C’est une tendance assez historique en France.
On pourrait d’ailleurs comparer la situation actuelle de la France à celle de 1958,lorsque les niveaux de dette et de chômage étaient également très importants. Pour sauver la France, seule une force drastique pourrait remédier à cette situation, ce que n’incarne aucunement François Hollande.
Lothar Rühl : La presse allemande renvoie cette image, mais on ne peut pas dire qu’elle la partage. Les journaux allemands sont en général assez neutres en ce qui concerne les critiques formulées contre Hollande et le gouvernement. Ils les rapportent seulement, en précisant les raisons.

Y-a-t-il eu par le passé d’autres présidents, français ou étrangers, pris en flagrant délit d'un aussi fort déni de réalité ? 

Hugh Schofield : Mais tout le monde joue avec les chiffres, avec plus ou moins de tact. Il y a néanmoins des limites à ne pas dépasser, ce que vient pourtant de faire François Hollande en affirmant une baisse tendancielle du chômage alors que l’on annonce plus de 17 000 nouveaux demandeurs d’emplois !

Quel écho la presse étrangère donne-t-elle à l'opposition française, qui pointe du doigt ce déni de réalité de la part de Hollande concernant la situation économique de la France ?

Hugh Schofield : L’image de l’opposition n’est également pas bonne auprès de la presse britannique. La seule chose qui est véhiculée, ce sont les déchirements au sein de cette opposition, en plus du potentiel retour de Nicolas Sarkozy. L’opposition n’est pas perçue comme crédible pour que la presse britannique lui accorde son attention. En ce moment, la seule chose qui intéresse la presse étrangère au sujet de la France, ce sont les difficultés de François Hollande et la montée du FN de Marine Le Pen.
Lothar Rühl : La presse allemande ne se réfère pas à l’opposition parlementaire française pour ce qui concerne les critiques formulées à l’encontre de François Hollande et de son gouvernement. L’opposition actuelle en France n’a pas vraiment d’écho en Allemagne.

Les bonnes résolutions de François Hollande pour une annus 2014 mirabilis

En cette fin d’année, l’heure est aux bonnes résolutions et comme cette heure n’arrive qu’une fois par an, il s’agirait de ne pas de se planter.
C’est d’ailleurs probablement faute d’avoir apporté suffisamment de soin à ses bonnes résolutions que l’annus 2013 de François Hollande fut horribilis. Pourtant, ce n’est pas faute de bons et pertinents conseils puisque fin d’année 2012, Humeurs de vaches, avait dans sa grande générosité fait cinq préconisations de bonnes résolutions à François Hollande.
Avant de remettre ça pour 2014, jetons un rapide coup d’œil en arrière et vérifions si c’est bien la peine qu’Humeurs de vaches se décarcasse à assister François Hollande dans ce choix essentiel que sont les bonnes résolutions de début d’année.
Faux jeton
Première résolution pour 2013 - Ne plus avoir l’air d’un bisounours mal fagoté : Le conseil a été partiellement suivi. Il a manifestement fait des efforts mais comme il a grossi ça ne suffit pas pour lui donner un minimum d’élégance. On va dire quand même que ce n’était pas une résolution majeure.
Deuxième bonne résolution pour 2013 - virer les emmerdeurs : là, clairement, il n’a pas suivi notre conseil. Et des emmerdeurs dans son propre camp ce n’est pourtant pas ça qui manque. La seule à avoir fait les frais d’un bref et exceptionnel accès d’autorité du Président fut Delphine Batho. Ca devait être un jour ou Valérie a été particulièrement bassinante, pas de chance pour elle. Sinon, rien. Il s’est fait méchamment critiquer par tous les Verts sauf par ceux qui sont au gouvernement, ce qui lui sert de prétexte pour ne pas les virer. Le problème c’est que cela rend encore plus illisible la parole de l’exécutif. Comment voulez vous convaincre du bien fondé d’une politique contesté ouvertement et vertement par une partie de propre majorité !
Troisième bonne résolution pour 2013 - se montrer et s’exprimer mais pas n’ importe où et pas n’importe comment
C’est un conseil qu’il a suivi. Fini les plateaux de JT ou les matinales de radio. Ces interventions sont plus solennelles et c’est mieux.
Malgré tout, c’est très loin de suffire pour que l’on ait envie de l’écouter. Disons le tout crûment, il est barbant, ce n’est pas un meneur d’homme qu’on a envie de suivre. Pire encore, non seulement la forme est pénible avec son phrasé trop haché tout droit sorti d’une école de diction pour accompagnateurs de sourds-muets, mais le fond n’a pas d’intérêt. On attendait de François Hollande un discours fondateur fort de sa politique avec une vraie stratégie et des vraies perspectives. Au lieu de ça, on a eu une boite à outil et une promesse d’inversion de courbe du chômage qui réussit l’exploit d’être à la fois une aberration mathématique et une énorme erreur politique. Il va être maintenant difficile pour lui de remonter son audience. Respecter la résolution numéro 3 n’a pas suffit.
Quatrième bonne résolution pour 2013 - faire avancer l’Europe
Sur celle-ci, on peut être tout à fait catégorique, François Hollande l’a complètement évacuée, sous le tapis la quatrième bonne résolution.
A quelques mois des élections européennes, l’Europe n’a jamais eu aussi mauvaise presse dans la population. Rien n’a bougé depuis qu’il est arrivé au pouvoir à l’exception peut-être de l’accord sur la supervision bancaire dont on ne peut guère lui donner crédit. La relation franco-allemande qui est la clé de toute avancée parait distante comme jamais et François Hollande n’a pris aucune véritable initiative pour faire évoluer l’Europe. Pire encore, il ne dit rien sur l’Europe dans ses discours aux français comme si le sujet importait peu.
Enfin, la Cinquième bonne résolution 2013 était - ne plus se cacher derrière le bilan de Sarkozy
Ca a été difficile, mais il faut avouer qu’on ne l’entend plus trop évoquer le bilan de Sarkozy pour justifier son incapacité à redresser la France. D’autres s’en chargent mais lui s’en abstient et s’est tant mieux.
Bon, ce petit bilan est pour le moins mitigé non seulement parce que François Hollande n’a pas respecté nos préconisations, à croire qu’il n’avait pas lu le billet, mais également parce qu’elles paraissent, après coup très insuffisantes. Humeurs de vaches a péché par optimisme, ce ne sont pas 5 bonne résolutions qu’il aurait fallut suggérer à notre président mais cinquante.
Mais comme cinquante, ça risque de faire un peu long, restons sur ce chiffre de 5 pour l’année 2014.
Tout d’abord, il va falloir reprendre celles qui n’ont pas été considérées à leur juste valeur en 2013, et notamment la résolution 4.
Donc première bonne résolution : Faire avancer l’Europe.
Ca devient urgent, ça l’était déjà en 2013, il est presque trop tard en 2014 pour que cette année soit pour François Hollande « celle de l’explication, de la persuasion et de la pédagogie, afin de convaincre les Français que l’Europe est l’avenir de la France ».
Deuxième bonne résolution : Ne pas s’engager dans d’illusoires promesses sans être certain de pouvoir les tenir sous peine de se les prendre brutalement sur la figure une fois l’échéance atteinte.
Tout le monde aura compris à quoi il est fait allusion, pas la peine d’insister sauf pour rappeler qu’il n’y a rien de pire pour une démocratie que des promesses déçues. En voulant absolument montrer sa volonté sans faille de combattre le chômage, il s’est fixé lui-même un objectif intenable et donc non tenu. Sa crédibilité déjà flageolante va encore en prendre un grand coup dans l’aile. Alors qu’il arrête de prendre un tel risque.
Troisième bonne résolution : Prendre le taureau par les cornes en arrêtant de prendre des demi-mesures. Demi-mesures dans la diminution des dépenses, demi-mesures dans la décentralisation, demi-mesures dans le non cumul des mandats, demi-mesures dans la diminution des charges des entreprises et même demi-mesures dans l’intervention en Centrafrique. L’heure n’est plus aux demi-mesures consensuelles, et puisqu’il s’y réfère volontiers, qu’il ose suivre la trace de Schröder et tant pis pour une aléatoire ré-élection.
Quatrième résolution : Ne pas intervenir sur des sujets qui ne sont pas du ressort du Président de la République comme les histoires Léonarda ou Dieudonné. Sur ces sujets là, il se disperse et prend des risques inutiles.
Cinquième résolution : Engager, enfin, la réforme des territoires qui s’impose avec réduction du nombre de communes et suppression des départements. Cette résolution est probablement la plus difficile à prendre compte tenu à la fois des résistances dans son propre camp et notamment du Sénat, et de la difficulté technique à opérer le transfert des compétences et des budgets. Mais s’il réussit à la mener à bien ou du moins à la rendre irréversible à l’issu de son quinquennat, elle restera comme la mesure phare de son mandat et prouvera qu’il a des couillesl'étoffe d'un véritable homme d'Etat.
Attention, ce n’est pas parce que François Hollande aura respecté à la lettre ces préconisations que l’annus 2014 sera nécessairement mirabilis. Humeurs de Vaches conscient de ses limites reconnait modestement que pour les miracles, François Hollande devra s’adresser à quelqu’un d’autre.
Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente année 2014, qu'elle soit pleine d'actualités passionnantes à commenter dans la joie et la bonne humeur tant qu'à faire.

vendredi 3 janvier 2014

La marche arrière

La marche arrière


Et si notre sacro-sainte « bagnole » avait définitivement perdu son pouvoir d'attraction ? Une chose est sûre, le marché automobile français a enclenché en 2013 sa plus sévère marche arrière depuis plus de 15 ans, avec une baisse des immatriculations de voitures neuves de 5,7 %. Et cela malgré l'embellie de 9,4 % du mois de décembre, peut-être liée à la perspective d'un durcissement du malus ou à l'augmentation de la TVA. N'empêche que depuis 2009, et la progression des ventes de voitures neuves de 11 % due à la prime à la casse, les baisses sont constantes pour nos constructeurs nationaux : -3 % en 2010, -2 % en 2011 et -14 % en 2012.
Il faut évidemment voir dans cette trajectoire les effets de la crise. Les contraintes budgétaires des ménages ont freiné le renouvellement du parc automobile. L'âge moyen d'un acheteur de véhicule neuf a progressé d'un an en cinq ans (à 52,5 ans). Les difficultés économiques ont poussé les moins de 30 ans soit à renoncer à la voiture, soit à se tourner vers le marché de l'occasion. Et la durée de détention moyenne du véhicule a aussi augmenté.
Le montant des dépenses liées à son utilisation (péage, carburant, entretien, stationnement) et une « autophobie » ambiante (contrôles radar, nouvelles limitations, pollution) sont en train de modifier notre rapport à l'automobile. Elle est passée du symbole clinquant de la réussite sociale à une vocation purement utilitaire qui explique les tendances actuelles au « low cost » ou à l'autopartage. On y ajoutera le recours aux mandataires ou à l'internet qui fragilise les concessionnaires.
Il n'y a pas que des inconvénients à cette évolution des mentalités. Elle traduit une relation moins irrationnelle et plus responsable avec la voiture. En témoigne la réduction du nombre de tués sur les routes. Mais il y a un revers à tout cela. Comme l'ensemble de l'activité industrielle française, tristement en recul par rapport à l'ensemble de la zone euro, notre secteur automobile est confronté au besoin d'innovation et de compétitivité. Bref, à un changement de modèle.

Tennis féminin : pin-up ou athlètes ?


Les lolitas de la balle jaune attirent moins le public que les hommes, mais engrangent plus d’argent. Un business qui repose sur une franche part d’hypocrisie.
C’est une expérience que chacun peut tenter : entrez dans une bou
tique Lacoste et cherchez-y une robe de tennis. Le portant, quand il y en a un, mesure au mieux 70 centimètres, perdu au fond du magasin. Pas plus de jupettes dans la vaste boutique Nike des Champs-Elysées, à Paris, alors que la marque à la virgule habille les trois meilleures joueuses du monde ­(Serena Williams, Maria Sharapova, Victoria Azarenka). Et c’est la même chose côté raquettes : Go Sport ou Décathlon proposera la Wilson de Federer, la Babolat de Nadal, la Head de Djokovic, voire la Kennex du Suisse Stanislas Wawrinka… mais jamais l’instrument d’une de ces dames. Car bien que 30% des joueurs ­licenciés à la Fédération française de tennis soient des femmes, le marché du tennis féminin reste très étroit. En outre, une jeune fille choisira plus facilement pour idole un Andy Murray qu’une Agnieszka Radwanska, quatrième joueuse mondiale au classement WTA…Or les joueuses professionnelles n’ont jamais gagné autant...

La dette, le plus lourd des boulets pour les pays occidentaux


La dette publique atteint partout des seuils impressionnants. Mais c'est probablement à l'Europe qu'elle coûte le plus cher.

Zone euro

Si les coûts d'emprunt sont redevenus abordables pour la plupart des pays de la zone euro - à part pour la Grèce, où ils flirtent toujours avec les 10 % -, la part de l'endettement public par rapport aux revenus a encore augmenté partout dans la zone euro en 2013 sous l'effet de la récession - sauf en Allemagne, où il s'est un peu résorbé. Cet endettement qui représente pour la zone euro 95,5 % de la valeur de son PIBs'alourdira encore, à 95,9 % du PIB, l'an prochain, selon les estimations de la Commission européenne. Ce poids de la dette, note Patrick Artus, constitue un frein d'autant plus important à une franche reprise de la zone euro que le très net ralentissement de l'inflation au cours des derniers mois accroît relativement les taux d'intérêt réels. Ce qui fait craindre, selon lui, un retour de la crise des dettes souveraines dans la zone euro.

Japon

Tokyo, pour sa part, doit refinancer une dette sans équivalent au monde, représentant 245 % du PIB ! Certes, en raison de la confiance accordée par les épargnants nippons, qui constituent la grande majorité des détenteurs de créances sur Tokyo, le pays se finance à des taux négatifs, compte tenu d'une inflation certes timide, mais qui a enfin succédé à une longue période de baisse des prix. En octobre, en excluant les effets des importations d'hydrocarbures, la hausse des prix a atteint… 0,3 %, un record depuis quinze ans ! Il n'en demeure pas moins que Tokyo doit trouver des ressources nouvelles pour ne pas aggraver cet endettement spectaculaire d'un pays vieillissant (la population a diminué de 250.000 personnes l'an dernier, un chiffre sans précédent). Et ce d'autant plus que le énième plan de relance annoncé en décembre par le Premier ministre, Shinzo Abe, dont le fameux Abenomics ressemble en fait de plus en plus à du keynésianisme pur jus, va coûter 40 milliards d'euros. Afin d'éviter une dérive des comptes, le chef du gouvernement s'est engagé à appliquer au 1er avril prochain la hausse de la TVA de 3 points, de 5 % à 8 %, préparée par son prédécesseur. Seul inconvénient : la plupart des analystes s'attendent à ce que cela casse complètement la dynamique de consommation.

Etats-Unis

Le contexte budgétaire s'est beaucoup éclairci à Washington. Après avoir paralysé l'Etat en octobre, le Congrès a négocié un accord permettant de le financer pour les deux ans qui viennent. Mieux encore : il a réduit la dose d'austérité programmée cette année. Les efforts de rigueur seront trois fois moindres qu'en 2013. Et, contrairement à beaucoup de pays d'Europe, il n'y aura pas de hausses d'impôt. Le pays n'en a pas réellement besoin : il a engagé l'assainissement de ses finances publiques de manière spectaculaire. Le déficit de l'Etat s'est résorbé de 38 % l'an dernier ! Il ne représente plus que 4,1 % du PIB. Les dépenses sont en baisse, grâce aux coupes dans les dépenses sociales - les allocations chômage notamment. A long terme, les Etats-Unis ne sont pas à l'abri d'une crise de la dette : celle-ci atteint 110 % du PIB et pourrait exploser avec le vieillissement de la population, qui implique plus de dépenses sociales.

Le diable est dans la contrepartie

Le diable est dans la contrepartie


C’est un domaine dans lequel François Hollande excelle : le deal, la contrepartie, la promesse sous condition, l’engagement donnant-donnant. C’est ainsi qu’il a géré le Parti socialiste pendant une décennie, et c’est ainsi qu’il a bâti son actuelle majorité. Ce savoir-faire offre un indéniable avantage : il permet à François Hollande de durer, en promettant successivement aux uns et aux autres, en navigant entre les contraires, en jonglant entre les sensibilités. Mais cette méthode présente aussi beaucoup d’inconvénients : il n’est que de voir le délabrement dans lequel il avait laissé le PS, ou encore le niveau de doute qui s’est installé depuis dix-huit mois au sein de la gauche. Pour ne pas parler de l’état du pays.
C’est pourquoi il faut prendre avec prudence le deal soudain proposé par le chef de l’Etat aux entreprises, ce « Pacte de responsabilité » liant la baisse des charges et des contraintes à une relance des embauches et du dialogue social. D’ailleurs, qui croire ? Le François Hollande qui donne le sentiment dans ses vœux de se convertir à une sorte de réalisme social-libéral, ou celui qui, dans le même discours, continue à affirmer : « J’ai confiance dans les choix que j’ai faits pour le pays », signifiant ainsi qu’il n’a pas l’intention d’en changer ?
Certes, le Medef a eu raison de prendre la balle au bond et de promettre de « participer et s’impliquer activement » dans le processus du « Pacte » : il avait tout à perdre à ne pas tenter le coup. Mais dans un pays où les entreprises ont la rentabilité la plus faible depuis 30 ans, les charges et les contraintes les plus pesantes jamais subies, on aurait aimé qu’au lieu de parler de contrepartie nouvelle, le président de la République dise simplement : « il faut réduire les charges et les contraintes pour que les entreprises puissent embaucher ».