TOUT EST DIT

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dimanche 18 août 2013

Les invités du Point Michèle Cotta Michèle Cotta : Valls vs Taubira, une question d'idéologie(s)

Les désaccords des ministres sur la réforme pénale témoignent de deux visions de la justice. Mais au-delà de l'idéologie, il faut savoir faire preuve de bon sens.


La polémique qui oppose la garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur est loin d'être la première du genre : Élisabeth Guigou et Jean-Pierre Chevènement, sous Lionel Jospin, ne se sont fait aucun cadeau. Plus tard, en 2010, Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice après avoir occupé elle-même le poste de ministre de l'Intérieur, ne s'est pas privée de lancer quelques phrases très désagréables sur son successeur Brice Hortefeux, notamment pour défendre les juges d'application des peines, mis en cause par l'hôte de la Place Beauvau, ou sur le couvre-feu décidé pour les mineurs. Bref, ces polémiques sont traditionnelles. D'autant qu'elles doivent beaucoup au jeu de rôles entre ministres d'un même gouvernement : le ministre de la Justice se fait le porte-parole des magistrats et de leurs syndicats, auquel il ne veut pas déplaire. Le ministre de l'Intérieur prend la défense des policiers, qui s'indignent lorsqu'ils voient un délinquant appréhendé avec grande difficulté par eux remis dans la nature par les juges. 
Dans le conflit actuel sur la réforme pénale, porté au grand jour parLe Monde, il y a cependant autre chose : une remise en cause frontale de la politique de la gauche en matière de sécurité. Une première. Manuel Valls ne fait certes que reprendre des arguments qui sont les siens depuis au moins 2002. Il s'agit d'arguments répondant aux craintes de l'opinion publique sur la récidive, la remise de peines, et plus largement sur l'insécurité. Et c'est là que les convictions de Manuel Valls deviennent presque hérétiques pour une certaine gauche. Pour lui, le laxisme idéologique de la gauche est une des causes, sans doute la plus importante, de la défaite de 2002. Il n'a cessé de le répéter avant la campagne électorale de François Hollande. Pendant la campagne, il s'est employé à ce que, après avoir laissé entendre en janvier qu'il était favorable à la suppression des peines planchers, le candidat socialiste prenne du recul sur le sujet, en lançant sur le plateau de France 2 en mars que les peines planchers ne seraient supprimées que lorsque "l'on aura trouvé un nouveau mécanisme qui permet d'éviter la récidive". Bref, Manuel Valls a toujours partagé et fait sienne en la matière l'orientation, très contestée par le PS déjà en son temps, de Jean-Pierre Chevènement.

Des citoyens moins idéologues que leurs dirigeants

C'est que l'idéologie, sur ce sujet, règne de façon absolue, à gauche comme à droite : la droite se veut et s'affirme sécuritaire d'abord, tout en lâchant du lest parfois, comme Dominique Perben sur la remise de peine ou comme d'autres sur le surpeuplement des prisons. La gauche défend les vertus de la prévention, l'homme étant comme on le sait perfectible, et plaide que la répression seule ne suffit à éradiquer ni les crimes ni les délits. La vérité, comme souvent, est bien sûr au milieu : la prévention est nécessaire mais pas suffisante, la répression est indispensable mais ses effets sont limités. 
Si l'affrontement, donc, tient aux idées et pas aux réalités, aucune réforme pénale ne passera le cap d'une alternance politique ; au nom des grands principes, ce qui a été fait par un gouvernement ou un président sera forcément défait par le suivant. Et les réalités, quelles sont-elles ? Que l'insécurité, ou le sentiment qu'on en a, fait peur aux citoyens, qui se veulent à l'abri d'incivilités ou d'agressions et attendent de l'État qu'il les protège. Qu'on ne peut pas rendre leur liberté à de jeunes récidivistes comme si l'État prenait son parti de fermer les yeux sur la petite criminalité. Que la prison est la pire des solutions, mais qu'elle s'impose pour ceux qui menacent, de façon durable et prévisible, la sécurité des citoyens. Mais ils savent aussi, les Français, qu'on ne peut pas traiter tous les délinquants de la même façon, qu'on ne peut pas mettre sur le même plan, et notamment en prison, les délinquants de la route qui n'ont pas respecté la limitation de vitesse requise et les délinquants sexuels dont on sait que le taux de récidive est au plus haut. Que mieux vaut, à coup sûr, un délinquant réinséré à la fin de sa peine qu'un homme marqué de façon indélébile par sa condamnation, même après l'avoir purgée. Qu'on peut abréger certaines peines, mais pas toutes. En réalité, dans leur grande majorité, les citoyens sont moins idéologues que leurs dirigeants. Ils comprennent à la fois que la fermeté s'impose et qu'elle puisse s'assouplir selon les cas. Et si, entre la répression et le laxisme, il n'y avait pas, au milieu, tout simplement, le bon sens ?

samedi 17 août 2013

Pourquoi Manuel Valls a "torpillé" Christiane Taubira

Pourquoi Manuel Valls a "torpillé" Christiane Taubira


La politique est souvent mensonge. Il y a différentes formes de mensonge. L'entourloupe est l'une d'elles. La polémique Taubira-Valls en fournit l'exemple. Elle est une sorte de leurre. Un simple psychodrame qui se joue entre une femme caractérielle, attachante et totalement dévouée à ses convictions idéologiques, un jeune ministre pragmatique, au caractère bien trempé et terriblement ambitieux, et le président de la République, un homme malin qui gouverne au doigt mouillé. 

Clash inévitable 

Parmi les réformes promises par François Hollande figurait celle de la procédure pénale. Elle était indispensable. La justice et la sécurité étant des sujets majeurs de clivage entre la gauche et la droite, il fallait pour répondre à l'attente des familles de gauche que la nouvelle loi pénale s'inscrivît résolument en rupture avec l'esprit répressif dont on accusait la droite. Christiane Taubira, renommée pour sa générosité humaniste, serait l'artisan idéal des nouveaux textes. On minimisa le risque. C'est ainsi que la garde des Sceaux confia l'élaboration du projet à une "conférence du consensus" composée d'experts de sensibilité homogène. On négligea le principe élémentaire d'une large concertation démocratique, grave erreur s'agissant d'un sujet particulièrement sensible à l'opinion, justement au moment où l'on assistait à une recrudescence de la délinquance. Et enfin on oublia Manuel Valls, lui-même, sa fonction, sa culture et celle de la police dont il est le chef, son éthique de l'autorité, son crédit politique et surtout sa popularité, telle qu'une très grande majorité de Français se reconnaît en lui concernant le problème en cause. 
Le clash était inévitable. Qu'on en juge : Valls met lui-même en cause "la quasi-totalité des dispositions de ce texte". Valls veut des prisons, Taubira n'en veut pas. Taubira veut supprimer les peines planchers, Valls ne veut pas. Valls est pour une exécution ferme des peines de prison, même les plus courtes, Taubira dit que la prison doit être une exception pour les délinquants condamnés à une courte peine. Taubira veut accompagner les récidivistes condamnés, les encadrer, Valls veut les enfermer. Etc, etc. Et Jean-Marc Ayrault appelle cela "de simples divergences d'appréciation" ! On est, dit-il, "dans une phase normale d'échange préalable aux arbitrages". C'est nous prendre pour des imbéciles. 

Torpiller le projet Taubira

Nous, nous appelons cela un désordre grave. Cette profonde mésentente entre deux ministres importants du gouvernement sur un sujet qui les concerne directement est un nouveau signe de la fracture idéologique qui divise la gauche et qui, comme un péché originel, marquera jusqu'au bout le sort de l'actuelle majorité. Il fallait une parade à la menace que représente la prochaine mise au point définitive du projet Taubira et l'ouverture du processus parlementaire et des débats qu'elle va entraîner. Déjà on avait reculé ces échéances. Le risque approchait d'un déballage qui aurait ébranlé la majorité elle-même. Ce n'était pas seulement l'intérêt de Valls qui était en cause, mais bien celui du gouvernement et surtout celui de François Hollande. Il fallait donc, avant qu'il ne fût trop tard, torpiller le projet Taubira, qui allait bien au-delà de ce que souhaitait le président de la République, bien au-delà de ses propres convictions, pour autant qu'on sache ce que sont au juste ses convictions, en la matière comme en d'autres. 
Torpiller le projet Taubira, c'était faire en sorte qu'il soit ajourné. Eh bien, c'est fait. La lettre privée-publique du ministre de l'Intérieur au président de la République a été l'instrument de cette manoeuvre. De là à imaginer que l'auteur et le destinataire de cette missive assassine aient été de mèche, pourquoi pas, l'hypothèse n'est pas insensée. Quoi qu'il en soit, ils sont débarrassés pour un temps de cette ministre encombrante et de son projet sulfureux. On verra cela après les municipales, puisqu'il semble acquis que le texte de la réforme ne sera pas présenté au Parlement avant un an. D'ici là, bien des choses peuvent se passer. La réforme attendra donc. Elle ne sera pas la seule. Et avec elle les progrès en matière de sécurité. 

Défier le président

Qui aura profité de cette opération ? Le ministre de l'Intérieur, de toute évidence. Non seulement il aura neutralisé sa collègue de la Justice, mais il s'est offert le luxe de défier le président de la République. En lui demandant "une clarification de nos orientations politiques", il renverse en sa propre faveur le rapport de forces qui le lie à lui. En échange, il l'exonère pour un temps du souci de trancher publiquement entre deux options idéologiques. Il le dispense d'un acte d'autorité ! La chose est assez savoureuse, si l'on sait que Valls chevauche volontiers depuis un certain temps le thème de l'autorité. 
Le 29 juillet dernier, il donnait au journal Le Parisien une interview publiée sous le titre : "Il faut restaurer pleinement l'autorité". "Nous vivons, disait-il, une crise de l'autorité." Il ne rapportait pas seulement son propos à la justice et à la police, mais il l'élargissait à la famille, à l'école... et à la politique. Ainsi le ministre de l'Intérieur se pose-t-il résolument en champion de la valeur première qui fait depuis trop longtemps défaut non seulement à notre système politique, mais à notre organisation sociale. On ne lui donnera pas tort. Il y avait une droite qui se voulait décomplexée. Il y a désormais une gauche décomplexée. On souhaite bon courage à Manuel Valls. Il a contre lui l'esprit du temps, où se mêlent la légèreté, la lâcheté, la mode, le relativisme, la compassion... Ses pires ennemis sont dans son camp.

L'euro est-il un pari manqué ?


Un récent article du Financial Times prédit l’inexorable séparation de la zone euro, la monnaie unique n'ayant pas réussi à être une force d'harmonisation.

Dans un article intitulé Pourquoi la zone euro va se séparer tôt ou tard publié dans le Financial Times, Samuel Brittan déplore que la  monnaie unique n'ait pas réussi à devenir la force d'harmonisation qu'elle était censée être (lire ici). Le pari de l'euro est-il déjà perdu ?

Philippe Waechter : Dans un article récent du Financial Times le chroniqueur Samuel Brittan suggère que tôt ou tard la zone euro ne pourra plus continuer à fonctionner. Pour l'auteur, la monnaie unique devait apporter une grande homogénéité dont la régulation par la banque centrale était suffisante pour en assurer la pérennité. Il déplore qu'en l'espace d'un peu plus d'une dizaine d'années les européens n'aient pas été capables de créer cette homogénéité.Pour cela il fait reposer son analyse sur la divergence des coûts salariaux entre l'Allemagne d'une part et l'Italie, l'Espagne,la Grèce ou encore le Portugal d'autre part.Il souligne aussi l'excédent commercial allemand qu'il contraste avec les équilibres extérieurs difficilement acquis par ces pays.

A la lecture de ces deux éléments il conclut que la zone euro est un échec et qu'in fine en échapper sera la seule solution pour un pays voulant retrouver de la croissance.
La première remarque est de considérer qu'il est excessif d'imaginer en très peu de temps la possibilité d'une homogénéité forte au sein de la zone euro. C'est imaginer que le seul signal observé par les acteurs de l'économie est celui du prix ou du salaire. C'est un peu réducteur et forcément excessif pour être réaliste. Les acteurs de l'économie, ménages ou entreprises, réagissent aussi à d'autres signaux. On ne peut imaginer déterminer son comportement que sur la vue d'un prix ou d'un salaire.
La lecture de cet article fait penser immédiatement à la Grande-Bretagne qui à l'automne 1931 est sortie du système de change-or qui bloquait la valeur de sa monnaie. Dès sa sortie l'économie britannique avait retrouvé une dynamique de croissance plus marquée. Cette analogie forte n'est cependant pas suffisante pour accepter son application à la zone euro. Plusieurs arguments doivent être mis en avant :
  • L'Europe et la zone euro sont avant tout un projet politique. La zone euro en tant que telle ne peut et ne doit pas se résumer à la simple dimension économique et monétaire. Elle est essentielle mais insuffisante si l'objectif est de partager un destin commun car cela a alors une véritable dimension politique. La monnaie unique était l'aboutissement de la construction économique en Europe, elle n'est pas celui de la construction européenne.

  • L'absence d'homogénéité que souligne Samuel Brittan reflète une construction institutionnelle manquant d'autonomie par rapport aux Etats. Il a été considéré au départ que le prolongement des règles du Système monétaire européen et la mise en place d'une Banque centrale européenne étaient suffisants. Cela n'a pas été le cas. Les économies de la zone euro ont pu évoluer avec des divergences de comportement qui s'accentuaient. C'est le point souligné par l'auteur. C'est une des faiblesses de la construction mise en œuvre car ces déséquilibres observés n'ont pas pu être corrigés de façon endogène, il n'existait pas de règles de correction.

En outre la zone a subi une série de chocs asymétriques, tous les pays n'ont pas, durant la crise, subi des chocs de même nature. Les institutions européennes n'avaient pas la capacité d'y répondre et de donner des solutions. C'est ce dernier aspect qui est majeur et qui a été observable lors de la crise de 2011. Les Européens ont eu à faire face à un défi pour lequel il n'y avait pas spontanément de solutions.
Cela change. Des institutions plus autonomes des gouvernements ont été mises en place afin d'assurer une meilleure régulation au sein de la zone afin d'éviter les déséquilibres qui ont pu être déplorés des dernières années. Le Traité de gouvernance, le Mécanisme européen de stabilité, le rôle que se donne désormais la BCE, l'Union Bancaire, toutes ces constructions vont permettre une plus grande autonomie à l'euro et c'est cela qui est souhaitable et souhaité.
  • Ces changements profonds depuis un an doivent permettre de normaliser la zone euro et de ne plus systématiquement imaginer que la solution pour un pays qui a un problème est sa sortie de la zone euro. C'est cela l'enjeu des changements, des bouleversements institutionnels observés depuis un an maintenant.

  • Mais ce n'est pas encore suffisant car il faut aussi retrouver de la croissance. Sans celle-ci il existe un risque fort d'instabilité sociale et politique. Sur ce plan la réduction à vive allure des déséquilibres budgétaires n'est probablement pas la solution adéquate car elle pénalise la demande adressée aux entreprises contraignant ainsi la production et l'emploi. La politique d'austérité menée depuis 2011 pèse sur la croissance et sur la capacité des économies à se réformer et à retrouver in fine la possibilité de créer des emplois. Cela s'observe notamment en Espagne et en Italie. Le risque de la politique actuelle est qu'elle pénalise la croissance et favorise les votes extrêmes ce qui n'est pas un gage de stabilité.

  • Retrouver une dynamique économique plus robuste permettra alors de faire accepter la dimension politique de la zone euro. C'est le projet qu'avaient développé dans un rapport messieurs Von Rompuy, Barroso, Draghi et Juncker. Dans celui ci l'Europe mettrait en place une entité centrale capable de mieux coordonner les politiques budgétaires et de créer les impulsions nécessaires pour réduire les déséquilibres qui pourraient se présenter. Cette dimension est essentielle pour effectivement rendre la zone euro plus homogène. Cela peut avoir l'allure d'un gouvernement européen avec une composante de fédéralisme. Cela ne ressemblera ni aux Etats-Unis ni à aucune autre construction en raison du passé très différent de chacun des pays membres.

Cette homogénéité doit se construire et c'est cela la tâche à laquelle les Européens doivent s'atteler.
La zone euro est jeune et sa construction institutionnelle a été insuffisante pour garantir la cohérence des comportements de chacun des pays. Des options ont été prises pour stabiliser la zone euro en tant qu'Union Monétaire et cela a plutôt bien réussi pour l'instant car il n'est plus imaginé que cette zone monétaire explose. Il faut continuer et favoriser à tout prix la croissance. Cela passera par un changement de politique économique, moins tournée vers l'austérité afin de faciliter la reprise de la croissance puis la construction d'une dynamique politique plus intégrée. Ce n'est qu'avec une grande dimension que la zone Euro et que l'Europe continuera de disposer d'un poids fort au sein du concert mondial.
Nicolas Goetzmann : Le pari de l’euro tel qu’il a été conçu est déjà perdu, en effet. Mais il peut encore évoluer. Samuel Brittan défend une vision monétariste qui me convient, en proposant d’agir au niveau de la Banque centrale européenne (BCE), via une politique d’expansion monétaire.

Sans cela, la zone euro se condamne elle-même à une faible croissance permanente, totalement en désaccord avec les politiques menées à travers le monde. Le drame est que nous arrivons aujourd’hui à une sorte de pensée "décliniste", qui semblerait attester le fait que cette faible croissance est inscrite dans nos gênes de vieux continent, un prix à payer pour nos excès passés. Cette croyance est fausse et ne repose sur rien de sérieux, mais elle gagne du terrain dans les mentalités, ce qui vient aggraver la situation elle-même. Qui voudrait investir dans la zone la moins performante du monde ?
 
Cette situation n’est rien d’autre que le choix de Maastricht, de lier notre destin économique à une stricte stabilité des prix qui fait le bonheur des pays du nord pour le moment, et qui brise l’ensemble des autres Etats. Cette forme la n’est pas viable à terme, les peuples ne pourront le supporter encore longtemps. Les prochaines élections européennes de 2014 en seront le baromètre.
 

Samuel Brittan note que depuis le lancement de l'euro en 1999, les coûts salariaux ont augmenté de moins de 13 % en Allemagne tandis que les coûts salariaux grecs, espagnols et portugais ont progressé de 20 à 30%. De même l'Allemagne bénéficie d'un excèdent commercial de 6% tandis que la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne ont un solde nul. La zone euro n'est pas un espace économique homogène. Comment compenser de pareils déséquilibres sans dévaluation ? Une harmonisation sociale et fiscale n'est-elle pas  illusoire ? 

Nicolas Goetzmann : Il s’agit de la vieille question de la solidarité entre les peuples. La crise ravive déjà les tensions régionales, comme nous pouvons le voir en Belgique, en Italie etc..et ne permet pas de faire la promotion d’une Europe solidaire. Le fait de payer pour la Grèce et le Portugal parait scandaleux pour certains, mais alors il ne fallait pas faire d’union monétaire. 
 
Une harmonisation fiscale et sociale est le choix de Bruxelles, mais ce choix est imposé en période de crise avec son lot de menaces et de contraintes. Ce n’est pas vraiment le meilleur moyen de chercher l’adhésion de la population.
 
Le moyen de rééquilibrer la situation est de modifier le statut de la BCE vers un mandat de plein emploi lié à la stabilité des prix, et non plus à la stabilité des prix seule. Mais cela implique une tolérance plus forte à l’inflation pour certains pays du nord. Sans cela, le taux de chômage restera très élevé dans l’ensemble de la zone. C’est un choix politique, ce n’est pas inéluctable.
 

Jeudi 17 mai lors de sa dernière conférence de presse, François Hollande a relancé l'idée d'un gouvernement économique de la zone euro. Une initiative qui pourrait conduire au grand saut fédéral que beaucoup d'européens fervents appellent de leurs vœux. Mais celui-ci peut-il vraiment être réalisé sans l'assentiment des peuples ? Cette stratégie est-elle vraiment dans le climat actuel de défiance à l'égard de l'Europe ? 

Nicolas Goetzmann : Je pense que c’est le meilleur moyen d’obtenir une composition destructrice du parlement européen. Les différents partis d’extrême gauche et d’extrême droite surfent sur la thématique du refus de l’Europe. Bien évidemment les partis de gouvernement s’insurgent contre cela tout en tendant le bâton pour se faire battre. C’est une stratégie insensée. Il s’agit de l’idée d’une Europe qui ne fonctionne pas parce qu’il faudrait encore plus d’Europe. François Hollande veut franchir le pas du fédéralisme au pire moment de l’histoire de la zone euroIl s’appuie sans doute sur sa théorie cyclique qui le laisse penser que la zone euro est repartie pour une croissance durable. Malheureusement, sans l’aide la BCE, il s’agit d’un leurre. La stagnation restera la norme.
 
Au lieu de cela, une véritable politique de relance monétaire pourrait permettre de sortir réellement de la récession avec des chiffres inconnus en Europe depuis plusieurs années, et de renouer avec une vision  conquérante de l’économie.
 

Sans changement institutionnel profond, la zone euro n'est-elle pas condamnée à se séparer ou à disparaître comme le prédit Samuel Brittan ?

Nicolas Goetzmann : Selon moi, nous assisterons soit à une lente agonie vers une sortie progressive de l’euro soit à une prise de conscience monétaire. Cette dernière solution peut encore être espérée puisque le Royaume-Uni, le Japon, les Etats-Unis se sont engagés dans cette voie. Entre temps, il faudra s’engager dans un grand chantier de prise de conscience politique de la nature de cette crise. Elle n’est en rien une fatalité, elle découle purement et simplement d’une erreur d’appréciation monétaire. Cela a été reconnu aux Etats Unis, au Japon, et actuellement au Royaume-Uni. C’est-à-dire qu’il va falloir assumer ses erreurs, être capable de se remettre en question.
 
Dès que le sujet de la stabilité des prix sera sérieusement sur la table nous aurons des raisons d’espérer, entre temps la zone euro va poursuivre sa petite route vers son extinction.

vendredi 16 août 2013

Consigny : quand le Conseil d'État juge contre la santé publique

La plus haute juridiction administrative vient d'annuler un arrêté suspendant la mise en culture d'un maïs OGM. Une décision qui révolte Charles Consigny.


Le Conseil d'État a rendu une décision aberrante, le 1er août 2013, relative à un arrêté ministériel "suspendant la mise en culture de la variété de semences de maïs génétiquement modifié MON 810". Le Conseil d'État est une juridiction raffinée, qui fait la joie des étudiants en droit et le sel de l'incroyable complication administrative française. Cette fois, il semble qu'il se soit départi à la fois de sa sagesse et de son intelligence.
Que s'est-il passé ? Le ministre de l'Agriculture, à l'époque Bruno Le Maire (député UMP de l'Eure), avait pris un arrêté suspendant la mise en culture d'un maïs OGM du groupe américain Monsanto. Celui-ci est connu, entre autres, pour avoir produit des herbicides toxiques pendant la guerre du Vietnam (dont des soldats américains et des civils vietnamiens souffrent encore), déchargé des déchets cancérigènes dans l'eau potable, vendu des graines stériles aux paysans sud-américains, dépensé des dizaines de millions de dollars pour étouffer des scandales, et corrompu des centaines de scientifiques à travers le monde. Le maïs dont il est question ici avait fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché de la Commission européenne en 1998, la culture d'OGM étant par ailleurs, de façon absolument délirante, autorisée par le droit européen depuis une directive de 1990.

Quelles "données scientifiques fiables" ?

Fidèle à son habitude procédurière, Monsanto a saisi le Conseil d'État aux fins de faire annuler ledit arrêté, et a obtenu gain de cause au terme d'un raisonnement irresponsable et stupide. L'argument central de la décision, c'est que "pour pouvoir prendre une mesure conservatoire au motif qu'un produit est susceptible de présenter un risque grave pour la santé humaine (...), un État membre (de l'Union européenne) doit démontrer, outre l'urgence, l'existence d'une situation susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l'environnement". Ce risque aurait dû être "constaté sur la base d'éléments nouveaux reposant sur des données scientifiques fiables", et que, bien entendu, en l'espèce, rien de tout ça n'a été démontré par l'État français.
Or sur quelles "données scientifiques fiables" le Conseil d'État se fonde-t-il ? Sur celles fournies par l'AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments), qui compte dans ses rangs plusieurs experts travaillant par ailleurs (et sans le déclarer) pour des groupes privés d'agroalimentaire, c'est-à-dire plusieurs experts corrompus (voir notamment www.combat-monsanto.org).

Dans le doute, on autorise

La position prise par la plus haute juridiction administrative consiste à dire : dans le doute, on autorise. Peu importe que Monsanto soit un multirécidiviste de l'empoisonnement à grande échelle et que les rapports d'experts, déterminant dans la décision, émanent d'organismes vérolés. Du côté du gouvernement, on affirme qu'il va s'agir de créer "un cadre réglementaire adapté", c'est-à-dire qu'on n'écrit pas noir sur blanc qu'en France, la culture d'OGM et l'importation de produits contenant des OGM sont interdits. Or quand c'est flou, c'est qu'y a un loup, comme dit avec beaucoup de justesse la grand-mère de Martine Aubry. Le loup, en l'occurrence, c'est un groupe américain enragé qui n'hésitera pas à rendre cancérigène l'ensemble de l'alimentation mondiale pour peu que ça lui rapporte quelque chose.
Si les instances nationales s'abritent derrière la législation européenne pour ne pas réagir, il faudra les traduire en justice, car l'Europe politique est, pour une grande partie de ses acteurs, dans la main de lobbys qui ont leurs bureaux en face du Parlement de Strasbourg : il ne faut donc pas se laisser enchaîner par elle.
Le Vieux Continent est la première puissance mondiale. Les groupes tentaculaires, qu'ils soient américains, indiens, chinois ou qataris, ne sauraient l'impressionner. Un peu de courage !

Le masque d'enfer

Le masque d'enfer


Vojislav Seselj, leader nationaliste serbe ayant obtenu 36 % des voix à l'élection présidentielle de 2002 et s'étant rendu de lui-même à La Haye le 24 février 2003, est en détention préventive à la maison carcérale de Scheveningen depuis... dix ans. C'est la détention préventive la plus longue du monde. Même sous Staline, Louis XI ou Nabuchodonosor, les accusés avaient droit à un procès plus rapide. Je ne vois, dans l'histoire du monde carcéral, que le Masque de fer pour être resté enfermé sans jugement plus longtemps (trente-quatre ans). Les Romains montrèrent autrefois le bon exemple en ne laissant pas traîner la procédure avec Jésus de Nazareth. Lors de notre merveilleuse révolution de 1789, les contre-révolutionnaires à particule ne subirent pas, comme aujourd'hui Seselj, la torture d'une décennie d'attente. Le procès de Nuremberg eut lieu en 1945, non en 1955, et pourtant les hauts dignitaires nazis avaient commis plus de crimes que Seselj. Quand même.
Entre 2003 et 2007, l'acte d'accusation à l'encontre de l'homme politique serbe sera modifié à plusieurs reprises, sur la base d'articles de loi inconnus dans le droit international. On reproche à Vojislav Seselj une incitation à la haine dont, hélas ! beaucoup de ses propos guerriers, entre la fin du siècle dernier et le début de celui-ci, témoignent. Il est aussi accusé d'"entreprise criminelle concertée". Selon Wolfgang Schomburg, juriste allemand ayant siégé comme juge à La Haye de 2001 à 2008, une telle accusation n'existait pas en matière de droit international : elle a été inventée par le TPI. Schomburg déclare que "l'entreprise criminelle concertée" a été conçue pour "punir les gens qui pensent de la même manière" au sein d'un peuple.
En août 2005, après deux ans de détention et alors que son propre procès vient à peine de commencer, Seselj témoigne à celui de Slobodan Milosevic, en faveur de ce dernier. En guise de représailles la Cour lui retire, dès novembre 2006, le droit de se défendre seul dans sa langue. On le lui rend le 8 décembre, après une grève de la faim de l'accusé de dix-huit jours et les protestations du ministre russe des Affaires étrangères. Le procès de Seselj reprend en 2007 - sa préventive dure alors depuis quatre ans - avec l'audition de quatre-vingts témoins, qui mettent l'accusation en difficulté. Nouvelle interruption. De 2009 à 2011, le leader nationaliste est l'objet de trois procédures pour manque de respect à la Cour. Il se voit infliger des peines de prison de treize mois pour chacun de ces délits, alors que la peine moyenne encourue pour outrage est de trois mois.
Malade et affaibli, Vojislav Seselj a fêté, le 24 février, ses dix ans de détention préventive. La préventive à perpétuité : nouveau concept de la justice démocratique ? Je sais que les salaires sont excellents au TPI, versés par l'Union européenne, pourtant fort en difficulté sur le plan financier, avec une régularité et une bonhomie enchanteresses, mais les juges de La Haye, les assesseurs, greffiers, procureurs et autres procureurs généraux, sans oublier les avocats des victimes comme ceux des accusés, devraient accélérer le mouvement judiciaire, car un scandale leur pend au nez.

BARBIER 


Hollande face à une majorité de plus en plus déboussolée


La querelle entre Valls et Taubira sur la réforme pénale montre les divisions qui traversent la gauche.
Elle gronde, elle menace, elle tempête. Au point d'exploser? Avec l'orientation sociale-démocrate de la politique de François Hollande, la majorité présidentielle n'en finit plus de se noyer dans ses atermoiements. Du traité européen au pacte de compétitivité et à l'assouplissement du marché du travail, en passant par les restrictions budgé­taires, la hausse annoncée de la TVA ou, pire encore, la réforme des retraites à venir, la gauche est mise à rude épreuve.
Le grand flou du fou
D'autant que le différend entre Manuel Valls et Christiane Taubira sur la réforme pénale ravive l'éternelle querelle entre tenants de l'autorité et adversaires du «tout-répressif». Les deux ministres seront très attendus, en fin de semaine prochaine, aux universités d'été du PS à La Rochelle où chacun pourra compter ses soutiens.
Avant les législatives de 2012, François Hollande avait appelé les Français à lui donner une majorité «large, solide, cohérente». Elle est aujourd'hui étriquée, friable et décousue.
À lui seul, le groupe PS n'est plus majoritaire à l'Assemblée nationale que de trois voix. Ses alliés écologistes menacent à échéance régulière de quitter le gouvernement et, au Sénat, il leur est déjà arrivé de voter contre le gouvernement. Quant à la ligne politique, elle est l'objet de débats récurrents, entre partisans d'une rigueur assumée et militants d'un assouplissement de la politique budgétaire. Parmi ces derniers, Arnaud Montebourg et Claude Bartolone. Ce n'est donc pas un hasard si, dimanche, pour la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse, le président de l'Assemblée nationale sera l'invité d'honneur du ministre du Redressement productif. Et ce n'est pas non plus un hasard si, aux universités d'été du PS à La Rochelle, les partisans de François Hollande, comme Manuel Valls ou Stéphane Le Foll, se préparent à résister aux assauts de la gauche du PS.
Face à ces interminables querelles de ligne politique, assez traditionnelles au PS et plus largement au sein de la gauche, François Hollande ne s'inquiète pas. Et se dit persuadé que pour turbulente qu'elle soit, sa majorité passera sans encombre l'épreuve de la rentrée. «J'espère même qu'elle tiendra encore plus longtemps. Au moins jusqu'en 2017», confiait-il lors de l'un de ses déplacements estivaux.
Au PS, si l'on reconnaît une certaine tension dans la majorité, on se montre tout aussi optimiste. «La majorité est entamée mais elle est encore solide», assure un dirigeant du parti. «Le pro­blème, c'est qu'elle est fragilisée par l'exercice du pouvoir, concède-t-il. Mais le point positif, c'est qu'elle n'est pas entrée en guerre. Il n'y a pas aujourd'hui une hostilité telle qu'elle se traduise par une offre politique alternative à gauche, comme cela a été par exemple le cas en Italie avec Beppe Grillo

Le scénario Beppe Grillo

Pour l'heure, c'est surtout la menace de candidatures dissidentes aux municipales de mars 2014 qui inquiète le pouvoir. Après avoir reçu les chefs de parti majoritaires à l'Élysée début juillet, François Hollande a renouvelé l'invitation pour la fin de l'année. Histoire de prendre la mesure de sa majorité à l'issue de la séquence compliquée de la rentrée, avec la réforme des retraites et le vote du budget, et avant l'entrée dans la séquence municipale. «La gauche est très unie à la base, dans les municipalités, et très divisée à son sommet, commente un expert électoral du PS. On travaille à l'union aux municipales. Mais si elle venait à se casser, c'est tout l'édifice qui serait bloqué.» Ainsi, la principale menace qui pèserait sur la majorité de François Hollande ne viendrait pas des dossiers de la rentrée mais plutôt des élections à venir.
Car en mai viendront les européennes, scrutin proportionnel à un tour, mécaniquement favorable au Front national et qui se résume souvent à un vote défouloir. C'est sur ce type de scrutin que le risque Beppe Grillo pèse sur la majorité. Candidat aux européennes pour Europe Écologie-Les Verts en 2009, l'humoriste Marc ­Jolivet assurait récemment sur Europe 1 réfléchir à présenter une liste autonome en 2014. François Hollande n'en a pas fini avec les tourments de sa majorité.

Le choix de Hollande pour la "nouvelle France"


Le clientélisme, marque de fabrique du hollandisme en détresse, incite le chef de l’Etat à soutenir le communautarisme et, au prétexte de chercher l’ "apaisement", à multiplier les signes de soumission à l’islam politique. Une analyse (Ifop) du vote des Français musulmans fait ressortir que 86% d’entre eux ont donné leur voix à François Hollande au second tour de la présidentielle de 2012, contre 14% à Nicolas Sarkozy.Cette stratégie électoralement payante avait été élaborée par le groupe de réflexion socialiste Terra Nova, qui avait recommandé à la gauche d’abandonner le traditionnel électorat populaire au profit de la "nouvelle France", née de l’immigration extra-européenne. 
Quand, dans Le Figaro du 25 juillet, Jean-Louis Harrouel écrit : "Electoralement parlant, François Hollande est avant tout le président des musulmans. Ils se considèrent comme ses créanciers et attendaient de lui des mesures en faveur de l’islam qu’ils estiment ne pas être venues", l’universitaire met en garde, avec raison, contre la tentation de satisfaire toujours plus un électorat toujours plus insatisfait. C’est ainsi que le gouvernement s’apprête à lancer, vendredi, un nouveau programme d’aides en direction des "quartiers", tout en assurant (mollement il est vrai) que ces dépenses supplémentaires ne répondent pas aux récentes émeutes communautaristes de Trappes, nées de la verbalisation d’une femme en burqa. Mercredi, Hollande s’est rendu à Clichy-sous-Bois pour faire passer "un message de confiance" aux banlieues. En réalité, ce qui se met en place dans la torpeur de l’été est la capitulation de l’Etat socialiste devant un électorat encouragé à surenchérir dans ses revendications et dans sa posture victimaire. Les "mesures anti-discrimination" réservées aux cités ne bénéficieront ni à l’Ariège, ni à la Creuse, ni au Cantal, les départements classés parmi les plus pauvres de France. Hollande a fait le choix politique d’un favoritisme religieux et culturel qui viole l’unité nationale et qui est, de ce fait, dangereux.

Les contestations qui s’annoncent à la rentrée contre les filiations médicalisées ou la théorie du genre passent à côté de l’essentiel : le prix exorbitant qui va devoir être payé par la nation pour acheter la paix civile des cités en guerre contre la république. Cinquante milliards d’euros ont déjà été déversés par la droite et la gauche sur les banlieues "sensibles".Or les demandes sont multiples, dans la presse cet été, pour inciter l’Etat à investir toujours davantage dans les emplois subventionnés et la rénovation urbaine. Mardi, dans Libération, Naïm Charai,présidente de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, soutient par exemple : "Les quartiers ont besoin d’une aide extraordinaire (…) Nous devons investir massivement dans les quartiers". Mais se dessine, plus gravement, un renoncement de la république "apaisante" à s’imposer dans son autorité face aux provocations de l’islam radical, qui teste la résistance de l’Etat. Le malaise est palpable chez les socialistes confrontés à la loi contre la burqa, qu’ils furent nombreux à ne pas voter, à commencer par Hollande. Même Manuel Valls,apparemment le plus déterminé face à l’islamisme, concède que les contrôles policiers doivent se dérouler "avec discernement". Quant aux principes de l’assimilation et de l’intégration, qui ont structuré l’unité de la nation française, ils tendent à laisser place au nouveau concept de "l’inclusion", qui permet à la "nouvelle France", soutenue par le PS à la ramasse, de revendiquer sa propre identité, dans l’indifférence de celle du pays hôte ; ce qui s’appelle jouer avec le feu.

jeudi 15 août 2013

FOLIE OU PAS ? NOUS AVONS BIEN LA GRANDE MOTTE...BEURK


La France de 2025 vue par le gouvernement HA !!!

Le président a laissé un devoir de vacances à ses ministres : "Décrivez votre vision de la France en 2025". "Le Point" a relevé les copies de 5 ministères.


La question était à peu près la suivante : "Exposez votre vision de la France en 2025. Vous avez un mois." Le 19 août, donc, à l'occasion du séminaire gouvernemental de rentrée, le maître François Hollande ramassera les copies. Tous les élèves-ministres devront avoir pondu quelques feuillets pour dire, dans leur domaine, ce que sera devenu notre pays. Évidemment, chacun s'est donné le beau rôle dans cet exercice, que Le Point a pu consulter en exclusivité. Mais chacun l'a fait à sa manière. Pierre Moscovici (ou, plus vraisemblablement, quelques surdiplômés qui peuplent Bercy) a rendu une copie à son image - sérieuse, étayée, scolaire. Pas mal de chiffres, quelques notes très optimistes - le plein emploi sera sans doute atteint, le pays aura "recouvré sa souveraineté
budgétaire"... - et des idées intéressantes. Moscovici met ainsi en garde contre une chimère, celle de copier le modèle allemand et de "chercher, à grand renfort d'argent public, à reconstruire une industrie perdue". Bercy prévient en effet que le modèle industriel allemand, "sans doute idéal à court terme (...), ne correspondra plus à l'état de l'économie mondiale dans dix ans". Les grands pays émergents, dit le devoir de Bercy, seront beaucoup moins consommateurs de biens d'équipement, ce qu'ils sont aujourd'hui. La France doit donc "privilégier des segments plus hauts".
Valls, lui, fait du Valls. La République est plusieurs fois convoquée, l'ordre aussi, tout comme la laïcité. Très sérieux, comme toujours, Valls se lâche un poil lorsqu'il évoque en 2025 les "forces de l'ordre 3.0", grandes utilisatrices de nouvelles technologies, et "proches de la population" - on l'espère. Quelques suggestions intéressantes, comme la création de "maisons de l'État" (on comprend qu'elles remplaceront, dans des zones dépeuplées, les sous-préfectures). Valls entrevoit aussi "l'élection au suffrage universel" dans les principales intercommunalités et, même s'il ne le dit pas vraiment, la suppression des départements dans les grandes agglomérations (Paris, Lyon...).
Manuel Valls n'a sans doute pas encore vu la copie de sa voisine Christiane Taubira, mais il y a fort à parier qu'encore une fois, elle va l'énerver à la récré. La garde des Sceaux annonce noir sur blanc la fin des prisons bondées, non pas grâce à la construction de nouveaux établissements pénitentiaires, mais par "le développement des peines alternatives à l'incarcération". Voilà qui va faire bouillir Valls, partisan d'une politique plus répressive. Taubira, fidèle à ses convictions, prépare pour 2025 des peines "qui ont du sens, réparatrices pour les victimes, sanctionnant à sa juste mesure l'auteur de l'infraction et permettant l'insertion ou la réinsertion de ce dernier". Elle compte pour cela sur "la réforme pénale intervenue il y a onze ans" (en 2014, donc), alors que cette réforme est en 2013 bien mal engagée (Valls vient de s'y opposer avec force).

Et Montebourg redressa la France...

L'élève Duflot, de son côté, est limite hors-sujet. Ministre de l'Égalité des territoires, la patronne des écolos en profite pour brosser un tableau inquiétant de la biodiversité en 2025, des changements climatiques, de l'emploi industriel... Ministre du Logement, elle se laisse aller à l'autocongratulation - "Une politique publique du logement volontariste pour garantir l'intérêt général", titre-t-elle sa copie. Boutant les lois incontrôlées du marché hors de France, elle a instauré, en 2025, "un nouvel âge du logement". Voilà quelques promesses : "Dans le cadre des lois adoptées entre 2012 et 2014, les logements vacants seront devenus très rares" et "6 millions de logements auront été édifiés". Conclusion : "Chacun dispose d'un toit et d'un environnement de qualité" (oui, vous avez bien lu, "chacun"). D'ailleurs, poursuit-elle, "l'accès à ces logements pour chacun ne sera plus un facteur de stress et d'incertitude, mais une étape plaisante de la vie". Vivement 2025.
À cette date, nul doute qu'Arnaud Montebourg se voit à la place de François Hollande. À lire sa copie, on n'a plus de doute : le sauvetage de la France, sa réintégration dans le "concert des grandes nations industrielles", c'est lui. En voici une preuve, contenue dans sa copie pleine de verve : "En choisissant, il y a plus d'une décennie, de concentrer ses efforts sur les segments de croissance future, sous la forme de 35 initiatives, la France a pris rang sur les marchés les plus dynamiques aujourd'hui et y occupe désormais une place de leader". Montebourg nous annonce que nos chercheurs et industriels ont mis au point un "véhicule 2 l/100 km", qui est l'un des "plus commercialisés en Europe" à partir de 2017. Il affirme aussi qu'un programme "Usine du futur" a "permis d'amener nos industries aux meilleurs standards et plus encore de définir un modèle français de production qui après Ford et Toyota fait figure de modèle mondial en concurrence avec les modèles développés en Allemagne (Siemens) et en Chine (Foxconn)". Aidés notamment par "l'allégement du coût du travail" (tiens, tiens...), "de nombreuses PME" ont crû "pour devenir des grands groupes". La révolution Montebourg a même transformé "ce qu'il est encore convenu d'appeler le CAC 40 !".
On attend maintenant les notes du (centi)maître Hollande.
Nous avons affaire à quelqu'un qui a perdu la raison ! Jamais, dans aucun pays, un président n'a eu idée de demander à son gouvernement de plancher afin d'imaginer ce que sera la vie 12 ans après ! Pour obéir à leur président de moins en moins normal, ils ont répondu les uns (unes) et les autres dans le plus grand délire. J'étais déjà très inquiète quant à notre avenir, mais là je crois que je vais cesser de lire ou d'écouter les informations qui concernent le gouvernement français car avec ce type d'info, nous risquons à notre tour de devenir fou !
trets
La France est un pays désindustrialisé, transformé en territoire musée, sa ruine financière ne lui permet plus l'entretien de son patrimoine ni de ses infrastructures touristiques, les ruines industrielles morcellent ses cités défigurées par des ensembles laissés à l’abandon. La sission inter-générationelle, le clivage inter communautaire, la coupure entre le peuple et ses élites rompt le contrat social d'une démocratie désorganisée, confisquée et technocratique. La France livrée aux appétits de Bruxelles n'a plus aucune souveraineté. L'État privé de son autorité souveraine ne peut contenir une immigration incontrôlée et liberticide, ni un libéralisme exacerbé qui ruine l'initiative et le sens du collectif. Pays sans défense ni ressort, livré aux appétits confiscatoires et hégémoniques des puissances qui monopolisent les ressources naturelles ou de pouvoir. La France n’est plus que l’ombre d’elle-même, ballottée par les communautarismes et les privilèges du dernier carré d’irréductibles de la méthode Coué. Les « Ministrions » ayant présidé à ce désastre se sont tous enfuis à l’étranger, sans doute à Coblence à Washington ou à Dubaï, sûrs que leur destin n’est pas inscris dans celui du commun, et qu’être irresponsable reste le meilleur remède à l’incompétence.
Erod


Ça y est! La pire récession qu'ait connue la zone euro depuis la Grande Dépression est terminée

L’Europe manifeste enfin de clairs signaux de reprise économique, estiment plusieurs analystes économiques, dont Mads Koefoed, responsable de la stratégie macro chez Saxo Bank. Les chiffres publiés cette semaine montrent que la zone euro est en train de s’extraire de la récession qui a commencé au second semestre 2011. La confiance se développe dans le monde des affaires en Europe et on a relevé une augmentation du nombre d'embauches de salariés en intérim.
Toutefois, Koefoed tempère ces bonnes nouvelles en indiquant que la reprise économique n’est pas encore pour demain, et qu’elle pourrait même prendre plusieurs années, au cours desquelles l'Europe aura encore des décisions difficiles à prendre. Il affirme notamment que non seulement la Grèce nécessitera une nouvelle aide dans quelques mois, mais que l'Irlande, l’Italie ainsi que l'Espagne pourraient elles aussi solliciter de l’argent à l’UE au cours des prochains mois.
Brian Hilliard, un économiste de la Société Générale, partage cette analyse. Dans une note qu’il a récemment publiée, il indique qu’il s’attend à des chiffres encourageants concernant la croissance du 2ond trimestre en France, en Allemagne, mais aussi dans le reste de la zone euro, suggérant une légère reprise économique pour la première fois depuis presque 2 ans.
Mais lui aussi tempère ses propos en indiquant qu’il est encore trop tôt pour conclure que la crise de l'euro est terminée. En particulier, il suspecte que ce sont des facteurs temporaires (les mauvaises conditions météo du 1er trimestre, par exemple), qui pourraient être à l’origine de la croissance du second trimestre en Allemagne et en France.
«Chaque fois que quelqu'un affirme que la reprise est en vue, beaucoup ressentent le besoin (compréhensible) de pointer les vulnérabilités de l'euro, y compris la poursuite de la politique d’austérité, l'incertitude politique, et les difficultés posées par la mise au point de l’union bancaire. (…) Cependant, il faut bien un commencement, et si vous attendez que tout aille vraiment bien pour en parler, vous risquez de rater le coche», écrit Joe Weisenthal de Business Insider.
Même les analystes de Bloomberg, consultés par le Financial Times, confirment la sortie de la récession de la zone euro. Ils indiquent que la croissance a été de 0,2% au cours du second trimestre par rapport au premier trimestre. « Il s’agit de l’indication la plus claire que la pire récession en temps de paix qu’ait connu la région depuis la Grande Dépression est terminée », écrit le journal. Cependant, ce taux de croissance classe la zone euro loin derrière ses grands concurrents. Ainsi, la croissance de 0,6% qu’ont connue le Royaume-Uni et le Japon marque un contraste qui ne fait que souligner la nature fragile de la reprise économique européenne.