TOUT EST DIT

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mardi 2 juillet 2013

Bonnes (mais toxiques) intentions : la taxation des CDD n’améliorera ni la situation des travailleurs précaires, ni celle du marché de l’emploi


Comme le prévoit l’accord de sécurisation de l’emploi négocié entre les partenaires sociaux en janvier 2013, le fait recourir aux contrats à durée déterminée sera davantage taxé à compter de ce lundi. A compter du 1er juillet 2013, la cotisation patronale à l'assurance chômage sera portée de 4% à 7% pour les CDD d'une durée inférieure à un mois et à 5,5% pour les CDD d'une durée comprise entre 1 et 3 mois.En échange, le patronat réclame 3 mois de cotisations exonérés, pour chaque nouveau CDI. S’agit-il d’un bon compromis ? Pourquoi ?

Eric Verhaeghe : Précisons d'abord que ce ne sont pas tous les CDD qui seront surtaxés, mais seulement les CDD sur des "postes nouveaux", pour aller vite. La nuance est importante parce qu'elle sous-entend plein de choses. 
D'abord une complexité supplémentaire: pour échapper à la taxation, il faut se lancer dans des tas d'explications et de justifications qui me paraissent très contraires au choc de simplification qui devait se produire en urgence pour aider les entreprises, surtout les plus petites. 
Ensuite, dans quel cas une entreprise recrute-t-elle un CDD pour faire face à des missions nouvelles? Le plus souvent, et c'est très vrai dans les TPE et les PME, lorsqu'elle bénéficie d'un nouveau marché ou qu'elle a rentré une nouvelle affaire, sans savoir si cela va durer ni quelles seront ses marges. Le CDD sur un poste nouveau s'explique généralement parce qu'on essuie les plâtres et qu'on n'est pas bien sûr de stabiliser son chiffre dans les mois qui suivent. En ce sens, c'est un outil de flexibilité qui épaule efficacement les stratégies innovantes ou commerciales des petites entités. Imposer une surtaxation sur cet outil est un frein de plus au coup de collier que les entrepreneurs ont envie de donner pour relancer la machine à prospérité.
Entendons-nous bien : je comprends bien l'impératif de rééquilibrage des comptes de l'assurance-chômage. Quand on sait que l'essentiel des inscriptions à Pôle Emploi s'explique par une sortie de CDD, je ne trouve donc pas absurde l'idée de renchérir leur coût. Cela participe d'une gestion intelligente du risque. Simplement, il faut que ce mécanisme s'accompagne de contreparties... qui n'apparaîtront qu'au moment de la renégociation, cet hiver, de la convention d'assurance-chômage. Sur ce point, il faut quand même souligner l'étrange méthode qui consiste à imposer d'emblée des concessions, 4 ou 5 mois avant le début des négociations, aux employeurs. Cela biaise complètement le déroulement même du processus.
Mais qu'importe! vous me demandez si les 3 premiers mois de CDI exonérés de cotisations constituent une bonne contrepartie. Là encore, prenons les choses dans l'ordre. Est-ce parce que les CDD de moins de 3 mois vont coûter plus cher que les embauches en CDI vont se développer? Sauf à laisser penser que l'employeur, de façon déloyale, va recruter en CDI avec la certitude de mettre fin à la période d'essai, ce qui rendra le CDI moins cher que le CDD pour une durée courte, cette idée n'a pas de sens. On ne décide de recruter un CDI plutôt qu'un CDD simplement pour une histoire de 1,5% de surcoût. Le passage au CDI coûte bien plus cher que cela, et je ne vois pas, surtout en l'état de la crise, quelle PME ou quelle TPE décide de recruter un CDI sans une vision à long terme de son activité. Vision que très très peu de patrons ont aujourd'hui.
Gilles Saint-Paul : L'idée de base est qu'une entreprise qui licencie un salarié ne prend pas en compte le fait que ceci représente un coût pour l'assurance chômage. Il y a donc un réel argument économique pour taxer les CDD. Je n'en suis pas moins sceptique quant à cette idée. Les CDD sont le seul moyen actuel pour les entreprises d'embaucher un travailleur à l'essai sans avoir à payer les coûts considérables que représenteraient son licenciement au cas où celui-ci se révélerait  inadéquat.
La prolifération des CDD n'est que le symptôme de la rigidité du marché du travail français. Par ailleurs l'argument concernant le coût de l'assurance chômage s'applique également aux embauches non effectuées, et la taxe sur les CDD aura un impact négatif sur celles-ci. D'où l'idée de la compenser par une subvention à l'embauche en CDI, ce que réclame le patronat. Mais je ne crois pas qu'une telle subvention ait des effets très forts, elle est en effet faible au regard du coût de licencier un travailleur en CDI.

Après le premier volet de l’accord qui prévoyait plus de flexibilité, la loi prévoit donc également certaines contraintes. Si l'on compare aux exemples étrangers, de la contrainte ou de la flexibilité, qu’est-ce qui est le plus efficace pour débloquer le marché de l’emploi ?

Gilles Saint-Paul : Il est clair que les pays flexibles comme le Royaume-Uni ou la Suisse ont une performance supérieure en matière d'emploi. Dans un marché fluide, la perte d'emploi a des conséquences moindres et la demande sociale pour la protection de l'emploi est plus faible. La France est dans un cercle vicieux où l'accumulation des contraintes réglementaires décourage l'embauche, ce qui incite les gens à s'accrocher à leur emploi et à réclamer des protections supplémentaires, qui au final ne font que réduire encore l'embauche.
Eric Verhaeghe : Je ne sais pas qui vous dira que la contrainte est meilleure que la flexibilité, bien entendu. Maintenant, il me semble quand même que les exemples étrangers où ça marche s'appuient sur une logique préventive: ils multiplient les dispositifs qui préservent le plus longtemps possible le contrat de travail. L'emblème de cette stratégie est le "Kurtzarbeit" allemand, qui fonctionne de façon très simple: quand l'entreprise subit une baisse d'activité, elle met ses salariés au chômage partiel. L'assurance-chômage prend alors en charge le salaire de remplacement, et l'entreprise continue à payer des cotisations sociales, pour éviter de créer un déficit de la sécurité sociale. En France, on fait exactement l'inverse: en cas de chômage partiel, l'entreprise continue à payer une part importante du salaire, parce que l'UNEDIC, gérée par les partenaires sociaux, refuse de se substituer à elle! en revanche, le patron ne paye plus de cotisations sociales, ce qui creuse le déficit de la sécurité sociale. Tout est donc fait pour encourager l'employeur à licencier ses salariés en cas de gros temps.

Quelles sont les avantages et les effets pervers de chacune de ces deux méthodes ? Faut-il s'inspirer des autres modèles européen ?

Eric Verhaeghe : Personnellement, je ne crois pas à la flexibilité. Cette idée que tous les salariés sont interchangeables et peuvent être virés un jour, remplacés le lendemain, me paraît une aberration totale. Une entreprise a besoin de salariés motivés, qui croient en son projet et qui adhèrent à ses valeurs. Je vois mal comment un salarié peut se considérer comme un partenaire utile de son entreprise si celle-ci lui envoie le message, ne serait-ce qu'implicite, de sa dépersonnalisation structurelle: tu travailles pour moi comme un robot, et l'entreprise n'attend rien de toi en particulier, sinon l'application de procédures standard qui te déresponsabilisent complètement. Cette vision-là ne me paraît pas tenir la route. Je sais qu'elle est assez développée en France, ce qui me semble expliquer le désespoir de beaucoup de salariés.
Je crois beaucoup plus à l'agilité de l'entreprise, c'est-à-dire à sa capacité à réagir vite et bien en cas de changement conjoncturel. Cela suppose une véritable adhésion des salariés, et un management compétent qui rentre en contact, en relation effective (c'est-à-dire pas seulement hiérarchique ou descendante) avec ses équipes pour les entraîner dans un virage impromptu. Ce faisant, j'explique aussi pourquoi l'agilité est peu présente dans les esprits français: l'acte managérial n'est pas une spécialité locale.
Gilles Saint-Paul: Le système actuel fondé sur le dualisme CDD/CDI a des inconvénients. Certains travailleurs sont très protégés tandis que d'autres sont condamnés à la précarité. Les entreprises ont peu d'incitations à investir dans la formation de ces derniers. Les syndicats ne représentent pas les intérêts des travailleurs précaires et peuvent d'autant plus être tentés de réclamer des hausses de salaires néfastes à l'emploi que les employés en CDD seront les premiers à perdre le leur. Néanmoins, un CDD est une meilleure base pour obtenir un CDI que le chômage, et cette situation résulte d'un compromis politique entre les employeurs qui veulent un volant d'ajustement de la main-d'oeuvre et les syndicats qui ne veulent pas lâcher leurs avantages acquis pour faire de la place aux chômeurs et autres outsiders. Pour cette raison je ne crois pas au "contrat unique" prôné par de nombreux économistes qui serait plus flexible que le CDI mais plus rigide que le CDD. 
Il y a deux modèles qui semblent viables. Le modèle anglo-saxon avec des syndicats peu puissants, un marché du travail concurrentiel et des travailleurs peu protégés.Dans un tel modèle la probabilité relativement élevée de perdre son emploi est compensée par le dynamisme du marché du travail. Le modèle scandinavo-germanique où les syndicats sont forts mais coopèrent avec le patronat et prennent mieux en compte les intérêts des chômeurs et les réalités de la conjoncture est aussi viable.
 

Les entreprises peuvent-elles vraiment s’autoréguler sans intervention de l’Etat ? Étant donné la faiblesse des syndicats en France, le risque n’est-il pas de laisser les salariés à la merci de leurs employeurs ?

Gilles Saint-Paul : Les français craignent qu'une libéralisation du marché du travail ouvre la porte à l'exploitation. Pourtant leurs homologues anglais ou américains ne sont pas plus pauvres, loin de là. Le pouvoir d'achat des Français est de 10 % inférieur à celui des Britanniques et notre taux de chômage est plus élevé. Il n'y a donc aucune raison de penser que les salariés finissent à la merci de leur employeur. S'ils peuvent avoir à souffrir d'un employeur particulier, il leur sera en revanche plus facile de le quitter pour en trouver un autre. Nos multiples avantages (35 heures, formation professionnelle, 1% logement, etc...) ne sont pas gratuit et se payent in fine sous la forme d'une réduction du pouvoir d'achat des salariés.
Eric Verhaeghe : Vous posez utilement la question de la "compliance", c'est-à-dire la question de la capacité d'une entreprise à se conformer à des règles sans gendarme derrière le patron pour l'y obliger. Et c'est vrai que c'est un sujet majeur pour les entreprises françaises aujourd'hui. La compliance exige d'abord de la transparence: le management de l'entreprise doit fournir à l'assemblée générale des actionnaires toutes les explications nécessaires sur la façon dont il applique les règles propres à une bonne gestion. Les Anglais appellent cela la soft law. Dans cette soft law, je place la mise en en place d'une gestion intelligente du dialogue social, c'est-à-dire le respect sincère du dialogue avec les salariés.
Les entreprises françaises sont-elles prêtes à franchir cette étape? Je lis régulièrement des discours émanant d'organisations auto-proclamées représentatives des PME particulièrement contraires à cette évolution, ce qui pose un vrai problème sur la capacité des entreprises françaises à se réinventer dans la crise. Si le code AFEP-MEDEF a franchi un vrai saut, récemment, sur ce sujet, pour les entreprises cotées en bourse, le sujet reste entier pour les autres. Sur ce point, je crois qu'il faut être limpide: on ne pourra pas avoir le beurre et l'argent du beurre, c'est-à-dire la diminution du rôle de l'Etat et l'obstruction à toute réforme de la gouvernance des entreprises.

Comment simplifier le code du travail français réputé pour sa complexité sans pour autant fragiliser les salariés ?

Gilles Saint-Paul : Une telle réforme ne fragiliserait que certains salariés et uniquement à court terme. Il s'agit de ceux qui occupent des emplois qui disparaîtraient si leurs employeurs étaient libre de gérer leur entreprise comme ils l'entendent. On peut envisager d'"acheter" le soutien de ces opposants potentiels à une réforme en leur proposant une compensation financière forfaitaire. Ce type de mesure (justifiées au nom du réalisme politique, non pas de la stricte équité) a déjà été mis en place par le passé, par exemple lors de la fermeture de chantiers navals en Espagne. On peut aussi envisager à plus long terme de changer la logique de notre système d'assurance en remplaçant l'assurance-chômage et la protection de l'emploi par une assurance sur les pertes de salaires liées à l'obsolescence des qualifications.
Eric Verhaeghe : Je suis un grand adepte du dialogue social d'entreprise, mais d'un dialogue sincère et performant. Cela ne signifie nullement la co-gestion, qui est une absurdité. Cela signifie plutôt le partage des objectifs de l'entreprise avec les salariés. Pour y parvenir, il faut que les partenaires sociaux au sein de l'entreprise aient la faculté de fixer des normes sociales acceptables pour le fonctionnement de l'entreprise. Pour les TPE, je suis favorable à la généralisation du mandatement, qui permet de mandater un salarié pour négocier des accords sans création d'une section syndicale.
Si nous disposions de ces outils, nous pourrions envisager une vraie simplification du code. Le problème aujourd'hui tient à un musellement de la parole patronale par des organisations qui n'ont de représentatif que la prétention. Le MEDEF, comme la CGPME ou l'UPA se vivent d'abord comme co-rédacteurs du Code du Travail, et non comme simplificateurs. C'est pour cette raison que je suis favorable à l'instauration d'une concurrence dans la négociation des accords nationaux, comme cela existe déjà dans les branches. Dans la branche du cinéma, par exemple, coexistent deux accords: l'un négocié par la CGT, très favorable, paradoxalement, aux majors, et l'un négocié par la CFDT, plus favorable aux petits producteurs. Il faut laisser à chacun le choix de sa convention collective. Et, au niveau national, il faut laisser à chacun le choix de son accord interprofessionnel.

La France comme la Grèce ?

Quand payer des impôts ne sert plus qu'à payer des intérêts aux banques et à enrichir des investisseurs, il y a un problème.

Payer des impôts c'est censé être utile. Ca sert à assurer le fonctionnement des services de l'Etat et à financer les infrastructures. Mais quand payer des impôts ne sert plus qu'à payer des intérêts aux banques et à enrichir des investisseurs, il y a un problème. C'est ce que vivent les Grecs, les Espagnols, les Portugais et c'est ce vers quoi se dirigent les contribuables français. Un scénario à la grecque n'est plus un risque, mais c'est presque une certitude. Peut-être la barre peut-elle encore être redressée. Mais je ne pense pas que les deux partis au pouvoir depuis quarante ans et responsables de 100% du déficit public depuis lors soient capables d'opérer les changements de dogme nécessaires pour remettre l'économie privée et les finances publiques sur les rails. Il faudrait s'attaquer à la vraie source du problème, les coûts de l'Etat. Et surtout il faudrait améliorer les conditions cadres de l'économie privée et favoriser la consommation afin de relancer l'économie. Il faut également continuer à investir pour doper l'économie privée. C'est le seul moyen d'augmenter les recettes fiscales. Car lorsqu'il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de recettes fiscales. Croire qu'il suffit d'augmenter les impôts pour augmenter les recettes fiscales c'est étonnant de la part d'un gouvernement dirigé par un président sorti de l'ENA !...
Sylvain Thévoz : Calvingrad et confettis Il y a un consensus sur un point : il n’y a pas mille opportunités à Genève de croiser du monde autour d'évènements dans l'espace public. Parlez-en aux expatrié-e-s pour voir! Les moments de rassemblements et de vie dans l’espace public sont saisonniers et épisodiques. Ces événements qui provoquent de la joie et du rassemblement suscitent alors toujours une sorte d’étonnement : mais où sont-ils ces gens le reste de l’année ? Ne sortent-ils pas de terre juste pour cette occasion ? L’interrogation revient alors sur soi comme un boomerang : et moi je vais où le reste de l’année quand il n’y a pas de fête ? Oui : comment est-ce que je vis ma ville quand il ne s’y passe rien ? Et : s’il n’y a pas d’événements qui s’organisent, comment est-ce que j’arrive à en faire un ? La Ville de Genève en finançant, organisant et développant des événements sociaux-culturels comme la fête de la musique, la fête des voisins, la Ville est à Vous, marque des points….
Daniel Warner : Buildings are necessary, but not sufficient to keep Geneva as the capital of multilateralism (…) The real question is the relationship between material comfort and ideas. We are not talking here about scientific laboratories. Dunant’s and his colleagues’ success was based on the idea of protecting civilians and helping the wounded and prisoners during conflict. The International Labor Organization was based on the idea of improving working conditions for employees. The United Nations High Commissioner for Refugees was based on the idea…The World Economic Forum was based on an idea by Klaus Schwab…And so on. Buildings are necessary, but not sufficient to keep Geneva as the capital of multilateralism. The competition between Geneva and other cities is about ideas, not just material comforts, as the 150th anniversary of the ICRC should remind us.
Alain Rouiller: Transchablaisienne : 2ème refus de la France d'entrer en matière La "Transchablasienne" 2x2 voies entre Annemasse et Thonon a été recalée une deuxième fois. La commission 21 propose en effet de la repousser aux calendes grecques, pour insuffisance d'intérêt public. (…) Pour le bassin lémanique ce rapport implique la “mise au placard” du projet de Transchablaisienne”. En effets le projet de “désenclavement routier du Chablais” figure dans le rapport “Mobilité 21” pour un montant de 270 millions d’Euros, dans la catégorie “Projets lointains” dans les deux scénarios qui comportent trois catégories chacun. Premières priorités, deuxièmes priorités et projets lointains. Un peu comme la catégorie C du Projet d’Agglo, qui ne comporte ni délai de réalisation ni budget. Voici le texte de justification de mise au placard du projet… Dans le Projet d’agglo du Grand Genève (charte de juin 2012) ce sont les mesures 16-39 et 16-40 pour un montant total de 380 millions de francs, payés hors projet d’agglo, donc sans co-financement suisse, avec une réalisation alors envisagée entre 2019 et 2022
Haykel Ezzeddine : La Roseraie du Parc La Grange, un régal pour les yeux... Nous avons la chance de posséder à Genève l’un des plus beaux concours de roses du monde. Je parle de celui du parc La Grange qui est à sa 66ème année. Une sélection rigoureuse, un travail de longue haleine pour un résultat éblouissant pour les yeux doublé d’un plaisir olfactif. Courez admirer tant que le beau temps est de retour des roses multicouleurs qui enchanteront votre journée. Ce reportage photo a été réalisé vendredi 29 juin avec un appareil photo compact après le passage d’un nuage de pluie.
Pascal Décaillet : Pour une presse d'intérêt public (…) Le journalisme politique, en Suisse romande, relève d’un combat. Ce dernier a une histoire. Quand j’étais enfant, les émissions de radio et de TV parlaient peu de politique suisse. La priorité allait à l’international. Avec, au demeurant, de magnifiques émissions, comme le Miroir du Monde, sur la RSR. Il y avait bien les débats du dimanche, comme Table ouverte à la TSR, mais globalement, on ne voyait, on n’entendait que très peu nos élus, Ni ceux des Grands Conseils, dans les cantons, où il fallait vraiment aller au balcon pour se faire une idée. Encore moins ceux de la Berne fédérale, qui apparaissait comme Arche sainte, infranchissable. Pour moi enfant, fin des années soixante, tout début septante, un conseiller fédéral était une silhouette d’un autre monde, en queue de pie, venant inaugurer un tunnel ou une autoroute. Il ne parlait d’ailleurs pas. Le film était muet. Le type, lunaire. Je fais partie des journalistes qui, dès le milieu des années 1980, d’abord à la rubrique suisse du Journal de Genève, et pendant mes longues années RSR, se sont battus de toutes leurs forces pour l’information politique de proximité…
Diego Esteban : Portraits de candidats: Peter Sob (Parti Bourgeois-Démocratique) 21 ans Peter Sob paraît d'abord assez énigmatique: son sourire mystérieux cache tantôt un franc rigolard, tantôt un militant engagé, dissimulables à choix derrière l'apparence d'un modeste et quelque peu timide personnage. Ce médecin stagiaire, en cinquième année de médecine à l'Université de Genève, se définit comme spontané, philanthrope, un peu impatient, aimable et sociable, tous ces traits pouvant être repérés dès la première conversation. Peter Sob, c'est aussi un pianiste et un karatéka (ceinture noire, attention!). Il est également impliqué dans la vie associative, en présidant le club de débat de l'UNIGE, et en faisant partie du comité de la société de Zofingue. (…) Pour lui, Genève est la véritable capitale de la Suisse. Avec un peu d'ironie, il qualifie Genève de "New York de la Suisse". ..
Jacques-Simon Eggly : Démocratie suisse à l’épreuve du droit Arthur Grosjean a écrit il y a quelques jours dans la tribune de Genève un commentaire pertinent sur les réactions des autorités face à des initiatives populaires embarrassantes. Il cite l’application envisagée de l’Initiative Franz Weber qui fait dire au vieux lutteur que l’on trahit la volonté du peuple. Il cite aussi l’Initiative de l’UDC sur le renvoi des étrangers délinquants, dont certains requérants d’asile. Là encore, l’application un peu distante prévue fait hurler l’UDC et pourrait donner des chances à leur nouvelle Initiative. Ce n’est pas nouveau. Pourtant il y a de quoi s’interroger. Lorsqu’une Initiative n’a pas de vice de forme mais qu’elle est manifestement excessive, la tendance du Conseil fédéral et du Parlement est de la laisser aller vers la votation populaire en recommandant le non. La plupart du temps, dans notre histoire constitutionnelle, cela a suffi et l’initiative a été rejetée par un peuple imbibé de sagesse…

lundi 1 juillet 2013

L’omerta

L’omerta


Les sujets "régaliens" qui se rattachent au respect de la loi et de l’ordre public étaient au premier plan de l’actualité pendant les années « Sarkozy », de 2002 à 2012. Des chiffres précis étaient systématiquement publiés chaque mois, les bons comme les mauvais, donnant lieu à d’abondants commentaires de presse. Les questions de sécurité et de maîtrise de l’immigration dominaient la vie publique et le travail gouvernemental dont elles constituaient l’une des priorités absolues. Aujourd’hui, comme dans les années 1997 à 2002, elles font de nouveau l’objet d’une sorte d’omerta, de silence absolu, de la part des autorités, des partis politiques, des relais d’opinion. Le système politico-médiatique les ignore et cela semble arranger tout le monde. Or, aucune société ne règle ses problèmes en fermant les yeux et en taisant les réalités. Ces enjeux demeurent des préoccupations fondamentales pour les Français dans leur vie quotidienne et leur vision de l’avenir. L’omerta ne fait qu’exacerber les passions, les angoisses et l’exaspération qui fermentent dans l’inconscient collectif, favoriser les mensonges et la démagogie des extrêmes selon lesquels tout pourrait se régler d’un coup de baguette magique. Un jour ou l’autre, sous une forme ou sous une autre, cette bombe va sans doute exploser à la figure de la classe dirigeante.

Fillon-Sarkozy : le match commence


L'ancien président et le député de Paris ne se parlent plus que par l'intermédiaire de leurs entourages. Enquête sur une rivalité.
"Je suis toujours affûté!" Dans ses bureaux de la rue de Miromesnil, Nicolas Sarkozy reçoit ce jour-là en short et en baskets. Rien ne semble entamer sa sérénité. Ni la mise en examen de Bernard Tapie. Ni le vote des militants UMP qui s'apprêtent à inscrire dans les statuts du parti le principe des primaires.
Reconverti en conférencier international - il était à Londres vendredi pour le compte de la Deutsch Bank -, l'ancien président jure qu'il est débordé. Son carnet de bal est complet jusqu'à la fin de l'année : des déplacements sur tous les continents et des rendez-vous à Paris dans ses bureaux parisiens où il reçoit, par grappes, députés, sénateurs et candidats aux municipales. Mercredi, il a même accueilli, pour la première fois, une dizaine de membres de l'association de ses amis, sélectionnés par Nadine Morano. Officiellement, il ne prépare pas son retour. Il se dit "très heureux" dans sa nouvelle vie, loin de la politique, et n'a pas l'intention de rompre son vœu de silence avant "au moins un an".
Il savoure les sondages de plus en plus encourageants et observe - avec gourmandise - la dégringolade de François Hollande. Selon lui, la France est au bord du chaos. Jamais, répète-t-il devant ses visiteurs, le pays n'a été aussi tendu. Pour l'heure, seule la rivalité avec Fillon le contrarie. En fonction de l'interlocuteur qu'il a en face de lui, il pousse plus ou moins le curseur des critiques contre son ex-Premier ministre. Le langage est parfois fleuri dans la bouche de celui qui reste un animal politique. "Fillon traite Copé de mafieux puis déjeune avec lui. Faudrait savoir !", confie-t-il à un proche. "François crispe la droite", dit-il à un autre. "Au fond, François veut que je revienne. Ça doit être psychologique", ironise-t-il devant un autre. L'ex-président n'a pas digéré les critiques de François Fillon dans le documentaire de Franz-Olivier Giesbert, diffusé sur France 3 le 8 mai.

"Sarkozy, c'est comme certaines nuits d'amour : t'as pas forcément envie de recommencer"

S'il dément l'écriture d'un livre, Sarkozy se prépare sans le dire. Les choses se mettraient en place de façon "inéluctable" répète-t-il à ses visiteurs sans les éclairer sur la ligne politique de son come-back. À ceux qui lui reprochent sa proximité avec Patrick Buisson, il réplique qu'il n'a jamais eu de gourou. Mais assume préférer recevoir les "conseils" de Patrick Buisson que ceux de Roselyne Bachelot.
Avec Fillon, la rupture est consommée, les deux hommes ne se sont plus vus depuis la fin du mois d'avril. Aucun des deux non plus n'a pris la peine de décrocher son téléphone. Mais les coups partent, d'un camp comme de l'autre. "Le pays tout entier n'est pas en train d'attendre Sarkozy comme le messie", lance Fillon. De son côté, le fidèle ami de Sarkozy, Brice Hortefeux s'amuse de "la promenade de Fillon", comme si la précampagne du député de Paris n'était qu'une manière de chauffer la salle. L'ancien ministre n'a toujours pas digéré la sortie du député de Paris "sur la différence d'approche irréconciliable" sur le FN entre les deux hommes : "Fillon n'a jamais rien fait contre le FN. Nicolas Sarkozy a failli le faire disparaître", s'exclame-t-il. Patrick Balkany raconte, lui, avoir téléphoné à l'ex de l'Élysée après le passage de Fillon sur France 2 : "J'ai dit à Nicolas que j'étais le dernier spectateur devant la télé et encore, c'est parce que je m'étais endormi". Un autre sarkozyste poursuit : "J'ai du mal à imaginer François Fillon avoir le courage de défier Nicolas Sarkozy en vrai." À ces amabilités, un ancien ministre filloniste répond : "En même temps, Sarkozy, c'est comme certaines nuits d'amour : t'as pas forcément envie de recommencer."
En attendant, l'agacement de Sarkozy est sans doute l'un des meilleurs carburants d'un ex-Premier ministre qui peine souvent à montrer "son envie" de France. "Oui, même si tout cela était prévu et prévisible, ce qu'il entend venant de la rue de Miromesnil est un moteur", confirme le député Pierre Lellouche.

Fillon en déplacement au Liban la semaine prochain

Poussé, Fillon multiplie donc les petites provocations. Évoque cette semaine, dans une interview à La Montagne, "notre quinquennat", en parlant de Sarkozy et de lui. Et développe dans sa précampagne le thème du "progrès". "C'était notre idée", a-t-on bondi dans l'entourage de l'ex-président. "Si cette question le passionnait tellement, pourquoi Nicolas Sarkozy n'en a-t-il pas fait le thème central de sa dernière campagne présidentielle?", réplique-t-on côté Fillon où l'on reconnaît avoir décidé "d'accélérer sur le sujet". "Faut se méfier du Sarthois teigneux", s'amuse un filloniste.
Un "Sarthois teigneux" qui s’organise. Son nouveau site internet doit être prêt en début de semaine. D’ici la fin de l’été, tous les responsables départementaux de son écurie, Force républicaine, auront été nommés. Il va aussi lancer des ateliers thématiques, sur une durée déterminée, coordonnés par une équipe de bénévoles pour préparer son programme pour les primaires de 2016. "Ils seront composés de politiques, mais aussi de représentants de la société civile", explique le député Jérôme Chartier. Les amis de Nicolas Sarkozy s’organisent aussi. Ils se retrouveront à la fin de l’été sur le bassin d’Arcachon.
En parallèle, Fillon, qui semble décidé à tenter d’attirer toutes les lumières sur lui, multiplie les déplacements. Il a prévu de se rendre au Liban, à partir de jeudi, pour quatre jours. Un voyage aux allures de visite d’État, puisque Fillon rencontrera sur place toutes les autorités de ce pays francophone. Avant, il aura tenu, mardi, un meeting dans les Hauts-de-Seine. Pas de quoi apaiser les esprits. Cet été, l’ex de Matignon a programmé des vacances françaises, dans son manoir de Beaucé, avec au programme l’écriture d’un livre. Avant sa rentrée politique, prévue elle aussi dans la Sarthe. Le duel à distance s’installe. Jeudi, un militant UMP visiblement peu au fait de ce match a benoîtement tendu une pochette du dernier disque de Carla Bruni à François Fillon : "Vous voudrez bien lui demander une dédicace pour ma femme, monsieur le Premier ministre?" L’ancien "collaborateur" a souri.

Frédéric Mitterrand : «Les socialistes n'ont pas de vision culturelle»


Une année après la nomination d'Aurélie Filipetti rue de Valois, son prédecesseur s'exprime sur une politique culturelle qu'il juge dogmatique.
Le récent limogeage du directeur du Centre national du livre (CNL), Jean-François Colosimo ; le remplacement, à la tête du Centre national du cinéma (CNC), d'Eric Garandeau par Frédérique Bredin, ainsi que la démission «forcée» d'Olivier de Bernon, ancien directeur du musée Guimet, ont choqué Frédéric Mitterrand. Certes, personne n'est propriétaire de son poste et les têtes ont souvent valsé après un changement de majorité - y compris sous Frédéric Mitterrand.

Mais ce dernier estime que «trop c'est trop». Déjà, Aurélie Filippetti avait changé plusieurs directeurs du ministère, ainsi que le secrétaire général. Sans compter la valse à la tête des Centres d'art dramatique, à commencer par Jean-Marie Besset à Montpellier, remercié après son premier mandat, ce qui est une première dans le monde du théâtre subventionné.
LE FIGARO - Vous avez été silencieux pendant un an et soudain…. C'est le débarquement de Jean-Marie Besset, directeur du Centre dramatique national de Montpellier, qui vous fait sortir du bois?
FREDERIC MITTERRAND - Trop c'est trop. Jean-Marie Besset est le détonateur… Mais il n'y a pas que lui. J'ai le sentiment d'une grille dogmatique. Qu'un ministre change son cabinet relève du cours normal des choses, il n'y a rien à redire à cela. Changer les grands directeurs d'administration, c'est déjà plus aléatoire. Normalement, la continuité républicaine devrait jouer.
Moi, je ne travaillais presque qu'avec des gens de gauche, dont certains étaient d'ailleurs loyaux à mon égard. J'étais impartial. Ce n'est plus le cas rue de Valois.
Il y a quelque chose de systématique dans les remplacements, ce qui n'est pas bien. Olivier de Bernon, directeur du musée Guimet, a été viré sans manière, alors que c'est une personne remarquable et que le musée a besoin d'une réorganisation. Jean-François Colosimo, du Centre national du livre (CNL) a été mis dehors alors qu'il a un bon bilan et qu'il était loyal envers son ministre. Eric Garandeau, du Centre national du cinéma (CNC) était compétent. Il a été écarté après deux ans parce qu'il était l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy: son éviction est purement politique. Ce n'est plus la lutte des classes, c'est de la féodalité.
Le premier geste des socialistes, à la Culture, a été d'annoncer un plan d'économies. C'était peut être nécessaire, non?
La maison de l'Histoire de France était un projet politique et j'ai compris, sans l'accepter, pourquoi Aurélie Filippetti y avait mis fin. Mais le Centre national de la musique sur lequel il y avait un large consensus? Je ne comprends, ni n'accepte, ce geste. Quant à Hadopi, on sait bien que le volet pédagogique a fonctionné. Il faudra bien une instance de régulation.
Qu'on le veuille ou non, le ministre de la Culture n'est pas le ministre de la Sécurité sociale, mais celui des artistes. Alors oui, il y a une crise économique mondiale. Mais que pèse le budget de la Culture? A peine 1 % du budget de l'État. François Hollande voulait ré-enchanter la France, et il coupe dans les subventions. Le fond du problème, c'est qu'il ne s'intéresse pas à la Culture, ce n'est pas dans son ADN. Nous avons des technocrates dogmatiques au pouvoir.
Il faudrait pourtant proposer des choses, prendre un pari sur l'avenir, lutter contre le défaitisme ambiant. Je m'étais battu pour la Philharmonie de Paris car je sais, qu'un jour, nous serons fiers d'avoir cette salle de musique, capable d'attirer à nouveau les plus grands chefs d'orchestre. On peut toujours trouver de l'argent ailleurs, notamment du côté des mécènes, s'il en manque. Encore ne faudrait-il ne pas rejeter les entreprises et ne pas mépriser les riches.
Lorsqu'Aurélie Filippetti a été nommée, vous sembliez la soutenir. Pourquoi la critiquer aujourd'hui?
Je la connaissais un peu, j'aimais ses romans, surtout le premier ( Les Derniers Jours de la classe ouvrière , ndlr). Lors de la passation de pouvoir, je l'avais aidée. Mais un an après, elle fait montre d'une approche totalement dogmatique de la Culture. La démocratisation, c'est le serpent de mer du ministère, cela tient de l'incantation. On ne va pas forcer les gens à aller au musée comme cela, les choses sont plus complexes. Aurélie Filippetti veut développer l'éducation artistique à école, alors que cela ne dépend pas d'elle, mais de son homologue à l'Éducation nationale, Vincent Peillon. Les enseignants ne veulent s'occuper des arts à l'école. Et tant qu'on n'ouvrira pas une véritable filière pour eux, cela ne marchera pas.
Pourtant, le monde de la Culture reste à gauche. Je vais vous faire une confidence: j'étais toujours bien accueilli par les élus communistes, ce qui n'était pas forcément le cas avec tous les socialistes. Seule Martine Aubry, qui a tout changé à Lille, a du souffle.
Dans le fond, les socialistes sont dans le déni démocratique. Ils décident de manière arbitraire. Regardez ce que Bertrand Delanoë a fait de la place de la République, ou des voies sur berge, à Paris. Ses projets ne tiennent pas compte du passé et de l'histoire du lieu. Les socialistes n'ont tout simplement pas de vision culturelle
Quelles sont vos relations avec Nicolas Sarkozy?
Je ne l'ai revu qu'une fois. Cette dernière année, je me suis tenu à l'écart de lui, comme du reste et des autres, d'ailleurs. C'était très violent d'être ministre, et je n'étais pas du sérail, ce qui a été à la fois ma force et ma faiblesse. Les hommes politiques sont à part. Ils ont un autre ADN.
Comment percevez-vous le climat politique actuel?
Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est la possible émergence d'un terrorisme d'extrême droite. Je redoute un Anders Breivik français. Le mariage pour tous a été mal géré par la gauche, mais aussi par l'UMP. Tout cela a réveillé les démons. On a assisté à des délires homophobes et le sujet est devenu clivant. Dans cinq ans, on ne parlera plus de ce sujet. Entre temps, Marine Le Pen a réussi à dé-diaboliser la Front national et la droite est divisée. Une partie de la droite n'a pas compris que la France est devenue diverse.
Vous sentez-vous orphelin politiquement
J'aspire au retour d'une droite pompidolienne, attentive et modérée. C'est celle de François Fillon. Avec Hubert Védrine et d'autres, il fait partie de ces gens qui peuvent diriger notre pays avec sagesse.

dimanche 30 juin 2013

Les médias français au garde-à-vous devant Valérie Trierweiler

A son arrivée en trombe sous fond de scandales divers, de procès intentés pour port de maillot de bain disgracieux ou pour délit d’écriture du roman de sa vie, Valérie Trierweiler a depuis empilé les comportements douteux, notamment lors de cette visite du président où elle tira par sa capuche un cameraman pour l’empêcher de filmer une scène (http://french.ruvr.ru/2013_04_12/Le-geste-inadmissible-de-Trierweiler/). 

Quelques semaines plus tard, après des déclarations officielles ou officieuses sur le ras le bol du président et du gouvernement sur le « bashing » des journalistes, les médias et quelques humoristes sont désormais sommés de cesser leur acharnement, la troupe doit retourner dans le rang !
Force est de constater en effet que le ton a changé depuis l’arrivée de François Hollande en ce mois de juin, dans les bas-fonds de son impopularité. Après tout juste une année de pouvoir, le président français est en effet tombé au score (truqué) de 31 % de satisfaction, ce qui augure d’un score réel tournant autour de 15-25 %. Mais les chiffres ne peuvent pas toujours mentir et les journalistes français, au garde-à-vous ou non, n’ont pu que se résoudre à écrire que pour la première fois également, François Hollande avait perdu des points dans son propre électorat de base. Les socialistes eux-mêmes, s’il en reste, désertent le terrain. Déconfitures après déconfitures, étrillés par les résultats calamiteux du gouvernement dans tous les domaines, certains observateurs éclairés, notamment des politiciens de diverses formations déclarent que la République elle-même serait en danger.
C’est sans doute la raison qui explique le changement subi de ton et les stratégies un tantinet pathétiques mais bien onéreuses, des missions de la première dame de France. Fière et colérique, cette dernière aura beaucoup de mal à rester cantonnée dans le rôle assez peu en corrélation avec le Gender prônée et légiférée par la fameuse loi de Mme Taubira. Voyage humanitaire à Gao, soutien à des ONG, visite d’enfants malades ou estropiés du Mali et de Syrie, soutien aux femmes victimes de viols au Congo, la leçon, indique Philippe Martinat, grand reporter au Parisien,aurait été retenue : humilité, œuvre de charité, malheureux et affamés, il ne manque plus à Valérie Trierweiler que l’antique pouvoir des rois de France pour soigner les écrouelles et l’affaire sera dans le sac. http://www.leparisien.fr/laparisienne/actu-people/mais-si-valerie-trierweiler-a-change-27-06-2013-2932835.php.
Dans cet article qui va dans le mouvement de l’obéissance nationale, il est aussi écrit que la première dame « hystérisait la relation de François Hollande avec l’opinion »… Etrange similitude entre la détestée et tout aussi maladroite Autrichiennehonnie et malmenée par le peuple qui voyait en elle une insulte à sa condition. Les régimes passent, mais l’histoire reste la même, de Marie-Antoinette et Louis XVI en passant par Danièle Mitterrand et Valérie Trierweiler, la recette du pouvoir est vieille, ou presque aussi vieille que les cabinets d’aisance du palais de l’Elysée. D’une manière amusante, remarquons également que la catégorie dans laquelle ledit article a été placé dans les lignes du grand quotidien français, est « Femmes de tête »… notons que si nous ne lui souhaitons pas de la perdre, son illustre et lointaine homologue la perdit un jour d’octobre 93, place de la Révolution aujourd’hui rebaptisée avec beaucoup d’humour, par des plaisantins que Georges Clémenceau n’auraient pas reniés, place de la Concorde.
 De la concorde toutefois, il en faudra une certaine dose pour que Valérie Trierweiler fasse oublier les maillots de bain, les duels au sabre avec Ségolène Royal et quelques déclarations pas si innocentes sur Twitter. Le compagnon enterré dans les sondages, la compagne attaquée sur le coût des « missions » et du « cabinet » (de travail) de sa fonction de première dame, jamais une épouse d’un président de la République ne fut aussi impopulaire et montrée du doigt que Valérie Trierweiler. En haut lieu, les stratèges se sont mis au travail, après avoir encaissé des coups venus de toute part, elle sera donc poussée sur le devant de la scène pour une confrontation (ou exposition) dans les médias, invitée prochaine de « C à vous » sur France 5 durant 90 minutes, je vous en prie !
Les Français versatiles applaudissaient Marie-Antoinette pour mieux la haïr par la suite. Qu’en sera-t-il de Valérie Trierweiler ? Il y a certes beaucoup de malices pour un historien de faire un parallèle aussi audacieux et de rire de l’affirmation non moins audacieuse de Philippe Martinat «que quelque chose a bougé ». Dans le monolithe de la politique française, il sera difficile aux Français, mêmes extrêmement attentifs, de voir ce qui aurait bien pu commencer à se mouvoir… mais passons. « L’élégance discrète » mise en avant par l’auteur du Parisien fera-t-elle oublier le port de sabots crottés des mois précédents ? Rien n’est moins sûr. Qui vivra, verra. N

La démocratie française entre en agonie

Depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande, tant par le fait des événements internes, qu’internationaux, la vieille démocratie française se dégrade rapidement. Son entrée en agonie apparaît certaine mais personne n’est en mesure de dire le temps qu’elle mettra à rendre l’âme ou si les Français par un mouvement salutaire viendront à son secours avant qu’il ne soit trop tard.

Tous les indices sont dans le rouge, des manifestants sont placés en garde-à-vue pour des prétextes inexistants, des opposants sont arrêtés et emprisonnés parfois dans des conditions inhumaines et dans une violence terrifiante. Dans les manifestations, des agents des RG et des agitateurs stipendiés répandent le chaos afin de discréditer les causes défendues par les protestataires. Dans les rues, les témoignages d’opposants passés à tabac, matraqués, piétinés se multiplient dangereusement. Parmi les témoins certains citent des propos inouïs de policiers en civils, insultes, menaces à peine déguisées, intimidations. Le pouvoir en place entretient également les divisions pour mieux régner, dissolutions de groupes étiquetés à l’extrême-droite et dans le même temps ménagement des forces se trouvant à l’extrême-gauche, le tout en jouant les uns contre les autres en fonction des situations.
Le mauvais exemple règne évidemment surtout en haut-lieu, l’équipe gouvernementale est elle-même entachée d’opprobre, un Premier ministre et quatre autres ministres dont Mme Taubira ont été condamnés à des amendes et à des peines de prison. L’affaire DSK, puis celle de Cahuzac démontrent à quel point les milieux politiciens sont vermoulus et friables à toutes les tentations. Loin de punir, la Justice fonctionne à deux vitesses, de grands coupables reçoivent des peines insignifiantes tandis que de pauvres hères, voir dans le cas des opposants de simples citoyens innocents sont condamnés à des peines disproportionnées. Dans le même temps le pouvoir donne l’exemple de toutes les corruptions, des responsables de parti comme Harlem Désir, grossièrement pris la main dans le sac sont nommés à des postes clés et sapent la confiance populaire.
Cette confiance populaire s’effondre rapidement devant le progrès du népotisme à tous les niveaux de l’Etat. Initié sous l’ère Mitterrand, c’est désormais l’un des traits principaux de la République française : nominations d’amis de François Hollande à tous les postes possibles même sans qualification dans la charge qui leur incombera, distribution de Légion d’Honneur à des personnages louches, étrangers ou n’ayant absolument rien fait pour mériter cette distinction par un service éclatant au pays, l’appareil du pouvoir est à un niveau de putréfaction dont les Français ne ressentent pour l’instant que les relents putrides, mais d’encore beaucoup trop loin. Les exemples sont en effet si nombreux que ceux qui arrivent à la surface et explosent par mégarde dans les journaux ne peuvent cacher l’immense majorité des malversations, vols et passe-droits qui eux ne sont jamais révélés au public.
Ces collusions nombreuses et les viols les plus élémentaires des droits des Français et de la France elle-même, se traduisent par d’inquiétants événements dans les relations extérieures de la France. Dans les médias sous contrôle et d’ailleurs financés par l’Etat partiellement, il ne se passe pas un jour sans que des pays comme la Russie soient montrés du doigt afin de créer un contraste entre le paradis terrestre en France et le reste du monde en proie à la guerre et à la dictature. Cette basse propagande, martèle en permanence des contre-vérités, quand il ne s’agit pas tout simplement de mensonges éhontés. Pendant ce temps, des meurtriers et des islamistes sanguinaires sont armés en Syrie, en Libye et dans nombre de pays d’Afrique et d’Asie. Des régimes fantoches sont fait et défait, des plans sont établis pour l’asservissement de populations ou le contrôle de ressources diverses parfois pour le meilleur profit d’alliés douteux… voir même dangereux comme le Qatar, l’Arabie saoudite ou les USA.
Car la France est aujourd’hui l’ombre d’elle-même au niveau international. Malgré les avertissements de De Gaulle, la France est entrée à nouveau dans l’OTAN par la décision de Nicolas Sarkozy. Ailleurs des interventions militaires coûteuses se développent, au Congo, au Niger, au Mali, sans compter la Libye, la Côte d’Ivoire derrière nous et la Syrie, l’énorme farce syrienne ou un ministre complètement discrédité dans une sombre affaire de sang contaminé, vient vendre aux Français le mirage syrien pour faire couler un autre sang dans des contrées lointaines et souvent au détriment de chrétiens et de petites gens. La situation internationale est sans doute le reflet le plus éclatant de la décomposition de la démocratie française, encore que l’intérieur du pays soit déjà en ébullition et en grand danger.
 Ce danger c’est celui de l’explosion sociale, dans les banlieues les malaises attisent la violence, la haine et le racisme. En réponse à celui visant les populations greffées sur la Nation, progresse le racisme anti-blanc et anti-français, ce dernier d’ailleurs n’étant jamais cité. Des drapeaux français sont brûlés, l’insécurité progresse, des zones sont hors contrôle et à la merci de la moindre étincelle. Dans les rues, la moindre manifestation, même sportive, peut tourner au drame et à la confrontation. Dans les assemblées des politiciens de gauche discutent de l’opportunité de prendre le contrôle d’internet et de museler la parole des oppositions. Partout d’ailleurs, l’ennemi, l’opposant, est qualifié de « fasciste » sans le moindre discernement, ce qualificatif dévoyé est devenu une arme du pouvoir pour faire taire les plus audacieux et effrayer la masse des citoyens apeurés et goguenards.
Dans les mêmes assemblées, le pouvoir confisqué est assuré par deux formations, aujourd’hui souvent réunis sous le qualificatif d’UMPS. La fin de la proportionnelle a écarté toutes les autres formations, certaines comme le FN, le FG ou EELV devraient disposer de dizaines de députés et former des groupes parlementaires puissants mais ne sont représentés souvent que par deux ou trois malheureux députés noyés dans le système. Devant un constat aussi calamiteux certains trouvent encore la force de déclarer que les changements font peur… ou que « la France est le plus beau pays du monde ». Oui mais pour combien de temps encore ?

Croire au retour de la croissance relève de la "méthode Coué", selon un économiste PS


L'économiste Pierre , membre du bureau national du PS et du collectif Roosevelt, affirme, dans un entretien à Sud Ouest Dimanche, que "tout miser sur le retour de la croissance" relève de la "méthode Coué", jugeant que "la solution n'est pas l'austérité mais la justice sociale".
Le retour de la croissance, qu'espère François Hollande, "plus personne ne peut y croire", estime ce conseiller régional PS d'Ile-de-France, qui avait présenté avec Stéphane Hessel une motion au congrès du PS de Toulouse, en octobre 2012.
Évoquant les sorts de l'Allemagne, "retombée en récession", du Japon, "à deux doigts du chaos", ou encore de la Chine, dont la bulle immobilière "explose", il juge que "tout miser sur le retour de la croissance, c'est la méthode Coué".
"Il y a quarante ans, (...) croissance était synonyme de progrès social" mais "ce n'est plus le cas. Plus on attend la croissance, plus on va vers un pourrissement social et politique au risque d'une explosion", soutient M. Larrouturou, membre du collectif Roosevelt, qui réunit politiques et membres de la société civile et défend des thèses autour de thèmes comme la construction européenne ou la séparation des banques de dépôt et des banques d'affaires.
A ses yeux, la crise actuelle "n'est (...) pas une crise de l'État-providence mais bien une crise du capitalisme, dont l'ampleur est telle que l'État-providence n'arrive plus à la compenser. La solution n'est pas l'austérité mais la justice sociale".
La réception de ses arguments à l'Elysée et à Matignon ? "+Très intéressant+, nous dit-on à chaque fois. Mais rien ne bouge", déplore ce partisan du partage du temps de travail, qui rappelle que les solutions avancées par son collectif sont "toutes chiffrées et crédibles. C'est une question de volonté politique".
François Hollande "est sûrement conscient de la situation", poursuit M. Larrouturou, qui prend pour exemple le tournant de 1983, lorsque François Mitterrand et son Premier ministre, Pierre Mauroy, ont "eu le courage de dire que leur programme n'était pas adapté à la réalité".
François Hollande et Jean-Marc Ayrault doivent maintenant faire "preuve du même courage", estime-t-il.
La difficulté "est de reconstruire la justice sociale sans croissance (...) C'est tout à fait faisable", assure-t-il, invoquant un "nouvel équilibre, un nouveau partage des revenus, du travail, de l'accès à la culture et du pouvoir".